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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Beaux-Arts, Archives nationales, Centre Pompidou, Théâtre des Amandiers… D’exposition en conférences, l’historien est partout pour tenter de raconter Mai 68 autrement, en ce 50e anniversaire.
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Philippe Artières, l’enfant indiscipliné de Mai 68


                      Beaux-Arts, Archives nationales, Centre Pompidou, Théâtre des Amandiers… D’exposition en conférences, l’historien est partout pour tenter de raconter Mai 68 autrement, en ce 50e anniversaire.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 18h15
    |

                            Roxana Azimi







Difficile, cette année, d’échapper à Philippe Artières. Il sera sur tous les fronts de « Mai ». Pas comme témoin de l’époque – il est né le 16 juin 1968 – mais en tant qu’historien. Aux Beaux-arts à Paris, tout d’abord, où il partage avec Eric de Chassey le commissariat de l’exposition « Images en lutte. La culture visuelle de l’extrême gauche en France (1968-1974) », depuis le 21 février. Aux Archives nationales, il dévoilera à compter du 3 mai des documents inédits du pouvoir, renversant la perspective pour considérer les événements de l’autre côté des barricades. Au Centre Pompidou, également, qui compte sur son coffre pour animer les débats. Au Théâtre des Amandiers à Nanterre, enfin, où il participera, le 12 mai, à un marathon de la pensée imaginé par les artistes Massimo Furlan et Claire de Ribaupierre

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Cette ubiquité ne surprendra pas ses amis. Plus progressiste qu’Emmanuel Le Roy Ladurie, plus sauvage que Jean-Noël Jeanneney et plus timide qu’un Jean Lacouture, Philippe Artières n’en est pas moins devenu incontournable. Sans doute parce qu’il a fait le pari du collectif et, plus encore, le choix de l’originalité.
« Avec Philippe, il faut ajouter une autre discipline, qui ne figure pas au catalogue des intellectuels français sérieux : la folie. » Susanna Shannon, designer graphique
Autrefois chevelu et timide, désormais rasé et à peine plus sûr de lui, le chercheur a préféré aux grands personnages de l’Histoire les chemins de traverse empruntés par les anonymes. L’histoire, avec lui, est un domaine en perpétuelle extension et Philippe Artières s’est fait un devoir de tout englober. La musique, par exemple, mais aussi la banderole en tant qu’objet, les petites annonces et les écrits laissés par des criminels. « Un historien vous dirait normalement qu’il est à la croisée de l’anthropologie, de la philosophie, de la sociologie et de l’art, glisse la designer graphique Susanna Shannon. Avec Philippe, il faut ajouter une autre discipline, qui ne figure pas au catalogue des intellectuels français sérieux : la folie. »

   


Sur sa propre histoire pourtant, Philippe Artières n’est guère disert. Après s’être essayé à l’autobiographie, il évite d’évoquer ses parents, catholiques de droite et prospères. L’héritage dont il se réclame est plus intellectuel, franchement libéral. Son père spirituel ? Le philosophe militant Michel Foucault, celui qui a critiqué les mécaniques du pouvoir, notamment le système carcéral. L’ancien objecteur de conscience a peu écrit sur son grand homme, mais préside depuis 1995 le centre qui lui est consacré.
« Foucault, avance Artières, c’est quelqu’un qui prend des chemins de traverse, qui peut se contredire. Sa pensée, ce n’est pas une ligne droite. Ça trébuche ! » La figure maternelle, c’est Michelle Perrot, spécialiste de l’histoire ouvrière et des femmes, qui lui a ouvert les yeux sur l’ordinaire et montré toute la noblesse de l’histoire de la vie privée. Dans cette famille de cœur, l’historien sentimental compte aussi feu l’écrivain Edouard Glissant, son ex-beau-père, et Dominique Kalifa, spécialiste de l’histoire du crime avec lequel il a écrit un ouvrage. Voici peut-être le secret de cette omniprésence : quand Philippe Artières s’exprime, c’est toujours au pluriel. Ses livres les plus importants, comme 68, une histoire collective ou Attica, USA, 1971, ont d’ailleurs été rédigés à plusieurs mains.
Expérimenter sans cesse
Quoique fuyant les plateaux télévisés, Philippe Artières a le sens de la performance. Pour mieux s’imprégner du personnage du grand-oncle de sa mère, Paul Gény, jésuite assassiné à Rome, il s’est promené dans la Ville éternelle en soutane. Pour restituer cette quête personnelle, il a choisi la forme d’un roman-photo reconstituant les dernières heures de son aïeul.

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En 2016, il était l’un des figurants de l’exposition de Tino Sehgal au Palais de Tokyo, à Paris, là où il avait déjà participé douze ans plus tôt au marathon des 24 Heures Foucault de l’artiste Thomas Hirschhorn. Au Centre Pompidou, en 2017, il tenait un Bureau des archives populaires, permanence mobile où il collectait souvenirs et documents des visiteurs. N’en fait-il pas trop ? L’intéressé admet travailler dans une certaine urgence comme s’il en allait de sa vie. Hanté par la mort, il est de ceux qui ne veulent pas de remords, lui qui ne se console pas d’avoir raté Normale-Sup malgré deux tentatives en littérature et en philosophie.
Un ressort intérieur le pousse à expérimenter sans cesse, formes et idées. Sa dernière trouvaille ? L’idée la plus géniale des commémorations de Mai 68 : proposer chaque jour aux vieux guérilleros comme Daniel Cohn-Bendit de venir desceller les archives officielles les concernant. Comme un passage de relais entre des bêtes de scène et un de leurs successeurs.



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Notre choix du soir. Le documentaire suit la jeune directrice musicale, mais sans jamais aborder le sujet de la place des femmes dans ce métier (sur Arte à 0 h 30).
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TV – « La Cheffe d’orchestre Mirga Grazinyte-Tyla »

Notre choix du soir. Le documentaire suit la jeune directrice musicale, mais sans jamais aborder le sujet de la place des femmes dans ce métier (sur Arte à 0 h 30).



Le Monde
 |    05.03.2018 à 18h00
    |

            Renaud Machart








                        


Documentaire sur Arte à 0 h 30

En 2016, Mirga Grazinyte-Tyla, lituanienne de 29 ans, était nommée directrice musicale de l’Orchestre de la ville de Birmingham, rendu fameux par Simon Rattle, qui en fut, plus jeune encore, le patron et fit de cette phalange provinciale une excellente formation.
Le portrait de la jeune musicienne ne dit – ou ne fait dire – mot de la problématique des ­femmes chefs d’orchestre. Longtemps absentes des podiums et des fosses d’opéra, elles sont aujourd’hui nombreuses à diriger des formations de haut niveau ou, plus fréquemment, à en être les invitées.
Une occasion manquée
Mais la chose n’est pas encore normalisée au point que cela ne constitue pas une exception à la règle. Les récentes déclarations parfaitement misogynes de chefs d’orchestre importants ou de Bruno Mantovani, ­directeur du Conservatoire de ­Paris (CNSMDP) en 2013, montrent que rien ne va encore de soi en ce qui concerne  l’accession ­régulière des femmes à la tête des grands ­orchestres.
Aussi eût-on attendu d’un tel ­documentaire que cette problématique soit mise en perspective. Au lieu de quoi on assiste à de longues ­séquences de Mirga Grazinyté-Tyla se ressourçant pieds nus à la campagne ou choisissant longuement avec un percussionniste le type de frappe d’une « cymbale antique ». On se serait bien également passé du trajet en voiture vers l’aéroport, du récit de la grand-mère, etc.

