<FILE-date="2018/03/05/19">

<article-nb="2018/03/05/19-1">
<filnamedate="20180305"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180305"><AAMMJJHH="2018030519">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ A la suite du meurtre du journaliste Jan Kuciak et de sa compagne, le président slovaque a lancé un appel, dimanche 4 mars, à un remaniement profond du gouvernement ou à des élections anticipées.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ 
<article-nb="2018/03/05/19-2">
<filnamedate="20180305"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180305"><AAMMJJHH="2018030519">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ La Grèce devrait retrouver son autonomie financière en août, à la sortie du troisième plan d’aide. Le gouvernement a déjà testé le retour sur les marchés
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Athènes se prépare à se passer de l’aide européenne

La Grèce devrait retrouver son autonomie financière en août, à la sortie du troisième plan d’aide. Le gouvernement a déjà testé le retour sur les marchés



Le Monde
 |    05.03.2018 à 17h13
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Dans cinq mois, en août, le troisième plan d’aide international à la Grèce touchera à sa fin. Les modalités de cette sortie sont encore négociées entre Athènes et ses partenaires européens, car l’enjeu est grand : assurer que le pays sera en mesure de se financer seul sur les marchés, sans envolée du coût de sa dette.
Une nouvelle étape a été franchie vendredi 2 mars : les créanciers européens ont donné leur feu vert pour le versement d’une nouvelle tranche d’aide de 5,7 milliards d’euros, débloquée courant mars. « Au total, la Grèce aura ainsi touché 45,9 milliards d’euros de prêts sur les 86 milliards du programme décidé en 2015 », calcule Eric Dor, économiste à l’école de management Iéseg.
Lundi 26 février, Athènes et ses créanciers ont par ailleurs entamé l’examen des dernières réformes que le pays doit encore adopter en échange des aides. Les deux parties espèrent boucler cette ultime étape lors de l’Eurogroupe du 21 juin, deux mois avant que la Grèce ne retrouve son autonomie financière. « La difficulté est que celle-ci interviendra au moment où les taux d’emprunts pourraient remonter, avec la baisse des rachats de dettes publiques par la Banque centrale européenne », s’inquiète une source européenne. Rachats dont les obligations publiques grecques, classées en catégorie spéculative par les agences de notation, sont exclues.
Les créanciers optimistes
Pour s’y préparer, le pays a tenté trois incursions sur les marchés en 2017, puis en février 2018. Le gouvernement les a présentées comme un succès. Mais elles étaient soigneusement préparées, si bien que les risques étaient limités. En 2018, la Grèce doit encore rembourser 3,23 milliards d’euros, dont 1,36 milliard au Fonds monétaire international. En 2019 et 2020, les remboursements s’élèveront à 10,5 milliards, puis à 4,2 milliards d’euros.
Deux grands scénarios sont envisageables. Dans le premier, souhaité par certains dirigeants européens et par Yannis Stournaras,...




                        

                        


<article-nb="2018/03/05/19-3">
<filnamedate="20180305"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180305"><AAMMJJHH="2018030519">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ La chancelière a listé lundi plusieurs défis européens qui vont ponctuer son quatrième mandat.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Angela Merkel veut « redonner une voix forte » à l’Allemagne au sein de l’UE

La chancelière a listé lundi plusieurs défis européens qui vont ponctuer son quatrième mandat.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 17h07
   





                        



   


Au lendemain de l’annonce de l’accord de coalition avec les sociaux-démocrates du SPD, la chancelière allemande Angela Merkel a promis de redonner à l’Allemagne une « voix forte » en Europe face aux multiples défis auxquels fait face l’UE.
« Nous voyons tous les jours que l’Europe est très sollicitée, et qu’une voix forte de l’Allemagne, au côté de celle de la France et d’autres Etats membres, est nécessaire », a déclaré Mme Merkel avant une réunion du Parti chrétien-démocrate (CDU).
A la suite de l’imbroglio politique allemand – six mois ont été nécessaires pour former une majorité de gouvernement, l’étendard européen semble être passé aux mains du président français Emmanuel Macron. Et ce dernier attendait la reconduction de Mme Merkel pour négocier un ambitieux plan de réforme d’une Union européenne émoussée par la montée des nationalismes.

        Lire aussi :
         

                Allemagne : le SPD approuve l’accord de coalition avec les conservateurs d’Angela Merkel



Plusieurs défis européens
Dernier exemple en date : l’Italie, avec l’essor aux législatives dimanche de forces anti-système qui complique la formation d’un gouvernement. Berlin a appelé lundi à la formation rapide d’une équipe dirigeante « pour le bien de l’Italie mais aussi de notre Europe commune ».
Parmi les autres défis européens qui vont ponctuer son quatrième mandat, la chancelière a cité le commerce international, les Etats-Unis de Donald Trump menaçant d’ériger toujours plus de barrières douanières. Le porte-parole de la dirigeante allemande a accusé Washington de « faire fausse route » avec « le repli sur soi ».
Elle a aussi mentionné le conflit en Syrie, sur lequel l’UE est inaudible, bien que cette guerre ait provoqué une crise migratoire en Europe sans précédent depuis 1945.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/05/19-4">
<filnamedate="20180305"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180305"><AAMMJJHH="2018030519">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le correspondant du « Monde » à Rome a répondu à des questions d’internautes au lendemain de scrutins parlementaires remportés par les « forces antisystème ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Elections en Italie : « Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’on repart de zéro »

Le correspondant du « Monde » à Rome a répondu à des questions d’internautes au lendemain de scrutins parlementaires remportés par les « forces antisystème ».



Le Monde
 |    05.03.2018 à 16h05
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 18h04
   





                        


A l’issue du vote des Italiens, dimanche 4 mars, pour élire députés et sénateurs, aucune majorité parlementaire claire n’a émergé lundi matin. Avec 32 % des voix, le Mouvement cinq étoiles (M5S) est arrivé en tête, tandis que la coalition de droite et d’extrême droite obtient près de 37 % des voix, selon des résultats partiels. Au cours d’un tchat, le correspondant du Monde à Rome, Jérôme Gautheret, a fait le point avec des internautes.

        Lire la synthèse :
         

          En Italie, le triomphe des forces antisystème



Gultyx : Les deux présidents des partis arrivés en tête, Ligue et M5S, ont dit vouloir gouverner. Mais chacun a refusé une alliance avec l’autre. Quelles sont alors les possibilités ?
Jérôme Gautheret : Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que, depuis ce matin, on repart de zéro. Les discussions vont commencer, et elles prendront quelques semaines. Il ne faut pas accorder trop d’importance aux déclarations passées. Toutes les configurations seront étudiées. Franchement, rien n’est impossible. Y compris une absence prolongée de gouvernement, avec de nouvelles élections à la fin de l’année.
Ces derniers mois, c’est la possibilité d’une alliance du M5S et de la Ligue du Nord qui suscitait les inquiétudes les plus profondes dans les milieux économiques et à Bruxelles. Aujourd’hui, je pense que c’est hautement improbable, d’abord parce que les Cinq étoiles sont en plein recentrage européen, ensuite parce que dans un tel ensemble, la Ligue du Nord ne serait qu’une force d’appoint, et que son chef, Matteo Salvini, n’a rien à gagner à ça.
Ce qu’il va falloir regarder, car c’est un grand classique de la politique italienne, ce sont les scissions en tout genre qui risquent de s’opérer dans les prochains jours. En ayant en tête une idée : des Cinq étoiles et de la Ligue, c’est la formation qui fera le moins peur qui rassemblera le plus facilement autour d’elle.

   


Ra’ton : La gauche va-t-elle sérieusement accepter de laisser l’extrême droite gouverner en refusant toute alliance pour sa « cure d’opposition », ou peuvent-ils, comme le SPD en Allemagne, finalement se décider à négocier avec le Mouvement 5 étoiles ?
La pression sera très forte à gauche pour rejeter à tout prix la possibilité d’un gouvernement dominé par l’extrême droite. Après une telle claque, la cure d’opposition est un réflexe naturel, mais il faut prendre conscience que ce genre de raisonnement est peu conforme à la tradition italienne, qui tend à fabriquer des consensus les plus larges possible. Ici, on fait des coalitions pour s’assurer une part du pouvoir, et quand on peut gouverner, on gouverne. Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que le gouvernement Gentiloni n’est pas tombé. Autrement dit, tant qu’il n’y a pas de majorité, il continue d’exister.
B : Peut-on dire quelque chose à propos de la répartition spatiale du vote ?
C’est un des résultats les plus saillants du scrutin : au sud de Rome, le M5S est en position majoritaire ; au nord, c’est la droite, et au sein de la droite, la force dominante est la Ligue. Pour le reste, les centres des grandes villes sont les seuls endroits où le Parti démocrate aura limité la casse : le parti de centre gauche est même en tête à Milan.
Otto : Constitutionnellement, que peut faire le président de la République, Sergio Mattarella ?
Son rôle est essentiel : c’est en effet lui, et lui seul, qui aura la responsabilité de nommer la personnalité selon lui la plus à même de gouverner. Par ailleurs, M. Mattarella est un modéré, et sa mission institutionnelle est de… sauvegarder les institutions. Dans les prochains jours, il fera tout pour éviter les configurations trop aventureuses.
Pascal : Quel a été le thème central de ces élections ? L’économie, le social, l’immigration ?
Vu que la conjoncture s’est considérablement améliorée ces derniers mois, l’économie n’a pas été centrale dans la campagne, sauf sous la forme d’une surenchère inédite de promesses de baisses d’impôt. Le sujet qui a dominé les discussions, et qui explique en grande partie le résultat de la Ligue, c’est l’immigration. Dossier sur lequel l’Europe n’a pas brillé ces dernières années par sa solidarité envers l’Italie, et qui aura contribué à faire monter toutes les forces eurosceptiques.
Sans doute Matteo Salvini doit-il à Bruxelles une bonne partie de son succès. S’agissant des Cinq étoiles, je serais en revanche plus prudent. Ce mouvement est profondément italien, et très lié à l’histoire politique du dernier quart de siècle. Ses dynamiques sont avant tout internes, dans le rejet de la corruption, de la « caste » et d’une société bloquée.

