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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Informatique en nuage, facturation électronique, vente en ligne… En matière d’adoption des nouvelles technologies, les entreprises françaises font en moyenne moins bien que leurs homologues européennes. Un retard qui pèse sur la croissance.
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PME, la fracture numérique

Informatique en nuage, facturation électronique, vente en ligne… En matière d’adoption des nouvelles technologies, les entreprises françaises font en moyenne moins bien que leurs homologues européennes. Un retard qui pèse sur la croissance.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 17h00
    |

                            Béatrice Madeline








                        



                                


                            

Pour Cotep, l’année a plutôt bien commencé. La PME industrielle, spécialisée dans les solutions d’affichage et d’informations pour les gares et aéroports notamment, a remporté en janvier un appel d’offres de la RATP. Soit 7,5 millions d’euros de chiffre d’affaires sur trois ans et une belle vitrine pour cette entreprise familiale, qui réalise environ 5,5 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel. La récompense d’une transformation digitale entamée il y a trois ans. 
« Sur notre marché, nous avons quatre gros concurrents », explique Florence Bouis, dirigeante de l’entreprise. Face à eux, nous n’avons pas d’autre choix que d’avoir une valeur ajoutée. Nous avons donc opéré une transformation digitale de nos produits et process, avec l’idée de voir comment on pouvait aller plus loin dans l’économie de l’usage. » Cotep propose aujourd’hui une maintenance entièrement digitalisée de ses afficheurs, avec des informations qui remontent en temps réel sur une plate-forme connectée. Plus besoin d’envoyer un agent sur le quai du RER ou du métro pour constater de visu que l’affichage ne fonctionne pas. Un gain énorme pour les clients en termes d’efficacité.
Selon Florence Bouis, cette transformation représente 800 000 euros d’investissements, financés dans la douleur. « Quand vous dites à un banquier que vous voulez financer de l’immatériel, il ne vous suit plus du tout », indique-t-elle. Mais, aujourd’hui, elle savoure sa revanche : « Ça vaut le coup de tenter l’aventure. Si on veut rester dans la course, il faut y aller, sinon l’histoire continuera sans nous. »
Constats inquiétants
Des paris comme ceux de Florence Bouis, les patrons de PME sont encore trop peu nombreux à en faire en France. Les constats sont inquiétants. En mars 2017, la Commission européenne plaçait la France à la 16e place de l’Union dans un classement relatif à l’économie et la société numérique (« Digital Economy and...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Pour vaincre les réticences digitales d’une grande partie des petits patrons, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) a élaboré quatorze solutions pratiques qu’elle dispensera à terme dans toutes ses antennes départementales.
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Quand la chambre de commerce joue les « évangélistes » numériques

Pour vaincre les réticences digitales d’une grande partie des petits patrons, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) a élaboré quatorze solutions pratiques qu’elle dispensera à terme dans toutes ses antennes départementales.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 17h00
    |

            Elise Barthet








                        



                                


                            
Un mur tapissé d’écrans interactifs. Un gros fauteuil rose avec tablette et stylet. Des démonstrateurs ravis de présenter leurs nouveaux jouets. L’« openspot » inauguré vendredi 16 février dans les locaux de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) des Hauts-de-Seine, à Nanterre, est moins un showroom qu’une salle de prêche. Deux fois par jour, on y « évangélise » les entrepreneurs aux bienfaits de la transformation numérique. Programmation de campagne de communication, envoi de courriels groupés, référencement, promotion par vidéo… Quatorze solutions pratiques ont été retenues pour convertir les récalcitrants.
La chapelle numérique a été édifiée en lieu et place d’une ancienne salle d’attente attenante au guichet où les chefs d’entreprises viennent s’acquitter de formalités administratives. « On voulait un environnement épuré pour faciliter le plongeon. Tous les métiers peuvent y trouver leur compte », assure William Prost, directeur général de la CCI 92. Près de 10 000 personnes passent là chaque année et 5 000 immatriculations sont enregistrées. Un endroit idéal pour barboter dans la « tech » entre deux dépôts de dossiers.
Depuis 2017, quatre « openspots » similaires ont été ouverts en Ile-de-France dans le cadre du plan d’action « Les Digiteurs », porté par la CCI régionale. Paris, Val-de-Marne, Val-d’Oise, Seine-Saint-Denis, Yvelines bientôt… Toutes les antennes départementales de l’institution devront à terme être équipées. Un site Web a également été lancé avec un calendrier des ateliers, des parcours type et des quiz pour évaluer la « maturité digitale » des sociétés. Le coût global de l’initiative avoisine 2,4 millions d’euros, dont 40 % sont financés par le Fonds européen de développement économique et régional.
Toucher un maximum de PME
En multipliant les points de rencontres, Didier Kling, président de la CCI Paris Ile-de-France, espère toucher un maximum de PME. « On sort des soldes, beaucoup de nos clients...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Grâce au numérique, le groupe leader de la bijouterie en centre commercial a pu optimiser la gestion de stocks très couteux et cruciaux pour la relation avec la clientèle.
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Le digital, un atout en or pour les bijouteries Thom Europe

Grâce au numérique, le groupe leader de la bijouterie en centre commercial a pu optimiser la gestion de stocks très couteux et cruciaux pour la relation avec la clientèle.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 17h00
    |

                            Béatrice Madeline








                        



                                


                            
Ah, les bagues ! Classiques ou contemporaines, avec ou sans pierre ? Et quand, enfin, on déniche l’anneau rêvé, la boutique n’a pas la bonne taille en stock… Double déception, pour le client comme pour le commerçant. Sauf si, grâce au numérique, le bijoutier peut faire rapidement venir la bague adéquate d’une autre boutique. Ce qu’a fait le groupe Thom Europe, leader de la ­bijouterie en centre commercial avec un millier de magasins, sous les trois enseignes Histoire d’or, Trésor et Mac Orian. « Aujourd’hui, nous sommes capables de trouver la bonne taille et de livrer le client en moins de trois jours », se félicite Romain Péninque, le patron du groupe.
La transformation de Thom Europe ne se limite pas aux bagues – même si celles-ci représentent plus de 25 % du chiffre d’affaires. « Thom Europe est issu d’une culture de distribution physique très forte, développe Romain ­Péninque. Il y a cinq ou six ans, donc déjà très tard par rapport à l’émergence du numérique, les dirigeants du groupe Eram m’ont confié qu’ils y voyaient une manière de sortir de l’ornière dans laquelle était tombé un magnifique groupe comme Tati. Je me suis dit qu’on devrait peut-être, de notre côté, devancer le problème. »
Création d’un site d’e-commerce
Avec le soutien d’Apax Partners, actionnaire minoritaire, Thom Europe amorce sa transformation en 2013 avec la création d’un site d’e-commerce. Une première étape qui permet de se rendre compte que « la maturité en termes de numérique en France était faible », le groupe ne parvenant pas à trouver de prestataire extérieur et devant se débrouiller seul. La numérisation a commencé par les rapports de visite dans les magasins, jusqu’alors rédigés à la main par les directeurs de région. Ces derniers passent du papier au smartphone, avec partage en temps réel avec tous les autres magasins et le management central. A la clé, gain de temps, d’efficacité et économies de papier.
L’impact...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ A la tête de l’Union des industries et métiers de la métallurgie, le président du pôle social du Mouvement des entreprises de France se présente à la succession de Pierre Gattaz.
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Alexandre Saubot, candidat à la présidence du Medef

A la tête de l’Union des industries et métiers de la métallurgie, le président du pôle social du Mouvement des entreprises de France se présente à la succession de Pierre Gattaz.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 15h11
   





                        



   


