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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ L’issue du scrutin est incertaine, mais les têtes d’affiche sont connues : des nouveaux venus — le leader du M5S Luigi Di Maio, ou Matteo Salvini — et d’anciens combattants, comme Silvio Berlusconi et Matteo Renzi.
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En Italie, les personnalités qui vont marquer les élections

L’issue du scrutin est incertaine, mais les têtes d’affiche sont connues : des nouveaux venus — le leader du M5S Luigi Di Maio, ou Matteo Salvini — et d’anciens combattants, comme Silvio Berlusconi et Matteo Renzi.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 15h24
   





                        



   


Depuis près de deux semaines, les sondages sont interdits en Italie. Mais nul besoin d’être prophète pour deviner que le résultat des élections des députés et des sénateurs, dimanche 4 mars, sera serré. En raison, d’abord, d’un système électoral remanié, qui allie proportionnelle et scrutin majoritaire. Mais aussi et surtout parce que l’échiquier politique est fragmenté, et a vu émerger des coalitions fragilisées par des intérêts dissonants.

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Des favoris aux outsiders, tour d’horizon des personnalités qui ont marqué la campagne, et parmi lesquelles pourraient figurer le futur premier ministre et les futurs poids lourds d’un gouvernement.
Luigi di Maio, le dauphinMatteo Renzi, l’homme que l’Italie aime détesterSilvio Berlusconi, l’éternel revenantMatteo Salvini, l’extrême droite décomplexéePietro Grasso, le frondeurEmma Bonino, la pasionariaGiorgia Meloni, la sulfureuse
Luigi di Maio, le dauphin

   


A 31 ans, Luigi Di Maio, le candidat du Mouvement 5 étoiles (M5S), tranche avec Beppe Grillo, le comique fondateur du M5S, qui a pris ses distances. Ce Napolitain incarne le visage rassurant du parti contestataire, né en opposition aux affaires de la vieille classe politique, et devenu le premier parti italien dans les sondages (entre 27 % et 29 % des intentions de vote).
Le dauphin entend marquer cette élection, fort d’un vote en ligne à travers lequel les militants du M5S l’ont choisi à 82 % pour être candidat au poste de premier ministre. Un score insolent que ses détracteurs attribuent à l’absence de réelle concurrence, rappelant que Luigi Di Maio, surnommé « Louis le subjonctif », pour ses fautes de grammaire assumées, n’a pour expérience professionnelle que celle d’agent de sécurité dans le stade San Paolo de Naples.
Fils d’un ancien dirigeant du Mouvement social italien, parti néofasciste aujourd’hui dissous, Luigi Di Maio réfute le terme de populiste, qu’il juge péjoratif pour qualifier le M5S. Cet ancien étudiant en droit — jamais diplômé — assure ne pas vouloir d’une Italie extrémiste ou antieuropéenne.

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          « Le Mouvement 5 étoiles est pro-européen »



Au risque de froisser l’aile orthodoxe du mouvement, il a assagi son discours sur la sortie de l’euro, qui n’est plus d’actualité, et a recentré son programme sur les jeunes, avec notamment l’instauration d’un revenu universel mensuel de 780 euros. Surtout, les alliances avec d’autres partis ne sont plus totalement exclues.
Matteo Renzi, l’homme que l’Italie aime détester

   


D’abord, il a été l’enfant chéri de la politique italienne. Mais l’ancien chef du gouvernement au tempérament bouillonnant s’est mis presque tout le pays à dos. Et le Parti démocrate (PD, centre gauche) — dont M. Renzi, 43 ans, est toujours le secrétaire général —, ne cesse de chuter, atteignant les 22-23 % d’intentions de vote, contre 40 % en 2014.
Arrivé à la tête du PD à la fin de 2013, alors qu’il n’était que maire de Florence, il promettait de « mettre à la casse » les caciques de son parti. Son impopularité semble liée à une personnalité jugée souvent arrogante et un brin autoritaire. Il y a aussi ces promesses trahies, et les affaires qui ont éclaboussé son parti. Son projet de réforme constitutionnelle avait été rejeté sans appel lors d’un référendum en décembre 2016, le poussant un départ anticipé du poste de premier ministre.
Dynamique, ambitieux, « assoiffé de pouvoir », selon certains, Matteo Renzi n’a pas grillé toutes ses cartes. Un temps allié avec Silvio Berlusconi sur la réforme des institutions, il pourrait le retrouver dans le cadre d’une grande coalition « à l’allemande », en cas d’absence de majorité claire à l’issue du scrutin.

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Silvio Berlusconi, l’éternel revenant

   


Au cours des vingt-cinq dernières années, son histoire se confond avec celle de l’Italie. A 81 ans, le « Caïman » retrouve le devant de la scène après avoir pourtant été enterré politiquement un nombre incalculable de fois. « Je suis comme le bon vin, en vieillissant je m’améliore, et maintenant je suis parfait », a tweeté récemment l’inénarrable ex-Cavaliere.
En 2017, la longue litanie de ses déboires judiciaires a abouti à une première condamnation définitive, pour fraude fiscale. Silvio Berlusconi en a également gardé une inéligibilité qui lui interdit toute fonction publique jusqu’en 2019.

        Lire notre récit de la ré-émergence de Silvio Berlusconi :
         

          Silvio Berlusconi, inéligible mais incontournable en Italie



L’« immortel » reste à la tête du parti Forza Italia (« Allez l’Italie »), crédité dans les sondages de 16 % à 18 % des intentions de vote. Il a réussi à former une coalition avec la Ligue du Nord et les Fratelli d’Italia (parti néofasciste) pour une grande coalition de droite.
Si la majorité est acquise, le parti en tête choisira le premier ministre. Silvio Berlusconi a déjà choisi son poulain : Antonio Tajani, le président du Parlement européen.

        Lire la tribune d’Antonio Tajani sur l’Europe :
         

          « Répondons aux populismes par une Europe des actes »



Matteo Salvini, l’extrême droite décomplexée

   


Pour cette campagne, Matteo Salvini, entré à 17 ans seulement à la Ligue du Nord, a effacé le mot « Nord » du nom du parti et fait campagne tous azimuts, dans l’espoir de dépasser son allié de droite, Silvio Berlusconi, avec qui il a signé un programme de gouvernement.
Crédité dans les derniers sondages de 12 % à 14 % des intentions de vote, la Ligue est montée en puissance ces dernières semaines, notamment grâce à une campagne dominée par les thèmes de l’immigration et de l’insécurité.
A bientôt 45 ans, Matteo Salvini est né et a grandi dans la capitale lombarde, Milan. En 2004, cet eurosceptique notoire entre au Parlement européen. En 2013, il reprend les rênes du parti, fragilisé par un scandale de détournement de fonds publics — le parti ne dépassera pas 4 % aux législatives de 2013.
Au grand dam d’une frange originelle de la Ligue du Nord, Matteo Salvini change le discours, délaissant les ambitions sécessionnistes au profit d’un discours fédéraliste et anti-Bruxelles. Allié du Front national français, admirateur de Vladimir Poutine et de Donald Trump, il s’en prend avec virulence aux immigrés (qu’il appelle « clandestins »), à l’islam, à l’euro…, sans pour autant partager le centralisme et le caractère, à son goût trop laïque, du parti de Marine Le Pen.

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Sur les réseaux sociaux, ce barbu au visage rond martèle son message à ses 640 000 abonnés sur Twitter et plus de 2 millions sur Facebook. Avec un style direct qui ne s’embarrasse pas du politiquement correct, il espère dimanche faire « un coup », et obliger Silvio Berlusconi à lui lâcher davantage que ce qui a été évoqué jusqu’à présent : le ministère de l’intérieur. Lui se rêve chef du gouvernement.
Pietro Grasso, le frondeur

   


L’Italie aussi a sa fronde parlementaire. Et son chef de file n’est autre que le président sortant du Sénat, Pietro Grasso. A 73 ans, cet ancien magistrat antimafia a décidé de faire sécession du Parti démocrate, en réunissant sous la bannière de Liberi e uguali (« Libres et égaux ») plusieurs mouvements de gauche déçus par le gouvernement.
Crédité de 6 % des intentions de vote, son parti n’est pas anecdotique. Il a mené une campagne donnant la priorité à l’instruction et à la recherche, et misant notamment sur une reconversion écologique d’ampleur.

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Emma Bonino, la pasionaria

   


Cinq jours après le scrutin du 4 mars, Emma Bonino fêtera ses 70 ans. L’ancienne commissaire européenne et ministre des affaires étrangères figure toujours en bonne place dans le palmarès des personnalités politiques préférées des Italiens. « Cessez de m’aimer autant et votez plus pour moi », a toutefois conseillé cette figure de la gauche italienne, marquée par son combat contre un cancer du poumon diagnostiqué en 2015.
Vétérane des combats pour l’avortement, le divorce, l’objection de conscience ou encore le droit de mourir dans la dignité, elle a plaidé ces derniers mois pour défendre l’intégration des migrants et le projet européen.

