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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ L’USS « Carl Vinson » est arrivé à Danang, lundi. C’est la première fois depuis la fin du conflit entre les deux pays qu’un navire de guerre américain fait escale au Vietnam.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Les rues étaient inhabituellement calmes lundi et de nombreux commerces étaient fermés à Addis Abeba et dans la région oromo.
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Compte rendu

Mouvement de grève en Ethiopie contre l’état d’urgence

Les rues étaient inhabituellement calmes lundi et de nombreux commerces étaient fermés à Addis Abeba et dans la région oromo.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-03-05T17:13:55+01:00"

        Le 05.03.2018 à 17h13






    
Les commerces de cette rue de Sebeta, dans la banlieue d’Addis Abeba, étaient tous fermés le 5 mars 2018.
Crédits : ZACHARIAS ABUBEKER / AFP


De nombreux commerces étaient fermés lundi 5 mars dans la capitale éthiopienne Addis Abeba en guise de protestation contre l’état d’urgence imposé mi-février par le gouvernement, a rapporté un journaliste de l’AFP.
Dans la ville et dans plusieurs localités de sa périphérie en région oromo – principal foyer de la contestation antigouvernementale de ces trois dernières années –, les rues étaient inhabituellement calmes. « Nous avons peur. La grève est une réponse à la crainte » que nous inspire l’état d’urgence, a expliqué à l’AFP un habitant de Burayu, sous couvert de l’anonymat de peur d’être arrêté par la police.

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Sur les axes routiers de sortie de la capitale, de nombreux bus et poids lourds étaient en file indienne à l’arrêt, de peur d’être pris pour cible s’ils s’aventuraient en dehors de la ville. « Nous ne prendrons pas la route car les camions ne peuvent pas passer : nous pourrions être visés par des jets de pierres », a déclaré à l’AFP un chauffeur de poids lourd.
Démission surprise du Premier ministre
L’état d’urgence décrété le 16 février, au lendemain de la démission surprise du Premier ministre, Hailemariam Desalegn, après six ans à la tête du pays, interdit toute grève ou entrave à la circulation.

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Un premier état d’urgence instauré entre octobre 2016 et août 2017 avait ramené, au prix de milliers d’arrestations, un calme relatif dans le pays, confronté à un mouvement de contestation antigouvernementale sans précédent depuis l’arrivée au pouvoir de l’actuel régime, en 1991.
Les quatre partis qui forment la coalition au pouvoir, l’EPRDF, ont multiplié ces derniers jours des consultations internes en vue de la nomination prochaine d’un successeur à M. Hailemariam.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ La chancelière a listé lundi plusieurs défis européens qui vont ponctuer son quatrième mandat.
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Angela Merkel veut « redonner une voix forte » à l’Allemagne au sein de l’UE

La chancelière a listé lundi plusieurs défis européens qui vont ponctuer son quatrième mandat.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 17h07
   





                        



   


Au lendemain de l’annonce de l’accord de coalition avec les sociaux-démocrates du SPD, la chancelière allemande Angela Merkel a promis de redonner à l’Allemagne une « voix forte » en Europe face aux multiples défis auxquels fait face l’UE.
« Nous voyons tous les jours que l’Europe est très sollicitée, et qu’une voix forte de l’Allemagne, au côté de celle de la France et d’autres Etats membres, est nécessaire », a déclaré Mme Merkel avant une réunion du Parti chrétien-démocrate (CDU).
A la suite de l’imbroglio politique allemand – six mois ont été nécessaires pour former une majorité de gouvernement, l’étendard européen semble être passé aux mains du président français Emmanuel Macron. Et ce dernier attendait la reconduction de Mme Merkel pour négocier un ambitieux plan de réforme d’une Union européenne émoussée par la montée des nationalismes.

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Plusieurs défis européens
Dernier exemple en date : l’Italie, avec l’essor aux législatives dimanche de forces anti-système qui complique la formation d’un gouvernement. Berlin a appelé lundi à la formation rapide d’une équipe dirigeante « pour le bien de l’Italie mais aussi de notre Europe commune ».
Parmi les autres défis européens qui vont ponctuer son quatrième mandat, la chancelière a cité le commerce international, les Etats-Unis de Donald Trump menaçant d’ériger toujours plus de barrières douanières. Le porte-parole de la dirigeante allemande a accusé Washington de « faire fausse route » avec « le repli sur soi ».
Elle a aussi mentionné le conflit en Syrie, sur lequel l’UE est inaudible, bien que cette guerre ait provoqué une crise migratoire en Europe sans précédent depuis 1945.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ En visite à Ouagadougou avec son homologue togolais, Mahamadou Issoufou a souligné sa volonté de « combattre sans relâche le terrorisme ».
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Compte rendu

Attaques au Burkina : le président du Niger réaffirme la solidité de l’alliance avec la France

En visite à Ouagadougou avec son homologue togolais, Mahamadou Issoufou a souligné sa volonté de « combattre sans relâche le terrorisme ».


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-03-05T17:05:01+01:00"

        Le 05.03.2018 à 17h05






    
Des membres des forces de sécurité burkinabées positionnées près de l’ambassade de France à Ouagadougou, après une attaque d’assaillants armés la 2 mars 2018.
Crédits : Ludivine Laniepce / AP


Le président du Niger Mahamadou Issoufou a réaffirmé lundi 5 mars, au cours d’une visite à Ouagadougou, la solidité de l’alliance des pays sahéliens avec la France contre le terrorisme. Cette annonce a été faite trois jours après les attaques djihadistes qui ont frappé la capitale burkinabée.
« Je voudrais avoir une pensée pour les alliés, qui payent un lourd tribu dans ce combat que nous menons côte à côte contre le terrorisme et en particulier, parmi les alliés, la France, dont l’ambassade a été attaquée », a déclaré M. Issoufou, président en exercice du G5 Sahel, à l’aéroport de Ouagadougou.

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                Soupçons de complicité dans le double attentat de Ouagadougou



Le G5 Sahel, alliance de cinq pays (Niger, Tchad, Mauritanie, Burkina Faso et Mali), est en train de mettre en place une force militaire régionale pour combattre les groupes djihadistes qui sévissent dans la zone, avec l’appui de plusieurs pays occidentaux, notamment la France.
Visite conjointe avec le président togolais
« Nous savons que les terroristes et leurs complices cherchent à défaire notre alliance. On les entend souvent dire de nos alliés qu’ils sont des forces étrangères. Pour nous ce ne sont pas des forces étrangères, mais des forces alliées qui combattent pour la même cause que nous », a déclaré le président nigérien, qui effectuait sa courte visite avec le président togolais Faure Gnassingbé. Avec leur homologue burkinabé Roch Marc Christian Kaboré, ils se sont rendus sur les lieux des attaques de vendredi, l’ambassade de France et l’état-major général des armées burkinabées.

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                Qu’est-ce que le GSIM, le groupe djihadiste qui a revendiqué l’attentat de Ouagadougou ?



Mahamadou Issoufou a aussi réaffirmé la « volonté commune [des pays du G5-Sahel] de continuer sans relâche, sans répit de combattre le terrorisme et le crime organisé ». Faure Gnassingbé a insisté quant à lui sur l’importance d’une mise en action rapide de la force du G5 Sahel.
« Je reste convaincu qu’avec la détermination des uns et des autres, qu’avec la courageuse initiative du G5 Sahel, une solution définitive passe également par une rapide opérationnalisation du G5 Sahel », a-t-il déclaré.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ L’opération militaire contre l’enclave rebelle de la Ghouta orientale « doit se poursuivre », a prévenu dimanche 4 mars le président syrien, pour qui « la trêve » n’est pas contradictoire avec la poursuite des « opérations de combat ».
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Washington envoie un message clair à Pékin dans un contexte de tensions en mer de Chine du Sud et de doutes sur l’engagement américain en Asie.
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Visite historique d’un porte-avions américain au Vietnam

Washington envoie un message clair à Pékin dans un contexte de tensions en mer de Chine du Sud et de doutes sur l’engagement américain en Asie.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 16h55
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 17h53
    |

            Bruno Philip (Bangkok, correspondant en Asie du Sud-Est)








                        



                                


                            

