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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. La série dérivée de « Little Britain » (2003-2005) se paie de manière aussi outrageante que comique la tête des Américains (sur OCS Go, à la demande).
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TV – « Little Britain USA », brûlot malpensant

Notre choix du soir. La série dérivée de « Little Britain » (2003-2005) se paie de manière aussi outrageante que comique la tête des Américains (sur OCS Go, à la demande).



Le Monde
 |    03.03.2018 à 18h00
    |

            Renaud Machart








                        


Série sur OCS Go à la demande

Si l’irrévérence de French and Saunders ou l’humour noir et scatologique de Getting on sont à votre goût, nul doute que le splendide mauvais goût, assez typiquement british, de Little Britain USA (2008) vous enchantera. Cette série est dérivée de Little Britain (2003-2005), une production télévisée à grand succès créée par David Walliams et Matt Lucas. Dans les trois saisons britanniques, Albion en prenait pour son grade ; dans celle-ci, les auteurs se paient la tête des Etats-Unis avec une totale absence de retenue dans la caricature.
Certains des personnages incarnés dans les trois premières saisons par les formidables David Walliams et Matt Lucas (souvent en travestis) reviennent, tandis que de nouveaux sont ajoutés à la galerie. On notera aussi des « invités spéciaux » comme Robert Vaughn, le chanteur Sting (qui s’accompagne au luth) ou l’humoriste et actrice Rosie O’Donnell.
Dès le premier épisode, où l’on voit cette dernière questionnée par l’animatrice d’un atelier de parole pour obèses, le ton est donné : « Vous êtes devenue lesbienne parce que, étant grosse, vous ne trouviez aucun homme ? » Le dialogue se fait souvent épicé et les blagues sur les « bouffeuses de gazon » abondent.
Blagues salaces intraduisibles
Plus tard, un démonstrateur d’armes à feu témoigne d’une formidable érection chaque fois qu’il touche l’une d’entre elles… Jusqu’à ce qu’une tache fraîchement humide marque un pli de son pantalon. Un sénateur américain marié et conservateur, pris en fâcheuse posture avec une prostituée transsexuelle ou avec un jeune homme, donne une conférence de presse pour expliquer laborieusement qu’il ne s’agit en rien de ce que chacun pourrait croire.
Une voix off, façon documentaire, ne cesse de dire, sur le ton le plus compassé, des horreurs sur les Américains accompagnées de blagues souvent salaces intraduisibles. Les vieux, les handicapés, les minorités ethniques, les gays et les gros ont tous droit à des plaisanteries hautement incorrectes.
Au point qu’on a l’impression, en ces temps où tout est sujet à tabou et à excommunication, que Little Britain USA, tourné il y a onze ans, est une sorte de brûlot mal-pensant qui serait probablement impensable aujourd’hui.
Little Britain USA, créée par David Walliams et Matt Lucas. Avec David Walliams et Matt Lucas (GB, 2008, 6 × 27 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ L’écrivaine et dramaturge, admirée de Jacques Derrida, complice du Théâtre du Soleil, puise depuis soixante ans dans les « ressources inépuisables » de la langue. Plus que jamais avec « Défions l’augure », empli de souvenirs passés et à venir.
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Hélène Cixous : « La digression est l’âme de la littérature »

L’écrivaine et dramaturge, admirée de Jacques Derrida, complice du Théâtre du Soleil, puise depuis soixante ans dans les « ressources inépuisables » de la langue. Plus que jamais avec « Défions l’augure », empli de souvenirs passés et à venir.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 15h00
    |

                            Bertrand Leclair (Collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            

Le regard porte plus loin, quand on prend de la hauteur. Comment s’étonner qu’Hélène Cixous vive au dixième étage d’un immeuble moderne, dans un appartement parisien ouvert d’est en ouest sur le bleu du ciel ? Dans une belle lumière matinale annonçant le printemps, l’intelligence vive scintille au détour de chaque phrase comme au coin des yeux, tandis que les oiseaux tracent les signes au-delà des balcons, fidèles aux augures. « Défions l’augure », dit justement le titre du nouveau livre d’Hélène Cixous et, « oui, bien sûr, confirme-t-elle, il faut y croire et dans l’instant ne pas y croire », pour défier l’augure. Le titre est en réalité un emprunt microscopique à Hamlet, de Shakespeare : une petite phrase lancée par le héros au moment où le pressentiment de la mort qu’il éprouve physiquement l’invitait à reculer. C’est cette petite phrase, comme un pan de mur jaune, que Défions l’augure s’emploie à grossir à notre vue pour rendre enfin lisible ce qui ne l’était pas tout à fait, en nous-même.
A la mort brutale de son père, en Algérie
Défier l’augure, c’est défier l’emprise de la mort quand le monde, de toute façon, tourne à la perte de tous et de chacun. Hélène Cixous en a fait l’expérience sismique dès l’enfance, à la mort brutale de son père, en Algérie, où elle est née et a grandi. « Un cataclysme, pour l’enfant que j’étais, un impossible pur, je ne pouvais ni le croire ni ne pas le croire. » Elle avait déjà vécu une autre forme d’impuissance radicale, interdite d’école dans l’Algérie soumise à Vichy : « A 3 ans, les barreaux se sont matérialisés. J’ai compris que nous étions dans des prisons qui s’appelaient, par exemple, “juif”. Il était impossible de trouver une réponse aux agressions ; à hauteur d’enfant, la solution ne pouvait pas passer par la confrontation mais par le rêve, le passage dans un autre monde. Ce que la littérature a été pour moi, tout de suite, une terre d’asile et ce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ « On a chopé la puberté », paru aux éditions Milan, explique à des préadolescentes que la poussée des seins permet « d’attirer l’attention du bel Ethan ».
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Une pétition réclame le retrait d’un livre sur la puberté jugé sexiste et dégradant

« On a chopé la puberté », paru aux éditions Milan, explique à des préadolescentes que la poussée des seins permet « d’attirer l’attention du bel Ethan ».



Le Monde
 |    03.03.2018 à 14h01
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 15h24
   





                        



   


Un livre qui entend « dédramatiser l’adolescence » pour ses défenseurs et qui véhicule un « discours sexiste » pour ses détracteurs. L’ouvrage On a chopé la puberté, destiné à expliquer la puberté aux préadolescents, et paru aux éditions Milan, fait l’objet de vives critiques. Une pétition, lancée vendredi 2 mars, demande son retrait, et a recueilli plus de 95 000 signatures en moins de 24 heures.
Sur les réseaux sociaux, de nombreux passages de l’ouvrage sont repris pour en souligner le caractère sexiste et dégradant à l’égard des femmes. « Grâce à tes seins en plein développement, tu as enfin attiré l’attention du bel Ethan dont tu es secrètement amoureuse depuis la maternelle », peut-on lire dans ce livre de la collection « Les Pipelettes ».
Le livre explique que « grâce à tes nouvelles formes plus arrondies, tu convaincs ta mère de renouveler totalement ta garde-robe et d’aller faire du shopping dans des boutiques de grande ». Ou encore : « comme tu grandis », « tu as enfin le droit de porter du fard à paupières, du gloss, voire du mascara, au collège ».

