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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Arrivé sur l’île italienne par la mer, Ismail Drammeh, 19 ans, pose pour des marques de prêt-à-porter parallèlement à une formation en hôtellerie.
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Portrait

En Sicile, le migrant gambien devenu mannequin

Arrivé sur l’île italienne par la mer, Ismail Drammeh, 19 ans, pose pour des marques de prêt-à-porter parallèlement à une formation en hôtellerie.

Par                Antoine Harari (contributeur Le Monde Afrique)



LE MONDE
              datetime="2018-03-04T18:00:25+01:00"

        Le 04.03.2018 à 18h00






    
Le mannequin gambien Ismail Drammeh, à Termini Imerese, en Italie, en février 2018.
Crédits : Francesco Bellina/Cesura


Assis sur une chaise en plastique rouge, Ismail Drammeh fait défiler les photos de son profil Instagram sur son téléphone. On aperçoit le jeune Gambien poser, tantôt vêtu d’un manteau d’hiver, tantôt torse nu, pour un magasin en ligne de prêt-à-porter sicilien. Depuis son passage sur la chaîne de télévision Rai 2, mi-février, cet apprenti mannequin est au centre de l’attention en Italie. Son histoire en forme de conte de fée a ému l’opinion.
En dépit de cette soudaine notoriété, Ismail garde les pieds sur terre. « J’ai eu plusieurs propositions de marques prestigieuses, mais si ça ne marche pas je veux étudier ou devenir cuisinier », explique-t-il depuis le centre d’accueil pour migrants de Termini Imerese, une ville de 30 000 habitants à une demi-heure de Palerme.

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Avec ses 1,90 m et 80 kilos, Ismail, 19 ans, ne passe pas inaperçu. « Plusieurs amis me disaient en rigolant que je devrais faire du mannequinat. Je ne savais pas même pas ce que c’était », se rappelle-t-il. Une de ses amies du centre insiste et lui montre des vidéos. Très vite, Ismail est enthousiaste. Il s’entraîne alors à marcher pour les défilés dans les couloirs du centre d’accueil.
Trois séjours en prison
Le jeune homme se souvient particulièrement du 13 juillet 2017. Dans le village de Cerda, au milieu de la Sicile, un petit défilé est organisé lors d’une fête paysanne. Poussé par ses amis, Ismail y participe sans trop réfléchir. « J’ai regardé des vidéos toute la journée qui précédait. J’avais le visage un peu figé parce que je ne savais pas trop comment faire », rigole-t-il. Un photographe de mode palermitain le repère alors. Très vite, les shootings s’enchaînent et, après un défilé en plein centre de Palerme, Ismail devient l’une des égéries de la marque David Haward.
Dans un italien où pointe déjà un léger accent sicilien, le garçon évoque simplement sa nouvelle passion. « J’adore défiler. Quand je suis sur scène, j’oublie tout. Il n’y a plus de racisme, la couleur de peau n’a plus d’importance. » Dans un rire, il explique que lorsqu’il a envoyé ses photos à sa sœur, celle-ci a aussitôt voulu l’imiter. « J’ai dû lui expliquer que la mode était un milieu compliqué et qu’elle n’aurait pas survécu au voyage que j’ai dû faire », raconte-t-il.

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En contact régulier avec sa famille restée en Gambie, Ismail n’oublie pas la dureté du voyage qui l’a mené en Sicile. Parti à 15 ans de son village natal de Mabally Koto, il a traversé le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et enfin la Lybie, d’où il a pu prendre une barque de fortune avant d’être récupéré par les gardes-côtes italiens. Durant ce voyage de près d’un an, Ismail a travaillé comme homme à tout faire dans des restaurants à Bamako, Niamey ou Tripoli, parcouru près de 7 000 km à pied ou en bus et été jeté trois fois en prison, au Niger puis en Libye. De ce périple, il garde une cicatrice sur la cuisse : à Tripoli, c’est un enfant de 11 ans en uniforme militaire qui l’a agressé.
Un modèle d’intégration
Postés derrière lui, les trois éducateurs du centre d’accueil de Termini Imerese écoutent avec attention. L’un d’entre eux, Emanuele Zammito, explique qu’Ismail a eu de la chance : « Comme il est très appliqué à l’école, nous avons réussi à obtenir une prolongation de son séjour au centre jusqu’à 21 ans, le temps qu’il finisse son apprentissage d’hôtellerie. Mais c’est une exception. » Chaque année, près de 18 000 mineurs non accompagnés arrivent en Sicile. Si près de la moitié d’entre eux sont réinstallés un peu partout en Italie, ceux qui restent sur l’île doivent très vite apprendre à se débrouiller seuls.
Modèle d’intégration aux dires de ses éducateurs, Ismail n’hésite pas à se rendre utile à la communauté en participant aux cérémonies religieuses et à la garde d’enfants. Parallèlement à ses études, il travaille le soir dans la pizzeria du coin. Très fiers de leur poulain, ses trois anges gardiens font tout pour lui éviter de succomber aux tentations d’une gloire éphémère. « Il ne rêve que de devenir mannequin. Mais nous lui avons expliqué que c’était un monde très compétitif et qu’il ne fallait pas se faire de faux espoirs », racontent Maria Grazia Cannavo et Lucia Piraino, les deux dirigeantes du centre. Les trois adultes couvent aussi leur protégé sur les réseaux sociaux. « A chaque fois qu’il poste une photo de lui ou qu’il participe à un défilé, nous contrôlons les commentaires », racontent-ils.

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Chaque jour, Ismail prend le bus pour se rendre à l’école d’hôtellerie de Caccamo. Il partage le reste de son temps entre le fitness et l’équipe de football du village. Alors que le jeune homme pose pour quelques clichés, les employées du salon de coiffure d’en face se mettent à faire des grands signes. Un peu gêné, Ismail répond timidement de la main. Il ne semble pourtant pas douter de son avenir. Se tournant vers les éducateurs, il leur promet : « Quand je serai parti à Milan, je ne vous oublierai pas. »


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ La population suisse était amenée à se prononcer sur la suppression de leur redevance audiovisuelle, qui aurait fragilisé les services locaux d’audiovisuel public.
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Les Suisses refusent la suppression de la redevance pour financer leur audiovisuel public

La population suisse était amenée à se prononcer sur la suppression de leur redevance audiovisuelle, qui aurait fragilisé les services locaux d’audiovisuel public.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 17h24
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 18h15
   





                        



   


Les services de l’audiovisuel public suisse peuvent être soulagés. Les Suisses ont majoritairement voté « non », dimanche 4 mars, à la suppression de la redevance audiovisuelle.
L’ensemble des 26 cantons et demi-cantons suisses ont balayé cette initiative populaire, un droit donné aux citoyens de faire une proposition de modification de loi, organisée à la demande du mouvement de jeunesse du parti Libéral radical. Si le « oui » au « No-Billag » avait gagné, la SSR - l’audiovisuel public en Suisse - se serait retrouvée en danger de mort, par manque de financement.

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« Le travail de la SSR est reconnu »
Dimanche, les Suisses ont voté « non » à 71,6 % à la suppression de cette redevance, selon les résultats définitifs, publiés par l’agence de presse suisse ATS. « Le rejet le plus important de ce texte revient à Neuchâtel avec 78,25 % devant le Jura 78,09 % », peut-on lire sur le site de la Radio Télévision Suisse.
« Côté romand, Fribourg dit non à 77,62 %, Vaud à 76,47 %, Berne à 75,10 %, Genève à 74,80 % et le Valais à 71,16 % ».
Après une campagne longue et intense sur le devenir de la redevance, la participation s’est élevée à plus de 54 %, un taux nettement supérieur à la participation moyenne aux votations de ces dernières années (environ 45 %).
Au bord des larmes sur le plateau de la RTS, le journaliste Alain Rebetez s’est dit « ému » par le résultat annoncé dimanche.
« C’est un soulagement, vous l’entendez à ma voix. Je crois que c’est surtout une véritable émotion. Après des mois de débat, le travail des employés de la SSR est reconnu, il est salué. (…) On a le cœur serré et on verse une petite larme de reconnaissance au peuple suisse. »

"Après des mois de débat, le travail des employés de la SSR est reconnu" par le peuple suisse. L'émotion d'… https://t.co/Ce9TIJf19K— RTSinfolive (@RTSinfolive)


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Le rejet de l’initiative est « un signe fort pour le service public et les radios et télévisions régionales privées », a également déclaré le directeur de la SSR, Gilles Marchand, après la publication des résultats définitifs. Il indique par ailleurs avoir pris note des critiques émises pendant la campagne et a annoncé un plan « d’efficience et de réinvestissement » de 100 millions de francs qui sera mis en œuvre dès 2019 et sur cinq ans. Ce plan est constitué d’économies nettes pour 80 millions environ et de réinvestissements pour 20 millions, détaille la SSR.
Nouveau projet de redevance
Mais les inquiétudes au sein de l’audiovisuel public suisse pourraient vite refaire surface. Le gouvernent suisse a présenté un nouveau projet de redevance qui inclut une forte réduction de son montant et une refonte de son assiette. Actuellement de 451 francs suisses par an (390 euros), elle passerait à 365 francs (316 euros) en 2019.
La plus grande partie du produit de la redevance est reversée à la seule radio-TV nationale, la SSR, qui diffuse dans les quatre langues officielles (allemand, français, italien et romanche). Vingt-et-une radios et 13 télévisions régionales, remplissant un mandat de service public, en bénéficient aussi.
La SSR, qui emploie environ 6 000 personnes et est financée à 75 % par la redevance, craignait de devoir « rapidement cesser son activité » en cas de suppression de la redevance. Au total, 13 500 emplois directs et indirects étaient menacés en cas de « oui » à la suppression de la redevance, avaient indiqué les autorités fédérales.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Le président français et son homologue iranien sont convenus dimanche de « travailler ensemble » pour « rendre effectif le cessez-le-feu » dans cette région de la Syrie.
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Ghouta orientale : Macron demande à Rohani d’exercer les « pressions nécessaires » sur Al-Assad

Le président français et son homologue iranien sont convenus dimanche de « travailler ensemble » pour « rendre effectif le cessez-le-feu » dans cette région de la Syrie.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 17h19
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 17h51
   





                        


Le président de la République français, Emmanuel Macron, a demandé, dimanche 4 mars, à son homologue iranien, Hassan Rohani, « d’exercer les pressions nécessaires » sur le régime de Bachar Al-Assad pour faire cesser les attaques contre la population de la Ghouta orientale, en Syrie.
Cette conversation s’est déroulée la veille du déplacement à Téhéran du ministre des affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, qui doit y rencontrer les dirigeants iraniens. Elle a eu lieu le jour même où la Syrie a déclaré avoir « progressé sur plusieurs fronts » dans sa reprise en main de la Ghouta orientale, après deux semaines de bombardements meurtriers. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), les forces gouvernementales syriennes, soutenues par la Russie et l’Iran, ont repris ces derniers jours environ le quart de cette enclave rebelle à l’est de Damas, où vivent encore quelque 400 000 personnes.

