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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Patrick Jeudy retrace le singulier destin de celle qui sauva le général Kœnig lors de la fameuse bataille (sur France 5 à 22 h 40).
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TV - « Susan, l’héroïne cachée de Bir Hakeim »

Notre choix du soir. Patrick Jeudy retrace le singulier destin de celle qui sauva le général Kœnig lors de la fameuse bataille (sur France 5 à 22 h 40).



Le Monde
 |    04.03.2018 à 18h00
    |

            Christine Rousseau








                        


Documentaire sur France 5 à 22 h 40



Philanthrope, résistante, légionnaire, femmes de cœur, de combat et de passion : c’est ainsi, que l’on pourrait résumer le petit bataillon d’héroïnes que France 5 a choisi d’honorer, dans la « Case du siècle », depuis le 13 février. Date à laquelle a débuté une programmation spéciale, entourant la Journée internationale de la femme, qui se conclura, les 11 et 18 mars, par la diffusion de Simone, Louise, Olympe et les autres, la grande histoire des féministes, de Mathilde Damoisel.
Après les figures d’Anne Morgan et de Madeleine Richou, celle de Susan Travers boucle avec panache et romanesque une trilogie dont le premier mérite est de redonner toute leur place à ces femmes méconnues – voire, comme l’intrépide Anglaise, poussées dans les oubliettes de l’Histoire.
Le tort de Susan Travers ? Avoir eu une liaison adultérine avec le général Kœnig, héros de la bataille de Bir Hakeim. Et qu’importe qu’elle sauvât celui dont elle était le chauffeur, en perçant les lignes ennemies – ouvrant ainsi une brèche aux autres véhicules avant que l’étau allemand ne se referme. Qu’importe qu’elle ait pris part à un acte de résistance dont la gloire va légitimer les Forces françaises libres comme armée régulière.
Sortie sous la mitraille
Dès la fin de la guerre, « les ciseaux des censeurs » se mettront en action pour faire disparaître toute trace, ou presque, de cette fougueuse Anglaise. Bien que meurtrie, elle reconnaîtra plus tard avoir attendu la disparition des principaux protagonistes pour livrer enfin ses souvenirs, en 2001, dans Tant que dure le jour (Plon). Un ouvrage dont Patrick Jeudy s’est sans doute largement inspiré pour conter, avec un lyrisme parfois appuyé, la trajectoire singulière de cette jeune fille que rien ne prédisposait à devenir la première et unique femme, à ce jour, membre de la Légion étrangère.
Née à Londres en 1909, d’un père officier de la Royal Navy et d’une aristocrate anglaise mélancolique, Susan Travers passe sa jeunesse sur la Côte d’Azur à tromper l’ennui d’une vie familiale terne, entre les parties de tennis où cette sportive excelle, les bals et des flirts sans lendemain. L’ennui guette toujours, lorsque la guerre éclate qui la voit d’abord revêtir l’uniforme d’infirmière de la Croix-Rouge. Avant celui des Forces françaises libres où elle s’engage en juin 1940. Sur le navire qui l’a conduite à Dakar, elle est attachée à la 13e demi-brigade de la Légion étrangère. Sans savoir qu’elle va suivre ces ­hommes pendant quatre ans du ­Cameroun à l’Egypte, du désert ­libyen à l’Italie et jusque dans les Vosges. Mais aussi, après guerre, en Indochine comme membre à part entière de la 13e DBLE.

   


Quatre années marquées par sa rencontre avec celui qui restera son grand amour : le général Kœnig, dont « la Miss » devient le chauffeur et la maîtresse sous les ors des palaces de Damas et Beyrouth. Avant de connaître l’enfer du siège de Bir Hakeim (du 26 mai au 11 juin 1942), que retrace, jour par jour, Patrick Jeudy, illustrant son propos d’archives – notamment celles, rares, où figure Susan Travers – et des dessins aux couleurs chaudes de ­Jérémie Gasparutto.
Peu après sa sortie héroïque sous la mitraille, la romance, éventée par la propagande allemande, s’achève. Susan Travers ne reverra Kœnig qu’en 1956, lorsqu’il la décore de la médaille militaire. En 2010, lors de son discours de réception à l’Académie française au fauteuil de Pierre Messmer, qui fut lui aussi membre de 13e DBLE, Simone Veil ne manquera pas de saluer la mémoire et le courage de l’adjudante-chef Travers. Réparant des années d’omission.
Susan, l’héroïne cachée de Bir Hakeim, de Patrick Jeudy (Fr., 2017, 55 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Lavillenie vise le titre au saut à la perche aux championnats du monde de Birmingham. Aurel Manga a pris le bronze sur 60 mètres haies.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Une pétition demande le retrait de la vente de l’ouvrage, l’accusant de véhiculer des « clichés et [une] image dégradante » des femmes.
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« On a chopé la puberté », jugé sexiste, ne sera pas réédité par les éditions Milan

Une pétition demande le retrait de la vente de l’ouvrage, l’accusant de véhiculer des « clichés et [une] image dégradante » des femmes.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 11h49
   





                        


Les éditions Milan ont annoncé qu’elles ne réimprimeraient pas un livre pour préadolescentes, On a chopé la puberté, qui a suscité un tollé sur les réseaux sociaux car jugé sexiste et dont une pétition, qui rassemblait dimanche 4 mars au matin près de 144 000 signatures demande le retrait.
La publication, en février, de ce livre destiné aux enfants à partir de 9 ans « a donné lieu depuis quelques jours à une campagne d’une violence extrême sur les réseaux sociaux », relatent les éditions Milan dans un communiqué diffusé samedi soir.
Par conséquent, la maison d’édition a décidé de ne pas « réimprimer cet ouvrage, aujourd’hui en rupture de stock ». Il s’en est vendu environ 5 000 exemplaires, selon Christophe Tranchant, directeur général des éditions Milan.
Thème sensible, sujet à interprétations
« On comprend que le thème soit extrêmement sensible, sujet à interprétations (…), on entend que ça pose question et on souhaite apaiser le contexte », a-t-il dit. Pour lui, il était « important de lire l’ensemble du texte », qui met en scène quatre adolescentes, « quatre points de vue différents (…) dont une est plutôt écologiste et féministe », assure-t-il.
Les éditions Milan promettent de continuer à « accompagner les enfants dans leurs questionnements » et à s’engager « en faveur de l’égalité des sexes dans un esprit laïque, moderne, d’ouverture et de mesure ».
Sur change.org, la pétition pour demander le retrait de cet ouvrage de la vente l’accuse de véhiculer des « clichés et [une] image dégradante » des femmes. Une page en particulier a provoqué la colère d’internautes. On y voit une adolescente se promenant dans la rue interpellée par un garçon, « Mignons, ces petits tétons ! ». Le livre conseille de changer de soutien-gorge ou de superposer des débardeurs pour cacher ces tétons.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Histoire d’un livre. L’écrivain vient du même « coin de terre » que la Pucelle, et s’est de tout temps senti proche d’elle et de son mystère. Une proximité d’où a jailli « Le Bon Cœur ».
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édition abonné


Michel Bernard aborde Jeanne d’Arc en voisin

Histoire d’un livre. L’écrivain vient du même « coin de terre » que la Pucelle, et s’est de tout temps senti proche d’elle et de son mystère. Une proximité d’où a jailli « Le Bon Cœur ».