A ne SURTOUT pas lire: "on a chopé la puberté", un livre "moisi de stéréotypes" et de "culture du viol" publiés par… https://t.co/wocXeO5Ou0— AgatheWeil (@Agathe Weil)


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Sur sa page Facebook, la blogueuse Emma, qui a remis en lumière dans une bande dessinée le concept de « charge mentale », publie quelques passages de l’ouvrage, qu’elle a rebaptisé Apprends dès 9 ans à être un objet sexuel :
« Ta poitrine ressort davantage quand tu te tiens bien droite. Tout est une question d’attitude et de maintien. Les filles à petits seins sont aussi attirantes que les autres ! »
La mère de famille de deux enfants relaie la pétition espérant « qu’aucune gamine n’ait l’occasion de lire cette horreur ». « A l’âge ou les jeunes filles se construisent et à travers ce type d’ouvrage, la société leur fait comprendre qu’elles sont à disposition sexuelle, qu’on peut les juger sur leur physique et qu’elles doivent masquer leur corps », résument les personnes à l’origine de la pétition, qui ont reçu le soutien de l’association Osez le féminisme :
« Choquant ! Discours sexiste et dégradant pour ces enfants, réduites à n’être qu’un corps sexualisé à la disposition du désir masculin. Quelle estime d’elles-mêmes peuvent-elles construire en lisant ces inepties misogynes ? »
« Ton décalé »
Sommées de s’expliquer, les éditions Milan ont fait savoir sur leur blog que cet ouvrage « documentaire au ton volontairement décalé et humoristique » est « destiné à dédramatiser une période souvent difficile à vivre à l’adolescence ». L’éditeur rappelle « qu’il est engagé aux côtés des filles et des garçons, pour les accompagner dans leur découverte du monde, sans dogmes ni prédicats. »
Selon l’une des autrices de l’ouvrage, ce livre répondrait, tout en « désamorçant les clichés », à des stéréotypes que les petites filles « ont déjà intégrés. » Au sujet de l’un des passages les plus critiqués sur les tétons visibles à la puberté, elle rétorque qu’une « fille qui demande “comment mettre mes seins en valeur sans trop attirer les regards” » a le droit à une réponse.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Une hausse par rapport à 2017, où la soirée avait été suivie par 1,9 million de personnes.
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Les Césars ont été suivis par deux millions de téléspectateurs sur Canal+

Une hausse par rapport à 2017, où la soirée avait été suivie par 1,9 million de personnes.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 12h54
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 14h27
   





                        


La 43e cérémonie des Césars, retransmise en clair sur Canal+ vendredi 2 mars, a attiré 2,1 millions de téléspectateurs (11,4 % de part d’audience). Une hausse par rapport à 2017, où la soirée avait été suivie par 1,9 million de personnes, selon des chiffres de Médiamétrie.
La soirée, placée sous le signe de la lutte contre les violences faites aux femmes et animée par Manu Payet, a permis à Canal+ de se hisser à la quatrième place des chaînes les plus regardées hier soir, derrière TF1, France 2 et M6.
La cérémonie a enregistré un pic d’audience de 2,3 millions de téléspectateurs à 22 h 37, au moment de l’hommage à Mireille Darc rendu par Aure Atika, qui portait la robe dos-nu mythique de la star, a précisé la chaîne cryptée, ajoutant que 19,2 % de ses abonnés ont suivi l’événement qui était également retransmis sur Mycanal et Dailymotion.
En haut du podium, la Une a séduit 3,6 millions de personnes (18,7 %) avec son jeu Le Grand Concours des animateurs, talonnée par France 2 qui en a attiré 3,3 millions (14,7 %), avec sa série française Lanester. En 3e place, la série Mac Gyver sur M6 a été regardée par 2,8 millions de personnes (12,1 %).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ L’avenir de cette publication culturelle, créé en 1991 par l’Institut du monde arabe, est mis en cause, alerte son rédacteur en chef.
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Inquiétudes sur l’avenir du magazine « Qantara »

L’avenir de cette publication culturelle, créé en 1991 par l’Institut du monde arabe, est mis en cause, alerte son rédacteur en chef.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 12h00
    |

            Charlotte Bozonnet








                        



                                


                            
La revue de l’Institut du monde arabe (IMA), Qantara, va-t-elle disparaître ? C’est ce que craint son rédacteur en chef, François ­Zabbal, qui a adressé une lettre au directeur de l’institut, Jack Lang, le 8 février, pour l’alerter sur cette question. « Le mardi 30 janvier, écrit M. Zabbal, le secrétaire général de l’IMA, M. David Bruckert, m’a annoncé, au cours d’une réunion, l’arrêt du magazine Qantara (…). J’avoue ne pas comprendre : arrêter Qantara c’est perdre un titre connu, un symbole, un réseau. » L’historien et écrivain dénonce une « mise à mort bureaucratique et subreptice. »
Créée en 1991, Qantara (« le pont ») est un magazine trimestriel bien connu de ceux qui s’intéressent au monde arabe. Consacré à la culture – de l’édition au théâtre en passant par la poésie, la littérature ou encore l’histoire –, il a notamment bâti sa réputation sur son dossier central d’une trentaine de pages, très fouillé, et sur le choix de ses contributeurs – universitaires, intellectuels, journalistes ayant une connaissance pointue de ces sujets. 
« C’est une revue unique au monde, résume François Zabbal. Il existe bien deux revues littéraires, à Londres et aux Etats-Unis, mais aucune revue généraliste comme celle-ci, qui couvre toute l’actualité artistique et culturelle du monde arabe – les arts, les expositions, la musique, les films –, qui permet de vulgariser mais aussi d’ouvrir des fenêtres sur des sujets peu couverts, comme nous l’avons fait récemment sur le Moyen-Orient dans la première guerre mondiale. »
« Consternation et incrédulité »
A la tête de la revue depuis vingt-deux ans, François Zabbal, qui part cette année à la retraite, ne comprend pas pourquoi les devants n’ont pas été pris pour préparer la relève : « Au lieu de mettre à profit le départ du rédacteur en chef pour relancer et renouveler le magazine en révisant le sommaire et la ligne éditoriale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Editorial. Dans le sillage de l’affaire Weinstein, le milieu du cinéma commence à adopter des mesures concrètes contre les violences faites aux femmes et pour l’égalité entre les genres.
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Séisme sur la planète cinéma

Editorial. Dans le sillage de l’affaire Weinstein, le milieu du cinéma commence à adopter des mesures concrètes contre les violences faites aux femmes et pour l’égalité entre les genres.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 11h04
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 14h32
   





                        


Editorial du « Monde ». C’est le propre du show-business : des robes noires des Golden Globes californiens et des Bafta londoniens, les 7 janvier et 18 février, jusqu’aux rubans blancs arborés lors de la remise des Césars parisiens, vendredi 2 mars, les grandes industries cinématographiques ont ostensiblement déployé leur soutien à la cause des femmes. Ces démonstrations, que prolongera, à n’en pas douter, la remise des Oscars américains ce week-end, témoignent de la place centrale que le cinéma a prise dans le combat pour l’égalité entre les genres.