L’un des dirigeants du Mouvement des entreprises de France (Medef), Alexandre Saubot, a annoncé dimanche 4 mars sa candidature à la succession du président de l’organisation patronale, Pierre Gattaz, dont le mandat prendra fin au début de juillet. « Je suis candidat à la présidence du Medef », dit M. Saubot dans un texte transmis à la presse, afin de « réconcilier la France et l’entreprise », écrit-il.
Pour défendre son projet « en homme libre de sa parole », M. Saubot a décidé de « quitter l’ensemble de [ses] mandats patronaux, la vice-présidence du Medef depuis hier [samedi] comme la présidence de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) à l’échéance de [son] mandat en avril prochain ».
Agé de 53 ans, M. Saubot dirige une entreprise familiale, Haulotte, qui construit des matériels d’élévation, et « qui compte aujourd’hui 1 700 collaborateurs avec 500 millions d’euros de chiffres d’affaires ».
Président du pôle social du Medef
S’agissant des pouvoirs publics, le candidat écrit que « le gouvernement actuel a engagé certaines réformes qui répondent à [ses] attentes » et il salue les « progrès accomplis ».
Mais il estime qu’« en matière de compétitivité, nos entreprises ont des boulets aux pieds quand on considère le poids des dépenses publiques et donc celui des impôts et des charges, ou celui des réglementations ».
M. Saubot, également président du pôle social du Medef, entend « porter une conception exigeante du dialogue social » et se dit ouvert « au compromis » mais pas « aux compromissions ». « Contrairement à l’image véhiculée, je ne suis pas un inconditionnel du dialogue social », a-t-il déclaré dans une interview au Journal du dimanche. « Je […] ne signerai jamais d’accord qui ajouterait des contraintes aux entreprises », a-t-il ajouté.
Alexandre Saubot évoque deux priorités s’il est élu à la tête du Mouvement des entreprises de France : la baisse des charges des entreprises et l’apprentissage. Dans ce dernier domaine, il dit souhaiter augmenter de 50 % le nombre d’apprentis d’ici à cinq ans.
Alexandre Saubot est le cinquième candidat déclaré à la succession de Pierre Gattaz, après Patrick Martin, président du Medef Auvergne-Rhône-Alpes, Frédéric Motte, président du Medef Hauts-de-France, Jean-Charles Simon, ancien directeur général du Medef, et Geoffroy Roux de Bézieux, également vice-président du Medef.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Les médias en ligne souffrent de la concurrence de Facebook et Google dans la publicité et de la sévérité de la justice à leur égard.
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Au Maroc, les sites d’information luttent pour leur survie

Les médias en ligne souffrent de la concurrence de Facebook et Google dans la publicité et de la sévérité de la justice à leur égard.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 13h00
    |

                            Yassine El Azzaz








                        



                                


                            

La démocratisation d’Internet, dans le sillage des réformes engagées par le roi Mohammed VI et des révolutions arabes, a entretenu un espoir de libération de la parole journalistique sur le Web. En 2014, le ministre de la communication, Mustapha El Khalfi, dénombrait plus de 400 sites d’informations en ligne et se réjouissait de leur « potentiel dans le domaine de la diversité et de la liberté de la presse ». Quelques années plus tard, certains sujets épineux comme l’islam, le régime monarchique et le Sahara occidental, sont toujours tabous. Et le risque de la prison, qui menace toujours les journalistes, encourage l’autocensure.
« L’exemple d’Hamid El Mahdaoui, rédacteur en chef de Badil.info, pure-player arabophone qui a mis la clé sous la porte depuis l’arrestation de son fondateur pendant le Hirak [un mouvement contestataire né à Al-Hoceïma dans la région du Rif après la mort d’un poissonnier broyé par une benne à ordures] est dans la tête des journalistes », explique Abdellah Tourabi, directeur de publication du magazine indépendant Telquel, hebdomadaire critique envers les gouvernements successifs et qui accumule les procès.

Pourtant présentée comme une avancée pour la liberté de la presse par le Parti de la justice et du développement (PJD), au pouvoir depuis sept ans, la réforme du code de la presse, adoptée en 2016, a théoriquement supprimé les peines privatives de liberté. Mais, en pratique, « les juges contournent le code de la presse et poursuivent les journalistes sur la base du code pénal », affirme Youssef Aït Akdim, journaliste indépendant installé à Rabat.
Difficile de faire payer le lecteur
Les éditeurs critiquent également l’absence de juges et de procureurs spécialisés dans les affaires de presse. « Lors du premier procès intenté en 2009 contre Taoufik Bouachrine pour “offense au drapeau national”, le juge citait les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Le milliardaire de 47 ans est poursuivi dans une immense affaire d’escroquerie pour avoir, avec des membres de son entourage, manipulé des employés du deuxième établissement bancaire public de l’Inde, la Banque nationale du Pendjab.
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Le casse du siècle du diamantaire indien Nirav Modi

Le milliardaire de 47 ans est poursuivi dans une immense affaire d’escroquerie pour avoir, avec des membres de son entourage, manipulé des employés du deuxième établissement bancaire public de l’Inde, la Banque nationale du Pendjab.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 12h50
    |

                            Guillaume Delacroix (Bombay, correspondance)








                        



                                


                            

Les scénaristes de Bollywood les plus imaginatifs n’auraient jamais pu écrire un tel scénario, tant la réalité dépasse la fiction. L’affaire passionne toute l’Inde, car elle éclabousse à la fois la Banque nationale du Pendjab (PNB), deuxième plus gros établissement de crédit de la sphère étatique (après la State Bank of India), et un marchand de diamants milliardaire. Le succès fulgurant de celui qui s’appelle Nirav Modi ne laissait pas d’étonner ces dernières années le secteur du luxe en général, et celui de la joaillerie en particulier, malgré le glamour dont l’intéressé s’entourait, en prêtant ses parures aux plus grandes stars du show-business.
Agé de 47 ans, ce dernier, dont le patronyme n’a aucun lien avec celui du premier ministre, Narendra Modi, est à la tête d’une fortune estimée à 1,8 milliard de dollars (1,5 milliard d’euros) par le magazine Forbes. Depuis début janvier, il est en cavale avec son épouse, Ami, son frère, Nishal, et son oncle, Mehul Choksi. Associés dans le commerce familial du diamant à travers les sociétés Firestar Diamond et Gitanjali Gems, ces derniers sont accusés d’avoir manipulé des employés de la PNB, afin de leur soutirer des centaines de garanties bancaires leur permettant d’emprunter à tour de bras à l’étranger.

Nirav Modi et ses proches auraient agi de la sorte pour financer à moindre coût, compte tenu du niveau élevé des taux d’intérêt en Inde, l’achat des pierres précieuses nécessaires à la confection des bijoux dans leurs ateliers de Bombay (ouest), Surate (nord-ouest) et Jaipur (nord), mais aussi en Russie, en Arménie et en Afrique du Sud.
« Un patron qui avait de grandes qualités humaines »
Firestar Diamond et Gitanjali Gems, endettées respectivement à hauteur de 400 millions et 700 millions d’euros, n’avaient pas la capacité d’emprunt suffisante pour faire tourner leurs affaires. Depuis 2011, elles auraient fait porter le risque par leur banque avec la complicité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ New Delhi a décidé de mettre en place plusieurs dispositifs pour que l’escroquerie bancaire du diamantaire indien ne se reproduise plus.
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Après l’affaire Nirav Modi, l’Inde prend des mesures d’urgence pour éviter d’autres scandales bancaires

New Delhi a décidé de mettre en place plusieurs dispositifs pour que l’escroquerie bancaire du diamantaire indien ne se reproduise plus.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 12h51
    |

                            Guillaume Delacroix (Bombay, correspondance)








                        



                                


                            

Un mois après ses toutes premières révélations, l’affaire Nirav Modi provoque une onde de choc politique en Inde. Les agissements présumés frauduleux de certains employés de la Banque nationale du Pendjab (PNB), établissement public, relancent en effet le débat sur la privatisation des nombreuses banques encore contrôlées par l’Etat, les règles de fonctionnement du secteur privé étant réputées plus sérieuses. Le gouvernement du nationaliste Narendra Modi, malgré sa tonalité libérale en matière économique, n’y semble pourtant pas disposé. S’il s’est juré de vendre cette année la compagnie aérienne Air India, il reste d’une prudence extrême s’agissant du secteur bancaire. Et pour cause.