Pour la première fois depuis cinquante-trois ans, un porte-avions américain est à l’ancre dans un port vietnamien. Et le mouillage de l’USS Carl Vinson, arrivé lundi 5 mars en baie de Danang avec à son bord 5 500 marins et des dizaines d’avions de chasse, n’a pas été choisi au hasard : c’est dans cette baie du centre de Vietnam que les marines américains débarquèrent, en mars 1965, enclenchant ainsi l’engagement qui allait aboutir à la déroute des Etats-Unis. Depuis le retrait américain de 1973 – et la chute de Saïgon, deux ans plus tard –, aucun porte-avions de la marine américaine n’était revenu au Vietnam.
Le puissant symbole de l’arrivée du Carl Vinson, à l’heure où la Chine poursuit la poldérisation, à des fins militaires, d’îlots disputés en mer de Chine du Sud, a été aussitôt mis en exergue par le commandant du navire, l’amiral John V. Fuller : « C’est un événement historique puisque aucun porte-avions [américain] n’était revenu ici [depuis la guerre] », a t-il déclaré, avant de préciser sans ironie : « Nous espérons pouvoir ici continuer notre mission de toujours : promouvoir la sécurité, la stabilité et la prospérité dans la région. »
Pour le Vietnam, qui entretient avec la Chine une relation complexe, faite de phases de rapprochement et de tension, les Etats-Unis représentent l’unique soutien potentiel face à la montée en puissance militaire de Pékin. Le Vietnam et la Chine se disputent dans la région la souveraineté des îles Paracels, tandis que les îlots des Spratleys sont également revendiqués par la Malaisie, Taïwan, le sultanat de Brunei et les Philippines.
Contrepoids stratégique
A l’heure où le président philippin Rodrigo Duterte semble s’être rangé résolument du côté chinois et où les autres pays d’Asie du Sud-Est ne montrent désormais plus aucune intention d’affronter Pékin sur le sujet, le Vietnam ne peut plus compter que sur Washington. Et tandis que la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Les unions entre grandes familles relèvent souvent d’une stratégie d’alliance pour accroître le pouvoir des deux clans.
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Chronique

Au Nigeria, le mariage entre élites est un acte politique et économique

Les unions entre grandes familles relèvent souvent d’une stratégie d’alliance pour accroître le pouvoir des deux clans.

Par                                            Benjamin Augé (chroniqueur Le Monde Afrique)




LE MONDE
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        Le 05.03.2018 à 16h16

     •
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        Mis à jour le 05.03.2018 à 16h51






    
Le president Muhammadu Buhari (à gauche), le 3 mars à Kano, lors des noces entre la fille du gouverneur de l’état de Kano et le fils du gouverneur de l’état d’Oyo.
Crédits : THIS DAY


L’amour, oui, peut-être, mais pas uniquement. Au Nigeria, pour la classe politique et les milieux économiques à succès, mieux vaut choisir avec soin son conjoint pour sécuriser son avenir et faire fructifier la richesse de sa famille. La pratique n’a rien d’exceptionnel mais les élites locales disposent d’un art maîtrisé pour imaginer des unions « relevant » entre leurs enfants.
Difficile à traduire dans sa globalité, cette expression exprime la capacité d’une personne à être « utile » ou « pertinente ». C’est-à-dire, en clair dans l’écosystème nigérian : être capable d’apporter des contrats juteux, ainsi que garantir suffisamment de soutiens humains et financiers pour accéder à des postes politiques pour soi-même ou pour ses proches, qui sauront rendre la pareille. Le mariage est ainsi, au sein du pays le plus peuplé d’Afrique, une institution capitale pour sanctuariser sa « relevance ».
Alliances de clans
Le dernier exemple de ces unions de grandes familles nigérianes s’est tenu le samedi 3 mars à Kano. Tout ce que le Nigeria compte de têtes d’affiche politiques s’étaient données rendez-vous dans la deuxième ville du pays pour la célébration du mariage entre la fille du gouverneur de Kano, Abdullahi Umar Ganduje, et le fils du gouverneur d’Oyo (sud-est), Abiola Ajimobi. Le président Muhammadu Buhari, le président du sénat Bukola Saraki, une vingtaine de gouverneurs et d’innombrables sénateurs et députés, avaient fait le déplacement pour célébrer l’événement.

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L’émir de Kano, Sanusi II, l’une des plus hautes autorités de l’islam au Nigeria et ancien gouverneur de la Banque centrale du pays, dirigeait la prière pour l’assistance, composée quasi exclusivement des puissants nigérians. Si les heureux mariés, Idris Abiola Ajimobi et Fatima Umar Ganduje, étaient bien au cœur des festivités de la journée, ce genre de mariage entre deux grandes familles d’hommes politiques, particulièrement courant au Nigeria, permet surtout d’accroître le pouvoir économique et politique des deux clans en scellant leur alliance. Si les hommes politiques ont ce type de réflexe, il en est de même pour les hommes d’affaires – la frontière entre les deux activités est particulièrement ténue au Nigeria. La stratégie matrimoniale comme moyen de souder deux puissantes familles n’est évidemment pas propre au Nigeria, mais elle y est devenue une science particulièrement éprouvée et efficace.
Muhammadu Indimi, roi du réseautage par le mariage
Les hommes d’affaires nigérians avisés ne s’y trompent pas : il faut faire grandir par tous les moyens leurs réseaux politiques et religieux au plus haut sommet de l’Etat. Pour cela, quoi de mieux que de marier ses enfants à des sommités politiques, religieuses et économiques venant des quatre coins du pays ? L’un des meilleurs spécialistes de ces équilibres est sans conteste le milliardaire Muhammadu Indimi, fondateur et président de la société pétrolière Oriental Energy Resources (OER), l’une des firmes locales les plus profitables du secteur grâce aux gisements offshore d’Ebok et Okwok.

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M. Indimi, originaire de l’Etat de Borno au nord-est, a mis en place un véritable maillage géopolitique du pays grâce aux mariages de ses enfants. Le plus beau succès d’Indimi est probablement le mariage en décembre 2016 de son fils Ahmed avec la fille de Muhammadu Buhari, Zahra. Bien avant ce mariage en grande pompe, organisé à la mosquée d’Abuja, Muhammadu Indimi avait travaillé, tel un mécano, à l’union de ses autres enfants avec les progénitures d’autres grandes familles nigérianes. Mustafa Indimi a par exemple épousé, en janvier 2017, Hadiza Sheriff, la fille de l’ex gouverneur de l’Etat de Borno qui a aussi été le président de l’une des factions du principal parti d’opposition au Nigeria (People’s Democratic Party), Ali Modou Sheriff. Ce dernier est un grand ami du président tchadien Idriss Déby. Le Tchad lui a notamment octroyé nombre de blocs pétroliers d’exploration. M. Sheriff est donc un intermédiaire de choix pour les nigérians souhaitant investir au Tchad. Un des autres fils de Muhammadu Indimi, Ibrahim, s’est marié avec la fille de Sani Dangote, vice-président du groupe fondé par son frère, l’homme d’affaires le plus riche d’Afrique, Aliko Dangote.

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Muhammadu Indimi a fait de même avec ses filles. Yakolo Indimi, l’administratrice de la société pétrolière de son père, est mariée depuis plusieurs années à Muhammed, l’un des fils de l’ancien président nigérian Ibrahim Babangida (1985-1993). Amina Indimi a quant à elle épousé un membre de la famille Fodio de l’Emir de Sokoto, la plus haute autorité de l’islam au Nigeria. Enfin, le petit dernier, Jibrilla Indimi, s’est uni avec Hadiza Giwa, la fille adoptive du puissant émir de Zaria, Alhaji Shehu Idris.
Benjamin Augé est chercheur associé aux programmes Afrique et Energie de l’Institut français des relations internationales (IFRI).


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Le correspondant du « Monde » à Rome a répondu à des questions d’internautes au lendemain de scrutins parlementaires remportés par les « forces antisystème ».
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Elections en Italie : « Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’on repart de zéro »

Le correspondant du « Monde » à Rome a répondu à des questions d’internautes au lendemain de scrutins parlementaires remportés par les « forces antisystème ».



Le Monde
 |    05.03.2018 à 16h05
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 18h04
   





                        


A l’issue du vote des Italiens, dimanche 4 mars, pour élire députés et sénateurs, aucune majorité parlementaire claire n’a émergé lundi matin. Avec 32 % des voix, le Mouvement cinq étoiles (M5S) est arrivé en tête, tandis que la coalition de droite et d’extrême droite obtient près de 37 % des voix, selon des résultats partiels. Au cours d’un tchat, le correspondant du Monde à Rome, Jérôme Gautheret, a fait le point avec des internautes.

