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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ A l’occasion du Salon de l’agriculture, qui s’achève dimanche porte de Versailles, Macron a évoqué plusieurs de ces engagements.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Cette démarche fait suite à l’enquête préliminaire ouverte contre lui le 13 février après qu’une femme a déposé plainte à Paris pour « abus de faiblesse ».
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Gérald Darmanin porte une nouvelle fois plainte pour « dénonciation calomnieuse »

Cette démarche fait suite à l’enquête préliminaire ouverte contre lui le 13 février après qu’une femme a déposé plainte à Paris pour « abus de faiblesse ».



Le Monde
 |    03.03.2018 à 14h53
   





                        



   


Visé par une enquête pour abus de faiblesse, Gérald Darmanin a déposé une plainte devant le parquet de Paris pour dénonciation calomnieuse contre une femme qui l’accuse d’avoir usé de son influence politique pour obtenir des faveurs sexuelles, a annoncé, samedi 3 mars, Mathias Chichportich, son avocat, confirmant une information de BFMTV.
Cette démarche, que le ministre des comptes publics avait annoncée dans les médias, fait suite à l’enquête préliminaire ouverte contre lui le 13 février après qu’une femme a déposé plainte à Paris pour « abus de faiblesse ».
Cette habitante de Tourcoing (Nord), dont M. Darmanin fut maire entre 2014 et 2017, affirme s’être « sentie obligée » d’avoir des relations sexuelles avec lui pour obtenir un logement et un emploi, selon son témoignage publié par Mediapart. « Gérald Darmanin a abusé de moi mais il ne m’a pas forcée à avoir des relations sexuelles avec lui. (...) Je me sentais obligée de le faire pour avoir un logement et un travail », a déclaré « Sarah » – un nom d’emprunt – au site d’information.
Dans une première affaire, une autre femme, Sophie Patterson-Spatz, accuse M. Darmanin de l’avoir violée en 2009 alors qu’elle sollicitait de l’aide dans une affaire judiciaire. Sa plainte a été classée sans suite mi-février, car les investigations, durant lesquelles le ministre avait été auditionné par la police, n’avaient « pas permis d’établir l’absence de consentement », selon le parquet de Paris. Dans cette première affaire, Gérald Darmanin avait déjà porté plainte pour dénonciation calomnieuse contre son accusatrice.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ L’éviction d’Aude Rossigneux a créé des remous et des doutes. Deux autres journalistes quittent la rédaction.
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Le Média : les coulisses d’une crise

L’éviction d’Aude Rossigneux a créé des remous et des doutes. Deux autres journalistes quittent la rédaction.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 10h17
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 13h08
    |

            Ariane Chemin








                        



                                


                            
Montreuil, métro ­Robespierre, lundi 19 février, 9 heures du matin. La journaliste Aude Rossigneux a été convoquée la veille par un mail lapidaire. Dans la cuisine du Média, au sous-sol des nouveaux locaux de la télé proche des « insoumis », dos au réfrigérateur, elle cherche à comprendre l’objet de cette réunion un brin solennelle. De l’autre côté de la table en bois clair, trois hommes lui font face : le psychanalyste Gérard Miller, le réalisateur Henri Poulain, accompagné de son directeur de production et associé Hervé Jacquet. À quelques tasses de café, enfin, la réalisatrice Anaïs Feuillette, compagne de M. Miller, et, tout au bout, Sophia Chikirou. « Comment dire tout ça ? », commence la directrice générale de la chaîne, avant de passer la parole au psychanalyste. L’ancien « mao » parle « d’embarras », de « mauvaise ambiance », de « quelque chose qui s’est mal emmanché » et de « responsabilités partagées », avant de lâcher : « Aude, on a en tête de te parler de la possibilité que tu quittes la rédaction. »

« Qu’est-ce qui s’est passé entre le moment où j’étais formidable et le moment où il faut que je dégage ? », interroge Aude Rossigneux, assommée. Elle ignore que le procès qui vient de s’ouvrir, tôt ce lundi, marque le début d’un coup de grisou sur Le Média et va ouvrir une série de départs en cascade. Une semaine plus tard, le 26 février, Noël Mamère, dont l’émission hebdomadaire était l’une des cautions d’ouverture de la chaîne, s’émeut de la mise à l’écart brutale de la journaliste, mais s’inquiète aussi d’un sujet très décrié sur la Syrie, diffusé le 23, qui mettait dos à dos les rebelles islamistes syriens et les exactions du régime de Bachar Al-Assad. Vendredi 2 mars, selon les informations du Monde, Catherine Kirpach, une ancienne de LCI qui présentait l’un des « JT » du ­Média, a fait part à son tour à ­Sophia Chikirou de son départ de la chaîne,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ La chercheuse Sophie Béroud compare la situation sociale et politique actuelle à celle de 1995, année du plus grand conflit depuis Mai 68.
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SNCF : « Il est plus compliqué aujourd’hui qu’en 1995 de construire une mobilisation de grande ampleur susceptible de durer »

La chercheuse Sophie Béroud compare la situation sociale et politique actuelle à celle de 1995, année du plus grand conflit depuis Mai 68.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 10h06
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 10h10
    |

                            Jérémie Lamothe








                        



                                


                            
Une France paralysée pendant plusieurs semaines, des millions de manifestants dans les rues et un gouvernement qui finit par reculer… Avec sa réforme de la SNCF lancée lundi 26 février, le gouvernement d’Edouard Philippe peut-il revivre la fronde sociale qui s’était érigée fin 1995 contre le premier ministre d’alors, Alain Juppé ?

Face à la volonté de l’exécutif de mettre fin au statut des cheminots pour les nouvelles recrues de l’entreprise ferroviaire et de réformer par ordonnances, la CGT-Cheminot a en effet annoncé être prête « à faire un mois de grève pour faire plier le gouvernement ». Alors la comparaison avec le conflit social de 1995 est-elle pertinente ?
Maîtresse de conférence en science politique et spécialiste des mouvements sociaux, Sophie Béroud revient sur les racines du conflit le plus dur depuis Mai 68 et estime qu’il sera plus compliqué aujourd’hui pour les syndicats de mobiliser sur plusieurs semaines.
Depuis l’annonce d’un mouvement social à venir contre la réforme de la SNCF, beaucoup font la comparaison avec 1995. Est-ce que cela vous semble pertinent ?
Pas mal d’éléments diffèrent par rapport à 1995. On n’était pas dans la même configuration politique. A l’époque, Jacques Chirac avait fait toute sa campagne sur la fracture sociale, ce qui lui avait permis de se démarquer d’Edouard Balladur. Il n’avait pas annoncé les réformes qui allaient entraîner ce mouvement social. Les acteurs syndicaux ont donc pu reprocher à Chirac de ne pas tenir ses engagements. Là, Emmanuel Macron a fait campagne sur sa volonté de réformer.

