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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. La comédienne livre un portrait sensible et attachant de l’ex-égérie du Swinging London (sur Arte à 23 h 25).
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TV – « Marianne Faithfull, fleur d’âme »

Notre choix du soir. La comédienne livre un portrait sensible et attachant de l’ex-égérie du Swinging London (sur Arte à 23 h 25).



Le Monde
 |    02.03.2018 à 17h45
    |

            Renaud Machart








                        


Documentaire sur Arte à 23 h 25

   


Plus qu’une poupée de cire ou de son, Marianne Faithfull avait l’air, en sa jeunesse et à ses débuts de chanteuse, dans le Londres du milieu des années 1960, d’une poupée de porcelaine au teint pâle et aux yeux ronds. Et comme beaucoup d’égéries de cette époque, elle chantait passablement faux. D’ailleurs, quand la jeune Britannique, qui n’avait pas encore 18 ans, fut découverte par Andrew Loog Oldham, le manageur des Rolling Stones, c’est avant tout parce qu’elle avait ce physique intéressant et particulier.
La voix, alors claire et haute, a changé de tessiture au fil des ans, tirée vers les graves et les brumes en raison d’un goût immodéré pour la cigarette – pour ne citer qu’une des addictions de Faithfull. Elle fume toujours, d’ail­leurs, en répondant à Sandrine Bonnaire, qui signe cet attachant portrait, ou même alors qu’elle répète avec ses musiciens.
Aura singulière
Mais le charme vénéneux, voire toxique, de celle qui fut aussi une actrice de cinéma et de théâtre tient moins à ses qualités vocales qu’à cette aura singulière, faite de lassitude, de mutisme et de phrases volontiers énigmatiques, comme celles qu’on prononce dans les films d’Antonioni : « J’ai 20 ans, je suis très fatiguée… », l’entend-on dire dans un document d’archives en noir et blanc.
Faithfull avait tout pour être une jeune femme rangée, ou dérangée, c’est selon : son père est professeur d’université et… espion ; sa mère, aristocrate autrichienne, est la petite-nièce de Leopold von Sacher-Masoch. Faithfull se dit aujourd’hui « très fière » de ses parents, qui la laissèrent quitter le pensionnat catholique pour entamer sa carrière artistique.
Anorexique et sans le sou
Elle devient la compagne de Mick Jagger alors qu’elle est déjà mère d’un petit garçon. Elle touche aux drogues, avec lui – elle précise d’ailleurs qu’il était celui qui en prenait le moins… –, mais surtout avec l’actrice Anita Pallenberg, alors compagne de Keith Richards, le compositeur et guitariste des Rolling Stones.
Elle cesse de se produire et de faire des disques pendant le temps de leur relation : « Il m’était impossible de le faire à son côté. Sa présence était trop forte, c’était trop pour moi… » Après sa séparation d’avec Mick Jagger, la drogue l’accaparera plus encore : à la suite de sa lecture du Festin nu (1959), de William Burroughs, elle décide de prendre le texte au pied de la lettre. Elle vivra, anorexique et sans le sou, dans la rue, pendant deux ans, se shootant à l’héroïne.
Extraordinaire incandescence
Sandrine Bonnaire insiste beaucoup pour que Marianne Faithfull aille plus loin dans cette zone sombre de ses souvenirs. Ce à quoi elle oppose une résistance polie, mais ferme. Depuis qu’elle « a choisi de vivre plutôt que de continuer la drogue, donc de ­mourir », la chanteuse, qui ne ­renie pourtant rien, préfère passer à autre chose. Elle s’en tire d’ailleurs avec une plaisanterie : « Des années après, je suis devenue très amie avec William Burroughs, à qui j’ai dit que j’avais fait dans ma vie ce qu’il avait écrit dans son livre. Mais il m’a dit : “Mais c’est avant tout de la fiction !”» 
Les entretiens avec Marianne Faithfull sont entrecoupés d’images d’archives de la télévision britannique, d’extraits de ses films et d’une captation de concert récente, où la chanteuse, qui s’aide d’une canne et chante avec cette raucité particulière, garde cette extraordinaire incandescence qui fit et fait sa réputation.
Marianne Faithfull, fleur d’âme, de Sandrine Bonnaire (France, 2016, 62 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ A voir aussi ce soir. Simple décor, outil d’apprentissage ou véritable arme au service du « soft power » ? Le vidéaste Nota Bene interroge le rapport du jeu vidéo à l’Histoire (sur Arte.tv à la demande).
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TV – « History’s Creed »

A voir aussi ce soir. Simple décor, outil d’apprentissage ou véritable arme au service du « soft power » ? Le vidéaste Nota Bene interroge le rapport du jeu vidéo à l’Histoire (sur Arte.tv à la demande).



Le Monde
 |    02.03.2018 à 17h30
    |

            Corentin Lamy








                        


Websérie sur Arte.tv à la demande

A l’heure où des équipes de centaines de développeurs, maniant les outils les plus perfectionnés, sont capables de redonner vie à des cités, voire à des pays entiers, la question se pose : que raconte un jeu vidéo de l’Histoire ? Peut-il être totalement réaliste ? Ce faisant, quelles idées et quelles valeurs véhicule-t-il ? Le vidéaste Benjamin « Nota Bene » Brillaud, joueur et féru d’histoire, dont la chaîne YouTube est suivie par plus de 600 000 abonnés, a conçu une ambitieuse websérie de dix épisodes.
Des épisodes au cours desquels il est rapidement établi que le jeu vidéo, à l’image de la littérature ou du cinéma, n’a pas vocation à être une copie carbone de ­l’Histoire. Un développeur d’Assassin’s Creed le reconnaît, les ­contextes historiques sont davantage prétexte à des décors magnifiques qu’à des discours ronflants : entre le respect de la vérité historique et les contraintes techniques et ludiques, ce sont toujours ces dernières qui l’emportent. Mais, pour Laurent Turcot, historien et ­consultant sur Assassin’s Creed Unity, il faut s’en réjouir : c’est déjà une porte d’entrée formidable.
Une Bohême médiévale blanche
S’il est longuement question de la série d’Ubisoft, Kingdom Come : Deliverance, jeu tchèque qui fait de son réalisme historique son principal argument de vente, est aussi commenté. On s’étonnera que Benjamin Brillaud, qui a par ailleurs réalisé sur YouTube des vidéos sponsorisées par les équipes de Kingdom Come, n’aborde pas ici le choix polémique des développeurs de représenter une Bohême médiévale exclusivement blanche.
Même réduite au statut de simple décor, l’Histoire, dans un jeu vidéo, dit quelque chose de ses développeurs. Les jeux comme SimCity ne décrivent-ils pas un monde dans lequel les rapports de domination sont encouragés ? Les croisades dépeintes dans ­Assassin’s Creed n’en disent-elles pas long sur notre rapport au religieux ? Les jeux de guerre post-11-Septembre ne sont-ils pas un instrument de soft power ?
Un peu entendue quand elle s’efforce d’établir une légitimité artistique que plus grand monde ne conteste au jeu vidéo, la série de Benjamin Brillaud s’avère particulièrement stimulante lorsqu’elle aborde ces questions épineuses.
History’s Creed, de Benjamin Brillaud (Fr., 2017, 10 × 7 min)



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ « Voix de l’année » aux Victoires du jazz, le chanteur a enregistré son nouvel album dans un ancien temple presbytérien.
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Hugh Coltman, un bluesman anglais à La Nouvelle-Orléans

« Voix de l’année » aux Victoires du jazz, le chanteur a enregistré son nouvel album dans un ancien temple presbytérien.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 17h19
    |

            Bruno Lesprit (La Nouvelle-Orléans)








                        



                                


                            

Nul office n’y a été célébré depuis plus de treize ans, mais la façade néogothique de la Third Presbyterian Church a retrouvé sa splendeur. Sans que la musique se soit tue, bien au contraire. Le 29 août 2005, ce temple à la lisière des faubourgs de Tremé et de Bayou Saint-Jean a payé sa situation ­géographique après le passage de Katrina qui a dévasté La Nouvelle-Orléans. Là, l’ouragan, une fois n’est pas coutume, n’y est pour rien : la décision de fermer le lieu de culte fut prise un an avant la catastrophe par les dix-huit derniers membres de la congrégation.