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Son mouvement, Plus d’Europe, allié au centre gauche de Matteo Renzi, vise le seuil de 3 % pour entrer au Parlement. S’il y parvient, il pourrait poser problème au Parti démocrate, en faisant pression pour qu’il réoriente sa politique.
Giorgia Meloni, la sulfureuse

   


L’acmé de sa campagne a eu lieu à Turin, face au directeur du musée des Antiquités égyptiennes de la ville, Christian Greco. Giorgia Meloni, dirigeante du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia, protestait avec véhémence contre une réduction offerte aux visiteurs parlant arabe. Cette scène, diffusée largement sur les réseaux sociaux, illustre le style de cette ancienne journaliste de 41 ans, un temps ministre de Silvio Berlusconi.
Son parti, moins fédéraliste que son alliée et rivale la Ligue du Nord, est crédité d’environ 5 % des intentions de vote, grâce notamment au soutien des néofascistes de Forza Nuova et de CasaPound. Ce score pourrait lui garantir une place de choix dans un gouvernement, si la coalition de droite parvient à obtenir la majorité absolue.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Comme en France durant la campagne présidentielle, l’usine piémontaise est devenue le symbole d’une Italie impuissante à garder ses emplois.
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Elections en Italie : à Turin, les salariés menacés de Whirlpool sont devenus un « spot électoral »

Comme en France durant la campagne présidentielle, l’usine piémontaise est devenue le symbole d’une Italie impuissante à garder ses emplois.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 13h57
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 14h34
    |

            Charlotte Chabas (Turin, envoyée spéciale)








                        



   


Cela faisait longtemps que Stefano M. n’avait pas ouvert une bouteille de vin. Un barbaresco asili de 2013, léger et fruité. Même son fils aîné de 16 ans a eu le droit à un verre, servi au coin du feu. « Une petite célébration au milieu d’un long cauchemar », sourit cet homme de 49 ans, légèrement voûté par les vingt-quatre années passées devant les lignes d’assemblage de l’usine Embraco du groupe américain Whirlpool, à une trentaine de kilomètres de Turin (Piémont).
Quelques heures auparavant, lui et sa femme, Barbara, qui travaille au même endroit, ont reçu un Texto annonçant un « gel des licenciements » dans leur usine qui fabrique des compresseurs frigorifiques. Stefano et Barbara M. se préparaient à recevoir une lettre de licenciement à la fin du mois, comme 495 autres de leurs 537 collègues. « On gagne un peu de temps, jusqu’à la fin de l’année au moins », relit à voix haute Barbara, 45 ans. Une « bouffée d’oxygène », dit-elle, en plaçant ses mains de chaque côté de la gorge pour mimer leur asphyxie.
Depuis octobre, le couple vit un compte à rebours qu’il ne s’explique toujours pas. Avec un bénéfice net de 14,2 millions d’euros en 2016, l’entreprise turinoise était un des fleurons du groupe électroménager américain. « On sortait jusqu’à 4 000 pièces chaque jour », se souvient Stefano M., avec une fierté qui lui semble aujourd’hui « tellement mensongère ».
« Tirer plus de ce grand corps »
En 2004, il y avait bien eu une alerte dans l’entreprise turinoise, fondée en 1967 par la célèbre famille Agnelli, cette dynastie « Fiat » si liée au destin de Turin et de l’Italie industrielle. Whirlpool menaçait déjà de délocaliser. Le ministère de l’économie et la région du Piémont avaient sorti cinq et huit millions d’euros pour voler au secours de la société.
Les lignes de production avaient repris, et le bénéfice d’exploitation triplé entre 2012 et 2016. « Mais il fallait encore tirer plus de ce grand corps en bonne santé, quitte à le vider de son sang », explique Rocco Palombella, secrétaire général de l’Union italienne du travail (UILM).
D’abord, ce furent des allers-retours. Quelques salariés envoyés ponctuellement en Slovaquie, pour y former la main-d’œuvre locale. Ceux-là ont vu l’autre usine, qui n’en finissait plus de croître. Ils ont rencontré ces « comme eux, mais en moins cher », résume Stefano M. Pour Whirlpool, les salariés turinois coûtent 26 millions d’euros par an. 7,2 % du chiffre d’affaires de la société italienne, selon les syndicats. « C’était déjà trop pour une multinationale qui ne jure que par le profit », s’emporte Rocco Palombella, du syndicat UILM.
Fin 2017, l’entreprise ne renouvelle pas certains accords internes. C’est la fin du service de transport en bus qui permettait aux salariés de gagner l’usine, située dans la campagne piémontaise. Les salaires sont baissés de 50 centimes par heure. La cantine est, elle aussi, sacrifiée. 
« C’était plus dur pour le budget, mais tu tiens parce que tu as quand même toujours du travail », raconte Silvio B., 41 ans, dont vingt-et-un comme technicien sur les lignes d’assemblage. « Ici, le travail est tellement rare que quand tu en as un, tu t’y accroches de toutes tes forces », explique le salarié. Au pied des Alpes bleutées qui forment comme une muraille meringuée de neige, Embraco est la dernière grosse entreprise de la région de Chieri.
« La mort de ma famille »
Mais, le 10 janvier, la direction américaine du groupe annonce la fermeture du site. Seules quarante personnes sont maintenues pour tenir un bureau représentant les intérêts de l’entreprise en Italie. La production part en Slovaquie. « Ce travail, où j’avais un jour rencontré l’amour de ma vie, est devenu soudain synonyme de la mort de ma famille », raconte Barbara M., en jetant un regard inquiet vers ses trois enfants.
En pleine campagne des élections législatives du 4 mars, le désarroi des salariés ne passe pas inaperçu. Comme en France durant la campagne présidentielle, Whirlpool devient le symbole de cette Italie, impuissante à garder ses emplois, malgré une économie qui reprend doucement des couleurs.

   


Sur la scène du célèbre festival de chansons de Sanremo, les salariés d’Embraco, dont la moyenne d’âge est de 48 ans, s’invitent pour dire à l’Italie leur peur de « perdre la sécurité d’une vie basée sur un travail honnête ». Même le pape François les reçoit pour leur dire de « combattre jusqu’au dernier souffle ».
L’usine piémontaise devient une étape obligée des candidats en campagne. Mi-janvier, le dirigeant du Mouvement 5 étoiles, Luigi di Maio, vient dire son « espoir d’aider, mais surtout après le 4 mars ».

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Pour la droite antieuropéenne, l’affaire est pain bénit. Silvio Berlusconi affirme qu’« il n’y aura plus d’Embraco avec sa flat tax », cette baisse d’impôt généralisée qui devrait inciter les investisseurs à rester en Italie. Comme Marine Le Pen avant lui, Matteo Salvini, le leader du parti d’extrême droite la Ligue, dit « sa solidarité » avec les travailleurs, victimes selon lui d’un gouvernement de centre gauche « soit complice, soit incapable, soit les deux ».
Fin février, les salariés découvrent même sur leur usine une banderole déployée par le groupuscule fasciste Casapound. « Nous occupons l’usine », peut-on lire en lettres rouges et noires. La bannière ne restera que quelques heures. « Nous sommes devenus de la chair fraîche pour servir les intérêts des politiciens », analyse Daniele V., employé depuis trente ans dans l’entreprise d’électroménager. « Nous ne voulions pas être un spot électoral », martèle celui qui ne quitte plus son bleu de travail. « Un combat d’ouvriers devrait être l’affaire de tous, pas d’un parti. »

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Le gouvernement de centre gauche de Paolo Gentiloni le sait : le « scandale Embraco » peut être décisif. Le ministre du développement économique, Carlo Calenda, dénonce vite « la totale irresponsabilité de Whirlpool ». Il reçoit l’aide du président du Parlement européen, Antonio Trajani, pressenti comme futur premier ministre si la coalition de droite l’emporte dimanche. Ensemble, Rome et Bruxelles font pression sur Whirlpool.
A l’arraché, le ministère annonce vendredi 2 mars un « gel des licenciements ». Jusqu’à fin 2018, « les salariés recevront la totalité de leur salaire, il n’y aura pas de temps partiel ou de réduction d’horaire », souligne Carlo Calenda, en se disant « satisfait ». Un répit qui pourrait permettre de trouver d’autres investisseurs pour reprendre le site de Riva Presso Chieri, alors que cinq groupes, dont trois italiens et un chinois, ont fait part de leur intérêt.
Grève du 13 mars maintenue
A Turin, l’annonce a été accueillie par des applaudissements, vendredi, lors de l’assemblée des délégués syndicaux de la métallurgie. La journée de grève intersyndicale, prévue le 13 mars en solidarité avec les travailleurs d’Embraco, a toutefois été maintenue.
Devant le bâtiment où se tient la réunion, certains salariés sont venus s’informer. Un colosse aux cheveux gris, qui préfère ne pas donner son nom, se dit « loin d’être soulagé ». « Ils n’ont fait que rallonger le bouillon de la minestrone pour gagner du temps, comme le faisaient les pauvres avant ».
Pour Silvano Zaffalon, représentant syndical d’UILM-UIL, « le destin de l’usine a déjà été décidé par Whirlpool, à l’autre bout du monde ». Et l’élu de déplorer cette « mauvaise maladie » contractée par l’usine : « elle s’appelle multinationale, et elle est très contagieuse et mortelle ». Derrière lui, un petit homme aux cheveux frisés dit quand même son « soulagement de sentir que les politiciens ont compris l’urgence de la situation ». Il dit vouloir « le récompenser dimanche ».
« Faire parler la colère »
Barbara M., elle, n’est pas encore sûre de son vote. Pour cette grande blonde aux yeux clairs, l’histoire des Embraco « est bien le signe qu’il y a un problème dans cette Europe ». Son mari renchérit : « Dans une famille où certains sont fortunés et d’autres non, il y aura toujours des disputes ».
Depuis l’annonce de la fermeture de l’usine, le couple s’est peu mobilisé. « Pas envie de se faire remarquer », justifient ceux qui disent « devoir penser à leur avenir et à celui de leurs enfants ». Mais dans le secret de l’isoloir, dimanche, ils n’excluent pas de « faire parler la colère ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Ce vote de l’Instance régulatrice des lois du jeu (IFAB) ouvre la voie à son application lors de la prochaine Coupe du monde en Russie en juillet.
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Football : le recours à l’arbitrage vidéo officiellement inscrit dans les règles du jeu

