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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-1"> ¤ Les médias en ligne souffrent de la concurrence de Facebook et Google dans la publicité et de la sévérité de la justice à leur égard.
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Au Maroc, les sites d’information luttent pour leur survie

Les médias en ligne souffrent de la concurrence de Facebook et Google dans la publicité et de la sévérité de la justice à leur égard.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 13h00
    |

                            Yassine El Azzaz








                        



                                


                            

La démocratisation d’Internet, dans le sillage des réformes engagées par le roi Mohammed VI et des révolutions arabes, a entretenu un espoir de libération de la parole journalistique sur le Web. En 2014, le ministre de la communication, Mustapha El Khalfi, dénombrait plus de 400 sites d’informations en ligne et se réjouissait de leur « potentiel dans le domaine de la diversité et de la liberté de la presse ». Quelques années plus tard, certains sujets épineux comme l’islam, le régime monarchique et le Sahara occidental, sont toujours tabous. Et le risque de la prison, qui menace toujours les journalistes, encourage l’autocensure.
« L’exemple d’Hamid El Mahdaoui, rédacteur en chef de Badil.info, pure-player arabophone qui a mis la clé sous la porte depuis l’arrestation de son fondateur pendant le Hirak [un mouvement contestataire né à Al-Hoceïma dans la région du Rif après la mort d’un poissonnier broyé par une benne à ordures] est dans la tête des journalistes », explique Abdellah Tourabi, directeur de publication du magazine indépendant Telquel, hebdomadaire critique envers les gouvernements successifs et qui accumule les procès.

Pourtant présentée comme une avancée pour la liberté de la presse par le Parti de la justice et du développement (PJD), au pouvoir depuis sept ans, la réforme du code de la presse, adoptée en 2016, a théoriquement supprimé les peines privatives de liberté. Mais, en pratique, « les juges contournent le code de la presse et poursuivent les journalistes sur la base du code pénal », affirme Youssef Aït Akdim, journaliste indépendant installé à Rabat.
Difficile de faire payer le lecteur
Les éditeurs critiquent également l’absence de juges et de procureurs spécialisés dans les affaires de presse. « Lors du premier procès intenté en 2009 contre Taoufik Bouachrine pour “offense au drapeau national”, le juge citait les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-2"> ¤ Le sociologue a été mis en examen pour diffamation après avoir publiquement contesté les compétence d’un « expert » d’une émission de téléréalité.
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Jean-Claude Kaufmann : « Les sciences humaines et sociales ont un combat à mener face aux vérités alternatives »

Le sociologue a été mis en examen pour diffamation après avoir publiquement contesté les compétence d’un « expert » d’une émission de téléréalité.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 14h12
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Jean-Claude Kaufmann est sociologue, ancien directeur de recherche du CNRS et spécialiste du couple. Pour avoir, dans un article de 20 Minutes, qualifié d’« arnaque » les « thèses scientifiques » défendues par Stéphane Edouard, présenté comme « sociologue de couple » pour l’émission de téléréalité « Mariés au premier regard », diffusée sur M6, il a été mis en examen mi-janvier pour diffamation. Derniers essais parus : Un lit pour deux (JC Lattès, 2015) et Piégée dans son couple (LLL, 2016).
Vous avez été mis en examen pour diffamation après avoir publiquement douté de la validité des « thèses scientifiques » de Stéphane Edouard, « expert » en sociologie. Qu’est-ce qu’un sociologue ?
S’il n’y a pas en sociologie d’ordre professionnel comme chez les avocats ou les médecins, il n’en faut pas moins remplir un cahier des charges précis pour représenter cette discipline. On peut qualifier de sociologue deux catégories d’acteurs. La première, qui constitue le « noyau dur » du métier, implique d’être titulaire d’une thèse de doctorat en sociologie et de faire des travaux de recherche, en tant qu’enseignant-chercheur à l’université ou en tant que chercheur dans un grand organisme public, tel le CNRS. Ces scientifiques partagent tous le même système de fonctionnement : la validation par les pairs. Autrement dit, le contrôle mutuel permanent de chacun par chacun, d’une part à l’intérieur des institutions de recherche, d’autre part par le biais de publications et de colloques.
La deuxième catégorie concerne un cercle plus élargi de professionnels. Ils ont des niveaux de diplôme moins élevés que la thèse, ne se revendiquent pas de la science, et font souvent, sur le terrain, en liaison avec des travailleurs sociaux par exemple, un excellent travail d’analyse et d’intervention. Mais si l’un de ces sociologues « opérationnels » veut mettre en avant ses hypothèses et ses idées dans un article à prétention...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-3"> ¤ Conseils de styliste, portraits de créateurs… Les podcasts sur l’univers du luxe se multiplient. Une pédagogie par le son qui cherche à contrebalancer le trop-plein d’images de notre époque.
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La mode se diffuse en podcasts


                      Conseils de styliste, portraits de créateurs… Les podcasts sur l’univers du luxe se multiplient. Une pédagogie par le son qui cherche à contrebalancer le trop-plein d’images de notre époque.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 06h37
    |

                            Sophie Abriat








   


Pharrell Williams, Sébastien Tellier, Leïla Slimani… Voilà quatre mois qu’artistes et amis de la maison se relaient au micro de 3.55, un podcast inauguré par Chanel en novembre, à l’occasion de son pop-up store chez Colette (qui a fermé en décembre), puis de l’exposition itinérante « Mademoiselle Privé », qui s’est terminée en février à Hongkong. Pendant une demi-heure, les invités y livrent leurs réflexions sur la création, leur rapport à l’art ou la musique… Le son plutôt que l’image. Avec ce podcast, la marque de luxe explore une nouvelle manière de communiquer. Si Chanel est la seule maison à s’être lancée dans l’aventure, blogueurs, journalistes et médias de mode multiplient les initiatives.
A l’instar du Business of Fashion, le journal anglais de mode en ligne, qui, après le succès de sa première série de 30 épisodes avec des personnalités du milieu (Antoine Arnault, John Galliano, Dapper Dan, Amber Valletta…), a lancé une nouvelle déclinaison intitulée Inside Fashion. Objectif : décrypter les dernières actualités. Aux manettes, les chroniqueurs du site, dont le célèbre critique de mode Tim Blanks.
« Comme au début des blogs, beaucoup de gens se lancent car les contraintes de départ sont minimes, deux micros suffisent »  Julien Neuville, cofondateur de Nouvelles Ecoutes
Voilà quelques années déjà que ce format connaît un fort engouement aux Etats-Unis. La Française Garance Doré, pionnière des blogs mode en France et installée de l’autre côté de l’Atlantique depuis 2010, y a lancé son podcast, Pardon My French, il y a deux ans. Tout comme Leandra Medine : la blogueuse mode new-yorkaise du site Man Repeller au 1,9 million d’abonnés sur Instagram a développé les formats Oh Boy et Monocycle. L’édition américaine de Vogue a aussi son émission audio en ligne. Quant à la journaliste indépendante américaine basée à Paris Jessica Michault, elle reçoit environ une fois par mois un designer (Angela Missoni, Cédric Charlier, Julie de Libran…) pour discuter de leurs processus créatifs dans Fashion Your Seatbelt, téléchargeable depuis l’application iTunes. « Aux Etats-Unis, le paysage des podcasts est saturé, comme c’est déjà le cas avec YouTube, par exemple. En France, la tendance a mis plus de temps à émerger », constate Julien Neuville, cofondateur de Nouvelles Ecoutes, studio indépendant de production de podcasts, qui a notamment lancé avec succès La Poudre, l’émission féministe de la journaliste mode Lauren Bastide.
Le tout sans compter les nombreux podcasts amateurs qui émergent. « Comme au début des blogs, beaucoup de gens se lancent car les contraintes de départ sont minimes – deux micros suffisent –, mais peu perdurent », commente Julien Neuville.
« On crée nos propres images à partir de l’écoute »
Pour se faire une place, il faut choisir sa spécialité. Valérie Tribes, avec son podcast Chiffon, a opté pour la thématique du style. Depuis sa création, en janvier 2017, créateurs d’entreprises, designers, blogueurs et anonymes se pressent à son micro. « Mon podcast se veut démocratique. Je n’interroge pas seulement des personnalités issues du sérail de la mode, mais aussi des personnes inconnues du grand public. Ce qui m’intéresse, c’est de faire parler les gens sur leur rapport aux vêtements. Je défends une vision sociologique de la mode », lance la fondatrice, ancienne journaliste mode.
« C’est le principe du contenu à la demande comme pour Netflix ou YouTube. Et l’audio permet de mener une double activité : on peut s’informer sur la mode tout en faisant autre chose » Emilie Coutant, sociologue de mode
En plus de Chiffon, on peut aussi écouter les conseils en mode masculine du site Bonnegueule.fr ou encore Les Petites Mains, série d’épisodes téléchargeables sur iTunes lancés par le studio audio Mukashi Mukashi. Animés par la styliste Isabelle Moser, ils sont centrés sur des métiers de la mode dont on entend généralement peu parler : brodeur, modéliste, plisseur, éventailliste… L’Institut français de la mode (IFM) mise plutôt sur le côté historique de cette discipline, en tendant son micro aux penseurs que sont Michel Pastoureau ou Georges Vigarello.
Le bureau de tendances NellyRodi met, quant à lui, en valeur les entrepreneurs de l’industrie. Autant d’offres qui s’inscrivent dans la mise en lumière actuelle du secteur : les expositions, ouvrages, conférences sur la mode attirent un public croissant, désireux d’accroître sa culture mode. « C’est le principe du contenu à la demande qui fonctionne déjà avec Netflix, Spotify ou YouTube. L’audio permet aussi de mener une double activité : on peut s’informer sur la mode tout en faisant autre chose, indique la sociologue de mode Emilie Coutant. La profusion d’images qui caractérise notre époque crée de la confusion. Le format de conversation intime des podcasts permet de prendre de la hauteur dans notre monde saturé d’informations. C’est un média qui créé une connexion avec l’auditeur, joue la carte de la proximité. » 
Trouver un modèle économique
Gratuit pour les auditeurs, ce nouveau média doit aussi inventer son propre modèle économique, en misant notamment sur la publicité ou le sponsoring. Certains entretiens de Chiffon sont ainsi financés par des marques de mode (Balzac Paris, Bangle Up) ou de cosmétiques (La Rosée). Chez Nouvelles Ecoutes, s’il n’y a pas encore de podcast consacré à la mode, des marques de prêt-à-porter ou de bijoux comme Maison Standards et Artdenouer sponsorisent certains épisodes de La Poudre. Mais les annonceurs sont encore rares, car les podcasts se heurtent à un problème majeur : il n’existe pas à ce jour de dispositif de mesure d’audience officielle. Sans chiffres exacts, il est difficile de monétiser ce format.
3.55 n’a pas ce genre de problème. Chanel y intervient non pas comme sponsor mais comme producteur de contenus. Lors des conversations avec Sébastien Tellier, Leïla Slimani ou encore Aurélie Dupont, pas un mot n’a été prononcé sur les collections Chanel : c’est l’occasion de soigner une image et non de vendre un produit. « Un podcast fait fonctionner notre imagination : on crée nos propres images à partir de l’écoute », souligne Emilie Coutant. Un format propice au storytelling et particulièrement adapté au monde du luxe. Voilà qui ne devrait pas laisser longtemps les autres maisons de mode indifférentes…