Le Monde
 |    04.03.2018 à 09h00
    |

                            Xavier Houssin (Collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Le Bon Cœur, de Michel Bernard, La Table ronde, 238 p., 20 €.

On serait de son pays comme on est de son enfance. Il ne s’agit pas de prendre le contre-pied de la phrase si souvent citée du Pilote de guerre, de Saint-Exupéry (Gallimard, 1942), pour en faire juste une formule à l’envers. Mais il existe bien une histoire-géographie de l’intime où se mêlent les apprentissages scolaires et le grandir, les récits familiaux, les épopées nationales et le grand essor de l’imaginaire. Une « enfrance », comme aurait dit Pierre Sansot (1928-2005). Michel Bernard est l’écrivain de ce sentiment d’appartenance. Il vient de publier Le Bon Cœur, roman de la geste de Jeanne d’Arc, cette paysanne de 17 ans qui sauva le royaume de France et mourut sur le bûcher à Rouen en 1431. Nombreux sont les auteurs (d’Anatole France à Charles Péguy ou Paul Claudel, de Joseph Delteil à Michel Tournier) que cette extraordinaire destinée a inspirés. Sans parler de Michelet et des historiens. Après tous ceux-là, il fallait vraiment oser se lancer dans l’entreprise.
Michel Bernard a écrit une dizaine de récits, de romans, tous d’une France dont il fait la chronique très personnelle, croisant les existences avec les paysages, avec les chemins. Parlant des siens et des soldats de la Grande Guerre ou des coureurs du Tour. Il évoque ses 10 ans, vers la fin des années 1960. Côtoie l’enfance de Charles Trenet (Comme un enfant, Le Temps qu’il fait, 2003). Rend un hommage, troublant, sensible, à Maurice Genevoix (Pour Genevoix, La Table ronde, 2011). Accompagne Maurice Ravel, quand il parvient à s’engager, en 1916, alors qu’il a été réformé (Les Forêts de Ravel, La Table ronde, 2015). Révèle les chagrins que Monet sacrifie à sa peinture (Deux remords de Claude Monet, La Table ronde, 2016).
« Le Bon Cœur arrive après tous ces livres, mais je dirais presque qu’il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Le street-artist britannique, qui a installé à Bethléem en 2017 le Walled Off Hotel, n’a jamais caché son engagement en faveur de la cause palestinienne.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Depuis la parution de « La Source vive » en 1943, la théoricienne de « l’objectivisme », idéologie de référence des conservateurs, demeure omniprésente dans la vie publique et politique américaine.
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édition abonné


Ayn Rand, l’auteure de chevet de Trump, rééditée en France


                      Depuis la parution de « La Source vive » en 1943, la théoricienne de « l’objectivisme », idéologie de référence des conservateurs, demeure omniprésente dans la vie publique et politique américaine.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 06h36
    |

                            Clémentine Goldszal








                              

                        

Le président américain n’a pas une grande passion pour les livres, mais il a un roman favori : La Source vive, un épais volume de près de 700 pages publié en 1943 et vendu depuis à près de sept millions d’exemplaires. Son auteure, Ayn Rand, née Alissa Zinovievna Rosenbaum en 1905 à Saint-Pétersbourg, émigra en 1926 aux Etats-Unis, exportant avec elle son traumatisme de la révolution d’Octobre. Un temps scénariste à Hollywood, elle connut la gloire au milieu du siècle dernier avec La Source vive donc, puis La Grève, édité en 1957. Deux romans qui la placent au panthéon des lettres américaines. En 1991, lorsque la bibliothèque du Congrès demandait aux Américains, dans un sondage, quel livre avait le plus influencé leur vie, La Grève arrivait en deuxième position après la Bible.
  Stéphane Legrand, philosophe
Aux Etats-Unis, Ayn Rand est étudiée au lycée et à l’université. Elle est aussi citée dans les meetings républicains. Car plus que romancière, Rand se revendiquait philosophe, théoricienne de l’« objectivisme ». Lors d’une conférence en 1962, elle définissait ainsi cette doctrine : « Chaque homme existe pour lui-même. Il ne doit pas se sacrifier pour autrui, ni sacrifier les autres pour lui-même. La poursuite de son intérêt rationnel et de son propre bonheur est son plus haut objectif moral. »
Autour d’elle se forme rapidement un mouvement, qui flirte avec le libéralisme et le libertarisme, et s’ancre immédiatement dans la droite conservatrice. Ennemie revendiquée de l’intervention étatique, dégoûtée par le communisme, elle « transforma le capitalisme en idéal moral », comme l’écrit le philosophe Stéphane Legrand dans son essai Ayn Rand femme Capital (Editions Nova). A ce titre, poursuit-il, « La Source vive est la pierre philosophale qui convertit l’élitisme le...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Plusieurs fois nommés dans les catégories principales, ces trois films devraient remporter quelques statuettes dimanche soir à Los Angeles.
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Oscars 2018 : « La Forme de l’eau », « Dunkerque » et « 3 Billboards » grands favoris

Plusieurs fois nommés dans les catégories principales, ces trois films devraient remporter quelques statuettes dimanche soir à Los Angeles.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 16h39
   





                        



   


Hollywood retient son souffle avant la grand-messe des Oscars, dimanche 4 mars, à Los Angeles. Une 90e cérémonie qui devrait être marquée par le scandale Weinstein, tandis que l’annonce des nominations, en janvier, a souvent résonné de l’écho du mouvement #metoo.
Certaines stars devraient aussi arborer un pin’s orange représentant le drapeau américain en signe d’opposition aux violences liées aux armes à feu.