Ce vote de l’Instance régulatrice des lois du jeu (IFAB) ouvre la voie à son application lors de la prochaine Coupe du monde en Russie en juillet.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 13h51
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 14h42
   





                        



   


C’est une révolution pour le football, qui aura été marquée par des couacs et des polémiques durant les phases de tests. L’International Football Association Board (IFAB), l’instance mondiale chargée de veiller depuis 1886 sur les règles du football, a validé, samedi 3 mars, l’introduction de l’assistance vidéo (VAR, pour Video Assistant Referee) dans les lois du jeu.
« Les résultats de toutes ces expériences ont été concluants. Nous en sommes arrivés à la conclusion que la VAR était bonne pour le football, bonne pour l’arbitrage, et apportait plus de justice au football », a commenté Gianni Infantino, le président de la Fédération internationale de football (FIFA), en conférence de presse.
Cette décision ouvre la voie à son application lors de la prochaine Coupe du monde en Russie (du 14 juin au 15 juillet), et ce en dépit de plusieurs dysfonctionnements observés dans les championnats et compétitions où la VAR a déjà été expérimentée. Le conseil de la FIFA doit en effet se prononcer, les 15 ou 16 mars, sur son utilisation lors du prochain Mondial. Ce dispositif viendrait ainsi compléter la Goal-Line Technology (GLT), introduite lors de l’édition 2014, au Brésil, et qui permet de vérifier si le ballon a bien franchi la ligne de but.
À la discrétion de l’arbitre, l’appel au recours technologique concerne plusieurs situations précises : visionnage d’une faute dans la surface de réparation sanctionnée ou pas d’un penalty, vérification d’un but entaché d’un hors-jeu, attribution d’un carton rouge (sur une exclusion directe) et confirmation de l’identité du joueur sanctionné. En France, l’arbitrage vidéo sera mis en place pour la Ligue 1 la saison prochaine.
La décision de l’IFAB intervient après un an et demi d’expérimentations dans plusieurs pays candidats (France, Allemagne, Australie, Brésil, Etats-Unis, Italie, Pays-Bas, Portugal pour ne citer qu’eux). Le 1er septembre 2016, à Bari, le match amical Italie-France (victoire 1-3 pour les Bleus) fut la première rencontre à faire l’objet d’expérimentations dites « semi-live ». Ce jour-là, l’arbitre hollandais Björn Kuipers avait seulement été assisté par communication radio et n’avait donc pas visionné lui-même de ralentis.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Les Italiens sont appelés à renouveler, dimanche, la Chambre des députés et le Sénat. Une nouvelle loi régit les modalités de ces scrutins.
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Elections en Italie : ce qu’il faut savoir du nouveau mode de scrutin

Les Italiens sont appelés à renouveler, dimanche, la Chambre des députés et le Sénat. Une nouvelle loi régit les modalités de ces scrutins.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 11h54
    |

            Edouard Pflimlin








                        



   


Les Italiens votent, dimanche 4 mars, pour renouveler la Chambre des députés et le Sénat. Trois « camps » s’affrontent. D’un côté, la droite et l’extrême droite, avec Forza Italia, le parti de l’ancien président du Conseil Silvio Berlusconi, la Ligue du Nord, dirigée par Matteo Salvini, et Fratelli d’Italia (« Frères d’Italie », postfascistes), de Giorgia Meloni.
De l’autre, la gauche, dont le principal parti est le Parti démocrate (PD) de Matteo Renzi, auquel appartient l’actuel chef du gouvernement, Paolo Gentiloni.
Le troisième camp est celui du Mouvement 5 étoiles (M5S, Movimento 5 Stelle) fondé par le comédien et humoriste Beppe Grillo, parti populiste qui rejette tout accord de coalition avec les autres partis et qui est dirigé par Luigi di Maio.
Ce scrutin, qui s’annonce indécis — selon les sondages, aucun des partis n’est en mesure d’obtenir la majorité absolue — se déroulera selon de nouvelles règles. La loi électorale a en effet été modifiée à la fin de 2017. Que dit-elle ? Quelles conséquences peut-elle avoir ? Petit tour d’horizon.
Quand et pourquoi la loi électorale a-t-elle été modifiée ?
A l’issue des précédentes élections parlementaires des 24 et 25 février 2013, aucune des deux principales coalitions, celle de gauche dirigée par Pier Luigi Bersani, et celle de droite de Silvio Berlusconi, n’avait obtenu la majorité absolue des sièges à la Chambre des députés et au Sénat.
A cette instabilité s’est ajouté le succès électoral du M5S, dont la percée a profondément bouleversé la politique en Italie, jusqu’alors dominée par le bipartisme.
Le 28 avril 2013, le président de la République, Giorgio Napolitano, avait nommé Enrico Letta (PD) à la présidence du Conseil, à la tête d’un gouvernement d’union nationale. Mais celui-ci avait été renversé par une motion de censure interne au Parti démocrate et remplacé, le 22 février 2014, par Matteo Renzi.
C’est ce dernier qui a souhaité faire voter une nouvelle loi électorale. Avec un objectif : lutter contre la paralysie politique du pays.
Le projet de loi présenté par M. Renzi visait, notamment, à diminuer les pouvoirs du Sénat. Mais ce projet a été massivement rejeté pard les Italiens (à 59,11 %), le 4 décembre 2016. Et, le 12 décembre de la même année, Matteo Renzi a été remplacé à la tête du gouvernement par son ministre des affaires étrangères, Paolo Gentiloni (PD).
Une nouvelle loi électorale a finalement été promulguée le 3 novembre 2017.
Quelles sont les nouvelles règles mises en place ?
Avec ce nouveau cadre électoral, appelé « Rosatellum bis », du nom de l’homme qui a porté cette réforme, Ettore Rosato, les élections se déroulent en un seul tour de scrutin et utilisent un système mixte : certains sièges sont alloués au scrutin uninominal majoritaire à un tour et une majorité l’est au scrutin proportionnel.
Si les Italiens de 18 ans et plus peuvent désigner leurs députés, seuls ceux âgés de 25 ans et plus sont autorisés à élire les membres du Sénat.
Pour la Chambre des députés (Camera dei Deputati), qui compte 630 membres élus pour cinq ans, la mise en place du nouveau système se traduit ainsi :
232 députés (soit 37 %) sont désignés au scrutin uninominal386 (61 %) sont choisis au scrutin proportionnel12 (2 %) sonts élus par les Italiens de l’étranger.
Le schéma est quasi le même au Sénat (Senato della Repubblica), qui compte 315 membres élus pour cinq ans :
116 sénateurs sont choisis au scrutin uninominal193 sont désignés au niveau régional au scrutin proportionnel6 sont élus par les Italiens de l’étranger
Le seuil minimal pour entrer au Parlement est fixé à 3 % des suffrages exprimés pour les partis et à 10 % pour les coalitions.
C’est la formation de ces dernières que souhaite privilégier la nouvelle loi.
Quelles conséquences cette loi électorale peut-elle avoir ?
Dans la précédente loi électorale, la loi dite « Italicum », adoptée le 4 mai 2015, si un parti arrivé en tête du premier tour réussissait à rassembler plus de 40 % des voix, alors il recevait automatiquement un minimum de 340 sièges, ce qui représente 54 % des sièges au palais Montecitorio, la Chambre des députés.
Ce n’est plus le cas avec la loi « Rosatellum ». Celle-ci « tend à favoriser la constitution de coalitions, fussent-elles fort hétérogènes », explique Marc Lazar, spécialiste de la vie politique italienne et professeur d’histoire et de sociologie politique à Sciences Po, dans une étude pour Terra Nova intitulée « L’Italie à l’épreuve des élections ». 
Ces nouvelles règles devraient, a priori, « avantager les partis du centre droit bien implantés dans le nord du pays, favoriser le Parti démocrate dans la partie centrale du pays, son grand bastion qui tend néanmoins à se lézarder », poursuit Marc Lazar.
Elles devraient, en revanche, compliquer considérablement la tâche au Mouvement 5 étoiles, qui a construit une bonne part de sa popularité sur le refus des accords d’arrière-salle, mais qui, de ce fait, est aujourd’hui isolé, sans allié.
La nouvelle loi est d’ailleurs souvent présentée comme étant dirigée contre ce mouvement. « A priori, le nouveau mode de scrutin pénalise le Mouvement 5 étoiles, qui est fort mais reste seul », confirme Marc Lazar.
Cette nouvelle loi contribuera-t-elle à donner à l’Italie une majorité stable ? Rien n’est moins sûr. « Davantage proportionnelle que majoritaire, [elle] ne garantit en rien la constitution d’une majorité post-électorale stable », souligne la Fondation Robert-Schuman, centre de recherches et d’études sur l’Europe, dans une analyse parue au début de février.
C’est aussi l’avis de Marc Lazar : « A la date d’aujourd’hui, il semble improbable qu’une majorité claire se dégage à la Chambre des députés et au Sénat, même si le centre droit semble porté par une dynamique électorale qui pourrait peut-être lui permettre de l’emporter. »
« L’Italie demeure divisée en deux blocs, l’un de droite et l’autre de gauche, qui ne parviennent pas à avoir une majorité claire forte et stable, souligne, à ce propos, Raffaele Landani, professeur de science politique à l’université de Bologne, cité par la Fondation Schuman. Le 4 mars, on risque de voir se répéter le scénario que nous avons connu ces vingt-cinq dernières années, marquées par une alternance entre gouvernements populistes et gouvernements techniques. » 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Une émission télévisée a mis en lumière les divisions suscitées par la politique de la chancelière Angela Merkel.
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En Allemagne, Cottbus s’échauffe sur les réfugiés

