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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ La première ministre britannique veut un partenariat de libre-échange entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne plus vaste que n’importe quel modèle existant.
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Brexit : Theresa May veut un « accord le plus large possible »

La première ministre britannique veut un partenariat de libre-échange entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne plus vaste que n’importe quel modèle existant.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 17h20
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 17h58
   





                        


La première ministre britannique Theresa May a déclaré, vendredi 2 mars, que son pays n’aurait pas tout ce qu’il veut dans les négociations sur sa sortie de l’Union européenne, et Bruxelles non plus. Dans un discours prononcé à Londres pour définir sa vision de la future relation commerciale avec l’UE, Mme May a déclaré :
« Nous devons reconnaître que c’est une négociation et qu’aucun d’entre nous n’aura exactement ce qu’il veut. Nous approchons d’un moment crucial, il n’y a pas moyen d’échapper à la complexité de la tâche. »

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« Plus de secteurs et avec davantage de coopération »
La dirigeante a répété que son pays n’accepterait pas le modèle canadien, qui est un accord de libre-échange supprimant la plupart des barrières douanières entre l’UE et le Canada, ni celui de la Norvège, membre du marché unique sans faire partie des 27. Theresa May a indiqué qu’elle voulait un « accord le plus large possible », « couvrant plus de secteurs et avec davantage de coopération que n’importe quel accord de libre-échange dans le monde aujourd’hui ».
Ce souhait apparaît a priori incompatible avec sa volonté de sortir de l’union douanière et du marché unique. Mais face aux dirigeants européens qui estiment que Londres veut profiter des avantages de l’UE sans accepter les désavantages et lui demande de faire un choix, elle a rétorqué que tous les partenariats reviennent à « se servir à la carte » (« cherry picking »).
Mme May a répété que son pays ne mènerait pas une course au moins-disant réglementaire et continuera de se plier à la législation de la Cour européenne de justice pendant une période de transition « limitée » mais qu’ensuite, Londres veut un « arbitrage indépendant ».
Le dossier irlandais, toujours source de tensions
Theresa May a répété son engagement à éviter une frontière physique entre la République d’Irlande, membre de l’UE, et l’Irlande du Nord, province britannique. Cela permettra de préserver l’accord du Vendredi saint, en 1998, qui a mis fin à trois décennies d’affrontements sanglants entre nationalistes et unionistes nord-irlandais en renforçant les liens entre les deux territoires. Mais elle a aussi déclaré qu’elle n’accepterait jamais une frontière en mer d’Irlande. 
Si les membres de l’UE et les Britanniques sont d’accords sur le souhait de ne plus voir de frontière visible entre les deux Irlandes, ils ne parviennent pas à trouver un accord le permettant.
Cette semaine, Theresa May a catégoriquement rejeté un projet d’accord de la Commission européenne qui engloberait l’Irlande du Nord dans le marché unique afin d’éviter une frontière avec la République d’Irlande, ce qui distinguerait la province du reste du Royaume-Uni. La première ministre britannique avait dit de cet accord qu’il «  minera le marché commun britannique et l’intégrité constitutionnelle du Royaume-Uni en créant une frontière douanière et réglementaire en mer d’Irlande. Aucun premier ministre du Royaume-Uni ne peut l’accepter ». 

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Un discours qui divise
Le négociateur de l’UE a salué la « clarté » apportée par le discours de Theresa May. « La clarté, sur la question du retrait du Royaume-Uni du marché unique et de l’union douanière, et la reconnaissance du fait qu’il faudra passer des compromis (...) vont donner des lignes directrices pour le futur accord de libre-échange », a déclaré Michel Barnier.
L’eurodéputé allemand Manfred Weber, à la tête du PEE, le groupe le plus important au Parlement européen, a lui dit craindre, après le discours de Theresa May, qu’il n’y ait peut-être jamais d’accord entre l’Union européenne et le Royaume-Uni sur le Brexit. Il considère que le gouvernement britannique continue de pratiquer la politique de l’autruche.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Livre. Dans un stimulant essai, l’historien des idées Bernard Bruneteau montre que cette europhobie, de plus en plus prégnante, s’inscrit dans le temps long mais pourrait bien, au gré des vents, refluer.
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L’Europe ou le Traité du vain combat

Livre. Dans un stimulant essai, l’historien des idées Bernard Bruneteau montre que cette europhobie, de plus en plus prégnante, s’inscrit dans le temps long mais pourrait bien, au gré des vents, refluer.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 15h00
    |

            Alain Beuve-Méry








                        



                                


                            