   


Ce qui a été retenu de ses propos est le plus souvent assez insignifiant et n’évite pas les clichés : « La seule chose qui puisse m’arrêter, c’est ma propre force d’imagination. »Même le violoniste Gidon Kremer, qu’on la voit diriger dans le Concerto pour violon de Mieczysław Weinberg, énonce des banalités : « Mirga incarne certaines des valeurs qui me sont proches : elle ne pense pas à elle mais à la musique (…), elle veut partager et non conquérir, c’est ce qui la rend si exceptionnelle. »
Il est fort possible que la directrice musicale de l’Orchestre de la ville de Birmingham n’ait pas voulu aborder le sujet ; il est fort possible aussi que son talent ait partout fait taire les réticences éventuelles des musiciens et des directeurs d’orchestre.
Ce droit à l’indifférence est évidemment respectable. Il n’empêche : c’est, selon nous, une occasion ­manquée de faire le point sur le sujet.
La Cheffe d’orchestre Mirga Grazinyte-Tyla, de Daniela Schmidt-Langels (Allemagne, 2017, 52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Dans une lettre ouverte publiée le 5 mars, des collectifs féministes interpellent plusieurs responsables politiques, dont la ministre de la culture, Françoise Nyssen.
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Une lettre ouverte proteste contre la tenue d’un concert de Bertrand Cantat

Dans une lettre ouverte publiée le 5 mars, des collectifs féministes interpellent plusieurs responsables politiques, dont la ministre de la culture, Françoise Nyssen.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 17h33
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 18h44
   





                        


Les collectifs féministes à l’origine d’une pétition contre la tenue d’un concert de Bertrand Cantat poursuivent leur mobilisation. Dans une lettre ouverte, publiée le 5 mars, ils interpellent plusieurs responsables politiques, dont la ministre de la culture, Françoise Nyssen, et les partenaires du festival Papillons de nuit, à Saint-Laurent-de-Cuves, dans la Manche, afin de faire annuler la prestation du chanteur, le 18 mai.
« Artiste français, il est devenu le symbole des violences conjugales le 1er août 2003 lorsqu’il a, de ses mains, tué sa compagne Marie Trintignant [...], écrivent-ils. Cessons de promouvoir lors d’événements publics, financés notamment par des deniers publics, des hommes qui se sont rendus coupables de féminicides et de violences extrêmes sur des femmes ; des hommes qui, sans oser affronter l’ignominie et l’irréparable, se présentent encore trop souvent en victimes. »

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« En tant que partenaire de ce festival vous participez à son financement, lui apportez une caution politique, morale et institutionnelle, vous y associez votre image et légitimez, de fait, les messages diffusés dans ce cadre », poursuit le texte, qui demande aux responsables politiques de se « positionner » et de se « désolidariser de cette entreprise ».
70 000 signatures recueillies
Une pétition, qui a recueilli plus de 70 000 signatures, n’avait pas convaincu les organisateurs du festival d’annuler le concert. « Nous affirmons le maintien de tous nos concerts. Nous faisons valoir le droit de nos trente-huit artistes à monter sur scène et le droit de notre public à se forger sa propre opinion sur leurs qualités humaines et artistiques », ont déclaré ces derniers.
Les collectifs féministes s’en émeuvent. « Il·elle·s [les organisateurs] considèrent que leur seul critère de choix doit être celui de l’artistique. Or, s’il·elle·s programment un « artiste qui a écrit une page de l’histoire du rock français », il·elle·s programment aussi un homme qui a écrit une page de l’histoire des violences faites aux femmes. Pouvons-nous considérer qu’il ne s’agit que d’un détail de sa biographie ? »

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Quinze ans après la mort de l’actrice Marie Trintignant sous les coups du chanteur, Bertrand Cantat a entamé jeudi dernier sa tournée dans un contexte rendu plus explosif encore par l’affaire Weinstein et par la vague de dénonciation du harcèlement et des violences envers les femmes qu’elle a suscitée.
Cependant, aucun rassemblement n’avait été organisé pour s’opposer à la venue du chanteur, dont la participation à des festivals dans les mois à venir suscite par endroits la polémique. Au total, une quarantaine de dates et de participations à des festivals sont programmées d’ici à l’été dans le cadre de la tournée de l’ex-leader de Noir Désir.
A ce jour, un seul concert a été annulé, celui prévu à la fin de juillet au festival Les Escales, à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), dont le maire (PS), David Samzun, avait exprimé sa « désapprobation » dans une lettre aux organisateurs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Les syndicats de France Télévisions se mobilisent après l’éviction de l’ancien reporter de guerre à la rédaction nationale qui, depuis 2014, enquêtait sur des affaires locales pour l’antenne régionale de Normandie
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Menace de grève à France 3 après le licenciement du journaliste Jean-Marc Pitte

Les syndicats de France Télévisions se mobilisent après l’éviction de l’ancien reporter de guerre à la rédaction nationale qui, depuis 2014, enquêtait sur des affaires locales pour l’antenne régionale de Normandie



Le Monde
 |    05.03.2018 à 17h22
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 18h54
   





                        



   


De l’aveu de l’intersyndicale de France Télévisions, souvent divisée, un tel unanimisme s’observe « très rarement ». Comme révélé par Filfax, un site normand d’informations, Jean-Marc Pitte, 53 ans, journaliste à France 3 Normandie basé à Rouen, a été licencié sans ménagement mi-février, après trente ans de carrière, pour faute « simple », plutôt que « grave » comme prévu initialement. Et les syndicats SNJ, CGT, CFDT et FO du groupe de dénoncer d’une seule voix « l’arbitraire de la décision » et « l’absence de motifs sérieux ». « Son licenciement est la honte du service public », rédigent-ils dans un tract commun en promettant de déposer un préavis de grève national si la sanction n’est pas levée.
Entré dans le réseau France 3 en 1988, Jean-Marc Pitte fut longtemps journaliste au service étranger de France Télévisions à Paris, pour lequel cet ancien reporter de guerre a couvert notamment les conflits en Bosnie, Irak et Afghanistan. Profil qui lui valut alors d’être élu président de la société des journalistes de France 3. Il est revenu dans sa région de naissance en 2014, pour raisons familiales.
Entorse au code de la route
Officiellement, la direction de l’antenne régionale de France 3 – qui n’a pas souhaité commenter – lui reproche d’avoir refusé de réaliser un reportage et insulté un rédacteur en chef, ce qu’il nie formellement, ainsi qu’une entorse au code de la route, sans contravention. Début janvier, le quinquagénaire, au volant d’une voiture de la rédaction, s’engage sur une rocade, au nord de Rouen, malgré une barrière baissée à l’origine. La scène est filmée et sa direction alertée.
Fustigeant une décision « disproportionnée » pour un journaliste « qui n’avait subi aucune sanction disciplinaire auparavant », les syndicats et l’intéressé, eux, mettent en avant des motifs moins avouables, relatifs aux méthodes de travail de Jean-Marc Pitte. « C’est un grand reporter expérimenté, exigeant et intransigeant, quelqu’un de tenace, franc, direct qui dit des vérités parfois dures à entendre. C’est dérangeant pour une hiérarchie, qui s’en est servie pour le licencier », pose Danilo Commodi, délégué syndicat CGT à France 3 Normandie. « Il a un comportement rugueux, il dit ce qu’il pense, tout en restant dans les clous. C’est la vie normale des rédactions. Aucun manquement professionnel n’a été observé », embraye François Ormain, délégué syndical central FO à France Télévisions. Jean-Marc Pitte ne conteste pas des « accrochages » avec l’encadrement. « Mais ils relevaient toujours de discussions de fond, de l’éditorial, argue-t-il. J’ai des principes journalistiques et je n’appréciais pas de faire de la communication et de réaliser des sujets non anticipés afin de remplir des cases. »
Un journaliste qui dérange
Le reporter, lui, goûte l’investigation et n’hésite pas à poser des questions gênantes aux élus locaux, notamment à un des plus puissants, le président socialiste de la Métropole Rouen Normandie, Frédéric Sanchez. « Il s’est acharné sur moi en se plaignant à plusieurs reprises auprès du directeur régional. En plus d’être considéré comme chiant, je suis devenu gênant », avance le journaliste. Sollicité, Frédéric Sanchez « dément formellement être intervenu pour demander quelque mesure que ce soit concernant » Jean-Marc Pitte. « Cela n’a pas signé son licenciement, mais c’est entré en ligne de compte », assure de son côté le syndicaliste CGT Danilo Commodi, confirmant « que la direction régionale a évoqué ce différend en commission de discipline ».
Après le « statu quo » de la période de vacances scolaires, la menace de grève nationale tient toujours. Les syndicats espèrent, dans le courant du mois de mars, « un geste » de la direction du groupe, sans illusions toutefois, malgré les multiples soutiens, dont celui de Mémona Hintermann, membre du CSA et ex-journaliste de France 3. « Dans un contexte budgétaire tendu, on peut supposer qu’ils licencient un quinquagénaire pour des raisons économiques », estime François Ormain, pour Force ouvrière.
D’ores et déjà, Jean-Marc Pitte annonce son intention de saisir les Prud’hommes et de porter l’affaire au pénal.
Gilles Triolier



