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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Frédérique Couzigou, psychologue et écrivain, dénonce le discours systématique contre les « privilèges des fainéants », antichambre de la croyance dans une élite de « surhommes », étalon de la « réussite ».
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« J’ai été femme de cheminot »

Dans une tribune au « Monde », Frédérique Couzigou, psychologue et écrivain, dénonce le discours systématique contre les « privilèges des fainéants », antichambre de la croyance dans une élite de « surhommes », étalon de la « réussite ».



Le Monde
 |    02.03.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 17h27
    |

Frédérique Couzigou (Psychologue et écrivain)







                        



                                


                            
Tribune. J’ai été femme de cheminot. J’ai suivi, tous les trois ans, les mutations professionnelles et donc connu à chaque mouvement de poste, le chômage, la précarité dans mon propre parcours professionnel. Etre cheminot, c’est accepter une mobilité, c’est dormir dans des foyers plutôt que chez soi, c’est déblayer la voie de chemin de fer sous la neige et dans le froid, c’est vérifier au quotidien la sécurité du matériel, la fonctionnalité des équipements, la sécurité des voyageurs. C’est garder malgré tout la courtoisie quand, assis confortablement et au chaud, un voyageur râle après dix minutes de retard.
Au-delà de cette actualité navrante sur les soi-disant privilèges du cheminot, du retraité, du fonctionnaire – qui est aussi une infirmière épuisée, un policier suicidaire, un professeur accablé, un chercheur en précarité – il en va de comment la société, notre communauté, prend soin de la fragilité.
Désespérante décadence de l’humanité
Quand on réfléchit à baisser l’âge de la maturité sexuelle des enfants, quand on laisse crever dans leurs excréments nos anciens, quand on retrouve au matin des hommes et des femmes morts de froid, j’ai comme un doute sur notre civilisation, trop d’échos à la barbarie. Dans cette idéologie de la réussite, de l’étalon, du surhomme, du mérite, du premier de cordée… on frôle cette idée de l’homme supérieur de par son rang, son mérite et, pourquoi pas, son ADN. On frôle l’idéologie d’une classe supérieure, de par leur rang social, leur capital, leur intelligence… Il y a comme une répétition de ce qui a favorisé le chaos et le crime il n’y a pas si longtemps.

Les autres, les fainéants, les assistés, les handicapés, les vieux, les enfants, ne valent rien. Etre utile à l’idéologie, à la soumission par le travail, par le crédit, par la terreur de finir congelé sur un trottoir, limite notre réflexion, notre intelligence, notre lucidité, notre courage à se révolter contre cette concurrence entre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Quatorze économistes et parlementaires européens appellent, dans une tribune au « Monde », à dépasser les compromis sur les solutions techniques et financières à la crise de la dette afin d’apporter une réponse politique durable aux défaillances de l’union économique et monétaire.
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Zone euro : « Une nouvelle approche politique » est nécessaire

Quatorze économistes et parlementaires européens appellent, dans une tribune au « Monde », à dépasser les compromis sur les solutions techniques et financières à la crise de la dette afin d’apporter une réponse politique durable aux défaillances de l’union économique et monétaire.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 14h00
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Au cours des derniers mois, la Commission européenne ainsi qu’un groupe de quatorze économistes franco-allemands ont rendu publiques des propositions pour renforcer l’architecture de la zone euro. Ces propositions sont utiles pour faire vivre le débat, mais elles restent guidées par un fort esprit de compromis, et leurs ambitions sont limitées par les contraintes politiques perçues par leurs auteurs.
Des propositions qui ignorent le profond soubassement institutionnel, politique et démocratique de la crise de la zone euro
A cause de cela, ces propositions se concentrent sur les conditions nécessaires pour stabiliser la zone euro, mais restent très insuffisantes sur ce qu’il faudrait faire pour que la zone euro prospère réellement. En se limitant à des solutions graduelles et principalement économiques, ces propositions permettent sans doute à un compromis d’émerger, mais elles ignorent le profond soubassement institutionnel, politique et démocratique de la crise de la zone euro et négligent le fait que, si l’union monétaire ne devient pas rapidement un succès économique, elle risque de devenir politiquement insoutenable.
Depuis la crise de la zone euro, le consensus intellectuel s’est progressivement cristallisé autour de l’idée que, une fois le système financier réparé, la création d’une union bancaire complétée par une union des marchés de capitaux devrait permettre de partager suffisamment de risques pour stabiliser l’union monétaire, comme dans un régime assurantiel. Une sorte d’architecture de Maastricht complétée par, d’un côté, le filet de sécurité minimal créé durant la crise pour le secteur public (le Mécanisme européen de stabilité), accessible seulement à des conditions punitives, et par, d’un autre côté, un plus grand partage des risques par le biais des marchés financiers.
Une combinaison de règles complexes
Les économistes classiques croient que les marchés financiers, les signaux de prix et les incitations...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Les engagements présidentiels sur l’assurance-chômage « pour tous » sortent largement revus à la baisse des arbitrages du ministère du travail.
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Assurance-chômage : une promesse phare de Macron vidée de sa substance

Les engagements présidentiels sur l’assurance-chômage « pour tous » sortent largement revus à la baisse des arbitrages du ministère du travail.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 12h45
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 15h56
    |

            Adrien Sénécat








                        



   


