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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-1"> ¤ Le géant du commerce en ligne, qui vient de racheter la start-up américaine, cherche à développer les livraisons à l’intérieur des maisons.
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Avec Ring et ses sonnettes connectées, Amazon accélère dans la sécurité domestique

Le géant du commerce en ligne, qui vient de racheter la start-up américaine, cherche à développer les livraisons à l’intérieur des maisons.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 11h42
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



   


Amazon passe à la vitesse supérieure sur le marché de la sécurité domestique. Mardi 27 février, le géant américain du commerce en ligne a officialisé le rachat de Ring, une start-up américaine fabriquant des sonnettes et des caméras de surveillance connectées. Une gamme de produits qu’il pourrait mettre à profit pour livrer les achats de ses clients à l’intérieur de leur domicile. Et ainsi éviter les vols, fréquents, de colis laissés sur le palier.
Le montant de cette opération n’a pas été précisé. Mais, selon le New York Times, Amazon versera 1,1 milliard de dollars (901 millions d’euros). Il s’agirait alors de la troisième plus importante acquisition de son histoire, derrière les 13,7 milliards dépensés en 2017 pour la chaîne de supermarchés Whole Foods et le chèque de 1,2 milliard signé en 2009 pour le site Internet de vente de chaussures Zappos.
Une forte croissance
Lancée en 2012 sous le nom de Doorbot, Ring est surtout connue pour ses sonnettes équipées d’une caméra. Grâce à une application mobile, les utilisateurs sont avertis lorsqu’une personne sonne à leur porte et ils peuvent discuter avec elle. La start-up a depuis diversifié son activité, commercialisant des caméras de sécurité, des capteurs de mouvement et des détecteurs de fumée. Elle propose aussi deux abonnements, de 30 et 100 dollars par an, pour pouvoir enregistrer les flux vidéo.
En 2016, Amazon avait investi dans Ring par l’intermédiaire de son fonds Alexa Fund, qui apporte des capitaux aux entreprises intégrant son assistant vocal Alexa dans leurs produits. Avec cette acquisition, l’e-marchand espère désormais devenir un acteur majeur du marché de la sécurité domestique. Il y a deux mois, il avait déjà mis la main sur Blink, une jeune pousse concurrente de Ring.
Le cabinet Research and Markets estime que ce marché va croître de 9 % en moyenne par an au niveau mondial jusqu’en 2020, pour atteindre 51,5 milliards de dollars (42,2 milliards d’euros). Mais cette croissance devrait être beaucoup plus élevée pour les systèmes à installer soi-même, associés à des applications mobiles, qui gagnent en popularité au détriment des alarmes traditionnelles, notamment en raison de leur prix plus abordable.
Un tiers des Américains déjà victimes de vols de colis
Sous l’égide d’Amazon, Ring bénéficiera des moyens financiers et de la plate-forme de distribution pour gagner des parts de marché. A Wall Street, l’action d’ADT, le leadeur du secteur aux Etats-Unis, a chuté de 13 % mardi et mercredi. Elle sera aussi davantage en mesure d’affronter de grands groupes télécoms, comme Comcast et AT&T, qui couplent des offres de sécurité à leurs abonnements Internet, ou Nest, la filiale de Google, qui s’est lancée fin 2017 sur ce segment.
En investissant dans les sonnettes et les caméras de sécurité, Amazon cherche aussi à imposer la livraison à l’intérieur du domicile. Aux Etats-Unis, les vols de colis sont nombreux. Selon une enquête commandée par Comcast, un tiers des Américains en ont déjà été victimes. Ce type de livraisons pourrait jouer un rôle important dans l’alimentaire, où le groupe affiche de grandes ambitions.
« A terme, on imagine que les clients d’Amazon commanderont à leur enceinte Echo leurs courses, qui seront traitées chez Whole Foods puis déballées au domicile par les livreurs grâce à Ring », prédit l’analyste Colin Sebastian.
« A long terme, on peut imaginer que les clients d’Amazon pourront parler à leur enceinte Echo pour commander leurs courses, qui seront traitées chez Whole Foods puis déballées au domicile par les livreurs grâce à Ring », prédit Colin Sebastian, analyste chez le courtier Baird. « La capacité de livrer ou d’installer sans la présence du client pourrait aussi permettre à Amazon de gagner des parts de marché dans l’ameublement ou l’électroménager », ajoute-t-il.
En octobre 2017, la société de Seattle a fait un premier pas dans cette direction, en présentant le système Key, composé d’une serrure connectée et d’une caméra de sécurité, qui permet à ses livreurs d’ouvrir la porte d’entrée pour déposer un paquet. Le client peut regarder l’opération en direct sur son smartphone. Ce dispositif n’est pour le moment disponible que dans 37 villes aux Etats-Unis.
« Un écosystème de produits dans la maison connectée »
Le rachat de Ring s’inscrit également dans une stratégie plus globale. « Par une série de petites acquisitions et d’initiatives internes, Amazon forme un écosystème de produits dans la maison connectée pour être le leadeur du marché et le leadeur dans l’esprit des consommateurs », souligne Daniel Ives, de GBH Insights. L’entreprise a déjà pris une longueur d’avance avec sa gamme d’enceintes connectées Echo, qui capte environ 70 % du marché aux Etats-Unis.
Si Ring va conserver son indépendance, ses futurs produits seront certainement bâtis autour de l’assistant vocal Alexa. Et les interactions avec les enceintes Echo seront renforcées. Pour Amazon, l’objectif n’est pas tant de générer des recettes par la vente de ces appareils que « d’ouvrir de nouveaux relais de croissance pour le commerce en ligne, la recherche et la publicité », souligne M. Ives.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-2"> ¤ A partir du 1er mars, la marque PriceMinister, créée en 2000 par Pierre Kosciusko-Morizet, et rachetée en 2011 par Rakuten, le géant japonais de l’e-commerce, va progressivement disparaître.
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Rakuten abandonne la marque PriceMinister

A partir du 1er mars, la marque PriceMinister, créée en 2000 par Pierre Kosciusko-Morizet, et rachetée en 2011 par Rakuten, le géant japonais de l’e-commerce, va progressivement disparaître.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 17h50
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 18h03
    |

            Sandrine Cassini








                        



   


C’est un symbole du numérique français qui va disparaître. A partir du 1er mars, la marque PriceMinister va laisser la place à Rakuten. Le groupe japonais avait, en 2011, racheté pour 200 millions d’euros la plate-forme d’e-commerce créée par Pierre Kosciusko-Morizet en 2000. « C’est un énorme défi pour nous. Mais nous voulons créer un écosystème autour de Rakuten. Nous avons déjà les liseuses Rakuten Kobo, notre service de vidéo Rakuten TV et la messagerie Rakuten Viber. Nos 20 millions de membres PriceMinister pourront accéder à l’ensemble de nos services, qui seront intégrés », explique au Monde Hiroshi Mikitani, le fondateur du géant nippon de l’e-commerce. Pour mémoire, Rakuten avait racheté les liseuses canadiennes Kobo en 2012 pour 315 millions de dollars (257 millions d’euros), et la messagerie instantanée Viber pour 900 millions de dollars, en 2014.
Une grande campagne de communication accompagnera le passage de témoin entre PriceMinister et Rakuten. Il sera progressif, compte tenu de la notoriété de PriceMinister. Dans un premier temps, l’ancien nom de l’entreprise continuera à être présent en petit format au côté de Rakuten. Afin de ne pas perdre l’internaute, le nom de domaine sera conservé.
Dans le passé, Rakuten avait déjà songé à abandonner la marque française, mais n’avait pas osé franchir le pas. « J’avais peur, à l’époque. Cela nous a pris du temps de tout intégrer. Mais, cette fois, nous sommes prêts à y aller », justifie le patron.

