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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Arrivé sur l’île italienne par la mer, Ismail Drammeh, 19 ans, pose pour des marques de prêt-à-porter parallèlement à une formation en hôtellerie.
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Portrait

En Sicile, le migrant gambien devenu mannequin

Arrivé sur l’île italienne par la mer, Ismail Drammeh, 19 ans, pose pour des marques de prêt-à-porter parallèlement à une formation en hôtellerie.

Par                Antoine Harari (contributeur Le Monde Afrique)



LE MONDE
              datetime="2018-03-04T18:00:25+01:00"

        Le 04.03.2018 à 18h00






    
Le mannequin gambien Ismail Drammeh, à Termini Imerese, en Italie, en février 2018.
Crédits : Francesco Bellina/Cesura


Assis sur une chaise en plastique rouge, Ismail Drammeh fait défiler les photos de son profil Instagram sur son téléphone. On aperçoit le jeune Gambien poser, tantôt vêtu d’un manteau d’hiver, tantôt torse nu, pour un magasin en ligne de prêt-à-porter sicilien. Depuis son passage sur la chaîne de télévision Rai 2, mi-février, cet apprenti mannequin est au centre de l’attention en Italie. Son histoire en forme de conte de fée a ému l’opinion.
En dépit de cette soudaine notoriété, Ismail garde les pieds sur terre. « J’ai eu plusieurs propositions de marques prestigieuses, mais si ça ne marche pas je veux étudier ou devenir cuisinier », explique-t-il depuis le centre d’accueil pour migrants de Termini Imerese, une ville de 30 000 habitants à une demi-heure de Palerme.

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Avec ses 1,90 m et 80 kilos, Ismail, 19 ans, ne passe pas inaperçu. « Plusieurs amis me disaient en rigolant que je devrais faire du mannequinat. Je ne savais pas même pas ce que c’était », se rappelle-t-il. Une de ses amies du centre insiste et lui montre des vidéos. Très vite, Ismail est enthousiaste. Il s’entraîne alors à marcher pour les défilés dans les couloirs du centre d’accueil.
Trois séjours en prison
Le jeune homme se souvient particulièrement du 13 juillet 2017. Dans le village de Cerda, au milieu de la Sicile, un petit défilé est organisé lors d’une fête paysanne. Poussé par ses amis, Ismail y participe sans trop réfléchir. « J’ai regardé des vidéos toute la journée qui précédait. J’avais le visage un peu figé parce que je ne savais pas trop comment faire », rigole-t-il. Un photographe de mode palermitain le repère alors. Très vite, les shootings s’enchaînent et, après un défilé en plein centre de Palerme, Ismail devient l’une des égéries de la marque David Haward.
Dans un italien où pointe déjà un léger accent sicilien, le garçon évoque simplement sa nouvelle passion. « J’adore défiler. Quand je suis sur scène, j’oublie tout. Il n’y a plus de racisme, la couleur de peau n’a plus d’importance. » Dans un rire, il explique que lorsqu’il a envoyé ses photos à sa sœur, celle-ci a aussitôt voulu l’imiter. « J’ai dû lui expliquer que la mode était un milieu compliqué et qu’elle n’aurait pas survécu au voyage que j’ai dû faire », raconte-t-il.

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En contact régulier avec sa famille restée en Gambie, Ismail n’oublie pas la dureté du voyage qui l’a mené en Sicile. Parti à 15 ans de son village natal de Mabally Koto, il a traversé le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et enfin la Lybie, d’où il a pu prendre une barque de fortune avant d’être récupéré par les gardes-côtes italiens. Durant ce voyage de près d’un an, Ismail a travaillé comme homme à tout faire dans des restaurants à Bamako, Niamey ou Tripoli, parcouru près de 7 000 km à pied ou en bus et été jeté trois fois en prison, au Niger puis en Libye. De ce périple, il garde une cicatrice sur la cuisse : à Tripoli, c’est un enfant de 11 ans en uniforme militaire qui l’a agressé.
Un modèle d’intégration
Postés derrière lui, les trois éducateurs du centre d’accueil de Termini Imerese écoutent avec attention. L’un d’entre eux, Emanuele Zammito, explique qu’Ismail a eu de la chance : « Comme il est très appliqué à l’école, nous avons réussi à obtenir une prolongation de son séjour au centre jusqu’à 21 ans, le temps qu’il finisse son apprentissage d’hôtellerie. Mais c’est une exception. » Chaque année, près de 18 000 mineurs non accompagnés arrivent en Sicile. Si près de la moitié d’entre eux sont réinstallés un peu partout en Italie, ceux qui restent sur l’île doivent très vite apprendre à se débrouiller seuls.
Modèle d’intégration aux dires de ses éducateurs, Ismail n’hésite pas à se rendre utile à la communauté en participant aux cérémonies religieuses et à la garde d’enfants. Parallèlement à ses études, il travaille le soir dans la pizzeria du coin. Très fiers de leur poulain, ses trois anges gardiens font tout pour lui éviter de succomber aux tentations d’une gloire éphémère. « Il ne rêve que de devenir mannequin. Mais nous lui avons expliqué que c’était un monde très compétitif et qu’il ne fallait pas se faire de faux espoirs », racontent Maria Grazia Cannavo et Lucia Piraino, les deux dirigeantes du centre. Les trois adultes couvent aussi leur protégé sur les réseaux sociaux. « A chaque fois qu’il poste une photo de lui ou qu’il participe à un défilé, nous contrôlons les commentaires », racontent-ils.

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Chaque jour, Ismail prend le bus pour se rendre à l’école d’hôtellerie de Caccamo. Il partage le reste de son temps entre le fitness et l’équipe de football du village. Alors que le jeune homme pose pour quelques clichés, les employées du salon de coiffure d’en face se mettent à faire des grands signes. Un peu gêné, Ismail répond timidement de la main. Il ne semble pourtant pas douter de son avenir. Se tournant vers les éducateurs, il leur promet : « Quand je serai parti à Milan, je ne vous oublierai pas. »


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ La population suisse était amenée à se prononcer sur la suppression de leur redevance audiovisuelle, qui aurait fragilisé les services locaux d’audiovisuel public.
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Les Suisses refusent la suppression de la redevance pour financer leur audiovisuel public

La population suisse était amenée à se prononcer sur la suppression de leur redevance audiovisuelle, qui aurait fragilisé les services locaux d’audiovisuel public.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 17h24
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 18h15
   





                        



   


Les services de l’audiovisuel public suisse peuvent être soulagés. Les Suisses ont majoritairement voté « non », dimanche 4 mars, à la suppression de la redevance audiovisuelle.
L’ensemble des 26 cantons et demi-cantons suisses ont balayé cette initiative populaire, un droit donné aux citoyens de faire une proposition de modification de loi, organisée à la demande du mouvement de jeunesse du parti Libéral radical. Si le « oui » au « No-Billag » avait gagné, la SSR - l’audiovisuel public en Suisse - se serait retrouvée en danger de mort, par manque de financement.

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« Le travail de la SSR est reconnu »
Dimanche, les Suisses ont voté « non » à 71,6 % à la suppression de cette redevance, selon les résultats définitifs, publiés par l’agence de presse suisse ATS. « Le rejet le plus important de ce texte revient à Neuchâtel avec 78,25 % devant le Jura 78,09 % », peut-on lire sur le site de la Radio Télévision Suisse.
« Côté romand, Fribourg dit non à 77,62 %, Vaud à 76,47 %, Berne à 75,10 %, Genève à 74,80 % et le Valais à 71,16 % ».
Après une campagne longue et intense sur le devenir de la redevance, la participation s’est élevée à plus de 54 %, un taux nettement supérieur à la participation moyenne aux votations de ces dernières années (environ 45 %).
Au bord des larmes sur le plateau de la RTS, le journaliste Alain Rebetez s’est dit « ému » par le résultat annoncé dimanche.
« C’est un soulagement, vous l’entendez à ma voix. Je crois que c’est surtout une véritable émotion. Après des mois de débat, le travail des employés de la SSR est reconnu, il est salué. (…) On a le cœur serré et on verse une petite larme de reconnaissance au peuple suisse. »

"Après des mois de débat, le travail des employés de la SSR est reconnu" par le peuple suisse. L'émotion d'… https://t.co/Ce9TIJf19K— RTSinfolive (@RTSinfolive)


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Le rejet de l’initiative est « un signe fort pour le service public et les radios et télévisions régionales privées », a également déclaré le directeur de la SSR, Gilles Marchand, après la publication des résultats définitifs. Il indique par ailleurs avoir pris note des critiques émises pendant la campagne et a annoncé un plan « d’efficience et de réinvestissement » de 100 millions de francs qui sera mis en œuvre dès 2019 et sur cinq ans. Ce plan est constitué d’économies nettes pour 80 millions environ et de réinvestissements pour 20 millions, détaille la SSR.
Nouveau projet de redevance
Mais les inquiétudes au sein de l’audiovisuel public suisse pourraient vite refaire surface. Le gouvernent suisse a présenté un nouveau projet de redevance qui inclut une forte réduction de son montant et une refonte de son assiette. Actuellement de 451 francs suisses par an (390 euros), elle passerait à 365 francs (316 euros) en 2019.
La plus grande partie du produit de la redevance est reversée à la seule radio-TV nationale, la SSR, qui diffuse dans les quatre langues officielles (allemand, français, italien et romanche). Vingt-et-une radios et 13 télévisions régionales, remplissant un mandat de service public, en bénéficient aussi.
La SSR, qui emploie environ 6 000 personnes et est financée à 75 % par la redevance, craignait de devoir « rapidement cesser son activité » en cas de suppression de la redevance. Au total, 13 500 emplois directs et indirects étaient menacés en cas de « oui » à la suppression de la redevance, avaient indiqué les autorités fédérales.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ L’enjeu de ce vote était crucial pour la première économie européenne à l’heure où l’Europe, secouée par le Brexit, a besoin d’une Allemagne solide.
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Allemagne : le SPD approuve l’accord de coalition avec les conservateurs d’Angela Merkel

L’enjeu de ce vote était crucial pour la première économie européenne à l’heure où l’Europe, secouée par le Brexit, a besoin d’une Allemagne solide.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 09h43
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 18h19
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Angela Merkel peut remercier les sociaux-démocrates (SPD). Grâce à eux, la chancelière allemande sauve son poste. Le SPD a approuvé à 66,02 % le « contrat de coalition » signé avec les conservateurs (CDU-CSU), a annoncé le trésorier du parti, dimanche 4 mars, à Berlin, lors d’une conférence de presse. Si le non l’avait emporté, un gouvernement minoritaire aurait été constitué ou de nouvelles élections auraient dû être organisées. Du jamais-vu en Allemagne depuis la fin de la guerre.

78,39 % unserer Mitglieder haben abgestimmt – wir haben gemeinsam entschieden. Das Ergebnis: Die SPD wird den ausge… https://t.co/h4xaeLWPUP— spdde (@SPD Parteivorstand)


