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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Six chercheurs en économie, gestion, philosophie, anthropologie, contestent, dans une tribune au « Monde », les concepts « d’externalité négative » ou de « compensation », pourtant à la base des interrogations actuelles sur la « responsabilité sociale des entreprises »
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« Il est temps de changer en profondeur la manière de penser le périmètre d’action des entreprises »

Six chercheurs en économie, gestion, philosophie, anthropologie, contestent, dans une tribune au « Monde », les concepts « d’externalité négative » ou de « compensation », pourtant à la base des interrogations actuelles sur la « responsabilité sociale des entreprises »



Le Monde
 |    05.03.2018 à 16h00
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Ces dernières semaines, différentes positions ont été exprimées sur l’avenir du statut des entreprises en France, et plus particulièrement sur leur « objet social ». Des voix se sont élevées pour réclamer une refonte de la définition de la mission de l’entreprise dans le sens notamment de la création d’un « objet social étendu » et/ou d’un « comité de parties prenantes », l’objectif étant de faire prendre en charge, au niveau de la gouvernance des entreprises, la poursuite de l’intérêt général (protection de l’environnement, responsabilité sociale et territoriale,…).
il ne faut pas oublier que la « responsabilité sociale des entreprises » (RSE) n’est pas un concept nouveau
Face à l’urgence écologique, et ce que certains scientifiques désignent comme l’avènement de l’Anthropocène, cette orientation pourrait apparaître comme cohérente à différents égards. Néanmoins, il nous semble que ce type de propositions n’évite pas un certain nombre de tensions qu’il faut savoir déjouer afin de bâtir une réforme du périmètre d’action des organisations (que nous appelons aussi de nos vœux) à la hauteur des enjeux écologiques.
Bien qu’un grand nombre d’organisations défende aujourd’hui (souvent en toute légitimité) une vision générale et altruiste de leur mission, elles ne peuvent à elles seules intégrer toute la densité du problème écologique. La complexité de ce dernier vient de ce qu’il est impossible de le résumer à un simple problème d’externalités qu’il suffirait d’internaliser, voire de compenser. Le paradigme de l’internalisation et de la compensation est aujourd’hui insuffisant. D’abord, il ne faut pas oublier que la « responsabilité sociale des entreprises » (RSE) n’est pas un concept nouveau et qu’elle s’est diffusée amplement dans différentes organisations, avec plus ou moins de succès au niveau « micro-économique » bien que les effets « macro-environnementaux » soient loin d’être attestés (y compris dans les pays où les statuts...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Les travaux nécessaires pour l’entretien et le renouvellement du réseau coûteraient environ 600 millions d’euros.
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Exaspérés par les coupures d’eau, les Guadeloupéens  attendent des réponses

Les travaux nécessaires pour l’entretien et le renouvellement du réseau coûteraient environ 600 millions d’euros.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 11h32
   





                        


L’Etat va-t-il enfin améliorer la distribution de l’eau en Guadeloupe ? Sébastien Lecornu, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition énergétique, et Annick Girardin, la ministre des outre-mer, ont en tout cas auditionné tous les acteurs de ce dossier, samedi 3 mars. Une journée studieuse qui s’est achevée par un grand tour de table à huis clos avec les présidents de communauté de communes et d’agglomération, les organismes qui gèrent et distribuent l’eau, plusieurs parlementaires, et chose inédite, les représentants des usagers. Avec l’objectif de trouver une solution pour mettre un terme aux coupures d’eau.
La situation exaspère une population guadeloupéenne en colère contre ses élus. A cause d’un manque d’entretien du réseau, près de 60 % de l’eau produite s’échappe dans la nature. Casses régulières, fuites qu’il faut colmater, ruptures de canalisation… Les coupures durent parfois jusqu’à dix jours dans certains endroits. Il n’est pas rare en se rendant à Basse-Terre de croiser des geysers d’eau qui s’échappent de conduite comme du pétrole d’un derrick.
Selon certaines estimations, il faudrait au bas mot plus de 600 millions d’euros pour financer les travaux conséquents. En mai 2015, de passage en Guadeloupe, le président François Hollande avait promis de mettre la main à la poche. Seule condition : se mettre d’accord pour trouver une gouvernance unique de la production et de la distribution de l’eau potable alors qu’il y a actuellement une dizaine d’opérateurs, selon l’Observatoire de l’eau.
Barrages routiers
Aujourd’hui, le gouvernement d’Edouard Philippe n’entend pas signer de chèque en blanc. Il y a quelques semaines, le président (La République en marche) de la région, Ary Chalus, avait assuré que le gouvernement s’engagerait à hauteur de 400 millions d’euros. Samedi soir pourtant, les membres du gouvernement n’ont présenté aucun engagement chiffré de l’Etat. Juste affiché leur intention d’accompagner financièrement les collectivités locales à condition qu’elles adoptent un plan de modernisation des réseaux.

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                Le « réparateur » Philippe au chevet de Saint-Martin



Depuis la visite officielle du premier ministre, début novembre 2017, le dossier a progressé. Ary Chalus a obtenu un premier plan d’urgence de 71 millions d’euros, avec un engagement du département sous l’impulsion des présidents des Etablissements publics de coopération intercommunale, compétents dans ce domaine. L’Etat s’est engagé dans ce plan d’urgence à hauteur de 7,7 millions d’euros. Les premiers travaux doivent commencer à Baie-Mahault. Deux réservoirs d’eau de 2 000 m3 chacun vont être rénovés par la communauté d’agglomération de Cap Excellence. Construits il y a dix ans, ils n’ont jamais été mis en service. Montant de l’opération : 758 000 euros.
Au-delà des travaux d’urgence, le gouvernement propose aux responsables de contractualiser un plan de financement quinquennal, décidé en fonction d’une expertise des ingénieurs du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement. Au sortir de la réunion de samedi, les élus et les membres du gouvernement étaient satisfaits, mais pas les représentants des consommateurs.
Plusieurs mobilisations de consommateurs en colère ont déjà eu lieu. Des barrages routiers ont été mis en place et vite démantelés par les forces de l’ordre. Goyave, Capesterre-Belle-Eau, Les Abymes en Grande-Terre… aucune de ces communes n’échappe aux « tours d’eau », y compris celles qui sont très touristiques comme Sainte-Anne ou Saint-François, dans le sud Grande-Terre. Mis en place il y a maintenant un peu plus de trois ans, ils consistent à organiser des coupures d’eau dites « solidaires » afin d’éviter que les mêmes secteurs soient privés d’eau une bonne partie de l’année. Un comble alors que la Guadeloupe reçoit tous les ans des milliards de mètres cubes d’eau de pluie.
Olivier Lancien (Guadeloupe, correspondant)