Par ailleurs, en 1995, le gouvernement avait lancé deux réformes en même temps : la réforme de la Sécurité sociale et l’alignement des retraites du secteur public et des régimes spéciaux sur celles du privé. Cela avait permis une jonction de la contestation entre différents secteurs, ce que souhaite empêcher le gouvernement d’Edouard Philippe. Une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Le candidat au poste de premier secrétaire du PS se méfie d’un « vote truqué » dans certaines sections. La direction assure que tout est fait pour que le scrutin se déroule en toute transparence.
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Olivier Faure dénonce les « pratiques industrielles » des fausses cartes dans les Bouches-du-Rhône

Le candidat au poste de premier secrétaire du PS se méfie d’un « vote truqué » dans certaines sections. La direction assure que tout est fait pour que le scrutin se déroule en toute transparence.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 10h00
    |

            Abel Mestre et 
                                Gilles Rof (Marseille - correspondance)








                        


C’est le scénario que le Parti socialiste voulait à tout prix éviter pour son 78e congrès des 7 et 8 avril. Olivier Faure et Luc Carvounas, tous deux candidats au poste de premier secrétaire, ont dénoncé un système de fausses cartes d’adhérents dans la fédération des Bouches-du-Rhône. Et font savoir qu’ils ne laisseront aucune incertitude planer sur le scrutin au sein d’un département dont le poids annoncé – 3 200 votants potentiels – peut s’avérer fondamental quand on sait que le PS espère au moins 30 000 votants.
« La fédération des Bouches-du-Rhône est la dernière à avoir des pratiques industrielles [en matière de fausses cartes], a grondé Olivier Faure, de passage vendredi 2 mars à Marseille. Jusqu’ici, pour les congrès, chaque candidat acceptait de prendre sa part du magot. Cette fois, je ne veux pas de vote truqué. »
A ses côtés, son mandataire local Benoît Payan, président du groupe PS au conseil municipal de Marseille, estime que ces « cartes fantômes pourraient aller jusqu’à 25 % des inscrits », soit près de 800 voix. « Nous demanderons le gel du vote des sections sur lesquelles nous aurons la moindre inquiétude, promet M. Faure. Si on ne repart pas en nettoyant toutes les mauvaises pratiques, nous ne renaîtrons pas. »
Bizarreries relevées dans les listes
Jeudi, Luc Carvounas s’est lui aussi inquiété. Il a promis « de saisir la Haute Autorité du PS ». « Comment, alors que nous perdons 30 % à 50 % de nos adhérents partout en France, certaines sections dans ce département restent stables, voire progressent ? », interroge son mandataire Yannick Ohanessian, membre du conseil fédéral.

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                Congrès du PS : quatre hommes en lice, le texte de Delphine Batho recalé



Dans le viseur de MM. Faure et Carvounas, des sections du nord et de l’est de Marseille, mais aussi de Berre-l’Etang. « Dans cette ville, on compte 235 adhérents, alors qu’aux dernières législatives, le candidat socialiste n’a fait que 55 voix », s’étonne M. Payan, qui assure avoir demandé à la commission fédérale d’organisation du congrès des explications à propos de bizarreries relevées dans les listes.
« Pourquoi des adhérents sont-ils tous nés le 1er janvier, ont tous la même adresse mail… Et n’ont laissé aucune trace du règlement de leur cotisation ? », ironise-t-il. 
« Il n’y a aucune fausse carte à la fédération des Bouches-du-Rhône », se contente de faire savoir le PS 13 par la voix de son secrétaire général Michaël Bruel. Sollicité, Loïc Gachon, maire de Vitrolles et dirigeant de la fédération jusqu’au prochain congrès, n’a pas réagi.
Historiquement, les Bouches-du-Rhône sont une sorte de « swing state » dans les congrès socialistes. Leur poids peut décider de la victoire. Jusqu’alors, la fédération du département rejoignait un candidat naturel. Cette fois, le refus d’Olivier Faure de prendre comme mandataire M. Gachon laisse le jeu ouvert.
« Nécessité d’un contrôle »
Les deux autres candidats en lice, Stéphane Le Foll et Emmanuel Maurel, sommés de réagir, prennent les accusations de fraude avec des réserves. « Je trouve un peu bizarre que cela arrive comme ça… Je suis pour le contrôle, mais partout, dans toutes les fédérations », avance M. Le Foll. Qui rappelle que ses mandataires départementales, Marie-Arlette Carlotti et Isabelle Rovarino, « se sont toujours battues pour la transparence », notamment lorsque Jean-Noël Guérini dirigeait le PS local.
Dans le camp d’Emmanuel Maurel, on s’interroge sur d’autres points. « On a eu des doutes et on a demandé, avec les représentants de Stéphane Le Foll, le contrôle de l’ensemble des sections de cette fédération, assure Elodie Schwander, qui siège à la commission d’organisation du congrès pour le compte du candidat de l’aile gauche. Les représentants de MM. Faure et Carvounas s’y sont opposés. » « Si tout le monde est d’accord avec nous sur la nécessité d’un contrôle, tant mieux », rétorque Benoît Payan.
Ce début de polémique est relativisé du côté de la Rue de Solférino. « Si des décisions sont à prendre, nous les prendrons », promet Rachid Temal, coordinateur du PS, qui rappelle que « le bureau fédéral et le bureau national des adhésions ont été saisis et vont vérifier ce qu’il se passe dans les Bouches-du-Rhône ».
Le PS assure mettre cette année tout en œuvre pour tendre vers le plus de transparence possible. Les 15 et 29 mars, jours des votes sur les textes d’orientation puis pour le poste de premier secrétaire, un logiciel auquel auront accès la direction et les candidats permettra de suivre les remontées des résultats en temps réel.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ L’ancien socialiste tombé en Macronie est chargé de la réforme de la fonction publique après avoir fait ses armes en Ardèche.
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Olivier Dussopt, un transfuge en quête de reconnaissance

L’ancien socialiste tombé en Macronie est chargé de la réforme de la fonction publique après avoir fait ses armes en Ardèche.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 09h30
    |

            Benoît Floc'h








                        



                                


                            

Debout, dos au panorama sur la Seine qu’offrent les fenêtres de son bureau de Bercy, Olivier Dussopt finit par lâcher : « Les portraits, ce n’est jamais agréable. Cela expose toujours à des paroles blessantes. » Soumis à un déluge de critiques, l’Ardéchois ne s’est pas habitué au réquisitoire de son ancien camp.
Pur produit du Parti socialiste, nommé secrétaire d’Etat auprès du sarkozyste Gérald Darmanin, M. Dussopt a pour principale mission de réformer la fonction publique, et notamment de respecter la promesse présidentielle de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires.