        Lire aussi :
         

                Italie : qu’est-ce que le Mouvement 5 étoiles ?



Vu de Troyes : Quel est l’état d’esprit à Bruxelles vis-à-vis de l’Italie en ce moment ?
Pour l’heure, ce qui est frappant c’est l’absence de panique, tant à Bruxelles que sur les marchés. A la Commission, on espère sans doute que la raison l’emportera, et on parie que personne n’a intérêt à provoquer une crise majeure, alors que l’UE semble enfin relever la tête.
Doudidou : Mais d’où vient cette loi électorale si compliquée que les Italiens ont tenté (en vain) de simplifier en 2017 ? Ages différents pour voter pour les députés et les sénateurs, nominations directes, vote pour un parti…
L’âge différent pour voter est une tradition qui vient de loin. Pour le reste, le « Rosatellum » a été conçu à l’automne dernier pour favoriser les formations capables de constituer des alliances (en premier lieu le PD et Forza Italia, donc) et pour barrer la route aux Cinq étoiles. C’est une loi qui ne répond qu’à des raisons d’opportunité. Et dont chacun pourra constater que la principale victime est le PD, qui l’a conçue !
Alias Renzi : Quel est le background de Luigi Di Maio, le chef de file du M5S ? A-t-il les compétences pour gouverner ?
Le background ? Il est plus que léger. M. Di Maio est né en 1986, il est entré au Parlement à 26 ans, en 2013. Avant cela, il n’a aucune expérience ou presque hors de la politique. Ses opposants ne manquent pas de le rappeler, en même temps qu’ils moquent son peu de culture générale et sa maîtrise approximative du subjonctif… Mais pour être tout à fait honnête, un Renzi ou un Salvini n’ont pas beaucoup plus d’expérience professionnelle, ils sont tous entrés en politique avant 20 ans, pour ne jamais faire rien d’autre. Et de l’avis général, M. Di Maio a bien rempli son rôle de vice-président de la Chambre.

        Lire aussi :
         

                Elections en Italie : la jeunesse déplore une politique qui reste « magouille et compagnie »



Vincent : Quel est le rôle d’un Silvio Berlusconi, qui ne peut pas être élu ? Quels sont les autres leaders possibles au sein de Forza Italia ?
Silvio Berlusconi n’a fait aucune apparition publique depuis dimanche soir. Jusque-là, il pouvait dire qu’en 2011, il n’avait pas été chassé par les urnes, ce qui était parfaitement exact. Mais cette fois-ci, c’est désastreux. Il est très difficile de l’imaginer rester en politique après cette humiliation. A vrai dire, c’est l’avenir de Forza Italia tout entière qui est en suspens : au fil des années et des épurations, le parti en était venu à ne plus être que le rassemblement des amis de Berlusconi, et toutes les figures charismatiques qui auraient pu rivaliser avec lui sont parties, ou ont été évincées. Autrement dit, Forza Italia n’est plus qu’une coquille vide, et risque bien dans les prochaines semaines de changer en profondeur.
Alias Renzi : Comment expliquez-vous que les expériences très mitigées de gestion M5S (je pense en particulier à la mairie de Rome) n’aient pas eu de conséquences négatives sur le vote, au contraire ?
L’envie d’envoyer promener les élites politiques traditionnelles aura été la plus forte…

   





                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/05/19-5">
<filnamedate="20180305"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180305"><AAMMJJHH="2018030519">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Alors que les tractations commencent au lendemain des élections législatives italiennes, retour en chiffres sur les derniers exemples comparables.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

En Italie, il faut en moyenne un mois et demi de négociations pour former un gouvernement

Alors que les tractations commencent au lendemain des élections législatives italiennes, retour en chiffres sur les derniers exemples comparables.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 15h45
    |

                            Les Décodeurs








                        


Une période de négociations politiques compliquée s’ouvre en Italie. Aucune majorité nette ne se dessine en effet après les élections législatives du dimanche 4 mars. Arrivé en tête avec environ 32 % des voix, le Mouvement 5 étoiles (M5S) ne peut obtenir de majorité seul. Pas plus que l’alliance du parti d’extrême droite de Matteo Salvini, la Ligue, et du parti Forza Italia de Silvio Berlusconi.
Dans tous les cas, les deux chambres du nouveau Parlement ne siégeront pour la première fois que le 23 mars. Les discussions en vue de constituer un gouvernement ne commenceront réellement qu’après. Et elles pourraient traîner en longueur.
Selon nos relevés, l’Italie a connu sept périodes de transition consécutives à des élections législatives depuis 1992 (neuf autres gouvernements ont été formés après démission du précédent, sans élections). Dans la plupart des cas, il s’est écoulé au moins un mois entre le jour du vote et celui où le gouvernement a prêté serment. Certaines négociations ont même duré deux mois, voire même presque trois dans le cas de la formation du premier gouvernement Amato (84 jours), record de ces trente dernières années :


	#container_15202581087{
		padding:5px 5px 0px 10px;
		width:100%;
		background-color:#f5f6f8;
	}
	#graphe_15202581087{
		height:500px;
	}
	#container_15202581087 .titre{
		position:relative;margin: 10px 0;
		font-size: 1.5rem;
		font-family: "Helvetica Neue", Helvetica, Arial, FreeSans, sans-serif;
		font-weight: bold;
		position: relative;
		}
	#container_15202581087 .subtitle{
		display:block;
		margin: 10px 0;
		font-size: 1.3rem;
}
	.highcharts-tooltip span {
		height: auto;
		min-width: 170px;
		z-index: 9998!important;
		overflow: auto;
		opacity: 1;
		white-space: normal !important;
	}
	#container_15202581087.highcharts-xaxis-labels text
	{
		font-size: 10px!important;
}
	#container_15202581087.highcharts-legend-item text
	{
		font-size: 11px!important;
	}
	.tooltiplarge {
		width: 230px;
	}
	#container_15202581087 .credits{
		text-align: right;
		margin-right: 5px;
		padding-bottom: 5px;
	}



Il faut souvent au moins un mois pour former un gouvernement en Italie
Durée écoulée entre l'élection et le serment du gouvernement (seuls les gouvernements formés directement après un scrutin ont été retenus)

Source : Les Décodeurs



require(['highcharts/4.1.9','highcharts-standalone'], function() {
	Highcharts.setOptions({
		lang: {
			decimalPoint: ',',
			thousandsSep: ' ',
			months: ['Janvier', 'Février', 'Mars', 'Avril', 'Mai', 'Juin',  'Juillet', 'Août', 'Septembre', 'Octobre', 'Novembre', 'Décembre'],
			shortMonths: [ 'jan.' , 'fév.' , 'mars' , 'avr.' , 'mai' , 'juin' , 'juil.' , 'août' , 'sept.' , 'oct.' , 'nov.' , 'déc.'],
			weekdays: ['Dimanche', 'Lundi', 'Mardi', 'Mercredi', 'Jeudi', 'Vendredi', 'Samedi'],
			noData: 'Pas de données à afficher', 
			numericSymbols: [null, 'M', 'G', 'T', 'P', 'E']
		}
	});
	var annotation_spe = ["(5 avril 1992 - 28 juin 1992)","(28 mars 1994 - 10 mai 1994)","(21 avril 1996 - 17 mai 1996)","(13 mai 2001 - 11 juin 2001)","(10 avril 2006 - 17 mai 2006)","(14 avril 2008 - 8 mai 2008)","(25 février 2013 - 28 avril 2013)"];

	var chart = new Highcharts.Chart({
	chart:{
		renderTo:"graphe_15202581087",
		backgroundColor: "rgba(255,255,255,0)",
		borderRadius: 0,
		alignTicks:false,
		type: "bar",
		spacingBottom: 10
	},
	colors:["#0386c3","#FFc832","#ff3232","#F19300","#28beaa","#285a82","#821400","#191919"],
	credits:{
		enabled:false},
	title: {
		text: ""
	},
	subtitle: {
		text: ""
	},
	plotOptions: {
		series: {
			dataLabels: {
				inside: false,
				allowOverlap: true,
				format: "{y} ",
				style: {
					textShadow: 'none',
					color: '#333'
				}
			},
			connectNulls:true,
			stacking:null,
			marker:{
				symbol:"circle",
				fillColor:"#FFF",
				lineWidth: 2,
				radius:3,
				lineColor:null
			},
			states:{
				hover:{
					lineWidthPlus : 0
				}
			}
		},
		pie:{
			dataLabels:{
				distance:30, 
				softConnector:false
			}
		}
	},
	yAxis:[{
		id:"0",
		allowDecimals:false,
		type:"linear",
		title: {
			text:""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			format: "{value} ",
			zIndex: -1
		},
		min: null,
		max: null,
		startOnTick: true,
		endOnTick:true,
		reversed:false,
		plotLines: [{
			color: "#ff3232",
			width: "",
			value: 44 ,
			label: {
				useHTML: false,
				text:"",
				align: "left",
				x: -3
			}
		}],
		plotBands: [{
			color: "#ff3232",
			from: "",
			to: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: " Durée moyenne",
				textAlign: "",
				align: "right",
				verticalAlign: "top",
				x: "",
				y: -5
			}
		}]
	},{
		id:"1",
		allowDecimals:false,
		type:"linear",
		title: {
			text:""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			format: "{value} ",
			zIndex: -1
		},
		min: null,
		max: null,
		startOnTick: true,
		endOnTick:true,
		reversed:false,
		opposite:true
	}],
	xAxis: {
		type: "linear",
		 categories:["Amato I","Berlusconi I","Prodi I","Berlusconi II","Prodi II","Berlusconi IV","Letta"],
		title: {
			text: ""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			step: "",
			format: "{value}"
		},
		plotLines: [{
			color: "#ff3232",
			width: "",
			value: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "left",
				verticalAlign: "top",
				x: 5,
				y: 3
			}
		}],
		plotBands: [{
			color: "#ff3232",
			from: "",
			to: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				align: "left",
				verticalAlign: "top",
				x: "",
				y: 10
			}
		}]
	},
	legend:{
		enabled:"",
		layout:"horizontal", 
		verticalAlign:"bottom", 
		align:"center",
		y:-10
	},