En guise de paroissien, un étranger à banane observe une pause cigarette devant la porte blanche de l’édifice, reconverti en ­studio d’enregistrement. Hugh Coltman est chanteur et musicien, qualités dont ­ « Crescent City » ne manque pas. S’il est ­inconnu des autochtones, il l’est moins du public français puisque les Victoires du jazz l’ont récompensé en octobre 2017 au titre de « voix de l’année » pour avoir exhumé le répertoire le moins sentimental de Nat King Cole.
Sa voix, puissante, riche de fêlures, est une des plus belles que compte l’Hexagone
Sa voix, puissante, riche de fêlures, est une des plus belles que compte l’Hexagone, et peu importe que le sujet soit britannique – mais résidant à Montreuil, Seine-Saint-Denis. Elle n’est pas de celles que l’on ­détecte lorsqu’un membre d’un jury de ­télécrochet fait pivoter son fauteuil devant les caméras. Forgée dans la lumière autant que dans l’obscurité par l’expérience du blues et l’amour des musiques américaines, elle devait, tôt ou tard, ­conduire son détenteur dans ce ­berceau et creuset qu’est La Nouvelle-Orléans.

Le chanteur et harmoniciste de The Hoax – groupe qui a rendu hommage à B.B. King en octobre 2014, quelques mois avant la mort du guitariste – est en ville afin d’y enregistrer un quatrième album solo, qu’il devait baptiser Who’s Happy ? avant sa sortie le 2 mars. Les séances (sur six journées),...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Comme le montre la série « Treme », la mal nommée « Big Easy » a fait preuve d’une grande résilience face au désastre.
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A La Nouvelle-Orléans, la renaissance de la vie musicale depuis Katrina

Comme le montre la série « Treme », la mal nommée « Big Easy » a fait preuve d’une grande résilience face au désastre.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 16h59
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 17h00
    |

            Bruno Lesprit (La Nouvelle-Orléans)








                        



                                


                            

Ils furent les premiers à retourner dans la ville sinistrée par l’ouragan Katrina pour qu’elle ne perde pas son âme. « Les musiciens sont revenus dès 2006, témoigne Misha Kachkachishvili, patron des studios Esplanade, un des symboles de la renaissance musicale de la Nouvelle-Orléans depuis son ouverture, en 2013. J’en connais qui sont partis à New York ou à Portland, dans l’Oregon, à l’invitation du festival de jazz, mais là-bas les engagements ne sont pas réguliers, il n’y pas l’équivalent touristique du French Quarter et la vie y est bien plus chère. »

L’inauguration des studios Esplanade fut suivie, en décembre 2014, de celle d’un concurrent, The Parlor, qui compte parmi ses clients des ­résidents comme Win Butler et Régine Chassagne (du groupe montréalais Arcade Fire), et Solange, la sœur de Beyoncé. Ce qui ne remplacera pas les Sea-Saint Studios d’Allen Toussaint, le grand producteur de la Nouvelle-Orléans, mort en 2015. Dix ans après que ce lieu, où furent enregistrés le Lady Marmalade, de Patti Labelle, et les grigris de légendes locales comme Dr. John et les Meters, fut réduit à néant.
Comme le montre la série Treme, la mal nommée « Big Easy » a fait preuve d’une grande résilience face au désastre. Le New Orleans Musician’s Relief Fund a permis d’offrir des instruments aux musiciens et de faciliter l’organisation des ­concerts, dont le nombre, en 2010, avait chuté de 50 % par rapport à l’avant-Katrina. En 2011, l’Ellis Marsalis Center for Music a ouvert ses portes avec son village pour musiciens comprenant 77 logements. Quatre salles historiques (Civic, Orpheum, Saenger et Joy) ont été restaurées. A l’écart de cette rue de la soif version Disneyland qu’est Bourbon Street, Frenchmen Street, dans le Faubourg-Marigny, abrite toujours les meilleurs clubs de jazz, tel Snug Harbor, qui programme régulièrement deux membres d’illustres dynasties, Ellis Marsalis (le père de Branford et Wynton)...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ A trois jours de la cérémonie des Oscars, un artiste de rue a inauguré à Los Angeles une statue dénonçant les pratiques du producteur de cinéma Harvey Weinstein.
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<filnamedate="20180302"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180302"><AAMMJJHH="2018030219">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Une comédie réussie, « Deux mensonges et une vérité », est à l’affiche du Théâtre Rive Gauche.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Au théâtre de boulevard, un bon vaudeville et deux enterrements

Une comédie réussie, « Deux mensonges et une vérité », est à l’affiche du Théâtre Rive Gauche.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 16h20
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 17h54
    |

            Brigitte Salino








                        



                                


                            

La ficelle est aussi vieille que le théâtre de boulevard : quelqu’un que l’on n’attendait pas sonne à la porte, et les ­ennuis commencent. Pour le meilleur – les vaudevilles de Georges Feydeau –, ou le plus consternant – Paprika, de Pierre Palmade. Quand le rideau se lève sur cette nouvelle comédie, une femme sort en titubant de sa chambre, habillée en Tyrolienne version bar à entraîneuses de Pigalle : jupette au ras des fesses. C’est Paprika, dans la peau de Victoria Abril – une bonne raison, en soi, d’aller au théâtre.
De son vrai nom, elle s’appelle Eva. Quand le jeune homme qu’elle introduit dans son salon dit être son fils, abandonné dans l’enfance, elle dessaoule : je ne suis pas présentable, il faut que je me fasse passer pour quelqu’un d’autre. Ainsi s’invente-t-elle en Paprika, femme de ménage d’Eva. Reste à faire avaler la pilule à l’entourage, qui ne tarde pas à débarquer : le concierge amoureux d’elle, la copine nymphomane, l’amant lourdingue d’un soir, pompier de son état. Autant de clichés qui s’ajoutent à celui de Paprika prostituée au grand cœur, et de son fils « sympa ».

Ce ne serait rien si la vulgarité ne donnait envie de fuir. A un ­moment, la copine s’étonne que Paprika ait cédé au concierge. « Il vient de me faire une très belle déclaration d’amour, ça m’a ouvert les yeux », dit Paprika. « Et bientôt la chatte », enchaîne le pompier. Sans commentaire, mais avec une tristesse : voir se fourvoyer Victoria Abril, qui sait ce que jouer veut dire, contrai­rement aux autres comédiens, dont Jean-Baptiste Maunier, ­l’enfant-star des Choristes de Christophe Barratier.
Tous les clichés
Dans Les Inséparables, il n’y a pas cette vulgarité qui tire le public vers le bas. Mais l’intérêt de la pièce frôle le degré zéro. Ici, il s’agit d’un artiste, dont le portrait condense tous les clichés : narcissisme, jalousie, aigreur, sur fond de crise « existentielle ». Cet artiste est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ A écouter cette semaine : Henri Demarquette au violoncelle et Vanessa Benelli Mosell au piano, la pianiste Célimène Daudet, l’intégralité du concert du groupe au Festival de l’île de Wight en 1970…
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Sélection albums : Glass et Rachmaninov, Messiaen et Debussy, The Doors…

A écouter cette semaine : Henri Demarquette au violoncelle et Vanessa Benelli Mosell au piano, la pianiste Célimène Daudet, l’intégralité du concert du groupe au Festival de l’île de Wight en 1970…



Le Monde
 |    02.03.2018 à 16h03
   





                        


Echoes Glassworks : Opening, de Glass. Vocalise op. 34 n° 14, de Rachmaninov. Tissue n° 2 pour violoncelle et piano, de Glass. Sonate pour violoncelle et piano op. 19, de Rachmaninov. Tissue n° 7, pour violoncelle et piano, de Glass. The Secret Night, extrait des 6 Romances op. 4 de Rachmaninov. The Hours : The Poet Acts, de Glass. Henri Demarquette (violoncelle), Vanessa Benelli Mosell (piano)

   


Il se dégage de ce disque un charme étrange, comme si la juxtaposition du minimalisme américain de Philip Glass et du romantisme russe de Rachmaninov, deux univers a priori peu compatibles malgré le rattachement au sol états-unien, délivrait une nécessité intrinsèque. Les ondulations hypnotiques du premier des Glassworks sembleront trouver dans la célèbre Vocalise de Rachmaninov, ici transcrite, une suite logique : le chant habillé d’urgence nostalgique de Demarquette semblera s’en exhaler. Même sensation, mais à rebours, avec Tissue n° 2, piétinement têtu du piano préparé que double le bougon grave du violoncelle. Au centre, le morceau de roi qu’est la grande Sonate op. 19, de Rachmaninov, encore empreinte de tournures schumanniennes et brahmsiennes. La beauté inspirée de l’archet de Demarquette, la souplesse de son legato, la clarté de son jeu sont admirables. De même le délié puissant du clavier sensitif de Vanessa Benelli Mosell. L’Italienne, à 24 ans, possède une bien belle maturité. C’est un Glass élégiaque (Tissue n° 7) qui naîtra à nouveau de Rachmaninov, dont The Secret Night (la 3e des 6 Romances op.4), plus incarné, préparera à son tour The Poet Acts, extrait du film The Hours, d’après Virginia Woolf, une saison mouvante entre ciel et terre, histoire de ne pas boucler la boucle. Marie-Aude Roux
1 CD Decca/Universal Music.
Célimène Daudet Préludes pour piano Olivier Messiaen : 8 Préludes. Claude Debussy : Préludes (deuxième livre) Célimène Daudet (piano)