Il ne s’attendait pas à recevoir « une brassée de roses ». Il avait vu juste. Lors de sa nomination, en novembre 2017, ses anciens camarades ont dégainé. « Ça s’appelle des socialistes en peau de lapin », a fustigé Benoît Hamon. « C’est comme s’il nous crachait au visage », a confié le député Boris Vallaud.
« Je ne suis pas un enfant de chœur »
Trois mois plus tard, Olivier Dussopt négocie avec les syndicats la mise en œuvre du plan fonction publique annoncé le 1er février. Chez les socialistes, la colère retombe à peine et laisse poindre l’amertume.
« J’avais beaucoup d’amitié pour ce garçon et je m’aperçois que je ne le connaissais pas, soupire Marylise Lebranchu, ministre de la fonction publique de 2012 à 2016. Je ne le pensais pas si carriériste… Accepter de devenir secrétaire d’Etat de Gérald Darmanin, c’est un virage total. » 
« Ce n’est pas de l’amitié, balaye l’intéressé. Quand on a de l’amitié pour quelqu’un, on ne cherche pas à blesser. » Olivier Dussopt répond coup pour coup. « Je ne suis pas un enfant de chœur », dit ce lecteur passionné de Hannah Arendt et d’Annie Ernaux, deux femmes ayant pour point commun « une forme de brutalité et de lucidité, une volonté d’affronter la vérité et de l’affronter tout entière ». La rupture n’en est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Pour contrer les critiques de l’opposition, Matignon va se délocaliser une nouvelle fois pendant trois jours.
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L’exécutif toujours à la reconquête des territoires

Pour contrer les critiques de l’opposition, Matignon va se délocaliser une nouvelle fois pendant trois jours.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 09h19
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 09h22
    |

            Cédric Pietralunga








                        



                                


                            

C’est le nouvel angle d’attaque de l’opposition. Après avoir été décrit comme le « président des riches » durant plusieurs mois, Emmanuel Macron est aujourd’hui accusé d’être aussi celui « des villes ». Les campagnes ? « Un monde qu’il méprise et qu’il ignore », a asséné Laurent Wauquiez lors de sa visite au Salon de l’agriculture, mardi 27 février.
Les agriculteurs ? Le chef de l’Etat « enfonce le dernier clou sur [leur] cercueil », a attaqué Marine Le Pen le lendemain. « Ce n’était pas un sujet qui le passionnait quand il était au gouvernement. A la fin, on le jugera sur ce qui aura été fait. Pour l’instant, il n’y a pas grand-chose », a jugé Stéphane Le Foll, mercredi 28 février, sur le site du Journal du dimanche.

Dans les rangs de la Macronie, l’accusation fait bondir. « Nos opposants veulent faire de la modernité du président une caricature aux yeux des campagnes réputées plus traditionnelles. Ils essaient de mettre en scène un clivage qui n’existe pas, c’est absurde », s’insurge Richard Ferrand, député du Finistère et président du groupe La République en marche (LRM) de l’Assemblée nationale.
« Vouloir mettre Emmanuel Macron dans cette case est un contresens et peut sembler paradoxal venant de Laurent Wauquiez, qui a découvert la ferme au Salon de l’agriculture », réplique Christophe Castaner, secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement et délégué général de LRM.
Occuper le terrain
N’empêche, l’ordre est à la mobilisation générale au sein de l’exécutif. Pas question de reproduire l’erreur du « président des riches ». A l’époque, les proches du chef de l’Etat avaient balayé la critique d’un revers de main avant de se rendre compte que l’image s’imprimait dans l’esprit des Français. Selon un sondage Odoxa publié le 23 février, à la veille de l’ouverture du Salon de l’agriculture, plus de deux Français sur trois (69 %) considèrent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ A l’approche de la journée de mobilisation du 22 mars, les syndicats cherchent la meilleure stratégie face à la volonté de réforme du gouvernement.
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L’heure de vérité pour les fonctionnaires

A l’approche de la journée de mobilisation du 22 mars, les syndicats cherchent la meilleure stratégie face à la volonté de réforme du gouvernement.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 09h12
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 14h53
    |

            Benoît Floc'h








                        



                                


                            
C’est une épreuve de vérité. Le climat social du mois de mars va sans doute conditionner la suite du parcours réformateur d’Emmanuel Macron. Pendant sa campagne, il avait promis de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires. Devenu président, il est passé aux travaux pratiques.
Le 1er février, son premier ministre, Edouard Philippe, a détaillé les axes de la réforme de la fonction publique en évoquant le recours aux contractuels et même des plans de départs volontaires. Et l’une des questions-clés est de savoir si les syndicats de fonctionnaires, qui appellent à une journée de mobilisation le 22 mars – à laquelle se joindront les cheminots, qui envisagent une grève reconductible –, peuvent encore être l’aiguillon d’un mouvement de masse.

Le souvenir du conflit social de l’automne 1995, qui avait fait reculer le gouvernement Juppé sur la réforme des retraites, est dans toutes les têtes. Notamment dans celle de Jean-Marc Canon : le secrétaire général de la CGT-fonctionnaires exerçait déjà, à l’époque, des responsabilités syndicales. « Je me garderais bien d’établir une comparaison, prévient-il cependant. L’histoire ne repasse jamais les plats de la même façon… Les conditions du rapport de force sont d’ailleurs différentes. »
En 2018, les forces syndicales s’opposent à un gouvernement plus habile que celui d’Alain Juppé il y a près de deux décennies. Le projet de 1995 était en rupture totale avec les promesses de campagne de Jacques Chirac. « Emmanuel Macron applique le programme à teneur libérale qu’il a annoncé pendant la campagne », rappelle Stéphane Sirot, historien à l’université de Cergy-Pontoise. En outre, l’exécutif fait preuve d’« intelligence tactique, observe le politologue Jean-Marie Pernot. Il sait déminer ».
Manœuvre ingénieuse
Les syndicats paraissent un peu décontenancés par ce nouvel exécutif. « Il souffle le chaud...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Si l’on veut que l’immigration soit mieux acceptée, il faut maîtriser les arrivées et tenir compte  de l’insécurité culturelle, analyse le politologue dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤                     
                                                   
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Jérôme Fourquet : « La ligne de fermeté choisie par le gouvernement va dans le sens de l’opinion »

Si l’on veut que l’immigration soit mieux acceptée, il faut maîtriser les arrivées et tenir compte  de l’insécurité culturelle, analyse le politologue dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    03.03.2018 à 07h00
    |

Jérôme Fourquet (directeur du département Opinion et stratégie d’entreprise de l’Ifop)







                        



                                


                            
Tribune. Même si l’ampleur des flux migratoires traversant la Méditerranée a fortement diminué depuis 2015, ils n’ont pas été taris. Dans ce contexte, les opinions publiques européennes et française prennent de plus en plus conscience que l’arrivée en nombre de migrants sur les côtes européennes n’a pas constitué un phénomène passager lié à des facteurs géopolitiques conjoncturels (les révolutions arabes), mais est une donnée structurelle qui est amenée à durer dans le temps et à devenir récurrente. Alors que, en septembre 2015, au pic de la crise des migrants, 46 % des Français estimaient que ces arrivées massives allaient durer au plus un ou deux ans, ils n’étaient plus, à l’automne 2017, que 19 % à formuler ce diagnostic, 56 % pensant qu’il faudra faire avec ces arrivées de migrants et de réfugiés pendant plus de quatre ans, une opinion en progression de 27 points en deux ans, selon un sondage IFOP pour la Fondation Jean Jaurès et la Friedrich Ebert Stiftung.
Le scénario d’un phénomène de longue durée semble également se dessiner à l’aune d’un autre indicateur. En effet, seulement 28 % considéraient que nous avions principalement affaire à des migrants économiques en septembre 2015, cette proportion est ensuite montée à 34 % en mars 2016 puis à 44 % à l’automne 2017.
Echec patent de notre modèle d’intégration
Progressivement, le regard a changé et la question des migrants est apparue comme étant l’une des illustrations parmi d’autres du phénomène plus large de l’immigration puisque les personnes arrivant sont perçues de plus en plus comme des migrants économiques venant chercher des conditions de vie meilleures sur notre continent. Si la dimension humanitaire de cette question n’a pas disparu (et les images de migrants africains franchissant au péril de leur vie les cols alpins enneigés viennent la rappeler), l’idée qu’il serait de notre devoir d’accueillir ces populations n’est partagée que par 56 % de nos concitoyens (contre 75 %...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’anthropologue Michel Agier note que le projet de loi asile-immigration va ajouter au chaos actuel qui distingue déjà ce gouvernement. Il faut au contraire reconnaître plus de droits aux migrants.
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Michel Agier : « Notre pays n’a pas besoin de plus de police pour surveiller les migrants »