Livre. A l’heure où l’Union européenne, sous l’égide du commissaire Michel Barnier entame son premier exercice réel de « déconstruction », en cherchant un accord pour parvenir au retrait du Royaume-Uni du « club européen », l’essai de Bernard Bruneteau tombe à pic. Ce professeur de sciences politiques à l’université de Rennes entreprend une vaste fresque historique et intellectuelle de tous les opposants (hommes, idées, mouvements) à la construction européenne, qui court sur tout le XXe siècle. Sous-titrée, de Lénine à Marine Le Pen, la liste comprend d’ailleurs un grand nombre d’Anglais.
Brexit, poussée des populismes européens à chaque élection ou presque, reflux communautaire, à la lecture de cet essai stimulant, une question affleure : sommes-nous à la veille d’une Europe de Weimar ? Comparaison certes n’est pas raison, mais si la République allemande s’est effondrée de l’intérieur, ce qui a permis la prise de pouvoir par Adolf Hitler en 1933, c’est parce qu’elle était devenue « une République sans républicains ». Or, aujourd’hui, l’Union européenne pourrait bien être menacée de dislocation, faute d’Européens convaincus.
Ce que démontre en effet a l’envi Bernard Bruneteau, c’est que les militants d’une Europe unie se sont toujours présentés comme des porteurs « d’une troisième voie ». Ils sont « ni à droite, ni à gauche, ni même au centre, mais plutôt en marge des familles idéologiques existantes », écrit-il. Ce faisant, ils n’ont pas cessé de subir les coups de boutoir des trois matrices idéologiques, les plus puissantes du XXe siècle : l’internationalisme, le nationalisme et le mondialisme (les partisans du marché).
Tigre de papier
De fait dans leur projet d’origine, les pères de la construction européenne – et Jean Monnet au premier chef – ont peut-être commis une faute : ils ont donné l’impression d’avancer masqués et de ne pas être suffisamment clair et ambitieux dans leur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Quatorze économistes et parlementaires européens appellent, dans une tribune au « Monde », à dépasser les compromis sur les solutions techniques et financières à la crise de la dette afin d’apporter une réponse politique durable aux défaillances de l’union économique et monétaire.
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Zone euro : « Une nouvelle approche politique » est nécessaire

Quatorze économistes et parlementaires européens appellent, dans une tribune au « Monde », à dépasser les compromis sur les solutions techniques et financières à la crise de la dette afin d’apporter une réponse politique durable aux défaillances de l’union économique et monétaire.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 14h00
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Au cours des derniers mois, la Commission européenne ainsi qu’un groupe de quatorze économistes franco-allemands ont rendu publiques des propositions pour renforcer l’architecture de la zone euro. Ces propositions sont utiles pour faire vivre le débat, mais elles restent guidées par un fort esprit de compromis, et leurs ambitions sont limitées par les contraintes politiques perçues par leurs auteurs.
Des propositions qui ignorent le profond soubassement institutionnel, politique et démocratique de la crise de la zone euro
A cause de cela, ces propositions se concentrent sur les conditions nécessaires pour stabiliser la zone euro, mais restent très insuffisantes sur ce qu’il faudrait faire pour que la zone euro prospère réellement. En se limitant à des solutions graduelles et principalement économiques, ces propositions permettent sans doute à un compromis d’émerger, mais elles ignorent le profond soubassement institutionnel, politique et démocratique de la crise de la zone euro et négligent le fait que, si l’union monétaire ne devient pas rapidement un succès économique, elle risque de devenir politiquement insoutenable.
Depuis la crise de la zone euro, le consensus intellectuel s’est progressivement cristallisé autour de l’idée que, une fois le système financier réparé, la création d’une union bancaire complétée par une union des marchés de capitaux devrait permettre de partager suffisamment de risques pour stabiliser l’union monétaire, comme dans un régime assurantiel. Une sorte d’architecture de Maastricht complétée par, d’un côté, le filet de sécurité minimal créé durant la crise pour le secteur public (le Mécanisme européen de stabilité), accessible seulement à des conditions punitives, et par, d’un autre côté, un plus grand partage des risques par le biais des marchés financiers.
Une combinaison de règles complexes
Les économistes classiques croient que les marchés financiers, les signaux de prix et les incitations...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Une commission parlementaire avait demandé à Facebook d’enquêter sur une potentielle exploitation de sa plate-forme lors de la campagne précédant le référendum.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Référendum sur le Brexit : Facebook dit n’avoir repéré aucune preuve d’ingérence russe

Une commission parlementaire avait demandé à Facebook d’enquêter sur une potentielle exploitation de sa plate-forme lors de la campagne précédant le référendum.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 13h12
   





                        



   


La Russie a-t-elle tenté, comme ce fut le cas lors de l’élection présidentielle américaine de 2016, d’interférer dans le référendum sur le Brexit ? En tout cas, pas en utilisant Facebook, a conclu le réseau social après une enquête interne. Simon Milner, le directeur des affaires publiques de Facebook au Royaume-Uni, a indiqué mercredi 28 février dans une lettre au Parlement n’avoir trouvé aucune preuve de tentative d’ingérence russe sur sa plate-forme pendant la campagne, rapporte la presse britannique.
Facebook avait été sommé l’an dernier par une commission parlementaire d’enquêter à ce sujet. En décembre, le réseau social avait présenté ses conclusions : des acteurs liés aux intérêts russes avaient dépensé… 0,97 dollar, soit 0,79 euro en publicité pendant la campagne. Facebook avait alors expliqué que, selon lui, ces messages avaient en fait atterri par erreur au Royaume-Uni, alors qu’ils étaient censés viser les Etats-Unis.
Des questions en suspens
La commission parlementaire n’avait pas été satisfaite par les conclusions de Facebook. Estimant que le réseau social n’avait pas répondu à toutes ses questions, elle lui avait imposé d’enquêter davantage. Enquête qui, finalement, n’a rien donné de plus, a précisé Simon Milner dans une lettre adressée à cette commission.
Le président de cette commission, le député Damian Collins, a rétorqué qu’il attendait toujours quelques réponses : « J’attends d’eux qu’ils partagent avec nous, parmi d’autres informations : le nombre exact de comptes qu’ils ont suspendu ; comment ils mènent leur guerre contre les bots ; leur méthodologie pour identifier les faux comptes ; et comment ils déterminent de quel pays viennent ces comptes. » Une réponse est attendue dans le courant du mois.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Dans le royaume scandinave, la nécessité de garantir les mêmes droits et d’attribuer les mêmes devoirs aux femmes et aux hommes a été intégrée dans l’identité nationale. Les Suédois considèrent pourtant qu’ils devraient faire mieux.
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L’égalité des genres à la suédoise : tous égaux, sauf certaines

