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Elections en Italie : à Turin, les salariés menacés de Whirlpool sont devenus un « spot électoral »

Comme en France durant la campagne présidentielle, l’usine piémontaise est devenue le symbole d’une Italie impuissante à garder ses emplois.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 13h57
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 14h34
    |

            Charlotte Chabas (Turin, envoyée spéciale)








                        



   


Cela faisait longtemps que Stefano M. n’avait pas ouvert une bouteille de vin. Un barbaresco asili de 2013, léger et fruité. Même son fils aîné de 16 ans a eu le droit à un verre, servi au coin du feu. « Une petite célébration au milieu d’un long cauchemar », sourit cet homme de 49 ans, légèrement voûté par les vingt-quatre années passées devant les lignes d’assemblage de l’usine Embraco du groupe américain Whirlpool, à une trentaine de kilomètres de Turin (Piémont).
Quelques heures auparavant, lui et sa femme, Barbara, qui travaille au même endroit, ont reçu un Texto annonçant un « gel des licenciements » dans leur usine qui fabrique des compresseurs frigorifiques. Stefano et Barbara M. se préparaient à recevoir une lettre de licenciement à la fin du mois, comme 495 autres de leurs 537 collègues. « On gagne un peu de temps, jusqu’à la fin de l’année au moins », relit à voix haute Barbara, 45 ans. Une « bouffée d’oxygène », dit-elle, en plaçant ses mains de chaque côté de la gorge pour mimer leur asphyxie.
Depuis octobre, le couple vit un compte à rebours qu’il ne s’explique toujours pas. Avec un bénéfice net de 14,2 millions d’euros en 2016, l’entreprise turinoise était un des fleurons du groupe électroménager américain. « On sortait jusqu’à 4 000 pièces chaque jour », se souvient Stefano M., avec une fierté qui lui semble aujourd’hui « tellement mensongère ».
« Tirer plus de ce grand corps »
En 2004, il y avait bien eu une alerte dans l’entreprise turinoise, fondée en 1967 par la célèbre famille Agnelli, cette dynastie « Fiat » si liée au destin de Turin et de l’Italie industrielle. Whirlpool menaçait déjà de délocaliser. Le ministère de l’économie et la région du Piémont avaient sorti cinq et huit millions d’euros pour voler au secours de la société.
Les lignes de production avaient repris, et le bénéfice d’exploitation triplé entre 2012 et 2016. « Mais il fallait encore tirer plus de ce grand corps en bonne santé, quitte à le vider de son sang », explique Rocco Palombella, secrétaire général de l’Union italienne du travail (UILM).
D’abord, ce furent des allers-retours. Quelques salariés envoyés ponctuellement en Slovaquie, pour y former la main-d’œuvre locale. Ceux-là ont vu l’autre usine, qui n’en finissait plus de croître. Ils ont rencontré ces « comme eux, mais en moins cher », résume Stefano M. Pour Whirlpool, les salariés turinois coûtent 26 millions d’euros par an. 7,2 % du chiffre d’affaires de la société italienne, selon les syndicats. « C’était déjà trop pour une multinationale qui ne jure que par le profit », s’emporte Rocco Palombella, du syndicat UILM.
Fin 2017, l’entreprise ne renouvelle pas certains accords internes. C’est la fin du service de transport en bus qui permettait aux salariés de gagner l’usine, située dans la campagne piémontaise. Les salaires sont baissés de 50 centimes par heure. La cantine est, elle aussi, sacrifiée. 
« C’était plus dur pour le budget, mais tu tiens parce que tu as quand même toujours du travail », raconte Silvio B., 41 ans, dont vingt-et-un comme technicien sur les lignes d’assemblage. « Ici, le travail est tellement rare que quand tu en as un, tu t’y accroches de toutes tes forces », explique le salarié. Au pied des Alpes bleutées qui forment comme une muraille meringuée de neige, Embraco est la dernière grosse entreprise de la région de Chieri.
« La mort de ma famille »
Mais, le 10 janvier, la direction américaine du groupe annonce la fermeture du site. Seules quarante personnes sont maintenues pour tenir un bureau représentant les intérêts de l’entreprise en Italie. La production part en Slovaquie. « Ce travail, où j’avais un jour rencontré l’amour de ma vie, est devenu soudain synonyme de la mort de ma famille », raconte Barbara M., en jetant un regard inquiet vers ses trois enfants.
En pleine campagne des élections législatives du 4 mars, le désarroi des salariés ne passe pas inaperçu. Comme en France durant la campagne présidentielle, Whirlpool devient le symbole de cette Italie, impuissante à garder ses emplois, malgré une économie qui reprend doucement des couleurs.

   


Sur la scène du célèbre festival de chansons de Sanremo, les salariés d’Embraco, dont la moyenne d’âge est de 48 ans, s’invitent pour dire à l’Italie leur peur de « perdre la sécurité d’une vie basée sur un travail honnête ». Même le pape François les reçoit pour leur dire de « combattre jusqu’au dernier souffle ».
L’usine piémontaise devient une étape obligée des candidats en campagne. Mi-janvier, le dirigeant du Mouvement 5 étoiles, Luigi di Maio, vient dire son « espoir d’aider, mais surtout après le 4 mars ».

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Pour la droite antieuropéenne, l’affaire est pain bénit. Silvio Berlusconi affirme qu’« il n’y aura plus d’Embraco avec sa flat tax », cette baisse d’impôt généralisée qui devrait inciter les investisseurs à rester en Italie. Comme Marine Le Pen avant lui, Matteo Salvini, le leader du parti d’extrême droite la Ligue, dit « sa solidarité » avec les travailleurs, victimes selon lui d’un gouvernement de centre gauche « soit complice, soit incapable, soit les deux ».
Fin février, les salariés découvrent même sur leur usine une banderole déployée par le groupuscule fasciste Casapound. « Nous occupons l’usine », peut-on lire en lettres rouges et noires. La bannière ne restera que quelques heures. « Nous sommes devenus de la chair fraîche pour servir les intérêts des politiciens », analyse Daniele V., employé depuis trente ans dans l’entreprise d’électroménager. « Nous ne voulions pas être un spot électoral », martèle celui qui ne quitte plus son bleu de travail. « Un combat d’ouvriers devrait être l’affaire de tous, pas d’un parti. »

