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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ La sécurisation des transactions de « pair à pair » et la cryptomonnaie permettent aux consommateurs particuliers d’entrer eux-mêmes dans la chaîne de production et de distribution énergétique, explique Guillaume Guérard, de l’Ecole supérieure d’ingénieurs Paris-La Défense.
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La « blockchain » ouvre la voie aux « centrales électriques virtuelles et décentralisées »

La sécurisation des transactions de « pair à pair » et la cryptomonnaie permettent aux consommateurs particuliers d’entrer eux-mêmes dans la chaîne de production et de distribution énergétique, explique Guillaume Guérard, de l’Ecole supérieure d’ingénieurs Paris-La Défense.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 17h02
    |

Guillaume Guérard (Professeur associé à l’Ecole supérieure d’ingénieurs Paris-La Défense)







                        



                                


                            

Tribune. Le monde de l’énergie englobe des centaines d’acteurs, des millions d’utilisateurs et une infrastructure terrestre et maritime. C’est pourquoi il est plus facile d’intégrer des technologies numériques que de remodeler le réseau. Or, la « blockchain » a trouvé de nombreuses utilisations pour les « consomm’acteurs » comme pour les entreprises d’un réseau de plus en plus distribué et bidirectionnel.
La « blockchain » est surtout connue pour la sécurisation des transactions sans tiers de confiance ; elle rend possible l’échange « pair à pair » sans passer par un intermédiaire. Des écoquartiers, comme le célèbre Brooklyn Microgrid à New York, favorisent le partage rémunéré d’énergie entre des voisins d’un même quartier.

En Europe, Grid Singularity propose des formules pour le partage et l’autoconsommation énergétique. La Sunchain du bureau d’étude Tecsol garde notre surproduction sous forme de cryptomonnaie. Cette dernière est convertible en énergie, quelle que soit votre position : il est alors possible de recharger sa voiture électrique à Paris « à partir » de l’énergie que vous produisez, par exemple, à Marseille.
A l’international, les SolarCoins se veulent une monnaie de conversion de l’énergie solaire. Il est alors possible d’acheter ou de vendre son énergie via cette « blockchain ». Cette cryptomonnaie se veut communautaire et seule une entreprise, ekWateur, l’exploite dans ses offres.
Partenariat automatisé
Les « smart contracts » sont des contrats automatisés via la « blockchain ». Des projets pilotes ont été lancés par des grands groupes comme EDF (OslO2Rome avec Corri-Door), Bouygues et Microsoft, avec Lyon Confluence, ou encore Total, avec Greenflex. Dans ces projets, la mobilité électrique est en développement. Que ce soit collectif ou individuel, le véhicule électrique a en effet sa part à jouer en termes de stockage et de gestion de la demande au sein du réseau électrique.
La prochaine...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Six chercheurs en économie, gestion, philosophie, anthropologie, contestent, dans une tribune au « Monde », les concepts « d’externalité négative » ou de « compensation », pourtant à la base des interrogations actuelles sur la « responsabilité sociale des entreprises »
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« Il est temps de changer en profondeur la manière de penser le périmètre d’action des entreprises »

Six chercheurs en économie, gestion, philosophie, anthropologie, contestent, dans une tribune au « Monde », les concepts « d’externalité négative » ou de « compensation », pourtant à la base des interrogations actuelles sur la « responsabilité sociale des entreprises »



Le Monde
 |    05.03.2018 à 16h00
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Ces dernières semaines, différentes positions ont été exprimées sur l’avenir du statut des entreprises en France, et plus particulièrement sur leur « objet social ». Des voix se sont élevées pour réclamer une refonte de la définition de la mission de l’entreprise dans le sens notamment de la création d’un « objet social étendu » et/ou d’un « comité de parties prenantes », l’objectif étant de faire prendre en charge, au niveau de la gouvernance des entreprises, la poursuite de l’intérêt général (protection de l’environnement, responsabilité sociale et territoriale,…).
il ne faut pas oublier que la « responsabilité sociale des entreprises » (RSE) n’est pas un concept nouveau
Face à l’urgence écologique, et ce que certains scientifiques désignent comme l’avènement de l’Anthropocène, cette orientation pourrait apparaître comme cohérente à différents égards. Néanmoins, il nous semble que ce type de propositions n’évite pas un certain nombre de tensions qu’il faut savoir déjouer afin de bâtir une réforme du périmètre d’action des organisations (que nous appelons aussi de nos vœux) à la hauteur des enjeux écologiques.
Bien qu’un grand nombre d’organisations défende aujourd’hui (souvent en toute légitimité) une vision générale et altruiste de leur mission, elles ne peuvent à elles seules intégrer toute la densité du problème écologique. La complexité de ce dernier vient de ce qu’il est impossible de le résumer à un simple problème d’externalités qu’il suffirait d’internaliser, voire de compenser. Le paradigme de l’internalisation et de la compensation est aujourd’hui insuffisant. D’abord, il ne faut pas oublier que la « responsabilité sociale des entreprises » (RSE) n’est pas un concept nouveau et qu’elle s’est diffusée amplement dans différentes organisations, avec plus ou moins de succès au niveau « micro-économique » bien que les effets « macro-environnementaux » soient loin d’être attestés (y compris dans les pays où les statuts...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Editorial. Le paysage qui émerge des épisodes électoraux du 4 mars en Italie et en Allemagne est lourd de menaces pour l’Union européenne.
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Rome, Berlin : l’Europe en suspens

Editorial. Le paysage qui émerge des épisodes électoraux du 4 mars en Italie et en Allemagne est lourd de menaces pour l’Union européenne.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 11h28
   





                        


Editorial du « Monde ». Une bonne nouvelle pour l’Europe, venue d’Allemagne, suivie d’une très mauvaise nouvelle, en Italie. La journée du 4 mars, avec le verdict simultané du SPD allemand et de l’électorat italien, aurait pu être fatale à la construction européenne. Mais l’Europe n’est pas sortie de l’ornière pour autant. Si le vote positif des membres du parti de centre gauche allemand sur le contrat de coalition gouvernementale lève un obstacle majeur, il est, malheureusement, assombri par le triomphe des forces populistes et eurosceptiques en Italie.
Le paysage qui émerge de ces épisodes électoraux dans les deux principaux pays, avec la France, de la zone euro, est en effet lourd de menaces. En disant oui à une nouvelle « grande coalition » avec les conservateurs d’Angela Merkel, les sociaux-démocrates allemands ont certes évité le chaos et privilégié la stabilité. Il n’y aura pas de nouvelles élections en Allemagne et Mme Merkel restera chancelière, pour un quatrième mandat. Mais pour quoi faire ?