	series:[
  {
    "name": "Durée de formation du gouvernement ",
    "color": "#0386c3",
    "data": [
      [
        "",
        84
      ],
      [
        "",
        43
      ],
      [
        "",
        26
      ],
      [
        "",
        29
      ],
      [
        "",
        37
      ],
      [
        "",
        24
      ],
      [
        "",
        62
      ]
    ],
    "type": "",
    "lineWidth": 2,
    "yAxis": 0,
    "stack": "null",
    "visible": true,
    "dataLabels": {
      "enabled": 0
    }
  }
],
	tooltip: {
		useHTML: true,
		shared: false,
		valueDecimals: 0,
		valuePrefix: "",
		valueSuffix: " jours",
		backgroundColor: '#FFF',
		borderColor: '#ccd0d3',
		borderRadius: 8,
		borderWidth: 0,
		dateTimeLabelFormats: {
			hour: "",
		},
		shadow: false,
		style: {"padding":"15px", "font-family":"Helvetica,Arial!important", "color":"#16212c"},
{point.key}',
\u25CF {series.name}: {point.y}',
		hideDelay: 200,
		borderWidth: 1,
		borderColor: "#AAA",
		formatter: function(tooltip) {
			if (annotation_spe[this.point.index] != undefined){
				return tooltip.defaultFormatter.call(this, tooltip) + annotation_spe[this.point.index]
			} else {
				return tooltip.defaultFormatter.call(this, tooltip)
			};
		},
	}
});

	function findLength(str) {
 100) {
			el = document.getElementsByClassName('highcharts-tooltip')[1].firstChild;
			if (el.classList) {el.classList.add('tooltiplarge');}
			else {el.className += ' ' + 'tooltiplarge';}
		}	
	}

});


Sur ces sept cas de figures, la durée moyenne des négociations a été de 43,6 jours, soit un peu moins d’un mois et demi. Signe qu’il faudra sans doute s’armer de patience avant de connaître le dénouement de la transition qui s’amorce à Rome.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/05/19-6">
<filnamedate="20180305"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180305"><AAMMJJHH="2018030519">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Grand vainqueur des élections du dimanche 4 mars, le parti fondé par Beppe Grillo n’a pas de ligne idéologique bien précise en dehors de son credo anti-élites.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Italie : qu’est-ce que le Mouvement 5 étoiles ?

Grand vainqueur des élections du dimanche 4 mars, le parti fondé par Beppe Grillo n’a pas de ligne idéologique bien précise en dehors de son credo anti-élites.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 15h20
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 17h40
    |

                            service international








                        


En moins de dix ans, elle est devenue la première formation politique d’Italie. Le Mouvement 5 étoiles (M5S) a obtenu, dimanche 4 mars, plus de 31 % des suffrages aux législatives, déclenchant un séisme politique dans le pays. Mais quel est ce « non-parti » campant sur une ligne « ni droite ni gauche » qui le rend quasiment inclassable selon les canons de la science politique ?

        Lire aussi :
         

                Au lendemain du scrutin en Italie, les tractations politiques s’annoncent longues



Un parti jeune
Crée en 2009, le M5S est né de l’alliance d’un célèbre humoriste, Beppe Grillo, et d’un informaticien inconnu, Gianroberto Casaleggio, mort en 2016. Le parti découle d’un mouvement social anti-élite et anti-corruption agrégé depuis 2005 autour du blog très populaire de l’humoriste. Le point d’orgue de ce mouvement sera le V-Day (V pour vaffanculo, « va te faire foutre »), les 8 et 9 septembre 2007, avec des rassemblements organisés dans toute l’Italie au cours desquels plus de 300 000 signatures sont recueillies en faveur d’une initiative appelée « Parlamento pulito » (« Parlement propre »), qui voulait interdire l’entrée au Parlement des personnes condamnées par la justice et limiter à deux mandats successifs les carrières parlementaires.
Ce blog avait été créé avec Gianroberto Casaleggio, que l’humoriste avait rencontré en 2004. Très discret, Casaleggio a ensuite été le « cerveau » politique du M5S jusqu’à sa mort. Internet et les réseaux sociaux ont toujours gardé un rôle central dans le fonctionnement du parti, qui n’a pas de siège et fait voter ses militants sur toutes ses propositions. Dans la foulée du succès du V-Day, le 4 octobre 2009, jour de la Saint-François d’Assise – un symbole très fort en Italie – naît le Mouvement 5 étoiles.

        Lire aussi (édition abonnés) :
         

          Les mystères de Davide Casaleggio, fils du cofondateur du Mouvement 5 étoiles



Un programme attrape-tout et changeant
A l’origine, le M5S a pris ce nom pour énoncer cinq priorités : retour au public de la gestion de l’eau, zéro déchets, transports publics, énergies renouvelables et wifi gratuit. Le 5, écrit en chiffre romain (V), fait aussi référence au vaffanculo fondateur.
Son inspiration initiale se trouve plutôt à gauche, dans la lutte contre les politiques d’austérité appliquées dans le pays à la suite de la crise de la dette dans la zone euro. Mais au Parlement européen, le parti s’est allié en 2014 avec le parti d’extrême droite britannique UKIP… A l’époque, le M5S prônait également un référendum sur la sortie de l’euro, mais il a fini par abandonner l’idée ces derniers mois lors de la campagne pour les législatives.
Même flou sur l’immigration : Beppe Grillo a plusieurs fois fait des déclarations contre le droit du sol ou pour le durcissement des règles d’asile, mais la base du parti n’a pas toujours suivi. « C’est ce que les Anglo-Saxons appelleraient un “marketing-oriented party”. Un mouvement attrape-tout, qui s’encombre peu de contradictions », estime le professeur de sciences politiques Massimiliano Panarari, coauteur, avec Marco Laudonio, d’un « dictionnaire critique » consacré au mouvement (Alfabeto Grillo, éd. Mimesis, 2014, non traduit). Allié à son organisation horizontale, ce flou programmatique explique pourquoi M5S est parfois qualifié de « populiste » ou « d’anti-système ».
Une progression constante
Depuis sa création, le M5S affiche des résultats électoraux de plus en plus encourageants. Il remporte ses cinq premières mairies en 2012 et entre en force au Parlement en 2013. Avec 25 % des voix, il envoie 109 militants totalement inexpérimentés à la Chambre des députés, et 54 au Sénat. Leur arrivée, marquée par de nombreux coups d’éclat, bouleversera le fonctionnement d’un Parlement endormi dans ses habitudes. En 2014, le parti arrive en deuxième position aux élections européennes. Et fin juin 2016, il gagne les élections municipales dans deux des plus grandes villes du pays, Rome et Turin.
Avec plus de 31 % des voix obtenus dimanche, selon les dernières estimations, le M5S devrait obtenir environ 226 députés et 112 sénateurs dans la prochaine mandature. Le parti est en position de force pour la formation du gouvernement. Longtemps hostile à toute alliance avec les partis traditionnels, le M5S a brusquement changé d’avis ces dernières semaines, sous l’influence de l’actuel dirigeant du mouvement, Luigi Di Maio (31 ans), qui incarne une aile plus modérée et réaliste.

        Lire aussi (édition abonnés) :
         

          Di Maio, un dauphin à la droite de Grillo



Des résultats mitigés
Si le mouvement promet de bouleverser les pratiques politiques, ses résultats sur le terrain sont plutôt mitigés. A l’image de la maire de Rome, Virginia Raggi, qui enchaîne les scandales depuis son élection. La gestion des déchets et des transports publics reste catastrophique dans la capitale.
Autre symbole des difficultés du parti : les départs ou les expulsions incessantes de cadres du parti, parfois mis au ban sur simple critique de Beppe Grillo. A la fin de la dernière législature, le M5S ne comptait ainsi plus que 88 députés (contre 109 au départ) et 35 sénateurs (contre 54). Bien qu’officiellement parfaitement transparent, le fonctionnement interne du parti et de son site Internet (baptisé « Rousseau ») est en réalité très opaque.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/05/19-7">
<filnamedate="20180305"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180305"><AAMMJJHH="2018030519">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ A l’issue des législatives de dimanche, aucun parti ou coalition n’a pu obtenir de majorité absolue, plongeant le pays dans l’incertitude.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Au lendemain du scrutin en Italie, les tractations politiques s’annoncent longues

A l’issue des législatives de dimanche, aucun parti ou coalition n’a pu obtenir de majorité absolue, plongeant le pays dans l’incertitude.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 14h26
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 18h06
   





                        


Au lendemain des élections législatives, l’Italie s’est réveillée lundi 5 mars sans majorité absolue au Parlement. Le pays s’apprête à entrer dans un long tunnel de tractations politiques. « Quel bordel » titrait lundi matin le quotidien italien Il Tempo, résumant l’atmosphère générale.
Les partis antieuropéens font le plein
La percée spectaculaire des partis opposés à l’Europe s’impose comme l’un des enseignements marquants. Le Mouvement 5 étoiles (M5S), qui se revendique « antisystème », devient le premier parti du pays avec 32 % des voix, selon les premiers résulats.
La coalition formée par Forza Italia, de Silvio Berlusconi, la Ligue, de Matteo Salvini (extrême droite) et le petit parti Fratelli d’Italia (« Frères d’Italie »), obtient, elle, 37 % des voix, loin devant le Parti démocrate (centre gauche), de Matteo Renzi (19 %), selon des résultats partiels portant sur deux tiers des bureaux de vote.