Dans le royaume scandinave, la nécessité de garantir les mêmes droits et d’attribuer les mêmes devoirs aux femmes et aux hommes a été intégrée dans l’identité nationale. Les Suédois considèrent pourtant qu’ils devraient faire mieux.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 12h31
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 13h16
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            
La tribune, publiée par les actrices et comédiennes suédoises, le 9 novembre 2017, dans le quotidien Svenska Dagbladet, a fait l’effet d’une bombe en Suède. Dans le sillage de l’affaire Weinstein aux Etats-Unis, 456 d’entre elles y racontaient, anonymement et sans nommer leurs agresseurs, le harcèlement sexuel et les violences dont elles avaient été victimes sur les scènes de théâtre et les plateaux de cinéma, depuis des années.
Les semaines suivantes, plus de 70 000 femmes, représentant des dizaines de professions, publient des textes similaires : 4 446 juristes, 10 000 médecins, 1 300 élues, 1 132 salariées de l’industrie technique, 4 627 ouvrières du BTP, 1 089 écuyères, 387 archéologues, des centaines d’employées de la défense, de l’Eglise luthérienne… La liste n’en finit plus. Mi-février, c’est au tour des « gameuses » de dénoncer, « les humiliations et le harcèlement », dont elles sont la cible dans l’univers des jeux vidéo en ligne.
La valeur « historique » de #metoo
Nulle part ailleurs, hormis aux Etats-Unis, le mouvement #metoo n’a connu un tel retentissement. Malena Rydell, l’une des deux journalistes à l’origine de la publication de la tribune des actrices, veut croire à la valeur « historique » de #metoo et à son impact sur la notion du consentement : « La ligne rouge de ce qui est acceptable a été redessinée, peut-être de façon définitive. » Difficile pourtant de ne pas voir un paradoxe dans ce déferlement de témoignages. Depuis des décennies, la Suède, avec ses voisins nordiques, passe en effet pour la championne de l’égalité entre les sexes, une valeur devenue partie intégrante de son identité nationale. En octobre 2017, le pays de 10 millions d’habitants était couronné, pour la cinquième fois de suite, par l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE).
La France, elle, s’est classée en cinquième position. Pour les secrétaires d’Etat successifs chargés de la politique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ La Commission européenne souhaite que tout contenu « terroriste » sur Internet soit supprimé dans l’heure suivant son signalement.
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Bruxelles presse les géants du Web de mieux lutter contre les contenus illicites

La Commission européenne souhaite que tout contenu « terroriste » sur Internet soit supprimé dans l’heure suivant son signalement.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 12h20
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

La Commission européenne fait monter d’un cran la pression sur les plates-formes du Web. L’institution communautaire a réclamé, jeudi 1er mars, que tout contenu « terroriste » sur Internet soit désormais supprimé dans l’heure suivant son signalement par les autorités judiciaires des Etats membres ou Europol (l’agence européenne de lutte contre la criminalité), étant donné les dangers potentiels qu’il fait courir aux sociétés.
Le contenu à caractère terroriste étant « le plus préjudiciable au cours des premières heures de sa parution en ligne, toutes les entreprises doivent supprimer ce type de contenu dans le délai d’une heure à compter de son signalement en règle générale », a précisé la Commission.

Cette demande fait l’objet d’une recommandation. Un texte certes non contraignant, mais que les justices nationales sont tenues de prendre en considération si les plates-formes ne s’y conforment pas. La Commission donne rendez-vous aux acteurs du Web dans trois mois, espérant qu’ils auront tenu compte de ses exigences.
Forme de « censure »
Au-delà des contenus à caractère terroriste, la Commission a rappelé aux géants du Web le souhait émis en septembre 2017, à savoir que tous les contenus illicites (violations du copyright, ­contrefaçons, contenus haineux et liés à la pédopornographie) soient supprimés dans les vingt-quatre heures après leur signalement.
Manifestement déçue du résultat de cette concertation, Bruxelles recommande dorénavant aux grandes entreprises du Net d’adopter une démarche plus « proactive » en systématisant la détection automatique des contenus illicites et en partageant ce type de technologie coûteuse avec de petits sites moins fortunés, mais sur lesquels migrent souvent les contenus illicites chassés de Facebook ou de Twitter.
« On constate que plus de 90 % du contenu illégal enlevé avait déjà été signalé et supprimé une première fois. On veut vraiment s’attaquer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Pour conserver leurs avantages, les firmes devront justifier d’une implantation réelle aux Pays-Bas. Le gouvernement entend renforcer les contrôles.
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La Haye durcit la fiscalité des grandes entreprises

Pour conserver leurs avantages, les firmes devront justifier d’une implantation réelle aux Pays-Bas. Le gouvernement entend renforcer les contrôles.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 11h33
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