   


De l’ivoire sous les doigts de Célimène Daudet ? Non, du marbre, pour certaines touches – celles des fameux accords de Messiaen –, de la poudre de mica ou de quartz pour d’autres. En somme, un clavier de pierres précieuses pour la confrontation lumineuse de deux ensembles de préludes. D’un côté, un compositeur de vingt ans, Olivier Messiaen (1908-1992), qui prend un plaisir enfantin à patauger dans la mare cosmique (Chant d’extase dans un paysage triste). De l’autre, un créateur au sommet de son art, Claude Debussy (1862-1918), qui joue malicieusement avec les exercices techniques (Les Tierces alternées). Dans chaque cas, une ouverture sur le rêve que Célimène Daudet parvient à restituer avec une double qualité d’énergie et d’abandon. Pierre Gervasoni
1 CD NoMadMusic.
Divers artistes J Jazz : Deep Modern Jazz From Japan 1969-1984

   


Le Japon est, comme de nombreux autres pays, une terre de jazz. Avec, comme ailleurs, quelques vedettes à la réputation internationale, notamment les pianistes Toshiko Akiyoshi, Masabumi Kikuchi et Makoto Ozone, le saxophoniste Sadao Watanabe ou le guitariste Ryo Kawasaki, et surtout nombre de musiciennes et musiciens juste connus localement. Lesquels, en neuf exemples parmi les innombrables productions du pays, sont à découvrir dans la compilation J Jazz : Deep Modern Jazz From Japan 1969-1984. Forcément très parcellaire, elle vaut surtout pour les cinq compositions qui font entendre l’imprégnation de la période pré-free jazz de John Coltrane chez leurs interprètes : Earth Mother du quartette du saxophoniste Koichi Matsukaze, Dead Letter du quartette du pianiste Tohru Aizawa, A Blind Man du quintette du bassiste Shintaro Nakamura, plus ancré dans le hard bop, Kaze du quintette du batteur Takeo Moriyama et Little Island du trio du pianiste Fumio Karashima. Sylvain Siclier
1 CD BBE Records/Differ-ant.
The Doors Live at the Isle of Wight Festival 1970

   


Régulièrement publié en édition pirate, présenté partiellement dans diverses compilations, le concert de The Doors au Festival de l’île de Wight en 1970 est dorénavant disponible dans son intégralité et une publication officielle. Cette édition combine un CD du concert et un DVD, qui, une fois passées quelques images du public dans la grande prairie du site festivalier, montre le groupe dans un éclairage minimum, lors de son passage à 2 heures du matin, le 30 août. Jim Morrison, barbu, yeux clos, est quasi immobile devant son micro. Sa voix est pleine, forte. Le claviériste Ray Manzarek, le guitariste Robby Krieger et le batteur John Densmore sont, en dépit de l’heure tardive, en belle forme. De ce concert, qui dure une heure, on retiendra deux moments les plus aboutis, tendus, une version épique de Light My Fire et la dérive The End au sein de laquelle se glissent plusieurs compositions rares dont Across the Sea et Away in India. Sylvain Siclier
1 CD et 1 DVD (stéréo et Dolby et DTS 5.1) Eagle Vision/Universal Music.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le sculpteur passionné de littérature a mis en scène cette exposition, en trois actes successifs, de langues fantômes.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Sélection galerie : Emmanuel Lagarrigue chez Sultana

Le sculpteur passionné de littérature a mis en scène cette exposition, en trois actes successifs, de langues fantômes.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 16h02
    |

                            Emmanuelle Lequeux








                        



   


C’est comme un opéra, mais sans le son, et sans le décorum rococo. ­Emmanuel Lagarrigue a mis en scène, autour de ­formes qui sont des ­personnages, cette exposition, en trois actes successifs, de langues fantômes. Ces jours-ci, c’est le deuxième acte qu’il donne à voir (le dernier se jouera à partir du 15 mars). Le sculpteur passionné de littérature y prolonge les recherches qu’il mène depuis quelques années sur les mots, leur incapacité à dire, le vertige de leur absence. Truffée de références plus ou moins lisibles, de Boy Meets Girl, de Leos Carax, aux duos baroques de Scarlatti, l’exposition ­s’offre à déchiffrer tout doucement, au fil de son déroulement. Tout ici est à lire, à sous-entendre. Quelques lampes clignotent, en équilibre sur des armatures de cuivre : ­elles délivrent en morse les paroles du poète Paul Celan. Des vitraux abstraits, eux aussi encodés, contiennent les cendres d’une partition musicale. Inspirés de fragments de film, des rideaux qui ­filtrent et colorisent la ­lumière bougent à travers l’espace, silhouettes elles aussi spectrales. De-ci de-là, une main de mannequin feint d’être le chef d’orchestre de cette énigme : elle forme en fait de ses doigts les ­lettres du mot silence, en langue des signes.
« Appassionata », Emmanuel Lagarrigue, galerie Sultana, 10, rue Ramponeau, Paris 20e. Du mardi au samedi de 11 heures à 19 heures. Jusqu’au 31 mars.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Grande figure du haïku, poésie qu’il contribua à renouveler, Tota Kaneko est mort le 20 février, à l’âge de 98 ans
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Mort du poète japonais Tota Kaneko

Grande figure du haïku, poésie qu’il contribua à renouveler, Tota Kaneko est mort le 20 février, à l’âge de 98 ans



Le Monde
 |    02.03.2018 à 15h07
    |

            Philippe Pons (Tokyo, correspondant)








                        



                                


                            

La poésie est restée au Japon une expression populaire, en particulier le haïku – court poème de dix-sept syllabes –, comme en témoigne la demi-page que consacrent chaque semaine les grands quotidiens à une sélection de poèmes envoyés par des amateurs. Tota Kaneko qui est mort le 20 février à Kumagaya (département de Saitama) à l’âge de 98 ans fut une des plus grandes figures de la poésie japonaise du siècle écoulé. Non seulement parce qu’il renouvela le haïku mais aussi parce qu’il voulait en faire un instrument au service de la paix.
Il aurait dû inaugurer un monument à la mémoire des dizaines de poètes de haikus persécutés pendant la période militariste. La mort en a décidé autrement à une semaine près. Tota Kaneko était le dernier poète vivant à avoir connu cette période.
Né le 23 septembre 1919 dans la région de Chichibu, au nord de Tokyo, il avait publié ses premiers poèmes alors qu’il était encore lycéen, puis il se forma à la poésie grâce au poète Seiho Shimada. Après des études d’économie à la prestigieuse université impériale de Tokyo, il travailla à la Banque du Japon. En 1941, année de l’attaque de Pearl Harbor, son maître fut arrêté pour « opinions subversives » et il comprit que les jeunes poètes de sa génération étaient condamnés à être persécutés.
« Donner plus de souffle au haïku »
Envoyé comme officier de marine dans les îles Truk dans l’océan Pacifique, il connut les atrocités de la guerre et assista dans la débâcle à la famine et au suicide de ses camarades, qui avaient reçu l’ordre de « tenir » jusqu’à la mort. Une expérience tragique qu’il raconte dans son autobiographie Cet été-là, j’étais soldat (traduction française de Seegan Mabesoone chez Pippa Editions, à paraître au printemps). De retour au Japon après la défaite, il mit son talent de poète au service de questions sociales et devint une figure de l’avant-garde littéraire.
Avec d’autres jeunes poètes progressistes, Tota Kaneko créa la revue Kaze...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Il y a dix ans, le créateur belge Martin Margiela quittait la scène volontairement. Une disparition qui aura renforcé son aura de styliste à part, se moquant des règles et des tendances… Il ressuscite son univers au Palais Galliera, à Paris.
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Mystérieux, magistral, Margiela


                      Il y a dix ans, le créateur belge Martin Margiela quittait la scène volontairement. Une disparition qui aura renforcé son aura de styliste à part, se moquant des règles et des tendances… Il ressuscite son univers au Palais Galliera, à Paris.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 14h47
    |

                            Caroline Rousseau








                              

                        

L’histoire ne dit pas vraiment pourquoi Martin Margiela réapparaît aujourd’hui. Alors, on a tenté d’interpréter les signes, parce que le créateur belge a rarement fait les choses sans raison. Il a lancé sa marque en 1988. Il a tout quitté en 2008, après le défilé qui célébrait ses vingt ans de carrière. Nous sommes en 2018. Trente ans pile. Mais non, ce n’est pas pour ça. De toute façon, c’est le 9 son chiffre préféré. Sa première collection date du printemps-été 1989, sa dernière du printemps-été 2009. Il est né le 9 avril 1957 et, quand il lance sa marque avec l’aide de Jenny Meirens, ils baptisent leur société Neuf SARL. « C’est un hasard cette rétrospective en 2018… », explique Alexandre Samson, chargé des collections contemporaines du Palais Galliera qui accueille jusqu’au 15 juillet l’exposition « Margiela/Galliera, 1989-2009 ». Elle aurait dû sortir des cartons plus tôt.