        Lire le récit :
         

          Les Césars, du ruban rouge au ruban blanc



Ce rôle, le cinéma le doit à Harvey Weinstein. Depuis la révélation par le New York Times et le New Yorker, le 5 octobre 2017, des agressions sexuelles en série commises par le producteur de Pulp Fiction et de Gangs of New York, accusations et mises à l’écart n’ont plus cessé. L’acteur Kevin Spacey et le responsable de création chez Disney-Pixar John Lasseter, le vénérable Dustin Hoffman et le juvénile Casey Affleck, cibles de mises en causes circonstanciées, ont dû renoncer qui à un rôle aussitôt confié à un autre, qui à l’un des postes les plus prestigieux du cinéma américain, qui, enfin, à participer à la cérémonie des Oscars.

        Lire le compte-rendu :
         

          « 120 battements par minute » et « Au revoir là-haut » grands gagnants des Césars 2018



Parole libérée d’une autre manière
Le séisme qui secoue la planète cinéma n’est pas moindre en Europe. Si les droits et les cultures y rendent plus difficiles les accusations nominatives, la parole des femmes s’est libérée d’une autre manière. Les professionnelles du cinéma ont relancé le débat sur l’inégalité entre genres dans leurs métiers. Aux Etats-Unis, la directrice de la photographie Rachel Morrison est la première femme, depuis la fondation des Oscars en 1929, à être nommée dans sa catégorie. En France, Tonie Marshall, qui a remporté le César de la réalisation en 2000, récompense qui n’était jamais allée à une femme, attend toujours une successeure.
Si bien que les regards se tournent vers l’Europe du Nord, en particulier vers la Suède, où la parité dans les instances attribuant les fonds publics a été instituée, où ces fonds devront pour moitié être attribués à des projets portés par des femmes, à condition que le personnel et les dirigeants des sociétés produisant ces films aient consacré une journée de formation à la lutte contre le harcèlement.
Dans le sillage de l’affaire Weinstein, on est donc passé en quelques mois du déballage au débat, et l’on voit maintenant poindre l’adoption de mesures concrètes. La rapidité et l’ampleur de la secousse tiennent à la nature même du cinéma, à son exposition au regard de tous, à son extrême sensibilité aux mouvements de l’opinion – lorsqu’un producteur remercie un acteur ou un metteur en scène qui fait l’objet d’accusations, la décision est au moins autant économique qu’éthique, il s’agit de protéger la campagne de marketing et les recettes au box-office.
Ce serait pourtant une erreur de considérer que les ingrédients de la crise actuelle – les violences faites aux femmes, l’inégalité dans les salaires, l’accès aux financements ou aux postes de responsabilité – bouillonnent en vase clos. Les gens de cinéma ont beau s’habiller différemment des autres les soirs de Césars ou d’Oscars, ils vivent dans la même société que le commun des mortels. C’est à l’ensemble de cette société de faire en sorte que le débat en cours ne reste pas l’apanage du seul 7e art. C’est à l’ensemble de cette société de promouvoir les avancées salutaires dont il est porteur, afin qu’elles bénéficient à toutes et à tous.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Le milieu du cinéma était réuni vendredi 2 mars à la Salle Pleyel à Paris pour la traditionnelle cérémonie de récompenses du cinéma français.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le maestro s’est éteint à Berlin le 2 mars, à 78 ans, des suites d’un cancer.
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Mort d’un grand d’Espagne, le chef d’orchestre Jesus Lopez Cobos

Le maestro s’est éteint à Berlin le 2 mars, à 78 ans, des suites d’un cancer.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 09h35
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 13h47
    |

                            Marie-Aude Roux








                        



                                


                            

En janvier, Jesus Lopez Cobos, annoncé très souffrant, avait dû laisser la baguette à Michel Plasson appelé à la rescousse par le Grand Théâtre de Genève pour diriger la nouvelle production du Faust, de Gounod, monté par Georges Lavaudant. Le maestro espagnol, ancien directeur général de la Deutsche Oper de Berlin et directeur musical de l’Orchestre symphonique de Cincinnati (Ohio) et du Teatro Real de Madrid, est mort le 2 mars à Berlin (Allemagne) des suites d’un cancer, à l’âge de 78 ans.
Né à Toro, dans la province de Zamora (Castille Léon), le 25 février 1940, et élevé dans une famille musicienne qui chérissait Wagner – lui-même dira que s’il devait définir son répertoire de prédilection, ce serait celui de la musique germanique –, Jesus Lopez Cobos a fait ses études de piano et de composition aux conservatoires de Malaga et de Madrid, ville où il suit dans le même laps de temps un cursus complet de philosophie qui le conduira au doctorat à l’Université Complutense. Mais la musique sera la plus forte : Jesus Lopez Cobos quitte son pays pour l’Autriche et entre à l’Académie de Vienne où il étudie pendant trois ans, de 1966 à 1969, auprès de Hans Swarowsky. Entre temps, en 1968, il est lauréat du Concours international des chefs d’orchestre de Besançon après avoir donné son premier concert à Prague. Il traverse ensuite l’Atlantique pour New York et se perfectionne à la Juilliard School entre 1969 et 1970.
Des conflits et des ruptures
Ses relations avec son pays, dans un après-franquisme en construction, sont malheureusement entachées de conflits et ruptures. Ainsi, lorsqu’il prend en 1981 les rênes de l’Orchestre national d’Espagne, comme chef associé d’abord, jusqu’en 1983, puis comme directeur musical, de 1984 à 1989. Ses rapports difficiles avec les tutelles, dont il critique les lourdeurs administratives, rendent le divorce inévitable. « Après l’accession de Felipe Gonzalez, on m’a demandé de revenir en Espagne pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Littérature, cinéma, BD, théâtre… Fabrice Drouelle propose un magazine informatif et éclectique (sur Polar + à 12 h 30).
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TV – « Pistes noires » : le polar sous toutes ses coutures

Littérature, cinéma, BD, théâtre… Fabrice Drouelle propose un magazine informatif et éclectique (sur Polar + à 12 h 30).