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Le compositeur avait décroché son premier Oscar en 2013, grâce à la bande originale de « The Grand Budapest Hotel ». Il a aussi décroché trois Césars et deux Golden Globes.
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Le Français Alexandre Desplat décroche son deuxième Oscar pour la B.O. de « La Forme de l’eau »

Le compositeur avait décroché son premier Oscar en 2013, grâce à la bande originale de « The Grand Budapest Hotel ». Il a aussi décroché trois Césars et deux Golden Globes.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 11h44
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 13h07
   





                        



   


Alexandre Desplat a reçu un Oscar dimanche 4 mars pour la bande originale de La Forme de l’eau, une comédie romantique et fantastique réalisée par Guillermo del Toro. Bien connu des cinéastes français et américains, il est l’auteur des musiques de multiples films, comme Le Discours d’un roi, The Tree of Life ou encore les deux derniers épisodes de la saga Harry Potter.

        Retrouvez le palmarès complet
         

          des Oscars 2018



Des sources d’inspiration hétéroclites
La musique a toujours fait partie de sa vie. Dès l’enfance, il étudie le piano et la trompette avant de choisir la flûte traversière comme instrument principal. Pourtant Alexandre Desplat, ce n’est qu’à l’âge de 16 ou 17 ans, lorsqu’il écoute la partition de John Williams pour Star Wars qu’il décide de créer des musiques pour le cinéma.
Grâce à ses parents de nationalité différente, son père est français et sa mère est grecque, et ses premières années passées aux Etats-Unis, il baigne dans des univers musicaux variés. Dans sa biographie, il précise avoir « enrichi son éducation musicale classique en étudiant les musiques brésiliennes ou africaines ».
Ce goût pour les genres multiples se retrouve aussi dans sa culture cinématographique. « Quand j’ai vraiment commencé à aller au cinéma, cette possibilité de voir un film indien et un film britannique le même jour, d’y trouver chaque fois une émotion différente et très forte, me touchait beaucoup. Ma cinéphilie – comme mon parcours musical – s’est construite à l’aune de ce désir d’universalité et de regard bienveillant sur le monde », dit-il dans une interview donnée au Monde en 2014.
Sa carrière se partage entre le cinéma français et le cinéma américain. Il a collaboré plusieurs fois avec Roman Polanski, Raymond Depardon, Jacques Audiard et Wes Anderson, George Clooney ou encore Tom Hooper.
Dans une interview donnée à Télérama, il explique avoir « un pied dans chaque continent. Le cinéma français n’a pas toujours bien compris le legs de la Nouvelle Vague ; les réalisateurs semblent penser que la musique s’oppose au réalisme, ce qui est faux ».
Palmarès
La statuette américaine est la deuxième de sa carrière. Alexandre Desplat a décroché son premier Oscar en 2013, grâce à la bande originale de The Grand Budapest Hotel. Il avait également été nommé pour celle de The Imitation Game.

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                Oscars 2015 : Alexandre Desplat (enfin) récompensé pour la meilleure bande originale



Sur son site Internet, la liste de ses récompenses et nominations est longue. Elle débute en 1997, année de sa nomination pour le César de la meilleure musique originale. Mais Alexandre Desplat ne décrochera le César que neuf ans plus tard, en 2006, pour la musique de De battre mon cœur s’est arrêté. Deux autres suivront, l’un en 2011 pour The Ghost Writer, et l’autre, en 2013, pour De rouille et d’os.
Il a aussi remporté deux Golden Globes, l’un pour Le Voile des illusions en 2007, l’autre pour La Forme de l’eau en 2018, et trois Bafta, en 2011 pour Le Discours d’un roi, en 2015 pour The Grand Budapest Hôtel, et en 2018 pour La Forme de l’eau.
En 2014, il devient le premier compositeur président du jury de la Mostra de Venise.

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Trois ans après le lancement du magazine « Society », le groupe de médias indépendant renforce son pôle musique et s’apprête à lancer un trimestriel consacré au hippisme.
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So Press accélère la cadence

Trois ans après le lancement du magazine « Society », le groupe de médias indépendant renforce son pôle musique et s’apprête à lancer un trimestriel consacré au hippisme.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 11h44
    |

            François Bougon








                        



                                


                            

Pour le troisième anniversaire du lancement de son magazine Society, le groupe de médias indépendant So Press s’offre un beau cadeau : la société Detroit Media, dont les sept employés vont rejoindre, mardi 6 mars, son siège, un ancien théâtre du 11e arrondissement de Paris, quartier branché de la capitale.

Grâce à ce rachat, Franck Annese, le fondateur et directeur de So Press – qui a dépassé la quarantaine, mais conserve son inamovible casquette américaine –, enrichit le pôle musique de son empire média, qui compte une centaine de collaborateurs, dont une rédaction unique d’une soixantaine de journalistes.
Tombent donc dans son escarcelle Tsugi, magazine musical qui s’est imposé en dix ans (avec une diffusion revendiquée de 24 000 exemplaires), son site Internet et sa webradio, mais aussi la cogérance du Trabendo, une salle de concerts parisienne. Et un chiffre d’affaires de 2,2 millions d’euros.
Le propre de So Press est d’être présent dans la presse papier, sur Internet, dans la publicité, la musique...
Belle acquisition donc, même si M. Annese préfère le terme d’« intégration », sûrement plus neutre et n’évoquant pas l’image du gros absorbant le petit. « On s’est rapproché il y a quelque temps. On a réfléchi ensemble à ce qu’on pourrait faire. Ça nous intéressait, car on commençait à avoir un pôle musique assez important, puisque nous avons Greenroom [un site sur la musique réalisé en partenariat avec Heineken], que nous faisons des contenus pour Spotify sur le rap français, que nous avons un label et que nous produisons des clips. Il y a une cohérence », explique le fondateur de So Press.
Une araignée à dix pattes
Chaque week-end, la rédaction de Tsugi réalise également les pages musique de Libération. Par ailleurs, tout comme So Press, Detroit Media s’est aventuré sur le territoire du brand content – des contenus produits spécifiquement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Avec quatre Oscars, « La Forme de l’eau », de Guillermo del Toro, a dominé une cérémonie très démocratique, aux airs de messe.
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Oscars 2018 : le sacre de la sirène et de l’homme-poisson

Avec quatre Oscars, « La Forme de l’eau », de Guillermo del Toro, a dominé une cérémonie très démocratique, aux airs de messe.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 18h45
    |

            Aureliano Tonet (Los Angeles, envoyé spécial)








                        



                                


                            

« Je vous promets une nuit toute en positivité ! », claironne-t-il au début du service. Quatre heures plus tard, la messe est dite : Jimmy Kimmel affiche l’œil brillant et la mine soulagée du prêtre qui s’est dépêtré d’un psaume passablement délicat. Pour sa deuxième année en tant que maître de cérémonie, l’humoriste n’a pas revécu le coup de théâtre diabolique de 2017, lorsque La La Land avait été désigné meilleur film, à tort.

Cette fois, rien n’a fait obstacle aux oracles de l’Académie. Ni accroc ni anicroche : les Oscars ont consciencieusement rempli leur office. Comme prévu, femmes et minorités ont été célébrées urbi et orbi ; comme prévu, la répartition des reliques fut très démocratique, distinguant d’une courte tête le favori, La Forme de l’eau ; comme prévu, l’onction a navigué avec fluidité entre les générations et les registres – légèreté, gravité, témérité ; comme prévu, l’eau a coulé à flots – et pas que sur les pupilles de Kimmel, dont le leitmotiv comique fut la promesse d’offrir un jet-ski au lauréat le plus concis.