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Le SPD a donc dit oui à un nouveau gouvernement de « grande coalition ». Les Allemands en ont désormais l’habitude. Ce type d’alliance, qui n’avait été expérimenté qu’une fois en plus d’un demi-siècle (de 1966 à 1969), est devenu la norme avec Mme Merkel. Depuis son élection à la chancellerie, en 2005, la présidente de la CDU a déjà gouverné deux fois avec les sociaux-démocrates (2005-2009 et 2013-2017). De 2009 à 2013, elle était alliée aux libéraux-démocrates (FDP).
Cette nouvelle coalition ne ressemble pas aux précédentes
Malgré son air de déjà-vu, cette nouvelle « grande coalition » ne ressemble pas aux précédentes, et ce pour trois raisons. La première est liée aux conditions de son avènement. Près de six mois se seront écoulés entre les élections législatives du 24 septembre 2017 et la constitution d’un nouveau gouvernement. Au départ, Mme Merkel avait proposé une alliance au FPD et aux Verts, dite « jamaïcaine ». Mais le FPD a rompu les discussions. Mme Merkel avait alors engagé des pourparlers avec le SPD, dont le président, Martin Schulz, avait pourtant dit, au soir des élections, qu’il ne participerait plus à une nouvelle « grande coalition ». En cela, le gouvernement qui va être constitué à la mi-mars sera donc un gouvernement par défaut, issu d’un échec (la coalition « jamaïcaine » qui n’a pas vu le jour) et d’un renoncement (la promesse du SPD de retourner dans l’opposition).
La deuxième raison pour laquelle cette nouvelle « grande coalition » ne ressemble pas aux autres tient à sa légitimité. Au Bundestag, la CDU-CSU (246 députés) et le SPD (153 députés) disposeront bien d’une majorité (399 sur 709) pour gouverner. Cette majorité sera toutefois beaucoup plus étroite que la dernière fois, en raison du recul enregistré par les deux formations politiques aux dernières législatives. Le 24 septembre 2017, la CDU-CSU a en effet recueilli 33 % des voix, soit 7,5 points de moins qu’en 2013. Le SPD a quant à lui obtenu 20,5 % des suffrages, en recul de 5,2 points par rapport à 2013. Ensemble, les conservateurs et les sociaux-démocrates restent donc majoritaires (53,5 %), mais bien moins qu’ils ne l’étaient en 2013 (67,2 %), en 2005 (69,4 %) ou en 1966 (88,8 %). Si elle est arithmétiquement incontestable, cette nouvelle « grande coalition » est donc politiquement moins souveraine que celles qui l’ont précédée.
L’enjeu est de préparer la succession de Mme Merkel
La troisième raison qui distingue cette « grande coalition » de celles du passé est liée à la situation propre de ses trois composantes. A la CDU, l’autorité de Mme Merkel a beaucoup décliné. La fracture qui s’est créée entre elle et une partie de sa famille politique au moment de la crise des réfugiés de 2015 ne s’est pas réduite. Le mauvais résultat des élections législatives l’a fragilisée. Sa décision de céder le ministère des finances aux sociaux-démocrates dans le « contrat de coalition » a enfin été très mal perçue par sa base. Pour calmer la fronde dans son parti, Mme Merkel a consenti à nommer son principal adversaire en interne, le jeune et conservateur Jens Spahn, au ministère de la santé. Personne n’imagine aujourd’hui que Mme Merkel rempilera en 2021. Pour la CDU, l’enjeu de cette « grande coalition » ne sera pas seulement de gouverner, mais de préparer la succession de celle qui préside le parti depuis 2000.
Le SPD est dans un état pire encore. Contrairement à la CDU, qui a une présidente certes usée et fragilisée mais qui en a tout de même une, les sociaux-démocrates, eux, n’ont pour le moment qu’une direction provisoire depuis que Martin Schulz a annoncé, le 13 février, qu’il quittait la présidence du parti. Son départ était devenu inéluctable après le vent de révolte qui s’était levé à l’intérieur du SPD, quelques jours plus tôt, quand il avait annoncé son arrivée au ministère des affaires étrangères, alors qu’il avait juré cinq mois auparavant qu’il « n’entrerai[t] jamais dans un gouvernement aux côtés de Mme Merkel ».
Un vote par raison

   


Le résultat de la consultation interne le montre : 66 % des adhérents du SPD ont donné leur accord à une « grande coalition ». C’est une majorité nette, mais une majorité moins forte qu’en 2013. A l’époque, ils avaient été 76 % à dire oui. C’est surtout une majorité dont le sens politique ne doit pas être ignoré. Peu de sociaux-démocrates ont en effet voté oui par enthousiasme. La plupart l’ont fait par raison. Beaucoup l’ont fait également par peur. En cas de nouvelles élections, les sondages prédisaient en effet que le SPD passerait cette fois sous 20 % des voix, avec un risque de le voir talonné, voire dépassé, par le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD). Pour éviter ce risque, beaucoup des 463 723 adhérents ont donc préféré voter oui, même s’ils estimaient que le contenu du « contrat de coalition » ne leur était pas assez favorable, ou que la reconduction d’une telle alliance avec les conservateurs est suicidaire, à terme, pour la social-démocratie.
Un mot, enfin, de la CSU bavaroise. Elle aussi traverse une passe difficile. Les élections législatives ont été pour elle une douche froide : 38,5 % des voix, 10,5 points de moins qu’en 2013. Dans la riche Bavière, où le taux de chômage dépasse à peine 3 %, l’AfD est en pleine expansion et pourrait faire perdre sa majorité absolue à la CSU aux élections régionales de l’automne. Le parti est en crise : son président, Horst Seehofer, a dû abandonner à son rival Markus Söder la présidence du Land. A 68 ans, c’est lui qui va devenir le ministre de l’intérieur de Mme Merkel.
« Je félicite le SPD pour ce clair résultat et je me réjouis du travail en commun que nous allons poursuivre pour le bien de notre pays », a réagi Mme Merkel, dimanche matin. Désormais, la voie est donc libre pour sa reconduction à la tête du gouvernement. La date est déjà connue : mercredi 14 mars. Ce jour-là, le Bundestag la réélira chancelière, sur proposition du président de la République, conformément à l’article 63 de la Loi fondamentale.
D’ici là, le SPD devra faire connaître le nom des ministres qui auront les portefeuilles qui lui ont été réservés dans le « contrat de coalition ». Si l’on sait déjà que les finances iront à Olaf Scholz, le maire de Hambourg, qui sera également vice-chancelier, quatre ministères restent à pourvoir : justice, travail, environnement, famille et surtout affaires étrangères, dont on ne sait pas si l’actuel titulaire du poste, Sigmar Gabriel, sera ou non retenu dans la liste.

        Lire l’enquête :
         

          Allemagne : SPD, le grand désarroi






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Les bureaux resteront ouverts jusqu’à 23 heures pour désigner 630 députés et 315 sénateurs. Ces élections devraient voir une poussée de la droite de Silvio Berlusconi et des populistes.
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File d’attente, organisation complexe... des législatives au scrutin incertain en Italie

Les bureaux resteront ouverts jusqu’à 23 heures pour désigner 630 députés et 315 sénateurs. Ces élections devraient voir une poussée de la droite de Silvio Berlusconi et des populistes.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 07h23
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 18h12
   





                        



   


Les bureaux de vote ont ouvert à 7 heures, dimanche 4 mars, en Italie pour des élections dont l’issue est incertaine. Jusqu’à 23 heures, plus de 46 millions d’électeurs sont appelés à désigner 630 députés et 315 sénateurs. A midi, le taux de participation était d’environ 19,4 %, selon le ministère de l’intérieur. C’est 4 points de plus qu’en 2013, mais le scrutin avait alors été organisé sur deux jours.
« Dans tous les bureaux de vote vus ce matin, de longues files d’attente où les électeurs attendent jusqu’à 45 minutes », raconte Charlotte Chabas, notre envoyée spéciale à Turin. Elle a discuté avec plusieurs Turinois.e.s dans les files d’attente des bureaux de vote.
Suivez notre journaliste Charlotte Chabas sur place :

Tweets by cchabas 

Un système électoral complexe
Le système électoral adopté à la fin de 2017 prévoit que 37 % des sièges sont alloués au scrutin majoritaire uninominal à un tour ; 61 % à la proportionnelle et 2 % aux Italiens de l’étranger. Les coalitions devront obtenir 10 % des voix au niveau national pour entrer au Parlement, le seuil étant fixé à 3 % pour les partis qui font cavalier seul. Un système qui rend improbable qu’aucun parti soit en mesure de gouverner seul au soir du scrutin.
Pour vous donner un ordre d’idée, voici à quoi ressemble un bulletin de vote dimanche 4 mars en Italie.

J'en veux pour preuve cet innocent bulletin de vote. En gros, le Rosatellum bis, c'est 36% de sièges alloués par un… https://t.co/Pi6xpdThAZ— cchabas (@Charlotte Chabas)


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« Un Italien doit désormais faire une croix sur le nom du candidat de son choix au scrutin uninominal majoritaire. Et ensuite faire la même chose sur le nom du parti qu’il veut voir en tête dans la répartition du scrutin proportionnel, dans la même coalition », explique notre envoyée spéciale.
Des sondages sortie des urnes seront diffusés dès la fermeture des bureaux de vote, mais il faudra attendre tard dans la nuit de dimanche à lundi pour avoir une idée de la composition du prochain Parlement, entre poussée de la droite et montée des populismes, avec Silvio Berlusconi appelé à jouer de nouveau un rôle de premier plan.

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Difficultés d’organisation
L’organisation du scrutin a connu quelques difficultés. A Palerme, il a fallu réimprimer en urgence 200 000 bulletins, les candidats inscrits sur les premiers n’étant pas les bons. Dans certaines grandes villes, des milliers de fonctionnaires se sont mis en disponibilité jusqu’à mardi pour tenir les bureaux de vote et participer au dépouillement : faute de conducteurs, les vaporettos de Venise et plusieurs lignes de bus de Rome sont suspendues.
A la sortie des bureaux de vote, nombre d’électeurs se montraient amers, au terme d’une campagne aux accents parfois violents, dominée par les questions liées à l’immigration, à l’insécurité ou à la faiblesse de la reprise économique dans le pays.
Dimanche matin, la presse italienne semblait déjà résignée à ce qu’aucune majorité ne se dessine. « Le verdict contre l’Italie est toujours le même : le pays vit une instabilité permanente. L’ingouvernabilité est désormais une maladie endémique », se désolait Claudio Tito dans un éditorial de La Repubblica.
Trois « camps » s’affrontent
L’alliance de droite — formée par Forza Italia, de l’ancien président du Conseil Silvio Berlusconi, le petit parti libéral Noi con l’Italia (« Nous avec l’Italie ») et les partis d’extrême droite de la Ligue du Nord de Matteo Salvini et de Fratelli d’Italia (« Frères d’Italie ») — devrait obtenir la majorité des sièges, mais sans doute pas la majorité absolue — seuil de 40 à 45 % avec le nouveau système électoral. Les derniers sondages disponibles, datant d’il y a deux semaines, plaçaient la coalition droite et extrême droite en tête avec seulement 37 % des intentions de vote (dont 17 % pour Forza Italia, le parti de M. Berlusconi, et 13 % pour la Ligue de Matteo Salvini).

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Le Mouvement Cinq Etoiles (M5S) devrait ressortir comme le parti obtenant à lui seul le plus de sièges. Désormais dirigé par Luigi Di Maio, 31 ans, le M5S a profité du mécontentement engendré par la corruption et le sentiment de paupérisation. Le Parti démocrate (PD, centre gauche), au pouvoir, devrait arriver en troisième position.« Il y a eu un mouvement en faveur de Cinq Etoiles lors des derniers jours de la campagne, mais il sera difficile à n’importe quel parti ou coalition d’obtenir les 40 % nécessaires pour former un gouvernement », commente Lorenzo Pregliasco, cofondateur de l’institut de sondages YouTrend.
Le retour d’« il Cavaliere »
La campagne a marqué le retour en première ligne de Silvio Berlusconi, 81 ans. Président du Conseil des ministres à trois reprises entre 1994 et 2011, celui qu’on surnommait « il Cavaliere » a été contraint de quitter la tête du gouvernement en 2011 au plus fort de la crise de la dette souveraine.
Etant inéligible en raison d’une condamnation pour fraude fiscale en 2013, Silvio Berlusconi s’est choisi un représentant, Antonio Tajani, le président du Parlement européen, qui prendra la tête du gouvernement si la coalition de droite emporte ces élections législatives.

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Dimanche, au moment de glisser son bulletin dans l’urne, Silvio Berlusconi a été interrompu par une militante du mouvement Femen.

BERLUSCONI interrompu en plein vote par une militante du mouvement femen #Elezioni4Marzo2018 @franceinter… https://t.co/83JaPMzfpj— OlivPoujade (@Olivier Poujade)


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ A Turin : près de 5 000 étudiants inscrits pour décrocher l’un des cinq postes d’infirmiers dans la région. Le symbole d’une « génération chômage » désabusée.
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Article sélectionné dans La Matinale du 03/03/2018
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Elections en Italie : la jeunesse déplore une politique qui reste « magouille et compagnie »

A Turin : près de 5 000 étudiants inscrits pour décrocher l’un des cinq postes d’infirmiers dans la région. Le symbole d’une « génération chômage » désabusée.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 10h16
    |

            Charlotte Chabas (envoyée spéciale à Turin)








                        



   


Sous ses yeux bruns en amande, son trait de khôl estompé lui fait comme deux ecchymoses. Valeria S. a le visage froissé des petits matins sans sommeil. Toute la nuit, elle a enchaîné les heures de conduite avec sa sœur depuis leur station balnéaire natale de Vasto, dans les Abruzzes. Huit heures au volant de l’Opel Corsa jaune moutarde de leurs parents. 766 kilomètres pour « se donner une chance de trouver un emploi à vie », espère la jeune femme de 24 ans.
Les deux sœurs ont pourtant bien cru ne jamais parvenir à destination. La faute à la neige, qui tombe dru en ce petit matin du vendredi 2 mars à Turin, dans le nord de l’Italie. « Encore une épreuve sur le chemin bien accidenté de la réussite », plaisante Valeria S., dont le visage se tend à mesure que le stress monte.
5 000 pour cinq postes
Comme elle, ils sont nombreux à avoir gagné la capitale piémontaise. Tellement nombreux que la ville a réquisitionné le Palais des sports Ruffini, un vaste bâtiment circulaire de béton au sud de la ville.
Près de 5 000 personnes y sont attendues ce jour-là pour un test de présélection au concours d’infirmier. Seuls 800 seront retenus pour un second examen, et pourront espérer décrocher l’un des cinq postes d’infirmiers de la fonction publique officiellement ouverts cette année. En vérité, peut-être un peu plus – l’administration italienne a ceci de vicieux qu’elle n’affiche que le nombre minimal de postes créés dans l’année.