Some celebrities attending the Academy Awards will reportedly wear an orange anti-gun violence pin https://t.co/gyDSyngNXC— NYMag (@New York Magazine)


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Animateur de la soirée pour la deuxième fois d’affilée, l’humoriste Jimmy Kimmel a aussi promis que l’impair de l’année passée — un mauvais nom avait été annoncé pour l’Oscar du meilleur film, La La Land au lieu de Moonlight — ne se reproduirait pas.
Trois films font la course en tête : la romance fantastique La Forme de l’eau (The Shape of Water, treize nominations) ; le film historique Dunkerque (huit nominations) ; et le drame satirique 3 Billboards : les Panneaux de la vengeance (sept nominations). Suivent Phantom Thread (six nominations) et Lady Bird (cinq). Séance de rattrapage, au cas où vous les auriez manqués cette année.
« La Forme de l’eau », de Guillermo del Toro

   


Passionné par les figures fantasmagoriques voire carrément monstrueuses, Guillermo del Toro était jusqu’ici connu pour des films comme Hellboy ou Le Labyrinthe de Pan. Avec ses treize nominations, notamment dans les principales catégories, La Forme de l’eau est un conte étrange et enchanteur sur les amours d’une modeste employée muette et d’une créature amphibie, qui revisite l’histoire de La Belle et la Bête.

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                « La Forme de l’eau » : un monstre dans l’eau trouble américaine



La « belle » y est une femme de ménage muette et timide (Elisa, interprétée par Sally Hawkins, qui a appris la langue des signes), employée dans un laboratoire gouvernemental américain ultrasecret pendant la guerre froide. Sa vie bascule lorsqu’elle fait la découverte d’une expérience encore plus secrète et rencontre la « bête », une créature sortie de la mer, condamnée à être dépecée par ceux qui la retiennent, en premier lieu le directeur du laboratoire (Michael Shannon). La rencontre de ces deux solitudes va donner naissance à une histoire d’amour follement poétique, où l’eau jouera un élément essentiel. Elisa va tenter de faire évader la créature, avec l’aide de sa collègue (Octavia Spencer) et de son voisin (Richard Jenkins), deux personnages aussi seuls qu’elle.

        Lire l’interview :
         

          Guillermo del Toro : « En vieillissant, on est prêt à se servir des accidents pour créer »



« Dunkerque », de Christopher Nolan

   


Christopher Nolan a récolté huit nominations pour Dunkerque, son drame magistral sur l’opération « Dynamo », l’évacuation désespérée de l’armée alliée de la plage de Dunkerque en 1940.

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                « Dunkerque » : un déluge de bombes hors sol



Son poussé au maximum, ­impacts des bombes et des balles sifflant aux oreilles des spectateurs, format plus grand et plus vibrant que ­nature, couleurs sombres et paysages d’apocalypse, caméra ­embarquée dans les situations les plus atroces, partition omniprésente d’Hans Zimmer… Nolan joue, en virtuose, de cette approche immersive. Sur terre, sur mer ou dans les airs, il s’agit de faire intimement ressentir au spectateur ce que c’est que d’être un soldat transformé, par la ­nature des opérations militaires et du terrain, en une cible permanente.

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                Dunkerque mise sur « l’effet Nolan »



« 3 Billboards : les Panneaux de la vengeance », de Martin McDonagh

   


Fort de sept nominations, notamment pour le meilleur second rôle masculin (Sam Rockwell, en tête des paris, et Woody Harrelson) et pour la meilleure actrice (Frances McDormand), ce film met en scène avec beaucoup d’humour noir Mildred, une mère en deuil et en colère qui loue trois panneaux publicitaires pour relancer l’enquête sur le meurtre de sa fille.

        Lire la critique :
         

          «  3 Billboards » : une soif de vengeance désespérée



La tonalité abrasive du message de Mildred, qui hurle l’horreur des faits pour empêcher que ce crime se perde comme tant d’autres dans le silence et l’oubli, donne à ce début de film une teinte féministe offensive, que renforcent les allégations sur les violences racistes commises dans l’enceinte du commissariat par un certain Dixon (Sam Rockwell).

        Lire aussi :
         

                « 3 Billboards » triomphe à la cérémonie des Bafta



« Phantom Thread », de Paul Thomas Anderson

   


Dans le Londres des années 1950, Phantom Thread raconte l’histoire de Reynolds Woodcock (Daniel Day-Lewis), couturier londonien qui multiplie les conquêtes féminines. Jusqu’à ce qu’il rencontre Alma (Vicky Krieps), une jeune femme à la beauté irrégulière et au léger accent germanique, dans une auberge sur la route qui le mène à son cottage. Woodcock se livre alors à une cour effrénée, à laquelle Alma répond sans se laisser désarmer. 

        Lire aussi :
         

                « Phantom Thread » : l’amour sous toutes les coutures



La jeune femme se lance dans une campagne sans merci pour transformer l’engouement de Reynolds Woodcock en engagement… Magistral dans le rôle du couturier, Daniel Day-Lewis a annoncé qu’il tenait là son dernier rôle à l’écran.

        Lire le portrait :
         

          Daniel Day-Lewis, aux extrêmes de l’incarnation



« Lady Bird », de Greta Gerwig
Pour son premier film derrière la caméra, l’actrice Greta Gerwig dresse le portrait sensible d’une adolescente qui rêve de fuir la Californie et sa relation tumultueuse avec sa mère.

        Lire aussi :
         

                « Lady Bird » : l’ir­répressible désir d’ailleurs d’une ado américaine




   


Christine McPherson (interprétée par la jeune actrice améri­cano-irlandaise Saoirse Ronan), 17 ans, qui se présente sous le nom de « Lady Bird », étudie dans un lycée catholique pour filles de Sacramento. Issue d’une famille de la classe moyenne au milieu d’élèves très aisés, elle passe ses journées avec sa meilleure amie. Sa mère, une infirmière intransigeante qui travaille sans relâche, a peu d’ambition pour sa fille : étudier à l’université du coin, dans le meilleur des cas.

        Lire le portrait :
         

          Greta Gerwig, la funambule du cinéma indépendant



« Lady Bird », elle, rêve de vivre dans « un endroit culturel, comme New York, le Connecticut, le New Hampshire, où vivent les écrivains », quitte à entrer en conflit ouvert avec sa mère. En attendant, elle rejoint l’atelier de théâtre et de comédie musicale de son lycée, où elle flirte avec le petit ami idéal, tout en ne perdant pas des yeux Kyle, plus mauvais garçon…




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ « La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr » d’Antoine Marchalot.
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Leumonde.fr, par Antoine Marchalot (épisode 91)

« La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr » d’Antoine Marchalot.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 07h09
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ L’humoriste et actrice Muriel Robin relate pour « La Matinale du Monde » ses rencontres avec Michel Bouquet, son « père de théâtre », et Pierre Palmade, son « frère jumeau ».
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Muriel Robin : « Je ne suis pas homo, je suis moi »

L’humoriste et actrice Muriel Robin relate pour « La Matinale du Monde » ses rencontres avec Michel Bouquet, son « père de théâtre », et Pierre Palmade, son « frère jumeau ».