Jimmy Kimmel, maître de cérémonie : « Oscar est le type d’homme qu’il nous faut : courtois, aimable, et pas le moindre pénis ! »
Ces derniers jours, il a plu sur Los Angeles. Des averses qui avaient donc valeur de présage : cette 90e cérémonie restera comme la cuvée la plus aqueuse depuis des lustres. Car c’est bien à La Forme de l’eau, de Guillermo del Toro, qu’est revenue la bénédiction suprême, administrée par Faye Dunaway et Warren Beatty, alias « Bonnie and Clyde ». « C’est si bon de vous retrouver ! », se sont repentis les fugitifs fautifs de l’an dernier, rentrés dans le droit chemin.
Nommée treize fois, la fantaisie du Mexicain sur les amours d’une sirène cinéphile et d’un homme-poisson repart avec quatre récompenses : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleurs décors et meilleure musique originale pour le Français...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ La 90e cérémonie des Oscars a été marquée par le triomphe du réalisateur mexicain Guillermo del Toro.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ La biennale lyonnaise a mis à l’honneur des instruments insolites pour son premier week-end.
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Tuyaux de caoutchouc, smartphones et harpes mutantes à Musiques en scène

La biennale lyonnaise a mis à l’honneur des instruments insolites pour son premier week-end.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 09h21
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 09h23
    |

                            Pierre Gervasoni (Lyon)








                        



                                


                            

Le Grame, centre national de création musicale basé à Lyon, est un des grands ­studios français où prennent forme des projets électroacoustiques souvent pluridisciplinaires. En 1992, dix ans après la fondation du centre, Musiques en scène a mis en perspective ces réalisations dans le cadre d’un festival qui, en 2002, a adopté la fréquence d’une biennale. Riche en créations et en reprises d’œuvres récentes, la neuvième édition de cette manifestation, qui se tient dans l’agglomération lyonnaise jusqu’au 21 mars, place sa programmation sous une enseigne aventureuse : « Etat(s) limite(s) ».
Samedi 3 mars, en divers endroits de l’auditorium de Lyon, trois déclinaisons du thème étaient proposées au public en quête de repères contemporains. Un bébé dans la poche kangourou de son père, des enfants en bas âge disséminés à même le sol autour de leurs parents, la jeunesse est au rendez-vous d’Airmachine, en milieu d’après-midi. Au centre de l’habituel espace de déambulation, un étrange dispositif sommeille, recouvert de bâches. Deux tuyaux de caoutchouc le relient à un gros caisson blanc. Marionnette tentaculaire ? Robot muni d’une assistance respiratoire ? Mystère… jusqu’à ce que le voile soit levé par un homme, ­Romeo Monteiro, dont l’activité d’interprète ne fait aucun doute.
Tel un volcan miniature
Tel un volcan miniature, la machine à air s’est réveillée pour émettre des souffles qui fusent de tous côtés. Certains viennent gonfler des ballons de baudruche aux allures de mains blanches, d’autres dérouler ces sifflets sans-gêne qu’on utilise dans les stades ou les fêtes, le tout, selon un jeu de timbre et de rythme très élaboré. Les objets animés par le méga aspirateur ne cessent de changer.
Des tubes de plus en plus longs (un véritable arsenal de plombier) et des embouts de plus en plus fous (cochonnets sonores) se succèdent dans la prestation de Romeo Monteiro, qui en arrive même à jouer d’un des assemblages comme d’un saxophone. Sensible...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Frances McDormand a obtenu l’Oscar de la meilleure actrice pour « 3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance ». Elle en a profité pour faire passer un message de lutte contre les discriminations raciales et sexuelles.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Dans une mise en scène onirique, Jean-Pierre Vincent revisite le cauchemar du paysan parvenu de Molière.
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Théâtre : George Dandin, ce dindon de la farce

Dans une mise en scène onirique, Jean-Pierre Vincent revisite le cauchemar du paysan parvenu de Molière.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 09h00
    |

                            Fabienne Darge (Vire (Calvados), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

« Vous l’avez voulu, vous l’avez voulu, George Dandin, vous l’avez voulu. » Qu’a-t-il donc voulu ainsi, Dandin ? S’acheter une femme, comme on achète une vache, ou une poule. Une femme avec un nom à particule, qui plus est. Lui, le paysan parvenu. Et il le paye, dans tous les sens du terme.
C’est George Dandin, ou le mari confondu, « petite » comédie de Molière, écrite pour les divertissements royaux de Versailles, en 1668. Mais depuis que Roger Planchon a redécouvert la pièce, en 1958, marquant une date dans le théâtre français, Dandin ne cesse de fasciner les metteurs en scène, par sa radicalité, sa modernité, derrière le visage aimable de la farce.
C’est terrifiant de voir comment s’emboîtent, avec une précision imparable, les mécanismes de la lutte des classes et de la guerre des sexes
Jean-Pierre Vincent a l’art de savoir choisir la bonne pièce au bon moment, et aujourd’hui, c’est lui qui s’attaque à Dandin, avec sa manière unique de lier l’ancien et le moderne, l’histoire et l’actualité, sans jamais dévoyer les œuvres. Avec lui, George Dandin prend toute sa dimension noire et cruelle. On rit, bien sûr, le comique est là, mais c’est terrifiant de voir comment s’emboîtent, avec une précision imparable, les mécanismes de la lutte des classes et de la guerre des sexes, dans ce spectacle qui, après avoir été créé au Théâtre du Préau de Vire, tourne à travers la France jusqu’à l’automne.
Car s’il est ridicule, bien sûr, ce Dandin qui se fait appeler M. de la Dandinière, se dandine maladroitement dans ses fanfreluches de cour et sera bien sûr le dindon de la farce, il est surtout foncièrement médiocre. Paysan enrichi, il a conclu un marché avec les noblaillons locaux, M. et Mme de Sotenville, les bien nommés, pour épouser leur fille, Angélique.
Désir de grandeur
« George Dandin, vous avez fait une sottise la plus grande du monde », se dit-il à lui-même dès la première...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Le Jeu de paume présente les images du cofondateur de Dada Berlin, considéré comme l’inventeur du photomontage.
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Raoul Hausmann, photographier pour mieux voir

Le Jeu de paume présente les images du cofondateur de Dada Berlin, considéré comme l’inventeur du photomontage.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 08h57
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 09h24
    |

                            Philippe Dagen








                        



                                


                            

Dans la nomenclature du XXe siècle artistique, Raoul Hausmann (1886-1971) est dans la boîte « Berlin », tiroir « dada ». Ce qui se justifie, car Hausmann est, entre 1918 et 1921, l’un des plus actifs protagonistes du mouvement, avec sa compagne Hannah Höch et ses camarades Johannes Baader, George Grosz et Kurt Schwitters – énumération non exhaustive. Autoproclamé « dadasophe », il lance collages, assemblages et poèmes phonétiques comme autant de manifestes révolutionnaires.
Cette définition est cependant très insuffisante. Après 1921 et la dispersion de dada, Hausmann ne se range pas dans quelque fonction paisible et salariée. En 1933, il s’exile d’un pays où il est désormais un « dégénéré ». En 1936, il fuit Ibiza pour échapper aux franquistes. L’année suivante, il est expulsé de Suisse, dénoncé comme communiste. A partir de 1939, il se cache dans le Limousin, faute de pouvoir rejoindre les Etats-Unis, et y reste jusqu’à sa mort. Que fait-il durant ces quatre décennies ? Il écrit et entretient une correspondance prolifique avec anciens et nouveaux amis. Et il est photographe. A partir de 1927, c’est l’essentiel de sa création qu’il s’efforce de montrer dans des expositions, et de publier dans des revues et des livres. Il n’y réussit qu’assez peu. En 1967, lors sa première rétrospective au Moderna Museet de Stockholm, cette part de son œuvre est absente. Elle l’a été depuis de la plupart des expositions consacrées à dada. Lui est de toutes, évidemment, pas ses photos.