        Lire aussi :
         

                Allemagne : le SPD approuve l’accord de coalition avec les conservateurs d’Angela Merkel



L’accord entre le SPD et la CDU-CSU promet « un nouvel élan pour l’Europe ». Ambitieux dans ses têtes de chapitre, il est en réalité beaucoup plus prudent dans les détails, ce que confirme le choix des hommes qui seront chargés de le mettre en œuvre. A l’instar du futur ministre des finances et vice-chancelier, Olaf Scholz, un social-démocrate dont les premières déclarations ont surtout rassuré les gardiens de l’héritage de son prédécesseur, Wolfgang Schäuble. Ou de Horst Seehofer, le président de la très conservatrice CSU bavaroise, qui, en tant que ministre de l’intérieur, aura la haute main sur une politique migratoire largement inspirée par son propre parti.
Le volontarisme pro-européen fait désormais figure d’exception
Reste Mme Merkel. Voudra-t-elle impulser cet « élan » ? Ce n’est pas son tempérament mais, pour ce qui sera probablement son dernier mandat, elle peut être tentée de prendre une initiative qui ne soit pas conditionnée par le seul souci de sa réélection. Mais le pourra-t-elle seulement ? On peut, hélas, en douter, dans une Europe où le volontarisme pro-européen d’un Emmanuel Macron fait désormais figure d’exception.
Car le message politique qui émane des urnes italiennes est d’une clarté brutale, même si sa traduction institutionnelle risque de plonger Parlement et gouvernement dans une longue confusion. Après dépouillement de près de 90 % des bulletins de vote, le Mouvement 5 étoiles atteignait, lundi matin, le score historique de 31,9 % des voix. La Ligue (ex-Ligue du Nord), emmenée par l’extrémiste Matteo Salvini, peut compter sur près de 19 %, devançant largement le parti de centre-droit de Silvio Berlusconi, Forza Italia, qui croyait pouvoir jouer les arbitres de cette élection mais n’a reçu l’adhésion que de 13,9 % des suffrages. Si l’on ajoute à ce tableau les 4,3 % du parti d’extrême droite Frères d’Italie, ce sont largement plus de la moitié des électeurs italiens qui ont voté pour des formations antisystème. Le parti démocrate de l’ancien premier ministre Matteo Renzi confirme, lui, la tendance pan-européenne de l’effondrement des partis de centre gauche, avec 18,9 % des voix.

        Lire aussi :
         

                En Italie, le triomphe des forces antisystème



C’est un paysage tristement familier : la France, finalement, n’a échappé en 2017 à une catastrophe comparable que par la grâce du scrutin à deux tours. Les Etats-Unis ont élu Donald Trump en 2016, cinq mois après le vote des électeurs britanniques en faveur du Brexit. L’Italie du 4 mars ne veut pas, elle, sortir de l’Union européenne. Mais elle fera tout pour l’empêcher d’avancer.

        Lire aussi :
         

                Elections italiennes : l’Union européenne confrontée au scénario du pire






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde », relève les difficultés auxquelles se heurte le chef de l’Etat dans ses tentatives de reconquête du milieu rural.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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« Macron veut ancrer les territoires ruraux dans le siècle tout en cherchant à corriger son image »

Dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde », relève les difficultés auxquelles se heurte le chef de l’Etat dans ses tentatives de reconquête du milieu rural.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 11h08
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            
Chronique. On les imagine cheminant du bas Vivarais à la montagne limousine. Emmanuel Macron le président et Sylvain Tesson l’écrivain-voyageur devisent de ces contrées oubliées qu’un rapport du sénateur socialiste de Lozère Alain Bertrand regroupait en 2014 sous le vocable d’« hyper-ruralité ». Un vilain néologisme pour dire une France qui se vide de sa substance, dans l’indifférence générale, sur la « diagonale du vide » courant des Ardennes aux Pyrénées en traversant le Massif central.
Modernisateur assumé, Macron veut ancrer ces territoires dans le siècle tout en cherchant à corriger son image. Non, je ne suis pas seulement le président des métropoles mondialisées et « je vais intensifier ma politique pour la ruralité extrême, contre les déserts médicaux, pour aider ceux qui se sentent assignés à résidence car ils n’ont pas la fibre, le téléphone mobile, qui voient tous les services s’envoler… », lui annonce-il.
Devenu nostalgique avec l’âge, Tesson rêve de voir ces terres échapper au progrès et même à la révolution numérique. Si par malheur votre politique réussissait, « la modernité ruissellerait dans les jachères » et « le Wi-Fi ramènerait les bouseux à la norme », s’alarme l’écrivain en vadrouille Sur les chemins noirs (Gallimard, 2016), sa belle ode buissonnière à ce qu’il reste de contrées sauvages en France. Revitaliser ces coins perdus, vous n’y pensez pas ! Le Flaubert de demain ne pourrait plus écrire Par les champs et par les grèves, mais « par les ZUP et par les ZAC ».
Ediles snobés en Corrèze
Improbable rencontre, dialogue de sourds. Laissons l’écrivain à ses rêves d’Arcadie pour urbains désenchantés. Les 3,4 millions d’« hyper-ruraux » éparpillés sur un quart du territoire ne partagent pas son goût de l’ensauvagement. Ils veulent des médecins, des urgences, des gendarmeries, des écoles, des bureaux de poste, des trains… Et la 4G...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la politologue Elena Musiani analyse le vote du 4 mars comme un désaveu cinglant pour l’Europe.
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Italie : « Ce vote illustre l’inachèvement de l’unité de la nation »

Dans une tribune au « Monde », la politologue Elena Musiani analyse le vote du 4 mars comme un désaveu cinglant pour l’Europe.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 10h55
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 13h13
    |

Elena Musiani (Chercheuse associée à l’Institut des sciences sociales du politique (CNRS) et chargée de recherche au département des sciences de l'...







                        



                                


                            
Tribune. Le fait que les deux tiers des Italiens se soient rendus aux urnes dimanche 4 mars donne à leur vote une portée politique qui interpelle toute l’Europe. La première leçon du scrutin est celle d’un effondrement historique de la gauche, alors qu’une coalition de droite et d’extrême droite est arrivée en tête.
Mais les Italiens n’ont pas souhaité une simple alternance. Une autre majorité s’est dessinée, très différente : celle d’un refus de la politique qui a été suivie depuis une quinzaine d’années par le centre gauche. Elle a pris dans le Nord la forme d’un vote nationaliste en faveur de la Ligue (ex-Ligue du Nord), et dans le Sud celle d’un vote en faveur du Mouvement 5 étoiles, expression d’une population en déshérence.