Le Monde
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04.03.2018 à 14h53
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            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

Dans le cadre du festival « Paroles citoyennes », l’humoriste et actrice interprétera, jeudi 8 mars à Bobino, Les Monologues du vagin d’Eve Ensler, aux côtés de sa compagne Anne Le Nen et de Carole Bouquet.
Je ne serais pas arrivée là si…
Si je n’avais pas eu du courage. Le courage de quitter mes parents – avec une mère à la personnalité très forte – qui me voulaient absolument avec eux dans leur commerce de chaussures. Le courage d’aller vivre à Paris avec, à l’époque, mon caractère sauvage. Et le courage de continuer ce métier de comédienne qui est parfois très difficile.
Dans votre chambre d’enfant à Saint-Etienne, vous rêviez de musique et de Liza Minnelli. D’où venait cette passion ?
De la télé en noir et blanc. Liza Minnelli, le chapeau haut-de-forme, les claquettes, le chant, la comédienne : je voulais être comme elle parce qu’elle réunissait tout. La musique a toujours été très importante dans ma vie. Dans ma chambre de petite fille j’organisais des concerts. J’avais un orchestre symphonique et mes coussins représentaient le public, dans lequel il y avait évidemment quelques people : Alain Delon – dont j’étais dingue –, Simone Signoret, Romy Schneider… Et je dois dire que les coussins étaient assez dociles ! Je sortais de l’école à midi, à midi et quart on avait fini de manger et j’allais, chaque jour, mettre un disque. Je retournais un seau à glace pour faire des rythmiques. Il y avait aussi un piano et j’avais la chance de pouvoir jouer main droite main gauche en écoutant les morceaux : Polnareff, les Beatles, la musique du film Borsalino… Mes parents travaillaient tellement qu’ils ont banalisé cela en ne le pointant pas.
Vous n’avez pas demandé à suivre des cours de musique ?
J’ai demandé à prendre des cours de piano. Ça se passait très bien et ma professeure a évoqué l’idée de m’inscrire au Conservatoire. Ni mes parents ni moi ne savions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Les prix de meilleur acteur, féminin et masculin, sont revenus respectivement à Frances McDormand (« 3 Billboards ») et à Timothée Chalamet ( « Call Me by Your Name »).
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« Get Out » triomphe aux Spirit Awards, un bon indicateur des Oscars

Les prix de meilleur acteur, féminin et masculin, sont revenus respectivement à Frances McDormand (« 3 Billboards ») et à Timothée Chalamet ( « Call Me by Your Name »).



Le Monde
 |    04.03.2018 à 03h41
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 17h05
   





                        


Get Out, dénonciation du racisme et film d’horreur, pourrait contredire les pronostics aux Oscars qui donnent favoris La Forme de l’eau et 3 Billboards. Le long-métrage a triomphé samedi 3 mars lors de la 33e cérémonie des Spirit Awards, remportant les trophées de meilleurs film et réalisateur. Ces dernières années, les Spirit Awards ont été un bon indicateur des lauréats aux Oscars, qui seront décernés dimanche. En 2017, Moonlight de Barry Jenkins avait en effet récolté le Spirit, puis l’Oscar du meilleur film.

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Jordan Peele, comédien qui passait pour la première fois derrière la caméra, a reçu son prix des mains de Spike Lee. « Nos vérités sont nos armes les plus puissantes face aux mensonges de ce monde », a-t-il déclaré. Son film, en course pour quatre Oscars dimanche, met en scène un jeune homme noir (Daniel Kaluuya), qui va vivre un week-end très étrange chez les parents de sa petite amie blanche.

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Les Spirit Awards ont confirmé certains favoris aux Oscars. Allison Janney a été couronnée meilleur second rôle féminin pour son rôle de mère abusive de la patineuse déchue Tonya Harding dans Moi, Tonya. Elle a déjà raflé tous les prix cette saison et est donnée gagnante par les experts dimanche, tout comme Sam Rockwell et Frances McDormand. Ils ont remporté respectivement le Spirit du meilleur second rôle masculin et de meilleure actrice pour 3 Billboards : les Panneaux de la vengeance, l’épopée d’une mère en colère qui loue trois panneaux publicitaires pour interpeller la police sur le meurtre non élucidé de sa fille.
Chalamet, Gerwig et le duo Varda-JR récompensés
Surprise en revanche, le Franco-Américain de 22 ans Timothée Chalamet a été nommé meilleur acteur pour Call Me by Your Name, une romance homosexuelle. Aux Oscars, c’est Gary Oldman, qui incarne Churchill dans Les Heures sombres, le mieux placé pour l’instant.

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Greta Gerwig a décroché le Spirit du meilleur scénario pour Lady Bird. Son premier film, en lice pour une poignée d’Oscars, raconte les états d’âme d’une adolescente qui s’apprête à entrer à l’université.

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Visages, Villages, d’Agnès Varda et l’artiste de rue JR, a été sacré meilleur documentaire. Leurs déambulations poétiques dans les campagnes françaises pourraient offrir son premier Oscar à la pionnière de la Nouvelle Vague, âgée de 89 ans. Elle a déjà reçu en novembre un Oscar d’honneur saluant sa carrière.
Une femme fantastique a remporté le prix du meilleur film étranger. Ce poignant drame du Chilien Sebastian Lelio, porté par une actrice transgenre, Daniela Vega, est bien placé pour le prix équivalent des Oscars dimanche.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Dans un entretien au « JDD », Antoine Gallimard dit avoir « suspendu le projet » de rééditer les pamphlets antisémites en raison de la polémique qu’il avait suscitée.
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Article sélectionné dans La Matinale du 03/03/2018
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Gallimard ne renonce pas à publier les pamphlets de Céline

Dans un entretien au « JDD », Antoine Gallimard dit avoir « suspendu le projet » de rééditer les pamphlets antisémites en raison de la polémique qu’il avait suscitée.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 01h10
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 16h16
   





                        



   


« J’ai suspendu le projet [de rééditer les pamphlets antisémites de Louis-Ferdinand Céline] mais je n’y ai pas renoncé », a déclaré Antoine Gallimard, le PDG de la maison d’édition, qui s’exprime pour la première fois depuis la polémique dans les colonnes du Journal du dimanche (JDD), dimanche 4 mars. Il veut offrir « une édition scientifique de ces textes, (…) comme des sources importantes de l’antisémitisme en France ».
« La raison de cette suspension est simple : on ne construit rien de valable dans un incendie, on ne peut pas se faire entendre dans un amphithéâtre en ébullition. »
Il réfute l’idée qu’il aurait été convoqué par le gouvernement en décembre 2017 à ce sujet. « Le terme “convocation” est inexact, assure-t-il. J’ai reçu une lettre du délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, Frédéric Potier, et j’ai choisi de le rencontrer. » Ecoutant les appréhensions du délégué quant à une absence de mise en contexte, M. Gallimard lui avait fait savoir que cette réédition des textes serait accompagnée d’un « appareil historique », avec une analyse du professeur d’université Régis Tettamanzi et d’une préface signée de l’écrivain Pierre Assouline.