Dans une tribune au « Monde », l’anthropologue Michel Agier note que le projet de loi asile-immigration va ajouter au chaos actuel qui distingue déjà ce gouvernement. Il faut au contraire reconnaître plus de droits aux migrants.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 06h30
    |

                            Michel Agier (Anthropologue, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et chercheur à l’Institut de recherche pour le développement (IRD)








                        



                                


                            
Tribune. Alors qu’à Calais, quatre jeunes migrants érythréens sont toujours entre la vie et la mort après les violences du 1er février, et qu’à la frontière franco-italienne les cas de refoulement illégal de demandeurs d’asile et de mineurs non accompagnés par la police française sont constatés tous les jours, le projet de loi asile-immigration présenté le 21 février va ajouter au chaos actuel de l’inhospitalité qui est d’ores et déjà la marque de ce gouvernement.
Essentiellement, il accélère les procédures aboutissant à plus d’enfermements et d’expulsions, de plus en plus au mépris du droit. La procédure d’examen des demandes d’asile auprès de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) et des recours devant la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) sera accélérée, alors que le dispositif est déjà saturé. Cela aboutira, de fait, par le manque de personnel dans le dispositif, à des dossiers bâclés, migrants et associations n’ayant pas le temps de constituer des dossiers que les employés de l’Ofpra et de la CNDA n’auront pas le temps d’examiner. D’où une pression bureaucratique plus grande aboutissant à plus d’enfermements en centre de rétention administrative (CRA). Rallonger, à l’inverse, la durée légale de la rétention à trois mois (le double de la situation actuelle) aboutira à un plus grand nombre de personnes en CRA, dans des conditions qui sont en fait très proches de celles de la prison.
Gaz lacrymogène, destruction de tentes
Rétrospectivement, la déclaration d’Emmanuel Macron fin juillet 2017, « je ne veux plus personne dans les rues, dans les bois d’ici la fin de l’année », a quelque chose d’effrayant, voire de pervers. Sous ces mots ambigus, il ouvrait la voie, non à plus d’« humanité » comme certains ont pu le croire, mais à ce qui se dessine par la pratique, les paroles et maintenant le projet de loi de son ministre de l’intérieur : plus d’enfermements et plus d’éloignements,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Frédérique Couzigou, psychologue et écrivain, dénonce le discours systématique contre les « privilèges des fainéants », antichambre de la croyance dans une élite de « surhommes », étalon de la « réussite ».
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤                     
                                                   
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« J’ai été femme de cheminot »

Dans une tribune au « Monde », Frédérique Couzigou, psychologue et écrivain, dénonce le discours systématique contre les « privilèges des fainéants », antichambre de la croyance dans une élite de « surhommes », étalon de la « réussite ».



Le Monde
 |    02.03.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 17h27
    |

Frédérique Couzigou (Psychologue et écrivain)







                        



                                


                            
Tribune. J’ai été femme de cheminot. J’ai suivi, tous les trois ans, les mutations professionnelles et donc connu à chaque mouvement de poste, le chômage, la précarité dans mon propre parcours professionnel. Etre cheminot, c’est accepter une mobilité, c’est dormir dans des foyers plutôt que chez soi, c’est déblayer la voie de chemin de fer sous la neige et dans le froid, c’est vérifier au quotidien la sécurité du matériel, la fonctionnalité des équipements, la sécurité des voyageurs. C’est garder malgré tout la courtoisie quand, assis confortablement et au chaud, un voyageur râle après dix minutes de retard.
Au-delà de cette actualité navrante sur les soi-disant privilèges du cheminot, du retraité, du fonctionnaire – qui est aussi une infirmière épuisée, un policier suicidaire, un professeur accablé, un chercheur en précarité – il en va de comment la société, notre communauté, prend soin de la fragilité.
Désespérante décadence de l’humanité
Quand on réfléchit à baisser l’âge de la maturité sexuelle des enfants, quand on laisse crever dans leurs excréments nos anciens, quand on retrouve au matin des hommes et des femmes morts de froid, j’ai comme un doute sur notre civilisation, trop d’échos à la barbarie. Dans cette idéologie de la réussite, de l’étalon, du surhomme, du mérite, du premier de cordée… on frôle cette idée de l’homme supérieur de par son rang, son mérite et, pourquoi pas, son ADN. On frôle l’idéologie d’une classe supérieure, de par leur rang social, leur capital, leur intelligence… Il y a comme une répétition de ce qui a favorisé le chaos et le crime il n’y a pas si longtemps.

Les autres, les fainéants, les assistés, les handicapés, les vieux, les enfants, ne valent rien. Etre utile à l’idéologie, à la soumission par le travail, par le crédit, par la terreur de finir congelé sur un trottoir, limite notre réflexion, notre intelligence, notre lucidité, notre courage à se révolter contre cette concurrence entre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Quatorze économistes et parlementaires européens appellent, dans une tribune au « Monde », à dépasser les compromis sur les solutions techniques et financières à la crise de la dette afin d’apporter une réponse politique durable aux défaillances de l’union économique et monétaire.
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Zone euro : « Une nouvelle approche politique » est nécessaire