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                PriceMinister : la greffe japonaise n’a pas pris



Concurrencé par Amazon et Leboncoin
En sept ans, PriceMinister, plate-forme intermédiaire entre les commerçants et les particuliers, affirme avoir multiplié par cinq le volume de transactions en France. Le site ne dévoile toutefois pas son chiffre d’affaires dans l’Hexagone. Tout juste sait-on qu’en 2009, la jeune pousse avait réalisé 40 millions de revenus et n’était pas rentable.
Pour l’avenir, Rakuten a encore du pain sur la planche face à Amazon ou au site Leboncoin, qui raflent une grosse part de l’e-commerce en France. « Ce que nous apportons, c’est le lien entre le vendeur et le consommateur. Sur Amazon Seller [le service d’Amazon destiné aux vendeurs], vous n’avez aucun contact, même pas un courriel. Là, nous créons ce lien, c’est ce qui nous permet d’avoir une grosse communauté de vendeurs », affirme Hiroshi Mikitani.
Du côté du consommateur, PriceMinister, également concurrencé par les grands noms de la distribution, comme Fnac-Darty, a lancé, en 2016, un programme de fidélité pour ses utilisateurs, qui compte 1 million de membres. En un an et demi, le site leur a reversé l’équivalent de 10 millions d’euros. « C’est cher, mais c’est un programme unique, qui n’existe pas sur Leboncoin ou sur Amazon », poursuit M. Mikitani, qui précise qu’un système de fidélisation équivalent, de grande ampleur, existe déjà au Japon.
L’Europe reste un territoire modeste
Pour l’avenir, Rakuten réfléchit aussi à ouvrir en France des entrepôts à destination de ses vendeurs. Il en possède déjà trois au Japon et prévoit de se doter de sept espaces de stockage supplémentaires. Rakuten se met ainsi dans les pas d’Amazon, qui met, depuis des années, sa logistique à la disposition des commerçants qui le souhaitent. En parallèle, le japonais songe aussi à décliner dans l’Hexagone ses services de paiements, très développés sur son marché domestique. « Nous avons une licence bancaire au Luxembourg. La prochaine étape est de proposer des services de paiement et de crédit », précise de son côté Olivier Mathiot, le PDG français de la filiale.
Reste que l’Europe reste un territoire modeste pour Rakuten, toujours très puissant au Japon. A son arrivée, Hiroshi Mikitani se montrait ambitieux et souhaitait se développer tous azimuts. Finalement, dans le commerce en ligne, il n’est présent qu’en France et en Allemagne. « Nous songeons à nous lancer en Espagne », assure le dirigeant. Rakuten sponsorise déjà le FC Barcelone, le club de foot de la ville, dont Hiroshi Mikitani affirme partager « la philosophie ».
En Europe, le patron du groupe japonais préfère mettre en avant la place de Rakuten TV « disponible dans douze pays », et de sa messagerie Viber, dont il affirme qu’elle connaît un beau succès en Europe de l’Est. Il souligne également les performances de ses liseuses. « Les Rakuten Kobo se vendent très bien en France, en Allemagne, en Italie et en Espagne », dit-il. Encore peu connu, Rakuten est un groupe puissant du numérique. En 2017, il a généré un chiffre d’affaires de 944 milliards de yens (7,1 milliards d’euros), en hausse de 20,8 % sur un an, pour un bénéfice net de 830 millions d’euros. Malgré la concurrence d’Amazon, la société, qui a également investi dans Lyft, le concurrent d’Uber, prévoit encore une croissance à deux chiffres cette année.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-3"> ¤ Conjuguer « e-sport » et « VR », le défi est de taille. La société française SmartVR tente pourtant de le relever avec son nouveau jeu.
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Réalité virtuelle : « After-H » tente de tracer sa voie dans l’e-sport

Conjuguer « e-sport » et « VR », le défi est de taille. La société française SmartVR tente pourtant de le relever avec son nouveau jeu.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 11h00
    |

            Corentin Lamy








                        



   


L’e-sport est-il un avenir possible pour la VR ? Deux ans après la sortie des principaux casques de réalité virtuelle, le taux d’équipement des foyers reste désespérément bas, et l’avenir commercial immédiat de la technologie semble plutôt se trouver dans les domaines médicaux ou culturels, ou du côté des salles d’arcade spécialisées.
Pourtant, certains continuent à croire en un succès de masse des jeux vidéo en réalité virtuelle. Et commencent à placer leurs billes en prévision d’une future évolution des usages. Il y a du travail : encore aujourd’hui, la plupart des jeux pour les casques de VR sont de courtes expériences ludiques, destinées à amuser quelques minutes. SmartVR en sait quelque chose : jusqu’ici, la société française a travaillé sur des projets de commande pour des entreprises, ou sur des expériences aux ambitions raisonnables, à l’image de Top Floor, pastille vertigineuse dans laquelle il s’agit de marcher en fragile équilibre sur une poutre de métal.
Fusils futuristes en plastique
Avec After-H, disponible depuis le 8 février sur la boutique en ligne de SmartVR et dans certaines salles d’arcade, l’entreprise entend passer la seconde et proposer « un des premiers FPS [first-person shooter, jeu de tir à la première personne] en VR ». Un numéro d’équilibriste qui n’a rien à envier à celui du héros de Top Floor.
Aujourd’hui, la réalité virtuelle pratiquée comme un sport, c’est simple : cela n’existe pas. Pour voir à quoi cela pourrait ressembler, il fallait se rendre au Salon Virtuality, qui se tenait du 8 au 10 février à Paris. Là, dans les travées d’un Salon plus souvent réservées aux conversations feutrées entre professionnels, le stand de SmartVR détonnait.
Voir des joueurs coiffés de casques de réalité virtuelle, sanglés de PC dans le dos, ne surprenait ici personne. Il était en revanche plus inhabituel, même à Virtuality, d’en croiser quatre d’un coup, répartis sur une scène de 10 mètres carrés, tenant fermement des fusils futuristes en plastique. Au mur, des écrans retransmettaient ce que les joueurs voyaient dans leur casque. Sur le côté de la scène, deux « casters », des commentateurs, expliquaient, enthousiastes, les enjeux et l’avancée de la partie en cours.

Faire un jeu équilibré
Dans les faits, After-H est un jeu assez classique, sorte d’équivalent futuriste de Counter-Strike. Deux équipes de quatre joueurs s’opposent dans les ruines d’une base martienne. Quelques fonctionnalités viennent apporter une touche d’originalité, comme la présence d’un radar, la gestion des munitions, ou encore une aide à la visée, mais c’est bien l’immersion au sein de cette arène de réalité virtuelle qui différencie le jeu de ses concurrents.
Jean Mariotte, cofondateur de SmartVR, énonce les trois piliers qui, selon lui, permettent à un jeu de prétendre au statut de titre e-sportif : l’équilibre, l’absence de facteur chance, et un mode spectateur.
Concernant l’équilibre, il estime même que la VR « apportera une dimension nouvelle ». Pour lui, ce ne sont plus simplement les réflexes ou la lecture du jeu qui fera la différence, mais également la dimension physique. Dans After-H, pour s’accroupir, se pencher, ou se retourner rapidement et précisément, il ne faut pas seulement être habile de la souris : il faut surtout avoir une parfaite maîtrise de son corps : « Je pense que les joueurs VR e-sport vont devoir avoir un entraînement physique plus poussé que sur un Counter-Strike ou un Call of Duty. »
Pour le mode spectateur, qui permet à tout un chacun de suivre les performances des « athlètes », il y a encore des pistes d’amélioration possibles :
« La difficulté, c’est de faire un rendu 2D d’une expérience 3D immersive… Forcément, quand on suit le match, un écran, ça n’a rien à voir avec ce que vous pouvez vivre avec un casque. Peut-être qu’à terme on pourra faire un mode spectateur qu’on pourra suivre avec un casque VR, pour être au cœur de l’expérience. »
Un objectif qui n’est pas pour tout de suite, la faible diffusion des casques de réalité virtuelle n’en faisant pas vraiment une priorité pour l’entreprise.
Fédérer une communauté
Et c’est là que le bât blesse. Il ne suffit pas de s’autoproclamer « jeu e-sport » pour le devenir. Il faut d’abord fédérer une communauté suffisamment importante et engagée pour qu’en émergent des champions – et, surtout, pour attirer des sponsors. Deux préalables avant d’atteindre une vraie popularité, à même de remplir des salles.
Sauf que le casque de réalité virtuelle est encore très loin d’être populaire. Avec deux petits millions d’exemplaires vendus en décembre 2017, un an après sa sortie, celui de Sony (qui ne fonctionne du reste pas sur PC, donc pas avec After-H) fait figure de leadeur du secteur. Les concurrents sont encore plus à la traîne.
Mais pour Jean Mariotte, pas besoin de remplir des stades. L’objectif à court terme est d’atteindre, « rapidement », 10 000 joueurs par semaine, notamment grâce à la version Steam du jeu, qui devrait être disponible avant la fin de l’année sur la boutique en ligne. Un nombre, selon lui, suffisant pour pouvoir prétendre à faire naître une scène e-sport. Pour l’heure, le jeu n’est disponible que sur la plate-forme du développeur, avec une offre que son tarif (200 euros hors taxe par mois pour accéder à l’intégralité du catalogue) réserve de facto aux professionnels.
Le marché des salles d’arcade
Il le reconnaît toutefois : ce n’est pas sur les ordinateurs que va se jouer le succès d’After-H. Ou, en tout cas, pas avant 2020. D’ici là, c’est le marché des salles d’arcade que vise SmartVR. « C’est une première étape : il y a une centaine de salles dans le monde entier avec lesquelles on travaille. » Certaines ont déjà adopté le jeu, à l’image de MindOut, dans le 3e arrondissement de Paris.
Jean Mariotte garde à l’esprit un espoir un peu fou : celui de voir ouvrir des salles free roam (« libre exploration ») de plusieurs centaines de mètres carrés, qui reproduiront en taille réelle les obstacles des arènes du jeu. Là, les joueurs ne seront plus confinés à leur salon ni au booth (« cabine ») d’une salle d’arcade, mais pourront courir réellement sur le champ de bataille, à l’image de ce que permettent déjà les « laser games ».
Jean Mariotte l’envisage comme un mode « premium », dans lequel les joueurs les plus engagés iront se confronter aux autres champions, entre deux entraînements dans leur salon. Même s’il ne peut « malheureusement » pas pour le moment annoncer où se trouveront ces salles, les premières pourraient, c’est en tout cas son souhait, ouvrir d’ici à la fin de l’année.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-4"> ¤ Le classique de la PlayStation 2 revient ce mercredi dans une version remasterisée. L’aventure, elle, distille toujours le même charme épique et éthéré.
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Le retour de « Shadow of the Colossus », monument du jeu vidéo