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Un projet polémique
Le projet de rééditer les pamphlets antisémites de Céline (Bagatelles pour un massacre, 1937 ; L’Ecole des cadavres, 1938 ; Les Beaux Draps, 1941) avait suscité une vague d’indignation, notamment celle de Serge Klarsfeld, président de l’association Fils et filles de déportés juifs de France.
Antoine Gallimard justifie à nouveau dans le JDD son projet « par goût de la vérité » et par la nécessité de montrer « la coexistence du génie et de l’ignoble en un seul homme ». Les textes concernés ont été rédigés par l’auteur du Voyage au bout de la nuit entre 1937 et 1941, et devraient tomber dans le domaine public en 2031 (soit soixante-dix ans après la mort de l’écrivain).

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                Petites et grandes manœuvres autour des pamphlets de Céline



Les pamphlets de Céline ne sont pas interdits en France, mais ils n’ont pas été réédités depuis la fin de la seconde guerre mondiale. L’écrivain lui-même, puis sa veuve, Lucette Destouches, âgée de 105 ans, s’y opposaient. Disponible sur Internet, une édition établie par Régis Tettamanzi existe déjà au Québec depuis 2012.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Notre choix du soir. La série dérivée de « Little Britain » (2003-2005) se paie de manière aussi outrageante que comique la tête des Américains (sur OCS Go, à la demande).
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TV – « Little Britain USA », brûlot malpensant

Notre choix du soir. La série dérivée de « Little Britain » (2003-2005) se paie de manière aussi outrageante que comique la tête des Américains (sur OCS Go, à la demande).



Le Monde
 |    03.03.2018 à 18h00
    |

            Renaud Machart








                        


Série sur OCS Go à la demande

Si l’irrévérence de French and Saunders ou l’humour noir et scatologique de Getting on sont à votre goût, nul doute que le splendide mauvais goût, assez typiquement british, de Little Britain USA (2008) vous enchantera. Cette série est dérivée de Little Britain (2003-2005), une production télévisée à grand succès créée par David Walliams et Matt Lucas. Dans les trois saisons britanniques, Albion en prenait pour son grade ; dans celle-ci, les auteurs se paient la tête des Etats-Unis avec une totale absence de retenue dans la caricature.
Certains des personnages incarnés dans les trois premières saisons par les formidables David Walliams et Matt Lucas (souvent en travestis) reviennent, tandis que de nouveaux sont ajoutés à la galerie. On notera aussi des « invités spéciaux » comme Robert Vaughn, le chanteur Sting (qui s’accompagne au luth) ou l’humoriste et actrice Rosie O’Donnell.
Dès le premier épisode, où l’on voit cette dernière questionnée par l’animatrice d’un atelier de parole pour obèses, le ton est donné : « Vous êtes devenue lesbienne parce que, étant grosse, vous ne trouviez aucun homme ? » Le dialogue se fait souvent épicé et les blagues sur les « bouffeuses de gazon » abondent.
Blagues salaces intraduisibles
Plus tard, un démonstrateur d’armes à feu témoigne d’une formidable érection chaque fois qu’il touche l’une d’entre elles… Jusqu’à ce qu’une tache fraîchement humide marque un pli de son pantalon. Un sénateur américain marié et conservateur, pris en fâcheuse posture avec une prostituée transsexuelle ou avec un jeune homme, donne une conférence de presse pour expliquer laborieusement qu’il ne s’agit en rien de ce que chacun pourrait croire.
Une voix off, façon documentaire, ne cesse de dire, sur le ton le plus compassé, des horreurs sur les Américains accompagnées de blagues souvent salaces intraduisibles. Les vieux, les handicapés, les minorités ethniques, les gays et les gros ont tous droit à des plaisanteries hautement incorrectes.
Au point qu’on a l’impression, en ces temps où tout est sujet à tabou et à excommunication, que Little Britain USA, tourné il y a onze ans, est une sorte de brûlot mal-pensant qui serait probablement impensable aujourd’hui.
Little Britain USA, créée par David Walliams et Matt Lucas. Avec David Walliams et Matt Lucas (GB, 2008, 6 × 27 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ L’écrivaine et dramaturge, admirée de Jacques Derrida, complice du Théâtre du Soleil, puise depuis soixante ans dans les « ressources inépuisables » de la langue. Plus que jamais avec « Défions l’augure », empli de souvenirs passés et à venir.
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édition abonné


Hélène Cixous : « La digression est l’âme de la littérature »

L’écrivaine et dramaturge, admirée de Jacques Derrida, complice du Théâtre du Soleil, puise depuis soixante ans dans les « ressources inépuisables » de la langue. Plus que jamais avec « Défions l’augure », empli de souvenirs passés et à venir.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 15h00
    |