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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-4"> ¤ Invité sur CNews, le producteur a confié qu’il avait « envie de gifler » la militante féministe, qui a annoncé qu’elle allait porter plainte.
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Le CSA saisi d’une centaine de signalements après des propos de Besnehard contre Caroline de Haas

Invité sur CNews, le producteur a confié qu’il avait « envie de gifler » la militante féministe, qui a annoncé qu’elle allait porter plainte.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 10h57
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 13h05
   





                        



   


Lasse des attaques, la féministe Caroline De Haas annonçait la semaine dernière quitter les réseaux sociaux, mais c’est sur les écrans de télévision qu’elle a plus récemment été la cible d’attaques. La scène se déroule vendredi 2 mars, sur le plateau de CNews, lors d’un échange entre le présentateur Jean-Pierre Elkabbach et le producteur Dominique Besnehard, invité pour évoquer la 43e cérémonie des Césars, marquée par la mobilisation du monde du cinéma contre les violences faites aux femmes.
Dans un discours louvoyant, assurant d’abord être féministe, le producteur s’en est pris à la militante :
« Alors que je suis féministe, que j’ai un rapport avec les femmes extraordinaire… Quand je vois certaines journalistes qui disent “un homme sur trois est un prédateur”… Caroline De Haas, là, j’ai envie de la gifler. »

Dominique Besnehard #CNEWS : "Je suis féministe" (...) "Mais Caroline De Haas là, j'ai envie de la gifler" Jean-Pie… https://t.co/G2mQ9NPSPf— paul_denton (@Nils Wilcke)


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Le CSA a été saisi d’une centaine de plaintes et a fait savoir sur Twitter, par le biais de sa conseillère, Sylvie Pierre-Brossolette, que « le dossier sera examiné prochainement ».

@WCM_JustSocial Bonjour, le @csaudiovisuel a reçu une centaine de saisines concernant cette séquence. Le dossier sera examiné prochainement.— SPBrossolette (@Sylvie Pierre-Brossolette)


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Contactée par franceinfo, Caroline de Haas a indiqué qu’elle comptait porter plainte, mais ne souhaite pas s’exprimer publiquement depuis sa décision de « déconnexion », consécutive à des attaques en cascade ces derniers mois. Egalement joint par le site, le présentateur évoque « une boutade », et assure être du côté des femmes :
« Je suis hostile à la violence. On devrait garder de l’humour. En matière de féminisme, je n’ai aucune leçon à recevoir. J’ai toujours soutenu la cause des femmes. » 
Jean-Pierre Elkabbach poursuit en déplorant le « sectarisme », qu’il présente comme une muselière à « la liberté d’informer », regrettant au passage de devoir « contrôler en permanence ce que l’on dit ». De son côté, Dominique Besnehard s’est fendu d’un post publié sur Facebook, dans lequel il dénonce lui aussi « le sectarisme contre les hommes », rappelant la « réflexion anti-homme », tenue par Caroline De Haas dans un entretien accordé à L’Obs, intitulé « Un homme sur deux ou trois est un agresseur ». Des propos qui ont déclenché « une vague de haine et de harcèlement sur les réseaux sociaux », et qu’elle juge tronqués.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-5"> ¤ L’éviction d’Aude Rossigneux a créé des remous et des doutes. Deux autres journalistes quittent la rédaction.
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Le Média : les coulisses d’une crise

L’éviction d’Aude Rossigneux a créé des remous et des doutes. Deux autres journalistes quittent la rédaction.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 10h17
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 17h48
    |

            Ariane Chemin








                        



                                


                            
Montreuil, métro ­Robespierre, lundi 19 février, 9 heures du matin. La journaliste Aude Rossigneux a été convoquée la veille par un mail lapidaire. Dans la cuisine du Média, au sous-sol des nouveaux locaux de la télé proche des « insoumis », dos au réfrigérateur, elle cherche à comprendre l’objet de cette réunion un brin solennelle. De l’autre côté de la table en bois clair, trois hommes lui font face : le psychanalyste Gérard Miller, le réalisateur Henri Poulain, accompagné de son directeur de production et associé Hervé Jacquet. A quelques tasses de café, enfin, la réalisatrice Anaïs Feuillette, compagne de M. Miller, et, tout au bout, Sophia Chikirou.
« Comment dire tout ça ? », commence la directrice générale de la chaîne, avant de passer la parole au psychanalyste. L’ancien « mao » parle « d’embarras », de « mauvaise ambiance », de « quelque chose qui s’est mal emmanché » et de « responsabilités partagées », avant de lâcher : « Aude, on a en tête de te parler de la possibilité que tu quittes la rédaction. »

« Qu’est-ce qui s’est passé entre le moment où j’étais formidable et le moment où il faut que je dégage ? », interroge Aude Rossigneux, assommée. Elle ignore que le procès qui vient de s’ouvrir, tôt ce lundi, marque le début d’un coup de grisou sur Le Média et va ouvrir une série de départs en cascade.
Une semaine plus tard, le 26 février, Noël Mamère, dont l’émission hebdomadaire était l’une des cautions d’ouverture de la chaîne, s’émeut de la mise à l’écart brutale de la journaliste, mais s’inquiète aussi d’un sujet très décrié sur la Syrie, diffusé le 23, qui mettait dos à dos les rebelles islamistes syriens et les exactions du régime de Bachar Al-Assad. Vendredi 2 mars, selon les informations du Monde, Catherine Kirpach, une ancienne de LCI qui présentait l’un des « JT » du ­Média, a fait part à son tour à ­Sophia Chikirou de son départ de la chaîne,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-6"> ¤ La télévision payante dénonce « l’intransigeance » de TF1 qui a entrepris, depuis fin 2015, de faire payer les opérateurs pour diffuser ses chaînes.
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Pourquoi Canal+ a coupé l’accès des chaînes de TF1 à ses abonnés ?