Celui-ci ploie sous une montagne de créances douteuses qui ont conduit New Delhi à mettre en place, en octobre 2017, un plan de sauvetage géant, équivalant à 2 110 milliards de roupies (26,5 milliards d’euros). Dans ce cadre, le groupe PNB devait recevoir de l’Etat une enveloppe de 688 millions d’euros, au titre de créances douteuses représentant 1,54 milliard d’euros. Le scandale Nirav Modi arrive donc au plus mauvais moment, puisqu’il fait découvrir une exposition supplémentaire de la banque de 1,6 milliard d’euros. Les contribuables auront du mal à digérer que leurs impôts aillent renflouer un établissement aussi peu regardant.
« Le premier responsable est l’Etat »
Cette affaire pose en outre la question de la responsabilité de la banque centrale, la Reserve Bank of India (RBI). « En tant que régulateur du secteur, cette dernière ne va pas pouvoir se défausser, mais le premier responsable est l’Etat, qui détient PNB et contrôle la RBI », estime Bishwajit Bhattacharyya, avocat à la Cour suprême. « Cette arnaque porte un coup à Narendra Modi, qui s’était profondément engagé à libérer l’Inde de la corruption », souligne, dans The Indian Express, le politologue Pratap Bhanu Mehta.

Dans l’immédiat, le gouvernement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ L’incubateur de Télécom ParisTech a déjà accompagné 400 projets portés par les diplômés ou les chercheurs de l’école. Reportage avant nos conférences O21 / s’orienter au 21e siècle à Paris, les 17 et 18 mars.
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ParisTech Entrepreneurs, tremplin pour start-up

L’incubateur de Télécom ParisTech a déjà accompagné 400 projets portés par les diplômés ou les chercheurs de l’école. Reportage avant nos conférences O21 / s’orienter au 21e siècle à Paris, les 17 et 18 mars.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 12h00
    |

                            Françoise Marmouyet








                        



   


Dans son petit bureau au premier étage de l’incubateur de Télécom ParisTech, c’est un « radiateur-ordinateur » qui chauffe la pièce. « C’est l’œuvre de Qarnot Computing, une start-up qui s’est développée chez nous : l’idée est d’utiliser des microprocesseurs comme source de chaleur », s’enthousiasme ­Pascale Massot, à la tête depuis dix ans de ParisTech Entrepreneurs, l’incubateur de Télécom ParisTech spécialisé dans le domaine des technologies de l’information et de la communication.

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                Choisir son orientation : participez à nos conférences O21 à Paris, les 17 et 18 mars



Dans ce bâtiment du 14e arrondissement parisien, trente-cinq jeunes pousses sont chaque année épaulées par une équipe spécifique de quatre personnes, dirigée par Pascale Massot. ­ « Notre mission est d’aider les créateurs d’entreprise à se lancer en leur offrant un lieu, des ressources logistiques, un accompagnement sur mesure et des interlocuteurs adaptés à tous les stades de leur projet », résume cette diplômée de l’IEP de Grenoble et de l’IAE de Lille.
Du traitement de données à l’intelligence artificielle
L’incubateur, créé en 1999 par Télécom ParisTech, école d’ingénieurs parisienne spécialisée dans le numérique, s’appuie aujourd’hui sur le réseau de l’ensemble des dix écoles d’ingénieurs de ParisTech. Il accueille des entrepreneurs en herbe qui se lancent dans le numérique, du traitement de données à l’intelligence artificielle, en passant par la cybersécurité.
Ceux-ci ont en moyenne 35 ans et sont pour 62 % d’entre eux issus de Télécom ParisTech. « Même dans le numérique, il est assez rare de voir des jeunes porter un projet d’entreprise pendant leurs études. Nos résidents ont souvent engrangé quelques années d’expérience avant de se lancer », explique Pascale Massot, intarissable sur les 374 entreprises qui ont grandi dans ses locaux (issues de 400 projets soutenus).
« Il faut rester positif, mais être capable de dire à son interlocuteur s’il fait fausse route », estime Pascale Massot, à la tête depuis dix ans de ParisTech Entrepreneurs
La plate-forme de veille des médias Netvibes, créée en 2005, ou encore le site Hellocoton (2008) figurent parmi les plus connues. Récemment, deux start-up maison ont été distinguées au prestigieux CES (Consumer Electronic Show) de Las ­Vegas. Il s’agit d’EnergySquare, qui fabrique des recharges sans fil par conduction, et de Sevenhugs, un concepteur de solutions domotiques. Les trajectoires de ces sociétés sont diverses : certaines demeurent de modestes structures, d’autres grossissent ou sont rachetées.
« L’essentiel est que ces entreprises puissent trouver leur marché », estime Pascale Massot. Les interactions entre l’incubateur et l’école sont multiples, souligne-t-elle, « l’enrichissement mutuel est permanent : ParisTech Entrepreneurs est un laboratoire pour ­Télécom ParisTech et, dans le même temps, l’incubateur bénéficie de l’environnement de recherche et de l’écosystème de l’école ». Ainsi, les activités de l’incubateur nourrissent plusieurs unités d’enseignement orientées vers l’entrepreneuriat en deuxième et troisième années, les start-up fournissant notamment des études de cas très concrets aux étudiants.
Un réseau de financement
Ceux-ci effectuent par ailleurs des stages au sein de certaines jeunes pousses, d’autant plus formateurs que tout est à faire en phase de lancement. Il arrive également que les chercheurs des laboratoires de Télécom ­ParisTech soient sollicités pour apporter leur expertise aux start-up.
« L’accompagnement de créateurs d’entreprise demande une grande humilité. Il faut être capable de dire que l’on ne sait pas et savoir les diriger vers l’interlocuteur le plus compétent, chercheur ou mentor, par exemple, détaille celle qui s’est investie par le passé dans le conseil aux entreprises au sein des chambres de commerce et d’industrie de Lille et de Lyon. Il faut rester positif, mais être capable de dire à son interlocuteur s’il fait fausse route. »
A l’issue ou au cours des dix-huit mois en moyenne passés au sein de l’incubateur, les créateurs d’entreprise bénéficient du réseau de financement de ParisTech Entrepreneurs : « business angels », fonds de capital-risque ou encore la fondation de l’école. En 2017, les start-up de l’incubateur ou sorties depuis moins de cinq ans ont levé 66 millions d’euros.
« C’est important, bien sûr, mais ça n’est pas une fin en soi : une start-up n’a pas pour vocation de lever des fonds. Tout comme une société classique, son but est de vendre et de durer ! », lance Pascale Massot. Un défi relevé par celles sélectionnées et accompagnées en ces lieux : le taux de survie des entreprises cinq ans après leur passage au sein de ParisTech ­Entrepreneurs est de 86 %.

Participez à « O21 / S’orienter au 21e siècle »
Pour aider les 16-25 ans, leurs familles et les enseignants à se formuler les bonnes questions lors du choix des études supérieures, Le Monde organise la seconde saison d’« O21 / S’orienter au 21e siècle », avec cinq dates : après Nancy (1er- 2 décembre), Lille (19 - 20 janvier), Nantes (16-17 février), rendez-vous à Bordeaux (vendredi 2 et samedi 3 mars 2018, au Rocher de Palmer à Cenon) et Paris (samedi 17 et dimanche 18 mars 2018, à la Cité des sciences et de l’industrie).
Dans chaque ville, les conférences permettent au public de bénéficier des analyses et des conseils, en vidéo, d’acteurs et d’experts, et d’écouter et d’échanger avec des acteurs locaux innovants : responsables d’établissements d’universités et de grandes écoles, chefs d’entreprises et de start-up, jeunes diplômés, etc. Des ateliers pratiques sont aussi organisés.
Ils restent des places pour O21 Bordeaux ! Et les pré-inscriptions sont possibles pour O21 Paris.