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Cette offensive meurtrière du régime syrien empêche l’acheminement d’aide humanitaire à la population civile, alors que le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté il y a une semaine une résolution exigeant l’arrêt immédiat des combats et l’établissement d’une trêve humanitaire d’au moins trente jours dans toute la Syrie. Une demande restée largement lettre morte sur le terrain, et qui continue de provoquer de vives discussions à l’ONU.
La situation a été dénoncée dimanche par la première ministre britannique, Theresa May, et par le président américain, Donald Trump. Les deux dirigeants « sont convenus que c’était une catastrophe humanitaire et que le régime syrien et la Russie, en tant que principal soutien du régime, portaient la responsabilité écrasante de la souffrance humaine déchirante », a écrit Downing Street dans un communiqué publié à la suite d’une conversation téléphonique entre M. Trump et Mme May.
Accord pour « travailler ensemble »
Lors de sa conversation avec Hassan Rohani, Emmanuel Macron a de son côté « fortement engagé son interlocuteur à exercer les pressions nécessaires sur le régime syrien pour mettre un terme aux attaques indiscriminées contre les populations assiégées de la Ghouta orientale, permettre l’accès humanitaire et évacuer les cas médicaux critiques », a rapporté l’Elysée dans un communiqué.
Selon la présidence française, MM. Macron et Rohani ont aussi « marqué leur accord pour travailler ensemble de manière opérationnelle dans les prochains jours afin d’obtenir avec l’ONU, en lien avec le régime de Damas et les principaux pays engagés en Syrie, des résultats sur le terrain, livrer l’aide nécessaire aux civils et rendre effectif le cessez-le-feu ».
Le chef de l’Etat français a évoqué la « responsabilité particulière » de l’Iran dans ce dossier, du fait de ses liens avec le régime de Bachar Al-Assad. L’Elysée a aussi dit que le président français « fera[it] un nouveau point cette semaine avec son homologue iranien sur l’avancée concrète de cette discussion ». Plus généralement, Emmanuel Macron a souligné que la France attendait de l’Iran « une contribution constructive » à la résolution des crises au Moyen-Orient.
Emmanuel Macron a par ailleurs « réaffirmé » à Hassan Rohani « l’attachement de la France à l’accord de Vienne du 14 juillet 2015 » sur le nucléaire et lui a rappelé les demandes de la France qui ne relèvent pas du cadre de l’accord sur le programme balistique iranien et sur la sécurité dans la région, notamment au Liban, lui demandant, selon l’Elysée, d’y apporter des « réponses claires ».

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ L’enquête sur la double attaque survenue vendredi dans la capitale burkinabée progresse et un djihadiste supposé est entendu par la justice. Un procureur et quatre enquêteurs français sont attendus dimanche à Ouagadougou.
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Compte rendu

Burkina Faso : possibles complicités dans l’armée dans les attaques de Ouagadougou

L’enquête sur la double attaque survenue vendredi dans la capitale burkinabée progresse et un djihadiste supposé est entendu par la justice. Un procureur et quatre enquêteurs français sont attendus dimanche à Ouagadougou.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-03-04T16:48:43+01:00"

        Le 04.03.2018 à 16h48






    
Des dégâts à l’état-major général de l’armée, en plein centre de Ouagadougou, la capitale burkinabée, après la double attaque survenue vendredi 2 mars 2018.
Crédits : Ludivine Laniepce / AP


L’enquête sur la double attaque de Ouagadougou progressait dimanche 4 mars : un djihadiste supposé soupçonné d’avoir joué un rôle clé était entendu par la justice du Burkina Faso, qui soupçonne des complicités dans l’armée.
L’homme, dont la nationalité n’a pas été révélée, a été arrêté vendredi dans les heures qui ont suivi les attaques coordonnées contre l’état-major des armées burkinabé et l’ambassade de France à Ouagadougou, a déclaré à l’AFP une source gouvernementale. Cet homme est soupçonné d’avoir participé à l’attaque de l’état-major général, en plein centre de Ouagadougou, et pourrait même être « un cerveau » de l’opération.
Les attaques ont fait sept morts parmi les forces de sécurité, selon un dernier bilan, et ont été revendiquées samedi soir par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), lié à Al-Qaida, disant agir en représailles à une opération militaire française antidjihadiste au Mali. Le GSIM est une organisation djihadiste regroupant depuis tout juste un an plusieurs entités du Sahel liées à Al-Qaida. Le nouveau groupe est dirigé par le Touareg malien Iyad Ag-Ghali, chef d’Ansar Eddine.

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D’autres assaillants « djihadistes ont peut-être pu s’enfuir » après l’attaque de l’état-major, situé dans le quartier très fréquenté du grand marché de Ouagadougou, selon la source gouvernementale. Un procureur et quatre enquêteurs français étaient aussi attendus dimanche à Ouagadougou pour participer à l’enquête sur la double attaque de vendredi, selon cette source.
« Des infiltrés dans l’armée »
Les autorités ont de « très forts soupçons » qu’il y ait « des infiltrés dans l’armée » qui ont renseigné les djihadistes pour l’attaque de l’état-major, a ajouté la source burkinabée. En effet, l’explosion de la voiture piégée qui a précédé l’assaut a totalement détruit une salle de réunion située en façade du bâtiment, où devait se tenir une réunion de l’état-major de la force antidjihadiste du G5 Sahel. La réunion avait été changée de salle au dernier moment, évitant un carnage.
« Ils avaient une connaissance des habitudes et pratiques courantes au sein de l’état-major, ce qui explique la facilité avec laquelle ils ont accédé au sein de l’état-major par son accès de service, situé au dos de l’entrée principale », avait expliqué samedi une autre source gouvernementale.
Les enquêteurs se demandent si l’attaque contre l’ambassade de France n’était pas une « diversion » avant l’attaque contre l’état-major. Sise dans la zone des ambassades, l’ambassade de France est très bien protégée. La tentative s’est d’ailleurs soldée par la mort des quatre djihadistes qui n’ont pas pu pénétrer dans l’enceinte diplomatique, a aussi expliqué la source gouvernementale.
Toutefois, dans sa revendication, le GSIM dit avoir agi « en réponse à la mort de plusieurs de ses dirigeants dans un raid de l’armée française dans le nord du Mali il y a deux semaines ».
Le dernier bilan des attaques de vendredi fait état de sept morts parmi les forces de l’ordre burkinabées et de plus de quatre-vingts blessés, ainsi que de neuf djihadistes tués, selon la première source gouvernementale. Le Burkina Faso est depuis 2015 la cible d’attaques djihadistes, qui ont déjà frappé sa capitale, sans jamais toutefois atteindre un tel niveau d’organisation.
Deux nouveaux incidents armés
L’activité reprenait normalement dimanche dans la capitale, mais, signe de l’extrême tension qui persiste, deux incidents armés se sont produits, dont l’un a fait un mort. Vers 2 heures du matin (3 heures, heure de Paris GMT), une voiture avec trois hommes à bord a tenté sans succès de forcer un barrage dans la zone de la présidence, en périphérie de Ouagadougou, selon une deuxième source gouvernementale.

        Lire le reportage :
         

          Inquiétude à Ouagadougou au lendemain des attaques : « les assaillants n’ont peur de rien »



Deux hommes ont réussi à s’enfuir, le troisième a été arrêté par des membres de la sécurité présidentielle qui tenaient le barrage, à environ 1,5 kilomètre du palais présidentiel. L’homme arrêté a été abattu deux heures plus tard après avoir tenté de s’emparer de l’arme d’un de ses gardiens, selon cette même source. Les forces de l’ordre ratissaient la zone dimanche. Cet incident est apparemment sans lien avec l’attaque djihadiste, selon une source sécuritaire, car les hommes n’avaient pas d’arme.
Autre incident dimanche matin, des soldats ont procédé à des tirs de sommation contre des passants qui voulaient franchir une barrière dans la zone de l’état-major, toujours totalement circonscrite.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ En janvier, le PDG de la plus grosse société d’investissement au monde, Laurence Fink, avait appelé les grands patrons à s’interroger davantage sur leur contribution au bien commun.
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Le groupe financier BlackRock entre dans les débats sur les armes à feu aux Etats-Unis

En janvier, le PDG de la plus grosse société d’investissement au monde, Laurence Fink, avait appelé les grands patrons à s’interroger davantage sur leur contribution au bien commun.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 15h07
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 15h50
   





                        



   


Un coup de communication, ou une vraie prise de conscience à la suite du dernier massacre à l’arme à feu dans le lycée de Parkland, en Floride ? Dans un communiqué publié vendredi 2 mars sur son site Internet, BlackRock, le plus gros gestionnaire d’actifs au monde, a fait savoir qu’il étudiait le lancement de nouveaux fonds incluant des « portefeuilles indiciels » excluant les fabricants d’armes à feu et leurs distributeurs.
Le gestionnaire d’actifs américain, qui a dépassé à la fin de 2017 les 6 000 milliards d’actifs sous gestion, a également dit qu’il mettait la pression sur les fabricants et les distributeurs d’armes à feu dans lesquels ses clients investissent, en mettant l’accent notamment sur les risques de litige, la surveillance de la sûreté des armes et les vérifications des antécédents judiciaires des acheteurs.
Présent dans des fabricants d’armes à feu
« Comme pour beaucoup de gens, la récente tragédie en Floride nous a conduits à nous pencher sur le terrible bilan de la violence avec armes à feu en Amérique, écrit BlackRock. Nous pensons que cet événement exige une réponse et une action d’un grand nombre d’acteurs des secteurs public et privé. »
Le gestionnaire d’actifs figure parmi les plus gros actionnaires des fabricants d’armes à feu, tels American Outdoor Brands, Sturm Ruger et Cie et Vista Outdoor.
« Au cours des deux semaines passées, nous avons attiré l’attention de nos clients sur leur exposition à des entreprises civiles fabriquant des armes à feu, a précisé BlackRock. Nous avons un dialogue permanent avec de nombreux clients et nous les aidons à examiner leurs possibilités de modifier ou d’éliminer cette exposition aux armes à feu. »
Plusieurs sociétés américaines ont annoncé leur intention de revoir leur position vis-à-vis des armes à feu après la tuerie de Parkland. Trois distributeurs importants, Walmart, Kroger et Dick’s Sporting Goods ont annoncé qu’ils relevaient à 21 ans l’âge minimal pour pouvoir acheter des armes et des munitions dans leurs établissements.

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Appel à s’engager plus pour le bien commun
En janvier, le PDG de BlackRock, Laurence Fink, avait appelé les grands patrons à s’interroger davantage sur leur contribution au bien commun et à moins se focaliser sur la croissance de leurs profits à court terme.
« Pour prospérer au fil du temps, toute entreprise doit non seulement produire des résultats financiers, mais également montrer comment elle apporte une contribution positive à la société », avait écrit Laurence Fink dans sa lettre annuelle aux dirigeants de grandes sociétés. Ces dernières doivent bénéficier « à l’ensemble de leurs parties prenantes, dont les actionnaires, les salariés, les clients et les communautés dans lesquelles elles exercent », poursuivait-il.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ L’enjeu de ce vote était crucial pour la première économie européenne à l’heure où l’Europe, secouée par le Brexit, a besoin d’une Allemagne solide.
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Allemagne : le SPD approuve l’accord de coalition avec les conservateurs d’Angela Merkel

L’enjeu de ce vote était crucial pour la première économie européenne à l’heure où l’Europe, secouée par le Brexit, a besoin d’une Allemagne solide.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 09h43
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 18h19
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Angela Merkel peut remercier les sociaux-démocrates (SPD). Grâce à eux, la chancelière allemande sauve son poste. Le SPD a approuvé à 66,02 % le « contrat de coalition » signé avec les conservateurs (CDU-CSU), a annoncé le trésorier du parti, dimanche 4 mars, à Berlin, lors d’une conférence de presse. Si le non l’avait emporté, un gouvernement minoritaire aurait été constitué ou de nouvelles élections auraient dû être organisées. Du jamais-vu en Allemagne depuis la fin de la guerre.