Emmanuel Macron s’était engagé tout au long de sa campagne présidentielle à faire de l’assurance-chômage un droit « universel ». Après les négociations avec les partenaires sociaux, la ministre du travail, Muriel Pénicaud, a dévoilé, vendredi 2 mars, le contenu des arbitrages censés traduire ce discours en actes. « Nous allons créer de nouveaux droits au chômage, conformément au programme présidentiel », se félicite la ministre dans une interview au Parisien.
Pourtant, le détail des décisions apparaît en contradiction avec les promesses d’Emmanuel Macron. L’ambition de créer une « protection chômage pour tous les actifs » et d’ouvrir les droits « aux salariés qui démissionnent » y est en effet largement revue à la baisse. Décryptage.
1. Le droit au chômage pour les salariés qui démissionnent
CE QU’A PROMIS EMMANUEL MACRON
« Nous ouvrirons les droits à l’assurance-chômage aux salariés qui démissionnent », lit-on dans le programme présidentiel d’Emmanuel Macron. Il y est, par ailleurs, précisé que ce droit ne serait utilisable « qu’une fois tous les cinq ans ».
La promesse a été détaillée sur le site de campagne du candidat :
« Tous les cinq ans, chacun y aura droit, s’il choisit de démissionner pour changer d’activité ou développer son propre projet professionnel. Ceci incitera les entreprises à investir pour améliorer la qualité de vie au travail afin de conserver leurs salariés, dont nous renforçons ainsi le pouvoir de négociation. »
POURQUOI L’ENGAGEMENT N’EST PAS VRAIMENT TENU
Une fois en place, le gouvernement a rapidement tempéré cette promesse pour éviter de possibles dérives financières du système. Mais la liste des critères érigée dans l’accord avec les partenaires sociaux, conclu le 22 février, validée ensuite par Muriel Pénicaud, est particulièrement restrictive. Voici les principales conditions que les salariés démissionnaires devront respecter pour pouvoir être éligible :
avoir été affilié à l’assurance-chômage de manière « ininterrompue » pendant au moins cinq ans (les partenaires en voulaient sept mais la ministre a préféré maintenir la durée de cinq ans promise par Emmanuel Macron) ;avoir un « projet d’évolution professionnelle » qui soit une reconversion nécessitant de nouvelles formations ;ce projet doit avoir été jugé comme « réel et sérieux » avant la démission par la commission paritaire régionale compétente. Pour cela, il doit notamment répondre « raisonnablement aux besoins du marché du travail ».
La ministre du travail a déclaré vendredi tabler sur « entre 20 000 et 30 000 » bénéficiaires de ce nouveau droit par an. Un chiffre qui témoigne de la portée très limitée de la réforme. En pratique, il existait déjà auparavant des cas restreints de démissions considérées comme « légitimes » et ouvrant des droits au chômage, par exemple pour non-paiement des salaires ou dans certains cas de changement de résidence (la liste des critères est détaillée sur le site de l’Unédic).
Vingt-cinq mille démissions considérées comme « légitimes » ont ainsi donné droit au chômage en 2016, selon l’Unédic, auxquelles s’ajoutaient entre 20 000 et 30 000 demandes qui « ouvrent un droit suite à examen à quatre mois ». Soit 50 000 personnes concernées par an environ.
En résumé, l’« ouverture » du droit au chômage aux démissionnaires promise par Emmanuel Macron concernera moins de personnes que les dispositifs préexistants auquel elle s’ajoutera. Concrètement, on passerait d’environ 50 000 auparavant à entre 70 000 et 80 000 démissionnaires indemnisés par Pôle emploi chaque année. L’esprit de la réforme détaillé dans le programme du candidat d’« [inciter] les entreprises à investir pour améliorer la qualité de vie au travail afin de conserver leurs salariés » y a également laissé des plumes.
2. La protection chômage pour tous les actifs
CE QU’A PROMIS EMMANUEL MACRON
Le programme présidentiel de l’ex-ministre était catégorique :
« Nous permettrons à tous les travailleurs d’avoir droit à l’assurance-chômage. Les artisans, les commerçants indépendants, les entrepreneurs, les professions libérales, et les agriculteurs disposeront, comme les salariés, de cette protection. »
Sur son site de campagne, il ajoutait : « Lorsqu’on est successivement salarié et indépendant, ou parfois les deux en même temps, la protection ne peut plus dépendre du statut comme dans le monde d’hier. L’assurance-chômage universelle couvrira tous les actifs — salariés, artisans, commerçants indépendants, entrepreneurs, professions libérales, agriculteurs — et facilitera les transitions d’un statut à un autre. »
POURQUOI L’ENGAGEMENT N’EST PAS VRAIMENT TENU
Dans les faits, Muriel Pénicaud a bien annoncé une indemnisation pour les indépendants en perte d’activité, mais à deux conditions :
elle ne concernera que les indépendants placés en liquidation judiciaire ;Parmi ceux-là, seuls ceux qui avaient au moins « un bénéfice annuel autour de 10 000 euros » pourront en bénéficier. Les indépendants aux plus faibles revenus en sont donc exclus.
Ceux qui remplissent les deux critères pourront prétendre à un « filet de sécurité » de 800 euros par mois pendant six mois, a dit la ministre.
S’il s’agit bien d’une avancée pour certains, on est loin de la promesse de campagne d’une « assurance-chômage universelle » et indépendante du statut. Le « monde d’hier » fait de la résistance.

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                Budget 2018 : ce qu’Emmanuel Macron n’avait pas dit dans son programme




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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Pour Jean-François Carenco, ex-préfet d’Ile-de-France et président de Coallia, qui héberge de nombreux migrants, les associations ne vont pas devenir des auxiliaires de police.
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Migrants : « La circulaire Collomb a été diabolisée »

Pour Jean-François Carenco, ex-préfet d’Ile-de-France et président de Coallia, qui héberge de nombreux migrants, les associations ne vont pas devenir des auxiliaires de police.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 12h24
    |

            Maryline Baumard








                        



                                


                            

Jean-François Carenco, préfet d’Ile-de-France entre 2015 et 2017, est président de Coallia, un acteur majeur du secteur social avec des foyers pour travailleurs immigrés, et des résidences d’hébergement d’urgence. Il se pose en défenseur de la « circulaire Collomb », ce texte, qui prône le recensement du statut des personnes dans l’hébergement d’urgence. Une circulaire que le Conseil d’Etat a recadrée le 20 février mais dont la future loi sur l’immigration et l’asile discutée en avril facilite l’application.

Quel est votre positionnement sur la « circulaire Collomb », très contestée par les associations ?
En tant que président de Coallia qui accueille et héberge tous les jours des milliers de migrants et avec l’ensemble des 3 500 salariés de l’association, nous comprenons et éprouvons au quotidien que la fraternité républicaine ne pose pas de question, et continuera avec cette circulaire à ne pas en poser.
On entrera toujours dans l’hébergement d’urgence sans montrer ses papiers – des papiers que dans plus de 70 % des cas, en Ile-de-France, on n’a d’ailleurs pas – dans le cadre de l’hébergement spécifique de l’hiver. Mais si notre société veut rester humaine, il lui faut de la rigueur. C’est la raison pour laquelle l’Etat doit savoir qui est hébergé dans les établissements de premier accueil afin de pouvoir mieux orienter les personnes accueillies.

Il existe des structures d’accueil adaptées pour chaque public, et il est nécessaire de les y orienter. L’idée qu’on ne connaisse pas les gens qui entrent dans le système est absurde. Cela rend le travail d’accueil inefficace et coûteux. Dépenser autant d’argent pour avoir des migrants mal ou non pris en charge, est humainement inacceptable et c’est un non-sens administratif.
Cette circulaire a été diabolisée, mais elle a vocation à ce qu’enfin, on connaisse ces personnes. Cependant, il faut veiller à ne pas délégitimer le secteur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Le ministère du travail a d’ores et déjà réfléchi à une modulation des cotisations en fonction du nombre d’inscriptions à Pôle emploi.
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Assurance-chômage : les branches sauront-elles s’autoréguler sur les contrats courts ?

Le ministère du travail a d’ores et déjà réfléchi à une modulation des cotisations en fonction du nombre d’inscriptions à Pôle emploi.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 11h17
    |

            Sarah Belouezzane








                        



                                


                            
Pour certains, le problème est insoluble et relève de la structure du marché du travail français. D’autres, au contraire, estiment que la situation n’a que trop duré et qu’il est temps d’y remédier par tous les moyens. Voilà des mois, voire des années, que la question du recours excessif aux contrats très courts cristallise les débats entre patronat et syndicats tricolores.
En 2016, c’est justement sur la manière de juguler ce problème que la négociation de la nouvelle convention d’assurance-chômage avait échoué. Deux ans plus tard, et alors que les partenaires sociaux étaient appelés par le gouvernement à plancher sur une vaste réforme de l’assurance-chômage, c’est encore sur ce point-là que les discussions ont failli échouer. Déjouant les pronostics, les partenaires sociaux ont finalement trouvé, vendredi 2 mars, une solution qui convienne, semble-t-il, aux syndicats, mais aussi à un patronat réticent à voir le coût du travail augmenter.

Ils ont donc décidé de laisser à la totalité des branches le soin de négocier un système qui régule leurs recours aux contrats très courts. Celles-ci ont jusqu’au 31 décembre 2018 pour trouver une solution, faute de quoi le gouvernement leur appliquera un système de bonus-malus sur les cotisations. Soucieux de donner des gages aux partenaires sociaux sur l’assurance-chômage, avant un plus grand séisme sur la refonte de la formation professionnelle, le gouvernement a avalisé, vendredi, ce principe lors de la présentation des points-clés de sa réforme.
« Le gouvernement prendra ses responsabilités »
« Elles devront se fixer des objectifs quantitatifs et qualitatifs. Si les branches ne sont pas parvenues à des résultats satisfaisants, le gouvernement prendra ses responsabilités », a ainsi expliqué Muriel Pénicaud, la ministre du travail, dans un entretien au Parisien paru vendredi 2 mars. « Il faut une incitation financière pour qu’elles négocient, mais ce sont elles qui savent le...