La télévision payante dénonce « l’intransigeance » de TF1 qui a entrepris, depuis fin 2015, de faire payer les opérateurs pour diffuser ses chaînes.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 06h37
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



   


Le ton est particulièrement glacial et la situation inédite. Canal+ a annoncé, vendredi 2 mars, couper l’accès aux chaînes du groupe TF1 pour ses abonnés : sont concernées TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films, LCI et MyTF1. « Cette décision est le résultat de l’intransigeance du groupe TF1, qui abuse de sa puissance de marché, et notamment de son canal numéro 1 pour imposer unilatéralement à ses distributeurs, dont le Groupe Canal+, de payer pour continuer à diffuser ses chaînes gratuitement sur la télévision numérique terrestre [TNT] et sur Internet. »
Vendredi, TF1 a vivement réagi, dénonçant une « décision unilatérale ». Elle est « d’autant plus incompréhensible, selon un communiqué, que le Groupe Canal+ est autorisé à les diffuser, le groupe TF1 n’ayant jamais demandé à ce que ses chaînes et son service replay soient coupés, mais avait au contraire proposé une poursuite des négociations ». TF1 « déplore que les clients du Groupe Canal+, qui payent pour recevoir les chaînes TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films, LCI et MyTF1 dans le cadre de leur abonnement, soient pris en otage ».
Ce conflit ouvert est le résultat d’un changement de stratégie de TF1, qui depuis l’arrivée de son nouveau PDG, Gilles Pélisson, fin 2015, a entrepris de faire payer les opérateurs pour la diffusion de ses chaînes. Après des mois de discussions, un accord a été trouvé avec Altice (SFR) et Bouygues Telecom (qui a le même actionnaire que TF1), mais pas avec Orange, ni Free (dont le fondateur Xavier Niel est actionnaire du Monde à titre personnel), ni Canal+, avec lesquels la situation s’envenime.
Pourquoi Canal+ a-t-elle pris cette décision ?
Les exigences financières de TF1 sont « déraisonnables et infondées, avec des conditions et un calendrier imposés unilatéralement », a dénoncé, jeudi soir, dans son communiqué la filiale de Vivendi, dirigée par Vincent Bolloré. Les demandes de TF1 passent d’autant moins bien auprès de Canal+ que ce dernier, en tant qu’acteur de la télévision payante, a des obligations particulières, notamment en matière de financement du cinéma. Canal+ argumente :
« TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films et LCI occupent des fréquences nationales relevant du domaine public qui leur ont été octroyées gratuitement. Par ailleurs, TF1 bénéficie d’avantages réglementaires propres aux chaînes gratuites, dont la possibilité de diffuser en exclusivité des événements sportifs majeurs comme la Coupe du monde de football, qui doivent être accessibles à tous. »
Pour augmenter la pression, Canal+ a enclenché deux actions juridiques contre TF1. Selon son directeur général, Maxime Saada, cité par le Journal du dimanche, Canal+ réalise « entre 15 % et 20 % de l’audience des chaînes gratuites » du groupe TF1.
Quelle est la stratégie de TF1 ?
Du côté de TF1, Gilles Pélisson justifie cette stratégie par sa volonté de diversifier ses revenus, avec une moindre dépendance à la publicité, en mettant mieux en valeur « des contenus exceptionnels qui attirent les Français », s’est-il défendu le 16 février, lors de la présentation des résultats annuels. « C’est très important dans le futur modèle de TF1, à partir du moment où le fait de regarder la télévision via Internet se développe », a-t-il souligné, expliquant vouloir obtenir au total « plusieurs dizaines de millions d’euros ».
La filiale de Bouygues dit s’inspirer d’exemples étrangers, notamment des Etats-Unis et d’Europe de l’Est. De leur côté, Canal+ et les autres opposants à TF1 rétorquent que le prix payé par les distributeurs se répercute sur l’abonné. Selon eux, le système américain n’est pas comparable, car les distributeurs peuvent en contrepartie commercialiser eux-mêmes une partie de la publicité diffusée sur les antennes. Comme si Canal+ ou Orange pouvaient vendre une partie des spots de pub de TF1… Ces particularités du marché américain n’empêchent pas que les renégociations de contrats donnent régulièrement lieu à des coupures de signal temporaires.

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                Canal+ : l’hémorragie de clients se poursuit en France



Quels sont les liens de TF1 avec les autres distributeurs ?
Tout est question de principe… et de prix. Dans son offre et dans les accords passés avec Altice et avec SFR, la hausse des prix est compensée par l’ajout de services pour le visionnage de TF1 : avant-premières, diffusion en 4K (ultra haute définition) de certains programmes ou « start over » pour revenir au début d’un programme. TF1 aurait obtenu d’Altice le versement d’un peu plus de 10 millions d’euros par an. Et aurait, selon Le Figaro, réclamé un peu plus de 20 millions d’euros à Free et de 25 à 26 millions à Orange. Soit des hausses de prix plus importantes que celles réclamées par M6, qui a de son côté réussi à renégocier certains accords.
Le PDG d’Orange, Stéphane Richard, a jusqu’ici refusé de signer un nouveau contrat avec TF1, et les services de « replay » qui permettent de revoir les chaînes du groupe en différé sont donc désormais coupés sur les box du premier opérateur français. Orange considère que, pour le moment, les services proposés ne sont pas à la hauteur de la somme demandée.
Le contrat de Free arrive, lui, à échéance le 31 mars. « Les demandes de TF1 sont extravagantes ! Les discussions sont au point mort », a assuré son PDG, Maxime Lombardini, au Figaro, le 6 février.
Les opérateurs rappellent que le groupe TF1 bénéficie gratuitement des fréquences TNT, mises à disposition par l’Etat. De plus, s’ils ont pour coutume de diffuser les chaînes hertziennes gratuites auprès de leurs abonnés, aucune loi ne les contraint à payer cette diffusion.
Les distributeurs récalcitrants peuvent espérer peser davantage en durcissant les négociations au même moment. Si les chaînes de TF1 étaient coupées par plusieurs opérateurs, elles pourraient voir leur audience chuter. De son côté, le groupe de Gilles Pélisson escompte peut-être que les opérateurs télécoms veuillent trouver un terrain d’entente avant juin, afin de pouvoir bénéficier de la Coupe du monde de football, dont TF1 a le droit de diffuser certains matchs, en particulier ceux de l’équipe de France.
Quelles sont les conséquences pour les abonnés ?
Concrètement, si aucun accord n’est trouvé avec Canal+, ses abonnés ne pourront plus regarder directement TF1 à partir de leur box. Ils devront aller sur Internet ou brancher l’antenne à leur télévision pour avoir accès aux programmes diffusés par les chaînes du groupe TF1. Ils n’auront pas non plus accès aux services « innovants » développés par la filiale de Bouygues dans le cadre de « TF1 Premium ».

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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-7"> ¤ Le départ de Noël Mamère, qui a abandonné son émission sur le « pure player » alternatif en réaction à l’éviction brutale d’une journaliste et aux propos d’un « correspondant » sur la guerre de Syrie, en a suscité d’autres.
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Une dizaine de soutiens du Média se désolidarisent de la webtélé proche des « insoumis »

Le départ de Noël Mamère, qui a abandonné son émission sur le « pure player » alternatif en réaction à l’éviction brutale d’une journaliste et aux propos d’un « correspondant » sur la guerre de Syrie, en a suscité d’autres.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 06h38
    |

            Ariane Chemin








                        



   


A l’automne 2017, ils avaient appelé de leurs vœux la naissance d’un « nouveau média citoyen », « humaniste et antiraciste, féministe, écologiste et progressiste ». Ils regrettent aujourd’hui d’avoir apposé leur signature en bas du « manifeste » publié dans Le Monde en septembre.
Onze personnes, parmi la centaine de personnalités du monde politique, de la société civile et du spectacle qui avaient soutenu la création d’un « pure player » « fondamentalement alternatif par sa gouvernance, son modèle économique et son fonctionnement », ont fait savoir, dans un texte confié au Monde, qu’elles se désolidarisaient du Média, la webtélé proche des « insoumis » lancée le 15 janvier et dirigée par le psychanalyste Gérard Miller et la communicante chargée des campagnes de Jean-Luc Mélenchon, Sophia Chikirou.
Ces onze personnalités, soucieuses de prendre ainsi leurs distances, sont l’ancienne ministre de la culture Aurélie Filippetti, proche de Benoît Hamon, l’avocat Antoine Comte, l’écrivain Gérard Mordillat, le médecin urgentiste Patrick Pelloux, les comédien et comédienne François Morel et Judith Chemla, les journalistes Cécile Amar, de L’Obs, et Edouard Perrin, de « Cash investigation », les musiciens Giovanni Mirabassi et Médéric Collignon.
L’ancien candidat des Verts à l’élection présidentielle Noël Mamère – l’une des vedettes de l’antenne, chargé de réaliser chaque mardi l’interview d’un défenseur de l’écologie –, a également signé le texte et il a fait savoir qu’il « ne [remettrait] plus les pieds dans cette chaîne de télévision ».
Vendredi après-midi, deux nouvelles personnalités ont, à leur tour, souhaité retirer leur soutien à la webtélé alternative : la comédienne Josyane Balasko et la chanteuse Agnès Bihl.