Olivier Saillard, directeur de l’institution dédiée à la mode jusqu’en décembre 2017, avait eu un projet un peu fou. Pendant la préparation de l’exposition « Anatomie d’une collection » en 2016, il s’était dit que chaque semaine, et à l’insu du public, l’une des silhouettes du fonds incroyable de Galliera serait remplacée par du Margiela, de façon à finir par transformer cette « Anatomie » en hommage à l’un des plus grands auteurs que la mode ait connu. « On a dû admettre que c’était trop ambitieux, notamment en termes de logistique. Et il n’était pas question de bâcler », poursuit Alexandre Samson. Par l’intermédiaire de Linda Loppa, aujourd’hui consultante pour l’école Polimoda mais qui fut directrice de l’Académie royale des beaux-arts d’Anvers pendant les études du jeune Margiela, Saillard réussit à entrer en contact avec le créateur. Ça a l’air simple comme ça, mais peu de monde sait vraiment à l’époque ce qu’est devenu Martin Margiela. Certains disent qu’il habite Paris et qu’ils l’ont croisé dans le 11e arrondissement. A moins que ce...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Le plasticien franco-algérien questionne les soubresauts du monde avec des œuvres provocantes, exutoire à ses indignations. Deux expositions lui sont consacrées, l’une à Lyon, l’autre à Mons, en Belgique.
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Adel Abdessemed, l’art de la colère


                      Le plasticien franco-algérien questionne les soubresauts du monde avec des œuvres provocantes, exutoire à ses indignations. Deux expositions lui sont consacrées, l’une à Lyon, l’autre à Mons, en Belgique.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 14h25
    |

                            Roxana Azimi








                              

                        

Adel Abdessemed, 47 ans, est de ces personnalités qu’on aborde comme on désactiverait une mine, avec précaution. L’artiste franco-algérien, auquel sont consacrées presque en même temps deux expositions, au Musée des arts contemporains (MAC’s) de Mons, en Belgique, et au MAC de Lyon, est un mélange de contradictions : émotif et éruptif, généreux et sentencieux, pétri de doutes et de certitudes. « C’est un détecteur qui repère les points névralgiques des espaces comme du monde », résume Denis Gielen, directeur du MAC’s. Depuis sa première exposition parisienne remarquée, en 2006, au Frac Île-de-France-Le Plateau, tout lui réussit. Il vit entre Paris, Londres et Fès où il a des ateliers. En 2012, il avait les honneurs d’une exposition au Centre Pompidou, où sa statue monumentale du coup de tête envoyé par Zinédine Zidane à Marco Materazzi en 2006, exposée sur le parvis du musée, a fait sensation.
« Je ne critique pas l’islam ni les musulmans en tant qu’individus croyants. Je dénonce ceux qui dévoient cette religion en une idéologie politique totalitaire. » Adel Abdessemed
La cote de ses installations, vidéos et sculptures est élevée, surtout depuis qu’il a rejoint le giron de la collection de François Pinault, et de tant d’autres. Le succès ne lui fait pourtant pas baisser la garde. S’il s’exprime d’une voix douce, Adel Abdessemed a toujours la rage au ventre. Sa colère vient de loin, de sa jeunesse algérienne où il a vu ses amis tomber sous les coups des fanatiques islamistes. En 1994, lorsque le directeur de son école d’art est assassiné sous ses yeux, il émigre en France, à 23 ans.
Accueilli par des pères chrétiens à Lyon, il intègre l’école des beaux-arts. « On parlait déjà d’un phénomène Abdessemed, se souvient Thierry Raspail, directeur du MAC et figure de la scène artistique lyonnaise. Il était indépendant, ne cherchait pas à plaire aux institutions. » Plutôt du genre à bousculer l’ordre établi, il réussit à convaincre...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Le bénéfice du groupe, numéro deux mondial derrière Christie’s, a crû de 60 % en 2017, pour atteindre 118,8 millions de dollars.
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La maison de ventes aux enchères Sotheby’s confiante pour 2018

Le bénéfice du groupe, numéro deux mondial derrière Christie’s, a crû de 60 % en 2017, pour atteindre 118,8 millions de dollars.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 11h53
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 12h11
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

« Nous avons réalisé une bonne année en 2017 et nous en planifions une encore meilleure en 2018. » C’est peu dire que Tad Smith, PDG de la maison d’enchères Sotheby’s, s’est montré ­confiant, jeudi 1er mars, en annonçant les résultats annuels du groupe à New York. Des chiffres sans doute dopés par les 56,2 millions d’euros atteints la veille à Londres pour un tableau de Pablo Picasso représentant la jeune maîtresse du peintre, Marie-Thérèse Walter, coiffée d’un béret, et dans lequel on devine l’ombre de sa prochaine compagne, Dora Maar. Une œuvre initialement estimée à 40 millions d’euros…

Le marasme du marché de l’art ne semble plus qu’un mauvais souvenir, comme pour le leader du marché, Christie’s. Les ventes consolidées du numéro deux mondial, Sotheby’s, (ventes publiques, ventes privées et lots vendus en galeries) ont augmenté de 12 % l’an dernier, pour atteindre 5,5 milliards de dollars (4,5 milliards d’euros). Sur ce total, les ventes privées ont fortement progressé (+ 28 %), pour s’élever à 744,6 millions de dollars.
Le bénéfice net, lui, a crû de 60 %, à 118,8 millions de dollars. « Pas seulement parce que notre actionnaire principal est chinois », a souligné le PDG. La Chine, « de par sa taille, ses richesses, son influence et ses futurs clients » reste depuis trois ans un point d’attention particulier pour Sotheby’s. La clientèle asiatique a en effet contribué à 29 % des achats l’an dernier.

Plus de 300 ventes aux enchères ont été organisées en 2017 par la maison américaine. Bon nombre de records ont été largement battus comme ce tableau sans titre de Jean-Michel Basquiat acquis par le collectionneur japonais Yusaku Maezawa pour 99,5 millions d’euros et exposé en ce moment au Brooklyn Museum. Ou encore un diamant rose de la taille d’une prune, le Pink Star, qui a trouvé preneur à Hongkong pour 58,3 millions d’euros en avril. Voire la bouteille la plus chère de whisky japonais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Cet Italien de 42 ans succédera à Edouard Waintrop pour l’édition 2019 de la section parallèle du Festival de Cannes.
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Paolo Moretti, prochain délégué général de la Quinzaine des réalisateurs

Cet Italien de 42 ans succédera à Edouard Waintrop pour l’édition 2019 de la section parallèle du Festival de Cannes.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 11h47
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


A partir de 2019, date de son cinquantième anniversaire, la Quinzaine des réalisateurs sera programmée par Paolo Moretti. Le conseil d’administration de la Société des réalisateurs de films (SRF), l’organisation qui est à l’origine de la fondation de cette section parallèle du Festival de Cannes, a annoncé sa nomination au poste de délégué général, vendredi 2 mars. Paolo Moretti, 42 ans, occupait cette fonction au Festival de la Roche-sur-Yon, il prendra, en novembre 2018, la succession d’Edouard Waintrop, qui programmait la Quinzaine depuis 2012.