Quatorze économistes et parlementaires européens appellent, dans une tribune au « Monde », à dépasser les compromis sur les solutions techniques et financières à la crise de la dette afin d’apporter une réponse politique durable aux défaillances de l’union économique et monétaire.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 14h00
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Au cours des derniers mois, la Commission européenne ainsi qu’un groupe de quatorze économistes franco-allemands ont rendu publiques des propositions pour renforcer l’architecture de la zone euro. Ces propositions sont utiles pour faire vivre le débat, mais elles restent guidées par un fort esprit de compromis, et leurs ambitions sont limitées par les contraintes politiques perçues par leurs auteurs.
Des propositions qui ignorent le profond soubassement institutionnel, politique et démocratique de la crise de la zone euro
A cause de cela, ces propositions se concentrent sur les conditions nécessaires pour stabiliser la zone euro, mais restent très insuffisantes sur ce qu’il faudrait faire pour que la zone euro prospère réellement. En se limitant à des solutions graduelles et principalement économiques, ces propositions permettent sans doute à un compromis d’émerger, mais elles ignorent le profond soubassement institutionnel, politique et démocratique de la crise de la zone euro et négligent le fait que, si l’union monétaire ne devient pas rapidement un succès économique, elle risque de devenir politiquement insoutenable.
Depuis la crise de la zone euro, le consensus intellectuel s’est progressivement cristallisé autour de l’idée que, une fois le système financier réparé, la création d’une union bancaire complétée par une union des marchés de capitaux devrait permettre de partager suffisamment de risques pour stabiliser l’union monétaire, comme dans un régime assurantiel. Une sorte d’architecture de Maastricht complétée par, d’un côté, le filet de sécurité minimal créé durant la crise pour le secteur public (le Mécanisme européen de stabilité), accessible seulement à des conditions punitives, et par, d’un autre côté, un plus grand partage des risques par le biais des marchés financiers.
Une combinaison de règles complexes
Les économistes classiques croient que les marchés financiers, les signaux de prix et les incitations...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Les engagements présidentiels sur l’assurance-chômage « pour tous » sortent largement revus à la baisse des arbitrages du ministère du travail.
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Assurance-chômage : une promesse phare de Macron vidée de sa substance

Les engagements présidentiels sur l’assurance-chômage « pour tous » sortent largement revus à la baisse des arbitrages du ministère du travail.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 12h45
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 15h56
    |

            Adrien Sénécat








                        



   


Emmanuel Macron s’était engagé tout au long de sa campagne présidentielle à faire de l’assurance-chômage un droit « universel ». Après les négociations avec les partenaires sociaux, la ministre du travail, Muriel Pénicaud, a dévoilé, vendredi 2 mars, le contenu des arbitrages censés traduire ce discours en actes. « Nous allons créer de nouveaux droits au chômage, conformément au programme présidentiel », se félicite la ministre dans une interview au Parisien.
Pourtant, le détail des décisions apparaît en contradiction avec les promesses d’Emmanuel Macron. L’ambition de créer une « protection chômage pour tous les actifs » et d’ouvrir les droits « aux salariés qui démissionnent » y est en effet largement revue à la baisse. Décryptage.
1. Le droit au chômage pour les salariés qui démissionnent
CE QU’A PROMIS EMMANUEL MACRON
« Nous ouvrirons les droits à l’assurance-chômage aux salariés qui démissionnent », lit-on dans le programme présidentiel d’Emmanuel Macron. Il y est, par ailleurs, précisé que ce droit ne serait utilisable « qu’une fois tous les cinq ans ».
La promesse a été détaillée sur le site de campagne du candidat :
« Tous les cinq ans, chacun y aura droit, s’il choisit de démissionner pour changer d’activité ou développer son propre projet professionnel. Ceci incitera les entreprises à investir pour améliorer la qualité de vie au travail afin de conserver leurs salariés, dont nous renforçons ainsi le pouvoir de négociation. »
POURQUOI L’ENGAGEMENT N’EST PAS VRAIMENT TENU
Une fois en place, le gouvernement a rapidement tempéré cette promesse pour éviter de possibles dérives financières du système. Mais la liste des critères érigée dans l’accord avec les partenaires sociaux, conclu le 22 février, validée ensuite par Muriel Pénicaud, est particulièrement restrictive. Voici les principales conditions que les salariés démissionnaires devront respecter pour pouvoir être éligible :
avoir été affilié à l’assurance-chômage de manière « ininterrompue » pendant au moins cinq ans (les partenaires en voulaient sept mais la ministre a préféré maintenir la durée de cinq ans promise par Emmanuel Macron) ;avoir un « projet d’évolution professionnelle » qui soit une reconversion nécessitant de nouvelles formations ;ce projet doit avoir été jugé comme « réel et sérieux » avant la démission par la commission paritaire régionale compétente. Pour cela, il doit notamment répondre « raisonnablement aux besoins du marché du travail ».
La ministre du travail a déclaré vendredi tabler sur « entre 20 000 et 30 000 » bénéficiaires de ce nouveau droit par an. Un chiffre qui témoigne de la portée très limitée de la réforme. En pratique, il existait déjà auparavant des cas restreints de démissions considérées comme « légitimes » et ouvrant des droits au chômage, par exemple pour non-paiement des salaires ou dans certains cas de changement de résidence (la liste des critères est détaillée sur le site de l’Unédic).
Vingt-cinq mille démissions considérées comme « légitimes » ont ainsi donné droit au chômage en 2016, selon l’Unédic, auxquelles s’ajoutaient entre 20 000 et 30 000 demandes qui « ouvrent un droit suite à examen à quatre mois ». Soit 50 000 personnes concernées par an environ.
En résumé, l’« ouverture » du droit au chômage aux démissionnaires promise par Emmanuel Macron concernera moins de personnes que les dispositifs préexistants auquel elle s’ajoutera. Concrètement, on passerait d’environ 50 000 auparavant à entre 70 000 et 80 000 démissionnaires indemnisés par Pôle emploi chaque année. L’esprit de la réforme détaillé dans le programme du candidat d’« [inciter] les entreprises à investir pour améliorer la qualité de vie au travail afin de conserver leurs salariés » y a également laissé des plumes.
2. La protection chômage pour tous les actifs
CE QU’A PROMIS EMMANUEL MACRON
Le programme présidentiel de l’ex-ministre était catégorique :
« Nous permettrons à tous les travailleurs d’avoir droit à l’assurance-chômage. Les artisans, les commerçants indépendants, les entrepreneurs, les professions libérales, et les agriculteurs disposeront, comme les salariés, de cette protection. »
Sur son site de campagne, il ajoutait : « Lorsqu’on est successivement salarié et indépendant, ou parfois les deux en même temps, la protection ne peut plus dépendre du statut comme dans le monde d’hier. L’assurance-chômage universelle couvrira tous les actifs — salariés, artisans, commerçants indépendants, entrepreneurs, professions libérales, agriculteurs — et facilitera les transitions d’un statut à un autre. »
POURQUOI L’ENGAGEMENT N’EST PAS VRAIMENT TENU
Dans les faits, Muriel Pénicaud a bien annoncé une indemnisation pour les indépendants en perte d’activité, mais à deux conditions :
elle ne concernera que les indépendants placés en liquidation judiciaire ;Parmi ceux-là, seuls ceux qui avaient au moins « un bénéfice annuel autour de 10 000 euros » pourront en bénéficier. Les indépendants aux plus faibles revenus en sont donc exclus.
Ceux qui remplissent les deux critères pourront prétendre à un « filet de sécurité » de 800 euros par mois pendant six mois, a dit la ministre.
S’il s’agit bien d’une avancée pour certains, on est loin de la promesse de campagne d’une « assurance-chômage universelle » et indépendante du statut. Le « monde d’hier » fait de la résistance.