Une émission télévisée a mis en lumière les divisions suscitées par la politique de la chancelière Angela Merkel.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 15h36
    |

            Thomas Wieder (Cottbus (Brandebourg) - envoyé spécial)








                        



                                


                            

Située aux confins du Brandebourg, près des frontières polonaise et tchèque, Cottbus était une ville assez tranquille. Ces dernières semaines, le climat s’y est fortement dégradé. Le 1er janvier, des militants d’extrême droite armés de poings américains ont attaqué trois Afghans devant un foyer de réfugiés. Onze jours plus tard, un couple d’Allemands a été agressé au couteau par trois Syriens à l’entrée d’un centre commercial.
Depuis, plusieurs centaines de personnes sont descendues dans la rue, les unes pour réclamer « la fermeture des frontières » et dénoncer « l’islamisation de l’Allemagne », les autres pour défendre « une société de toutes les couleurs » et appeler à « vivre sans céder à la haine ». Du jamais-vu dans cette ville de 100 000 habitants, au point que le président de la République, Frank-Walter Steinmeier, a réuni plusieurs personnalités locales, le 20 février, à Berlin, pour lancer un appel au calme et au dialogue.

Mais le dialogue est-il possible ? Agée de 56 ans, Anke (qui n’a pas communiqué son patronyme) veut y croire. C’est pour cela que cette assistante sociale est venue assister, jeudi 1er mars, à l’émission spéciale diffusée en direct depuis Cottbus sur la chaîne publique régionale RBB. Elle n’est pas seule. Dans l’immeuble de la place du marché où a été installé le studio, le monde se bouscule. Prévu pour 120 personnes, le plateau est pris d’assaut. Un écran est installé dans une salle voisine pour ceux qui n’ont pas pu entrer. Elle est pleine à craquer elle aussi. Des gens s’entassent jusque dans l’escalier. « Vous voyez, les gens ont envie de parler », explique Anke. « Je vous rappelle qu’on est là pour discuter, pas pour manifester », prévient le présentateur, deux minutes avant la prise d’antenne.
L’émission commence et, très vite, les esprits s’échauffent. L’un des premiers à prendre la parole est Hans-Christoph Berndt, le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Le gouvernement hausse le ton contre les gestionnaires du réseau, accusés d’engraisser leurs actionnaires et de fournir un mauvais service. Le Labour appelle à renationaliser.
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Au Royaume-Uni, la privatisation de l’eau sous le feu des critiques

Le gouvernement hausse le ton contre les gestionnaires du réseau, accusés d’engraisser leurs actionnaires et de fournir un mauvais service. Le Labour appelle à renationaliser.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 14h17
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Michael Gove, le ministre britannique de l’environnement, n’y est pas allé par quatre chemins : « Les gens qui sont dans cette salle doivent changer d’attitude. » Son discours, jeudi 1er mars, lors de la conférence annuelle de Water UK, qui représente l’industrie de l’eau potable au Royaume-Uni, résonnait comme un réquisitoire. A l’écouter, les entreprises qui gèrent la distribution de l’eau outre-Manche, plus préoccupées par leurs dividendes que par la qualité de leurs services, évitant leurs impôts comme leurs responsabilités sociales, sont entraînées dans une grave dérive.
« Le grand public est de plus en plus inquiet et, franchement, je le comprends. » M. Gove menace : si rien ne change, il se dit prêt à « donner tous les pouvoirs nécessaires » au régulateur économique du secteur, la Water Services Regulation Authority (Ofwat).
La distribution de l’eau traverse une très sérieuse crise de confiance au Royaume-Uni. Depuis 1989, elle est privatisée. Dix-huit entreprises ont obtenu des monopoles régionaux, quasiment sans limite de temps (l’Etat peut révoquer la licence en prévenant… vingt-cinq ans à l’avance). Elles sont surveillées par l’Ofwat, qui encadre le prix de l’eau lors de négociations quinquennales.
« Scandaleux »
Mais, de plus en plus, l’industrie est contrôlée par des actionnaires lointains – souvent des fonds de pension étrangers ou des fonds souverains – qui semblent « plus intéressés par l’ingénierie financière que par l’ingénierie réelle », accuse M. Gove. De 2007 à 2016, note-t-il, les dix-huit monopoles ont reversé 95 % de leurs profits à leurs actionnaires. L’argent fuit le secteur plutôt que d’être réinvesti ou de profiter aux consommateurs.
De 2007 à 2016, note le ministre de l’environnement, les dix-huit monopoles ont reversé 95 % de leurs profits à leurs actionnaires.
L’opposition travailliste, sous la houlette de Jeremy Corbyn, a su s’emparer de l’affaire. Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Les effets de la reprise économique tardent à se faire sentir au quotidien. Ce qui devrait se refléter dans les urnes le 4 mars.
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La convalescence de l’Italie suspendue au résultat des élections législatives

Les effets de la reprise économique tardent à se faire sentir au quotidien. Ce qui devrait se refléter dans les urnes le 4 mars.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 10h45
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Le premier ministre Paolo Gentiloni et son équipe doivent regretter amèrement de ne pas avoir devant eux quelques mois de plus : après des années de récession, puis de stagnation et de marasme, l’Italie semble, enfin, depuis 2017, sortie de l’ornière. Le problème, c’est que même si le chef de file du Parti démocrate au pouvoir, Matteo Renzi, ne cesse de marteler, depuis le début de la campagne électorale, que « l’Italie est sortie de la crise », l’immense majorité de l’opinion italienne n’en a pas encore pris conscience, car les effets concrets de la reprise tardent à se faire sentir au quotidien.

Aussi la coalition de centre-gauche, aux affaires depuis 2013, ne parviendra-t-elle sans doute pas à tirer les bénéfices de ces succès. Distancée par la droite et le Mouvement 5 étoiles, elle s’apprête à connaître un terrible coup d’arrêt lors des élections législatives du 4 mars.
Pourtant, les chiffres sont parlants. En 2017, la croissance italienne a atteint 1,5 %, soit près du double des prévisions gouvernementales. Certes, c’est beaucoup moins que la moyenne européenne (2,5 %), et ce chiffre est largement dû à l’amélioration générale de la conjoncture, sur tout le continent, mais cela constitue tout de même le meilleur résultat pour l’Italie depuis dix ans. Dans le même temps, la production industrielle a augmenté de 3 %, tandis que les exportations ont bondi de 7 %, permettant au pays de clore l’année 2017 avec un excédent commercial de près de 48 milliards d’euros (81 milliards hors dépenses énergétiques). Un chiffre presque aussi élevé qu’en 2016, année record.
Les fondamentaux sont solides
Bref, les fondamentaux sont solides, et après la crise mondiale de 2008-2009, et une rechute qui s’était traduite par une terrible récession (onze trimestres négatifs sur douze entre juillet 2011 et juin 2014), le pays va mieux.
« Tous les indicateurs étaient négatifs, et maintenant ils sont positifs », ne cesse ainsi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Jean-Yves Le Drian se rend à Téhéran dimanche et lundi pour trouver un moyen de sauver l’accord international mis en péril par Donald Trump.
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Délicate tentative de médiation de la France sur le nucléaire iranien

Jean-Yves Le Drian se rend à Téhéran dimanche et lundi pour trouver un moyen de sauver l’accord international mis en péril par Donald Trump.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 10h36
    |

            Louis Imbert, 
Marc Semo et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Sauver l’accord de juillet 2015 sur le nucléaire menacé par Donald Trump, mais aussi tenter d’obtenir quelques concessions de Téhéran sur son programme balistique comme sur sa politique régionale « militarisée », en Syrie, au Liban, en Irak ou encore au Yémen. Le voyage dans la capitale iranienne, les 4 et 5 mars, du ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, destiné à préparer une éventuelle visite d’Emmanuel Macron – qui serait la première d’un chef d’Etat ou de gouvernement d’un grand pays occidental depuis la révolution islamique de 1979 –, s’annonce comme un délicat numéro d’équilibrisme diplomatique. 
« Ces questions sont à la fois distinctes et liées, car il sera difficile de convaincre le président américain de ne pas casser la baraque sur le nucléaire si l’Iran dit non sur tout le reste », résume-t-on à Paris. Donald Trump qui, depuis son entrée à la Maison Blanche, a par trois fois renouvelé la suspension des sanctions américaines qui pesaient sur l’Iran jusqu’à l’accord nucléaire, menace en effet de ne plus le faire le 12 mai, et d’annuler l’accord négocié par les « 5 +1 » (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité plus l’Allemagne) avec Téhéran. Les autorités françaises, comme les autres membres de l’Union européenne (UE), n’ont cessé de rappeler leur attachement à ce compromis, qui gèle et place sous haute surveillance au moins pour dix ans le programme nucléaire iranien.
La France reconnaît que l’Iran respecte ses engagements
Outre son homologue, Mohammad Javad Zarif, le chef de la diplomatie française devrait rencontrer le président de la République, le modéré Hassan Rohani, le président du Parlement, Ali Larijani, un conservateur pragmatique, et le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, le général Shamkhani. Un programme démontrant l’importance que Téhéran accorde à la visite.
Dans le grand jeu régional autour de l’Iran sur fond de tensions croissantes entre la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Le secteur bancaire, qui ployait sous les créances douteuses, est désormais en cours d’assainissement, à la faveur de la reprise économique.
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Longtemps fragiles, les banques italiennes se portent mieux