Le classique de la PlayStation 2 revient ce mercredi dans une version remasterisée. L’aventure, elle, distille toujours le même charme épique et éthéré.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 12h23
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 17h41
    |

            William Audureau








                        



   


Dans Shadow of the Colossus, en pressant les touches triangle et R1 en même temps, Wander, le héros, chevauche sa monture, épée brandie vers le zénith. Dans n’importe quel jeu d’heroic fantasy, un tel geste annoncerait un violent coup de lame contre un gobelin des bois ou un elfe de sang un peu trop bougon. Pas ici, pas dans un jeu de Fumito Uedo, créateur d’Ico (2001) et de The Last Guardian (2016), chantre du jeu vidéo éthéré.
Cette arme blanche que soulève le personnage a pour fonction de refléter la lumière du soleil. Et d’aiguiller le chevalier maudit dans le vaste paysage qu’il arpente. Son épée, c’est une boussole dans un vaste monde désolé. Une des nombreuses particularités de Shadow of the Colossus, un des jeux les plus marquants de l’histoire du jeu vidéo, sorti sur PlayStation 2 en 2005 et réédité sur PlayStation 4 mercredi 7 février.
Cette version ravalée et mise aux standards visuels actuels – 1080 p, 30 images/seconde et 4K et 60 images/seconde sur PlayStation 4 Pro – ne trahit rien du chef-d’œuvre d’origine, mais se contente juste de l’embellir. La nature est plus généreuse encore, les différentes séquences se rapprochent davantage d’un film d’animation, l’univers gagne un peu plus encore en immersion, sans rien oublier de son identité. Offrant une occasion idéale pour le redécouvrir.

        Lire le portrait :
         

          Fumito Ueda, l’homme qui insuffle de la vie au jeu vidéo



Ruines majestueuses
A l’image de cette simple séquence, Shadow of the Colossus échappe au contrat classique des jeux d’aventure à l’univers médiéval-fantastique. Ici, la majesté s’accompagne de solitude et l’épopée d’errance. Si ce n’est son fidèle destrier, quelques rares silhouettes spectrales et une voix divine autoritaire susurrant une langue inconnue, le monde dans lequel évolue Wander est vide et inhabité.

C’est un tombeau à ciel ouvert, verdoyant et malade, aux falaises griffées par le temps et aux ruines sablées par le vent, qui diffuse dans son silence majestueux la beauté mélancolique des paysages désertés. Peu de jeux avant lui ont su évoquer avec tant de force ce sentiment d’une nature immensément belle, folle, écrasante.
Tauromachie fantastique
Et puis, il y a les colosses. Seize colosses, lents, gigantesques, gardiens assoupis d’un monde sans vie ni menace. C’est eux, qu’arc et épée à la main, Wander doit escalader et mettre à mort, au nom d’une promesse divine, celle de ressusciter sa princesse en échange de la démolition des géants. Seize créatures opiniâtres, tantôt bipèdes ou animales, faites de cuir, de touffes et de granit, qu’il va s’agir de traquer, d’escalader, puis enfin d’abattre, l’épée plantée au sommet de leur crâne.
Dans la plupart des jeux d’aventure, les boss sont des antagonistes haïssables, et leur combat, des rites initiatiques se traduisant par une porte qui s’ouvre, ou un nouveau pouvoir. Ici, rien de tout cela. La rencontre avec chaque colosse s’apparente à une séquence de tauromachie fantastique.
Wander n’est pas un chevalier héroïque ; c’est un insecte qui approche sa proie, l’arpente, la harcèle de son dard, avant de l’achever, non par justice, mais par contrat. Il faut voir ces géants se débattre sous les coups d’épée, molosses végétaux perclus de douleur et d’énervement, et le héros valser au vent, à peine retenu à sa proie par un poignet farouchement agrippé à sa crinière.
Ici, nulle escrime, nulle grâce, mais un mano a mano sauvage et cruel où s’opposent les grands gestes incontrôlés de bêtes géantes blessées, et l’obstination d’un chevalier devenu pou, devenu tique, avant de se faire matador. Shadow of the Colossus n’est pas un jeu d’heroic fantasy glorifiant la beauté romantique de l’arme blanche, mais une corrida faustienne dans un monde mélancolique.
« Gambaru »
Au plus fort de l’action, menacé par le gigantisme de sa proie, Wander se fait acrobate. Une des idées fortes du jeu, celle de transformer les quelques ennemis en échafaudages vivants à escalader, l’amène régulièrement à peser les distances, se suspendre aux corniches, s’accrocher à la fourrure de sa cible. Le doigt crispé sur la gâchette R2, l’œil inquiet rivé à la jauge d’endurance, le joueur cherche à tenir, se tenir, jusqu’aux crampes, puis jusqu’à lâcher prise, tomber et remonter, Sisyphe au pied d’un colosse, l’index tout crispé.

        Critique :
         

          « The Last Guardian », 10 ans d’attente pour un classique



Une astuce de game design qui réussit à traduire une des notions les plus constitutives de la culture japonaise, le gambaru – éloge de la persévérance, de l’acharnement, de la victoire dans l’effort et la souffrance. Peu de jeux traduisent ainsi avec autant de force l’opiniâtreté d’un affrontement, et l’obstination maladive d’un héros, autant que ce contact physique aussi permanent qu’ambigu – survivre, c’est s’accrocher à sa proie.
C’est peu dire que le second titre dirigé par Fumito Ueda a durablement marqué l’industrie du jeu vidéo. Il est à l’origine de toute une lignée, qui de Journey à The Witness, partagent avec lui sa philosophie de la conception par la soustraction : alléger le jeu de tout superflu, le désosser de ses interfaces encombrantes et de ses explications bavardes, pour atteindre une forme d’immersion et d’expressivité pures. C’est aussi à Shadow of the Colossus que l’on doit le renouveau des jeux d’escalade - d’Uncharted qui fera des corniches l’une des ponctuations les plus récurrentes de son aventure, à The Legend of Zelda : Breath of the Wild, qui prolongera le gigantisme de ses reliefs et lui empruntera ouvertement son système d’endurance.
En bref
On a aimé :
Le jeu vidéo façon grand maître de l’animationDes colosses tous mémorablesL’audace de ce monde dépeupléEcrire un texte super pompeux
On n’a pas aimé :
Aucune version sur console OuyaLa caméra abuse parfois du chouchen
C’est plutôt pour vous si :
Vous aimez Zelda, Miyazaki, Moebius et Prince of PersiaVous voulez goûter à l’un des jeux vidéo les plus influents de la PlayStation 2Vous avez fini The Legend of Zelda : Breath of the Wild et tenteriez bien son grand cousinVous n’avez rien contre les aventures assez courtes – 6-7 heures.
C’est plutôt pas pour vous si :
Vous aimez dézinguer du gobelin et de l’elfe de sang... et mettre des frappes en lucarneVous êtes un colosse
La note de Pixels Colossal/10