78,39 % unserer Mitglieder haben abgestimmt – wir haben gemeinsam entschieden. Das Ergebnis: Die SPD wird den ausge… https://t.co/h4xaeLWPUP— spdde (@SPD Parteivorstand)


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Le SPD a donc dit oui à un nouveau gouvernement de « grande coalition ». Les Allemands en ont désormais l’habitude. Ce type d’alliance, qui n’avait été expérimenté qu’une fois en plus d’un demi-siècle (de 1966 à 1969), est devenu la norme avec Mme Merkel. Depuis son élection à la chancellerie, en 2005, la présidente de la CDU a déjà gouverné deux fois avec les sociaux-démocrates (2005-2009 et 2013-2017). De 2009 à 2013, elle était alliée aux libéraux-démocrates (FDP).
Cette nouvelle coalition ne ressemble pas aux précédentes
Malgré son air de déjà-vu, cette nouvelle « grande coalition » ne ressemble pas aux précédentes, et ce pour trois raisons. La première est liée aux conditions de son avènement. Près de six mois se seront écoulés entre les élections législatives du 24 septembre 2017 et la constitution d’un nouveau gouvernement. Au départ, Mme Merkel avait proposé une alliance au FPD et aux Verts, dite « jamaïcaine ». Mais le FPD a rompu les discussions. Mme Merkel avait alors engagé des pourparlers avec le SPD, dont le président, Martin Schulz, avait pourtant dit, au soir des élections, qu’il ne participerait plus à une nouvelle « grande coalition ». En cela, le gouvernement qui va être constitué à la mi-mars sera donc un gouvernement par défaut, issu d’un échec (la coalition « jamaïcaine » qui n’a pas vu le jour) et d’un renoncement (la promesse du SPD de retourner dans l’opposition).
La deuxième raison pour laquelle cette nouvelle « grande coalition » ne ressemble pas aux autres tient à sa légitimité. Au Bundestag, la CDU-CSU (246 députés) et le SPD (153 députés) disposeront bien d’une majorité (399 sur 709) pour gouverner. Cette majorité sera toutefois beaucoup plus étroite que la dernière fois, en raison du recul enregistré par les deux formations politiques aux dernières législatives. Le 24 septembre 2017, la CDU-CSU a en effet recueilli 33 % des voix, soit 7,5 points de moins qu’en 2013. Le SPD a quant à lui obtenu 20,5 % des suffrages, en recul de 5,2 points par rapport à 2013. Ensemble, les conservateurs et les sociaux-démocrates restent donc majoritaires (53,5 %), mais bien moins qu’ils ne l’étaient en 2013 (67,2 %), en 2005 (69,4 %) ou en 1966 (88,8 %). Si elle est arithmétiquement incontestable, cette nouvelle « grande coalition » est donc politiquement moins souveraine que celles qui l’ont précédée.
L’enjeu est de préparer la succession de Mme Merkel
La troisième raison qui distingue cette « grande coalition » de celles du passé est liée à la situation propre de ses trois composantes. A la CDU, l’autorité de Mme Merkel a beaucoup décliné. La fracture qui s’est créée entre elle et une partie de sa famille politique au moment de la crise des réfugiés de 2015 ne s’est pas réduite. Le mauvais résultat des élections législatives l’a fragilisée. Sa décision de céder le ministère des finances aux sociaux-démocrates dans le « contrat de coalition » a enfin été très mal perçue par sa base. Pour calmer la fronde dans son parti, Mme Merkel a consenti à nommer son principal adversaire en interne, le jeune et conservateur Jens Spahn, au ministère de la santé. Personne n’imagine aujourd’hui que Mme Merkel rempilera en 2021. Pour la CDU, l’enjeu de cette « grande coalition » ne sera pas seulement de gouverner, mais de préparer la succession de celle qui préside le parti depuis 2000.
Le SPD est dans un état pire encore. Contrairement à la CDU, qui a une présidente certes usée et fragilisée mais qui en a tout de même une, les sociaux-démocrates, eux, n’ont pour le moment qu’une direction provisoire depuis que Martin Schulz a annoncé, le 13 février, qu’il quittait la présidence du parti. Son départ était devenu inéluctable après le vent de révolte qui s’était levé à l’intérieur du SPD, quelques jours plus tôt, quand il avait annoncé son arrivée au ministère des affaires étrangères, alors qu’il avait juré cinq mois auparavant qu’il « n’entrerai[t] jamais dans un gouvernement aux côtés de Mme Merkel ».
Un vote par raison

   


Le résultat de la consultation interne le montre : 66 % des adhérents du SPD ont donné leur accord à une « grande coalition ». C’est une majorité nette, mais une majorité moins forte qu’en 2013. A l’époque, ils avaient été 76 % à dire oui. C’est surtout une majorité dont le sens politique ne doit pas être ignoré. Peu de sociaux-démocrates ont en effet voté oui par enthousiasme. La plupart l’ont fait par raison. Beaucoup l’ont fait également par peur. En cas de nouvelles élections, les sondages prédisaient en effet que le SPD passerait cette fois sous 20 % des voix, avec un risque de le voir talonné, voire dépassé, par le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD). Pour éviter ce risque, beaucoup des 463 723 adhérents ont donc préféré voter oui, même s’ils estimaient que le contenu du « contrat de coalition » ne leur était pas assez favorable, ou que la reconduction d’une telle alliance avec les conservateurs est suicidaire, à terme, pour la social-démocratie.
Un mot, enfin, de la CSU bavaroise. Elle aussi traverse une passe difficile. Les élections législatives ont été pour elle une douche froide : 38,5 % des voix, 10,5 points de moins qu’en 2013. Dans la riche Bavière, où le taux de chômage dépasse à peine 3 %, l’AfD est en pleine expansion et pourrait faire perdre sa majorité absolue à la CSU aux élections régionales de l’automne. Le parti est en crise : son président, Horst Seehofer, a dû abandonner à son rival Markus Söder la présidence du Land. A 68 ans, c’est lui qui va devenir le ministre de l’intérieur de Mme Merkel.
« Je félicite le SPD pour ce clair résultat et je me réjouis du travail en commun que nous allons poursuivre pour le bien de notre pays », a réagi Mme Merkel, dimanche matin. Désormais, la voie est donc libre pour sa reconduction à la tête du gouvernement. La date est déjà connue : mercredi 14 mars. Ce jour-là, le Bundestag la réélira chancelière, sur proposition du président de la République, conformément à l’article 63 de la Loi fondamentale.
D’ici là, le SPD devra faire connaître le nom des ministres qui auront les portefeuilles qui lui ont été réservés dans le « contrat de coalition ». Si l’on sait déjà que les finances iront à Olaf Scholz, le maire de Hambourg, qui sera également vice-chancelier, quatre ministères restent à pourvoir : justice, travail, environnement, famille et surtout affaires étrangères, dont on ne sait pas si l’actuel titulaire du poste, Sigmar Gabriel, sera ou non retenu dans la liste.

        Lire l’enquête :
         

          Allemagne : SPD, le grand désarroi






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Les tensions sur la péninsule ont atteint des sommets en 2017. Le Nord a tiré des missiles capables d’atteindre le territoire continental des Etats-Unis tandis que le président américain Donald Trump et M. Kim échangeaient insultes personnelles.
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La Corée du Sud envoie une délégation en Corée du Nord pour apaiser la tension avec Washington

Les tensions sur la péninsule ont atteint des sommets en 2017. Le Nord a tiré des missiles capables d’atteindre le territoire continental des Etats-Unis tandis que le président américain Donald Trump et M. Kim échangeaient insultes personnelles.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 08h44
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 08h44
   





                        



   


Le président sud-coréen Moon Jae-in va envoyer en Corée du Nord lundi une délégation d’émissaires spéciaux pour discuter des moyens de favoriser un dialogue entre Pyongyang et Washington, a annoncé dimanche la présidence.
La délégation sera forte de dix membres, dont Suh Hoon, le chef du Service du renseignement de Corée du Sud (NIS), et sera dirigée par le conseiller de M. Moon à la sécurité nationale Chung Eui-Yong, a déclaré à la presse le porte-parole du président Yoon Young-chan.
La délégation sud-coréenne se rendra à Washington
Après cette visite de deux jours en Corée du Nord, les émissaires spéciaux sud-coréens s’envoleront pour les Etats-Unis pour faire un compte rendu de leurs discussions à Pyongyang.
Le mois dernier, une délégation nord-coréenne s’était rendue au Sud à l’occasion des Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang.
Samedi, lors d’un dîner avec des journalistes, le président américain Donald Trump a donné l’impression qu’il voulait rencontrer les dirigeants de Corée du Nord mais que ceux-ci devaient d’abord « dénucléariser ».
Les tensions sur la péninsule ont atteint des sommets en 2017. Le Nord a tiré des missiles capables d’atteindre le territoire continental des Etats-Unis et mené son plus puissant essai nucléaire à ce jour tandis que le président américain Donald Trump et M. Kim échangeaient insultes personnelles et menaces apocalyptiques.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Le street-artist britannique, qui a installé à Bethléem en 2017 le Walled Off Hotel, n’a jamais caché son engagement en faveur de la cause palestinienne.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Les bureaux resteront ouverts jusqu’à 23 heures pour désigner 630 députés et 315 sénateurs. Ces élections devraient voir une poussée de la droite de Silvio Berlusconi et des populistes.
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File d’attente, organisation complexe... des législatives au scrutin incertain en Italie

Les bureaux resteront ouverts jusqu’à 23 heures pour désigner 630 députés et 315 sénateurs. Ces élections devraient voir une poussée de la droite de Silvio Berlusconi et des populistes.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 07h23
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 18h12
   





                        



   


Les bureaux de vote ont ouvert à 7 heures, dimanche 4 mars, en Italie pour des élections dont l’issue est incertaine. Jusqu’à 23 heures, plus de 46 millions d’électeurs sont appelés à désigner 630 députés et 315 sénateurs. A midi, le taux de participation était d’environ 19,4 %, selon le ministère de l’intérieur. C’est 4 points de plus qu’en 2013, mais le scrutin avait alors été organisé sur deux jours.
« Dans tous les bureaux de vote vus ce matin, de longues files d’attente où les électeurs attendent jusqu’à 45 minutes », raconte Charlotte Chabas, notre envoyée spéciale à Turin. Elle a discuté avec plusieurs Turinois.e.s dans les files d’attente des bureaux de vote.
Suivez notre journaliste Charlotte Chabas sur place :

Tweets by cchabas 

Un système électoral complexe
Le système électoral adopté à la fin de 2017 prévoit que 37 % des sièges sont alloués au scrutin majoritaire uninominal à un tour ; 61 % à la proportionnelle et 2 % aux Italiens de l’étranger. Les coalitions devront obtenir 10 % des voix au niveau national pour entrer au Parlement, le seuil étant fixé à 3 % pour les partis qui font cavalier seul. Un système qui rend improbable qu’aucun parti soit en mesure de gouverner seul au soir du scrutin.
Pour vous donner un ordre d’idée, voici à quoi ressemble un bulletin de vote dimanche 4 mars en Italie.

J'en veux pour preuve cet innocent bulletin de vote. En gros, le Rosatellum bis, c'est 36% de sièges alloués par un… https://t.co/Pi6xpdThAZ— cchabas (@Charlotte Chabas)


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« Un Italien doit désormais faire une croix sur le nom du candidat de son choix au scrutin uninominal majoritaire. Et ensuite faire la même chose sur le nom du parti qu’il veut voir en tête dans la répartition du scrutin proportionnel, dans la même coalition », explique notre envoyée spéciale.
Des sondages sortie des urnes seront diffusés dès la fermeture des bureaux de vote, mais il faudra attendre tard dans la nuit de dimanche à lundi pour avoir une idée de la composition du prochain Parlement, entre poussée de la droite et montée des populismes, avec Silvio Berlusconi appelé à jouer de nouveau un rôle de premier plan.