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          En images : les temps forts d’O21 à Nancy



Pour inscrire un groupe de participants, merci d’envoyer un e-mail à education-O21@lemonde.fr. L’éducation nationale étant partenaire de l’événement, les lycées peuvent organiser la venue de leurs élèves durant le temps scolaire.





                            


                        

                        


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Bruno Le Maire parle d’une taxation européenne des ventes des GAFA entre « 2 et 6 % »

Dans un entretien au « JDD », le ministre français de l’économie précise qu’une directive devrait être dévoilée « dans les semaines qui viennent ».



Le Monde
 |    04.03.2018 à 02h10
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 06h33
   





                        



   


Une prochaine directive européenne projette de taxer les géants du numérique (Google, Apple, Facebook, Amazon, surnommés les GAFA) entre « 2 % et 6 % » de leur chiffre d’affaires en Europe, mais probablement « plus près de 2 que de 6 », a confié le ministre français de l’économie et des finances Bruno Le Maire au Journal du dimanche, le 4 mars. « C’est un point de départ. Je préfère un texte applicable très vite plutôt que des négociations interminables. On l’améliorera par la suite. »
Cette directive, initiée à partir d’une proposition commune de Paris, Berlin, Madrid et Rome en septembre dernier, « sera dévoilée dans les semaines qui viennent » a ajouté M. Le Maire, selon lequel ce texte « marquera une avancée considérable ».

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Début février, le commissaire européen aux affaires économiques et financières Pierre Moscovici avait annoncé pour « fin mars » la présentation de cette réforme européenne de la fiscalité des entreprises, visant en particulier celles opérant sur Internet.
Depuis des années, la France et d’autres états membres de l’Union européenne (UE) cherchent à taxer plus efficacement les géants de l’internet tels que Google, Amazon, Facebook et Apple, dont les bénéfices en Europe sont déclarés dans des pays à la fiscalité accommodante, comme l’Irlande ou le Luxembourg.
Un accord entre l’Etat et Amazon
M. Le Maire estime que les résistances en Europe pour une nouvelle taxation faiblissent et que « les dirigeants des GAFA eux-mêmes comprennent que le système n’est pas tenable ».
Selon la Commission européenne, le taux d’imposition effectif sur le bénéfice des colosses du numérique dans l’UE est en moyenne de 9 %, contre plus de 20 % pour les entreprises traditionnelles.

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Après cinq ans de bras de fer, Amazon vient notamment de conclure en février un accord avec l’administration fiscale française pour régler de lourds arriérés d’impôts, après un accord similaire avec le fisc italien. « Il n’y a pas ou plus de soucis avec Bercy », assure le directeur général d’Amazon France, Frédéric Duval, dans un autre entretien avec le JDD.
« Depuis 2015, nous disposons d’une succursale en France, nous avons annoncé un rattrapage fiscal pour les années 2006-2015, nous investissons et recrutons massivement ici. »



                            


                        

                        


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Elections en Italie : à Turin, les salariés menacés de Whirlpool sont devenus un « spot électoral »

Comme en France durant la campagne présidentielle, l’usine piémontaise est devenue le symbole d’une Italie impuissante à garder ses emplois.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 13h57
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 14h34
    |

            Charlotte Chabas (Turin, envoyée spéciale)








                        



   


Cela faisait longtemps que Stefano M. n’avait pas ouvert une bouteille de vin. Un barbaresco asili de 2013, léger et fruité. Même son fils aîné de 16 ans a eu le droit à un verre, servi au coin du feu. « Une petite célébration au milieu d’un long cauchemar », sourit cet homme de 49 ans, légèrement voûté par les vingt-quatre années passées devant les lignes d’assemblage de l’usine Embraco du groupe américain Whirlpool, à une trentaine de kilomètres de Turin (Piémont).
Quelques heures auparavant, lui et sa femme, Barbara, qui travaille au même endroit, ont reçu un Texto annonçant un « gel des licenciements » dans leur usine qui fabrique des compresseurs frigorifiques. Stefano et Barbara M. se préparaient à recevoir une lettre de licenciement à la fin du mois, comme 495 autres de leurs 537 collègues. « On gagne un peu de temps, jusqu’à la fin de l’année au moins », relit à voix haute Barbara, 45 ans. Une « bouffée d’oxygène », dit-elle, en plaçant ses mains de chaque côté de la gorge pour mimer leur asphyxie.
Depuis octobre, le couple vit un compte à rebours qu’il ne s’explique toujours pas. Avec un bénéfice net de 14,2 millions d’euros en 2016, l’entreprise turinoise était un des fleurons du groupe électroménager américain. « On sortait jusqu’à 4 000 pièces chaque jour », se souvient Stefano M., avec une fierté qui lui semble aujourd’hui « tellement mensongère ».
« Tirer plus de ce grand corps »
En 2004, il y avait bien eu une alerte dans l’entreprise turinoise, fondée en 1967 par la célèbre famille Agnelli, cette dynastie « Fiat » si liée au destin de Turin et de l’Italie industrielle. Whirlpool menaçait déjà de délocaliser. Le ministère de l’économie et la région du Piémont avaient sorti cinq et huit millions d’euros pour voler au secours de la société.
Les lignes de production avaient repris, et le bénéfice d’exploitation triplé entre 2012 et 2016. « Mais il fallait encore tirer plus de ce grand corps en bonne santé, quitte à le vider de son sang », explique Rocco Palombella, secrétaire général de l’Union italienne du travail (UILM).
D’abord, ce furent des allers-retours. Quelques salariés envoyés ponctuellement en Slovaquie, pour y former la main-d’œuvre locale. Ceux-là ont vu l’autre usine, qui n’en finissait plus de croître. Ils ont rencontré ces « comme eux, mais en moins cher », résume Stefano M. Pour Whirlpool, les salariés turinois coûtent 26 millions d’euros par an. 7,2 % du chiffre d’affaires de la société italienne, selon les syndicats. « C’était déjà trop pour une multinationale qui ne jure que par le profit », s’emporte Rocco Palombella, du syndicat UILM.
Fin 2017, l’entreprise ne renouvelle pas certains accords internes. C’est la fin du service de transport en bus qui permettait aux salariés de gagner l’usine, située dans la campagne piémontaise. Les salaires sont baissés de 50 centimes par heure. La cantine est, elle aussi, sacrifiée. 
« C’était plus dur pour le budget, mais tu tiens parce que tu as quand même toujours du travail », raconte Silvio B., 41 ans, dont vingt-et-un comme technicien sur les lignes d’assemblage. « Ici, le travail est tellement rare que quand tu en as un, tu t’y accroches de toutes tes forces », explique le salarié. Au pied des Alpes bleutées qui forment comme une muraille meringuée de neige, Embraco est la dernière grosse entreprise de la région de Chieri.
« La mort de ma famille »
Mais, le 10 janvier, la direction américaine du groupe annonce la fermeture du site. Seules quarante personnes sont maintenues pour tenir un bureau représentant les intérêts de l’entreprise en Italie. La production part en Slovaquie. « Ce travail, où j’avais un jour rencontré l’amour de ma vie, est devenu soudain synonyme de la mort de ma famille », raconte Barbara M., en jetant un regard inquiet vers ses trois enfants.
En pleine campagne des élections législatives du 4 mars, le désarroi des salariés ne passe pas inaperçu. Comme en France durant la campagne présidentielle, Whirlpool devient le symbole de cette Italie, impuissante à garder ses emplois, malgré une économie qui reprend doucement des couleurs.