        Lire aussi :
         

                En Italie, le triomphe des forces antisystème



Matteo Salvini et Luigi Di Maio revendiquent la victoire

   


Le dirigeant de la Ligue, Matteo Salvini, a été le premier à dégainer. Dès la fin de matinée, il a affirmé, au cours d’une conférence de presse, que la coalition de droite et d’extrême droite avait « le droit et le devoir de gouverner », revendiquant également la direction du gouvernement. M. Salvini a aussi écarté l’idée d’une coalition avec les populistes du Mouvement 5 étoiles, qui a obtenu 31,93 % des suffrages.
Quelques minutes après l’intervention de M. Salvini, Luigi Di Maio le dirigeant du M5S, premier parti d’Italie dans ces élections, a également revendiqué le droit de former un gouvernement. « Nous avons la responsabilité de donner un gouvernement à l’Italie (…). Nous sommes une force politique qui représente le pays tout entier, ce que je ne peux pas dire des autres formations, cela nous projette inévitablement vers le gouvernement du pays », a déclaré le leadeur de 31 ans lors d’une conférence de presse à Rome.
Et alors que le parti fondé par l’humoriste Beppe Grillo a toujours refusé les alliances et a fait campagne contre les combines politiques, des élus du mouvement ont ouvert la porte dimanche à des négociations avec d’autres formations : « Tous les partis vont devoir venir parler avec nous, a notamment lancé le député Alessandro Di Battista. C’est eux qui devront venir parler avec nous, avec nos méthodes de correction et de transparence. » 
La chute de Matteo Renzi et de Silvio Berlusconi

   


Les deux poids lourds de la politique italienne ont subi un sérieux revers dimanche. Le Parti démocrate (PD, centre gauche) de Matteo Renzi, l’ancien premier ministre, n’avait jamais atteint un score aussi bas, avec 19 % des voix.
A l’échelle du pays, le centre gauche n’est arrivé en tête que dans deux régions, la Toscane et le Trentin-Haut-Adige. Le PD, avait pourtant remporté 40 % des suffrages aux élections européennes de 2014. « Il est clair que pour nous il s’agit d’une défaite évidente », a commenté Maurizio Martina, un des plus hauts responsables du PD. C’est d’ailleurs l’ensemble de la gauche qui subit une sérieuse défaite. Les frondeurs de Liberi e Uguali (« Libres et Egaux », gauche), sont à peine au-dessus du seuil de 3 % nécessaires pour entrer au Parlement.
L’autre grand perdant de cette soirée électorale n’est autre que Silvio Berlusconi. L’ancien homme fort de l’Italie a tenté un énième retour sur la scène politique à 81 ans. Mais son parti, Forza Italia, n’est arrivé qu’en quatrième position, devancé notamment pour la première fois par la Ligue.

   


Début des concertations
Le président de la République, Sergio Mattarella, placé par la Constitution italienne en position d’arbitre, a un rôle crucial. C’est lui qui doit décider à qui il confiera la charge de former un gouvernement.

        Lire aussi :
         

                En Italie, il faut en moyenne un mois et demi de négociations pour former un gouvernement



Pour ce faire, il dispose d’un peu de temps : avant que commencent les négociations officielles il faut attendre l’ouverture de la législature, le 23 mars, puis la désignation des présidents et vice-présidents des Chambres et des divers groupes. Et si aucune majorité ne se dessine, M. Mattarella devrait laisser en place le gouvernement actuel de Paolo Gentiloni (centre gauche), qui n’a pas besoin de demander la confiance du nouveau Parlement pour gérer les affaires courantes. Le temps, éventuellement, de convoquer de nouvelles élections.

   


Les europhobes se félicitent
A l’étranger, la présidente du Front national, Marine Le Pen, a été parmi les premières à adresser ses « chaleureuses félicitations » à M. Salvini sur Twitter, estimant que sa « progression spectaculaire » était « une nouvelle étape du réveil des peuples ». Dans un bref message sur Twitter, l’ancien leadeur du UKIP Nigel Farage a aussi félicité ses « collègues » du M5S.
La ministre des affaires européennes française, Nathalie Loiseau, se refusant au « catastrophisme », a estimé sur Franceinfo que l’Italie était « dans une phase d’eurodéception ». Un peu plus tard le président français, Emmanuel Macron, a relevé le contexte de « la très forte pression migratoire » que connaît l’Italie et qui serait, selon lui, une des explications des résultats.

        Lire aussi :
         

                Elections en Italie : les europhobes se félicitent des résultats des législatives






                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/05/19-8">
<filnamedate="20180305"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180305"><AAMMJJHH="2018030519">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Les Italiens se réveillent, lundi, dans un pays difficilement gouvernable à l’issue des élections législatives.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Italie : les personnalités clés dans les négociations de gouvernement

Les Italiens se réveillent, lundi, dans un pays difficilement gouvernable à l’issue des élections législatives.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 13h05
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 14h07
   





                        


Des tractations politiques difficiles s’annoncent en Italie, où les élections législatives du dimanche 4 mars n’ont permis à aucune majorité claire d’émerger. Les partis traditionnels ont été débordés par l’extrême droite de la Ligue du Nord et l’ovni contestataire qu’est le Mouvement 5 étoiles.
Les négociations ne devraient pas commencer avant l’ouverture de la législature, le 23 mars, mais plusieurs visages de la politique italienne s’imposent déjà comme de futurs acteurs-clés.

        Suivez les derniers développements
         

          en direct



Luigi Di Maio, le contestataire qui veut être incontournable

   


Il se voulait le visage modéré d’un mouvement populiste créé en 2009 par l’humoriste Beppe Grillo : Luigi Di Maio avait de quoi exulter, dimanche soir, à l’annonce des premiers résultats. Le Mouvement 5 étoiles (M5S), qui a longtemps refusé toute alliance, s’est imposé à l’issue des élections législatives comme le premier parti d’Italie.
Avec 32,4 % des suffrages obtenus à la Chambre des députés et 32 % au Sénat, le parti populiste n’a pas obtenu de majorité lui permettant de gouverner seul, mais clame qu’aucune tractation ne se fera sans lui. « Tout le monde va devoir venir nous parler », a commenté, dimanche soir, le responsable du M5S, Alessandro Di Battista.
A 31 ans, Luigi Di Maio s’est attaché pendant la campagne à représenter le visage rassurant du parti contestataire. Alors que le M5S avait rejoint, en 2014, le même groupe parlementaire que le parti britannique UKIP (pro-Brexit), Luigi Di Maio assurait en février au Monde que son parti était favorable à l’Europe : « Certes, nous sommes critiques, mais nous voulons rester dans l’Union européenne, et bien sûr, nous voulons rester dans l’euro. »

        Lire aussi :
         

                Luigi Di Maio : « Le Mouvement 5 étoiles est pro-européen »



Matteo Salvini, le pari de l’extrême droite

   


A bientôt 45 ans, Matteo Salvini est le chef de file du parti d’extrême droite de la Ligue du Nord, rebaptisé Ligue pour cette campagne. Après une campagne menée à coups de messages extrémistes et de provocations, ce Milanais qui a centré la campagne des élections sur les thèmes de l’immigration et de l’insécurité a remporté une forme de victoire.
Il est parvenu à parachever la mutation de la Ligue, naguère recroquevillée sur le nord du pays, en grande formation d’extrême droite rayonnant sur la totalité du territoire, sans pour autant s’affaiblir sur ses bases de Lombardie et de Vénétie.
La Ligue de Matteo Salvini est surtout arrivée en tête au sein de la coalition formée pour ces élections avec Silvio Berlusconi et sa formation Forza Italia. La Ligue a décroché environ 18 % des suffrages dans les deux chambres, contre 14 % pour le parti de l’ancien président.
Dans le cadre de leur accord de coalition, le parti de Matteo Salvini et Forza Italia avaient convenu que la formation qui arriverait en tête prendrait la direction d’un éventuel gouvernement. Si leur alliance ne semble pas suffisante pour une majorité, le parti d’extrême droite pourrait chercher d’autres alliés.

        Lire aussi :
         

                Les deux Italie de Matteo Salvini, le jeune leader de la Ligue du Nord



Sergio Mattarella, l’arbitre

   


Avec aucun parti obtenant la majorité absolue, une période de tractations va s’ouvrir dans les prochains jours. Placé par la Constitution italienne en position d’arbitre, le président de la République, Sergio Mattarella, devra décider à qui il confiera la charge de former un gouvernement.
Pour ce faire, il dispose d’un peu de temps : avant que ne commencent les négociations officielles, il faut attendre l’ouverture de la législature, le 23 mars, puis la désignation des présidents et vice-présidents des Chambres et des divers groupes.
Très fin connaisseur du monde politique italien, il passe pour un fin manœuvrier, en même temps qu’un homme de sang-froid. Des qualités qui ne seront pas de trop s’il veut conserver une chance d’épargner à l’Italie un grand saut dans l’inconnu.

        Lire aussi :
         

                En Italie, le triomphe des forces antisystème



Matteo Renzi, vers des tractations compliquées

   


Les tractations s’annoncent difficiles pour l’ancien chef du gouvernement Matteo Renzi, actuel secrétaire général du Parti démocrate. Avec 18,8 % des suffrages obtenus à la Chambre des députés et 19,2 % au Sénat, selon les premiers résultats, le PD est le deuxième partie d’Italie, mais il atteint son plus bas niveau historique, largement devancé par le M5S et la coalition de droite.
Renzi aura-t-il les moyens de s’accrocher à son poste, comme il l’avait annoncé par avance, quelques jours avant le scrutin ? Rien n’est moins sûr, et les rumeurs de démission prochaine n’ont cessé de grandir durant la nuit de dimanche, durant laquelle le vice-secrétaire du PD Maurizio Martina a reconnu devant la presse une « défaite très claire ».