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Reste que l’espoir est mince de faire partie des heureux élus, même s’ils sont mieux lotis que d’autres. En janvier, ils étaient 5 000 pour un poste d’infirmière à Parme. Le mois dernier, un concours pour un poste de professeur a attiré 10 000 candidats, tandis que trente postes de pompiers ont rassemblé 18 000 personnes.
« Génération chômage »
Ce vendredi matin à Turin, l’événement est d’ailleurs tout autant un questionnaire médical qu’une leçon de géographie italienne. Bari, Naples, Pescara, Milan… ils viennent de partout tenter leur chance.
Dans un pays où près 33 % des moins de 25 ans et 17 % des moins de 35 ans sont au chômage, la fonction publique est « un rêve de ne plus jamais avoir à se préoccuper de l’avenir », raconte Matteo, 26 ans. Et « pouvoir quitter la maison de ses parents », rajoute dans un souffle celui qui tente pour la quatrième fois le concours. Lui a utilisé l’argent offert par ses grands-parents à Noël pour gagner le Piémont. « Tant pis pour le cadeau d’anniversaire de ma copine », déplore-t-il.
Le Mouvement 5 étoiles (M5S) a bien compris l’enjeu électoral de cette « génération chômage ». A quelques jours des élections législatives du dimanche 4 mars, le parti populiste, lancé en 2009 sur la promesse d’un « renouvellement de la classe politique », est le seul à tracter à la sortie du gymnase, où les cigarettes brûlent en même temps que les forfaits téléphoniques.

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Selon les derniers sondages, près de 40 % des moins de 25 ans pourraient s’abstenir dimanche. Pour Antonio Noto, directeur de l’institut de sondage italien IPR, ce chiffre s’explique « par une perte de confiance généralisée dans le monde politique ». Il y a dix ans, ils étaient 10 % à dire croire aux partis politiques. Ils ne sont plus que 7 %.
« On n’y croit plus à tes conneries »
Dans les allées du parc Ruffini, les militants du M5S peinent d’ailleurs à intéresser les jeunes étudiants. « Remballe ton tract, on n’y croit plus à tes conneries », dit un jeune homme en doudoune sombre. « Si les jeunes comptaient dans ce pays, on commencerait par leur donner le même droit de vote », lance-t-il amer. En Italie, les électeurs âgés de 18 à 25 ans n’ont le droit de voter que pour les députés, et non les sénateurs.

   


En face, la militante du M5S, bonnet rose pastel sur la tête, ne se laisse pas impressionner. Elle lui tend le tract où s’affiche le visage juvénile du nouveau dirigeant du parti, Luigi di Maio, 31 ans. « Il comprend nos problèmes, puisqu’il est jeune aussi », dit l’étudiante, qui martèle :
« Il faut voter pour lui, c’est notre seule chance de nous faire entendre. »
Un groupe de quatre jeunes femmes venues de Toscane approuve. « On votera pour le mouvement 5 étoiles parce que c’est le seul qui propose des choses concrètes pour nous sortir de notre merde », dit l’une d’elle avec véhémence, citant notamment le revenu universel de 780 euros qu’a promis d’instaurer le parti. « Au moins, c’est quelque chose », dit-elle. « Les autres, ils nous accusent juste de pas faire assez d’enfants sans comprendre que c’est compliqué de construire une famille quand tout ce qu’on te propose, c’est des stages sous-payés », s’emporte l’étudiante, perchée sur des bottes à talons hauts.
« Magouille et compagnie »
Mais le M5S, crédité de près de 26 % dans les derniers sondages, a beau s’imposer comme le premier parti en termes de voix, il n’est pas le mieux placé pour former un gouvernement. « La politique italienne, ça reste magouille et compagnie, ce n’est qu’une histoire de coalitions et de qui s’entend avec qui », s’emporte Rosa, une jeune Turinoise de 24 ans. « Ou plutôt, de qui fait semblant de s’entendre avec qui », complète-t-elle, en imitant des dirigeants de la coalition de droite obligés de se faire des courbettes.
Cette fille d’enseignants n’est d’ailleurs pas plus convaincue par le nouveau dirigeant du M5S, qui tente de lisser l’image du parti en lui donnant une inflexion soudainement moins europhobe. « Comment on peut croire qu’un homme de 31 ans, qui n’a même pas eu son diplôme de droit, n’est pas la marionnette d’autres personnes qui orchestrent en coulisses ? » La jeune femme, qui avait voté M5S aux municipales, se dit « déçue d’un parti qui change d’avis comme de chemises ». « Ils essaient de faire, c’est sûr, mais ils font surtout mal », conclut-elle.
« Demain sera pire qu’aujourd’hui »
Une de ses amies, piercing à l’arcade et queue-de-cheval brouillonne, n’ira pas voter dimanche. « A quoi bon », dit celle qui dit « n’avoir même plus le goût de parler politique, tant c’est devenu n’importe quoi », avec cette gauche « plus éclatée qu’un puzzle ». Son compagnon, étudiant en chimie, partage son désarroi. « Pour nous, demain sera pire qu’aujourd’hui », lance-t-il.
« Comment vous voulez qu’on croie en quelque chose quand on a toujours connu un Berlusconi pas loin du pouvoir et le sentiment que la seule solution pour la stabilité du pays, c’est encore et toujours Berlusconi ? »

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Lui est décidé, il quittera l’Italie le plus vite possible pour « trouver du boulot dans un pays où on donne une vraie chance aux jeunes ». Selon les derniers chiffres de la fondation Migrantes, en 2016, plus de 50 000 d’Italiens âgés de 18 à 34 ans sont partis chercher un meilleur avenir à l’étranger. Une fuite des cerveaux qui inquiète, alors que le pays affiche déjà l’une des populations les plus âgées au monde, derrière le Japon et l’Allemagne.

   


Pour Stefano en revanche, hors de question de quitter son pays. Ce Milanais votera pour la Ligue dimanche, comme le reste de sa famille. Le parti d’extrême droite de Matteo Salvini pourrait bien faire marquer le scrutin, après une campagne dominée par les questions de sécurité et d’immigration. « Si on veut vraiment donner une chance à l’Italie, il faut donner le pouvoir à ceux qui l’aiment et veulent son bien », dit le jeune homme de 26 ans, qui dit « en avoir marre qu’[on] soit toujours les derniers servis ». Certains de ses amis voteront même « encore plus à droite », dit-il, avec un soupçon de fierté en évoquant le parti fasciste Casapound. « Cette fois, il faut qu’on ait le courage », dit-il bravache.

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A la sortie du concours, les deux sœurs venues des Abruzzes se tombent dans les bras. Elles qui « ne croient plus en grand-chose » n’iront pas voter dimanche. In extremis, elles ont trouvé un canapé à squatter pour le week-end à Turin. La cousine d’une amie de lycée. Lundi, la deuxième sœur passe aussi un concours dans la capitale piémontaise. 5 000 candidats pour 30 postes d’éducateurs spécialisés. Alors dimanche soir, ce sera une « soirée électorale italienne classique ». Devant la télé, avec un plat de pâtes, et « beaucoup d’amertume ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Dans un entretien au « JDD », le ministre français de l’économie précise qu’une directive devrait être dévoilée « dans les semaines qui viennent ».
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Bruno Le Maire parle d’une taxation européenne des ventes des GAFA entre « 2 et 6 % »

Dans un entretien au « JDD », le ministre français de l’économie précise qu’une directive devrait être dévoilée « dans les semaines qui viennent ».



Le Monde
 |    04.03.2018 à 02h10
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 06h33
   





                        



   


Une prochaine directive européenne projette de taxer les géants du numérique (Google, Apple, Facebook, Amazon, surnommés les GAFA) entre « 2 % et 6 % » de leur chiffre d’affaires en Europe, mais probablement « plus près de 2 que de 6 », a confié le ministre français de l’économie et des finances Bruno Le Maire au Journal du dimanche, le 4 mars. « C’est un point de départ. Je préfère un texte applicable très vite plutôt que des négociations interminables. On l’améliorera par la suite. »
Cette directive, initiée à partir d’une proposition commune de Paris, Berlin, Madrid et Rome en septembre dernier, « sera dévoilée dans les semaines qui viennent » a ajouté M. Le Maire, selon lequel ce texte « marquera une avancée considérable ».

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Début février, le commissaire européen aux affaires économiques et financières Pierre Moscovici avait annoncé pour « fin mars » la présentation de cette réforme européenne de la fiscalité des entreprises, visant en particulier celles opérant sur Internet.
Depuis des années, la France et d’autres états membres de l’Union européenne (UE) cherchent à taxer plus efficacement les géants de l’internet tels que Google, Amazon, Facebook et Apple, dont les bénéfices en Europe sont déclarés dans des pays à la fiscalité accommodante, comme l’Irlande ou le Luxembourg.
Un accord entre l’Etat et Amazon
M. Le Maire estime que les résistances en Europe pour une nouvelle taxation faiblissent et que « les dirigeants des GAFA eux-mêmes comprennent que le système n’est pas tenable ».
Selon la Commission européenne, le taux d’imposition effectif sur le bénéfice des colosses du numérique dans l’UE est en moyenne de 9 %, contre plus de 20 % pour les entreprises traditionnelles.

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Après cinq ans de bras de fer, Amazon vient notamment de conclure en février un accord avec l’administration fiscale française pour régler de lourds arriérés d’impôts, après un accord similaire avec le fisc italien. « Il n’y a pas ou plus de soucis avec Bercy », assure le directeur général d’Amazon France, Frédéric Duval, dans un autre entretien avec le JDD.
« Depuis 2015, nous disposons d’une succursale en France, nous avons annoncé un rattrapage fiscal pour les années 2006-2015, nous investissons et recrutons massivement ici. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Sans Neymar, Mbappé ni Cavani, le Paris Saint-Germain a maîtrisé son sujet à Troyes et rempli ses deux objectifs avant de retrouver la Ligue des champions : une victoire, zéro blessé.
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Football : une victoire sans dégât pour le PSG à Troyes, à trois jours du Real Madrid

Sans Neymar, Mbappé ni Cavani, le Paris Saint-Germain a maîtrisé son sujet à Troyes et rempli ses deux objectifs avant de retrouver la Ligue des champions : une victoire, zéro blessé.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 19h25
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 00h23
    |

            Clément Guillou








                        



   


Trois points et zéro blessure : le Paris Saint-Germain a eu à Troyes ce qu’il était venu chercher, samedi 3 mars, pour le compte de la 28e journée de Ligue 1 mais avec la Ligue des champions en tête.
Sa victoire 2-0 à Troyes, obtenue en seconde période grâce à Angel Di Maria et Christopher Nkunku, garantit au PSG de conserver ses 14 points d’avance sur l’AS Monaco en tête du championnat. Elle lui permet surtout de préparer sereinement le huitième de finale retour contre le Real Madrid, dans trois jours (1-3 au match aller).

74 - @PSG_inside totalise 74 points après 28 matches de Ligue 1 cette saison, record de points pour une équipe à ce… https://t.co/i2ORSvsnUb— OptaJean (@OptaJean)


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Les Parisiens se déplaçaient avec une équipe de remplaçants ou presque, mais c’est toujours mieux que n’importe quel effectif de Ligue 1 et en particulier celui de Troyes, 18e du championnat en termes sportif (28 points) comme budgétaire (26 millions d’euros, selon L’Equipe).
L’équipe de Jean-Louis Garcia n’a pas existé à domicile, hormis en fin de match, lorsque le PSG s’était désintéressé du terrain et que son entraîneur avait été envoyé en tribunes par l’arbitre après trop de protestations.

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Di Maria encore décisif
Neymar n’était pas à Troyes, samedi après-midi, mais au Brésil pour s’y faire opérer du pied droit, avec succès. Kylian Mbappé et Marquinhos, blessés mais qui devraient être opérationnels pour le Real Madrid, étaient restés aux soins à Paris, de même qu’Edinson Cavani, Marco Verratti et Javier Pastore, préservés.