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Difficultés d’organisation
L’organisation du scrutin a connu quelques difficultés. A Palerme, il a fallu réimprimer en urgence 200 000 bulletins, les candidats inscrits sur les premiers n’étant pas les bons. Dans certaines grandes villes, des milliers de fonctionnaires se sont mis en disponibilité jusqu’à mardi pour tenir les bureaux de vote et participer au dépouillement : faute de conducteurs, les vaporettos de Venise et plusieurs lignes de bus de Rome sont suspendues.
A la sortie des bureaux de vote, nombre d’électeurs se montraient amers, au terme d’une campagne aux accents parfois violents, dominée par les questions liées à l’immigration, à l’insécurité ou à la faiblesse de la reprise économique dans le pays.
Dimanche matin, la presse italienne semblait déjà résignée à ce qu’aucune majorité ne se dessine. « Le verdict contre l’Italie est toujours le même : le pays vit une instabilité permanente. L’ingouvernabilité est désormais une maladie endémique », se désolait Claudio Tito dans un éditorial de La Repubblica.
Trois « camps » s’affrontent
L’alliance de droite — formée par Forza Italia, de l’ancien président du Conseil Silvio Berlusconi, le petit parti libéral Noi con l’Italia (« Nous avec l’Italie ») et les partis d’extrême droite de la Ligue du Nord de Matteo Salvini et de Fratelli d’Italia (« Frères d’Italie ») — devrait obtenir la majorité des sièges, mais sans doute pas la majorité absolue — seuil de 40 à 45 % avec le nouveau système électoral. Les derniers sondages disponibles, datant d’il y a deux semaines, plaçaient la coalition droite et extrême droite en tête avec seulement 37 % des intentions de vote (dont 17 % pour Forza Italia, le parti de M. Berlusconi, et 13 % pour la Ligue de Matteo Salvini).

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Le Mouvement Cinq Etoiles (M5S) devrait ressortir comme le parti obtenant à lui seul le plus de sièges. Désormais dirigé par Luigi Di Maio, 31 ans, le M5S a profité du mécontentement engendré par la corruption et le sentiment de paupérisation. Le Parti démocrate (PD, centre gauche), au pouvoir, devrait arriver en troisième position.« Il y a eu un mouvement en faveur de Cinq Etoiles lors des derniers jours de la campagne, mais il sera difficile à n’importe quel parti ou coalition d’obtenir les 40 % nécessaires pour former un gouvernement », commente Lorenzo Pregliasco, cofondateur de l’institut de sondages YouTrend.
Le retour d’« il Cavaliere »
La campagne a marqué le retour en première ligne de Silvio Berlusconi, 81 ans. Président du Conseil des ministres à trois reprises entre 1994 et 2011, celui qu’on surnommait « il Cavaliere » a été contraint de quitter la tête du gouvernement en 2011 au plus fort de la crise de la dette souveraine.
Etant inéligible en raison d’une condamnation pour fraude fiscale en 2013, Silvio Berlusconi s’est choisi un représentant, Antonio Tajani, le président du Parlement européen, qui prendra la tête du gouvernement si la coalition de droite emporte ces élections législatives.

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Dimanche, au moment de glisser son bulletin dans l’urne, Silvio Berlusconi a été interrompu par une militante du mouvement Femen.

BERLUSCONI interrompu en plein vote par une militante du mouvement femen #Elezioni4Marzo2018 @franceinter… https://t.co/83JaPMzfpj— OlivPoujade (@Olivier Poujade)


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Le président américain a perdu son cinquième directeur de la communication cette semaine et s’est à nouveau attaqué à son ministre de la justice.
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édition abonné


Président Trump, an II : l’empire du chaos

Le président américain a perdu son cinquième directeur de la communication cette semaine et s’est à nouveau attaqué à son ministre de la justice.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 06h34
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            
Il y a au moins une chose qui fonctionne parfaitement dans la Maison Blanche de Donald Trump : la porte de sortie. Elle a été empruntée mercredi 28 février, après bien d’autres, par sa directrice de la communication, poste maudit qui a vu se succéder en un peu plus d’un an cinq titulaires, en comptant le premier qui a renoncé avant même d’entrer en fonction, et un intérimaire.
Cette porte de sortie finit par être victime de son succès. Hope Hicks, présentée comme une rare confidente du président, avait à peine été suivie par un de ses adjoints, Josh Raffel, que le conseiller à la sécurité nationale, H. R. McMaster, était annoncé partant à son tour par la chaîne NBC. Au vif déplaisir de son porte-parole, Michael Anton, qui a froidement démenti.
Le président s’étant vivement attaqué cette semaine, sur son compte Twitter, à son propre ministre de la justice, Jeff Sessions, pourtant un fidèle de la première heure, sa porte-parole, Sarah Sanders a été interrogée jeudi sur le fait de savoir si un limogeage était envisagé. « Pas que je sache », a-t-elle prudemment répondu.

La décimation menacerait désormais le gendre et conseiller du président, Jared Kushner, privé des accréditations lui permettant d’accéder aux informations les plus confidentielles. Le jeune homme aurait croisé trop souvent, dans ses fonctions, d’éventuels investisseurs, alors que le groupe immobilier de sa famille est en quête de capitaux.
Il y a un an, au cours de son unique conférence de presse, Donald Trump s’était indigné que l’on puisse décrire une administration livrée au chaos. Elle tourne comme « une mécanique bien réglée », avait-il rétorqué. On peut sans doute débattre de cette conception du réglage, compte tenu des craquements affreux et des jets d’huile qui s’échappent régulièrement du moteur de la Maison Blanche.
« Dieu m’a puni »
Le mécanicien en chef n’y est pas pour rien. Mercredi, il s’est mis en scène une nouvelle fois sous...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ A la veille de l’ouverture de la session annuelle plénière du Parlement chinois, le porte-parole de l’Assemblée nationale populaire a plaidé pour une ouverture accrue des marchés des deux pays.
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Face aux menaces commerciales américaines, la Chine promet de prendre des mesures

A la veille de l’ouverture de la session annuelle plénière du Parlement chinois, le porte-parole de l’Assemblée nationale populaire a plaidé pour une ouverture accrue des marchés des deux pays.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 16h01
   





                        


« La Chine ne restera pas les bras croisés » face aux menaces des Etats-Unis en matière commerciale, a averti le porte-parole de l’Assemblée nationale populaire (ANP) chinoise, Zhang Yesui, dimanche 4 mars, à la veille de l’ouverture de la session annuelle plénière du Parlement chinois.
« La Chine ne veut pas d’une guerre commerciale avec les Etats-Unis, mais si les Etats-Unis prennent des mesures qui nuisent aux intérêts chinois, la Chine prendra les mesures qui s’imposent. »
Le porte-parole, lui-même ancien ambassadeur aux Etats-Unis, a alors plaidé pour une ouverture accrue des marchés des deux pays.

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                Trump doit-il éviter le protectionnisme antichinois ?



Ses déclarations font suite aux annonces de Donald Trump, qui est monté encore d’un cran dans sa volonté de guerre commerciale vendredi, en menaçant les partenaires commerciaux des Etats-Unis de « taxes réciproques » sur leurs importations, après avoir visé la veille celles d’acier et d’aluminium. Il avait déjà déclaré dans un tweet que les guerres commerciales étaient « bonnes et faciles à gagner ».
A l’unisson des réactions internationales
Samedi, le ministre des affaires étrangères chinois, Wang Yi, a jugé « sans fondement » les sanctions américaines contre les exportations d’acier d’autres pays. « Ce n’est pas seulement la Chine qui pense que cela est déraisonnable. De nombreux pays européens et le Canada ont tous dit qu’ils ne pouvaient pas accepter cela », a déclaré M. Wang, selon des propos rapportés par la presse chinoise.

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                Les taxes de Trump sur l’acier et l’aluminium provoquent l’indignation dans le reste du monde



Le président des Etats-Unis a décidé jeudi de taxer les importations d’acier et d’aluminium à hauteur, respectivement, de 25 % et de 10 %, pour la défense d’une industrie sidérurgique américaine « décimée par des décennies de commerce inéquitable ». L’un des patrons de l’Association chinoise de la sidérurgie, Li Xinchuang, avait alors immédiatement dénoncé une « mesure de protection stupide ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ A Turin : près de 5 000 étudiants inscrits pour décrocher l’un des cinq postes d’infirmiers dans la région. Le symbole d’une « génération chômage » désabusée.
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Article sélectionné dans La Matinale du 03/03/2018
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Elections en Italie : la jeunesse déplore une politique qui reste « magouille et compagnie »

A Turin : près de 5 000 étudiants inscrits pour décrocher l’un des cinq postes d’infirmiers dans la région. Le symbole d’une « génération chômage » désabusée.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 10h16
    |

            Charlotte Chabas (envoyée spéciale à Turin)








                        



   


Sous ses yeux bruns en amande, son trait de khôl estompé lui fait comme deux ecchymoses. Valeria S. a le visage froissé des petits matins sans sommeil. Toute la nuit, elle a enchaîné les heures de conduite avec sa sœur depuis leur station balnéaire natale de Vasto, dans les Abruzzes. Huit heures au volant de l’Opel Corsa jaune moutarde de leurs parents. 766 kilomètres pour « se donner une chance de trouver un emploi à vie », espère la jeune femme de 24 ans.
Les deux sœurs ont pourtant bien cru ne jamais parvenir à destination. La faute à la neige, qui tombe dru en ce petit matin du vendredi 2 mars à Turin, dans le nord de l’Italie. « Encore une épreuve sur le chemin bien accidenté de la réussite », plaisante Valeria S., dont le visage se tend à mesure que le stress monte.
5 000 pour cinq postes
Comme elle, ils sont nombreux à avoir gagné la capitale piémontaise. Tellement nombreux que la ville a réquisitionné le Palais des sports Ruffini, un vaste bâtiment circulaire de béton au sud de la ville.
Près de 5 000 personnes y sont attendues ce jour-là pour un test de présélection au concours d’infirmier. Seuls 800 seront retenus pour un second examen, et pourront espérer décrocher l’un des cinq postes d’infirmiers de la fonction publique officiellement ouverts cette année. En vérité, peut-être un peu plus – l’administration italienne a ceci de vicieux qu’elle n’affiche que le nombre minimal de postes créés dans l’année.

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Reste que l’espoir est mince de faire partie des heureux élus, même s’ils sont mieux lotis que d’autres. En janvier, ils étaient 5 000 pour un poste d’infirmière à Parme. Le mois dernier, un concours pour un poste de professeur a attiré 10 000 candidats, tandis que trente postes de pompiers ont rassemblé 18 000 personnes.
« Génération chômage »
Ce vendredi matin à Turin, l’événement est d’ailleurs tout autant un questionnaire médical qu’une leçon de géographie italienne. Bari, Naples, Pescara, Milan… ils viennent de partout tenter leur chance.
Dans un pays où près 33 % des moins de 25 ans et 17 % des moins de 35 ans sont au chômage, la fonction publique est « un rêve de ne plus jamais avoir à se préoccuper de l’avenir », raconte Matteo, 26 ans. Et « pouvoir quitter la maison de ses parents », rajoute dans un souffle celui qui tente pour la quatrième fois le concours. Lui a utilisé l’argent offert par ses grands-parents à Noël pour gagner le Piémont. « Tant pis pour le cadeau d’anniversaire de ma copine », déplore-t-il.
Le Mouvement 5 étoiles (M5S) a bien compris l’enjeu électoral de cette « génération chômage ». A quelques jours des élections législatives du dimanche 4 mars, le parti populiste, lancé en 2009 sur la promesse d’un « renouvellement de la classe politique », est le seul à tracter à la sortie du gymnase, où les cigarettes brûlent en même temps que les forfaits téléphoniques.