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Le gouvernement de centre gauche de Paolo Gentiloni le sait : le « scandale Embraco » peut être décisif. Le ministre du développement économique, Carlo Calenda, dénonce vite « la totale irresponsabilité de Whirlpool ». Il reçoit l’aide du président du Parlement européen, Antonio Trajani, pressenti comme futur premier ministre si la coalition de droite l’emporte dimanche. Ensemble, Rome et Bruxelles font pression sur Whirlpool.
A l’arraché, le ministère annonce vendredi 2 mars un « gel des licenciements ». Jusqu’à fin 2018, « les salariés recevront la totalité de leur salaire, il n’y aura pas de temps partiel ou de réduction d’horaire », souligne Carlo Calenda, en se disant « satisfait ». Un répit qui pourrait permettre de trouver d’autres investisseurs pour reprendre le site de Riva Presso Chieri, alors que cinq groupes, dont trois italiens et un chinois, ont fait part de leur intérêt.
Grève du 13 mars maintenue
A Turin, l’annonce a été accueillie par des applaudissements, vendredi, lors de l’assemblée des délégués syndicaux de la métallurgie. La journée de grève intersyndicale, prévue le 13 mars en solidarité avec les travailleurs d’Embraco, a toutefois été maintenue.
Devant le bâtiment où se tient la réunion, certains salariés sont venus s’informer. Un colosse aux cheveux gris, qui préfère ne pas donner son nom, se dit « loin d’être soulagé ». « Ils n’ont fait que rallonger le bouillon de la minestrone pour gagner du temps, comme le faisaient les pauvres avant ».
Pour Silvano Zaffalon, représentant syndical d’UILM-UIL, « le destin de l’usine a déjà été décidé par Whirlpool, à l’autre bout du monde ». Et l’élu de déplorer cette « mauvaise maladie » contractée par l’usine : « elle s’appelle multinationale, et elle est très contagieuse et mortelle ». Derrière lui, un petit homme aux cheveux frisés dit quand même son « soulagement de sentir que les politiciens ont compris l’urgence de la situation ». Il dit vouloir « le récompenser dimanche ».
« Faire parler la colère »
Barbara M., elle, n’est pas encore sûre de son vote. Pour cette grande blonde aux yeux clairs, l’histoire des Embraco « est bien le signe qu’il y a un problème dans cette Europe ». Son mari renchérit : « Dans une famille où certains sont fortunés et d’autres non, il y aura toujours des disputes ».
Depuis l’annonce de la fermeture de l’usine, le couple s’est peu mobilisé. « Pas envie de se faire remarquer », justifient ceux qui disent « devoir penser à leur avenir et à celui de leurs enfants ». Mais dans le secret de l’isoloir, dimanche, ils n’excluent pas de « faire parler la colère ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Difficile de dire, toutefois, si les annonces du président américain vont entamer la confiance retrouvée des entreprises et des investisseurs en zone euro.
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Offensive protectionniste de Trump : des répercussions « potentiellement très lourdes »

Difficile de dire, toutefois, si les annonces du président américain vont entamer la confiance retrouvée des entreprises et des investisseurs en zone euro.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 12h23
    |

            Elise Barthet








                        



                                


                            

Une réponse au canon. Après les déclarations du président américain, Donald Trump, sur l’instauration de nouvelles taxes douanières de 25 % pour l’acier et 10 % pour l’aluminium, Bruno Le Maire a dénoncé, vendredi 2 mars, des mesures inacceptables qui, si elles se confirment, « appelleront une réponse forte, coordonnée et unie de l’Union européenne ». « Toutes les options sont sur la table », a insisté le ministre français de l’économie : « Un recours devant l’OMC », voire « des contre-mesures pour limiter les importations américaines en Europe ».
La réaction de Paris fait écho à celle de la chancellerie allemande. Berlin, par la voix du porte-parole d’Angela Merkel, a fait savoir vendredi que son gouvernement « rejette » toute hausse des tarifs douaniers. La veille, le ministre des affaires étrangères allemand, Sigmar Gabriel, avait appelé à une réaction « ferme » de l’UE, estimant que la politique commerciale américaine « menaçait des milliers d’emplois en Europe ».

Des entreprises allemandes plus exposées
Les entreprises allemandes sont, en effet, plus exposées que leurs homologues françaises aux annonces du président américain. Près de 4 % de l’acier importé outre-Atlantique vient d’Allemagne. Les Etats-Unis sont les premiers partenaires commerciaux de Berlin, captant 9 % de ses exportations de biens et services. Mais, en 2017, le déficit commercial américain vis-à-vis de l’Allemagne a atteint 65 milliards de dollars. De quoi ulcérer l’hôte de la Maison Blanche.

Si les mesures protectionnistes de Donald Trump se concentraient sur l’acier et l’aluminium, elles devraient moins affecter le Vieux Continent que le Canada, le Brésil ou la Corée du Sud. Entameront-elles la confiance retrouvée des entreprises et des investisseurs ? Difficile à dire. « L’eurozone a pleinement bénéficié de la forte reprise du commerce mondial et devrait continuer à profiter dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Si le cours du baril a connu une remontée fulgurante au second semestre 2017, le début d’année s’annonce plus incertain. Les volumes produits par les Américains pèsent sur l’offre disponible au niveau mondial.
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Matières premières : les barils texans de pétrole déstabilisent l’OPEP

Si le cours du baril a connu une remontée fulgurante au second semestre 2017, le début d’année s’annonce plus incertain. Les volumes produits par les Américains pèsent sur l’offre disponible au niveau mondial.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 11h48
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

Les cours du pétrole vont-ils repartir à la baisse ? Si les observateurs se gardent de prévisions trop précises, les événements des derniers jours incitent à la prudence. Le prix du baril a connu une remontée fulgurante au second semestre de 2017, passant de 45 dollars (36,55 euros) fin juin à 70 dollars fin janvier 2018. Mais, depuis, les tensions ont repris sur le marché, et le début d’année s’annonce plus incertain, tant la concurrence mondiale est rude.
Les données de la bataille sont les mêmes : d’un côté les pays de l’OPEP, alliés à la Russie, ont prolongé en novembre leurs réductions de production pour tenter de soutenir les prix. De l’autre, les producteurs américains, et particulièrement texans, ont profité de la remontée des prix pour pomper encore et toujours plus. Alors que la demande mondiale, tirée par la Chine, reste soutenue, les volumes produits par les Américains pèsent sur l’offre disponible au niveau mondial.
Après avoir connu des hauts et des bas en février, le baril de brent à Londres a fini vendredi à 64,34 dollars, mais la fébrilité continue sur le marché. D’autant que la réalité de l’activité pétrolière américaine est difficile à apprécier. Pour preuve, le rapport mensuel de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) montre une production plus importante que ce que laissaient transparaître ses rapports hebdomadaires. La hausse des stocks de brut et d’essence se poursuit.