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L’équipe d’Unaï Emery avait donc des allures de PSG pré-qatari, alignant six Français au coup d’envoi dont quatre joueurs formés au club. On exagère un peu : Thiago Silva, Julian Draxler et Angel Di Maria étaient là, et ce sont ces deux derniers qui ont forgé la victoire parisienne.
Une passe délicieuse de l’Allemand pour l’Argentin, à la reprise de la deuxième période (47e), permettait à Di Maria de battre enfin Erwin Zelazny d’un délicat ballon piqué du pied gauche. Di Maria, l’homme en forme du moment côté parisien, inscrivait son 13e but en 15 matches depuis le début de l’année. Si l’on ajoute les neuf passes décisives dans le même temps, on comprend qu’Emery ait sorti son joueur dès la 55e minute pour l’envelopper du papier bulle : l’ancien du Real Madrid aura un rôle décisif à jouer dans une éventuelle qualification parisienne en Ligue des champions.
Avant cela, Erwin Zelazny avait réalisé des prouesses dans le but troyen, s’interposant sur des tentatives de Di Maria, Giovanni Lo Celso ou Christopher Nkunku. Il finit la rencontre avec 11 arrêts, un record en Ligue 1 cette saison. Mais aussi un deuxième but encaissé à la 77e minute, l’œuvre de Nkunku, d’évidence plus engagé dans les duels que certains partenaires. Lui sait qu’il jouera quelques minutes au plus mardi prochain.
Motta préféré à Diarra ?
Unaï Emery a pu affiner ses derniers choix en vue du grand match et Layvin Kurzawa n’a pas forcément gagné des points dans le duel interne qui l’oppose à l’Espagnol Yuri Berchiche. Actif mais imprécis en première période, il a baissé de pied en deuxième. Et le fait qu’il ait joué toute la rencontre n’incite pas à l’envisager comme titulaire mardi.
Pour le poste de sentinelle, Thiago Motta et Lassana Diarra, en concurrence, ont tous deux livré un match sérieux mais c’est bien l’Italo-Brésilien qu’Unaï Emery a préservé en le sortant dès l’heure du jeu.
Enfin, Presnel Kimpembe et Thiago Silva, en concurrence pour évoluer en charnière centrale avec Marquinhos, n’ont tous deux eu que peu d’occasions de s’illustrer.
A trois jours du Real, le PSG a même pris une dimension présidentielle en fin de match lorsque Timothy Weah, fils du nouveau chef d’Etat du Liberia, est entré en jeu (82e minute). Weah aurait pu marquer pour son premier match en Ligue 1, à l’âge de 18 ans, mais a été trop hésitant lorsqu’il s’est retrouvé lancé en face-à-face avec le gardien troyen dans les arrêts de jeu.

8312 - Timothy Weah dispute son premier match de Ligue 1 avec Paris, 8312 jours après le dernier de son père George… https://t.co/N5PNtUFjZX— OptaJean (@OptaJean)


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Son père George Weah avait marqué, en 1993 puis 1994, lors des deux seules confrontations à élimination directe entre le PSG et le Real Madrid. Le club parisien s’était qualifié à chaque fois.
Samedi soir, Unaï Emery s’est dit « optimiste », ce qui n’est pas rien.
« L’état d’esprit des joueurs dans ce match était très bon. Nous avons pu reposer quelques joueurs. Nous sommes prêts pour mardi. »
Après le traumatisme de la blessure de Neymar, le PSG, qui reste sur 10 victoires consécutives en France, semble avoir au moins retrouvé le sourire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ L’issue est incertaine, mais les têtes d’affiche sont connues : des nouveaux venus — le leader du M5S Di Maio, ou Salvini — et d’anciens combattants, comme Berlusconi et Renzi.
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En Italie, les personnalités qui vont marquer les élections

L’issue est incertaine, mais les têtes d’affiche sont connues : des nouveaux venus — le leader du M5S Di Maio, ou Salvini — et d’anciens combattants, comme Berlusconi et Renzi.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 15h24
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 23h24
   





                        



   


Depuis près de deux semaines, les sondages sont interdits en Italie. Mais nul besoin d’être prophète pour deviner que le résultat des élections des députés et des sénateurs, dimanche 4 mars, sera serré. En raison, d’abord, d’un système électoral remanié, qui allie proportionnelle et scrutin majoritaire. Mais aussi et surtout parce que l’échiquier politique est fragmenté, et a vu émerger des coalitions fragilisées par des intérêts dissonants.

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          Elections italiennes : les trois coalitions en lice font campagne mais évitent l’affrontement



Des favoris aux outsiders, tour d’horizon des personnalités qui ont marqué la campagne, et parmi lesquelles pourraient figurer le futur premier ministre et les futurs poids lourds d’un gouvernement.
Luigi di Maio, le dauphinMatteo Renzi, l’homme que l’Italie aime détesterSilvio Berlusconi, l’éternel revenantMatteo Salvini, l’extrême droite décomplexéePietro Grasso, le frondeurEmma Bonino, la pasionariaGiorgia Meloni, la sulfureuse
Luigi di Maio, le dauphin

   


A 31 ans, Luigi Di Maio, le candidat du Mouvement 5 étoiles (M5S), tranche avec Beppe Grillo, le comique fondateur du M5S, qui a pris ses distances. Ce Napolitain incarne le visage rassurant du parti contestataire, né en opposition aux affaires de la vieille classe politique, et devenu le premier parti italien dans les sondages (entre 27 % et 29 % des intentions de vote).
Le dauphin entend marquer cette élection, fort d’un vote en ligne à travers lequel les militants du M5S l’ont choisi à 82 % pour être candidat au poste de premier ministre. Un score insolent que ses détracteurs attribuent à l’absence de réelle concurrence, rappelant que Luigi Di Maio, surnommé « Louis le subjonctif », pour ses fautes de grammaire assumées, n’a pour expérience professionnelle que celle d’agent de sécurité dans le stade San Paolo de Naples.
Fils d’un ancien dirigeant du Mouvement social italien, parti néofasciste aujourd’hui dissous, Luigi Di Maio réfute le terme de populiste, qu’il juge péjoratif pour qualifier le M5S. Cet ancien étudiant en droit — jamais diplômé — assure ne pas vouloir d’une Italie extrémiste ou antieuropéenne.

        Lire aussi un entretien avec Luigi Di Maio :
         

          « Le Mouvement 5 étoiles est pro-européen »



Au risque de froisser l’aile orthodoxe du mouvement, il a assagi son discours sur la sortie de l’euro, qui n’est plus d’actualité, et a recentré son programme sur les jeunes, avec notamment l’instauration d’un revenu universel mensuel de 780 euros. Surtout, les alliances avec d’autres partis ne sont plus totalement exclues.
Matteo Renzi, l’homme que l’Italie aime détester

   


D’abord, il a été l’enfant chéri de la politique italienne. Mais l’ancien chef du gouvernement au tempérament bouillonnant s’est mis presque tout le pays à dos. Et le Parti démocrate (PD, centre gauche) — dont M. Renzi, 43 ans, est toujours le secrétaire général —, ne cesse de chuter, atteignant les 22-23 % d’intentions de vote, contre 40 % en 2014.
Arrivé à la tête du PD à la fin de 2013, alors qu’il n’était que maire de Florence, il promettait de « mettre à la casse » les caciques de son parti. Son impopularité semble liée à une personnalité jugée souvent arrogante et un brin autoritaire. Il y a aussi ces promesses trahies, et les affaires qui ont éclaboussé son parti. Son projet de réforme constitutionnelle avait été rejeté sans appel lors d’un référendum en décembre 2016, le poussant un départ anticipé du poste de premier ministre.
Dynamique, ambitieux, « assoiffé de pouvoir », selon certains, Matteo Renzi n’a pas grillé toutes ses cartes. Un temps allié avec Silvio Berlusconi sur la réforme des institutions, il pourrait le retrouver dans le cadre d’une grande coalition « à l’allemande », en cas d’absence de majorité claire à l’issue du scrutin.

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                Italie : Matteo Renzi verrouille son parti avant les législatives



Silvio Berlusconi, l’éternel revenant

   


Au cours des vingt-cinq dernières années, son histoire se confond avec celle de l’Italie. A 81 ans, le « Caïman » retrouve le devant de la scène après avoir pourtant été enterré politiquement un nombre incalculable de fois. « Je suis comme le bon vin, en vieillissant je m’améliore, et maintenant je suis parfait », a tweeté récemment l’inénarrable ex-Cavaliere.
En 2017, la longue litanie de ses déboires judiciaires a abouti à une première condamnation définitive, pour fraude fiscale. Silvio Berlusconi en a également gardé une inéligibilité qui lui interdit toute fonction publique jusqu’en 2019.

        Lire notre récit de la ré-émergence de Silvio Berlusconi :
         

          Silvio Berlusconi, inéligible mais incontournable en Italie



L’« immortel » reste à la tête du parti Forza Italia (« Allez l’Italie »), crédité dans les sondages de 16 % à 18 % des intentions de vote. Il a réussi à former une coalition avec la Ligue du Nord et les Fratelli d’Italia (parti néofasciste) pour une grande coalition de droite.
Si la majorité est acquise, le parti en tête choisira le premier ministre. Silvio Berlusconi a déjà choisi son poulain : Antonio Tajani, le président du Parlement européen.

        Lire la tribune d’Antonio Tajani sur l’Europe :
         

          « Répondons aux populismes par une Europe des actes »



Matteo Salvini, l’extrême droite décomplexée

   


Pour cette campagne, Matteo Salvini, entré à 17 ans seulement à la Ligue du Nord, a effacé le mot « Nord » du nom du parti et fait campagne tous azimuts, dans l’espoir de dépasser son allié de droite, Silvio Berlusconi, avec qui il a signé un programme de gouvernement.
Crédité dans les derniers sondages de 12 % à 14 % des intentions de vote, la Ligue est montée en puissance ces dernières semaines, notamment grâce à une campagne dominée par les thèmes de l’immigration et de l’insécurité.
A bientôt 45 ans, Matteo Salvini est né et a grandi dans la capitale lombarde, Milan. En 2004, cet eurosceptique notoire entre au Parlement européen. En 2013, il reprend les rênes du parti, fragilisé par un scandale de détournement de fonds publics — le parti ne dépassera pas 4 % aux législatives de 2013.
Au grand dam d’une frange originelle de la Ligue du Nord, Matteo Salvini change le discours, délaissant les ambitions sécessionnistes au profit d’un discours fédéraliste et anti-Bruxelles. Allié du Front national français, admirateur de Vladimir Poutine et de Donald Trump, il s’en prend avec virulence aux immigrés (qu’il appelle « clandestins »), à l’islam, à l’euro…, sans pour autant partager le centralisme et le caractère, à son goût trop laïque, du parti de Marine Le Pen.

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Sur les réseaux sociaux, ce barbu au visage rond martèle son message à ses 640 000 abonnés sur Twitter et plus de 2 millions sur Facebook. Avec un style direct qui ne s’embarrasse pas du politiquement correct, il espère dimanche faire « un coup », et obliger Silvio Berlusconi à lui lâcher davantage que ce qui a été évoqué jusqu’à présent : le ministère de l’intérieur. Lui se rêve chef du gouvernement.
Pietro Grasso, le frondeur

   


L’Italie aussi a sa fronde parlementaire. Et son chef de file n’est autre que le président sortant du Sénat, Pietro Grasso. A 73 ans, cet ancien magistrat antimafia a décidé de faire sécession du Parti démocrate, en réunissant sous la bannière de Liberi e uguali (« Libres et égaux ») plusieurs mouvements de gauche déçus par le gouvernement.
Crédité de 6 % des intentions de vote, son parti n’est pas anecdotique. Il a mené une campagne donnant la priorité à l’instruction et à la recherche, et misant notamment sur une reconversion écologique d’ampleur.

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Emma Bonino, la pasionaria

   


Cinq jours après le scrutin du 4 mars, Emma Bonino fêtera ses 70 ans. L’ancienne commissaire européenne et ministre des affaires étrangères figure toujours en bonne place dans le palmarès des personnalités politiques préférées des Italiens. « Cessez de m’aimer autant et votez plus pour moi », a toutefois conseillé cette figure de la gauche italienne, marquée par son combat contre un cancer du poumon diagnostiqué en 2015.
Vétérane des combats pour l’avortement, le divorce, l’objection de conscience ou encore le droit de mourir dans la dignité, elle a plaidé ces derniers mois pour défendre l’intégration des migrants et le projet européen.