Ikea, Nike, Starbucks, Procter & Gamble : le traitement fiscal très favorable réservé par les Pays-Bas à ces multinationales a jeté une lumière crue sur des pratiques qui n’étaient pas nouvelles, mais que les « Panama Papers » – ainsi que certaines investigations de la Commission européenne – ont révélées au monde en 2017. Quelques mois plus tard, La Haye dévoile un plan afin de corriger son image de paradis ­fiscal pour grandes entreprises.
Le secrétaire d’Etat aux finances, Menno Snel, a envoyé, le 19 février, une lettre à la Chambre des députés. Il y évoque la nécessité de maintenir le principe des rulings (ou « rescrits »), ces accords censés assurer une sécurité juridique et fiscale aux entreprises qui négocient par anticipation leur statut. Pour M. Snel, les rescrits contribuent au « climat d’investissement favorable » qui prévaut dans le royaume.
Il s’interroge toutefois sur leur nombre et leur justification « dans tous les cas ». Plus question d’en octroyer à des firmes qui empruntent la voie néerlandaise pour échapper à une taxation et créent une simple boîte aux lettres à Amsterdam ou Rotterdam. Les critères d’une implantation réelle dans le pays et du volume d’emplois créés seront pris en compte.
L’exemple le plus étonnant des pratiques néerlandaises fut la ­révélation de l’autorisation octroyée au géant américain Procter & Gamble par un simple fonctionnaire, dont la signature autorisa le transfert de 676 millions de dollars (554 millions d’euros) vers les îles Caïman, en vertu d’un ruling.

La pratique du ruling cause « plus de mal que de bien »
Le secrétaire d’Etat estime que l’image négative donnée de son pays peut pénaliser son activité économique et les investissements dont il bénéficie. Il est appuyé par des experts dont – fait notable – Michiel Spanjers, qui fut, six années durant, conseiller d’un ministre des finances.
Dans une tribune parue il y a deux semaines...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Pour Jean-François Carenco, ex-préfet d’Ile-de-France et président de Coallia, qui héberge de nombreux migrants, les associations ne vont pas devenir des auxiliaires de police.
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Migrants : « La circulaire Collomb a été diabolisée »

Pour Jean-François Carenco, ex-préfet d’Ile-de-France et président de Coallia, qui héberge de nombreux migrants, les associations ne vont pas devenir des auxiliaires de police.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 12h24
    |

            Maryline Baumard








                        



                                


                            

Jean-François Carenco, préfet d’Ile-de-France entre 2015 et 2017, est président de Coallia, un acteur majeur du secteur social avec des foyers pour travailleurs immigrés, et des résidences d’hébergement d’urgence. Il se pose en défenseur de la « circulaire Collomb », ce texte, qui prône le recensement du statut des personnes dans l’hébergement d’urgence. Une circulaire que le Conseil d’Etat a recadrée le 20 février mais dont la future loi sur l’immigration et l’asile discutée en avril facilite l’application.

Quel est votre positionnement sur la « circulaire Collomb », très contestée par les associations ?
En tant que président de Coallia qui accueille et héberge tous les jours des milliers de migrants et avec l’ensemble des 3 500 salariés de l’association, nous comprenons et éprouvons au quotidien que la fraternité républicaine ne pose pas de question, et continuera avec cette circulaire à ne pas en poser.
On entrera toujours dans l’hébergement d’urgence sans montrer ses papiers – des papiers que dans plus de 70 % des cas, en Ile-de-France, on n’a d’ailleurs pas – dans le cadre de l’hébergement spécifique de l’hiver. Mais si notre société veut rester humaine, il lui faut de la rigueur. C’est la raison pour laquelle l’Etat doit savoir qui est hébergé dans les établissements de premier accueil afin de pouvoir mieux orienter les personnes accueillies.

Il existe des structures d’accueil adaptées pour chaque public, et il est nécessaire de les y orienter. L’idée qu’on ne connaisse pas les gens qui entrent dans le système est absurde. Cela rend le travail d’accueil inefficace et coûteux. Dépenser autant d’argent pour avoir des migrants mal ou non pris en charge, est humainement inacceptable et c’est un non-sens administratif.
Cette circulaire a été diabolisée, mais elle a vocation à ce qu’enfin, on connaisse ces personnes. Cependant, il faut veiller à ne pas délégitimer le secteur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Lancée en novembre 2017, la formation + Europa, alliée au PD de Matteo Renzi, se prend à rêver de dépasser le seuil des 3 %, synonyme d’entrée au Parlement.
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Elections en Italie : face aux populismes, Emma Bonino fait le choix de l’Europe

Lancée en novembre 2017, la formation + Europa, alliée au PD de Matteo Renzi, se prend à rêver de dépasser le seuil des 3 %, synonyme d’entrée au Parlement.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 10h42
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

« C’est un miracle ! Vous imaginez, il y a quelques semaines, nous étions à peine trois… » Visiblement épuisée par la campagne électorale harassante qu’elle mène à travers l’Italie depuis plusieurs mois, d’abord pour recueillir des signatures et ensuite pour faire campagne, Emma Bonino, chef de file de la liste + Europa, semble encore incrédule devant le succès que rencontre sa formation, qu’elle n’a lancée qu’en novembre 2017. « Partout en Italie, encore aujourd’hui [jeudi 1er mars] à Palerme, les gens viennent, et les salles sont pleines ! », s’étonnerait-elle presque.
Il faut dire qu’il y a quelques semaines encore, les choses étaient très mal engagées. Non représenté dans le Parlement sortant, le mouvement + Europa devait recueillir 25 000 signatures d’ici à fin janvier pour être autorisé à concourir. Un obstacle presque insurmontable pour une formation jeune et sans moyens, contourné in extremis, début janvier, grâce à un petit parti, le Centre démocratique, qui lui a offert son soutien.
Puis, fin janvier, + Europa s’est alliée à la coalition menée par le PD de Matteo Renzi. Le parti s’assurait ainsi que le centre gauche serait représenté par des candidats + Europa dans une dizaine de circonscriptions acquises à la gauche. En échange de quoi, si le parti obtenait entre 1 et 3 %, ses voix seraient attribuées au PD lors de la répartition des sièges à la proportionnelle.

