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<article-nb="2018/03/02/19-1">
<filnamedate="20180302"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180302"><AAMMJJHH="2018030219">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Un mois après la fin du conflit des surveillants pénitentiaires de janvier, le plus dur que la France ait connu depuis 1992, « Le Monde » a pu entrer dans la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis pour comprendre leur quotidien. Dans la plus grande prison d’Europe, 65 % ont moins d’un an d’expérience depuis leur sortie de l’Ecole nationale d’administration pénitentiaire.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ 
<article-nb="2018/03/02/19-2">
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Les victimes font partie d’un groupe de randonneurs partis pour une excursion à skis.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Plusieurs morts dans une avalanche à Entraunes, dans les Alpes-Maritimes, une enquête ouverte

Le parquet de Nice a ouvert une enquête pour homicides involontaires, après la mort de quatre skieurs emmenés par un guide, sain et sauf.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 15h41
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 18h52
   





                        


Au moins quatre personnes ont été tuées, une personne a été blessée et une autre est portée disparue, vendredi 2 mars, dans une avalanche à Entraunes, dans le nord-ouest des Alpes-Maritimes, a annoncé la préfecture des Alpes-Maritimes.
L’accident s’est produit sur le territoire de la commune d’Entraunes, à 130 km au nord de Nice et aux portes du parc national du Mercantour. Les skieurs évoluaient loin de tout domaine skiable, en pleine nature, près du col de la Cayolle, à 2 326 mètres d’altitude.
Accompagnés d’un guide qui est sain et sauf, les cinq skieurs étaient partis vers 10 heures pour le col de la Cayolle, et ont été emportés par une coulée de neige.
Une enquête ouverte
Une enquête a été ouverte vendredi soir pour homicides involontaires et blessures involontaires, a annoncé le procureur de la République de Nice, Jean-Michel Prêtre, qui devait se rendre sur place. Le guide « sera placé en garde à vue », a-t-il ajouté.
Le risque d’avalanche dans le massif était de quatre sur une échelle de cinq, soit un risque fort, selon Météo France, qui met en garde contre les départs spontanés et les déclenchements provoqués par le passage des skieurs.
L’alerte avalanche a été déclenchée vendredi à 12 h 45, dans la haute vallée du Var, sur les hauteurs des Alpes-Maritimes, rapporte Nice Matin. Les opérations de secours ont aussitôt été déclenchées, sous la direction de la sous-préfète de Nice-Montagne, Gwenaëlle Chapuis, associant les CRS de montagne de Saint-Laurent-du-Var, des gendarmes du peloton de gendarmerie de haute montagne de Saint-Sauveur-sur-Tinée et des sapeurs-pompiers.
En milieu d’après-midi vendredi, les opérations de secours se terminaient, selon la préfecture.
Le premier ministre Edouard Philippe, présent à Nice, avait déclaré « apporter tout [son] soutien à l’ensemble de ceux qui en ce moment se démènent pour retrouver et porter assistance à ceux qui ont été victimes de l’avalanche. » 
Il s’agit de l’avalanche la plus meurtrière de l’hiver en France, après celle dans les Hautes-Pyrénées le 15 février, qui avait tué trois skieurs. Depuis le début de la saison en novembre, 20 personnes sont mortes dans des avalanches et 12 ont été blessées, en prenant en compte les victimes d’Entraunes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ 750 000 futurs étudiants ont déjà créé leur dossier sur Parcoursup, soit « 100 000 de plus que l’an dernier à la même époque »
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Parcoursup : 19 000 places supplémentaires déjà financées, d’après le ministère

750 000 futurs étudiants ont déjà créé leur dossier sur Parcoursup, soit « 100 000 de plus que l’an dernier à la même époque »



Le Monde
 |    02.03.2018 à 15h29
   





                        



   


A l’approche de la clôture des vœux le 13 mars, la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, confirme vendredi le financement de 19 000 places supplémentaires pour la rentrée 2018, dans un entretien au journal Les Echos. En janvier, à l’ouverture de la plateforme d’orientation Parcoursup, Frédérique Vidal avait promis 22 000 places.
Sur ces 19 000 places, 2 000 concernent les BTS et environ 17 000 sont en licence. « Il s’agit pour moitié des Staps (Sciences et techniques des activités physiques et sportives), la filière universitaire la plus surchargée (où 3 000 créations de places sont financées), du droit (2 000), de l’écogestion (2 000) et Paces (Première année commune aux études de santé, 1 700) », détaille la ministre, qui n’évoque pas la situation des Instituts universitaires de technologie (IUT). Concernant la répartition géographique, l’Ile-de-France récupère environ 3 400 places supplémentaires, contre 1 800 pour la région Occitanie, par exemple.

        Lire aussi :
         

                Le gouvernement promet de créer 22 000 places dans l’enseignement supérieur à la rentrée



Frédérique Vidal se dit aujourd’hui prête à aller plus loin. « S’il est nécessaire d’aller au-delà de 22 000, nous le ferons », indique-t-elle. 28 000 bacheliers supplémentaires devraient rejoindre l’enseignement supérieur à la rentrée prochaine.
Le ministère indique que 750 000 futurs étudiants ont déjà créé leur dossier sur Parcoursup, ce qui représente « 100 000 de plus que l’an dernier à la même époque ». 
Projet de l’étudiant « prioritaire »
Les capacités d’accueil ne seront pas définies en fonction des débouchés, mais bien du projet professionnel de l’étudiant. Le sujet sera notamment à l’ordre du jour devant les élus de la communauté universitaire. Le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (Cneser) se réunira le 5 mars pour préciser cela.
Evoqués lors de l’examen de la loi, trois éléments devraient être pris en compte pour définir les capacités d’accueil de chaque filière : le projet des étudiants, les projets de l’établissement et les perspectives d’insertion professionnelle. Dans un projet de décret évoqué par le site EducPros, le projet de l’étudiant serait « prioritaire » dans la détermination du nombre de places.
Ce premier rendez-vous du Cneser sera également l’occasion d’évoquer plus généralement le fonctionnement de la plateforme, ainsi que son calendrier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Pour la Cour de cassation, les faits relevaient « non pas du proxénétisme aggravé, mais du recours à la prostitution », or l’« infraction n’était pas susceptible d’être poursuivie à la date des faits », la loi étant entrée en vigueur en 2016.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Epilogue de l’affaire du Carlton de Lille : la condamnation civile de Strauss-Kahn annulée en cassation

Pour la Cour de cassation, les faits relevaient « non pas du proxénétisme aggravé, mais du recours à la prostitution », or l’« infraction n’était pas susceptible d’être poursuivie à la date des faits », la loi étant entrée en vigueur en 2016.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 13h25
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 14h57
   





                        



   


La Cour de cassation a annulé, mercredi 28 février, la condamnation de Dominique Strauss-Kahn et de trois autres prévenus du procès de l’hôtel Carlton de Lille à verser solidairement 20 000 euros de dommages et intérêts à une association de lutte contre la prostitution, a-t-on appris, jeudi, de la haute juridiction.
La Cour d’appel de Douai avait condamné, le 16 juin 2016, l’ex-directeur général du Fonds monétaire international (FMI), l’avocat Emmanuel Riglaire, l’ex-directeur d’une filiale du groupe de BTP Eiffage David Roquet, et l’homme d’affaires Fabrice Paszkowski à indemniser le Mouvement du nid, les jugeant responsables du préjudice moral invoqué par l’association de lutte contre la prostitution.

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                Le procès de l'affaire du Carlton en 6 questions



En juin 2015, les quatre prévenus avaient tous été relaxés au pénal par le tribunal correctionnel de Lille des chefs de proxénétisme aggravé. Le tribunal avait également débouté le Mouvement du nid de la quasi-totalité de ses demandes de réparation. Seul l’ancien chargé des relations publiques du Carlton René Kojfer, condamné à un an de prison avec sursis pour proxénétisme, avait été condamné à payer 2 000 euros d’indemnisation à l’association.
Les quatre prévenus, qui s’étaient pourvus en cassation contre l’arrêt de Douai, ont donc obtenu gain de cause mercredi.
Loi entrée en vigueur en avril 2016
La plus haute juridiction de l’ordre judiciaire a estimé que la Cour d’appel avait méconnu le principe selon lequel le dommage dont une partie civile peut obtenir réparation doit résulter d’une faute démontrée et limitée à l’objet de la poursuite.
La Cour d’appel de Douai avait caractérisé sa décision en évoquant « des comportements relevant, non pas du proxénétisme aggravé, objet des poursuites pénales, mais du recours à la prostitution, une infraction qui n’était pas susceptible d’être poursuivie à la date des faits », a fait valoir la Cour de cassation.
Les poursuites contre les clients de prostituées sont entrées en vigueur en avril 2016. Or les juges rappellent que les quatre hommes « ont organisé d’un commun accord, avec des amis, des rencontres à caractère sexuel auxquelles participaient des prostituées dont ils étaient les clients » et ce, « sans en tirer un profit financier ».
Lors du procès pénal, le tribunal avait notamment estimé que Dominique Strauss-Kahn avait eu « un comportement de client non répréhensible par la loi pénale », n’ayant fait que « bénéficier des modalités d’une prestation sexuelle de groupe ».