Ces deux votes, profondément différents, illustrent l’inachèvement de l’unité de la nation italienne. Tous deux mettent en lumière le désarroi et la détresse d’une population menacée par la désindustrialisation et le sous-emploi. L’Europe s’est contentée de stigmatiser ce qu’elle a appelé un « populisme » italien, sans jamais s’interroger sur les racines profondes du malaise qui taraudait l’Italie, simplement sommée de réintégrer la norme libérale. Ce vote est aussi un échec de l’Europe, qui a perdu la mémoire des liens très particuliers tissés entre elle et l’Italie.
« Les élites libérales, oublieuses du peuple, ont préféré bâtir l’Italie contemporaine grâce à l’intervention de l’Europe »
La nation, en Italie, n’a pas pu se construire sur le socle démocratique d’une large alliance entre les classes populaires et les élites libérales. Ces dernières, oublieuses du peuple, ont préféré, à plusieurs reprises, bâtir l’Italie contemporaine grâce à l’intervention de l’Europe. En 1860, ce fut l’Europe de Napoléon III qui permit de surmonter l’échec d’un risorgimento national. En 1918, l’Europe nouvelle plaça l’Italie du côté des vainqueurs. En 1957, ce fut le traité de Rome qui consacra l’intégration...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Didier Reynders, vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères belge, propose d’analyser chaque année la situation des droits de l’homme et de l’Etat de droit à l’intérieur de l’Union européenne.
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/03/2018
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Didier Reynders : « Défendons nos valeurs communes européennes comme le ciment de l’Etat de droit »

Dans une tribune au « Monde », Didier Reynders, vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères belge, propose d’analyser chaque année la situation des droits de l’homme et de l’Etat de droit à l’intérieur de l’Union européenne.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 09h59
    |

Didier Reynders (Vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères belge)







                        



                                


                            

Tribune. Pays-Bas, France, Allemagne, Autriche, République tchèque… Cette année a été marquée par des processus électoraux très divers, mais avec une constante : une poussée nette de partis populistes, lorgnant parfois sur l’un ou l’autre extrême de l’échiquier politique, prônant le rejet de l’autre, le repli national et l’abandon du projet européen.
Dans certains cas, une forme de sursaut a permis d’éviter l’arrivée au pouvoir de ces tendances, dans d’autres c’est moins sûr… Nous aurions tort de penser que nous avons échappé au danger. Il nous faudra au contraire être vigilants si nous voulons éviter que certaines valeurs fondamentales de nos démocraties, celles qui ont fondé la construction de l’Union européenne, soient entièrement remises en question.

Or ces valeurs fondent non seulement notre engagement à être membre de l’Union européenne mais elles sont également le ciment de l’Union sur lequel reposent la solidarité européenne, notre crédibilité extérieure et notre avenir commun. Il ne s’agit pas d’une question polonaise ou hongroise. En Belgique, et dans tous les pays européens, les risques existent. Je songe à la crise migratoire ou encore aux attaques terroristes. Elles ont entraîné un tel sentiment d’insécurité que nous pourrions adopter des mesures qui pourraient revenir sur nos acquis de démocratie et d’État de droit.
Défense, sécurité et politique migratoire
Plus que jamais, au sein de l’Union européenne, nous devons avancer de façon volontariste sur les sujets fondamentaux de notre société : défense et sécurité, mais aussi sur une politique migratoire commune qui reconnaisse le principe d’une responsabilité et d’une solidarité partagées. Nous devons approfondir l’union économique et monétaire, travailler à l’union bancaire et renforcer la gouvernance économique. Enfin, nos citoyens attendent de nous que nous puissions développer une véritable Europe sociale.
« Après l’adhésion, le respect de la...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’analyste politique Yann-Sven Rittelmeyer souligne qu’il faut bien penser l’organisation des consultations citoyennes afin que les populations s’emparent de l’idéal européen pour contrer les idées populistes en Europe.
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Yann-Sven Rittelmeyer : « Donnons aux citoyens un rôle plus concret dans le projet européen »

Dans une tribune au « Monde », l’analyste politique Yann-Sven Rittelmeyer souligne qu’il faut bien penser l’organisation des consultations citoyennes afin que les populations s’emparent de l’idéal européen pour contrer les idées populistes en Europe.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 10h01
    |

Yann-Sven Rittelmeyer (Analyste politique, European Policy Centre, à Bruxelles)







                        



                                


                            
Tribune. Dans quelques semaines, des consultations citoyennes sur l’Europe seront organisées dans quasiment tous les Etats membres de l’Union européenne (UE). Seule la Hongrie de Viktor Orban a refusé de participer à ce processus. Emmanuel Macron l’avait promis lors de la campagne présidentielle : il allait donner la parole au peuple afin d’établir un projet qui redonnerait sens à l’intégration européenne.
L’objectif est louable : impliquer les citoyens afin de réduire le déficit de légitimité démocratique de l’UE. L’idée paraissait ambitieuse et à même de réussir là où de précédentes tentatives analogues ont échoué. Mais les préoccupations politiques liées au lancement d’un tel processus pèsent sur ses modalités de mise en œuvre, au point qu’il pourrait en définitive produire l’inverse de l’effet escompté en générant frustration et déception.

Naguère appelées conventions démocratiques, elles sont devenues de simples consultations citoyennes au tournant de l’année 2018. Cette inflexion symbolique découle de la volonté de faire participer un maximum d’Etats européens et des inquiétudes de certains partenaires sur l’ampleur des transformations qui pourraient découler du processus. Comme souvent dans l’UE, il a fallu arbitrer entre ambition et nombre de participants. Et puisqu’il n’est désormais plus question que de « consulter », libre à chacun de prendre en compte ou non les résultats des discussions.
Risque d’une tournure eurosceptique
Cette liberté laissée à chaque Etat membre interroge sur la cohérence globale du processus : si chacun débat différemment de thématiques variées, il sera pratiquement impossible de dégager, au niveau européen, un résultat cohérent de ces discussions. En effet, si ces consultations doivent permettre de déboucher sur un projet politique commun, il faut pouvoir comparer et confronter les points de vue afin de formuler une synthèse qui fasse sens.
« L’appropriation (négative) de la chose...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Le sociologue a été mis en examen pour diffamation après avoir publiquement contesté les compétence d’un « expert » d’une émission de téléréalité.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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Jean-Claude Kaufmann : « Les sciences humaines et sociales ont un combat à mener face aux vérités alternatives »