   


Sur la scène du célèbre festival de chansons de Sanremo, les salariés d’Embraco, dont la moyenne d’âge est de 48 ans, s’invitent pour dire à l’Italie leur peur de « perdre la sécurité d’une vie basée sur un travail honnête ». Même le pape François les reçoit pour leur dire de « combattre jusqu’au dernier souffle ».
L’usine piémontaise devient une étape obligée des candidats en campagne. Mi-janvier, le dirigeant du Mouvement 5 étoiles, Luigi di Maio, vient dire son « espoir d’aider, mais surtout après le 4 mars ».

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Pour la droite antieuropéenne, l’affaire est pain bénit. Silvio Berlusconi affirme qu’« il n’y aura plus d’Embraco avec sa flat tax », cette baisse d’impôt généralisée qui devrait inciter les investisseurs à rester en Italie. Comme Marine Le Pen avant lui, Matteo Salvini, le leader du parti d’extrême droite la Ligue, dit « sa solidarité » avec les travailleurs, victimes selon lui d’un gouvernement de centre gauche « soit complice, soit incapable, soit les deux ».
Fin février, les salariés découvrent même sur leur usine une banderole déployée par le groupuscule fasciste Casapound. « Nous occupons l’usine », peut-on lire en lettres rouges et noires. La bannière ne restera que quelques heures. « Nous sommes devenus de la chair fraîche pour servir les intérêts des politiciens », analyse Daniele V., employé depuis trente ans dans l’entreprise d’électroménager. « Nous ne voulions pas être un spot électoral », martèle celui qui ne quitte plus son bleu de travail. « Un combat d’ouvriers devrait être l’affaire de tous, pas d’un parti. »

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Le gouvernement de centre gauche de Paolo Gentiloni le sait : le « scandale Embraco » peut être décisif. Le ministre du développement économique, Carlo Calenda, dénonce vite « la totale irresponsabilité de Whirlpool ». Il reçoit l’aide du président du Parlement européen, Antonio Trajani, pressenti comme futur premier ministre si la coalition de droite l’emporte dimanche. Ensemble, Rome et Bruxelles font pression sur Whirlpool.
A l’arraché, le ministère annonce vendredi 2 mars un « gel des licenciements ». Jusqu’à fin 2018, « les salariés recevront la totalité de leur salaire, il n’y aura pas de temps partiel ou de réduction d’horaire », souligne Carlo Calenda, en se disant « satisfait ». Un répit qui pourrait permettre de trouver d’autres investisseurs pour reprendre le site de Riva Presso Chieri, alors que cinq groupes, dont trois italiens et un chinois, ont fait part de leur intérêt.
Grève du 13 mars maintenue
A Turin, l’annonce a été accueillie par des applaudissements, vendredi, lors de l’assemblée des délégués syndicaux de la métallurgie. La journée de grève intersyndicale, prévue le 13 mars en solidarité avec les travailleurs d’Embraco, a toutefois été maintenue.
Devant le bâtiment où se tient la réunion, certains salariés sont venus s’informer. Un colosse aux cheveux gris, qui préfère ne pas donner son nom, se dit « loin d’être soulagé ». « Ils n’ont fait que rallonger le bouillon de la minestrone pour gagner du temps, comme le faisaient les pauvres avant ».
Pour Silvano Zaffalon, représentant syndical d’UILM-UIL, « le destin de l’usine a déjà été décidé par Whirlpool, à l’autre bout du monde ». Et l’élu de déplorer cette « mauvaise maladie » contractée par l’usine : « elle s’appelle multinationale, et elle est très contagieuse et mortelle ». Derrière lui, un petit homme aux cheveux frisés dit quand même son « soulagement de sentir que les politiciens ont compris l’urgence de la situation ». Il dit vouloir « le récompenser dimanche ».
« Faire parler la colère »
Barbara M., elle, n’est pas encore sûre de son vote. Pour cette grande blonde aux yeux clairs, l’histoire des Embraco « est bien le signe qu’il y a un problème dans cette Europe ». Son mari renchérit : « Dans une famille où certains sont fortunés et d’autres non, il y aura toujours des disputes ».
Depuis l’annonce de la fermeture de l’usine, le couple s’est peu mobilisé. « Pas envie de se faire remarquer », justifient ceux qui disent « devoir penser à leur avenir et à celui de leurs enfants ». Mais dans le secret de l’isoloir, dimanche, ils n’excluent pas de « faire parler la colère ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Difficile de dire, toutefois, si les annonces du président américain vont entamer la confiance retrouvée des entreprises et des investisseurs en zone euro.
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Offensive protectionniste de Trump : des répercussions « potentiellement très lourdes »

Difficile de dire, toutefois, si les annonces du président américain vont entamer la confiance retrouvée des entreprises et des investisseurs en zone euro.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 12h23
    |

            Elise Barthet








                        



                                


                            

Une réponse au canon. Après les déclarations du président américain, Donald Trump, sur l’instauration de nouvelles taxes douanières de 25 % pour l’acier et 10 % pour l’aluminium, Bruno Le Maire a dénoncé, vendredi 2 mars, des mesures inacceptables qui, si elles se confirment, « appelleront une réponse forte, coordonnée et unie de l’Union européenne ». « Toutes les options sont sur la table », a insisté le ministre français de l’économie : « Un recours devant l’OMC », voire « des contre-mesures pour limiter les importations américaines en Europe ».
La réaction de Paris fait écho à celle de la chancellerie allemande. Berlin, par la voix du porte-parole d’Angela Merkel, a fait savoir vendredi que son gouvernement « rejette » toute hausse des tarifs douaniers. La veille, le ministre des affaires étrangères allemand, Sigmar Gabriel, avait appelé à une réaction « ferme » de l’UE, estimant que la politique commerciale américaine « menaçait des milliers d’emplois en Europe ».

Des entreprises allemandes plus exposées
Les entreprises allemandes sont, en effet, plus exposées que leurs homologues françaises aux annonces du président américain. Près de 4 % de l’acier importé outre-Atlantique vient d’Allemagne. Les Etats-Unis sont les premiers partenaires commerciaux de Berlin, captant 9 % de ses exportations de biens et services. Mais, en 2017, le déficit commercial américain vis-à-vis de l’Allemagne a atteint 65 milliards de dollars. De quoi ulcérer l’hôte de la Maison Blanche.

Si les mesures protectionnistes de Donald Trump se concentraient sur l’acier et l’aluminium, elles devraient moins affecter le Vieux Continent que le Canada, le Brésil ou la Corée du Sud. Entameront-elles la confiance retrouvée des entreprises et des investisseurs ? Difficile à dire. « L’eurozone a pleinement bénéficié de la forte reprise du commerce mondial et devrait continuer à profiter dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Si le cours du baril a connu une remontée fulgurante au second semestre 2017, le début d’année s’annonce plus incertain. Les volumes produits par les Américains pèsent sur l’offre disponible au niveau mondial.
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Matières premières : les barils texans de pétrole déstabilisent l’OPEP

Si le cours du baril a connu une remontée fulgurante au second semestre 2017, le début d’année s’annonce plus incertain. Les volumes produits par les Américains pèsent sur l’offre disponible au niveau mondial.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 11h48
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

Les cours du pétrole vont-ils repartir à la baisse ? Si les observateurs se gardent de prévisions trop précises, les événements des derniers jours incitent à la prudence. Le prix du baril a connu une remontée fulgurante au second semestre de 2017, passant de 45 dollars (36,55 euros) fin juin à 70 dollars fin janvier 2018. Mais, depuis, les tensions ont repris sur le marché, et le début d’année s’annonce plus incertain, tant la concurrence mondiale est rude.
Les données de la bataille sont les mêmes : d’un côté les pays de l’OPEP, alliés à la Russie, ont prolongé en novembre leurs réductions de production pour tenter de soutenir les prix. De l’autre, les producteurs américains, et particulièrement texans, ont profité de la remontée des prix pour pomper encore et toujours plus. Alors que la demande mondiale, tirée par la Chine, reste soutenue, les volumes produits par les Américains pèsent sur l’offre disponible au niveau mondial.
Après avoir connu des hauts et des bas en février, le baril de brent à Londres a fini vendredi à 64,34 dollars, mais la fébrilité continue sur le marché. D’autant que la réalité de l’activité pétrolière américaine est difficile à apprécier. Pour preuve, le rapport mensuel de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) montre une production plus importante que ce que laissaient transparaître ses rapports hebdomadaires. La hausse des stocks de brut et d’essence se poursuit.