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Ces militantes issues de Seine-Saint-Denis présentent plusieurs propositions sur l’égalité entre les femmes et les hommes.
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Congrès du PS : un collectif de militantes interpellent les prétendants sur la parité

Ces militantes issues de Seine-Saint-Denis présentent plusieurs propositions sur l’égalité entre les femmes et les hommes.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 11h31
    |

            Abel Mestre








                        



   


Luc Carvounas, Olivier Faure, Emmanuel Maurel et Stéphane Le Foll : quatre candidats pour un poste de premier secrétaire. Mais pas une seule femme. Le congrès du Parti socialiste, qui se tiendra les 7 et 8 avril à Aubervilliers, ressemble à une anomalie dans la formation politique qui a défendu et fait adopter la loi sur la parité en 2001. Un collectif de militantes, issu de Seine-Saint-Denis, a donc décidé d’interpeller, par une contribution thématique, les prétendants à la tête du PS, autour de la question de l’égalité entre les femmes et les hommes.

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                Congrès du PS : la tension monte entre les candidats



Le texte a été signé par 150 militants, dont l’ancienne secrétaire d’Etat chargée de l’égalité réelle, Ericka Bareigts, le président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, ou encore la députée européenne Christine Revault-d’Allonnes. Intitulé « Ceci n’est pas une contribution féministe », il présente plusieurs propositions concernant les femmes, aussi bien sur le plan interne du PS que sur les futures politiques menées si jamais les socialistes revenaient au pouvoir.
« Il y a des femmes de qualité et on doit leur donner des postes. On veut aussi les former à prendre la parole en public, mettre en place des formations. Cette question ne doit pas être oubliée, c’est au cœur du PS. Si on n’est pas féministe, on n’est pas socialiste. D’où le titre de notre texte », explique Emma Antropoli, initiatrice du Réseau des femmes PS 93, qui insiste sur le caractère transmotion de sa démarche.
Répartition paritaire
Les quatre prétendants au poste de premier secrétaire ont tous rencontré et répondu au Réseau des femmes PS 93. Ils s’accordent tous sur la nécessité d’une répartition paritaire de tous les postes de direction du parti (aux niveaux national et fédéral) ; d’un porte-parolat paritaire – voire, pour M. Carvounas, réserver cette fonction à une femme puisque le premier secrétaire sera un homme ; de revoir l’organisation des réunions militantes pour privilégier le dialogue et organiser les prises de paroles en évitant que les hommes monopolisent la parole.
A propos des agressions sexuelles, ils entendent tous encourager les femmes à déposer plainte et promettent d’exclure définitivement les militants condamnés pour des faits de harcèlement sexuel, d’agression sexuelle et de violences conjugales. Les candidats sont en revanche partagés sur la création d’une structure interne d’écoute, certains préférant « externaliser » cette cellule, pour éviter les interférences politiques dues à des rivalités de courants.

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                Congrès du PS : quatre hommes en lice, le texte de Delphine Batho recalé






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Le dispositif va connaître des changements de grande ampleur, dont plusieurs déplaisent aux partenaires sociaux.
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Muriel Pénicaud dévoile son plan pour la formation professionnelle

Le dispositif va connaître des changements de grande ampleur, dont plusieurs déplaisent aux partenaires sociaux.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 11h14
    |

            Sarah Belouezzane et 
Bertrand Bissuel








                        



                                


                            
Muriel Pénicaud avait promis un « big bang » de la formation professionnelle. Formule un tout petit peu exagérée car les mesures dévoilées lundi 5 mars par la ministre du travail ne constituent pas un moment fondateur. Mais elles vont incontestablement entraîner des changements de très grande ampleur dans un système critiqué, depuis des lustres, pour son manque de transparence, sa complexité et son caractère inégalitaire.
Tout ou presque est passé à la paille de fer : la gouvernance, dans laquelle le patronat et les syndicats occupent une position cardinale, est remise à plat pour accorder à l’Etat un droit de regard plus important ; les contrôles sont très renforcés et les circuits de financement entièrement remaniés ; enfin, l’accès aux dispositifs se veut plus simple, plus direct, afin d’inciter les actifs à prendre en main leur destin dans le monde du travail.

Parmi ces annonces, dont les grandes lignes étaient connues, plusieurs déplaisent aux partenaires sociaux, notamment parce qu’elles les relèguent, selon eux, à un rôle subalterne. Après avoir privilégié – à ce stade – la conciliation dans le dossier de l’assurance-chômage (Le Monde du 3 mars), l’exécutif semble, cette fois-ci, décidé à aller au bout de ses intentions, quitte à brusquer les organisations d’employeurs et de salariés. « Je dis au gouvernement : “Attention à ce que vous allez faire” », a lancé, samedi, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, sur France Inter. « Il nous paraît délicat de vouloir à nouveau tout changer sans concertation », estime, pour sa part, le président du Medef, Pierre Gattaz, dans une tribune publiée par Le Journal du dimanche du 4 mars.

L’un des points-clés évoqués lundi par Mme Pénicaud porte sur l’évolution du compte personnel de formation (CPF). Entré en vigueur début 2015, ce dispositif suit chaque actif tout au long de sa vie professionnelle. A l’heure actuelle, il donne droit...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Simplification, accompagnement, refonte de la gouvernance... La ministre du travail, Muriel Pénicaud, a presenté lundi une série de mesures destinées à faciliter l’accès aux droits.
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Formation professionnelle : les principaux axes de la réforme

Simplification, accompagnement, refonte de la gouvernance... La ministre du travail, Muriel Pénicaud, a presenté lundi une série de mesures destinées à faciliter l’accès aux droits.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 11h14
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 11h22
    |

            Sarah Belouezzane et 
Bertrand Bissuel








                        


La ministre du travail, Muriel Pénicaud, devait préciser, lundi 5 mars, la teneur de la réforme de la formation professionnelle, dont voici les principaux axes.