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Selon les derniers sondages, près de 40 % des moins de 25 ans pourraient s’abstenir dimanche. Pour Antonio Noto, directeur de l’institut de sondage italien IPR, ce chiffre s’explique « par une perte de confiance généralisée dans le monde politique ». Il y a dix ans, ils étaient 10 % à dire croire aux partis politiques. Ils ne sont plus que 7 %.
« On n’y croit plus à tes conneries »
Dans les allées du parc Ruffini, les militants du M5S peinent d’ailleurs à intéresser les jeunes étudiants. « Remballe ton tract, on n’y croit plus à tes conneries », dit un jeune homme en doudoune sombre. « Si les jeunes comptaient dans ce pays, on commencerait par leur donner le même droit de vote », lance-t-il amer. En Italie, les électeurs âgés de 18 à 25 ans n’ont le droit de voter que pour les députés, et non les sénateurs.

   


En face, la militante du M5S, bonnet rose pastel sur la tête, ne se laisse pas impressionner. Elle lui tend le tract où s’affiche le visage juvénile du nouveau dirigeant du parti, Luigi di Maio, 31 ans. « Il comprend nos problèmes, puisqu’il est jeune aussi », dit l’étudiante, qui martèle :
« Il faut voter pour lui, c’est notre seule chance de nous faire entendre. »
Un groupe de quatre jeunes femmes venues de Toscane approuve. « On votera pour le mouvement 5 étoiles parce que c’est le seul qui propose des choses concrètes pour nous sortir de notre merde », dit l’une d’elle avec véhémence, citant notamment le revenu universel de 780 euros qu’a promis d’instaurer le parti. « Au moins, c’est quelque chose », dit-elle. « Les autres, ils nous accusent juste de pas faire assez d’enfants sans comprendre que c’est compliqué de construire une famille quand tout ce qu’on te propose, c’est des stages sous-payés », s’emporte l’étudiante, perchée sur des bottes à talons hauts.
« Magouille et compagnie »
Mais le M5S, crédité de près de 26 % dans les derniers sondages, a beau s’imposer comme le premier parti en termes de voix, il n’est pas le mieux placé pour former un gouvernement. « La politique italienne, ça reste magouille et compagnie, ce n’est qu’une histoire de coalitions et de qui s’entend avec qui », s’emporte Rosa, une jeune Turinoise de 24 ans. « Ou plutôt, de qui fait semblant de s’entendre avec qui », complète-t-elle, en imitant des dirigeants de la coalition de droite obligés de se faire des courbettes.
Cette fille d’enseignants n’est d’ailleurs pas plus convaincue par le nouveau dirigeant du M5S, qui tente de lisser l’image du parti en lui donnant une inflexion soudainement moins europhobe. « Comment on peut croire qu’un homme de 31 ans, qui n’a même pas eu son diplôme de droit, n’est pas la marionnette d’autres personnes qui orchestrent en coulisses ? » La jeune femme, qui avait voté M5S aux municipales, se dit « déçue d’un parti qui change d’avis comme de chemises ». « Ils essaient de faire, c’est sûr, mais ils font surtout mal », conclut-elle.
« Demain sera pire qu’aujourd’hui »
Une de ses amies, piercing à l’arcade et queue-de-cheval brouillonne, n’ira pas voter dimanche. « A quoi bon », dit celle qui dit « n’avoir même plus le goût de parler politique, tant c’est devenu n’importe quoi », avec cette gauche « plus éclatée qu’un puzzle ». Son compagnon, étudiant en chimie, partage son désarroi. « Pour nous, demain sera pire qu’aujourd’hui », lance-t-il.
« Comment vous voulez qu’on croie en quelque chose quand on a toujours connu un Berlusconi pas loin du pouvoir et le sentiment que la seule solution pour la stabilité du pays, c’est encore et toujours Berlusconi ? »

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Lui est décidé, il quittera l’Italie le plus vite possible pour « trouver du boulot dans un pays où on donne une vraie chance aux jeunes ». Selon les derniers chiffres de la fondation Migrantes, en 2016, plus de 50 000 d’Italiens âgés de 18 à 34 ans sont partis chercher un meilleur avenir à l’étranger. Une fuite des cerveaux qui inquiète, alors que le pays affiche déjà l’une des populations les plus âgées au monde, derrière le Japon et l’Allemagne.

   


Pour Stefano en revanche, hors de question de quitter son pays. Ce Milanais votera pour la Ligue dimanche, comme le reste de sa famille. Le parti d’extrême droite de Matteo Salvini pourrait bien faire marquer le scrutin, après une campagne dominée par les questions de sécurité et d’immigration. « Si on veut vraiment donner une chance à l’Italie, il faut donner le pouvoir à ceux qui l’aiment et veulent son bien », dit le jeune homme de 26 ans, qui dit « en avoir marre qu’[on] soit toujours les derniers servis ». Certains de ses amis voteront même « encore plus à droite », dit-il, avec un soupçon de fierté en évoquant le parti fasciste Casapound. « Cette fois, il faut qu’on ait le courage », dit-il bravache.

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A la sortie du concours, les deux sœurs venues des Abruzzes se tombent dans les bras. Elles qui « ne croient plus en grand-chose » n’iront pas voter dimanche. In extremis, elles ont trouvé un canapé à squatter pour le week-end à Turin. La cousine d’une amie de lycée. Lundi, la deuxième sœur passe aussi un concours dans la capitale piémontaise. 5 000 candidats pour 30 postes d’éducateurs spécialisés. Alors dimanche soir, ce sera une « soirée électorale italienne classique ». Devant la télé, avec un plat de pâtes, et « beaucoup d’amertume ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Les combats au sol se sont intensifiés après une campagne aérienne meurtrière. Le régime a repris samedi 10 % de l’enclave rebelle, selon l’OSDH.
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Le régime syrien progresse dans la Ghouta orientale

Les combats au sol se sont intensifiés après une campagne aérienne meurtrière. Le régime a repris samedi 10 % de l’enclave rebelle, selon l’OSDH.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 00h11
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 14h01
   





                        



   


Soutenu par son allié russe, le régime de Bachar Al-Assad a accentué ces derniers jours les attaques au sol contre les rebelles et a repris, samedi 3 mars, des secteurs périphériques de l’enclave de la Ghouta orientale, aux portes de Damas, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

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Après avoir reconquis plusieurs localités à la faveur de ces combats, le régime a repris le contrôle de 10 % du secteur tenu par des insurgés, dont les localités de Nachabiyé et de Hazarma, selon le quotidien favorable au régime Al-Watan. « La superficie de la Ghouta [aux mains des rebelles] se rétrécit », écrit le quotidien sur son site. Ces nouveaux territoires conquis forment un croissant allant de l’est au sud-est de l’enclave rebelle.
Auparavant, les forces gouvernementales avaient notamment pris le contrôle des localités d’Otaya et de Chifouniya, ainsi que de deux bases militaires aux mains de Jaich al-Islam, l’un des groupes rebelles contrôlant l’enclave, selon la même source. « Cette progression rapide est due au fait qu’il s’agit principalement de zones agricoles », a dit à l’Agence France-Presse (AFP) le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.
Un scénario qui rappelle Alep
Le pouvoir ne cache pas son intention de reconquérir l’ensemble de la Ghouta orientale, après avoir dépêché des renforts à la mi-février autour de l’enclave rebelle, où quelque 400 000 civils sont assiégés depuis 2013. Les forces du régime contrôlent déjà les deux tiers de la Ghouta, et les rebelles, un tiers.
Evoquant « la progression de l’armée dans la Ghouta orientale », le vice-ministre des affaires étrangères syrien, Ayman Soussane, a déclaré que « les terroristes goûter[aie]nt à la défaite prochainement dans la Ghouta, comme ils l’ont connue à Alep », deuxième ville du pays. Le scénario n’est pas sans rappeler ce qui s’est passé en 2016 à Alep, où les rebelles durent abandonner leurs quartiers à l’issue d’un siège asphyxiant et de bombardements dévastateurs du régime et de son allié russe.

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Sur un autre front de la guerre de Syrie, au moins trente-six membres des forces du régime ont été tués samedi dans des frappes de la Turquie, dont l’armée mène une offensive à sa frontière contre l’enclave kurde syrienne d’Afrin, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme. Déclenché en 2011 par la répression de manifestations pour la démocratie, le conflit, qui entre le 15 mars dans sa huitième année, s’est complexifié avec l’intervention militaire de puissances étrangères et de groupe djihadistes. Il a fait à ce jour plus de 340 000 morts.

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Un couloir humanitaire resté vide
Avec l’intensification des combats au sol, les raids aériens ont diminué à la faveur d’une trêve quotidienne de cinq heures entrée en vigueur mardi, à l’initiative de Moscou. Samedi, six civils ont péri, selon l’OSDH. Au total, 642 civils dont 152 enfants ont été tués dans la campagne aérienne d’une rare intensité lancée par le régime le 18 février.
Un couloir censé permettre l’évacuation de civils, de malades ou de blessés de la Ghouta et l’entrée de convois d’aide humanitaire est resté néanmoins vide. Au grand dam des habitants assiégés, qui souffrent de pénuries de nourriture et de médicaments.
Dimanche, un convoi humanitaire de l’ONU et de plusieurs agences n’était pas en mesure d’entrer dans la Ghouta orientale, où il devait porter assistance aux civils, a fait savoir un responsable de l’ONU, ajoutant qu’il restait dans l’attente de pouvoir livrer l’aide humanitaire dès que les conditions le permettront.
Une quarantaine de camions, transportant principalement des médicaments et de la nourriture, devaient se rendre à Douma, une ville de la région de la Ghouta orientale. Le mois dernier, un seul convoi avait pu se rendre dans la zone, composé de neuf camions transportant des vivres et des médicaments pour 7 200 personnes.

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Emmanuel Macron et le secrétaire général des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, ont fait part de leur « grave préoccupation » face à cette situation. Lors d’un entretien téléphonique, samedi soir, ils ont « réaffirmé leur pleine détermination à faire appliquer par le régime syrien et ses alliés la résolution 2401, notamment sur l’accès humanitaire », selon l’Elysée.
« Les convois de l’ONU doivent livrer dès à présent l’assistance médicale et alimentaire indispensable aux populations assiégées », a ajouté la présidence française. Emmanuel Macron s’entretiendra dimanche de la Syrie avec son homologue iranien, Hassan Rohani, Téhéran étant l’un des principaux soutiens du régime syrien.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Sans Neymar, Mbappé ni Cavani, le Paris Saint-Germain a maîtrisé son sujet à Troyes et rempli ses deux objectifs avant de retrouver la Ligue des champions : une victoire, zéro blessé.
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Football : une victoire sans dégât pour le PSG à Troyes, à trois jours du Real Madrid

Sans Neymar, Mbappé ni Cavani, le Paris Saint-Germain a maîtrisé son sujet à Troyes et rempli ses deux objectifs avant de retrouver la Ligue des champions : une victoire, zéro blessé.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 19h25
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 00h23
    |

            Clément Guillou








                        



   


Trois points et zéro blessure : le Paris Saint-Germain a eu à Troyes ce qu’il était venu chercher, samedi 3 mars, pour le compte de la 28e journée de Ligue 1 mais avec la Ligue des champions en tête.
Sa victoire 2-0 à Troyes, obtenue en seconde période grâce à Angel Di Maria et Christopher Nkunku, garantit au PSG de conserver ses 14 points d’avance sur l’AS Monaco en tête du championnat. Elle lui permet surtout de préparer sereinement le huitième de finale retour contre le Real Madrid, dans trois jours (1-3 au match aller).