Le Monde
 |    03.03.2018 à 09h30
    |

                            Camille Langlade








                        


Magazine sur Polar + à 12 h 30

   


Toujours en vogue dans les librairies ou à la télévision à travers les téléfilms et les séries, le polar, paradoxalement, n’avait pas encore de magazine qui lui était entièrement consacré. C’est désormais chose faite grâce à « Pistes noires ». Lancé le 3 février, ce programme hebdomadaire de 30 minutes, animé par Fabrice Drouelle, envisage le genre sous toutes ses formes : roman, cinéma, série, bande dessinée, théâtre. Jusqu’aux jeux vidéo. « Parce que le noir, ça va avec tout », conclut l’animateur, à chaque fin d’émission.
Entretiens, chroniques, reportages
Tous les samedis à 12 h 30, le journaliste, bien connu des auditeurs de France Inter pour « Affaires sensibles », propose un panorama éclectique de la production actuelle, sans oublier les grands classiques du genre. Sur un plateau alternant entre clair-obscur et notes colorées, l’émission s’ouvre par un entretien avec un invité (écrivain, acteur, dessinateur, metteur en scène…) tels, lors des premières émissions, Philippe Labro, Jean-Bernard Pouy ou Naidra Ayadi et Salomé Lelouch. Ils sont ensuite rejoints par deux chroniqueurs qui présentent et commentent des créations estampillées polar. Ces deux séquences sont entrecoupées d’une pastille vidéo dans laquelle une personnalité se filme en évoquant son polar préféré. Le tout compose un ensemble varié et bien rythmé, qui se conclut par un reportage.
Mélange de fiction et de réel
Si la bande dessinée est bien représentée, la bonne surprise du magazine tient à la place accordée au théâtre, « parent pauvre de la télévision », selon Fabrice Drouelle. Qui plus est rarement associé au polar. « Dès que je peux mettre le polar en valeur par le théâtre, je le fais », dit le journaliste, avant d’expliciter sa ligne éditoriale : « Il s’agit de mettre en évidence des œuvres qui nous paraissent honnêtes, audacieuses, et qui sortent des chemins battus ».
D’abord contacté par Canal+ pour prêter sa voix aux bandes-annonces de leur nouvelle chaîne, Polar +, Fabrice Drouelle s’est vu finalement confier cette émission pour incarner le polar, de sa voix grave, légèrement éraillée. Une tessiture parfaitement adaptée au genre.
Entre « Pistes noires » et « Affaires sensibles » sur France Inter, où chaque jour Fabrice Drouelle revient sur un événement ou un procès qui a marqué l’histoire, d’évidentes passerelles existent. D’ailleurs, le principal intéressé ne s’en cache pas et n’hésite pas à s’autopasticher pour présenter, ce samedi, Jean Doux et le mystère de la disquette molle (éd. Delcourt), l’album de son invité, le dessinateur Philippe Valette.
Approche transgenre
Même si elle laisse une grande place à la fiction, « Pistes noires » n’en oublie pas le réel. Après tout, les faits divers des rubriques Police-Justice restent des polars du quotidien. « Le polar, c’est d’abord une histoire », affirme Fabrice Drouelle.
Une trame qui dessine une peinture sociale et politique de notre temps. Ce samedi, Fabrice Drouelle et son équipe présenteront, entre autres, L’Ordre des choses, de l’Italien Andrea Segre, un film sur les migrants, ainsi que Nature morte dans un fossé, de Fausto Paravidino, une pièce de théâtre sur fond de violences faites aux femmes.
Pour autant rien de morose ou de sombre dans ce magazine qui propose, avec complicité, chaleur et humour, une approche transgenre des plus réjouissantes.
Pistes noires, tous les samedis à 12 h 30 sur Polar +. Disponible sur Canal à la demande et MyCanal. Présenté par Fabrice Drouelle. 30 min.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le bout de tissu, symbole de la lutte contre les violences sexistes, fut la vraie star de la cérémonie.
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Les Césars, du ruban rouge au ruban blanc

Le bout de tissu, symbole de la lutte contre les violences sexistes, fut la vraie star de la cérémonie.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 09h03
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 15h15
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            

« Il est très chic ton ruban blanc », observe une femme en queue-de-pie à sa copine drapée dans une robe de soirée constellée de perles. Le ruban blanc, lancé il y a trois jours comme un signe de combat contre les violences faites aux femmes, était, ce vendredi 2 mars, la vraie star des 43es Césars du cinéma français.

Salle Pleyel, à Paris, transformée en bunker, tout le monde ou presque l’arbore, hommes compris : « Je suis un peu obligé, sourit le producteur Alain Rocca, c’est moi qui les ai achetés. » Trésorier de l’Académie des arts et techniques du cinéma qui organise l’événement, il en a commandé 2 000.

Bien sûr il y a les rebelles. JR n’en a pas. Le street artiste, nommé pour le documentaire Visages Villages, arrive avec un panneau de carton représentant, grandeur nature, sa coréalisatrice Agnès Varda : « C’est elle mon ruban blanc. »

Iris Bry non plus. Sélectionnée dans la catégorie meilleur espoir féminin (Les Gardiennes, de Xavier Beauvois), elle porte une robe blanche. « Blanc sur blanc, ce n’est pas terrible, s’inquiète-t-elle en néophyte de ce monde ultra-codifié. Et puis, à partir du moment où c’est distribué, cela ne veut plus dire grand-chose, non ? »

« C’est compliqué les quotas »
« J’espère qu’ils n’ont pas pensé au film de Haneke [Le Ruban blanc, 2009], sourit Lisa Lebahar, l’agente de Kery James, ça serait un peu sadique… » Et la journaliste Audrey Pulvar de publier sur Twitter une photo de Dominique Besnehard arborant le signe distinctif : « Et donc, après avoir publiquement fait part de son envie de gifler une femme, Monsieur Besnehard porte le ruban blanc censé annoncer son aversion pour le sexisme et les violences faites aux femmes. Tout va bien. » Le plus célèbre agent de stars a en effet créé l’émoi un peu plus tôt sur CNews face...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ « Des jours d’une stupéfiante clarté » paraît en France quelques semaines après la mort de son auteur. C’est l’occasion de revenir sur la puissance d’évocation de l’écrivain israélien, originaire d’Europe centrale et survivant de la Shoah.
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Aharon Appelfeld ou la mémoire dangereuse