« Le bond de la production américaine, qui a fait baisser les prix du brut aux Etats-Unis, a stimulé les exportations du pays », estime Stephen Brennock, analyste chez PVM. Ces exportations brouillent un peu plus les cartes mondiales. « Alors que l’Arabie saoudite – dans le cadre des réductions de l’OPEP – réduit sa production pour faire monter les prix, cette hausse a provoqué une augmentation importante de la production américaine… ce qui amène les Etats-Unis à prendre des parts de marché importantes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Le chiffre d’affaires moyen des ténors du CAC 40 a atteint 33 milliards d’euros en 2017. La saison des résultats annuels a été plutôt bonne.
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Bourse : un rebond économique favorable aux titans de la cote française

Le chiffre d’affaires moyen des ténors du CAC 40 a atteint 33 milliards d’euros en 2017. La saison des résultats annuels a été plutôt bonne.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 11h29
    |

                            Emmanuel Schafroth








                        



                                


                            

Chronique. La saison des résultats annuels 2017 du CAC 40 touche à sa fin. Avec les publications de Carrefour, Essilor, LafargeHolcim, PSA, Safran et Solvay cette semaine, 37 des 40 membres de l’indice parisien ont donc dévoilé leurs chiffres d’activité et de rentabilité pour l’exercice clos fin décembre 2017. Ne manque plus à l’appel que l’énergéticien Engie (qui communiquera le 8 mars), tandis que Sodexo et Pernod-Ricard ont, eux, des exercices fiscaux décalés.
A quoi ressemble une société du CAC 40 ? Le chiffre d’affaires moyen des ténors de la cote française a été de 33 milliards d’euros en 2017. Cette moyenne recouvre des réalités différentes. Avec 171,5 milliards de dollars (139 milliards d’euros) de facturations en 2017, Total est ainsi 90 fois plus gros que le « Petit Poucet » Unibail Rodamco. En dollars ? C’est à ce genre de détail qu’on remarque que l’indice parisien n’est plus si français ! Comme Total, ArcelorMittal, TechnipFMC et STMicroelectronics utilisent le billet vert comme devise de référence, LafargeHolcim publiant en francs suisses.
Le rebond économique mondial est perceptible dans les comptes 2017 des titans du CAC 40. Leur activité a en moyenne progressé de 7 % et leur résultat opérationnel de 22 %. Et parmi les 37 publications, 29 ont dévoilé un résultat net en hausse, valeurs cycliques en tête : + 386 % pour STMicroelectronics, + 189 % pour Airbus, + 157 % pour ArcelorMittal. En revanche, TechnipFMC, Orange et Société générale voient leurs bénéfices respectifs chuter de 71 %, 35 % et 27 %. Et si Publicis a retrouvé en 2017 le chemin des bénéfices après une perte en 2016, Carrefour et LafargeHolcim ont fait le chemin inverse : deux publications sanctionnées cette semaine (– 6 % pour le distributeur jeudi, – 7,86 % pour le cimentier vendredi). De toute la saison, c’est Valeo qui a reçu l’accueil le plus sévère (– 11,1 % le 23 février), alors qu’Airbus s’est envolé de 10,3 % après sa publication.

« Un...



                        

                        


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Taux : les premiers pas de Jerome Powell scrutés par les marchés

Au moment où les investisseurs s’interrogent sur la future politique du patron de la Fed, une étude relativise l’influence de la personnalité des dirigeants de banques centrales.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 11h04
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 12h09
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Chronique. C’est la passion du moment sur les marchés, pour ne pas dire l’obsession : à quoi ressemblera la politique de Jerome Powell, le nouveau président de la Réserve fédérale américaine (Fed) ? Sera-t-elle dans la continuité de celle de Janet Yellen ? Va-t-il prendre un virage plus « faucon », c’est-à-dire accélérer le rythme de la hausse des taux ?
Mardi 27 février, puis jeudi 1er mars, celui que ses amis surnomment « Jay » est intervenu devant la Chambre des représentants puis le Sénat américains. Il s’est montré optimiste à propos de la conjoncture, mais prudent, si bien que rien ne laisse augurer un changement de cap majeur dans la politique de l’institution. La Fed devrait relever ses taux trois fois cette année. Peut-être quatre, si l’inflation accélère un peu.

Lorsqu’ils ne guettent pas les mots de Jay Powell, les marchés se demandent qui remplacera Mario Draghi à la tête de la Banque centrale européenne (BCE) fin 2019. Certains parient que Jens Weidmann, actuel patron de la Bundesbank, l’emportera et imposera ses vues plus orthodoxes à l’institution.
Et s’ils avaient tout faux ? C’est ce que laisse penser la note publiée le 27 février par Sylvain Broyer. L’économiste de Natixis s’est penché sur cette question : la politique des instituts monétaires dépend-elle de la personnalité qui les dirige ? Pour y répondre, il a passé au crible les actions monétaires des dernières décennies des deux côtés de l’Atlantique, ainsi que les projections d’évolution des taux publiées par les membres de la Fed. Bilan : « La personnalité du président d’une banque centrale n’a aucune influence chiffrable sur les décisions en matière de taux ou sur la transparence vis-à-vis des marchés », assure-t-il.
Voilà qui tranche singulièrement avec l’idée que l’on se fait fréquemment sur le sujet. Yellen, Powell, bonnet blanc, blanc bonnet ? Mario Draghi, Jean-Claude Trichet (son prédécesseur), même combat ?...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Le gouvernement hausse le ton contre les gestionnaires du réseau, accusés d’engraisser leurs actionnaires et de fournir un mauvais service. Le Labour appelle à renationaliser.
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Au Royaume-Uni, la privatisation de l’eau sous le feu des critiques

Le gouvernement hausse le ton contre les gestionnaires du réseau, accusés d’engraisser leurs actionnaires et de fournir un mauvais service. Le Labour appelle à renationaliser.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 14h17
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Michael Gove, le ministre britannique de l’environnement, n’y est pas allé par quatre chemins : « Les gens qui sont dans cette salle doivent changer d’attitude. » Son discours, jeudi 1er mars, lors de la conférence annuelle de Water UK, qui représente l’industrie de l’eau potable au Royaume-Uni, résonnait comme un réquisitoire. A l’écouter, les entreprises qui gèrent la distribution de l’eau outre-Manche, plus préoccupées par leurs dividendes que par la qualité de leurs services, évitant leurs impôts comme leurs responsabilités sociales, sont entraînées dans une grave dérive.
« Le grand public est de plus en plus inquiet et, franchement, je le comprends. » M. Gove menace : si rien ne change, il se dit prêt à « donner tous les pouvoirs nécessaires » au régulateur économique du secteur, la Water Services Regulation Authority (Ofwat).
La distribution de l’eau traverse une très sérieuse crise de confiance au Royaume-Uni. Depuis 1989, elle est privatisée. Dix-huit entreprises ont obtenu des monopoles régionaux, quasiment sans limite de temps (l’Etat peut révoquer la licence en prévenant… vingt-cinq ans à l’avance). Elles sont surveillées par l’Ofwat, qui encadre le prix de l’eau lors de négociations quinquennales.
« Scandaleux »
Mais, de plus en plus, l’industrie est contrôlée par des actionnaires lointains – souvent des fonds de pension étrangers ou des fonds souverains – qui semblent « plus intéressés par l’ingénierie financière que par l’ingénierie réelle », accuse M. Gove. De 2007 à 2016, note-t-il, les dix-huit monopoles ont reversé 95 % de leurs profits à leurs actionnaires. L’argent fuit le secteur plutôt que d’être réinvesti ou de profiter aux consommateurs.
De 2007 à 2016, note le ministre de l’environnement, les dix-huit monopoles ont reversé 95 % de leurs profits à leurs actionnaires.
L’opposition travailliste, sous la houlette de Jeremy Corbyn, a su s’emparer de l’affaire. Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Les effets de la reprise économique tardent à se faire sentir au quotidien. Ce qui devrait se refléter dans les urnes le 4 mars.
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La convalescence de l’Italie suspendue au résultat des élections législatives