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« Le Média ne répond plus à la promesse initiale »
En cause, la brutale mise à l’écart, le 19 février, de la journaliste Aude Rossigneux, pilier de l’équipe rédactionnelle qui avait été chargée de recruter les équipes. Mais aussi les propos tenus à l’antenne, le 23 février, par Claude El Khal, « correspondant » au Liban de la chaîne sur la guerre en Syrie, justifiant le choix de ne pas diffuser d’images des massacres perpétrés dans la Ghouta orientale, en banlieue de Damas, au motif qu’elles ne seraient pas « vérifiées de manière indépendante » et par refus du « sensationnalisme ».
« Nous avons signé le “Manifeste pour un nouveau média citoyen” en septembre », expliquent ces anciens soutiens du texte rédigé alors par les cofondateurs de la chaîne, Gérard Miller, Sophia Chikirou, aujourd’hui directrice générale du Média, et le réalisateur Henri Poulain. « Mais aujourd’hui, Le Média ne répond plus, à nos yeux, à la promesse initiale, ni sur le fond ni sur la forme, se désolent les signataires. Nous ne pouvons plus le soutenir. »

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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-8"> ¤ Pour diversifier leurs activités, « Vogue » ou le « New York Times » organisent des raouts payants ultrasélectifs où créateurs, photographes, PDG et influenceurs réfléchissent à l’évolution de la mode. Une stratégie lucrative.
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Le Monde
 |
                  02.03.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 13h55


Pour diversifier leurs activités, « Vogue » ou le « New York Times » organisent des raouts payants ultrasélectifs où créateurs, photographes, PDG et influenceurs réfléchissent à l’évolution de la mode. Une stratégie lucrative.

Par                             Caroline Rousseau





                     

On ne voit plus Alber Elbaz. C’est un fait. Depuis que Lanvin s’est violemment séparé de son directeur artistique en octobre 2015, celles et ceux qui avaient l’habitude de le voir saluer à la fin des défilés, qui avaient fait la queue pour qu’il leur dédicace son Lanvin : I Love You (Rizzoli éditions) en 2014, ou qui avaient même dansé avec lui lors de la grande fête organisée en 2012 à la halle Freyssinet, à Paris, pour fêter ses dix ans de maison n’ont pas eu beaucoup d’occasions de le croiser. Si ce n’est aux obsèques de Sonia Rykiel, le 1er septembre 2016.
On dit qu’Elbaz aurait récemment obtenu, loin des tribunaux, 10 millions d’euros de la part de Jeanne Lanvin SA pour avoir été écarté de son poste avant la fin de son contrat. Mais le créateur n’a réintégré aucune griffe de luxe. C’est dommage. La mode aurait tort de se passer de pareil séducteur, qui manipule aussi bien l’émotion que les mousselines de soie effilochées.
La guérison par la master class
D’ailleurs, elle n’est pas folle : elle ne s’en passe pas. Le styliste a réapparu non pas dans le studio d’une maison, mais au programme des conférences du prestigieux groupe de presse Condé Nast (Vogue, Vanity Fair, GQ). Il est venu par exemple à Oman, invité par son amie de longue date, la journaliste Suzy Menkes, à partager sa vision de la création devant les invités triés sur le volet de la Condé Nast International Luxury Conference 2017. À Paris, il a foulé l’estrade du Vogue Fashion Festival, fin novembre : dans une salle plongée dans le noir et devant 500 personnes portant un masque occultant pour mieux se concentrer sur sa voix, il a conversé en français et en anglais, faisant tour à tour rire ou s’émouvoir son auditoire. Une signature.

On trouve facilement la vidéo de l’anecdote qu’il a racontée sur Azzedine Alaïa (1940-2017), chez qui il avait déjeuné peu de temps avant sa mort. C’est assez drôle. Il a aussi confié au rédacteur en chef...





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Canal+ arrête la diffusion des chaînes de TF1

Au cœur du contentieux entre les deux groupes figurent les montants réclamés par le groupe audiovisuel et jugés disproportionnés par l’opérateur.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 23h38
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 07h13
   





                        



   


Le bras de fer engagé par TF1 afin d’obtenir une rémunération pour la diffusion de ses chaînes se durcit, avec l’annonce jeudi 1er mars au soir d’une coupure de signal par le groupe Canal+.
Ce dernier a annoncé dans un communiqué qu’il interrompait la diffusion des chaînes du groupe TF1, faute d’arriver à un accord commercial avec ce dernier, dont il dénonce dans son communiqué « les exigences financières déraisonnables et infondées ». « Le groupe Canal+ regrette l’impasse dans laquelle se trouvent les négociations avec le groupe TF1 après dix-huit mois de discussions et se voit contraint d’interrompre la diffusion des chaînes TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films, LCI et leurs services associés », écrit-il.
TF1, qui fournissait jusqu’ici ses chaînes en clair gratuitement, veut désormais obtenir le paiement de droits de diffusion de la part des opérateurs qui les retransmettent à leurs abonnés en passant par leurs « box ».
« Abus de puissance »
Le groupe a mis en avant sa nouvelle offre « TF1 premium », enrichie de nouvelles fonctionnalités et proposée aux fournisseurs d’accès internet, câblo-opérateurs et opérateurs satellites. Il a réussi à signer de nouveaux contrats avec SFR et Bouygues Telecom, dont il partage la maison mère, mais pas avec Canal+ ni avec Orange, avec qui il est également en conflit ouvert.
Canal+ met sa décision, jeudi, sur le compte de « l’intransigeance du groupe TF1, qui abuse de sa puissance de marché, et notamment de son canal numéro 1, pour imposer unilatéralement à ses distributeurs, dont le groupe Canal+, de payer pour continuer à diffuser ses chaînes disponibles gratuitement sur la TNT et sur Internet ».
« Le groupe Canal+ réaffirme son souhait de pouvoir diffuser les chaînes gratuites du groupe TF1, mais n’entend pas payer pour la diffusion de ces chaînes », affirme-t-il
Canal+ fait valoir que « TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films et LCI occupent des fréquences nationales relevant du domaine public qui leur ont été octroyées gratuitement. Par ailleurs, TF1 bénéficie d’avantages réglementaires propres aux chaînes gratuites, dont la possibilité de diffuser en exclusivité des événements sportifs majeurs, comme la Coupe du monde de football, qui doivent être accessibles à tous ».

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                TF1 demande à Orange de cesser de distribuer ses chaînes, faute d’accord financier






                            


                        

                        


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Le quotidien régional « La Marseillaise » joue sa survie

En redressement judiciaire depuis janvier 2017, le journal communiste a sept jours pour présenter un plan de continuation du groupe.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 11h13
    |

                            Gilles Rof








                        



                                


                            

Une semaine décisive s’ouvre pour le quotidien communiste La Marseillaise, né en décembre 1943 et dont la santé financière apparaît de plus en plus dégradée. Mercredi 28 février, le tribunal de commerce de Marseille a accordé sept jours de délai à la direction du plus ancien des journaux marseillais pour présenter son plan de continuation du titre.
En redressement judiciaire depuis janvier 2017, La Marseillaise a déjà obtenu deux prolongations de sa période d’observation. L’audience intermédiaire de mercredi devait permettre au tribunal de jauger la solidité d’un plan de relance qui tarde à se concrétiser.
Ce court report va laisser le temps d’apprécier les résultats d’une table ronde fixée in extremis, jeudi 1er mars, à la préfecture des Bouches-du-Rhône. Une réunion où représentants syndicaux et direction comptent demander une aide concrète des services de l’Etat, notamment un rééchelonnement de la dette sociale du journal.
Un courrier du premier ministre, reçu le 27 février, leur donne bon espoir. Alerté par vingt-six députés de gauche comme de droite, Edouard Philippe dit suivre « avec la plus grande attention l’évolution de la situation » et assure que « les services déconcentrés du ministère de l’économie et des finances sont mobilisés sur ce dossier ». Il rappelle cependant que La Marseillaise a déjà bénéficié d’un prêt de 458 000 euros du Fonds de développement économique et social, en 2016.
Repris le 15 avril 2015 par les Editions des Fédérés, aujourd’hui présidées par l’ex-conseiller régional communiste Alain Hayot, La Marseillaise a pour l’instant échoué à se relancer. En moins de trois ans, 118 postes ont été supprimés, réduisant à 85 le nombre des salariés. Ces coupes claires n’ont pas suffi à résorber la dette (7 millions d’euros fin 2017) ni à éloigner la perspective d’une rupture de trésorerie, confirmée par la directrice générale Audrey Garino et prévue...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-11"> ¤ Le service de streaming musical a déposé une requête pour entrer à Wall Street. Le prix de l’action n’a pas encore été communiqué.
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Spotify veut entrer en Bourse

Le service de streaming musical a déposé une requête pour entrer à Wall Street. Le prix de l’action n’a pas encore été communiqué.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 00h06
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 09h26
   





                        



   