« Des jours d’une stupéfiante clarté » paraît en France quelques semaines après la mort de son auteur. C’est l’occasion de revenir sur la puissance d’évocation de l’écrivain israélien, originaire d’Europe centrale et survivant de la Shoah.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 09h00
    |

            Nicolas Weill








                        



                                


                            

Un grand écrivain se reconnaît au foisonnement des créatures qu’il introduit dans le monde et à la singularité de son timbre. Et tel est le cas de l’Israélien Aharon Appelfeld (1932-2018), dont l’atmosphère s’identifie au premier coup d’œil, et encore dans son dernier roman traduit en français, Des jours d’une stupéfiante clarté.
Comme chez ses maîtres en littérature, Kafka, dont les héros passifs cousinent avec les siens, ou Samuel Joseph Agnon (1888-1970, Prix Nobel 1966), évocateur lucide et impitoyable d’un judaïsme européen d’avant 1939 travaillé par sa disparition prochaine, le comportement des personnages appelfeldiens semble obéir à une logique mystérieuse. Celle-ci puise, d’après certains exégètes, aux sources de la mystique juive, la kabbale, et dans les enseignements d’un des maîtres du hassidisme, Rabbi Nahman de Bratslav (1772-1810), dont l’écrivain prisait la lecture. On a tendance, pourtant, à expliquer le succès d’Appelfeld en France ou en Allemagne – mais aussi aux Etats-Unis – par l’universalité de ses thématiques (la nature, l’enfance, la sensualité), comme pour minimiser la dimension intimement mêlée à la culture et à l’histoire juives de cette œuvre, marquée par le ­Génocide. Enfant juif pendant la guerre et l’occupation allemande de l’est de l’Europe, Appelfeld a miraculeusement survécu en se cachant dans les bois puis en rejoignant une bande de partisans. La Shoah occupe le centre de presque tous ses récits, mais Appelfeld ne s’en est pas moins opiniâtrement défendu d’appartenir à la même catégorie d’auteurs que Primo Levi, Elie Wiesel ou Imre Kertesz.
Néanmoins, pour le critique israélien Dan Laor, professeur de littérature à l’université de Tel-Aviv, le doute n’est pas permis. « Malgré toutes ses dénégations, l’écriture d’Appelfeld fait indéfectiblement partie de l’abondante “littérature de la Shoah” qui a été rédigée en Israël, que ce soit en hébreu ou dans d’autres langues, depuis 1945 et même avant »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ A l’occasion des derniers jours de l’exposition MoMA à la Fondation Louis Vuitton, le critique d’art Hector Obalk en propose une visite subjective.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Dix-sept peintures de ce représentant du mouvement Nabi seront proposées le 23 mars chez Christie’s.
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Edouard Vuillard revient en salle des ventes

Dix-sept peintures de ce représentant du mouvement Nabi seront proposées le 23 mars chez Christie’s.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 13h58
    |

                            Roxana Azimi








                        



                                


                            

C’est l’une des dernières jolies petites collections françaises d’art du début du XXe siècle encore en mains privées. Christie’s disperse le 23 mars l’ensemble réuni par Jos et Lucy Hessel. Particularité, la collection compte 17 œuvres d’Edouard Vuillard (1868-1940), un des représentants du mouvement Nabi.
Prenant la relève de Misia et Thadée Natanson, visionnaire patron de La Revue blanche, et premiers mécènes de l’artiste, les Hessel occupent une place centrale dans la vie ce peintre à partir de 1900. Le couple et Vuillard formeront durant quarante ans un ménage à trois. Marchands d’art, les Hessel ne seront pas seulement ses soutiens financiers. Ils deviennent les sujets de ses tableaux qui illustrent leurs intérieurs feutrés de la rue de Rivoli et de la rue de Naples, ainsi que le cercle familial et intime. Lucy Hessel figure même dans au moins 105 tableaux.
Artiste postimpressioniste
Lorsque Vuillard croise leur chemin, cet artiste postimpressioniste est déjà connu. Vers 1888, il avait formé avec Paul Sérusier, Maurice Denis, Paul Ranson et Pierre Bonnard le groupe des Nabis, un mouvement qui voulait se détacher du réalisme. Vuillard s’essaye à tout, aux petits formats comme aux grands décors. Mais il se taille surtout une réputation avec ses intérieurs. « Je ne fais pas de portraits, je peins des gens chez eux », dira-t-il.
Les œuvres dispersées par Christie’s datent majoritairement de la période post-Nabi et reflètent un mode de vie bourgeois, des huis clos conventionnels d’une clientèle de banquiers, d’industriels et d’actrices. Témoins de l’embourgeoisement du peintre, ces œuvres tardives et moins saisissantes sont estimées entre 150 000 et 500 000 euros. Spécialiste chez Christie’s, Anika Guntrum l’admet :
« Les œuvres Nabi sont les plus recherchées car elles marquent l’apogée de sa création artistique ». 
Mais celles-ci sont rares, et pas toujours en bon état. Vuillard a souvent peint sur des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Etre cool n’est plus à la mode chez les Noirs américains, qui affichent désormais un état d’esprit « woke », plus combatif, pour lutter contre les injustices.
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Le « woke », mot d’ordre de la vigilance


                      Etre cool n’est plus à la mode chez les Noirs américains, qui affichent désormais un état d’esprit « woke », plus combatif, pour lutter contre les injustices.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 06h39
    |

            Marc-Olivier Bherer








                              

                        

Il y a encore peu, pour être dans le coup, il fallait être cool. Désormais, mieux vaut être woke, éveillé. Une transition qui constitue une révolution discrète mais non moins retentissante, rien de moins que la redéfinition d’une figure centrale de notre modernité : le rebelle. Autrefois incarné par le cool anticonformiste des jazzmen, il est aujourd’hui personnifié par le woke des admirateurs de Black Panther, réalisé par Ryan Coogler, film phénomène du début de l’année aux Etats-Unis, en salle en France depuis le 14 février.