74 - @PSG_inside totalise 74 points après 28 matches de Ligue 1 cette saison, record de points pour une équipe à ce… https://t.co/i2ORSvsnUb— OptaJean (@OptaJean)


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Les Parisiens se déplaçaient avec une équipe de remplaçants ou presque, mais c’est toujours mieux que n’importe quel effectif de Ligue 1 et en particulier celui de Troyes, 18e du championnat en termes sportif (28 points) comme budgétaire (26 millions d’euros, selon L’Equipe).
L’équipe de Jean-Louis Garcia n’a pas existé à domicile, hormis en fin de match, lorsque le PSG s’était désintéressé du terrain et que son entraîneur avait été envoyé en tribunes par l’arbitre après trop de protestations.

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Di Maria encore décisif
Neymar n’était pas à Troyes, samedi après-midi, mais au Brésil pour s’y faire opérer du pied droit, avec succès. Kylian Mbappé et Marquinhos, blessés mais qui devraient être opérationnels pour le Real Madrid, étaient restés aux soins à Paris, de même qu’Edinson Cavani, Marco Verratti et Javier Pastore, préservés.

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L’équipe d’Unaï Emery avait donc des allures de PSG pré-qatari, alignant six Français au coup d’envoi dont quatre joueurs formés au club. On exagère un peu : Thiago Silva, Julian Draxler et Angel Di Maria étaient là, et ce sont ces deux derniers qui ont forgé la victoire parisienne.
Une passe délicieuse de l’Allemand pour l’Argentin, à la reprise de la deuxième période (47e), permettait à Di Maria de battre enfin Erwin Zelazny d’un délicat ballon piqué du pied gauche. Di Maria, l’homme en forme du moment côté parisien, inscrivait son 13e but en 15 matches depuis le début de l’année. Si l’on ajoute les neuf passes décisives dans le même temps, on comprend qu’Emery ait sorti son joueur dès la 55e minute pour l’envelopper du papier bulle : l’ancien du Real Madrid aura un rôle décisif à jouer dans une éventuelle qualification parisienne en Ligue des champions.
Avant cela, Erwin Zelazny avait réalisé des prouesses dans le but troyen, s’interposant sur des tentatives de Di Maria, Giovanni Lo Celso ou Christopher Nkunku. Il finit la rencontre avec 11 arrêts, un record en Ligue 1 cette saison. Mais aussi un deuxième but encaissé à la 77e minute, l’œuvre de Nkunku, d’évidence plus engagé dans les duels que certains partenaires. Lui sait qu’il jouera quelques minutes au plus mardi prochain.
Motta préféré à Diarra ?
Unaï Emery a pu affiner ses derniers choix en vue du grand match et Layvin Kurzawa n’a pas forcément gagné des points dans le duel interne qui l’oppose à l’Espagnol Yuri Berchiche. Actif mais imprécis en première période, il a baissé de pied en deuxième. Et le fait qu’il ait joué toute la rencontre n’incite pas à l’envisager comme titulaire mardi.
Pour le poste de sentinelle, Thiago Motta et Lassana Diarra, en concurrence, ont tous deux livré un match sérieux mais c’est bien l’Italo-Brésilien qu’Unaï Emery a préservé en le sortant dès l’heure du jeu.
Enfin, Presnel Kimpembe et Thiago Silva, en concurrence pour évoluer en charnière centrale avec Marquinhos, n’ont tous deux eu que peu d’occasions de s’illustrer.
A trois jours du Real, le PSG a même pris une dimension présidentielle en fin de match lorsque Timothy Weah, fils du nouveau chef d’Etat du Liberia, est entré en jeu (82e minute). Weah aurait pu marquer pour son premier match en Ligue 1, à l’âge de 18 ans, mais a été trop hésitant lorsqu’il s’est retrouvé lancé en face-à-face avec le gardien troyen dans les arrêts de jeu.

8312 - Timothy Weah dispute son premier match de Ligue 1 avec Paris, 8312 jours après le dernier de son père George… https://t.co/N5PNtUFjZX— OptaJean (@OptaJean)


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Son père George Weah avait marqué, en 1993 puis 1994, lors des deux seules confrontations à élimination directe entre le PSG et le Real Madrid. Le club parisien s’était qualifié à chaque fois.
Samedi soir, Unaï Emery s’est dit « optimiste », ce qui n’est pas rien.
« L’état d’esprit des joueurs dans ce match était très bon. Nous avons pu reposer quelques joueurs. Nous sommes prêts pour mardi. »
Après le traumatisme de la blessure de Neymar, le PSG, qui reste sur 10 victoires consécutives en France, semble avoir au moins retrouvé le sourire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ L’issue est incertaine, mais les têtes d’affiche sont connues : des nouveaux venus — le leader du M5S Di Maio, ou Salvini — et d’anciens combattants, comme Berlusconi et Renzi.
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En Italie, les personnalités qui vont marquer les élections

L’issue est incertaine, mais les têtes d’affiche sont connues : des nouveaux venus — le leader du M5S Di Maio, ou Salvini — et d’anciens combattants, comme Berlusconi et Renzi.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 15h24
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 23h24
   





                        



   


Depuis près de deux semaines, les sondages sont interdits en Italie. Mais nul besoin d’être prophète pour deviner que le résultat des élections des députés et des sénateurs, dimanche 4 mars, sera serré. En raison, d’abord, d’un système électoral remanié, qui allie proportionnelle et scrutin majoritaire. Mais aussi et surtout parce que l’échiquier politique est fragmenté, et a vu émerger des coalitions fragilisées par des intérêts dissonants.

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Des favoris aux outsiders, tour d’horizon des personnalités qui ont marqué la campagne, et parmi lesquelles pourraient figurer le futur premier ministre et les futurs poids lourds d’un gouvernement.
Luigi di Maio, le dauphinMatteo Renzi, l’homme que l’Italie aime détesterSilvio Berlusconi, l’éternel revenantMatteo Salvini, l’extrême droite décomplexéePietro Grasso, le frondeurEmma Bonino, la pasionariaGiorgia Meloni, la sulfureuse
Luigi di Maio, le dauphin

   


A 31 ans, Luigi Di Maio, le candidat du Mouvement 5 étoiles (M5S), tranche avec Beppe Grillo, le comique fondateur du M5S, qui a pris ses distances. Ce Napolitain incarne le visage rassurant du parti contestataire, né en opposition aux affaires de la vieille classe politique, et devenu le premier parti italien dans les sondages (entre 27 % et 29 % des intentions de vote).
Le dauphin entend marquer cette élection, fort d’un vote en ligne à travers lequel les militants du M5S l’ont choisi à 82 % pour être candidat au poste de premier ministre. Un score insolent que ses détracteurs attribuent à l’absence de réelle concurrence, rappelant que Luigi Di Maio, surnommé « Louis le subjonctif », pour ses fautes de grammaire assumées, n’a pour expérience professionnelle que celle d’agent de sécurité dans le stade San Paolo de Naples.
Fils d’un ancien dirigeant du Mouvement social italien, parti néofasciste aujourd’hui dissous, Luigi Di Maio réfute le terme de populiste, qu’il juge péjoratif pour qualifier le M5S. Cet ancien étudiant en droit — jamais diplômé — assure ne pas vouloir d’une Italie extrémiste ou antieuropéenne.

        Lire aussi un entretien avec Luigi Di Maio :
         

          « Le Mouvement 5 étoiles est pro-européen »



Au risque de froisser l’aile orthodoxe du mouvement, il a assagi son discours sur la sortie de l’euro, qui n’est plus d’actualité, et a recentré son programme sur les jeunes, avec notamment l’instauration d’un revenu universel mensuel de 780 euros. Surtout, les alliances avec d’autres partis ne sont plus totalement exclues.
Matteo Renzi, l’homme que l’Italie aime détester

   


D’abord, il a été l’enfant chéri de la politique italienne. Mais l’ancien chef du gouvernement au tempérament bouillonnant s’est mis presque tout le pays à dos. Et le Parti démocrate (PD, centre gauche) — dont M. Renzi, 43 ans, est toujours le secrétaire général —, ne cesse de chuter, atteignant les 22-23 % d’intentions de vote, contre 40 % en 2014.
Arrivé à la tête du PD à la fin de 2013, alors qu’il n’était que maire de Florence, il promettait de « mettre à la casse » les caciques de son parti. Son impopularité semble liée à une personnalité jugée souvent arrogante et un brin autoritaire. Il y a aussi ces promesses trahies, et les affaires qui ont éclaboussé son parti. Son projet de réforme constitutionnelle avait été rejeté sans appel lors d’un référendum en décembre 2016, le poussant un départ anticipé du poste de premier ministre.
Dynamique, ambitieux, « assoiffé de pouvoir », selon certains, Matteo Renzi n’a pas grillé toutes ses cartes. Un temps allié avec Silvio Berlusconi sur la réforme des institutions, il pourrait le retrouver dans le cadre d’une grande coalition « à l’allemande », en cas d’absence de majorité claire à l’issue du scrutin.

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                Italie : Matteo Renzi verrouille son parti avant les législatives



Silvio Berlusconi, l’éternel revenant

   


Au cours des vingt-cinq dernières années, son histoire se confond avec celle de l’Italie. A 81 ans, le « Caïman » retrouve le devant de la scène après avoir pourtant été enterré politiquement un nombre incalculable de fois. « Je suis comme le bon vin, en vieillissant je m’améliore, et maintenant je suis parfait », a tweeté récemment l’inénarrable ex-Cavaliere.
En 2017, la longue litanie de ses déboires judiciaires a abouti à une première condamnation définitive, pour fraude fiscale. Silvio Berlusconi en a également gardé une inéligibilité qui lui interdit toute fonction publique jusqu’en 2019.

        Lire notre récit de la ré-émergence de Silvio Berlusconi :
         

          Silvio Berlusconi, inéligible mais incontournable en Italie



L’« immortel » reste à la tête du parti Forza Italia (« Allez l’Italie »), crédité dans les sondages de 16 % à 18 % des intentions de vote. Il a réussi à former une coalition avec la Ligue du Nord et les Fratelli d’Italia (parti néofasciste) pour une grande coalition de droite.
Si la majorité est acquise, le parti en tête choisira le premier ministre. Silvio Berlusconi a déjà choisi son poulain : Antonio Tajani, le président du Parlement européen.

        Lire la tribune d’Antonio Tajani sur l’Europe :
         

          « Répondons aux populismes par une Europe des actes »



Matteo Salvini, l’extrême droite décomplexée

   


Pour cette campagne, Matteo Salvini, entré à 17 ans seulement à la Ligue du Nord, a effacé le mot « Nord » du nom du parti et fait campagne tous azimuts, dans l’espoir de dépasser son allié de droite, Silvio Berlusconi, avec qui il a signé un programme de gouvernement.
Crédité dans les derniers sondages de 12 % à 14 % des intentions de vote, la Ligue est montée en puissance ces dernières semaines, notamment grâce à une campagne dominée par les thèmes de l’immigration et de l’insécurité.
A bientôt 45 ans, Matteo Salvini est né et a grandi dans la capitale lombarde, Milan. En 2004, cet eurosceptique notoire entre au Parlement européen. En 2013, il reprend les rênes du parti, fragilisé par un scandale de détournement de fonds publics — le parti ne dépassera pas 4 % aux législatives de 2013.
Au grand dam d’une frange originelle de la Ligue du Nord, Matteo Salvini change le discours, délaissant les ambitions sécessionnistes au profit d’un discours fédéraliste et anti-Bruxelles. Allié du Front national français, admirateur de Vladimir Poutine et de Donald Trump, il s’en prend avec virulence aux immigrés (qu’il appelle « clandestins »), à l’islam, à l’euro…, sans pour autant partager le centralisme et le caractère, à son goût trop laïque, du parti de Marine Le Pen.