                        

                        


<article-nb="2018/03/02/19-6">
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Ils emboîtent le pas à Noël Mamère, qui a abandonné son émission sur le « pure player » alternatif en réaction à l’éviction brutale d’une journaliste et aux propos d’un « correspondant » sur la guerre de Syrie.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤                     
                                                

Une dizaine de soutiens du Média se désolidarisent de la webtélé proche des « insoumis »

Ils emboîtent le pas à Noël Mamère, qui a abandonné son émission sur le « pure player » alternatif en réaction à l’éviction brutale d’une journaliste et aux propos d’un « correspondant » sur la guerre de Syrie.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 17h19
    |

            Ariane Chemin








                        


A l’automne 2017, ils avaient appelé de leurs vœux la naissance d’un « nouveau média citoyen », « humaniste et antiraciste, féministe, écologiste et progressiste ». Ils regrettent aujourd’hui d’avoir apposé leur signature en bas du « manifeste » publié dans Le Monde en septembre. Onze personnes, parmi la centaine de personnalités du monde politique, de la société civile et du spectacle qui avaient soutenu la création d’un « pure player » « fondamentalement alternatif par sa gouvernance, son modèle économique et son fonctionnement », ont fait savoir, dans un texte confié au Monde, qu’elles se désolidarisaient du Média, la webtélé proche des « insoumis » lancée le 15 janvier et dirigée par le psychanalyste Gérard Miller et la communicante chargée des campagnes de Jean-Luc Mélenchon, Sophia Chikirou.
Ces onze personnalités soucieuses de prendre ainsi leurs distances sont l’ancienne ministre de la culture Aurélie Filippetti, proche de Benoît Hamon, l’avocat Antoine Comte, l’écrivain Gérard Mordillat, le médecin urgentiste Patrick Pelloux, les comédien et comédienne François Morel et Judith Chemla, les journalistes Cécile Amar, de L’Obs, et Edouard Perrin, de « Cash investigation », les musiciens Giovanni Mirabassi et Médéric Collignon. L’ancien candidat des Verts à l’élection présidentielle Noël Mamère – l’une des vedettes de l’antenne, chargé de réaliser chaque mardi l’interview d’un défenseur de l’écologie –, a également signé le texte et fait savoir qu’il « ne [remettrait] plus les pieds dans cette chaîne de télévision ».
Vendredi après-midi, deux nouvelles personnalités ont, à leur tour, souhaité retirer leur soutien à la web-télé alternative : la comédienne Josyane Balasko et la chanteuse Agnès Bihl.

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« Le Média ne répond plus, à nos yeux, à la promesse initiale »
En cause, la brutale mise à l’écart, lundi 19 février, de la journaliste Aude Rossigneux, l’un des piliers de l’équipe rédactionnelle, qui avait été chargée de recruter les équipes. Mais aussi les propos tenus à l’antenne, vendredi 23 février, par Claude El Khal, « correspondant » au Liban de la chaîne sur la guerre de Syrie, justifiant le choix de ne pas diffuser d’images des massacres perpétrés dans la Ghouta orientale, en banlieue de Damas, au motif qu’elles ne seraient pas « vérifiées de manière indépendante » et par refus du « sensationnalisme ».
« Nous avons signé le “Manifeste pour un nouveau média citoyen” en septembre dernier », expliquent ces anciens soutiens du texte, rédigé par les cofondateurs de la chaîne, Gérard Miller, Sophia Chikirou, aujourd’hui directrice générale du Média, et le réalisateur Henri Poulain. « Mais aujourd’hui, Le Média ne répond plus, à nos yeux, à la promesse initiale, ni sur le fond ni sur la forme, se désolent les signataires. Nous ne pouvons plus le soutenir. »

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                Les « insoumis » lancent « Le Média », garanti sans « Mélenchon bashing »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Le ministère du travail a conservé une partie des dispositions prévues par les partenaires sociaux pour ce qui est de l’indemnisation des démissionnaires, des indépendants et de la réduction des contrats courts.
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Article sélectionné dans La Matinale du 01/03/2018
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Assurance-chômage : le gouvernement choisit la conciliation

Le ministère du travail a conservé une partie des dispositions prévues par les partenaires sociaux pour ce qui est de l’indemnisation des démissionnaires, des indépendants et de la réduction des contrats courts.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 12h31
    |

            Sarah Belouezzane








                        



   


Emmanuel Macron aurait-il entendu la menace à peine voilée de Laurent Berger ? D’une rare véhémence, l’entretien donné lundi 26 février par le secrétaire général de la CFDT aux Echos contenait un message on ne peut plus clair pour le gouvernement : « Si on nous piétine, il ne faudra pas ensuite venir nous chercher pour éteindre l’incendie », affirmait le leader syndical.

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                Assurance-chômage : Muriel Pénicaud veut aller « plus loin »