Les deux termes ont chacun une histoire singulière et sont porteurs de valeurs opposées. Woke est dérivé du verbe to wake, « se réveiller ». Etre woke, c’est être conscient des injustices et du système d’oppression qui pèsent sur les minorités. Ce terme s’est d’abord répandu à la faveur du mouvement Black Lives Matter (apparu en 2013) contre les violences policières dont sont victimes les Noirs aux Etats-Unis, pour ensuite se populariser sur le Net.
Enfin, woke s’est étendu à d’autres causes et d’autres usages, plus mondains. Car, en effet, tout semble maintenant ainsi « éveillé » : la récente cérémonie des Golden Globes, marquée par l’affaire Weinstein et la volonté d’en finir avec le harcèlement sexuel, était en partie woke, selon le New York Times. La cérémonie des Oscars, le 4 mars, promet de l’être à son tour. Même la famille royale britannique serait désormais woke. C’est du moins ce qu’affirmait le magazine London Review of Books après les récentes fiançailles du prince Harry avec l’actrice métisse Meghan Markle, dont les positions anti-Donald Trump sont bien connues.
L’expression d’un changement d’ère
David Brooks, chroniqueur conservateur au New York Times, s’est récemment emparé de ce mot pour souligner une évolution des mœurs. Même s’il lui arrive d’opérer des raccourcis critiquables, on peut reconnaître à...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose des programmes à voir ou à écouter en différé.
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Article sélectionné dans La Matinale du 02/03/2018
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Jeux vidéo, Marianne Faithfull et l’école du futur : nos idées de replays

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose des programmes à voir ou à écouter en différé.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 13h32
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Une série documentaire sur l’école de demain, un portrait de Marianne Faithfull par Sandrine Bonnaire et une websérie sur ce que les jeux vidéo racontent de l’Histoire. Voici notre sélection hebdomadaire de replays.
Tour du monde des méthodes éducatives de demain

Dans quel monde nos enfants vivront-ils ? C’est à cette question que tente de répondre la série documentaire de Planète+ « Nous demain ». Dans ce premier épisode, Juliette Brasseur et Marie-France Barrier imaginent l’école à l’horizon 2030.
De Paris à New York, en passant par le Danemark, les réalisatrices sont parties à la rencontre d’hommes et de femmes qui révolutionnent la manière d’enseigner, grâce aux nouvelles technologies, aux neurosciences ou encore aux jeux vidéo. Elles présentent différentes initiatives pilotes qui pourraient, à terme, constituer l’école du futur. Jusqu’au cas extrême, que l’on trouve aux Etats-Unis, d’une école virtuelle.
Selon les intervenants, ces méthodes alternatives permettent de favoriser l’esprit d’équipe des élèves, de les rendre plus attentifs et autonomes, en leur redonnant le goût d’apprendre, notamment par le jeu. Si certaines expériences semblent prometteuses, d’autres appellent à une certaine méfiance et laissent dubitatif. Enthousiaste et optimiste, le documentaire ne remet jamais en question ces nouvelles techniques pédagogiques, manquant ainsi de nuance et de distance. Dommage. Les prochains épisodes seront consacrés à la mobilité, au travail et à la santé de demain. Camille Langlade
« Demain, nos enfants iront-ils encore à l’école ? », de Juliette Brasseur et Marie-France Barrier (Fr. 2018, 52 min). Sur myCanal.
Marianne Faithfull par Sandrine Bonnaire

Plus qu’une poupée de cire ou de son, Marianne Faithfull avait l’air, en sa jeunesse et à ses débuts de chanteuse dans les années 1960, d’une poupée de porcelaine au teint pâle et aux yeux ronds. Et comme beaucoup d’égéries de cette époque, elle chantait passablement faux. D’ailleurs, quand la jeune Britannique, qui n’avait pas encore 18 ans, fut découverte par Andrew Loog Oldham, le manageur des Rolling Stones, c’est avant tout parce qu’elle avait ce physique intéressant et particulier.
La voix, alors claire et haute, a changé de tessiture au fil des ans, tirée vers les graves et les brumes en raison d’un goût immodéré pour la cigarette – pour ne citer qu’une des addictions de Faithfull. Elle fume toujours, d’ail­leurs, en répondant à Sandrine Bonnaire, qui signe cet attachant portrait, ou même alors qu’elle répète avec ses musiciens.
La comédienne insiste beaucoup pour que Marianne Faithfull aille plus loin dans la zone sombre de ses souvenirs. Ce à quoi elle oppose une résistance polie, mais ferme. Depuis qu’elle a « choisi de vivre plutôt que de continuer la drogue, donc de ­mourir », la chanteuse, qui ne ­renie pourtant rien, préfère passer à autre chose.
Les entretiens sont entrecoupés d’images d’archives de la télévision britannique, d’extraits de ses films et d’une captation de concert récente, où Marianne Faithfull, qui s’aide d’une canne et chante avec cette raucité particulière, garde cette extraordinaire incandescence qui fit et fait sa réputation. Renaud Machart
« Marianne Faithfull, fleur d’âme », de Sandrine Bonnaire (France, 2016, 62 min).
Quelle Histoire racontent les jeux vidéo ?



A l’heure où des équipes de centaines de développeurs, maniant les outils les plus perfectionnés, sont capables de redonner vie à des cités, voire à des pays entiers, la question se pose : que raconte un jeu vidéo de l’Histoire ? Peut-il être totalement réaliste ? Ce faisant, quelles idées et quelles valeurs véhicule-t-il ? Le vidéaste Benjamin Brillaud, joueur et féru d’histoire, a conçu une ambitieuse websérie de dix épisodes.
Des épisodes au cours desquels il est rapidement établi que le jeu vidéo, à l’image de la littérature ou du cinéma, n’a pas vocation à être une copie carbone de ­l’Histoire. Un développeur d’Assassin’s Creed le reconnaît, les ­contextes historiques sont davantage prétexte à des décors magnifiques qu’à des discours ronflants : entre le respect de la vérité historique et les contraintes techniques et ludiques, ce sont toujours ces dernières qui l’emportent. Mais, pour Laurent Turcot, historien et ­consultant sur Assassin’s Creed Unity, il faut s’en réjouir : c’est déjà une porte d’entrée formidable.
Même réduite au statut de simple décor, l’Histoire, dans un jeu vidéo, dit quelque chose de ses développeurs. Les jeux comme SimCity ne décrivent-ils pas un monde dans lequel les rapports de domination sont encouragés ? Les croisades dépeintes dans ­Assassin’s Creed n’en disent-elles pas long sur notre rapport au religieux ? Les jeux de guerre post-11-Septembre ne sont-ils pas un instrument de « soft power » ?
Un peu entendue quand elle s’efforce d’établir une légitimité artistique que plus grand monde ne conteste au jeu vidéo, la série de Benjamin Brillaud s’avère particulièrement stimulante lorsqu’elle aborde ces questions épineuses. Corentin Lamy
« History’s Creed », de Benjamin Brillaud (Fr., 2017, 10 × 7 min). Sur Arte.tv



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Le film « Sono tornato », qui imagine le retour du Duce, est sorti en Italie le 1er février dans un contexte politique tendu.
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Le salut fasciste revient en Italie, Mussolini aussi (mais à l’écran)