        L’analyse :
         

          Le Parti démocrate de Matteo Renzi est à terre après cinq ans de pouvoir



Silvio Berlusconi, le difficile retour

   


Dans un tweet de février, Silvio Berlusconi avait déclaré : « Je suis comme le bon vin, en vieillissant je m’améliore, et maintenant je suis parfait. » A 81 ans, l’ancien premier ministre italien prévoyait un nouveau retour : alors que ses condamnations lui ont interdit toute fonction publique jusqu’en 2019, « le Cavaliere » avait mené campagne pour son poulain Antonio Tajani au sein de son parti Forza Italia.
La coalition de droite qu’il avait formée est arrivée en tête des résultats provisoires, dimanche, mais sans majorité pour former un gouvernement. Surtout, Forza Italia a plusieurs points de retard sur la Ligue, alors que leur accord implique que le leadeur du groupe en nombre de votes prenne la tête du gouvernement. Dans la nuit, l’ancien ministre Renato Brunetta, qui a fait office, toute la soirée, de porte-parole de Forza Italia sur les ondes, a été forcé d’admettre, du bout des lèvres, que son parti respecterait l’accord. Silvio Berlusconi, lui, est resté silencieux.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/05/19-9">
<filnamedate="20180305"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180305"><AAMMJJHH="2018030519">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Editorial. Le paysage qui émerge des épisodes électoraux du 4 mars en Italie et en Allemagne est lourd de menaces pour l’Union européenne.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Rome, Berlin : l’Europe en suspens

Editorial. Le paysage qui émerge des épisodes électoraux du 4 mars en Italie et en Allemagne est lourd de menaces pour l’Union européenne.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 11h28
   





                        


Editorial du « Monde ». Une bonne nouvelle pour l’Europe, venue d’Allemagne, suivie d’une très mauvaise nouvelle, en Italie. La journée du 4 mars, avec le verdict simultané du SPD allemand et de l’électorat italien, aurait pu être fatale à la construction européenne. Mais l’Europe n’est pas sortie de l’ornière pour autant. Si le vote positif des membres du parti de centre gauche allemand sur le contrat de coalition gouvernementale lève un obstacle majeur, il est, malheureusement, assombri par le triomphe des forces populistes et eurosceptiques en Italie.
Le paysage qui émerge de ces épisodes électoraux dans les deux principaux pays, avec la France, de la zone euro, est en effet lourd de menaces. En disant oui à une nouvelle « grande coalition » avec les conservateurs d’Angela Merkel, les sociaux-démocrates allemands ont certes évité le chaos et privilégié la stabilité. Il n’y aura pas de nouvelles élections en Allemagne et Mme Merkel restera chancelière, pour un quatrième mandat. Mais pour quoi faire ?

        Lire aussi :
         

                Allemagne : le SPD approuve l’accord de coalition avec les conservateurs d’Angela Merkel



L’accord entre le SPD et la CDU-CSU promet « un nouvel élan pour l’Europe ». Ambitieux dans ses têtes de chapitre, il est en réalité beaucoup plus prudent dans les détails, ce que confirme le choix des hommes qui seront chargés de le mettre en œuvre. A l’instar du futur ministre des finances et vice-chancelier, Olaf Scholz, un social-démocrate dont les premières déclarations ont surtout rassuré les gardiens de l’héritage de son prédécesseur, Wolfgang Schäuble. Ou de Horst Seehofer, le président de la très conservatrice CSU bavaroise, qui, en tant que ministre de l’intérieur, aura la haute main sur une politique migratoire largement inspirée par son propre parti.
Le volontarisme pro-européen fait désormais figure d’exception
Reste Mme Merkel. Voudra-t-elle impulser cet « élan » ? Ce n’est pas son tempérament mais, pour ce qui sera probablement son dernier mandat, elle peut être tentée de prendre une initiative qui ne soit pas conditionnée par le seul souci de sa réélection. Mais le pourra-t-elle seulement ? On peut, hélas, en douter, dans une Europe où le volontarisme pro-européen d’un Emmanuel Macron fait désormais figure d’exception.
Car le message politique qui émane des urnes italiennes est d’une clarté brutale, même si sa traduction institutionnelle risque de plonger Parlement et gouvernement dans une longue confusion. Après dépouillement de près de 90 % des bulletins de vote, le Mouvement 5 étoiles atteignait, lundi matin, le score historique de 31,9 % des voix. La Ligue (ex-Ligue du Nord), emmenée par l’extrémiste Matteo Salvini, peut compter sur près de 19 %, devançant largement le parti de centre-droit de Silvio Berlusconi, Forza Italia, qui croyait pouvoir jouer les arbitres de cette élection mais n’a reçu l’adhésion que de 13,9 % des suffrages. Si l’on ajoute à ce tableau les 4,3 % du parti d’extrême droite Frères d’Italie, ce sont largement plus de la moitié des électeurs italiens qui ont voté pour des formations antisystème. Le parti démocrate de l’ancien premier ministre Matteo Renzi confirme, lui, la tendance pan-européenne de l’effondrement des partis de centre gauche, avec 18,9 % des voix.

        Lire aussi :
         

                En Italie, le triomphe des forces antisystème



C’est un paysage tristement familier : la France, finalement, n’a échappé en 2017 à une catastrophe comparable que par la grâce du scrutin à deux tours. Les Etats-Unis ont élu Donald Trump en 2016, cinq mois après le vote des électeurs britanniques en faveur du Brexit. L’Italie du 4 mars ne veut pas, elle, sortir de l’Union européenne. Mais elle fera tout pour l’empêcher d’avancer.

        Lire aussi :
         

                Elections italiennes : l’Union européenne confrontée au scénario du pire






                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/05/19-10">
<filnamedate="20180305"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180305"><AAMMJJHH="2018030519">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ La stratégie de l’ancien premier ministre de centre gauche, dont le parti atteint un plus bas historique à 19  % des voix, est mise en cause.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Elections italiennes : le Parti démocrate de Matteo Renzi est à terre après cinq ans de pouvoir

La stratégie de l’ancien premier ministre de centre gauche, dont le parti atteint un plus bas historique à 19  % des voix, est mise en cause.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 11h07
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 14h00
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Au moins, à Bologne, ils n’ont pas perdu. Faisant mentir les sondages, qui promettaient au Parti démocrate une défaite humiliante dans cette place forte de la gauche italienne, le candidat investi par la coalition menée par l’ancien premier ministre Matteo Renzi, Pier Ferdinando Casini, ancien président de la Chambre des députés, l’a nettement emporté, avec plus de 32 % des voix, sur ses adversaires de la droite et du Mouvement 5 étoiles. Surtout, il a fait mordre la poussière à l’ancien président de la région Emilie-Romagne, Vasco Errani, qui concourait sous les couleurs des dissidents de gauche de Libres et égaux et n’a obtenu qu’un maigre 12 %.

Le hic, c’est que cette victoire dans une circonscription scrutée depuis des semaines par les observateurs n’en est pas vraiment une : en effet, Pier Ferdinando Casini n’est pas membre du Parti démocrate. Pire que cela, il n’est pas de gauche. En fait, en trente-cinq ans de vie parlementaire, ce démocrate-chrétien ne l’a jamais été.
Ainsi, jusqu’au bout, de règlements de comptes en choix tactiques hasardeux, la campagne à contretemps de Matteo Renzi a conduit, dimanche 4 mars, le Parti démocrate à son plus bas historique. Avec 19 % des voix, trois à quatre points de moins que ne le laissaient penser les derniers sondages officiels, le Parti démocrate tombe de haut. A l’échelle du pays, le centre gauche n’est arrivé en tête que dans deux régions, la Toscane et le Trentin-Haut-Adige.
« Grande coalition »
A 3 heures du matin, le ministre de l’agriculture, Maurizio Martina, vice-secrétaire du PD, est apparu dans la salle de presse du Nazareno (le siège du PD), pour reconnaître une « défaite très claire », et ajouter que le secrétaire, Matteo Renzi, prendrait la parole le lendemain. L’ancien premier ministre aura-t-il les moyens de s’accrocher à son poste, comme il l’avait annoncé par avance, quelques jours avant le scrutin ? Rien n’est moins sûr, et les rumeurs de démission prochaine...




                        

                        


<article-nb="2018/03/05/19-11">
<filnamedate="20180305"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180305"><AAMMJJHH="2018030519">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la politologue Elena Musiani analyse le vote du 4 mars comme un désaveu cinglant pour l’Europe.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Italie : « Ce vote illustre l’inachèvement de l’unité de la nation »

Dans une tribune au « Monde », la politologue Elena Musiani analyse le vote du 4 mars comme un désaveu cinglant pour l’Europe.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 10h55
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 13h13
    |

Elena Musiani (Chercheuse associée à l’Institut des sciences sociales du politique (CNRS) et chargée de recherche au département des sciences de l'...







                        



                                


                            
Tribune. Le fait que les deux tiers des Italiens se soient rendus aux urnes dimanche 4 mars donne à leur vote une portée politique qui interpelle toute l’Europe. La première leçon du scrutin est celle d’un effondrement historique de la gauche, alors qu’une coalition de droite et d’extrême droite est arrivée en tête.
Mais les Italiens n’ont pas souhaité une simple alternance. Une autre majorité s’est dessinée, très différente : celle d’un refus de la politique qui a été suivie depuis une quinzaine d’années par le centre gauche. Elle a pris dans le Nord la forme d’un vote nationaliste en faveur de la Ligue (ex-Ligue du Nord), et dans le Sud celle d’un vote en faveur du Mouvement 5 étoiles, expression d’une population en déshérence.

Ces deux votes, profondément différents, illustrent l’inachèvement de l’unité de la nation italienne. Tous deux mettent en lumière le désarroi et la détresse d’une population menacée par la désindustrialisation et le sous-emploi. L’Europe s’est contentée de stigmatiser ce qu’elle a appelé un « populisme » italien, sans jamais s’interroger sur les racines profondes du malaise qui taraudait l’Italie, simplement sommée de réintégrer la norme libérale. Ce vote est aussi un échec de l’Europe, qui a perdu la mémoire des liens très particuliers tissés entre elle et l’Italie.
« Les élites libérales, oublieuses du peuple, ont préféré bâtir l’Italie contemporaine grâce à l’intervention de l’Europe »
La nation, en Italie, n’a pas pu se construire sur le socle démocratique d’une large alliance entre les classes populaires et les élites libérales. Ces dernières, oublieuses du peuple, ont préféré, à plusieurs reprises, bâtir l’Italie contemporaine grâce à l’intervention de l’Europe. En 1860, ce fut l’Europe de Napoléon III qui permit de surmonter l’échec d’un risorgimento national. En 1918, l’Europe nouvelle plaça l’Italie du côté des vainqueurs. En 1957, ce fut le traité de Rome qui consacra l’intégration...




