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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Dans sa chronique, la journaliste Annie Kahn s’appuie sur une enquête américaine qui démontre que les personnes qui obtiennent les meilleurs résultats travaillent plutôt moins, mais en se concentrant davantage sur un nombre limité de tâches à accomplir.
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« Travailler moins, mais mieux »

Dans sa chronique, la journaliste Annie Kahn s’appuie sur une enquête américaine qui démontre que les personnes qui obtiennent les meilleurs résultats travaillent plutôt moins, mais en se concentrant davantage sur un nombre limité de tâches à accomplir.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 17h25
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 17h43
    |

            Annie Kahn








                        



                                


                            
Ma vie en boîte. Les dernières statistiques de la Caisse nationale d’assurance-maladie peuvent sembler alarmantes. Les arrêts maladie se multiplieraient. De fait, les dépenses d’indemnités journalières ont bondi de 8 % en janvier (par rapport au mois de janvier 2017) et de 5,2 % sur les douze derniers mois.
On ne discutera pas des raisons de cette situation : outil statistique inadapté, disent les uns, vieillissement de la population active, stress accru en raison du développement des outils numériques, dégradation des conditions de travail pour les autres…
Toujours est-il que la statistique aurait pu être bien pire. Pour une raison apparemment paradoxale, mais qui est en fait parfaitement logique. A savoir que, si l’absentéisme augmente, le présentéisme est aussi très vaillant. Des personnes malades, qui de ce fait auraient dû s’absenter pour leur santé et celle de leurs collègues, et ainsi dégrader la statistique encore davantage, ne le font pas. « Près de 20 % des arrêts de travail prescrits en 2016 n’ont pas été suivis », avertissait ainsi le groupe Malakoff Médéric dans un communiqué publié le 22 novembre 2017.
Le syndrome du bon élève, qui vous pousse à toujours répondre positivement à toute demande de travail accrue, est contre-productif
Plus précisément, 7 % des arrêts ont été pris, mais pas en totalité ; et 12 % n’ont pas été pris du tout. Les raisons évoquées sont diverses : financières pour 29 % des personnes concernées, par crainte de se retrouver avec une charge de travail trop importante à leur retour (23 %) ; par peur de la pression hiérarchique (22 %) ; en raison de ce sentiment qui vous fait croire que vous êtes indispensable et qu’il ne vous est pas possible de déléguer vos tâches (20 %). Un grand nombre évoquant plus largement qu’« ils n’ont pas l’habitude de se laisser aller ». Cette position est absurde, juge Andrew Hill, chroniqueur au Financial Times, dans son billet du 8 janvier.
Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Frédérique Couzigou, psychologue et écrivain, dénonce le discours systématique contre les « privilèges des fainéants », antichambre de la croyance dans une élite de « surhommes », étalon de la « réussite ».
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« J’ai été femme de cheminot »

Dans une tribune au « Monde », Frédérique Couzigou, psychologue et écrivain, dénonce le discours systématique contre les « privilèges des fainéants », antichambre de la croyance dans une élite de « surhommes », étalon de la « réussite ».



Le Monde
 |    02.03.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 17h27
    |

Frédérique Couzigou (Psychologue et écrivain)







                        



                                


                            
Tribune. J’ai été femme de cheminot. J’ai suivi, tous les trois ans, les mutations professionnelles et donc connu à chaque mouvement de poste, le chômage, la précarité dans mon propre parcours professionnel. Etre cheminot, c’est accepter une mobilité, c’est dormir dans des foyers plutôt que chez soi, c’est déblayer la voie de chemin de fer sous la neige et dans le froid, c’est vérifier au quotidien la sécurité du matériel, la fonctionnalité des équipements, la sécurité des voyageurs. C’est garder malgré tout la courtoisie quand, assis confortablement et au chaud, un voyageur râle après dix minutes de retard.
Au-delà de cette actualité navrante sur les soi-disant privilèges du cheminot, du retraité, du fonctionnaire – qui est aussi une infirmière épuisée, un policier suicidaire, un professeur accablé, un chercheur en précarité – il en va de comment la société, notre communauté, prend soin de la fragilité.
Désespérante décadence de l’humanité
Quand on réfléchit à baisser l’âge de la maturité sexuelle des enfants, quand on laisse crever dans leurs excréments nos anciens, quand on retrouve au matin des hommes et des femmes morts de froid, j’ai comme un doute sur notre civilisation, trop d’échos à la barbarie. Dans cette idéologie de la réussite, de l’étalon, du surhomme, du mérite, du premier de cordée… on frôle cette idée de l’homme supérieur de par son rang, son mérite et, pourquoi pas, son ADN. On frôle l’idéologie d’une classe supérieure, de par leur rang social, leur capital, leur intelligence… Il y a comme une répétition de ce qui a favorisé le chaos et le crime il n’y a pas si longtemps.

Les autres, les fainéants, les assistés, les handicapés, les vieux, les enfants, ne valent rien. Etre utile à l’idéologie, à la soumission par le travail, par le crédit, par la terreur de finir congelé sur un trottoir, limite notre réflexion, notre intelligence, notre lucidité, notre courage à se révolter contre cette concurrence entre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Livre. Dans son dernier essai, la chercheuse Anne-Clémentine Larroque décrit comment l’exercice du pouvoir a transformé, en Tunisie, en Egypte et au Maroc, l’idéologie et la sociologie de l’islamisme politique.
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Quand l’islamisme se confronte aux réalités du pouvoir

Livre. Dans son dernier essai, la chercheuse Anne-Clémentine Larroque décrit comment l’exercice du pouvoir a transformé, en Tunisie, en Egypte et au Maroc, l’idéologie et la sociologie de l’islamisme politique.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 15h48
    |

            Charlotte Bozonnet








                        



                                


                            

Livre. Comment les islamistes se sont-ils adaptés à l’exercice du pouvoir ? Vainqueurs des élections dans plusieurs pays arabes après les soulèvements de 2011, ils en ont été profondément changés. Loin de l’idée simpliste d’« un agenda caché » de ces formations, le livre d’Anne-Clémentine Larroque, historienne de formation et déjà auteure d’une Géopolitique des islamismes (PUF, « Que sais-je ? », 2e édition, 2016), s’attache à décortiquer comment leur arrivée au pouvoir a transformé leur idéologie et leur sociologie mais aussi leurs relations avec les groupes plus radicaux, des salafistes aux djihadistes.
« Insuffisante préparation »
La chercheuse, maître de conférences à Sciences Po, s’est penchée sur trois cas. Celui de la Tunisie où les islamistes du parti Ennahda ont été élus en novembre 2011, quelques mois après la chute du dictateur Ben Ali. Celui du Maroc où le Parti de la justice et du développement (PJD) a remporté les élections législatives anticipées de novembre 2011, octroyées par le roi Mohammed VI. Ainsi que le cas de l’Egypte, où le parti de la liberté et de la justice (PLJ) du président Morsi a été chassé du pouvoir deux ans après sa victoire électorale.
L’ouvrage revient notamment sur les circonstances de leur victoire après des révolutions – des manifestations dans le cas du Maroc – dont ils n’étaient pas responsables et auxquels ils n’avaient pour certains même pas participé. Dans les trois pays, « la volonté de nouveauté a été plus forte que l’inexpérience du pouvoir des islamistes – un marqueur clé de la volonté de rupture avec le système précédent ». Leur exercice du pouvoir diffère d’un pays à l’autre, mais il est globalement marqué par « des projets flous et des agendas inexistants », « une insuffisante préparation de ces partis, plus habitués à organiser leur survie dans l’ombre qu’à penser un programme politique viable ».
« Prise de distance »
Le...