        Lire le bilan de l’édition 2017 :
         

          Les bonnes aubaines de la Quinzaine des réalisateurs



Italien, Paolo Moretti a collaboré aux Festivals de Venise et Rome entre 2008 et 2013, auprès de Marco Müller, délégué artistique de ces manifestations. Dans un communiqué, la SRF lui « accorde toute sa confiance pour écrire cette nouvelle page de l’histoire de la Quinzaine des réalisateurs et du Festival de Cannes ».
Fondée en 1968, la Société des réalisateurs a organisé le printemps suivant la première Quinzaine des réalisateurs (dont la programmation sera reprise, du 28 mars au 3 mai, à la Cinémathèque française), à Cannes, pendant le festival. Section non compétitive, indépendante de la manifestation officielle, tournée comme son nom l’indique vers le cinéma d’auteur, la Quinzaine a récemment programmé Céline Sciamma (Bande de filles, 2014), Damien Chazelle (Whiplash, 2014), Miguel Gomes (Les Mille et une Nuits, 2015), Pablo Larrain (Neruda, 2016) ou Claire Denis (Un beau soleil intérieur, 2016).
Sur le Web : www.quinzaine-realisateurs.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ La 43e cérémonie des Césars se déroule vendredi soir. Treize nominations distinguent les films de Robin Campillo et Albert Dupontel.
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Césars 2018 : « 120 battements par minute » et « Au revoir là-haut » en grands favoris

La 43e cérémonie des Césars se déroule vendredi soir. Treize nominations distinguent les films de Robin Campillo et Albert Dupontel.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 09h32
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 09h57
   





                        



   


C’est la grand-messe du septième art français. La 43e cérémonie des Césars se tient vendredi 2 mars à 21 heures à la salle Pleyel, à Paris. Elle sera dédiée à Jeanne Moreau (morte en juillet 2017), animée par l’acteur Manu Payet et présidée par l’actrice et chanteuse Vanessa Paradis.

        Lire le récit :
         

          A la veille de la 43e cérémonie des Césars, le cinéma français veut changer d’ère



Quatre films partent favoris vu leur nombre impressionnant de nominations : 120 battements par minute, drame sociétal et romanesque de Robin Campillo sur les années sida ; Au revoir là-haut, farce anarcho-historique d’Albert Dupontel sur fond de Grande Guerre ; Le Sens de la fête, comédie melting-pot d’Olivier Nakache et Eric Toledano ; mais aussi Barbara, de Mathieu Amalric. Les deux premiers se distinguent ainsi par treize nominations chacun, égalant ainsi le record de Un prophète, de Jacques Audiard, en 2010, et de Camille redouble, de Noémie Lvovsky, en 2013. Au cas où vous les auriez manqués lors de leur sortie en salles, voici un petit tour d’horizon.

        Lire le compte-rendu :
         

          « 120 battements par minute » et « Au revoir là-haut » en tête des nominations



« 120 battements par minute », de Robin Campillo

120 battements par minute, grande fresque réalisée par Robin Campillo sur les années sida en France à travers le combat de l’association Act Up, comptabilise 13 nominations, en particulier dans les catégories meilleur film, meilleure réalisation et meilleur scénario original. Ses acteurs ont aussi été distingués par l’Académie des Césars pour le meilleur espoir masculin (l’Argentin Nahuel Pérez Biscayart et Arnaud Valois), le meilleur acteur dans un second rôle (Antoine Reinartz), la meilleure actrice dans un second rôle (Adèle Haenel), mais n’apparaissent pas dans les prestigieuses catégories du meilleur acteur et de la meilleure actrice.

        Lire la critique de « 120 battements par minute » :
         

          Une contagion de la colère, de l’amour et du partage



Robin Campillo aura attendu plus de vingt ans pour filmer le début de la lutte contre le sida, à travers le combat de l’association Act Up dont il fut membre. Le réalisateur de 55 ans fait le pari du collectif et livre un grand film politique. De la mort, il est bien évidemment question dans le film, mais c’est surtout le combat contre l’indifférence, les laboratoires et la maladie qui passe au premier plan.
De l’aventure Act Up, le réalisateur a voulu restituer les opérations spectaculaires à coups de jets de poches de faux sang, les débats tendus pour décider des actions à mener, des positions à adopter et des avancées médicales… Il s’est d’ailleurs adjoint les services de Philippe Mangeot, président d’Act Up de 1997 à 1999, pour écrire le scénario.
Mais le réalisateur montre aussi le sexe, l’amour, les gay prides et les soirées exutoires au son de la house, dont le tempo caractéristique donne son titre au film. En plus de deux heures, 120 battements par minute montre un activisme d’avant les réseaux sociaux, mais ne verse ni dans la nostalgie, ni dans le documentaire, probablement car il fait la part belle à l’histoire d’amour entre Sean, séropositif, et Nathan, qui ne l’est pas.
« Au-revoir là-haut », d’Albert Dupontel



Avec 13 nominations également, Au revoir là-haut, d’Albert Dupontel, fait jeu égal avec 120 battements par minutes. L’adaptation du roman de Pierre Lemaitre, prix Goncourt 2013, est notamment en lice pour le meilleur film, le meilleur acteur (Albert Dupontel) et la meilleure réalisation.

        Lire la critique d’« Au revoir là-haut » :
         

          Tragédie ou fantaisie, Dupontel peine à choisir



Le film est un exercice de style ambitieux dans le ­Paris des années 1920. Deux amis, qui se sont sauvés mutuellement la vie dans les tranchées, sortent laminés de la boucherie qu’a été la première guerre mondiale. Albert (Albert Dupontel), outre ses illusions, a perdu son métier et sa femme. A Edouard (Nahuel Pérez Biscayart), tempérament d’artiste qui se fabrique des masques magnifiques, il manque le bas du visage. Autant dire que ça ne va pas fort. Le premier végète en faisant l’homme-sandwich. Le second ne veut plus entendre parler de sa famille – son père, Marcel Péricourt (Niels Arestrup), est un industriel impitoyable – et songe à en finir.
L’amitié va les sauver. Les deux hommes remontent la pen­te, songeant d’une part à retrouver un jour le lieutenant Pradelle (Laurent Lafitte), sombre ­sadique qui les a envoyés au casse-pipe après l’armistice, d’autre part à tirer revanche de l’Etat-Moloch et des ploutocrates qui le servent.
« Le Sens de la fête », d’Olivier Nakache et Eric Toledano



La comédie d’Olivier Nakache et Eric Toledano suit les deux grands favoris avec dix nominations. Le film, qui a rassemblé 3 millions de spectateurs en France en 2017, pourrait remporter le César du meilleur film, de la meilleure réalisation, du meilleur acteur (Jean-Pierre Bacri), du meilleur acteur dans un second rôle (Gilles Lellouche ou Vincent Macaigne) ou encore du meilleur espoir féminin (Eye Haïdara). En 2012, le duo avait été nommé dix fois pour son film phénomène Intouchables, mais seul Omar Sy était finalement reparti avec une récompense, celle du meilleur acteur.

        Lire la critique du « Sens de la fête » :
         

          Un mariage presque parfait



Entre les murs d’une demeure aristocratique des environs de Paris, Max (Jean-Pierre Bacri), organisateur de festivités nuptiales, doit donner à ses clients, un fat et une évaporée, l’illusion que cette journée est la plus belle de leur vie. Les mariés sont incarnés par Benjamin Lavernhe, de la Comédie-Française, et Judith Chemla, qui passa aussi par cette illustre maison. Hélène Vincent, qui joue la mère du marié, bourgeoise à la libido incontrôlable, est aussi une grande comédienne de théâtre.

        Lire l’entretien avec Eric Toledano et Olivier Nakache :
         

          « L’amour des dialogues a forgé notre amitié »



Face à ces gens de bien est réunie une troupe disparate et pourtant parfaitement homogène. On y trouve aussi bien une figure du théâtre contemporain (Vincent Macaigne) que des enfants de la génération Canal+ (Jean-Paul Rouve) ou un pilier du cinéma de distraction, Gilles Lellouche.
« Barbara », de Mathieu Amalric

Déjà lauréat des prix Jean-Vigo et Louis-Delluc en 2017, le biopic ensorcelant de Mathieu Amalric sur la chanteuse Barbara, jouée par Jeanne Balibar, a aussi retenu l’attention des votants avec neuf nominations, en particulier pour le meilleur film, la meilleure actrice et la meilleure réalisation.