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Son mouvement, Plus d’Europe, allié au centre gauche de Matteo Renzi, vise le seuil de 3 % pour entrer au Parlement. S’il y parvient, il pourrait poser problème au Parti démocrate, en faisant pression pour qu’il réoriente sa politique.
Giorgia Meloni, la sulfureuse

   


L’acmé de sa campagne a eu lieu à Turin, face au directeur du musée des Antiquités égyptiennes de la ville, Christian Greco. Giorgia Meloni, dirigeante du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia, protestait avec véhémence contre une réduction offerte aux visiteurs parlant arabe. Cette scène, diffusée largement sur les réseaux sociaux, illustre le style de cette ancienne journaliste de 41 ans, un temps ministre de Silvio Berlusconi.
Son parti, moins fédéraliste que son alliée et rivale la Ligue du Nord, est crédité d’environ 5 % des intentions de vote, grâce notamment au soutien des néofascistes de Forza Nuova et de CasaPound. Ce score pourrait lui garantir une place de choix dans un gouvernement, si la coalition de droite parvient à obtenir la majorité absolue.



                            


                        

                        


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Elections en Italie : à Turin, les salariés menacés de Whirlpool sont devenus un « spot électoral »

Comme en France durant la campagne présidentielle, l’usine piémontaise est devenue le symbole d’une Italie impuissante à garder ses emplois.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 13h57
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 14h34
    |

            Charlotte Chabas (Turin, envoyée spéciale)








                        



   


Cela faisait longtemps que Stefano M. n’avait pas ouvert une bouteille de vin. Un barbaresco asili de 2013, léger et fruité. Même son fils aîné de 16 ans a eu le droit à un verre, servi au coin du feu. « Une petite célébration au milieu d’un long cauchemar », sourit cet homme de 49 ans, légèrement voûté par les vingt-quatre années passées devant les lignes d’assemblage de l’usine Embraco du groupe américain Whirlpool, à une trentaine de kilomètres de Turin (Piémont).
Quelques heures auparavant, lui et sa femme, Barbara, qui travaille au même endroit, ont reçu un Texto annonçant un « gel des licenciements » dans leur usine qui fabrique des compresseurs frigorifiques. Stefano et Barbara M. se préparaient à recevoir une lettre de licenciement à la fin du mois, comme 495 autres de leurs 537 collègues. « On gagne un peu de temps, jusqu’à la fin de l’année au moins », relit à voix haute Barbara, 45 ans. Une « bouffée d’oxygène », dit-elle, en plaçant ses mains de chaque côté de la gorge pour mimer leur asphyxie.
Depuis octobre, le couple vit un compte à rebours qu’il ne s’explique toujours pas. Avec un bénéfice net de 14,2 millions d’euros en 2016, l’entreprise turinoise était un des fleurons du groupe électroménager américain. « On sortait jusqu’à 4 000 pièces chaque jour », se souvient Stefano M., avec une fierté qui lui semble aujourd’hui « tellement mensongère ».
« Tirer plus de ce grand corps »
En 2004, il y avait bien eu une alerte dans l’entreprise turinoise, fondée en 1967 par la célèbre famille Agnelli, cette dynastie « Fiat » si liée au destin de Turin et de l’Italie industrielle. Whirlpool menaçait déjà de délocaliser. Le ministère de l’économie et la région du Piémont avaient sorti cinq et huit millions d’euros pour voler au secours de la société.
Les lignes de production avaient repris, et le bénéfice d’exploitation triplé entre 2012 et 2016. « Mais il fallait encore tirer plus de ce grand corps en bonne santé, quitte à le vider de son sang », explique Rocco Palombella, secrétaire général de l’Union italienne du travail (UILM).
D’abord, ce furent des allers-retours. Quelques salariés envoyés ponctuellement en Slovaquie, pour y former la main-d’œuvre locale. Ceux-là ont vu l’autre usine, qui n’en finissait plus de croître. Ils ont rencontré ces « comme eux, mais en moins cher », résume Stefano M. Pour Whirlpool, les salariés turinois coûtent 26 millions d’euros par an. 7,2 % du chiffre d’affaires de la société italienne, selon les syndicats. « C’était déjà trop pour une multinationale qui ne jure que par le profit », s’emporte Rocco Palombella, du syndicat UILM.
Fin 2017, l’entreprise ne renouvelle pas certains accords internes. C’est la fin du service de transport en bus qui permettait aux salariés de gagner l’usine, située dans la campagne piémontaise. Les salaires sont baissés de 50 centimes par heure. La cantine est, elle aussi, sacrifiée. 
« C’était plus dur pour le budget, mais tu tiens parce que tu as quand même toujours du travail », raconte Silvio B., 41 ans, dont vingt-et-un comme technicien sur les lignes d’assemblage. « Ici, le travail est tellement rare que quand tu en as un, tu t’y accroches de toutes tes forces », explique le salarié. Au pied des Alpes bleutées qui forment comme une muraille meringuée de neige, Embraco est la dernière grosse entreprise de la région de Chieri.
« La mort de ma famille »
Mais, le 10 janvier, la direction américaine du groupe annonce la fermeture du site. Seules quarante personnes sont maintenues pour tenir un bureau représentant les intérêts de l’entreprise en Italie. La production part en Slovaquie. « Ce travail, où j’avais un jour rencontré l’amour de ma vie, est devenu soudain synonyme de la mort de ma famille », raconte Barbara M., en jetant un regard inquiet vers ses trois enfants.
En pleine campagne des élections législatives du 4 mars, le désarroi des salariés ne passe pas inaperçu. Comme en France durant la campagne présidentielle, Whirlpool devient le symbole de cette Italie, impuissante à garder ses emplois, malgré une économie qui reprend doucement des couleurs.

   


Sur la scène du célèbre festival de chansons de Sanremo, les salariés d’Embraco, dont la moyenne d’âge est de 48 ans, s’invitent pour dire à l’Italie leur peur de « perdre la sécurité d’une vie basée sur un travail honnête ». Même le pape François les reçoit pour leur dire de « combattre jusqu’au dernier souffle ».
L’usine piémontaise devient une étape obligée des candidats en campagne. Mi-janvier, le dirigeant du Mouvement 5 étoiles, Luigi di Maio, vient dire son « espoir d’aider, mais surtout après le 4 mars ».

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Pour la droite antieuropéenne, l’affaire est pain bénit. Silvio Berlusconi affirme qu’« il n’y aura plus d’Embraco avec sa flat tax », cette baisse d’impôt généralisée qui devrait inciter les investisseurs à rester en Italie. Comme Marine Le Pen avant lui, Matteo Salvini, le leader du parti d’extrême droite la Ligue, dit « sa solidarité » avec les travailleurs, victimes selon lui d’un gouvernement de centre gauche « soit complice, soit incapable, soit les deux ».
Fin février, les salariés découvrent même sur leur usine une banderole déployée par le groupuscule fasciste Casapound. « Nous occupons l’usine », peut-on lire en lettres rouges et noires. La bannière ne restera que quelques heures. « Nous sommes devenus de la chair fraîche pour servir les intérêts des politiciens », analyse Daniele V., employé depuis trente ans dans l’entreprise d’électroménager. « Nous ne voulions pas être un spot électoral », martèle celui qui ne quitte plus son bleu de travail. « Un combat d’ouvriers devrait être l’affaire de tous, pas d’un parti. »

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Le gouvernement de centre gauche de Paolo Gentiloni le sait : le « scandale Embraco » peut être décisif. Le ministre du développement économique, Carlo Calenda, dénonce vite « la totale irresponsabilité de Whirlpool ». Il reçoit l’aide du président du Parlement européen, Antonio Trajani, pressenti comme futur premier ministre si la coalition de droite l’emporte dimanche. Ensemble, Rome et Bruxelles font pression sur Whirlpool.
A l’arraché, le ministère annonce vendredi 2 mars un « gel des licenciements ». Jusqu’à fin 2018, « les salariés recevront la totalité de leur salaire, il n’y aura pas de temps partiel ou de réduction d’horaire », souligne Carlo Calenda, en se disant « satisfait ». Un répit qui pourrait permettre de trouver d’autres investisseurs pour reprendre le site de Riva Presso Chieri, alors que cinq groupes, dont trois italiens et un chinois, ont fait part de leur intérêt.
Grève du 13 mars maintenue
A Turin, l’annonce a été accueillie par des applaudissements, vendredi, lors de l’assemblée des délégués syndicaux de la métallurgie. La journée de grève intersyndicale, prévue le 13 mars en solidarité avec les travailleurs d’Embraco, a toutefois été maintenue.
Devant le bâtiment où se tient la réunion, certains salariés sont venus s’informer. Un colosse aux cheveux gris, qui préfère ne pas donner son nom, se dit « loin d’être soulagé ». « Ils n’ont fait que rallonger le bouillon de la minestrone pour gagner du temps, comme le faisaient les pauvres avant ».
Pour Silvano Zaffalon, représentant syndical d’UILM-UIL, « le destin de l’usine a déjà été décidé par Whirlpool, à l’autre bout du monde ». Et l’élu de déplorer cette « mauvaise maladie » contractée par l’usine : « elle s’appelle multinationale, et elle est très contagieuse et mortelle ». Derrière lui, un petit homme aux cheveux frisés dit quand même son « soulagement de sentir que les politiciens ont compris l’urgence de la situation ». Il dit vouloir « le récompenser dimanche ».
« Faire parler la colère »
Barbara M., elle, n’est pas encore sûre de son vote. Pour cette grande blonde aux yeux clairs, l’histoire des Embraco « est bien le signe qu’il y a un problème dans cette Europe ». Son mari renchérit : « Dans une famille où certains sont fortunés et d’autres non, il y aura toujours des disputes ».
Depuis l’annonce de la fermeture de l’usine, le couple s’est peu mobilisé. « Pas envie de se faire remarquer », justifient ceux qui disent « devoir penser à leur avenir et à celui de leurs enfants ». Mais dans le secret de l’isoloir, dimanche, ils n’excluent pas de « faire parler la colère ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Ce vote de l’Instance régulatrice des lois du jeu (IFAB) ouvre la voie à son application lors de la prochaine Coupe du monde en Russie en juillet.
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Football : le recours à l’arbitrage vidéo officiellement inscrit dans les règles du jeu

Ce vote de l’Instance régulatrice des lois du jeu (IFAB) ouvre la voie à son application lors de la prochaine Coupe du monde en Russie en juillet.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 13h51
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 14h42
   





                        



   


C’est une révolution pour le football, qui aura été marquée par des couacs et des polémiques durant les phases de tests. L’International Football Association Board (IFAB), l’instance mondiale chargée de veiller depuis 1886 sur les règles du football, a validé, samedi 3 mars, l’introduction de l’assistance vidéo (VAR, pour Video Assistant Referee) dans les lois du jeu.
« Les résultats de toutes ces expériences ont été concluants. Nous en sommes arrivés à la conclusion que la VAR était bonne pour le football, bonne pour l’arbitrage, et apportait plus de justice au football », a commenté Gianni Infantino, le président de la Fédération internationale de football (FIFA), en conférence de presse.
Cette décision ouvre la voie à son application lors de la prochaine Coupe du monde en Russie (du 14 juin au 15 juillet), et ce en dépit de plusieurs dysfonctionnements observés dans les championnats et compétitions où la VAR a déjà été expérimentée. Le conseil de la FIFA doit en effet se prononcer, les 15 ou 16 mars, sur son utilisation lors du prochain Mondial. Ce dispositif viendrait ainsi compléter la Goal-Line Technology (GLT), introduite lors de l’édition 2014, au Brésil, et qui permet de vérifier si le ballon a bien franchi la ligne de but.
À la discrétion de l’arbitre, l’appel au recours technologique concerne plusieurs situations précises : visionnage d’une faute dans la surface de réparation sanctionnée ou pas d’un penalty, vérification d’un but entaché d’un hors-jeu, attribution d’un carton rouge (sur une exclusion directe) et confirmation de l’identité du joueur sanctionné. En France, l’arbitrage vidéo sera mis en place pour la Ligue 1 la saison prochaine.
La décision de l’IFAB intervient après un an et demi d’expérimentations dans plusieurs pays candidats (France, Allemagne, Australie, Brésil, Etats-Unis, Italie, Pays-Bas, Portugal pour ne citer qu’eux). Le 1er septembre 2016, à Bari, le match amical Italie-France (victoire 1-3 pour les Bleus) fut la première rencontre à faire l’objet d’expérimentations dites « semi-live ». Ce jour-là, l’arbitre hollandais Björn Kuipers avait seulement été assisté par communication radio et n’avait donc pas visionné lui-même de ralentis.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Difficile de dire, toutefois, si les annonces du président américain vont entamer la confiance retrouvée des entreprises et des investisseurs en zone euro.
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édition abonné


Offensive protectionniste de Trump : des répercussions « potentiellement très lourdes »

Difficile de dire, toutefois, si les annonces du président américain vont entamer la confiance retrouvée des entreprises et des investisseurs en zone euro.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 12h23
    |

            Elise Barthet








                        



                                


                            

Une réponse au canon. Après les déclarations du président américain, Donald Trump, sur l’instauration de nouvelles taxes douanières de 25 % pour l’acier et 10 % pour l’aluminium, Bruno Le Maire a dénoncé, vendredi 2 mars, des mesures inacceptables qui, si elles se confirment, « appelleront une réponse forte, coordonnée et unie de l’Union européenne ». « Toutes les options sont sur la table », a insisté le ministre français de l’économie : « Un recours devant l’OMC », voire « des contre-mesures pour limiter les importations américaines en Europe ».
La réaction de Paris fait écho à celle de la chancellerie allemande. Berlin, par la voix du porte-parole d’Angela Merkel, a fait savoir vendredi que son gouvernement « rejette » toute hausse des tarifs douaniers. La veille, le ministre des affaires étrangères allemand, Sigmar Gabriel, avait appelé à une réaction « ferme » de l’UE, estimant que la politique commerciale américaine « menaçait des milliers d’emplois en Europe ».