                        

                        


<article-nb="2018/03/02/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Livre. Dans un stimulant essai, l’historien des idées Bernard Bruneteau montre que cette europhobie, de plus en plus prégnante, s’inscrit dans le temps long mais pourrait bien, au gré des vents, refluer.
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L’Europe ou le Traité du vain combat

Livre. Dans un stimulant essai, l’historien des idées Bernard Bruneteau montre que cette europhobie, de plus en plus prégnante, s’inscrit dans le temps long mais pourrait bien, au gré des vents, refluer.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 15h00
    |

            Alain Beuve-Méry








                        



                                


                            

Livre. A l’heure où l’Union européenne, sous l’égide du commissaire Michel Barnier entame son premier exercice réel de « déconstruction », en cherchant un accord pour parvenir au retrait du Royaume-Uni du « club européen », l’essai de Bernard Bruneteau tombe à pic. Ce professeur de sciences politiques à l’université de Rennes entreprend une vaste fresque historique et intellectuelle de tous les opposants (hommes, idées, mouvements) à la construction européenne, qui court sur tout le XXe siècle. Sous-titrée, de Lénine à Marine Le Pen, la liste comprend d’ailleurs un grand nombre d’Anglais.
Brexit, poussée des populismes européens à chaque élection ou presque, reflux communautaire, à la lecture de cet essai stimulant, une question affleure : sommes-nous à la veille d’une Europe de Weimar ? Comparaison certes n’est pas raison, mais si la République allemande s’est effondrée de l’intérieur, ce qui a permis la prise de pouvoir par Adolf Hitler en 1933, c’est parce qu’elle était devenue « une République sans républicains ». Or, aujourd’hui, l’Union européenne pourrait bien être menacée de dislocation, faute d’Européens convaincus.
Ce que démontre en effet a l’envi Bernard Bruneteau, c’est que les militants d’une Europe unie se sont toujours présentés comme des porteurs « d’une troisième voie ». Ils sont « ni à droite, ni à gauche, ni même au centre, mais plutôt en marge des familles idéologiques existantes », écrit-il. Ce faisant, ils n’ont pas cessé de subir les coups de boutoir des trois matrices idéologiques, les plus puissantes du XXe siècle : l’internationalisme, le nationalisme et le mondialisme (les partisans du marché).
Tigre de papier
De fait dans leur projet d’origine, les pères de la construction européenne – et Jean Monnet au premier chef – ont peut-être commis une faute : ils ont donné l’impression d’avancer masqués et de ne pas être suffisamment clair et ambitieux dans leur...




                        

                        


<article-nb="2018/03/02/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Quatorze économistes et parlementaires européens appellent, dans une tribune au « Monde », à dépasser les compromis sur les solutions techniques et financières à la crise de la dette afin d’apporter une réponse politique durable aux défaillances de l’union économique et monétaire.
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Zone euro : « Une nouvelle approche politique » est nécessaire

Quatorze économistes et parlementaires européens appellent, dans une tribune au « Monde », à dépasser les compromis sur les solutions techniques et financières à la crise de la dette afin d’apporter une réponse politique durable aux défaillances de l’union économique et monétaire.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 14h00
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Au cours des derniers mois, la Commission européenne ainsi qu’un groupe de quatorze économistes franco-allemands ont rendu publiques des propositions pour renforcer l’architecture de la zone euro. Ces propositions sont utiles pour faire vivre le débat, mais elles restent guidées par un fort esprit de compromis, et leurs ambitions sont limitées par les contraintes politiques perçues par leurs auteurs.
Des propositions qui ignorent le profond soubassement institutionnel, politique et démocratique de la crise de la zone euro
A cause de cela, ces propositions se concentrent sur les conditions nécessaires pour stabiliser la zone euro, mais restent très insuffisantes sur ce qu’il faudrait faire pour que la zone euro prospère réellement. En se limitant à des solutions graduelles et principalement économiques, ces propositions permettent sans doute à un compromis d’émerger, mais elles ignorent le profond soubassement institutionnel, politique et démocratique de la crise de la zone euro et négligent le fait que, si l’union monétaire ne devient pas rapidement un succès économique, elle risque de devenir politiquement insoutenable.
Depuis la crise de la zone euro, le consensus intellectuel s’est progressivement cristallisé autour de l’idée que, une fois le système financier réparé, la création d’une union bancaire complétée par une union des marchés de capitaux devrait permettre de partager suffisamment de risques pour stabiliser l’union monétaire, comme dans un régime assurantiel. Une sorte d’architecture de Maastricht complétée par, d’un côté, le filet de sécurité minimal créé durant la crise pour le secteur public (le Mécanisme européen de stabilité), accessible seulement à des conditions punitives, et par, d’un autre côté, un plus grand partage des risques par le biais des marchés financiers.
Une combinaison de règles complexes
Les économistes classiques croient que les marchés financiers, les signaux de prix et les incitations...




                        

                        


<article-nb="2018/03/02/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Vingt-six députés de La République en marche prennent parti, dans une tribune au « Monde », en faveur du déploiement des « compteurs intelligents » d’Enedis.
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« Les compteurs Linky sont un outil majeur au service de la transition énergétique »

Vingt-six députés de La République en marche prennent parti, dans une tribune au « Monde », en faveur du déploiement des « compteurs intelligents » d’Enedis.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 12h49
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 13h15
   





                        



                                


                            

Tribune. Les compteurs Linky, dont le déploiement par Enedis est en cours sur tout le territoire, n’en finissent plus de susciter des débats : sur leurs coûts, sur leurs effets présumés sur la santé, sur les enjeux liés aux données personnelles, sur des dysfonctionnements supposés répétés.
Il est urgent et nécessaire de faire preuve de pédagogie sur ce sujet, car les compteurs Linky sont un outil majeur au service de la transition énergétique. Outre la simplification évidente qu’ils représentent pour les opérateurs, ils permettent de piloter plus efficacement le réseau, d’intégrer de nouveaux moyens de production, de nouvelles formes de consommation et, surtout, ils permettent aux consommateurs de mieux connaître et donc de mieux maîtriser leur consommation électrique.