Le service suédois de streaming musical Spotify a déposé mercredi 28 février sa demande d’introduction en Bourse sur le New York Stock Exchange à Wall Street, selon un document fourni au gendarme boursier américain, la SEC.
La procédure devrait être réalisée en « cotation directe », un procédé atypique permettant à la société d’économiser des coûts liés à une entrée en Bourse traditionnelle, comme certaines commissions versées aux banques aidant les entreprises à séduire les investisseurs, et d’éviter de lever de nouveaux capitaux.
La société sera cotée sur le New York Stock Exchange sous le symbole « SPOT », mais Spotify n’a pas indiqué à quel prix il comptait réaliser ses premiers pas boursiers.
Toujours en perte
Dans son document d’introduction, la société suédoise affirme posséder 159 millions d’utilisateurs actifs mensuels sur sa plate-forme et 71 millions d’abonnés payants au 31 décembre 2017, le double de son principal rival, Apple Music. Dans ce document, Spotify affirme avoir vu ses revenus bondir de 38 % l’an dernier par rapport à 2016, à 4,09 milliards d’euros, mais a accusé des pertes de l’ordre de 1,24 milliard d’euros. Le groupe déclare par ailleurs avoir payé plus de 8 milliards d’euros de droits d’auteurs aux artistes, aux maisons de disques et aux éditeurs au 31 décembre 2017.
« Les revenus mondiaux de l’industrie musicale ont chuté de 40 % entre les 23,8 milliards de dollars en 1999 et les 14,3 milliards de dollars en 2014, après le lancement du premier service de téléchargement en ligne de musique », explique Spotify. « Cependant, alors que le modèle de Spotify prenait de l’ampleur, cette tendance s’est inversée en 2015 lorsque les revenus de l’industrie mondiale ont augmenté de plus de 3 %. La croissance s’est ensuite accélérée en 2016 lorsque les revenus ont atteint 15,7 milliards de dollars », soit une hausse de 6 %, la plus forte croissance en vingt ans, relève le groupe.
Dropbox se lance au Nasdaq
Spotify revendique une part de marché de 41 %, 42 % et 59 % aux Etats-Unis, au Brésil et au Royaume-Uni, ses trois principaux marchés. Cette annonce du géant du streaming musical intervient quelques jours après l’officialisation par la société de stockage de données en ligne Dropbox de son intention de lever 500 millions de dollars à travers une cotation sur le Nasdaq sous le symbole « DBX ».
Les annonces d’entrée en Bourse de ces deux « licornes », terme regroupant les sociétés non cotées du secteur technologique valorisées au-delà du milliard de dollars, étaient attendues depuis plusieurs mois.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-12"> ¤ Trente-cinq prix Nobel appellent, dans une tribune au « Monde », le président turc à libérer sans délai journalistes et écrivains incarcérés.
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/02/2018
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« Nous demandons à Erdogan un retour rapide à l’Etat de droit et à une totale liberté de parole et d’expression »

Trente-cinq prix Nobel appellent, dans une tribune au « Monde », le président turc à libérer sans délai journalistes et écrivains incarcérés.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 15h37
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 08h26
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Nous souhaitons attirer l’attention du président turc Recep Tayyip Erdogan sur les atteintes qui sont actuellement portées à la République turque, à sa réputation, à la dignité et au bien-être de ses citoyens, à travers ce que les plus hautes autorités internationales en matière de liberté d’expression estiment être la détention arbitraire et l’inculpation injustifiée d’écrivains et de penseurs, coupables uniquement d’avoir exercé ce droit universel qu’est la liberté d’expression. Nous attirons son attention sur le Mémorandum sur la liberté d’expression en Turquie (2017) rédigé par Nils Muiznieks, le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, où figure cette mise en garde :
« L’espace du débat démocratique en Turquie s’est réduit de manière inquiétante à la faveur du harcèlement judiciaire croissant dont sont victimes de larges pans de la société – dont des journalistes, des parlementaires, des universitaires et des citoyens ordinaires – et d’une action gouvernementale qui restreint le pluralisme et mène à l’autocensure. Cette dégradation est apparue dans un contexte extrêmement difficile, mais ni la tentative de coup d’Etat, ni les autres menaces terroristes qui planent sur la Turquie ne sauraient justifier la prise de mesures bafouant la liberté des médias et violant l’Etat de droit à ce point. Les autorités devraient changer de cap dans les plus brefs délais en refondant la législation et la procédure pénales, reconsolider l’indépendance de la justice et réaffirmer leur engagement à protéger la liberté d’expression. »
Un vaste programme de répression
Il n’est d’exemple plus clair des inquiétudes du commissaire Muiznieks que la détention, en septembre 2016, d’Ahmet Altan, éditorialiste et romancier renommé, de Mehmet Altan, son frère, professeur d’économie et essayiste, et de Nazli Ilicak, éminente journaliste – tous font partie d’une vague d’arrestations qui a suivi le coup d’Etat...




                        

                        


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Marie-Christine Saragosse nommée directrice générale de France Médias Monde

Le CSA a rouvert une procédure de nomination à laquelle Mme Saragosse a indiqué qu’elle se porterait candidate.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 21h53
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 07h13
   





                        


Marie-Christine Saragosse a été nommée directrice générale en charge de la stratégie de France Médias Monde et chargée d’une mission opérationnelle afin d’« éviter toute rupture » dans les activités du groupe après l’annulation de son mandat de PDG pour des raisons administratives.
« Au regard de la situation inédite et afin d’assurer la continuité de la gestion de France Médias Monde, le PDG suppléant a nommé Marie-Christine Saragosse au poste de directrice générale en charge de la stratégie et des antennes du groupe », fait savoir un communiqué publié mardi 27 février à l’issue d’un conseil d’administration extraordinaire.
« Marie-Christine Saragosse sera chargée, en tant que salariée du groupe pour une durée couvrant la période de suppléance, d’une mission opérationnelle contribuant à éviter toute rupture dans la poursuite des activités stratégiques et éditoriales. »

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Une procédure de nomination rouverte
Le conseil « a pris acte de cette décision prise dans l’intérêt de l’entreprise et de ses salariés ». Il a également entériné l’intérim de Francis Huss à la tête du groupe comme le prévoient ses statuts.
Le mandat de la PDG de France Médias Monde, entreprise qui regroupe France 24, RFI et la radio Monte Carlo Doualiya, avait été annulé le 13 février à la suite d’un malentendu administratif, la dirigeante n’ayant pas transmis dans les délais ses déclarations de patrimoine et d’intérêts à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, faute selon elle d’avoir été avertie d’un changement des modalités de déclaration.
Le CSA a rouvert une procédure de nomination à laquelle Mme Saragosse a indiqué qu’elle se porterait candidate. La nomination interviendra au plus tard le 21 avril.

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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-14"> ¤ Le Parlement s’apprête à transposer en droit français la directive européenne sur le secret des affaires, qui avait été décrite comme une menace pour la liberté d’informer lors de son adoption en 2016.
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La loi sur le secret des affaires menace-t-elle la liberté d’informer ?

Le Parlement s’apprête à transposer en droit français la directive européenne sur le secret des affaires, qui avait été décrite comme une menace pour la liberté d’informer lors de son adoption en 2016.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 19h37
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 10h43
    |

            Maxime Vaudano








                        



   


Deux ans après la polémique, voici venue l’heure de vérité pour la très décriée directive sur le secret des affaires. Ce nouveau cadre européen protégeant la confidentialité des informations des entreprises s’apprête à faire son apparition dans le droit français. Les députés macronistes ont déposé le 19 février une proposition de loi pour transposer cette directive européenne de juin 2016. De quoi relancer les inquiétudes sur les possibles conséquences sur la liberté de la presse et la protection des lanceurs d’alerte.

Qu’est-ce qu’une directive ?
C’est une sorte de loi européenne. Proposée par la Commission européenne, elle doit être adoptée obligatoirement par les 28 gouvernements européens et par les députés du Parlement européen.
Mais elle n’est pas directement applicable dans les 28 pays de l’Union européenne après ce vote. Ceux-ci ont deux ans pour voter une loi nationale conforme aux grands principes de la directive – ce qui laisse une petite marge de manœuvre pour l’appliquer différemment selon les pays.
Dans le cas présent, la France doit transposer avant le 9 juin 2018 la directive du 8 juin 2016 sur le secret des affaires en votant une loi, sous peine de sanctions.