Des entreprises allemandes plus exposées
Les entreprises allemandes sont, en effet, plus exposées que leurs homologues françaises aux annonces du président américain. Près de 4 % de l’acier importé outre-Atlantique vient d’Allemagne. Les Etats-Unis sont les premiers partenaires commerciaux de Berlin, captant 9 % de ses exportations de biens et services. Mais, en 2017, le déficit commercial américain vis-à-vis de l’Allemagne a atteint 65 milliards de dollars. De quoi ulcérer l’hôte de la Maison Blanche.

Si les mesures protectionnistes de Donald Trump se concentraient sur l’acier et l’aluminium, elles devraient moins affecter le Vieux Continent que le Canada, le Brésil ou la Corée du Sud. Entameront-elles la confiance retrouvée des entreprises et des investisseurs ? Difficile à dire. « L’eurozone a pleinement bénéficié de la forte reprise du commerce mondial et devrait continuer à profiter dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Les Italiens sont appelés à renouveler, dimanche, la Chambre des députés et le Sénat. Une nouvelle loi régit les modalités de ces scrutins.
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Elections en Italie : ce qu’il faut savoir du nouveau mode de scrutin

Les Italiens sont appelés à renouveler, dimanche, la Chambre des députés et le Sénat. Une nouvelle loi régit les modalités de ces scrutins.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 11h54
    |

            Edouard Pflimlin








                        



   


Les Italiens votent, dimanche 4 mars, pour renouveler la Chambre des députés et le Sénat. Trois « camps » s’affrontent. D’un côté, la droite et l’extrême droite, avec Forza Italia, le parti de l’ancien président du Conseil Silvio Berlusconi, la Ligue du Nord, dirigée par Matteo Salvini, et Fratelli d’Italia (« Frères d’Italie », postfascistes), de Giorgia Meloni.
De l’autre, la gauche, dont le principal parti est le Parti démocrate (PD) de Matteo Renzi, auquel appartient l’actuel chef du gouvernement, Paolo Gentiloni.
Le troisième camp est celui du Mouvement 5 étoiles (M5S, Movimento 5 Stelle) fondé par le comédien et humoriste Beppe Grillo, parti populiste qui rejette tout accord de coalition avec les autres partis et qui est dirigé par Luigi di Maio.
Ce scrutin, qui s’annonce indécis — selon les sondages, aucun des partis n’est en mesure d’obtenir la majorité absolue — se déroulera selon de nouvelles règles. La loi électorale a en effet été modifiée à la fin de 2017. Que dit-elle ? Quelles conséquences peut-elle avoir ? Petit tour d’horizon.
Quand et pourquoi la loi électorale a-t-elle été modifiée ?
A l’issue des précédentes élections parlementaires des 24 et 25 février 2013, aucune des deux principales coalitions, celle de gauche dirigée par Pier Luigi Bersani, et celle de droite de Silvio Berlusconi, n’avait obtenu la majorité absolue des sièges à la Chambre des députés et au Sénat.
A cette instabilité s’est ajouté le succès électoral du M5S, dont la percée a profondément bouleversé la politique en Italie, jusqu’alors dominée par le bipartisme.
Le 28 avril 2013, le président de la République, Giorgio Napolitano, avait nommé Enrico Letta (PD) à la présidence du Conseil, à la tête d’un gouvernement d’union nationale. Mais celui-ci avait été renversé par une motion de censure interne au Parti démocrate et remplacé, le 22 février 2014, par Matteo Renzi.
C’est ce dernier qui a souhaité faire voter une nouvelle loi électorale. Avec un objectif : lutter contre la paralysie politique du pays.
Le projet de loi présenté par M. Renzi visait, notamment, à diminuer les pouvoirs du Sénat. Mais ce projet a été massivement rejeté pard les Italiens (à 59,11 %), le 4 décembre 2016. Et, le 12 décembre de la même année, Matteo Renzi a été remplacé à la tête du gouvernement par son ministre des affaires étrangères, Paolo Gentiloni (PD).
Une nouvelle loi électorale a finalement été promulguée le 3 novembre 2017.
Quelles sont les nouvelles règles mises en place ?
Avec ce nouveau cadre électoral, appelé « Rosatellum bis », du nom de l’homme qui a porté cette réforme, Ettore Rosato, les élections se déroulent en un seul tour de scrutin et utilisent un système mixte : certains sièges sont alloués au scrutin uninominal majoritaire à un tour et une majorité l’est au scrutin proportionnel.
Si les Italiens de 18 ans et plus peuvent désigner leurs députés, seuls ceux âgés de 25 ans et plus sont autorisés à élire les membres du Sénat.
Pour la Chambre des députés (Camera dei Deputati), qui compte 630 membres élus pour cinq ans, la mise en place du nouveau système se traduit ainsi :
232 députés (soit 37 %) sont désignés au scrutin uninominal386 (61 %) sont choisis au scrutin proportionnel12 (2 %) sonts élus par les Italiens de l’étranger.
Le schéma est quasi le même au Sénat (Senato della Repubblica), qui compte 315 membres élus pour cinq ans :
116 sénateurs sont choisis au scrutin uninominal193 sont désignés au niveau régional au scrutin proportionnel6 sont élus par les Italiens de l’étranger
Le seuil minimal pour entrer au Parlement est fixé à 3 % des suffrages exprimés pour les partis et à 10 % pour les coalitions.
C’est la formation de ces dernières que souhaite privilégier la nouvelle loi.
Quelles conséquences cette loi électorale peut-elle avoir ?
Dans la précédente loi électorale, la loi dite « Italicum », adoptée le 4 mai 2015, si un parti arrivé en tête du premier tour réussissait à rassembler plus de 40 % des voix, alors il recevait automatiquement un minimum de 340 sièges, ce qui représente 54 % des sièges au palais Montecitorio, la Chambre des députés.
Ce n’est plus le cas avec la loi « Rosatellum ». Celle-ci « tend à favoriser la constitution de coalitions, fussent-elles fort hétérogènes », explique Marc Lazar, spécialiste de la vie politique italienne et professeur d’histoire et de sociologie politique à Sciences Po, dans une étude pour Terra Nova intitulée « L’Italie à l’épreuve des élections ». 
Ces nouvelles règles devraient, a priori, « avantager les partis du centre droit bien implantés dans le nord du pays, favoriser le Parti démocrate dans la partie centrale du pays, son grand bastion qui tend néanmoins à se lézarder », poursuit Marc Lazar.
Elles devraient, en revanche, compliquer considérablement la tâche au Mouvement 5 étoiles, qui a construit une bonne part de sa popularité sur le refus des accords d’arrière-salle, mais qui, de ce fait, est aujourd’hui isolé, sans allié.
La nouvelle loi est d’ailleurs souvent présentée comme étant dirigée contre ce mouvement. « A priori, le nouveau mode de scrutin pénalise le Mouvement 5 étoiles, qui est fort mais reste seul », confirme Marc Lazar.
Cette nouvelle loi contribuera-t-elle à donner à l’Italie une majorité stable ? Rien n’est moins sûr. « Davantage proportionnelle que majoritaire, [elle] ne garantit en rien la constitution d’une majorité post-électorale stable », souligne la Fondation Robert-Schuman, centre de recherches et d’études sur l’Europe, dans une analyse parue au début de février.
C’est aussi l’avis de Marc Lazar : « A la date d’aujourd’hui, il semble improbable qu’une majorité claire se dégage à la Chambre des députés et au Sénat, même si le centre droit semble porté par une dynamique électorale qui pourrait peut-être lui permettre de l’emporter. »
« L’Italie demeure divisée en deux blocs, l’un de droite et l’autre de gauche, qui ne parviennent pas à avoir une majorité claire forte et stable, souligne, à ce propos, Raffaele Landani, professeur de science politique à l’université de Bologne, cité par la Fondation Schuman. Le 4 mars, on risque de voir se répéter le scénario que nous avons connu ces vingt-cinq dernières années, marquées par une alternance entre gouvernements populistes et gouvernements techniques. » 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Une émission télévisée a mis en lumière les divisions suscitées par la politique de la chancelière Angela Merkel.
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En Allemagne, Cottbus s’échauffe sur les réfugiés

Une émission télévisée a mis en lumière les divisions suscitées par la politique de la chancelière Angela Merkel.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 15h36
    |

            Thomas Wieder (Cottbus (Brandebourg) - envoyé spécial)








                        



                                


                            

Située aux confins du Brandebourg, près des frontières polonaise et tchèque, Cottbus était une ville assez tranquille. Ces dernières semaines, le climat s’y est fortement dégradé. Le 1er janvier, des militants d’extrême droite armés de poings américains ont attaqué trois Afghans devant un foyer de réfugiés. Onze jours plus tard, un couple d’Allemands a été agressé au couteau par trois Syriens à l’entrée d’un centre commercial.
Depuis, plusieurs centaines de personnes sont descendues dans la rue, les unes pour réclamer « la fermeture des frontières » et dénoncer « l’islamisation de l’Allemagne », les autres pour défendre « une société de toutes les couleurs » et appeler à « vivre sans céder à la haine ». Du jamais-vu dans cette ville de 100 000 habitants, au point que le président de la République, Frank-Walter Steinmeier, a réuni plusieurs personnalités locales, le 20 février, à Berlin, pour lancer un appel au calme et au dialogue.

Mais le dialogue est-il possible ? Agée de 56 ans, Anke (qui n’a pas communiqué son patronyme) veut y croire. C’est pour cela que cette assistante sociale est venue assister, jeudi 1er mars, à l’émission spéciale diffusée en direct depuis Cottbus sur la chaîne publique régionale RBB. Elle n’est pas seule. Dans l’immeuble de la place du marché où a été installé le studio, le monde se bouscule. Prévu pour 120 personnes, le plateau est pris d’assaut. Un écran est installé dans une salle voisine pour ceux qui n’ont pas pu entrer. Elle est pleine à craquer elle aussi. Des gens s’entassent jusque dans l’escalier. « Vous voyez, les gens ont envie de parler », explique Anke. « Je vous rappelle qu’on est là pour discuter, pas pour manifester », prévient le présentateur, deux minutes avant la prise d’antenne.
L’émission commence et, très vite, les esprits s’échauffent. L’un des premiers à prendre la parole est Hans-Christoph Berndt, le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Le gouvernement hausse le ton contre les gestionnaires du réseau, accusés d’engraisser leurs actionnaires et de fournir un mauvais service. Le Labour appelle à renationaliser.
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Au Royaume-Uni, la privatisation de l’eau sous le feu des critiques