Hostile à la politique migratoire
Le PD trouvait ainsi, à bon compte, un moyen de stopper son érosion, quand les partisans d’Emma Bonino pouvaient envisager sereinement la perspective d’un retour au Parlement. Mais voilà, les sondages laissent désormais espérer que + Europa dépasse les 3 %, seuil au-dessus duquel un parti peut se voir attribué des sièges à la proportionnelle. En clair, à peine en mesure de se présenter aux premiers jours de 2018, Emma Bonino pourrait bien se retrouver, dimanche 4 mars au soir, à la tête d’un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Alors que les Italiens votent dimanche, plusieurs formations ont imposé leur rhétorique sur le rejet de l’Europe et la haine des migrants.
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Elections en Italie : des néofascistes à la Ligue du Nord, l’extrême droite en force

Alors que les Italiens votent dimanche, plusieurs formations ont imposé leur rhétorique sur le rejet de l’Europe et la haine des migrants.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 10h35
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Parmi les soixante-quinze formations concourant, seules ou en coalition, pour les élections législatives du 4 mars, les partis liés à l’extrême droite semblent tous appelés à progresser. Unis dans un même rejet de l’Europe et des migrants, ils relèvent cependant d’une histoire et d’une doctrine très différentes.
Ligue du Nord : le virage identitaire de Matteo Salvini
Née dans le Nord prospère du pays à la fin des années 1980, du rejet de l’Etat italien centralisateur, du Sud arriéré et de Roma ladrone (« Rome la voleuse »), la Ligue du Nord est tout sauf nationaliste, et elle n’a rien à voir avec les mythologies du fascisme. Au commencement, elle n’était même pas de droite. Cependant, elle s’ancre peu à peu dans le camp conservateur, s’alliant de façon durable avec Silvio Berlusconi.
En prenant la tête du parti fin 2013, Matteo Salvini entreprend d’infléchir encore sa ligne, dans le but de le transformer en mouvement national, anti-immigration et eurosceptique, qui est désormais l’allié de Marine Le Pen. Cette rupture avec les fondamentaux de la Ligue du Nord ne va pas sans provoquer des tiraillements. Porté par une indiscutable dynamique électorale, Matteo Salvini ambitionne même de devancer son allié, M. Berlusconi, au sein de la coalition de droite donnée en tête des intentions de vote par tous les instituts de sondage.

Si c’était le cas, il revendiquerait pour lui-même le poste de premier ministre. Pour l’heure, les derniers sondages créditaient la Ligue de 13 à 15 % d’intentions de vote. Mais l’attaque de migrants à Macerata par Luca Traini, un militant de la Ligue du Nord, lecteur de Mein Kampf, a mis en lumière les ambiguïtés de la formation.
Fratelli d’Italia, la « destra » historique
Ce parti se revendique comme le représentant du néofascisme historique, l’héritier du Mouvement social italien (MSI) de Giorgio Almirante, né fin 1946, après l’interdiction...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Près de 50 millions d’électeurs sont appelés aux urnes dimanche. Aucune majorité claire ne se dégage dans les sondages, malgré la poussée de la droite et la force du Mouvement 5 étoiles.
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En Italie, des élections à plusieurs inconnues

Près de 50 millions d’électeurs sont appelés aux urnes dimanche. Aucune majorité claire ne se dégage dans les sondages, malgré la poussée de la droite et la force du Mouvement 5 étoiles.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 10h26
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



   


C’était il y a à peine un peu plus d’un an, autant dire un siècle. Le 4 décembre 2016, les électeurs ont massivement rejeté une réforme constitutionnelle portée par Matteo Renzi, qui ambitionnait de modifier en profondeur le fonctionnement de la démocratie italienne. Un des objectifs affichés de cet ambitieux dispositif (nouvelle Constitution, nouveau mode de scrutin) était de parvenir à des résultats électoraux clairs, dégageant des majorités solides.
Le soir de l’élection, affirmait alors le premier ministre italien, les électeurs sauront qui sera leur prochain premier ministre. Mais les Italiens en ont décidé autrement. Dimanche 4 mars, près de 50 millions d’électeurs sont appelés aux urnes, dans un brouillard si épais qu’on n’est même pas certain de savoir, à la veille du scrutin, qui est vraiment candidat pour le poste.
Jeudi soir, à moins de trois jours de l’ouverture des bureaux de vote, le chef de file de Forza Italia, Silvio Berlusconi – qui est inéligible –, a tout de même levé un coin du voile en assurant que l’actuel président du Parlement européen, Antonio Tajani, serait son candidat. L’information est tout sauf une surprise, mais elle aura à peine contribué à clarifier les choses, tant sont nombreuses les inconnues entourant le scrutin.