        Lire aussi :
         

                Budget 2018 : ce qu’Emmanuel Macron n’avait pas dit dans son programme




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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Pour Jean-François Carenco, ex-préfet d’Ile-de-France et président de Coallia, qui héberge de nombreux migrants, les associations ne vont pas devenir des auxiliaires de police.
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Migrants : « La circulaire Collomb a été diabolisée »

Pour Jean-François Carenco, ex-préfet d’Ile-de-France et président de Coallia, qui héberge de nombreux migrants, les associations ne vont pas devenir des auxiliaires de police.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 12h24
    |

            Maryline Baumard








                        



                                


                            

Jean-François Carenco, préfet d’Ile-de-France entre 2015 et 2017, est président de Coallia, un acteur majeur du secteur social avec des foyers pour travailleurs immigrés, et des résidences d’hébergement d’urgence. Il se pose en défenseur de la « circulaire Collomb », ce texte, qui prône le recensement du statut des personnes dans l’hébergement d’urgence. Une circulaire que le Conseil d’Etat a recadrée le 20 février mais dont la future loi sur l’immigration et l’asile discutée en avril facilite l’application.

Quel est votre positionnement sur la « circulaire Collomb », très contestée par les associations ?
En tant que président de Coallia qui accueille et héberge tous les jours des milliers de migrants et avec l’ensemble des 3 500 salariés de l’association, nous comprenons et éprouvons au quotidien que la fraternité républicaine ne pose pas de question, et continuera avec cette circulaire à ne pas en poser.
On entrera toujours dans l’hébergement d’urgence sans montrer ses papiers – des papiers que dans plus de 70 % des cas, en Ile-de-France, on n’a d’ailleurs pas – dans le cadre de l’hébergement spécifique de l’hiver. Mais si notre société veut rester humaine, il lui faut de la rigueur. C’est la raison pour laquelle l’Etat doit savoir qui est hébergé dans les établissements de premier accueil afin de pouvoir mieux orienter les personnes accueillies.

Il existe des structures d’accueil adaptées pour chaque public, et il est nécessaire de les y orienter. L’idée qu’on ne connaisse pas les gens qui entrent dans le système est absurde. Cela rend le travail d’accueil inefficace et coûteux. Dépenser autant d’argent pour avoir des migrants mal ou non pris en charge, est humainement inacceptable et c’est un non-sens administratif.
Cette circulaire a été diabolisée, mais elle a vocation à ce qu’enfin, on connaisse ces personnes. Cependant, il faut veiller à ne pas délégitimer le secteur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Le ministère du travail a d’ores et déjà réfléchi à une modulation des cotisations en fonction du nombre d’inscriptions à Pôle emploi.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤                     
                                                   
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Assurance-chômage : les branches sauront-elles s’autoréguler sur les contrats courts ?

Le ministère du travail a d’ores et déjà réfléchi à une modulation des cotisations en fonction du nombre d’inscriptions à Pôle emploi.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 11h17
    |

            Sarah Belouezzane








                        



                                


                            
Pour certains, le problème est insoluble et relève de la structure du marché du travail français. D’autres, au contraire, estiment que la situation n’a que trop duré et qu’il est temps d’y remédier par tous les moyens. Voilà des mois, voire des années, que la question du recours excessif aux contrats très courts cristallise les débats entre patronat et syndicats tricolores.
En 2016, c’est justement sur la manière de juguler ce problème que la négociation de la nouvelle convention d’assurance-chômage avait échoué. Deux ans plus tard, et alors que les partenaires sociaux étaient appelés par le gouvernement à plancher sur une vaste réforme de l’assurance-chômage, c’est encore sur ce point-là que les discussions ont failli échouer. Déjouant les pronostics, les partenaires sociaux ont finalement trouvé, vendredi 2 mars, une solution qui convienne, semble-t-il, aux syndicats, mais aussi à un patronat réticent à voir le coût du travail augmenter.

Ils ont donc décidé de laisser à la totalité des branches le soin de négocier un système qui régule leurs recours aux contrats très courts. Celles-ci ont jusqu’au 31 décembre 2018 pour trouver une solution, faute de quoi le gouvernement leur appliquera un système de bonus-malus sur les cotisations. Soucieux de donner des gages aux partenaires sociaux sur l’assurance-chômage, avant un plus grand séisme sur la refonte de la formation professionnelle, le gouvernement a avalisé, vendredi, ce principe lors de la présentation des points-clés de sa réforme.
« Le gouvernement prendra ses responsabilités »
« Elles devront se fixer des objectifs quantitatifs et qualitatifs. Si les branches ne sont pas parvenues à des résultats satisfaisants, le gouvernement prendra ses responsabilités », a ainsi expliqué Muriel Pénicaud, la ministre du travail, dans un entretien au Parisien paru vendredi 2 mars. « Il faut une incitation financière pour qu’elles négocient, mais ce sont elles qui savent le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Le départ de Noël Mamère, qui a abandonné son émission sur le « pure player » alternatif en réaction à l’éviction brutale d’une journaliste et aux propos d’un « correspondant » sur la guerre de Syrie, en a suscité d’autres.
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Une dizaine de soutiens du Média se désolidarisent de la webtélé proche des « insoumis »

Le départ de Noël Mamère, qui a abandonné son émission sur le « pure player » alternatif en réaction à l’éviction brutale d’une journaliste et aux propos d’un « correspondant » sur la guerre de Syrie, en a suscité d’autres.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 06h38
    |

            Ariane Chemin








                        



   


A l’automne 2017, ils avaient appelé de leurs vœux la naissance d’un « nouveau média citoyen », « humaniste et antiraciste, féministe, écologiste et progressiste ». Ils regrettent aujourd’hui d’avoir apposé leur signature en bas du « manifeste » publié dans Le Monde en septembre.
Onze personnes, parmi la centaine de personnalités du monde politique, de la société civile et du spectacle qui avaient soutenu la création d’un « pure player » « fondamentalement alternatif par sa gouvernance, son modèle économique et son fonctionnement », ont fait savoir, dans un texte confié au Monde, qu’elles se désolidarisaient du Média, la webtélé proche des « insoumis » lancée le 15 janvier et dirigée par le psychanalyste Gérard Miller et la communicante chargée des campagnes de Jean-Luc Mélenchon, Sophia Chikirou.
Ces onze personnalités, soucieuses de prendre ainsi leurs distances, sont l’ancienne ministre de la culture Aurélie Filippetti, proche de Benoît Hamon, l’avocat Antoine Comte, l’écrivain Gérard Mordillat, le médecin urgentiste Patrick Pelloux, les comédien et comédienne François Morel et Judith Chemla, les journalistes Cécile Amar, de L’Obs, et Edouard Perrin, de « Cash investigation », les musiciens Giovanni Mirabassi et Médéric Collignon.
L’ancien candidat des Verts à l’élection présidentielle Noël Mamère – l’une des vedettes de l’antenne, chargé de réaliser chaque mardi l’interview d’un défenseur de l’écologie –, a également signé le texte et il a fait savoir qu’il « ne [remettrait] plus les pieds dans cette chaîne de télévision ».
Vendredi après-midi, deux nouvelles personnalités ont, à leur tour, souhaité retirer leur soutien à la webtélé alternative : la comédienne Josyane Balasko et la chanteuse Agnès Bihl.