Le gouvernement hausse le ton contre les gestionnaires du réseau, accusés d’engraisser leurs actionnaires et de fournir un mauvais service. Le Labour appelle à renationaliser.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 14h17
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Michael Gove, le ministre britannique de l’environnement, n’y est pas allé par quatre chemins : « Les gens qui sont dans cette salle doivent changer d’attitude. » Son discours, jeudi 1er mars, lors de la conférence annuelle de Water UK, qui représente l’industrie de l’eau potable au Royaume-Uni, résonnait comme un réquisitoire. A l’écouter, les entreprises qui gèrent la distribution de l’eau outre-Manche, plus préoccupées par leurs dividendes que par la qualité de leurs services, évitant leurs impôts comme leurs responsabilités sociales, sont entraînées dans une grave dérive.
« Le grand public est de plus en plus inquiet et, franchement, je le comprends. » M. Gove menace : si rien ne change, il se dit prêt à « donner tous les pouvoirs nécessaires » au régulateur économique du secteur, la Water Services Regulation Authority (Ofwat).
La distribution de l’eau traverse une très sérieuse crise de confiance au Royaume-Uni. Depuis 1989, elle est privatisée. Dix-huit entreprises ont obtenu des monopoles régionaux, quasiment sans limite de temps (l’Etat peut révoquer la licence en prévenant… vingt-cinq ans à l’avance). Elles sont surveillées par l’Ofwat, qui encadre le prix de l’eau lors de négociations quinquennales.
« Scandaleux »
Mais, de plus en plus, l’industrie est contrôlée par des actionnaires lointains – souvent des fonds de pension étrangers ou des fonds souverains – qui semblent « plus intéressés par l’ingénierie financière que par l’ingénierie réelle », accuse M. Gove. De 2007 à 2016, note-t-il, les dix-huit monopoles ont reversé 95 % de leurs profits à leurs actionnaires. L’argent fuit le secteur plutôt que d’être réinvesti ou de profiter aux consommateurs.
De 2007 à 2016, note le ministre de l’environnement, les dix-huit monopoles ont reversé 95 % de leurs profits à leurs actionnaires.
L’opposition travailliste, sous la houlette de Jeremy Corbyn, a su s’emparer de l’affaire. Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Les effets de la reprise économique tardent à se faire sentir au quotidien. Ce qui devrait se refléter dans les urnes le 4 mars.
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La convalescence de l’Italie suspendue au résultat des élections législatives

Les effets de la reprise économique tardent à se faire sentir au quotidien. Ce qui devrait se refléter dans les urnes le 4 mars.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 10h45
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Le premier ministre Paolo Gentiloni et son équipe doivent regretter amèrement de ne pas avoir devant eux quelques mois de plus : après des années de récession, puis de stagnation et de marasme, l’Italie semble, enfin, depuis 2017, sortie de l’ornière. Le problème, c’est que même si le chef de file du Parti démocrate au pouvoir, Matteo Renzi, ne cesse de marteler, depuis le début de la campagne électorale, que « l’Italie est sortie de la crise », l’immense majorité de l’opinion italienne n’en a pas encore pris conscience, car les effets concrets de la reprise tardent à se faire sentir au quotidien.

Aussi la coalition de centre-gauche, aux affaires depuis 2013, ne parviendra-t-elle sans doute pas à tirer les bénéfices de ces succès. Distancée par la droite et le Mouvement 5 étoiles, elle s’apprête à connaître un terrible coup d’arrêt lors des élections législatives du 4 mars.
Pourtant, les chiffres sont parlants. En 2017, la croissance italienne a atteint 1,5 %, soit près du double des prévisions gouvernementales. Certes, c’est beaucoup moins que la moyenne européenne (2,5 %), et ce chiffre est largement dû à l’amélioration générale de la conjoncture, sur tout le continent, mais cela constitue tout de même le meilleur résultat pour l’Italie depuis dix ans. Dans le même temps, la production industrielle a augmenté de 3 %, tandis que les exportations ont bondi de 7 %, permettant au pays de clore l’année 2017 avec un excédent commercial de près de 48 milliards d’euros (81 milliards hors dépenses énergétiques). Un chiffre presque aussi élevé qu’en 2016, année record.
Les fondamentaux sont solides
Bref, les fondamentaux sont solides, et après la crise mondiale de 2008-2009, et une rechute qui s’était traduite par une terrible récession (onze trimestres négatifs sur douze entre juillet 2011 et juin 2014), le pays va mieux.
« Tous les indicateurs étaient négatifs, et maintenant ils sont positifs », ne cesse ainsi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Le joueur le plus cher du monde espère pouvoir se rétablir à temps pour jouer la Coupe du monde cet été dans l’équipe du Brésil.
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L’opération du pied de Neymar « s’est bien passée »

Le joueur le plus cher du monde espère pouvoir se rétablir à temps pour jouer la Coupe du monde cet été dans l’équipe du Brésil.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 02h12
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 16h57
   





                        



   


L’opération au pied de l’attaquant du PSG Neymar « s’est bien passée », selon la fédération brésilienne de football (CBF), à l’issue de l’intervention chirurgicale samedi à Belo Horizonte, dans le sud-est du Brésil.
« L’opération est terminée, Neymar est déjà dans sa chambre. Tout s’est bien passé », a indiqué un attaché de presse de la CBF à l’AFP à la sortie de l’hôpital. Le joueur le plus cher de l’histoire du football va devoir entamer une longue rééducation afin de revenir à temps pour la Coupe du Monde en Russie, qui débute en juin.
Opération à huis clos
Toutes les précautions ont été prises pour qu’aucune information ne sorte à l’extérieur : les employés de l’hôpital ont reçu des consignes leur interdisant d’utiliser leur téléphone portable à proximité du joueur.
À titre exceptionnel, les membres du personnel soignant n’auront accès qu’aux dossiers médicaux des patients qu’ils soignent directement et ils n’auront pas le droit de se rendre dans les étages où ils ne sont pas affectés ce jour-là.
L’objectif est d’éviter le couac de 2014, quand Neymar avait été filmé sur une civière par une infirmière dans un hôpital de Fortaleza (nord-est), après la blessure au dos en quarts de finale de la Coupe du monde qui l’avait privé du reste de la compétition.
Comme Ronaldo en 2002
Jeudi matin, Rodrigo Lasmar, le médecin de la Seleção chargé de l’opération samedi, a affirmé que le temps de récupération pour sa « fracture du cinquième métatarsien » pouvait aller de « deux mois et demi à trois mois ».
Ce qui laisserait à Neymar un mois dans le meilleur des cas, une quinzaine de jours au pire, pour retrouver la forme avant le premier match du Brésil en Coupe du monde, le 17 juin, contre la Suisse. « Neymar a la capacité de se rétablir assez vite parce qu’il est jeune et c’est un athlète de haut niveau. Il se blesse assez peu, mais quand ça arrive, ce sont souvent des blessures sérieuses », a expliqué à l’AFP-TV José Luiz Runco, ancien médecin de la Seleçao, qui l’a soigné avec le docteur Lasmar après sa blessure au dos de 2014.
En 2002, ils avaient réussi à remettre sur pied Ronaldo, qui revenait d’une grave blessure au genou et a fini par être le grand artisan de cinquième titre mondial remporté par la Seleçao.
Pour le docteur Runco, les deux cas sont différents, notamment en raison de la nature de la blessure. Mais il voit tout de même un point commun : « comme il s’agit d’une Coupe du monde, les joueurs sont prêts à tous les sacrifices pour être rétablis à temps ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Jan Kuciak et sa fiancée, tous les deux âgés de 27 ans, ont été tués par balle chez eux. Le reporter enquêtait sur une conseillère du gouvernement.
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Après le meurtre d’un journaliste en Slovaquie, inquiétudes sur les liens entre pouvoir et mafia

Jan Kuciak et sa fiancée, tous les deux âgés de 27 ans, ont été tués par balle chez eux. Le reporter enquêtait sur une conseillère du gouvernement.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 22h27
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 11h22
    |

                            Blaise Gauquelin (Bratislava, Velka Maca, envoyé spécial)








                        



   


Elle devait épouser son amoureux en mai. Et c’est dans la robe qu’elle avait choisie pour ce jour à marquer d’une pierre blanche que Martina Kusnirova a été inhumée, à 27 ans, dans la terre gelée de la Slovaquie, vendredi 2 mars. Son fiancé, Jan Kuciak, 27 ans également, devait être porté en terre à son tour samedi, au lendemain d’une manifestation à laquelle ont pris part au moins 20 000 personnes dans les rues de Bratislava, par des températures très basses, pour dénoncer la corruption, interpeller l’exécutif et rendre hommage aux deux jeunes gens, retrouvés morts dans la nuit du dimanche 25 au lundi 26 février.
Le meurtre de M. Kuciak, un journaliste d’investigation qui travaillait depuis trois ans pour le groupe Ringier Axel Springer, et celui de sa petite amie, a plongé ce pays de 5,4 millions d’habitants dans la sidération. Les Slovaques gardent le souvenir des années noires de l’ère Vladimir Meciar, ce premier ministre autoritaire qui livra la Slovaquie à tous les trafics, au lendemain de son indépendance, entre 1994 et 1998.
« Ce sont toutes ces horreurs enfouies dans notre inconscient qui sont remontées d’un coup, énonce le philosophe Fedor Blascak. A cette époque, il y avait des morts à tous les coins de rue. Des voitures piégées explosaient chaque semaine. Les gens ont peur de revenir à cette période brutale et stupide. »
« Vous vous rendez compte ?, demande Barbara Chovanova, étudiante qui participait au défilé vendredi. Martina et Jan ont été tués par la mafia, qui est en lien avec des gens du gouvernement ! C’est monstrueux ! Ce gouvernement doit tomber ! » Comme elle, les manifestants pensent majoritairement que si des tueurs à gage ont vidé leur chargeur sur le couple, c’est parce que Jan Kuciak enquêtait, pour Aktuality.sk – le deuxième site d’information le plus lu du pays –, sur Maria Troskova, 30 ans.
Cette ancienne top-modèle a posé seins nus à l’occasion, avant de réaliser une ascension fulgurante et de devenir l’assistante du premier ministre, Robert Fico. Or Jan Kuciak enquêtait, juste avant de mourir, sur les réseaux d’un homme d’affaires italien en lien avec la jeune femme, mais aussi avec la ’Ndrangheta, la mafia calabraise, et avec Viliam Jasan, le responsable de la gestion de crise au gouvernement slovaque.
« Billets devant les caméras »
D’où les appels à la démission, lancés par la foule en colère. Pour calmer le jeu, le chef de l’exécutif, le sanguin Robert Fico, 53 ans, un populiste de gauche (SMER-SD), a cru bon dans un premier temps d’organiser une conférence de presse un peu particulière. Moins de vingt-quatre heures après la découverte des deux corps dans une maison que le journaliste retapait en bordure du village de Velka Maca, à soixante-cinq kilomètres de la capitale, il a promis une récompense d’un million d’euros à toute personne donnant une information qui permettrait d’arrêter les commanditaires.
« Il a étalé les liasses de billets devant les caméras, se remémore le journaliste Arpad Soltesz, encore sous le choc. Normalement, c’est le crime organisé russe qui monte ce genre de mises en scène, pas le chef du gouvernement d’un pays membre de l’Union européenne. Tant de cynisme, cela nous a mis en rage. Désormais, on sera encore plus agressifs qu’avant. On est en guerre maintenant. »
Quant à l’ex-mannequin, qui nie toute implication, elle a annoncé qu’elle quittait son poste le temps de la durée de l’enquête. La police a très vite arrêté plusieurs suspects. Pas suffisant, selon l’opposition et la presse slovaques, qui ne font aucune confiance au gouvernement pour mener une enquête impartiale.
Même le petit parti représentant la minorité hongroise, Most-Hid – qui avait obtenu, à la suite des élections en mars 2016, le ministère de la justice, après un accord de coalition avec le SMER-SD et le parti d’extrême droite SNS –, réclame maintenant le départ du ministre de l’intérieur, Robert Kalinak, un ancien avocat et homme d’affaires, proche de M. Fico, soupçonné d’avoir couvert des fraudes fiscales par le passé.
« Hyènes idiotes »
« Ce meurtre survient après plusieurs années de scandales, commente l’analyste politique Grigorij Meseznikov. Il faut considérer la chute du gouvernement comme une option probable. Robert Fico a échoué à expliquer le rôle joué par cette jeune femme à ses côtés, et les doutes sur la neutralité de l’exécutif concernant cette enquête semblent fondés. »
Gabriel Sipos, qui dirige en Slovaquie l’organisation de lutte contre la corruption Transparency International, rappelle que dans son pays, seule la presse traque les gros poissons. « Chaque fois qu’un journal sort une affaire de corruption, la police affirme qu’elle va enquêter, puis elle classe le dossier en disant qu’elle n’a pas trouvé de preuves, ou bien elle fait traîner les choses. Son chef est en place depuis plusieurs années, mais il n’a jamais inquiété qui que ce soit de puissant dans ce pays. »
Parler de frustration chez les journalistes relève de l’euphémisme. Car ils doivent subir, comme ailleurs en Europe centrale, les sarcasmes et les insultes du pouvoir en place. Confronté à des accusations concernant sa probité, Robert Fico a publiquement qualifié les représentants de la presse de « hyènes idiotes » ou encore de « sales prostituées anti-Slovaques ».