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-5"> ¤ Les moins de 35 ans sont l’avenir des marques mais, avec eux, la pub de grand-papa ne passe pas.
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Avec My Little Paris, TF1 se rapproche des millennials

Les moins de 35 ans sont l’avenir des marques mais, avec eux, la pub de grand-papa ne passe pas.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 07h13
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 07h59
    |

                            Nadine Bayle








                        



                                


                            

Un audimat en baisse et des téléspectateurs aux cheveux de plus en plus blancs : c’est le destin que connaissent tous les dinosaures de la télé. Depuis son arrivée comme PDG de TF1, début 2016, Gilles Pélisson cherche à rajeunir l’offre commerciale. Après s’être associé à Studio71, vivier de youtubeurs et d’« influenceurs digitaux », son groupe fait un pas de plus en direction des millennials. Avec le rachat du groupe Aufeminin.com en décembre 2017, pour 365 millions d’euros, la filiale My Little Paris et ses jeunes abonnées tombent dans ses bras.
Les moins de 35 ans sont l’avenir des marques mais, avec eux, la pub de grand-papa ne passe pas. Il faut savoir s’y prendre. « C’est la génération “anti-bullshit”, on ne peut pas leur raconter n’importe quoi », résume crûment Anaïs Peignier, la directrice de la publicité de My Little Paris. Face à ce public averti et armé de smartphones, « la pub telle qu’on la connaît est morte. Il faut savoir créer des liens, être dans l’action et non dans le discours », poursuit-elle. La jeune pousse parisienne, installée dans un grand loft à deux pas de Pigalle, tire ces leçons de ses propres échecs, mais surtout de ses succès.

En 2008, Fany Péchiodat commence à partager par courriel ses « adresses secrètes et idées insolites » dans la capitale avec une cinquantaine de copines. Dix ans plus tard, la petite entreprise revendique de 4 millions de fans, nés à partir de 1980 pour une majorité d’entre eux. Des filles, surtout, mais aussi quelques garçons (450 000).
Des communautés (My Little Paris, Merci Alfred, Mona, mais aussi Tapage, pour les plus jeunes) gravitent autour de newsletters, d’applications mobiles et de lieux plus ou moins éphémères mais toujours photogéniques et « instagrammables ». « On branche, on débranche et on voit ce qui marche », résume Anaïs Peignier, arrivée en 2011, un an après le lancement des opérations avec les marques.
Approche « bon...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-6"> ¤ Avec la déferlante numérique, les frontières entre annonces, contenus et transactions publicitaires s’estompent. Les groupes de publicité traditionnels accusent le coup.
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Réseaux sociaux, data... la publicité à l’ère du numérique

Avec la déferlante numérique, les frontières entre annonces, contenus et transactions publicitaires s’estompent. Les groupes de publicité traditionnels accusent le coup.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 07h13
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 07h20
    |

                            Nadine Bayle








                        



                                


                            

Pas d’affiches dans les rues, aucun encart dans la presse, zéro spot télé. La marque automobile de luxe Alpine « mise tout sur les réseaux sociaux et la compétition » pour se remettre en piste. Un véritable symbole au moment où la télévision tombe définitivement de son piédestal, détrônée par le numérique de la place de premier média publicitaire mondial en 2017.
Finie la toute-puissance du « petit écran », place à la communication directe sur le Net, aux réseaux sociaux et à l’analyse de données. La pub change d’ère, les anciens équilibres vacillent. Les marques ne s’adresseront jamais plus aux individus à la façon d’un Marcel Bleustein-Blanchet, qui créait Publicis – il y a de cela quatre-vingt-dix ans – pour promouvoir, à coup d’affichage puis de spots, « m’sieur Lévitan » ou André, le « chausseur sachant chausser ».
La fin de l’âge d’or de la télé est « un moment historique mais c’est bien l’arbre qui cache la forêt, confirme Maria Mercanti-Guérin, coauteure, avec Michèle Vincent, de Publicité digitale (Dunod, 2016). La numérisation des grands médias historiques est telle que rien, ou presque, ne permet plus de distinguer les deux mondes. » La télé se fond dans le Web et, à l’horizon 2020, la bascule vers les écrans des ordinateurs, et surtout des téléphones mobiles, sera totale : l’Internet représentera plus de la moitié des investissements à l’échelle planétaire.
Cinq plates-formes dominent au niveau mondial
En France, l’e-publicité domine déjà, avec 34,4 % du marché publicitaire dans son ensemble en 2017. Ses recettes ont progressé de 12 % en un an, à 4,1 milliards d’euros, et l’écart avec les autres canaux se creuse, comme le montre le baromètre publié le 25 janvier par les Régies Internet (SRI), PwC et les agences médias de l’Udecam (Union des entreprises de conseil et achat média). Le mobile tire cette croissance.

Ces basculements sont logiques. « Les investissements des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-7"> ¤ Le groupe sud-coréen a réalisé un chiffre d’affaires de 61,2 milliards de dollars sur le marché des puces électroniques en 2017, contre 57,7 milliards de dollars pour Intel.
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Samsung nouveau numéro un des semi-conducteurs, devant Intel

Le groupe sud-coréen a réalisé un chiffre d’affaires de 61,2 milliards de dollars sur le marché des puces électroniques en 2017, contre 57,7 milliards de dollars pour Intel.



Le Monde
 |    04.01.2018 à 14h02
 • Mis à jour le
04.01.2018 à 15h38
   





                        



   


Après des années en haut du podium sur le marché des semi-conducteurs, Intel perd sa place de leadeur mondial. Le grand groupe sud-coréen Samsung est devenu en 2017 le nouveau numéro un mondial du marché de ces puces qui sont dans nos appareils high-tech. Le constructeur dépasse, par son chiffre d’affaires dans le secteur, son concurrent américain Intel, selon une étude réalisée par le cabinet Gartner publiée jeudi 4 janvier.
Selon les chiffres publiés par le cabinet américain, le groupe sud-coréen a réalisé un chiffre d’affaires de 61,2 milliards de dollars sur le marché des semi-conducteurs en 2017. Un chiffre en hausse de 52,6 %, contre 57,7 milliards de dollars pour Intel, qui réalise « seulement » une hausse de 6,7 %. Le sud-coréen détient désormais 14,6 % de parts de marché, contre 13,8 % pour Intel.

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                Taïwan, berceau de l’industrie des semi-conducteurs



Marché en progression
Dans le sillage de Samsung, un autre groupe coréen, SK Hynix, monte sur le podium, en lieu et place de l’américain Qualcomm, avec des ventes qui s’établissent à 26,3 milliards de dollars, en croissance de 79 % sur un an. Qualcomm se fait aussi dépasser par son compatriote Micron Technology, qui profite d’une croissance de 78,1 % pour atteindre un chiffre d’affaires annuel de 23 milliards de dollars.
Seule l’entreprise néerlandaise NXP, parmi les dix principaux constructeurs, a vu ses ventes se contracter durant l’année, de 7 %, à 8,6 milliards de dollars. En un an, le marché mondial du semi-conducteur a progressé de 22,2 % pour s’établir à 419,7 milliards de dollars.

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                La microélectronique réclame un milliard d’euros de subventions à l’Etat



Selon Gartner, le marché a principalement profité d’une hausse des prix du fait de chaînes d’approvisionnement sous tension, qui ont provoqué une hausse globale des prix des ordinateurs et des smartphones auprès du grand public.
Baisse des prix attendue
Le classement pourrait cependant être de nouveau bouleversé en 2018, prévient Gartner, avec une baisse des prix attendue sur les composants de mémoire flash NAND et des mémoires RAM, que l’on retrouve dans tous les équipements électroniques. Ce recul des prix devrait provoquer une perte d’une bonne partie de la croissance de cette année pour Samsung.
Le groupe sud-coréen pourrait même passer troisième en cas de succès dans le rachat de Qualcomm par son concurrent américain Broadcom, dont la tentative d’offre amicale a été rejetée à la mi-novembre. Broadcom a annoncé depuis vouloir tenter de prendre le contrôle du conseil d’administration de sa cible afin de parvenir à ses fins.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-8"> ¤ Le sociologue Vincent Chabault estime, dans une tribune au « Monde », que les débordements violents dans les magasins observés lors du Black Friday traduisent l’avènement d’une culture marchande combinant la rivalité matérielle et le divertissement sans limites.
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Black Friday : « A la compétition sociale par la consommation s’ajoute la violence physique »

Le sociologue Vincent Chabault estime, dans une tribune au « Monde », que les débordements violents dans les magasins observés lors du Black Friday traduisent l’avènement d’une culture marchande combinant la rivalité matérielle et le divertissement sans limites.