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                Muriel Pénicaud dévoile son plan pour la formation professionnelle



Un accès à la formation simplifié
Opérationnel depuis 2015, le compte personnel de formation (CPF) sera crédité d’une somme d’argent (et non plus d’un capital en heures) qui augmentera au fil des ans (jusqu’à 5 000 euros sur dix ans pour le droit commun et 8 000 euros, s’agissant des personnes « sans qualifications »). Une application numérique sera créée afin de permettre aux titulaires du CPF de s’inscrire à un stage et de le payer directement, « sans appel à un intermédiaire et sans validation administrative ». Elle donnera aussi une multitude d’informations aux personnes : droits acquis sur le compte, offre d’actions de formations par bassin d’emploi, dates des sessions, taux d’insertion professionnelle, etc.
Un droit à l’accompagnement renforcé
Pour guider les actifs dans leurs choix de carrière, le conseil en évolution professionnelle (CEP) va être développé à l’aide de financements dédiés. A l’heure actuelle, il est assuré par cinq opérateurs, parmi lesquels Pôle emploi et l’Association pour l’emploi des cadres. Le conseil porte sur l’évaluation des compétences du salarié, la définition de son projet professionnel, les différentes formations disponibles, etc. Dans chaque région, un CEP sera sélectionné par appel d’offres.
Un accès élargi au dispositif pour les chômeurs
Parallèlement à la réforme du système sera mis en œuvre le programme d’investissement dans les compétences qui doit former, en cinq ans, 1 million de demandeurs d’emploi peu qualifiés et 1 million de jeunes éloignés du monde du travail. Hervé Morin, le président de Régions de France – l’association qui représente cet échelon de collectivités locales – souhaite que les conseils régionaux, dotés de compétences en matière d’emploi et de développement économique, se voient confier « la totalité du pilotage de la formation des chômeurs ». A ce stade, l’exécutif n’a pas dévoilé ses arbitrages sur ce dossier.
Une gouvernance entièrement refondue
Les organismes paritaires collecteurs agréés ne recueilleront plus les fonds destinés au système. Ce qui conduira les quelque 5 000 à 6 000 personnes employées dans ces entités à se tourner vers d’autres activités : par exemple aider les branches professionnelles à élaborer des diplômes, financer les centres de formation des apprentis, etc.
Par ailleurs, une agence de régulation, appelée France compétences, sera fondée. Sa mission consistera notamment à réguler les prix et à faire converger les coûts, ceux-ci pouvant afficher des écarts de 1 à 6 suivant les régions en matière d’apprentissage. Cette instance veillera également sur la qualité de l’offre en vérifiant que les organismes de formation (qui devront désormais être certifiés pour pouvoir être éligibles aux financements liés au CPF) respectent bien le cahier des charges auquel ils ont été soumis par un organisme certificateur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Le ministre français des affaires étrangères, en visite à Téhéran, espère obtenir des concessions sur le programme balistique afin de sauver l’accord nucléaire menacé par Trump. Mais l’Iran en fait un enjeu de sécurité nationale.
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L’Iran veut protéger ses missiles des foudres de Donald Trump

Le ministre français des affaires étrangères, en visite à Téhéran, espère obtenir des concessions sur le programme balistique afin de sauver l’accord nucléaire menacé par Trump. Mais l’Iran en fait un enjeu de sécurité nationale.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 11h12
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 14h16
    |

            Louis Imbert








                        



                                


                            

Depuis des mois, l’Iran répète officiellement qu’il ne négociera pas pour réduire l’ampleur de son programme balistique. C’est pourtant là l’une des principales demandes que le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, portait à Téhéran les 4 et 5 mars, en préparation d’une possible visite du président Emmanuel Macron. Mais en privé, des officiels iraniens avaient cependant signalé au Monde, bien avant le voyage de M. Le Drian, la possibilité de limiter certains aspects de ce programme.

Pour Paris, il s’agit d’obtenir des concessions qui pourraient dissuader le président américain, Donald Trump, de se retirer de l’accord nucléaire de juillet 2015, qui gèle le programme nucléaire iranien pour au moins dix ans, comme il a promis de le faire d’ici au 12 mai. Pour la plupart des experts en prolifération, il y a urgence : « Créer aujourd’hui une plate-forme pour parler avec l’Iran de ses missiles balistiques est une bonne façon d’apaiser un président américain belliqueux, jusqu’à ce qu’il finisse par se désintéresser du sujet », estime Aaron Stein, de l’Atlantic Council, un think tank américain.
Tests balistiques
La France prend au sérieux les critiques de fond exprimées par la Maison Blanche sur l’accord nucléaire, qui avait laissé de côté la question des « vecteurs » (les missiles), sous la pression de la Russie et de la Chine, cosignataires du « deal » avec Washington, Paris, Londres et Berlin. Entériné par la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU, l’accord maintient une interdiction large contre les ventes de missiles à l’Iran, mais il ne proscrit pas explicitement ses tests balistiques, même s’il enjoint à Téhéran de ne pas faire d’essais sur des missiles conçus pour emporter une arme nucléaire.
« Pour la communauté internationale, le problème serait que l’Iran avance sur un autre front (...) et qu’il obtienne la capacité, à terme, de tirer une charge nucléaire », Dina Esfandiary, spécialiste...



                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde », relève les difficultés auxquelles se heurte le chef de l’Etat dans ses tentatives de reconquête du milieu rural.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤                     
                                                   
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« Macron veut ancrer les territoires ruraux dans le siècle tout en cherchant à corriger son image »

Dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde », relève les difficultés auxquelles se heurte le chef de l’Etat dans ses tentatives de reconquête du milieu rural.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 11h08
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            
Chronique. On les imagine cheminant du bas Vivarais à la montagne limousine. Emmanuel Macron le président et Sylvain Tesson l’écrivain-voyageur devisent de ces contrées oubliées qu’un rapport du sénateur socialiste de Lozère Alain Bertrand regroupait en 2014 sous le vocable d’« hyper-ruralité ». Un vilain néologisme pour dire une France qui se vide de sa substance, dans l’indifférence générale, sur la « diagonale du vide » courant des Ardennes aux Pyrénées en traversant le Massif central.
Modernisateur assumé, Macron veut ancrer ces territoires dans le siècle tout en cherchant à corriger son image. Non, je ne suis pas seulement le président des métropoles mondialisées et « je vais intensifier ma politique pour la ruralité extrême, contre les déserts médicaux, pour aider ceux qui se sentent assignés à résidence car ils n’ont pas la fibre, le téléphone mobile, qui voient tous les services s’envoler… », lui annonce-il.
Devenu nostalgique avec l’âge, Tesson rêve de voir ces terres échapper au progrès et même à la révolution numérique. Si par malheur votre politique réussissait, « la modernité ruissellerait dans les jachères » et « le Wi-Fi ramènerait les bouseux à la norme », s’alarme l’écrivain en vadrouille Sur les chemins noirs (Gallimard, 2016), sa belle ode buissonnière à ce qu’il reste de contrées sauvages en France. Revitaliser ces coins perdus, vous n’y pensez pas ! Le Flaubert de demain ne pourrait plus écrire Par les champs et par les grèves, mais « par les ZUP et par les ZAC ».
Ediles snobés en Corrèze
Improbable rencontre, dialogue de sourds. Laissons l’écrivain à ses rêves d’Arcadie pour urbains désenchantés. Les 3,4 millions d’« hyper-ruraux » éparpillés sur un quart du territoire ne partagent pas son goût de l’ensauvagement. Ils veulent des médecins, des urgences, des gendarmeries, des écoles, des bureaux de poste, des trains… Et la 4G...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ En défendant un cadre social harmonisé, qui passe par la fin du statut des cheminots, la SNCF veut réduire son déficit de compétitivité.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤                     
                                                   