                        

                        


<article-nb="2018/03/05/19-12">
<filnamedate="20180305"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180305"><AAMMJJHH="2018030519">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ La victoire des partis eurosceptiques va compliquer les projets de réforme voulus par le président français, Emmanuel Macron.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Elections italiennes : l’Union européenne confrontée au scénario du pire

La victoire des partis eurosceptiques va compliquer les projets de réforme voulus par le président français, Emmanuel Macron.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 10h57
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Les dirigeants européens avaient commencé la journée du dimanche 4 mars avec une bonne nouvelle : les adhérents du SPD venaient de voter sans ambiguïtés pour une grande coalition avec la CDU en Allemagne, ouvrant la voie à un quatrième mandat de chancelière pour Angela Merkel et surtout à la fin de la paralysie politique en Allemagne, et par contrecoup à Bruxelles où aucune décision d’importance ne peut se prendre sans Berlin – ni Paris.
Mais la mauvaise nouvelle est arrivée d’Italie dans la soirée. Selon des résultats encore non définitifs, les Italiens ont plébiscité le parti antisystème (Mouvement 5 étoiles), tandis que dans la coalition de droite, la Ligue du Nord, alliée du Front national (FN) au Parlement européen, a devancé le parti conservateur de Silvio Berlusconi. Aucun parti ou coalition n’est en mesure d’obtenir une majorité absolue, risquant de conduire le pays à un blocage politique. La coalition de centre gauche de l’ex-premier ministre Matteo Renzi subit un échec cuisant. Les partis proeuropéens apparaissent minoritaires face aux forces eurosceptiques.

        Lire aussi :
         

                Elections législatives en Italie : les partis anti-européens font le plein



Ces dernières semaines, les dirigeants des instances communautaires avaient tout fait pour conjurer le spectre d’un pays – fondateur de l’Union – ingouvernable, voire piloté par les extrêmes. Jusqu’à ce que Jean-Claude Juncker mette les pieds dans le plat, jeudi 22 février, mettant en garde contre une possible « réaction forte » des marchés financiers. Rompant avec les commentaires bruxellois lénifiants, le président de la Commission européenne avait évoqué la perspective d’un gouvernement qui ne serait pas « opérationnel » à Rome. « Je suis davantage inquiet du résultat des élections italiennes que de celui du référendum interne du SPD », avait-il lâché.
Pour Nigel Farage, « l’euroscepticisme se redresse »
Les extrêmes ont été logiquement les premiers à se réjouir. « L’Union européenne va passer une mauvaise soirée », twittait la présidente du FN, Marine Le Pen, dans la soirée de dimanche. « Toutes mes félicitations aux collègues du Parlement européen, le Mouvement 5 étoiles, pour être arrivés en tête ce soir », postait l’eurodéputé du parti britannique UKIP Nigel Farage sur le réseau social à l’aube, lundi. Et d’ajouter : « L’euroscepticisme se redresse. »
Les Bruxellois qui, au soir de l’élection d’Emmanuel Macron, au son de l’hymne européen, avaient salué la victoire de la raison contre les populismes europhobes ont désormais des raisons de s’inquiéter à quinze mois des prochaines élections européennes. Car le scrutin italien prouve, s’il était besoin, que la défiance à l’égard de l’Union européenne reste très vivace, et que la crise dans laquelle se débat la classe politique britannique depuis le référendum pour le Brexit n’a pas définitivement tué les arguments des europhobes.

        Lire aussi :
         

                Elections en Italie : les europhobes se félicitent des résultats des législatives



En Hongrie, le premier ministre chantre de l’illibéralisme, Viktor Orban, est bien parti pour être réélu en avril. En Pologne, le gouvernement aux mains du PiS, parti conservateur réactionnaire de droite, est au plus haut dans les sondages et défie ouvertement Bruxelles et l’Etat de droit avec une réforme d’ampleur de la justice menaçant de la mettre au service du politique. En Autriche, le juvénile Sebastian Kurz, chancelier de 31 ans, gouverne avec l’extrême droite du FPÖ, sans susciter la moindre émotion à Bruxelles, comme c’est le cas en Bulgarie, pays qui occupe la présidence de l’UE ce semestre.
Ces élections italiennes signent aussi une nouvelle manifestation de la débâcle de la social-démocratie partout en Europe. Un affaiblissement généralisé qui va poser un sérieux problème à Bruxelles après les européennes, alors que l’alliance de fait entre centre gauche-centre droit contrôlait jusqu’à présent les principaux postes de pouvoir de l’UE (Eurogroupe, Conseil, Commission, etc.).
L’UE paie-t-elle, avec ce scrutin italien, son incapacité à aider le pays, en première ligne dans la crise des migrants, alors que les Italiens ont eu, ces dernières années, la légitime impression d’avoir été abandonnés par Bruxelles ? La question des migrants a dominé la campagne italienne et nourrit les discours de la Ligue, et dans une moindre mesure du Mouvement 5 étoiles. La Commission a consacré beaucoup d’énergie, à partir de l’été 2015, à tenter d’imposer l’idée de quotas de réfugiés aux pays de l’Est européen récalcitrants. Elle a aussi promu un accord avec la Turquie, permettant de contenir le flot des réfugiés syriens et irakiens.
Tentation du réflexe cynique
Mais cette solution convenait surtout à l’Allemagne, submergée par les réfugiés venus de la route des Balkans, plutôt qu’à l’Italie, débordée par les migrants économiques arrivant d’Afrique par les côtes libyennes et la périlleuse voie méditerranéenne. « C’est un pays qui a fait face à un afflux migratoire qu’il n’avait jamais connu dans son histoire et qui s’est senti seul, abandonné par l’Union européenne », a reconnu la ministre des affaires européennes, Nathalie Loiseau sur Franceinfo, en soulignant que l’Italie était « dans une phase d’“eurodéception” ».
Les dirigeants européens seront peut-être tentés par un réflexe cynique : même si l’Italie est paralysée dans les prochains mois, cela ne les empêchera pas d’avancer sur les grands dossiers communautaires, le moteur franco-allemand étant de nouveau opérationnel.
Rien n’est moins sûr : comment le président du Conseil, Donald Tusk, parviendra-t-il à mettre d’accord les dirigeants sur le dossier migratoire en juin, comme il en avait jusqu’à présent l’intention, sans Rome ou avec un gouvernement dominé par les eurosceptiques, et alors que Polonais, Tchèques ou Hongrois refusent toujours le principe de quotas de réfugiés permanents ? Vont-ils finalement parvenir à boucler la mise en place de l’union bancaire, alors qu’elle bute toujours sur la question du partage des risques ? Les bilans des banques italiennes sont encore trop alourdis par les obligations souveraines aux yeux de Berlin. Sans parler des conséquences sur les marchés et le secteur bancaire italien d’une longue période d’incertitude gouvernementale à Rome.
Et quid des réformes d’ampleur de la zone euro, voulues par le président français (un « superministre » des finances de la zone euro, un budget de la zone euro) sans l’appui indispensable de Rome face à des Allemands bien moins enthousiastes à l’idée d’avancer vers davantage d’intégration ? Le printemps européen annoncé après la victoire du président français en mai 2017 semble entrer de nouveau dans l’hiver des eurosceptiques.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/05/19-13">
<filnamedate="20180305"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180305"><AAMMJJHH="2018030519">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ La victoire du Mouvement 5 étoiles et de la Ligue complique à l’extrême la formation d’une coalition.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


En Italie, le triomphe des forces antisystème

La victoire du Mouvement 5 étoiles et de la Ligue complique à l’extrême la formation d’une coalition.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 10h48
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 10h52
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Tout d’abord il y a eu un flottement incrédule. A 23 heures, lorsque sont tombées les premières estimations officielles, parmi les étudiants, journalistes universitaires rassemblés dans les luxueux locaux romains de l’université Luiss, on ne voulait pas y croire. Toute la journée de dimanche, les sondages officieux avaient circulé, et ils montraient, avec une remarquable régularité, la poussée des « forces anti­système », Mouvement 5 étoiles (M5S) et Ligue (anciennement Ligue du Nord). Mais on se voulait rassurant : comme d’habitude, les instituts se seront trompés, les tendances vont s’affiner, tout va rentrer dans l’ordre…
Pourtant c’est le contraire qui s’est produit. De minute en minute, après minuit, la vérité est apparue avec de plus en plus de netteté : le 4 mars 2018, par la volonté des électeurs italiens, les cadres politiques du dernier quart de siècle ont volé en éclats, laissant émerger un paysage dans lequel les forces antisystème se retrouvent en position de force.
Premier coup de tonnerre, le Mouvement 5 étoiles, inclassable formation protestataire née il y a moins de dix ans de la rencontre d’un humoriste (Beppe Grillo) et d’un informaticien (Gianroberto Casaleggio), rassemble à lui seul plus de 31 % des suffrages. Depuis plusieurs mois, le M5S était donné comme la première force politique du pays, et ces résultats spectaculaires, surtout dans le sud du pays, ne font qu’accentuer une tendance que beaucoup avaient vu venir.

Puis est arrivé le tremblement de terre : comme prévu, la coalition de droite est en tête, avec plus de 37 % des suffrages, sans pour autant disposer d’une majorité de gouvernement, mais le rapport de force entre ses composantes s’est inversé, le parti de Silvio Berlusconi cédant le pas à la très extrémiste Ligue de Matteo Salvini. Au fil des heures, l’écart s’est accru, jusqu’à prendre les allures d’un gouffre : avec 18 %, contre à peine 14 % pour la droite modérée, le résultat prenait des airs...