Le Monde
 |    21.11.2017 à 17h58
 • Mis à jour le
22.11.2017 à 09h45
    |

Vincent Chabault (Sociologue, université Paris-Descartes)







                        



                                


                            

Tribune. Le Black Friday marque aux Etats-Unis le coup d’envoi des achats de fin d’année au lendemain de Thanksgiving, célébrée le quatrième jeudi du mois de novembre. Des soldes importantes sont organisées par des distributeurs très investis – l’expression « Black Friday » se réfère d’ailleurs au premier jour de l’année à partir duquel ils font du bénéfice (la comptabilité passant du rouge au noir).
Au moment où les détaillants tentent d’importer cette journée sur le territoire français, en magasin mais surtout sur les sites en ligne, le Journal of Consumer Culture publie un article de deux chercheurs britanniques en criminologie sur les pratiques d’achat lors du Black Friday en Angleterre depuis 2014, mais surtout sur les débordements occasionnés (Oliver Smith and Thomas Raymen, « Shopping with violence : Black Friday sales in the british context », Journal of Consumer Culture, vol. 17, nº 3, 2017, p. 677-694, voir lien PDF), comme le montre, aux Etats-Unis, un reportage de CNN dans un magasin Walmart de Floride en 2012.

Que symbolisent les injures, bousculades, piétinements, bagarres entre les clients lors de cette journée, occasionnant parfois des arrestations policières et des hospitalisations ? Quelles sont les motivations des consommateurs à participer à un tel événement commercial ? En interrogeant une trentaine d’individus et en assistant à plusieurs de ces journées, les deux chercheurs livrent une série de réponses.
Pour les auteurs, ces manifestations de violence annoncent le triomphe du capitalisme libéral et de l’individualisme. A la compétition sociale que traduit souvent la consommation (Veblen, Baudrillard, Bourdieu) s’ajoute dans ce cas une rivalité physique pour l’accès aux biens.

Du côté des motivations, la participation à cette journée joue un rôle de rattrapage économique : il s’agit d’acquérir des biens électroménagers ou des vêtements habituellement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-9"> ¤ Et si les poids lourds du numérique, loin d’avoir rompu avec « le vieux monde industriel », en avaient tout simplement adopté les recettes, se demande Guillaume Degroisse, responsable marketing de l’Atelier BNP Paribas, dans une tribune au « Monde ».
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De Henry Ford à Jeff Bezos : « Les géants d’Internet ne seraient-ils pas les héritiers naturels des premiers industriels ? »

Et si les poids lourds du numérique, loin d’avoir rompu avec « le vieux monde industriel », en avaient tout simplement adopté les recettes, se demande Guillaume Degroisse, responsable marketing de l’Atelier BNP Paribas, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    16.11.2017 à 11h17
    |

Guillaume Degroisse (Responsable des contenus et du marketing à L’Atelier BNP Paribas)







                        



                                


                            

Tribune. Les pure players du numérique d’hier ne se contentent plus de titiller les acteurs traditionnels de l’économie, ils en ébranlent le leadership. En un été, Amazon est devenu un poids lourd de la distribution commerciale de produits physiques outre-Atlantique, et aurait des velléités de faire de même en France. En quelques années Airbnb, Booking et TripAdvisor ont fait vaciller le secteur de l’hôtellerie, au point de provoquer une baisse des prix hôteliers dans les grandes capitales mondiales.
Dans le transport – au-delà de ses démêlés avec l’édile de Londres et la justice indienne –, Uber a remis en cause le monopole des chauffeurs de taxi ; et Tesla, celui des constructeurs et des concessionnaires automobiles. Il n’en fallait pas plus pour que certains observateurs y voient un changement de « code » ou une nouvelle ère, celle des géants du numérique face à l’ancien monde.

Pourtant, la dialectique de l’inédit manque de pertinence quand il s’agit d’analyser ce chamboulement. Ceux que l’on continue d’appeler les géants d’Internet ne sont-ils que cela ? Est-ce qu’ils ne seraient pas plutôt les héritiers naturels des premiers industriels, dans la continuité d’un processus historique qui trouve ses racines au XVIIIe siècle ?
C’est en effet entre 1770 et 1780 que le « code » a fondamentalement changé. Favorisée par un contexte socio-économique et idéologique favorable, la révolution industrielle a suscité un nouveau paradigme en Europe. A la suite de la Grande-Bretagne, les nations du continent européen, puis l’Amérique du Nord, ont rompu avec l’agriculture et l’artisanat pour embrasser le commerce et l’industrie.
Processus industriels efficaces
La mécanisation, le recours à la vapeur et l’essor de la métallurgie ont favorisé la production en grandes séries. Outre la rupture qu’il a provoquée, cet âge a ceci de singulier : il a enfanté de grandes figures industrielles dont le talent ne réside...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-10"> ¤ La hausse des prix qui n’a cessé de se tasser n’a pas totalement disparu. Elle s’est en partie déplacée vers les Bourses et l’immobilier des grandes villes…
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/11/2017
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Indice des prix : mais où est passée l’inflation ?

La hausse des prix qui n’a cessé de se tasser n’a pas totalement disparu. Elle s’est en partie déplacée vers les Bourses et l’immobilier des grandes villes…



Le Monde
 |    12.11.2017 à 17h07
 • Mis à jour le
14.11.2017 à 00h24
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

On avait presque oublié qu’ils ne sont que des hommes. Ces dix dernières années, les banquiers centraux ont déployé une énergie herculéenne pour tirer l’économie de la crise. Seuls aux commandes face à des gouvernements tétanisés, ils ont baissé leur taux, conçu des programmes inédits pour sauver les marchés du naufrage, déployé des trésors d’inventivité pour réanimer l’activité. Et ils ont réussi : la croissance mondiale est de nouveau dynamique, et le chômage reflue.
Depuis quelques mois, pourtant, la Banque centrale européenne (BCE), la Réserve fédérale américaine (Fed) ou encore la Banque du Japon (BoJ) vacillent. En dépit de la reprise, certains observateurs mettent en doute l’efficacité de leur action. On se rappelle soudain qu’elles ne sont pas toutes puissantes dans le grand théâtre mondial et qu’il manque un personnage indispensable à la pièce. Elles ressemblent désormais aux personnages de Beckett, piégés dans l’attente d’un convive qui, malgré leurs efforts, ignore superbement leur invitation : l’inflation.
Entre 1980 et 1990, l’indice des prix à la consommation progressait au rythme de 16,6 % par an en moyenne dans le monde et de 6,4 % dans les économies avancées, selon le Fonds monétaire international (FMI). Entre 1990 et 2007, il augmentait encore respectivement de 12,9 % et 2,5 % par an. Entre 2007 et 2016, il est tombé à 3,8 % et 1,5 %.

Las, si l’on exclut les prix de l’énergie et des matières premières, l’inflation ne dépasse aujourd’hui guère 1 % dans la zone euro comme aux Etats-Unis. « Malgré le stimulus monétaire massif, l’inflation, en déclin depuis les années 1990, est anormalement faible depuis la crise, résume Isabelle Job-Bazille, directrice des études économiques du groupe Crédit agricole. Surtout dans les pays industrialisés. Et personne ne comprend vraiment pourquoi. »
Ce baromètre est cassé
Les banquiers centraux en ont la migraine, car leur grande mission est justement de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Edouard Dumortier (AlloVoisins), François-Michel Lambert (député LREM) et Emile Meunier (avocat) proposent que la loi de finance 2018 fixe un seuil de 7 000 euros par an en deçà duquel l’échange de biens et services sur les plates-formes collaboratives ne serait pas considéré comme une activité professionnelle.
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« Le cadre juridique incertain entrave la croissance des plates-formes numériques françaises »

Dans une tribune au « Monde », Edouard Dumortier (AlloVoisins), François-Michel Lambert (député LREM) et Emile Meunier (avocat) proposent que la loi de finance 2018 fixe un seuil de 7 000 euros par an en deçà duquel l’échange de biens et services sur les plates-formes collaboratives ne serait pas considéré comme une activité professionnelle.