        Lire la critique de « Barbara » :
         

          Jeux de miroirs autour de la Dame en noir



Le premier plan de Barbara montre le reflet d’un visage de femme sur le couvercle d’un piano. Un peu flou mais immédiatement reconnaissable. Ce jeu d’images ouvre les portes d’un palais des miroirs que Mathieu Amalric et Jeanne Balibar ont construit autour de la figure de la chanteuse, morte en 1997. Le réalisateur et l’interprète font mine de se perdre entre la fiction d’une biographie filmée et la réalité ­du tournage de celle-ci, alors qu’en réalité, ils conduisent d’une main très sûre le spectateur à travers la vie et l’art de la « dame en noir ».

   Liste des nominations aux Césars 2018 by Le Monde on Scribd




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Face à des spectateurs très sollicités, les directeurs de salle diversifient leurs stratégies pour élargir leur public.
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Les mutations numériques du spectacle vivant

Face à des spectateurs très sollicités, les directeurs de salle diversifient leurs stratégies pour élargir leur public.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 08h50
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 10h25
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

Bruce Ykanji a été obligé de prendre le taureau par les cornes. En cause ? Le coup de mou pour vendre les 16 000 tickets de l’AccorHotels Arena de Paris-Bercy pour l’événement hip-hop international Juste debout, que le danseur organise depuis 2002 et qui se tient dimanche 4 mars. « Je veux conserver cette salle, mais je dois m’adapter à ce nouveau public toujours connecté sur son téléphone portable, qui aime rester chez lui pour regarder des vidéos et qui consomme de la danse fast-food à toute allure », reconnaît Bruce Ykanji, un peu tendu avec ses 6 000 billets encore sur les bras à quatre jours de l’événement. Pas d’autre choix donc que d’aller chercher ces spectateurs volages là où ils sont, en basculant résolument dans l’ère numérique.

Pour cette 16e édition, Ykanji a donc alourdi le panel de produits destinés aux fans de Juste debout. Parallèlement à des films régulièrement postés sur les réseaux sociaux, des Facebook Live, il propose aujourd’hui « un site expérientiel », avec billetterie intégrée, selon la formule du concepteur Stéphane Pointin, de l’agence Sweet Punk. Un jeu interactif a permis de vérifier vos connaissances hip-hop et de vous faire gagner des places et des smartphones. « C’est l’expérience de la personne en particulier à travers le digital qui prime aujourd’hui, dit M. Pointin. L’internaute a envie de devenir l’acteur de son propre divertissement et ce site vitrine fait d’abord vivre des émotions à ceux qui le pratiquent. » Parallèlement, dimanche, en direct, les 500 premiers arrivants au Juste debout pourront se connecter sur une appli pour participer au jury de la battle.
Stéphane Lissner, directeur général de l’Opéra national de Paris : « Nous sommes passés d’un rôle de garant de l’institution à celui de facilitateur pour la venue des gens à l’Opéra, et cela passe par le numérique »
En plein cœur de la tendance de l’art participatif et divertissant, ces stratégies...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Accusés de fraude fiscale, les héritiers des marchands d’art avaient été relaxés en janvier 2017.
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Arts : les Wildenstein de retour devant la justice

Accusés de fraude fiscale, les héritiers des marchands d’art avaient été relaxés en janvier 2017.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 08h44
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 09h07
    |

            Harry Bellet








                        



   


Les Wildenstein, héritiers d’une célèbre dynastie de marchands d’art, devaient revenir, le 2 mars, à la barre du tribunal, dans un procès qui devrait durer jusqu’au 23 mars. Ils étaient accusés en première instance par la procureure Monica d’Onofrio d’être les bénéficiaires de la « fraude fiscale la plus sophistiquée et la plus longue de la Ve République », laquelle attestait, selon elle, de la « mise en place de procédés, des montages conçus par des professionnels avertis, à destination d’une famille qui a vécu dans l’opulence en payant peu d’impôts, que les citoyens du monde ne supportent plus ».

        Lire le récit sur le procès Guy Wildenstein :
         

          Le crépuscule d’une dynastie ?



Le Parquet national financier, institution créée en 2013 après le scandale Cahuzac, a fait appel d’un premier jugement, rendu le 2 janvier 2017 par la 32e chambre du tribunal correctionnel de Paris, qui relaxait les prévenus. Un « cas d’école », selon les avocats Emmanuel Daoud et Victoire de Tonquédec, qui, dans un article très argumenté (« L’affaire Wildenstein, un cas d’école du traitement de la fraude fiscale par le juge pénal », Actualité Juridique pénale, Dalloz, avril 2017), considèrent qu’« en appliquant strictement la loi pénale et le code de procédure pénale, le tribunal correctionnel n’avait pas d’autre choix que de prononcer la relaxe ».

        Lire le compte-rendu sur l’affaire Wildenstein :
         

          Relaxe générale pour la famille de marchands d’art et ses conseillers



En rendant sa décision, le tribunal avait admis qu’elle serait « incomprise du peuple français au nom de qui la justice est rendue », alors que l’accusation avait requis de lourdes peines contre trois héritiers, leurs conseils et deux sociétés anglo-saxonnes de gestion d’actifs. « Un incroyable (au sens de peu commun) effort de pédagogie pour expliquer et justifier la décision de relaxe », disent M. Daoud et Mme de Tonquédec. En effet, l’exposé des motifs de « cette décision susceptible de heurter le sens commun », ainsi que l’avait qualifiée son auteur, le président du tribunal, Olivier Géron, avait duré une bonne heure.

        Lire le décryptage sur le procès Wildenstein :
         

          « La fraude fiscale la plus sophistiquée de la Ve République »



La chose était d’autant plus ­surprenante que le même président déclarait avoir la conviction que les Wildenstein, accusés de « fraude fiscale et blanchiment en bande organisée », avaient « clairement dissimulé le patrimoine, sur plusieurs générations, avec une claire intention d’évasion patrimoniale ». Cela dans des trusts, situés dans des paradis fiscaux. Une loi de finances votée en 2011 dit que de tels avoirs doivent être déclarés, notamment en cas de succession. Et c’est pour ne l’avoir pas fait lors de celle de son père Daniel, mort en 2001, et de son frère Alec, décédé en 2008, que Guy Wildenstein et ses coprévenus (son neveu, sa belle-sœur, deux avocats et un notaire – et ses deux sociétés financières abritant des trusts) sont poursuivis.

        Lire le compte-rendu :
         

          Le parquet réclame de la prison ferme contre Guy Wildenstein ; son avocat plaide la relaxe



Des trusts fictifs
Les biens considérés sont variés, mais assez difficiles à estimer, d’autant qu’ils sont la propriété d’une cascade de sociétés – la procureure en a dénombré trente-trois – créées par les trusts, dans le but, selon elle, de dissimulation fiscale : un avion privé, revendu depuis, des immeubles à New York, évalués à 125 millions de ­dollars (113 millions d’euros), un ranch au Kenya, évalué par son ­neveu Alec « junior » (le fils d’Alec « senior ») à 10 millions de dollars, une île dans les Caraïbes, dont personne ne connaît la valeur exacte, et surtout des tableaux. Par exemple, 2 483 œuvres déposées dans le Delta Trust, dont 1 749 n’ont, semble-t-il, jamais été estimées…

        Lire le compte-rendu du procès Wildenstein :
         

          Le notaire « n’a pas eu d’intention délictuelle » selon son avocat



Mais la loi de 2011 ne s’applique pas en l’espèce, les faits étant antérieurs. Les trusts étaient fictifs, proclamait l’accusation. Il y a de fortes présomptions que ce soit le cas, répondait le juge, mais pas de preuves, regrettant que les juges d’instruction n’aient pas pu investiguer comme ils l’auraient dû auprès des trusts, lesquels sont situés dans les îles Anglo-Normandes ou les Caraïbes, fort peu ­connus pour leur diligence en matière d’aide judiciaire internationale. Or, avait rappelé Me Hervé Temime, l’avocat de Guy Wildenstein, la règle d’un procès pénal, c’est que « la charge de la preuve est imputable au parquet, et la certitude doit être absolue. »

        Lire l’éclairage :
         

          Le marchand d'art Guy Wildenstein renvoyé en correctionnelle pour fraude fiscale






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », évoque la veuve abusive, un profil bien connu dans l’imaginaire collectif.
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Johnny Hallyday, son héritage et le mythe de la « veuve abusive »

Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », évoque la veuve abusive, un profil bien connu dans l’imaginaire collectif.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 10h17
    |

            Michel Guerrin (rédacteur en chef au « Monde »)








                        



                                


                            