Le sociologue a été mis en examen pour diffamation après avoir publiquement contesté les compétence d’un « expert » d’une émission de téléréalité.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 14h12
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            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Jean-Claude Kaufmann est sociologue, ancien directeur de recherche du CNRS et spécialiste du couple. Pour avoir, dans un article de 20 Minutes, qualifié d’« arnaque » les « thèses scientifiques » défendues par Stéphane Edouard, présenté comme « sociologue de couple » pour l’émission de téléréalité « Mariés au premier regard », diffusée sur M6, il a été mis en examen mi-janvier pour diffamation. Derniers essais parus : Un lit pour deux (JC Lattès, 2015) et Piégée dans son couple (LLL, 2016).
Vous avez été mis en examen pour diffamation après avoir publiquement douté de la validité des « thèses scientifiques » de Stéphane Edouard, « expert » en sociologie. Qu’est-ce qu’un sociologue ?
S’il n’y a pas en sociologie d’ordre professionnel comme chez les avocats ou les médecins, il n’en faut pas moins remplir un cahier des charges précis pour représenter cette discipline. On peut qualifier de sociologue deux catégories d’acteurs. La première, qui constitue le « noyau dur » du métier, implique d’être titulaire d’une thèse de doctorat en sociologie et de faire des travaux de recherche, en tant qu’enseignant-chercheur à l’université ou en tant que chercheur dans un grand organisme public, tel le CNRS. Ces scientifiques partagent tous le même système de fonctionnement : la validation par les pairs. Autrement dit, le contrôle mutuel permanent de chacun par chacun, d’une part à l’intérieur des institutions de recherche, d’autre part par le biais de publications et de colloques.
La deuxième catégorie concerne un cercle plus élargi de professionnels. Ils ont des niveaux de diplôme moins élevés que la thèse, ne se revendiquent pas de la science, et font souvent, sur le terrain, en liaison avec des travailleurs sociaux par exemple, un excellent travail d’analyse et d’intervention. Mais si l’un de ces sociologues « opérationnels » veut mettre en avant ses hypothèses et ses idées dans un article à prétention...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Depuis la parution de « La Source vive » en 1943, la théoricienne de « l’objectivisme », idéologie de référence des conservateurs, demeure omniprésente dans la vie publique et politique américaine.
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Ayn Rand, l’auteure de chevet de Trump, rééditée en France


                      Depuis la parution de « La Source vive » en 1943, la théoricienne de « l’objectivisme », idéologie de référence des conservateurs, demeure omniprésente dans la vie publique et politique américaine.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 06h36
    |

                            Clémentine Goldszal








                              

                        

Le président américain n’a pas une grande passion pour les livres, mais il a un roman favori : La Source vive, un épais volume de près de 700 pages publié en 1943 et vendu depuis à près de sept millions d’exemplaires. Son auteure, Ayn Rand, née Alissa Zinovievna Rosenbaum en 1905 à Saint-Pétersbourg, émigra en 1926 aux Etats-Unis, exportant avec elle son traumatisme de la révolution d’Octobre. Un temps scénariste à Hollywood, elle connut la gloire au milieu du siècle dernier avec La Source vive donc, puis La Grève, édité en 1957. Deux romans qui la placent au panthéon des lettres américaines. En 1991, lorsque la bibliothèque du Congrès demandait aux Américains, dans un sondage, quel livre avait le plus influencé leur vie, La Grève arrivait en deuxième position après la Bible.
  Stéphane Legrand, philosophe
Aux Etats-Unis, Ayn Rand est étudiée au lycée et à l’université. Elle est aussi citée dans les meetings républicains. Car plus que romancière, Rand se revendiquait philosophe, théoricienne de l’« objectivisme ». Lors d’une conférence en 1962, elle définissait ainsi cette doctrine : « Chaque homme existe pour lui-même. Il ne doit pas se sacrifier pour autrui, ni sacrifier les autres pour lui-même. La poursuite de son intérêt rationnel et de son propre bonheur est son plus haut objectif moral. »
Autour d’elle se forme rapidement un mouvement, qui flirte avec le libéralisme et le libertarisme, et s’ancre immédiatement dans la droite conservatrice. Ennemie revendiquée de l’intervention étatique, dégoûtée par le communisme, elle « transforma le capitalisme en idéal moral », comme l’écrit le philosophe Stéphane Legrand dans son essai Ayn Rand femme Capital (Editions Nova). A ce titre, poursuit-il, « La Source vive est la pierre philosophale qui convertit l’élitisme le...




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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Lors de la précédente grande grève de la SNCF, Stéphane Rozès avait inventé une formule qui a fait florès : « la grève par procuration ». Pour ce spécialiste des études d’opinion qui s’exprime dans une tribune au « Monde », l’histoire ne se répétera pas.
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Article sélectionné dans La Matinale du 03/03/2018
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Mouvements sociaux : « 2018 n’est pas 1995 »

Lors de la précédente grande grève de la SNCF, Stéphane Rozès avait inventé une formule qui a fait florès : « la grève par procuration ». Pour ce spécialiste des études d’opinion qui s’exprime dans une tribune au « Monde », l’histoire ne se répétera pas.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 13h09
    |

Stéphane Rozès (Consultant, président de CAP (Conseils, analyses et perspectives))







                        



                                


                            

Tribune. La plupart des analystes, responsables politiques et syndicaux s’interrogent pour savoir si, de la réforme de la SNCF et la modification du statut des cheminots par voie d’ordonnances, pourrait surgir une grève suffisamment dure et soutenue comme en 1995, à même de faire reculer le pouvoir politique.
Comme il n’y a, apparemment, rien de plus imprévisible qu’une crise sociale, il faut pour répondre à cette interrogation, non pas tant comparer les réformes de 1995 et de 2018, décrypter la théâtralité et le jeu des partenaires sociaux ou les réactions immédiates de l’opinion publique, que revenir aux fondamentaux de ce qui a fait « événement » dans le mouvement social d’ampleur il y a vingt-trois ans pour les comparer avec le moment actuel.
Alors l’Histoire nous ramène à ce qui fait la spécificité de notre imaginaire, notre façon de nous approprier le réel : une dispute commune dans laquelle la question nationale précède la question sociale.
En 1995, la « grève par procuration » de l’opinion en soutien du mouvement social avait un fondement idéologique et politique.