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Entre 13 et 15 ans, Marlène Schiappa a tranché. En dessous de ce seuil, il sera considéré que l’enfant ou l’adolescent a été contraint au rapport sexuel.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Âge minimal du consentement sexuel : la nouvelle loi proposera quinze ans

Entre 13 et 15 ans, Marlène Schiappa a tranché. En dessous de ce seuil, il sera considéré que l’enfant ou l’adolescent a été contraint au rapport sexuel.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 13h24
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 14h30
   





                        


Marlène Schiappa a annoncé, jeudi 1er mars dans l’émission « Restons Poli(tique)s » de L’Obs, que le projet de loi en cours établissait le seuil minimum du consentement sexuel à 15 ans.
La secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes a expliqué qu’en dessous de cet âge, si l’enfant ou l’adolescent a eu un rapport sexuel avec une personne majeure, il sera considéré qu’il y a été contraint. Elle a déclaré vouloir « faire en sorte qu’il y ait des procès pour viol et non pas pour atteinte sexuelle ».
Différentes personnalités et instances avaient ces dernières semaines fait part de leur opinion ou de leur recommandation concernant un âge minimal du consentement. Certains, comme le procureur de la République de Paris, François Molins, se disaient en faveur d’un seuil à 13 ans, d’autres, comme le chef de l’Etat, préféraient le fixer à l’âge de 15 ans. Un groupe de travail du Sénat s’était, quant à lui, prononcé contre un âge minimal de consentement.

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                Consentement sexuel des mineurs : l’âge minimal pourrait s’établir à « 13 ou 15 ans »



Le texte de loi sera discuté une première fois en conseil des ministres le 7 mars et présenté officiellement « fin mars », a indiqué Marlène Schiappa.
Ces débats sont apparus à la suite d’une affaire dans laquelle un homme de 29 ans – 28 ans au moment des faits – avait été renvoyé devant un tribunal correctionnel pour « atteinte sexuelle » à la suite d’une relation sexuelle avec une fillette de 11 ans. Le parquet de Pontoise avait ouvert quelques jours plus tard une information judiciaire pour « viol ». 

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                Après une polémique, ouverture d’une enquête pour « viol » sur une jeune fille de 11 ans






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Comment l’engagement religieux des jeunes a-t-il évolué ces dernières années ? Racontez-nous votre rapport à la foi et le regard que vous portez sur la religion.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤     

APPEL À TÉMOIGNAGES
Vous avez moins de 25 ans et vous êtes croyant·e, racontez-nous ce que signifie pour vous la religion

Discussion lancée le 02 mars 2018
02 mars 2018

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L’engagement religieux a profondément changé de forme depuis un demi-siècle. Les jeunes personnes qui ont la foi sont-elles encore prêtes à défendre leurs convictions ? Ont-elles des difficultés à s’affirmer dans un monde où la religion est de plus en plus circonscrite à la sphère privée ? Sont-elles en proie au doute ? Comment se positionnent-elles par rapport à leur famille et à leurs proches ? Racontez-nous vos expériences et dites-nous quel regard vous portez sur la religion aujourd’hui.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Pour Jean-François Carenco, ex-préfet d’Ile-de-France et président de Coallia, qui héberge de nombreux migrants, les associations ne vont pas devenir des auxiliaires de police.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Migrants : « La circulaire Collomb a été diabolisée »

Pour Jean-François Carenco, ex-préfet d’Ile-de-France et président de Coallia, qui héberge de nombreux migrants, les associations ne vont pas devenir des auxiliaires de police.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 12h24
    |

            Maryline Baumard








                        



                                


                            

Jean-François Carenco, préfet d’Ile-de-France entre 2015 et 2017, est président de Coallia, un acteur majeur du secteur social avec des foyers pour travailleurs immigrés, et des résidences d’hébergement d’urgence. Il se pose en défenseur de la « circulaire Collomb », ce texte, qui prône le recensement du statut des personnes dans l’hébergement d’urgence. Une circulaire que le Conseil d’Etat a recadrée le 20 février mais dont la future loi sur l’immigration et l’asile discutée en avril facilite l’application.

Quel est votre positionnement sur la « circulaire Collomb », très contestée par les associations ?
En tant que président de Coallia qui accueille et héberge tous les jours des milliers de migrants et avec l’ensemble des 3 500 salariés de l’association, nous comprenons et éprouvons au quotidien que la fraternité républicaine ne pose pas de question, et continuera avec cette circulaire à ne pas en poser.
On entrera toujours dans l’hébergement d’urgence sans montrer ses papiers – des papiers que dans plus de 70 % des cas, en Ile-de-France, on n’a d’ailleurs pas – dans le cadre de l’hébergement spécifique de l’hiver. Mais si notre société veut rester humaine, il lui faut de la rigueur. C’est la raison pour laquelle l’Etat doit savoir qui est hébergé dans les établissements de premier accueil afin de pouvoir mieux orienter les personnes accueillies.

Il existe des structures d’accueil adaptées pour chaque public, et il est nécessaire de les y orienter. L’idée qu’on ne connaisse pas les gens qui entrent dans le système est absurde. Cela rend le travail d’accueil inefficace et coûteux. Dépenser autant d’argent pour avoir des migrants mal ou non pris en charge, est humainement inacceptable et c’est un non-sens administratif.
Cette circulaire a été diabolisée, mais elle a vocation à ce qu’enfin, on connaisse ces personnes. Cependant, il faut veiller à ne pas délégitimer le secteur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Associations et habitants se mobilisent face au maire de Ouistreham qui refuse d’ouvrir un centre d’accueil.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Dans le Calvados, la solidarité s’organise envers les migrants

Associations et habitants se mobilisent face au maire de Ouistreham qui refuse d’ouvrir un centre d’accueil.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 11h18
    |

                            Jean-Jacques Lerosier (Caen, correspondant)








                        



                                


                            

Dans une des salles paroissiales d’Ouistreham (Calvados), l’une des cinq plages du Débarquement en 1944, une vingtaine de bénévoles des Restos du cœur préparent de petits sacs blancs. Leur contenu ? Boîtes de sardines, de thon, fruits secs, gâteaux… distribués, à quelque 150 migrants, en ce mardi de fin février.
Par petits groupes, de Soudanais pour la plupart, ils arpentent désespérément les rues du port du Calvados en quête d’un seul rêve : gagner l’Angleterre en grimpant clandestinement à bord d’un camion. La ligne de ferry Ouistreham-Portsmouth est la seule porte de leur espoir. « En décembre, certains ont réussi à passer. Encore lundi, il y en a eu », assure Ahmad, dans un mauvais anglais, tout en récupérant un sac, un bol de lentilles-carottes et un café.
Sur les bords du canal de Caen à la mer, « tout se passe bien, ils sont respectueux », constate Denis Cambon, un des responsables des Restos du cœur dans le Calvados. Un peu à l’écart, des gendarmes surveillent. Au fil du temps, la distribution quotidienne des repas s’est organisée entre associations, collectifs et particuliers.
« CAMO-dodo, CAMO-coiffure, CAMO-santé »
Plus durs que les jours, sont les nuits. D’autant que le maire (Les Républicains) d’Ouistreham, Romain Bail, refuse catégoriquement d’ouvrir un centre d’accueil, craignant « un appel d’air ». La solidarité des Ouistrehamais s’est donc puissamment organisée. Une cinquantaine de familles accueillent des migrants pour dormir. Les femmes sont en première ligne.
« Chez ma mère, j’en place cinq ou six !, sourit François, un des fondateurs du Collectif d’aide aux migrants d’Ouistreham (CAMO). Créé en septembre 2017, lors de l’arrivée des premiers migrants, ce collectif compte désormais des centaines de bénévoles avec CAMO-dodo, CAMO-coiffure, CAMO-santé… Un élan exceptionnel. » 
Autre pilier de l’entraide ouistrehamaise, les petits déjeuners solidaires, en lien avec la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Les élèves qui choisissent de s’inscrire dans des établissements de tradition religieuse sont avant tout attirés par des valeurs éthiques.
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Pour les étudiants, le choix d’un cursus en école catholique n’est pas forcément confessionnel

Les élèves qui choisissent de s’inscrire dans des établissements de tradition religieuse sont avant tout attirés par des valeurs éthiques.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 10h26
    |

Madeleine Vatel







                        



   


Dans quelques jours, François ­Delaunoy ne fera plus la route pour l’usine Toyota de Valenciennes. Le dernier jour de son stage marquera aussi la fin de ses études à l’Institut catholique d’arts et métiers (ICAM), école rattachée à l’Université catholique de Lille, de tradition jésuite et qui fête ses 120 ans en 2018. François n’a pas choisi cette école d’ingénieur pour son caractère religieux, ni pour son classement, ni même pour son ­réseau d’anciens élèves. « C’est plutôt l’état d’esprit, l’encouragement à s’engager dans une association, à être responsable, solidaire, l’idée que cette formation soit bien plus qu’une école de technicien qui m’ont séduit », résume-t-il.