« Le bond de la production américaine, qui a fait baisser les prix du brut aux Etats-Unis, a stimulé les exportations du pays », estime Stephen Brennock, analyste chez PVM. Ces exportations brouillent un peu plus les cartes mondiales. « Alors que l’Arabie saoudite – dans le cadre des réductions de l’OPEP – réduit sa production pour faire monter les prix, cette hausse a provoqué une augmentation importante de la production américaine… ce qui amène les Etats-Unis à prendre des parts de marché importantes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Le chiffre d’affaires moyen des ténors du CAC 40 a atteint 33 milliards d’euros en 2017. La saison des résultats annuels a été plutôt bonne.
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Bourse : un rebond économique favorable aux titans de la cote française

Le chiffre d’affaires moyen des ténors du CAC 40 a atteint 33 milliards d’euros en 2017. La saison des résultats annuels a été plutôt bonne.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 11h29
    |

                            Emmanuel Schafroth








                        



                                


                            

Chronique. La saison des résultats annuels 2017 du CAC 40 touche à sa fin. Avec les publications de Carrefour, Essilor, LafargeHolcim, PSA, Safran et Solvay cette semaine, 37 des 40 membres de l’indice parisien ont donc dévoilé leurs chiffres d’activité et de rentabilité pour l’exercice clos fin décembre 2017. Ne manque plus à l’appel que l’énergéticien Engie (qui communiquera le 8 mars), tandis que Sodexo et Pernod-Ricard ont, eux, des exercices fiscaux décalés.
A quoi ressemble une société du CAC 40 ? Le chiffre d’affaires moyen des ténors de la cote française a été de 33 milliards d’euros en 2017. Cette moyenne recouvre des réalités différentes. Avec 171,5 milliards de dollars (139 milliards d’euros) de facturations en 2017, Total est ainsi 90 fois plus gros que le « Petit Poucet » Unibail Rodamco. En dollars ? C’est à ce genre de détail qu’on remarque que l’indice parisien n’est plus si français ! Comme Total, ArcelorMittal, TechnipFMC et STMicroelectronics utilisent le billet vert comme devise de référence, LafargeHolcim publiant en francs suisses.
Le rebond économique mondial est perceptible dans les comptes 2017 des titans du CAC 40. Leur activité a en moyenne progressé de 7 % et leur résultat opérationnel de 22 %. Et parmi les 37 publications, 29 ont dévoilé un résultat net en hausse, valeurs cycliques en tête : + 386 % pour STMicroelectronics, + 189 % pour Airbus, + 157 % pour ArcelorMittal. En revanche, TechnipFMC, Orange et Société générale voient leurs bénéfices respectifs chuter de 71 %, 35 % et 27 %. Et si Publicis a retrouvé en 2017 le chemin des bénéfices après une perte en 2016, Carrefour et LafargeHolcim ont fait le chemin inverse : deux publications sanctionnées cette semaine (– 6 % pour le distributeur jeudi, – 7,86 % pour le cimentier vendredi). De toute la saison, c’est Valeo qui a reçu l’accueil le plus sévère (– 11,1 % le 23 février), alors qu’Airbus s’est envolé de 10,3 % après sa publication.

« Un...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Au moment où les investisseurs s’interrogent sur la future politique du patron de la Fed, une étude relativise l’influence de la personnalité des dirigeants de banques centrales.
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Taux : les premiers pas de Jerome Powell scrutés par les marchés

Au moment où les investisseurs s’interrogent sur la future politique du patron de la Fed, une étude relativise l’influence de la personnalité des dirigeants de banques centrales.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 11h04
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 12h09
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Chronique. C’est la passion du moment sur les marchés, pour ne pas dire l’obsession : à quoi ressemblera la politique de Jerome Powell, le nouveau président de la Réserve fédérale américaine (Fed) ? Sera-t-elle dans la continuité de celle de Janet Yellen ? Va-t-il prendre un virage plus « faucon », c’est-à-dire accélérer le rythme de la hausse des taux ?
Mardi 27 février, puis jeudi 1er mars, celui que ses amis surnomment « Jay » est intervenu devant la Chambre des représentants puis le Sénat américains. Il s’est montré optimiste à propos de la conjoncture, mais prudent, si bien que rien ne laisse augurer un changement de cap majeur dans la politique de l’institution. La Fed devrait relever ses taux trois fois cette année. Peut-être quatre, si l’inflation accélère un peu.

Lorsqu’ils ne guettent pas les mots de Jay Powell, les marchés se demandent qui remplacera Mario Draghi à la tête de la Banque centrale européenne (BCE) fin 2019. Certains parient que Jens Weidmann, actuel patron de la Bundesbank, l’emportera et imposera ses vues plus orthodoxes à l’institution.
Et s’ils avaient tout faux ? C’est ce que laisse penser la note publiée le 27 février par Sylvain Broyer. L’économiste de Natixis s’est penché sur cette question : la politique des instituts monétaires dépend-elle de la personnalité qui les dirige ? Pour y répondre, il a passé au crible les actions monétaires des dernières décennies des deux côtés de l’Atlantique, ainsi que les projections d’évolution des taux publiées par les membres de la Fed. Bilan : « La personnalité du président d’une banque centrale n’a aucune influence chiffrable sur les décisions en matière de taux ou sur la transparence vis-à-vis des marchés », assure-t-il.
Voilà qui tranche singulièrement avec l’idée que l’on se fait fréquemment sur le sujet. Yellen, Powell, bonnet blanc, blanc bonnet ? Mario Draghi, Jean-Claude Trichet (son prédécesseur), même combat ?...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Le gouvernement hausse le ton contre les gestionnaires du réseau, accusés d’engraisser leurs actionnaires et de fournir un mauvais service. Le Labour appelle à renationaliser.
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Au Royaume-Uni, la privatisation de l’eau sous le feu des critiques

Le gouvernement hausse le ton contre les gestionnaires du réseau, accusés d’engraisser leurs actionnaires et de fournir un mauvais service. Le Labour appelle à renationaliser.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 14h17
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Michael Gove, le ministre britannique de l’environnement, n’y est pas allé par quatre chemins : « Les gens qui sont dans cette salle doivent changer d’attitude. » Son discours, jeudi 1er mars, lors de la conférence annuelle de Water UK, qui représente l’industrie de l’eau potable au Royaume-Uni, résonnait comme un réquisitoire. A l’écouter, les entreprises qui gèrent la distribution de l’eau outre-Manche, plus préoccupées par leurs dividendes que par la qualité de leurs services, évitant leurs impôts comme leurs responsabilités sociales, sont entraînées dans une grave dérive.
« Le grand public est de plus en plus inquiet et, franchement, je le comprends. » M. Gove menace : si rien ne change, il se dit prêt à « donner tous les pouvoirs nécessaires » au régulateur économique du secteur, la Water Services Regulation Authority (Ofwat).
La distribution de l’eau traverse une très sérieuse crise de confiance au Royaume-Uni. Depuis 1989, elle est privatisée. Dix-huit entreprises ont obtenu des monopoles régionaux, quasiment sans limite de temps (l’Etat peut révoquer la licence en prévenant… vingt-cinq ans à l’avance). Elles sont surveillées par l’Ofwat, qui encadre le prix de l’eau lors de négociations quinquennales.
« Scandaleux »
Mais, de plus en plus, l’industrie est contrôlée par des actionnaires lointains – souvent des fonds de pension étrangers ou des fonds souverains – qui semblent « plus intéressés par l’ingénierie financière que par l’ingénierie réelle », accuse M. Gove. De 2007 à 2016, note-t-il, les dix-huit monopoles ont reversé 95 % de leurs profits à leurs actionnaires. L’argent fuit le secteur plutôt que d’être réinvesti ou de profiter aux consommateurs.
De 2007 à 2016, note le ministre de l’environnement, les dix-huit monopoles ont reversé 95 % de leurs profits à leurs actionnaires.
L’opposition travailliste, sous la houlette de Jeremy Corbyn, a su s’emparer de l’affaire. Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Les effets de la reprise économique tardent à se faire sentir au quotidien. Ce qui devrait se refléter dans les urnes le 4 mars.
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La convalescence de l’Italie suspendue au résultat des élections législatives

Les effets de la reprise économique tardent à se faire sentir au quotidien. Ce qui devrait se refléter dans les urnes le 4 mars.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 10h45
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Le premier ministre Paolo Gentiloni et son équipe doivent regretter amèrement de ne pas avoir devant eux quelques mois de plus : après des années de récession, puis de stagnation et de marasme, l’Italie semble, enfin, depuis 2017, sortie de l’ornière. Le problème, c’est que même si le chef de file du Parti démocrate au pouvoir, Matteo Renzi, ne cesse de marteler, depuis le début de la campagne électorale, que « l’Italie est sortie de la crise », l’immense majorité de l’opinion italienne n’en a pas encore pris conscience, car les effets concrets de la reprise tardent à se faire sentir au quotidien.