        Lire la synthèse :
         

          En Italie, le triomphe des forces antisystème



Gultyx : Les deux présidents des partis arrivés en tête, Ligue et M5S, ont dit vouloir gouverner. Mais chacun a refusé une alliance avec l’autre. Quelles sont alors les possibilités ?
Jérôme Gautheret : Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que, depuis ce matin, on repart de zéro. Les discussions vont commencer, et elles prendront quelques semaines. Il ne faut pas accorder trop d’importance aux déclarations passées. Toutes les configurations seront étudiées. Franchement, rien n’est impossible. Y compris une absence prolongée de gouvernement, avec de nouvelles élections à la fin de l’année.
Ces derniers mois, c’est la possibilité d’une alliance du M5S et de la Ligue du Nord qui suscitait les inquiétudes les plus profondes dans les milieux économiques et à Bruxelles. Aujourd’hui, je pense que c’est hautement improbable, d’abord parce que les Cinq étoiles sont en plein recentrage européen, ensuite parce que dans un tel ensemble, la Ligue du Nord ne serait qu’une force d’appoint, et que son chef, Matteo Salvini, n’a rien à gagner à ça.
Ce qu’il va falloir regarder, car c’est un grand classique de la politique italienne, ce sont les scissions en tout genre qui risquent de s’opérer dans les prochains jours. En ayant en tête une idée : des Cinq étoiles et de la Ligue, c’est la formation qui fera le moins peur qui rassemblera le plus facilement autour d’elle.

   


Ra’ton : La gauche va-t-elle sérieusement accepter de laisser l’extrême droite gouverner en refusant toute alliance pour sa « cure d’opposition », ou peuvent-ils, comme le SPD en Allemagne, finalement se décider à négocier avec le Mouvement 5 étoiles ?
La pression sera très forte à gauche pour rejeter à tout prix la possibilité d’un gouvernement dominé par l’extrême droite. Après une telle claque, la cure d’opposition est un réflexe naturel, mais il faut prendre conscience que ce genre de raisonnement est peu conforme à la tradition italienne, qui tend à fabriquer des consensus les plus larges possible. Ici, on fait des coalitions pour s’assurer une part du pouvoir, et quand on peut gouverner, on gouverne. Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que le gouvernement Gentiloni n’est pas tombé. Autrement dit, tant qu’il n’y a pas de majorité, il continue d’exister.
B : Peut-on dire quelque chose à propos de la répartition spatiale du vote ?
C’est un des résultats les plus saillants du scrutin : au sud de Rome, le M5S est en position majoritaire ; au nord, c’est la droite, et au sein de la droite, la force dominante est la Ligue. Pour le reste, les centres des grandes villes sont les seuls endroits où le Parti démocrate aura limité la casse : le parti de centre gauche est même en tête à Milan.
Otto : Constitutionnellement, que peut faire le président de la République, Sergio Mattarella ?
Son rôle est essentiel : c’est en effet lui, et lui seul, qui aura la responsabilité de nommer la personnalité selon lui la plus à même de gouverner. Par ailleurs, M. Mattarella est un modéré, et sa mission institutionnelle est de… sauvegarder les institutions. Dans les prochains jours, il fera tout pour éviter les configurations trop aventureuses.
Pascal : Quel a été le thème central de ces élections ? L’économie, le social, l’immigration ?
Vu que la conjoncture s’est considérablement améliorée ces derniers mois, l’économie n’a pas été centrale dans la campagne, sauf sous la forme d’une surenchère inédite de promesses de baisses d’impôt. Le sujet qui a dominé les discussions, et qui explique en grande partie le résultat de la Ligue, c’est l’immigration. Dossier sur lequel l’Europe n’a pas brillé ces dernières années par sa solidarité envers l’Italie, et qui aura contribué à faire monter toutes les forces eurosceptiques.
Sans doute Matteo Salvini doit-il à Bruxelles une bonne partie de son succès. S’agissant des Cinq étoiles, je serais en revanche plus prudent. Ce mouvement est profondément italien, et très lié à l’histoire politique du dernier quart de siècle. Ses dynamiques sont avant tout internes, dans le rejet de la corruption, de la « caste » et d’une société bloquée.

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                Italie : qu’est-ce que le Mouvement 5 étoiles ?



Vu de Troyes : Quel est l’état d’esprit à Bruxelles vis-à-vis de l’Italie en ce moment ?
Pour l’heure, ce qui est frappant c’est l’absence de panique, tant à Bruxelles que sur les marchés. A la Commission, on espère sans doute que la raison l’emportera, et on parie que personne n’a intérêt à provoquer une crise majeure, alors que l’UE semble enfin relever la tête.
Doudidou : Mais d’où vient cette loi électorale si compliquée que les Italiens ont tenté (en vain) de simplifier en 2017 ? Ages différents pour voter pour les députés et les sénateurs, nominations directes, vote pour un parti…
L’âge différent pour voter est une tradition qui vient de loin. Pour le reste, le « Rosatellum » a été conçu à l’automne dernier pour favoriser les formations capables de constituer des alliances (en premier lieu le PD et Forza Italia, donc) et pour barrer la route aux Cinq étoiles. C’est une loi qui ne répond qu’à des raisons d’opportunité. Et dont chacun pourra constater que la principale victime est le PD, qui l’a conçue !
Alias Renzi : Quel est le background de Luigi Di Maio, le chef de file du M5S ? A-t-il les compétences pour gouverner ?
Le background ? Il est plus que léger. M. Di Maio est né en 1986, il est entré au Parlement à 26 ans, en 2013. Avant cela, il n’a aucune expérience ou presque hors de la politique. Ses opposants ne manquent pas de le rappeler, en même temps qu’ils moquent son peu de culture générale et sa maîtrise approximative du subjonctif… Mais pour être tout à fait honnête, un Renzi ou un Salvini n’ont pas beaucoup plus d’expérience professionnelle, ils sont tous entrés en politique avant 20 ans, pour ne jamais faire rien d’autre. Et de l’avis général, M. Di Maio a bien rempli son rôle de vice-président de la Chambre.

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Vincent : Quel est le rôle d’un Silvio Berlusconi, qui ne peut pas être élu ? Quels sont les autres leaders possibles au sein de Forza Italia ?
Silvio Berlusconi n’a fait aucune apparition publique depuis dimanche soir. Jusque-là, il pouvait dire qu’en 2011, il n’avait pas été chassé par les urnes, ce qui était parfaitement exact. Mais cette fois-ci, c’est désastreux. Il est très difficile de l’imaginer rester en politique après cette humiliation. A vrai dire, c’est l’avenir de Forza Italia tout entière qui est en suspens : au fil des années et des épurations, le parti en était venu à ne plus être que le rassemblement des amis de Berlusconi, et toutes les figures charismatiques qui auraient pu rivaliser avec lui sont parties, ou ont été évincées. Autrement dit, Forza Italia n’est plus qu’une coquille vide, et risque bien dans les prochaines semaines de changer en profondeur.
Alias Renzi : Comment expliquez-vous que les expériences très mitigées de gestion M5S (je pense en particulier à la mairie de Rome) n’aient pas eu de conséquences négatives sur le vote, au contraire ?
L’envie d’envoyer promener les élites politiques traditionnelles aura été la plus forte…

   





                            


                        

                        


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En Italie, il faut en moyenne un mois et demi de négociations pour former un gouvernement

Alors que les tractations commencent au lendemain des élections législatives italiennes, retour en chiffres sur les derniers exemples comparables.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 15h45
    |

                            Les Décodeurs








                        


Une période de négociations politiques compliquée s’ouvre en Italie. Aucune majorité nette ne se dessine en effet après les élections législatives du dimanche 4 mars. Arrivé en tête avec environ 32 % des voix, le Mouvement 5 étoiles (M5S) ne peut obtenir de majorité seul. Pas plus que l’alliance du parti d’extrême droite de Matteo Salvini, la Ligue, et du parti Forza Italia de Silvio Berlusconi.
Dans tous les cas, les deux chambres du nouveau Parlement ne siégeront pour la première fois que le 23 mars. Les discussions en vue de constituer un gouvernement ne commenceront réellement qu’après. Et elles pourraient traîner en longueur.
Selon nos relevés, l’Italie a connu sept périodes de transition consécutives à des élections législatives depuis 1992 (neuf autres gouvernements ont été formés après démission du précédent, sans élections). Dans la plupart des cas, il s’est écoulé au moins un mois entre le jour du vote et celui où le gouvernement a prêté serment. Certaines négociations ont même duré deux mois, voire même presque trois dans le cas de la formation du premier gouvernement Amato (84 jours), record de ces trente dernières années :


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Il faut souvent au moins un mois pour former un gouvernement en Italie
Durée écoulée entre l'élection et le serment du gouvernement (seuls les gouvernements formés directement après un scrutin ont été retenus)

Source : Les Décodeurs



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Sur ces sept cas de figures, la durée moyenne des négociations a été de 43,6 jours, soit un peu moins d’un mois et demi. Signe qu’il faudra sans doute s’armer de patience avant de connaître le dénouement de la transition qui s’amorce à Rome.



                            


                        

                        


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Italie : qu’est-ce que le Mouvement 5 étoiles ?

