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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ L’issue du scrutin est incertaine, mais les têtes d’affiche sont connues : des nouveaux venus — le leader du M5S Luigi Di Maio, ou Matteo Salvini — et d’anciens combattants, comme Silvio Berlusconi et Matteo Renzi.
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En Italie, les personnalités qui vont marquer les élections

L’issue du scrutin est incertaine, mais les têtes d’affiche sont connues : des nouveaux venus — le leader du M5S Luigi Di Maio, ou Matteo Salvini — et d’anciens combattants, comme Silvio Berlusconi et Matteo Renzi.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 15h24
   





                        



   


Depuis près de deux semaines, les sondages sont interdits en Italie. Mais nul besoin d’être prophète pour deviner que le résultat des élections des députés et des sénateurs, dimanche 4 mars, sera serré. En raison, d’abord, d’un système électoral remanié, qui allie proportionnelle et scrutin majoritaire. Mais aussi et surtout parce que l’échiquier politique est fragmenté, et a vu émerger des coalitions fragilisées par des intérêts dissonants.

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Des favoris aux outsiders, tour d’horizon des personnalités qui ont marqué la campagne, et parmi lesquelles pourraient figurer le futur premier ministre et les futurs poids lourds d’un gouvernement.
Luigi di Maio, le dauphinMatteo Renzi, l’homme que l’Italie aime détesterSilvio Berlusconi, l’éternel revenantMatteo Salvini, l’extrême droite décomplexéePietro Grasso, le frondeurEmma Bonino, la pasionariaGiorgia Meloni, la sulfureuse
Luigi di Maio, le dauphin

   


A 31 ans, Luigi Di Maio, le candidat du Mouvement 5 étoiles (M5S), tranche avec Beppe Grillo, le comique fondateur du M5S, qui a pris ses distances. Ce Napolitain incarne le visage rassurant du parti contestataire, né en opposition aux affaires de la vieille classe politique, et devenu le premier parti italien dans les sondages (entre 27 % et 29 % des intentions de vote).
Le dauphin entend marquer cette élection, fort d’un vote en ligne à travers lequel les militants du M5S l’ont choisi à 82 % pour être candidat au poste de premier ministre. Un score insolent que ses détracteurs attribuent à l’absence de réelle concurrence, rappelant que Luigi Di Maio, surnommé « Louis le subjonctif », pour ses fautes de grammaire assumées, n’a pour expérience professionnelle que celle d’agent de sécurité dans le stade San Paolo de Naples.
Fils d’un ancien dirigeant du Mouvement social italien, parti néofasciste aujourd’hui dissous, Luigi Di Maio réfute le terme de populiste, qu’il juge péjoratif pour qualifier le M5S. Cet ancien étudiant en droit — jamais diplômé — assure ne pas vouloir d’une Italie extrémiste ou antieuropéenne.

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          « Le Mouvement 5 étoiles est pro-européen »



Au risque de froisser l’aile orthodoxe du mouvement, il a assagi son discours sur la sortie de l’euro, qui n’est plus d’actualité, et a recentré son programme sur les jeunes, avec notamment l’instauration d’un revenu universel mensuel de 780 euros. Surtout, les alliances avec d’autres partis ne sont plus totalement exclues.
Matteo Renzi, l’homme que l’Italie aime détester

   


D’abord, il a été l’enfant chéri de la politique italienne. Mais l’ancien chef du gouvernement au tempérament bouillonnant s’est mis presque tout le pays à dos. Et le Parti démocrate (PD, centre gauche) — dont M. Renzi, 43 ans, est toujours le secrétaire général —, ne cesse de chuter, atteignant les 22-23 % d’intentions de vote, contre 40 % en 2014.
Arrivé à la tête du PD à la fin de 2013, alors qu’il n’était que maire de Florence, il promettait de « mettre à la casse » les caciques de son parti. Son impopularité semble liée à une personnalité jugée souvent arrogante et un brin autoritaire. Il y a aussi ces promesses trahies, et les affaires qui ont éclaboussé son parti. Son projet de réforme constitutionnelle avait été rejeté sans appel lors d’un référendum en décembre 2016, le poussant un départ anticipé du poste de premier ministre.
Dynamique, ambitieux, « assoiffé de pouvoir », selon certains, Matteo Renzi n’a pas grillé toutes ses cartes. Un temps allié avec Silvio Berlusconi sur la réforme des institutions, il pourrait le retrouver dans le cadre d’une grande coalition « à l’allemande », en cas d’absence de majorité claire à l’issue du scrutin.

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Silvio Berlusconi, l’éternel revenant

   


Au cours des vingt-cinq dernières années, son histoire se confond avec celle de l’Italie. A 81 ans, le « Caïman » retrouve le devant de la scène après avoir pourtant été enterré politiquement un nombre incalculable de fois. « Je suis comme le bon vin, en vieillissant je m’améliore, et maintenant je suis parfait », a tweeté récemment l’inénarrable ex-Cavaliere.
En 2017, la longue litanie de ses déboires judiciaires a abouti à une première condamnation définitive, pour fraude fiscale. Silvio Berlusconi en a également gardé une inéligibilité qui lui interdit toute fonction publique jusqu’en 2019.

        Lire notre récit de la ré-émergence de Silvio Berlusconi :
         

          Silvio Berlusconi, inéligible mais incontournable en Italie



L’« immortel » reste à la tête du parti Forza Italia (« Allez l’Italie »), crédité dans les sondages de 16 % à 18 % des intentions de vote. Il a réussi à former une coalition avec la Ligue du Nord et les Fratelli d’Italia (parti néofasciste) pour une grande coalition de droite.
Si la majorité est acquise, le parti en tête choisira le premier ministre. Silvio Berlusconi a déjà choisi son poulain : Antonio Tajani, le président du Parlement européen.

        Lire la tribune d’Antonio Tajani sur l’Europe :
         

          « Répondons aux populismes par une Europe des actes »



Matteo Salvini, l’extrême droite décomplexée

   


Pour cette campagne, Matteo Salvini, entré à 17 ans seulement à la Ligue du Nord, a effacé le mot « Nord » du nom du parti et fait campagne tous azimuts, dans l’espoir de dépasser son allié de droite, Silvio Berlusconi, avec qui il a signé un programme de gouvernement.
Crédité dans les derniers sondages de 12 % à 14 % des intentions de vote, la Ligue est montée en puissance ces dernières semaines, notamment grâce à une campagne dominée par les thèmes de l’immigration et de l’insécurité.
A bientôt 45 ans, Matteo Salvini est né et a grandi dans la capitale lombarde, Milan. En 2004, cet eurosceptique notoire entre au Parlement européen. En 2013, il reprend les rênes du parti, fragilisé par un scandale de détournement de fonds publics — le parti ne dépassera pas 4 % aux législatives de 2013.
Au grand dam d’une frange originelle de la Ligue du Nord, Matteo Salvini change le discours, délaissant les ambitions sécessionnistes au profit d’un discours fédéraliste et anti-Bruxelles. Allié du Front national français, admirateur de Vladimir Poutine et de Donald Trump, il s’en prend avec virulence aux immigrés (qu’il appelle « clandestins »), à l’islam, à l’euro…, sans pour autant partager le centralisme et le caractère, à son goût trop laïque, du parti de Marine Le Pen.

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Sur les réseaux sociaux, ce barbu au visage rond martèle son message à ses 640 000 abonnés sur Twitter et plus de 2 millions sur Facebook. Avec un style direct qui ne s’embarrasse pas du politiquement correct, il espère dimanche faire « un coup », et obliger Silvio Berlusconi à lui lâcher davantage que ce qui a été évoqué jusqu’à présent : le ministère de l’intérieur. Lui se rêve chef du gouvernement.
Pietro Grasso, le frondeur

   


L’Italie aussi a sa fronde parlementaire. Et son chef de file n’est autre que le président sortant du Sénat, Pietro Grasso. A 73 ans, cet ancien magistrat antimafia a décidé de faire sécession du Parti démocrate, en réunissant sous la bannière de Liberi e uguali (« Libres et égaux ») plusieurs mouvements de gauche déçus par le gouvernement.
Crédité de 6 % des intentions de vote, son parti n’est pas anecdotique. Il a mené une campagne donnant la priorité à l’instruction et à la recherche, et misant notamment sur une reconversion écologique d’ampleur.

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Emma Bonino, la pasionaria

   


Cinq jours après le scrutin du 4 mars, Emma Bonino fêtera ses 70 ans. L’ancienne commissaire européenne et ministre des affaires étrangères figure toujours en bonne place dans le palmarès des personnalités politiques préférées des Italiens. « Cessez de m’aimer autant et votez plus pour moi », a toutefois conseillé cette figure de la gauche italienne, marquée par son combat contre un cancer du poumon diagnostiqué en 2015.
Vétérane des combats pour l’avortement, le divorce, l’objection de conscience ou encore le droit de mourir dans la dignité, elle a plaidé ces derniers mois pour défendre l’intégration des migrants et le projet européen.