Aussi la coalition de centre-gauche, aux affaires depuis 2013, ne parviendra-t-elle sans doute pas à tirer les bénéfices de ces succès. Distancée par la droite et le Mouvement 5 étoiles, elle s’apprête à connaître un terrible coup d’arrêt lors des élections législatives du 4 mars.
Pourtant, les chiffres sont parlants. En 2017, la croissance italienne a atteint 1,5 %, soit près du double des prévisions gouvernementales. Certes, c’est beaucoup moins que la moyenne européenne (2,5 %), et ce chiffre est largement dû à l’amélioration générale de la conjoncture, sur tout le continent, mais cela constitue tout de même le meilleur résultat pour l’Italie depuis dix ans. Dans le même temps, la production industrielle a augmenté de 3 %, tandis que les exportations ont bondi de 7 %, permettant au pays de clore l’année 2017 avec un excédent commercial de près de 48 milliards d’euros (81 milliards hors dépenses énergétiques). Un chiffre presque aussi élevé qu’en 2016, année record.
Les fondamentaux sont solides
Bref, les fondamentaux sont solides, et après la crise mondiale de 2008-2009, et une rechute qui s’était traduite par une terrible récession (onze trimestres négatifs sur douze entre juillet 2011 et juin 2014), le pays va mieux.
« Tous les indicateurs étaient négatifs, et maintenant ils sont positifs », ne cesse ainsi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ La mathématisation extrême de la finance explique la déconnexion des marchés face à l’environnement, relève dans sa chronique Stéphane Foucart, journaliste au service « Planète ».
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« Les marchés ont perdu toute faculté à délivrer la moindre information sur l’état du monde réel »

La mathématisation extrême de la finance explique la déconnexion des marchés face à l’environnement, relève dans sa chronique Stéphane Foucart, journaliste au service « Planète ».



Le Monde
 |    03.03.2018 à 10h34
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 14h28
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
Chronique. Il ne s’est rien produit de très important le 1er février. Aucun grand séisme, aucun accident industriel notable, aucune déclaration de guerre, aucune catastrophe qui eût été à la fois majeure et mondiale n’a été à déplorer. Pourtant, ce jour-là, dans un même élan, le Nasdaq, le Dow Jones, le Footsie, le S&P 500, le CAC 40, le DAX et toute la congrégation des indices boursiers décrochaient brutalement et entamaient une inquiétante glissade jusqu’au 9 février. Le cours normal des choses reprenait alors, sans que, là encore, nul ne puisse détecter ce qui, dans le monde réel, eût pu être à l’origine de la reprise.

Dans son dernier livre (Le Mensonge de la finance. Les mathématiques, le signal-prix et la planète, Editions de l’Atelier, 224 pages, 20 euros), le mathématicien et philosophe Nicolas Bouleau interroge et décortique cette déconnexion entre notre environnement au sens large et les informations que nous prodiguent les marchés par leurs fluctuations. Témoin privilégié de l’émergence des maths financières – il a dirigé pendant dix ans le département de mathématiques de l’Ecole des Ponts –, l’auteur montre comment la mathématisation extrême de la finance a rendu les marchés fondamentalement instables et volatils.
Des marchés « fumigènes »
A mesure qu’ils se sont harnachés d’une mathématique complexe et impénétrable, bardés de produits dérivés et d’instruments informatiques de trading à haute fréquence (plusieurs centaines d’ordres peuvent être passés par un unique opérateur en l’espace d’une fraction de seconde), les marchés ont perdu toute faculté à délivrer la moindre information sur l’état du monde réel – sur la raréfaction ou la disponibilité d’une ressource naturelle par exemple. Ils sont non seulement devenus myopes mais aussi, comme le dit joliment Nicolas Bouleau, « fumigènes ». Ils brouillent et occultent la réalité.
Ce constat est à la fois très...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Le ministre de l’économie, Bruno Lemaire, va mettre en place un « groupe de travail restreint » avec les représentants du constructeur automobile américain dans le but de « maintenir l’activité » de l’usine bordelaise.
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Le gouvernement fait pression sur Ford pour sauver l’usine de Blanquefort

Le ministre de l’économie, Bruno Lemaire, va mettre en place un « groupe de travail restreint » avec les représentants du constructeur automobile américain dans le but de « maintenir l’activité » de l’usine bordelaise.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 10h32
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 11h07
    |

                            Éric Béziat








                        



   


Minuscule pièce dans le puzzle industriel du géant Ford, l’usine de Blanquefort, dans la grande banlieue de Bordeaux, pourrait bien se transformer en caillou dans la chaussure du cinquième groupe automobile mondial. Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a reçu, vendredi 2 mars, une délégation d’élus et de syndicalistes girondins.
M. Le Maire a annoncé, à l’issue de la rencontre, la mise en place d’un « groupe de travail restreint », en relation directe « avec les représentants de Ford », dans le but de « maintenir l’activité » à Blanquefort.
Une boîte de vitesses en fin de vie
Car il y a péril pour l’avenir du site de production de boîtes de vitesses automatiques et seule usine française du constructeur américain. L’actuelle boîte à six vitesses qui y est fabriquée arrive en fin de vie, et Ford a annoncé, mardi 27 février, que la production en Aquitaine d’une nouvelle transmission à 8 vitesses « n’était pas économiquement viable ». La nouvelle boîte en question continuera donc d’être produite uniquement à Van Dyke (Michigan), au nord de Detroit.
L’annonce a constitué un choc pour les salariés et les élus qui pensaient que Ford prendrait la décision de pérenniser l’avenir du site avec ce nouveau produit. L’espoir était d’autant plus grand que la direction de Ford Europe avait, dans un premier temps, conclu à la faisabilité technique du transfert sur la base d’un travail précis et complet du bureau d’étude de l’usine.