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Le fret ferroviaire ou les leçons d’un désastre

En défendant un cadre social harmonisé, qui passe par la fin du statut des cheminots, la SNCF veut réduire son déficit de compétitivité.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 16h07
    |

            Philippe Jacqué








                        



                                


                            

Analyse. C’était le 28 février. Guillaume Pepy égrenait les bons résultats de la SNCF avant d’aborder la question du fret ferroviaire. Une activité qui a encore essuyé 120 millions d’euros de pertes en 2017, du fait notamment des baisses de volumes céréaliers et de la sidérurgie… Mais « la SNCF va présenter au printemps un plan spécifique de relance pour cette activité », ajoutait-il. S’agira-t-il du quatrième ou du cinquième plan de relance en quinze ans ? Plus personne ne compte.
Le secteur est sinistré depuis des décennies. Le train a connu son âge d’or dans le transport de marchandises pendant l’après-guerre et les « trente glorieuses », quand l’industrie produisait partout dans l’Hexagone.

Avec 75 % de parts du transport de marchandises, la SNCF était un acteur central. Puis le fret ferroviaire s’est effondré au profit de la route en raison de la désindustrialisation, de la faiblesse des ports et du déclin des grands chargeurs (mines, aciéries, etc.). En 2016, le train a capté 9,9 % du transport de marchandises, contre 88 % pour la route.
L’ouverture à la concurrence, décidée en avril 2006, n’a rien arrangé. En dix ans, le tonnage transporté est passé de 37,9 milliards de tonnes/kilomètre à 32,6 milliards de tonnes/kilomètre. Pis, le fret ferroviaire a perdu près de deux points de parts de marché. La ­concurrence est-elle le fossoyeur du fret ? Pas sûr. Elle semble surtout en avoir ralenti la chute.

Les entreprises de fret, en premier lieu Fret SNCF, souffrent avant tout de l’état du réseau, en pleins travaux. Or, les trains de marchandises voyagent principalement la nuit, quand sont menés lesdits travaux. Fret SNCF, comme sa vingtaine de concurrents – dont l’allemand DB Schenker ou VFLI, la filiale de droit privé de la SNCF –, ont dès lors du mal à surnager. Rares sont les entreprises à être à l’équilibre. Seules Europorte, la filiale de Getlink (ex-Eurotunnel), et VFLI le sont.
Dette...



                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Jean-Luc Mélenchon a fait campagne sur place pour cette législative partielle qui verra s’opposer LRM et La France insoumise au second tour.
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En Guyane, La République en marche en ballottage favorable

Jean-Luc Mélenchon a fait campagne sur place pour cette législative partielle qui verra s’opposer LRM et La France insoumise au second tour.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 10h10
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 11h13
    |

                            Laurent Marot (Cayenne)








                        



   


Avec 43,13 % des voix, Lénaïck Adam, est arrivé en tête au premier tour de la législative partielle, dimanche 4 mars, progressant de sept points par rapport à juin 2017. Dans la 2e circonscription de Guyane, le candidat La République en marche (LRM) est en tête à l’ouest, à Mana, à Saint-Laurent et sur le Maroni, fleuve frontière avec le Surinam. Député élu en juin 2017, Lénaïck Adam, 26 ans, avait dû quitter son siège après l’invalidation, le 8 décembre 2017, par le Conseil constitutionnel du second tour (remporté de 56 voix) en raison de l’absence d’assesseurs dans deux bureaux de vote. Soutenu localement par le parti Guyane Rassemblement du président de la collectivité territoriale de Guyane, il avait face à lui sept autres candidats.
« On nous pensait déjà mort, indique Lénaïck Adam au Monde. Mais la population a renouvelé sa confiance dans la jeunesse de ce territoire, et elle a compris que la Guyane devait avoir un député dans la majorité, car on ne peut pas en avoir deux dans l’opposition. »
Le second élu est Gabriel Serville, inscrit au groupe Gauche démocrate et républicaine à l’Assemblée nationale. Ce scrutin est révélateur de l’émergence de l’Ouest guyanais, une région à forte croissance démographique, habitée majoritairement de « bushi-nengue », des descendants d’esclaves enfuis des plantations au Surinam au XVIIIe siècle. Diplômé de Sciences Po Paris, directeur d’une société de transport, Lénaïck Adam est issu de l’un de ces peuples, les « djukas ».
« On réduit l’écart »
Avec 35,1 %, Davy Rimane (La France insoumise) passe au second tour, en progression de 15 points par rapport au scrutin de juin. « C’est un résultat encourageant, on réduit l’écart avec Lénaïck Adam », explique le candidat soutenu par LFI, dont le chef de file, Jean-Luc Mélenchon, a fait campagne sur place toute la semaine. Syndicaliste à l’Union des travailleurs guyanais, ancien porte-parole du mouvement social de mars-avril 2017, Davy Rimane se veut un rassembleur des différentes composantes guyanaises. Malgré tout, ce créole originaire de Kourou n’arrive en tête que dans des communes à dominante créole : Kourou, Macouria, Sinnamary et Iracoubo.
A Saint-Laurent-du-Maroni, la première ville de la circonscription, il est nettement distancé par le candidat LRM, malgré le soutien du maire Léon Bertrand, ancien député UMP et ex-ministre du tourisme de Jacques Chirac. Arrivé troisième avec 10 %, David Riché (divers gauche), le président de l’Association des maires de Guyane, n’a pas encore fait d’appel au vote pas plus que José Makebe (près de 5 %), qui a quitté l’UDI, un soutien de Lénaïck Adam, pour se présenter. « Nous allons discuter avec tous ceux qui veulent parler », affirme le candidat LRM. « Pour l’instant, nous allons chercher à mobiliser les abstentionnistes », précise Davy Rimane. Dimanche, près de sept électeurs sur dix ont boudé les urnes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Alors que les négociations avec le Sénat sont au point mort, Edouard Philippe entame une série d’entrevues.
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La réforme des institutions tourne au casse-tête