Grand vainqueur des élections du dimanche 4 mars, le parti fondé par Beppe Grillo n’a pas de ligne idéologique bien précise en dehors de son credo anti-élites.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 15h20
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 17h40
    |

                            service international








                        


En moins de dix ans, elle est devenue la première formation politique d’Italie. Le Mouvement 5 étoiles (M5S) a obtenu, dimanche 4 mars, plus de 31 % des suffrages aux législatives, déclenchant un séisme politique dans le pays. Mais quel est ce « non-parti » campant sur une ligne « ni droite ni gauche » qui le rend quasiment inclassable selon les canons de la science politique ?

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                Au lendemain du scrutin en Italie, les tractations politiques s’annoncent longues



Un parti jeune
Crée en 2009, le M5S est né de l’alliance d’un célèbre humoriste, Beppe Grillo, et d’un informaticien inconnu, Gianroberto Casaleggio, mort en 2016. Le parti découle d’un mouvement social anti-élite et anti-corruption agrégé depuis 2005 autour du blog très populaire de l’humoriste. Le point d’orgue de ce mouvement sera le V-Day (V pour vaffanculo, « va te faire foutre »), les 8 et 9 septembre 2007, avec des rassemblements organisés dans toute l’Italie au cours desquels plus de 300 000 signatures sont recueillies en faveur d’une initiative appelée « Parlamento pulito » (« Parlement propre »), qui voulait interdire l’entrée au Parlement des personnes condamnées par la justice et limiter à deux mandats successifs les carrières parlementaires.
Ce blog avait été créé avec Gianroberto Casaleggio, que l’humoriste avait rencontré en 2004. Très discret, Casaleggio a ensuite été le « cerveau » politique du M5S jusqu’à sa mort. Internet et les réseaux sociaux ont toujours gardé un rôle central dans le fonctionnement du parti, qui n’a pas de siège et fait voter ses militants sur toutes ses propositions. Dans la foulée du succès du V-Day, le 4 octobre 2009, jour de la Saint-François d’Assise – un symbole très fort en Italie – naît le Mouvement 5 étoiles.

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          Les mystères de Davide Casaleggio, fils du cofondateur du Mouvement 5 étoiles



Un programme attrape-tout et changeant
A l’origine, le M5S a pris ce nom pour énoncer cinq priorités : retour au public de la gestion de l’eau, zéro déchets, transports publics, énergies renouvelables et wifi gratuit. Le 5, écrit en chiffre romain (V), fait aussi référence au vaffanculo fondateur.
Son inspiration initiale se trouve plutôt à gauche, dans la lutte contre les politiques d’austérité appliquées dans le pays à la suite de la crise de la dette dans la zone euro. Mais au Parlement européen, le parti s’est allié en 2014 avec le parti d’extrême droite britannique UKIP… A l’époque, le M5S prônait également un référendum sur la sortie de l’euro, mais il a fini par abandonner l’idée ces derniers mois lors de la campagne pour les législatives.
Même flou sur l’immigration : Beppe Grillo a plusieurs fois fait des déclarations contre le droit du sol ou pour le durcissement des règles d’asile, mais la base du parti n’a pas toujours suivi. « C’est ce que les Anglo-Saxons appelleraient un “marketing-oriented party”. Un mouvement attrape-tout, qui s’encombre peu de contradictions », estime le professeur de sciences politiques Massimiliano Panarari, coauteur, avec Marco Laudonio, d’un « dictionnaire critique » consacré au mouvement (Alfabeto Grillo, éd. Mimesis, 2014, non traduit). Allié à son organisation horizontale, ce flou programmatique explique pourquoi M5S est parfois qualifié de « populiste » ou « d’anti-système ».
Une progression constante
Depuis sa création, le M5S affiche des résultats électoraux de plus en plus encourageants. Il remporte ses cinq premières mairies en 2012 et entre en force au Parlement en 2013. Avec 25 % des voix, il envoie 109 militants totalement inexpérimentés à la Chambre des députés, et 54 au Sénat. Leur arrivée, marquée par de nombreux coups d’éclat, bouleversera le fonctionnement d’un Parlement endormi dans ses habitudes. En 2014, le parti arrive en deuxième position aux élections européennes. Et fin juin 2016, il gagne les élections municipales dans deux des plus grandes villes du pays, Rome et Turin.
Avec plus de 31 % des voix obtenus dimanche, selon les dernières estimations, le M5S devrait obtenir environ 226 députés et 112 sénateurs dans la prochaine mandature. Le parti est en position de force pour la formation du gouvernement. Longtemps hostile à toute alliance avec les partis traditionnels, le M5S a brusquement changé d’avis ces dernières semaines, sous l’influence de l’actuel dirigeant du mouvement, Luigi Di Maio (31 ans), qui incarne une aile plus modérée et réaliste.

        Lire aussi (édition abonnés) :
         

          Di Maio, un dauphin à la droite de Grillo



Des résultats mitigés
Si le mouvement promet de bouleverser les pratiques politiques, ses résultats sur le terrain sont plutôt mitigés. A l’image de la maire de Rome, Virginia Raggi, qui enchaîne les scandales depuis son élection. La gestion des déchets et des transports publics reste catastrophique dans la capitale.
Autre symbole des difficultés du parti : les départs ou les expulsions incessantes de cadres du parti, parfois mis au ban sur simple critique de Beppe Grillo. A la fin de la dernière législature, le M5S ne comptait ainsi plus que 88 députés (contre 109 au départ) et 35 sénateurs (contre 54). Bien qu’officiellement parfaitement transparent, le fonctionnement interne du parti et de son site Internet (baptisé « Rousseau ») est en réalité très opaque.



                            


                        

                        


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Au lendemain du scrutin en Italie, les tractations politiques s’annoncent longues

A l’issue des législatives de dimanche, aucun parti ou coalition n’a pu obtenir de majorité absolue, plongeant le pays dans l’incertitude.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 14h26
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 18h06
   





                        


Au lendemain des élections législatives, l’Italie s’est réveillée lundi 5 mars sans majorité absolue au Parlement. Le pays s’apprête à entrer dans un long tunnel de tractations politiques. « Quel bordel » titrait lundi matin le quotidien italien Il Tempo, résumant l’atmosphère générale.
Les partis antieuropéens font le plein
La percée spectaculaire des partis opposés à l’Europe s’impose comme l’un des enseignements marquants. Le Mouvement 5 étoiles (M5S), qui se revendique « antisystème », devient le premier parti du pays avec 32 % des voix, selon les premiers résulats.
La coalition formée par Forza Italia, de Silvio Berlusconi, la Ligue, de Matteo Salvini (extrême droite) et le petit parti Fratelli d’Italia (« Frères d’Italie »), obtient, elle, 37 % des voix, loin devant le Parti démocrate (centre gauche), de Matteo Renzi (19 %), selon des résultats partiels portant sur deux tiers des bureaux de vote.

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                En Italie, le triomphe des forces antisystème



Matteo Salvini et Luigi Di Maio revendiquent la victoire

   


Le dirigeant de la Ligue, Matteo Salvini, a été le premier à dégainer. Dès la fin de matinée, il a affirmé, au cours d’une conférence de presse, que la coalition de droite et d’extrême droite avait « le droit et le devoir de gouverner », revendiquant également la direction du gouvernement. M. Salvini a aussi écarté l’idée d’une coalition avec les populistes du Mouvement 5 étoiles, qui a obtenu 31,93 % des suffrages.
Quelques minutes après l’intervention de M. Salvini, Luigi Di Maio le dirigeant du M5S, premier parti d’Italie dans ces élections, a également revendiqué le droit de former un gouvernement. « Nous avons la responsabilité de donner un gouvernement à l’Italie (…). Nous sommes une force politique qui représente le pays tout entier, ce que je ne peux pas dire des autres formations, cela nous projette inévitablement vers le gouvernement du pays », a déclaré le leadeur de 31 ans lors d’une conférence de presse à Rome.
Et alors que le parti fondé par l’humoriste Beppe Grillo a toujours refusé les alliances et a fait campagne contre les combines politiques, des élus du mouvement ont ouvert la porte dimanche à des négociations avec d’autres formations : « Tous les partis vont devoir venir parler avec nous, a notamment lancé le député Alessandro Di Battista. C’est eux qui devront venir parler avec nous, avec nos méthodes de correction et de transparence. » 
La chute de Matteo Renzi et de Silvio Berlusconi

   


Les deux poids lourds de la politique italienne ont subi un sérieux revers dimanche. Le Parti démocrate (PD, centre gauche) de Matteo Renzi, l’ancien premier ministre, n’avait jamais atteint un score aussi bas, avec 19 % des voix.
A l’échelle du pays, le centre gauche n’est arrivé en tête que dans deux régions, la Toscane et le Trentin-Haut-Adige. Le PD, avait pourtant remporté 40 % des suffrages aux élections européennes de 2014. « Il est clair que pour nous il s’agit d’une défaite évidente », a commenté Maurizio Martina, un des plus hauts responsables du PD. C’est d’ailleurs l’ensemble de la gauche qui subit une sérieuse défaite. Les frondeurs de Liberi e Uguali (« Libres et Egaux », gauche), sont à peine au-dessus du seuil de 3 % nécessaires pour entrer au Parlement.
L’autre grand perdant de cette soirée électorale n’est autre que Silvio Berlusconi. L’ancien homme fort de l’Italie a tenté un énième retour sur la scène politique à 81 ans. Mais son parti, Forza Italia, n’est arrivé qu’en quatrième position, devancé notamment pour la première fois par la Ligue.