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                Ford prêt à supprimer des milliers d’emplois



Cette mauvaise nouvelle vient s’ajouter à une inquiétude à plus court terme : le protocole, qui garantissait la pérennité des 950 emplois du site, arrive à échéance en mai. Et même si Ford assure que les volumes permettent un maintien des effectifs jusqu’en 2019, beaucoup en doutent. La délégation aquitaine a demandé au ministre que l’on puisse s’assurer que l’usine tournera à son rythme actuel au moins jusqu’en 2020.
Colère contre les « mensonges »
C’est donc d’abord la colère qui s’est exprimée après la rencontre, élus (qui ont versé 12,5 millions d’euros pour relancer le site) et syndicalistes fustigeant les « mensonges » d’une direction qui a « baladé » les salariés. « Nous sommes tous déterminés à mettre Ford devant ses responsabilités », a déclaré Alain Juppé, maire de Bordeaux et président de la métropole aquitaine.
Une supplique qui a été entendue par Bruno Le Maire : « Ford doit comprendre que la détermination de l’Etat, des élus locaux, des salariés à maintenir l’activité sur ce beau site de Blanquefort est totale », a déclaré le ministre.
De casse-tête industriel, l’affaire Blanquefort prend désormais une dimension politique. L’envergure nationale du maire de la ville-métropole mais aussi la présence d’un certain Philippe Poutou – candidat du NPA à la dernière élection présidentielle – parmi les délégués CGT de l’usine y sont pour beaucoup.
A vrai dire, les soubresauts politiques sont inscrits dans les « gènes » de l’usine de Blanquefort. Porté sur les fonts baptismaux par Jacques Chaban-Delmas en 1973, qui est parvenu à arracher à Ford la décision d’implanter cette usine, le site produira jusqu’à 800 000 boîtes de vitesses par an. Mais la boîte automatique ne perce pas en Europe et l’usine périclite, jusqu’à ce que Ford décide – déjà – de jeter l’éponge en 2009.
La solution d’un repreneur hérisse les syndicats
Un repreneur est trouvé, la holding HZ. Mais son projet industriel aventureux – fabriquer des pales pour éoliennes – va se révéler désastreux. Sous intense pression du gouvernement de l’époque et de la ministre de l’économie, Christine Lagarde, Ford accepte de réinvestir près de 200 millions d’euros dans l’usine pour y produire entre 2013 et 2018 la boîte à six vitesses 6F35, qui arrive donc au bout de son ­cycle de vie.

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                La France crée enfin plus d’emplois, y compris dans l’industrie



Que va-t-il se passer maintenant ? Le ministre a indiqué qu’il rencontrera en personne le directeur Europe de Ford, Steven Armstrong. « Ford ne continuera pas, glisse un bon connaisseur du dossier. La solution d’un repreneur paraît plus réaliste. » L’idée hérisse les syndicats. « Nous n’accepterons pas un repreneur bidon. Ford doit rester, déclare M. Poutou. Les propos du ministre, des élus, nous donnent un point d’appui pour mener la lutte. Mais cette lutte, c’est à nous, les salariés et les habitants, de la mener. » La bataille de Blanquefort ne fait que commencer.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Le secteur bancaire, qui ployait sous les créances douteuses, est désormais en cours d’assainissement, à la faveur de la reprise économique.
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Longtemps fragiles, les banques italiennes se portent mieux

Le secteur bancaire, qui ployait sous les créances douteuses, est désormais en cours d’assainissement, à la faveur de la reprise économique.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 10h54
    |

                            Véronique Chocron








                        



                                


                            
Talon d’Achille de l’Europe bancaire, les institutions financières italiennes avaient concentré l’inquiétude des marchés financiers en 2016 et au début de 2017. La pression est depuis retombée. Tous les experts constatent que l’assainissement du secteur bancaire italien est en cours, aidé par la reprise économique.
Pour Nicolas Véron, économiste du centre de réflexion européen Bruegel et au Peterson Institute, le tournant date de février 2017, lorsque la banque italienne Unicredit est parvenue à lever 13 milliards d’euros sur les marchés pour reconstituer ses fonds propres, après un nettoyage de son bilan. « Ce moment a été essentiel, tranche-t-il. On a constaté qu’une banque bien gérée n’avait plus aucun problème d’accès aux marchés d’actions, y compris pour des montants très importants. La crainte d’une nouvelle crise financière a été éliminée. »
« Un cap a été passé »
Dans la foulée, une solution a été trouvée pour la très fragile Banca Monte dei Paschi di Siena (BMPS), considérée depuis plusieurs années comme le maillon faible du système bancaire italien. La doyenne des banques a fini par bénéficier d’un sauvetage public. Puis, sur cette lancée, le gouvernement italien a déclenché une procédure de liquidation sur fonds publics de deux petites banques sous-capitalisées de Vénétie, Banca Popolare di Vicenza et Veneto Banca.

Depuis, les banques italiennes ne font presque plus parler d’elles. « Elles travaillent en silence, résume un grand banquier européen. Un cap a été passé. Les institutions et les pouvoirs publics italiens ont fini par accepter qu’il y avait un problème et qu’il fallait le traiter. »
Ce « problème à traiter » concerne en premier lieu le fardeau des créances douteuses héritées de la crise, sous lesquelles ploient les établissements. Des crédits que les clients ne parviennent plus à rembourser, et qui sont parfois considérés comme irrécouvrables. A l’été, les banques italiennes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ La chercheuse Sophie Béroud compare la situation sociale et politique actuelle à celle de 1995, année du plus grand conflit depuis Mai 68.
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SNCF : « Il est plus compliqué aujourd’hui qu’en 1995 de construire une mobilisation de grande ampleur susceptible de durer »

La chercheuse Sophie Béroud compare la situation sociale et politique actuelle à celle de 1995, année du plus grand conflit depuis Mai 68.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 10h06
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 10h10
    |

                            Jérémie Lamothe








                        



                                


                            
Une France paralysée pendant plusieurs semaines, des millions de manifestants dans les rues et un gouvernement qui finit par reculer… Avec sa réforme de la SNCF lancée lundi 26 février, le gouvernement d’Edouard Philippe peut-il revivre la fronde sociale qui s’était érigée fin 1995 contre le premier ministre d’alors, Alain Juppé ?

Face à la volonté de l’exécutif de mettre fin au statut des cheminots pour les nouvelles recrues de l’entreprise ferroviaire et de réformer par ordonnances, la CGT-Cheminot a en effet annoncé être prête « à faire un mois de grève pour faire plier le gouvernement ». Alors la comparaison avec le conflit social de 1995 est-elle pertinente ?
Maîtresse de conférence en science politique et spécialiste des mouvements sociaux, Sophie Béroud revient sur les racines du conflit le plus dur depuis Mai 68 et estime qu’il sera plus compliqué aujourd’hui pour les syndicats de mobiliser sur plusieurs semaines.
Depuis l’annonce d’un mouvement social à venir contre la réforme de la SNCF, beaucoup font la comparaison avec 1995. Est-ce que cela vous semble pertinent ?
Pas mal d’éléments diffèrent par rapport à 1995. On n’était pas dans la même configuration politique. A l’époque, Jacques Chirac avait fait toute sa campagne sur la fracture sociale, ce qui lui avait permis de se démarquer d’Edouard Balladur. Il n’avait pas annoncé les réformes qui allaient entraîner ce mouvement social. Les acteurs syndicaux ont donc pu reprocher à Chirac de ne pas tenir ses engagements. Là, Emmanuel Macron a fait campagne sur sa volonté de réformer.