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Pour autant, comme tous ceux de sa promotion, l’étudiant a marqué un temps de pause au milieu de ce stage. Cette « retraite » de trois jours minimum est un ­passage obligé. Objectif : prendre du recul, relire son expérience. C’est ce qu’on appelle la « pédagogie de la décision », directement inspirée de saint Ignace de Loyola.
« Vrai et concret »
Tout au long de son cursus, la prise en compte de sa personnalité et les réflexions sur sa place dans la société ont fait avancer François Delaunoy : « J’ai beaucoup réfléchi à ce qui allait compter dans ma vie professionnelle, à ce plaisir de travailler pour et avec les hommes. D’où une question sur la place de l’argent : celui qu’on gagne et celui de notre entreprise. Au final, est-ce que j’ai envie de travailler pour des actionnaires ? »
« Si j’avais vraiment visé l’aspect religieux, j’aurais été à l’Institut catholique de Vendée. Ici, à Lille, j’ai aimé l’idée qu’il faut cultiver ses propres talents. » Martin, étudiant
Stanislas Martin, étudiant à l’Ecole supérieure d’agriculture (ESA) d’Angers, ne dit pas autre chose. Catholique pratiquant, il n’a pas choisi l’école sur ce critère. A l’arrivée, ce qui le touche, c’est d’être utile pour l’environnement : « La plupart des élèves sont des fils d’agriculteurs, ils ne sont pas là pour faire carrière, ou pour les salaires qu’ils auront à la sortie. Je me suis retrouvé dans ce côté vrai et concret ». Alors qu’il termine sa sixième année, spécialité biologie marine, l’étudiant cite la venue de l’écologiste Pierre Rabhi.
Derrière cette inscription dans un cursus catholique, ils sont peu nombreux à motiver leur choix par une raison confessionnelle. Martin Jacquet, ancien étudiant de l’école de commerce Estice, à Lille, école rattachée à « la catho », est aujourd’hui à l’Institut d’administration des entreprises de Tours. « Si j’avais vraiment visé l’aspect religieux, j’aurais été à l’Institut catholique de Vendée, dit-il. Ici, à Lille, j’ai aimé l’idée qu’il faut cultiver ses propres talents. » Sa vocation, en quelque sorte.
Modules
A l’heure où les étudiants parlent beaucoup d’un travail qui ait du sens, l’international, l’aide aux autres, l’éthique sont des arguments qui font mouche. Christine Phelippeau, au secrétariat général de la faculté de théologie de Lille, constate aussi que son public change. Les retraités ne constituent plus le seul bataillon de ces cours pourtant spécialisés.

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                L’humanitaire, nouvel atout des CV



« De plus en plus d’étudiants qui ont un parcours généraliste viennent suivre chez nous des modules. Des élèves en école de commerce ou d’ingénieurs prennent des cours sur la géopolitique des religions, l’islam, le judaïsme, l’étude des faits religieux… », explique-t-elle. Une approche qu’elle décrit avant tout comme « une ouverture humaniste ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Le Conseil constitutionnel censure le code de procédure pénale, selon lequel seule la décision de culpabilité méritait explication.
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Les cours d’assises devront motiver les peines qu’elles infligent

Le Conseil constitutionnel censure le code de procédure pénale, selon lequel seule la décision de culpabilité méritait explication.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 10h23
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 15h06
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



   


Emblème de la justice pénale, la cour d’assises et son jury populaire devront désormais motiver la peine qu’ils infligent à un condamné. C’est une petite révolution qu’impose le Conseil constitutionnel dans sa décision de vendredi 2 mars.
Sous l’influence de la Cour européenne des droits de l’homme, et notamment d’une condamnation de la France en 2009, les cours d’assises ont été amenées à expliquer aux accusés les raisons pour lesquelles leur culpabilité était retenue. La réforme de 2011 a ainsi mis fin au principe selon lequel le jury populaire, émanation du peuple français, au nom duquel la justice est rendue, n’avait pas à justifier ses décisions. Le piédestal sur lequel trônait la souveraineté absolue du jury avait déjà été brisé par la loi de 2000 sur la présomption d’innocence en instaurant des cours d’assises d’appel permettant de contester un verdict.
Depuis 2012, des feuilles de motivations sont rédigées au sujet des réponses apportées par le jury aux questions sur la culpabilité de l’accusé. Mais rien pour justifier la peine. La Cour de cassation a même affirmé, par trois arrêts de février 2017, que la possibilité pour les cours d’assises de motiver le quantum d’une peine était exclue.
Revirement des exégètes de la Constitution
Le Conseil constitutionnel a choisi cette fois de pousser le raisonnement jusqu’au bout. Une question prioritaire de constitutionnalité, soulevée par trois condamnés, est à l’origine de ce revirement des exégètes de la Constitution. Ils n’avaient rien trouvé à redire lors d’un premier examen, en 2011, de l’article 365-1 du code de procédure pénale.
« M. Ousmane K., acquitté en première instance pour un homicide qui lui était reproché, a été condamné par la cour d’assises d’appel à quinze ans, sans que la peine lui soit expliquée », a plaidé Hélène Farge, lors de l’audience du 13 février devant l’institution présidée par Laurent Fabius.
Autre cas soulevé par l’avocate au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, celui de Kodjo B., condamné à vingt ans de réclusion criminelle. « Il n’a pas eu d’explication sur le quantum de la peine. En appel, elle a été aggravée à vingt-deux ans, sans que le moindre élément lui ait été donné pour en comprendre la raison. »
Selon l’avocate, cette situation est contraire au principe constitutionnel d’égalité puisque, pour une même peine d’emprisonnement, une personne condamnée par un tribunal correctionnel (qui juge les délits) aura un jugement dans lequel la sanction pénale est motivée. Selon elle, l’absence de motivation de la peine aux assises (qui jugent les crimes) constitue également une entrave aux droits de la défense.
Eric Dupond-Moretti, intervenant également dans cette procédure, a pris le cas d’un homme acquitté par la cour d’assises de La Réunion, à Saint-Denis, condamné en appel à trente ans, puis jugé une troisième fois à la demande de la Cour européenne des droits de l’homme et condamné à douze ans de prison. Ce qui fait dire à l’avocat pénaliste : « Zéro, trente, douze, etc., numéro complémentaire : le quatre ! Voilà l’état de notre législation, c’est insupportable. »
Avocat par ailleurs de Jérôme Cahuzac lors de son procès en appel, Me Dupond-Moretti a fait, devant le Conseil constitutionnel, la démonstration de l’intérêt de la motivation de la peine pratiquée par les juridictions correctionnelles : « Quand je suis condamné à trois ans de prison pour fraude fiscale, je connais les motivations du tribunal qui a fixé la peine, et je peux donc faire appel pour les contester. Le débat devant la cour d’appel peut ainsi se concentrer sur le quantum de la peine. » Ce qui s’est effectivement passé pour M. Cahuzac, qui sera fixé sur sa peine le 15 mai.
« Pour la culpabilité comme pour la peine »
Pour le Conseil constitutionnel, « le principe de l’individualisation des peines qui découle de l’article 8 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen implique qu’une sanction pénale ne puisse être appliquée que si le juge l’a expressément prononcée en tenant compte des circonstances propres à chaque espèce ». Ainsi, peut-on lire dans la décision des conseillers, les jugements et les arrêts de condamnation doivent-ils être motivés « pour la culpabilité comme pour la peine ».
L’institution de la rue de Montpensier censure ainsi l’article 365-1, contesté. Mais elle reporte l’effet au 1er mars 2019 pour donner le temps au législateur de réécrire la loi. Une abrogation pure et simple de cet article reviendrait à permettre de ne même plus motiver la culpabilité. Mais, sans attendre, chaque cour d’assises devra interpréter la législation actuelle comme lui imposant « d’énoncer dans la feuille de motivation les principaux éléments l’ayant convaincue dans le choix de la peine ». Une solution qui, par ailleurs, ouvre la voie au projet de réforme destiné à permettre de faire appel uniquement sur le quantum de la peine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Accusés de fraude fiscale, les héritiers des marchands d’art avaient été relaxés en janvier 2017.
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Arts : les Wildenstein de retour devant la justice

Accusés de fraude fiscale, les héritiers des marchands d’art avaient été relaxés en janvier 2017.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 08h44
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 09h07
    |

            Harry Bellet








                        



   


Les Wildenstein, héritiers d’une célèbre dynastie de marchands d’art, devaient revenir, le 2 mars, à la barre du tribunal, dans un procès qui devrait durer jusqu’au 23 mars. Ils étaient accusés en première instance par la procureure Monica d’Onofrio d’être les bénéficiaires de la « fraude fiscale la plus sophistiquée et la plus longue de la Ve République », laquelle attestait, selon elle, de la « mise en place de procédés, des montages conçus par des professionnels avertis, à destination d’une famille qui a vécu dans l’opulence en payant peu d’impôts, que les citoyens du monde ne supportent plus ».