Cet accès à l’information pourrait permettre jusqu’à 23 % d’économies d’énergie, selon une étude du CNRS (« What do people “learn by looking” at direct feedback on their energy consumption ? Results of a field study in Southern France », Adnane Kendel, Nathalie Lazaric, Kevin Maréchal - CNRS, Universités de Nice Sophia Antipolis et de Liège -, Energy Policy n° 108, septembre 2017).
Huit millions de consommateurs déjà équipés
Il nous semble que c’est une chance car c’est une composante majeure de la transition énergétique promue actuellement au plus haut sommet de l’Etat français. Le déploiement de ces nouveaux compteurs, prévu par la loi de transition énergétique, est une composante qui est chère aux députés de la nation que nous sommes. Au 31 décembre 2017, près de huit millions de consommateurs sont déjà équipés de compteurs Linky. Il n’existe pas de dysfonctionnement et ou de plainte généralisés.
Les ondes émises par le système Linky sont du même ordre de grandeur que celles émises par un téléviseur ou un écran cathodique
Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat auprès de Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire, l’a...




                        

                        


<article-nb="2018/03/02/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ A l’« Observatoire des passions » qu’il anime au Centre Pompidou, ce penseur explore l’époque avec vitalité. A Act Up comme à la revue « Vacarme » ou dans sa classe de khâgne, il défend sans relâche les vertus de l’échange et de la parole
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Philippe Mangeot, intellectuel collectif

A l’« Observatoire des passions » qu’il anime au Centre Pompidou, ce penseur explore l’époque avec vitalité. A Act Up comme à la revue « Vacarme » ou dans sa classe de khâgne, il défend sans relâche les vertus de l’échange et de la parole



Le Monde
 |    02.03.2018 à 12h30
    |

                            Catherine Portevin








                        



                                


                            

Fluide, droit, dansant : il faut voir bouger Philippe Mangeot sur la petite scène du Centre Pompidou, à Paris, pour comprendre ce qu’est un « intellectuel de l’agir ». C’est ainsi que le présente Jean-Max Colard, responsable du « service de la parole » de l’institution : il l’a choisi pour être le « compagnon intellectuel » de Beaubourg durant l’année 2018. Avec un thème, inspiré par la perspective du cinquantenaire de Mai 68 : les passions. En dix séances sous forme de « magazine parlé », Philippe Mangeot, ancien président d’Act Up (1997-1999) et cofondateur de la revue Vacarme, animera un « Observatoire des passions » contemporaines.
Mettre en lien l’hétéroclite
S’y croiseront des collectionneurs, des joueurs, des fondus, des drogués, des savants, des artistes. On y parlera de Spinoza, de Hume et de Stendhal, de l’économie des affects et du deuil politique, du ressentiment, de l’ennui et de la guerre sans doute, de sexe et d’amour sûrement, d’Internet et des réseaux sociaux évidemment puisque, remarque Philippe Mangeot, « la Toile représente une archive de toutes les passions du monde, un terrain d’exercice et d’invention de passions nouvelles ».
Il veut comprendre son époque par les ­ « enchantements » du sujet, par ce qui le fait chanter et l’enchaîne à la fois, convaincu que toute forme de rationalité est arrachée à nos passions. Voilà le programme. Nul ne sait où il mènera. Philippe Mangeot impulse la démarche : fluidité, pour mettre en lien l’hétéroclite ; droiture, pour l’attention aux paroles et aux savoirs de tous à égalité d’intensité ; danse, pour la joie des corps à penser à plusieurs. S’il est un « intellectuel de l’agir », c’est d’abord par le mouvement qu’il donne à toute chose.
Figure éminente de la pensée de gauche « d’après » (après Mai 68 et la chute du Mur) et « d’avec » (le sida, le mouvement des minorités, les migrations mondiales), l’intellectuel de l’action...




                        

                        


<article-nb="2018/03/02/19-8">
<filnamedate="20180302"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180302"><AAMMJJHH="2018030219">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Pascal Chassaing, président de la Chambre des notaires de Paris, met en garde dans une tribune au « Monde » contre l’emballement autour du « droit à déshériter », qui caricature les réalités juridiques actuelles.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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Succession Hallyday : Attention à « ne pas simplifier à l’excès le débat »

Pascal Chassaing, président de la Chambre des notaires de Paris, met en garde dans une tribune au « Monde » contre l’emballement autour du « droit à déshériter », qui caricature les réalités juridiques actuelles.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 12h04
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 12h57
    |

Pascal Chassaing (Président de la Chambre des notaires de Paris)







                        



                                


                            
Tribune. La succession de Johnny Hallyday a enflammé les médias et troublé les Français. Il s’agit à la fois de mort, d’argent, de lien conjugal et parental concernant une vedette hors normes pour laquelle le public éprouve des sentiments mêlés d’admiration et d’étonnement.
L’opinion s’est divisée en deux camps, le premier prônant la liberté de chacun à disposer de ses biens, le second rejetant l’idée qu’un parent puisse déshériter totalement ses enfants. Les juristes d’occasion ont eu tôt fait de traduire en proposition de réforme une telle actualité : faut-il, à l’image des Californiens, changer la loi pour mieux respecter la volonté, et donc la liberté de chacun, de disposer de ses biens ? Ou, au contraire, est-il meilleur de continuer à protéger les familles, et notamment les enfants et les conjoints contre un vent de libéralisme qui oublierait les liens du sang ?
C’est une erreur de généraliser à partir d’un cas particulier, surtout quand celui-ci est aussi exceptionnel que la famille Hallyday
Il me semble, en qualité de notaire praticien des successions, que ces commentaires égarent le public en simplifiant à l’excès le débat. C’est une erreur de généraliser à partir d’un cas particulier, surtout quand celui-ci est aussi exceptionnel que la famille Hallyday. Les données de la succession du chanteur, en termes de ruptures conjugales et de différence d’âge des époux, sont devenues banales.
Mais elles se doublent ici de changements de domicile national et fiscal. Il ne s’agit donc plus d’une affaire française, puisqu’une des clés du litige réside dans le choix de la loi nationale applicable. Or, la France ne pourra pas, quel que soit son volontarisme, légiférer pour les autres pays, ni empêcher les allers-retours de ses nationaux.