Le Monde
 |    16.10.2017 à 17h30
 • Mis à jour le
16.10.2017 à 22h23
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Le marché mondial de l’économie collaborative, ou économie des plates-formes numériques, va être multiplié au moins par vingt en dix ans, pour atteindre en 2025 entre 302 milliards et 572 milliards d’euros. En Europe, elle a représenté 28 milliards d’euros de transactions en 2016.
En France, neuf personnes sur dix déclarent avoir déjà réalisé au moins une fois une pratique d’économie collaborative. Elle augmente le pouvoir d’achat des Français qui achètent « l’usage » des biens en fonction de leur besoin, ne payant que ce qu’ils consomment effectivement. L’économie collaborative est également vertueuse pour l’environnement. En partageant l’usage d’un même objet, on optimise l’utilisation de la matière première qui le compose, donc on consomme moins de ressources.

En même temps, l’économie collaborative brouille les frontières entre particuliers et professionnels, entre activité régulière et activité occasionnelle, et bouscule les opérateurs historiques et notre système fiscal et social. De ce fait, les plates-formes numériques françaises opèrent dans un cadre juridique incertain qui entrave leur croissance et risque de leur faire perdre la compétition mondiale.
Comment distinguer « particuliers » et « professionnels »
A la fin du précédent quinquennat, ces difficultés ont tout juste été abordées, sans qu’il y soit apporté de réponses pérennes. Nombre d’entrepreneurs espéraient que la nouvelle majorité se saisirait du problème dès la première loi de finance, actuellement en examen à l’Assemblée nationale.
Ce n’est pas le cas, mais il n’est pas trop tard.
En effet, il existe en matière de protection sociale une « zone grise », du fait de l’absence de critère simple et objectif permettant de distinguer « particuliers » et « professionnels ».

En principe, toute activité habituelle et rémunérée constitue une activité professionnelle. Selon la jurisprudence, quelques heures de jardinage,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-12"> ¤ Pour les géants mondiaux du colis express et de la logistique, il est vital d’investir sans cesse dans des capacités accrues de traitement automatique et dans l’agrandissement des plates-formes d’expédition.
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Dans les coulisses du « méga hub » d’UPS à Cologne

Pour les géants mondiaux du colis express et de la logistique, il est vital d’investir sans cesse dans des capacités accrues de traitement automatique et dans l’agrandissement des plates-formes d’expédition.



Le Monde
 |    16.10.2017 à 15h27
    |

                            Éric Béziat (Cologne)








                        



                                


                            

Vu du dernier étage, c’est vertigineux. Plus de quinze niveaux de tapis roulants qui se croisent et s’entrecroisent. Les colis, des cartons de toutes tailles, se succèdent tous les vingt centimètres sous l’œil des scanners laser et des caméras qui lisent les étiquettes. De temps à autre, un système d’aiguillage envoie le paquet sur un tapis voisin ou le fait atterrir dans l’un de ces grands sacs postaux – il y en a des dizaines – placés le long du convoyage. Sur les feuilles de route agrafées aux sacs, un catalogue de destinations à la Tintin : Chicago, Buenos Aires, Marseille, Naples, Berlin, Istanbul, Bombay, Shanghaï…
Il faut acheminer en quelques jours des objets conçus sur un continent, fabriqués sur un autre et vendus dans un troisième
Cologne est la principale plate-forme (ou « hub ») d’UPS (United Parcel Service) en Europe. Une authentique gare aérienne et routière au cœur de l’aéroport rhénan. Une miniville aussi, avec ses 3 000 employés et ses chiffres extraordinaires : 100 000 mètres carrés, une capacité de traitement de 190 000 colis à l’heure (jusqu’à 52 par seconde !), 20 kilomètres de tapis roulant, 70 caméras dernier cri. Le « méga hub » vit sa vie à un rythme décalé. Il se réveille à 23 heures et l’activité y bat son plein au beau milieu de la nuit. Vers 4 heures du matin, quand le transport de voyageurs reprend ses droits, UPS-Cologne se rendort.

Pour l’américain UPS, un des géants mondiaux du colis express et de la logistique avec son compatriote Fedex (Federal Express) et l’allemand DHL, ces plates-formes sont des carrefours vitaux. Cologne est l’un de ses trois centres principaux, avec Shenzhen, en Chine, et le centre géant de Louisville (Kentucky), six fois plus gros. Ces points névralgiques, inventés par Fedex à Memphis (Tennessee), sont devenus stratégiques à l’heure du commerce en ligne globalisé.
Amazon, le premier grand compte d’UPS
Il faut acheminer en quelques jours, en quelques heures parfois, des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-13"> ¤ Aucun secteur ne semble résister à l’économie de la souscription. Un écosystème prend forme autour des spécialistes de la distribution.
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Loisirs, alimentation, culture… Comment l’abonnement bouscule les modes de consommation

Aucun secteur ne semble résister à l’économie de la souscription. Un écosystème prend forme autour des spécialistes de la distribution.



Le Monde
 |    08.10.2017 à 18h46
 • Mis à jour le
09.10.2017 à 13h42
    |

                            Nadine Bayle








                        



                                


                            

Abonnez-vous ! En ce début de XXIe siècle, les entreprises semblent redécouvrir les unes après les autres une formule qui rappelle la bouteille de lait et le journal déposés chaque matin devant la porte au siècle dernier. En janvier, la SNCF lançait son forfait de voyage illimité TGV Max. Le fabricant de rasoirs Bic s’essaie depuis six mois à la fourniture à domicile de lames avec son Bic Shave Club. Et dans le monde des jeunes pousses, les propositions pullulent dans la mode, la beauté, l’alimentation ou l’éducation. Ce modèle, où l’usage prime sur la possession, serait-il le Graal du commerce à l’ère de l’Internet ?

Netflix et Spotify, les géants de la vidéo et de la musique en streaming, sont devenus des chouchous de l’économie américaine. Mais aussi Stitch Fix, un expert du coaching vestimentaire qui expédie des sélections de vêtements à ses membres, ou encore Birchbox et Dollar Shave Club, dont les cosmétiques et produits de rasage ont conquis les salles de bains américaines. Leur point commun : des millions d’abonnés, dont la liste s’allonge de façon vertigineuse mois après mois.
« A l’avenir, la croissance viendra uniquement de cette économie de la souscription, qui progresse déjà neuf fois plus vite que la moyenne des groupes de l’indice S&P 500 », a assuré Tien Tzuo, cofondateur de l’entreprise informatique Zuora, de passage à Paris le 26 septembre pour convertir les Français à ces modèles.
Venant d’une société californienne qui vend des solutions de gestion d’abonnements et prépare une entrée en Bourse, le propos n’est pas totalement désintéressé. Il fait néanmoins écho aux déclarations du directeur du développement durable d’Ikea, Steve Howard, qui affirmait l’an dernier que les pays occidentaux arrivent à « un pic de viande rouge, un pic de sucre et un pic d’objets ».
« Age de l’accès »
La mort du produit ? Pour Philippe Moati, cofondateur de l’Observatoire société et consommation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-14"> ¤ David Godest, fondateur et président d’une société de conseil en commerce numérique, explique qu’à l’instar de l’agroalimentaire, qui a su, face aux scandales, développer une filière bio, le commerce en ligne doit adopter une stratégie de transparence pour regagner la confiance du consommateur
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Collecte des données personnelles : « Il n’y a point de partage de données sans la confiance »

David Godest, fondateur et président d’une société de conseil en commerce numérique, explique qu’à l’instar de l’agroalimentaire, qui a su, face aux scandales, développer une filière bio, le commerce en ligne doit adopter une stratégie de transparence pour regagner la confiance du consommateur



Le Monde
 |    20.09.2017 à 17h02
    |

David Godest (Président et fondateur de Dolmen, société de conseil en commerce numérique)







                        



                                


                            