Les effets de la reprise économique tardent à se faire sentir au quotidien. Ce qui devrait se refléter dans les urnes le 4 mars.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 10h45
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Le premier ministre Paolo Gentiloni et son équipe doivent regretter amèrement de ne pas avoir devant eux quelques mois de plus : après des années de récession, puis de stagnation et de marasme, l’Italie semble, enfin, depuis 2017, sortie de l’ornière. Le problème, c’est que même si le chef de file du Parti démocrate au pouvoir, Matteo Renzi, ne cesse de marteler, depuis le début de la campagne électorale, que « l’Italie est sortie de la crise », l’immense majorité de l’opinion italienne n’en a pas encore pris conscience, car les effets concrets de la reprise tardent à se faire sentir au quotidien.

Aussi la coalition de centre-gauche, aux affaires depuis 2013, ne parviendra-t-elle sans doute pas à tirer les bénéfices de ces succès. Distancée par la droite et le Mouvement 5 étoiles, elle s’apprête à connaître un terrible coup d’arrêt lors des élections législatives du 4 mars.
Pourtant, les chiffres sont parlants. En 2017, la croissance italienne a atteint 1,5 %, soit près du double des prévisions gouvernementales. Certes, c’est beaucoup moins que la moyenne européenne (2,5 %), et ce chiffre est largement dû à l’amélioration générale de la conjoncture, sur tout le continent, mais cela constitue tout de même le meilleur résultat pour l’Italie depuis dix ans. Dans le même temps, la production industrielle a augmenté de 3 %, tandis que les exportations ont bondi de 7 %, permettant au pays de clore l’année 2017 avec un excédent commercial de près de 48 milliards d’euros (81 milliards hors dépenses énergétiques). Un chiffre presque aussi élevé qu’en 2016, année record.
Les fondamentaux sont solides
Bref, les fondamentaux sont solides, et après la crise mondiale de 2008-2009, et une rechute qui s’était traduite par une terrible récession (onze trimestres négatifs sur douze entre juillet 2011 et juin 2014), le pays va mieux.
« Tous les indicateurs étaient négatifs, et maintenant ils sont positifs », ne cesse ainsi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ La mathématisation extrême de la finance explique la déconnexion des marchés face à l’environnement, relève dans sa chronique Stéphane Foucart, journaliste au service « Planète ».
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« Les marchés ont perdu toute faculté à délivrer la moindre information sur l’état du monde réel »

La mathématisation extrême de la finance explique la déconnexion des marchés face à l’environnement, relève dans sa chronique Stéphane Foucart, journaliste au service « Planète ».



Le Monde
 |    03.03.2018 à 10h34
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 14h28
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
Chronique. Il ne s’est rien produit de très important le 1er février. Aucun grand séisme, aucun accident industriel notable, aucune déclaration de guerre, aucune catastrophe qui eût été à la fois majeure et mondiale n’a été à déplorer. Pourtant, ce jour-là, dans un même élan, le Nasdaq, le Dow Jones, le Footsie, le S&P 500, le CAC 40, le DAX et toute la congrégation des indices boursiers décrochaient brutalement et entamaient une inquiétante glissade jusqu’au 9 février. Le cours normal des choses reprenait alors, sans que, là encore, nul ne puisse détecter ce qui, dans le monde réel, eût pu être à l’origine de la reprise.

Dans son dernier livre (Le Mensonge de la finance. Les mathématiques, le signal-prix et la planète, Editions de l’Atelier, 224 pages, 20 euros), le mathématicien et philosophe Nicolas Bouleau interroge et décortique cette déconnexion entre notre environnement au sens large et les informations que nous prodiguent les marchés par leurs fluctuations. Témoin privilégié de l’émergence des maths financières – il a dirigé pendant dix ans le département de mathématiques de l’Ecole des Ponts –, l’auteur montre comment la mathématisation extrême de la finance a rendu les marchés fondamentalement instables et volatils.
Des marchés « fumigènes »
A mesure qu’ils se sont harnachés d’une mathématique complexe et impénétrable, bardés de produits dérivés et d’instruments informatiques de trading à haute fréquence (plusieurs centaines d’ordres peuvent être passés par un unique opérateur en l’espace d’une fraction de seconde), les marchés ont perdu toute faculté à délivrer la moindre information sur l’état du monde réel – sur la raréfaction ou la disponibilité d’une ressource naturelle par exemple. Ils sont non seulement devenus myopes mais aussi, comme le dit joliment Nicolas Bouleau, « fumigènes ». Ils brouillent et occultent la réalité.
Ce constat est à la fois très...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Le ministre de l’économie, Bruno Lemaire, va mettre en place un « groupe de travail restreint » avec les représentants du constructeur automobile américain dans le but de « maintenir l’activité » de l’usine bordelaise.
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Le gouvernement fait pression sur Ford pour sauver l’usine de Blanquefort

Le ministre de l’économie, Bruno Lemaire, va mettre en place un « groupe de travail restreint » avec les représentants du constructeur automobile américain dans le but de « maintenir l’activité » de l’usine bordelaise.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 10h32
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 11h07
    |

                            Éric Béziat








                        



   


Minuscule pièce dans le puzzle industriel du géant Ford, l’usine de Blanquefort, dans la grande banlieue de Bordeaux, pourrait bien se transformer en caillou dans la chaussure du cinquième groupe automobile mondial. Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a reçu, vendredi 2 mars, une délégation d’élus et de syndicalistes girondins.
M. Le Maire a annoncé, à l’issue de la rencontre, la mise en place d’un « groupe de travail restreint », en relation directe « avec les représentants de Ford », dans le but de « maintenir l’activité » à Blanquefort.
Une boîte de vitesses en fin de vie
Car il y a péril pour l’avenir du site de production de boîtes de vitesses automatiques et seule usine française du constructeur américain. L’actuelle boîte à six vitesses qui y est fabriquée arrive en fin de vie, et Ford a annoncé, mardi 27 février, que la production en Aquitaine d’une nouvelle transmission à 8 vitesses « n’était pas économiquement viable ». La nouvelle boîte en question continuera donc d’être produite uniquement à Van Dyke (Michigan), au nord de Detroit.
L’annonce a constitué un choc pour les salariés et les élus qui pensaient que Ford prendrait la décision de pérenniser l’avenir du site avec ce nouveau produit. L’espoir était d’autant plus grand que la direction de Ford Europe avait, dans un premier temps, conclu à la faisabilité technique du transfert sur la base d’un travail précis et complet du bureau d’étude de l’usine.