Alors que les négociations avec le Sénat sont au point mort, Edouard Philippe entame une série d’entrevues.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 10h00
    |

            Alexandre Lemarié








                        



                                


                            

Comment faire aboutir la réforme des institutions ? L’opération vire au casse-tête politique et juridique pour l’exécutif, qui n’a toujours pas déterminé comment il comptait faire approuver ce vaste chantier voulu par Emmanuel Macron. Cette réforme prévoit une réduction du nombre de parlementaires, une limitation des mandats à trois consécutifs, l’instauration d’une dose de proportionnelle aux législatives, la réforme du Conseil supérieur de la magistrature ou la suppression de la Cour de justice de la République. « On connaît à peu près le contenu mais sur la manière de mettre cela en musique, c’est plus flou », résume un pilier de la majorité.
Alors que le président de l’Assemblée, François de Rugy, et celui du Sénat, Gérard Larcher, ont formulé leurs propositions ces derniers mois, le premier ministre reprend la main, en lançant une série de consultations à partir de mardi 6 mars. Durant une quinzaine de jours, Edouard Philippe recevra à Matignon les chefs de file des différents groupes parlementaires, puis les présidents des deux Assemblées. Le patron des députés MoDem, Marc Fesneau, ouvrira le bal mardi, avant la venue de MM. Larcher et de Rugy, le 14 mars.
« Deux lignes rouges »
Le « chef d’orchestre » Edouard Philippe doit trouver la manière de faire atterrir cette réforme, dont la mise en œuvre se révèle plus compliquée que prévu. « Sa mission, à l’issue de ces entrevues, c’est de fixer le calendrier et l’orientation à suivre. Il doit rentrer dans la technique avec ses ministres », résume un fidèle du chef de l’Etat. Le temps presse car l’agenda a été nettement repoussé par rapport aux ambitions initiales de M. Macron, qui avait « souhaité » que son projet soit « parachevé » à l’été 2018. Un objectif désormais impossible à tenir : selon nos informations, le texte doit être présenté en conseil des ministres au plus tôt fin avril – voire début mai –, puis l’examen au Parlement débutera, avant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Le leader de gauche et celui de droite veulent faire du bruit, transgresser dans l’espoir de s’imposer comme le premier des opposants – en attirant les électeurs du FN
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Mélenchon et Wauquiez, même combat

Le leader de gauche et celui de droite veulent faire du bruit, transgresser dans l’espoir de s’imposer comme le premier des opposants – en attirant les électeurs du FN



Le Monde
 |    05.03.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 10h01
    |

            Françoise Fressoz








                        



                                


                            

Tout les oppose et pourtant… Mélenchon le rouge et Wauquiez le bleu se surveillent du coin de l’œil, se copient, rivalisent. L’un vient de la gauche, l’autre de la droite, mais le macronisme triomphant les oblige à la même stratégie : parler au peuple, faire du bruit, transgresser dans l’espoir de s’imposer comme le premier des opposants.
Lorsque le chef de file du parti Les Républicains a fait, cinq jours durant, les gros titres des chaînes d’information en continu après ses attaques contre ses camarades devant des étudiants d’une école de commerce de Lyon, puis a refusé de s’excuser – sauf auprès de Nicolas Sarkozy, son ancien mentor –, et a attaqué, bille en tête, la presse, en fustigeant un « déchaînement médiatique », une « manipulation », une « embuscade » et même des « méthodes de voyous », le patron de La France insoumise a observé puis riposté.
A son tour, il s’en est pris aux médias, a dénoncé, sur son blog, « la CIA médiatique », qualifié la presse de « première ennemie de la liberté de pensée », assuré que « la haine des médias est juste et saine ». Il ne faudrait quand même pas qu’au chapitre du parler fort, on lui vole la vedette !

Au tout début du quinquennat, parce qu’il avait écrasé Benoît Hamon et talonné François Fillon au premier tour de l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon a cru que la place de premier opposant lui était acquise. Dix-sept députés élus à l’Assemblée nationale et la rue en caisse de résonance, qui dit mieux ? Six mois plus tard, il lui a fallu déchanter : face aux ordonnances réformant le code du travail, la rue n’était pas au rendez-vous et le Palais-Bourbon n’est pas une tribune suffisante pour contrer l’exécutif.
Ne pas se faire oublier
Le « point » était donc pour Macron, dixit Mélenchon lui-même, qui s’en alla panser ses plaies. Mais la nature a horreur du vide, et, soudain, c’est Laurent Wauquiez qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Plusieurs députés s’activent pour mettre en lien des sociétés privées et des projets associatifs. Une pratique sur laquelle s’interrogent les ONG anticorruption.
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Des députés LRM entremetteurs entre le privé et l’associatif faute de réserve parlementaire

Plusieurs députés s’activent pour mettre en lien des sociétés privées et des projets associatifs. Une pratique sur laquelle s’interrogent les ONG anticorruption.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 11h19
    |

            Manon Rescan








                        



                                


                            

Le deuil de la réserve parlementaire se révèle plus douloureux que prévu. A peine élue, la majorité avait voté la suppression de cette enveloppe de 130 000 euros en moyenne que chaque député pouvait distribuer sur son territoire. Une pratique qui, malgré les obligations de transparence récemment introduites, alimentait les soupçons de clientélisme. Localement, cette nouvelle donne n’est pas sans conséquences. 
« Un certain nombre d’associations qui avaient besoin de cet argent se trouvent dans une situation compliquée », constate Bruno Bonnell, député La République en marche du Rhône.
Privés de leur ancien levier d’action, des députés cherchent donc de nouvelles solutions. Faute d’argent public, ils se tournent désormais vers les entreprises. M. Bonnell vient ainsi de déposer en préfecture les statuts de Cœur Villeurbanne. Cette association sera le support d’une plate-forme en ligne qu’il a imaginée pour mettre en lien des sociétés privées et des projets en mal de financement. L’objectif est de s’appuyer sur le mécénat d’entreprise pour faire une levée de fonds afin d’aider ces projets mais aussi de proposer la mise à disposition par les entreprises de compétences ou de locaux qui pourraient héberger des associations.
« Il ne faudrait pas que ces plates-formes reproduisent les griefs qu’on pouvait formuler à l’encontre de la réserve parlementaire » Elsa Foucraut, Transparency international France
Son idée a séduit d’autres parlementaires. En Haute-Vienne, le député LRM Jean-Baptiste Djebbari réfléchit à un dispositif similaire et M. Bonnell dit avoir transmis les statuts de son association à « quatre ou cinq » collègues. Les élus y voient une double vertu. « Cela permet de créer une dynamique de territoire en faisant le lien entre entreprises et associations », détaille M. Djebbari. Bruno Bonnell y voit lui un moyen de « sortir de la subventionite » en offrant aux associations d’autres moyens de se...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ La facture vient d’être réévaluée à un peu moins de 7 millions d’euros, soit une augmentation de 1,8 million d’euros. Marine Le Pen dénonce un « acharnement »
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Assistants FN : le Parlement européen réévalue son préjudice à la hausse