Mais elles sont au Jeu de paume, après avoir été montrées au Point du jour à Cherbourg, première rétrospective d’ampleur qui leur soit consacrée en France. D’ampleur, mais centrée sur les années 1930 : une centaine de tirages, de dimensions et de destinations variées, les uns ayant été destinés à être montrés sur les murs, d’autres à être imprimés. Tirages d’époque, donc, qui ont survécu aux voyages de leur auteur et à la seconde guerre mondiale. Ce n’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Venu de la République de Touva, le spécialiste du khöömii se produit samedi 10 mars à Paris.
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Musiques du monde : Nikolay Oorzhak, chaman et chanteur

Venu de la République de Touva, le spécialiste du khöömii se produit samedi 10 mars à Paris.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 08h57
    |

                            Patrick Labesse








                        



                                


                            

Paris grelotte quand Nikolay Oorzhak y débarque. Il s’amuse d’entendre dire qu’il fait ici des températures de Sibérie. Chez lui, à Touva, une République de la Fédération russe, au sud de la Sibérie, le thermomètre est descendu en dessous de – 50 0C cet hiver, dit-il. Pour la deuxième année consécutive, il fait une tournée en France pour chanter et animer des stages de khöömii (chant diphonique) et de chamanisme. Il se produira à Paris samedi 10 mars au Pan Piper, dans le 11e arrondissement.
Ce concert de chant diphonique, auquel participeront également deux autres musiciens, Igor Koshkendey (voix, vièle Iguyl) et Alexandre Kouzmitchev (tambour), sera précédé en fin d’après-midi de la projection du documentaire L’Ecole nomade, réalisé par Michel Debats, suivie d’une conférence sur les peuples autochtones de Sibérie, présentée par Anne Victoire Charrin et Henri Lecomte.
Il soigne, selon lui, « les âmes malades » grâce au khöömii, qui, « au-delà du chant, est le moyen de faire le lien avec les esprits »
Diphoneur touva connu depuis longtemps, Nikolay Oorzhak est chaman – le mot peut aussi s’écrire « chamane » ou « shaman(e) » –, un chaman globe-trotteur. Il raconte rester « au maximum un mois » chez lui, dans sa maison à Kyzyl, capitale de la République de Touva. « Le reste du temps, je voyage. » S’il soigne, selon lui, « les âmes malades » grâce au khöömii, qui, « au-delà du chant, est le moyen de faire le lien avec les esprits », il souhaite aller « partout où les gens veulent apprendre à chanter, découvrir leur voie naturelle, améliorer leur état d’âme, s’éclaircir l’esprit ».

Chaman notoire de Touva, qui y a organisé en 2014 un conclave réunissant treize de ses collègues venus de plusieurs régions du monde (une autre convention est prévue du 25 au 30 juin), Nikolay Oorzhak fait donc œuvre de pédagogie du « mieux-vivre ». Né en 1949,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ L’industrie hollywoodienne était réunie dimanche à Los Angeles pour la cérémonie des Oscars, apogée de la saison des prix du cinéma.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals ou de clips.
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/03/2018
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The Liminanas, du violon, du piano et Bill Evans : notre sélection musicale

Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals ou de clips.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 07h11
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Cette semaine, Dimanche tombe un lundi, si l’on en croit les Liminanas. Et aussi : deux concerts exceptionnels à la Philharmonie de Paris, un festival de piano, Jazz Magazine qui rend hommage à Bill Evans, et la Route du Rock à réserver pour août, déjà !
UNE VIDÉO EN AVANT-PREMIÈRE : « Dimanche », de The Liminanas et Bertrand Belin 

Diffuser un lundi, en avant-première, une chanson qui s’intitule Dimanche, dénote une légère erreur de timing. Néanmoins, le morceau est suffisamment décalé pour ne pas gâcher le plaisir. Surtout lorsque ses géniteurs ne sont autres que le duo d’esthètes garage rock Lionel et Marie Liminana, alias The Liminanas. Il s’agit du troisième single extrait de leur dernier album, Shadow People (Because), réalisé étroitement avec l’Américain Anton Newcombe du Brian Jonestown Massacre, dans son studio berlinois. De Berlin à Bertrand Belin, le couple perpignanais a osé franchir le pas, en conviant le musicien lettré du Morbihan, à poser sa voix et ses mots sur le temps fort de ce cinquième album. « On a rencontré Bertrand et ses musiciens en tournée en Australie en janvier 2017, raconte Lionel Liminana. A notre retour, je lui ai envoyé des démos instrumentales et il a choisi le thème de Dimanche, dont il a écrit le texte et enregistré la voix. »
En résulte une impressionnante épopée psyché rock aux accents morriconiens, sur des paroles absurdes qui laissent planer un vent de mystère et de folie douce. Pour ce vidéo-clip en forme de road trip en noir et blanc réalisé par Aurélien Richter, les Catalans et le Breton ont embarqué dans leur décapotable la ravissante Emmanuelle Seigner, déjà invitée sur la chanson-titre Shadow People. Une collaboration avec l’actrice et chanteuse qui devrait se prolonger sur son troisième album solo. On s’en doute, l’ouvrage n’aura rien d’une tranquille promenade dominicale. Franck Colombani
The Liminanas en tournée, dates et lieux sur le site Theliminanas.com, au Trianon, à Paris, le 29 mars.
UN CONCERT : deux violonistes à la Philharmonie de Paris, Vadim Repin le 6 mars et Frank Peter Zimmermann les 7 et 8 mars

   


Riche semaine de reprise à la Philharmonie de Paris, qui accueille deux des plus grands violonistes du moment à un jour d’intervalle. C’est le Russe Vadim Repin (46 ans) qui ouvre le feu le 6 mars avec l’une des œuvres les plus connues de Glazounov, le virtuosissime Concerto pour violon de 1904. Il est accompagné par son compatriote Tugan Sokhiev à la tête de son Orchestre du Capitole de Toulouse, lesquels compléteront le programme avec la Douzième symphonie de Chostakovitch, composée en 1961 à la mémoire de Lénine autour de la révolution russe de 1917.
Les 7 et 8 mars, c’est une programmation nettement moins usitée – et pour tout dire une rareté –, que jouera l’Allemand Frank Peter Zimmermann (53 ans) : la Fantaisie pour violon et orchestre de Schumann, sous la direction de Daniel Harding. Schumannien invétéré, ce dernier entraînera également ses musiciens de l’Orchestre de Paris sur les sentiers de la Deuxième symphonie. La provocante Kammermusik n°4 pour violon en orchestre d’Hindemith fermera le concert sur un pied de nez réjouissant à tous les conservatismes. Marie-Aude Roux
Philharmonie de Paris, 221, avenue Jean-Jaurès, Paris 19e. Mo Porte-de-Pantin. Concert Vadim Repin (violon), Orchestre national du Capitole, Tugan Sokhiev (direction), mardi 6 mars, à 20 h 30. Concerts Frank Peter Zimmermann (violon), Orchestre de Paris, Daniel Harding (direction), mercredi 7 et jeudi 8 mars, à 20 h 30. Tél. : 01-44-84-44-84. De 10 € à 50 €.
UNE REVUE : « Jazz magazine », numéro spécial Bill Evans

   


« Son importance ne se discute plus, son influence est immense et sa personnalité riche et complexe. » C’est ainsi qu’est présenté le pianiste américain Bill Evans, mort le 15 septembre 1980, à l’âge de 51 ans, dans le dossier que lui consacre le mensuel Jazz magazine dans son numéro de mars. Un ensemble en six parties qui débute par un article sur « les passions et les drames » qui ont accompagné la vie du musicien. Suivent un article sur les rares fois où Bill Evans a accompagné des chanteuses et des chanteurs, un témoignage du pianiste Guillaume de Chassy à propos de l’importance de son aîné sur son développement artistique, un papier sur la carrière de Bill Evans comme accompagnateur et un autre sur les bizarreries de sa discographie, avant une chronologie.
Outre cet ensemble, Jazz magazine consacre au violoniste Didier Lockwood, mort le 18 février, à l’âge de 62 ans, un hommage émouvant signé Pascal Anquetil, propose des articles sur le chanteur Hugh Coltman et le saxophoniste Raphaël Imbert, un entretien avec le violoniste Théo Ceccaldi, présente la partition d’un solo du pianiste Ahmad Jamal sur la composition Wave d’Antonio Carlos Jobim, et chronique plus d’une centaine d’albums, nouveautés et rééditions. Sylvain Siclier
« Jazz magazine », numéro 703, mars 2018, 100 p., 6,90 €, vente en kiosques et sur le site Internet.
UN FESTIVAL : Pianos croisés, au Triton, aux Lilas, du 8 au 10 mars