C’est une erreur de céder à la facilité d’opposer des solutions théoriques quand chaque système juridique a ses règles et ses exceptions, ses zones de clarté et d’ombre. La loi française...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Editorial. L’annonce du projet de supprimer la limite de deux mandats à la tête de la Chine renforce encore la concentration des pouvoirs et l’opacité mises en place par Xi Jinping depuis son accession au pouvoir.
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Chine : l’avènement de l’empereur Xi, aux pouvoirs sans partage

Editorial. L’annonce du projet de supprimer la limite de deux mandats à la tête de la Chine renforce encore la concentration des pouvoirs et l’opacité mises en place par Xi Jinping depuis son accession au pouvoir.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 16h40
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Il fut un temps, pas si lointain, où le président Xi Jinping promenait sur un parterre de PDG admiratifs un regard bienveillant de libre-échangiste radieux. C’était en janvier 2017, et l’Occident avait envie d’y croire. Donald Trump prenait ses quartiers à la Maison Blanche, au terme d’une campagne virulente qui avait voué aux gémonies multilatéralisme et mondialisation. Le président chinois, lui, prononçait à Davos le discours que l’on aurait aimé entendre d’un président américain. Il se posait en champion des valeurs d’un monde ouvert, et son auditoire était conquis.

        Lire aussi :
         

                Chine  : Xi Jinping s’assure un pouvoir illimité



Treize mois plus tard, la magie a disparu. Le vrai visage de Xi Jinping n’est plus celui du défenseur enthousiaste du libre-échange heureux, mais celui d’un dirigeant aspirant à un pouvoir personnel sans limites. Dimanche 25 février, l’agence officielle Xinhua a annoncé que le Parti communiste chinois (PCC) proposait d’abandonner la règle de la limite de deux mandats consécutifs pour le poste de chef de l’Etat, poste que M. Xi occupe depuis 2013. En clair, l’abandon de cette règle permettra à son actuel titulaire, qui est aussi secrétaire général du PCC et président de la commission militaire centrale, de se maintenir à la tête de l’Etat au-delà de 2023, lorsque prendra fin son deuxième mandat. Ses deux autres fonctions n’étant pas statutairement limitées dans le temps, Xi Jinping, 64 ans, peut ainsi imaginer conserver indéfiniment tous les leviers du pouvoir en régnant sur l’Etat, le parti et l’armée.
Dans un pays de 1,4 milliard d’habitants qui est déjà la deuxième économie mondiale, cela fait beaucoup pour un seul homme. Deng Xiaoping, le père de la réforme, avait quelque raison d’introduire la limite à deux mandats, dans les années 1980 : le long règne de Mao, de 1949 jusqu’à sa mort, en 1976, et les tragédies de la Révolution culturelle avaient montré les dérives du pouvoir illimité. Il fallait à la Chine, pensait Deng, une « direction collective », pour prévenir « la concentration excessive du pouvoir ».
Emprise personnelle
Xi Jinping rompt avec cette sage doctrine. Loin de démocratiser la Chine, ses réformes vont toutes dans le même sens, celui de l’opacité et de la concentration du pouvoir. Le 19e congrès du PCC, en octobre 2017, avait déjà consolidé son emprise personnelle sur l’organisation en associant son nom et sa théorie politique à la constitution du parti : sa « Pensée sur le socialisme aux caractéristiques chinoises pour une nouvelle ère » est désormais la doctrine officielle.
Le numéro un chinois contrôle aussi de la manière la plus ferme qui soit les médias et l’éducation. Les dissidents sont pourchassés sans pitié. Les modes d’expression liés à Internet font l’objet d’une vigilance particulière. Les avancées technologiques chinoises, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle, lui permettent une surveillance de plus en plus sophistiquée de ses concitoyens.
Quelques optimistes feront valoir que dans un pays aussi peuplé, transformé par des mutations aussi gigantesques, la stabilité du pouvoir peut présenter des avantages. Pour les démocraties occidentales, l’autoritarisme désormais sans limites de Xi Jinping, ajouté à celui de Vladimir Poutine, qui s’apprête à entamer son quatrième mandat, enterre l’illusion post-guerre froide selon laquelle l’ouverture économique mène à la démocratie. Mais là n’est pas le plus grave : le vrai danger de ces régimes pour le monde est celui de leur nationalisme, défendu d’une main de fer.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’écrivain Sandro Veronesi explique que les électeurs traditionnels du centre droit et du centre gauche ont perdu tout repère à la veille des élections législatives, qui se tiennent dimanche 4 mars dans la Péninsule.
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« Pour qui peut bien voter un Italien modéré ? »

Dans une tribune au « Monde », l’écrivain Sandro Veronesi explique que les électeurs traditionnels du centre droit et du centre gauche ont perdu tout repère à la veille des élections législatives, qui se tiennent dimanche 4 mars dans la Péninsule.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 09h53
    |

Sandro Veronesi (Ecrivain et scénariste, lauréat, en 2008, du prix Femina étranger pour "Chaos calme" (Grasset, 2008))







                        



                                


                            

Tribune. Après la campagne électorale la plus folle et la plus tordue qu’ait connue l’histoire républicaine, pour qui peut bien voter un Italien laïque, plutôt cultivé, fermement attaché aux principes démocratiques, suffisamment raisonnable et étranger aux logiques du profit personnel ? En voilà une question. Je pense à ceux qui, comme mon père et moi, ont voté pendant des années pour un parti contre l’autre, formant le cadre parlementaire italien, à travers une majorité et une opposition dans lesquelles ils se reconnaissaient.
Je pense à la Ire République [1948-1994], quand les conservateurs et les catholiques votaient pour la Démocratie chrétienne (DC), les laïques pour les partis laïques, les marxistes et les progressistes pour le Parti communiste (PCI). Puis, durant la IIe République [depuis 1994], quand Forza Italia a fait son entrée au sein de l’électorat démochrétien, évinçant – ce qui ne s’était jamais vu – les néofascistes de l’Alliance nationale, et quand le Parti démocrate de la gauche (PDS) d’Achille Occhetto a succédé au PCI. (La seule vraie nouveauté fut peut-être la toute jeune formation territorialiste d’Umberto Bossi, la Ligue du Nord, qui remporta de francs succès dans les régions septentrionales, mais rien dans le reste du pays.) Je pense même aux dernières élections de 2013 quand, au déclin de Berlusconi, a fait écho celui des dirigeants historiques du Parti démocrate.
Rien de semblable ne s’offre aujourd’hui au regard des citoyens italiens. L’électeur modéré, laïque ou catholique, qui, en 1994, avait cru en Berlusconi, se trouve à présent devant une banderole de Forza Italia qui continue de proclamer « Berlusconi président », malgré la condamnation définitive pour fraude fiscale, prononcée en 2013, qui le prive, en vertu de la loi Severino, du droit d’être investi de toute charge publique. Alors, président de quoi ? De rien.
Les contradictions du centre droit
Que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la politologue Sofia Ventura décrypte le retour sur le devant de la scène du Cavaliere, pourtant non éligible jusqu’en 2019.
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« Berlusconi, ou le triste signe de l’abyssale crise politique italienne »