        Lire le récit sur le procès Guy Wildenstein :
         

          Le crépuscule d’une dynastie ?



Le Parquet national financier, institution créée en 2013 après le scandale Cahuzac, a fait appel d’un premier jugement, rendu le 2 janvier 2017 par la 32e chambre du tribunal correctionnel de Paris, qui relaxait les prévenus. Un « cas d’école », selon les avocats Emmanuel Daoud et Victoire de Tonquédec, qui, dans un article très argumenté (« L’affaire Wildenstein, un cas d’école du traitement de la fraude fiscale par le juge pénal », Actualité Juridique pénale, Dalloz, avril 2017), considèrent qu’« en appliquant strictement la loi pénale et le code de procédure pénale, le tribunal correctionnel n’avait pas d’autre choix que de prononcer la relaxe ».

        Lire le compte-rendu sur l’affaire Wildenstein :
         

          Relaxe générale pour la famille de marchands d’art et ses conseillers



En rendant sa décision, le tribunal avait admis qu’elle serait « incomprise du peuple français au nom de qui la justice est rendue », alors que l’accusation avait requis de lourdes peines contre trois héritiers, leurs conseils et deux sociétés anglo-saxonnes de gestion d’actifs. « Un incroyable (au sens de peu commun) effort de pédagogie pour expliquer et justifier la décision de relaxe », disent M. Daoud et Mme de Tonquédec. En effet, l’exposé des motifs de « cette décision susceptible de heurter le sens commun », ainsi que l’avait qualifiée son auteur, le président du tribunal, Olivier Géron, avait duré une bonne heure.

        Lire le décryptage sur le procès Wildenstein :
         

          « La fraude fiscale la plus sophistiquée de la Ve République »



La chose était d’autant plus ­surprenante que le même président déclarait avoir la conviction que les Wildenstein, accusés de « fraude fiscale et blanchiment en bande organisée », avaient « clairement dissimulé le patrimoine, sur plusieurs générations, avec une claire intention d’évasion patrimoniale ». Cela dans des trusts, situés dans des paradis fiscaux. Une loi de finances votée en 2011 dit que de tels avoirs doivent être déclarés, notamment en cas de succession. Et c’est pour ne l’avoir pas fait lors de celle de son père Daniel, mort en 2001, et de son frère Alec, décédé en 2008, que Guy Wildenstein et ses coprévenus (son neveu, sa belle-sœur, deux avocats et un notaire – et ses deux sociétés financières abritant des trusts) sont poursuivis.

        Lire le compte-rendu :
         

          Le parquet réclame de la prison ferme contre Guy Wildenstein ; son avocat plaide la relaxe



Des trusts fictifs
Les biens considérés sont variés, mais assez difficiles à estimer, d’autant qu’ils sont la propriété d’une cascade de sociétés – la procureure en a dénombré trente-trois – créées par les trusts, dans le but, selon elle, de dissimulation fiscale : un avion privé, revendu depuis, des immeubles à New York, évalués à 125 millions de ­dollars (113 millions d’euros), un ranch au Kenya, évalué par son ­neveu Alec « junior » (le fils d’Alec « senior ») à 10 millions de dollars, une île dans les Caraïbes, dont personne ne connaît la valeur exacte, et surtout des tableaux. Par exemple, 2 483 œuvres déposées dans le Delta Trust, dont 1 749 n’ont, semble-t-il, jamais été estimées…

        Lire le compte-rendu du procès Wildenstein :
         

          Le notaire « n’a pas eu d’intention délictuelle » selon son avocat



Mais la loi de 2011 ne s’applique pas en l’espèce, les faits étant antérieurs. Les trusts étaient fictifs, proclamait l’accusation. Il y a de fortes présomptions que ce soit le cas, répondait le juge, mais pas de preuves, regrettant que les juges d’instruction n’aient pas pu investiguer comme ils l’auraient dû auprès des trusts, lesquels sont situés dans les îles Anglo-Normandes ou les Caraïbes, fort peu ­connus pour leur diligence en matière d’aide judiciaire internationale. Or, avait rappelé Me Hervé Temime, l’avocat de Guy Wildenstein, la règle d’un procès pénal, c’est que « la charge de la preuve est imputable au parquet, et la certitude doit être absolue. »

        Lire l’éclairage :
         

          Le marchand d'art Guy Wildenstein renvoyé en correctionnelle pour fraude fiscale






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Dans un communiqué, l’avocat de Laeticia Hallyday a menacé jeudi de poursuivre en diffamation ceux qui diront « que son défunt client ait pu être une personne manipulée ».
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Héritage de Johnny Hallyday : Laeticia réfute toute manipulation

Dans un communiqué, l’avocat de Laeticia Hallyday a menacé jeudi de poursuivre en diffamation ceux qui diront « que son défunt client ait pu être une personne manipulée ».



Le Monde
 |    02.03.2018 à 08h22
   





                        



   


Laeticia Hallyday, la veuve de Johnny, a riposté jeudi 1er mars dans la bataille l’opposant à Laura Smet et David Hallyday, les deux aînés du chanteur, réfutant les insinuations de manipulation qui auraient conduit la star française à lui léguer l’ensemble de son patrimoine.
Dans un communiqué transmis jeudi soir à l’AFP, son avocat, Me Ardavan Amir-Aslani menace de poursuivre en diffamation ceux qui diront « que son défunt client ait pu être une personne manipulée », ciblant notamment ceux « qui n’étaient plus en relation » avec lui « depuis des années ». Et d’affirmer noir sur blanc : Johnny Hallyday a « pris toutes les décisions concernant sa succession avec toutes ses facultés mentales et son libre arbitre ».
Première audience le 15 mars
C’est la deuxième fois que la veuve, installée aux Etats-Unis, s’exprime, par la voix de son avocat, depuis que le conflit a éclaté au grand jour après la révélation du testament du chanteur, mort le 6 décembre 2017.
Près de trois mois après la mort de Johnny, Laura Smet et David Hallyday ont lancé des procédures pour faire annuler le testament de leur père, rédigé aux Etats-Unis au seul bénéfice de sa veuve. Quelques heures après, Laeticia Hallyday avait alors fait part de son « écœurement », avant de se faire discrète sur les réseaux sociaux, dont elle était friande par le passé. Les deux aînés ont également intenté une action en référé pour obtenir un droit de regard sur l’album posthume de Johnny, ainsi que le gel de son patrimoine dans l’attente du règlement du litige concernant l’héritage.
Une première audience a été fixée au 15 mars devant le tribunal de Nanterre.

        Lire la chronique :
         

          Johnny Hallyday, son héritage et le mythe de la « veuve abusive »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Oussama Atar, un des « cerveaux » du 13 novembre 2015, est certainement décédé. Mais en 2017, au moins quatre Français ont convaincu les services de renseignement de leur mort, avant de réapparaître.
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Soupçons autour de la mort annoncée de plusieurs figures djihadistes

Oussama Atar, un des « cerveaux » du 13 novembre 2015, est certainement décédé. Mais en 2017, au moins quatre Français ont convaincu les services de renseignement de leur mort, avant de réapparaître.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 16h17
    |

            Elise Vincent








                        



                                