   


Chaque année, depuis 2006, Le Triton, qui se définit comme une « scène de musiques présentes », aux Lilas (Seine-Saint-Denis), organise un court festival, Pianos croisés, qui voit se succéder des duos de pianistes. Du jeudi 8 au samedi 10 mars, ce seront donc six instrumentistes que l’on pourra aller écouter, en commençant par Thierry Eliez et Dimitri Naïditch, le 8 mars, puis Andy Emler et Benjamin Moussay, le 9 et enfin Jozef Dumoulin et Roberto Negro le 10. Des musiciens venus d’horizons musicaux variés et aux approches diverses pour des rencontres inédites, rares, où composition et improvisation sont mises en jeu. S. Si.
Le Triton, 11 bis, rue du Coq-Français, Les Lilas (Seine-Saint-Denis). Mo Mairie-des-Lilas. Tél. : 01-49-72-83-13. Du jeudi 8 au samedi 10 mars, à 20 heures. De 8 € à 20 €.
À RÉSERVER : La Route du Rock, à Saint-Malo et Saint-Père, du 16 au 19 août

   


Les organisateurs du festival La Route du Rock, à Saint-Malo et au fort de Saint-Père (Ille-et-Vilaine), à quelques kilomètres, viennent d’annoncer les premiers noms de la programmation de la 28e édition, prévue du jeudi 16 au dimanche 19 août. Pour l’heure sont attendus au Fort de Saint-Père, Shame, The Liminanas, The Brian Jonestown Massacre, Grizzly Bear et Etienne Daho, vendredi 17, Nils Frahm, Ariel Pink et John Maus, samedi 18, Charlotte Gainsbourg, Protomartyr, Superorganism, The Lemon Twigs, Phoenix, Jungle et The Black Madonna, samedi 18. Les forfaits pour les trois jours à 88 € (qui partent vite) et les billets à la journée, au prix de 46,50 €, sont en vente sur le site Internet du festival Laroutedurock.com. S. Si.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Frances McDormand, Oscar de la meilleure actrice, a appelé les hommes d’Hollywood à s’intéresser davantage aux projets portés par des femmes.
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Une cérémonie des Oscars particulièrement politique

Frances McDormand, Oscar de la meilleure actrice, a appelé les hommes d’Hollywood à s’intéresser davantage aux projets portés par des femmes.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 06h26
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 13h51
   





                        


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            data-slide-description="Guillermo del Toro, qui a décroché les prix de meilleur réalisateur et meilleur film avec « La Forme de l’eau », est connu pour les monstres qui peuplent ses œuvres."
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            data-slide-description="La femme de Patrick Stewart, Sunny Ozell, porte le pins « Time’s Up »."
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            data-slide-description="L’artiste St. Vincent a été élue « la plus mal habillée » sur le tapis rouge par le « LA Times »."
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            data-slide-description="Allison Janney, toute vêtue de rouge, a remporté l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour « Moi, Tonya » ."
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            data-slide-description="Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour se faire remarquer ? La chanteuse Andra Day a choisi de s’allonger sur le tapis rouge."
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            data-slide-description="Le Français Alexandre Desplat remporte son deuxième Oscar, cette fois pour la musique de « La Forme de l’eau »."
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            data-slide-description="Pas nommée cette année, Jennifer Lawrence a profité des joies du bar."
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            data-slide-description="Jimmy Kimmel a emmené Gal Gadot distribuer des bonbons et chocolats aux spectateurs du Chinese Theater, en face du Dolby Theater, sur Hollywood boulevard."
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            data-slide-description="L’actrice de 86 ans, Rita Moreno, connue pour son rôle dans « West Side Story » portait la même robe que pour les Oscars de 1962 où elle avait été récompensée."
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            data-slide-description="Meryl Streep était debout pour applaudir Frances McDormand qui a reçu l’Oscar de la meilleure actrice pour « 3 Billboards : les panneaux de la vengeance »."
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            data-slide-description="L’équipe du film « La Forme de l’eau » rassemblée sur scène pour célébrer cette consécration."
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            data-slide-description="Le suspense était insoutenable : c’est finalement Mark Bridges, créateur de costumes récompensé, qui remporte le jet ski mis en jeu par Jimmy Fallon. Comment ? Il a prononcé le discours le plus court de la cérémonie."
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Guillermo del Toro, qui a décroché les prix de meilleur réalisateur et meilleur film avec « La Forme de l’eau », est connu pour les monstres qui peuplent ses œuvres.

JORDAN STRAUSS/INVISION/AP
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Une vidéo a été diffusée dimanche 4 mars lors de la cérémonie des Oscars pour se remémorer une année particulière, marquée par le mouvement #metoo et plus généralement la volonté d’ouvrir davantage Hollywood aux minorités. La séquence a été présentée par Ashley Judd, Salma Hayek et Annabella Sciorra, trois actrices qui ont été harcelées sexuellement et menacées par le producteur Harvey Weinstein, la dernière affirmant même avoir été violée par le magnat déchu.
La vidéo s’est ouverte sur une autre actrice harcelée par Harvey Weinstein, Mira Sorvino, qui a expliqué que, depuis l’automne, avec les mouvements #metoo et Time’s Up, « tout le monde a maintenant une voix pour exprimer quelque chose qui se déroule depuis toujours, pas seulement à Hollywood, mais dans toute la société ».

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Mais le propos s’est rapidement élargi à l’ensemble des films qui ont ouvert de nouvelles voies à Hollywood depuis l’an dernier, de The Big Sick, dont le héros est d’origine pakistanaise, à Black Panther, premier film Marvel consacré à un super-héros noir, en passant par Lady Bird, réalisé par une femme, Greta Gerwig.
« Certains de mes films préférés sont faits par des gars blancs sur des gars blancs, a expliqué, dans la vidéo, Kumail Nanjiani, héros de The Big Sick et coscénariste du film. Aujourd’hui, des types blancs peuvent voir des films avec moi à l’affiche et se sentir touchés. »
Ovationnée, l’actrice américaine Frances McDormand, qui a remporté l’Oscar de la meilleure actrice, s’est mise au diapason de la vague post-Weinstein et a demandé à toutes les femmes professionnelles d’Hollywood dans la salle de se lever, suscitant un moment d’émotion dans le public. Parmi elles, plusieurs, notamment la réalisatrice de Lady Bird, Greta Gerwig, avaient les larmes aux yeux. Frances McDormand a appelé les hommes d’Hollywood à s’intéresser davantage aux projets portés par des femmes.

Jimmy Kimmel en rajoute une couche
Le présentateur de la soirée, Jimmy Kimmel, a également évoqué l’affaire Weinstein en plaisantant sur la statuette dorée baptisée Oscar. « Oscar est l’homme le plus respecté et aimé à Hollywood. Et il y a une bonne raison : regardez-le. Il garde ses mains en vue, ne dit jamais un mot grossier et le plus important, pas de pénis du tout. »
« Ce qui est arrivé à Harvey [Weinstein] et à d’autres aurait dû arriver depuis longtemps, a déclaré Jimmy Kimmel, sur la chaîne ABC, qui retransmet les Oscars aux Etats-Unis. Nous ne pouvons plus laisser les mauvais comportements rester impunis. Le monde nous observe. Nous devons donner l’exemple. » Si Hollywood parvient à se débarrasser du harcèlement sexuel, « les femmes auront seulement à y faire face le reste du temps et dans tous les autres endroits où elles iront », a plaisanté l’animateur.
Malgré les remous des six derniers mois à Hollywood, Jimmy Kimmel a assuré que c’était « une soirée pour le positivisme », pour rendre hommage à « un groupe de films remarquables et inspirants, qui ont tous été écrasés par “Black Panther” ce week-end ». Le film de super-héros a franchi ce week-end les 500 millions de dollars de recettes aux Etats-Unis.