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Son mouvement, Plus d’Europe, allié au centre gauche de Matteo Renzi, vise le seuil de 3 % pour entrer au Parlement. S’il y parvient, il pourrait poser problème au Parti démocrate, en faisant pression pour qu’il réoriente sa politique.
Giorgia Meloni, la sulfureuse

   


L’acmé de sa campagne a eu lieu à Turin, face au directeur du musée des Antiquités égyptiennes de la ville, Christian Greco. Giorgia Meloni, dirigeante du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia, protestait avec véhémence contre une réduction offerte aux visiteurs parlant arabe. Cette scène, diffusée largement sur les réseaux sociaux, illustre le style de cette ancienne journaliste de 41 ans, un temps ministre de Silvio Berlusconi.
Son parti, moins fédéraliste que son alliée et rivale la Ligue du Nord, est crédité d’environ 5 % des intentions de vote, grâce notamment au soutien des néofascistes de Forza Nuova et de CasaPound. Ce score pourrait lui garantir une place de choix dans un gouvernement, si la coalition de droite parvient à obtenir la majorité absolue.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Comme en France durant la campagne présidentielle, l’usine piémontaise est devenue le symbole d’une Italie impuissante à garder ses emplois.
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Elections en Italie : à Turin, les salariés menacés de Whirlpool sont devenus un « spot électoral »

Comme en France durant la campagne présidentielle, l’usine piémontaise est devenue le symbole d’une Italie impuissante à garder ses emplois.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 13h57
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 14h34
    |

            Charlotte Chabas (Turin, envoyée spéciale)








                        



   


Cela faisait longtemps que Stefano M. n’avait pas ouvert une bouteille de vin. Un barbaresco asili de 2013, léger et fruité. Même son fils aîné de 16 ans a eu le droit à un verre, servi au coin du feu. « Une petite célébration au milieu d’un long cauchemar », sourit cet homme de 49 ans, légèrement voûté par les vingt-quatre années passées devant les lignes d’assemblage de l’usine Embraco du groupe américain Whirlpool, à une trentaine de kilomètres de Turin (Piémont).
Quelques heures auparavant, lui et sa femme, Barbara, qui travaille au même endroit, ont reçu un Texto annonçant un « gel des licenciements » dans leur usine qui fabrique des compresseurs frigorifiques. Stefano et Barbara M. se préparaient à recevoir une lettre de licenciement à la fin du mois, comme 495 autres de leurs 537 collègues. « On gagne un peu de temps, jusqu’à la fin de l’année au moins », relit à voix haute Barbara, 45 ans. Une « bouffée d’oxygène », dit-elle, en plaçant ses mains de chaque côté de la gorge pour mimer leur asphyxie.
Depuis octobre, le couple vit un compte à rebours qu’il ne s’explique toujours pas. Avec un bénéfice net de 14,2 millions d’euros en 2016, l’entreprise turinoise était un des fleurons du groupe électroménager américain. « On sortait jusqu’à 4 000 pièces chaque jour », se souvient Stefano M., avec une fierté qui lui semble aujourd’hui « tellement mensongère ».
« Tirer plus de ce grand corps »
En 2004, il y avait bien eu une alerte dans l’entreprise turinoise, fondée en 1967 par la célèbre famille Agnelli, cette dynastie « Fiat » si liée au destin de Turin et de l’Italie industrielle. Whirlpool menaçait déjà de délocaliser. Le ministère de l’économie et la région du Piémont avaient sorti cinq et huit millions d’euros pour voler au secours de la société.
Les lignes de production avaient repris, et le bénéfice d’exploitation triplé entre 2012 et 2016. « Mais il fallait encore tirer plus de ce grand corps en bonne santé, quitte à le vider de son sang », explique Rocco Palombella, secrétaire général de l’Union italienne du travail (UILM).
D’abord, ce furent des allers-retours. Quelques salariés envoyés ponctuellement en Slovaquie, pour y former la main-d’œuvre locale. Ceux-là ont vu l’autre usine, qui n’en finissait plus de croître. Ils ont rencontré ces « comme eux, mais en moins cher », résume Stefano M. Pour Whirlpool, les salariés turinois coûtent 26 millions d’euros par an. 7,2 % du chiffre d’affaires de la société italienne, selon les syndicats. « C’était déjà trop pour une multinationale qui ne jure que par le profit », s’emporte Rocco Palombella, du syndicat UILM.
Fin 2017, l’entreprise ne renouvelle pas certains accords internes. C’est la fin du service de transport en bus qui permettait aux salariés de gagner l’usine, située dans la campagne piémontaise. Les salaires sont baissés de 50 centimes par heure. La cantine est, elle aussi, sacrifiée. 
« C’était plus dur pour le budget, mais tu tiens parce que tu as quand même toujours du travail », raconte Silvio B., 41 ans, dont vingt-et-un comme technicien sur les lignes d’assemblage. « Ici, le travail est tellement rare que quand tu en as un, tu t’y accroches de toutes tes forces », explique le salarié. Au pied des Alpes bleutées qui forment comme une muraille meringuée de neige, Embraco est la dernière grosse entreprise de la région de Chieri.
« La mort de ma famille »
Mais, le 10 janvier, la direction américaine du groupe annonce la fermeture du site. Seules quarante personnes sont maintenues pour tenir un bureau représentant les intérêts de l’entreprise en Italie. La production part en Slovaquie. « Ce travail, où j’avais un jour rencontré l’amour de ma vie, est devenu soudain synonyme de la mort de ma famille », raconte Barbara M., en jetant un regard inquiet vers ses trois enfants.
En pleine campagne des élections législatives du 4 mars, le désarroi des salariés ne passe pas inaperçu. Comme en France durant la campagne présidentielle, Whirlpool devient le symbole de cette Italie, impuissante à garder ses emplois, malgré une économie qui reprend doucement des couleurs.

   


Sur la scène du célèbre festival de chansons de Sanremo, les salariés d’Embraco, dont la moyenne d’âge est de 48 ans, s’invitent pour dire à l’Italie leur peur de « perdre la sécurité d’une vie basée sur un travail honnête ». Même le pape François les reçoit pour leur dire de « combattre jusqu’au dernier souffle ».
L’usine piémontaise devient une étape obligée des candidats en campagne. Mi-janvier, le dirigeant du Mouvement 5 étoiles, Luigi di Maio, vient dire son « espoir d’aider, mais surtout après le 4 mars ».

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Pour la droite antieuropéenne, l’affaire est pain bénit. Silvio Berlusconi affirme qu’« il n’y aura plus d’Embraco avec sa flat tax », cette baisse d’impôt généralisée qui devrait inciter les investisseurs à rester en Italie. Comme Marine Le Pen avant lui, Matteo Salvini, le leader du parti d’extrême droite la Ligue, dit « sa solidarité » avec les travailleurs, victimes selon lui d’un gouvernement de centre gauche « soit complice, soit incapable, soit les deux ».
Fin février, les salariés découvrent même sur leur usine une banderole déployée par le groupuscule fasciste Casapound. « Nous occupons l’usine », peut-on lire en lettres rouges et noires. La bannière ne restera que quelques heures. « Nous sommes devenus de la chair fraîche pour servir les intérêts des politiciens », analyse Daniele V., employé depuis trente ans dans l’entreprise d’électroménager. « Nous ne voulions pas être un spot électoral », martèle celui qui ne quitte plus son bleu de travail. « Un combat d’ouvriers devrait être l’affaire de tous, pas d’un parti. »

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Le gouvernement de centre gauche de Paolo Gentiloni le sait : le « scandale Embraco » peut être décisif. Le ministre du développement économique, Carlo Calenda, dénonce vite « la totale irresponsabilité de Whirlpool ». Il reçoit l’aide du président du Parlement européen, Antonio Trajani, pressenti comme futur premier ministre si la coalition de droite l’emporte dimanche. Ensemble, Rome et Bruxelles font pression sur Whirlpool.
A l’arraché, le ministère annonce vendredi 2 mars un « gel des licenciements ». Jusqu’à fin 2018, « les salariés recevront la totalité de leur salaire, il n’y aura pas de temps partiel ou de réduction d’horaire », souligne Carlo Calenda, en se disant « satisfait ». Un répit qui pourrait permettre de trouver d’autres investisseurs pour reprendre le site de Riva Presso Chieri, alors que cinq groupes, dont trois italiens et un chinois, ont fait part de leur intérêt.
Grève du 13 mars maintenue
A Turin, l’annonce a été accueillie par des applaudissements, vendredi, lors de l’assemblée des délégués syndicaux de la métallurgie. La journée de grève intersyndicale, prévue le 13 mars en solidarité avec les travailleurs d’Embraco, a toutefois été maintenue.
Devant le bâtiment où se tient la réunion, certains salariés sont venus s’informer. Un colosse aux cheveux gris, qui préfère ne pas donner son nom, se dit « loin d’être soulagé ». « Ils n’ont fait que rallonger le bouillon de la minestrone pour gagner du temps, comme le faisaient les pauvres avant ».
Pour Silvano Zaffalon, représentant syndical d’UILM-UIL, « le destin de l’usine a déjà été décidé par Whirlpool, à l’autre bout du monde ». Et l’élu de déplorer cette « mauvaise maladie » contractée par l’usine : « elle s’appelle multinationale, et elle est très contagieuse et mortelle ». Derrière lui, un petit homme aux cheveux frisés dit quand même son « soulagement de sentir que les politiciens ont compris l’urgence de la situation ». Il dit vouloir « le récompenser dimanche ».
« Faire parler la colère »
Barbara M., elle, n’est pas encore sûre de son vote. Pour cette grande blonde aux yeux clairs, l’histoire des Embraco « est bien le signe qu’il y a un problème dans cette Europe ». Son mari renchérit : « Dans une famille où certains sont fortunés et d’autres non, il y aura toujours des disputes ».
Depuis l’annonce de la fermeture de l’usine, le couple s’est peu mobilisé. « Pas envie de se faire remarquer », justifient ceux qui disent « devoir penser à leur avenir et à celui de leurs enfants ». Mais dans le secret de l’isoloir, dimanche, ils n’excluent pas de « faire parler la colère ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Ce vote de l’Instance régulatrice des lois du jeu (IFAB) ouvre la voie à son application lors de la prochaine Coupe du monde en Russie en juillet.
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Football : le recours à l’arbitrage vidéo officiellement inscrit dans les règles du jeu