Si notre mémoire a retenu le mouvement social de novembre-décembre 1995, ce n’est pas seulement parce que le pays fut bloqué plusieurs semaines avec le soutien de l’opinion publique mais parce qu’il s’insérait dans un tournant idéologique de notre histoire politique.
Pour qu’un mouvement social fasse reculer le pouvoir politique, il faut la conjonction d’une capacité de nuisance de la grève et un soutien de l’opinion. En 1995, en réaction au plan Juppé sur la réforme de la Sécurité sociale qui concernait également les régimes spéciaux, les cheminots et les agents des services publics ont bloqué le pays, entraînant d’autres secteurs dans une grève nationale.
Basculement idéologique des Français
Les Français adhéraient majoritairement aux mesures du plan du premier ministre prises une à une. Pourtant, dès le départ, les deux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ L’essai d’un sociologue italien met en évidence un biais de la politique d’asile : elle tend à exclure les demandeurs LGBTI alors qu’elle prétend les accueillir, explique, dans une tribune au « Monde », le juriste Daniel Borrillo.
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Droit d’asile des minorités sexuelles : gare à l’ethnocentrisme

L’essai d’un sociologue italien met en évidence un biais de la politique d’asile : elle tend à exclure les demandeurs LGBTI alors qu’elle prétend les accueillir, explique, dans une tribune au « Monde », le juriste Daniel Borrillo.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 06h30
   





                        



                                


                            
Par Daniel Borrillo
Tribune. Le sociologue italien Calogero Giametta vient de publier une thèse provocante sur la question de l’asile politique en raison de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre au Royaume-Uni : The Sexual Politics of Asylum (Routledge, 2017, non traduit). A partir des récits de personnes venant de douze pays différents et en tant qu’observateur parti­cipant d’une association d’aide aux demandeurs d’asile, l’auteur propose une analyse ethnographique permettant de rendre aux minorités sexuelles persécutées la complexité de leurs parcours et de leurs subjectivités.
Conception « gay-friendly » occidentale
Constatant que, outre-Manche, ces demandeurs « sont moins bien traités que celles et ceux de droit commun », l’auteur se ­demande pourquoi : il ne s’agit pas d’insensibilité de la part des agents de l’asile, mais plutôt de la manière dont l’expérience des migrants doit à tout prix s’inscrire dans un discours politique privilégiant la souffrance et le traumatisme à la véritable reconnaissance de sujets politiques détenteurs de droits fondamentaux. Cette idéologie (humanisme, universalisme, conception gay-friendly occidentale) finit par exclure alors qu’elle prétend accueillir.
Tous les pays européens se trouvent confrontés à cette ­situation de par un contexte international tragique. Aujourd’hui encore, 75 pays dans le monde font de l’homo­sexualité un crime. Dans neuf d’entre eux, elle est passible de la peine de mort. La montée des intégrismes religieux n’augure pas une amélioration de la situation, bien au ­contraire. Les mouvements évangélistes, l’Eglise orthodoxe russe, l’islam radical et les juifs orthodoxes ne cessent d’inciter à la haine envers les personnes LGBTI [lesbiennes, gays, bisexuelles, transsexuelles/transgenres et intersexuées].
Outre les Etats qui pénalisent l’homosexualité, il en existe d’autres où le viol punitif ou le viol...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Rapport d’étonnement. Face aux projets promettant d’augmenter nos capacités, des scientifiques appellent à la prudence.
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Haro sur les transhumanistes

Rapport d’étonnement. Face aux projets promettant d’augmenter nos capacités, des scientifiques appellent à la prudence.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 06h30
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
« Les surdouées, les sous-douées, les pas douées, on t’emmerde toutes. On n’est pas des poules pondeuses au service de la société, espèce de malade. » C’est l’une des réponses faites à une tribune publiée dans L’Express du 31 janvier, « Les femmes douées ont moins d’enfants », signée par Laurent Alexandre, commentateur du transhumanisme et auteur régulier de « Cartes blanches » pour le supplément « Science & médecine » du Monde. S’appuyant sur une étude qui constate une baisse de 4 points du quotient intellectuel moyen des Français et des Européens du Nord, il accuse « la moindre reproduction des personnes les plus intelligentes et la plus grande facilité des moins douées de se reproduire » d’être responsable de ce grave « déclin cognitif ».
Sélection génétique
Ce différentiel s’expliquerait d’abord par notre politique de solidarité, « profondément antidarwinienne », qui permet heureusement « aux plus faibles », dotés de « moins bonnes capacités cognitives », de « survivre et prospérer ». Ensuite, les « femmes douées » enfantent moins, alors qu’une étude aurait établi que « l’ADN de la maman est nettement plus important que celui du papa dans la détermination du QI ». D’où l’appel d’Alexandre : il faut « favoriser les bébés chez les intellectuelles, ingénieures et chercheuses » afin d’augmenter « la fécondité des femmes intelligentes ». Cela en installant « des crèches dans les centres de recherche », en offrant « des garanties aux ingénieures prenant des congés maternité », en remboursant « à 100 % la congélation d’ovules chez les femmes scientifiques » – et en n’accordant rien de tout cela aux sous-douées, bien sûr. Dans les années 1980, déjà, le milliardaire Robert Graham voulait congeler le sperme des Prix Nobel…
Au-delà de l’apostrophe nataliste à la tonalité pétainiste qui a tant irrité, cette tribune flirte...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ L’avenir de cette publication culturelle, créé en 1991 par l’Institut du monde arabe, est mis en cause, alerte son rédacteur en chef.
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Inquiétudes sur l’avenir du magazine « Qantara »

L’avenir de cette publication culturelle, créé en 1991 par l’Institut du monde arabe, est mis en cause, alerte son rédacteur en chef.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 12h00
    |

            Charlotte Bozonnet








                        



                                


                            
La revue de l’Institut du monde arabe (IMA), Qantara, va-t-elle disparaître ? C’est ce que craint son rédacteur en chef, François ­Zabbal, qui a adressé une lettre au directeur de l’institut, Jack Lang, le 8 février, pour l’alerter sur cette question. « Le mardi 30 janvier, écrit M. Zabbal, le secrétaire général de l’IMA, M. David Bruckert, m’a annoncé, au cours d’une réunion, l’arrêt du magazine Qantara (…). J’avoue ne pas comprendre : arrêter Qantara c’est perdre un titre connu, un symbole, un réseau. » L’historien et écrivain dénonce une « mise à mort bureaucratique et subreptice. »
Créée en 1991, Qantara (« le pont ») est un magazine trimestriel bien connu de ceux qui s’intéressent au monde arabe. Consacré à la culture – de l’édition au théâtre en passant par la poésie, la littérature ou encore l’histoire –, il a notamment bâti sa réputation sur son dossier central d’une trentaine de pages, très fouillé, et sur le choix de ses contributeurs – universitaires, intellectuels, journalistes ayant une connaissance pointue de ces sujets. 
« C’est une revue unique au monde, résume François Zabbal. Il existe bien deux revues littéraires, à Londres et aux Etats-Unis, mais aucune revue généraliste comme celle-ci, qui couvre toute l’actualité artistique et culturelle du monde arabe – les arts, les expositions, la musique, les films –, qui permet de vulgariser mais aussi d’ouvrir des fenêtres sur des sujets peu couverts, comme nous l’avons fait récemment sur le Moyen-Orient dans la première guerre mondiale. »
« Consternation et incrédulité »
A la tête de la revue depuis vingt-deux ans, François Zabbal, qui part cette année à la retraite, ne comprend pas pourquoi les devants n’ont pas été pris pour préparer la relève : « Au lieu de mettre à profit le départ du rédacteur en chef pour relancer et renouveler le magazine en révisant le sommaire et la ligne éditoriale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Editorial. Dans le sillage de l’affaire Weinstein, le milieu du cinéma commence à adopter des mesures concrètes contre les violences faites aux femmes et pour l’égalité entre les genres.
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Séisme sur la planète cinéma