                            Bertrand Leclair (Collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            

Le regard porte plus loin, quand on prend de la hauteur. Comment s’étonner qu’Hélène Cixous vive au dixième étage d’un immeuble moderne, dans un appartement parisien ouvert d’est en ouest sur le bleu du ciel ? Dans une belle lumière matinale annonçant le printemps, l’intelligence vive scintille au détour de chaque phrase comme au coin des yeux, tandis que les oiseaux tracent les signes au-delà des balcons, fidèles aux augures. « Défions l’augure », dit justement le titre du nouveau livre d’Hélène Cixous et, « oui, bien sûr, confirme-t-elle, il faut y croire et dans l’instant ne pas y croire », pour défier l’augure. Le titre est en réalité un emprunt microscopique à Hamlet, de Shakespeare : une petite phrase lancée par le héros au moment où le pressentiment de la mort qu’il éprouve physiquement l’invitait à reculer. C’est cette petite phrase, comme un pan de mur jaune, que Défions l’augure s’emploie à grossir à notre vue pour rendre enfin lisible ce qui ne l’était pas tout à fait, en nous-même.
A la mort brutale de son père, en Algérie
Défier l’augure, c’est défier l’emprise de la mort quand le monde, de toute façon, tourne à la perte de tous et de chacun. Hélène Cixous en a fait l’expérience sismique dès l’enfance, à la mort brutale de son père, en Algérie, où elle est née et a grandi. « Un cataclysme, pour l’enfant que j’étais, un impossible pur, je ne pouvais ni le croire ni ne pas le croire. » Elle avait déjà vécu une autre forme d’impuissance radicale, interdite d’école dans l’Algérie soumise à Vichy : « A 3 ans, les barreaux se sont matérialisés. J’ai compris que nous étions dans des prisons qui s’appelaient, par exemple, “juif”. Il était impossible de trouver une réponse aux agressions ; à hauteur d’enfant, la solution ne pouvait pas passer par la confrontation mais par le rêve, le passage dans un autre monde. Ce que la littérature a été pour moi, tout de suite, une terre d’asile et ce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ « On a chopé la puberté », paru aux éditions Milan, explique à des préadolescentes que la poussée des seins permet « d’attirer l’attention du bel Ethan ».
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Une pétition réclame le retrait d’un livre sur la puberté jugé sexiste et dégradant

« On a chopé la puberté », paru aux éditions Milan, explique à des préadolescentes que la poussée des seins permet « d’attirer l’attention du bel Ethan ».



Le Monde
 |    03.03.2018 à 14h01
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 06h34
   





                        



   


Un livre qui entend « dédramatiser l’adolescence » pour ses défenseurs et qui véhicule un « discours sexiste » pour ses détracteurs. L’ouvrage On a chopé la puberté, destiné à expliquer la puberté aux préadolescents, et paru aux éditions Milan, fait l’objet de vives critiques. Une pétition, lancée vendredi 2 mars, demande son retrait, et a recueilli plus de 95 000 signatures en moins de 24 heures.
Sur les réseaux sociaux, de nombreux passages de l’ouvrage sont repris pour en souligner le caractère sexiste et dégradant à l’égard des femmes. « Grâce à tes seins en plein développement, tu as enfin attiré l’attention du bel Ethan dont tu es secrètement amoureuse depuis la maternelle », peut-on lire dans ce livre de la collection « Les Pipelettes ».
Le livre explique que « grâce à tes nouvelles formes plus arrondies, tu convaincs ta mère de renouveler totalement ta garde-robe et d’aller faire du shopping dans des boutiques de grande ». Ou encore : « comme tu grandis », « tu as enfin le droit de porter du fard à paupières, du gloss, voire du mascara, au collège ».

A ne SURTOUT pas lire: "on a chopé la puberté", un livre "moisi de stéréotypes" et de "culture du viol" publiés par… https://t.co/wocXeO5Ou0— AgatheWeil (@Agathe Weil)


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Sur sa page Facebook, la blogueuse Emma, qui a remis en lumière dans une bande dessinée le concept de « charge mentale », publie quelques passages de l’ouvrage, qu’elle a rebaptisé Apprends dès 9 ans à être un objet sexuel :
« Ta poitrine ressort davantage quand tu te tiens bien droite. Tout est une question d’attitude et de maintien. Les filles à petits seins sont aussi attirantes que les autres ! »
La mère de famille de deux enfants relaie la pétition espérant « qu’aucune gamine n’ait l’occasion de lire cette horreur ». « A l’âge ou les jeunes filles se construisent et à travers ce type d’ouvrage, la société leur fait comprendre qu’elles sont à disposition sexuelle, qu’on peut les juger sur leur physique et qu’elles doivent masquer leur corps », résument les personnes à l’origine de la pétition, qui ont reçu le soutien de l’association Osez le féminisme :
« Choquant ! Discours sexiste et dégradant pour ces enfants, réduites à n’être qu’un corps sexualisé à la disposition du désir masculin. Quelle estime d’elles-mêmes peuvent-elles construire en lisant ces inepties misogynes ? »
« Ton décalé »
Sommées de s’expliquer, les éditions Milan ont fait savoir sur leur blog que cet ouvrage « documentaire au ton volontairement décalé et humoristique » est « destiné à dédramatiser une période souvent difficile à vivre à l’adolescence ». L’éditeur rappelle « qu’il est engagé aux côtés des filles et des garçons, pour les accompagner dans leur découverte du monde, sans dogmes ni prédicats. »
Selon l’une des auteures de l’ouvrage, ce livre répondrait, tout en « désamorçant les clichés », à des stéréotypes que les petites filles « ont déjà intégrés. » Au sujet de l’un des passages les plus critiqués sur les tétons visibles à la puberté, elle rétorque qu’une « fille qui demande “comment mettre mes seins en valeur sans trop attirer les regards” » a le droit à une réponse.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Une hausse par rapport à 2017, où la soirée avait été suivie par 1,9 million de personnes.
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Les Césars ont été suivis par deux millions de téléspectateurs sur Canal+

Une hausse par rapport à 2017, où la soirée avait été suivie par 1,9 million de personnes.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 12h54
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 14h27
   





                        


La 43e cérémonie des Césars, retransmise en clair sur Canal+ vendredi 2 mars, a attiré 2,1 millions de téléspectateurs (11,4 % de part d’audience). Une hausse par rapport à 2017, où la soirée avait été suivie par 1,9 million de personnes, selon des chiffres de Médiamétrie.
La soirée, placée sous le signe de la lutte contre les violences faites aux femmes et animée par Manu Payet, a permis à Canal+ de se hisser à la quatrième place des chaînes les plus regardées hier soir, derrière TF1, France 2 et M6.
La cérémonie a enregistré un pic d’audience de 2,3 millions de téléspectateurs à 22 h 37, au moment de l’hommage à Mireille Darc rendu par Aure Atika, qui portait la robe dos-nu mythique de la star, a précisé la chaîne cryptée, ajoutant que 19,2 % de ses abonnés ont suivi l’événement qui était également retransmis sur Mycanal et Dailymotion.
En haut du podium, la Une a séduit 3,6 millions de personnes (18,7 %) avec son jeu Le Grand Concours des animateurs, talonnée par France 2 qui en a attiré 3,3 millions (14,7 %), avec sa série française Lanester. En 3e place, la série Mac Gyver sur M6 a été regardée par 2,8 millions de personnes (12,1 %).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ L’avenir de cette publication culturelle, créé en 1991 par l’Institut du monde arabe, est mis en cause, alerte son rédacteur en chef.
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édition abonné