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« Je me souviens d’une époque où les grands studios ne croyaient pas qu’une femme ou une personne issue d’une minorité pouvait avoir le premier rôle d’un film de super-héros », a expliqué Jimmy Kimmel, en référence à Black Panther mais aussi à Wonder Woman, immense succès au box-office en 2017. « La raison pour laquelle je m’en souviens, c’est parce que c’était en mars de l’an dernier », a-t-il ironisé.
La NRA irritée
Cette manifestation de solidarité et d’ouverture n’a pas été du tout du goût du principal lobby des armes aux Etats-Unis, la National Rifle Association (NRA). Habituellement silencieuse lors de ces cérémonies de récompenses, la NRA a publié une série de tweets agressifs, cherchant à faire le lien entre la question des armes et les Oscars, bien que le sujet n’ait pas été évoqué verbalement une seule fois lors de la soirée.
La NRA critiquait la position de beaucoup à Hollywood, généralement favorables à un contrôle renforcé des ventes d’armes.

"These Hollywood types...they all have armed guards. They're good. Don't you worry. Those tools of protection are t… https://t.co/dzkn2VTJP1— NRATV (@NRATV)


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« Les célébrités d’Hollywood (…) ont toutes des gardes armés (…) mais nos enfants n’y ont pas droit ? Expliquez-moi ça », déclare notamment, dans une interview vidéo postée sur Twitter, Dan Bongino, présenté comme un ancien agent secret par la chaîne de la NRA, NRATV.
Une pique à Trump
Le président Trump, sa passion des tweets et sa politique anti-immigration n’ont pas été épargnés : Jimmy Kimmel a évoqué la « superbe Lupita Nyong’o. Elle est née au Mexique et a été élevée au Kenya. Et voilà l’avalanche de tweets qui va commencer depuis les toilettes présidentielles ».
La comédienne oscarisée pour Twelve Years a Slave et à l’affiche du block-buster Black Panther a quant à elle déclaré sur scène, allusion aux jeunes sans-papiers surnommés les « Dreamers » (« rêveurs », en français) : « Nous sommes des rêveurs qui rêvions un jour de travailler dans le cinéma [et] les rêves sont la fondation d’Hollywood et de l’Amérique. »
Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur, le Mexicain Guillermo del Toro s’est présenté sur le podium comme « un immigré ». « Je trouve que la plus belle chose que produit notre art et notre industrie, c’est d’effacer les lignes dans le sable », a-t-il déclaré. « Nous devrions continuer à faire ça, quand le monde voudrait les faire plus profondes. »

        Oscars 2018 : palmarès, moments forts,
         

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Le film du cinéaste mexicain remporte quatre statuettes : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleure direction artistique et meilleure musique originale.
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/03/2018
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Oscars 2018 : « La Forme de l’eau », de Guillermo del Toro, domine la cérémonie

Le film du cinéaste mexicain remporte quatre statuettes : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleure direction artistique et meilleure musique originale.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 06h22
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 09h50
   





                        


Le réalisateur mexicain Guillermo del Toro, grand vainqueur de la 90e cérémonie des Oscars, a remporté dimanche 4 mars l’Oscar du meilleur film et celui du meilleur réalisateur pour son conte fantastique La Forme de l’eau, lors d’une soirée marquée par des messages contre les violences sexuelles et la politique anti-immigration du président américain Donald Trump.
Le réalisateur mexicain de 53 ans, connu pour les monstres, vampires et super-héros peuplant ses œuvres, assure avoir réalisé cette fois « son premier film d’adulte ». « Les monstres sont les saints patrons de nos merveilleuses imperfections », expliquait-il en recevant en janvier le Golden Globe du meilleur film, pour sa romance fantastique entre une muette employée d’un laboratoire gouvernemental secret qui tombe amoureuse d’une créature reptilienne captive. Le tout s’est retrouvé à l’écran grâce à la magie du cinéma.
Et La Forme de l’eau, nommé 13 fois et qui repart avec 4 statuettes, est son « œuvre maîtresse jusqu’à présent », car « il manquait jusqu’alors un trait de caractère de Guillermo dans ses films, l’humour », estime Leonardo Garcia-Tsao, critique de cinéma et vieil ami du cinéaste.

Frances McDormand obtient l’Oscar de la meilleure actrice pour 3 Billboards, Les panneaux de la vengeance. A 60 ans, la comédienne entre dans le club très privé des actrices deux fois oscarisées. Elle avait décroché une première statuette en 1997 pour son rôle de policière enceinte et tenace dans Fargo, des frères Coen.

   


Gary Oldman remporte lui l’Oscar du meilleur acteur pour Les Heures sombres. Il s’agit de sa première statuette. Il était donné favori après avoir gagné, entre autres, lors des Golden Globes et des Screen Actors Guild Awards.
Le compositeur français Alexandre Desplat a décroché dimanche son deuxième Oscar pour la bande-originale de La Forme de l’eau, confirmant sa place aux côtés de musiciens français mythiques comme Georges Delerue, Maurice Jarre ou Michel Legrand.
Pixar encore gagnant
Coup de cœur du public, Coco, qui raconte l’histoire d’un petit garçon poursuivant ses rêves sur fond de la fête des morts au Mexique, a remporté l’Oscar du meilleur film d’animation. C’est la sixième victoire d’affilée pour le groupe Disney, qui a racheté en 2006 Pixar, vainqueur à trois reprises sur cette série avec Coco, Vice Versa et Rebelle. Sur les onze dernières cérémonies, Pixar l’a emporté sept fois, et le groupe Disney dans son ensemble, dix fois.
Ce dessin animé, que son co-réalisateur Lee Unkrich qualifie de « lettre d’amour au Mexique », est le premier du studio Pixar s’immergeant totalement dans une culture étrangère. C’était un pari risqué à un moment où Donald Trump a accédé à la présidence des Etats-Unis en usant durant sa campagne électorale d’une rhétorique anti-Mexicains.
#metoo présent
Une vidéo a été diffusée pour se remémorer une année particulière, marquée par l’affaire Weinstein, le mouvement #metoo et plus généralement davantage d’ouverture d’Hollywood aux minorités. La séquence a été présentée par Ashley Judd, Salma Hayek et Annabella Sciorra, trois actrices qui ont été harcelées sexuellement et menacées par le producteur Harvey Weinstein, la dernière affirmant même avoir été violée par le magnat déchu.

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La vidéo s’est ouverte sur une autre actrice harcelée par Harvey Weinstein, Mira Sorvino, qui a expliqué que, depuis l’automne, avec les mouvements #metoo et Time’s Up, « tout le monde a maintenant une voix pour exprimer quelque chose qui se déroule depuis toujours, pas seulement à Hollywood, mais dans toute la société ».
Mais le propos s’est rapidement élargi à l’ensemble des films qui ont ouvert de nouvelles voies à Hollywood depuis l’an dernier, de The Big Sick, dont le héros est d’origine pakistanaise, à Black Panther, premier film Marvel dédié à un super-héros noir, en passant par Lady Bird, réalisé par une femme, Greta Gerwig – par ailleurs snobé par l’académie, puisqu’il repart sans aucune récompense.
« Certains de mes films préférés sont faits par des gars blancs sur des gars blancs », a expliqué, dans la vidéo, Kumail Nanjiani, héros de The Big Sick et co-scénariste du film. « Aujourd’hui, des types blancs peuvent voir des films avec moi à l’affiche et se sentir touchés », a-t-il ajouté : « Ce n’est pas si difficile, c’est ce que j’ai fait toute ma vie. »
Retrouvez tout le palmarès ci-dessous :
Film : La Forme de l’eau de Guillermo del Toro
Réalisateur : Guillermo del Toro pour La Forme de l’eau
Actrice : Frances McDormand pour 3 Billboards, Les panneaux de la vengeance
Acteur : Gary Oldman pour Les Heures sombres
Actrice dans un second rôle : Allison Janney dans Moi, Tonya
Acteur dans un second rôle : Sam Rockwell dans 3 Billboards, Les panneaux de la vengeance
Scénario original : Get Out, scénario de Jordan Peele
Adaptation : Call Me by Your Name, adapté par James Ivory
Film d’animation : Coco des studios Pixar
Film en langue étrangère : Une Femme fantastique de Sebastian Lelio
Documentaire : Icarus de Bryan Fogel et Dan Cogan
Meilleure photographie : Blade Runner 2049 de Roger A. Deakins
Musique originale : Alexandre Desplat pour La Forme de l’eau
Chanson originale : Remember Me, dans le film d’animation Coco, musique et paroles de Kristen Anderson-Lopez et Robert Lopez
Direction artistique : Paul Denham Austerberry, Shane Vieau et Jeffrey A. Melvin, La Forme de l’eau
Costumes : Mark Bridges, Phantom Thread
Montage son : Richard King et Alex Gibson, Dunkerque
Mixage son : Richard King et Alex Gibson, Dunkerque
Effets spéciaux : Blade Runner 2049, John Nelson, Gerd Nefzer, Paul Lambert et Richard R. Hoover
Montage : Lee Smith, Dunkerque
Maquillage et coiffure : Kazuhiro Tsuji, David Malinowski et Lucy Sibbicki, Les heures sombres
Court-métrage documentaire : Heaven is a traffic jam on the 405, de Frank Stiefel
Court-métrage : The Silent Child de Chris Overton et Rachel Shenton
Court-métrage d’animation : Dear Basketball de Glen Keane et Kobe Bryant