        Entretien :
         

          Mario Monti : « Berlusconi est le père de tous les populismes »



La première d’entre elles porte sur le fait de savoir s’il y aura un vainqueur dimanche soir. Annoncée comme la première force politique du pays depuis plusieurs mois, avec des scores variant peu, de 35 % à 38 % des voix, la coalition de droite, constituée, comme à chaque élection victorieuse depuis un quart de siècle, de Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi, de la Ligue du Nord de Matteo Salvini, des postfascistes de Fratelli d’Italia, dirigés par Giorgia Meloni, et de centristes réunis autour de Raffaele Fitto, se voit attribuer un nombre assez variable de sièges par les instituts de sondage.
Infinies tergiversations
Ces derniers peinent à tirer les conséquences du « Rosatellum », un mode de scrutin particulièrement complexe, savant mélange de scrutin uninominal et de proportionnelle intégrale, adopté en octobre 2017 après des années d’incertitudes. Aucun d’entre eux n’attribue de majorité absolue à la coalition, mais le nombre de sièges manquants varie, pour prendre l’exemple de la Chambre des députés, d’une dizaine – ce qui serait largement surmontable – à une cinquantaine – ce qui le serait beaucoup moins.
Jeudi après-midi, au Théâtre d’Hadrien, à Rome, les dirigeants des quatre composantes de l’alliance, qui n’étaient jamais apparus ensemble durant la campagne, se sont rassemblés après d’infinies tergiversations, pour une photo de groupe qui masquera difficilement l’ampleur des désaccords régnant entre eux.
« Nous espérons arriver à atteindre la majorité, que ce soit à la Chambre ou au Sénat, pour former le gouvernement solide dont le pays a besoin », a déclaré Silvio Berlusconi, avant d’assurer que « du moment que nous serons majoritaires, nous vous garantirons que notre loyauté sera absolue ». Façon d’admettre que, sans perspective de majorité, chaque composante de la coalition reprendra instantanément sa liberté.

        Lire aussi :
         

                Elections italiennes : les trois coalitions en lice font campagne mais évitent l’affrontement



Mais même dans le cas – improbable – d’une majorité absolue dans les deux Chambres, la situation est-elle si claire ? Lorsque le très extrémiste dirigeant de la Ligue du Nord, Matteo Salvini, a pris la parole, cela a été pour asséner : « J’ai hâte que vous nous envoyiez au pouvoir pour abolir la loi Fornero. »
Ses partenaires, attablés à ses côtés, ont laissé dire, mais leur embarras était palpable : en effet, cette réforme particulièrement douloureuse du système de retraites, adoptée dans l’urgence, sous la contrainte des marchés en décembre 2011, ils l’avaient tous trois adoptée. Et chacun sait qu’un retour en arrière en la matière aurait des conséquences désastreuses sur les comptes publics, provoquant instantanément une nouvelle tempête financière pour l’Italie.
A gauche, la principale inconnue est l’ampleur de la défaite annoncée du Parti démocrate de Matteo Renzi
La question des retraites n’est qu’un des nombreux points de désaccord existant entre les composantes de la coalition, qui ne sont au fond d’accord que sur leur volonté de lutter contre l’immigration et ont signé, fin janvier, un programme commun particulièrement vague, dans lequel aucune des mesures envisagées n’était chiffrée. Par exemple, la « flat tax », mesure-clé du programme fiscal de la droite, dont la mise en place coûterait au bas mot 100 milliards d’euros aux finances publiques italiennes, sera établie à 23 % selon Forza Italia, mais à 15 % seulement pour la Ligue du Nord.
Mais le principal point d’achoppement concerne l’identité de la personne appelée à diriger l’ensemble. En effet, si Silvio Berlusconi considère comme allant de soi que son parti est la puissance dominante, comme il en a toujours été depuis 1994, le rapport de force a considérablement évolué, au profit de la Ligue du Nord, portée par une incontestable dynamique électorale.
Ainsi la Ligue et Forza Italia ont-ils convenu que la direction d’un éventuel gouvernement reviendrait à un candidat issu de la formation arrivée en tête parmi les membres de l’alliance, et Matteo Salvini n’a pas perdu espoir, même si les sondages lui donnent un léger retard, de coiffer au poteau le parti de Silvio Berlusconi. Une perspective qui enverrait un message terrible à Bruxelles, alors que l’Union est déjà très inquiète à l’idée de voir entrer au gouvernement un parti très europhobe, allié au Front national au Parlement européen.
A gauche, la principale inconnue est l’ampleur de la défaite annoncée du Parti démocrate (PD), qui n’a cessé depuis des mois, de baisser dans les sondages. Incapable de tirer profit de la reprise économique et de l’amélioration des comptes publics, qui auraient pu être portés à son crédit, le parti pâtit, en outre, de l’usure du pouvoir et du discrédit personnel de son dirigeant, Matteo Renzi, à tel point qu’il n’arrive pas à bénéficier de la présence en ses rangs de la figure la plus populaire du paysage politique italien, le premier ministre sortant, Paolo Gentiloni.
Barrer la route au Mouvement 5 étoiles
S’il n’a pas perdu espoir de rester aux affaires, par le biais d’une large coalition avec la droite modérée, voire d’un gouvernement d’union nationale, dans le cas d’une absence de majorité claire dimanche soir, le PD aura réussi à mettre en branle une improbable machine à perdre, élaborant une loi électorale taillée sur mesure pour la droite, sans parvenir à empêcher le développement sur sa gauche des listes Libres et égaux, dirigées par le président du Sénat, Pietro Grasso, qui lui ont ôté tout espoir de bien figurer dans la course aux sièges désignés au scrutin majoritaire.
Conçu avant tout pour barrer la route au Mouvement 5 étoiles, qui devrait être de loin, dimanche soir, le premier parti du pays, le « Rosatellum » tiendra sans doute, au moins sur ce point, ses promesses. Il n’en reste pas moins que le niveau atteint par ce mouvement protestataire, engagé, sous la direction du très jeune Luigi Di Maio (31 ans), dans un incontestable processus de normalisation, est une des inconnues majeures du scrutin. En viendrait-il à frôler les 30 %, comme certains sondages le laissaient penser, qu’il serait difficile de ne pas en tenir compte.
La dernière incertitude, qui n’est pas la moindre, concerne l’attitude du président de la République, Sergio Mattarella, au soir de l’élection. Placé de par sa fonction au-dessus des partis, c’est à lui que reviendra, après consultations, de confier à celui qui en semblera le plus capable la charge de former un gouvernement. Lorsque seront dissipées les brumes entourant le scrutin de dimanche, lui seul aura toutes les cartes en main.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’écrivain Sandro Veronesi explique que les électeurs traditionnels du centre droit et du centre gauche ont perdu tout repère à la veille des élections législatives, qui se tiennent dimanche 4 mars dans la Péninsule.
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« Pour qui peut bien voter un Italien modéré ? »