Par ailleurs, en 1995, le gouvernement avait lancé deux réformes en même temps : la réforme de la Sécurité sociale et l’alignement des retraites du secteur public et des régimes spéciaux sur celles du privé. Cela avait permis une jonction de la contestation entre différents secteurs, ce que souhaite empêcher le gouvernement d’Edouard Philippe. Une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Vous avez souscrit à un crédit à deux pour votre logement ? La nouvelle possibilité de résiliation annuelle de l’assurance est l’occasion de revoir la répartition de votre couverture.
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Assurance emprunteur : pensez à ajuster vos quotités

Vous avez souscrit à un crédit à deux pour votre logement ? La nouvelle possibilité de résiliation annuelle de l’assurance est l’occasion de revoir la répartition de votre couverture.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 08h30
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 09h59
    |

                            Aurélie Blondel








                        



                                


                            

Emprunteurs, vous n’êtes plus enchaînés à l’assurance vendue par la banque à la signature de votre crédit immobilier. Durant les douze premiers mois du contrat, puis une fois l’an, vous pouvez aller voir ailleurs, à condition de présenter à votre banquier des garanties au moins égales à celles qu’il exige. En optant pour une assurance en délégation, c’est-à-dire hors banque, certains allégeront de plusieurs milliers d’euros le coût final de leur prêt.
Ce message semble bien passé. En témoignent les pics de fréquentation des comparateurs d’assurance emprunteur en ligne, les simulations réalisées sur Meilleurtaux.com et Reassurezmoi.fr ont ainsi vu leur nombre multiplié par trois. La perspective alléchante d’économies n’est toutefois pas le seul intérêt de la mesure. Pour ceux qui ont emprunté à deux, c’est aussi l’occasion de mieux s’assurer, en réajustant si besoin leurs quotités.
Option sécurisante
Le terme ne vous évoque peut-être rien, mais si vous avez acheté votre logement en couple, vous les avez forcément fixées, ces quotités, pour souscrire l’assurance du crédit. Il s’agit de la part du prêt que vous avez assurée par tête. Donc le montant sur lequel chacun est couvert. Prenons l’exemple de Camille et Sacha, assurés chacun à 100 %. Si l’un meurt, le crédit sera entièrement pris en charge par l’assureur, le survivant n’aura plus rien à rembourser. Et si Camille se retrouve temporairement incapable de travailler, l’assureur paiera les mensualités du couple durant la période. C’est l’option la plus sécurisante. Mais la plus chère.
Avec une quotité de 50 % chacun, l’assurance coûterait environ deux fois moins. En revanche, après le décès de Camille, Sacha devrait régler la moitié des mensualités. Et si Camille était victime d’un accident l’empêchant de travailler plusieurs mois ? Le couple verrait ses mensualités divisées par deux.

La fixation de la quotité est une affaire sérieuse, elle détermine le prix et le niveau...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Bruxelles prépare une liste « punitive » de produits américains pouvant être lourdement taxés à l’entrée dans l’Union européenne.
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Article sélectionné dans La Matinale du 02/03/2018
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Commerce mondial : l’Europe prépare sa riposte à l’offensive protectionniste de Trump

Bruxelles prépare une liste « punitive » de produits américains pouvant être lourdement taxés à l’entrée dans l’Union européenne.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 10h59
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

La Commission européenne s’interdit l’usage intempestif des tweets, contrairement au président des Etats-Unis, qui considérait encore, vendredi 2 mars, sur son réseau social préféré que « les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner ».
Mais au lendemain des brutales menaces de Donald Trump, jeudi 1er mars, d’introduire « dès la semaine prochaine » des taxes douanières de 25 % sur les importations américaines d’acier et de 10 % sur celles d’aluminium, l’institution communautaire a réservé une réponse musclée au chef de la Maison Blanche. Elle est prête à aller tout droit au bras de fer.
Première salve de mesures ouvertement envisagées : des mesures de rétorsion, permises par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) quand des pays ne parviennent pas à s’entendre à la suite d’un différend. Les services de la Commission planchent sur le sujet depuis le printemps 2017, après que Washington a commencé à invoquer une possible atteinte à sa « sécurité nationale » pour ériger tous azimuts des barrières douanières avec le reste du monde.
Les fonctionnaires européens ont dressé une liste de produits, en grande partie sans rapport avec l’acier et l’aluminium – ils sont notamment agricoles –, susceptibles de se voir imposer de lourdes taxes à l’entrée dans l’Union européenne (UE). Elle n’a pas encore été définitivement arrêtée et doit être validée mercredi 7 mars par le collège des commissaires. Elle concernerait un volume d’exportations américaines vers l’Europe de 3,5 milliards de dollars (2,8 milliards d’euros), précise une source européenne.
« Frapper là où ça fait mal »
Selon les règles de l’OMC, l’Etat (ou le groupe d’Etats) lésé peut prendre des mesures punitives sur des volumes au maximum équivalents à ceux des exportations pénalisées. L’UE exporte environ pour 5 milliards d’euros d’acier et 1 milliard d’euros d’aluminium aux Etats-Unis : elle pourrait donc avoir la main encore plus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Dans sa chronique, la journaliste Annie Kahn s’appuie sur une enquête américaine qui démontre que les personnes qui obtiennent les meilleurs résultats travaillent plutôt moins, mais en se concentrant davantage sur un nombre limité de tâches à accomplir.
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« Travailler moins, mais mieux »

Dans sa chronique, la journaliste Annie Kahn s’appuie sur une enquête américaine qui démontre que les personnes qui obtiennent les meilleurs résultats travaillent plutôt moins, mais en se concentrant davantage sur un nombre limité de tâches à accomplir.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 17h25
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 17h43
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            Annie Kahn








                        



                                


                            
Ma vie en boîte. Les dernières statistiques de la Caisse nationale d’assurance-maladie peuvent sembler alarmantes. Les arrêts maladie se multiplieraient. De fait, les dépenses d’indemnités journalières ont bondi de 8 % en janvier (par rapport au mois de janvier 2017) et de 5,2 % sur les douze derniers mois.
On ne discutera pas des raisons de cette situation : outil statistique inadapté, disent les uns, vieillissement de la population active, stress accru en raison du développement des outils numériques, dégradation des conditions de travail pour les autres…
Toujours est-il que la statistique aurait pu être bien pire. Pour une raison apparemment paradoxale, mais qui est en fait parfaitement logique. A savoir que, si l’absentéisme augmente, le présentéisme est aussi très vaillant. Des personnes malades, qui de ce fait auraient dû s’absenter pour leur santé et celle de leurs collègues, et ainsi dégrader la statistique encore davantage, ne le font pas. « Près de 20 % des arrêts de travail prescrits en 2016 n’ont pas été suivis », avertissait ainsi le groupe Malakoff Médéric dans un communiqué publié le 22 novembre 2017.
Le syndrome du bon élève, qui vous pousse à toujours répondre positivement à toute demande de travail accrue, est contre-productif
Plus précisément, 7 % des arrêts ont été pris, mais pas en totalité ; et 12 % n’ont pas été pris du tout. Les raisons évoquées sont diverses : financières pour 29 % des personnes concernées, par crainte de se retrouver avec une charge de travail trop importante à leur retour (23 %) ; par peur de la pression hiérarchique (22 %) ; en raison de ce sentiment qui vous fait croire que vous êtes indispensable et qu’il ne vous est pas possible de déléguer vos tâches (20 %). Un grand nombre évoquant plus largement qu’« ils n’ont pas l’habitude de se laisser aller ». Cette position est absurde, juge Andrew Hill, chroniqueur au Financial Times, dans son billet du 8 janvier.
Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Frédérique Couzigou, psychologue et écrivain, dénonce le discours systématique contre les « privilèges des fainéants », antichambre de la croyance dans une élite de « surhommes », étalon de la « réussite ».
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« J’ai été femme de cheminot »

Dans une tribune au « Monde », Frédérique Couzigou, psychologue et écrivain, dénonce le discours systématique contre les « privilèges des fainéants », antichambre de la croyance dans une élite de « surhommes », étalon de la « réussite ».