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ « La Forme de l’eau » a dominé les Oscars. Le film de Guillermo del Toro remporte quatre statuettes : film, réalisateur, direction artistique et musique originale.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Notre choix du soir. Patrick Jeudy retrace le singulier destin de celle qui sauva le général Kœnig lors de la fameuse bataille (sur France 5 à 22 h 40).
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TV – « Susan, l’héroïne cachée de Bir Hakeim »

Notre choix du soir. Patrick Jeudy retrace le singulier destin de celle qui sauva le général Kœnig lors de la fameuse bataille (sur France 5 à 22 h 40).



Le Monde
 |    04.03.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 19h12
    |

            Christine Rousseau








                        


Documentaire sur France 5 à 22 h 40



Philanthrope, résistante, légionnaire, femmes de cœur, de combat et de passion : c’est ainsi, que l’on pourrait résumer le petit bataillon d’héroïnes que France 5 a choisi d’honorer, dans la « Case du siècle », depuis le 13 février. Date à laquelle a débuté une programmation spéciale, entourant la Journée internationale de la femme, qui se conclura, les 11 et 18 mars, par la diffusion de Simone, Louise, Olympe et les autres, la grande histoire des féministes, de Mathilde Damoisel.
Après les figures d’Anne Morgan et de Madeleine Richou, celle de Susan Travers boucle avec panache et romanesque une trilogie dont le premier mérite est de redonner toute leur place à ces femmes méconnues – voire, comme l’intrépide Anglaise, poussées dans les oubliettes de l’Histoire.
Le tort de Susan Travers ? Avoir eu une liaison adultérine avec le général Kœnig, héros de la bataille de Bir Hakeim. Et qu’importe qu’elle sauvât celui dont elle était le chauffeur, en perçant les lignes ennemies – ouvrant ainsi une brèche aux autres véhicules avant que l’étau allemand ne se referme. Qu’importe qu’elle ait pris part à un acte de résistance dont la gloire va légitimer les Forces françaises libres comme armée régulière.
Sortie sous la mitraille
Dès la fin de la guerre, « les ciseaux des censeurs » se mettront en action pour faire disparaître toute trace, ou presque, de cette fougueuse Anglaise. Bien que meurtrie, elle reconnaîtra plus tard avoir attendu la disparition des principaux protagonistes pour livrer enfin ses souvenirs, en 2001, dans Tant que dure le jour (Plon). Un ouvrage dont Patrick Jeudy s’est sans doute largement inspiré pour conter, avec un lyrisme parfois appuyé, la trajectoire singulière de cette jeune fille que rien ne prédisposait à devenir la première et unique femme, à ce jour, membre de la Légion étrangère.
Née à Londres en 1909, d’un père officier de la Royal Navy et d’une aristocrate anglaise mélancolique, Susan Travers passe sa jeunesse sur la Côte d’Azur à tromper l’ennui d’une vie familiale terne, entre les parties de tennis où cette sportive excelle, les bals et des flirts sans lendemain. L’ennui guette toujours, lorsque la guerre éclate qui la voit d’abord revêtir l’uniforme d’infirmière de la Croix-Rouge. Avant celui des Forces françaises libres où elle s’engage en juin 1940. Sur le navire qui l’a conduite à Dakar, elle est attachée à la 13e demi-brigade de la Légion étrangère. Sans savoir qu’elle va suivre ces ­hommes pendant quatre ans du ­Cameroun à l’Egypte, du désert ­libyen à l’Italie et jusque dans les Vosges. Mais aussi, après guerre, en Indochine comme membre à part entière de la 13e DBLE.

   


Quatre années marquées par sa rencontre avec celui qui restera son grand amour : le général Kœnig, dont « la Miss » devient le chauffeur et la maîtresse sous les ors des palaces de Damas et Beyrouth. Avant de connaître l’enfer du siège de Bir Hakeim (du 26 mai au 11 juin 1942), que retrace, jour par jour, Patrick Jeudy, illustrant son propos d’archives – notamment celles, rares, où figure Susan Travers – et des dessins aux couleurs chaudes de ­Jérémie Gasparutto.
Peu après sa sortie héroïque sous la mitraille, la romance, éventée par la propagande allemande, s’achève. Susan Travers ne reverra Kœnig qu’en 1956, lorsqu’il la décore de la médaille militaire. En 2010, lors de son discours de réception à l’Académie française au fauteuil de Pierre Messmer, qui fut lui aussi membre de 13e DBLE, Simone Veil ne manquera pas de saluer la mémoire et le courage de l’adjudante-chef Travers. Réparant des années d’omission.
Susan, l’héroïne cachée de Bir Hakeim, de Patrick Jeudy (Fr., 2017, 55 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Une pétition demande le retrait de la vente de l’ouvrage, l’accusant de véhiculer des « clichés et [une] image dégradante » des femmes.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

« On a chopé la puberté », jugé sexiste, ne sera pas réédité par les éditions Milan

Une pétition demande le retrait de la vente de l’ouvrage, l’accusant de véhiculer des « clichés et [une] image dégradante » des femmes.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 11h49
   





                        


Les éditions Milan ont annoncé qu’elles ne réimprimeraient pas un livre pour préadolescentes, On a chopé la puberté, qui a suscité un tollé sur les réseaux sociaux car jugé sexiste et dont une pétition, qui rassemblait dimanche 4 mars au matin près de 144 000 signatures demande le retrait.
La publication, en février, de ce livre destiné aux enfants à partir de 9 ans « a donné lieu depuis quelques jours à une campagne d’une violence extrême sur les réseaux sociaux », relatent les éditions Milan dans un communiqué diffusé samedi soir.
Par conséquent, la maison d’édition a décidé de ne pas « réimprimer cet ouvrage, aujourd’hui en rupture de stock ». Il s’en est vendu environ 5 000 exemplaires, selon Christophe Tranchant, directeur général des éditions Milan.
Thème sensible, sujet à interprétations
« On comprend que le thème soit extrêmement sensible, sujet à interprétations (…), on entend que ça pose question et on souhaite apaiser le contexte », a-t-il dit. Pour lui, il était « important de lire l’ensemble du texte », qui met en scène quatre adolescentes, « quatre points de vue différents (…) dont une est plutôt écologiste et féministe », assure-t-il.
Les éditions Milan promettent de continuer à « accompagner les enfants dans leurs questionnements » et à s’engager « en faveur de l’égalité des sexes dans un esprit laïque, moderne, d’ouverture et de mesure ».
Sur change.org, la pétition pour demander le retrait de cet ouvrage de la vente l’accuse de véhiculer des « clichés et [une] image dégradante » des femmes. Une page en particulier a provoqué la colère d’internautes. On y voit une adolescente se promenant dans la rue interpellée par un garçon, « Mignons, ces petits tétons ! ». Le livre conseille de changer de soutien-gorge ou de superposer des débardeurs pour cacher ces tétons.



                            


                        

                        