Chronique. La famille recomposée de Johnny Hallyday ressemble aux convives du film Festen. Un vrai champ de bataille. Rien d’étonnant. La liste est longue des écrivains, chanteurs ou peintres dont l’héritage a généré des guerres de positions proportionnelles à l’argent à gagner. Et puis près du quart des successions en France font l’objet de conflits, alors pourquoi pas Johnny.
Les hostilités ont été ouvertes deux mois à peine après la communion nationale portée par le président Emmanuel Macron lors des obsèques à l’église de la Madeleine à Paris. La justice tranchera entre deux grands enfants déshérités, Laura Smet et David Hallyday, et une jeune veuve, Laeticia Hallyday, sacrée unique héritière par un testament américain.
Le problème est que le chanteur a fait sa carrière en France. Et que l’opinion, elle, a déjà tranché, suivant une règle enracinée dans notre culture et notre droit qui veut qu’on n’efface pas ses enfants – on le peut dans d’autres pays, comme au Royaume-Uni où Elton John a été déshérité par sa mère. Laura Smet a sorti cette carte, teintée d’affectif, et c’est bien joué, en écrivant une lettre posthume à son père, qui commence par « Cher Papa », mais qu’elle a surtout envoyée à l’Agence France-Presse et qui s’adresse à l’opinion. Tout un chacun peut se projeter dans le combat d’une actrice privée de ses racines – et de quelque argent.
La cible de la missive, c’est la veuve abusive. Le profil est bien connu dans la culture. Bien plus que celui de veuf abusif. Depuis la nuit des temps, le grand créateur est un homme qui épouse une femme plus jeune qui lui survit. En découle un réflexe misogyne, qui assimile la veuve à « une sorcière qui entend laver l’artiste de ses péchés », dit l’avocat et spécialiste du droit d’auteur, Jean-Jacques Neuer.
Misogynie « caricaturale »
Dans l’imaginaire collectif, on dit qu’elle s’accapare l’héritage, financier et esthétique, écarte d’autres...




                        

                        


<article-nb="2018/03/02/19-18">
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ En deux semaines, le film de Marvel Studios a battu des records. Pour les Noirs, il constitue un changement capital.
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« Black Panther » bouscule les schémas hollywoodiens

En deux semaines, le film de Marvel Studios a battu des records. Pour les Noirs, il constitue un changement capital.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 13h55
    |

            Corine Lesnes (San Francisco, correspondante)








                        



                                


                            

Célébration de la culture noire et de son universalité, le film Black Panther a dépassé les 400 millions de dollars (328 millions d’euros) de recette depuis sa sortie le 16 février aux Etats-Unis. Et le deuxième week-end, il a pratiquement égalé le record détenu, depuis 2015, par Le Réveil de la Force (Star Wars), avec 117 millions de dollars au box-office. Seuls deux autres longs-métrages (Jurassic World, en 2015, et Avengers, en 2012) avaient jusqu’ici dépassé la barre des 100 millions de dollars pour cette période.

Le film – une allégorie joyeuse et colorée qui défie les stéréotypes, de race, de genre, de continent – est devenu un « phénomène culturel », a analysé le responsable de la distribution chez Disney, Dave Hollis. « Le film que le public espérait. »
A part quelques trolls sur les réseaux sociaux, vite maîtrisés, Black Panther a suscité un enthousiasme collectif devenu rare dans la société américaine. Le premier week-end les Noirs étaient majoritaires dans le public : 37 % (contre 35 % pour les Blancs). La proportion s’est inversée le week-end suivant : ce sont les Blancs qui ont été les plus nombreux, avec 37 % de l’audience. Selon ces chiffres communiqués par Disney, les Latinos représentaient 18 % des spectateurs et les Asiatiques 7 %. « Jamais super-héros n’a joué pour un public aussi mélangé », a observé le Hollywood Reporter.

« Fierté noire »
Avant même sa sortie, Black Panther était vu comme un « événement majeur pour la communauté afro-américaine », selon l’expression de Carvell Wallace dans le New York Times. Les associations avaient incité leurs adhérents à réserver des places pour assurer que le film serait un blockbuster dès le premier week-end. Il s’agissait de prouver, deux ans après le mouvement « Oscars so White », qui a obligé Hollywood à ouvrir les yeux sur la quasi-absence de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Chaque vendredi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix d’événements pour le week-end.
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Arts et rap américains, rock nantais et cabaret : nos idées de sorties culturelles

Chaque vendredi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix d’événements pour le week-end.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 07h28
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
En cette fin de semaine, nous vous proposons d’assister aux dernières représentations de Werther par l’Opéra du Rhin à La Filature de Mulhouse ; de passer une soirée au cabaret avec le Cirque électrique à la Porte des Lilas ; de fêter la clôture de l’exposition du MoMA à la Fondation Vuitton et plein d’autres choses encore.
OPÉRA. « Werther », de l’Opéra du Rhin, à La Filature de Mulhouse

   


Présentée du 9 au 17 février à Strasbourg, la nouvelle production du Werther, de Massenet, à l’Opéra du Rhin, prend ses derniers quartiers à Mulhouse, les 2 et 4 mars. Point d’inspiration romantique dans ce spectacle moins attaché à la figure centrale du héros des Souffrances du jeune Werther de Goethe qu’à la tragédie de Charlotte, déchirée entre son devoir social et son aspiration à la liberté d’aimer, fût-ce d’un amour adultère. Servi par un casting de bon niveau, ce Werther donne raison à la nouvelle directrice de l’Opéra du Rhin, Eva Kleinitz, qui n’a pas hésité à rallier un duo féminin gagnant : la chef d’orchestre française Ariane Matiakh et la metteuse en scène allemande Tatjana Gürbaca. Marie-Aude Roux
« Werther », de Massenet. Avec Eric Cutler, Anaïk Morel, Tatjana Gürbaca (mise en scène), Klaus Grünberg (décors et lumières), Silke Willrett (costumes), Orchestre symphonique de Mulhouse, Ariane Matiakh (direction). A La Filature de Mulhouse (Haut-Rhin). Le 2 mars à 20 heures, le 4 mars à 15 heures. Tél. : 03-89-36-28-28. Tarifs : de 21,50 € à 80 €.
SPECTACLE. Le « Cabaret décadent » du Cirque électrique, à Paris

   


Installé depuis 2011 sur la dalle de la Porte des Lilas au-dessus du périphérique avec ses chapiteaux, son parquet de bal et ses caravanes, le Cirque électrique, créé en 1995 à Nanterre, propose une vision décalée et burlesque de l’univers circassien. Se définissant à la fois comme « une identité, un mode de vie, une habitation, un lieu culturel mobile et itinérant », il souhaite présenter au public une contre-culture « entre le mythe d’une tradition de cirque et la réalité d’une culture urbaine radicale et moderne ». Depuis le 28 février, le Cirque électrique présente sa cinquième et toute nouvelle revue baptisée « Cabaret décadent, revue électrique n° 68 », avec au menu tous les artistes de la troupe et des numéros de mât chinois, de contorsion, de trapèze, de corde lisse, de fil-de-fer, d’acrobatie, de danse queer, de « pole dance », etc. Il est même possible de dîner sur place en bord de piste pendant le spectacle (en réservant à l’avance), histoire de se plonger totalement dans l’ambiance d’un cabaret. Cristina Marino
« Cabaret décadent, revue électrique n° 68 », par le Cirque électrique, spectacle interdit aux moins de 17 ans. Dalle aux Chaps, place du Maquis du Vercors, Paris 20e. Jusqu’au 31 mars, du mercredi au samedi à 21 heures, ouverture des portes à 19 heures. Durée : 2 heures (avec entracte). Possibilité de dîner en bord de piste (réservation indispensable au 09-54-54-47-24 ou par mail à reservation@cirque-electrique.com). Tarifs : 20 € (plein) et 15 € (réduit).
ARTS. Clôture festive de l’exposition du MoMA à la Fondation Vuitton

   


Le lundi 5 mars sera l’ultime jour pour découvrir les quelque 200 œuvres prêtées par le Museum of Modern Art de New York à la Fondation Vuitton. Pour le week-end de clôture de l’exposition, l’institution parisienne propose trois jours placés sous le signe de la culture américaine, avec des horaires élargis. Tandis qu’en journée, des « micro-visites » seront proposées toutes les 30 minutes pour découvrir des œuvres iconiques de la collection, en soirée, les billets se coupleront d’un accès à l’auditorium. C’est là que le vendredi, le collectif Bon Esprit initiera les visiteurs aux chorégraphies de Beyoncé (à 19 heures), avant un concert de la rappeuse new-yorkaise Princess Nokia (à 21 h 30). Le samedi, un enchaînement de DJ sets proposera une traversée au long cours de l’histoire de la musique américaine (de 14 heures à 19 heures, avec Topper Harley, Etienne Blanchot, Guillaume Sorge et Chevaliers Play), suivie d’un concert électro de Dan Deacon (sur réservation, à 21 h 30). Enfin, le dimanche après-midi, enfants et parents seront invités à des ateliers de sérigraphie à la manière d’Andy Warhol. Emmanuelle Jardonnet
Fondation Vuitton, 8, avenue du Mahatma-Gandhi, Paris 16e. Vendredi 2, samedi 3 et dimanche 4 mars de 9 heures à 23 heures. Billets d’entrée : 16 € (20 € pour la soirée de vendredi) en tarif plein, 10 € et 5 € en tarif réduit.
MUSIQUES. Rickie Lee Jones en concert à La Cigale, à Paris