Comprendre : s’ils sont consultés et qu’ils donnent leur avis, les partenaires sociaux doivent être écoutés pour préserver la paix sociale. Un message entendu par le gouvernement qui a révélé, vendredi 2 mars, des choix bien proches de ceux sur lesquels s’étaient entendus, le 23 février, patronat et syndicats à propos de la réforme de l’assurance-chômage.
Dans un contexte social incertain – où l’étincelle allumée avec l’annonce de la réforme de la SNCF risque à tout moment de se transformer en incendie agrégeant tous les mécontentements du pays –, l’exécutif semble donc avoir choisi la voie de la conciliation. Poussé en cela par des partenaires sociaux qui avaient conditionné la signature de l’accord à sa reprise in extenso par le ministère du travail.
Pénicaud : « Chaque acteur doit être dans son rôle »
« Nous sommes en phase avec le texte de l’accord », a d’emblée déclaré, vendredi, Muriel Pénicaud, la ministre du travail dans un entretien au Parisien. Pour autant, elle prévient : « Nous discutons, mais pour avancer. Pendant plus de dix ans, le pays est resté dans une forme d’immobilisme alors que le monde a beaucoup évolué. Emmanuel Macron a été élu parce que les Français attendent du changement. (…) Nous sommes tous au service de l’intérêt général. L’Etat, le Parlement, le patronat et les syndicats. Et chaque acteur doit être dans son rôle. » 
Dans les faits, le ministère du travail a donc ainsi décidé de garder une bonne partie des dispositions prévues par les partenaires sociaux, pour ce qui est de l’indemnisation des démissionnaires, des indépendants et enfin de la réduction des contrats courts.
Les démissionnaires d’abord. Pour toucher l’assurance-chômage, ces derniers devront présenter un projet à leur conseiller en évolution professionnelle. Si celui-ci est validé – les conditions, les critères et l’instance qui se chargera de la validation sont encore à préciser –, ils recevront alors leur indemnité pendant six mois, au bout desquels aura lieu un contrôle. S’il est jugé que les efforts déployés pour leur projet sont suffisants, ils pourront continuer à toucher de l’argent dans les mêmes conditions de temps et de taux que le reste des demandeurs d’emploi. Donc, pas de durée limitée ou de taux de remplacement des salaires moins élevés, comme le prévoyait au départ le document d’orientation du gouvernement.
Seule différence notable entre l’accord syndical et la copie gouvernementale : la durée d’affiliation. Les partenaires sociaux la voyaient à sept ans, le gouvernement la fait baisser à cinq ans, comme promis par M. Macron pendant sa campagne. « Pour la première fois, on va créer un droit pour ceux qui veulent mener un nouveau projet professionnel : créer son entreprise ou changer de métier. C’est un beau choix de société d’accompagner ceux qui ont un projet », a déclaré la ministre dans son entretien au Parisien.
FO : « Notre accord repris à 95 % »
Les indépendants ensuite. Eux qui ne cotiseront pas un centime de plus devraient se voir allouer une indemnité de 800 euros pour seulement six mois. Seront concernés ceux qui auront mis leur activité en liquidation judiciaire et qui avaient un bénéfice annuel d’au moins 10 000 euros. « Cette mesure vise notamment les agriculteurs dont les défaillances d’exploitations ont continué d’augmenter en 2017, les artisans, les micro-entrepreneurs, les commerçants indépendants », explique la ministre.
Les indépendants économiquement dépendants comme les conducteurs de véhicules avec chauffeurs ou les livreurs de nourriture sur deux roues ne sont pas concernés par la mesure. Leur situation doit cependant être bientôt évoquée, explique-t-on au ministère du travail. Elle sera, par ailleurs, tranchée dans le texte de loi contenant les détails de la réforme.
Enfin, la limitation des contrats courts sera, comme le souhaitent patronat et syndicats, laissée à la charge des branches qui devront négocier un accord avant la fin de l’année. Si elles échouent, elles se verront imposer un système de bonus-malus.
Communiqués aux partenaires sociaux dans la journée de jeudi, ces arbitrages ont été bien reçus par plusieurs centrales. « Pour l’instant, on peut se satisfaire du fait que notre accord a été repris à 95 % », juge Michel Beaugas, négociateur pour FO. « C’est conforme à ce que nous avions négocié et tout à fait dans l’esprit de ce que nous voulions, se félicite pour sa part Véronique Descaq, numéro deux de la CFDT. Ils mesurent qu’on ne peut pas mener des réformes qui tiennent la route en faisant fi du dialogue social. »
Inquiétude sur la formation professionnelle
Pour autant, poursuit la responsable syndicale : « Nous demeurons méfiants sur la réforme de la formation professionnelle dont nous attendons les orientations. Il ne faudrait pas que le gouvernement aille un coup à gauche, un coup à droite. »
Une inquiétude tout à fait justifiée, juge un leader syndical. « Il ne faut pas se leurrer, le respect de l’accord sur l’assurance-chômage n’est qu’une compensation pour ce qui va arriver lundi sur la formation professionnelle. Reprendre le premier n’engageait finalement pas beaucoup le gouvernement, il ne coûte rien, ils tiennent leurs promesses à moindres frais. Alors que l’accord trouvé sur le second est bien plus précis et son non-respect va faire bien plus mal aux partenaires sociaux. »
L’exécutif qui souhaite simplifier « la tuyauterie » de la formation professionnelle pourrait en effet, entre autres, retirer la collecte des fonds aux syndicats et au patronat. En somme, il ferait de la politique : donnant d’une main et reprenant d’une autre. Ce faisant, le gouvernement réduit, au passage, à la portion congrue, une mesure emblématique de la campagne du candidat Macron : l’indemnisation des démissionnaires et des indépendants. Car tel qu’il est conçu, le dispositif devrait à peine concerner plus de 29 000 indépendants et 35 000 démissionnaires.
« L’équation est simple, résume un fin connaisseur du dossier, l’assurance-chômage est bien moins transformatrice que la réforme de la formation professionnelle ou de l’apprentissage. La première permet de modifier le marché du travail, mais les secondes sont structurantes pour le gain en compétence, et donc pour l’économie du pays. » Le message a donc peut-être été entendu, mais pas dans sa globalité.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ La perception par l’opinion des réformes tous azimuts engagées par l’exécutif sera déterminante pour la suite du quinquennat. A ce stade, les Français semblent divisés.
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Article sélectionné dans La Matinale du 01/03/2018
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Macron à l’épreuve des sondages

La perception par l’opinion des réformes tous azimuts engagées par l’exécutif sera déterminante pour la suite du quinquennat. A ce stade, les Français semblent divisés.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 10h26
    |

            Bastien Bonnefous et 
Solenn de Royer








                        



                                


                            
Prendre son risque ou le payer ? Alors qu’il poursuit ses grandes manœuvres sur le front social, avec la réforme explosive de la SNCF, qui sera suivie dans les mois qui viennent par celle des retraites, Emmanuel Macron se trouve à un rendez-vous important avec l’opinion. La perception par celle-ci des réformes tous azimuts sera déterminante pour la suite du quinquennat.
L’ensemble des baromètres mensuels des instituts, réalisés avant l’annonce, lundi 26 février, de la réforme ferroviaire, donnaient l’exécutif quasi systématiquement en baisse, avec notamment une chute de popularité de 11 points pour le président dans une enquête Yougov pour Le HuffPost et CNews. En revanche, un sondage Elabe effectué après l’annonce, le place en hausse. 
« Il n’en reste rien des sondages. Il y a des gens qui toute leur vie ont été obsédés par ça, il n’en reste rien, a balayé le chef de l’Etat, jeudi, lors d’un déplacement à Châlons-en-Champagne (Marne). Ce qui compte, c’est le travail en profondeur que vous faites pour le pays. (…) Et donc les vicissitudes du quotidien m’importent peu. » 
A ce stade, les Français semblent divisés devant l’activisme présidentiel. Si la réforme de l’éducation nationale ou la création d’un service national universel sont appréciées, les mesures concernant le pouvoir d’achat sont jugées insuffisantes, notamment par les classes populaires ou les retraités. 
« La question du pouvoir d’achat a pris beaucoup plus d’intensité : les Français se disent l’emploi repart, les indicateurs économiques sont bons, mais ça ne va pas mieux pour moi », décrypte Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos France. Pour le politologue, « il y a une tension forte entre l’amélioration globale de la situation du pays et le sentiment que les Français ont individuellement ».
Des « réformes qui ne font pas consensus »
Selon une enquête ViaVoice pour Libération, publiée le 1er mars,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ La ministre du travail promet dans une interview au « Parisien » que l’assurance-chômage sera réformée sans légiférer par ordonnance, contrairement au code du travail.
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Assurance-chômage : Muriel Pénicaud veut aller « plus loin »

La ministre du travail promet dans une interview au « Parisien » que l’assurance-chômage sera réformée sans légiférer par ordonnance, contrairement au code du travail.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 01h03
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 08h05
   





                        



   


Le gouvernement ira « plus loin » que les partenaires sociaux sur l’indemnisation chômage des démissionnaires, avec un droit mobilisable « tous les cinq ans » au lieu de sept, mais il respectera leur compromis sur les contrats courts, a annoncé jeudi la ministre du travail, Muriel Pénicaud, dans un entretien au Parisien.
Syndicats et patronat ont finalisé le 22 février un accord sur l’assurance-chômage, qui prévoit une indemnisation pour les salariés qui démissionnent en vue d’une reconversion professionnelle. Le texte demande par ailleurs aux branches professionnelles de réduire, par la négociation, le recours aux contrats courts. « Nous sommes en phase avec le texte de l’accord », déclare Mme Pénicaud. Concernant notamment la lutte contre les contrats précaires, « nous allons respecter ce que les partenaires sociaux ont prévu dans leur accord », a-t-elle indiqué.