Ce vote de l’Instance régulatrice des lois du jeu (IFAB) ouvre la voie à son application lors de la prochaine Coupe du monde en Russie en juillet.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 13h51
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 14h42
   





                        



   


C’est une révolution pour le football, qui aura été marquée par des couacs et des polémiques durant les phases de tests. L’International Football Association Board (IFAB), l’instance mondiale chargée de veiller depuis 1886 sur les règles du football, a validé, samedi 3 mars, l’introduction de l’assistance vidéo (VAR, pour Video Assistant Referee) dans les lois du jeu.
« Les résultats de toutes ces expériences ont été concluants. Nous en sommes arrivés à la conclusion que la VAR était bonne pour le football, bonne pour l’arbitrage, et apportait plus de justice au football », a commenté Gianni Infantino, le président de la Fédération internationale de football (FIFA), en conférence de presse.
Cette décision ouvre la voie à son application lors de la prochaine Coupe du monde en Russie (du 14 juin au 15 juillet), et ce en dépit de plusieurs dysfonctionnements observés dans les championnats et compétitions où la VAR a déjà été expérimentée. Le conseil de la FIFA doit en effet se prononcer, les 15 ou 16 mars, sur son utilisation lors du prochain Mondial. Ce dispositif viendrait ainsi compléter la Goal-Line Technology (GLT), introduite lors de l’édition 2014, au Brésil, et qui permet de vérifier si le ballon a bien franchi la ligne de but.
À la discrétion de l’arbitre, l’appel au recours technologique concerne plusieurs situations précises : visionnage d’une faute dans la surface de réparation sanctionnée ou pas d’un penalty, vérification d’un but entaché d’un hors-jeu, attribution d’un carton rouge (sur une exclusion directe) et confirmation de l’identité du joueur sanctionné. En France, l’arbitrage vidéo sera mis en place pour la Ligue 1 la saison prochaine.
La décision de l’IFAB intervient après un an et demi d’expérimentations dans plusieurs pays candidats (France, Allemagne, Australie, Brésil, Etats-Unis, Italie, Pays-Bas, Portugal pour ne citer qu’eux). Le 1er septembre 2016, à Bari, le match amical Italie-France (victoire 1-3 pour les Bleus) fut la première rencontre à faire l’objet d’expérimentations dites « semi-live ». Ce jour-là, l’arbitre hollandais Björn Kuipers avait seulement été assisté par communication radio et n’avait donc pas visionné lui-même de ralentis.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Difficile de dire, toutefois, si les annonces du président américain vont entamer la confiance retrouvée des entreprises et des investisseurs en zone euro.
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édition abonné


Offensive protectionniste de Trump : des répercussions « potentiellement très lourdes »

Difficile de dire, toutefois, si les annonces du président américain vont entamer la confiance retrouvée des entreprises et des investisseurs en zone euro.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 12h23
    |

            Elise Barthet








                        



                                


                            

Une réponse au canon. Après les déclarations du président américain, Donald Trump, sur l’instauration de nouvelles taxes douanières de 25 % pour l’acier et 10 % pour l’aluminium, Bruno Le Maire a dénoncé, vendredi 2 mars, des mesures inacceptables qui, si elles se confirment, « appelleront une réponse forte, coordonnée et unie de l’Union européenne ». « Toutes les options sont sur la table », a insisté le ministre français de l’économie : « Un recours devant l’OMC », voire « des contre-mesures pour limiter les importations américaines en Europe ».
La réaction de Paris fait écho à celle de la chancellerie allemande. Berlin, par la voix du porte-parole d’Angela Merkel, a fait savoir vendredi que son gouvernement « rejette » toute hausse des tarifs douaniers. La veille, le ministre des affaires étrangères allemand, Sigmar Gabriel, avait appelé à une réaction « ferme » de l’UE, estimant que la politique commerciale américaine « menaçait des milliers d’emplois en Europe ».

Des entreprises allemandes plus exposées
Les entreprises allemandes sont, en effet, plus exposées que leurs homologues françaises aux annonces du président américain. Près de 4 % de l’acier importé outre-Atlantique vient d’Allemagne. Les Etats-Unis sont les premiers partenaires commerciaux de Berlin, captant 9 % de ses exportations de biens et services. Mais, en 2017, le déficit commercial américain vis-à-vis de l’Allemagne a atteint 65 milliards de dollars. De quoi ulcérer l’hôte de la Maison Blanche.

Si les mesures protectionnistes de Donald Trump se concentraient sur l’acier et l’aluminium, elles devraient moins affecter le Vieux Continent que le Canada, le Brésil ou la Corée du Sud. Entameront-elles la confiance retrouvée des entreprises et des investisseurs ? Difficile à dire. « L’eurozone a pleinement bénéficié de la forte reprise du commerce mondial et devrait continuer à profiter dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Les Italiens sont appelés à renouveler, dimanche, la Chambre des députés et le Sénat. Une nouvelle loi régit les modalités de ces scrutins.
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Elections en Italie : ce qu’il faut savoir du nouveau mode de scrutin

Les Italiens sont appelés à renouveler, dimanche, la Chambre des députés et le Sénat. Une nouvelle loi régit les modalités de ces scrutins.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 11h54
    |

            Edouard Pflimlin








                        



   


Les Italiens votent, dimanche 4 mars, pour renouveler la Chambre des députés et le Sénat. Trois « camps » s’affrontent. D’un côté, la droite et l’extrême droite, avec Forza Italia, le parti de l’ancien président du Conseil Silvio Berlusconi, la Ligue du Nord, dirigée par Matteo Salvini, et Fratelli d’Italia (« Frères d’Italie », postfascistes), de Giorgia Meloni.
De l’autre, la gauche, dont le principal parti est le Parti démocrate (PD) de Matteo Renzi, auquel appartient l’actuel chef du gouvernement, Paolo Gentiloni.
Le troisième camp est celui du Mouvement 5 étoiles (M5S, Movimento 5 Stelle) fondé par le comédien et humoriste Beppe Grillo, parti populiste qui rejette tout accord de coalition avec les autres partis et qui est dirigé par Luigi di Maio.
Ce scrutin, qui s’annonce indécis — selon les sondages, aucun des partis n’est en mesure d’obtenir la majorité absolue — se déroulera selon de nouvelles règles. La loi électorale a en effet été modifiée à la fin de 2017. Que dit-elle ? Quelles conséquences peut-elle avoir ? Petit tour d’horizon.
Quand et pourquoi la loi électorale a-t-elle été modifiée ?
A l’issue des précédentes élections parlementaires des 24 et 25 février 2013, aucune des deux principales coalitions, celle de gauche dirigée par Pier Luigi Bersani, et celle de droite de Silvio Berlusconi, n’avait obtenu la majorité absolue des sièges à la Chambre des députés et au Sénat.
A cette instabilité s’est ajouté le succès électoral du M5S, dont la percée a profondément bouleversé la politique en Italie, jusqu’alors dominée par le bipartisme.
Le 28 avril 2013, le président de la République, Giorgio Napolitano, avait nommé Enrico Letta (PD) à la présidence du Conseil, à la tête d’un gouvernement d’union nationale. Mais celui-ci avait été renversé par une motion de censure interne au Parti démocrate et remplacé, le 22 février 2014, par Matteo Renzi.
C’est ce dernier qui a souhaité faire voter une nouvelle loi électorale. Avec un objectif : lutter contre la paralysie politique du pays.
Le projet de loi présenté par M. Renzi visait, notamment, à diminuer les pouvoirs du Sénat. Mais ce projet a été massivement rejeté pard les Italiens (à 59,11 %), le 4 décembre 2016. Et, le 12 décembre de la même année, Matteo Renzi a été remplacé à la tête du gouvernement par son ministre des affaires étrangères, Paolo Gentiloni (PD).
Une nouvelle loi électorale a finalement été promulguée le 3 novembre 2017.
Quelles sont les nouvelles règles mises en place ?
Avec ce nouveau cadre électoral, appelé « Rosatellum bis », du nom de l’homme qui a porté cette réforme, Ettore Rosato, les élections se déroulent en un seul tour de scrutin et utilisent un système mixte : certains sièges sont alloués au scrutin uninominal majoritaire à un tour et une majorité l’est au scrutin proportionnel.
Si les Italiens de 18 ans et plus peuvent désigner leurs députés, seuls ceux âgés de 25 ans et plus sont autorisés à élire les membres du Sénat.
Pour la Chambre des députés (Camera dei Deputati), qui compte 630 membres élus pour cinq ans, la mise en place du nouveau système se traduit ainsi :
232 députés (soit 37 %) sont désignés au scrutin uninominal386 (61 %) sont choisis au scrutin proportionnel12 (2 %) sonts élus par les Italiens de l’étranger.
Le schéma est quasi le même au Sénat (Senato della Repubblica), qui compte 315 membres élus pour cinq ans :
116 sénateurs sont choisis au scrutin uninominal193 sont désignés au niveau régional au scrutin proportionnel6 sont élus par les Italiens de l’étranger
Le seuil minimal pour entrer au Parlement est fixé à 3 % des suffrages exprimés pour les partis et à 10 % pour les coalitions.
C’est la formation de ces dernières que souhaite privilégier la nouvelle loi.
Quelles conséquences cette loi électorale peut-elle avoir ?
Dans la précédente loi électorale, la loi dite « Italicum », adoptée le 4 mai 2015, si un parti arrivé en tête du premier tour réussissait à rassembler plus de 40 % des voix, alors il recevait automatiquement un minimum de 340 sièges, ce qui représente 54 % des sièges au palais Montecitorio, la Chambre des députés.
Ce n’est plus le cas avec la loi « Rosatellum ». Celle-ci « tend à favoriser la constitution de coalitions, fussent-elles fort hétérogènes », explique Marc Lazar, spécialiste de la vie politique italienne et professeur d’histoire et de sociologie politique à Sciences Po, dans une étude pour Terra Nova intitulée « L’Italie à l’épreuve des élections ». 
Ces nouvelles règles devraient, a priori, « avantager les partis du centre droit bien implantés dans le nord du pays, favoriser le Parti démocrate dans la partie centrale du pays, son grand bastion qui tend néanmoins à se lézarder », poursuit Marc Lazar.
Elles devraient, en revanche, compliquer considérablement la tâche au Mouvement 5 étoiles, qui a construit une bonne part de sa popularité sur le refus des accords d’arrière-salle, mais qui, de ce fait, est aujourd’hui isolé, sans allié.
La nouvelle loi est d’ailleurs souvent présentée comme étant dirigée contre ce mouvement. « A priori, le nouveau mode de scrutin pénalise le Mouvement 5 étoiles, qui est fort mais reste seul », confirme Marc Lazar.
Cette nouvelle loi contribuera-t-elle à donner à l’Italie une majorité stable ? Rien n’est moins sûr. « Davantage proportionnelle que majoritaire, [elle] ne garantit en rien la constitution d’une majorité post-électorale stable », souligne la Fondation Robert-Schuman, centre de recherches et d’études sur l’Europe, dans une analyse parue au début de février.
C’est aussi l’avis de Marc Lazar : « A la date d’aujourd’hui, il semble improbable qu’une majorité claire se dégage à la Chambre des députés et au Sénat, même si le centre droit semble porté par une dynamique électorale qui pourrait peut-être lui permettre de l’emporter. »
« L’Italie demeure divisée en deux blocs, l’un de droite et l’autre de gauche, qui ne parviennent pas à avoir une majorité claire forte et stable, souligne, à ce propos, Raffaele Landani, professeur de science politique à l’université de Bologne, cité par la Fondation Schuman. Le 4 mars, on risque de voir se répéter le scénario que nous avons connu ces vingt-cinq dernières années, marquées par une alternance entre gouvernements populistes et gouvernements techniques. » 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Une émission télévisée a mis en lumière les divisions suscitées par la politique de la chancelière Angela Merkel.
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En Allemagne, Cottbus s’échauffe sur les réfugiés