Le secteur bancaire, qui ployait sous les créances douteuses, est désormais en cours d’assainissement, à la faveur de la reprise économique.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 10h54
    |

                            Véronique Chocron








                        



                                


                            
Talon d’Achille de l’Europe bancaire, les institutions financières italiennes avaient concentré l’inquiétude des marchés financiers en 2016 et au début de 2017. La pression est depuis retombée. Tous les experts constatent que l’assainissement du secteur bancaire italien est en cours, aidé par la reprise économique.
Pour Nicolas Véron, économiste du centre de réflexion européen Bruegel et au Peterson Institute, le tournant date de février 2017, lorsque la banque italienne Unicredit est parvenue à lever 13 milliards d’euros sur les marchés pour reconstituer ses fonds propres, après un nettoyage de son bilan. « Ce moment a été essentiel, tranche-t-il. On a constaté qu’une banque bien gérée n’avait plus aucun problème d’accès aux marchés d’actions, y compris pour des montants très importants. La crainte d’une nouvelle crise financière a été éliminée. »
« Un cap a été passé »
Dans la foulée, une solution a été trouvée pour la très fragile Banca Monte dei Paschi di Siena (BMPS), considérée depuis plusieurs années comme le maillon faible du système bancaire italien. La doyenne des banques a fini par bénéficier d’un sauvetage public. Puis, sur cette lancée, le gouvernement italien a déclenché une procédure de liquidation sur fonds publics de deux petites banques sous-capitalisées de Vénétie, Banca Popolare di Vicenza et Veneto Banca.

Depuis, les banques italiennes ne font presque plus parler d’elles. « Elles travaillent en silence, résume un grand banquier européen. Un cap a été passé. Les institutions et les pouvoirs publics italiens ont fini par accepter qu’il y avait un problème et qu’il fallait le traiter. »
Ce « problème à traiter » concerne en premier lieu le fardeau des créances douteuses héritées de la crise, sous lesquelles ploient les établissements. Des crédits que les clients ne parviennent plus à rembourser, et qui sont parfois considérés comme irrécouvrables. A l’été, les banques italiennes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ L’administration Trump, prise de court par le dégel entre Séoul et Pyongyang, se marginalise sur une ligne dure.
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La diplomatie américaine dans l’impasse sur la Corée du Nord

L’administration Trump, prise de court par le dégel entre Séoul et Pyongyang, se marginalise sur une ligne dure.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 10h17
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 15h38
    |

            Harold Thibault








                        



                                


                            

Vendredi 2 mars a été le dernier jour de travail de Joseph Yun, représentant spécial américain pour la Corée du Nord. A 63 ans, ce diplomate de carrière a décidé de prendre sa retraite, officiellement pour « raisons personnelles » mais, dans les faits, ce partisan du dialogue s’est heurté à une Maison Blanche bloquée sur la ligne dure concernant le dossier nord-coréen.
Cet homme, qui a passé trois décennies au service de la diplomatie américaine, s’est notamment illustré en maintenant ouvert, depuis l’arrivée au pouvoir de M. Trump, le « canal de New York » : des rencontres informelles qui lui permettaient d’échanger avec le responsable de la mission nord-coréenne auprès des Nations unies.
L’annonce de son départ intervient après que des officiels nord-coréens ont dit au président sud-coréen, après la cérémonie de clôture des Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang, que leur pays est prêt à dialoguer avec les Etats-Unis – sans toutefois évoquer la dénucléarisation. Or, pour Washington, celle-ci doit être l’objet principal, sinon exclusif, de toute discussion et, tant que ce n’est pas le cas, l’administration Trump campe sur une stratégie de « pression maximale ».

C’est dans ce contexte que M. Yun a renoncé. Son départ intervient quelques semaines après que Victor Cha, le principal candidat au poste d’ambassadeur des Etats-Unis à Séoul, vacant depuis plus d’un an, a finalement été écarté par la Maison Blanche après sa présentation au gouvernement sud-coréen. M. Cha, qui n’est pourtant pas une « colombe » puisqu’il avait participé à l’administration de George W. Bush, a osé dire tout le mal qu’il pensait de la théorie dite du « nez ensanglanté », l’idée de frappes préventives censées dissuader Pyongyang alors que Séoul n’est qu’à 50 km de la zone démilitarisée.
Ligne téléphonique d’urgence
Ces deux départs illustrent le malaise dans les cercles diplomatiques américains, qui voient l’administration Trump se...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ L’Assemblée populaire de Chine devrait autoriser le président actuel à renouveler son mandat sans limite. Cela annoncerait un grand bond en arrière de la vie politique du pays, analyse l’universitaire Jean-Pierre Cabestan, dans une tribune au « Monde ».
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« Xi Jinping monte en puissance et se “poutinise” »

L’Assemblée populaire de Chine devrait autoriser le président actuel à renouveler son mandat sans limite. Cela annoncerait un grand bond en arrière de la vie politique du pays, analyse l’universitaire Jean-Pierre Cabestan, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    03.03.2018 à 08h00
    |

Jean-Pierre Cabestan (Professeur à l’université baptiste de Hong Kong.)







                        



                                


                            
Tribune. Lors de sa séance annuelle qui s’ouvre le 5 mars, l’Assemblée populaire nationale (APN) chinoise devrait entériner l’abolition de la limite de deux mandats de cinq ans imposée par la Constitution à la fonction de président de la République. Approuvé par le comité central du Parti communiste chinois (PCC) dans des circonstances qui demeurent obscures et rendues publiques le 25 février, cet amendement constitutionnel permettra à Xi Jinping de se maintenir à la tête de l’Etat aussi longtemps qu’il le souhaite.
Assurément, cette décision consacre une montée en puissance et même une « poutinisation » de Xi à l’œuvre depuis son accession au pouvoir en 2012. Elle permet au numéro un chinois, contrairement à Vladimir Poutine, de continuer de cumuler les trois fonctions suprêmes qu’il occupe aussi longtemps qu’il lui plaît : aucune règle ne limite officiellement le mandat du secrétaire général et de président de la Commission militaire du PCC.

Pour autant, l’on peut s’interroger sur le sens d’une mesure rétrograde qui remet directement en cause l’une des réformes institutionnelles essentielles de Deng Xiaoping introduite après la mort de Mao Zedong, en 1976 : éviter toute instauration d’un pouvoir à vie. Par ailleurs, si elle consolide indéniablement le statut de Xi, celui-ci est-il aussi puissant que ses thuriféraires le laissent entendre ? Pourra-t-il véritablement introduire les réformes qu’il a promises ?
Xi assez fort pour imposer ce changement
Les médias officiels, dont le très nationaliste Global Times, ont rapidement tenté de justifier la suppression de cette limite constitutionnelle. Ils ont d’une part indiqué que cette décision était un gage de stabilité et de puissance, « une clé magique capable d’unifier la société » et de « renforcer sa dignité face à l’Occident » (sic). Ils ont d’autre part assuré de manière assez défensive que cette réforme ne signifiait pas que le poste de président...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Bruxelles prépare une liste « punitive » de produits américains pouvant être lourdement taxés à l’entrée dans l’Union européenne.
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Article sélectionné dans La Matinale du 02/03/2018
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Commerce mondial : l’Europe prépare sa riposte à l’offensive protectionniste de Trump

Bruxelles prépare une liste « punitive » de produits américains pouvant être lourdement taxés à l’entrée dans l’Union européenne.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 10h59
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

La Commission européenne s’interdit l’usage intempestif des tweets, contrairement au président des Etats-Unis, qui considérait encore, vendredi 2 mars, sur son réseau social préféré que « les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner ».
Mais au lendemain des brutales menaces de Donald Trump, jeudi 1er mars, d’introduire « dès la semaine prochaine » des taxes douanières de 25 % sur les importations américaines d’acier et de 10 % sur celles d’aluminium, l’institution communautaire a réservé une réponse musclée au chef de la Maison Blanche. Elle est prête à aller tout droit au bras de fer.
Première salve de mesures ouvertement envisagées : des mesures de rétorsion, permises par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) quand des pays ne parviennent pas à s’entendre à la suite d’un différend. Les services de la Commission planchent sur le sujet depuis le printemps 2017, après que Washington a commencé à invoquer une possible atteinte à sa « sécurité nationale » pour ériger tous azimuts des barrières douanières avec le reste du monde.
Les fonctionnaires européens ont dressé une liste de produits, en grande partie sans rapport avec l’acier et l’aluminium – ils sont notamment agricoles –, susceptibles de se voir imposer de lourdes taxes à l’entrée dans l’Union européenne (UE). Elle n’a pas encore été définitivement arrêtée et doit être validée mercredi 7 mars par le collège des commissaires. Elle concernerait un volume d’exportations américaines vers l’Europe de 3,5 milliards de dollars (2,8 milliards d’euros), précise une source européenne.
« Frapper là où ça fait mal »
Selon les règles de l’OMC, l’Etat (ou le groupe d’Etats) lésé peut prendre des mesures punitives sur des volumes au maximum équivalents à ceux des exportations pénalisées. L’UE exporte environ pour 5 milliards d’euros d’acier et 1 milliard d’euros d’aluminium aux Etats-Unis : elle pourrait donc avoir la main encore plus...