Le Monde
 |    02.03.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 17h27
    |

Frédérique Couzigou (Psychologue et écrivain)







                        



                                


                            
Tribune. J’ai été femme de cheminot. J’ai suivi, tous les trois ans, les mutations professionnelles et donc connu à chaque mouvement de poste, le chômage, la précarité dans mon propre parcours professionnel. Etre cheminot, c’est accepter une mobilité, c’est dormir dans des foyers plutôt que chez soi, c’est déblayer la voie de chemin de fer sous la neige et dans le froid, c’est vérifier au quotidien la sécurité du matériel, la fonctionnalité des équipements, la sécurité des voyageurs. C’est garder malgré tout la courtoisie quand, assis confortablement et au chaud, un voyageur râle après dix minutes de retard.
Au-delà de cette actualité navrante sur les soi-disant privilèges du cheminot, du retraité, du fonctionnaire – qui est aussi une infirmière épuisée, un policier suicidaire, un professeur accablé, un chercheur en précarité – il en va de comment la société, notre communauté, prend soin de la fragilité.
Désespérante décadence de l’humanité
Quand on réfléchit à baisser l’âge de la maturité sexuelle des enfants, quand on laisse crever dans leurs excréments nos anciens, quand on retrouve au matin des hommes et des femmes morts de froid, j’ai comme un doute sur notre civilisation, trop d’échos à la barbarie. Dans cette idéologie de la réussite, de l’étalon, du surhomme, du mérite, du premier de cordée… on frôle cette idée de l’homme supérieur de par son rang, son mérite et, pourquoi pas, son ADN. On frôle l’idéologie d’une classe supérieure, de par leur rang social, leur capital, leur intelligence… Il y a comme une répétition de ce qui a favorisé le chaos et le crime il n’y a pas si longtemps.

Les autres, les fainéants, les assistés, les handicapés, les vieux, les enfants, ne valent rien. Etre utile à l’idéologie, à la soumission par le travail, par le crédit, par la terreur de finir congelé sur un trottoir, limite notre réflexion, notre intelligence, notre lucidité, notre courage à se révolter contre cette concurrence entre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Un mois après la fin du conflit des surveillants pénitentiaires de janvier, le plus dur que la France ait connu depuis 1992, « Le Monde » a pu entrer dans la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis pour comprendre leur quotidien. Dans la plus grande prison d’Europe, 65 % ont moins d’un an d’expérience depuis leur sortie de l’Ecole nationale d’administration pénitentiaire.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Moins gourmand, ce nouveau logiciel central est réservé aux smartphones les moins rapides. Les premiers viennent d’être annoncés et devraient arriver en France au printemps.
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Go : la version allégée d’Android arrive en France

Moins gourmand, ce nouveau logiciel central est réservé aux smartphones les moins rapides. Les premiers viennent d’être annoncés et devraient arriver en France au printemps.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 15h51
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                            Nicolas Six








                        



   


Annoncé en mai 2017, Android Go arrive enfin sur smartphone. Cette version allégée du logiciel central Android équipera prochainement une dizaine de modèles bas de gamme annoncés cette semaine au Mobile World Congress, Salon qui s’est tenu du 26 février au 1er mars à Barcelone. Android Go est conçu pour fonctionner fluidement sur les smartphones à moins de 100 euros, pauvres en mémoire, dotés d’une électronique peu véloce, et parfois privés d’antenne 4G.
Des applications allégées
Pas de miracle : les smartphones estampillés « Go » demeurent nettement moins rapides que les smartphones milieu de gamme. Mais selon Google, ils fonctionnent avec plus de fluidité que les smartphones à moins de 100 euros équipés de la version classique d’Android. Le nouveau logiciel central (ou OS) de Google est épaulé par des applications allégées : la messagerie Gmail Go, l’application de cartographie Go Maps, le service de vidéos Youtube Go, etc.
Ces applications sont amputées de certaines fonctionnalités, mais augmentées de nouvelles, pensées pour les smartphones bas de gamme. Youtube Go, par exemple, ne permet plus de réduire une vidéo dans une petite fenêtre, pour continuer sa lecture par dessus une autre application. Mais il devient possible de télécharger les vidéos pour une lecture ultérieure en qualité basse, moyenne ou élevée.
Lorsqu’on ouvre le magasin d’applications d’Android Go, d’autres applications allégées sont mises en avant. On y trouvera probablement des déclinaisons moins gourmandes d’applications populaires comme Facebook Lite.
Réservé à une poignée de smartphones
Go aurait pu attirer les possesseurs de smartphones vieillissants, dont les menus ralentissent. Malheureusement, cette version d’Android est impossible à installer sur un ancien mobile. Même chose pour les applications Google estampillées Go : lorsqu’on ouvre le magasin d’applications sur un vieux smartphone, elles sont introuvables. Seuls les smartphones bas de gamme récents équipés d’Android Go y ont accès.
Ce nouveau logiciel central est initialement pensé pour les marchés émergents comme l’Inde ou l’Afrique. Mais au moins cinq smartphones équipés d’Android Go seront commercialisés en France entre avril et Juin, chez Wiko, Nokia et Alcatel. Ces modèles pourraient représenter un choix intelligent pour les consommateurs dotés d’un tout petit budget.

   


Face aux mobiles à moins de 100 euros dotés d’une version classique d’Android, les smartphones « Go » bénéficient d’une version plus récente d’Android : le millésime 8, nom de code Oreo, plutôt que le millésime 7, surnommé Nougat.
Une belle initiative à considérer avec prudence
Si Google tient ses promesses, les smartphones Go pourraient rester parfaitement utilisables pendant trois ans. Leurs menus pourraient conserver leur fluidité, ils recevraient des mises à jour de sécurité régulières, et bénéficieraient de la plupart des fonctions les plus récentes d’Android. Aucun autre smartphone bas de gamme ne peut en dire autant.
Pour l’heure, ces promesses doivent être prises avec des pincettes : Google est coutumier des projets abandonnés en route. L’entreprise lance très régulièrement des produits nouveaux, quitte à éliminer rapidement les moins populaires.