Une émission télévisée a mis en lumière les divisions suscitées par la politique de la chancelière Angela Merkel.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 15h36
    |

            Thomas Wieder (Cottbus (Brandebourg) - envoyé spécial)








                        



                                


                            

Située aux confins du Brandebourg, près des frontières polonaise et tchèque, Cottbus était une ville assez tranquille. Ces dernières semaines, le climat s’y est fortement dégradé. Le 1er janvier, des militants d’extrême droite armés de poings américains ont attaqué trois Afghans devant un foyer de réfugiés. Onze jours plus tard, un couple d’Allemands a été agressé au couteau par trois Syriens à l’entrée d’un centre commercial.
Depuis, plusieurs centaines de personnes sont descendues dans la rue, les unes pour réclamer « la fermeture des frontières » et dénoncer « l’islamisation de l’Allemagne », les autres pour défendre « une société de toutes les couleurs » et appeler à « vivre sans céder à la haine ». Du jamais-vu dans cette ville de 100 000 habitants, au point que le président de la République, Frank-Walter Steinmeier, a réuni plusieurs personnalités locales, le 20 février, à Berlin, pour lancer un appel au calme et au dialogue.

Mais le dialogue est-il possible ? Agée de 56 ans, Anke (qui n’a pas communiqué son patronyme) veut y croire. C’est pour cela que cette assistante sociale est venue assister, jeudi 1er mars, à l’émission spéciale diffusée en direct depuis Cottbus sur la chaîne publique régionale RBB. Elle n’est pas seule. Dans l’immeuble de la place du marché où a été installé le studio, le monde se bouscule. Prévu pour 120 personnes, le plateau est pris d’assaut. Un écran est installé dans une salle voisine pour ceux qui n’ont pas pu entrer. Elle est pleine à craquer elle aussi. Des gens s’entassent jusque dans l’escalier. « Vous voyez, les gens ont envie de parler », explique Anke. « Je vous rappelle qu’on est là pour discuter, pas pour manifester », prévient le présentateur, deux minutes avant la prise d’antenne.
L’émission commence et, très vite, les esprits s’échauffent. L’un des premiers à prendre la parole est Hans-Christoph Berndt, le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Le gouvernement hausse le ton contre les gestionnaires du réseau, accusés d’engraisser leurs actionnaires et de fournir un mauvais service. Le Labour appelle à renationaliser.
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Au Royaume-Uni, la privatisation de l’eau sous le feu des critiques

Le gouvernement hausse le ton contre les gestionnaires du réseau, accusés d’engraisser leurs actionnaires et de fournir un mauvais service. Le Labour appelle à renationaliser.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 14h17
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Michael Gove, le ministre britannique de l’environnement, n’y est pas allé par quatre chemins : « Les gens qui sont dans cette salle doivent changer d’attitude. » Son discours, jeudi 1er mars, lors de la conférence annuelle de Water UK, qui représente l’industrie de l’eau potable au Royaume-Uni, résonnait comme un réquisitoire. A l’écouter, les entreprises qui gèrent la distribution de l’eau outre-Manche, plus préoccupées par leurs dividendes que par la qualité de leurs services, évitant leurs impôts comme leurs responsabilités sociales, sont entraînées dans une grave dérive.
« Le grand public est de plus en plus inquiet et, franchement, je le comprends. » M. Gove menace : si rien ne change, il se dit prêt à « donner tous les pouvoirs nécessaires » au régulateur économique du secteur, la Water Services Regulation Authority (Ofwat).
La distribution de l’eau traverse une très sérieuse crise de confiance au Royaume-Uni. Depuis 1989, elle est privatisée. Dix-huit entreprises ont obtenu des monopoles régionaux, quasiment sans limite de temps (l’Etat peut révoquer la licence en prévenant… vingt-cinq ans à l’avance). Elles sont surveillées par l’Ofwat, qui encadre le prix de l’eau lors de négociations quinquennales.
« Scandaleux »
Mais, de plus en plus, l’industrie est contrôlée par des actionnaires lointains – souvent des fonds de pension étrangers ou des fonds souverains – qui semblent « plus intéressés par l’ingénierie financière que par l’ingénierie réelle », accuse M. Gove. De 2007 à 2016, note-t-il, les dix-huit monopoles ont reversé 95 % de leurs profits à leurs actionnaires. L’argent fuit le secteur plutôt que d’être réinvesti ou de profiter aux consommateurs.
De 2007 à 2016, note le ministre de l’environnement, les dix-huit monopoles ont reversé 95 % de leurs profits à leurs actionnaires.
L’opposition travailliste, sous la houlette de Jeremy Corbyn, a su s’emparer de l’affaire. Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Les effets de la reprise économique tardent à se faire sentir au quotidien. Ce qui devrait se refléter dans les urnes le 4 mars.
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La convalescence de l’Italie suspendue au résultat des élections législatives

Les effets de la reprise économique tardent à se faire sentir au quotidien. Ce qui devrait se refléter dans les urnes le 4 mars.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 10h45
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Le premier ministre Paolo Gentiloni et son équipe doivent regretter amèrement de ne pas avoir devant eux quelques mois de plus : après des années de récession, puis de stagnation et de marasme, l’Italie semble, enfin, depuis 2017, sortie de l’ornière. Le problème, c’est que même si le chef de file du Parti démocrate au pouvoir, Matteo Renzi, ne cesse de marteler, depuis le début de la campagne électorale, que « l’Italie est sortie de la crise », l’immense majorité de l’opinion italienne n’en a pas encore pris conscience, car les effets concrets de la reprise tardent à se faire sentir au quotidien.