Dans une tribune au « Monde », la politologue Sofia Ventura décrypte le retour sur le devant de la scène du Cavaliere, pourtant non éligible jusqu’en 2019.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 09h53
    |

Sofia Ventura (professeure associée de science politique à l'université de Bologne)







                        



                                


                            

Tribune. Tous ceux qui s’intéressent à la politique italienne se posent aujourd’hui la même question : comment est-il possible que Berlusconi occupe de nouveau le devant de la scène et que, à la veille des élections, la coalition dont il est à la tête (Forza Italia, la Ligue du Nord, de Matteo Salvini, et Fratelli d’Italia, de Giorgia Meloni) apparaisse comme l’unique force capable d’obtenir la majorité absolue ?
En réalité, Berlusconi n’a jamais vraiment disparu, même si, après la démission de son gouvernement en 2011, il en est venu à jouer un rôle plus marginal. Mais la faiblesse du système politique italien, et en particulier du Parti démocrate (PD), parallèlement à la montée en puissance du Mouvement 5 étoiles (parti antisystème), lui a permis de rester en piste. De 2011 à 2013, il a soutenu, avec le PD, les gouvernements Monti et Letta (jusqu’en novembre 2013, quand il est passé dans l’opposition). En janvier 2014, il a été, avec Matteo Renzi, le principal protagoniste du pacte censé engager les réformes institutionnelles.
Les procès et les condamnations l’ont fait exclure du Sénat en 2013, et toute charge publique lui est interdite jusqu’en 2019. Et pourtant, Berlusconi a continué de représenter l’aile modérée de la droite. Aucune figure extérieure à son parti n’a émergé pour lui contester ce rôle, tandis qu’il restait le seul chef au sein de Forza Italia. En effet, Forza Italia est un parti personnel : son chef de file a empêché la mise en œuvre de mécanismes démocratiques qui auraient permis à de nouvelles personnalités d’apparaître et de le concurrencer.
Coalition avec la Ligue
A la tête d’un parti dont la base s’est réduite comme peau de chagrin, il a été défié ces dernières années par le nouveau leader de la Ligue du Nord (dite « Ligue » – Lega  – depuis janvier) : melo, élu fin 2013. Salvini a abandonné les objectifs fédéralistes qui caractérisaient originairement le mouvement pour faire de son parti...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », évoque la veuve abusive, un profil bien connu dans l’imaginaire collectif.
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Johnny Hallyday, son héritage et le mythe de la « veuve abusive »

Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », évoque la veuve abusive, un profil bien connu dans l’imaginaire collectif.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 10h17
    |

            Michel Guerrin (rédacteur en chef au « Monde »)








                        



                                


                            

Chronique. La famille recomposée de Johnny Hallyday ressemble aux convives du film Festen. Un vrai champ de bataille. Rien d’étonnant. La liste est longue des écrivains, chanteurs ou peintres dont l’héritage a généré des guerres de positions proportionnelles à l’argent à gagner. Et puis près du quart des successions en France font l’objet de conflits, alors pourquoi pas Johnny.
Les hostilités ont été ouvertes deux mois à peine après la communion nationale portée par le président Emmanuel Macron lors des obsèques à l’église de la Madeleine à Paris. La justice tranchera entre deux grands enfants déshérités, Laura Smet et David Hallyday, et une jeune veuve, Laeticia Hallyday, sacrée unique héritière par un testament américain.
Le problème est que le chanteur a fait sa carrière en France. Et que l’opinion, elle, a déjà tranché, suivant une règle enracinée dans notre culture et notre droit qui veut qu’on n’efface pas ses enfants – on le peut dans d’autres pays, comme au Royaume-Uni où Elton John a été déshérité par sa mère. Laura Smet a sorti cette carte, teintée d’affectif, et c’est bien joué, en écrivant une lettre posthume à son père, qui commence par « Cher Papa », mais qu’elle a surtout envoyée à l’Agence France-Presse et qui s’adresse à l’opinion. Tout un chacun peut se projeter dans le combat d’une actrice privée de ses racines – et de quelque argent.
La cible de la missive, c’est la veuve abusive. Le profil est bien connu dans la culture. Bien plus que celui de veuf abusif. Depuis la nuit des temps, le grand créateur est un homme qui épouse une femme plus jeune qui lui survit. En découle un réflexe misogyne, qui assimile la veuve à « une sorcière qui entend laver l’artiste de ses péchés », dit l’avocat et spécialiste du droit d’auteur, Jean-Jacques Neuer.
Misogynie « caricaturale »
Dans l’imaginaire collectif, on dit qu’elle s’accapare l’héritage, financier et esthétique, écarte d’autres...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ La dictature de Mussolini a couvert le pays de chefs-d’œuvre architecturaux. Faut-il les restaurer ? Comment les présenter ? Ces questions divisent.
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L’Italie embarrassée par son patrimoine architectural fasciste

La dictature de Mussolini a couvert le pays de chefs-d’œuvre architecturaux. Faut-il les restaurer ? Comment les présenter ? Ces questions divisent.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 15h32
    |

                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Plongeurs athlétiques, chevaux cabrés et tritons surveillent les baigneurs du centre sportif Foro Italico, à Rome. Ces mosaïques fantastiques font de la piscine une des plus belles de la capitale italienne ; seule sa petite sœur, à l’étage, jadis fréquentée par Mussolini en personne, peut rivaliser. En sortant, les baigneurs foulent un sol couvert d’aigles, de bombardiers, de chemises noires et d’inscriptions belliqueuses – « Vaincre est nécessaire, combattre l’est encore plus », « Beaucoup d’ennemis, beaucoup d’honneur », « L’Italie a enfin son empire ». Nous sommes à deux pas du stade olympique. A l’entrée du complexe, un obélisque arbore l’inscription MVSSOLINI DVX. Bâti pour la candidature de Rome aux Jeux olympiques de 1940, le Foro Italico évoque, par son architecture tonitruante, la gloire de l’ancien Empire romain et encense la dictature fasciste.
Avant-garde architecturale
Si les touristes s’offusquent de voir le nom du Duce gravé en lettres capitales, les locaux assument leur amour pour l’endroit. Produit de la propagande du « Ventennio », la double décennie fasciste, le Foro Italico est également emblématique de l’avant-garde architecturale de l’époque. Sa restauration pouvant prêter à de mauvaises interprétations sur son véritable mobile, on a laissé le marbre se fissurer et les mosaïques se dégrader. Mais lorsque, en 2015, la présidente de la Chambre des députés, Laura Boldrini, a proposé d’effacer le nom « Mussolini » du monolithe, on l’a accusée de vouloir défigurer un chef-d’œuvre…
Que faire alors de ce patrimoine aussi encensé qu’encombrant ? A l’automne 2017, le démantèlement aux Etats-Unis de statues confédérées a relancé la controverse : l’Italie ­a-t-elle fait son travail de mémoire ? s’interrogeait l’historienne Ruth Ben-Ghiat. La question divise le pays, qui appréhende la montée de l’extrême droite lors des élections parlementaires, le 4 mars.
Or, de Trieste à Palerme, la Botte est parsemée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ On ne peut comprendre la vie intellectuelle française des XIXe et XXe siècles sans avoir à l’esprit l’immense influence de l’œuvre du comte de Saint-Simon, soutient le politiste Pierre Musso.
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Pierre Musso : « Nous sommes en train de redécouvrir l’importance de la pensée industrialiste »