Inquiétudes sur l’avenir du magazine « Qantara »

L’avenir de cette publication culturelle, créé en 1991 par l’Institut du monde arabe, est mis en cause, alerte son rédacteur en chef.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 12h00
    |

            Charlotte Bozonnet








                        



                                


                            
La revue de l’Institut du monde arabe (IMA), Qantara, va-t-elle disparaître ? C’est ce que craint son rédacteur en chef, François ­Zabbal, qui a adressé une lettre au directeur de l’institut, Jack Lang, le 8 février, pour l’alerter sur cette question. « Le mardi 30 janvier, écrit M. Zabbal, le secrétaire général de l’IMA, M. David Bruckert, m’a annoncé, au cours d’une réunion, l’arrêt du magazine Qantara (…). J’avoue ne pas comprendre : arrêter Qantara c’est perdre un titre connu, un symbole, un réseau. » L’historien et écrivain dénonce une « mise à mort bureaucratique et subreptice. »
Créée en 1991, Qantara (« le pont ») est un magazine trimestriel bien connu de ceux qui s’intéressent au monde arabe. Consacré à la culture – de l’édition au théâtre en passant par la poésie, la littérature ou encore l’histoire –, il a notamment bâti sa réputation sur son dossier central d’une trentaine de pages, très fouillé, et sur le choix de ses contributeurs – universitaires, intellectuels, journalistes ayant une connaissance pointue de ces sujets. 
« C’est une revue unique au monde, résume François Zabbal. Il existe bien deux revues littéraires, à Londres et aux Etats-Unis, mais aucune revue généraliste comme celle-ci, qui couvre toute l’actualité artistique et culturelle du monde arabe – les arts, les expositions, la musique, les films –, qui permet de vulgariser mais aussi d’ouvrir des fenêtres sur des sujets peu couverts, comme nous l’avons fait récemment sur le Moyen-Orient dans la première guerre mondiale. »
« Consternation et incrédulité »
A la tête de la revue depuis vingt-deux ans, François Zabbal, qui part cette année à la retraite, ne comprend pas pourquoi les devants n’ont pas été pris pour préparer la relève : « Au lieu de mettre à profit le départ du rédacteur en chef pour relancer et renouveler le magazine en révisant le sommaire et la ligne éditoriale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Editorial. Dans le sillage de l’affaire Weinstein, le milieu du cinéma commence à adopter des mesures concrètes contre les violences faites aux femmes et pour l’égalité entre les genres.
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Séisme sur la planète cinéma

Editorial. Dans le sillage de l’affaire Weinstein, le milieu du cinéma commence à adopter des mesures concrètes contre les violences faites aux femmes et pour l’égalité entre les genres.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 11h04
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 14h32
   





                        


Editorial du « Monde ». C’est le propre du show-business : des robes noires des Golden Globes californiens et des Bafta londoniens, les 7 janvier et 18 février, jusqu’aux rubans blancs arborés lors de la remise des Césars parisiens, vendredi 2 mars, les grandes industries cinématographiques ont ostensiblement déployé leur soutien à la cause des femmes. Ces démonstrations, que prolongera, à n’en pas douter, la remise des Oscars américains ce week-end, témoignent de la place centrale que le cinéma a prise dans le combat pour l’égalité entre les genres.

        Lire le récit :
         

          Les Césars, du ruban rouge au ruban blanc



Ce rôle, le cinéma le doit à Harvey Weinstein. Depuis la révélation par le New York Times et le New Yorker, le 5 octobre 2017, des agressions sexuelles en série commises par le producteur de Pulp Fiction et de Gangs of New York, accusations et mises à l’écart n’ont plus cessé. L’acteur Kevin Spacey et le responsable de création chez Disney-Pixar John Lasseter, le vénérable Dustin Hoffman et le juvénile Casey Affleck, cibles de mises en causes circonstanciées, ont dû renoncer qui à un rôle aussitôt confié à un autre, qui à l’un des postes les plus prestigieux du cinéma américain, qui, enfin, à participer à la cérémonie des Oscars.

        Lire le compte-rendu :
         

          « 120 battements par minute » et « Au revoir là-haut » grands gagnants des Césars 2018



Parole libérée d’une autre manière
Le séisme qui secoue la planète cinéma n’est pas moindre en Europe. Si les droits et les cultures y rendent plus difficiles les accusations nominatives, la parole des femmes s’est libérée d’une autre manière. Les professionnelles du cinéma ont relancé le débat sur l’inégalité entre genres dans leurs métiers. Aux Etats-Unis, la directrice de la photographie Rachel Morrison est la première femme, depuis la fondation des Oscars en 1929, à être nommée dans sa catégorie. En France, Tonie Marshall, qui a remporté le César de la réalisation en 2000, récompense qui n’était jamais allée à une femme, attend toujours une successeure.
Si bien que les regards se tournent vers l’Europe du Nord, en particulier vers la Suède, où la parité dans les instances attribuant les fonds publics a été instituée, où ces fonds devront pour moitié être attribués à des projets portés par des femmes, à condition que le personnel et les dirigeants des sociétés produisant ces films aient consacré une journée de formation à la lutte contre le harcèlement.
Dans le sillage de l’affaire Weinstein, on est donc passé en quelques mois du déballage au débat, et l’on voit maintenant poindre l’adoption de mesures concrètes. La rapidité et l’ampleur de la secousse tiennent à la nature même du cinéma, à son exposition au regard de tous, à son extrême sensibilité aux mouvements de l’opinion – lorsqu’un producteur remercie un acteur ou un metteur en scène qui fait l’objet d’accusations, la décision est au moins autant économique qu’éthique, il s’agit de protéger la campagne de marketing et les recettes au box-office.
Ce serait pourtant une erreur de considérer que les ingrédients de la crise actuelle – les violences faites aux femmes, l’inégalité dans les salaires, l’accès aux financements ou aux postes de responsabilité – bouillonnent en vase clos. Les gens de cinéma ont beau s’habiller différemment des autres les soirs de Césars ou d’Oscars, ils vivent dans la même société que le commun des mortels. C’est à l’ensemble de cette société de faire en sorte que le débat en cours ne reste pas l’apanage du seul 7e art. C’est à l’ensemble de cette société de promouvoir les avancées salutaires dont il est porteur, afin qu’elles bénéficient à toutes et à tous.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Le milieu du cinéma était réuni vendredi 2 mars à la Salle Pleyel à Paris pour la traditionnelle cérémonie de récompenses du cinéma français.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Le maestro s’est éteint à Berlin le 2 mars, à 78 ans, des suites d’un cancer.
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édition abonné