   


Début des concertations
Le président de la République, Sergio Mattarella, placé par la Constitution italienne en position d’arbitre, a un rôle crucial. C’est lui qui doit décider à qui il confiera la charge de former un gouvernement.

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                En Italie, il faut en moyenne un mois et demi de négociations pour former un gouvernement



Pour ce faire, il dispose d’un peu de temps : avant que commencent les négociations officielles il faut attendre l’ouverture de la législature, le 23 mars, puis la désignation des présidents et vice-présidents des Chambres et des divers groupes. Et si aucune majorité ne se dessine, M. Mattarella devrait laisser en place le gouvernement actuel de Paolo Gentiloni (centre gauche), qui n’a pas besoin de demander la confiance du nouveau Parlement pour gérer les affaires courantes. Le temps, éventuellement, de convoquer de nouvelles élections.

   


Les europhobes se félicitent
A l’étranger, la présidente du Front national, Marine Le Pen, a été parmi les premières à adresser ses « chaleureuses félicitations » à M. Salvini sur Twitter, estimant que sa « progression spectaculaire » était « une nouvelle étape du réveil des peuples ». Dans un bref message sur Twitter, l’ancien leadeur du UKIP Nigel Farage a aussi félicité ses « collègues » du M5S.
La ministre des affaires européennes française, Nathalie Loiseau, se refusant au « catastrophisme », a estimé sur Franceinfo que l’Italie était « dans une phase d’eurodéception ». Un peu plus tard le président français, Emmanuel Macron, a relevé le contexte de « la très forte pression migratoire » que connaît l’Italie et qui serait, selon lui, une des explications des résultats.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Les Italiens se réveillent, lundi, dans un pays difficilement gouvernable à l’issue des élections législatives.
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Italie : les personnalités clés dans les négociations de gouvernement

Les Italiens se réveillent, lundi, dans un pays difficilement gouvernable à l’issue des élections législatives.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 13h05
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 14h07
   





                        


Des tractations politiques difficiles s’annoncent en Italie, où les élections législatives du dimanche 4 mars n’ont permis à aucune majorité claire d’émerger. Les partis traditionnels ont été débordés par l’extrême droite de la Ligue du Nord et l’ovni contestataire qu’est le Mouvement 5 étoiles.
Les négociations ne devraient pas commencer avant l’ouverture de la législature, le 23 mars, mais plusieurs visages de la politique italienne s’imposent déjà comme de futurs acteurs-clés.

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Luigi Di Maio, le contestataire qui veut être incontournable

   


Il se voulait le visage modéré d’un mouvement populiste créé en 2009 par l’humoriste Beppe Grillo : Luigi Di Maio avait de quoi exulter, dimanche soir, à l’annonce des premiers résultats. Le Mouvement 5 étoiles (M5S), qui a longtemps refusé toute alliance, s’est imposé à l’issue des élections législatives comme le premier parti d’Italie.
Avec 32,4 % des suffrages obtenus à la Chambre des députés et 32 % au Sénat, le parti populiste n’a pas obtenu de majorité lui permettant de gouverner seul, mais clame qu’aucune tractation ne se fera sans lui. « Tout le monde va devoir venir nous parler », a commenté, dimanche soir, le responsable du M5S, Alessandro Di Battista.
A 31 ans, Luigi Di Maio s’est attaché pendant la campagne à représenter le visage rassurant du parti contestataire. Alors que le M5S avait rejoint, en 2014, le même groupe parlementaire que le parti britannique UKIP (pro-Brexit), Luigi Di Maio assurait en février au Monde que son parti était favorable à l’Europe : « Certes, nous sommes critiques, mais nous voulons rester dans l’Union européenne, et bien sûr, nous voulons rester dans l’euro. »

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Matteo Salvini, le pari de l’extrême droite

   


A bientôt 45 ans, Matteo Salvini est le chef de file du parti d’extrême droite de la Ligue du Nord, rebaptisé Ligue pour cette campagne. Après une campagne menée à coups de messages extrémistes et de provocations, ce Milanais qui a centré la campagne des élections sur les thèmes de l’immigration et de l’insécurité a remporté une forme de victoire.
Il est parvenu à parachever la mutation de la Ligue, naguère recroquevillée sur le nord du pays, en grande formation d’extrême droite rayonnant sur la totalité du territoire, sans pour autant s’affaiblir sur ses bases de Lombardie et de Vénétie.
La Ligue de Matteo Salvini est surtout arrivée en tête au sein de la coalition formée pour ces élections avec Silvio Berlusconi et sa formation Forza Italia. La Ligue a décroché environ 18 % des suffrages dans les deux chambres, contre 14 % pour le parti de l’ancien président.
Dans le cadre de leur accord de coalition, le parti de Matteo Salvini et Forza Italia avaient convenu que la formation qui arriverait en tête prendrait la direction d’un éventuel gouvernement. Si leur alliance ne semble pas suffisante pour une majorité, le parti d’extrême droite pourrait chercher d’autres alliés.

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Sergio Mattarella, l’arbitre

   


Avec aucun parti obtenant la majorité absolue, une période de tractations va s’ouvrir dans les prochains jours. Placé par la Constitution italienne en position d’arbitre, le président de la République, Sergio Mattarella, devra décider à qui il confiera la charge de former un gouvernement.
Pour ce faire, il dispose d’un peu de temps : avant que ne commencent les négociations officielles, il faut attendre l’ouverture de la législature, le 23 mars, puis la désignation des présidents et vice-présidents des Chambres et des divers groupes.
Très fin connaisseur du monde politique italien, il passe pour un fin manœuvrier, en même temps qu’un homme de sang-froid. Des qualités qui ne seront pas de trop s’il veut conserver une chance d’épargner à l’Italie un grand saut dans l’inconnu.

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Matteo Renzi, vers des tractations compliquées

   


Les tractations s’annoncent difficiles pour l’ancien chef du gouvernement Matteo Renzi, actuel secrétaire général du Parti démocrate. Avec 18,8 % des suffrages obtenus à la Chambre des députés et 19,2 % au Sénat, selon les premiers résultats, le PD est le deuxième partie d’Italie, mais il atteint son plus bas niveau historique, largement devancé par le M5S et la coalition de droite.
Renzi aura-t-il les moyens de s’accrocher à son poste, comme il l’avait annoncé par avance, quelques jours avant le scrutin ? Rien n’est moins sûr, et les rumeurs de démission prochaine n’ont cessé de grandir durant la nuit de dimanche, durant laquelle le vice-secrétaire du PD Maurizio Martina a reconnu devant la presse une « défaite très claire ».

        L’analyse :
         

          Le Parti démocrate de Matteo Renzi est à terre après cinq ans de pouvoir



Silvio Berlusconi, le difficile retour

   


Dans un tweet de février, Silvio Berlusconi avait déclaré : « Je suis comme le bon vin, en vieillissant je m’améliore, et maintenant je suis parfait. » A 81 ans, l’ancien premier ministre italien prévoyait un nouveau retour : alors que ses condamnations lui ont interdit toute fonction publique jusqu’en 2019, « le Cavaliere » avait mené campagne pour son poulain Antonio Tajani au sein de son parti Forza Italia.
La coalition de droite qu’il avait formée est arrivée en tête des résultats provisoires, dimanche, mais sans majorité pour former un gouvernement. Surtout, Forza Italia a plusieurs points de retard sur la Ligue, alors que leur accord implique que le leadeur du groupe en nombre de votes prenne la tête du gouvernement. Dans la nuit, l’ancien ministre Renato Brunetta, qui a fait office, toute la soirée, de porte-parole de Forza Italia sur les ondes, a été forcé d’admettre, du bout des lèvres, que son parti respecterait l’accord. Silvio Berlusconi, lui, est resté silencieux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Depuis 2015, le ministère de la santé incite les femmes à ne plus accoucher chez elles.
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Reportage

Dans le nord du Cameroun, un « Chèque santé » pour réduire la mortalité maternelle

Depuis 2015, le ministère de la santé incite les femmes à ne plus accoucher chez elles.