Aussi la coalition de centre-gauche, aux affaires depuis 2013, ne parviendra-t-elle sans doute pas à tirer les bénéfices de ces succès. Distancée par la droite et le Mouvement 5 étoiles, elle s’apprête à connaître un terrible coup d’arrêt lors des élections législatives du 4 mars.
Pourtant, les chiffres sont parlants. En 2017, la croissance italienne a atteint 1,5 %, soit près du double des prévisions gouvernementales. Certes, c’est beaucoup moins que la moyenne européenne (2,5 %), et ce chiffre est largement dû à l’amélioration générale de la conjoncture, sur tout le continent, mais cela constitue tout de même le meilleur résultat pour l’Italie depuis dix ans. Dans le même temps, la production industrielle a augmenté de 3 %, tandis que les exportations ont bondi de 7 %, permettant au pays de clore l’année 2017 avec un excédent commercial de près de 48 milliards d’euros (81 milliards hors dépenses énergétiques). Un chiffre presque aussi élevé qu’en 2016, année record.
Les fondamentaux sont solides
Bref, les fondamentaux sont solides, et après la crise mondiale de 2008-2009, et une rechute qui s’était traduite par une terrible récession (onze trimestres négatifs sur douze entre juillet 2011 et juin 2014), le pays va mieux.
« Tous les indicateurs étaient négatifs, et maintenant ils sont positifs », ne cesse ainsi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Le joueur le plus cher du monde espère pouvoir se rétablir à temps pour jouer la Coupe du monde cet été dans l’équipe du Brésil.
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L’opération du pied de Neymar « s’est bien passée »

Le joueur le plus cher du monde espère pouvoir se rétablir à temps pour jouer la Coupe du monde cet été dans l’équipe du Brésil.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 02h12
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 16h57
   





                        



   


L’opération au pied de l’attaquant du PSG Neymar « s’est bien passée », selon la fédération brésilienne de football (CBF), à l’issue de l’intervention chirurgicale samedi à Belo Horizonte, dans le sud-est du Brésil.
« L’opération est terminée, Neymar est déjà dans sa chambre. Tout s’est bien passé », a indiqué un attaché de presse de la CBF à l’AFP à la sortie de l’hôpital. Le joueur le plus cher de l’histoire du football va devoir entamer une longue rééducation afin de revenir à temps pour la Coupe du Monde en Russie, qui débute en juin.
Opération à huis clos
Toutes les précautions ont été prises pour qu’aucune information ne sorte à l’extérieur : les employés de l’hôpital ont reçu des consignes leur interdisant d’utiliser leur téléphone portable à proximité du joueur.
À titre exceptionnel, les membres du personnel soignant n’auront accès qu’aux dossiers médicaux des patients qu’ils soignent directement et ils n’auront pas le droit de se rendre dans les étages où ils ne sont pas affectés ce jour-là.
L’objectif est d’éviter le couac de 2014, quand Neymar avait été filmé sur une civière par une infirmière dans un hôpital de Fortaleza (nord-est), après la blessure au dos en quarts de finale de la Coupe du monde qui l’avait privé du reste de la compétition.
Comme Ronaldo en 2002
Jeudi matin, Rodrigo Lasmar, le médecin de la Seleção chargé de l’opération samedi, a affirmé que le temps de récupération pour sa « fracture du cinquième métatarsien » pouvait aller de « deux mois et demi à trois mois ».
Ce qui laisserait à Neymar un mois dans le meilleur des cas, une quinzaine de jours au pire, pour retrouver la forme avant le premier match du Brésil en Coupe du monde, le 17 juin, contre la Suisse. « Neymar a la capacité de se rétablir assez vite parce qu’il est jeune et c’est un athlète de haut niveau. Il se blesse assez peu, mais quand ça arrive, ce sont souvent des blessures sérieuses », a expliqué à l’AFP-TV José Luiz Runco, ancien médecin de la Seleçao, qui l’a soigné avec le docteur Lasmar après sa blessure au dos de 2014.
En 2002, ils avaient réussi à remettre sur pied Ronaldo, qui revenait d’une grave blessure au genou et a fini par être le grand artisan de cinquième titre mondial remporté par la Seleçao.
Pour le docteur Runco, les deux cas sont différents, notamment en raison de la nature de la blessure. Mais il voit tout de même un point commun : « comme il s’agit d’une Coupe du monde, les joueurs sont prêts à tous les sacrifices pour être rétablis à temps ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Jan Kuciak et sa fiancée, tous les deux âgés de 27 ans, ont été tués par balle chez eux. Le reporter enquêtait sur une conseillère du gouvernement.
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Après le meurtre d’un journaliste en Slovaquie, inquiétudes sur les liens entre pouvoir et mafia

Jan Kuciak et sa fiancée, tous les deux âgés de 27 ans, ont été tués par balle chez eux. Le reporter enquêtait sur une conseillère du gouvernement.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 22h27
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 11h22
    |

                            Blaise Gauquelin (Bratislava, Velka Maca, envoyé spécial)








                        



   


Elle devait épouser son amoureux en mai. Et c’est dans la robe qu’elle avait choisie pour ce jour à marquer d’une pierre blanche que Martina Kusnirova a été inhumée, à 27 ans, dans la terre gelée de la Slovaquie, vendredi 2 mars. Son fiancé, Jan Kuciak, 27 ans également, devait être porté en terre à son tour samedi, au lendemain d’une manifestation à laquelle ont pris part au moins 20 000 personnes dans les rues de Bratislava, par des températures très basses, pour dénoncer la corruption, interpeller l’exécutif et rendre hommage aux deux jeunes gens, retrouvés morts dans la nuit du dimanche 25 au lundi 26 février.
Le meurtre de M. Kuciak, un journaliste d’investigation qui travaillait depuis trois ans pour le groupe Ringier Axel Springer, et celui de sa petite amie, a plongé ce pays de 5,4 millions d’habitants dans la sidération. Les Slovaques gardent le souvenir des années noires de l’ère Vladimir Meciar, ce premier ministre autoritaire qui livra la Slovaquie à tous les trafics, au lendemain de son indépendance, entre 1994 et 1998.
« Ce sont toutes ces horreurs enfouies dans notre inconscient qui sont remontées d’un coup, énonce le philosophe Fedor Blascak. A cette époque, il y avait des morts à tous les coins de rue. Des voitures piégées explosaient chaque semaine. Les gens ont peur de revenir à cette période brutale et stupide. »
« Vous vous rendez compte ?, demande Barbara Chovanova, étudiante qui participait au défilé vendredi. Martina et Jan ont été tués par la mafia, qui est en lien avec des gens du gouvernement ! C’est monstrueux ! Ce gouvernement doit tomber ! » Comme elle, les manifestants pensent majoritairement que si des tueurs à gage ont vidé leur chargeur sur le couple, c’est parce que Jan Kuciak enquêtait, pour Aktuality.sk – le deuxième site d’information le plus lu du pays –, sur Maria Troskova, 30 ans.
Cette ancienne top-modèle a posé seins nus à l’occasion, avant de réaliser une ascension fulgurante et de devenir l’assistante du premier ministre, Robert Fico. Or Jan Kuciak enquêtait, juste avant de mourir, sur les réseaux d’un homme d’affaires italien en lien avec la jeune femme, mais aussi avec la ’Ndrangheta, la mafia calabraise, et avec Viliam Jasan, le responsable de la gestion de crise au gouvernement slovaque.
« Billets devant les caméras »
D’où les appels à la démission, lancés par la foule en colère. Pour calmer le jeu, le chef de l’exécutif, le sanguin Robert Fico, 53 ans, un populiste de gauche (SMER-SD), a cru bon dans un premier temps d’organiser une conférence de presse un peu particulière. Moins de vingt-quatre heures après la découverte des deux corps dans une maison que le journaliste retapait en bordure du village de Velka Maca, à soixante-cinq kilomètres de la capitale, il a promis une récompense d’un million d’euros à toute personne donnant une information qui permettrait d’arrêter les commanditaires.
« Il a étalé les liasses de billets devant les caméras, se remémore le journaliste Arpad Soltesz, encore sous le choc. Normalement, c’est le crime organisé russe qui monte ce genre de mises en scène, pas le chef du gouvernement d’un pays membre de l’Union européenne. Tant de cynisme, cela nous a mis en rage. Désormais, on sera encore plus agressifs qu’avant. On est en guerre maintenant. »
Quant à l’ex-mannequin, qui nie toute implication, elle a annoncé qu’elle quittait son poste le temps de la durée de l’enquête. La police a très vite arrêté plusieurs suspects. Pas suffisant, selon l’opposition et la presse slovaques, qui ne font aucune confiance au gouvernement pour mener une enquête impartiale.
Même le petit parti représentant la minorité hongroise, Most-Hid – qui avait obtenu, à la suite des élections en mars 2016, le ministère de la justice, après un accord de coalition avec le SMER-SD et le parti d’extrême droite SNS –, réclame maintenant le départ du ministre de l’intérieur, Robert Kalinak, un ancien avocat et homme d’affaires, proche de M. Fico, soupçonné d’avoir couvert des fraudes fiscales par le passé.
« Hyènes idiotes »
« Ce meurtre survient après plusieurs années de scandales, commente l’analyste politique Grigorij Meseznikov. Il faut considérer la chute du gouvernement comme une option probable. Robert Fico a échoué à expliquer le rôle joué par cette jeune femme à ses côtés, et les doutes sur la neutralité de l’exécutif concernant cette enquête semblent fondés. »
Gabriel Sipos, qui dirige en Slovaquie l’organisation de lutte contre la corruption Transparency International, rappelle que dans son pays, seule la presse traque les gros poissons. « Chaque fois qu’un journal sort une affaire de corruption, la police affirme qu’elle va enquêter, puis elle classe le dossier en disant qu’elle n’a pas trouvé de preuves, ou bien elle fait traîner les choses. Son chef est en place depuis plusieurs années, mais il n’a jamais inquiété qui que ce soit de puissant dans ce pays. »
Parler de frustration chez les journalistes relève de l’euphémisme. Car ils doivent subir, comme ailleurs en Europe centrale, les sarcasmes et les insultes du pouvoir en place. Confronté à des accusations concernant sa probité, Robert Fico a publiquement qualifié les représentants de la presse de « hyènes idiotes » ou encore de « sales prostituées anti-Slovaques ».