                        

                        


<article-nb="2018/03/03/19-13">
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Le film « Sono tornato », qui imagine le retour du Duce, est sorti en Italie le 1er février dans un contexte politique tendu.
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Le salut fasciste revient en Italie, Mussolini aussi (mais à l’écran)

Le film « Sono tornato », qui imagine le retour du Duce, est sorti en Italie le 1er février dans un contexte politique tendu.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 06h30
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Autant le dire tout de suite, Sono tornato (« Je suis revenu »), de Luca Miniero, sorti dans les salles italiennes le 1er février, n’est pas un film réaliste. Ajoutons même, pour être plus clair, que ce n’est vraiment pas un chef-d’œuvre. Qu’on en juge plutôt : soixante-douze ans après son exécution, le 28 avril 1945, Benito Mussolini tombe du ciel et apparaît dans un nuage de fumée, en uniforme et bottes de cuir, au milieu d’un jardin public du centre de Rome.
Alors qu’il erre dans les rues de sa capitale, qu’il ne reconnaît plus (« Où suis-je ? A Addis-Abeba ? »), un jeune réalisateur le repère, pense voir en lui un ­acteur un peu allumé et l’emmène à bord d’une ­camionnette pour un tour d’Italie, caméra en main, au cours duquel le Duce rencontre des habitants désabusés, fatigués de la démocratie, voire nostalgiques de l’homme providentiel.
Le retour du pire
Le film que ce vidéaste tire de ce roadtrip, et diffuse sur Internet, rencontre un tel succès qu’une chaîne de télévision privée s’en empare. Après s’être vu suggérer d’éviter les discours trop racistes et les éloges d’Hitler (« Je suis d’accord avec vous, ça m’a déjà coûté très cher une fois », répond-il à la directrice qui lui prodigue ce conseil), Benito Mussolini est lancé dans le grand bain de la télévision. Son succès est ful­gurant. Dans les couloirs de la chaîne, pour ­fêter les victoires sur la concurrence, on chante ­Faccetta nera, l’hymne fasciste des temps de la guerre d’Ethiopie…
Les affaires vont si bien que le dictateur se prend à rêver de reprendre le pouvoir. Jusqu’à ce qu’une vieille femme atteinte d’Alzheimer, dont on apprend qu’elle est rescapée des camps de la mort nazis, ­reconnaisse son regard et dessille les yeux du réalisateur, qui comprend soudain qu’en transformant en vedette un simple amuseur, il a ouvert la voie au retour du pire.
Sorti en salle à moins de cinq semaines des élections...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ 60 000 soldats en mission pour reboiser la Chine : une nouvelle illustration de la place prépondérante que tiennent l’arbre et la forêt dans l’imaginaire public.
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En Chine et ailleurs, l’arbre s’enracine dans la politique

60 000 soldats en mission pour reboiser la Chine : une nouvelle illustration de la place prépondérante que tiennent l’arbre et la forêt dans l’imaginaire public.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 06h30
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            

Une armée de jardiniers. A bout de bras, non pas un fusil mais un outil, de ceux qui évoquent la terre, la vie : une pelle. L’image est tellement forte que, prise en 2007, elle illustre à nouveau les articles qui concernent la nouvelle campagne de reforestation lancée en Chine. Soixante mille soldats de l’Armée de libération populaire viennent d’être déplacés des frontières du nord du pays aux régions intérieures. Avec une nouvelle mission : planter des arbres. D’ici à la fin de l’année, la Chine, qui s’est toujours battue contre l’avancée du désert, entend regarnir 84 000 kilomètres carrés, une étendue peu ou prou équivalente à celle de l’Irlande. Le gros des soldats devrait s’activer aux environs de Pékin, dans la région du Hebei, où la déforestation est massive.
Mais que peut nous évoquer une telle rangée de pelles ? Pour ce qu’elle recèle de végétal, l’expression « la fleur au fusil » vient à l’esprit. Pourtant, point d’enthousiasme martial dans la belle discipline que donne à voir l’armée chinoise. C’est une sage reconquête qui transparaît de ce cliché et non un lyrisme guerrier. Sage mais déterminée : d’ici deux ans, la couverture forestière devra être passée de 21 % à 23 % du pays.
Symbole de la Révolution
Geste militaire, geste militant. L’initiative rappelle celle prise en mars 2017 par une poignée de scientifiques, aux Etats-Unis, pour lutter contre le climatoscepticisme du président : « Trump Forest » invite chaque citoyen du monde à planter à arbre, où qu’il se trouve. Un an après, on en compte déjà 1 million en terre.
L’arbre est décidément de retour dans l’imaginaire politique. Mais en a-t-il disparu un jour ? Les arbres de la liberté plantés à la Révolution française avaient inspiré à l’historienne Mona Ozouf un très bel ouvrage, La Fête révolutionnaire (Gallimard, 1976). Elle évoquait l’éclatant privilège dont jouissaient ces arbres parmi les autres symboles de la Révolution ; on le mesurait à « sa résurgence...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Cette tempête hivernale, baptisée Riley, touche une zone allant du Maryland au Massachusetts. Son intensité a été augmentée par un phénomène dit de « bombe météorologique ».
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Cinq morts dans une tempête aux Etats-Unis

Cette tempête hivernale, baptisée Riley, touche une zone allant du Maryland au Massachusetts. Son intensité a été augmentée par un phénomène dit de « bombe météorologique ».



Le Monde
 |    03.03.2018 à 04h52
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 04h52
   





                        



   


Au moins cinq personnes sont mortes dans la tempête qui frappait encore vendredi 2 mars au soir le nord-est des Etats-Unis, mêlant importantes chutes de neige, fortes pluies et rafales de vent violent, et entraînant l’annulation de centaines de vols et de trains.
Un garçonnet de six ans est décédé lorsqu’un arbre s’est écrasé sur son domicile alors qu’il dormait, ont indiqué les autorités du comté de Chesterfield en Virginie. Dans ce même Etat, un homme âgé de 44 ans a péri lorsqu’un arbre s’est abattu sur son camion, selon la police du comté de James City. Près de Baltimore, sur la côte est, une femme de 77 ans a également perdu la vie lorsqu’elle a été frappée par une grosse branche d’arbre à Kingsville, selon la police de Baltimore. Des chutes d’arbres auraient également causé la mort d’un autre jeune garçon de 11 ans à Putnam Valley, dans l’Etat de New York, ainsi que d’un septuagénaire à Rhode Island.
« Bombe météorologique »
Cette tempête hivernale, baptisée Riley, touche une zone allant du Maryland au Massachusetts, et devait durer jusqu’aux premières heures de la matinée de samedi. Son intensité a été augmentée par un phénomène dit de « bombe météorologique », caractérisé par une baisse brutale de la pression atmosphérique.
Dans la région de Washington, les conditions climatiques marquées par des rafales de vent annoncées à 120 km/h, ont incité le gouvernement à fermer l’ensemble des services administratifs fédéraux de l’agglomération. Les écoles de la capitale fédérale sont restées fermées vendredi, tout comme celles des comtés alentours dans le Maryland et en Virginie.
Inspiré par les images de palissades ou d’arbres abattus autour de la capitale, le surnom « Windmageddon » (combinaison des mots « wind » pour vent et « Armageddon » pour apocalypse) a fleuri sur les réseaux sociaux.
Plus au nord, du New Jersey au Massachusetts, le service de météorologie nationale (NWS) a mis en garde contre des risques de submersion côtière et d’inondations à l’intérieur des terres.
Trafic perturbé
Les fortes précipitations observées depuis la fin de la nuit de jeudi à vendredi, ainsi que des rafales de vent, ont entraîné l’annulation de plus de mille vols au départ ou à destination d’aéroports de la zone.
L’aéroport new-yorkais de LaGuardia était le plus affecté, avec plus de 600 vols supprimés, selon le site spécialisé FlightAware. Selon la même source, plus d’un tiers des vols ont été annulés vendredi en provenance ou à destination d’un autre aéroport new-yorkais, Newark Liberty, mais aussi de Boston (Logan) et Washington (Reagan). A JFK, le troisième aéroport de New York, des rafales à plus de 100 km/h ont été constatées et la direction a annoncé, en début d’après-midi, que les départs étaient « très limités ».
Peu après la mi-journée, l’opérateur ferroviaire national Amtrak a annoncé l’annulation de tous les trains circulant dans le nord-est.
Sur l’ensemble de la zone frappée par Riley, plus de 100 000 foyers ont été, à un moment ou un autre, privés d’électricité vendredi, selon les différentes compagnies qui desservent la région.
Dans les régions côtières du New Jersey, de l’Etat de New York et du Massachusetts, la température légèrement supérieure à 0°C donnait un mélange de neige fondue, de grêle et de pluie.
Plus de dix centimètres de précipitations en 30 heures étaient attendues dans certaines parties de Long Island, près de New York. Boston a enregistré vendredi la troisième plus forte marée depuis que des mesures régulières ont commencé à être effectuées, il y a 90 ans. Plus à l’intérieur des terres, les chutes de neige ont atteint jusqu’à 30 centimètres dans le centre de l’Etat de New York, selon la météo nationale, et devaient se poursuivre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Un rapport pointe la perte de contrôle du pays au profit des djihadistes et des groupes armés. Les experts souhaitent faire pression sur l’exécutif malien pour qu’il applique ses engagements.
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Compte rendu