On ne peut comprendre la vie intellectuelle française des XIXe et XXe siècles sans avoir à l’esprit l’immense influence de l’œuvre du comte de Saint-Simon, soutient le politiste Pierre Musso.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 17h20
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            
Pierre Musso, spécialiste de sciences politiques, auteur de Saint-Simon et le saint-simonisme (« Que sais-je ? », PUF, 1999) et coéditeur des Œuvres complètes (PUF, 2013), s’attelle à faire redécouvrir le comte de Saint-Simon (1760-1825), père d’une véritable utopie sociale.

Saint-Simon passe pour un auteur inclassable, ce qui explique sans doute pourquoi il est à ce point méconnu. Pourtant, le sociologue Emile Durkheim disait qu’on trouvait chez lui « le germe de tous les grands courants qui se sont produits au XIXe ».
Durkheim a raison. Tous les grands courants du XIXe siècle s’en réclament : les socialistes (Marx l’a lu en français), mais aussi les libéraux ­ (l’économiste Friedrich Hayek dit ce qu’il doit à Saint-Simon) ; il est à la source du positivisme : Auguste Comte, jeune polytechnicien, est son secrétaire de 1817 à 1824, un an avant son décès ; il est également à la source de l’industrialisme, la philosophie associée à industrialisation. Et, bien sûr, il ne faut pas oublier le saint-simonisme.
On ne se rend plus compte à quel point le XIXe siècle est saint-simonien, et pas seulement la pensée : des écrivains comme Hugo ou Musset sont influencés par les saint-simoniens. Qu’est-ce que le saint-simonisme ? On trouve sous cette bannière une multitude de personnalités très différentes, avec des points de vue très divers. Ce qui a unifié la pensée saint-simonienne, ce sont les cours publics, les conférences, qui ont été donnés par ses disciples et publiés sous le titre Doctrine de Saint-Simon en 1830. L’interprétation qui y était donnée de la pensée de Saint-Simon n’avait que peu à voir avec l’œuvre véritable. Or, tout le XIXe siècle e st passé par ce filtre déformant…
Si l’on en revient au vrai Saint-Simon, comment présenter sa pensée ? Ce n’est ni l’Etat ni le marché ; c’est un pouvoir qui n’est pas vertical, plutôt horizontal,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Le père de l’industrialisme exaltait les producteurs et se méfiait du « monde d’avant ». Les échos entre sa pensée et celle du président sont nombreux : analyse du politiste Bruno Cautrès.
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Ce que Macron doit à Saint-Simon

Le père de l’industrialisme exaltait les producteurs et se méfiait du « monde d’avant ». Les échos entre sa pensée et celle du président sont nombreux : analyse du politiste Bruno Cautrès.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 17h19
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 19h48
   





                        



                                


                            

Par Bruno Cautrès
Analyser la généalogie politique et même philosophique d’Emmanuel Macron et du macronisme n’est pas une chose facile. En dehors même de la complexité de toute trajectoire politique, faite de choix et d’affirmations mais aussi de hasard et de circonstances, plusieurs risques existent : l’anachronisme en premier lieu, plaquer artificiellement sur une trajectoire politique du XXIe siècle une grille de lecture issue d’une autre expérience historique, ou encore forcer le trait en obligeant Emmanuel Macron, son parcours ou sa vision politique, à ne rentrer que dans une seule case.
Or, Emmanuel Macron n’est certainement pas facile à cataloguer. Une pluralité d’influences s’exprime dans ses discours et ses actions, pluralité qui reflète un parcours composite bien que fortement inscrit dans le modèle méritocratique de production des élites françaises. Une trame commune se repère néanmoins : la mobilité et la fluidité (qu’elle soit sociale, économique ou géographique) constituent le cœur de sa conception de la société. Plusieurs auteurs ont déjà souligné ce que cette conception doit à un « libéralisme égalitaire », où l’égalité des chances veut renforcer les capacités de chacun à accomplir son destin.
Si le discours sur l’égalité des chances et la société des statuts acquis plutôt qu’hérités évoque fortement Alexis de Tocqueville et l’égalisation des conditions, cet emprunt se mêle aux théories de la justice sociale du philosophe américain John Rawls (1921-2002) et à celle des « capabilités » de l’économiste indien Amartya Sen. Mais même là, tout est complexe : ainsi, si l’on peut lire dans Emmanuel Macron en relisant Tocqueville, la centralité de la société civile chez Tocqueville entrave ce rapprochement, car le philosophe en fait un point cardinal de la démocratie, ­tandis qu’Emmanuel Macron n’a pas, pour le moment, pleinement assumé ce choix.
Personnalité complexe et hybride
Au jeu de cache-cache...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Brève biographie de ce penseur du début du XIXe siècle, convaincu que la société de son temps se restructurait autour de l’industrie.
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L’œuvre du comte de Saint-Simon, colossale et foisonnante

Brève biographie de ce penseur du début du XIXe siècle, convaincu que la société de son temps se restructurait autour de l’industrie.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 17h18
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 17h22
    |

                            Julie Clarini








                        


Il avait bien un lien de parenté avec le fameux duc, mémorialiste de Louis XIV, mais le comte de Saint-Simon était fait d’un tout autre bois. Né en 1760, Claude-Henri de Rouvroy n’était pas particulièrement attaché à sa particule : « Je renonce à jamais à ce titre de comte que je regarde comme très inférieur à celui de citoyen », aurait-il déclaré en 1790.
Il faut se garder de n’y voir qu’opportunisme. A 19 ans, le jeune homme était parti combattre en Amérique aux côtés de La Fayette. Revenu en Europe, il s’était intéressé aux canaux et à la politique des grands travaux, en Hollande et en Espagne. Esprit encyclopédique, avide d’apprendre, il fréquente alors les milieux scientifiques ­ (notamment le mathématicien Gaspard Monge) et profite des bouleversements politiques de la période révolutionnaire pour faire fortune en spéculant.
Ciment spirituel
Ce n’est qu’en 1798 qu’il décide de se consacrer entièrement aux études et à la pensée. Après une visite à Madame de Staël, en 1802, il s’installe dans la capitale suisse où il rédige l’un de ses textes les plus fameux : Lettres d’un habitant de Genève à ses contemporains. Bientôt ruiné, il vit de petites missions (copiste, bibliothécaire…), puis d’expédients.