Dans une tribune au « Monde », l’écrivain Sandro Veronesi explique que les électeurs traditionnels du centre droit et du centre gauche ont perdu tout repère à la veille des élections législatives, qui se tiennent dimanche 4 mars dans la Péninsule.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 09h53
    |

Sandro Veronesi (Ecrivain et scénariste, lauréat, en 2008, du prix Femina étranger pour "Chaos calme" (Grasset, 2008))







                        



                                


                            

Tribune. Après la campagne électorale la plus folle et la plus tordue qu’ait connue l’histoire républicaine, pour qui peut bien voter un Italien laïque, plutôt cultivé, fermement attaché aux principes démocratiques, suffisamment raisonnable et étranger aux logiques du profit personnel ? En voilà une question. Je pense à ceux qui, comme mon père et moi, ont voté pendant des années pour un parti contre l’autre, formant le cadre parlementaire italien, à travers une majorité et une opposition dans lesquelles ils se reconnaissaient.
Je pense à la Ire République [1948-1994], quand les conservateurs et les catholiques votaient pour la Démocratie chrétienne (DC), les laïques pour les partis laïques, les marxistes et les progressistes pour le Parti communiste (PCI). Puis, durant la IIe République [depuis 1994], quand Forza Italia a fait son entrée au sein de l’électorat démochrétien, évinçant – ce qui ne s’était jamais vu – les néofascistes de l’Alliance nationale, et quand le Parti démocrate de la gauche (PDS) d’Achille Occhetto a succédé au PCI. (La seule vraie nouveauté fut peut-être la toute jeune formation territorialiste d’Umberto Bossi, la Ligue du Nord, qui remporta de francs succès dans les régions septentrionales, mais rien dans le reste du pays.) Je pense même aux dernières élections de 2013 quand, au déclin de Berlusconi, a fait écho celui des dirigeants historiques du Parti démocrate.
Rien de semblable ne s’offre aujourd’hui au regard des citoyens italiens. L’électeur modéré, laïque ou catholique, qui, en 1994, avait cru en Berlusconi, se trouve à présent devant une banderole de Forza Italia qui continue de proclamer « Berlusconi président », malgré la condamnation définitive pour fraude fiscale, prononcée en 2013, qui le prive, en vertu de la loi Severino, du droit d’être investi de toute charge publique. Alors, président de quoi ? De rien.
Les contradictions du centre droit
Que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la politologue Sofia Ventura décrypte le retour sur le devant de la scène du Cavaliere, pourtant non éligible jusqu’en 2019.
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Article sélectionné dans La Matinale du 01/03/2018
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« Berlusconi, ou le triste signe de l’abyssale crise politique italienne »

Dans une tribune au « Monde », la politologue Sofia Ventura décrypte le retour sur le devant de la scène du Cavaliere, pourtant non éligible jusqu’en 2019.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 09h53
    |

Sofia Ventura (professeure associée de science politique à l'université de Bologne)







                        



                                


                            

Tribune. Tous ceux qui s’intéressent à la politique italienne se posent aujourd’hui la même question : comment est-il possible que Berlusconi occupe de nouveau le devant de la scène et que, à la veille des élections, la coalition dont il est à la tête (Forza Italia, la Ligue du Nord, de Matteo Salvini, et Fratelli d’Italia, de Giorgia Meloni) apparaisse comme l’unique force capable d’obtenir la majorité absolue ?
En réalité, Berlusconi n’a jamais vraiment disparu, même si, après la démission de son gouvernement en 2011, il en est venu à jouer un rôle plus marginal. Mais la faiblesse du système politique italien, et en particulier du Parti démocrate (PD), parallèlement à la montée en puissance du Mouvement 5 étoiles (parti antisystème), lui a permis de rester en piste. De 2011 à 2013, il a soutenu, avec le PD, les gouvernements Monti et Letta (jusqu’en novembre 2013, quand il est passé dans l’opposition). En janvier 2014, il a été, avec Matteo Renzi, le principal protagoniste du pacte censé engager les réformes institutionnelles.
Les procès et les condamnations l’ont fait exclure du Sénat en 2013, et toute charge publique lui est interdite jusqu’en 2019. Et pourtant, Berlusconi a continué de représenter l’aile modérée de la droite. Aucune figure extérieure à son parti n’a émergé pour lui contester ce rôle, tandis qu’il restait le seul chef au sein de Forza Italia. En effet, Forza Italia est un parti personnel : son chef de file a empêché la mise en œuvre de mécanismes démocratiques qui auraient permis à de nouvelles personnalités d’apparaître et de le concurrencer.
Coalition avec la Ligue
A la tête d’un parti dont la base s’est réduite comme peau de chagrin, il a été défié ces dernières années par le nouveau leader de la Ligue du Nord (dite « Ligue » – Lega  – depuis janvier) : melo, élu fin 2013. Salvini a abandonné les objectifs fédéralistes qui caractérisaient originairement le mouvement pour faire de son parti...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ L’avocat du tueur multirécidiviste défend sa libération conditionnelle. Il a gagné à sa cause d’autres pénalistes qui dénoncent la situation désastreuse des prisons belges.
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Marc Dutroux, du « trou noir » à la lumière du jour ?