Depuis quelques semaines, le monde du marketing est sens dessus dessous. Des entreprises, de part et d’autre de l’Atlantique, sont fortement soupçonnées d’avoir mis au point et d’avoir commercialisé des logiciels comparables à des chevaux de Troie. Leur but ? Récupérer des informations de géolocalisation à l’insu de dizaines de millions d’utilisateurs avant de les revendre au plus offrant. Pourquoi autant d’entreprises sont ainsi prêtes à tromper leurs utilisateurs et à risquer leur réputation pour quelques gigaoctets de données ?
Dans les années 1970, l’économiste américain Dallas Smythe (1907-1992) disait de tout téléspectateur qu’il est un travailleur qui s’ignore. La télévision, expliquait-t-il, produit une marchandise : l’audience, composée de l’attention des téléspectateurs, que les chaînes vendent aux annonceurs. « Vous apportez votre temps de travail non rémunéré et, en échange, vous recevez les programmes et la publicité », écrit-il dans l’article « On the audience commodity and its work », publié dans In Dependency Road : Communications, Capitalism, Consciousness, and Canada (Ablex, 1981).
Une analyse que Patrick Le Lay, alors président-directeur-général de TF1, validera dans le livre collectif Les Dirigeants face au changement (Huitième Jour, 2004) : « Pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible. » La marchandise n’est désormais plus le temps passé devant les écrans, mais les données personnelles semées çà et là en ligne.
La défiance règne
Quarante ans plus tard, à l’ère du numérique, le sentiment de marchandisation reste le même. Et, de fait, la défiance règne. Evidemment, les scandales précédemment...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-15"> ¤ Créée en 2013, la société propose une solution collaborative de gestion des données en entreprise.
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L’éditeur de logiciels français Dataiku lève 28 millions de dollars

Créée en 2013, la société propose une solution collaborative de gestion des données en entreprise.



Le Monde
 |    06.09.2017 à 14h44
    |

            Vincent Fagot








                        



   


Moins d’un an après avoir levé 14 millions de dollars (environ 11,8 millions d’euros), la société Dataiku double la mise. Mercredi 6 septembre, l’éditeur de logiciels annonce avoir bouclé un nouveau tour de table, qui voit le fonds américain Battery Ventures entrer à son capital, au côté des fonds FirstMark, Serena Capital et Alven. Montant de l’opération : 28 millions de dollars (23,5 millions d’euros).
Créée en France en 2013, Dataiku commercialise une solution collaborative de traitement du « big data » (les données massives), baptisée Dataiku Data Science Studio. « Elle permet de faire travailler ensemble des spécialistes du “big data” que sont les “data analyst” ou les “data scientist” et des gens qui ont des connaissances métier, mais n’ont aucune notion de code », explique Clément Sténac, cofondateur de la société.

        Lire aussi :
         

                Big data, la nouvelle frontière



Les cas d’usage sont multiples, du site de commerce en ligne qui doit analyser d’importants volumes de données pour mieux connaître et fidéliser ses clients, aux industriels qui profitent de la connectivité toujours plus grande des machines pour réaliser de la maintenance prédictive du matériel.
« Passer à l’industrialisation »
Dataiku emploie à ce jour une centaine de personnes, dont les trois quarts sont installées en France. Depuis 2016, son siège social a été transféré aux Etats-Unis, à la faveur de son nouvel actionnariat. Elle a aussi ouvert un bureau à Londres et prévoit de s’établir prochainement en Asie.
La nouvelle levée de fonds doit lui permettre de franchir une nouvelle étape dans son développement. « On a passé le stade de la survie et de la croissance. Maintenant, il s’agit de passer à l’industrialisation », souligne M. Sténac. D’où le renforcement des équipes commerciales et technico-commerciales de la société. L’objectif est de doubler au moins chaque année le chiffre d’affaires de l’entreprise dans les deux ans à venir.
Cette nouvelle levée de fonds est « arrivée plus vite qu’on ne le pensait », reconnaît Clément Sténac, et ce en raison d’« une réponse très positive du marché à l’international », mais aussi d’un secteur déjà en voie de consolidation. « Notre marché explose, mais nous assistons aussi à des rapprochements entre des acteurs qui ont des spécialités très pointues, mais complémentaires », précise-t-il. Un mouvement qui pourrait fragiliser Dataiku, dont la solution se veut justement plus généraliste.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-16"> ¤ En  2008, l’entreprise allemande se lançait dans la vente en ligne de tongs. La firme est aujourd’hui la plate-forme leader de la mode en Europe.
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Zalando, le fabuleux destin de la petite start-up de Berlin

En  2008, l’entreprise allemande se lançait dans la vente en ligne de tongs. La firme est aujourd’hui la plate-forme leader de la mode en Europe.



Le Monde
 |    01.09.2017 à 10h04
 • Mis à jour le
01.09.2017 à 10h23
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Pour son grand départ de Berlin, Boris Radke a invité tout le monde, ou presque. Celui qui n’est plus, depuis la veille, directeur de la communication de Zalando accueille chacun avec son sourire et son énergie légendaires. Ce samedi 1er juillet, 250 personnes dansent en son honneur au dernier étage de l’Aufbau Haus, à Kreuzberg, un des hauts lieux de la scène start-up berlinoise. Le manageur de 36 ans rayonne, il célèbre aussi l’incroyable succès de Zalando, une entreprise sortie de terre il y a tout juste neuf ans, en 2008, devenue le leader européen de la mode en ligne et cotée en Bourse.
C’est une soirée comme ce milieu les aime. L’Aufbau Haus est – bien entendu – une ancienne usine reconvertie en espace créatif, dans un style béton minimaliste, où la terrasse offre une vue imprenable sur tout le quartier. Le DJ a mis la musique assez fort pour que toute conversation implique de se rapprocher physiquement.
La moyenne d’âge ne dépasse pas 30 ans. Les fondateurs et dirigeants de Zalando, Robert Gentz, Rubin Ritter et David Schneider, tous trois nés au début des années 1980, sont là aussi. Une soirée mi-privée mi-corporate, où les jeunes salariés internationaux du numérique célèbrent, dans un mélange d’insouciance et de légère arrogance, le sentiment grisant d’appartenir à la nouvelle classe montante de l’économie allemande.
Valorisée 9,8 milliards d’euros
La scène aurait été impensable il y a encore quelques années. Au milieu des années 2000, Berlin est cette ville alternative, fascinante mais pauvre, d’où les jeunes diplômés fuient une fois payé leur (ridicule) dernier loyer de colocation étudiante. Le chômage y avoisine les 20 %, l’éclatement des bulles, immobilière et Internet, a découragé les investisseurs privés. L’industrie y est quasiment inexistante. Les ambitieux partent pour Munich, Hambourg, Cologne ou Stuttgart. Ceux qui restent enquillent les stages et les contrats précaires dans des agences créatives en tout...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-17"> ¤ Roman Kirsch, un entrepreneur allemand, a décidé de confier à un algorithme plutôt qu’à des stylistes l’élaboration de l’offre de son site de mode qui se targue de pouvoir calculer la probabilité de vente des vêtements dans les semaines à venir.
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Lesara, pionnier du prêt-à-porter prédictif

Roman Kirsch, un entrepreneur allemand, a décidé de confier à un algorithme plutôt qu’à des stylistes l’élaboration de l’offre de son site de mode qui se targue de pouvoir calculer la probabilité de vente des vêtements dans les semaines à venir.