        Lire aussi :
         

                Ce que Macron doit à Saint-Simon



Pour l’écriture de son œuvre, colossale et foisonnante, il collabore avec Augustin Thierry, puis Auguste Comte. Il publie les cahiers de L’Industrie, ayant acquis la conviction que la société était en train de se restructurer autour de cette dernière. En 1819, le texte, connu plus tard sous le titre Parabole, lui vaut des poursuites judiciaires et un début de notoriété : il y défend que seules les abeilles (les producteurs) sont utiles à la société quand les frelons (les rentiers) sont des parasites.

        Lire l’entretien avec Pierre Musso :
         

          « Nous sommes en train de redécouvrir l’importance de la pensée industrialiste »



Le Nouveau Christianisme, son dernier ouvrage, voulait être le ciment spirituel de la société à venir. Le 19 mai 1825, avant de mourir, il déclare : « Toute ma vie se résume à une seule pensée : assurer à tous les hommes le plus libre développement de leurs facultés. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dans une tribune au « Monde », David Godest, président d’une entreprise spécialisée dans le marketing éthique, estime que les GAFA, confrontées aux critiques tous azimuts vont devoir repenser leur modèle.
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« Les GAFA seront bientôt à la croisée des chemins »

Dans une tribune au « Monde », David Godest, président d’une entreprise spécialisée dans le marketing éthique, estime que les GAFA, confrontées aux critiques tous azimuts vont devoir repenser leur modèle.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 14h00
    |

David Godest (Président et fondateur de Dolmen, entreprise spécialisée dans le marketing éthique et la numérisation des commerces de proximité en B...







                        



                                


                            
Tribune. Il était temps. Après des années d’utilisation insouciante des ­réseaux sociaux et autres services numériques « gracieusement » mis à la disposition des ­consommateurs par les « philanthropes » de la Silicon Valley, l’heure semble être à la prise de conscience.
Longtemps resté lettre morte, l’aphorisme « si c’est gratuit, c’est vous le produit » n’est plus une abstraction. Enquêtes d’opinion et prises de parole se succèdent pour dénoncer la collecte des données personnelles en ­ligne. Une étude internationale menée récemment en Chine, en Inde, en France et aux Etats-Unis par l’agence BETC révélait l’inquiétude des internautes à propos de l’usage de leurs données personnelles par les entreprises.

Du côté des intellectuels, la dénonciation est également de mise malgré des divergences sur la façon de mettre un terme à cette captation. Si pour certains, comme le philosophe d’inspiration libérale Gaspard Koenig, la monétisation des données par ­chaque consommateur tient lieu de martingale, d’autres plaident pour l’intégration du respect des informations personnelles dans les stratégies des entreprises.
No man’s land
Enfin quelques voix se sont également élevées pour défendre l’idée ­selon laquelle le droit à la propriété privée – plus que le droit de propriété – est le meilleur outil pour protéger ses données personnelles.
Pendant longtemps, les géants ­d’Internet ont usé et abusé des spécificités de leur environnement numérique : celles d’un no man’s land. « Les données en ligne ne sont la propriété de personne ? Eh bien approprions-les nous », ainsi pourrait-on résumer leur philosophie. Mais, malheureusement pour eux et heureusement pour les internautes, il semblerait que les têtes de gondole de la Valley aient mangé leur pain blanc.

La prise de conscience populaire grandissante, associée aux dispositions législatives communautaires et nationales, est sur le point d’accoucher...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans sa chronique, la journaliste Audrey Tonnelier regrette que le chef de l’Etat se montre frileux par rapport à sa promesse de campagne de réduire les dépenses publiques et à son corrollaire : l’allocation des deniers publics.
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« La crédibilité du gouvernement se jouera sur le budget 2019 »

Dans sa chronique, la journaliste Audrey Tonnelier regrette que le chef de l’Etat se montre frileux par rapport à sa promesse de campagne de réduire les dépenses publiques et à son corrollaire : l’allocation des deniers publics.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 14h00
    |

            Audrey Tonnelier








                        



                                


                            
Tendance France. Réformes du marché du travail, du logement, de la Constitution, de l’apprentissage, de l’Etat, de la formation professionnelle ou encore du droit d’asile et de la SNCF : le rythme auquel l’exécutif mène la « modernisation » du pays – terme consacré à l’Elysée – commence à donner le tournis. Passé l’enthousiasme de la nouveauté, l’opinion se montre plus dubitative sur cette frénésie de changements, et le fait sentir. La popularité d’Emmanuel Macron a chuté de quatre points en un mois, révélait, mercredi 28 février, un sondage réalisé par BVA et Orange pour RTL et La Tribune. Les syndicats, eux, espèrent retirer les fruits de cette grogne, et retrouver un peu du poids qui leur a manqué durant l’été et l’automne 2017.
du point de vue des investisseurs et des chefs d’entreprise, le compte n’y est pas
Et pourtant. En dépit de l’image de volontarisme, voire d’autoritarisme qui colle à la peau d’Emmanuel Macron, il est un sujet sur lequel le chef de l’Etat s’est montré particulièrement frileux par rapport à ses promesses de campagne : la réduction des dépenses publiques. La baisse brutale de 5 euros de l’aide personnalisée au logement (APL) annoncée en juillet 2017, les coupes dans les emplois aidés ou encore la grogne – justifiée – de ce début d’année dans les Ehpad, les prisons ou les hôpitaux, ont contribué à brouiller le message. Mais, du point de vue des investisseurs et des chefs d’entreprise, le compte n’y est pas.
Dans son analyse de la loi de programmation des finances publiques, début février, la Cour des comptes déplorait des efforts repoussés en fin de quinquennat. « Le déficit public affiché reste proche de trois points de produit intérieur brut jusqu’en 2019 et ne commence réellement à baisser qu’à partir de 2020 », soulignaient les magistrats financiers ; il est attendu à 2,9 % en 2019, avant de chuter à 1,5 % en 2020. La faute à des éléments imprévus (invalidation par le Conseil constitutionnel...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Dans sa chronique mensuelle, le chercheur au CNRS Thibault Gajdos estime que si le diagnostic posé par le député LRM Aurélien Taché dans son rapport sur la politique d’intégration est incontestable, il ne clôt pas le débat, il ne fait qu’en poser les bases.
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« Faire de l’accès à la nationalité un véritable outil d’intégration »