Quel est l’enjeu ?
La directive vise à protéger les entreprises contre le vol de leurs secrets industriels ou leur divulgation à des concurrents ou au grand public. Qu’il s’agisse d’une recette, d’un brevet, d’un secret de fabrication, d’une donnée économique stratégique ou d’un document interne, ces informations confidentielles peuvent s’avérer précieuses. Or, selon les entreprises, les moyens de rétorsion contre ceux qui les subtilisent ou les diffusent étaient insuffisants dans l’UE. Elles réclamaient donc une uniformisation de la loi, leur permettant d’obtenir réparation en cas de violation et de punir les coupables.
Le souci du secret d’une entreprise peut cependant parfois entrer en contradiction avec l’intérêt général. Il est par exemple admis dans une démocratie qu’une entreprise doive publier chaque année ses comptes si elle est côtée en bourse, rendre compte de ses grandes décisions à ses salariés ou coopérer avec le fisc et la justice. De même, les journalistes et les lanceurs d’alerte estiment que le droit d’informer doit pouvoir justifier la révélation de certaines informations.
C’est cette tension entre deux objectifs parfois antagonistes qui a nourri la controverse pendant la préparation de cette directive. Les observateurs les plus critiques y voyaient une arme des multinationales pour bâillonner la liberté d’informer, et empêcher de nouveaux scandales financiers de type « LuxLeaks » ou « Panama Papers ». En effet, des entreprises empêtrées dans ce genre d’affaires d’évasion fiscale pourraient être tentées d’invoquer le secret des affaires pour empêcher la publication d’informations confidentielles compromettantes sur leurs pratiques.
Qu’est-ce qui va changer ?
La proposition de loi déposée par les députés de La République en marche le 19 février ne recèle guère de surprises : elle suit le texte de la directive européenne, que l’on connaît depuis 2016. Elle rend illégale l’obtention, l’utilisation ou la divulgation d’une information qui répond à ces trois critères :
Elle n’est pas connue ou aisément accessible à des personnes extérieures à l’entreprise ;Elle revet une valeur commerciale parce qu’elle est secrète ;Elle a fait l’objet de mesures de protection « raisonnables » de la part de l’entreprise.
Dès lors que ces conditions sont réunies, l’entreprise peut saisir la justice afin de prévenir ou faire cesser l’atteinte à son secret des affaires : cela peut aller de la destruction des disques durs sur lesquels l’information serait stockée, jusqu’à l’interdiction préventive d’une prise de parole visant à divulguer le secret. L’entreprise peut également réclamer à celui qui a violé son secret une réparation financière, proportionnelle à la perte subie et au préjudice moral que l’affaire lui a causé.
Cet arsenal a de quoi dissuader nombre d’aspirants espions industriels. Mais quid des journalistes, lanceurs d’alerte et salariés ? Pour eux, la loi prévoit des protections spécifiques. Ces dernières avaient déjà été obtenues dans le cadre de la directive européenne, sous la pression des organisations de la société civile et des associations de journalistes.
Les journalistes seront-ils protégés ?
La proposition de loi considère que le secret des affaires ne peut pas s’appliquer lorsqu’il s’agit d’« exercer le droit à la liberté d’expression et de communication, y compris le respect de la liberté de la presse ». Il est donc improbable que des entreprises puissent utiliser cette loi pour bloquer la publication d’une enquête ou réclamer des dommages et intérêts à un journal.
Ce qui ne signifie pas que les journalistes sont totalement protégés contre de telles pressions. Les nombreux angles d’attaque judiciaire qui étaient déjà à la disposition des entreprises avant cette loi demeurent. Par exemple, l’enseigne Conforama a récemment réussi à faire retirer un article de l’hebdomadaire Challenges faisant état de ses difficultés financières. Il a pour cela invoqué non pas le secret des affaires, mais une disposition du code du commerce français qui interdit de rendre publiques les procédures de « mandat ad hoc ».

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                Liberté de la presse : Des sociétés de journalistes solidaires de « Challenges »



Même si la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales garantit la liberté d’expression, elle autorise des restrictions à son exercice dans certains cas – et notamment « la protection de la réputation ou des droits d’autrui » et « la divulgation d’informations confidentielles ».
Que prévoit le projet de loi pour les lanceurs d’alerte ?
Pour eux, la situation est plus compliquée. La loi prévoit que le secret des affaires ne saurait être opposé aux personnes qui révèlent « de bonne foi une faute, un acte répréhensible ou une activité illégale dans le but de protéger l’intérêt public général ». Elle fait aussi référence à la loi « Sapin 2 », qui a pour la première fois défini et protégé le statut de lanceur d’alerte en décembre 2016.
Le problème réside précisément dans cette définition du lanceur d’alerte. Celle-ci est relativement claire pour la dénonciation de faits illégaux commis par l’entreprise. Mais un lanceur d’alerte peut aussi révéler au nom de l’intérêt général des faits légaux mais contraires à l’éthique : ce fut par exemple le cas dans l’affaire LuxLeaks, avec la mise au jour d’accords fiscaux secrets conclus entre l’administration luxembourgeoise et le cabinet PricewaterhouseCoopers pour le compte de grandes multinationales, qui n’étaient pas illégaux à l’époque. Les tribunaux protégeront-ils aussi les lanceurs d’alerte dans de pareils cas, en estimant que leurs révélations relèvent de l’intérêt général ?
« Selon nous, la transparence doit devenir la règle et le secret l’exception », avait déclaré Daniel Lebègue, directeur de l’ONG Transparency International, dans les colonnes du Monde en 2016. C’est la logique inverse qui s’appliquera aux lanceurs d’alerte qui, contrairement aux journalistes, devront faire la preuve de leur bonne foi pour être protégés. De quoi nourrir une incertitude juridique qui pourrait dissuader les velléités de dénonciation.

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                Secret des affaires, transparence : où placer le curseur ?



Les salariés seront-ils protégés ?
La loi prévoit une troisième exception au secret des affaires, pour les salariés qui obtiennent des informations internes sur leur entreprise et les transmettent à leurs représentants (des délégués syndicaux, par exemple). Elle pose toutefois une condition importante à cette protection : la divulgation de l’information doit être « nécessaire » à l’exercice des fonctions du représentant du salarié. Ce qui pourrait encore une fois être sujet à interprétation de la part des tribunaux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-15"> ¤ Sérieusement bousculés sur le marché publicitaire, les médias américains maintiennent la pression sur Google et Facebook, et appellent les annonceurs à collaborer.
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Les médias américains souhaitent plus de régulation face à Google et Facebook

Sérieusement bousculés sur le marché publicitaire, les médias américains maintiennent la pression sur Google et Facebook, et appellent les annonceurs à collaborer.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 17h34
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 18h17
    |

                            Yassine El Azzaz








                        



   


Leurs audiences ne cessent de croître et leurs revenus stagnent. Exaspérés par le duopole de Google et Facebook sur les recettes publicitaires, les médias américains en appellent à l’Etat. Dans une tribune publiée par le Wall Street Journal, le 25 février, David Chavern, président de la News Media Alliance (NMA), un syndicat d’éditeurs qui regroupe près de 2 000 journaux aux Etats-Unis et au Canada, souhaite une dérogation relative aux lois antitrust pour les médias américains.
Dans le cadre actuel, au nom de cette législation, les éditeurs de presse n’ont pas le droit de négocier collectivement face à Google et Facebook. Après avoir publié une première lettre ouverte en juillet 2017, les membres de la NMA ont décidé de mettre en place le premier comité d’action politique afin d’intensifier leurs efforts de lobbying au Congrès.
« Les lois antitrust américaines ont été conçues pour promouvoir une concurrence loyale et empêcher la mise en place de monopoles. Aujourd’hui, elles faussent la concurrence loyale entre les médias traditionnels et les géants de la Silicon Valley », a affirmé M. Chavern.

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Selon la chaîne de télévision américaine CNBC, Google et Facebook captent désormais 83 % de la croissance des revenus publicitaires numériques et 73 % de la publicité numérique globale aux Etats-Unis. Alors que l’audience des éditeurs a grimpé de 42 % entre 2014 et 2016, leurs revenus publicitaires ont baissé de plus de 3 milliards d’euros. « Si les autorités ne peuvent pas protéger la société de l’influence des trusts modernes, le gouvernement devrait au moins se retirer et laisser les éditeurs se protéger eux-mêmes », ajoute M. Chavern.
« Reconnaître la valeur sociale du journalisme »
Facebook et Google ont présenté quelques solutions, notamment pour faciliter le recrutement et la fidélisation des abonnés. Ces annonces n’ont toutefois pas convaincu Rupert Murdoch, propriétaire du Wall Street Journal et président exécutif du groupe de presse News Corp.
Pour lui, « reconnaître la valeur sociale du journalisme professionnel » passe d’abord par « une indemnité d’utilisation, similaire au modèle adopté par les câblo-opérateurs », a-t-il déclaré, dans une lettre ouverte publiée, en janvier, après les annonces faites par les deux géants du numérique.
La presse n’est cependant pas la seule à exiger un changement de la législation pour faire face à la mainmise du duopole sur les recettes publicitaires. Jeff Zucker, président de CNN, a également orienté ses critiques vers les firmes de la Silicon Valley et souhaité une meilleure coopération des annonceurs. « Je pense que nous avons besoin de l’aide du monde de la publicité et du monde de la technologie pour trouver de nouvelles façons de monétiser le contenu numérique, sinon le bon journalisme disparaîtra », s’est-il alarmé, lundi 26 février, lors d’un discours au Mobile World Congress de Barcelone.
« Personne ne pense aux monopoles que sont devenus Facebook et Google. C’est là que le gouvernement devrait chercher à s’assurer que tout le monde survive. Je pense que c’est le plus gros problème auquel sera confronté le journalisme dans les années à venir », a-t-il conclu.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-16"> ¤ Il couvrait depuis plus de vingt ans la vie politique pour le quotidien « Libération » : le photographe de presse Laurent Troude est mort, samedi 24 février, à l’âge de 50 ans.
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édition abonné