Par                                            Josiane Kouagheu (Douala, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-03-05T12:50:30+01:00"

        Le 05.03.2018 à 12h50






    
Madina Amadou, 19 ans et son enfant Awa Dam Abdoul Karim, 6 mois, est bénéficiaire du projet Chèque santé. Elle a pu accoucher sous césarienne gratuitement.
Crédits : Sylvain Cherkaoui/Cosmos pour Le Monde


Fadimatou Mamu observe tendrement son petit garçon de quatre mois blotti contre sa poitrine. Puis, elle raconte avec « peine » les difficultés vécues lors de ses précédentes grossesses. A 37 ans, elle est tombée enceinte à 12 reprises. L’une s’est conclue par une fausse couche et trois de ses bébés sont morts à la naissance. « Il me reste six filles et deux garçons », énumère-t-elle. Fadimatou l’avoue à voix basse et le visage triste : ses bébés sont morts « par négligence ».
« Je ne faisais pas de visite prénatale. J’accouchais toute seule à la maison et je me faisais parfois aider par la mère de mon mari », raconte la jeune femme, assise dans la cour du centre de santé intégré (CSI) de Balaza, un village situé à 17 km de Maroua, capitale régionale de l’Extrême-Nord du Cameroun. Durant sa dernière grossesse, Fadimatou a été très malade. Craignant de faire une autre fausse couche, elle s’est rendue au centre.
6 000 femmes enceintes meurent chaque année
Liman Abbo, chef du CSI de Balaza, qui sillonne les lieux de soins depuis 31 ans, l’a accueillie et lui a parlé du « Chèque santé ». Ce projet, instauré en 2015 par le ministère de la santé publique pour une phase pilote pour trois ans, a pour objectif de réduire la mortalité maternelle et infantile dans la partie septentrionale (régions de l’Extrême-Nord, du Nord et de l’Adamaoua) du pays.
Selon les statistiques, environ 6 000 femmes enceintes meurent chaque année en donnant la vie au Cameroun. Des données qui n’incluent pas tous les décès enregistrés dans les maisons.

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La partie septentrionale est la zone la plus touchée. D’après une enquête de l’Institut national de la statistique publiée en 2015, seulement 25,2 % de femmes de l’Extrême-Nord ont accouché dans un espace médicalisé, et 34 % dans le Nord, contre 61,3 % au niveau national.
« J’ai dit à Fadimatou ce que je dis à toutes les femmes enceintes ici : “Si tu veux sauver ta vie et celle de ton enfant, il faut te faire soigner dans un hôpital”, poursuit Liman Abbo. Fadimatou, séduite, a acheté son chèque.
Le projet « Chèque santé » finance partiellement les soins de santé maternelle et néonatale. Les chèques sont mis à la disposition des femmes pour leur donner accès, moyennant la somme de 6 000 FCFA (9,1 euros), à des prestations « de qualité » : prise en charge des pathologies qui ont un impact sur l’évolution de la grossesse (paludisme, anémie, infections…), quatre consultations prénatales, une échographie, un accouchement et la césarienne si les complications surviennent, ainsi qu’un suivi post-natal pour la mère et son bébé pendant 42 jours.
Le coût réel des prestations est remboursé aux centres de santé grâce à un fonds alimenté par l’Agence française de développement (AFD, partenaire du Monde Afrique) et la Banque de développement allemande. « Avant, les femmes dépensaient au moins 10 000 FCFA pour l’accouchement. Si la situation se compliquait avec une césarienne, cela pouvait monter à plus de 50 000 FCFA, selon les hôpitaux. Aujourd’hui, grâce au projet Chèque santé, les coûts ont drastiquement réduit », souligne Jean Claude Napani, responsable de la mobilisation sociale au sein de l’antenne de l’Extrême-Nord.
30 000 chèques vendus
Entre le 23 juin 2015 et le 31 décembre 2017, près de 30 000 chèques ont été vendus dans cette région. Pour toucher un maximum de personnes, le projet forme des agents communautaires qui parcourent les villages. Des conducteurs de voitures, motos et tricycles en service dans les zones reculées, ont été mobilisés pour conduire ces femmes sur le point d’accoucher dans les centres de santé, moyennant une rémunération. Des formations sont réalisées auprès des imams, chefs de villages, maires et autorités administratives, pour les inciter à encourager les récalcitrantes.
« On s’est rendu compte qu’il y avait des femmes qui achetaient les chèques, mais préféraient accoucher par habitude, à la maison, assistées par des matrones, relate Jean Claude Napani. On a donc décidé de former ces accoucheuses traditionnelles au danger de l’accouchement non assisté par un personnel de santé ».
Asta Fadme est l’une des 150 matrones formées dans l’Extrême-Nord. Au village Diguir Sali, cette dame, qui reçoit dans une petite pièce en dur au toit de pailles, est une personnalité. « J’ai mis au monde presque tous les enfants de ce village », sourit-elle. C’était avant que le projet « Chèque santé » n’arrive.
Désormais, pour chaque femme qu’Asta et ses collègues accompagnent dans une formation à l’accouchement, elles gagnent 3 000 FCFA. Une « motivation » qui a permis à Asta de construire sa case en dur et d’abandonner la route des champs.

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« Avant, je recevais des morceaux de savon, un peu de mil, des remerciements. Maintenant, je gagne de l’argent », dit-elle, sur la route de chez Madima Ahmadou, timide jeune fille de 19 ans qui tient un bébé joufflu entre ses bras. « Son beau-père ne voulait pas acheter de chèque. Je lui ai dit : “Si l’accouchement se complique, ne venez pas chez moi me demander de vous aider.” Il l’a acheté et sa belle-fille a accouché par césarienne, dans un hôpital. »
Lourdeurs administratives
Trois ans après son lancement, difficile toutefois de savoir si le projet « Chèque santé » a réduit la mortalité maternelle dans la région. « On ne peut pas comparer car il faudrait avoir les données des décès en communauté [dans les maisons]. Ce suivi n’a pas été fait. Mais, le nombre d’accouchement assisté a augmenté de façon exponentielle. Certains centres de santé qui avaient à peine cinq accouchements par mois, se sont retrouvés à gérer 50, 75, voire une centaine d’accouchements. Certaines prestations comme les consultations postnatales, qui n’existaient pas du tout avant le Chèque santé, existent aujourd’hui », précise le docteur Carine Nga Edoa, médecin-conseil à l’antenne régionale de l’Extrême-nord.

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Au CSI de Balaza, le nombre d’accouchements a été multiplié par « plus de 100 » en trois ans. Toutefois, le personnel médical s’inquiète. Du fait des lourdeurs administratives, les factures sont soldées avec retard. « Nous prenons en charge gratuitement les femmes enceintes, dès qu’elles paient des chèques. Nos pharmacies se vident, car des médicaments et autres outils sont utilisés », se plaint Liman Abbo, chef du centre.
Du côté des femmes, l’inquiétude se concentre sur la pérennité du projet. « Je n’aimerais plus accoucher à la maison car il y a trop de douleurs. La matrone oint ses mains d’huile de karité et tente de tirer l’enfant de ton ventre. Parfois, on utilise un morceau de bois pour pousser. A l’hôpital, ça ne fait pas mal. J’espère qu’on aura toujours le chèque », confie Rachel Aïssa. A 34 ans, elle est mère de cinq enfants dont quatre nés à la maison. Seul Oumarou, son dernier fils âgé de neuf mois, est « né sans douleurs grâce au chèque, dans un hôpital ».


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Au Pérou, luttes de pouvoir au sein de la famille d’Alberto Fujimori

Le fils et la fille de l’ancien président sont engagés dans une bataille féroce pour le leadership de son mouvement.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 11h39
    |

                            Paulo A. Paranagua (Lima, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Les Péruviens assistent à un match inédit : les « Avengers » (les vengeurs) contre le groupe « Moto-taxi ». Soit le combat entre les partisans de Kenji Fujimori, 37 ans, et ceux de sa sœur Keiko, 42 ans. Les enfants d’Alberto Fujimori sont engagés dans une dispute pour l’héritage politique de l’ancien autocrate (1990-2000). Ce dernier, qui, en 2009, avait été condamné à vingt-cinq ans de prison pour crimes contre l’humanité et corruption, a bénéficié d’une grâce présidentielle en décembre 2017.