   


En outre, Android Go est un véritable défi technique. Offrir l’essentiel des fonctions d’Android aux smartphones les plus lents est une promesse difficile à tenir, garantir leur bon fonctionnement sur plusieurs années l’est plus encore. Il faudra patienter trois ans pour vérifier qu’Android Go est réellement un logiciel central allégé recommandable.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Le groupe automobile a annoncé sa décision de ne plus investir dans son site de production de boîtes de vitesses, menaçant par là même les emplois des 910 personnes qui y travaillent, sans compter les intérimaires.
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Ford Blanquefort : Bruno Le Maire créé « un groupe de travail » pour maintenir l’activité

Le groupe automobile a annoncé sa décision de ne plus investir dans son site de production de boîtes de vitesses, menaçant par là même les emplois des 910 personnes qui y travaillent, sans compter les intérimaires.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 15h10
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 15h56
   





                        



   


Bruno Le Maire, le ministre de l’économie, va mettre en place un « groupe de travail restreint » pour « maintenir l’activité » sur le site Ford Aquitaine Industries (FAI) de Blanquefort, dans la Gironde. Le ministre s’exprimait à l’issue d’une rencontre ayant réuni, vendredi 2 mars, à la mi-journée à Bercy les représentants du personnel de l’usine, ainsi que des élus locaux.
Ce groupe de travail sera « représenté par Jean-Pierre Floris », délégué interministériel à la restructuration industrielle, et devra discuter « directement avec les représentants de Ford du volume de production, du type de production que Ford entend maintenir dans les mois qui viennent sur le site de Blanquefort », a-t-il détaillé.
Le ministre rencontrera le directeur Europe de Ford « dans les jours qui viennent » afin de « connaître exactement ses intentions sur le site », a-t-il dit. « Ford doit comprendre que la détermination de l’Etat, des élus locaux, des salariés à maintenir l’activité sur ce beau site de Blanquefort est totale », a déclaré M. Le Maire.
Mardi, le groupe automobile a annoncé sa décision de ne plus investir dans son site de production de boîtes de vitesses, menaçant par là même les emplois des 910 personnes qui y travaillent, sans compter les intérimaires.
Un comité de suivi doit se tenir le 9 mars à la préfecture de la Gironde. L’intersyndicale FO, CGT, CFDT, CFE-CGC et CFTC a appelé les salariés à deux heures de débrayage lundi et à la tenue d’une assemblée générale.
Les emplois du site Ford Aquitaine Industries étaient protégés par un accord-cadre quinquennal passé entre Ford et les autorités contre le versement d’aides publiques. L’accord arrivera à échéance à la fin du mois de mai.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Quatorze économistes et parlementaires européens appellent, dans une tribune au « Monde », à dépasser les compromis sur les solutions techniques et financières à la crise de la dette afin d’apporter une réponse politique durable aux défaillances de l’union économique et monétaire.
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édition abonné


Zone euro : « Une nouvelle approche politique » est nécessaire

Quatorze économistes et parlementaires européens appellent, dans une tribune au « Monde », à dépasser les compromis sur les solutions techniques et financières à la crise de la dette afin d’apporter une réponse politique durable aux défaillances de l’union économique et monétaire.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 14h00
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Au cours des derniers mois, la Commission européenne ainsi qu’un groupe de quatorze économistes franco-allemands ont rendu publiques des propositions pour renforcer l’architecture de la zone euro. Ces propositions sont utiles pour faire vivre le débat, mais elles restent guidées par un fort esprit de compromis, et leurs ambitions sont limitées par les contraintes politiques perçues par leurs auteurs.
Des propositions qui ignorent le profond soubassement institutionnel, politique et démocratique de la crise de la zone euro
A cause de cela, ces propositions se concentrent sur les conditions nécessaires pour stabiliser la zone euro, mais restent très insuffisantes sur ce qu’il faudrait faire pour que la zone euro prospère réellement. En se limitant à des solutions graduelles et principalement économiques, ces propositions permettent sans doute à un compromis d’émerger, mais elles ignorent le profond soubassement institutionnel, politique et démocratique de la crise de la zone euro et négligent le fait que, si l’union monétaire ne devient pas rapidement un succès économique, elle risque de devenir politiquement insoutenable.
Depuis la crise de la zone euro, le consensus intellectuel s’est progressivement cristallisé autour de l’idée que, une fois le système financier réparé, la création d’une union bancaire complétée par une union des marchés de capitaux devrait permettre de partager suffisamment de risques pour stabiliser l’union monétaire, comme dans un régime assurantiel. Une sorte d’architecture de Maastricht complétée par, d’un côté, le filet de sécurité minimal créé durant la crise pour le secteur public (le Mécanisme européen de stabilité), accessible seulement à des conditions punitives, et par, d’un autre côté, un plus grand partage des risques par le biais des marchés financiers.
Une combinaison de règles complexes
Les économistes classiques croient que les marchés financiers, les signaux de prix et les incitations...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Une commission parlementaire avait demandé à Facebook d’enquêter sur une potentielle exploitation de sa plate-forme lors de la campagne précédant le référendum.
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Référendum sur le Brexit : Facebook dit n’avoir repéré aucune preuve d’ingérence russe

Une commission parlementaire avait demandé à Facebook d’enquêter sur une potentielle exploitation de sa plate-forme lors de la campagne précédant le référendum.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 13h12
   





                        



   


La Russie a-t-elle tenté, comme ce fut le cas lors de l’élection présidentielle américaine de 2016, d’interférer dans le référendum sur le Brexit ? En tout cas, pas en utilisant Facebook, a conclu le réseau social après une enquête interne. Simon Milner, le directeur des affaires publiques de Facebook au Royaume-Uni, a indiqué mercredi 28 février dans une lettre au Parlement n’avoir trouvé aucune preuve de tentative d’ingérence russe sur sa plate-forme pendant la campagne, rapporte la presse britannique.
Facebook avait été sommé l’an dernier par une commission parlementaire d’enquêter à ce sujet. En décembre, le réseau social avait présenté ses conclusions : des acteurs liés aux intérêts russes avaient dépensé… 0,97 dollar, soit 0,79 euro en publicité pendant la campagne. Facebook avait alors expliqué que, selon lui, ces messages avaient en fait atterri par erreur au Royaume-Uni, alors qu’ils étaient censés viser les Etats-Unis.
Des questions en suspens
La commission parlementaire n’avait pas été satisfaite par les conclusions de Facebook. Estimant que le réseau social n’avait pas répondu à toutes ses questions, elle lui avait imposé d’enquêter davantage. Enquête qui, finalement, n’a rien donné de plus, a précisé Simon Milner dans une lettre adressée à cette commission.
Le président de cette commission, le député Damian Collins, a rétorqué qu’il attendait toujours quelques réponses : « J’attends d’eux qu’ils partagent avec nous, parmi d’autres informations : le nombre exact de comptes qu’ils ont suspendu ; comment ils mènent leur guerre contre les bots ; leur méthodologie pour identifier les faux comptes ; et comment ils déterminent de quel pays viennent ces comptes. » Une réponse est attendue dans le courant du mois.



                            


                        

                        