Editorial. Dans le sillage de l’affaire Weinstein, le milieu du cinéma commence à adopter des mesures concrètes contre les violences faites aux femmes et pour l’égalité entre les genres.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 11h04
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 14h32
   





                        


Editorial du « Monde ». C’est le propre du show-business : des robes noires des Golden Globes californiens et des Bafta londoniens, les 7 janvier et 18 février, jusqu’aux rubans blancs arborés lors de la remise des Césars parisiens, vendredi 2 mars, les grandes industries cinématographiques ont ostensiblement déployé leur soutien à la cause des femmes. Ces démonstrations, que prolongera, à n’en pas douter, la remise des Oscars américains ce week-end, témoignent de la place centrale que le cinéma a prise dans le combat pour l’égalité entre les genres.

        Lire le récit :
         

          Les Césars, du ruban rouge au ruban blanc



Ce rôle, le cinéma le doit à Harvey Weinstein. Depuis la révélation par le New York Times et le New Yorker, le 5 octobre 2017, des agressions sexuelles en série commises par le producteur de Pulp Fiction et de Gangs of New York, accusations et mises à l’écart n’ont plus cessé. L’acteur Kevin Spacey et le responsable de création chez Disney-Pixar John Lasseter, le vénérable Dustin Hoffman et le juvénile Casey Affleck, cibles de mises en causes circonstanciées, ont dû renoncer qui à un rôle aussitôt confié à un autre, qui à l’un des postes les plus prestigieux du cinéma américain, qui, enfin, à participer à la cérémonie des Oscars.

        Lire le compte-rendu :
         

          « 120 battements par minute » et « Au revoir là-haut » grands gagnants des Césars 2018



Parole libérée d’une autre manière
Le séisme qui secoue la planète cinéma n’est pas moindre en Europe. Si les droits et les cultures y rendent plus difficiles les accusations nominatives, la parole des femmes s’est libérée d’une autre manière. Les professionnelles du cinéma ont relancé le débat sur l’inégalité entre genres dans leurs métiers. Aux Etats-Unis, la directrice de la photographie Rachel Morrison est la première femme, depuis la fondation des Oscars en 1929, à être nommée dans sa catégorie. En France, Tonie Marshall, qui a remporté le César de la réalisation en 2000, récompense qui n’était jamais allée à une femme, attend toujours une successeure.
Si bien que les regards se tournent vers l’Europe du Nord, en particulier vers la Suède, où la parité dans les instances attribuant les fonds publics a été instituée, où ces fonds devront pour moitié être attribués à des projets portés par des femmes, à condition que le personnel et les dirigeants des sociétés produisant ces films aient consacré une journée de formation à la lutte contre le harcèlement.
Dans le sillage de l’affaire Weinstein, on est donc passé en quelques mois du déballage au débat, et l’on voit maintenant poindre l’adoption de mesures concrètes. La rapidité et l’ampleur de la secousse tiennent à la nature même du cinéma, à son exposition au regard de tous, à son extrême sensibilité aux mouvements de l’opinion – lorsqu’un producteur remercie un acteur ou un metteur en scène qui fait l’objet d’accusations, la décision est au moins autant économique qu’éthique, il s’agit de protéger la campagne de marketing et les recettes au box-office.
Ce serait pourtant une erreur de considérer que les ingrédients de la crise actuelle – les violences faites aux femmes, l’inégalité dans les salaires, l’accès aux financements ou aux postes de responsabilité – bouillonnent en vase clos. Les gens de cinéma ont beau s’habiller différemment des autres les soirs de Césars ou d’Oscars, ils vivent dans la même société que le commun des mortels. C’est à l’ensemble de cette société de faire en sorte que le débat en cours ne reste pas l’apanage du seul 7e art. C’est à l’ensemble de cette société de promouvoir les avancées salutaires dont il est porteur, afin qu’elles bénéficient à toutes et à tous.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ La mathématisation extrême de la finance explique la déconnexion des marchés face à l’environnement, relève dans sa chronique Stéphane Foucart, journaliste au service « Planète ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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« Les marchés ont perdu toute faculté à délivrer la moindre information sur l’état du monde réel »

La mathématisation extrême de la finance explique la déconnexion des marchés face à l’environnement, relève dans sa chronique Stéphane Foucart, journaliste au service « Planète ».



Le Monde
 |    03.03.2018 à 10h34
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 14h28
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
Chronique. Il ne s’est rien produit de très important le 1er février. Aucun grand séisme, aucun accident industriel notable, aucune déclaration de guerre, aucune catastrophe qui eût été à la fois majeure et mondiale n’a été à déplorer. Pourtant, ce jour-là, dans un même élan, le Nasdaq, le Dow Jones, le Footsie, le S&P 500, le CAC 40, le DAX et toute la congrégation des indices boursiers décrochaient brutalement et entamaient une inquiétante glissade jusqu’au 9 février. Le cours normal des choses reprenait alors, sans que, là encore, nul ne puisse détecter ce qui, dans le monde réel, eût pu être à l’origine de la reprise.