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Sur les réseaux sociaux, ce barbu au visage rond martèle son message à ses 640 000 abonnés sur Twitter et plus de 2 millions sur Facebook. Avec un style direct qui ne s’embarrasse pas du politiquement correct, il espère dimanche faire « un coup », et obliger Silvio Berlusconi à lui lâcher davantage que ce qui a été évoqué jusqu’à présent : le ministère de l’intérieur. Lui se rêve chef du gouvernement.
Pietro Grasso, le frondeur

   


L’Italie aussi a sa fronde parlementaire. Et son chef de file n’est autre que le président sortant du Sénat, Pietro Grasso. A 73 ans, cet ancien magistrat antimafia a décidé de faire sécession du Parti démocrate, en réunissant sous la bannière de Liberi e uguali (« Libres et égaux ») plusieurs mouvements de gauche déçus par le gouvernement.
Crédité de 6 % des intentions de vote, son parti n’est pas anecdotique. Il a mené une campagne donnant la priorité à l’instruction et à la recherche, et misant notamment sur une reconversion écologique d’ampleur.

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Emma Bonino, la pasionaria

   


Cinq jours après le scrutin du 4 mars, Emma Bonino fêtera ses 70 ans. L’ancienne commissaire européenne et ministre des affaires étrangères figure toujours en bonne place dans le palmarès des personnalités politiques préférées des Italiens. « Cessez de m’aimer autant et votez plus pour moi », a toutefois conseillé cette figure de la gauche italienne, marquée par son combat contre un cancer du poumon diagnostiqué en 2015.
Vétérane des combats pour l’avortement, le divorce, l’objection de conscience ou encore le droit de mourir dans la dignité, elle a plaidé ces derniers mois pour défendre l’intégration des migrants et le projet européen.

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Son mouvement, Plus d’Europe, allié au centre gauche de Matteo Renzi, vise le seuil de 3 % pour entrer au Parlement. S’il y parvient, il pourrait poser problème au Parti démocrate, en faisant pression pour qu’il réoriente sa politique.
Giorgia Meloni, la sulfureuse

   


L’acmé de sa campagne a eu lieu à Turin, face au directeur du musée des Antiquités égyptiennes de la ville, Christian Greco. Giorgia Meloni, dirigeante du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia, protestait avec véhémence contre une réduction offerte aux visiteurs parlant arabe. Cette scène, diffusée largement sur les réseaux sociaux, illustre le style de cette ancienne journaliste de 41 ans, un temps ministre de Silvio Berlusconi.
Son parti, moins fédéraliste que son alliée et rivale la Ligue du Nord, est crédité d’environ 5 % des intentions de vote, grâce notamment au soutien des néofascistes de Forza Nuova et de CasaPound. Ce score pourrait lui garantir une place de choix dans un gouvernement, si la coalition de droite parvient à obtenir la majorité absolue.



                            


                        

                        


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Elections en Italie : à Turin, les salariés menacés de Whirlpool sont devenus un « spot électoral »

Comme en France durant la campagne présidentielle, l’usine piémontaise est devenue le symbole d’une Italie impuissante à garder ses emplois.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 13h57
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 14h34
    |

            Charlotte Chabas (Turin, envoyée spéciale)








                        



   


Cela faisait longtemps que Stefano M. n’avait pas ouvert une bouteille de vin. Un barbaresco asili de 2013, léger et fruité. Même son fils aîné de 16 ans a eu le droit à un verre, servi au coin du feu. « Une petite célébration au milieu d’un long cauchemar », sourit cet homme de 49 ans, légèrement voûté par les vingt-quatre années passées devant les lignes d’assemblage de l’usine Embraco du groupe américain Whirlpool, à une trentaine de kilomètres de Turin (Piémont).
Quelques heures auparavant, lui et sa femme, Barbara, qui travaille au même endroit, ont reçu un Texto annonçant un « gel des licenciements » dans leur usine qui fabrique des compresseurs frigorifiques. Stefano et Barbara M. se préparaient à recevoir une lettre de licenciement à la fin du mois, comme 495 autres de leurs 537 collègues. « On gagne un peu de temps, jusqu’à la fin de l’année au moins », relit à voix haute Barbara, 45 ans. Une « bouffée d’oxygène », dit-elle, en plaçant ses mains de chaque côté de la gorge pour mimer leur asphyxie.
Depuis octobre, le couple vit un compte à rebours qu’il ne s’explique toujours pas. Avec un bénéfice net de 14,2 millions d’euros en 2016, l’entreprise turinoise était un des fleurons du groupe électroménager américain. « On sortait jusqu’à 4 000 pièces chaque jour », se souvient Stefano M., avec une fierté qui lui semble aujourd’hui « tellement mensongère ».
« Tirer plus de ce grand corps »
En 2004, il y avait bien eu une alerte dans l’entreprise turinoise, fondée en 1967 par la célèbre famille Agnelli, cette dynastie « Fiat » si liée au destin de Turin et de l’Italie industrielle. Whirlpool menaçait déjà de délocaliser. Le ministère de l’économie et la région du Piémont avaient sorti cinq et huit millions d’euros pour voler au secours de la société.
Les lignes de production avaient repris, et le bénéfice d’exploitation triplé entre 2012 et 2016. « Mais il fallait encore tirer plus de ce grand corps en bonne santé, quitte à le vider de son sang », explique Rocco Palombella, secrétaire général de l’Union italienne du travail (UILM).
D’abord, ce furent des allers-retours. Quelques salariés envoyés ponctuellement en Slovaquie, pour y former la main-d’œuvre locale. Ceux-là ont vu l’autre usine, qui n’en finissait plus de croître. Ils ont rencontré ces « comme eux, mais en moins cher », résume Stefano M. Pour Whirlpool, les salariés turinois coûtent 26 millions d’euros par an. 7,2 % du chiffre d’affaires de la société italienne, selon les syndicats. « C’était déjà trop pour une multinationale qui ne jure que par le profit », s’emporte Rocco Palombella, du syndicat UILM.
Fin 2017, l’entreprise ne renouvelle pas certains accords internes. C’est la fin du service de transport en bus qui permettait aux salariés de gagner l’usine, située dans la campagne piémontaise. Les salaires sont baissés de 50 centimes par heure. La cantine est, elle aussi, sacrifiée. 
« C’était plus dur pour le budget, mais tu tiens parce que tu as quand même toujours du travail », raconte Silvio B., 41 ans, dont vingt-et-un comme technicien sur les lignes d’assemblage. « Ici, le travail est tellement rare que quand tu en as un, tu t’y accroches de toutes tes forces », explique le salarié. Au pied des Alpes bleutées qui forment comme une muraille meringuée de neige, Embraco est la dernière grosse entreprise de la région de Chieri.
« La mort de ma famille »
Mais, le 10 janvier, la direction américaine du groupe annonce la fermeture du site. Seules quarante personnes sont maintenues pour tenir un bureau représentant les intérêts de l’entreprise en Italie. La production part en Slovaquie. « Ce travail, où j’avais un jour rencontré l’amour de ma vie, est devenu soudain synonyme de la mort de ma famille », raconte Barbara M., en jetant un regard inquiet vers ses trois enfants.
En pleine campagne des élections législatives du 4 mars, le désarroi des salariés ne passe pas inaperçu. Comme en France durant la campagne présidentielle, Whirlpool devient le symbole de cette Italie, impuissante à garder ses emplois, malgré une économie qui reprend doucement des couleurs.

   


Sur la scène du célèbre festival de chansons de Sanremo, les salariés d’Embraco, dont la moyenne d’âge est de 48 ans, s’invitent pour dire à l’Italie leur peur de « perdre la sécurité d’une vie basée sur un travail honnête ». Même le pape François les reçoit pour leur dire de « combattre jusqu’au dernier souffle ».
L’usine piémontaise devient une étape obligée des candidats en campagne. Mi-janvier, le dirigeant du Mouvement 5 étoiles, Luigi di Maio, vient dire son « espoir d’aider, mais surtout après le 4 mars ».

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Pour la droite antieuropéenne, l’affaire est pain bénit. Silvio Berlusconi affirme qu’« il n’y aura plus d’Embraco avec sa flat tax », cette baisse d’impôt généralisée qui devrait inciter les investisseurs à rester en Italie. Comme Marine Le Pen avant lui, Matteo Salvini, le leader du parti d’extrême droite la Ligue, dit « sa solidarité » avec les travailleurs, victimes selon lui d’un gouvernement de centre gauche « soit complice, soit incapable, soit les deux ».
Fin février, les salariés découvrent même sur leur usine une banderole déployée par le groupuscule fasciste Casapound. « Nous occupons l’usine », peut-on lire en lettres rouges et noires. La bannière ne restera que quelques heures. « Nous sommes devenus de la chair fraîche pour servir les intérêts des politiciens », analyse Daniele V., employé depuis trente ans dans l’entreprise d’électroménager. « Nous ne voulions pas être un spot électoral », martèle celui qui ne quitte plus son bleu de travail. « Un combat d’ouvriers devrait être l’affaire de tous, pas d’un parti. »

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Le gouvernement de centre gauche de Paolo Gentiloni le sait : le « scandale Embraco » peut être décisif. Le ministre du développement économique, Carlo Calenda, dénonce vite « la totale irresponsabilité de Whirlpool ». Il reçoit l’aide du président du Parlement européen, Antonio Trajani, pressenti comme futur premier ministre si la coalition de droite l’emporte dimanche. Ensemble, Rome et Bruxelles font pression sur Whirlpool.
A l’arraché, le ministère annonce vendredi 2 mars un « gel des licenciements ». Jusqu’à fin 2018, « les salariés recevront la totalité de leur salaire, il n’y aura pas de temps partiel ou de réduction d’horaire », souligne Carlo Calenda, en se disant « satisfait ». Un répit qui pourrait permettre de trouver d’autres investisseurs pour reprendre le site de Riva Presso Chieri, alors que cinq groupes, dont trois italiens et un chinois, ont fait part de leur intérêt.
Grève du 13 mars maintenue
A Turin, l’annonce a été accueillie par des applaudissements, vendredi, lors de l’assemblée des délégués syndicaux de la métallurgie. La journée de grève intersyndicale, prévue le 13 mars en solidarité avec les travailleurs d’Embraco, a toutefois été maintenue.
Devant le bâtiment où se tient la réunion, certains salariés sont venus s’informer. Un colosse aux cheveux gris, qui préfère ne pas donner son nom, se dit « loin d’être soulagé ». « Ils n’ont fait que rallonger le bouillon de la minestrone pour gagner du temps, comme le faisaient les pauvres avant ».
Pour Silvano Zaffalon, représentant syndical d’UILM-UIL, « le destin de l’usine a déjà été décidé par Whirlpool, à l’autre bout du monde ». Et l’élu de déplorer cette « mauvaise maladie » contractée par l’usine : « elle s’appelle multinationale, et elle est très contagieuse et mortelle ». Derrière lui, un petit homme aux cheveux frisés dit quand même son « soulagement de sentir que les politiciens ont compris l’urgence de la situation ». Il dit vouloir « le récompenser dimanche ».
« Faire parler la colère »
Barbara M., elle, n’est pas encore sûre de son vote. Pour cette grande blonde aux yeux clairs, l’histoire des Embraco « est bien le signe qu’il y a un problème dans cette Europe ». Son mari renchérit : « Dans une famille où certains sont fortunés et d’autres non, il y aura toujours des disputes ».
Depuis l’annonce de la fermeture de l’usine, le couple s’est peu mobilisé. « Pas envie de se faire remarquer », justifient ceux qui disent « devoir penser à leur avenir et à celui de leurs enfants ». Mais dans le secret de l’isoloir, dimanche, ils n’excluent pas de « faire parler la colère ».