        Lire aussi :
         

                Slovaquie : la police enquête sur le meurtre d’un journaliste d’investigation



Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières, qui a dénoncé ces dérapages, a été reçu par M. Fico vendredi. Il a demandé au chef du gouvernement slovaque d’exprimer des regrets, pour avoir créé un climat d’hostilité à l’égard des médias. Selon lui, le meurtre de Jan Kuciak, le premier dans l’histoire contemporaine slovaque, devrait alerter tous les leadeurs de la région. Notamment le président tchèque, Milos Zeman, qui a récemment estimé, en présence de son homologue russe, Vladimir Poutine, que l’on devrait « liquider » les journalistes. En Pologne, en Hongrie et en Autriche également, les médias sont dans le viseur de dirigeants goûtant peu la critique.
« Il incombe à Robert Fico de reconnaître que le rôle d’un responsable politique est de défendre le journalisme », estime M. Deloire. Le premier ministre slovaque a d’ores et déjà rencontré les responsables des principaux médias pour leur assurer que la « sécurité des journalistes » était désormais l’une de ses « priorités ». Mais il se refuse à présenter la moindre excuse. Et encore moins à quitter le pouvoir, qu’il occupe depuis 2012, après avoir déjà gouverné entre 2006 et 2010.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Les 463 723 adhérents du Parti social-démocrate d’Allemagne avaient jusqu’au 2 mars pour approuver, ou non, le contrat de gouvernement négocié avec la CDU de Merkel et la CSU. Résultat du vote dimanche.
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Vote sur l’accord de coalition en Allemagne : qui sont les adhérents du SPD ?

Les 463 723 adhérents du Parti social-démocrate d’Allemagne avaient jusqu’au 2 mars pour approuver, ou non, le contrat de gouvernement négocié avec la CDU de Merkel et la CSU. Résultat du vote dimanche.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 19h08
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Le Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD) annoncera, dimanche 4 mars à 9 heures du matin, le résultat de la consultation qu’il a lancée auprès de ses 463 723 adhérents. Ceux-ci avaient jusqu’à vendredi pour renvoyer par la poste le bulletin de vote qui leur a été adressé, mi-février, et sur lequel il leur était demandé de répondre à la question suivante : « Le SPD doit-il approuver le “contrat de coalition” négocié avec l’Union chrétienne-démocrate (CDU) et l’Union chrétienne-sociale (CSU) en février 2018 ? »
Si le oui l’emporte, le SPD participera pour la quatrième fois à un gouvernement de « grande coalition » aux côtés des conservateurs (CDU-CSU).
Ce type de coalition n’avait été expérimenté qu’une seule fois en plus d’un demi-siècle au niveau du gouvernement fédéral (1966-1969). Il est devenu la norme avec Angela Merkel.
Depuis son élection à la chancellerie, en 2005, la présidente de la CDU a gouverné à deux reprises avec le SPD (2005-2009 et 2013-2017). Entre 2009 et 2013, elle avait fait alliance avec les libéraux-démocrates (FDP).
Si le non l’emporte, en revanche, l’Allemagne serait dans une situation politique inédite : soit un gouvernement minoritaire serait constitué, soit le Bundestag serait dissous afin que de nouvelles élections législatives soient organisées.

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Un parti en crise 
Aux dernières élections législatives, le 24 septembre 2017, le SPD a obtenu le pire résultat de son histoire : 20,5 % des voix. En 1998, année de l’élection de Gerhard Schröder à la chancellerie, il avait recueilli 40,9 % des voix. En vingt ans, son poids électoral a donc été divisé par deux.
Sur la même période, les effectifs du SPD ont également chuté. En 1998, le parti comptait 775 036 adhérents. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 463 723.
Malgré cette baisse, le SPD reste le parti politique allemand ayant le plus grand nombre d’adhérents, devant la CDU, qui en compte 427 173 (chiffres de novembre 2017).
Une récente vague d’adhésions
Cette baisse a toutefois été endiguée au cours de la dernière année. En janvier 2017, la désignation de l’ex-président du Parlement européen, Martin Schulz, comme candidat du SPD à la chancellerie huit mois avant les législatives, a provoqué une importante vague d’inscriptions.
Pour la première fois depuis 1990, le SPD a terminé l’année avec plus d’adhérents qu’il ne l’avait commencée.
Depuis janvier, la perspective de pouvoir participer à la consultation interne sur la « grande coalition » a provoqué une nouvelle vague d’adhésion : entre le 1er janvier et le 6 février, date avant laquelle il fallait s’inscrire pour pouvoir voter, 24 339 personnes ont adhéré au SPD.

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Un parti de fonctionnaires, masculin et vieillissant
La dernière étude complète sur le profil des adhérents des partis politiques allemands a été publiée en 2017 par Oskar Niedermayer, professeur de science politique à la Freie Universität de Berlin, et porte sur les chiffres de 2016.
Selon cette étude, 32,2 % des adhérents du SPD sont des femmes. En Allemagne, seuls deux partis comptent plus de femmes parmi leurs membres : les Verts (39 %) et le parti de gauche radicale Die Linke (36,9 %). A la CDU, 26 % des adhérents sont des femmes.
L’âge moyen des adhérents du SPD est de 60 ans (comme à la CDU). 54,3 % d’entre eux ont plus de 60 ans. En 1990, les plus de 60 ans n’étaient que 24,6 %.
42 % des adhérents du SPD sont des fonctionnaires en activité ou à la retraite, 30 % sont employés dans le secteur privé, 16 % sont ouvriers. 42 % sont syndiqués.

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Un parti rhénan
Un quart des adhérents du SPD sont encartés en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, ce qui correspond à peu près au poids démographique de ce Land par rapport à la population allemande.
Plus vieille région industrielle du pays, la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, où est notamment situé le bassin minier de la Ruhr, a été dirigée pratiquement sans interruption par le SPD du milieu des années 1960 à 2017, date à laquelle la CDU a remporté les élections régionales.
Seuls 5 % des adhérents du SPD sont issus des Länder d’ex-Allemagne de l’Est (8 % si l’on inclut Berlin). C’est près de trois fois moins qu’à la CDU (13,5 %).
Un parti divisé
En 2013, 75,93 % des adhérents du SPD avaient voté en faveur du « contrat de coalition » signé avec la CDU-CSU. Le taux de participation avait été de 78 %.
Cette année, l’issue du vote est plus incertaine. La plupart des observateurs s’attendent cependant à ce que le oui l’emporte.
« Je pense qu’il y aura une majorité pour le oui. Cela s’explique par le profil des gens qui votent. Ce sont en majorité des gens âgés de plus de 60 ans, qui ne sont peut-être pas emballés par l’idée d’une nouvelle “grande coalition”, mais qui préfèrent tout de même ça au chaos », explique Ulrich von Alemann, professeur émérite de science de politique à l’université Heinrich-Heine de Düsseldorf (Rhénanie-du-Nord-Westphalie).
« Le parti est très divisé, mais ce n’est pas un camp contre un autre car la plupart des gens sont très partagés à l’intérieur d’eux-mêmes, estime quant à lui le politologue Timo Grunden, conseiller politique du groupe SPD au Parlement régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Je pense néanmoins que le oui l’emportera, même si depuis le référendum sur le Brexit et l’élection de Donald Trump les pronostics sont vraiment hasardeux. »

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Réponse dimanche à 9 heures du matin.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Le discours très attendu de la première ministre britannique, qui plaide pour un accord de libre-échange « le plus large possible », conserve de nombreuses zones d’ombre.
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Brexit : le (petit) pas de Theresa May vers l’Europe

Le discours très attendu de la première ministre britannique, qui plaide pour un accord de libre-échange « le plus large possible », conserve de nombreuses zones d’ombre.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 17h20
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 06h51
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


Le ton était conciliant. Dans un discours sur le Brexit, Theresa May a cherché, vendredi 2 mars, à tendre la main à l’Union européenne (UE) et elle a préparé le terrain à quelques concessions de son côté.
« On va tous devoir faire face à de dures réalités. » La première ministre britannique a averti les plus ardents défenseurs du divorce d’avec l’UE que l’accès au marché européen « sera moindre qu’actuellement » dans certains domaines. Elle a même fait partiellement machine arrière sur la question des décisions de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), reconnaissant qu’elles « continueront à nous affecter ».
Mais, tout en plaidant pour un accord de libre-échange « le plus large possible », la cheffe du gouvernement britannique a laissé de nombreuses zones d’ombre dans son discours, en particulier sur la fameuse question de la frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Elle continue à promettre qu’il n’y aura pas de « frontière dure », mais elle n’explique pas vraiment comment elle compte s’y prendre, se contentant de lister deux options possibles dont les détails restent à négocier.
Pas de « cherry-picking »
Vingt mois après le référendum, et treize mois avant l’entrée en vigueur effective du Brexit, le discours de Theresa May était très attendu, après une semaine où le ton était monté entre Londres et Bruxelles. La première ministre, qui s’exprimait devant un parterre de journalistes et de diplomates à Mansion House, un bâtiment officiel de la City de Londres, a cherché à faire preuve de pragmatisme.