                        

                        


<article-nb="2018/03/05/19-14">
<filnamedate="20180305"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180305"><AAMMJJHH="2018030519">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Marine Le Pen et Nigel Farage sont les premiers responsables politiques à avoir adressé « leurs félicitations » au Mouvement 5 étoiles et à la Ligue.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Elections en Italie : les europhobes se félicitent des résultats des législatives

Marine Le Pen et Nigel Farage sont les premiers responsables politiques à avoir adressé « leurs félicitations » au Mouvement 5 étoiles et à la Ligue.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 10h02
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 13h58
   





                        


Au lendemain des élections législatives italiennes, la percée spectaculaire des partis opposés à l’Europe s’impose comme l’un des enseignements marquants. Le Mouvement 5 étoiles (M5S), qui se revendique « antisystème », devient le premier parti du pays avec 32 % des voix, selon les premiers résulats.
La coalition formée par Forza Italia, de Silvio Berlusconi, la Ligue, de Matteo Salvini (extrême droite) et le petit parti Fratelli d’Italia (« Frères d’Italie »), obtient, elle, 37 % des voix, loin devant le Parti démocrate (centre gauche), de Matteo Renzi (19 %), selon des résultats partiels portant sur deux tiers des bureaux de vote.

        Lire aussi :
         

                Elections législatives en Italie : les partis anti-européens font le plein



Satisfaction des europhobes
A l’étranger, la présidente du Front national, Marine Le Pen, a été parmi les premières à adresser ses « chaleureuses félicitations » à M. Salvini sur Twitter, estimant que sa « progression spectaculaire » était « une nouvelle étape du réveil des peuples ».
Dans un bref message sur Twitter, l’ancien leadeur du UKIP Nigel Farage a aussi félicité ses « collègues » du M5S.
La ministre des affaires européennes française, Nathalie Loiseau, se refusant au « catastrophisme », a estimé sur Franceinfo que l’Italie était « dans une phase d’eurodéception ». Un peu plus tard, Emmanuel Macron a relevé le contexte de « la très forte pression migratoire » que connaît l’Italie et qui serait, selon le président français, une des explications des résultats. « Dans le monde où nous vivons, on peut défendre des belles idées mais on ne peut pas les défendre en faisant abstraction de la brutalité du contexte. L’Italie a aujourd’hui indéniablement souffert (…) dans le contexte d’une très forte pression migratoire », a-t-il déclaré.
En Allemagne, le porte-parole de la chancelière, Angela Merkel, a souhaité « bonne chance aux responsables pour former un gouvernement stable, et ce pour le bien de l’Italie mais aussi de notre Europe commune ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/05/19-15">
<filnamedate="20180305"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180305"><AAMMJJHH="2018030519">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Un pamphlet émanant d’un syndicat des forces de l’ordre estime que les réseaux criminels liés à la drogue ont prospéré en raison d’un désintérêt des pouvoirs publics.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤                


Article sélectionné dans La Matinale du 04/03/2018
Découvrir l’application


                  

Pour les policiers néerlandais, les Pays-Bas sont devenus un « Etat narco »


                      Un pamphlet émanant d’un syndicat des forces de l’ordre estime que les réseaux criminels liés à la drogue ont prospéré en raison d’un désintérêt des pouvoirs publics.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 09h43
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








   


Le syndicat néerlandais de la police (NPB) en est convaincu, depuis qu’il a interrogé quelques centaines de ses membres : les Pays-Bas sont devenus en trente ans un « Etat narco ». Dans un pamphlet d’une dizaine de pages diffusé à la mi-février, les policiers affirment que la production et le commerce – en ligne, notamment – de narcotiques ont atteint un tel niveau que le royaume figure en tête du classement mondial du chiffre d’affaires lié au cannabis, à la production de drogues synthétiques et à l’importation de cocaïne, qui transite notamment par le port de Rotterdam.
Instaurée dès les années 1970 pour casser les réseaux clandestins et favoriser la réinsertion de leurs membres, la politique de « tolérance » à l’égard des drogues douces est sur la sellette
Pieter Tops, professeur de gestion à l’université de Tilbourg, acquiesce, dans le quotidien De Volkskrant : tout ce qui fait la richesse du pays (son esprit entrepreneurial, son réseau autoroutier et ferroviaire, ses infrastructures de pointe dans le numérique et la finance) a, selon lui, été exploité à merveille par les réseaux criminels. Dans le document publié par le syndicat policier, un enquêteur raconte :
« Au cours des vingt-cinq dernières années, j’ai vu des petits dealers devenir de grands entrepreneurs et des investisseurs respectés entretenant de bonnes relations avec le monde politique. »
Mise en place dès les années 1970 pour prétendument casser les réseaux clandestins et favoriser la réinsertion de leurs membres, la politique de « tolérance » à l’égard des drogues douces est donc à nouveau sur la sellette. Pour certains, elle aura surtout permis de taxer les coffee shops, points de vente officiels de marijuana dans le pays. Pour d’autres, elle aura limité l’usage des drogues dures pour les Néerlandais.
Les policiers insistent, eux, sur le fait que l’accent mis sur les autres formes de délinquance grave (crimes de sang, vols…) a entraîné un désintérêt pour les réseaux criminels liés à la drogue. « Le pays a perdu le contrôle de ce commerce », juge Pieter Tops, qui souligne, toutefois, que l’on ne remarque pas, aux Pays-Bas, l’une des autres caractéristiques d’un « Etat narco » : la corruption des forces de l’ordre.
Faiblesse des peines infligées
Confronté à un diagnostic peu enthousiasmant pour un Etat qui se place volontiers dans le cercle des Européens vertueux, le ministre de la justice, Ferdinand Grapperhaus, a été forcé de réagir. Selon lui, son pays lutte « de manière efficace contre le crime, dont celui du commerce de drogues ».
Il a seulement admis que les policiers avaient sans doute besoin de moyens supplémentaires. C’est oublier que la lenteur des procédures judiciaires et la faiblesse des peines généralement infligées dans les affaires de drogue – quand elles finissent par aboutir – sont d’autres caractéristiques du système néerlandais.
Des spécialistes ajoutent à ce constat que le manque de formation des enquêteurs, leurs carences dans la maîtrise des nouvelles technologies et le poids de la bureaucratie empêchent une lutte efficace contre des réseaux qui, désormais, essaiment dans le monde entier. Car la réputation des trafiquants néerlandais en matière d’efficacité et de maîtrise technique, notamment dans l’installation de laboratoires, n’est plus à faire.



<article-nb="2018/03/05/19-16">
<filnamedate="20180305"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180305"><AAMMJJHH="2018030519">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Les villes qui ont façonné Poutine (1|4). A l’approche de la présidentielle du 18 mars, «  Le Monde » consacre une série d’articles au chef du Kremlin. Première étape : l’ex-RDA, où il fut officier du KGB entre 1985 et 1990.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 04/03/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


A Dresde, sur les traces de l’agent Poutine

Les villes qui ont façonné Poutine (1|4). A l’approche de la présidentielle du 18 mars, «  Le Monde » consacre une série d’articles au chef du Kremlin. Première étape : l’ex-RDA, où il fut officier du KGB entre 1985 et 1990.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 18h18
    |

            Isabelle Mandraud (Dresde (Allemagne), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

La maison du KGB à Dresde existe toujours, un peu à l’écart du centre-ville. C’est une bâtisse trapue de deux étages, aux murs couleur crème. Du temps de la RDA, les agents en poste ici épiaient les moindres mouvements dissidents et transmettaient ensuite leurs informations au QG du service, à Berlin-Est. Pour Vladimir Poutine, en fonctions à Dresde de 1985 à 1990, cela consistait à recueillir des renseignements sur les hommes politiques et « les ennemis potentiels ».
L’aménagement des locaux a été modifié depuis qu’un centre d’ésotérisme aussi marginal et discret que ses lointains prédécesseurs s’y est installé, mais le quartier, lui, n’a pas trop changé. En bifurquant vers la gauche, le futur maître du Kremlin n’avait que quelque pas à faire pour se retrouver devant le QG de la Stasi, la police politique de l’Allemagne de l’Est, où une cinquantaine de cellules étaient autrefois réservées aux prisonniers politiques. S’il partait côté droit, il lui suffisait de remonter le long d’un mur de béton, aujourd’hui couvert de graffitis, pour parvenir à son domicile, au 6e étage (sans ascenseur) d’un immeuble ordinaire, aux balcons fleuris de géraniums. Cet endroit paisible était alors réservé, comme l’ensemble du pâté de maison, aux familles des services, russes et est-allemands. Non loin de là, celles-ci partageaient aussi un terrain de foot.
C’est dans cette région de la Saxe allemande jadis coupée de l’Ouest que Vladimir Poutine a mis en pratique la formation reçue dans les années précédentes au KGB. Quand il y débarque, en 1985, il n’a que 32 ans. Son épouse, une ex-hôtesse de l’air d’Aeroflot prénommée Lioudmila, a dû se plier à une longue enquête sur ses origines et subir une batterie de tests sur sa santé et sa capacité à se taire. Leur fille Maria les accompagne ; la seconde, Ekaterina, naîtra ici. Dans la branche renseignement du KGB dont il dépend, l’usage veut que l’on porte un pseudonyme dont la première lettre correspond...




                        

                        


<article-nb="2018/03/05/19-17">
<filnamedate="20180305"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180305"><AAMMJJHH="2018030519">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Didier Reynders, vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères belge, propose d’analyser chaque année la situation des droits de l’homme et de l’Etat de droit à l’intérieur de l’Union européenne.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 04/03/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Didier Reynders : « Défendons nos valeurs communes européennes comme le ciment de l’Etat de droit »

Dans une tribune au « Monde », Didier Reynders, vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères belge, propose d’analyser chaque année la situation des droits de l’homme et de l’Etat de droit à l’intérieur de l’Union européenne.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 09h59
    |

Didier Reynders (Vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères belge)







                        



                                


                            

Tribune. Pays-Bas, France, Allemagne, Autriche, République tchèque… Cette année a été marquée par des processus électoraux très divers, mais avec une constante : une poussée nette de partis populistes, lorgnant parfois sur l’un ou l’autre extrême de l’échiquier politique, prônant le rejet de l’autre, le repli national et l’abandon du projet européen.
Dans certains cas, une forme de sursaut a permis d’éviter l’arrivée au pouvoir de ces tendances, dans d’autres c’est moins sûr… Nous aurions tort de penser que nous avons échappé au danger. Il nous faudra au contraire être vigilants si nous voulons éviter que certaines valeurs fondamentales de nos démocraties, celles qui ont fondé la construction de l’Union européenne, soient entièrement remises en question.