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                Ford prêt à supprimer des milliers d’emplois



Cette mauvaise nouvelle vient s’ajouter à une inquiétude à plus court terme : le protocole, qui garantissait la pérennité des 950 emplois du site, arrive à échéance en mai. Et même si Ford assure que les volumes permettent un maintien des effectifs jusqu’en 2019, beaucoup en doutent. La délégation aquitaine a demandé au ministre que l’on puisse s’assurer que l’usine tournera à son rythme actuel au moins jusqu’en 2020.
Colère contre les « mensonges »
C’est donc d’abord la colère qui s’est exprimée après la rencontre, élus (qui ont versé 12,5 millions d’euros pour relancer le site) et syndicalistes fustigeant les « mensonges » d’une direction qui a « baladé » les salariés. « Nous sommes tous déterminés à mettre Ford devant ses responsabilités », a déclaré Alain Juppé, maire de Bordeaux et président de la métropole aquitaine.
Une supplique qui a été entendue par Bruno Le Maire : « Ford doit comprendre que la détermination de l’Etat, des élus locaux, des salariés à maintenir l’activité sur ce beau site de Blanquefort est totale », a déclaré le ministre.
De casse-tête industriel, l’affaire Blanquefort prend désormais une dimension politique. L’envergure nationale du maire de la ville-métropole mais aussi la présence d’un certain Philippe Poutou – candidat du NPA à la dernière élection présidentielle – parmi les délégués CGT de l’usine y sont pour beaucoup.
A vrai dire, les soubresauts politiques sont inscrits dans les « gènes » de l’usine de Blanquefort. Porté sur les fonts baptismaux par Jacques Chaban-Delmas en 1973, qui est parvenu à arracher à Ford la décision d’implanter cette usine, le site produira jusqu’à 800 000 boîtes de vitesses par an. Mais la boîte automatique ne perce pas en Europe et l’usine périclite, jusqu’à ce que Ford décide – déjà – de jeter l’éponge en 2009.
La solution d’un repreneur hérisse les syndicats
Un repreneur est trouvé, la holding HZ. Mais son projet industriel aventureux – fabriquer des pales pour éoliennes – va se révéler désastreux. Sous intense pression du gouvernement de l’époque et de la ministre de l’économie, Christine Lagarde, Ford accepte de réinvestir près de 200 millions d’euros dans l’usine pour y produire entre 2013 et 2018 la boîte à six vitesses 6F35, qui arrive donc au bout de son ­cycle de vie.

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                La France crée enfin plus d’emplois, y compris dans l’industrie



Que va-t-il se passer maintenant ? Le ministre a indiqué qu’il rencontrera en personne le directeur Europe de Ford, Steven Armstrong. « Ford ne continuera pas, glisse un bon connaisseur du dossier. La solution d’un repreneur paraît plus réaliste. » L’idée hérisse les syndicats. « Nous n’accepterons pas un repreneur bidon. Ford doit rester, déclare M. Poutou. Les propos du ministre, des élus, nous donnent un point d’appui pour mener la lutte. Mais cette lutte, c’est à nous, les salariés et les habitants, de la mener. » La bataille de Blanquefort ne fait que commencer.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Le secteur bancaire, qui ployait sous les créances douteuses, est désormais en cours d’assainissement, à la faveur de la reprise économique.
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Longtemps fragiles, les banques italiennes se portent mieux

Le secteur bancaire, qui ployait sous les créances douteuses, est désormais en cours d’assainissement, à la faveur de la reprise économique.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 10h54
    |

                            Véronique Chocron








                        



                                


                            
Talon d’Achille de l’Europe bancaire, les institutions financières italiennes avaient concentré l’inquiétude des marchés financiers en 2016 et au début de 2017. La pression est depuis retombée. Tous les experts constatent que l’assainissement du secteur bancaire italien est en cours, aidé par la reprise économique.
Pour Nicolas Véron, économiste du centre de réflexion européen Bruegel et au Peterson Institute, le tournant date de février 2017, lorsque la banque italienne Unicredit est parvenue à lever 13 milliards d’euros sur les marchés pour reconstituer ses fonds propres, après un nettoyage de son bilan. « Ce moment a été essentiel, tranche-t-il. On a constaté qu’une banque bien gérée n’avait plus aucun problème d’accès aux marchés d’actions, y compris pour des montants très importants. La crainte d’une nouvelle crise financière a été éliminée. »
« Un cap a été passé »
Dans la foulée, une solution a été trouvée pour la très fragile Banca Monte dei Paschi di Siena (BMPS), considérée depuis plusieurs années comme le maillon faible du système bancaire italien. La doyenne des banques a fini par bénéficier d’un sauvetage public. Puis, sur cette lancée, le gouvernement italien a déclenché une procédure de liquidation sur fonds publics de deux petites banques sous-capitalisées de Vénétie, Banca Popolare di Vicenza et Veneto Banca.

Depuis, les banques italiennes ne font presque plus parler d’elles. « Elles travaillent en silence, résume un grand banquier européen. Un cap a été passé. Les institutions et les pouvoirs publics italiens ont fini par accepter qu’il y avait un problème et qu’il fallait le traiter. »
Ce « problème à traiter » concerne en premier lieu le fardeau des créances douteuses héritées de la crise, sous lesquelles ploient les établissements. Des crédits que les clients ne parviennent plus à rembourser, et qui sont parfois considérés comme irrécouvrables. A l’été, les banques italiennes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ La chercheuse Sophie Béroud compare la situation sociale et politique actuelle à celle de 1995, année du plus grand conflit depuis Mai 68.
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SNCF : « Il est plus compliqué aujourd’hui qu’en 1995 de construire une mobilisation de grande ampleur susceptible de durer »

La chercheuse Sophie Béroud compare la situation sociale et politique actuelle à celle de 1995, année du plus grand conflit depuis Mai 68.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 10h06
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 10h10
    |

                            Jérémie Lamothe








                        



                                


                            
Une France paralysée pendant plusieurs semaines, des millions de manifestants dans les rues et un gouvernement qui finit par reculer… Avec sa réforme de la SNCF lancée lundi 26 février, le gouvernement d’Edouard Philippe peut-il revivre la fronde sociale qui s’était érigée fin 1995 contre le premier ministre d’alors, Alain Juppé ?

Face à la volonté de l’exécutif de mettre fin au statut des cheminots pour les nouvelles recrues de l’entreprise ferroviaire et de réformer par ordonnances, la CGT-Cheminot a en effet annoncé être prête « à faire un mois de grève pour faire plier le gouvernement ». Alors la comparaison avec le conflit social de 1995 est-elle pertinente ?
Maîtresse de conférence en science politique et spécialiste des mouvements sociaux, Sophie Béroud revient sur les racines du conflit le plus dur depuis Mai 68 et estime qu’il sera plus compliqué aujourd’hui pour les syndicats de mobiliser sur plusieurs semaines.
Depuis l’annonce d’un mouvement social à venir contre la réforme de la SNCF, beaucoup font la comparaison avec 1995. Est-ce que cela vous semble pertinent ?
Pas mal d’éléments diffèrent par rapport à 1995. On n’était pas dans la même configuration politique. A l’époque, Jacques Chirac avait fait toute sa campagne sur la fracture sociale, ce qui lui avait permis de se démarquer d’Edouard Balladur. Il n’avait pas annoncé les réformes qui allaient entraîner ce mouvement social. Les acteurs syndicaux ont donc pu reprocher à Chirac de ne pas tenir ses engagements. Là, Emmanuel Macron a fait campagne sur sa volonté de réformer.

Par ailleurs, en 1995, le gouvernement avait lancé deux réformes en même temps : la réforme de la Sécurité sociale et l’alignement des retraites du secteur public et des régimes spéciaux sur celles du privé. Cela avait permis une jonction de la contestation entre différents secteurs, ce que souhaite empêcher le gouvernement d’Edouard Philippe. Une...




                        

                        