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Pas question, promet ainsi Theresa May, de pratiquer le cherry-picking, c’est-à-dire de choisir seulement quelques avantages du marché unique en laissant de côté les obligations. « Nous comprenons vos principes », explique-t-elle. Elle fait ainsi explicitement une croix sur le fameux « passeport financier », jugé « intrinsèque du marché unique ».
La place pour un accord ambitieux
Elle estime pourtant qu’il est possible de trouver un accord de libre-échange ambitieux, parce que le Royaume-Uni est l’un des principaux partenaires économiques de l’UE, et parce que les règles sont actuellement les mêmes des deux côtés de la frontière.
Pour cela, Theresa May propose que des secteurs entiers de l’économie britannique restent aux normes européennes. Et elle en cite trois en particulier : les produits chimiques, les médicaments et l’aviation. Elle souhaite que le Royaume-Uni reste membre des agences européennes qui les régulent :
« Bien sûr, nous acceptons que cela signifie obéir aux règles de ces agences et faire une contribution financière appropriée. »
Sur les services, elle espère aussi obtenir un accord de libre-échange « sans précédent ». Elle pense en particulier à la finance, avec l’objectif de « conserver les mêmes objectifs réglementaires » entre Londres et Bruxelles, grâce à un mécanisme de consultation entre les deux parties. Impensable ? Theresa May cite les négociations de libre-échange entre l’UE et les Etats-Unis (le fameux TTIP), où le sujet avait été très sérieusement abordé, même si l’accord avait finalement échoué.
« On a besoin d’en savoir plus »
Autre concession importante : la première ministre fait un pas sur la CJUE. Celle-ci n’aura plus de juridiction au Royaume-Uni, comme elle l’a maintes fois répété, mais, « difficile vérité », « ses règles et décisions continueront à avoir un effet ».
Les cours de justice britanniques pourront dans certains cas continuer à se référer à la jurisprudence de la CJUE, par exemple. Ce point, crucial, pourrait servir à déterminer un mécanisme d’arbitrage des disputes entre l’UE et le Royaume-Uni après le Brexit, qu’elle appelle de ses vœux.
Relativement bien reçu par les Brexiters, le discours a été perçu avec scepticisme dans l’UE. Certes, Michel Barnier, le négociateur européen pour l’UE, estime que les propos de Theresa May apportent de la « clarté » mais le sentiment général à Bruxelles reste la frustration. Les Vingt-Sept espéraient que la première ministre britannique sortirait de l’ambiguité, notamment sur l’Irlande.
Bruxelles a surtout retenu une chose : Londres maintient sa volonté de sortie de l’union douanière et du marché intérieur. La Commission devrait en tenir compte dans les lignes directrices des Vingt-Sept pour la « relation future » avec le Royaume-Uni que Donald Tusk, le président du Conseil européen, devrait dévoiler dès mardi 6 mars.
Depuis plusieurs semaines, les Européens travaillent sur la base d’un schéma sans concessions pour Londres, baptisé « escalier de Barnier » – du nom du négociateur en chef des Vingt-Sept, il établit les divers degrés de coopération possibles entre l’UE et un pays tiers. En l’état actuel des « lignes rouges » britanniques, Bruxelles ne peut proposer que cinq types de « relations futures » à Londres : un accord « norvégien », un « suisse », un « ukrainien », un « turc » ou un « canadien ». Theresa May a déjà dit non à chacun d’entre eux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Livre. Dans un stimulant essai, l’historien des idées Bernard Bruneteau montre que cette europhobie, de plus en plus prégnante, s’inscrit dans le temps long mais pourrait bien, au gré des vents, refluer.
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L’Europe ou le Traité du vain combat

Livre. Dans un stimulant essai, l’historien des idées Bernard Bruneteau montre que cette europhobie, de plus en plus prégnante, s’inscrit dans le temps long mais pourrait bien, au gré des vents, refluer.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 15h00
    |

            Alain Beuve-Méry








                        



                                


                            

Livre. A l’heure où l’Union européenne, sous l’égide du commissaire Michel Barnier entame son premier exercice réel de « déconstruction », en cherchant un accord pour parvenir au retrait du Royaume-Uni du « club européen », l’essai de Bernard Bruneteau tombe à pic. Ce professeur de sciences politiques à l’université de Rennes entreprend une vaste fresque historique et intellectuelle de tous les opposants (hommes, idées, mouvements) à la construction européenne, qui court sur tout le XXe siècle. Sous-titrée, de Lénine à Marine Le Pen, la liste comprend d’ailleurs un grand nombre d’Anglais.
Brexit, poussée des populismes européens à chaque élection ou presque, reflux communautaire, à la lecture de cet essai stimulant, une question affleure : sommes-nous à la veille d’une Europe de Weimar ? Comparaison certes n’est pas raison, mais si la République allemande s’est effondrée de l’intérieur, ce qui a permis la prise de pouvoir par Adolf Hitler en 1933, c’est parce qu’elle était devenue « une République sans républicains ». Or, aujourd’hui, l’Union européenne pourrait bien être menacée de dislocation, faute d’Européens convaincus.
Ce que démontre en effet a l’envi Bernard Bruneteau, c’est que les militants d’une Europe unie se sont toujours présentés comme des porteurs « d’une troisième voie ». Ils sont « ni à droite, ni à gauche, ni même au centre, mais plutôt en marge des familles idéologiques existantes », écrit-il. Ce faisant, ils n’ont pas cessé de subir les coups de boutoir des trois matrices idéologiques, les plus puissantes du XXe siècle : l’internationalisme, le nationalisme et le mondialisme (les partisans du marché).
Tigre de papier
De fait dans leur projet d’origine, les pères de la construction européenne – et Jean Monnet au premier chef – ont peut-être commis une faute : ils ont donné l’impression d’avancer masqués et de ne pas être suffisamment clair et ambitieux dans leur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Quatorze économistes et parlementaires européens appellent, dans une tribune au « Monde », à dépasser les compromis sur les solutions techniques et financières à la crise de la dette afin d’apporter une réponse politique durable aux défaillances de l’union économique et monétaire.
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Zone euro : « Une nouvelle approche politique » est nécessaire

Quatorze économistes et parlementaires européens appellent, dans une tribune au « Monde », à dépasser les compromis sur les solutions techniques et financières à la crise de la dette afin d’apporter une réponse politique durable aux défaillances de l’union économique et monétaire.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 14h00
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Au cours des derniers mois, la Commission européenne ainsi qu’un groupe de quatorze économistes franco-allemands ont rendu publiques des propositions pour renforcer l’architecture de la zone euro. Ces propositions sont utiles pour faire vivre le débat, mais elles restent guidées par un fort esprit de compromis, et leurs ambitions sont limitées par les contraintes politiques perçues par leurs auteurs.
Des propositions qui ignorent le profond soubassement institutionnel, politique et démocratique de la crise de la zone euro
A cause de cela, ces propositions se concentrent sur les conditions nécessaires pour stabiliser la zone euro, mais restent très insuffisantes sur ce qu’il faudrait faire pour que la zone euro prospère réellement. En se limitant à des solutions graduelles et principalement économiques, ces propositions permettent sans doute à un compromis d’émerger, mais elles ignorent le profond soubassement institutionnel, politique et démocratique de la crise de la zone euro et négligent le fait que, si l’union monétaire ne devient pas rapidement un succès économique, elle risque de devenir politiquement insoutenable.
Depuis la crise de la zone euro, le consensus intellectuel s’est progressivement cristallisé autour de l’idée que, une fois le système financier réparé, la création d’une union bancaire complétée par une union des marchés de capitaux devrait permettre de partager suffisamment de risques pour stabiliser l’union monétaire, comme dans un régime assurantiel. Une sorte d’architecture de Maastricht complétée par, d’un côté, le filet de sécurité minimal créé durant la crise pour le secteur public (le Mécanisme européen de stabilité), accessible seulement à des conditions punitives, et par, d’un autre côté, un plus grand partage des risques par le biais des marchés financiers.
Une combinaison de règles complexes
Les économistes classiques croient que les marchés financiers, les signaux de prix et les incitations...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Une commission parlementaire avait demandé à Facebook d’enquêter sur une potentielle exploitation de sa plate-forme lors de la campagne précédant le référendum.
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Référendum sur le Brexit : Facebook dit n’avoir repéré aucune preuve d’ingérence russe

Une commission parlementaire avait demandé à Facebook d’enquêter sur une potentielle exploitation de sa plate-forme lors de la campagne précédant le référendum.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 13h12
   





                        



   


La Russie a-t-elle tenté, comme ce fut le cas lors de l’élection présidentielle américaine de 2016, d’interférer dans le référendum sur le Brexit ? En tout cas, pas en utilisant Facebook, a conclu le réseau social après une enquête interne. Simon Milner, le directeur des affaires publiques de Facebook au Royaume-Uni, a indiqué mercredi 28 février dans une lettre au Parlement n’avoir trouvé aucune preuve de tentative d’ingérence russe sur sa plate-forme pendant la campagne, rapporte la presse britannique.
Facebook avait été sommé l’an dernier par une commission parlementaire d’enquêter à ce sujet. En décembre, le réseau social avait présenté ses conclusions : des acteurs liés aux intérêts russes avaient dépensé… 0,97 dollar, soit 0,79 euro en publicité pendant la campagne. Facebook avait alors expliqué que, selon lui, ces messages avaient en fait atterri par erreur au Royaume-Uni, alors qu’ils étaient censés viser les Etats-Unis.
Des questions en suspens
La commission parlementaire n’avait pas été satisfaite par les conclusions de Facebook. Estimant que le réseau social n’avait pas répondu à toutes ses questions, elle lui avait imposé d’enquêter davantage. Enquête qui, finalement, n’a rien donné de plus, a précisé Simon Milner dans une lettre adressée à cette commission.
Le président de cette commission, le député Damian Collins, a rétorqué qu’il attendait toujours quelques réponses : « J’attends d’eux qu’ils partagent avec nous, parmi d’autres informations : le nombre exact de comptes qu’ils ont suspendu ; comment ils mènent leur guerre contre les bots ; leur méthodologie pour identifier les faux comptes ; et comment ils déterminent de quel pays viennent ces comptes. » Une réponse est attendue dans le courant du mois.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Dans le royaume, garantir les mêmes droits et attribuer les mêmes devoirs aux femmes et aux hommes sont intégrés dans l’identité nationale. Mais le mouvement #metoo suscité une prise de conscience des avancées qu’ils restent à mener.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
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L’égalité des genres à la suédoise : tous égaux, sauf certaines