                            
Alors qu’environ 280 Français sont présumés morts dans la zone irako-syrienne depuis le début du conflit, des informations plus précises sur le décès de plusieurs figures djihadistes francophones sont remontées à la communauté du renseignement ces dernières semaines. Deux noms bien connus parmi eux : celui d’Oussama Atar, un Belgo-Marocain de 33 ans, soupçonné d’être un des « cerveaux » des attentats du 13 novembre 2015, et celui de Sabri Essid, mentor de Mohamed Merah. Une grande prudence demeure toutefois de mise sur ces décès.
De façon générale, les services de sécurité et l’exécutif français n’ont par pour habitude de confirmer officiellement la mort de combattants ennemis en zone de guerre. Le décès d’Oussama Atar, révélé par BFM-TV et RMC le 22 février, est ainsi très probable, selon plusieurs sources jointes par Le Monde. Mais celui de Sabri Essid, dont les circonstances atypiques ont été dévoilées par Libération et RTL, jeudi 1er mars, interroge, prévient un proche du dossier. De manière générale, chez beaucoup de djihadistes, « il y a clairement une stratégie pour se faire passer pour mort », souligne cette source.
Sabri Essid aurait ainsi la particularité de ne pas avoir été tué lors d’un raid aérien, comme ont pu l’être beaucoup d’autres djihadistes : il aurait sauté sur une mine, a annoncé un média « pro-organisation Etat islamique » (EI) qui a révélé sa mort, il y a quelques jours. Selon une autre version, Sabri Essid aurait en réalité été « exécuté » en raison de rivalités internes. A en croire ce dernier récit bâti à partir de plusieurs témoignages recueillis par les services de renseignement français, Sabri Essid aurait été tué par une branche « dure » de l’EI à l’automne 2017, et ce, de façon cruelle, puisque, selon nos informations, il aurait été brûlé vif…
Témoignages sujets à caution
A l’inverse du cas d’Oussama Atar, dont on a, semble-t-il, solidement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Après le mouvement social du mois de janvier dans les prisons, « Le Monde » a pu passer quatre jours dans la maison d’arrêt. Notre reporter a partagé le quotidien des surveillants, de jour comme de nuit.
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Quatre jours avec les surveillants de la prison de Fleury-Mérogis

Après le mouvement social du mois de janvier dans les prisons, « Le Monde » a pu passer quatre jours dans la maison d’arrêt. Notre reporter a partagé le quotidien des surveillants, de jour comme de nuit.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 17h57
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            

L’équipe de nuit vient de prendre son service. Il est 19 heures à Fleury-Mérogis (Essonne), la plus grande prison d’Europe (4 320 détenus). Les lourdes grilles censées fermer l’accès à chaque coursive – trois immenses couloirs de 80 mètres – sur les quatre étages du bâtiment D2, sont grandes ouvertes, celles qui permettent de descendre par les escaliers aussi. « Le système qui commande, à partir du rez-de-chaussée, l’ouverture des grilles au passage du rondier [le surveillant chargé de la ronde] est en panne. C’est peut-être pas très réglementaire pour la sécurité, mais c’est plus pratique pour nous », explique « Olivier » (les prénoms ont été changés pour des raisons de sécurité), un surveillant à l’accent ch’ti. Dans les autres bâtiments, restaurés plus récemment, ça fonctionne.
« On est là, surveillant, t’inquiète ! », lance une voix, quand Olivier vérifie, par l’œilleton, la présence des deux détenus qui se partagent une cellule de 9 m². Il y a quelques mois encore, quand la population du D2 avait dépassé les 920 occupants pour 440 places, des matelas au sol avaient dû être ajoutés. La ronde se poursuit et Olivier s’arrête devant une autre porte. « Mais oui, vous êtes toujours aussi beaux ! », lance-t-il, en surprenant deux détenus en slip, en pleine séance de musculation.
C’est l’heure de la « ronde des feux », le moment où Olivier, l’allure fragile malgré son 1,80 m, doit s’assurer, avec son collègue originaire de Mayotte, de la présence de chaque détenu sans ouvrir sa cellule. D’ailleurs, ils ne le pourraient pas : la nuit, seul leur supérieur, le « premier surveillant », a les clefs. Celui-ci, un homme de petite taille à la barbe noire façon hipster, s’inquiète : « Ce soir, ça s’annonce mal. » Des « ninjas », ces surveillants équipés d’encombrantes tenues pare-coups, viennent d’amener au quartier disciplinaire deux « clients » du bâtiment D3. L’un d’eux a tenté d’agresser un collègue, en fin...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Le premier sanctuaire pour requins au monde fut créé en 2009 par l’archipel de Palau. Plus de 70 millions de requins sont tués chaque année.
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Les Samoa créent un sanctuaire pour requins

Le premier sanctuaire pour requins au monde fut créé en 2009 par l’archipel de Palau. Plus de 70 millions de requins sont tués chaque année.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 05h56
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 07h01
   





                        


Les îles Samoa ont annoncé la création dans leurs eaux d’un sanctuaire pour requins, à l’instar de nombreux autres territoires du Pacifique cherchant à protéger le prédateur marin.
« Nous ne pouvons rester sans rien faire quand la demande en produits provenant des requins est en train de priver les générations futures de ces espèces de grande valeur sur les plans culturel, écologique et économique », a déclaré cette semaine le premier ministre, Tuilaepa Sailele, au Samoa Observer. « Pour nos prochaines générations, continuons à protéger ces espèces menacées. »
Bien que la superficie terrestre des Samoa soit réduite, les eaux de l’archipel s’étendent sur 129 000 kilomètres carrés, soit l’équivalent du territoire de l’Angleterre.
Le premier sanctuaire pour requins au monde fut créé en 2009 par l’archipel de Palau (ou Palaos), ce qui eut pour conséquence d’interdire leur pêche dans toute sa zone économique exclusive (ZEE), soit 630 000 kilomètres carrés.
Les Kiribati, les îles Cook et la Nouvelle-Zélande ont pris des mesures similaires.
Selon World Wildlife Fund, plus de 70 millions de requins sont tués chaque année pour leurs ailerons, et de nombreuses espèces de squales sont menacées.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Cette annonce intervient alors que la Weinstein Company avait annoncé dimanche être prête à déposer le bilan.
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Une nouvelle société, avec un conseil composé d’une majorité de femmes, va reprendre le studio Weinstein

Cette annonce intervient alors que la Weinstein Company avait annoncé dimanche être prête à déposer le bilan.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 03h13
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 08h13
   





                        


L’ex-responsable des PME de l’administration Obama a annoncé jeudi 1er mars être arrivée à un accord pour reprendre le studio Weinstein, au bord de la faillite en raison du scandale d’agressions sexuelles entourant son cofondateur Harvey Weinstein. « Notre équipe est heureuse d’annoncer que nous avons franchi un pas important et trouvé un accord pour acheter des actifs de la Weinstein Company afin de lancer une nouvelle société, avec un nouveau conseil d’administration et une nouvelle vision incarnant les principes que nous défendons depuis le début du processus à l’automne », a déclaré la responsable, Maria Contreras-Sweet, dans un communiqué, jeudi soir. « Ces principes n’ont jamais varié et consistent à bâtir un studio de cinéma mené par un conseil composé d’une majorité de femmes indépendantes », à « sauver 150 emplois », et « créer un fonds de compensation des victimes », a-t-elle ajouté.
Proche du dépôt de bilan
Cette annonce intervient alors que la Weinstein Company (TWC) avait annoncé dimanche être prête à déposer le bilan, précisément faute d’accord avec le groupe d’investisseurs emmené par Mme Contreras-Sweet et le milliardaire Ron Burkle. La TWC n’a pas immédiatement confirmé jeudi soir que les deux parties étaient bien parvenues à un accord.
En annonçant son prochain dépôt de bilan dimanche, la TWC avait fait de multiples reproches à Mme Contreras-Sweet, laissant entendre que les relations entre les deux parties étaient difficiles. Mme Contreras-Sweet s’était dite « surprise » de ces critiques, assurant vouloir « créer une société dirigée par des femmes, capable de « servir d’exemple » dans un pays où le #metoo a fait chuter de nombreux hommes de pouvoir.
Elle n’a, jeudi, donné aucun détail sur l’accord apparemment trouvé ni confirmé le montant de l’opération. Jusque-là, le projet était évalué à 500 millions de dollars, dont 225 millions de dollars de reprise de dettes.
Dédommager les victimes
Les négociations avaient failli aboutir une première fois au début de février. Mais le procureur général de New York, Eric Schneiderman, avait au dernier moment bloqué de facto l’accord, en exigeant que la nouvelle société n’emploie aucun ancien dirigeant de la TWC ayant couvert les abus sexuels du producteur, et que le projet prévoie suffisamment d’argent pour dédommager ses victimes.
La société, fondée en 2005 par Harvey Weinstein et son frère Robert après qu’ils eurent revendu Miramax à Disney, est plongée dans la tourmente depuis la publication des premières accusations d’abus sexuels contre Harvey Weinstein le 5 octobre.
Harvey Weinstein en a été écarté dès le 8 octobre. Mais depuis, plus d’une centaine de femmes, dont des célébrités internationales, comme Ashley Judd, Gwyneth Paltrow ou Salma Hayek, ont accusé le producteur de les avoir sexuellement harcelées, agressées ou violées.
Plusieurs d’entre elles ont attaqué Harvey Weinstein et la TWC en justice, des plaintes qui pourraient se traduire par des millions de dollars à payer en dommages et intérêts.
La société avait produit des films à succès, comme Le Discours d’un roi ou The Artist ; aujourd’hui, la plupart des projets qu’elle avait dans ses cartons sont suspendus.
Les dates de sortie de films déjà achevés, comme The Upside, un remake du film français Les Intouchables, ou The War with GrandPa, une comédie avec Robert de Niro, ont été repoussées sine die. Et les droits sur plusieurs projets en gestation ont été vendus, notamment ceux d’un film de Quentin Tarantino sur les célèbres meurtres commis par les disciples de Charles Manson en 1969, cédés à Sony.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Deux associations d’opposants à la construction de la future tour Triangle ont saisi, jeudi 1er mars, le procureur de la République d’une plainte contre la Ville de Paris pour « délit de favoritisme ».
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Tour Triangle : dépôt d’une plainte pour « délit de favoritisme » contre la ville de Paris

Deux associations d’opposants à la construction de la future tour Triangle ont saisi, jeudi 1er mars, le procureur de la République d’une plainte contre la Ville de Paris pour « délit de favoritisme ».