Mort du photojournaliste Laurent Troude

Il couvrait depuis plus de vingt ans la vie politique pour le quotidien « Libération » : le photographe de presse Laurent Troude est mort, samedi 24 février, à l’âge de 50 ans.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 16h42
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 19h06
    |

Jean-Claude Coutausse (Photojournaliste pour « Le Monde »)







                        



                                


                            

Le photojournaliste Laurent Troude est mort, samedi 24 février, à Paris, à l’âge de 50 ans. Né le 4 février 1968 à Rouen, il fait ses premières armes dans la photo en travaillant pour le bulletin municipal d’une banlieue rouge, puis démarre sa carrière professionnelle à L’Humanité. Au milieu des années 1990, il rejoint Libération et « couvre » des manifestations parisiennes. Jusqu’à sa disparition, il photographiera la vie politique pour ce quotidien.
C’est très ingrat, le photojournalisme politique : des heures d’attente derrière des cordons, les coups vicieux des services d’ordre, le mépris des communicants, peu de voyages derrière le périphérique et jamais au-delà des Pyrénées. Cette discipline reste malgré tout la seule à vous réserver la possibilité, l’espace d’un 250e de seconde, de prendre le pouvoir sur ceux qui ont le pouvoir.
La grâce
Laurent savait tirer pouvoir de chaque instantané. Il n’était pas neutre, assumait son point de vue et croyait en la fonction sociale de son travail. Il avait sa place dans la « meute », comme disent ceux qui ignorent l’ordre savant qui règne dans les grandes mêlées de preneurs d’images. Il ne courait ni les prix ni les expos dans les festivals. Pas besoin de ce genre de reconnaissance lorsqu’on est publié tous les jours.
Laurent avait la grâce. Ceux qui l’ont dans ce métier se comptent sur les doigts d’une main. Il voyait ce que les autres ne voyaient pas et savait le raconter à coups de cadrages et de compositions au rasoir. On reconnaissait ses images. Elles n’avaient pas besoin d’être soutenues par des arguments pompeux et se justifiaient d’elles-mêmes. Il savait casser les mises en scène et tirer des images pertinentes des situations misérables que nous fournit la communication politique.
Sa présence ne rassurait jamais, mais vous rendait meilleur. Voir débarquer dans la cour de l’Elysée ou de Matignon sa grande silhouette à la démarche nonchalante...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-17"> ¤ Le groupe Le Monde organise, du 13 au 15 juillet, la troisième édition du Festival international de journalisme de Couthures-sur-Garonne, dans le Lot-et-Garonne.
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A Couthures-sur-Garonne, un festival pour discuter de l’actualité sans tabou

Le groupe Le Monde organise, du 13 au 15 juillet, la troisième édition du Festival international de journalisme de Couthures-sur-Garonne, dans le Lot-et-Garonne.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 12h48
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 13h04
   





                        



   


Toutes celles et tous ceux qui ont participé, à un titre ou un autre, aux deux premières éditions du Festival international de journalisme de Couthures-sur-Garonne (Lot-et- Garonne) sont unanimes : l’esprit du lieu, cet attachant village de 400 habitants situé dans une boucle du fleuve, est à part et fait de ce rendez-vous un événement singulier.
Un événement où se retrouveront pendant trois jours, du 13 au 15 juillet, dans une ambiance à la fois attentive et ­décontractée, journalistes de tous bords, passionnés d’actualité, invités, artistes et festivaliers, attirés là par leur goût de l’information, de l’échange et des médias, qu’ils soient écrits, audiovisuels ou numériques.
Ces trois jours nous offrent l’occasion d’appuyer sur pause et de nous poser ensemble les bonnes questions sur l’année écoulée et ce qui nous attend : questions sur l’actualité, questions sur le fonctionnement des médias et de l’information, sans tabou mais loin des invectives qui stérilisent trop souvent des débats pourtant nécessaires.
Pour nous, médias, souvent critiqués pour notre parisianisme et notre élitisme, c’est – ne le cachons pas – l’occasion de recréer du lien avec vous qui nous lisez, nous écoutez, nous regardez. De partager du temps, d’écouter vos critiques, d’échanger, pourquoi pas autour d’un café sur la place du village ou d’un verre sur la prairie qui surplombe le fleuve.
Le succès du « speed-dating » entre journalistes et festivaliers lors des deux premières éditions nous incite à multiplier ces temps de dialogue, auxquels participeront notamment les journalistes du groupe Le Monde (Courrier international, le HuffPost, Le Monde, Le Monde diplomatique, L’Obs, Télérama et La Vie).

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                Les festivals de journalisme ont le vent en poupe



Sept thématiques abordées
Cette troisième édition sera en effet organisée par le groupe Le Monde, en partenariat avec l’association du festival, Les Ateliers de Couthures, et avec le soutien de la région Nouvelle-Aquitaine, du département du Lot-et-Garonne, de Val de Garonne Agglo et de la ville de Marmande. Sud-Ouest, France 3 Nouvelle-Aquitaine et le quotidien suisse Le Temps sont également partenaires de l’événement.
Les débats, rencontres, projections, performances artistiques, expositions et ateliers divers se déclineront autour de sept thématiques, à savoir : intelligence arti­ficielle, vivre avec les robots ; les chemins de l’exil ; après ­#metoo, où sont les hommes ? ; vins du futur, futur du vin ; journalisme et politique, fatale attraction ; éducation à l’information : tout est à (re) faire ; journalistes, des historiens de l’immédiat ?
Des ateliers d’initiation au journalisme seront organisés pour les enfants et les adolescents, afin de permettre aux festivaliers de venir en famille en cette période de vacances. Le soir, concerts, performances et DJ-sets prendront le relais sur la place du village.
Les amateurs de football ne seront pas oubliés, puisque la finale de la Coupe du monde en Russie, prévue le 15 juillet, sera diffusée sur écran géant et qu’une « autre finale » sera proposée simulta­nément pour les allergiques au ballon rond. La liste complète des activités et toutes les informations nécessaires seront dispo­nibles prochainement sur le site du festival, Les-ateliers-de-couthures.fr.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-18"> ¤ Le délai de médiation entre Vivendi et le groupe de médias contrôlé par la famille Berlusconi est dépassé. La justice italienne va fixer la suite de la procédure.
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Mediaset : le projet de « Netflix latin » de Vincent Bolloré en échec

Le délai de médiation entre Vivendi et le groupe de médias contrôlé par la famille Berlusconi est dépassé. La justice italienne va fixer la suite de la procédure.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 12h09
    |

            Alexandre Piquard








                        



                                


                            

Cette fois-ci, c’est fini : il n’y aura pas d’accord entre Vivendi et Mediaset avant le 27 février, date butoir fixée par le médiateur avant la reprise des hostilités juridiques. La justice italienne devait donc fixer mardi la suite de la procédure : le groupe de médias de la famille Berlusconi réclame à son homologue du clan Bolloré des dommages et intérêts pour avoir rompu sa promesse d’acheter la filiale de télévision payante Mediaset Premium. Vivendi pourrait devoir payer plusieurs centaines millions d’euros.
Officiellement, la maison mère de Canal+ et Universal ne commente pas et rappelle qu’un accord reste possible avant le procès. Mais une source proche du dossier reconnaît que « le délai supplémentaire accordé en décembre par le médiateur n’a pas amélioré les choses, au contraire ». « A l’époque, un accord était proche », ajoute-t-elle. Depuis, le clan de Silvio Berlusconi a voulu créer un nouveau rapport de forces, en misant sur le climat électoral favorable, ajoute cette source. En effet, le « Cavaliere », moribond il y a quelques années, a retrouvé du poids sur la scène politique italienne, à l’approche des élections générales du 4 mars. De plus, Vivendi n’a jamais transmis à Mediaset de « proposition ferme », précise une source proche du dossier en Italie.