L’ONU inquiète pour le Mali

Un rapport pointe la perte de contrôle du pays au profit des djihadistes et des groupes armés. Les experts souhaitent faire pression sur l’exécutif malien pour qu’il applique ses engagements.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 03.03.2018 à 03h39

     •
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        Mis à jour le 03.03.2018 à 03h44





L’insécurité au Mali « continue à se développer et gagne de façon progressive le centre du pays », affirme un rapport intermédiaire de l’ONU vendredi 2 mars, en précisant que plusieurs signataires de l’accord politique de 2015 reconnaissent perdre de leurs pouvoirs.
Des représentants des groupes armés Plateforme et CMA (Coordination du mouvement de l’Azawad) ont constaté un « déclin progressif de leur influence dans des zones qui étaient traditionnellement sous leur contrôle direct ou indirect », précise ce rapport d’experts onusiens, remis aux 15 membres du Conseil de sécurité et auquel l’AFP a eu accès. « De telles pertes de contrôle territorial, ajoutées à une fragmentation croissante des groupes armés en fonction de leurs ethnies, et en conséquence le développement de groupes armés non-signataires, représentent aujourd’hui la plus grande menace à l’application de l’accord » d’Alger de 2015, jugent ces experts.
Aucune sanction à ce jour
Ces spécialistes sont chargés du régime de sanctions relatif au Mali institué l’été dernier par l’ONU afin de faire pression sur les signataires de l’accord de 2015, dont l’exécutif malien, pour qu’ils appliquent leurs engagements. A ce jour, aucune sanction contre un individu ou une entité n’a été prise et les experts n’en recommandent pas dans leur document intermédiaire.
Selon un diplomate s’exprimant sous couvert d’anonymat, le groupe d’experts « juge que toutes les parties sont responsables des retards actuels » à l’application de l’accord. Mais qu’à ce stade, « le processus n’est pas bloqué à un point où aucune avancée ne pourrait plus être réalisée », estime la même source. Le rapport final de ces experts est attendu d’ici au 1er septembre.
Leur document intermédiaire souligne aussi que la montée en puissance de la force multinationale antidjihadiste G5-Sahel (Mali, Burkina, Niger, Tchad et Mauritanie) va de pair avec des « menaces terroristes croissantes de l’Etat islamique dans le Grand Sahara (ISGS) et de Ansar al-Islam », notamment dans la région frontalière entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
Attentat au Burkina
Cette région est le cœur d’action de la force G5-Sahel en cours de création. Vendredi, un attentat à Ouagadougou à la voiture piégée visait « peut-être » une réunion militaire du G5-Sahel, selon le ministre burkinabé de la Sécurité, Clément Sawadogo.
En dépit de l’accord de 2015, « la situation humanitaire dans le nord et le centre du pays reste volatile, instable et une détérioration continue persiste », ajoute le texte.
« A travers le pays, environ 4,1 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire », indiquent enfin les experts, qui prévoient dans les prochaines semaines de se rendre en Europe (Paris, Bruxelles, La Haye), avant un nouveau voyage au Mali et ultérieurement à Alger, Dakar, Niamey et Nouakchott.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Le joueur le plus cher du monde espère pouvoir se rétablir à temps pour jouer la Coupe du monde cet été dans l’équipe du Brésil.
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L’opération du pied de Neymar « s’est bien passée »

Le joueur le plus cher du monde espère pouvoir se rétablir à temps pour jouer la Coupe du monde cet été dans l’équipe du Brésil.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 02h12
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 16h57
   





                        



   


L’opération au pied de l’attaquant du PSG Neymar « s’est bien passée », selon la fédération brésilienne de football (CBF), à l’issue de l’intervention chirurgicale samedi à Belo Horizonte, dans le sud-est du Brésil.
« L’opération est terminée, Neymar est déjà dans sa chambre. Tout s’est bien passé », a indiqué un attaché de presse de la CBF à l’AFP à la sortie de l’hôpital. Le joueur le plus cher de l’histoire du football va devoir entamer une longue rééducation afin de revenir à temps pour la Coupe du Monde en Russie, qui débute en juin.
Opération à huis clos
Toutes les précautions ont été prises pour qu’aucune information ne sorte à l’extérieur : les employés de l’hôpital ont reçu des consignes leur interdisant d’utiliser leur téléphone portable à proximité du joueur.
À titre exceptionnel, les membres du personnel soignant n’auront accès qu’aux dossiers médicaux des patients qu’ils soignent directement et ils n’auront pas le droit de se rendre dans les étages où ils ne sont pas affectés ce jour-là.
L’objectif est d’éviter le couac de 2014, quand Neymar avait été filmé sur une civière par une infirmière dans un hôpital de Fortaleza (nord-est), après la blessure au dos en quarts de finale de la Coupe du monde qui l’avait privé du reste de la compétition.
Comme Ronaldo en 2002
Jeudi matin, Rodrigo Lasmar, le médecin de la Seleção chargé de l’opération samedi, a affirmé que le temps de récupération pour sa « fracture du cinquième métatarsien » pouvait aller de « deux mois et demi à trois mois ».
Ce qui laisserait à Neymar un mois dans le meilleur des cas, une quinzaine de jours au pire, pour retrouver la forme avant le premier match du Brésil en Coupe du monde, le 17 juin, contre la Suisse. « Neymar a la capacité de se rétablir assez vite parce qu’il est jeune et c’est un athlète de haut niveau. Il se blesse assez peu, mais quand ça arrive, ce sont souvent des blessures sérieuses », a expliqué à l’AFP-TV José Luiz Runco, ancien médecin de la Seleçao, qui l’a soigné avec le docteur Lasmar après sa blessure au dos de 2014.
En 2002, ils avaient réussi à remettre sur pied Ronaldo, qui revenait d’une grave blessure au genou et a fini par être le grand artisan de cinquième titre mondial remporté par la Seleçao.
Pour le docteur Runco, les deux cas sont différents, notamment en raison de la nature de la blessure. Mais il voit tout de même un point commun : « comme il s’agit d’une Coupe du monde, les joueurs sont prêts à tous les sacrifices pour être rétablis à temps ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ L’étudiant de 19 ans, qui a été arrêté dans la soirée, avait été conduit la veille à l’hôpital pour « une mauvaise réaction après une prise de drogue ».
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Etats-Unis : un étudiant a abattu ses parents sur le campus de l’université Central Michigan

L’étudiant de 19 ans, qui a été arrêté dans la soirée, avait été conduit la veille à l’hôpital pour « une mauvaise réaction après une prise de drogue ».



Le Monde
 |    03.03.2018 à 01h44
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 13h55
   





                        



   


Un étudiant de 19 ans a abattu ses parents vendredi 2 mars au matin sur le campus de l’université de Central Michigan dans le nord des Etats-Unis, avant d’être finalement arrêté dans la soirée, a annoncé l’université.
La police avait commencé par faire état dans la matinée de coups de feu tirés dans le bâtiment « Campbell Hall » de cette université située dans la ville de Mount Pleasant, entre Chicago et Detroit.
L’université a ensuite identifié les victimes comme étant les parents du suspect, James Eric Davis. Ils résidaient dans la banlieue de Chicago. « Les personnes mortes ne sont pas des étudiants », avait précisé dans un premier temps la Central Michigan University dans un communiqué, indiquant que la police estimait que les faits pouvaient avoir « pour origine une situation familiale ».
Réaction aux drogues
La nuit précédant la fusillade, le suspect a été conduit à l’hôpital après « une overdose ou une mauvaise réaction après une prise de drogue », a expliqué le porte-parole de la police du campus lors d’une conférence de presse.
Les lieux ont été placés en confinement pendant plusieurs heures, pendant que la police cherchait le jeune homme de 19 ans. Quelque 18 000 étudiants fréquentent le campus principal de la Central Michigan University.
On ignorait dans un premier temps comment cet bétudiant s’était procuré l’arme qu’il a utilisée. La législation du Michigan permet d’avoir une arme sur soi à condition qu’elle ne soit pas visible, mais l’université interdisait tout port d’arme sur son campus.

        Lire aussi :
         

                Armes à feu : comment la position de Trump a évolué depuis la fusillade de Parkland



Les fusillades sont fréquentes aux Etats-Unis, où il y a autant d’armes à feu en circulation que d’habitants.
Le débat sur la législation entourant le droit constitutionnel d’être armé dans ce pays a été relancé par les jeunes rescapés de la tuerie ayant coûté la vie à 17 personnes le 14 février dans le lycée Marjory Stoneman Douglas, en Floride.
Ce dernier massacre s’est ajouté à la longue liste des fusillades survenues en milieu scolaire, après notamment celle de Newtown où ont péri 26 personnes dans une école primaire en 2012, ou celle de Virginia Tech sur le campus d’une université de l’est du pays, qui avait fait 32 morts en 2007.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Les enquêteurs ont mis à jour « plusieurs failles dans l’entraînement et le dispositif de la Monusco », la Mission des Nations unies au Congo.
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Compte rendu

Mort de 15 casques bleus en RDC : l’ONU admet des « failles »

Les enquêteurs ont mis à jour « plusieurs failles dans l’entraînement et le dispositif de la Monusco », la Mission des Nations unies au Congo.