                            


                        

                        


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Football : le recours à l’arbitrage vidéo officiellement inscrit dans les règles du jeu

Ce vote de l’Instance régulatrice des lois du jeu (IFAB) ouvre la voie à son application lors de la prochaine Coupe du monde en Russie en juillet.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 13h51
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 14h42
   





                        



   


C’est une révolution pour le football, qui aura été marquée par des couacs et des polémiques durant les phases de tests. L’International Football Association Board (IFAB), l’instance mondiale chargée de veiller depuis 1886 sur les règles du football, a validé, samedi 3 mars, l’introduction de l’assistance vidéo (VAR, pour Video Assistant Referee) dans les lois du jeu.
« Les résultats de toutes ces expériences ont été concluants. Nous en sommes arrivés à la conclusion que la VAR était bonne pour le football, bonne pour l’arbitrage, et apportait plus de justice au football », a commenté Gianni Infantino, le président de la Fédération internationale de football (FIFA), en conférence de presse.
Cette décision ouvre la voie à son application lors de la prochaine Coupe du monde en Russie (du 14 juin au 15 juillet), et ce en dépit de plusieurs dysfonctionnements observés dans les championnats et compétitions où la VAR a déjà été expérimentée. Le conseil de la FIFA doit en effet se prononcer, les 15 ou 16 mars, sur son utilisation lors du prochain Mondial. Ce dispositif viendrait ainsi compléter la Goal-Line Technology (GLT), introduite lors de l’édition 2014, au Brésil, et qui permet de vérifier si le ballon a bien franchi la ligne de but.
À la discrétion de l’arbitre, l’appel au recours technologique concerne plusieurs situations précises : visionnage d’une faute dans la surface de réparation sanctionnée ou pas d’un penalty, vérification d’un but entaché d’un hors-jeu, attribution d’un carton rouge (sur une exclusion directe) et confirmation de l’identité du joueur sanctionné. En France, l’arbitrage vidéo sera mis en place pour la Ligue 1 la saison prochaine.
La décision de l’IFAB intervient après un an et demi d’expérimentations dans plusieurs pays candidats (France, Allemagne, Australie, Brésil, Etats-Unis, Italie, Pays-Bas, Portugal pour ne citer qu’eux). Le 1er septembre 2016, à Bari, le match amical Italie-France (victoire 1-3 pour les Bleus) fut la première rencontre à faire l’objet d’expérimentations dites « semi-live ». Ce jour-là, l’arbitre hollandais Björn Kuipers avait seulement été assisté par communication radio et n’avait donc pas visionné lui-même de ralentis.

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Elections en Italie : ce qu’il faut savoir du nouveau mode de scrutin

Les Italiens sont appelés à renouveler, dimanche, la Chambre des députés et le Sénat. Une nouvelle loi régit les modalités de ces scrutins.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 11h54
    |

            Edouard Pflimlin








                        



   


Les Italiens votent, dimanche 4 mars, pour renouveler la Chambre des députés et le Sénat. Trois « camps » s’affrontent. D’un côté, la droite et l’extrême droite, avec Forza Italia, le parti de l’ancien président du Conseil Silvio Berlusconi, la Ligue du Nord, dirigée par Matteo Salvini, et Fratelli d’Italia (« Frères d’Italie », postfascistes), de Giorgia Meloni.
De l’autre, la gauche, dont le principal parti est le Parti démocrate (PD) de Matteo Renzi, auquel appartient l’actuel chef du gouvernement, Paolo Gentiloni.
Le troisième camp est celui du Mouvement 5 étoiles (M5S, Movimento 5 Stelle) fondé par le comédien et humoriste Beppe Grillo, parti populiste qui rejette tout accord de coalition avec les autres partis et qui est dirigé par Luigi di Maio.
Ce scrutin, qui s’annonce indécis — selon les sondages, aucun des partis n’est en mesure d’obtenir la majorité absolue — se déroulera selon de nouvelles règles. La loi électorale a en effet été modifiée à la fin de 2017. Que dit-elle ? Quelles conséquences peut-elle avoir ? Petit tour d’horizon.
Quand et pourquoi la loi électorale a-t-elle été modifiée ?
A l’issue des précédentes élections parlementaires des 24 et 25 février 2013, aucune des deux principales coalitions, celle de gauche dirigée par Pier Luigi Bersani, et celle de droite de Silvio Berlusconi, n’avait obtenu la majorité absolue des sièges à la Chambre des députés et au Sénat.
A cette instabilité s’est ajouté le succès électoral du M5S, dont la percée a profondément bouleversé la politique en Italie, jusqu’alors dominée par le bipartisme.
Le 28 avril 2013, le président de la République, Giorgio Napolitano, avait nommé Enrico Letta (PD) à la présidence du Conseil, à la tête d’un gouvernement d’union nationale. Mais celui-ci avait été renversé par une motion de censure interne au Parti démocrate et remplacé, le 22 février 2014, par Matteo Renzi.
C’est ce dernier qui a souhaité faire voter une nouvelle loi électorale. Avec un objectif : lutter contre la paralysie politique du pays.
Le projet de loi présenté par M. Renzi visait, notamment, à diminuer les pouvoirs du Sénat. Mais ce projet a été massivement rejeté pard les Italiens (à 59,11 %), le 4 décembre 2016. Et, le 12 décembre de la même année, Matteo Renzi a été remplacé à la tête du gouvernement par son ministre des affaires étrangères, Paolo Gentiloni (PD).
Une nouvelle loi électorale a finalement été promulguée le 3 novembre 2017.
Quelles sont les nouvelles règles mises en place ?
Avec ce nouveau cadre électoral, appelé « Rosatellum bis », du nom de l’homme qui a porté cette réforme, Ettore Rosato, les élections se déroulent en un seul tour de scrutin et utilisent un système mixte : certains sièges sont alloués au scrutin uninominal majoritaire à un tour et une majorité l’est au scrutin proportionnel.
Si les Italiens de 18 ans et plus peuvent désigner leurs députés, seuls ceux âgés de 25 ans et plus sont autorisés à élire les membres du Sénat.
Pour la Chambre des députés (Camera dei Deputati), qui compte 630 membres élus pour cinq ans, la mise en place du nouveau système se traduit ainsi :
232 députés (soit 37 %) sont désignés au scrutin uninominal386 (61 %) sont choisis au scrutin proportionnel12 (2 %) sonts élus par les Italiens de l’étranger.
Le schéma est quasi le même au Sénat (Senato della Repubblica), qui compte 315 membres élus pour cinq ans :
116 sénateurs sont choisis au scrutin uninominal193 sont désignés au niveau régional au scrutin proportionnel6 sont élus par les Italiens de l’étranger
Le seuil minimal pour entrer au Parlement est fixé à 3 % des suffrages exprimés pour les partis et à 10 % pour les coalitions.
C’est la formation de ces dernières que souhaite privilégier la nouvelle loi.
Quelles conséquences cette loi électorale peut-elle avoir ?
Dans la précédente loi électorale, la loi dite « Italicum », adoptée le 4 mai 2015, si un parti arrivé en tête du premier tour réussissait à rassembler plus de 40 % des voix, alors il recevait automatiquement un minimum de 340 sièges, ce qui représente 54 % des sièges au palais Montecitorio, la Chambre des députés.
Ce n’est plus le cas avec la loi « Rosatellum ». Celle-ci « tend à favoriser la constitution de coalitions, fussent-elles fort hétérogènes », explique Marc Lazar, spécialiste de la vie politique italienne et professeur d’histoire et de sociologie politique à Sciences Po, dans une étude pour Terra Nova intitulée « L’Italie à l’épreuve des élections ». 
Ces nouvelles règles devraient, a priori, « avantager les partis du centre droit bien implantés dans le nord du pays, favoriser le Parti démocrate dans la partie centrale du pays, son grand bastion qui tend néanmoins à se lézarder », poursuit Marc Lazar.
Elles devraient, en revanche, compliquer considérablement la tâche au Mouvement 5 étoiles, qui a construit une bonne part de sa popularité sur le refus des accords d’arrière-salle, mais qui, de ce fait, est aujourd’hui isolé, sans allié.
La nouvelle loi est d’ailleurs souvent présentée comme étant dirigée contre ce mouvement. « A priori, le nouveau mode de scrutin pénalise le Mouvement 5 étoiles, qui est fort mais reste seul », confirme Marc Lazar.
Cette nouvelle loi contribuera-t-elle à donner à l’Italie une majorité stable ? Rien n’est moins sûr. « Davantage proportionnelle que majoritaire, [elle] ne garantit en rien la constitution d’une majorité post-électorale stable », souligne la Fondation Robert-Schuman, centre de recherches et d’études sur l’Europe, dans une analyse parue au début de février.
C’est aussi l’avis de Marc Lazar : « A la date d’aujourd’hui, il semble improbable qu’une majorité claire se dégage à la Chambre des députés et au Sénat, même si le centre droit semble porté par une dynamique électorale qui pourrait peut-être lui permettre de l’emporter. »
« L’Italie demeure divisée en deux blocs, l’un de droite et l’autre de gauche, qui ne parviennent pas à avoir une majorité claire forte et stable, souligne, à ce propos, Raffaele Landani, professeur de science politique à l’université de Bologne, cité par la Fondation Schuman. Le 4 mars, on risque de voir se répéter le scénario que nous avons connu ces vingt-cinq dernières années, marquées par une alternance entre gouvernements populistes et gouvernements techniques. » 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Une émission télévisée a mis en lumière les divisions suscitées par la politique de la chancelière Angela Merkel.
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En Allemagne, Cottbus s’échauffe sur les réfugiés

Une émission télévisée a mis en lumière les divisions suscitées par la politique de la chancelière Angela Merkel.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 15h36
    |

            Thomas Wieder (Cottbus (Brandebourg) - envoyé spécial)








                        



                                


                            

Située aux confins du Brandebourg, près des frontières polonaise et tchèque, Cottbus était une ville assez tranquille. Ces dernières semaines, le climat s’y est fortement dégradé. Le 1er janvier, des militants d’extrême droite armés de poings américains ont attaqué trois Afghans devant un foyer de réfugiés. Onze jours plus tard, un couple d’Allemands a été agressé au couteau par trois Syriens à l’entrée d’un centre commercial.
Depuis, plusieurs centaines de personnes sont descendues dans la rue, les unes pour réclamer « la fermeture des frontières » et dénoncer « l’islamisation de l’Allemagne », les autres pour défendre « une société de toutes les couleurs » et appeler à « vivre sans céder à la haine ». Du jamais-vu dans cette ville de 100 000 habitants, au point que le président de la République, Frank-Walter Steinmeier, a réuni plusieurs personnalités locales, le 20 février, à Berlin, pour lancer un appel au calme et au dialogue.

Mais le dialogue est-il possible ? Agée de 56 ans, Anke (qui n’a pas communiqué son patronyme) veut y croire. C’est pour cela que cette assistante sociale est venue assister, jeudi 1er mars, à l’émission spéciale diffusée en direct depuis Cottbus sur la chaîne publique régionale RBB. Elle n’est pas seule. Dans l’immeuble de la place du marché où a été installé le studio, le monde se bouscule. Prévu pour 120 personnes, le plateau est pris d’assaut. Un écran est installé dans une salle voisine pour ceux qui n’ont pas pu entrer. Elle est pleine à craquer elle aussi. Des gens s’entassent jusque dans l’escalier. « Vous voyez, les gens ont envie de parler », explique Anke. « Je vous rappelle qu’on est là pour discuter, pas pour manifester », prévient le présentateur, deux minutes avant la prise d’antenne.
L’émission commence et, très vite, les esprits s’échauffent. L’un des premiers à prendre la parole est Hans-Christoph Berndt, le...




                        

                        