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Les branches auront « jusqu’à fin décembre pour prendre des mesures afin de modérer le recours aux contrats courts ». Faute de « résultats satisfaisants », « le gouvernement prendra ses responsabilités » en leur imposant « un bonus-malus dont la possibilité sera inscrite dans le projet de loi ». Selon elle, les branches « n’auront plus le choix », ce sera leur « dernière chance » de se saisir de la question.
Démission après cinq ans
En revanche, la ministre ne compte pas reprendre l’accord à la lettre concernant les démissionnaires. « Les partenaires sociaux ont mis comme condition d’avoir une durée d’activité ininterrompue de sept ans dans l’entreprise pour en bénéficier. On souhaite aller plus loin qu’eux sur ce point : instaurer un droit tous les cinq ans », développe la ministre.
Autre différence : le nouveau droit sera mobilisable par un démissionnaire souhaitant « créer son entreprise ». Après l’avoir un temps envisagé, les partenaires sociaux avaient, eux, retiré cette possibilité de leur texte final.
En revanche, la ministre valide la proposition des partenaires sociaux d’indemniser les démissionnaires dans « les mêmes conditions que n’importe quel chômeur », alors qu’elle tablait initialement sur un droit minoré.
Avec les critères retenus par le gouvernement, la mesure concernerait « entre 20 000 et 30 000 personnes par an » et coûterait « quelques dizaines de millions d’euros supplémentaires » par rapport aux 180 millions budgétés par les partenaires sociaux.

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Indemniser les indépendants
Concernant l’indemnisation des indépendants, sujet que les partenaires sociaux avaient renvoyé dans le camp du gouvernement, la ministre annonce qu’un « droit de 800 euros par mois pendant six mois » sera mis en place, « financé par la CSG » et « destiné aux indépendants qui sont en liquidation judiciaire et qui avaient un bénéfice annuel autour de 10 000 euros ».
Pour finir, sur le contrôle des chômeurs, le gouvernement va « tripler les équipes de contrôle de Pôle emploi », qui « vont passer de 200 à 600 agents d’ici à la fin de l’année ».
Le renforcement des contrôles devra « aller de pair avec un accompagnement plus rapide et personnalisé des demandeurs d’emploi ».
En revanche, la question des sanctions n’est pas tranchée. « Nous allons en discuter rapidement avec les partenaires sociaux », indique la ministre, qui juge le système actuel « incohérent ». La notion d’offre raisonnable d’emploi va notamment être définie « plus précisément » afin que les sanctions après deux refus soient « pleinement applicables ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Une frénésie d’achat de papier toilette s’est emparée de Taïwan depuis la fin février. A l’origine de cet affolement : l’annonce par les fabricants d’une hausse des prix imminente.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ On ne peut comprendre la vie intellectuelle française des XIXe et XXe siècles sans avoir à l’esprit l’immense influence de l’œuvre du comte de Saint-Simon, soutient le politiste Pierre Musso.
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Pierre Musso : « Nous sommes en train de redécouvrir l’importance de la pensée industrialiste »

On ne peut comprendre la vie intellectuelle française des XIXe et XXe siècles sans avoir à l’esprit l’immense influence de l’œuvre du comte de Saint-Simon, soutient le politiste Pierre Musso.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 17h20
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            
Pierre Musso, spécialiste de sciences politiques, auteur de Saint-Simon et le saint-simonisme (« Que sais-je ? », PUF, 1999) et coéditeur des Œuvres complètes (PUF, 2013), s’attelle à faire redécouvrir le comte de Saint-Simon (1760-1825), père d’une véritable utopie sociale.

Saint-Simon passe pour un auteur inclassable, ce qui explique sans doute pourquoi il est à ce point méconnu. Pourtant, le sociologue Emile Durkheim disait qu’on trouvait chez lui « le germe de tous les grands courants qui se sont produits au XIXe ».
Durkheim a raison. Tous les grands courants du XIXe siècle s’en réclament : les socialistes (Marx l’a lu en français), mais aussi les libéraux ­ (l’économiste Friedrich Hayek dit ce qu’il doit à Saint-Simon) ; il est à la source du positivisme : Auguste Comte, jeune polytechnicien, est son secrétaire de 1817 à 1824, un an avant son décès ; il est également à la source de l’industrialisme, la philosophie associée à industrialisation. Et, bien sûr, il ne faut pas oublier le saint-simonisme.
On ne se rend plus compte à quel point le XIXe siècle est saint-simonien, et pas seulement la pensée : des écrivains comme Hugo ou Musset sont influencés par les saint-simoniens. Qu’est-ce que le saint-simonisme ? On trouve sous cette bannière une multitude de personnalités très différentes, avec des points de vue très divers. Ce qui a unifié la pensée saint-simonienne, ce sont les cours publics, les conférences, qui ont été donnés par ses disciples et publiés sous le titre Doctrine de Saint-Simon en 1830. L’interprétation qui y était donnée de la pensée de Saint-Simon n’avait que peu à voir avec l’œuvre véritable. Or, tout le XIXe siècle e st passé par ce filtre déformant…
Si l’on en revient au vrai Saint-Simon, comment présenter sa pensée ? Ce n’est ni l’Etat ni le marché ; c’est un pouvoir qui n’est pas vertical, plutôt horizontal,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Le père de l’industrialisme exaltait les producteurs et se méfiait du « monde d’avant ». Les échos entre sa pensée et celle du président sont nombreux : analyse du politiste Bruno Cautrès.
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Ce que Macron doit à Saint-Simon

Le père de l’industrialisme exaltait les producteurs et se méfiait du « monde d’avant ». Les échos entre sa pensée et celle du président sont nombreux : analyse du politiste Bruno Cautrès.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 17h19
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 19h48
   





                        



                                


                            

Par Bruno Cautrès
Analyser la généalogie politique et même philosophique d’Emmanuel Macron et du macronisme n’est pas une chose facile. En dehors même de la complexité de toute trajectoire politique, faite de choix et d’affirmations mais aussi de hasard et de circonstances, plusieurs risques existent : l’anachronisme en premier lieu, plaquer artificiellement sur une trajectoire politique du XXIe siècle une grille de lecture issue d’une autre expérience historique, ou encore forcer le trait en obligeant Emmanuel Macron, son parcours ou sa vision politique, à ne rentrer que dans une seule case.
Or, Emmanuel Macron n’est certainement pas facile à cataloguer. Une pluralité d’influences s’exprime dans ses discours et ses actions, pluralité qui reflète un parcours composite bien que fortement inscrit dans le modèle méritocratique de production des élites françaises. Une trame commune se repère néanmoins : la mobilité et la fluidité (qu’elle soit sociale, économique ou géographique) constituent le cœur de sa conception de la société. Plusieurs auteurs ont déjà souligné ce que cette conception doit à un « libéralisme égalitaire », où l’égalité des chances veut renforcer les capacités de chacun à accomplir son destin.
Si le discours sur l’égalité des chances et la société des statuts acquis plutôt qu’hérités évoque fortement Alexis de Tocqueville et l’égalisation des conditions, cet emprunt se mêle aux théories de la justice sociale du philosophe américain John Rawls (1921-2002) et à celle des « capabilités » de l’économiste indien Amartya Sen. Mais même là, tout est complexe : ainsi, si l’on peut lire dans Emmanuel Macron en relisant Tocqueville, la centralité de la société civile chez Tocqueville entrave ce rapprochement, car le philosophe en fait un point cardinal de la démocratie, ­tandis qu’Emmanuel Macron n’a pas, pour le moment, pleinement assumé ce choix.
Personnalité complexe et hybride
Au jeu de cache-cache...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Brève biographie de ce penseur du début du XIXe siècle, convaincu que la société de son temps se restructurait autour de l’industrie.
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L’œuvre du comte de Saint-Simon, colossale et foisonnante