Le film « Sono tornato », qui imagine le retour du Duce, est sorti en Italie le 1er février dans un contexte politique tendu.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 06h30
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Autant le dire tout de suite, Sono tornato (« Je suis revenu »), de Luca Miniero, sorti dans les salles italiennes le 1er février, n’est pas un film réaliste. Ajoutons même, pour être plus clair, que ce n’est vraiment pas un chef-d’œuvre. Qu’on en juge plutôt : soixante-douze ans après son exécution, le 28 avril 1945, Benito Mussolini tombe du ciel et apparaît dans un nuage de fumée, en uniforme et bottes de cuir, au milieu d’un jardin public du centre de Rome.
Alors qu’il erre dans les rues de sa capitale, qu’il ne reconnaît plus (« Où suis-je ? A Addis-Abeba ? »), un jeune réalisateur le repère, pense voir en lui un ­acteur un peu allumé et l’emmène à bord d’une ­camionnette pour un tour d’Italie, caméra en main, au cours duquel le Duce rencontre des habitants désabusés, fatigués de la démocratie, voire nostalgiques de l’homme providentiel.
Le retour du pire
Le film que ce vidéaste tire de ce roadtrip, et diffuse sur Internet, rencontre un tel succès qu’une chaîne de télévision privée s’en empare. Après s’être vu suggérer d’éviter les discours trop racistes et les éloges d’Hitler (« Je suis d’accord avec vous, ça m’a déjà coûté très cher une fois », répond-il à la directrice qui lui prodigue ce conseil), Benito Mussolini est lancé dans le grand bain de la télévision. Son succès est ful­gurant. Dans les couloirs de la chaîne, pour ­fêter les victoires sur la concurrence, on chante ­Faccetta nera, l’hymne fasciste des temps de la guerre d’Ethiopie…
Les affaires vont si bien que le dictateur se prend à rêver de reprendre le pouvoir. Jusqu’à ce qu’une vieille femme atteinte d’Alzheimer, dont on apprend qu’elle est rescapée des camps de la mort nazis, ­reconnaisse son regard et dessille les yeux du réalisateur, qui comprend soudain qu’en transformant en vedette un simple amuseur, il a ouvert la voie au retour du pire.
Sorti en salle à moins de cinq semaines des élections...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Le long-métrage de Robin Campillo a obtenu, vendredi soir, le César du meilleur film, tandis qu’Albert Dupontel remportait celui du meilleur réalisateur.
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Article sélectionné dans La Matinale du 02/03/2018
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Césars : « 120 battements par minute » et « Au revoir là-haut » grands gagnants

Le long-métrage de Robin Campillo a obtenu, vendredi soir, le César du meilleur film, tandis qu’Albert Dupontel remportait celui du meilleur réalisateur.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 01h34
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 15h18
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


Il n’y aura pas eu de razzia lors de la 43e cérémonie des Césars, organisée vendredi 2 mars à la Salle Pleyel, à Paris. 120 battements par minute, de Robin Campillo, l’a emporté sur Au revoir là-haut, d’Albert Dupontel, six trophées contre cinq.

        Lire le reportage :
         

          Les Césars, du ruban rouge au ruban blanc



Le long-métrage de Campillo s’est adjugé le César du meilleur film, Albert Dupontel a remporté celui du meilleur réalisateur. D’autres ont ainsi pu se glisser dans le palmarès : Barbara, de Mathieu Amalric, qui a valu le César de la meilleure actrice à Jeanne Balibar et remporté le trophée du meilleur son, Petit paysan, d’Hubert Charuel, meilleur premier film et meilleur acteur pour Swann Arlaud.

        Voir le portfolio :
         

          Les Césars, côté coulisses



Cette cérémonie, qui restera sans doute comme l’une des plus ennuyeuses dans une lignée qui avait pourtant placé la barre assez haut, aurait dû être marquée, comme les Golden Globes américains ou les Bafta britanniques, par les conséquences de l’affaire Weinstein, par la lutte contre le harcèlement sexuel et le combat pour la parité dans le cinéma.

        Lire le compte-rendu :
         

          Les Golden Globes célèbrent la « puissance des femmes »




   


Mais on n’est pas allé plus loin que quelques allusions bienséantes, lors du discours d’ouverture de la présidente de l’édition, Vanessa Paradis, ou au détour de quelques discours de remerciements. Les participant(e)s avaient été invité(e)s à porter un discret ruban blanc et le climax militant de la cérémonie a été atteint lorsque le maître de cérémonies, Manu Payet, a invité le public à « agir » en se levant pour que les caméras saisissent la multitude des rubans blancs.

        Lire aussi :
         

          Notre live sur la cérémonie des Césars 2018



Le premier César du public pour « Raid Dingue »
Seuls les lauréats de 120 battements par minute ont tenté de ramener le public de la Salle Pleyel au monde réel. Recevant le César du scénario original, Robin Campillo a rappelé que, parmi les populations les plus vulnérables à l’épidémie de sida, les toxicomanes, les prostitués, les étrangers aujourd’hui nommés migrants, restaient encore les cibles de l’injustice. Le musicien Arnaud Rebotini a dédié sa partition aux victimes de la maladie.
Finalement, la grande innovation de la soirée restait le César du public, attribué au film français ayant attiré le plus de spectateurs en 2017. C’est Raid Dingue, de Danny Boon, qui l’a emporté, permettant ainsi à l’interprète et réalisateur du film de poursuivre son interminable réconciliation avec une institution contre laquelle il était jadis parti en guerre.
Reste que le palmarès démontre une fois de plus que les votants de l’Académie des Césars ne tiennent pas la comédie en grande estime. Malgré ses neuf nominations, Le Sens de la fête, d’Olivier Nakache et Eric Toledano est reparti bredouille, tout comme Le Redoutable, de Michel Hazanavicius.

Les Césars ont été suivis par deux millions de téléspectateurs sur Canal+
La 43e cérémonie des Césars, retransmise en clair sur Canal+ vendredi 2 mars, a attiré 2,1 millions de téléspectateurs (11,4 % de part d’audience). Une hausse par rapport à 2017, où la soirée avait été suivie par 1,9 million de personnes, selon des chiffres de Médiamétrie.
La soirée, placée sous le signe de la lutte contre les violences faites aux femmes et animée par Manu Payet, a permis à Canal+ de se hisser à la quatrième place des chaînes les plus regardées hier soir, derrière TF1, France 2 et M6.
La cérémonie a enregistré un pic d’audience de 2,3 millions de téléspectateurs à 22 h 37, au moment de l’hommage à Mireille Darc rendu par Aure Atika, qui portait la robe dos-nu mythique de la star, a précisé la chaîne cryptée, ajoutant que 19,2 % de ses abonnés ont suivi l’événement qui était également retransmis sur Mycanal et Dailymotion.
En haut du podium, la Une a séduit 3,6 millions de personnes (18,7 %) avec son jeu Le Grand Concours des animateurs, talonnée par France 2 qui en a attiré 3,3 millions (14,7 %), avec sa série française Lanester. En 3e place, la série Mac Gyver sur M6 a été regardée par 2,8 millions de personnes (12,1 %).