   


La courte tournée européenne de la chanteuse Rickie Lee Jones a débuté le 21 février, à Aarhus, au Danemark, et viendra se conclure à La Cigale, à Paris, ce samedi 3 mars. Révélée au milieu de l’année 1979 avec le succès de la chanson Chuck E’s In Love, Rickie Lee Jones a d’abord été l’interprète d’une plaisante pop avec des éléments folk, façon Californie, où elle a commencé sa carrière, avant de s’aventurer vers le jazz, puis vers diverses expérimentations, notamment les boucles et machines rythmiques des musiques électroniques à la fin des années 1990 – guère concluant. Aujourd’hui, plus classiquement dans son approche première, elle est, au-delà de ses compositions soignées, une interprète inventive de reprises de chansons d’un répertoire qui emprunte autant au jazz, à la pop, à la musique folk ou au rock. Sylvain Siclier
La Cigale, 120, boulevard de Rochechouart, Paris 18e. Mo Pigalle, Anvers. Samedi 3 mars à 19 h 30. Tarifs : de 49,90 € à 69,70 €.
EXPOSITION. « Rock ! Une histoire nantaise », à Nantes

   


Un moment à la traîne de sa voisine rennaise, la scène nantaise a fini par tracer son sillon et offrir son lot de figures marquantes (Dominique A, Katerine, Elmer Food Beat, The Little Rabbits, Dolly, Jeanne Cherhal, Hocus Pocus, C2C, Pégase, Ko Ko Mo…) à la pop hexagonale. Au point qu’une exposition, « Rock ! Une histoire nantaise » peut aujourd’hui retracer, sous les imposantes charpentes du Château des Ducs de Bretagne, ce plus d’un demi-siècle de saga électrique. Astucieusement scénographié, sous la direction du spécialiste local, Laurent Charliot, ce parcours chronologique reconstitue lieux marquants (le disquaire Fuzz, le club Le Floride, la chambre de Dominique A…) et ambiances de chaque époque, en faisant entendre les galériens oubliés (Les Rapaces, Tequila, EV, Apartheid Not, Ticket…) ou héros célébrés de cette épopée. Stéphane Davet
« Rock ! Une histoire nantaise », Château des Ducs de Bretagne, Musée d’histoire de Nantes, 4, place Marc-Elder, Nantes (Loire-Atlantique). Jusqu’au 10 novembre 2019. Tél. : 02-51-17-49-48. Tarif : 8 €.
DANSE-THÉÂTRE. Sylvain Groud-Bérénice Bejo au 13e Art, à Paris

   


Entre l’aventureux chorégraphe Sylvain Groud et la comédienne tout aussi fonceuse Bérénice Bejo, il y a une histoire amicale et artistique qui a pris forme dans un spectacle intitulé Trois Sacres. Créé en 2016, toujours en tournée, ce duo sur l’amour et sa spirale de désir s’appuie sur un jeu hybride de danse et texte. En socle de cette rencontre, Le Sacre du printemps, d’Igor Stravinsky, dont Groud conserve des bribes de musique mais fait un pas de côté par rapport au livret. L’Elue n’est pas sacrifiée comme dans l’histoire originelle mais affirme sa liberté. Sur le plateau, Bérénice Bejo, qui se risque aussi dans le mouvement, se jette dans la lecture de textes sur le thème du vertige amoureux, tandis que Sylvain Groud l’incarne par le mouvement. Sylvain Groud vient d’être nommé directeur du Centre chorégraphique national de Roubaix. Rosita Boisseau
« Trois Sacres », de Sylvain Groud, avec Bérénice Bejo. 13e Art, 30, avenue d’Italie, Paris 13e. Vendredi 2 et samedi 3 mars à 19 heures. Tarifs : de 18 € à 46 €.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/02/19-20">
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Cette annonce intervient alors que la Weinstein Company avait annoncé dimanche être prête à déposer le bilan.
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Une nouvelle société, avec un conseil composé d’une majorité de femmes, va reprendre le studio Weinstein

Cette annonce intervient alors que la Weinstein Company avait annoncé dimanche être prête à déposer le bilan.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 03h13
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 08h13
   





                        


L’ex-responsable des PME de l’administration Obama a annoncé jeudi 1er mars être arrivée à un accord pour reprendre le studio Weinstein, au bord de la faillite en raison du scandale d’agressions sexuelles entourant son cofondateur Harvey Weinstein. « Notre équipe est heureuse d’annoncer que nous avons franchi un pas important et trouvé un accord pour acheter des actifs de la Weinstein Company afin de lancer une nouvelle société, avec un nouveau conseil d’administration et une nouvelle vision incarnant les principes que nous défendons depuis le début du processus à l’automne », a déclaré la responsable, Maria Contreras-Sweet, dans un communiqué, jeudi soir. « Ces principes n’ont jamais varié et consistent à bâtir un studio de cinéma mené par un conseil composé d’une majorité de femmes indépendantes », à « sauver 150 emplois », et « créer un fonds de compensation des victimes », a-t-elle ajouté.
Proche du dépôt de bilan
Cette annonce intervient alors que la Weinstein Company (TWC) avait annoncé dimanche être prête à déposer le bilan, précisément faute d’accord avec le groupe d’investisseurs emmené par Mme Contreras-Sweet et le milliardaire Ron Burkle. La TWC n’a pas immédiatement confirmé jeudi soir que les deux parties étaient bien parvenues à un accord.
En annonçant son prochain dépôt de bilan dimanche, la TWC avait fait de multiples reproches à Mme Contreras-Sweet, laissant entendre que les relations entre les deux parties étaient difficiles. Mme Contreras-Sweet s’était dite « surprise » de ces critiques, assurant vouloir « créer une société dirigée par des femmes, capable de « servir d’exemple » dans un pays où le #metoo a fait chuter de nombreux hommes de pouvoir.
Elle n’a, jeudi, donné aucun détail sur l’accord apparemment trouvé ni confirmé le montant de l’opération. Jusque-là, le projet était évalué à 500 millions de dollars, dont 225 millions de dollars de reprise de dettes.
Dédommager les victimes
Les négociations avaient failli aboutir une première fois au début de février. Mais le procureur général de New York, Eric Schneiderman, avait au dernier moment bloqué de facto l’accord, en exigeant que la nouvelle société n’emploie aucun ancien dirigeant de la TWC ayant couvert les abus sexuels du producteur, et que le projet prévoie suffisamment d’argent pour dédommager ses victimes.
La société, fondée en 2005 par Harvey Weinstein et son frère Robert après qu’ils eurent revendu Miramax à Disney, est plongée dans la tourmente depuis la publication des premières accusations d’abus sexuels contre Harvey Weinstein le 5 octobre.
Harvey Weinstein en a été écarté dès le 8 octobre. Mais depuis, plus d’une centaine de femmes, dont des célébrités internationales, comme Ashley Judd, Gwyneth Paltrow ou Salma Hayek, ont accusé le producteur de les avoir sexuellement harcelées, agressées ou violées.
Plusieurs d’entre elles ont attaqué Harvey Weinstein et la TWC en justice, des plaintes qui pourraient se traduire par des millions de dollars à payer en dommages et intérêts.
La société avait produit des films à succès, comme Le Discours d’un roi ou The Artist ; aujourd’hui, la plupart des projets qu’elle avait dans ses cartons sont suspendus.
Les dates de sortie de films déjà achevés, comme The Upside, un remake du film français Les Intouchables, ou The War with GrandPa, une comédie avec Robert de Niro, ont été repoussées sine die. Et les droits sur plusieurs projets en gestation ont été vendus, notamment ceux d’un film de Quentin Tarantino sur les célèbres meurtres commis par les disciples de Charles Manson en 1969, cédés à Sony.



                            


                        

                        