Le Monde
 |    26.06.2017 à 12h53
    |

                            Nadine Bayle








                        



                                


                            

Sur Internet, Google voit ce que les gens recherchent, Facebook ce qu’ils aiment et Amazon ce qu’ils achètent, dit-on… C’est ce qui a donné l’idée à un entrepreneur allemand de moins de 30 ans, Roman Kirsch, de confier à un algorithme plutôt qu’à des stylistes l’élaboration de l’offre de son site de mode et de décoration en ligne, Lesara.
En traquant « ce que les gens recherchent sur le Web, que ce soit par les moteurs de recherche, les réseaux sociaux ou les sites », cette start-up de 250 personnes, créée en 2013 à Berlin, se targue de pouvoir calculer la probabilité de vente des vêtements dans les semaines à venir.
Les pièces, proposées dans 24 pays, dont la France depuis l’an dernier, colleraient ainsi parfaitement aux désirs des internautes. Un pic de requêtes sur les robes fleuries ou les chemises rayées qui font le buzz et frisent la rupture de stock sur le Web ? Les 150 fournisseurs avec lesquels la société travaille en direct (en Chine, en Thaïlande, au Vietnam, en Turquie, en Europe de l’Est…) se tiennent prêts à produire « en dix jours ».
Avec cette mode prédictive qu’il qualifie d’« agile », Roman Kirsch espère lui aussi bousculer les Zara et H&M. Preuve de la supériorité de son approche, selon lui ? Moins de 3 % de ses articles finiraient en promotion, ce qui lui permet d’afficher des prix de soldeur dès le départ. L’entreprise se targue par ailleurs d’avoir mis moins de trois ans pour devenir rentable en Allemagne, où elle a fait ses premiers pas et réalise un peu moins de 40 % de son chiffre d’affaires – qui s’est élevé à 75 millions d’euros en 2016.
Près de 1 % du marché français « fashion »
Les algorithmes peuvent-ils imposer leur diktat à la mode ? Nombre d’enseignes en sont encore à exploiter leurs propres données, que celles-ci remontent de leurs magasins ou de leur site Web. Mais « tout le monde réfléchit à l’utilisation du big data », confirme Emmanuel Le Roch, le délégué...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-18"> ¤ La mue de l’ex-géant de la vente à distance en e-commerçant fut parfois douloureuse. Il a fallu changer toute l’organisation, et faire un plan social de 1 178 personnes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 31/05/2017
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La Redoute, passée de ringarde à avant-gardiste

La mue de l’ex-géant de la vente à distance en e-commerçant fut parfois douloureuse. Il a fallu changer toute l’organisation, et faire un plan social de 1 178 personnes.



Le Monde
 |    01.06.2017 à 06h43
 • Mis à jour le
01.06.2017 à 14h35
    |

            Cécile Prudhomme








                        



                                


                            
Donné pour mort il y a trois ans, le groupe historique de vente à distance La Redoute et ses dirigeants enchaînent aujourd’hui les récompenses.
Prix de la stratégie de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance, trophée de l’innovation du magazine LSA pour son application mobile, personnalité e-commerce des dix dernières années ou encore meilleure relation client en ligne… C’est bien simple, le dessus des armoires du bureau parisien de Nathalie Balla et Eric Courteille, deux anciens cadres dirigeants – autrefois PDG de La Redoute et secrétaire général de sa maison mère Redcats – qui ont repris l’enseigne le 2 juin 2014, en est rempli.
Et il y en a tout autant dans leurs bureaux du siège social, à Roubaix (Nord), dans lesquels ils travaillent trois jours par semaine. Brandissant l’une de ces récompenses, tel un trophée de Roland-Garros, M. Courteille souffle : « C’est pour les équipes. »
Mais pas seulement. Le sourire des deux dirigeants montre aussi leur satisfaction d’en être arrivés là quand tout le monde pensait qu’ils échoueraient. « A l’époque, on nous regardait avec beaucoup de sympathie pour notre courage, mais on nous prenait un peu pour des fous », se souviennent-ils. Les professionnels, les amis… « et même mes parents », souffle Mme Balla.
En 2014, lorsque le groupe Kering (ex-PPR), propriétaire depuis 1994, met en vente l’entreprise après avoir cédé la Fnac pour se recentrer sur le luxe, quatre offres de reprise sont sur sa table. Parmi elles, le conseil d’administration retient, selon ses termes, « un projet industriel de long terme, pertinent et réaliste pour continuer la mutation » de La Redoute. Un projet surtout vu comme étant le mieux-disant au niveau social.
A l’équilibre en 2017
A l’époque, La Redoute emploie encore plus de 3 000 salariés (dont près de 2 500 en France), occupe le site historique de préparation de commandes de La Martinoire, à Wattrelos...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-19"> ¤ La plate-forme de petites annonces, une véritable institution aux Etats-Unis, est bousculée par les applications développées pour le mobile par LetGo et OfferUp.
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Les applis de shopping donnent un coup de vieux à Craigslist

La plate-forme de petites annonces, une véritable institution aux Etats-Unis, est bousculée par les applications développées pour le mobile par LetGo et OfferUp.



Le Monde
 |    21.04.2017 à 12h09
 • Mis à jour le
21.04.2017 à 12h12
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



                                


                            

Avec son interface vieillotte pensée pour les écrans d’ordinateur, Craigslist fait grise mine. Certes, la plate-forme Internet de petites annonces, lancée en 1995, reste une institution aux Etats-Unis, que ce soit pour acheter et vendre des objets d’occasion, trouver un logement ou un emploi. Mais elle fait désormais face à la concurrence accrue de start-up nées avec l’émergence des smartphones.

« Craigslist demeure le plus gros acteur du marché américain mais son produit n’a quasiment pas évolué depuis des années », souligne Alec Oxenford, cofondateur et président de l’application de shopping LetGo. Dix ans après le lancement des premiers smartphones, Craigslist ne dispose toujours pas d’une application mobile officielle. « Cela représente une énorme opportunité », se réjouit le responsable.
Dix ans après le lancement des premiers smartphones, Craigslist ne dispose toujours pas d’application mobile
La jeune pousse revendique plus de 45 millions de téléchargements aux Etats-Unis en seulement dix-huit mois. Et le volume annuel de transactions dépasse désormais les 20 milliards de dollars. Sa principale rivale, OfferUp, totalise 35 millions de téléchargements sur le sol américain. L’an passé, elle a généré plus de 14 milliards de dollars d’achats. Selon le cabinet App Annie, les deux applications font partie du top 4 des applications de shopping les plus populaires. Ce succès attire les investisseurs : 375 millions de dollars levés par LetGo, 221 millions par OfferUp.
Contrairement à Craigslist, ces plates-formes ont été pensées pour les supports mobiles – il n’est d’ailleurs pas possible de vendre un objet depuis un ordinateur. « Le mobile facilite le processus de vente », explique Ian Fliflet, le directeur marketing d’OfferUp. Seulement quelques secondes sont nécessaires pour publier une annonce : il suffit de prendre une photo avec son téléphone et d’ajouter un titre et une description. Plus besoin donc...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-20"> ¤ Le groupe américain, contraint de changer de modèle en raison du déclin des enchères en ligne, multiplie les initiatives pour attirer un public plus jeune et féminin.
<filname="PROF-0,2-651865,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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Face à Amazon, eBay tente de s’offrir une seconde jeunesse

Le groupe américain, contraint de changer de modèle en raison du déclin des enchères en ligne, multiplie les initiatives pour attirer un public plus jeune et féminin.



Le Monde
 |    21.04.2017 à 11h38
 • Mis à jour le
21.04.2017 à 11h41
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                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



                                


                            

Campagnes publicitaires, nouvelle interface, livraison garantie en trois jours : depuis un an, le pionnier des enchères en ligne multiplie les initiatives pour attirer de nouveaux acheteurs. « Il nous reste encore beaucoup à faire mais nous sommes sur la bonne voie », a assuré le directeur général d’eBay, Devin Wenig, en marge de la publication, mercredi 19 avril, des résultats financiers du premier trimestre.

Après sa scission en deux entités – la filiale de paiements en ligne PayPal étant devenue une entreprise indépendante en juillet 2015 –, eBay a traversé une période difficile, avant de renouer avec la croissance de son chiffre d’affaires en 2016. Celui-ci a augmenté de 5 %, à 9 milliards de dollars (8,4 milliards d’euros). Une tendance positive qui s’est poursuivie au cours des trois premiers mois de l’année, avec une hausse de 4 %.
Une hausse des dépenses marketing
« Ce sont des premiers signes d’amélioration, mais la croissance reste encore modeste, remarque Colin Sebastian, analyste chez RW Baird. Elle est de surcroît nettement inférieure à celle du commerce en ligne. » Selon les estimations du cabinet eMarketer, les achats sur Internet ont en effet enregistré un bond de 24 % l’an passé. Et le chiffre d’affaires d’Amazon, hors cloud computing, a progressé de 25 %.
Pour stimuler l’activité, les dirigeants de l’entreprise californienne misent aussi sur la plate-forme de billetterie StubHub, sur la douzaine de sites de petites annonces et sur la vente de publicités. Ils restent cependant prudents, prévoyant une hausse comprise entre 3,5 % et 5,5 % du chiffre d’affaires en 2017.
Créé en 1995, eBay a dû s’adapter au rapide déclin des enchères en ligne, sur lesquelles s’est d’abord bâti son modèle économique. De nouvelles alternatives, le plus souvent gratuites quand eBay prélève une commission, ont gagné en popularité pour acheter ou vendre des objets d’occasion. Pour les produits neufs, les...




                        

                        