Brève biographie de ce penseur du début du XIXe siècle, convaincu que la société de son temps se restructurait autour de l’industrie.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 17h18
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 17h22
    |

                            Julie Clarini








                        


Il avait bien un lien de parenté avec le fameux duc, mémorialiste de Louis XIV, mais le comte de Saint-Simon était fait d’un tout autre bois. Né en 1760, Claude-Henri de Rouvroy n’était pas particulièrement attaché à sa particule : « Je renonce à jamais à ce titre de comte que je regarde comme très inférieur à celui de citoyen », aurait-il déclaré en 1790.
Il faut se garder de n’y voir qu’opportunisme. A 19 ans, le jeune homme était parti combattre en Amérique aux côtés de La Fayette. Revenu en Europe, il s’était intéressé aux canaux et à la politique des grands travaux, en Hollande et en Espagne. Esprit encyclopédique, avide d’apprendre, il fréquente alors les milieux scientifiques ­ (notamment le mathématicien Gaspard Monge) et profite des bouleversements politiques de la période révolutionnaire pour faire fortune en spéculant.
Ciment spirituel
Ce n’est qu’en 1798 qu’il décide de se consacrer entièrement aux études et à la pensée. Après une visite à Madame de Staël, en 1802, il s’installe dans la capitale suisse où il rédige l’un de ses textes les plus fameux : Lettres d’un habitant de Genève à ses contemporains. Bientôt ruiné, il vit de petites missions (copiste, bibliothécaire…), puis d’expédients.

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                Ce que Macron doit à Saint-Simon



Pour l’écriture de son œuvre, colossale et foisonnante, il collabore avec Augustin Thierry, puis Auguste Comte. Il publie les cahiers de L’Industrie, ayant acquis la conviction que la société était en train de se restructurer autour de cette dernière. En 1819, le texte, connu plus tard sous le titre Parabole, lui vaut des poursuites judiciaires et un début de notoriété : il y défend que seules les abeilles (les producteurs) sont utiles à la société quand les frelons (les rentiers) sont des parasites.

        Lire l’entretien avec Pierre Musso :
         

          « Nous sommes en train de redécouvrir l’importance de la pensée industrialiste »



Le Nouveau Christianisme, son dernier ouvrage, voulait être le ciment spirituel de la société à venir. Le 19 mai 1825, avant de mourir, il déclare : « Toute ma vie se résume à une seule pensée : assurer à tous les hommes le plus libre développement de leurs facultés. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Alors que commencent les négociations entre le gouvernement et les syndicats sur la réforme de la SNCF, Eric Béziat, journaliste spécialiste des transports, a répondu à vos questions.
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SNCF : « Le statut de cheminot n’est pas la raison de tous les maux du système ferroviaire »

Alors que commencent les négociations entre le gouvernement et les syndicats sur la réforme de la SNCF, Eric Béziat, journaliste spécialiste des transports, a répondu à vos questions.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 14h40
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 15h41
   





                        



   


Marc : Pourquoi y a-t-il urgence, d’après le premier ministre, Edouard Philippe, à réformer la SNCF ? Quelle est la situation du ferroviaire en France, par rapport à nos voisins allemand et britannique ?
Eric Béziat : Ses arguments : une dégradation de la qualité de service (retards, ralentissements, pannes géantes comme à Montparnasse, à deux reprises, en 2017) et un coût très élevé pour les finances publiques au sens large (en incluant aussi les dépenses des collectivités locales) : 10,5 milliards d’euros par an de subventions, 3,5 milliards pour payer les retraites des cheminots et 3 milliards d’augmentation de la dette. Au total, plus de 17 milliards d’euros par an.
Marie G : Les syndicats sont-ils tous opposés à cette réforme ?
Oui. Tous les syndicats représentatifs (CGT, UNSA, SUD-Rail, CFDT ainsi que FO-Cheminots) y sont opposés, en particulier depuis que le gouvernement a annoncé qu’il légiférerait par ordonnances.

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FB : Qu’est-ce que le statut de cheminot ? Quels avantages comporte-t-il ?
Il s’agit d’une série d’avantages connus sous le nom de « statut des relations collectives entre la SNCF et son personnel », qui sont compilés dans la directive RH 0001. Celle-ci définit un ensemble de règles qui régissent les conditions d’entrée dans l’entreprise, la rémunération, le déroulement des carrières, les sanctions, la mobilité, les congés, les conditions de cessation de fonction, la couverture maladie et le droit syndical.
Les principaux avantages sont :
– l’absence de licenciement pour motif économique, ce qui signifie que le statut vous garantit l’emploi à vie, sauf en cas de faute ;
– une hausse de rémunération automatique et un déroulé de carrière garanti à condition de se former ;
– un régime de retraite avantageux, qui permet de partir avec une pension calculée sur les six derniers mois de salaire entre 52 ans ou 57 ans, selon que vous êtes roulant ou sédentaire, à condition d’avoir atteint la durée de cotisation requise ;
– une protection sociale avantageuse, avec un réseau de médecins généralistes et spécialistes que l’on peut consulter gratuitement et sans avance de frais ;
– le train gratuit (appelé facilités de circulation) et des billets gratuits ou à vil prix pour les membres de la famille. A noter que ce dernier avantage n’est pas lié au statut.
Antoine : Supprimer le statut fera-t-il arriver les trains à l’heure ? Est-il la raison du manque d’investissement dans les lignes régionales ?
Le statut de cheminot n’est pas la raison de tous les maux du système ferroviaire français. Il n’est en aucun cas la raison d’un manque d’investissement dans les petites lignes, qui est davantage dû à la raréfaction de l’argent public et à l’aimantation vers le TGV des investissements ferroviaires ces trente dernières années. Pas plus qu’il n’est la cause des retards des trains.
Cependant, certains observateurs, que l’on rangera parmi les plus libéraux, considèrent que certains éléments du statut (emploi à vie, augmentations automatiques) ne créent pas les incitations nécessaires au fonctionnement efficace d’une entreprise. Pour dire les choses plus crûment, il est plus difficile de mettre la pression à des salariés sous statut qu’à des employés classiques. C’est, d’après mes informations, une opinion partagée par la direction de la SNCF.
curieux49 : Est-il possible aujourd’hui de donner les origines des 54,5 milliards d’euros d’endettement de la SNCF ? Et de permettre ainsi de savoir si celui-ci est dû en partie au statut particulier des cheminots ?
L’accélération de la hausse de la dette est avant tout due aux décisions d’investissement dans de nouvelles lignes TGV, en particulier en 2007, lors du « Grenelle de l’environnement ». Ces décisions, qui sont des décisions d’Etat, ont été prises dans un contexte économique dégradé pour le modèle TGV. En particulier, en raison de la hausse du coût de l’infrastructure (4,9 millions d’euros actuels du kilomètre pour Paris-Lyon en 1981, contre 23 millions du kilomètre pour Tours-Bordeaux en 2015). Celle-ci a entraîné une augmentation des péages, qui a rendu le TGV nettement moins profitable, voire déficitaire sur certaines lignes.
Faire du statut des cheminots le principal responsable de la dette est une erreur. Cela dit, celui-ci a probablement empêché une partie des gains de productivité d’améliorer la situation en renchérissant les coûts d’exploitation. L’augmentation moyenne des salaires a été, entre 2003 et 2012, systématiquement supérieure à l’inflation.
Le statut des cheminots n’est donc pas la cause principale de l’endettement, mais il participe, pour une part minoritaire, mais réelle, d’un système ferroviaire cher et déficitaire.