La facture vient d’être réévaluée à un peu moins de 7 millions d’euros, soit une augmentation de 1,8 million d’euros. Marine Le Pen dénonce un « acharnement »



Le Monde
 |    05.03.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 09h39
    |

            Simon Piel et 
Lucie Soullier








                        


Le Front national a-t-il vécu indûment sur les fonds du Parlement européen pendant de nombreuses années ? Bruxelles a, semble-t-il, déjà répondu à cette question, qui occupe plusieurs juges d’instruction français depuis l’ouverture d’une enquête, en décembre 2016, pour « abus de confiance, escroquerie en bande organisée, travail dissimulé, faux et usage de faux ».
L’organe législatif de l’Union européenne vient ainsi de réévaluer à la hausse le préjudice qu’il aurait subi du détournement de ses fonds affectés aux assistants parlementaires frontistes qui auraient travaillé en réalité pour le compte du parti en France, ce qui est absolument proscrit par les règles du Parlement.
Jusqu’ici estimée à un peu moins de 5 millions d’euros par les conseils de l’instance européenne, Mes Patrick et Antoine Maisonneuve, la facture vient d’être réévaluée à un peu moins de 7 millions d’euros, soit une augmentation de 1,8 million, a indiqué le Journal du dimanche, le 4 mars.
Une conséquence directe de l’élargissement de l’enquête française menée par les juges Claire Thépaut et Renaud Van Ruymbeke, auxquels le parquet de Paris a récemment accordé un réquisitoire supplétif leur permettant de travailler sur une période allant de 2009 à 2017, et non plus à partir de 2012, comme c’était le cas jusqu’ici.

        Lire aussi :
         

                Comprendre l’affaire des assistants parlementaires du FN



Outre de nombreux documents saisis par les policiers, oscillant entre le burlesque – tel cet assistant parlementaire officiellement salarié du Parlement européen qui n’a eu aucun échange téléphonique avec la députée pour laquelle il était censé travailler pendant la durée de son contrat – et le plus embarrassant – plusieurs notes du trésorier du parti, Wallerand de Saint-Just, évoquent clairement les économies que le FN peut réaliser grâce au Parlement européen –, les enquêteurs disposent de nombreux témoignages laissant entendre qu’un système de détournement des fonds européens avait bel et bien été mis en place.
« Persécutions » et « acharnement »
Le dernier en date, révélé par Le Monde, est celui de l’homme-clé du système. Charles Van Houtte, comptable fiscaliste belge, ancien assistant parlementaire accrédité de Marine Le Pen et ex-administrateur au Parlement européen auprès d’Europe des nations et des libertés, le groupe politique créé, en juin 2015, par le FN et ses alliés de l’extrême droite européenne, a supervisé pendant plusieurs années (et jusqu’en 2015) pour le Front national « les tableaux de synthèse pour tous les députés afin d’avoir une vue globale sur les dépenses ».
Entendu en septembre 2017, il a confirmé les soupçons des enquêteurs sur deux points-clés visant directement l’actuelle présidente du parti, Marine Le Pen, mise en examen pour « abus de confiance » pour avoir salarié en tant qu’assistants parlementaires Thierry Légier, qui occupait de fait les fonctions de garde du corps, ainsi que Catherine Griset, sa directrice de cabinet. « Oui, je vous confirme que son contrat d’assistant parlementaire était fictif », répond-il aux policiers belges au sujet de M. Légier. « Pour répondre à votre question, elle n’a pas exercé ses fonctions d’assistante accréditée à temps plein », dit-il ensuite concernant Mme Griset.
« Une guerre médiatique nous est menée. Persécutions bancaire, judiciaire, et maintenant fiscale. Je me demande qui je terrorise à ce point-là. » Marine Le Pen
« Persécutions » et « acharnement ». Comme à son habitude, Marine Le Pen a réagi à l’enquête du JDD, qui indique par ailleurs que la présidente du FN serait visée par un contrôle fiscal, en s’estimant, sur Twitter, « victime » d’une cabale « dont l’objectif est d’abattre la seule opposition au système ». « Une guerre médiatique nous est menée, a-t-elle renchéri, invitée, dimanche, sur France 3. Persécutions bancaire, judiciaire, et maintenant fiscale. Je me demande qui je terrorise à ce point-là. »
« Je suis là »
Le trésorier du parti d’extrême droite, Wallerand de Saint-Just, a riposté sur le même registre, dénonçant sur les réseaux sociaux un « exercice d’intoxication » de l’hebdomadaire dominical et du Parlement européen, et affirmant que les chiffres cités étaient « inventés de toutes pièces ». 

        Lire aussi :
         

                Marine Le Pen subit les offensives de sa famille



A quelques jours du congrès du FN où sa présidente, affaiblie par la défaite présidentielle, se présente seule à sa propre succession, Marine Le Pen multiplie les mésaventures judiciaires. Jeudi 1er mars, elle a ainsi été mise en examen par le parquet de Nanterre pour « diffusion d’images violentes » après avoir publié des photos d’exactions de l’organisation djihadiste Etat islamique sur Twitter, en décembre 2015.
Sans compter, depuis une dizaine de jours, la charge croisée de son propre clan – avec le retour médiatique de sa nièce, Marion Maréchal-Le Pen, les sorties massacrantes de son père, Jean-Marie Le Pen, et le fiel de son ancien numéro deux, Florian Philippot – gênant sa relégitimation au sein du FN. Au point qu’elle doive elle-même le réaffirmer, dimanche sur France 3 : « Je suis là. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ A la tête de l’Union des industries et métiers de la métallurgie, le président du pôle social du Mouvement des entreprises de France se présente à la succession de Pierre Gattaz.
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Alexandre Saubot, candidat à la présidence du Medef

A la tête de l’Union des industries et métiers de la métallurgie, le président du pôle social du Mouvement des entreprises de France se présente à la succession de Pierre Gattaz.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 15h11
   





                        



   