Dans son dernier livre (Le Mensonge de la finance. Les mathématiques, le signal-prix et la planète, Editions de l’Atelier, 224 pages, 20 euros), le mathématicien et philosophe Nicolas Bouleau interroge et décortique cette déconnexion entre notre environnement au sens large et les informations que nous prodiguent les marchés par leurs fluctuations. Témoin privilégié de l’émergence des maths financières – il a dirigé pendant dix ans le département de mathématiques de l’Ecole des Ponts –, l’auteur montre comment la mathématisation extrême de la finance a rendu les marchés fondamentalement instables et volatils.
Des marchés « fumigènes »
A mesure qu’ils se sont harnachés d’une mathématique complexe et impénétrable, bardés de produits dérivés et d’instruments informatiques de trading à haute fréquence (plusieurs centaines d’ordres peuvent être passés par un unique opérateur en l’espace d’une fraction de seconde), les marchés ont perdu toute faculté à délivrer la moindre information sur l’état du monde réel – sur la raréfaction ou la disponibilité d’une ressource naturelle par exemple. Ils sont non seulement devenus myopes mais aussi, comme le dit joliment Nicolas Bouleau, « fumigènes ». Ils brouillent et occultent la réalité.
Ce constat est à la fois très...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ La chercheuse Sophie Béroud compare la situation sociale et politique actuelle à celle de 1995, année du plus grand conflit depuis Mai 68.
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SNCF : « Il est plus compliqué aujourd’hui qu’en 1995 de construire une mobilisation de grande ampleur susceptible de durer »

La chercheuse Sophie Béroud compare la situation sociale et politique actuelle à celle de 1995, année du plus grand conflit depuis Mai 68.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 10h06
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 10h07
    |

                            Jérémie Lamothe








                        



                                


                            
Une France paralysée pendant plusieurs semaines, des millions de manifestants dans les rues et un gouvernement qui finit par reculer… Avec sa réforme de la SNCF lancée lundi 26 février, le gouvernement d’Edouard Philippe peut-il revivre la fronde sociale qui s’était érigée fin 1995 contre le premier ministre d’alors, Alain Juppé ?

Face à la volonté de l’exécutif de mettre fin au statut des cheminots pour les nouvelles recrues de l’entreprise ferroviaire et de réformer par ordonnances, la CGT-Cheminot a en effet annoncé être prête « à faire un mois de grève pour faire plier le gouvernement ». Alors la comparaison avec le conflit social de 1995 est-elle pertinente ?
Maîtresse de conférence en science politique et spécialiste des mouvements sociaux, Sophie Béroud revient sur les racines du conflit le plus dur depuis Mai 68 et estime qu’il sera plus compliqué aujourd’hui pour les syndicats de mobiliser sur plusieurs semaines.
Depuis l’annonce d’un mouvement social à venir contre la réforme de la SNCF, beaucoup font la comparaison avec 1995. Est-ce que cela vous semble pertinent ?
Pas mal d’éléments diffèrent par rapport à 1995. On n’était pas dans la même configuration politique. A l’époque, Jacques Chirac avait fait toute sa campagne sur la fracture sociale, ce qui lui avait permis de se démarquer d’Edouard Balladur. Il n’avait pas annoncé les réformes qui allaient entraîner ce mouvement social. Les acteurs syndicaux ont donc pu reprocher à Chirac de ne pas tenir ses engagements. Là, Emmanuel Macron a fait campagne sur sa volonté de réformer.

Par ailleurs, en 1995, le gouvernement avait lancé deux réformes en même temps : la réforme de la Sécurité sociale et l’alignement des retraites du secteur public et des régimes spéciaux sur celles du privé. Cela avait permis une jonction de la contestation entre différents secteurs, ce que souhaite empêcher le gouvernement d’Edouard Philippe. Une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ L’Assemblée populaire de Chine devrait autoriser le président actuel à renouveler son mandat sans limite. Cela annoncerait un grand bond en arrière de la vie politique du pays, analyse l’universitaire Jean-Pierre Cabestan, dans une tribune au « Monde ».
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« Xi Jinping monte en puissance et se “poutinise” »

L’Assemblée populaire de Chine devrait autoriser le président actuel à renouveler son mandat sans limite. Cela annoncerait un grand bond en arrière de la vie politique du pays, analyse l’universitaire Jean-Pierre Cabestan, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    03.03.2018 à 08h00
    |

Jean-Pierre Cabestan (Professeur à l’université baptiste de Hong Kong.)







                        



                                


                            
Tribune. Lors de sa séance annuelle qui s’ouvre le 5 mars, l’Assemblée populaire nationale (APN) chinoise devrait entériner l’abolition de la limite de deux mandats de cinq ans imposée par la Constitution à la fonction de président de la République. Approuvé par le comité central du Parti communiste chinois (PCC) dans des circonstances qui demeurent obscures et rendues publiques le 25 février, cet amendement constitutionnel permettra à Xi Jinping de se maintenir à la tête de l’Etat aussi longtemps qu’il le souhaite.
Assurément, cette décision consacre une montée en puissance et même une « poutinisation » de Xi à l’œuvre depuis son accession au pouvoir en 2012. Elle permet au numéro un chinois, contrairement à Vladimir Poutine, de continuer de cumuler les trois fonctions suprêmes qu’il occupe aussi longtemps qu’il lui plaît : aucune règle ne limite officiellement le mandat du secrétaire général et de président de la Commission militaire du PCC.

Pour autant, l’on peut s’interroger sur le sens d’une mesure rétrograde qui remet directement en cause l’une des réformes institutionnelles essentielles de Deng Xiaoping introduite après la mort de Mao Zedong, en 1976 : éviter toute instauration d’un pouvoir à vie. Par ailleurs, si elle consolide indéniablement le statut de Xi, celui-ci est-il aussi puissant que ses thuriféraires le laissent entendre ? Pourra-t-il véritablement introduire les réformes qu’il a promises ?
Xi assez fort pour imposer ce changement
Les médias officiels, dont le très nationaliste Global Times, ont rapidement tenté de justifier la suppression de cette limite constitutionnelle. Ils ont d’une part indiqué que cette décision était un gage de stabilité et de puissance, « une clé magique capable d’unifier la société » et de « renforcer sa dignité face à l’Occident » (sic). Ils ont d’autre part assuré de manière assez défensive que cette réforme ne signifiait pas que le poste de président...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Si l’on veut que l’immigration soit mieux acceptée, il faut maîtriser les arrivées et tenir compte  de l’insécurité culturelle, analyse le politologue dans une tribune au « Monde ».
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Jérôme Fourquet : « La ligne de fermeté choisie par le gouvernement va dans le sens de l’opinion »

Si l’on veut que l’immigration soit mieux acceptée, il faut maîtriser les arrivées et tenir compte  de l’insécurité culturelle, analyse le politologue dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    03.03.2018 à 07h00
    |

Jérôme Fourquet (directeur du département Opinion et stratégie d’entreprise de l’Ifop)







                        



                                