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Mathilde : Pouvez-vous nous apporter des précisions sur les conditions d’ouverture à la concurrence et les conséquences directes pour la SNCF ?
Il y a deux ouvertures à la concurrence, celle sur le train commercial (le TGV) et celle sur les lignes régionales de service public subventionnées.
Dans la première, les concurrents (Deutsche Bahn, Trenitalia) proposeront des liaisons à grande vitesse dans leurs propres trains, par exemple sur la ligne Paris-Lyon, en plus des TGV SNCF (InOUI et Ouigo). Dans ce cas, la SNCF prend un risque sur sa part de marché commerciale (aujourd’hui à 100 %), mais, d’une certaine manière, chacun reste chez soi.
Dans le deuxième cas, les régions (qui gèrent les TER et le Transilien pour la région Ile-de-France) mettront sur le marché des lignes ou des ensembles de lignes par le biais d’appels d’offres. Dans ce cas, la SNCF peut perdre le marché, et l’ensemble des salariés exploitant la ligne (conducteurs, chefs de gare) passent dans l’entreprise gagnante tout en conservant les caractéristiques de leur contrat de travail. Et, donc, leur statut.

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PM : Guillaume Pepy, qui dirige la SNCF depuis 2008, n’est-il pas également responsable des déboires de l’entreprise ? Pourquoi le gouvernement a-t-il confiance en lui ?
M. Pepy a répondu aux attentes (souvent contradictoires) des pouvoirs publics depuis qu’il dirige la SNCF : plus de trains partout, moins chers. Il a en particulier tenter de faire baisser les coûts par une diminution des effectifs (12 000 cheminots en moins depuis qu’il est à la tête de la SNCF, soit – 7,5 % depuis 2008).
Il a entrepris une modernisation numérique de la SNCF, il a créé des centaines de filiales pour essayer de faire de la SNCF une entreprise plus agile et présente sur tous les marchés.
Le gouvernement pourrait à bon compte faire (symboliquement) tomber sa tête et la montrer au peuple mécontent des retards et du coût des billets, mais cela ne changerait pas grand-chose sur le fond. Un autre prendrait sa place, qui ferait probablement la même chose peu ou prou.
Brigitte : En Allemagne et au Royaume-Uni, les prix des billets de train acquittés par les usagers sont bien plus chers qu’en France. Une des conséquences de cette réforme pourrait-elle être la hausse des prix en France ?
En effet, dans les pays que vous citez, la réforme a entraîné une baisse des coûts, une hausse de la qualité de service, mais pas une baisse des prix des billets, et parfois même des augmentations.
En fait, pour la réforme française, tout dépendra du niveau d’argent public que nous, en tant que nation, accepterons de mettre dans le système ferroviaire. Ce dernier garde, ne l’oublions pas, de beaux atouts. C’est un transport décarboné, extrêmement efficace, dès lors qu’il s’agit de transporter beaucoup de monde en même temps.
La Suisse est une magnifique réussite en la matière (y compris pour le transport de marchandises), mais les concours publics y sont – rapportés au nombre d’habitants – une fois et demi supérieurs à ceux observés en France.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ La ministre de la santé, Agnès Buzyn, a annoncé aux élus de la ville de la Nièvre une solution de pérennité du service la nuit, sans promettre un maintien des effectifs.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤                     
                                                   
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A Clamecy, un combat pour conserver les urgences

La ministre de la santé, Agnès Buzyn, a annoncé aux élus de la ville de la Nièvre une solution de pérennité du service la nuit, sans promettre un maintien des effectifs.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 17h26
    |

                            Eléa Pommiers (Clamecy (Nièvre), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Les annonces de la ministre de la santé, Agnès Buzyn, jeudi 1er mars, lors des Etats généraux de la santé à Nevers (Nièvre), suffiront-elles à dissiper durablement les inquiétudes de ce département rural ? Depuis des semaines, élus et habitants du haut Nivernais et du sud de l’Yonne se battent pour empêcher un projet de fermeture des urgences de nuit de Clamecy, petite ville de 3 800 habitants du nord de la Nièvre. Soixante-dix élus, dont trente-six maires ont présenté leur démission au préfet pour empêcher ce qui serait pour eux « la punition de trop dans un territoire déjà sinistré ». 
La ministre de la santé s’est s’engagée à maintenir un service d’urgence vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Sous quelle forme ? Et pour combien de temps ? Là sera tout l’enjeu. L’annonce aura sans doute pour ces élus des airs de victoire à la Pyrrhus, alors que la ministre n’a pas confirmé que Clamecy ne perdrait pas un urgentiste de nuit. Les urgences de la ville, qui reçoivent une trentaine de passages en moyenne dans la journée et moins d’une dizaine la nuit, manquent de médecins urgentistes pour fonctionner correctement. Faute d’effectif garanti, les élus craignent que le démembrement du service ne soit plus qu’une question de temps.
« Ça voudrait dire qu’on est condamné ! »
Avançant un manque de deux cents urgentistes dans la région, l’agence régionale de santé (ARS) de Bourgogne-Franche-Comté doit présenter d’ici à juin son projet de santé comportant des « aménagements d’organisation » des services d’urgences pour « mieux répartir la présence [des médecins] » sur le territoire. La suppression d’une garde de nuit aux urgences de Clamecy permettrait de libérer un médecin pour d’autres hôpitaux, mais elle ne permettrait pas de conserver un service mobile d’urgence et de réanimation (SMUR) et un accueil des urgences à l’hôpital. Une suppression inacceptable dans une ville qui a déjà connu plusieurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Dans sa chronique, la journaliste Audrey Tonnelier regrette que le chef de l’Etat se montre frileux par rapport à sa promesse de campagne de réduire les dépenses publiques et à son corrollaire : l’allocation des deniers publics.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤                     
                                                   
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« La crédibilité du gouvernement se jouera sur le budget 2019 »

Dans sa chronique, la journaliste Audrey Tonnelier regrette que le chef de l’Etat se montre frileux par rapport à sa promesse de campagne de réduire les dépenses publiques et à son corrollaire : l’allocation des deniers publics.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 14h00
    |

            Audrey Tonnelier








                        



                                


                            
Tendance France. Réformes du marché du travail, du logement, de la Constitution, de l’apprentissage, de l’Etat, de la formation professionnelle ou encore du droit d’asile et de la SNCF : le rythme auquel l’exécutif mène la « modernisation » du pays – terme consacré à l’Elysée – commence à donner le tournis. Passé l’enthousiasme de la nouveauté, l’opinion se montre plus dubitative sur cette frénésie de changements, et le fait sentir. La popularité d’Emmanuel Macron a chuté de quatre points en un mois, révélait, mercredi 28 février, un sondage réalisé par BVA et Orange pour RTL et La Tribune. Les syndicats, eux, espèrent retirer les fruits de cette grogne, et retrouver un peu du poids qui leur a manqué durant l’été et l’automne 2017.
du point de vue des investisseurs et des chefs d’entreprise, le compte n’y est pas
Et pourtant. En dépit de l’image de volontarisme, voire d’autoritarisme qui colle à la peau d’Emmanuel Macron, il est un sujet sur lequel le chef de l’Etat s’est montré particulièrement frileux par rapport à ses promesses de campagne : la réduction des dépenses publiques. La baisse brutale de 5 euros de l’aide personnalisée au logement (APL) annoncée en juillet 2017, les coupes dans les emplois aidés ou encore la grogne – justifiée – de ce début d’année dans les Ehpad, les prisons ou les hôpitaux, ont contribué à brouiller le message. Mais, du point de vue des investisseurs et des chefs d’entreprise, le compte n’y est pas.
Dans son analyse de la loi de programmation des finances publiques, début février, la Cour des comptes déplorait des efforts repoussés en fin de quinquennat. « Le déficit public affiché reste proche de trois points de produit intérieur brut jusqu’en 2019 et ne commence réellement à baisser qu’à partir de 2020 », soulignaient les magistrats financiers ; il est attendu à 2,9 % en 2019, avant de chuter à 1,5 % en 2020. La faute à des éléments imprévus (invalidation par le Conseil constitutionnel...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Après la fermeture de la maternité, puis du service de chirurgie, c’est au tour des urgences de nuit d’être menacées de disparition, dans ce territoire désigné par l’ARS comme « rural, âgé et défavorisé », le profil le plus précaire de sa classification.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ 
<article-nb="2018/03/02/19-18">
<filnamedate="20180302"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180302"><AAMMJJHH="2018030219">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ La présidente du FN a été mise en examen pour « diffusion d’images violentes », un délit passible de trois ans de prison et 75 000 euros d’amende.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤                     
                                                