Pour Vincent Bolloré et Vivendi, c’est un échec important : sur la méthode, ce ratage sanctionne l’approche de l’industriel, habitué à forcer les opportunités en mêlant le goût du rapport de forces à la connaissance fine du droit de la Bourse et des entreprises. Cette recette a réussi avec Vivendi ou Havas, mais n’a pas donné de résultats avec Mediaset, dirigée par un clan Berlusconi initialement bien disposé à l’égard de la famille Bolloré. Vivendi paye aussi l’erreur de ne pas avoir su bien évaluer la valeur de l’actif Mediaset Premium, avant de signer pour l’acheter. Malgré des semaines, des mois, puis des années de messages rassurants, les dirigeants...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-19"> ¤ Comcast a fait mardi une offre 25 milliards d’euros pour prendre son contrôle, défiant le magnat Rupert Murdoch et Disney qui compte racheter la majeure partie de la Fox.
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Le bouquet britannique Sky au cœur d’une bataille entre barons des médias

Comcast a fait mardi une offre 25 milliards d’euros pour prendre son contrôle, défiant le magnat Rupert Murdoch et Disney qui compte racheter la majeure partie de la Fox.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 09h51
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 11h06
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


Nouveau rebondissement dans le feuilleton haletant de la bataille pour acheter le bouquet satellite britannique Sky, le plus gros d’Europe : le géant américain Comcast, un câblo-opérateur qui possède aussi NBC et les studios Universal, a surenchéri mardi 27 février, proposant 22,1 milliards de livres (25,1 milliards d’euros) pour prendre le contrôle du groupe.
Comcast défie ainsi Disney, qui a fait en décembre une offre géante de 52,4 milliards de dollars (42,8 milliards d’euros) sur la majeure partie des actifs de 21st Century Fox, le groupe du magnat Rupert Murdoch, qui comprend le contrôle de Sky. Désormais, une bataille entre les deux groupes américains se profile, avec la possibilité de voir les enchères augmenter. « La seule certitude est que les Murdoch seront plus riches à la fin », note Claire Enders, d’Enders Analysis, l’une des meilleures connaisseuses des médias anglo-saxons.
Un casting de rêve
Cette bataille ferait une parfaite série télévisée, avec un casting de rêve. Intitulons-la « Barons (des médias) ». Son personnage principal ? Rupert Murdoch, 87 ans dans un mois, multimilliardaire aux quatre mariages, méchant caricatural, propriétaire de l’ultraconservatrice chaîne d’information Fox News, qui murmure à l’oreille du président Donald Trump. Face à lui, Brian L. Roberts, patron et principal actionnaire de Comcast, fils du fondateur du groupe. Voix grave à l’accent de la côte Est américaine, l’héritier mène l’expansion de son entreprise à marche forcée : fini de se contenter des tuyaux (téléphone, Internet, télévision…), il veut aussi contrôler les contenus et a racheté NBC Universal il y a sept ans. Quant à Disney, marque emblématique dirigée par Bob Iger, il est embarqué dans la même course à la taille.
Tous craignent la concurrence de Netflix et de la vidéo à la demande sur Internet, qui est en train de révolutionner la façon dont la télévision est regardée. L’heure de gloire des câblo-opérateurs et des bouquets satellites est passée, d’où cette bataille de géants pour être toujours plus gros et puissant.
Scandales et coups de théâtre
Résumé des saisons précédentes. En 1990, déjà à la tête d’un empire de journaux, Rupert Murdoch devine que l’heure de la télévision payante est venue. Il crée Sky au Royaume-Uni et en fait un succès retentissant, à coups de football et de films. Avec 23 millions d’abonnés, le groupe est une vache à lait financière.
Saison 2, en 2011. Sky est extrêmement rentable, mais la famille Murdoch n’en possède que 39 %. Le patriarche veut s’emparer du reste et lance une offre. Un scandale retentissant rend l’opération impossible. Le Guardian révèle que l’un des tabloïds du magnat, News of the World, a eu recours à des écoutes téléphoniques illégales pour obtenir des scoops. Le milliardaire se voit forcé de reculer, puis scinde son empire en deux, entre l’audiovisuel (21st Century Fox) et les journaux (News Corp).
Saison 3, épisode 1, juin 2017. James Murdoch, le très ambitieux fils cadet, désormais installé à New York, n’a jamais digéré l’échec de 2011. Sous sa houlette, 21st Century Fox lance une nouvelle offre sur Sky. L’opposition au Royaume-Uni est virulente, et la Commission sur la concurrence estime que cette acquisition pose un problème de pluralité des médias : les Murdoch posséderaient le Times, le Sun, et la chaîne d’information en continu Sky News. C’est trop. La Commission demande des garde-fous. La famille est actuellement en négociations pour résoudre ce problème.

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Episode 2, décembre 2017. Coup de théâtre. Le vieux Rupert Murdoch, toujours aussi rusé, a senti le vent tourner : face à la concurrence grandissante de Netflix et d’Internet, il cède la majeure partie d’un empire au sommet de sa valeur à Disney, pour 52,4 milliards de dollars (66 milliards de dollars en comptant les 13,7 milliards de dettes). Dans la corbeille se trouvent les 39 % de Sky, et la volonté de laisser la famille Murdoch mener à son terme l’acquisition du reste du bouquet satellite.
Une guerre fratricide ?
L’épisode 3 vient de se jouer ce mardi, avec l’arrivée de Comcast dans la bataille. Les épisodes suivants s’annoncent compliqués à écrire. Disney pourrait faire une offre directe sur Sky, pour contrer Comcast. Ou alors, Rupert Murdoch pourrait mener la contre-offre lui-même, avant de céder le tout à Disney. Sachant que les régulateurs peuvent aussi tout bousculer, en particulier aux Etats-Unis, où l’acquisition de 21st Century Fox par Disney pose de sérieuses questions de position dominante.

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Assiste-t-on, comme dans toute bonne série, à une guerre fratricide entre les magnats américains ? Pas du tout, répond Mme Enders. « Ces oligarques sont des amis aux Etats-Unis. Rupert Murdoch et Brian L. Roberts en particulier se connaissent depuis très longtemps. » Ce qui n’est pas une raison pour ne pas faire monter les enchères et vendre au plus offrant.
Reste enfin le possible coup de théâtre final : une offre de Comcast sur l’ensemble de 21st Century Fox, allant bien au-delà de Sky. Mardi, Brian L. Roberts a soigneusement évité de répondre aux questions sur ses ambitions dans ce domaine. Ce sera pour la prochaine saison. On n’arrête pas ainsi une série qui a un tel succès.



                            


                        

                        


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Noël Mamère quitte Le Média, le site d’information de la gauche alternative

Après l’éviction de la rédactrice en chef Aude Rossigneux, l’ancien député écologiste a décidé de jeter l’éponge.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 17h47
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 06h39
    |

            Abel Mestre








                        



   


Le Média, pure-player de la gauche alternative, soutenu par des proches de La France insoumise (LFI), traverse une zone de turbulences. Après l’éviction de sa rédactrice en chef, Aude Rossigneux, l’ancien député Noël Mamère a confirmé au Monde avoir décidé de quitter Le Média, comme l’avait rapporté plus tôt France Culture, lundi 26 février. L’ancien maire de Bègles a déclaré au Monde : 
« Je ne souhaite pas faire de bruit autour de ça. Mais je suis très perturbé par la situation faite à Aude Rossigneux. J’ajoute à cela le traitement, vendredi, du conflit en Syrie. On ne peut pas dresser un parallèle entre Bachar Al-Assad et l’opposition. C’est contraire à ce que je pense. Comme mes interventions se font dans le cadre du JT, je me sens engagé par ce qui se dit dans ce journal. J’ai proposé à Gérard Miller [un des fondateurs] et à Sophia Chikirou [directrice générale] d’écrire un texte d’explication qui pourrait être lu à l’antenne. J’attends leur réponse. Je suis rentré en homme libre dans ce projet et je repars en homme libre. J’ai pu exercer mon métier de manière totalement libre. »

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Interrogé dimanche par l’AFP, Noël Mamère, qui avait renoué avec son métier de journaliste en rejoignant la rédaction du Média, avait déjà dit s’être « inquiété » auprès de Gérard Miller d’une « éviction [qu’il] trouve effectivement brutale ». « En fonction de ce qui est en train de se passer, je prendrai mes décisions en homme libre », avait-il ajouté.
Coup dur
C’est un coup dur pour Le Média. Noël Mamère, qui n’est pas membre de LFI et qui ne partage pas nombre d’options politiques de Jean-Luc Mélenchon, était le symbole d’une certaine ouverture du pure-player. Les fondateurs citaient souvent l’ancien candidat à l’élection présidentielle comme preuve de leur indépendance vis-à-vis de LFI.
« Je suis triste de son départ, mais c’est une décision que je comprends, je la respecte, même si j’aurais préféré qu’elle soit autre, a de son côté réagi Sophia Chikirou. Il a été pris dans un conflit de loyauté, c’est Aude Rossigneux qui nous l’avait présenté. »

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Dimanche soir, dans un communiqué adressé à l’AFP, les journalistes du Média, « tout en remerciant Aude Rossigneux pour le travail accompli avant et pendant le lancement du titre », ont écrit ne pas se reconnaître « dans la description qu’elle dresse de la rédaction et du Média ».



                            


                        

                        