Dans le royaume, garantir les mêmes droits et attribuer les mêmes devoirs aux femmes et aux hommes sont intégrés dans l’identité nationale. Mais le mouvement #metoo suscité une prise de conscience des avancées qu’ils restent à mener.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 12h31
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 17h37
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

La tribune, publiée par les actrices et comédiennes suédoises, le 9 novembre 2017, dans le quotidien Svenska Dagbladet, a fait l’effet d’une bombe en Suède. Dans le sillage de l’affaire Weinstein aux Etats-Unis, 456 d’entre elles y racontaient, anonymement et sans nommer leurs agresseurs, le harcèlement sexuel et les violences dont elles avaient été victimes sur les scènes de théâtre et les plateaux de cinéma, depuis des années.
Les semaines suivantes, plus de 70 000 femmes, représentant des dizaines de professions, publient des textes similaires : 4 446 juristes, 10 000 médecins, 1 300 élues, 1 132 salariées de l’industrie technique, 4 627 ouvrières du BTP, 1 089 écuyères, 387 archéologues, des centaines d’employées de la défense, de l’Eglise luthérienne… La liste n’en finit plus. Mi-février, c’est au tour des « gameuses » de dénoncer, « les humiliations et le harcèlement », dont elles sont la cible dans l’univers des jeux vidéo en ligne.
La valeur « historique » de #metoo
Nulle part ailleurs, hormis aux Etats-Unis, le mouvement #metoo n’a connu un tel retentissement. Malena Rydell, l’une des deux journalistes à l’origine de la publication de la tribune des actrices, veut croire à la valeur « historique » de #metoo et à son impact sur la notion du consentement : « La ligne rouge de ce qui est acceptable a été redessinée, peut-être de façon définitive. » Difficile pourtant de ne pas voir un paradoxe dans ce déferlement de témoignages. Depuis des décennies, la Suède, avec ses voisins nordiques, passe en effet pour la championne de l’égalité entre les sexes, une valeur devenue partie intégrante de son identité nationale. En octobre 2017, le pays de 10 millions d’habitants était couronné, pour la cinquième fois de suite, par l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE).
La France, elle, s’est classée en cinquième position. Pour les secrétaires d’Etat successifs chargés de la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ La Commission européenne souhaite que tout contenu « terroriste » sur Internet soit supprimé dans l’heure suivant son signalement.
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Bruxelles presse les géants du Web de mieux lutter contre les contenus illicites

La Commission européenne souhaite que tout contenu « terroriste » sur Internet soit supprimé dans l’heure suivant son signalement.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 12h20
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

La Commission européenne fait monter d’un cran la pression sur les plates-formes du Web. L’institution communautaire a réclamé, jeudi 1er mars, que tout contenu « terroriste » sur Internet soit désormais supprimé dans l’heure suivant son signalement par les autorités judiciaires des Etats membres ou Europol (l’agence européenne de lutte contre la criminalité), étant donné les dangers potentiels qu’il fait courir aux sociétés.
Le contenu à caractère terroriste étant « le plus préjudiciable au cours des premières heures de sa parution en ligne, toutes les entreprises doivent supprimer ce type de contenu dans le délai d’une heure à compter de son signalement en règle générale », a précisé la Commission.

Cette demande fait l’objet d’une recommandation. Un texte certes non contraignant, mais que les justices nationales sont tenues de prendre en considération si les plates-formes ne s’y conforment pas. La Commission donne rendez-vous aux acteurs du Web dans trois mois, espérant qu’ils auront tenu compte de ses exigences.
Forme de « censure »
Au-delà des contenus à caractère terroriste, la Commission a rappelé aux géants du Web le souhait émis en septembre 2017, à savoir que tous les contenus illicites (violations du copyright, ­contrefaçons, contenus haineux et liés à la pédopornographie) soient supprimés dans les vingt-quatre heures après leur signalement.
Manifestement déçue du résultat de cette concertation, Bruxelles recommande dorénavant aux grandes entreprises du Net d’adopter une démarche plus « proactive » en systématisant la détection automatique des contenus illicites et en partageant ce type de technologie coûteuse avec de petits sites moins fortunés, mais sur lesquels migrent souvent les contenus illicites chassés de Facebook ou de Twitter.
« On constate que plus de 90 % du contenu illégal enlevé avait déjà été signalé et supprimé une première fois. On veut vraiment s’attaquer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Pour conserver leurs avantages, les firmes devront justifier d’une implantation réelle aux Pays-Bas. Le gouvernement entend renforcer les contrôles.
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La Haye durcit la fiscalité des grandes entreprises

Pour conserver leurs avantages, les firmes devront justifier d’une implantation réelle aux Pays-Bas. Le gouvernement entend renforcer les contrôles.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 11h33
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

Ikea, Nike, Starbucks, Procter & Gamble : le traitement fiscal très favorable réservé par les Pays-Bas à ces multinationales a jeté une lumière crue sur des pratiques qui n’étaient pas nouvelles, mais que les « Panama Papers » – ainsi que certaines investigations de la Commission européenne – ont révélées au monde en 2017. Quelques mois plus tard, La Haye dévoile un plan afin de corriger son image de paradis ­fiscal pour grandes entreprises.
Le secrétaire d’Etat aux finances, Menno Snel, a envoyé, le 19 février, une lettre à la Chambre des députés. Il y évoque la nécessité de maintenir le principe des rulings (ou « rescrits »), ces accords censés assurer une sécurité juridique et fiscale aux entreprises qui négocient par anticipation leur statut. Pour M. Snel, les rescrits contribuent au « climat d’investissement favorable » qui prévaut dans le royaume.
Il s’interroge toutefois sur leur nombre et leur justification « dans tous les cas ». Plus question d’en octroyer à des firmes qui empruntent la voie néerlandaise pour échapper à une taxation et créent une simple boîte aux lettres à Amsterdam ou Rotterdam. Les critères d’une implantation réelle dans le pays et du volume d’emplois créés seront pris en compte.
L’exemple le plus étonnant des pratiques néerlandaises fut la ­révélation de l’autorisation octroyée au géant américain Procter & Gamble par un simple fonctionnaire, dont la signature autorisa le transfert de 676 millions de dollars (554 millions d’euros) vers les îles Caïman, en vertu d’un ruling.

La pratique du ruling cause « plus de mal que de bien »
Le secrétaire d’Etat estime que l’image négative donnée de son pays peut pénaliser son activité économique et les investissements dont il bénéficie. Il est appuyé par des experts dont – fait notable – Michiel Spanjers, qui fut, six années durant, conseiller d’un ministre des finances.
Dans une tribune parue il y a deux semaines...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Pour Jean-François Carenco, ex-préfet d’Ile-de-France et président de Coallia, qui héberge de nombreux migrants, les associations ne vont pas devenir des auxiliaires de police.
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Migrants : « La circulaire Collomb a été diabolisée »

Pour Jean-François Carenco, ex-préfet d’Ile-de-France et président de Coallia, qui héberge de nombreux migrants, les associations ne vont pas devenir des auxiliaires de police.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 12h24
    |

            Maryline Baumard








                        



                                


                            

Jean-François Carenco, préfet d’Ile-de-France entre 2015 et 2017, est président de Coallia, un acteur majeur du secteur social avec des foyers pour travailleurs immigrés, et des résidences d’hébergement d’urgence. Il se pose en défenseur de la « circulaire Collomb », ce texte, qui prône le recensement du statut des personnes dans l’hébergement d’urgence. Une circulaire que le Conseil d’Etat a recadrée le 20 février mais dont la future loi sur l’immigration et l’asile discutée en avril facilite l’application.

Quel est votre positionnement sur la « circulaire Collomb », très contestée par les associations ?
En tant que président de Coallia qui accueille et héberge tous les jours des milliers de migrants et avec l’ensemble des 3 500 salariés de l’association, nous comprenons et éprouvons au quotidien que la fraternité républicaine ne pose pas de question, et continuera avec cette circulaire à ne pas en poser.
On entrera toujours dans l’hébergement d’urgence sans montrer ses papiers – des papiers que dans plus de 70 % des cas, en Ile-de-France, on n’a d’ailleurs pas – dans le cadre de l’hébergement spécifique de l’hiver. Mais si notre société veut rester humaine, il lui faut de la rigueur. C’est la raison pour laquelle l’Etat doit savoir qui est hébergé dans les établissements de premier accueil afin de pouvoir mieux orienter les personnes accueillies.

Il existe des structures d’accueil adaptées pour chaque public, et il est nécessaire de les y orienter. L’idée qu’on ne connaisse pas les gens qui entrent dans le système est absurde. Cela rend le travail d’accueil inefficace et coûteux. Dépenser autant d’argent pour avoir des migrants mal ou non pris en charge, est humainement inacceptable et c’est un non-sens administratif.
Cette circulaire a été diabolisée, mais elle a vocation à ce qu’enfin, on connaisse ces personnes. Cependant, il faut veiller à ne pas délégitimer le secteur...




                        

                        