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                Slovaquie : la police enquête sur le meurtre d’un journaliste d’investigation



Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières, qui a dénoncé ces dérapages, a été reçu par M. Fico vendredi. Il a demandé au chef du gouvernement slovaque d’exprimer des regrets, pour avoir créé un climat d’hostilité à l’égard des médias. Selon lui, le meurtre de Jan Kuciak, le premier dans l’histoire contemporaine slovaque, devrait alerter tous les leadeurs de la région. Notamment le président tchèque, Milos Zeman, qui a récemment estimé, en présence de son homologue russe, Vladimir Poutine, que l’on devrait « liquider » les journalistes. En Pologne, en Hongrie et en Autriche également, les médias sont dans le viseur de dirigeants goûtant peu la critique.
« Il incombe à Robert Fico de reconnaître que le rôle d’un responsable politique est de défendre le journalisme », estime M. Deloire. Le premier ministre slovaque a d’ores et déjà rencontré les responsables des principaux médias pour leur assurer que la « sécurité des journalistes » était désormais l’une de ses « priorités ». Mais il se refuse à présenter la moindre excuse. Et encore moins à quitter le pouvoir, qu’il occupe depuis 2012, après avoir déjà gouverné entre 2006 et 2010.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ A 81 ans, le « Caïman » retrouve le devant de la scène après avoir pourtant été enterré politiquement un nombre incalculable de fois. Retour en images sur les six campagnes menées par le « Cavaliere » pour les élections générales.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Les 463 723 adhérents du Parti social-démocrate d’Allemagne avaient jusqu’au 2 mars pour approuver, ou non, le contrat de gouvernement négocié avec la CDU de Merkel et la CSU. Résultat du vote dimanche.
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Vote sur l’accord de coalition en Allemagne : qui sont les adhérents du SPD ?

Les 463 723 adhérents du Parti social-démocrate d’Allemagne avaient jusqu’au 2 mars pour approuver, ou non, le contrat de gouvernement négocié avec la CDU de Merkel et la CSU. Résultat du vote dimanche.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 19h08
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Le Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD) annoncera, dimanche 4 mars à 9 heures du matin, le résultat de la consultation qu’il a lancée auprès de ses 463 723 adhérents. Ceux-ci avaient jusqu’à vendredi pour renvoyer par la poste le bulletin de vote qui leur a été adressé, mi-février, et sur lequel il leur était demandé de répondre à la question suivante : « Le SPD doit-il approuver le “contrat de coalition” négocié avec l’Union chrétienne-démocrate (CDU) et l’Union chrétienne-sociale (CSU) en février 2018 ? »
Si le oui l’emporte, le SPD participera pour la quatrième fois à un gouvernement de « grande coalition » aux côtés des conservateurs (CDU-CSU).
Ce type de coalition n’avait été expérimenté qu’une seule fois en plus d’un demi-siècle au niveau du gouvernement fédéral (1966-1969). Il est devenu la norme avec Angela Merkel.
Depuis son élection à la chancellerie, en 2005, la présidente de la CDU a gouverné à deux reprises avec le SPD (2005-2009 et 2013-2017). Entre 2009 et 2013, elle avait fait alliance avec les libéraux-démocrates (FDP).
Si le non l’emporte, en revanche, l’Allemagne serait dans une situation politique inédite : soit un gouvernement minoritaire serait constitué, soit le Bundestag serait dissous afin que de nouvelles élections législatives soient organisées.

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                En Allemagne, Merkel et Schulz trouvent un accord de coalition mais sont contestés par leurs troupes



Un parti en crise 
Aux dernières élections législatives, le 24 septembre 2017, le SPD a obtenu le pire résultat de son histoire : 20,5 % des voix. En 1998, année de l’élection de Gerhard Schröder à la chancellerie, il avait recueilli 40,9 % des voix. En vingt ans, son poids électoral a donc été divisé par deux.
Sur la même période, les effectifs du SPD ont également chuté. En 1998, le parti comptait 775 036 adhérents. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 463 723.
Malgré cette baisse, le SPD reste le parti politique allemand ayant le plus grand nombre d’adhérents, devant la CDU, qui en compte 427 173 (chiffres de novembre 2017).
Une récente vague d’adhésions
Cette baisse a toutefois été endiguée au cours de la dernière année. En janvier 2017, la désignation de l’ex-président du Parlement européen, Martin Schulz, comme candidat du SPD à la chancellerie huit mois avant les législatives, a provoqué une importante vague d’inscriptions.
Pour la première fois depuis 1990, le SPD a terminé l’année avec plus d’adhérents qu’il ne l’avait commencée.
Depuis janvier, la perspective de pouvoir participer à la consultation interne sur la « grande coalition » a provoqué une nouvelle vague d’adhésion : entre le 1er janvier et le 6 février, date avant laquelle il fallait s’inscrire pour pouvoir voter, 24 339 personnes ont adhéré au SPD.

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Un parti de fonctionnaires, masculin et vieillissant
La dernière étude complète sur le profil des adhérents des partis politiques allemands a été publiée en 2017 par Oskar Niedermayer, professeur de science politique à la Freie Universität de Berlin, et porte sur les chiffres de 2016.
Selon cette étude, 32,2 % des adhérents du SPD sont des femmes. En Allemagne, seuls deux partis comptent plus de femmes parmi leurs membres : les Verts (39 %) et le parti de gauche radicale Die Linke (36,9 %). A la CDU, 26 % des adhérents sont des femmes.
L’âge moyen des adhérents du SPD est de 60 ans (comme à la CDU). 54,3 % d’entre eux ont plus de 60 ans. En 1990, les plus de 60 ans n’étaient que 24,6 %.
42 % des adhérents du SPD sont des fonctionnaires en activité ou à la retraite, 30 % sont employés dans le secteur privé, 16 % sont ouvriers. 42 % sont syndiqués.

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                En Allemagne, les jeunes du SPD ne croient pas à la coalition



Un parti rhénan
Un quart des adhérents du SPD sont encartés en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, ce qui correspond à peu près au poids démographique de ce Land par rapport à la population allemande.
Plus vieille région industrielle du pays, la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, où est notamment situé le bassin minier de la Ruhr, a été dirigée pratiquement sans interruption par le SPD du milieu des années 1960 à 2017, date à laquelle la CDU a remporté les élections régionales.
Seuls 5 % des adhérents du SPD sont issus des Länder d’ex-Allemagne de l’Est (8 % si l’on inclut Berlin). C’est près de trois fois moins qu’à la CDU (13,5 %).
Un parti divisé
En 2013, 75,93 % des adhérents du SPD avaient voté en faveur du « contrat de coalition » signé avec la CDU-CSU. Le taux de participation avait été de 78 %.
Cette année, l’issue du vote est plus incertaine. La plupart des observateurs s’attendent cependant à ce que le oui l’emporte.
« Je pense qu’il y aura une majorité pour le oui. Cela s’explique par le profil des gens qui votent. Ce sont en majorité des gens âgés de plus de 60 ans, qui ne sont peut-être pas emballés par l’idée d’une nouvelle “grande coalition”, mais qui préfèrent tout de même ça au chaos », explique Ulrich von Alemann, professeur émérite de science de politique à l’université Heinrich-Heine de Düsseldorf (Rhénanie-du-Nord-Westphalie).
« Le parti est très divisé, mais ce n’est pas un camp contre un autre car la plupart des gens sont très partagés à l’intérieur d’eux-mêmes, estime quant à lui le politologue Timo Grunden, conseiller politique du groupe SPD au Parlement régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Je pense néanmoins que le oui l’emportera, même si depuis le référendum sur le Brexit et l’élection de Donald Trump les pronostics sont vraiment hasardeux. »

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Réponse dimanche à 9 heures du matin.



                            


                        

                        


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Brexit : le (petit) pas de Theresa May vers l’Europe

Le discours très attendu de la première ministre britannique, qui plaide pour un accord de libre-échange « le plus large possible », conserve de nombreuses zones d’ombre.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 17h20
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 06h51
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


Le ton était conciliant. Dans un discours sur le Brexit, Theresa May a cherché, vendredi 2 mars, à tendre la main à l’Union européenne (UE) et elle a préparé le terrain à quelques concessions de son côté.
« On va tous devoir faire face à de dures réalités. » La première ministre britannique a averti les plus ardents défenseurs du divorce d’avec l’UE que l’accès au marché européen « sera moindre qu’actuellement » dans certains domaines. Elle a même fait partiellement machine arrière sur la question des décisions de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), reconnaissant qu’elles « continueront à nous affecter ».
Mais, tout en plaidant pour un accord de libre-échange « le plus large possible », la cheffe du gouvernement britannique a laissé de nombreuses zones d’ombre dans son discours, en particulier sur la fameuse question de la frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Elle continue à promettre qu’il n’y aura pas de « frontière dure », mais elle n’explique pas vraiment comment elle compte s’y prendre, se contentant de lister deux options possibles dont les détails restent à négocier.
Pas de « cherry-picking »
Vingt mois après le référendum, et treize mois avant l’entrée en vigueur effective du Brexit, le discours de Theresa May était très attendu, après une semaine où le ton était monté entre Londres et Bruxelles. La première ministre, qui s’exprimait devant un parterre de journalistes et de diplomates à Mansion House, un bâtiment officiel de la City de Londres, a cherché à faire preuve de pragmatisme.

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Pas question, promet ainsi Theresa May, de pratiquer le cherry-picking, c’est-à-dire de choisir seulement quelques avantages du marché unique en laissant de côté les obligations. « Nous comprenons vos principes », explique-t-elle. Elle fait ainsi explicitement une croix sur le fameux « passeport financier », jugé « intrinsèque du marché unique ».
La place pour un accord ambitieux
Elle estime pourtant qu’il est possible de trouver un accord de libre-échange ambitieux, parce que le Royaume-Uni est l’un des principaux partenaires économiques de l’UE, et parce que les règles sont actuellement les mêmes des deux côtés de la frontière.
Pour cela, Theresa May propose que des secteurs entiers de l’économie britannique restent aux normes européennes. Et elle en cite trois en particulier : les produits chimiques, les médicaments et l’aviation. Elle souhaite que le Royaume-Uni reste membre des agences européennes qui les régulent :
« Bien sûr, nous acceptons que cela signifie obéir aux règles de ces agences et faire une contribution financière appropriée. »
Sur les services, elle espère aussi obtenir un accord de libre-échange « sans précédent ». Elle pense en particulier à la finance, avec l’objectif de « conserver les mêmes objectifs réglementaires » entre Londres et Bruxelles, grâce à un mécanisme de consultation entre les deux parties. Impensable ? Theresa May cite les négociations de libre-échange entre l’UE et les Etats-Unis (le fameux TTIP), où le sujet avait été très sérieusement abordé, même si l’accord avait finalement échoué.
« On a besoin d’en savoir plus »
Autre concession importante : la première ministre fait un pas sur la CJUE. Celle-ci n’aura plus de juridiction au Royaume-Uni, comme elle l’a maintes fois répété, mais, « difficile vérité », « ses règles et décisions continueront à avoir un effet ».
Les cours de justice britanniques pourront dans certains cas continuer à se référer à la jurisprudence de la CJUE, par exemple. Ce point, crucial, pourrait servir à déterminer un mécanisme d’arbitrage des disputes entre l’UE et le Royaume-Uni après le Brexit, qu’elle appelle de ses vœux.
Relativement bien reçu par les Brexiters, le discours a été perçu avec scepticisme dans l’UE. Certes, Michel Barnier, le négociateur européen pour l’UE, estime que les propos de Theresa May apportent de la « clarté » mais le sentiment général à Bruxelles reste la frustration. Les Vingt-Sept espéraient que la première ministre britannique sortirait de l’ambiguité, notamment sur l’Irlande.
Bruxelles a surtout retenu une chose : Londres maintient sa volonté de sortie de l’union douanière et du marché intérieur. La Commission devrait en tenir compte dans les lignes directrices des Vingt-Sept pour la « relation future » avec le Royaume-Uni que Donald Tusk, le président du Conseil européen, devrait dévoiler dès mardi 6 mars.
Depuis plusieurs semaines, les Européens travaillent sur la base d’un schéma sans concessions pour Londres, baptisé « escalier de Barnier » – du nom du négociateur en chef des Vingt-Sept, il établit les divers degrés de coopération possibles entre l’UE et un pays tiers. En l’état actuel des « lignes rouges » britanniques, Bruxelles ne peut proposer que cinq types de « relations futures » à Londres : un accord « norvégien », un « suisse », un « ukrainien », un « turc » ou un « canadien ». Theresa May a déjà dit non à chacun d’entre eux.



                            


                        

                        