Le Monde
 |    01.03.2018 à 20h50
   





                        



   


Nouveau rebondissement dans la bataille de la tour Triangle : une plainte pour « délit de favoritisme » a été déposée contre la mairie de Paris par deux associations, SOS Paris et ADHAPE (Association pour le développement et l’aménagement harmonieux du Parc des expositions et ses environs).
Selon les plaignants, la maire a accordé un bail à construction et un permis de construire « en l’absence de toute mise en concurrence », a expliqué leur avocat, Me Cofflard.
Marché public ou projet privé, la bataille au cœur du projet
Pour les plaignants, il s’agit d’un projet public : des équipements publics seront construits dans la tour. La Ville de Paris sera par ailleurs propriétaire de la tour au terme d’un bail de 80 ans.
« Il s’agit ainsi d’un marché public de travaux, et non un projet privé comme la mairie le soutient », affirme Me Cofflard, qui estime qu’il y a là violation des dispositions réglementaires en la matière.
D’autres recours sont encore à l’instruction.
Le premier a été déposé le 4 octobre 2017 par trois associations (SOS Paris, FNE-IDF, ADHAPE) devant le tribunal administratif pour demander l’annulation du permis de construire accordé le 28 avril 2017 par la mairie de Paris à la SCI tour Triangle. C’est cette SCI, contrôlée par le leader européen de l’immobilier commercial Unibail-Rodamco, qui doit porter le financement de la tour, estimé à 500 millions d’euros.

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Le second a été déposé le 5 février par ces trois associations et dix élus écologistes du Conseil de Paris. Ils ont ainsi saisi le tribunal administratif de Paris d’une demande de résiliation judiciaire de la promesse de bail à construction.
Un projet pharaonique, très contesté depuis son lancement
Cet édifice de 180 mètres de haut doit être implanté porte de Versailles, dans le 15e arrondissement. Le projet de 43 étages comporte un hôtel quatre étoiles de 120 chambres avec un « sky bar », 2 200 mètres carrés d’espace de « coworking » et un équipement culturel de 540 m2.
Le projet a été contesté dès son lancement, en septembre 2008, sous l’ancien maire de Paris, Bertrand Delanoë. Les écologistes dénonçaient un projet « énergivore ». Retoquée une première fois en conseil municipal en 2014, avant son adoption en 2015, la tour Triangle est défendue par Anne Hidalgo à la fois comme « une œuvre d’art » et « un projet autour duquel se joue une part non négligeable de l’attractivité et du rayonnement de Paris et du Grand Paris ». Elle a été dessinée par l’agence d’architecture suisse Herzog & de Meuron, à qui l’on doit notamment le « Nid d’oiseau » (le stade olympique) de Pékin ou la Philharmonie de Hambourg, inaugurée en janvier avec sept ans de retard et un budget multiplié par dix pour atteindre 790 millions d’euros.
A moins que la procédure en cours n’« enraye la machine », comme l’espère Christine Nedelec, secrétaire générale de l’association SOS Paris, les travaux devraient débuter en 2020, année des prochaines élections municipales, pour une ouverture avant les Jeux olympiques de 2024.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Quinze jours après l’annonce du licenciement de 23 % des effectifs du groupe SoLocal (Pages jaunes), les salariés veulent obtenir des réponses sur leur avenir.
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A Boulogne-Billancourt, les salariés de Pages jaunes « dégoûtés » par les licenciements

Quinze jours après l’annonce du licenciement de 23 % des effectifs du groupe SoLocal (Pages jaunes), les salariés veulent obtenir des réponses sur leur avenir.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 19h58
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 17h10
    |

                            Eléa Pommiers








                        



   


Après dix-huit ans passés chez Pages jaunes (groupe SoLocal), Camille* aurait préféré recevoir la nouvelle de la bouche d’un des membres de la direction, une tête connue. Mais « on l’a appris dans un document qu’on nous a diffusé », lance-t-elle amère. A l’écran, ce 13 février, le nom des agences Pages jaunes en province que SoLocal a décidé de fermer d’ici à 2019. Dans la liste, Nancy, la sienne.
Depuis, rien n’a endormi la rage, la colère et l’incompréhension. Comme elle, plusieurs centaines de salariés des quinze agences menacées sur les dix-neuf du groupe ont traversé la France, jeudi 1er mars, pour se rendre au pied du siège social du groupe SoLocal, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Sous la nuée de drapeaux et le vacarme des sifflets, ils entendaient bien être vus et entendus par la direction du groupe, qui a annoncé, le 13 février, la suppression de mille emplois.
Un plan d’économie drastique pour permettre à l’entreprise de « renouer avec la croissance » et de devenir « un champion français du digital » dans le cadre de son plan « SoLocal 2020 ».

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La direction de SoLocal assure qu’elle « prendra le temps d’accompagner » les salariés qui perdront leur poste. Mais quinze jours après cette annonce surprise, les 4 500 salariés n’ont reçu aucune information quant aux postes qui seraient concernés et aux garanties qui leur seraient offertes. « Les négociations dureront jusqu’au mois de juin », précise Pascal Garcia, secrétaire général de SoLocal, qui assure que le groupe est « très sensible aux situations difficiles créées par ces suppressions d’emplois ». 
Mais l’incertitude pèse. Marie ne travaillait pour Pages jaunes que depuis trois ans, mais son poste au sein d’une grande entreprise l’avait rassurée, elle avait imaginé avoir trouvé un emploi durable. « J’ai pris un crédit, moi, maintenant, et il va falloir que je reparte à zéro », lâche-t-elle, mâchoires serrées. A Nancy, où 191 emplois sont menacés, la direction offrira des possibilités de mutation à Lille. Hors de question pour la jeune femme, qui se refuse à refaire sa vie ailleurs alors que « dans trois ans, ils pourront [lui] refaire le même coup ». Quitte à perdre son poste.
« Je ne ferai pas ce sacrifice pour une boîte qui nous traite comme ça. Ils m’ont dégoûtée. »
« Exclusivement financier »
« On ne comprend pas, on sait qu’on est rentables pourtant », déplore David Mallet, délégué syndical CFDT. Au lendemain de l’annonce des suppressions d’emplois, justifiées par un chiffre d’affaires en baisse depuis dix ans, SoLocal publiait un bénéfice net en hausse de plus de 500 % en 2017. « Cette augmentation n’est due qu’à une restructuration de notre dette, précise la direction de SoLocal, qui souligne un chiffre d’affaire en baisse de 6 %.

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« Une boîte qui n’a plus aucune valeur »
Mais cette restructuration, justement, a déjà demandé des efforts aux salariés. Pour Christine*, salariée de Pages jaunes à Grenoble depuis vingt-huit ans, ce plan de licenciement deux ans après la précédente restructuration tombe comme un coup de massue. « On a déjà été restructurés, on a accepté de s’adapter, on a fait des concessions, et l’ancien directeur général avait dit qu’on avait sauvé nos emplois, se souvient-elle. J’ai l’impression d’avoir tout donné pour cette boîte, et en fait on sert à rien. »
A ses côtés, Clara*, « moralement abattue », se désole également de se « battre pour une boîte qui n’a plus aucune valeur ». Pour ces salariés, le projet de la direction de SoLocal est inacceptable car « exclusivement financier ». 
« Je suis là depuis trente ans, mais c’est la première fois que je vois un hold-up financier comme ça », assure M. Mallet. Lui critique une « absence de réel projet industriel » et s’agace d’entendre l’argument du « nécessaire passage au numérique » de l’entreprise, connue pour produire l’annuaire téléphonique. En 2018, Pages jaunes est aussi un site qui compte parmi les cinq meilleures audiences françaises. « 80 % du chiffre d’affaires de l’entreprise vient des activités numériques, on a déjà franchi ce cap ! », estime-t-il.