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ « L’Espagne perd un des grands du monde de la musique », a regretté vendredi le ministre de la culture, Inigo Mendez de Vigo.
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Le chef d’orchestre Jesus Lopez Cobos est mort

« L’Espagne perd un des grands du monde de la musique », a regretté vendredi le ministre de la culture, Inigo Mendez de Vigo.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 21h05
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 21h11
   





                        



   


Le chef d’orchestre espagnol Jesus Lopez Cobos, qui a notamment dirigé l’Opéra de Berlin ou l’orchestre symphonique de Cincinnati, est décédé vendredi 2 mars à Berlin, emporté par un cancer à l’âge de 78 ans, ont annoncé ses représentants à Madrid.
Il sera enterré à Toro, village médiéval de la région de Castille-et-Léon, dans le nord-ouest de l’Espagne, où il est né, a précisé l’agence Conciertos Vitoria, la mairie de la ville annonçant trois jours de deuil après sa disparition.
Docteur en philosophie, sa carrière musicale a commencé sur le tard, car, a-t-il raconté, en Espagne, sous le franquisme, « la musique n’avait pas de place réelle ».
Formé au conservatoire de Vienne, Cobos n’a entendu son premier concert d’orchestre qu’à l’âge de 18 ans, et a finalement dirigé ponctuellement les meilleurs ensembles du monde, notamment les orchestres philharmoniques de Vienne et Berlin, l’orchestre symphonique de Londres, quand il ne dirigeait pas à la Scala de Milan ou au Metropolitan Opera de New York.
Une carrière « par chance »
Son premier concert date de 1978, à Londres. De là, il est passé à l’Opéra de Berlin, en tant que directeur général (1981-1990), et à Madrid, où il a dirigé l’orchestre national d’Espagne (1984-1988), puis à Cincinnati (1990-2000) dans l’Etat américain de l’Ohio.
En 2002, il a raconté au Monde avoir fait cette carrière « par chance ».
« Un jour, en 1965, à l’issue d’un concert, je suis allé voir Claudio Abbado dans sa loge pour lui demander conseil et il m’a suggéré d’aller travailler à Vienne. C’est ce que j’ai fait. J’ai beaucoup travaillé et observé les autres en allant tous les soirs à l’Opéra, dans les places debout à 1 schilling », avait-il confié au journal.
« Quand j’ai fini mes études, j’ai suivi le chef suisse Peter Maag pendant une année. Un jour, la chance m’a souri : il est tombé malade et j’ai sauvé une représentation de “La Flûte enchantée” à La Fenice, l’Opéra de Venise. A la suite de quoi, on m’a proposé de rester deux ans car le chef titulaire était parti à New York. »
« Un des grands du monde de la musique »
En Espagne, il a reçu en 1981, à 41 ans, le prestigieux prix Prince des Asturies des arts. Il a aussi travaillé en tant que directeur musical au Teatro Real, au moment de sa renaissance, entre 2003 et 2008. Selon El Pais, il est encore pour beaucoup dans la composition de l’orchestre actuel.
« L’Espagne perd un des grands du monde de la musique », a regretté vendredi le ministre de la culture et porte-parole du gouvernement, Inigo Mendez de Vigo.
Très demandé, Lopez Cobos a eu une activité frénétique jusqu’à sa mort, au Japon, en Chine, aux Etats-Unis.
Une importante discographie lui survit, comprenant l’interprétation d’œuvres de Georges Bizet, Manuel de Falla, Maurice Ravel ou Gustav Mahler. Sa passion restait l’opéra et en particulier Cosi fan tutte, de Wolfgang Amadeus Mozart.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Le film sur l’histoire d’Act Up sort grand gagnant de la 43e cérémonie des Césars avec un total de six récompenses, dont celles du meilleur espoir masculin et du meilleur scénario original. Retrouvez l’intégralité du palmarès.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Avec « Cure », son premier album, le Cristolien bouscule la scène française.
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Entre rap et chanson, la vertigineuse intranquillité d’Eddy de Pretto

Avec « Cure », son premier album, le Cristolien bouscule la scène française.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 18h19
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 15h40
    |

                            Stéphane Davet








                        



                                


                            

Le titre (Cure) du premier album d’Eddy de Pretto ne cache rien de l’exutoire thérapeutique que constituent ses chansons. Si ce jeune homme d’environ 26 ans (il avoue s’amuser à tricher sur son âge) s’est imposé en un an comme l’une des voix les plus prenantes et les plus singulières d’une scène française revitalisée par l’apport des musiques urbaines, c’est en effet que ce gringalet au teint pâle explore, questionne, libère avec une puissance et une impudeur inédites tous les recoins de son intranquillité.

La force de cette parole doit beaucoup au rap. Grandi cité Kennedy à Créteil (Val-de-Marne), ce fils d’un chauffeur et d’une technicienne de laboratoire médical a baigné dans la bande-son hip-hop rythmant le quotidien de sa génération. Plus proche des déclamations des slameurs que des scansions des rappeurs, Eddy de Pretto a retenu de ces derniers une manière frontale de se confronter au réel, d’assumer sans détour sa personnalité. Loin de se limiter à un sociotype, l’outil rap prouve une nouvelle fois qu’il s’adapte à l’environnement et au vécu de chacun et qu’il peut donner l’assurance nécessaire pour exposer sa vitalité comme sa fragilité.

Territoires de son intimité
Avec ce verbe prêt à ne pas se cacher et au rythme d’un R’n’B lancinant composé, en particulier, par le tandem de réalisateurs Kyu Steed & Haze (Booba, PNL…), Eddy de Pretto arpente les territoires de son intimité. Celle d’une enfance et d’une adolescence construites dans une banlieue (Beaulieue) autant source d’énergie que de refoulements, où les premières fissures se dessinent en famille. Qu’il s’agisse des injonctions paternelles à la virilité (« Tu seras viril mon kid/Tu brilleras par ta force physique/Ton allure dominante, ta posture de caïd/Et ton sexe triomphant, pour mépriser les faibles/Tu jouiras de ta rude étincelle », dans Kid) ou du manque affectif maternel (Mamère).

Loin d’apaiser, l’émancipation...




                        

                        