Le 1er mars, Kenji Fujimori a démissionné du parti fujimoriste Force populaire (FP, populiste de droite), qui n’aurait « plus d’autorité morale ». La veille, l’ancien directeur d’Odebrecht à Lima, Jorge Barata, avait révélé que le géant brésilien du BTP avait financé la campagne présidentielle de Keiko Fujimori en 2011 à hauteur de 1,2 million de dollars (1 million d’euros). Deux fois candidate malheureuse, elle a frôlé la victoire en 2016. Pedro Pablo Kuczynski, dit « PPK », l’a emporté au second tour avec à peine 40 000 voix d’avance. Disposant de la majorité parlementaire, elle a engagé un bras de fer avec PPK, qui a poussé à la démission cinq ministres et un premier ministre.
En revanche, le frère cadet, Kenji Fujimori, a refusé, en décembre 2017, la destitution du chef de l’Etat pour « incapacité morale et physique permanente », en échange de la libération de son père. Le vote de la dizaine d’élus « Avengers » a privé les « Moto-taxi » de leur majorité absolue. « Je joue aux échecs, tandis qu’ils jouent aux dames », aurait fanfaronné Kenji Fujimori.
« Mauvaise fille »
Avec son physique de karatéka, l’homme préfère les Tweet aux prises de parole. « Lorsqu’il se rend en province, il va au marché, monte sur une chaise pour qu’on le voie, retire son chapeau pour qu’on le reconnaisse et attend les réactions », raconte un proche. Sur son compte Twitter, Kenji Fujimori s’est démarqué des positions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Editorial. Le paysage qui émerge des épisodes électoraux du 4 mars en Italie et en Allemagne est lourd de menaces pour l’Union européenne.
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Rome, Berlin : l’Europe en suspens

Editorial. Le paysage qui émerge des épisodes électoraux du 4 mars en Italie et en Allemagne est lourd de menaces pour l’Union européenne.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 11h28
   





                        


Editorial du « Monde ». Une bonne nouvelle pour l’Europe, venue d’Allemagne, suivie d’une très mauvaise nouvelle, en Italie. La journée du 4 mars, avec le verdict simultané du SPD allemand et de l’électorat italien, aurait pu être fatale à la construction européenne. Mais l’Europe n’est pas sortie de l’ornière pour autant. Si le vote positif des membres du parti de centre gauche allemand sur le contrat de coalition gouvernementale lève un obstacle majeur, il est, malheureusement, assombri par le triomphe des forces populistes et eurosceptiques en Italie.
Le paysage qui émerge de ces épisodes électoraux dans les deux principaux pays, avec la France, de la zone euro, est en effet lourd de menaces. En disant oui à une nouvelle « grande coalition » avec les conservateurs d’Angela Merkel, les sociaux-démocrates allemands ont certes évité le chaos et privilégié la stabilité. Il n’y aura pas de nouvelles élections en Allemagne et Mme Merkel restera chancelière, pour un quatrième mandat. Mais pour quoi faire ?

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L’accord entre le SPD et la CDU-CSU promet « un nouvel élan pour l’Europe ». Ambitieux dans ses têtes de chapitre, il est en réalité beaucoup plus prudent dans les détails, ce que confirme le choix des hommes qui seront chargés de le mettre en œuvre. A l’instar du futur ministre des finances et vice-chancelier, Olaf Scholz, un social-démocrate dont les premières déclarations ont surtout rassuré les gardiens de l’héritage de son prédécesseur, Wolfgang Schäuble. Ou de Horst Seehofer, le président de la très conservatrice CSU bavaroise, qui, en tant que ministre de l’intérieur, aura la haute main sur une politique migratoire largement inspirée par son propre parti.
Le volontarisme pro-européen fait désormais figure d’exception
Reste Mme Merkel. Voudra-t-elle impulser cet « élan » ? Ce n’est pas son tempérament mais, pour ce qui sera probablement son dernier mandat, elle peut être tentée de prendre une initiative qui ne soit pas conditionnée par le seul souci de sa réélection. Mais le pourra-t-elle seulement ? On peut, hélas, en douter, dans une Europe où le volontarisme pro-européen d’un Emmanuel Macron fait désormais figure d’exception.
Car le message politique qui émane des urnes italiennes est d’une clarté brutale, même si sa traduction institutionnelle risque de plonger Parlement et gouvernement dans une longue confusion. Après dépouillement de près de 90 % des bulletins de vote, le Mouvement 5 étoiles atteignait, lundi matin, le score historique de 31,9 % des voix. La Ligue (ex-Ligue du Nord), emmenée par l’extrémiste Matteo Salvini, peut compter sur près de 19 %, devançant largement le parti de centre-droit de Silvio Berlusconi, Forza Italia, qui croyait pouvoir jouer les arbitres de cette élection mais n’a reçu l’adhésion que de 13,9 % des suffrages. Si l’on ajoute à ce tableau les 4,3 % du parti d’extrême droite Frères d’Italie, ce sont largement plus de la moitié des électeurs italiens qui ont voté pour des formations antisystème. Le parti démocrate de l’ancien premier ministre Matteo Renzi confirme, lui, la tendance pan-européenne de l’effondrement des partis de centre gauche, avec 18,9 % des voix.

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                En Italie, le triomphe des forces antisystème



C’est un paysage tristement familier : la France, finalement, n’a échappé en 2017 à une catastrophe comparable que par la grâce du scrutin à deux tours. Les Etats-Unis ont élu Donald Trump en 2016, cinq mois après le vote des électeurs britanniques en faveur du Brexit. L’Italie du 4 mars ne veut pas, elle, sortir de l’Union européenne. Mais elle fera tout pour l’empêcher d’avancer.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Homme de confiance du président Xi Jinping, Liu He est pressenti pour devenir vice-premier ministre. Ses missions : assainir et moderniser l’économie chinoise, pour que le système politique se maintienne.
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Les chantiers de Liu He, le « M. Economie » de la Chine

Homme de confiance du président Xi Jinping, Liu He est pressenti pour devenir vice-premier ministre. Ses missions : assainir et moderniser l’économie chinoise, pour que le système politique se maintienne.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 16h35
    |

            Harold Thibault et 
Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



                                


                            

Il est sur tous les fronts. Au Forum économique mondial de Davos, début janvier, Liu He, conseiller économique de Xi Jinping, représente la Chine et fait salle comble. Fin février, il est envoyé aux Etats-Unis pour tenter, en vain, de convaincre l’entourage de Donald Trump d’éviter une guerre commerciale.

Un nouveau rôle en première ligne pour celui qui est longtemps resté l’homme de l’ombre, reflet de la confiance que lui accorde le président chinois. Et qui préfigure ses fonctions à venir : il est pressenti pour devenir vice-premier ministre, chargé de l’économie, et pourrait être amené à superviser en même temps la banque centrale chinoise. Ce proche du secrétaire du Parti communiste chinois (PCC) aura la lourde tâche de gérer l’atterrissage en douceur de l’économie du pays.
La session annuelle de l’Assemblée nationale populaire, qui s’est ouverte lundi 5 mars, doit valider un renouvellement partiel du leadership chinois pour le deuxième mandat de Xi Jinping. Un président renforcé après l’annonce de la suppression de la limitation à deux mandats présidentiels. Avec cet horizon dégagé, M. Xi a les mains libres pour mener les réformes qu’il promeut depuis quelques années. Alors qu’il travaille à renforcer l’autorité du PCC sur la société, c’est Liu qui est chargé d’assainir les bases de l’économie.
« L’important est la manière dont M. Xi voit les choses, et la centralité du Parti en est un élément clé. Il faut réformer l’économie pour la rendre plus efficace et s’assurer ainsi que le PCC n’est pas menacé. De leur point de vue, une crise financière pourrait se transmettre à l’économie réelle et vite devenir une crise politique. L’accent est donc mis là-dessus », explique Shen Jianguang, chef économiste de Mizuho Securities pour l’Asie.
Réduction des risques financiers, politique de l’offre visant à réduire les surcapacités industrielles, autant d’orientations mises en mots par Liu He, jusqu’alors conseiller numéro un du...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Le ministre français des affaires étrangères, en visite à Téhéran, espère obtenir des concessions sur le programme balistique afin de sauver l’accord nucléaire menacé par Trump. Mais l’Iran en fait un enjeu de sécurité nationale.
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L’Iran veut protéger ses missiles des foudres de Donald Trump

Le ministre français des affaires étrangères, en visite à Téhéran, espère obtenir des concessions sur le programme balistique afin de sauver l’accord nucléaire menacé par Trump. Mais l’Iran en fait un enjeu de sécurité nationale.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 11h12
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 14h16
    |

            Louis Imbert








                        



                                


                            

Depuis des mois, l’Iran répète officiellement qu’il ne négociera pas pour réduire l’ampleur de son programme balistique. C’est pourtant là l’une des principales demandes que le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, portait à Téhéran les 4 et 5 mars, en préparation d’une possible visite du président Emmanuel Macron. Mais en privé, des officiels iraniens avaient cependant signalé au Monde, bien avant le voyage de M. Le Drian, la possibilité de limiter certains aspects de ce programme.

Pour Paris, il s’agit d’obtenir des concessions qui pourraient dissuader le président américain, Donald Trump, de se retirer de l’accord nucléaire de juillet 2015, qui gèle le programme nucléaire iranien pour au moins dix ans, comme il a promis de le faire d’ici au 12 mai. Pour la plupart des experts en prolifération, il y a urgence : « Créer aujourd’hui une plate-forme pour parler avec l’Iran de ses missiles balistiques est une bonne façon d’apaiser un président américain belliqueux, jusqu’à ce qu’il finisse par se désintéresser du sujet », estime Aaron Stein, de l’Atlantic Council, un think tank américain.
Tests balistiques
La France prend au sérieux les critiques de fond exprimées par la Maison Blanche sur l’accord nucléaire, qui avait laissé de côté la question des « vecteurs » (les missiles), sous la pression de la Russie et de la Chine, cosignataires du « deal » avec Washington, Paris, Londres et Berlin. Entériné par la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU, l’accord maintient une interdiction large contre les ventes de missiles à l’Iran, mais il ne proscrit pas explicitement ses tests balistiques, même s’il enjoint à Téhéran de ne pas faire d’essais sur des missiles conçus pour emporter une arme nucléaire.
« Pour la communauté internationale, le problème serait que l’Iran avance sur un autre front (...) et qu’il obtienne la capacité, à terme, de tirer une charge nucléaire », Dina Esfandiary, spécialiste...



                        

                        


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Donald Trump ou la nostalgie des hauts-fourneaux

En supportant le charbon et l’acier, le président des Etats-Unis développe une idée qui fleure bon le XIXe siècle, estime Philippe Escande dans sa chronique.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 11h10
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 14h17
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. Donald Trump est un personnage balzacien. Un rentier de l’immobilier qui dépense son argent en politique et rêve d’une Amérique fumante et industrieuse. Il aime les mines de fer de l’Alabama et les hauts-fourneaux de Pennsylvanie. Pour le président des Etats-Unis, la sidérurgie est la mère de toutes les batailles économiques. Cette ambition de « l’acier américain » a longtemps été portée par US Steel, le bien nommé. Un groupe né en 1901 de la première restructuration du secteur conduite par le banquier John Pierpont Morgan.
En 1960, au sortir de la guerre, il était encore numéro un mondial, alimentant la soif de métal des industries automobiles et de la construction. Le groupe pointe aujourd’hui au 24e rang mondial du secteur. Exclu de l’indice Dow Jones des 30 principales capitalisations américaines, il a été également sorti de celui des 500 premières. Quant à son concurrent de la grande époque, Bethlehem Steel, il a fait faillite en 2001 et son usine historique de Bethlehem en Pennsylvanie a été transformée en casino.
A l’heure où les Etats-Unis peinent à conserver sur leur sol des fabricants de puces électroniques, la nostalgie du président américain pour le charbon et l’acier paraît bien étrange. A la fin du XIXe siècle, l’acier comptait pour près de 7 % de l’emploi manufacturier américain et plus encore de la totalité de la production de biens industriels. Aujourd’hui, c’est moins de 1 %.

« Ceinture de rouille »
D’autant que les expériences passées ne portent pas à l’optimisme en matière d’aides et de lois en faveur de ce secteur. Depuis quarante ans, la profession se fait une spécialité d’exiger un bouclier et de tendre la sébile. A peine arrivé à la présidence des Etats-Unis, au début des années 1980, Ronald Reagan a accordé de généreuses subventions à US Steel, qui s’est empressé de les utiliser pour se diversifier dans le pétrole. Une activité qu’il cédera vingt ans plus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ La stratégie de l’ancien premier ministre de centre gauche, dont le parti atteint un plus bas historique à 19  % des voix, est mise en cause.
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Elections italiennes : le Parti démocrate de Matteo Renzi est à terre après cinq ans de pouvoir

La stratégie de l’ancien premier ministre de centre gauche, dont le parti atteint un plus bas historique à 19  % des voix, est mise en cause.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 11h07
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 14h00
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Au moins, à Bologne, ils n’ont pas perdu. Faisant mentir les sondages, qui promettaient au Parti démocrate une défaite humiliante dans cette place forte de la gauche italienne, le candidat investi par la coalition menée par l’ancien premier ministre Matteo Renzi, Pier Ferdinando Casini, ancien président de la Chambre des députés, l’a nettement emporté, avec plus de 32 % des voix, sur ses adversaires de la droite et du Mouvement 5 étoiles. Surtout, il a fait mordre la poussière à l’ancien président de la région Emilie-Romagne, Vasco Errani, qui concourait sous les couleurs des dissidents de gauche de Libres et égaux et n’a obtenu qu’un maigre 12 %.

Le hic, c’est que cette victoire dans une circonscription scrutée depuis des semaines par les observateurs n’en est pas vraiment une : en effet, Pier Ferdinando Casini n’est pas membre du Parti démocrate. Pire que cela, il n’est pas de gauche. En fait, en trente-cinq ans de vie parlementaire, ce démocrate-chrétien ne l’a jamais été.
Ainsi, jusqu’au bout, de règlements de comptes en choix tactiques hasardeux, la campagne à contretemps de Matteo Renzi a conduit, dimanche 4 mars, le Parti démocrate à son plus bas historique. Avec 19 % des voix, trois à quatre points de moins que ne le laissaient penser les derniers sondages officiels, le Parti démocrate tombe de haut. A l’échelle du pays, le centre gauche n’est arrivé en tête que dans deux régions, la Toscane et le Trentin-Haut-Adige.
« Grande coalition »
A 3 heures du matin, le ministre de l’agriculture, Maurizio Martina, vice-secrétaire du PD, est apparu dans la salle de presse du Nazareno (le siège du PD), pour reconnaître une « défaite très claire », et ajouter que le secrétaire, Matteo Renzi, prendrait la parole le lendemain. L’ancien premier ministre aura-t-il les moyens de s’accrocher à son poste, comme il l’avait annoncé par avance, quelques jours avant le scrutin ? Rien n’est moins sûr, et les rumeurs de démission prochaine...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Le Parlement va modifier la Constitution pour permettre au chef de l’Etat de garder son poste au-delà de deux mandats.
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Le « mandat à vie » de Xi Jinping suscite le malaise en Chine

Le Parlement va modifier la Constitution pour permettre au chef de l’Etat de garder son poste au-delà de deux mandats.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 11h01
    |

            Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)








                        



                                


                            

Grand-messe de printemps de la vie politique chinoise, l’Assemblée nationale populaire (ANP) a réuni, lundi 5 mars, ses 3 000 délégués à l’ouverture d’une session 2018 lourde d’enjeux : le Parlement chinois devra entériner d’ici sa clôture, dans dix jours, une série d’amendements à la Constitution du pays, formulés début janvier par le Parti communiste chinois (PCC) et annoncés publiquement le 25 février. Parmi eux figure la suppression de la limite de deux mandats pour le président de la République populaire.
Cette proposition signifie que l’actuel secrétaire général du parti, Xi Jinping, que l’ANP confirmera sans surprise la semaine prochaine comme président, pour un deuxième quinquennat à la tête du pays, pourra solliciter de nouveaux mandats indéfiniment. Elle a provoqué un malaise palpable à tous les échelons de la société.
Son retentissement en Chine et à l’étranger a conduit le porte-parole de l’ANP à une mise au point dimanche 4 mars, lors de la conférence de presse officielle précédant l’ouverture des travaux parlementaires. Il s’agit, a précisé en substance Zhang Yesui, d’aligner les règles en vigueur pour la présidence du pays, avec celles qui régissent la direction du parti et de l’armée : aucune limite temporelle n’est en effet prévue aux postes de secrétaire général du parti et de président de la Commission militaire centrale, tous deux occupés par Xi Jinping. Ce « réalignement » est propice à « maintenir l’autorité du Comité central du parti, dont Xi Jinping est le noyau dirigeant », a justifié M. Zhang.
« Choc énorme »
Durant toute la semaine, la presse officielle a dû défendre l’impérieuse nécessité d’un leadership fort « afin de réaliser le rêve de renaissance de la nation chinoise » – tout en brocardant, à l’image du Global Times, un « système de valeurs occidental qui s’écroule » et notamment la « démocratie en phase d’ulcération rapide ». Le verrouillage du système...




                        

                        