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Pour l’intersyndicale, représentée par Nadine Champrou (CFDT), « l’objectif affiché est celui d’accroître le cours de Bourse, les salariés ne sont que la variable d’ajustement ». Dans la foule du rassemblement, le nom d’Eric Boustouller, directeur général depuis la fin de 2017, capte toute la responsabilité d’un plan jugé « brutal », « violent », « ignoble » et « injuste ».
« On fait quelques nuits blanches »
Pourtant, aucun salarié présent jeudi ne cache son affection pour Pages jaunes. « J’adore ma boîte, je l’ai vue grandir, c’était une super boîte », regrette Agnès, salariée de l’agence de Bordeaux depuis 2005. A 58 ans, elle pourrait être intéressée par le volet de départs volontaires proposé par SoLocal, avant les départs contraints. Mais elle s’inquiète aussi « pour l’avenir de l’entreprise ». « C’est comme une grande famille pour nous », assure-t-elle. 
Grégory ne la contredira pas. Lui a littéralement fondé sa famille au sein de l’entreprise. Sa femme, son beau-frère, sa belle-sœur, son cousin, la femme de son cousin…, tous sont salariés de Pages jaunes. Le plan de licenciement « détruirait » son entourage. « On se prépare au pire, et on fait quelques nuits blanches », avoue-t-il.
Les syndicats rencontrent la direction vendredi 2 mars. Ils souhaitent obtenir des réponses sur le devenir de l’entreprise, qui sera bientôt privée de 23 % de ses effectifs, et viennent avec l’ambition de proposer une alternative qui permettrait de conserver plusieurs emplois. La direction a bien accepté de discuter, mais pas de sortir du cadre de son projet de restructuration.
*Tous les prénoms ont été modifiés.
Article mis à jour vendredi 2 mars pour ajouter la réaction du groupe SoLocal. 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Récit d’une journée au concours général agricole auquel participent bovins, ovins, caprins, asins, équins, canins et, pour la première fois, félins.
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Le Salon de l’agriculture en 9 portraits d’animaux

Récit d’une journée au concours général agricole auquel participent bovins, ovins, caprins, asins, équins, canins et, pour la première fois, félins.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 18h42
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 11h38
    |

            Gabriel Coutagne








                        



   


C’est l’une des principales attractions du Salon de l’agriculture, à Paris : le concours des animaux. Créée en 1870, la compétition récompense « les meilleurs animaux reproducteurs français ». Dans la plupart des nombreuses catégories, les jurés examinent les caractéristiques des différents participants en fonction de critères liés à leur race. L’occasion pour les éleveurs de faire connaître leur exploitation et des races méconnues, mais aussi de faire des affaires.
Récit d’une journée au Salon à travers les portraits de neuf participants issus des espèces pouvant y participer : bovins, ovins, caprins, porcins, asins, équins, canins et, pour la première fois, félins.
Boul’ait BDB Impres, la belle endormie

   


Impres semble dormir malgré l’agitation du Salon de l’agriculture. L’animal participe au concours réservé aux vaches de race holstein, une race laitière, dans la catégorie « 2e lactation ». Avec 340 bovins, Romain Boulet, jeune éleveur de 29 ans basé dans le Pas-de-Calais, produit un million de litres de lait par an, mais parvient seulement à se dégager un revenu inférieur au smic : « C’est ce que j’ai dit au président Macron quand il est venu samedi : c’est difficile. » 
Cela ne l’empêche par de regarder son animal avec satisfaction. « Les critères esthétiques du concours sont aussi des critères de rentabilité », explique le jeune éleveur. La « ligne de dos », la taille de la cage thoracique, du bassin, ou la forme des pis sont autant de critères qui permettent de définir si la vache est une bonne laitière. Le concours est aussi l’occasion de « faire des affaires », ajoute Romain Boulet, comme négocier des saillies ou vendre des embryons. Des opportunités qui peuvent compenser l’investissement en temps que représente la venue au Salon.
Xaintrie Fière, la coquête

   


Jean-Louis Lafon est concentré : ce sont les derniers préparatifs avant le passage de sa vache dans le « ring ». Sa vache, c’est Xaintrie Fière, surnommée Fière. Elle est entre les mains du cousin de l’éleveur, Thierry Gauthier, venu spécialement pour le concours. Après lui avoir taillé la « ligne de dos », une fine crinière qui court de la tête à la queue, il passe un coup de laque afin de la faire briller. « C’est la troisième fois qu’elle participe au concours général », explique l’éleveur, basé dans le Cantal depuis 1998.
La vache, âgée de 8 ans, en est à sa cinquième lactation, ce qui signifie qu’elle a eu cinq veaux. « Elle a remporté des prix en Suisse, explique l’éleveur. C’est aussi là-bas que j’ai vendu sa fille, Imagine. » Le concours est notamment l’occasion de mettre en valeur les qualités génétiques d’une exploitation, de vendre des animaux ou même des embryons à d’autres éleveurs. Originaire du Cantal, la vache n’est pourtant pas la race la plus courante dans ce département. « Le conseil général soutient plus volontiers les éleveurs de salers pour venir au concours, mais c’est normal, c’est la race locale », conclut l’éleveur, fair-play.
Melba et Mélisse, les précieuses

   


Eric Barbazan pose pour la photo de groupe sous le regard amusé de ses filles. Il n’a pas remporté de prix ce matin, mais il ramène tout de même une plaque caractéristique du concours général, qui le récompense, lui et ses deux porcs gascons, de leur participation. Les deux animaux sont des femelles, de race « noir de Bigorre » de 15 mois : Melba et Melisse. Robe noire, poil épais, oreilles longues et pattes arrières sont dans le canon.
« On ne cherche pas à développer la race outre mesure car c’est une AOP (appellation d’origine protégée) », explique l’éleveur, basé dans les Hautes-Pyrénées depuis une vingtaine d’années. Pour lui, le concours est principalement un investissement en termes de renommée. L’événement a un « impact médiatique » important pour la filière, ajoute l’éleveur, qui participe au concours général depuis quinze ans.
Nyagara, l’exception

   


La chèvre fait figure d’exception parmi les autres animaux : celle-ci, de race pyrénéenne, ne participe pas au concours général agricole. Nyagara est là « pour faire connaître leur race au public », explique Fanny Thuault, porte-parole de l’association La chèvre de race pyrénéenne. « C’est une race à faible diversité », renchérit l’ingénieure agronome : l’espèce ne compte que 4 200 individus. Une réalité récente. Au début du XXe siècle, « la race avait le monopole de la distribution de lait de chèvre sur Paris », explique l’ingénieure, cartes postales d’époque à l’appui.
Aujourd’hui, elle ne compte plus que 200 éleveurs, répartis principalement dans les Pyrénées et dans quelques autres régions de montagne. Mais Fanny Thuault se satisfait de la relative discrétion dont profitent les chèvres des Pyrénées : « Le fait de participer à des concours risquerait de standardiser la race, et de nuire à sa rusticité. »
Beroy de Ju Belloc, le sage

   


Beroy de Ju Belloc vient lui aussi des Pyrénées. Mais, contrairement aux idées reçues, cet âne n’est pas têtu. Malgré l’agitation qui précède son entrée dans le « ring », l’animal attend patiemment près de l’élève d’un lycée agricole qui en a la garde. « La principale qualité de ces ânes, c’est l’immobilité », explique Pascal Sachot, propriétaire de l’animal.
Ces ânes ont en effet pour vocation d’aider des agriculteurs au travail de la terre. Beroy, lui, est un « âne-école » : il aide à la formation des agriculteurs, à l’école nationale des ânes maraîchers, où enseigne Pascal Sachot. En cinq ans, la structure, basée à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), a formé 80 stagiaires, sur des sessions de trois semaines. « Le concours est surtout un moyen de faire connaître l’école, dit Pascal Sachot. Il y a une vraie alternative à l’agriculture motorisée. C’est juste dommage que Macron ne soit pas venu nous voir. »
17001 et 17019, incognito

   


« Je vous préviens, ce ne sont pas mes moutons », explique Gilles Bovyn, éleveur basé à Erquy (Côtes-d’Armor) et membre de l’Oscar, l’Organisme de sélection des races de la Manche (Cotentin, Avranchin et Roussin). A ce titre, c’est lui qui prend soin des animaux et qui présente ces trois races aux visiteurs. Il élève des roussins, qui sont des moutons à viande, de taille moyenne. « C’est une race à faible effectif », précise Gilles Bovyn : 7 200 brebis sont recensées pour la race des roussins. « Le concours est justement une bonne occasion de faire connaître ces trois races », ajoute l’éleveur.
Everest des Métairies, le géant

   