Dans sa chronique mensuelle, le chercheur au CNRS Thibault Gajdos estime que si le diagnostic posé par le député LRM Aurélien Taché dans son rapport sur la politique d’intégration est incontestable, il ne clôt pas le débat, il ne fait qu’en poser les bases.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 16h54
    |

                            Thibault Gajdos (Chercheur au CNRS)








                        



                                


                            
Politiques publiques. Bien sûr, la publication du rapport que vient de remettre le député Aurélien Taché au premier ministre sur la politique d’intégration (« Pour une politique ambitieuse d’intégration des étrangers en France ») relève de l’habileté politique : ce rapport, qui n’engage à rien, peut être brandi comme une contrepartie à un projet de loi sur l’asile et l’immigration, d’ores et déjà présenté en conseil des ministres. Mais cela a néanmoins deux mérites : d’une part de démontrer que ce texte aurait, en effet, grandement besoin d’être amendé ; et d’autre part d’ouvrir, enfin, un débat sérieux sur les politiques publiques d’intégration.
Il n’y a, de fait, pas grand-chose à redire au travail du député du Val-d’Oise. Il pose un diagnostic incontestable : la politique d’intégration en France est inexistante, faute d’orientation et de moyens. Il définit un objectif clair : l’intégration, la plus rapide et la plus efficace possible, des immigrés au marché du travail et à la société.
Acquisition difficile
Il propose, enfin, des pistes dont l’efficacité a été démontrée : raccourcir le délai d’accès au marché du travail ; faciliter l’accès le plus rapide possible au logement et aux soins (en prenant notamment en charge les stress post-traumatiques) ; mettre en place une véritable formation et orientation professionnelle des migrants ; faciliter les procédures d’obtention et allonger la durée des titres de séjour. Naturellement, ce rapport ne saurait clore le débat : il ne fait qu’en poser les bases. Il s’agit, maintenant, d’y contribuer.

La question de l’accès à la nationalité constitue l’un des points sur lesquels le rapport Taché mériterait d’être enrichi. Le député note que l’acquisition de la nationalité française est difficile : ceux qui l’obtiennent doivent en moyenne attendre une douzaine d’années, ce qui paraît excessif. Le nombre de naturalisations par décret s’est par ailleurs spectaculairement effondré de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Editorial. Jean-Luc Mélenchon, Laurent Wauquiez et Marine Le Pen ont livré ces derniers jours des attaques d’une rare virulence contre la presse et les journalistes.
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Mélenchon, Le Pen et Wauquiez déclarent la guerre aux médias

Editorial. Jean-Luc Mélenchon, Laurent Wauquiez et Marine Le Pen ont livré ces derniers jours des attaques d’une rare virulence contre la presse et les journalistes.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 12h36
   





                        


Editorial du « Monde ». Laurent Wauquiez, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ont dénoncé en chœur, ces derniers jours, les attaques dont ils se disent les victimes. Ainsi, l’on a entendu le leader de La France insoumise témoigner sa sollicitude au président des Républicains, avant que la présidente du Front national ne tende une main solidaire aux deux premiers. Et quel est l’adversaire contre lequel ils forment cet insolite front commun ? Les médias, qu’ils accablent des critiques les plus cinglantes.
Epinglé après les propos intempestifs qu’il avait tenus devant des étudiants à Lyon, M. Wauquiez a dénoncé le « déchaînement médiatique surréaliste », le violent « défouloir » et le « travail de démolition » dont il s’estime « la cible ». Ulcéré que les journalistes aient jugé de leur devoir d’informer que la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques avait certes validé le compte de sa campagne présidentielle, mais également souligné de nombreuses irrégularités et 430 000 euros de dépenses insuffisamment justifiées, M. Mélenchon a été beaucoup plus loin.
« Meute médiatique »
Sur son blog, le 26 février, le député de Marseille s’est en effet livré à une charge d’une violence ahurissante : les informations en question ne sont, à ses yeux, que « basse besogne », « coup monté », « bourrage de crâne » et « manipulation » de la « CIA médiatique »… Suit un réquisitoire digne de Saint-Just. « La presse est la première ennemie de la liberté d’expression », elle est « le dernier pouvoir absolu », qui plus est « d’essence complotiste », écrit-il, avant de conclure : « La haine des médias et de ceux qui les animent est juste et saine. » Bref, le journaliste, voilà l’ennemi !, a-t-il théorisé devant les députés de La France insoumise, comme nous le rapportons aujourd’hui dans ces colonnes. Quant à Mme Le Pen, elle a fait depuis longtemps de la dénonciation de « l’acharnement » de la « meute médiatique » l’un de ses thèmes favoris.

        Lire aussi :
         

                Mélenchon théorise la « guerre permanente » contre « le parti médiatique »



Nous en sommes là. Les responsables de trois des quatre principaux partis politiques nationaux – ensemble, ils ont réuni quelque 60 % des voix à l’élection présidentielle – ne trouvent rien de plus urgent et de salutaire que de déclarer la guerre aux médias. Et il convient d’ajouter, même si c’est dans un registre différent, que le président de la République n’hésite pas à jouer sur une corde similaire. Il y a peu, en aparté lors d’une réunion avec des parlementaires de la majorité, ne fustigeait-il pas cette « honte de la République » que constitue apparemment, à ses yeux, le fonctionnement ou la production de l’audiovisuel public ?

        L’éclairage :
         

          De Wauquiez à Le Pen, la « trumpisation » du discours politique gagne du terrain



Affligeant constat. Non que les médias soient au-dessus de tout reproche. Qui peut y prétendre ? Mais cela ne saurait justifier de passer par pertes et profits la mission permanente à laquelle ils s’emploient : informer scrupuleusement, enquêter solidement, raconter honnêtement, décrypter aussi intelligemment que possible la réalité, au service de leurs lecteurs ou auditeurs. Bref, transmettre la culture, nourrir la lucidité des citoyens.
Inquiétant constat. Car il suffit de rappeler combien la presse reste muselée, censurée, voire embastillée, dans tous les pays autoritaires ou illibéraux du monde pour savoir que l’information est un ressort essentiel de la démocratie. Un contre-pouvoir indispensable à sa vitalité. Que nos éminences politiques ne le supportent pas, au point de jeter les journalistes en pâture, est le symptôme d’une démocratie défaillante.



                            


                        

                        