Or ces valeurs fondent non seulement notre engagement à être membre de l’Union européenne mais elles sont également le ciment de l’Union sur lequel reposent la solidarité européenne, notre crédibilité extérieure et notre avenir commun. Il ne s’agit pas d’une question polonaise ou hongroise. En Belgique, et dans tous les pays européens, les risques existent. Je songe à la crise migratoire ou encore aux attaques terroristes. Elles ont entraîné un tel sentiment d’insécurité que nous pourrions adopter des mesures qui pourraient revenir sur nos acquis de démocratie et d’État de droit.
Défense, sécurité et politique migratoire
Plus que jamais, au sein de l’Union européenne, nous devons avancer de façon volontariste sur les sujets fondamentaux de notre société : défense et sécurité, mais aussi sur une politique migratoire commune qui reconnaisse le principe d’une responsabilité et d’une solidarité partagées. Nous devons approfondir l’union économique et monétaire, travailler à l’union bancaire et renforcer la gouvernance économique. Enfin, nos citoyens attendent de nous que nous puissions développer une véritable Europe sociale.
« Après l’adhésion, le respect de la...



                        

                        


<article-nb="2018/03/05/19-18">
<filnamedate="20180305"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180305"><AAMMJJHH="2018030519">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’analyste politique Yann-Sven Rittelmeyer souligne qu’il faut bien penser l’organisation des consultations citoyennes afin que les populations s’emparent de l’idéal européen pour contrer les idées populistes en Europe.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Yann-Sven Rittelmeyer : « Donnons aux citoyens un rôle plus concret dans le projet européen »

Dans une tribune au « Monde », l’analyste politique Yann-Sven Rittelmeyer souligne qu’il faut bien penser l’organisation des consultations citoyennes afin que les populations s’emparent de l’idéal européen pour contrer les idées populistes en Europe.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 10h01
    |

Yann-Sven Rittelmeyer (Analyste politique, European Policy Centre, à Bruxelles)







                        



                                


                            
Tribune. Dans quelques semaines, des consultations citoyennes sur l’Europe seront organisées dans quasiment tous les Etats membres de l’Union européenne (UE). Seule la Hongrie de Viktor Orban a refusé de participer à ce processus. Emmanuel Macron l’avait promis lors de la campagne présidentielle : il allait donner la parole au peuple afin d’établir un projet qui redonnerait sens à l’intégration européenne.
L’objectif est louable : impliquer les citoyens afin de réduire le déficit de légitimité démocratique de l’UE. L’idée paraissait ambitieuse et à même de réussir là où de précédentes tentatives analogues ont échoué. Mais les préoccupations politiques liées au lancement d’un tel processus pèsent sur ses modalités de mise en œuvre, au point qu’il pourrait en définitive produire l’inverse de l’effet escompté en générant frustration et déception.

Naguère appelées conventions démocratiques, elles sont devenues de simples consultations citoyennes au tournant de l’année 2018. Cette inflexion symbolique découle de la volonté de faire participer un maximum d’Etats européens et des inquiétudes de certains partenaires sur l’ampleur des transformations qui pourraient découler du processus. Comme souvent dans l’UE, il a fallu arbitrer entre ambition et nombre de participants. Et puisqu’il n’est désormais plus question que de « consulter », libre à chacun de prendre en compte ou non les résultats des discussions.
Risque d’une tournure eurosceptique
Cette liberté laissée à chaque Etat membre interroge sur la cohérence globale du processus : si chacun débat différemment de thématiques variées, il sera pratiquement impossible de dégager, au niveau européen, un résultat cohérent de ces discussions. En effet, si ces consultations doivent permettre de déboucher sur un projet politique commun, il faut pouvoir comparer et confronter les points de vue afin de formuler une synthèse qui fasse sens.
« L’appropriation (négative) de la chose...



                        

                        


<article-nb="2018/03/05/19-19">
<filnamedate="20180305"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180305"><AAMMJJHH="2018030519">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Selon les premières projections de résultats nationaux, réalisées à partir de sondages, la coalition de droite arriverait en tête devant le Mouvement 5 étoiles.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 04/03/2018
Découvrir l’application


                        

Elections législatives en Italie : les partis anti-européens font le plein

Selon les premières projections de résultats nationaux, réalisées à partir de sondages, la coalition de droite arriverait en tête devant le Mouvement 5 étoiles.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 00h45
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 13h39
   





                        


L’instabilité politique n’est pas une découverte pour l’Italie. Mais l’ampleur du bouleversement dessiné par les premiers résultats de ce scrutin législatif est inédit. Aucune majorité parlementaire claire n’émerge, lundi 5 mars au petit matin, alors que les Italiens étaient appelés dimanche à élire pour cinq ans les 630 membres de la Chambre des députés et les 315 membres du Sénat. Et le pays, plus divisé que jamais, s’oriente à nouveau vers une situation de blocage politique.

        Lire aussi :
         

                La convalescence de l’Italie suspendue au résultat des élections législatives



Au niveau des partis, c’est le Mouvement 5 étoiles (M5S) qui frappe un grand coup. Avec des premières estimations le créditant de plus de 30 % des voix, le parti créé en 2009 sur la promesse d’un « changement de système » s’impose comme la force majeure de l’échiquier politique italien. Le parti obtiendrait ainsi entre 195 et 235 sièges, confirmant largement sa place de premier parti d’Italie, comme le note sur son compte Twitter l’envoyée spéciale du Monde à Turin, Charlotte Chabas :

Premier grand moment de la soirée électorale : Alessandro Di Battista, du mouvement 5 étoiles, vient de faire une b… https://t.co/3RsIvBeuOn— cchabas (@Charlotte Chabas)


require(["twitter/widgets"]);

Mais aussi haut que le parti populiste culmine, le M5S ne peut pas rêver d’un gouvernement seul. Il lui faudra sceller une alliance pour atteindre une majorité absolue à la Chambre des députés et au Sénat, estimée par les politologues aux alentours de 40 % des voix. Une concession qu’il avait déjà commencé à évoquer en fin de campagne, alors que le parti avait auparavant construit son programme politique sur le rejet des coalitions et des combines politiques.

        Lire aussi :
         

                Luigi Di Maio : « Le Mouvement 5 étoiles est pro-européen »



« Tout le monde va devoir venir nous parler », a commenté, dimanche soir, le responsable du M5S, Alessandro Di Battista. Reste à savoir qui répondra à cette main tendue du parti, dont les prises de position au cours de la campagne ont également beaucoup évolué, notamment vis-à-vis de l’Union européenne.
Un revers pour les partis traditionnels
Le futur allié du M5S se cache peut-être du côté de la coalition de droite, qui subit un revers. Si la formation, qui rassemble les partis Forza Italia (Silvio Berlusconi), la Ligue du Nord (Matteo Salvini) et Fratelli d’Italia, est en tête du scrutin avec environ 37 % des votes, elle est, elle aussi, loin de la majorité.
Surtout, au sein même de cette coalition se joue peut-être le plus gros bouleversement de ce scrutin. Le parti d’extrême droite de Matteo Salvini, la Ligue, dépasse de 5 points (18 %) le parti historique de Silvio Berlusconi, Forza Italia (13 %), selon les premiers résultats. Un score qui illustre là encore la montée en puissance des partis anti-européens, vrais gagnants de cette élection.

Le gros bouleversement quand même, c'est cette projection de la @RaiUno qui donne la Ligue pulvérisant de 5 points… https://t.co/MgNwrUJKFP— cchabas (@Charlotte Chabas)


require(["twitter/widgets"]);

Nul doute que la Ligue, galvanisée par ce score historique, risque de peser aussi dans les futures négociations pour former un gouvernement. Dans le cadre de leur accord de coalition, le parti de Matteo Salvini et Forza Italia étaient convenus que la formation qui arriverait en tête prendrait la direction d’un éventuel gouvernement. Si leur alliance ne semble pas suffisante pour une majorité, le parti d’extrême droite pourrait chercher d’autres alliés.
Enfin, si cette élection ne permet pas d’établir un vainqueur incontestable, le perdant, lui, est vite trouvé. Le Parti démocrate (PD) – au pouvoir – essuie une défaite cuisante, avec un score évalué à moins de 20 %. Un revers électoral d’ampleur qui pourrait le renvoyer dans l’opposition. « Si c’est le résultat, pour nous, c’est une défaite », a commenté Ettore Rosato, président PD de la Chambre des députés. Selon les projections, ce parti décrocherait entre 115 et 155 sièges à la Chambre des députés.

   


Rosatellum bis
Les résultats complets ne sont pas attendus avant plusieurs heures. Si les projections pointent dans la bonne direction, l’Italie, troisième puissance économique de la zone euro, se dirige vers une situation de blocage politique, qui pourrait l’obliger à envisager une nouvelle élection dans les prochains mois.
Un paradoxe, alors que ce scrutin a eu lieu en vertu du Rosatellum bis, une nouvelle loi électorale censée simplifier la répartition des votes. Adopté fin 2017, ce système jamais testé jusqu’à dimanche prévoit que 37 % des sièges sont alloués au scrutin majoritaire uninominal à un tour, 61 % à la proportionnelle et 2 % désignés par les Italiens de l’étranger. Un mode de scrutin qui a largement compliqué le vote, dimanche, créant de longues files d’attente et de nombreuses difficultés d’organisation. La participation au scrutin, évaluée à 74 %, est d’ailleurs la plus faible de l’histoire de la république italienne.

        Lire aussi :
         

                Elections en Italie : ce qu’il faut savoir du nouveau mode de scrutin



Les deux chambres du nouveau Parlement doivent siéger pour la première fois le 23 mars prochain. Les discussions formelles en vue de constituer un gouvernement ne devraient pas commencer avant début avril.

   





                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/05/19-20">
<filnamedate="20180305"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180305"><AAMMJJHH="2018030519">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Le Parti démocrate, dirigé par l’ancien premier ministre, a subi un sérieux revers lors des élections de dimanche, ne rassemblant que 19 % des voix, son pire score historique.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ 