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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-1"> ¤ Plusieurs fois nommés dans les catégories principales, ces trois films devraient remporter quelques statuettes dimanche soir à Los Angeles.
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Article sélectionné dans La Matinale du 03/03/2018
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Oscars 2018 : « La Forme de l’eau », « Dunkerque » et « 3 Billboards » grands favoris

Plusieurs fois nommés dans les catégories principales, ces trois films devraient remporter quelques statuettes dimanche soir à Los Angeles.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 16h39
   





                        



   


Hollywood retient son souffle avant la grand-messe des Oscars, dimanche 4 mars, à Los Angeles. Une 90e cérémonie qui devrait être marquée par le scandale Weinstein, tandis que l’annonce des nominations, en janvier, a souvent résonné de l’écho du mouvement #metoo.
Certaines stars devraient aussi arborer un pin’s orange représentant le drapeau américain en signe d’opposition aux violences liées aux armes à feu.

Some celebrities attending the Academy Awards will reportedly wear an orange anti-gun violence pin https://t.co/gyDSyngNXC— NYMag (@New York Magazine)


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Animateur de la soirée pour la deuxième fois d’affilée, l’humoriste Jimmy Kimmel a aussi promis que l’impair de l’année passée — un mauvais nom avait été annoncé pour l’Oscar du meilleur film, La La Land au lieu de Moonlight — ne se reproduirait pas.
Trois films font la course en tête : la romance fantastique La Forme de l’eau (The Shape of Water, treize nominations) ; le film historique Dunkerque (huit nominations) ; et le drame satirique 3 Billboards : les Panneaux de la vengeance (sept nominations). Suivent Phantom Thread (six nominations) et Lady Bird (cinq). Séance de rattrapage, au cas où vous les auriez manqués cette année.
« La Forme de l’eau », de Guillermo del Toro

   


Passionné par les figures fantasmagoriques voire carrément monstrueuses, Guillermo del Toro était jusqu’ici connu pour des films comme Hellboy ou Le Labyrinthe de Pan. Avec ses treize nominations, notamment dans les principales catégories, La Forme de l’eau est un conte étrange et enchanteur sur les amours d’une modeste employée muette et d’une créature amphibie, qui revisite l’histoire de La Belle et la Bête.

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La « belle » y est une femme de ménage muette et timide (Elisa, interprétée par Sally Hawkins, qui a appris la langue des signes), employée dans un laboratoire gouvernemental américain ultrasecret pendant la guerre froide. Sa vie bascule lorsqu’elle fait la découverte d’une expérience encore plus secrète et rencontre la « bête », une créature sortie de la mer, condamnée à être dépecée par ceux qui la retiennent, en premier lieu le directeur du laboratoire (Michael Shannon). La rencontre de ces deux solitudes va donner naissance à une histoire d’amour follement poétique, où l’eau jouera un élément essentiel. Elisa va tenter de faire évader la créature, avec l’aide de sa collègue (Octavia Spencer) et de son voisin (Richard Jenkins), deux personnages aussi seuls qu’elle.

        Lire l’interview :
         

          Guillermo del Toro : « En vieillissant, on est prêt à se servir des accidents pour créer »



« Dunkerque », de Christopher Nolan

   


Christopher Nolan a récolté huit nominations pour Dunkerque, son drame magistral sur l’opération « Dynamo », l’évacuation désespérée de l’armée alliée de la plage de Dunkerque en 1940.

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Son poussé au maximum, ­impacts des bombes et des balles sifflant aux oreilles des spectateurs, format plus grand et plus vibrant que ­nature, couleurs sombres et paysages d’apocalypse, caméra ­embarquée dans les situations les plus atroces, partition omniprésente d’Hans Zimmer… Nolan joue, en virtuose, de cette approche immersive. Sur terre, sur mer ou dans les airs, il s’agit de faire intimement ressentir au spectateur ce que c’est que d’être un soldat transformé, par la ­nature des opérations militaires et du terrain, en une cible permanente.

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« 3 Billboards : les Panneaux de la vengeance », de Martin McDonagh

   


Fort de sept nominations, notamment pour le meilleur second rôle masculin (Sam Rockwell, en tête des paris, et Woody Harrelson) et pour la meilleure actrice (Frances McDormand), ce film met en scène avec beaucoup d’humour noir Mildred, une mère en deuil et en colère qui loue trois panneaux publicitaires pour relancer l’enquête sur le meurtre de sa fille.

        Lire la critique :
         

          «  3 Billboards » : une soif de vengeance désespérée



La tonalité abrasive du message de Mildred, qui hurle l’horreur des faits pour empêcher que ce crime se perde comme tant d’autres dans le silence et l’oubli, donne à ce début de film une teinte féministe offensive, que renforcent les allégations sur les violences racistes commises dans l’enceinte du commissariat par un certain Dixon (Sam Rockwell).

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« Phantom Thread », de Paul Thomas Anderson

   


Dans le Londres des années 1950, Phantom Thread raconte l’histoire de Reynolds Woodcock (Daniel Day-Lewis), couturier londonien qui multiplie les conquêtes féminines. Jusqu’à ce qu’il rencontre Alma (Vicky Krieps), une jeune femme à la beauté irrégulière et au léger accent germanique, dans une auberge sur la route qui le mène à son cottage. Woodcock se livre alors à une cour effrénée, à laquelle Alma répond sans se laisser désarmer. 

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La jeune femme se lance dans une campagne sans merci pour transformer l’engouement de Reynolds Woodcock en engagement… Magistral dans le rôle du couturier, Daniel Day-Lewis a annoncé qu’il tenait là son dernier rôle à l’écran.

        Lire le portrait :
         

          Daniel Day-Lewis, aux extrêmes de l’incarnation



« Lady Bird », de Greta Gerwig
Pour son premier film derrière la caméra, l’actrice Greta Gerwig dresse le portrait sensible d’une adolescente qui rêve de fuir la Californie et sa relation tumultueuse avec sa mère.

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Christine McPherson (interprétée par la jeune actrice améri­cano-irlandaise Saoirse Ronan), 17 ans, qui se présente sous le nom de « Lady Bird », étudie dans un lycée catholique pour filles de Sacramento. Issue d’une famille de la classe moyenne au milieu d’élèves très aisés, elle passe ses journées avec sa meilleure amie. Sa mère, une infirmière intransigeante qui travaille sans relâche, a peu d’ambition pour sa fille : étudier à l’université du coin, dans le meilleur des cas.

        Lire le portrait :
         

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« Lady Bird », elle, rêve de vivre dans « un endroit culturel, comme New York, le Connecticut, le New Hampshire, où vivent les écrivains », quitte à entrer en conflit ouvert avec sa mère. En attendant, elle rejoint l’atelier de théâtre et de comédie musicale de son lycée, où elle flirte avec le petit ami idéal, tout en ne perdant pas des yeux Kyle, plus mauvais garçon…




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-2"> ¤ Les prix de meilleur acteur, féminin et masculin, sont revenus respectivement à Frances McDormand (« 3 Billboards ») et à Timothée Chalamet ( « Call Me by Your Name »).
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« Get Out » triomphe aux Spirit Awards, un bon indicateur des Oscars

Les prix de meilleur acteur, féminin et masculin, sont revenus respectivement à Frances McDormand (« 3 Billboards ») et à Timothée Chalamet ( « Call Me by Your Name »).



Le Monde
 |    04.03.2018 à 03h41
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 17h05
   





                        


Get Out, dénonciation du racisme et film d’horreur, pourrait contredire les pronostics aux Oscars qui donnent favoris La Forme de l’eau et 3 Billboards. Le long-métrage a triomphé samedi 3 mars lors de la 33e cérémonie des Spirit Awards, remportant les trophées de meilleurs film et réalisateur. Ces dernières années, les Spirit Awards ont été un bon indicateur des lauréats aux Oscars, qui seront décernés dimanche. En 2017, Moonlight de Barry Jenkins avait en effet récolté le Spirit, puis l’Oscar du meilleur film.

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Jordan Peele, comédien qui passait pour la première fois derrière la caméra, a reçu son prix des mains de Spike Lee. « Nos vérités sont nos armes les plus puissantes face aux mensonges de ce monde », a-t-il déclaré. Son film, en course pour quatre Oscars dimanche, met en scène un jeune homme noir (Daniel Kaluuya), qui va vivre un week-end très étrange chez les parents de sa petite amie blanche.

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Les Spirit Awards ont confirmé certains favoris aux Oscars. Allison Janney a été couronnée meilleur second rôle féminin pour son rôle de mère abusive de la patineuse déchue Tonya Harding dans Moi, Tonya. Elle a déjà raflé tous les prix cette saison et est donnée gagnante par les experts dimanche, tout comme Sam Rockwell et Frances McDormand. Ils ont remporté respectivement le Spirit du meilleur second rôle masculin et de meilleure actrice pour 3 Billboards : les Panneaux de la vengeance, l’épopée d’une mère en colère qui loue trois panneaux publicitaires pour interpeller la police sur le meurtre non élucidé de sa fille.
Chalamet, Gerwig et le duo Varda-JR récompensés
Surprise en revanche, le Franco-Américain de 22 ans Timothée Chalamet a été nommé meilleur acteur pour Call Me by Your Name, une romance homosexuelle. Aux Oscars, c’est Gary Oldman, qui incarne Churchill dans Les Heures sombres, le mieux placé pour l’instant.

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Greta Gerwig a décroché le Spirit du meilleur scénario pour Lady Bird. Son premier film, en lice pour une poignée d’Oscars, raconte les états d’âme d’une adolescente qui s’apprête à entrer à l’université.

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Visages, Villages, d’Agnès Varda et l’artiste de rue JR, a été sacré meilleur documentaire. Leurs déambulations poétiques dans les campagnes françaises pourraient offrir son premier Oscar à la pionnière de la Nouvelle Vague, âgée de 89 ans. Elle a déjà reçu en novembre un Oscar d’honneur saluant sa carrière.
Une femme fantastique a remporté le prix du meilleur film étranger. Ce poignant drame du Chilien Sebastian Lelio, porté par une actrice transgenre, Daniela Vega, est bien placé pour le prix équivalent des Oscars dimanche.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-3"> ¤ En février, Benjamin Brafman avait affirmé que « si le comportement d’Harvey Weinstein n’a pas été irréprochable, il n’y avait certainement rien de criminel ».
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L’avocat d’Harvey Weinstein défend la « promotion canapé »

En février, Benjamin Brafman avait affirmé que « si le comportement d’Harvey Weinstein n’a pas été irréprochable, il n’y avait certainement rien de criminel ».



Le Monde
 |    03.03.2018 à 14h07
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 07h13
   





                        



   


A la veille de la cérémonie des Oscars 2018, Benjamin Brafman, l’avocat du producteur américain Harvey Weinstein, donne une interview au Times dans laquelle il défend la « promotion canapé », qui n’a pas été inventée par le producteur déchu.
« Si une femme décide qu’elle a besoin d’avoir des relations sexuelles avec un producteur d’Hollywood afin de faire avancer sa carrière, et qu’elle le fait en effet, et qu’elle trouve tout ça dégoûtant, ce n’est pas du viol. Vous avez pris la décision volontaire que vous êtes prêt à faire quelque chose qui est personnellement répugnant dans le but de faire avancer votre carrière, ce n’est pas un crime ».
En février, Benjamin Brafman – qui avait obtenu l’abandon des poursuites contre Dominique Strauss Kahn dans l’affaire du Sofitel – a assuré que, « si le comportement d’Harvey Weinstein n’a pas été irréprochable, il n’y avait certainement rien de criminel, et à la fin de l’enquête il apparaîtra clairement qu’Harvey Weinstein a promu plus de femmes à des rôles clé que tout autre responsable du secteur ».

Plusieurs enquêtes
Depuis les premières révélations du New York Times début octobre, plus d’une centaine de femmes, dont des célébrités comme Ashley Judd, Gwyneth Paltrow ou Salma Hayek, ont accusé Harvey Weinstein de les avoir harcelées, agressées ou violées, souvent il y a des années, voire des décennies.
Plusieurs victimes présumées l’ont assigné en justice. Le producteur de 65 ans est aussi sous le coup d’enquêtes menées par les polices de New York, Los Angeles et Londres, même s’il n’a fait l’objet d’aucune inculpation jusqu’ici.
Face à ces accusations, qui ont donné naissance au mouvement anti-harcèlement #MeToo, les avocats d’Harvey Weinstein ont toujours démenti qu’il ait eu des rapports sexuels non consentis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-4"> ¤ Une hausse par rapport à 2017, où la soirée avait été suivie par 1,9 million de personnes.
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Les Césars ont été suivis par deux millions de téléspectateurs sur Canal+

Une hausse par rapport à 2017, où la soirée avait été suivie par 1,9 million de personnes.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 12h54
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 14h27
   





                        


La 43e cérémonie des Césars, retransmise en clair sur Canal+ vendredi 2 mars, a attiré 2,1 millions de téléspectateurs (11,4 % de part d’audience). Une hausse par rapport à 2017, où la soirée avait été suivie par 1,9 million de personnes, selon des chiffres de Médiamétrie.
La soirée, placée sous le signe de la lutte contre les violences faites aux femmes et animée par Manu Payet, a permis à Canal+ de se hisser à la quatrième place des chaînes les plus regardées hier soir, derrière TF1, France 2 et M6.
La cérémonie a enregistré un pic d’audience de 2,3 millions de téléspectateurs à 22 h 37, au moment de l’hommage à Mireille Darc rendu par Aure Atika, qui portait la robe dos-nu mythique de la star, a précisé la chaîne cryptée, ajoutant que 19,2 % de ses abonnés ont suivi l’événement qui était également retransmis sur Mycanal et Dailymotion.
En haut du podium, la Une a séduit 3,6 millions de personnes (18,7 %) avec son jeu Le Grand Concours des animateurs, talonnée par France 2 qui en a attiré 3,3 millions (14,7 %), avec sa série française Lanester. En 3e place, la série Mac Gyver sur M6 a été regardée par 2,8 millions de personnes (12,1 %).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-5"> ¤ Editorial. Dans le sillage de l’affaire Weinstein, le milieu du cinéma commence à adopter des mesures concrètes contre les violences faites aux femmes et pour l’égalité entre les genres.
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Séisme sur la planète cinéma

Editorial. Dans le sillage de l’affaire Weinstein, le milieu du cinéma commence à adopter des mesures concrètes contre les violences faites aux femmes et pour l’égalité entre les genres.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 11h04
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 14h32
   





                        


Editorial du « Monde ». C’est le propre du show-business : des robes noires des Golden Globes californiens et des Bafta londoniens, les 7 janvier et 18 février, jusqu’aux rubans blancs arborés lors de la remise des Césars parisiens, vendredi 2 mars, les grandes industries cinématographiques ont ostensiblement déployé leur soutien à la cause des femmes. Ces démonstrations, que prolongera, à n’en pas douter, la remise des Oscars américains ce week-end, témoignent de la place centrale que le cinéma a prise dans le combat pour l’égalité entre les genres.

        Lire le récit :
         

          Les Césars, du ruban rouge au ruban blanc



Ce rôle, le cinéma le doit à Harvey Weinstein. Depuis la révélation par le New York Times et le New Yorker, le 5 octobre 2017, des agressions sexuelles en série commises par le producteur de Pulp Fiction et de Gangs of New York, accusations et mises à l’écart n’ont plus cessé. L’acteur Kevin Spacey et le responsable de création chez Disney-Pixar John Lasseter, le vénérable Dustin Hoffman et le juvénile Casey Affleck, cibles de mises en causes circonstanciées, ont dû renoncer qui à un rôle aussitôt confié à un autre, qui à l’un des postes les plus prestigieux du cinéma américain, qui, enfin, à participer à la cérémonie des Oscars.

        Lire le compte-rendu :
         

          « 120 battements par minute » et « Au revoir là-haut » grands gagnants des Césars 2018



Parole libérée d’une autre manière
Le séisme qui secoue la planète cinéma n’est pas moindre en Europe. Si les droits et les cultures y rendent plus difficiles les accusations nominatives, la parole des femmes s’est libérée d’une autre manière. Les professionnelles du cinéma ont relancé le débat sur l’inégalité entre genres dans leurs métiers. Aux Etats-Unis, la directrice de la photographie Rachel Morrison est la première femme, depuis la fondation des Oscars en 1929, à être nommée dans sa catégorie. En France, Tonie Marshall, qui a remporté le César de la réalisation en 2000, récompense qui n’était jamais allée à une femme, attend toujours une successeure.
Si bien que les regards se tournent vers l’Europe du Nord, en particulier vers la Suède, où la parité dans les instances attribuant les fonds publics a été instituée, où ces fonds devront pour moitié être attribués à des projets portés par des femmes, à condition que le personnel et les dirigeants des sociétés produisant ces films aient consacré une journée de formation à la lutte contre le harcèlement.
Dans le sillage de l’affaire Weinstein, on est donc passé en quelques mois du déballage au débat, et l’on voit maintenant poindre l’adoption de mesures concrètes. La rapidité et l’ampleur de la secousse tiennent à la nature même du cinéma, à son exposition au regard de tous, à son extrême sensibilité aux mouvements de l’opinion – lorsqu’un producteur remercie un acteur ou un metteur en scène qui fait l’objet d’accusations, la décision est au moins autant économique qu’éthique, il s’agit de protéger la campagne de marketing et les recettes au box-office.
Ce serait pourtant une erreur de considérer que les ingrédients de la crise actuelle – les violences faites aux femmes, l’inégalité dans les salaires, l’accès aux financements ou aux postes de responsabilité – bouillonnent en vase clos. Les gens de cinéma ont beau s’habiller différemment des autres les soirs de Césars ou d’Oscars, ils vivent dans la même société que le commun des mortels. C’est à l’ensemble de cette société de faire en sorte que le débat en cours ne reste pas l’apanage du seul 7e art. C’est à l’ensemble de cette société de promouvoir les avancées salutaires dont il est porteur, afin qu’elles bénéficient à toutes et à tous.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-6"> ¤ Le milieu du cinéma était réuni vendredi 2 mars à la Salle Pleyel à Paris pour la traditionnelle cérémonie de récompenses du cinéma français.
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-7"> ¤ Le bout de tissu, symbole de la lutte contre les violences sexistes, fut la vraie star de la cérémonie.
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Les Césars, du ruban rouge au ruban blanc

Le bout de tissu, symbole de la lutte contre les violences sexistes, fut la vraie star de la cérémonie.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 09h03
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 15h15
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            

« Il est très chic ton ruban blanc », observe une femme en queue-de-pie à sa copine drapée dans une robe de soirée constellée de perles. Le ruban blanc, lancé il y a trois jours comme un signe de combat contre les violences faites aux femmes, était, ce vendredi 2 mars, la vraie star des 43es Césars du cinéma français.

Salle Pleyel, à Paris, transformée en bunker, tout le monde ou presque l’arbore, hommes compris : « Je suis un peu obligé, sourit le producteur Alain Rocca, c’est moi qui les ai achetés. » Trésorier de l’Académie des arts et techniques du cinéma qui organise l’événement, il en a commandé 2 000.

Bien sûr il y a les rebelles. JR n’en a pas. Le street artiste, nommé pour le documentaire Visages Villages, arrive avec un panneau de carton représentant, grandeur nature, sa coréalisatrice Agnès Varda : « C’est elle mon ruban blanc. »

Iris Bry non plus. Sélectionnée dans la catégorie meilleur espoir féminin (Les Gardiennes, de Xavier Beauvois), elle porte une robe blanche. « Blanc sur blanc, ce n’est pas terrible, s’inquiète-t-elle en néophyte de ce monde ultra-codifié. Et puis, à partir du moment où c’est distribué, cela ne veut plus dire grand-chose, non ? »

« C’est compliqué les quotas »
« J’espère qu’ils n’ont pas pensé au film de Haneke [Le Ruban blanc, 2009], sourit Lisa Lebahar, l’agente de Kery James, ça serait un peu sadique… » Et la journaliste Audrey Pulvar de publier sur Twitter une photo de Dominique Besnehard arborant le signe distinctif : « Et donc, après avoir publiquement fait part de son envie de gifler une femme, Monsieur Besnehard porte le ruban blanc censé annoncer son aversion pour le sexisme et les violences faites aux femmes. Tout va bien. » Le plus célèbre agent de stars a en effet créé l’émoi un peu plus tôt sur CNews face...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-8"> ¤ Le film « Sono tornato », qui imagine le retour du Duce, est sorti en Italie le 1er février dans un contexte politique tendu.
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Le salut fasciste revient en Italie, Mussolini aussi (mais à l’écran)

Le film « Sono tornato », qui imagine le retour du Duce, est sorti en Italie le 1er février dans un contexte politique tendu.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 06h30
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Autant le dire tout de suite, Sono tornato (« Je suis revenu »), de Luca Miniero, sorti dans les salles italiennes le 1er février, n’est pas un film réaliste. Ajoutons même, pour être plus clair, que ce n’est vraiment pas un chef-d’œuvre. Qu’on en juge plutôt : soixante-douze ans après son exécution, le 28 avril 1945, Benito Mussolini tombe du ciel et apparaît dans un nuage de fumée, en uniforme et bottes de cuir, au milieu d’un jardin public du centre de Rome.
Alors qu’il erre dans les rues de sa capitale, qu’il ne reconnaît plus (« Où suis-je ? A Addis-Abeba ? »), un jeune réalisateur le repère, pense voir en lui un ­acteur un peu allumé et l’emmène à bord d’une ­camionnette pour un tour d’Italie, caméra en main, au cours duquel le Duce rencontre des habitants désabusés, fatigués de la démocratie, voire nostalgiques de l’homme providentiel.
Le retour du pire
Le film que ce vidéaste tire de ce roadtrip, et diffuse sur Internet, rencontre un tel succès qu’une chaîne de télévision privée s’en empare. Après s’être vu suggérer d’éviter les discours trop racistes et les éloges d’Hitler (« Je suis d’accord avec vous, ça m’a déjà coûté très cher une fois », répond-il à la directrice qui lui prodigue ce conseil), Benito Mussolini est lancé dans le grand bain de la télévision. Son succès est ful­gurant. Dans les couloirs de la chaîne, pour ­fêter les victoires sur la concurrence, on chante ­Faccetta nera, l’hymne fasciste des temps de la guerre d’Ethiopie…
Les affaires vont si bien que le dictateur se prend à rêver de reprendre le pouvoir. Jusqu’à ce qu’une vieille femme atteinte d’Alzheimer, dont on apprend qu’elle est rescapée des camps de la mort nazis, ­reconnaisse son regard et dessille les yeux du réalisateur, qui comprend soudain qu’en transformant en vedette un simple amuseur, il a ouvert la voie au retour du pire.
Sorti en salle à moins de cinq semaines des élections...




                        

                        


<article-nb="2018/03/04/19-9">
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-9"> ¤ Le long-métrage de Robin Campillo a obtenu, vendredi soir, le César du meilleur film, tandis qu’Albert Dupontel remportait celui du meilleur réalisateur.
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Article sélectionné dans La Matinale du 02/03/2018
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Césars : « 120 battements par minute » et « Au revoir là-haut » grands gagnants

Le long-métrage de Robin Campillo a obtenu, vendredi soir, le César du meilleur film, tandis qu’Albert Dupontel remportait celui du meilleur réalisateur.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 01h34
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 15h18
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


Il n’y aura pas eu de razzia lors de la 43e cérémonie des Césars, organisée vendredi 2 mars à la Salle Pleyel, à Paris. 120 battements par minute, de Robin Campillo, l’a emporté sur Au revoir là-haut, d’Albert Dupontel, six trophées contre cinq.

        Lire le reportage :
         

          Les Césars, du ruban rouge au ruban blanc



Le long-métrage de Campillo s’est adjugé le César du meilleur film, Albert Dupontel a remporté celui du meilleur réalisateur. D’autres ont ainsi pu se glisser dans le palmarès : Barbara, de Mathieu Amalric, qui a valu le César de la meilleure actrice à Jeanne Balibar et remporté le trophée du meilleur son, Petit paysan, d’Hubert Charuel, meilleur premier film et meilleur acteur pour Swann Arlaud.

        Voir le portfolio :
         

          Les Césars, côté coulisses



Cette cérémonie, qui restera sans doute comme l’une des plus ennuyeuses dans une lignée qui avait pourtant placé la barre assez haut, aurait dû être marquée, comme les Golden Globes américains ou les Bafta britanniques, par les conséquences de l’affaire Weinstein, par la lutte contre le harcèlement sexuel et le combat pour la parité dans le cinéma.

        Lire le compte-rendu :
         

          Les Golden Globes célèbrent la « puissance des femmes »




   


Mais on n’est pas allé plus loin que quelques allusions bienséantes, lors du discours d’ouverture de la présidente de l’édition, Vanessa Paradis, ou au détour de quelques discours de remerciements. Les participant(e)s avaient été invité(e)s à porter un discret ruban blanc et le climax militant de la cérémonie a été atteint lorsque le maître de cérémonies, Manu Payet, a invité le public à « agir » en se levant pour que les caméras saisissent la multitude des rubans blancs.

        Lire aussi :
         

          Notre live sur la cérémonie des Césars 2018



Le premier César du public pour « Raid Dingue »
Seuls les lauréats de 120 battements par minute ont tenté de ramener le public de la Salle Pleyel au monde réel. Recevant le César du scénario original, Robin Campillo a rappelé que, parmi les populations les plus vulnérables à l’épidémie de sida, les toxicomanes, les prostitués, les étrangers aujourd’hui nommés migrants, restaient encore les cibles de l’injustice. Le musicien Arnaud Rebotini a dédié sa partition aux victimes de la maladie.
Finalement, la grande innovation de la soirée restait le César du public, attribué au film français ayant attiré le plus de spectateurs en 2017. C’est Raid Dingue, de Danny Boon, qui l’a emporté, permettant ainsi à l’interprète et réalisateur du film de poursuivre son interminable réconciliation avec une institution contre laquelle il était jadis parti en guerre.
Reste que le palmarès démontre une fois de plus que les votants de l’Académie des Césars ne tiennent pas la comédie en grande estime. Malgré ses neuf nominations, Le Sens de la fête, d’Olivier Nakache et Eric Toledano est reparti bredouille, tout comme Le Redoutable, de Michel Hazanavicius.

Les Césars ont été suivis par deux millions de téléspectateurs sur Canal+
La 43e cérémonie des Césars, retransmise en clair sur Canal+ vendredi 2 mars, a attiré 2,1 millions de téléspectateurs (11,4 % de part d’audience). Une hausse par rapport à 2017, où la soirée avait été suivie par 1,9 million de personnes, selon des chiffres de Médiamétrie.
La soirée, placée sous le signe de la lutte contre les violences faites aux femmes et animée par Manu Payet, a permis à Canal+ de se hisser à la quatrième place des chaînes les plus regardées hier soir, derrière TF1, France 2 et M6.
La cérémonie a enregistré un pic d’audience de 2,3 millions de téléspectateurs à 22 h 37, au moment de l’hommage à Mireille Darc rendu par Aure Atika, qui portait la robe dos-nu mythique de la star, a précisé la chaîne cryptée, ajoutant que 19,2 % de ses abonnés ont suivi l’événement qui était également retransmis sur Mycanal et Dailymotion.
En haut du podium, la Une a séduit 3,6 millions de personnes (18,7 %) avec son jeu Le Grand Concours des animateurs, talonnée par France 2 qui en a attiré 3,3 millions (14,7 %), avec sa série française Lanester. En 3e place, la série Mac Gyver sur M6 a été regardée par 2,8 millions de personnes (12,1 %).





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-10"> ¤ Le film sur l’histoire d’Act Up sort grand gagnant de la 43e cérémonie des Césars avec un total de six récompenses, dont celles du meilleur espoir masculin et du meilleur scénario original. Retrouvez l’intégralité du palmarès.
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<article-nb="2018/03/04/19-11">
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-11"> ¤ A trois jours de la cérémonie des Oscars, un artiste de rue a inauguré à Los Angeles une statue dénonçant les pratiques du producteur de cinéma Harvey Weinstein.
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-12"> ¤ Cet Italien de 42 ans succédera à Edouard Waintrop pour l’édition 2019 de la section parallèle du Festival de Cannes.
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Paolo Moretti, prochain délégué général de la Quinzaine des réalisateurs

Cet Italien de 42 ans succédera à Edouard Waintrop pour l’édition 2019 de la section parallèle du Festival de Cannes.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 11h47
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


A partir de 2019, date de son cinquantième anniversaire, la Quinzaine des réalisateurs sera programmée par Paolo Moretti. Le conseil d’administration de la Société des réalisateurs de films (SRF), l’organisation qui est à l’origine de la fondation de cette section parallèle du Festival de Cannes, a annoncé sa nomination au poste de délégué général, vendredi 2 mars. Paolo Moretti, 42 ans, occupait cette fonction au Festival de la Roche-sur-Yon, il prendra, en novembre 2018, la succession d’Edouard Waintrop, qui programmait la Quinzaine depuis 2012.

        Lire le bilan de l’édition 2017 :
         

          Les bonnes aubaines de la Quinzaine des réalisateurs



Italien, Paolo Moretti a collaboré aux Festivals de Venise et Rome entre 2008 et 2013, auprès de Marco Müller, délégué artistique de ces manifestations. Dans un communiqué, la SRF lui « accorde toute sa confiance pour écrire cette nouvelle page de l’histoire de la Quinzaine des réalisateurs et du Festival de Cannes ».
Fondée en 1968, la Société des réalisateurs a organisé le printemps suivant la première Quinzaine des réalisateurs (dont la programmation sera reprise, du 28 mars au 3 mai, à la Cinémathèque française), à Cannes, pendant le festival. Section non compétitive, indépendante de la manifestation officielle, tournée comme son nom l’indique vers le cinéma d’auteur, la Quinzaine a récemment programmé Céline Sciamma (Bande de filles, 2014), Damien Chazelle (Whiplash, 2014), Miguel Gomes (Les Mille et une Nuits, 2015), Pablo Larrain (Neruda, 2016) ou Claire Denis (Un beau soleil intérieur, 2016).
Sur le Web : www.quinzaine-realisateurs.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-13"> ¤ La 43e cérémonie des Césars se déroule ce vendredi soir, salle Pleyel, à Paris. Les films de Robin Campillo et Albert Dupontel comptabilisent chacun treize nominations.
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Césars 2018 : « 120 battements par minute » et « Au revoir là-haut » en grands favoris

La 43e cérémonie des Césars se déroule ce vendredi soir, salle Pleyel, à Paris. Les films de Robin Campillo et Albert Dupontel comptabilisent chacun treize nominations.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 09h32
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 21h01
   





                        



   


C’est la grand-messe du septième art français. La 43e cérémonie des Césars se tient vendredi 2 mars à 21 heures à la salle Pleyel, à Paris. Elle sera dédiée à Jeanne Moreau (morte en juillet 2017), animée par l’acteur Manu Payet et présidée par l’actrice et chanteuse Vanessa Paradis.

        Lire le récit :
         

          A la veille de la 43e cérémonie des Césars, le cinéma français veut changer d’ère



Quatre films partent favoris vu leur nombre impressionnant de nominations : 120 battements par minute, drame sociétal et romanesque de Robin Campillo sur les années sida ; Au revoir là-haut, farce anarcho-historique d’Albert Dupontel sur fond de Grande Guerre ; Le Sens de la fête, comédie melting-pot d’Olivier Nakache et Eric Toledano ; mais aussi Barbara, de Mathieu Amalric. Les deux premiers se distinguent ainsi par treize nominations chacun, égalant ainsi le record de Un prophète, de Jacques Audiard, en 2010, et de Camille redouble, de Noémie Lvovsky, en 2013. Au cas où vous les auriez manqués lors de leur sortie en salles, voici un petit tour d’horizon.

        Lire le compte-rendu :
         

          « 120 battements par minute » et « Au revoir là-haut » en tête des nominations



« 120 battements par minute », de Robin Campillo

120 battements par minute, grande fresque réalisée par Robin Campillo sur les années sida en France à travers le combat de l’association Act Up, comptabilise 13 nominations, en particulier dans les catégories meilleur film, meilleure réalisation et meilleur scénario original. Ses acteurs ont aussi été distingués par l’Académie des Césars pour le meilleur espoir masculin (l’Argentin Nahuel Pérez Biscayart et Arnaud Valois), le meilleur acteur dans un second rôle (Antoine Reinartz), la meilleure actrice dans un second rôle (Adèle Haenel), mais n’apparaissent pas dans les prestigieuses catégories du meilleur acteur et de la meilleure actrice.

        Lire la critique de « 120 battements par minute » :
         

          Une contagion de la colère, de l’amour et du partage



Robin Campillo aura attendu plus de vingt ans pour filmer le début de la lutte contre le sida, à travers le combat de l’association Act Up dont il fut membre. Le réalisateur de 55 ans fait le pari du collectif et livre un grand film politique. De la mort, il est bien évidemment question dans le film, mais c’est surtout le combat contre l’indifférence, les laboratoires et la maladie qui passe au premier plan.
De l’aventure Act Up, le réalisateur a voulu restituer les opérations spectaculaires à coups de jets de poches de faux sang, les débats tendus pour décider des actions à mener, des positions à adopter et des avancées médicales… Il s’est d’ailleurs adjoint les services de Philippe Mangeot, président d’Act Up de 1997 à 1999, pour écrire le scénario.
Mais le réalisateur montre aussi le sexe, l’amour, les gay prides et les soirées exutoires au son de la house, dont le tempo caractéristique donne son titre au film. En plus de deux heures, 120 battements par minute montre un activisme d’avant les réseaux sociaux, mais ne verse ni dans la nostalgie, ni dans le documentaire, probablement car il fait la part belle à l’histoire d’amour entre Sean, séropositif, et Nathan, qui ne l’est pas.
« Au-revoir là-haut », d’Albert Dupontel



Avec 13 nominations également, Au revoir là-haut, d’Albert Dupontel, fait jeu égal avec 120 battements par minutes. L’adaptation du roman de Pierre Lemaitre, prix Goncourt 2013, est notamment en lice pour le meilleur film, le meilleur acteur (Albert Dupontel) et la meilleure réalisation.

        Lire la critique d’« Au revoir là-haut » :
         

          Tragédie ou fantaisie, Dupontel peine à choisir



Le film est un exercice de style ambitieux dans le ­Paris des années 1920. Deux amis, qui se sont sauvés mutuellement la vie dans les tranchées, sortent laminés de la boucherie qu’a été la première guerre mondiale. Albert (Albert Dupontel), outre ses illusions, a perdu son métier et sa femme. A Edouard (Nahuel Pérez Biscayart), tempérament d’artiste qui se fabrique des masques magnifiques, il manque le bas du visage. Autant dire que ça ne va pas fort. Le premier végète en faisant l’homme-sandwich. Le second ne veut plus entendre parler de sa famille – son père, Marcel Péricourt (Niels Arestrup), est un industriel impitoyable – et songe à en finir.
L’amitié va les sauver. Les deux hommes remontent la pen­te, songeant d’une part à retrouver un jour le lieutenant Pradelle (Laurent Lafitte), sombre ­sadique qui les a envoyés au casse-pipe après l’armistice, d’autre part à tirer revanche de l’Etat-Moloch et des ploutocrates qui le servent.
« Le Sens de la fête », d’Olivier Nakache et Eric Toledano



La comédie d’Olivier Nakache et Eric Toledano suit les deux grands favoris avec dix nominations. Le film, qui a rassemblé 3 millions de spectateurs en France en 2017, pourrait remporter le César du meilleur film, de la meilleure réalisation, du meilleur acteur (Jean-Pierre Bacri), du meilleur acteur dans un second rôle (Gilles Lellouche ou Vincent Macaigne) ou encore du meilleur espoir féminin (Eye Haïdara). En 2012, le duo avait été nommé dix fois pour son film phénomène Intouchables, mais seul Omar Sy était finalement reparti avec une récompense, celle du meilleur acteur.

        Lire la critique du « Sens de la fête » :
         

          Un mariage presque parfait



Entre les murs d’une demeure aristocratique des environs de Paris, Max (Jean-Pierre Bacri), organisateur de festivités nuptiales, doit donner à ses clients, un fat et une évaporée, l’illusion que cette journée est la plus belle de leur vie. Les mariés sont incarnés par Benjamin Lavernhe, de la Comédie-Française, et Judith Chemla, qui passa aussi par cette illustre maison. Hélène Vincent, qui joue la mère du marié, bourgeoise à la libido incontrôlable, est aussi une grande comédienne de théâtre.

        Lire l’entretien avec Eric Toledano et Olivier Nakache :
         

          « L’amour des dialogues a forgé notre amitié »



Face à ces gens de bien est réunie une troupe disparate et pourtant parfaitement homogène. On y trouve aussi bien une figure du théâtre contemporain (Vincent Macaigne) que des enfants de la génération Canal+ (Jean-Paul Rouve) ou un pilier du cinéma de distraction, Gilles Lellouche.
« Barbara », de Mathieu Amalric

Déjà lauréat des prix Jean-Vigo et Louis-Delluc en 2017, le biopic ensorcelant de Mathieu Amalric sur la chanteuse Barbara, jouée par Jeanne Balibar, a aussi retenu l’attention des votants avec neuf nominations, en particulier pour le meilleur film, la meilleure actrice et la meilleure réalisation.

        Lire la critique de « Barbara » :
         

          Jeux de miroirs autour de la Dame en noir



Le premier plan de Barbara montre le reflet d’un visage de femme sur le couvercle d’un piano. Un peu flou mais immédiatement reconnaissable. Ce jeu d’images ouvre les portes d’un palais des miroirs que Mathieu Amalric et Jeanne Balibar ont construit autour de la figure de la chanteuse, morte en 1997. Le réalisateur et l’interprète font mine de se perdre entre la fiction d’une biographie filmée et la réalité ­du tournage de celle-ci, alors qu’en réalité, ils conduisent d’une main très sûre le spectateur à travers la vie et l’art de la « dame en noir ».

   Liste des nominations aux Césars 2018 by Le Monde on Scribd




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-14"> ¤ En deux semaines, le film de Marvel Studios a battu des records. Pour les Noirs, il constitue un changement capital.
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Article sélectionné dans La Matinale du 01/03/2018
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« Black Panther » bouscule les schémas hollywoodiens

En deux semaines, le film de Marvel Studios a battu des records. Pour les Noirs, il constitue un changement capital.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 13h55
    |

            Corine Lesnes (San Francisco, correspondante)








                        



                                


                            

Célébration de la culture noire et de son universalité, le film Black Panther a dépassé les 400 millions de dollars (328 millions d’euros) de recette depuis sa sortie le 16 février aux Etats-Unis. Et le deuxième week-end, il a pratiquement égalé le record détenu, depuis 2015, par Le Réveil de la Force (Star Wars), avec 117 millions de dollars au box-office. Seuls deux autres longs-métrages (Jurassic World, en 2015, et Avengers, en 2012) avaient jusqu’ici dépassé la barre des 100 millions de dollars pour cette période.

Le film – une allégorie joyeuse et colorée qui défie les stéréotypes, de race, de genre, de continent – est devenu un « phénomène culturel », a analysé le responsable de la distribution chez Disney, Dave Hollis. « Le film que le public espérait. »
A part quelques trolls sur les réseaux sociaux, vite maîtrisés, Black Panther a suscité un enthousiasme collectif devenu rare dans la société américaine. Le premier week-end les Noirs étaient majoritaires dans le public : 37 % (contre 35 % pour les Blancs). La proportion s’est inversée le week-end suivant : ce sont les Blancs qui ont été les plus nombreux, avec 37 % de l’audience. Selon ces chiffres communiqués par Disney, les Latinos représentaient 18 % des spectateurs et les Asiatiques 7 %. « Jamais super-héros n’a joué pour un public aussi mélangé », a observé le Hollywood Reporter.

« Fierté noire »
Avant même sa sortie, Black Panther était vu comme un « événement majeur pour la communauté afro-américaine », selon l’expression de Carvell Wallace dans le New York Times. Les associations avaient incité leurs adhérents à réserver des places pour assurer que le film serait un blockbuster dès le premier week-end. Il s’agissait de prouver, deux ans après le mouvement « Oscars so White », qui a obligé Hollywood à ouvrir les yeux sur la quasi-absence de...




                        

                        


<article-nb="2018/03/04/19-15">
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-15"> ¤ Cette annonce intervient alors que la Weinstein Company avait annoncé dimanche être prête à déposer le bilan.
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Une nouvelle société, avec un conseil composé d’une majorité de femmes, va reprendre le studio Weinstein

Cette annonce intervient alors que la Weinstein Company avait annoncé dimanche être prête à déposer le bilan.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 03h13
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 08h13
   





                        


L’ex-responsable des PME de l’administration Obama a annoncé jeudi 1er mars être arrivée à un accord pour reprendre le studio Weinstein, au bord de la faillite en raison du scandale d’agressions sexuelles entourant son cofondateur Harvey Weinstein. « Notre équipe est heureuse d’annoncer que nous avons franchi un pas important et trouvé un accord pour acheter des actifs de la Weinstein Company afin de lancer une nouvelle société, avec un nouveau conseil d’administration et une nouvelle vision incarnant les principes que nous défendons depuis le début du processus à l’automne », a déclaré la responsable, Maria Contreras-Sweet, dans un communiqué, jeudi soir. « Ces principes n’ont jamais varié et consistent à bâtir un studio de cinéma mené par un conseil composé d’une majorité de femmes indépendantes », à « sauver 150 emplois », et « créer un fonds de compensation des victimes », a-t-elle ajouté.
Proche du dépôt de bilan
Cette annonce intervient alors que la Weinstein Company (TWC) avait annoncé dimanche être prête à déposer le bilan, précisément faute d’accord avec le groupe d’investisseurs emmené par Mme Contreras-Sweet et le milliardaire Ron Burkle. La TWC n’a pas immédiatement confirmé jeudi soir que les deux parties étaient bien parvenues à un accord.
En annonçant son prochain dépôt de bilan dimanche, la TWC avait fait de multiples reproches à Mme Contreras-Sweet, laissant entendre que les relations entre les deux parties étaient difficiles. Mme Contreras-Sweet s’était dite « surprise » de ces critiques, assurant vouloir « créer une société dirigée par des femmes, capable de « servir d’exemple » dans un pays où le #metoo a fait chuter de nombreux hommes de pouvoir.
Elle n’a, jeudi, donné aucun détail sur l’accord apparemment trouvé ni confirmé le montant de l’opération. Jusque-là, le projet était évalué à 500 millions de dollars, dont 225 millions de dollars de reprise de dettes.
Dédommager les victimes
Les négociations avaient failli aboutir une première fois au début de février. Mais le procureur général de New York, Eric Schneiderman, avait au dernier moment bloqué de facto l’accord, en exigeant que la nouvelle société n’emploie aucun ancien dirigeant de la TWC ayant couvert les abus sexuels du producteur, et que le projet prévoie suffisamment d’argent pour dédommager ses victimes.
La société, fondée en 2005 par Harvey Weinstein et son frère Robert après qu’ils eurent revendu Miramax à Disney, est plongée dans la tourmente depuis la publication des premières accusations d’abus sexuels contre Harvey Weinstein le 5 octobre.
Harvey Weinstein en a été écarté dès le 8 octobre. Mais depuis, plus d’une centaine de femmes, dont des célébrités internationales, comme Ashley Judd, Gwyneth Paltrow ou Salma Hayek, ont accusé le producteur de les avoir sexuellement harcelées, agressées ou violées.
Plusieurs d’entre elles ont attaqué Harvey Weinstein et la TWC en justice, des plaintes qui pourraient se traduire par des millions de dollars à payer en dommages et intérêts.
La société avait produit des films à succès, comme Le Discours d’un roi ou The Artist ; aujourd’hui, la plupart des projets qu’elle avait dans ses cartons sont suspendus.
Les dates de sortie de films déjà achevés, comme The Upside, un remake du film français Les Intouchables, ou The War with GrandPa, une comédie avec Robert de Niro, ont été repoussées sine die. Et les droits sur plusieurs projets en gestation ont été vendus, notamment ceux d’un film de Quentin Tarantino sur les célèbres meurtres commis par les disciples de Charles Manson en 1969, cédés à Sony.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-16"> ¤ Elles mesurent 34 cm et pèsent 3,9 kg : les récompenses du cinéma américain sont issues d’un processus de fabrication technique et précis. Explications.
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-17"> ¤ Réalisateur de films cultes, il est, entre autres, l’auteur d’« Invasion » présenté au Festival de Cannes en 1969.
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Le cinéaste franco-argentin Hugo Santiago est mort

Réalisateur de films cultes, il est, entre autres, l’auteur d’« Invasion » présenté au Festival de Cannes en 1969.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 10h32
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 12h01
    |

                            Paulo A. Paranagua








                        



   


Hugo Santiago, réalisateur de films cultes, figure de la communauté intellectuelle argentine et résidant en France, est mort à Paris, mardi 27 février, à l’âge de 78 ans. Auteur du fameux Invasion, présenté à la première Quinzaine des réalisateurs, au Festival de Cannes, en 1969, il était un homme de la renaissance, imprégné d’une culture musicale, littéraire et théâtrale. Il cultivait la conversation avec une exubérance tempérée par sa curiosité, ce qui lui a valu l’amitié de nombreux intellectuels français et argentins. « Je suis un Portègne à Paris et un Français en Argentine », disait-il.
Hugo Santiago Muchnik était né à Buenos Aires le 12 décembre 1939, dans une famille juive de professionnels de la télévision. L’apprentissage de la musique éveille sa sensibilité artistique dès l’enfance. Etudiant à la faculté de philosophie et de lettres de l’université de Buenos Aires, il fait la connaissance de l’écrivain Jorge Luis Borges, qui enseigne la littérature anglo-saxonne ancienne. Grâce à une bourse, il se rend à Paris, où il devient l’assistant attitré de Robert Bresson pendant plusieurs années. Avec la fréquentation assidue de la Cinémathèque française, il complète ainsi sa formation au septième art. Auprès de Bresson, il fait l’expérience d’une ascèse qui l’aide à épurer son expression, comme le montre son premier long-métrage, Invasion, tourné en Argentine, salué d’emblée comme un chef-d’œuvre.
Polar expressionniste
Invasion a été écrit en collaboration avec Borges et son vieux complice Adolfo Bioy Casares, tous les deux grands amateurs de culture populaire et de roman policier. Dans une ville imaginaire qui transfigure les signes d’identité de Buenos Aires, une bande de résistants à l’allure désuète tente de repousser des envahisseurs qui se distinguent à peine par l’utilisation plus fréquente d’imperméables. L’argument sert de prétexte à une mise en scène éblouissante par son utilisation du noir et blanc et des éclairages, des cadrages inattendus, d’une interprétation à l’apparence décontractée, qui ménage l’émotion et la surprise. Aucun film de cette époque aux radicalités militantes ne ressemble à Invasion, qui tient un discours sur l’honneur et le courage sous ses airs de polar expressionniste légèrement fantastique. Film allégorique sans doute, politique à sa manière, mais à la sensibilité unique.

Puisque l’époque était effectivement troublée en Argentine, Hugo Santiago reste en France, où il parvient après moult péripéties et avec l’aide de Vincent et Louis Malle à tourner Les Autres, également fruit de sa collaboration avec Borges et Bioy Casares. Cette fois, la présentation au Festival de Cannes, en 1974, est une catastrophe. La longue séquence initiale, sous des airs d’opéra, sans paroles ni logique apparente, provoque les huées. Pour contrer ce jeu de massacre, de nombreux intellectuels se mobilisent pour défendre le film, à commencer par Gilles Deleuze. Les Autres détonnent dans le paysage du cinéma français. Les spectateurs peinent à comprendre ces envolées expérimentales. Dans Ecoute voir (1979), l’auteur fait endosser à Catherine Deneuve les habits du privé, un travestissement plus accessible au public.
« Objets audiovisuels »
Le réalisateur tire le meilleur parti de son écartèlement entre deux cultures dans Les Trottoirs de Saturne (1986), brillante variation sur les déchirements d’exilés argentins en France, qui auraient pu être les survivants d’Invasion. Les airs de tango lui donnent un air envoûtant, tantôt lancinant, tantôt séduisant. Ensuite, Hugo Santiago met sa rigueur et sa méticulosité au service de ce qu’il appelle, par modestie ou ironie, des « objets audiovisuels », produits par l’Institut national de l’audiovisuel (INA) et paar la chaîne Arte. Il alterne ainsi la captation de spectacles sur les planches, théâtre ou danse, avec notamment des mises en scène d’Antoine Vitez. Ses documentaires montrent son intérêt à la fois pour l’écrivain Maurice Blanchot (1997) et pour la chanteuse brésilienne Maria Bethania (2001), qu’il cerne de près. Il ne délaisse pas pour autant la fiction, avec Le Loup de la côte Ouest (2002).
Le Ciel du Centaure (2015), tourné à Buenos Aires, reste le dernier avatar de sa recherche labyrinthique, qui n’a cessé de se dérober et de le révéler tel qu’en lui-même. A la fin, il a affronté une longue maladie. Dans Invasion, il avait déjà choisi parmi les milongas (chansons) de Borges, celle qui dit : « Mourir est une habitude que les gens partagent volontiers. »

Hugo Santiago en quelques dates
2 décembre 1939 Naissance à Buenos Aires
1969 « Invasion » à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes
1986 « Les Trottoirs de Saturne »
27 février 2018 Mort à Paris





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-18"> ¤ En amont de la cérémonie, qui se tient vendredi soir à Paris, les prises de parole se sont multipliées cinq mois après l’affaire Weinstein.
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Article sélectionné dans La Matinale du 01/03/2018
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43e cérémonie des Césars : le cinéma français veut changer d’ère

En amont de la cérémonie, qui se tient vendredi soir à Paris, les prises de parole se sont multipliées cinq mois après l’affaire Weinstein.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 09h46
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 09h23
    |

            Sandrine Blanchard








                        



   


C’est une 43e ­céré­monie des ­Césars pas tout à fait comme les autres qui se déroulera vendredi 2 mars à Paris. Cinq mois après l’affaire Harvey Weinstein, le cinéma français s’organise et s’engage. A la veille de cette grand-messe du 7e art, retransmise en direct et en clair sur Canal+, deux tribunes, chacune signée par plus d’une centaine de professionnels du ­cinéma, pourraient susciter, sur la scène de la Salle Pleyel, des prises de parole engagées en faveur des femmes.
La première, publiée mercredi 28 février dans Libération sous le titre « Maintenant on agit », est un appel aux dons pour lutter contre la violence faite aux femmes. A l’image du fonds Time’s Up, lancé par 300 personnalités du ­cinéma américain pour lutter concrètement contre le harcè­lement sexuel après le scandale ­Weinstein, des actrices, acteurs, productrices, réalisatrices ­fran­çaises – parmi lesquelles Julie Gayet, Vanessa Paradis (qui présidera la cérémonie), Emmanuelle Devos, Sandrine Bonnaire, Adèle Haenel, Cédric Klapisch, etc. – se sont associés à l’initiative lancée par la Fondation des femmes.
­Objectif : soutenir les associations « qui œuvrent sur le terrain afin qu’aucune femme n’ait plus ­jamais à dire #metoo ». Après avoir « subi », « enduré », « s’être tu », puis avoir « crié », « balancé », ­« polémiqué », les femmes ­victi­mes de violences sexuelles « méritent d’être dignement accompagnées » pour ne pas être « vulnérables face à la justice », ­réclament les signataires.

        Lire l’entretien avec Julie Gayet :
         

          « Ce que l’on vit, ce n’est pas un moment, c’est un mouvement »



A l’instar des Golden Globes en janvier et des British Academy Film Awards (BAFA) en février, les participants à la cérémonie sont invités à afficher leur solidarité à l’égard des femmes harcelées ou violentées. Non pas en s’habillant de noir, mais en arborant un ruban blanc (comme celui, rouge, de la lutte contre le sida).
« Je ­souhaite que tout le monde en porte à sa boutonnière avec ­conviction ! C’est une façon modeste mais très déterminée de marquer les esprits et une manière aussi de dire tout notre dégoût de ce qui s’est passé à Hollywood », a indiqué, mercredi 28 février, le producteur Alain Terzian, président de l’Académie des Césars dans un entretien sur le site du Journal du dimanche (JDD). « Il faut qu’on soit obsédé par la question de l’égalité entre les femmes et les hommes. La révolution sociale est indispensable », a-t-il ajouté.
« Une ­occasion historique »
La seconde tribune, publiée dans Le Monde daté 2 mars, demande la création de quotas dans le ­financement du cinéma pour « vaincre les inégalités » et parvenir à la parité. Signée notamment par Juliette Binoche, Charles ­Berling, Coline Serreau, Isabelle Carré, Antoine de Caunes, Agnès Jaoui, Jacques Weber, ce texte ­rappelle que dans le cinéma et l’audiovisuel, « comme dans bien des domaines d’activité, les femmes restent discriminées : moins d’un long-métrage sur ­quatre agréé par le Centre national du ­cinéma (CNC) est réalisé par une femme. Aucune exposition à la Cinémathèque française n’a été consacrée à une cinéaste. En soixante et onze ans de Festival de Cannes : une demi-Palme d’or a été décernée à Jane Campion en 1993, partagée avec Chen Kaige. Sans parler des inégalités salariales ».

        Lire la tribune :
         

          « Les quotas, une étape inévitable pour vaincre les inégalités »



Pour la cinéaste Charlotte Silvera, membre du collectif SexismesurEcrans à l’initiative de cette tribune, « les positions de la ministre de la culture en faveur de l’égalité hommes-femmes sont une ­occasion historique ».

        Lire le compte-rendu :
         

          Quotas, malus, budget… Le plan de Françoise Nyssen pour l’égalité femmes-hommes



Que ce soit sur la question des violences ou sur celle de la parité, Françoise Nyssen a clairement pris position. Mercredi 7 février, elle tenait un discours très volontariste lors du comité ministériel pour l’égalité entre les hommes et les femmes, se donnant quatre ans pour tendre vers la parité dans le monde de la culture et ­assumant « le recours aux quotas de progression et aux objectifs chiffrés ». Lundi 26 février, lors du dîner des producteurs organisé par l’Académie des Césars, elle considérait que ces derniers avaient la « responsabilité » de « combattre avec la plus grande force les stéréotypes, les discri­minations, le harcèlement » et de « n’avoir aucune tolérance, aucune complaisance pour les actes qui s’en rapprochent – quel qu’en soit l’auteur ».

        Lire le décryptage :
         

          Vingt recommandations pour l’égalité femmes-hommes dans la culture



Peu de mesures concrètes
Certaines personnalités – notamment les réalisatrices Julie ­Bertucelli et Lola Doillon, les comédiennes Anna Mouglalis et Alice Pol – ont signé les deux tribunes. Mais la question des quotas ne fait pas l’unanimité au sein des organisations professionnelles, syndicales et associatives de la culture. Si Pascal Rogard, directeur général de la SACD, a salué « l’ampleur de l’engagement de la ministre » en estimant que « jamais on n’aura été aussi loin dans la mise en place d’outils, de dispositions et même de sanctions à l’égard de ceux qui traîneraient les pieds pour accorder aux femmes leur juste place », peu d’autres se sont manifestés en faveur de quotas.
« Il faut d’abord débattre, ­discuter en profondeur avant de donner des solutions toutes faites. Les quotas n’arriveront pas de ­sitôt en France », considère Bérénice Vincent, exportatrice de films et porte-parole du nouveau collectif 5050 pour 2020 lancé par l’association Le Deuxième Regard dont elle est l’une des fondatrices. « Cela fait cinq ans qu’on est sur le sujet », rappelle-t-elle.
En 2013, une Charte pour l’égalité entre les femmes et les hommes dans le cinéma était signée par Aurélie ­Filippetti (alors ministre de la ­culture), Najat Vallaud-Belkacem (alors ministre des droits des femmes), Frédérique Bredin ­ (présidente du CNC) et Véronique Cayla (présidente d’Arte). Mais elle avait été suivie de peu de mesures concrètes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-19"> ¤ La productrice et actrice, signataire de l’appel « Maintenant on agit », estime que la question des quotas demande réflexion.
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Julie Gayet : « Ce que l’on vit, ce n’est pas un moment, c’est un mouvement »

La productrice et actrice, signataire de l’appel « Maintenant on agit », estime que la question des quotas demande réflexion.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 09h45
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 09h47
    |

            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

Actrice et productrice, Julie Gayet est l’une des signataires de l’appel « Maintenant on agit » paru dans Libé­ration le 28 février pour lutter contre les violences sexuelles. Un film et un documentaire, produits par Rouge international, la ­société de production qu’elle a fondée en 2007 avec Nadia Turincev, sont nommés aux Césars : Grave, de Julia Ducournau (six nominations, dont meilleur ­premier film, meilleure réalisation et meilleur espoir féminin), et Visages Villages, d’Agnès Varda et JR (nommé dans les caté­gories meilleur documentaire et meilleure musique originale).

A la veille des Césars, pourquoi avez-vous signé ­l’appel « Maintenant on agit » lancé par la Fondation des ­femmes ?
Nous voulions profiter d’être mises en lumière pour aider ­toutes celles qui sont dans des ­milieux moins visibles que le ­cinéma et soutenir les associations sur le terrain. Le détonateur a été la fermeture du standard ­téléphonique de l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT) parce qu’il était submergé par des appels de femmes victimes de violences sexuelles. Ce manque de moyens était scan­daleux. Il s’agit aussi de dire : ­arrêtons la polémique et soyons concrets, donnons de l’argent pour que les associations de ­défense des femmes puissent ­travailler. Cette réflexion sur les rapports hommes-femmes n’est pas nouvelle. J’avais parrainé en 2016 la campagne « Sexisme pas notre genre » lancée par ­Laurence Rossignol, alors ministre des droits des femmes, pour tenter de susciter une prise de conscience et changer les ­comportements. Mais là, ce qu’il s’est passé, c’est autre chose.

C’est-à-dire ?
On a assisté à une campagne présidentielle aux Etats-Unis avec un futur président d’un sexisme incroyable. La réaction a été la Marche des femmes [à Washington DC, le 21 janvier 2017, et dans d’autres villes dans le monde]. Puis,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-20"> ¤ Habituée des films d’époque, Anaïs Romand est nommée pour la quatrième fois aux Césars pour son travail sur les costumes des « Gardiennes », de Xavier Beauvois.
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Anaïs Romand, costumière historique


                      Habituée des films d’époque, Anaïs Romand est nommée pour la quatrième fois aux Césars pour son travail sur les costumes des « Gardiennes », de Xavier Beauvois.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 08h30
    |

                            Zineb Dryef








   


Bertrand Bonello, Olivier Assayas, Leos Carax… La costumière Anaïs Romand a habillé les films des réalisateurs les plus exigeants. Elle est nommée pour la quatrième fois consécutive aux Césars, qui se déroulent le 2 mars.
Femme de théâtre
Après des débuts dans la peinture décorative, Anaïs Romand fait la rencontre du couple de costumiers italiens de théâtre Ezio Frigerio et Franca Squarciapino, qui collaborent notamment avec les metteurs en scène Giorgio Strehler et Peter Brook. Ils lui apprennent le métier. Depuis 1999, elle travaille surtout pour le cinéma (Olivier Assayas, Bertrand Bonello, Benoît Jacquot, Leos Carax…). Elle est la costumière du très attendu Un peuple et son roi, de Pierre Schoeller, dont la sortie est prévue en septembre.

        Lire aussi :
         

                L’été révolutionnaire de Pierre Schoeller



Tisseuse de liens
Elle garde un souvenir réjouissant du tournage des Gardiennes, de Xavier Beauvois, qui lui vaut une nomination aux Césars cette année. Notamment avec les figurants – des paysans qui ont trouvé « agréables » ces « costumes de travail ! » – et avec la jeune Iris Bry, révélation du film : « C’était merveilleux de lui faire découvrir mon travail, l’élaboration de costumes et de l’aider ainsi à entrer dans le personnage. » Elle ajoute : « Je ne suis pas une folle du vêtement : ce qui me passionne, c’est de rendre un univers vivant et crédible. »

Historienne
Anaïs Romand est réputée pour la rigueur et la créativité qu’elle déploie dans les films d’époque. « Pour une histoire qui se déroule au xvie siècle, on doit tout recréer puisqu’on ne trouve plus de tissus, d’accessoires, etc. Mais un film contemporain, c’est aussi du costume, de la dramaturgie, du mouvement. » Guillaume Nicloux (La Clef, La Religieuse, Valley of Love) est l’un des rares réalisateurs qui lui demande du contemporain. « Travailler avec lui est très ludique : il sait exprimer avec précision l’univers qu’il raconte. »
Césarisée
L’Apollonide (2012), Saint Laurent (2015) et La Danseuse (2017) lui ont déjà valu trois trophées. Pour le biopic de Bertrand Bonello, elle n’avait pas pu disposer des trésors conservés par la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent. « J’ai collaboré avec le collectionneur Olivier Châtenet et j’ai eu accès à une documentation exceptionnelle. C’était difficile, mais j’ai finalement eu beaucoup plus de liberté que si on avait eu des pièces de musée, dans lesquelles les acteurs ne peuvent pas se mouvoir. »