Mort d’un grand d’Espagne, le chef d’orchestre Jesus Lopez Cobos

Le maestro s’est éteint à Berlin le 2 mars, à 78 ans, des suites d’un cancer.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 09h35
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 13h47
    |

                            Marie-Aude Roux








                        



                                


                            

En janvier, Jesus Lopez Cobos, annoncé très souffrant, avait dû laisser la baguette à Michel Plasson appelé à la rescousse par le Grand Théâtre de Genève pour diriger la nouvelle production du Faust, de Gounod, monté par Georges Lavaudant. Le maestro espagnol, ancien directeur général de la Deutsche Oper de Berlin et directeur musical de l’Orchestre symphonique de Cincinnati (Ohio) et du Teatro Real de Madrid, est mort le 2 mars à Berlin (Allemagne) des suites d’un cancer, à l’âge de 78 ans.
Né à Toro, dans la province de Zamora (Castille Léon), le 25 février 1940, et élevé dans une famille musicienne qui chérissait Wagner – lui-même dira que s’il devait définir son répertoire de prédilection, ce serait celui de la musique germanique –, Jesus Lopez Cobos a fait ses études de piano et de composition aux conservatoires de Malaga et de Madrid, ville où il suit dans le même laps de temps un cursus complet de philosophie qui le conduira au doctorat à l’Université Complutense. Mais la musique sera la plus forte : Jesus Lopez Cobos quitte son pays pour l’Autriche et entre à l’Académie de Vienne où il étudie pendant trois ans, de 1966 à 1969, auprès de Hans Swarowsky. Entre temps, en 1968, il est lauréat du Concours international des chefs d’orchestre de Besançon après avoir donné son premier concert à Prague. Il traverse ensuite l’Atlantique pour New York et se perfectionne à la Juilliard School entre 1969 et 1970.
Des conflits et des ruptures
Ses relations avec son pays, dans un après-franquisme en construction, sont malheureusement entachées de conflits et ruptures. Ainsi, lorsqu’il prend en 1981 les rênes de l’Orchestre national d’Espagne, comme chef associé d’abord, jusqu’en 1983, puis comme directeur musical, de 1984 à 1989. Ses rapports difficiles avec les tutelles, dont il critique les lourdeurs administratives, rendent le divorce inévitable. « Après l’accession de Felipe Gonzalez, on m’a demandé de revenir en Espagne pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Littérature, cinéma, BD, théâtre… Fabrice Drouelle propose un magazine informatif et éclectique (sur Polar + à 12 h 30).
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TV – « Pistes noires » : le polar sous toutes ses coutures

Littérature, cinéma, BD, théâtre… Fabrice Drouelle propose un magazine informatif et éclectique (sur Polar + à 12 h 30).



Le Monde
 |    03.03.2018 à 09h30
    |

                            Camille Langlade








                        


Magazine sur Polar + à 12 h 30

   


Toujours en vogue dans les librairies ou à la télévision à travers les téléfilms et les séries, le polar, paradoxalement, n’avait pas encore de magazine qui lui était entièrement consacré. C’est désormais chose faite grâce à « Pistes noires ». Lancé le 3 février, ce programme hebdomadaire de 30 minutes, animé par Fabrice Drouelle, envisage le genre sous toutes ses formes : roman, cinéma, série, bande dessinée, théâtre. Jusqu’aux jeux vidéo. « Parce que le noir, ça va avec tout », conclut l’animateur, à chaque fin d’émission.
Entretiens, chroniques, reportages
Tous les samedis à 12 h 30, le journaliste, bien connu des auditeurs de France Inter pour « Affaires sensibles », propose un panorama éclectique de la production actuelle, sans oublier les grands classiques du genre. Sur un plateau alternant entre clair-obscur et notes colorées, l’émission s’ouvre par un entretien avec un invité (écrivain, acteur, dessinateur, metteur en scène…) tels, lors des premières émissions, Philippe Labro, Jean-Bernard Pouy ou Naidra Ayadi et Salomé Lelouch. Ils sont ensuite rejoints par deux chroniqueurs qui présentent et commentent des créations estampillées polar. Ces deux séquences sont entrecoupées d’une pastille vidéo dans laquelle une personnalité se filme en évoquant son polar préféré. Le tout compose un ensemble varié et bien rythmé, qui se conclut par un reportage.
Mélange de fiction et de réel
Si la bande dessinée est bien représentée, la bonne surprise du magazine tient à la place accordée au théâtre, « parent pauvre de la télévision », selon Fabrice Drouelle. Qui plus est rarement associé au polar. « Dès que je peux mettre le polar en valeur par le théâtre, je le fais », dit le journaliste, avant d’expliciter sa ligne éditoriale : « Il s’agit de mettre en évidence des œuvres qui nous paraissent honnêtes, audacieuses, et qui sortent des chemins battus ».
D’abord contacté par Canal+ pour prêter sa voix aux bandes-annonces de leur nouvelle chaîne, Polar +, Fabrice Drouelle s’est vu finalement confier cette émission pour incarner le polar, de sa voix grave, légèrement éraillée. Une tessiture parfaitement adaptée au genre.
Entre « Pistes noires » et « Affaires sensibles » sur France Inter, où chaque jour Fabrice Drouelle revient sur un événement ou un procès qui a marqué l’histoire, d’évidentes passerelles existent. D’ailleurs, le principal intéressé ne s’en cache pas et n’hésite pas à s’autopasticher pour présenter, ce samedi, Jean Doux et le mystère de la disquette molle (éd. Delcourt), l’album de son invité, le dessinateur Philippe Valette.
Approche transgenre
Même si elle laisse une grande place à la fiction, « Pistes noires » n’en oublie pas le réel. Après tout, les faits divers des rubriques Police-Justice restent des polars du quotidien. « Le polar, c’est d’abord une histoire », affirme Fabrice Drouelle.
Une trame qui dessine une peinture sociale et politique de notre temps. Ce samedi, Fabrice Drouelle et son équipe présenteront, entre autres, L’Ordre des choses, de l’Italien Andrea Segre, un film sur les migrants, ainsi que Nature morte dans un fossé, de Fausto Paravidino, une pièce de théâtre sur fond de violences faites aux femmes.
Pour autant rien de morose ou de sombre dans ce magazine qui propose, avec complicité, chaleur et humour, une approche transgenre des plus réjouissantes.
Pistes noires, tous les samedis à 12 h 30 sur Polar +. Disponible sur Canal à la demande et MyCanal. Présenté par Fabrice Drouelle. 30 min.



                            


                        

                        