L’un des dirigeants du Mouvement des entreprises de France (Medef), Alexandre Saubot, a annoncé dimanche 4 mars sa candidature à la succession du président de l’organisation patronale, Pierre Gattaz, dont le mandat prendra fin au début de juillet. « Je suis candidat à la présidence du Medef », dit M. Saubot dans un texte transmis à la presse, afin de « réconcilier la France et l’entreprise », écrit-il.
Pour défendre son projet « en homme libre de sa parole », M. Saubot a décidé de « quitter l’ensemble de [ses] mandats patronaux, la vice-présidence du Medef depuis hier [samedi] comme la présidence de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) à l’échéance de [son] mandat en avril prochain ».
Agé de 53 ans, M. Saubot dirige une entreprise familiale, Haulotte, qui construit des matériels d’élévation, et « qui compte aujourd’hui 1 700 collaborateurs avec 500 millions d’euros de chiffres d’affaires ».
Président du pôle social du Medef
S’agissant des pouvoirs publics, le candidat écrit que « le gouvernement actuel a engagé certaines réformes qui répondent à [ses] attentes » et il salue les « progrès accomplis ».
Mais il estime qu’« en matière de compétitivité, nos entreprises ont des boulets aux pieds quand on considère le poids des dépenses publiques et donc celui des impôts et des charges, ou celui des réglementations ».
M. Saubot, également président du pôle social du Medef, entend « porter une conception exigeante du dialogue social » et se dit ouvert « au compromis » mais pas « aux compromissions ». « Contrairement à l’image véhiculée, je ne suis pas un inconditionnel du dialogue social », a-t-il déclaré dans une interview au Journal du dimanche. « Je […] ne signerai jamais d’accord qui ajouterait des contraintes aux entreprises », a-t-il ajouté.
Alexandre Saubot évoque deux priorités s’il est élu à la tête du Mouvement des entreprises de France : la baisse des charges des entreprises et l’apprentissage. Dans ce dernier domaine, il dit souhaiter augmenter de 50 % le nombre d’apprentis d’ici à cinq ans.
Alexandre Saubot est le cinquième candidat déclaré à la succession de Pierre Gattaz, après Patrick Martin, président du Medef Auvergne-Rhône-Alpes, Frédéric Motte, président du Medef Hauts-de-France, Jean-Charles Simon, ancien directeur général du Medef, et Geoffroy Roux de Bézieux, également vice-président du Medef.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Le ministère des comptes publics n’a pas commenté l’information publiée par « Le Journal du dimanche », qui relève du « secret fiscal ».
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Marine Le Pen qualifie de « persécution » l’annonce d’un contrôle fiscal la concernant

Le ministère des comptes publics n’a pas commenté l’information publiée par « Le Journal du dimanche », qui relève du « secret fiscal ».



Le Monde
 |    04.03.2018 à 14h31
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 15h31
   





                        



   


La présidente du Front national, Marine Le Pen, qui serait « actuellement visée par un contrôle fiscal », selon le Journal du dimanche de dimanche 4 mars, dénonce une nouvelle « persécution » à son endroit.
Sur Twitter, la dirigeante du FN et députée du Pas-de-Calais écrit :
« Le JDD annonce que je suis la cible d’un contrôle fiscal ? ! Première nouvelle ! Mais ça manquait en effet au tableau des persécutions. L’acharnement dont je suis victime et dont l’objectif est d’abattre la seule opposition au Système commence à devenir voyant ! »
Le ministère des comptes publics n’a pas commenté l’information, qui relève du « secret fiscal ».
Préjudice réévalué par le Parlement européen
L’hebdomadaire dominical écrit que le Parlement européen « vient de réévaluer à la hausse le préjudice » subi en raison d’emplois supposés fictifs d’assistants parlementaires d’eurodéputés FN, à « près de 7 millions d’euros ». L’instruction confiée aux juges Claire Thépaut et Renaud Van Ruymbeke « a été prolongée à la période qui court de juillet 2009 à la fin de l’année 2012 », ce qui a provoqué une réévaluation du préjudice d’un peu plus de 1,8 million d’euros, selon le JDD.
En septembre 2015, le Parlement européen avait évoqué la somme de 1,9 million, puis avait réévalué en avril 2017 le préjudice à près de 5 millions d’euros. Quand le Parlement européen avait annoncé, en 2015, la saisine de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF), le préjudice évoqué s’élevait à 7,5 millions d’euros.

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                Emplois fictifs au FN : le témoignage gênant de l’homme-clé du dispositif frontiste



Le trésorier du FN, Wallerand de Saint-Just, a dénoncé dimanche sur Twitter un exercice d’« intoxication » du JDD et du Parlement européen.
Dix-sept eurodéputés ou ex-eurodéputés FN, dont la présidente du FN, Marine Le Pen, et son père, Jean-Marie Le Pen, sont visés par l’enquête, ouverte en 2015, qui porte sur au moins une quarantaine d’assistants. Mme Le Pen a été mise en examen le 30 juin pour abus de confiance et complicité d’abus de confiance. L’enquête porte sur des salaires versés sur des fonds européens à des assistants d’élus FN au Parlement européen, qui pourraient avoir été affectés à d’autres tâches.

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                Comprendre l’affaire des assistants parlementaires du FN






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Les médias en ligne souffrent de la concurrence de Facebook et Google dans la publicité et de la sévérité de la justice à leur égard.
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Au Maroc, les sites d’information luttent pour leur survie

Les médias en ligne souffrent de la concurrence de Facebook et Google dans la publicité et de la sévérité de la justice à leur égard.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 19h39
    |

                            Yassine El Azzaz








                        



                                


                            

La démocratisation d’Internet, dans le sillage des réformes engagées par le roi Mohammed VI et des révolutions arabes, a entretenu un espoir de libération de la parole journalistique sur le Web. En 2014, le ministre de la communication, Mustapha El Khalfi, dénombrait plus de 400 sites d’informations en ligne et se réjouissait de leur « potentiel dans le domaine de la diversité et de la liberté de la presse ». Quelques années plus tard, certains sujets épineux comme l’islam, le régime monarchique et le Sahara occidental, sont toujours tabous. Et le risque de la prison, qui menace toujours les journalistes, encourage l’autocensure.
« L’exemple d’Hamid El Mahdaoui, rédacteur en chef de Badil.info, pure-player arabophone qui a mis la clé sous la porte depuis l’arrestation de son fondateur pendant le Hirak [un mouvement contestataire né à Al-Hoceïma dans la région du Rif après la mort d’un poissonnier broyé par une benne à ordures] est dans la tête des journalistes », explique Abdellah Tourabi, ancien directeur de publication du magazine indépendant Telquel, hebdomadaire critique envers les gouvernements successifs et qui accumule les procès.