LE MONDE
              datetime="2018-03-02T22:59:45+01:00"

        Le 02.03.2018 à 22h59





Des attaques en décembre 2017 contre des casques bleus en République démocratique du Congo, ayant fait notamment 15 morts tanzaniens, ont mis en lumière plusieurs « failles » dans l’entraînement et le dispositif onusien, ont affirmé vendredi 2 mars les Nations unies.
Citant les conclusions d’une enquête dirigée par un fonctionnaire russe, Dimitri Titov, l’ONU confirme dans un communiqué que l’attaque a été vraisemblablement commise par des combattants du groupe Alliance des Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe armé ougandais musulman, actif dans le Nord-Kivu frontalier de l’Ouganda.
Appel à des « correctifs urgents »
Les enquêteurs ont mis à jour « plusieurs failles dans l’entraînement et le dispositif de la Monusco [la Mission des Nations unies au Congo] ainsi que dans sa force d’intervention rapide (FIB) ». « L’équipe d’enquêteurs a remarqué que la Mission n’avait pas de surcroît de plan d’action pour renforcer ou évacuer ses casques bleus pendant l’attaque », précise le communiqué.
« Des problèmes de commandement et de contrôle, de direction et un manque de moyens, notamment aéronautiques et en matière de renseignement, ont aussi été des obstacles majeurs et nécessitent des correctifs urgents. »

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Le texte des Nations unies précise que plusieurs mesures ont été prises depuis ces attaques, de l’éclairage des installations à l’agrandissement des périmètres de sécurité dans plusieurs bases de casques bleus à travers le pays.
Deux autres attaques dans la région
Lors de cette attaque de la base de située dans l’est du pays à Semuliki, qui a duré une douzaine d’heures, 15 casques bleus tanzaniens ont été tués, 43 blessés, et un casque bleu de même nationalité est toujours porté disparu.
Les enquêteurs de l’ONU, dont le rapport ne sera pas rendu public, ont également travaillé sur deux autres attaques menées dans la même région de Mamundioma les 16 septembre et 7 octobre.
« Les trois attaques contre les casques bleus ont été menées selon le même mode opératoire et toutes les preuves convergent pour désigner les ADF comme responsables », indique le communiqué de l’ONU.


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Après le meurtre d’un journaliste en Slovaquie, inquiétudes sur les liens entre pouvoir et mafia

Jan Kuciak et sa fiancée, tous les deux âgés de 27 ans, ont été tués par balle chez eux. Le reporter enquêtait sur une conseillère du gouvernement.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 22h27
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 11h22
    |

                            Blaise Gauquelin (Bratislava, Velka Maca, envoyé spécial)








                        



   


Elle devait épouser son amoureux en mai. Et c’est dans la robe qu’elle avait choisie pour ce jour à marquer d’une pierre blanche que Martina Kusnirova a été inhumée, à 27 ans, dans la terre gelée de la Slovaquie, vendredi 2 mars. Son fiancé, Jan Kuciak, 27 ans également, devait être porté en terre à son tour samedi, au lendemain d’une manifestation à laquelle ont pris part au moins 20 000 personnes dans les rues de Bratislava, par des températures très basses, pour dénoncer la corruption, interpeller l’exécutif et rendre hommage aux deux jeunes gens, retrouvés morts dans la nuit du dimanche 25 au lundi 26 février.
Le meurtre de M. Kuciak, un journaliste d’investigation qui travaillait depuis trois ans pour le groupe Ringier Axel Springer, et celui de sa petite amie, a plongé ce pays de 5,4 millions d’habitants dans la sidération. Les Slovaques gardent le souvenir des années noires de l’ère Vladimir Meciar, ce premier ministre autoritaire qui livra la Slovaquie à tous les trafics, au lendemain de son indépendance, entre 1994 et 1998.
« Ce sont toutes ces horreurs enfouies dans notre inconscient qui sont remontées d’un coup, énonce le philosophe Fedor Blascak. A cette époque, il y avait des morts à tous les coins de rue. Des voitures piégées explosaient chaque semaine. Les gens ont peur de revenir à cette période brutale et stupide. »
« Vous vous rendez compte ?, demande Barbara Chovanova, étudiante qui participait au défilé vendredi. Martina et Jan ont été tués par la mafia, qui est en lien avec des gens du gouvernement ! C’est monstrueux ! Ce gouvernement doit tomber ! » Comme elle, les manifestants pensent majoritairement que si des tueurs à gage ont vidé leur chargeur sur le couple, c’est parce que Jan Kuciak enquêtait, pour Aktuality.sk – le deuxième site d’information le plus lu du pays –, sur Maria Troskova, 30 ans.
Cette ancienne top-modèle a posé seins nus à l’occasion, avant de réaliser une ascension fulgurante et de devenir l’assistante du premier ministre, Robert Fico. Or Jan Kuciak enquêtait, juste avant de mourir, sur les réseaux d’un homme d’affaires italien en lien avec la jeune femme, mais aussi avec la ’Ndrangheta, la mafia calabraise, et avec Viliam Jasan, le responsable de la gestion de crise au gouvernement slovaque.
« Billets devant les caméras »
D’où les appels à la démission, lancés par la foule en colère. Pour calmer le jeu, le chef de l’exécutif, le sanguin Robert Fico, 53 ans, un populiste de gauche (SMER-SD), a cru bon dans un premier temps d’organiser une conférence de presse un peu particulière. Moins de vingt-quatre heures après la découverte des deux corps dans une maison que le journaliste retapait en bordure du village de Velka Maca, à soixante-cinq kilomètres de la capitale, il a promis une récompense d’un million d’euros à toute personne donnant une information qui permettrait d’arrêter les commanditaires.
« Il a étalé les liasses de billets devant les caméras, se remémore le journaliste Arpad Soltesz, encore sous le choc. Normalement, c’est le crime organisé russe qui monte ce genre de mises en scène, pas le chef du gouvernement d’un pays membre de l’Union européenne. Tant de cynisme, cela nous a mis en rage. Désormais, on sera encore plus agressifs qu’avant. On est en guerre maintenant. »
Quant à l’ex-mannequin, qui nie toute implication, elle a annoncé qu’elle quittait son poste le temps de la durée de l’enquête. La police a très vite arrêté plusieurs suspects. Pas suffisant, selon l’opposition et la presse slovaques, qui ne font aucune confiance au gouvernement pour mener une enquête impartiale.
Même le petit parti représentant la minorité hongroise, Most-Hid – qui avait obtenu, à la suite des élections en mars 2016, le ministère de la justice, après un accord de coalition avec le SMER-SD et le parti d’extrême droite SNS –, réclame maintenant le départ du ministre de l’intérieur, Robert Kalinak, un ancien avocat et homme d’affaires, proche de M. Fico, soupçonné d’avoir couvert des fraudes fiscales par le passé.
« Hyènes idiotes »
« Ce meurtre survient après plusieurs années de scandales, commente l’analyste politique Grigorij Meseznikov. Il faut considérer la chute du gouvernement comme une option probable. Robert Fico a échoué à expliquer le rôle joué par cette jeune femme à ses côtés, et les doutes sur la neutralité de l’exécutif concernant cette enquête semblent fondés. »
Gabriel Sipos, qui dirige en Slovaquie l’organisation de lutte contre la corruption Transparency International, rappelle que dans son pays, seule la presse traque les gros poissons. « Chaque fois qu’un journal sort une affaire de corruption, la police affirme qu’elle va enquêter, puis elle classe le dossier en disant qu’elle n’a pas trouvé de preuves, ou bien elle fait traîner les choses. Son chef est en place depuis plusieurs années, mais il n’a jamais inquiété qui que ce soit de puissant dans ce pays. »
Parler de frustration chez les journalistes relève de l’euphémisme. Car ils doivent subir, comme ailleurs en Europe centrale, les sarcasmes et les insultes du pouvoir en place. Confronté à des accusations concernant sa probité, Robert Fico a publiquement qualifié les représentants de la presse de « hyènes idiotes » ou encore de « sales prostituées anti-Slovaques ».

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Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières, qui a dénoncé ces dérapages, a été reçu par M. Fico vendredi. Il a demandé au chef du gouvernement slovaque d’exprimer des regrets, pour avoir créé un climat d’hostilité à l’égard des médias. Selon lui, le meurtre de Jan Kuciak, le premier dans l’histoire contemporaine slovaque, devrait alerter tous les leadeurs de la région. Notamment le président tchèque, Milos Zeman, qui a récemment estimé, en présence de son homologue russe, Vladimir Poutine, que l’on devrait « liquider » les journalistes. En Pologne, en Hongrie et en Autriche également, les médias sont dans le viseur de dirigeants goûtant peu la critique.
« Il incombe à Robert Fico de reconnaître que le rôle d’un responsable politique est de défendre le journalisme », estime M. Deloire. Le premier ministre slovaque a d’ores et déjà rencontré les responsables des principaux médias pour leur assurer que la « sécurité des journalistes » était désormais l’une de ses « priorités ». Mais il se refuse à présenter la moindre excuse. Et encore moins à quitter le pouvoir, qu’il occupe depuis 2012, après avoir déjà gouverné entre 2006 et 2010.



                            


                        

                        