                            
Tribune. Même si l’ampleur des flux migratoires traversant la Méditerranée a fortement diminué depuis 2015, ils n’ont pas été taris. Dans ce contexte, les opinions publiques européennes et française prennent de plus en plus conscience que l’arrivée en nombre de migrants sur les côtes européennes n’a pas constitué un phénomène passager lié à des facteurs géopolitiques conjoncturels (les révolutions arabes), mais est une donnée structurelle qui est amenée à durer dans le temps et à devenir récurrente. Alors que, en septembre 2015, au pic de la crise des migrants, 46 % des Français estimaient que ces arrivées massives allaient durer au plus un ou deux ans, ils n’étaient plus, à l’automne 2017, que 19 % à formuler ce diagnostic, 56 % pensant qu’il faudra faire avec ces arrivées de migrants et de réfugiés pendant plus de quatre ans, une opinion en progression de 27 points en deux ans, selon un sondage IFOP pour la Fondation Jean Jaurès et la Friedrich Ebert Stiftung.
Le scénario d’un phénomène de longue durée semble également se dessiner à l’aune d’un autre indicateur. En effet, seulement 28 % considéraient que nous avions principalement affaire à des migrants économiques en septembre 2015, cette proportion est ensuite montée à 34 % en mars 2016 puis à 44 % à l’automne 2017.
Echec patent de notre modèle d’intégration
Progressivement, le regard a changé et la question des migrants est apparue comme étant l’une des illustrations parmi d’autres du phénomène plus large de l’immigration puisque les personnes arrivant sont perçues de plus en plus comme des migrants économiques venant chercher des conditions de vie meilleures sur notre continent. Si la dimension humanitaire de cette question n’a pas disparu (et les images de migrants africains franchissant au péril de leur vie les cols alpins enneigés viennent la rappeler), l’idée qu’il serait de notre devoir d’accueillir ces populations n’est partagée que par 56 % de nos concitoyens (contre 75 %...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Hugo Desnoyer, entrepreneur et boucher, rappelle que les bouchers de tradition française ne maltraitent pas les animaux et ont été les premiers à avoir adopté une démarche écologiste.
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Article sélectionné dans La Matinale du 02/03/2018
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« Recevoir des leçons des ayatollahs de la religion anti-viande est insupportable »

Dans une tribune au « Monde », Hugo Desnoyer, entrepreneur et boucher, rappelle que les bouchers de tradition française ne maltraitent pas les animaux et ont été les premiers à avoir adopté une démarche écologiste.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 06h37
    |

Hugo Desnoyer (entrepreneur, boucher)







                        



                                


                            

Ainsi donc, notre activité, la boucherie de tradition française, serait coupable de multiples délits : favoriser le réchauffement climatique, promouvoir la surconsommation de viande, maltraiter les animaux, être complice de l’industrie alimentaire dans la propagation de la « malbouffe »… Et j’en passe certainement.
Autant le dire d’emblée : recevoir des leçons de ces ayatollahs fraîchement convertis à la religion anti-viande est insupportable. Comme si nous les avions attendus pour nous préoccuper de l’environnement, de la qualité de nos produits, du bien-être animal, de la préservation des écosystèmes et de la ruralité !

Abuser d’un aliment, en l’occurrence de la viande, serait nocif pour la santé ? Nous le savons depuis longtemps. Dans « boucherie », il y a « bouchée », ce qui indique déjà une quantité. Des préparations comme la blanquette, le pot-au-feu, le navarin sont aussi des plats de légumes, des mariages d’aliments complémentaires qui n’impliquent pas d’orgie carnivore.
Nous savons parfaitement qu’une côte de bœuf est un mets rare, une viande précieuse, magnifique, qui a toute sa place dans un régime alimentaire harmonieux. Je préfère d’ailleurs ce qualificatif à celui, très galvaudé, d’équilibré. Dans ma conception de la vie, un régime alimentaire doit tenir compte de nos humeurs, de nos envies, de notre désir de faire parfois la fête. Lorsqu’une grand-mère me demande de lui trancher une belle entrecôte parce qu’elle reçoit son petit-fils à dîner, j’y vois une marque de tendresse et d’affection.
Un métier aux antipodes de l’élevage intensif
Nos animaux seraient maltraités ? Le prétendre serait méconnaître l’essence même de notre métier. Il est aux antipodes de l’élevage intensif, que nous ne cessons de dénoncer, et, pendant longtemps, nous avons même été les seuls à le faire. Cela fait des années que nous, les bouchers de tradition, proposons une alimentation alternative par l’excellence.
Il suffit de se...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Les outils numériques vont-ils nous priver de moments de vague-à-l’âme ? Retour sur cette catégorie de la vie affective scrutée par les historiens des sensibilités.
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Prêtons attention à l’ennui

Les outils numériques vont-ils nous priver de moments de vague-à-l’âme ? Retour sur cette catégorie de la vie affective scrutée par les historiens des sensibilités.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 10h30
    |

                            Emmanuelle Loyer (Historienne)








                        



                                


                            

Résonances. A l’heure des campus numériques et des pratiques pédagogiques « innovantes » à tout-va, une plaisante enquête sociologique, diffusée auprès des enseignants d’une grande institution académique parisienne, est venue calmer les ardeurs technophiles de nos contemporains. Elle étudie les effets de l’usage de l’ordinateur dans la qualité de la prise de notes pendant les cours.
Il apparaît que les étudiants, atteints d’un « biais optimiste », croient pouvoir écouter, synthétiser et s’approprier le discours du professeur en même temps qu’ils poursuivent leurs petites affaires sur ­les réseaux sociaux. En réalité, leur travail en est négativement affecté. Celui des autres (les archaïques écrivant à la plume) aussi, également happés par les sortilèges de l’écran…
Acédie, spleen, embêtement
Anticipant ce résultat, certains téméraires ont interdit les prothèses informatiques en cours, rejoignant, sans le savoir, un mouvement plus général : « No ­Device ». La forêt d’écrans évanouie, comme par miracle, reviennent les visages et les paysages variés d’une attention nouvelle, soutenue ou intermittente, perplexe ou goguenarde et parfois même la face longue de l’ennui, celui que Charles Baudelaire, dans son « Adresse au lecteur », appelait le « monstre délicat ». Surgit alors l’impression de renouer avec une figure répertoriée de notre imaginaire républicain – le bâillement scolaire – mais aussi un état d’âme oublié.
Car la distraction vibrionnante que permet l’infinie navigation numérique apparaît comme le contraire de l’ennui – elle n’a pas son détachement désolé avec le monde –, à moins qu’elle n’en soit une nouvelle métamorphose ?
L’ennui est en effet un objet labile et pourtant profond, une catégorie de la vie affective qui, comme le montrent les historiens des sensibilités (avec notamment L’Ennui. Histoire d’un état d’âme : XIXe-XXe siècles, sous la direction...




                        

                        