Marine Le Pen mise en examen pour avoir relayé des photos d’exactions de l’EI sur Twitter

La présidente du FN a été mise en examen pour « diffusion d’images violentes », un délit passible de trois ans de prison et 75 000 euros d’amende.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 12h57
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 15h29
   





                        



   


La présidente du Front national, Marine Le Pen, a été mise en examen, jeudi 1er mars, par un juge de Nanterre pour « diffusion d’images violentes », un délit passible de trois ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende, a fait savoir le parquet. En janvier, le député apparenté FN du Gard, Gilbert Collard, avait été mis en examen pour le même motif.
Le 16 décembre 2015, la chef de file de l’extrême droite française avait tweeté des photos issues de la propagande de l’organisation djihadiste Etat islamique (EI), en réponse à un journaliste de BFMTV-RMC qu’elle accusait d’avoir « fait un parallèle » entre l’EI et le FN. Evoquant un « dérapage inacceptable » et des « propos immondes », Mme Le Pen avait posté sur son compte trois photos mentionnant le journaliste, Jean-Jacques Bourdin, avec le texte « Daech c’est ça! ». Les photos montraient un soldat syrien écrasé vivant sous les chenilles d’un char, un pilote jordanien brûlé vif dans une cage et une photo du journaliste américain James Foley, le corps décapité et la tête posée sur le dos.
Gilbert Collard avait quant à lui diffusé la photo d’un homme gisant au sol, le crâne défoncé, avec ce commentaire : « Bourdin compare le FN à Daech: le poids des mots et le choc des bobos! »
Signalement de Cazeneuve
Quelques semaines après les sanglants attentats de Paris et Saint-Denis le 13 novembre 2015 (130 morts et des centaines de blessés), ces publications avaient immédiatement soulevé un tollé au sein de la gauche, alors au gouvernement, et de la droite, mais aussi au-delà du monde politique.
Le parquet de Nanterre avait lancé le jour même une enquête pour « diffusion d’images violentes » à la suite d’un signalement des clichés par le ministre de l’intérieur d’alors, Bernard Cazeneuve, à la direction de la police judiciaire. Deux informations judiciaires distinctes avaient ensuite été ouvertes, l’une visant Mme Le Pen et l’autre M. Collard. Le bureau de l’Assemblée nationale avait décidé, le 8 novembre, de lever l’immunité parlementaire de la députée du Pas-de-Calais.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Les prévisions financières de l’Unédic prévoient un retour progressif à l’équilibre dès 2019, même si la dette de l’organisme reste abyssale.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤                     
                                                   
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Les comptes de l’assurance-chômage sortent de la zone rouge

Les prévisions financières de l’Unédic prévoient un retour progressif à l’équilibre dès 2019, même si la dette de l’organisme reste abyssale.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 12h04
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 12h49
    |

            Sarah Belouezzane








                        



                                


                            
La perception diffère parfois grandement de la réalité des choses. En France, le moral des ménages a, par exemple, fait une chute libre en février, atteignant son niveau de janvier 2015, d’après l’Insee. La raison de cette débâcle : une inquiétude croissante des Français quant à leur avenir financier. Pourtant, dans les faits, ce même institut ne cesse d’annoncer de bonnes nouvelles économiques à l’Hexagone : le chômage est descendu de façon inattendue sous la barre des 9 % et la croissance, elle, a été révisée à 2 % pour 2017. Une belle performance pour un pays jusqu’à présent à la traîne par rapport à ses partenaires européens. La dernière bonne nouvelle vient de l’assurance-chômage. En déficit chronique, le régime pourrait renouer avec l’équilibre dès 2019.
Publiées mercredi 28 février, les prévisions financières de l’Unédic, l’institut chargé de la gestion du régime, indiquent que celui-ci pourrait afficher un déficit de « seulement » 600 millions d’euros dès l’an prochain. D’après l’organisme, l’embellie a commencé en 2017 : l’assurance-chômage, qui était dans le rouge de 4,3 milliards d’euros en 2016, a amélioré son solde de 700 millions d’euros l’an dernier, le faisant passer à 3,6 milliards. En 2018, l’amélioration est encore plus nette avec un déficit qui descendrait à 2 milliards d’euros. Toujours abyssale, la dette elle, atteindrait 35,6 milliards d’euros en 2018, avant de grimper à 36,2 milliards l’an prochain.

« Bonne conjoncture »
Très sensibles à la conjoncture, les comptes de l’assurance-chômage ont bénéficié de la nette amélioration de la situation économique française. Un nombre moins élevé de demandeurs d’emploi implique, en effet ,moins d’indemnités à verser, donc moins de dépenses. Dans le même temps, plus de travailleurs assurent au régime plus de cotisations, et donc plus de recettes.
Or, en 2017, avec une croissance finalement estimée à 2 %, l’économie tricolore a créé 256 000 nouveaux emplois, faisant baisser le...




                        

                        


<article-nb="2018/03/02/19-20">
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Le dispositif sera testé dans le Bas-Rhin, l’Hérault, la Seine-Saint-Denis et la Guyane avant d’être étendu à l’ensemble du territoire.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤                     
                                                

Le « Pass culture » lancé dans quatre départements en septembre

Le dispositif sera testé dans le Bas-Rhin, l’Hérault, la Seine-Saint-Denis et la Guyane avant d’être étendu à l’ensemble du territoire.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 13h37
   





                        


Le « Pass culture » sera lancé dans quatre départements en septembre avant d’être étendu au reste du pays, a indiqué Françoise Nyssen, la ministre de la culture, jeudi 1er mars. Le dispositif vise à aider les jeunes à fréquenter les lieux artistiques et à acheter des biens culturels.
Le « Pass » sera testé dès le deuxième trimestre dans le Bas-Rhin, l’Hérault, la Seine-Saint-Denis et la Guyane. Il sera ensuite officiellement lancé en septembre dans ces départements, avant d’être étendu au reste du territoire. Il sera accessible à tous à l’âge de 18 ans et crédité de 500 euros.
Application mobile
« Ce ne sera pas un chèque ou un ticket de consommation. C’est une application mobile qui sera comme une espèce de proposition culturelle géolocalisée : le jeune pourra voir, là où il est, toutes les propositions qui sont possibles dans son environnement », a expliqué la ministre au micro d’Europe 1.
Le « Pass culture » était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron. La ministre a indiqué que le budget consacré au Pass s’élèverait à environ 400 millions d’euros. La part payée par l’Etat et la contribution des « offreurs » (cinémas, théâtres, musées…) reste à définir. Des banques pourraient être associées au dispositif, précise-t-on au ministère.

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