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« Le Média ne répond plus à la promesse initiale »
En cause, la brutale mise à l’écart, le 19 février, de la journaliste Aude Rossigneux, pilier de l’équipe rédactionnelle qui avait été chargée de recruter les équipes. Mais aussi les propos tenus à l’antenne, le 23 février, par Claude El Khal, « correspondant » au Liban de la chaîne sur la guerre en Syrie, justifiant le choix de ne pas diffuser d’images des massacres perpétrés dans la Ghouta orientale, en banlieue de Damas, au motif qu’elles ne seraient pas « vérifiées de manière indépendante » et par refus du « sensationnalisme ».
« Nous avons signé le “Manifeste pour un nouveau média citoyen” en septembre », expliquent ces anciens soutiens du texte rédigé alors par les cofondateurs de la chaîne, Gérard Miller, Sophia Chikirou, aujourd’hui directrice générale du Média, et le réalisateur Henri Poulain. « Mais aujourd’hui, Le Média ne répond plus, à nos yeux, à la promesse initiale, ni sur le fond ni sur la forme, se désolent les signataires. Nous ne pouvons plus le soutenir. »

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Le ministère du travail a conservé une partie des dispositions prévues par les partenaires sociaux pour ce qui est de l’indemnisation des démissionnaires, des indépendants et de la réduction des contrats courts.
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Assurance-chômage : le gouvernement choisit la conciliation

Le ministère du travail a conservé une partie des dispositions prévues par les partenaires sociaux pour ce qui est de l’indemnisation des démissionnaires, des indépendants et de la réduction des contrats courts.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 12h31
    |

            Sarah Belouezzane








                        



   


Emmanuel Macron aurait-il entendu la menace à peine voilée de Laurent Berger ? D’une rare véhémence, l’entretien donné lundi 26 février par le secrétaire général de la CFDT aux Echos contenait un message on ne peut plus clair pour le gouvernement : « Si on nous piétine, il ne faudra pas ensuite venir nous chercher pour éteindre l’incendie », affirmait le leader syndical.

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Comprendre : s’ils sont consultés et qu’ils donnent leur avis, les partenaires sociaux doivent être écoutés pour préserver la paix sociale. Un message entendu par le gouvernement qui a révélé, vendredi 2 mars, des choix bien proches de ceux sur lesquels s’étaient entendus, le 23 février, patronat et syndicats à propos de la réforme de l’assurance-chômage.
Dans un contexte social incertain – où l’étincelle allumée avec l’annonce de la réforme de la SNCF risque à tout moment de se transformer en incendie agrégeant tous les mécontentements du pays –, l’exécutif semble donc avoir choisi la voie de la conciliation. Poussé en cela par des partenaires sociaux qui avaient conditionné la signature de l’accord à sa reprise in extenso par le ministère du travail.
Pénicaud : « Chaque acteur doit être dans son rôle »
« Nous sommes en phase avec le texte de l’accord », a d’emblée déclaré, vendredi, Muriel Pénicaud, la ministre du travail dans un entretien au Parisien. Pour autant, elle prévient : « Nous discutons, mais pour avancer. Pendant plus de dix ans, le pays est resté dans une forme d’immobilisme alors que le monde a beaucoup évolué. Emmanuel Macron a été élu parce que les Français attendent du changement. (…) Nous sommes tous au service de l’intérêt général. L’Etat, le Parlement, le patronat et les syndicats. Et chaque acteur doit être dans son rôle. » 
Dans les faits, le ministère du travail a donc ainsi décidé de garder une bonne partie des dispositions prévues par les partenaires sociaux, pour ce qui est de l’indemnisation des démissionnaires, des indépendants et enfin de la réduction des contrats courts.
Les démissionnaires d’abord. Pour toucher l’assurance-chômage, ces derniers devront présenter un projet à leur conseiller en évolution professionnelle. Si celui-ci est validé – les conditions, les critères et l’instance qui se chargera de la validation sont encore à préciser –, ils recevront alors leur indemnité pendant six mois, au bout desquels aura lieu un contrôle. S’il est jugé que les efforts déployés pour leur projet sont suffisants, ils pourront continuer à toucher de l’argent dans les mêmes conditions de temps et de taux que le reste des demandeurs d’emploi. Donc, pas de durée limitée ou de taux de remplacement des salaires moins élevés, comme le prévoyait au départ le document d’orientation du gouvernement.
Seule différence notable entre l’accord syndical et la copie gouvernementale : la durée d’affiliation. Les partenaires sociaux la voyaient à sept ans, le gouvernement la fait baisser à cinq ans, comme promis par M. Macron pendant sa campagne. « Pour la première fois, on va créer un droit pour ceux qui veulent mener un nouveau projet professionnel : créer son entreprise ou changer de métier. C’est un beau choix de société d’accompagner ceux qui ont un projet », a déclaré la ministre dans son entretien au Parisien.
FO : « Notre accord repris à 95 % »
Les indépendants ensuite. Eux qui ne cotiseront pas un centime de plus devraient se voir allouer une indemnité de 800 euros pour seulement six mois. Seront concernés ceux qui auront mis leur activité en liquidation judiciaire et qui avaient un bénéfice annuel d’au moins 10 000 euros. « Cette mesure vise notamment les agriculteurs dont les défaillances d’exploitations ont continué d’augmenter en 2017, les artisans, les micro-entrepreneurs, les commerçants indépendants », explique la ministre.
Les indépendants économiquement dépendants comme les conducteurs de véhicules avec chauffeurs ou les livreurs de nourriture sur deux roues ne sont pas concernés par la mesure. Leur situation doit cependant être bientôt évoquée, explique-t-on au ministère du travail. Elle sera, par ailleurs, tranchée dans le texte de loi contenant les détails de la réforme.
Enfin, la limitation des contrats courts sera, comme le souhaitent patronat et syndicats, laissée à la charge des branches qui devront négocier un accord avant la fin de l’année. Si elles échouent, elles se verront imposer un système de bonus-malus.
Communiqués aux partenaires sociaux dans la journée de jeudi, ces arbitrages ont été bien reçus par plusieurs centrales. « Pour l’instant, on peut se satisfaire du fait que notre accord a été repris à 95 % », juge Michel Beaugas, négociateur pour FO. « C’est conforme à ce que nous avions négocié et tout à fait dans l’esprit de ce que nous voulions, se félicite pour sa part Véronique Descaq, numéro deux de la CFDT. Ils mesurent qu’on ne peut pas mener des réformes qui tiennent la route en faisant fi du dialogue social. »
Inquiétude sur la formation professionnelle
Pour autant, poursuit la responsable syndicale : « Nous demeurons méfiants sur la réforme de la formation professionnelle dont nous attendons les orientations. Il ne faudrait pas que le gouvernement aille un coup à gauche, un coup à droite. »
Une inquiétude tout à fait justifiée, juge un leader syndical. « Il ne faut pas se leurrer, le respect de l’accord sur l’assurance-chômage n’est qu’une compensation pour ce qui va arriver lundi sur la formation professionnelle. Reprendre le premier n’engageait finalement pas beaucoup le gouvernement, il ne coûte rien, ils tiennent leurs promesses à moindres frais. Alors que l’accord trouvé sur le second est bien plus précis et son non-respect va faire bien plus mal aux partenaires sociaux. »
L’exécutif qui souhaite simplifier « la tuyauterie » de la formation professionnelle pourrait en effet, entre autres, retirer la collecte des fonds aux syndicats et au patronat. En somme, il ferait de la politique : donnant d’une main et reprenant d’une autre. Ce faisant, le gouvernement réduit, au passage, à la portion congrue, une mesure emblématique de la campagne du candidat Macron : l’indemnisation des démissionnaires et des indépendants. Car tel qu’il est conçu, le dispositif devrait à peine concerner plus de 29 000 indépendants et 35 000 démissionnaires.
« L’équation est simple, résume un fin connaisseur du dossier, l’assurance-chômage est bien moins transformatrice que la réforme de la formation professionnelle ou de l’apprentissage. La première permet de modifier le marché du travail, mais les secondes sont structurantes pour le gain en compétence, et donc pour l’économie du pays. » Le message a donc peut-être été entendu, mais pas dans sa globalité.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ La perception par l’opinion des réformes tous azimuts engagées par l’exécutif sera déterminante pour la suite du quinquennat. A ce stade, les Français semblent divisés.
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Macron à l’épreuve des sondages