Sébastien Marciquet hésite une seconde. Pour pouvoir prendre en photo le cheval, il va falloir le retourner. Tous les animaux en box, ânes, bovins ou chevaux, ont en effet la tête placée à l’opposé des travées, pour éviter que le public ne les sollicite trop. Il retourne alors le jeune étalon et ses 708 kg. L’animal s’agite, mais Sébastien Marciquet parvient à le calmer. Pour lui aussi, c’est la « passion » qui l’a poussé à participer au concours. « Le fait même d’être arrivé à Paris est une réussite. »
En effet, pour toutes les races, les animaux qui veulent participer à la compétition sont présélectionnés par des jurys locaux, à l’échelle cantonale, départementale ou régionale. « Arriver ici, c’est la preuve qu’on a des belles bêtes », sourit l’éleveur, soudeur-métalier dans le civil, qui possède six chevaux et deux ânes. « Je les loue pour de l’attelage, lors d’événements, ou pour du maraîchage, mais c’est toujours moi qui les monte », conclut-il jalousement, avant de remettre son étalon en place.
Balie de l’Oyat des dunes, la reine mère

   


La famille Gouraud est aux anges. Balie, fière setter anglaise, vient de remporter le prix de meilleur reproductrice aux côtés de ses petits, Falcone, Yago, Ippy et Pipper, déjà grands. La catégorie récompense à la fois la chienne et sa capacité à transmettre certaines caractéristiques de la race à sa descendance. C’est la deuxième victoire de la famille d’éleveurs. Pourtant, Christophe Gouraud avoue que le plus difficile, après ces succès, « c’est de se maintenir ». « C’est un gage de renommée et de qualité », ajoute l’éleveur alors que son épouse, ses enfants et deux de leurs amis amènent les chiens vers un endroit propice au portrait.
Avec 80 naissances par an, l’élevage profite largement des prix que remportent ces chiens, qui sont revendus soit pour de l’agrément ou des concours de beauté, soit pour leur instinct de chien d’arrêt. « Ce sont des chiens qui à la moindre odeur particulière s’arrêtent net, explique Christophe Gouraud. C’est particulièrement approprié pour ceux qui chassent avec des rapaces, comme les faucons. » « Mais vous êtes aussi éleveur de faucons ? », demande alors un visiteur qui suivait la conversation. « Oui, mais ça, c’est pour le plaisir. »
Duke Didilly Doo de Burnside les Etards, le paisible

   


Duke n’a pas très envie d’être photographié. Il somnole un peu sur le studio improvisé en retrait du public, et miaule avec agacement quand on le manipule. « Il ne faut pas croire : ce sont des chats-chiens, ils vous suivent partout », s’amuse Jack Niochau, éleveur de chats de la même race, basé à Angerville-la-Campagne (Eure). Le chat a remporté de nombreux prix, mais c’est sa première participation au concours général agricole, comme tous ses congénères félins. Une opportunité pour l’éleveur de faire connaître la race au grand public.
Il ne s’agit pas pour autant d’une activité professionnelle, comme c’est le cas pour les autres espèces. « En tant qu’éleveurs, on est enregistré comme professionnels, explique ce retraité de l’industrie automobile. On ne tire pas de revenus significatifs de cette activité, mais on cotise tout de même à la mutuelle des agriculteurs. »



                            


                        

                        


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Violences sexuelles par des humanitaires : les ONG peinent à trouver des solutions

Après chaque scandale, les ONG mettent en place de nouvelles mesures, chartes et commissions. Sans parvenir à empêcher de nouvelles affaires.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 18h01
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 16h08
    |

            Laura Motet








                        



   


C’est un serpent de mer dans l’humanitaire, qui ressurgit périodiquement à la faveur de scandales médiatiques : des employés de ces organisations non gouvernementales profitent de leur statut pour obtenir des relations sexuelles en échange de leur assistance.
Le 8 février, le quotidien britannique The Times révélait que des membres haut placés d’Oxfam avaient eu recours à des prostituées et avaient abusé sexuellement de mineures en 2011 en Haïti, touché par un séisme violent l’année précédente. Depuis, de nouvelles accusations mettent en cause des employés d’Oxfam au Tchad, au Soudan du Sud et au Liberia. Des membres du personnel des agences de l’Organisation des Nations unies (ONU) et d’organisations caritatives internationales s’adonneraient aux mêmes pratiques en Syrie, en guerre civile depuis sept ans, a aussi révélé la BCC, le 27 février.

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Ces scandales sont loin d’être les premiers du genre. En février 2002, déjà, Le Monde mettait à sa « une » une affaire similaire, « Sexe contre nourriture », impliquant soixante-sept employés d’agences humanitaires en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone.
Quels mécanismes de prévention et de sanctions ont été mis en place par les ONG ? Sont-ils suffisants ? Etat des lieux.
Bouche-à-oreille et contact avec l’ancien employeur
Sur le terrain, la situation asymétrique entre le travailleur humanitaire et les bénéficiaires constitue un environnement propice aux abus. « Vous avez des personnes extrêmement vulnérables, qui ont tout perdu bien souvent, et d’autres qui ont accès à beaucoup de ressources, ce qui leur donne du pouvoir », rappelle à l’Agence France-Presse (AFP) Mike Jennings, directeur des études sur le développement à l’Ecole des études orientales et africaines de Londres.
La sélection des candidats qui vont évoluer dans ce contexte particulier est donc décisive. Mais pour Claire Colliard, cofondatrice du Centre de psychologie humanitaire de Genève :
« Les ONG, de taille moyenne ou de petite taille, notamment, n’ont pas de personnel des ressources humaines suffisant et suffisamment formé pour recruter des gens solides. La plupart des recrutements humanitaires se font sur la base de compétences techniques — on cherche un ingénieur, un logisticien, etc. —, mais les ONG, même les grosses, font rarement des questionnaires sur les compétences de vie. »
Pour tenter d’évaluer ces « compétences », la plupart des ONG effectuent des contrôles de routine lors du recrutement : le bouche-à-oreille et la prise de contact avec les anciens employeurs. Deux méthodes qui ont pourtant failli pour Roland Van Hauwermeiren et Gurpreet Singh, deux membres du personnel d’Oxfam au cœur du scandale actuel en Haïti.
En 2011, un rapport interne confirme qu’ils ont eu recours à des prostituées. Le premier, ancien directeur d’Oxfam en Haïti, démissionne à la suite du rapport, gardé secret par Oxfam. Peu de temps après, il prend la tête d’une mission au Bangladesh pour le compte d’Action contre la faim. Dans un communiqué du 12 février, l’ONG française a déclaré ne pas avoir été avertie de ses agissements alors qu’elle avait contacté d’anciens employeurs, dont Oxfam, lors du processus de recrutement.
Le second, Gurpreet Singh, renvoyé à la suite du rapport, est embauché quelques mois plus tard… comme consultant pour une mission d’Oxfam en Ethiopie, d’octobre à décembre 2011. « Embaucher Singh, même comme consultant de court terme dans une situation d’urgence, était une grosse erreur. Cela n’aurait jamais dû se passer », a reconnu un porte-parole d’Oxfam.
De son côté, Joël Weiler, directeur général de Médecins du monde, interrogé par l’AFP, fulmine :
« C’est fou que cela puisse arriver. L’humanitaire, c’est un tout petit milieu, les planches pourries, les gens qui traînent des valises, on les connaît. » 
Codes de conduite, systèmes de signalement et d’enquête
Pour tenter de prévenir ces scandales, les organisations caritatives mettent aussi en place des codes de conduite engageant les employés sur le terrain. Le code de conduite du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), par exemple, interdit explicitement l’achat de services sexuels « en toutes circonstances et dans le monde entier, y compris les pays où la prostitution est légale ».
D’autres ONG dispensent des cours d’éthique à ceux qui partent sur le terrain. De son côté, Oxfam a annoncé une série de mesures, dont la création d’une commission « indépendante » qui passera en revue la culture et les pratiques de l’ONG.
Le groupe de travail spécial du Comité permanent interorganisations (CPI) sur la protection contre l’exploitation et l’abus sexuels (PSEA) dans les situations de crise humanitaire, créé en 2002, publie également régulièrement des rapports listant les bonnes pratiques et mettant en garde les ONG. Dans une note de 2010, ce groupe de travail avait d’ailleurs alerté sur le fait que « la crise en Haïti crée un environnement à haut risque du point de vue de l’EAS [l’exploitation et les abus sexuels] ».
Enfin, un dernier axe d’amélioration a été identifié : rendre les systèmes internes de signalement et d’enquête plus efficaces, en facilitant encore davantage la remontée des plaintes et en donnant plus de temps et de moyens à ceux qui les vérifient. Même si ces objectifs contredisent en partie ceux des donateurs : ceux-ci souhaitent souvent que leurs dons soient dépensés sur le terrain, pour venir en aide aux bénéficiaires, plutôt que pour mettre en place davantage de contrôles lors des recrutements ou de moyens pour les enquêtes internes.
« Beaucoup de gens disent que les organisations humanitaires dépensent trop d’argent pour l’administration, et pas assez sur le terrain. Mais pour éviter ce type de comportement, vous devez mettre en place des contrôles. Et ça coûte de l’argent », rappelle Mike Jennings.



                            


                        

                        