Pourtant présentée comme une avancée pour la liberté de la presse par le Parti de la justice et du développement (PJD), au pouvoir depuis sept ans, la réforme du code de la presse, adoptée en 2016, a théoriquement supprimé les peines privatives de liberté. Mais, en pratique, « les juges contournent le code de la presse et poursuivent les journalistes sur la base du code pénal », affirme Youssef Aït Akdim, journaliste indépendant installé à Rabat.
Difficile de faire payer le lecteur
Les éditeurs critiquent également l’absence de juges et de procureurs spécialisés dans les affaires de presse. « Lors du premier procès intenté en 2009 contre Taoufik Bouachrine pour “offense au drapeau national”, le juge citait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Le député la France Insoumise de Seine-Saint-Denis est l’invité de France Inter, « Le Monde » et France Télévisions.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Les attaques récentes contre les médias par des personnalités politiques — Jean-Luc Mélenchon, Laurent Wauquiez, Marine Le Pen, entre autres — relancent le débat sur l’action et le rôle des supports d’information dans la Cité.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Lors de la précédente grande grève de la SNCF, Stéphane Rozès avait inventé une formule qui a fait florès : « la grève par procuration ». Pour ce spécialiste des études d’opinion qui s’exprime dans une tribune au « Monde », l’histoire ne se répétera pas.
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Mouvements sociaux : « 2018 n’est pas 1995 »

Lors de la précédente grande grève de la SNCF, Stéphane Rozès avait inventé une formule qui a fait florès : « la grève par procuration ». Pour ce spécialiste des études d’opinion qui s’exprime dans une tribune au « Monde », l’histoire ne se répétera pas.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 13h09
    |

Stéphane Rozès (Consultant, président de CAP (Conseils, analyses et perspectives))







                        



                                


                            

Tribune. La plupart des analystes, responsables politiques et syndicaux s’interrogent pour savoir si, de la réforme de la SNCF et la modification du statut des cheminots par voie d’ordonnances, pourrait surgir une grève suffisamment dure et soutenue comme en 1995, à même de faire reculer le pouvoir politique.
Comme il n’y a, apparemment, rien de plus imprévisible qu’une crise sociale, il faut pour répondre à cette interrogation, non pas tant comparer les réformes de 1995 et de 2018, décrypter la théâtralité et le jeu des partenaires sociaux ou les réactions immédiates de l’opinion publique, que revenir aux fondamentaux de ce qui a fait « événement » dans le mouvement social d’ampleur il y a vingt-trois ans pour les comparer avec le moment actuel.
Alors l’Histoire nous ramène à ce qui fait la spécificité de notre imaginaire, notre façon de nous approprier le réel : une dispute commune dans laquelle la question nationale précède la question sociale.
En 1995, la « grève par procuration » de l’opinion en soutien du mouvement social avait un fondement idéologique et politique.

Si notre mémoire a retenu le mouvement social de novembre-décembre 1995, ce n’est pas seulement parce que le pays fut bloqué plusieurs semaines avec le soutien de l’opinion publique mais parce qu’il s’insérait dans un tournant idéologique de notre histoire politique.
Pour qu’un mouvement social fasse reculer le pouvoir politique, il faut la conjonction d’une capacité de nuisance de la grève et un soutien de l’opinion. En 1995, en réaction au plan Juppé sur la réforme de la Sécurité sociale qui concernait également les régimes spéciaux, les cheminots et les agents des services publics ont bloqué le pays, entraînant d’autres secteurs dans une grève nationale.
Basculement idéologique des Français
Les Français adhéraient majoritairement aux mesures du plan du premier ministre prises une à une. Pourtant, dès le départ, les deux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Dans un entretien au « JDD », Antoine Gallimard dit avoir « suspendu le projet » de rééditer les pamphlets antisémites en raison de la polémique qu’il avait suscitée.
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Gallimard ne renonce pas à publier les pamphlets de Céline

Dans un entretien au « JDD », Antoine Gallimard dit avoir « suspendu le projet » de rééditer les pamphlets antisémites en raison de la polémique qu’il avait suscitée.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 01h10
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 19h01
   





                        



   


« J’ai suspendu le projet [de rééditer les pamphlets antisémites de Louis-Ferdinand Céline] mais je n’y ai pas renoncé », a déclaré Antoine Gallimard, le PDG de la maison d’édition, qui s’exprime pour la première fois depuis la polémique dans les colonnes du Journal du dimanche (JDD), dimanche 4 mars. Il veut offrir « une édition scientifique de ces textes, (…) comme des sources importantes de l’antisémitisme en France ».
« La raison de cette suspension est simple : on ne construit rien de valable dans un incendie, on ne peut pas se faire entendre dans un amphithéâtre en ébullition. »
Il réfute l’idée qu’il aurait été convoqué par le gouvernement en décembre 2017 à ce sujet. « Le terme “convocation” est inexact, assure-t-il. J’ai reçu une lettre du délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, Frédéric Potier, et j’ai choisi de le rencontrer. » Ecoutant les appréhensions du délégué quant à une absence de mise en contexte, M. Gallimard lui avait fait savoir que cette réédition des textes serait accompagnée d’un « appareil historique », avec une analyse du professeur d’université Régis Tettamanzi et d’une préface signée de l’écrivain Pierre Assouline.

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                Pamphlets de Céline : la littérature « menacée de mort »



Un projet polémique
Le projet de rééditer les pamphlets antisémites de Céline (Bagatelles pour un massacre, 1937 ; L’Ecole des cadavres, 1938 ; Les Beaux Draps, 1941) avait suscité une vague d’indignation, notamment celle de Serge Klarsfeld, président de l’association Fils et filles de déportés juifs de France.
Antoine Gallimard justifie à nouveau dans le JDD son projet « par goût de la vérité » et par la nécessité de montrer « la coexistence du génie et de l’ignoble en un seul homme ». Les textes concernés ont été rédigés par l’auteur du Voyage au bout de la nuit entre 1937 et 1941, et devraient tomber dans le domaine public en 2031 (soit soixante-dix ans après la mort de l’écrivain).

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                Petites et grandes manœuvres autour des pamphlets de Céline



Les pamphlets de Céline ne sont pas interdits en France, mais ils n’ont pas été réédités depuis la fin de la seconde guerre mondiale. L’écrivain lui-même, puis sa veuve, Lucette Destouches, âgée de 105 ans, s’y opposaient. Disponible sur Internet, une édition établie par Régis Tettamanzi existe déjà au Québec depuis 2012.



                            


                        

                        