La perception par l’opinion des réformes tous azimuts engagées par l’exécutif sera déterminante pour la suite du quinquennat. A ce stade, les Français semblent divisés.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 10h26
    |

            Bastien Bonnefous et 
Solenn de Royer








                        



                                


                            
Prendre son risque ou le payer ? Alors qu’il poursuit ses grandes manœuvres sur le front social, avec la réforme explosive de la SNCF, qui sera suivie dans les mois qui viennent par celle des retraites, Emmanuel Macron se trouve à un rendez-vous important avec l’opinion. La perception par celle-ci des réformes tous azimuts sera déterminante pour la suite du quinquennat.
L’ensemble des baromètres mensuels des instituts, réalisés avant l’annonce, lundi 26 février, de la réforme ferroviaire, donnaient l’exécutif quasi systématiquement en baisse, avec notamment une chute de popularité de 11 points pour le président dans une enquête Yougov pour Le HuffPost et CNews. En revanche, un sondage Elabe effectué après l’annonce, le place en hausse. 
« Il n’en reste rien des sondages. Il y a des gens qui toute leur vie ont été obsédés par ça, il n’en reste rien, a balayé le chef de l’Etat, jeudi, lors d’un déplacement à Châlons-en-Champagne (Marne). Ce qui compte, c’est le travail en profondeur que vous faites pour le pays. (…) Et donc les vicissitudes du quotidien m’importent peu. » 
A ce stade, les Français semblent divisés devant l’activisme présidentiel. Si la réforme de l’éducation nationale ou la création d’un service national universel sont appréciées, les mesures concernant le pouvoir d’achat sont jugées insuffisantes, notamment par les classes populaires ou les retraités. 
« La question du pouvoir d’achat a pris beaucoup plus d’intensité : les Français se disent l’emploi repart, les indicateurs économiques sont bons, mais ça ne va pas mieux pour moi », décrypte Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos France. Pour le politologue, « il y a une tension forte entre l’amélioration globale de la situation du pays et le sentiment que les Français ont individuellement ».
Des « réformes qui ne font pas consensus »
Selon une enquête ViaVoice pour Libération, publiée le 1er mars,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ La ministre du travail promet dans une interview au « Parisien » que l’assurance-chômage sera réformée sans légiférer par ordonnance, contrairement au code du travail.
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Assurance-chômage : Muriel Pénicaud veut aller « plus loin »

La ministre du travail promet dans une interview au « Parisien » que l’assurance-chômage sera réformée sans légiférer par ordonnance, contrairement au code du travail.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 01h03
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 08h05
   





                        



   


Le gouvernement ira « plus loin » que les partenaires sociaux sur l’indemnisation chômage des démissionnaires, avec un droit mobilisable « tous les cinq ans » au lieu de sept, mais il respectera leur compromis sur les contrats courts, a annoncé jeudi la ministre du travail, Muriel Pénicaud, dans un entretien au Parisien.
Syndicats et patronat ont finalisé le 22 février un accord sur l’assurance-chômage, qui prévoit une indemnisation pour les salariés qui démissionnent en vue d’une reconversion professionnelle. Le texte demande par ailleurs aux branches professionnelles de réduire, par la négociation, le recours aux contrats courts. « Nous sommes en phase avec le texte de l’accord », déclare Mme Pénicaud. Concernant notamment la lutte contre les contrats précaires, « nous allons respecter ce que les partenaires sociaux ont prévu dans leur accord », a-t-elle indiqué.

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Les branches auront « jusqu’à fin décembre pour prendre des mesures afin de modérer le recours aux contrats courts ». Faute de « résultats satisfaisants », « le gouvernement prendra ses responsabilités » en leur imposant « un bonus-malus dont la possibilité sera inscrite dans le projet de loi ». Selon elle, les branches « n’auront plus le choix », ce sera leur « dernière chance » de se saisir de la question.
Démission après cinq ans
En revanche, la ministre ne compte pas reprendre l’accord à la lettre concernant les démissionnaires. « Les partenaires sociaux ont mis comme condition d’avoir une durée d’activité ininterrompue de sept ans dans l’entreprise pour en bénéficier. On souhaite aller plus loin qu’eux sur ce point : instaurer un droit tous les cinq ans », développe la ministre.
Autre différence : le nouveau droit sera mobilisable par un démissionnaire souhaitant « créer son entreprise ». Après l’avoir un temps envisagé, les partenaires sociaux avaient, eux, retiré cette possibilité de leur texte final.
En revanche, la ministre valide la proposition des partenaires sociaux d’indemniser les démissionnaires dans « les mêmes conditions que n’importe quel chômeur », alors qu’elle tablait initialement sur un droit minoré.
Avec les critères retenus par le gouvernement, la mesure concernerait « entre 20 000 et 30 000 personnes par an » et coûterait « quelques dizaines de millions d’euros supplémentaires » par rapport aux 180 millions budgétés par les partenaires sociaux.

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Indemniser les indépendants
Concernant l’indemnisation des indépendants, sujet que les partenaires sociaux avaient renvoyé dans le camp du gouvernement, la ministre annonce qu’un « droit de 800 euros par mois pendant six mois » sera mis en place, « financé par la CSG » et « destiné aux indépendants qui sont en liquidation judiciaire et qui avaient un bénéfice annuel autour de 10 000 euros ».
Pour finir, sur le contrôle des chômeurs, le gouvernement va « tripler les équipes de contrôle de Pôle emploi », qui « vont passer de 200 à 600 agents d’ici à la fin de l’année ».
Le renforcement des contrôles devra « aller de pair avec un accompagnement plus rapide et personnalisé des demandeurs d’emploi ».
En revanche, la question des sanctions n’est pas tranchée. « Nous allons en discuter rapidement avec les partenaires sociaux », indique la ministre, qui juge le système actuel « incohérent ». La notion d’offre raisonnable d’emploi va notamment être définie « plus précisément » afin que les sanctions après deux refus soient « pleinement applicables ».



                            


                        

                        


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