L’avocat du tueur multirécidiviste défend sa libération conditionnelle. Il a gagné à sa cause d’autres pénalistes qui dénoncent la situation désastreuse des prisons belges.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 06h36
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

LETTRE DE BRUXELLES
Il est peu de tabous qui subsistent dans la société belge qui a, avant pas mal d’autres, aboli la peine de mort et entériné de nombreuses réformes sociétales. Une société qui, traditionnellement, sait, aussi, éviter les débats qui fâchent vraiment.
Evoquer la possible libération de Marc Dutroux relève, en revanche, de l’interdit absolu dans ce royaume marqué à jamais par les crimes du tueur multirécidiviste, condamné, en 2004, à la réclusion à perpétuité pour une série impressionnante de délits et, surtout, le viol, la séquestration et l’assassinat de jeunes filles dont les prénoms sont gravés dans la mémoire collective : Julie, Mélissa, An, Eefje. Elles ont été les victimes d’un être machiavélique qui, selon le témoignage de l’un de ses anciens avocats, cultivait le projet d’une société souterraine et harmonieuse peuplée d’enfants…
Deux autres fillettes, Sabine et Laetitia, ont miraculeusement échappé aux griffes dont celui qui incarne encore, pour de nombreux Belges, le mal absolu.
Bruno Dayez, dernier défenseur en date du tueur, ose, lui, ce qui apparaît à beaucoup comme impensable : il estime qu’il est temps d’envisager la libération conditionnelle de Dutroux. Même si sa peine a été assortie d’une mise à disposition du gouvernement de dix ans. Même si l’absence de dangerosité du détenu, aujourd’hui âgé de 61 ans, est loin d’être prouvée. Même si les parents des victimes, soutenus par une partie de l’opinion publique avec laquelle ils ont écrit la célèbre page de la Marche blanche (quelque 350 000 manifestants, en 1996, pour dénoncer la faillite de l’appareil policier et judiciaire), refusent tout débat sur ce sujet.
Un raisonnement à haut risque
« Libérer Dutroux », convient l’avocat dans le livre au titre presque éponyme qu’il publie (Pourquoi libérer Dutroux ? Editions Samsa), « sont deux mots qui vont très mal ensemble. » « Un non-sens absolu, une ineptie, outre la pire des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ La dictature de Mussolini a couvert le pays de chefs-d’œuvre architecturaux. Faut-il les restaurer ? Comment les présenter ? Ces questions divisent.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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L’Italie embarrassée par son patrimoine architectural fasciste

La dictature de Mussolini a couvert le pays de chefs-d’œuvre architecturaux. Faut-il les restaurer ? Comment les présenter ? Ces questions divisent.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 15h32
    |

                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Plongeurs athlétiques, chevaux cabrés et tritons surveillent les baigneurs du centre sportif Foro Italico, à Rome. Ces mosaïques fantastiques font de la piscine une des plus belles de la capitale italienne ; seule sa petite sœur, à l’étage, jadis fréquentée par Mussolini en personne, peut rivaliser. En sortant, les baigneurs foulent un sol couvert d’aigles, de bombardiers, de chemises noires et d’inscriptions belliqueuses – « Vaincre est nécessaire, combattre l’est encore plus », « Beaucoup d’ennemis, beaucoup d’honneur », « L’Italie a enfin son empire ». Nous sommes à deux pas du stade olympique. A l’entrée du complexe, un obélisque arbore l’inscription MVSSOLINI DVX. Bâti pour la candidature de Rome aux Jeux olympiques de 1940, le Foro Italico évoque, par son architecture tonitruante, la gloire de l’ancien Empire romain et encense la dictature fasciste.
Avant-garde architecturale
Si les touristes s’offusquent de voir le nom du Duce gravé en lettres capitales, les locaux assument leur amour pour l’endroit. Produit de la propagande du « Ventennio », la double décennie fasciste, le Foro Italico est également emblématique de l’avant-garde architecturale de l’époque. Sa restauration pouvant prêter à de mauvaises interprétations sur son véritable mobile, on a laissé le marbre se fissurer et les mosaïques se dégrader. Mais lorsque, en 2015, la présidente de la Chambre des députés, Laura Boldrini, a proposé d’effacer le nom « Mussolini » du monolithe, on l’a accusée de vouloir défigurer un chef-d’œuvre…
Que faire alors de ce patrimoine aussi encensé qu’encombrant ? A l’automne 2017, le démantèlement aux Etats-Unis de statues confédérées a relancé la controverse : l’Italie ­a-t-elle fait son travail de mémoire ? s’interrogeait l’historienne Ruth Ben-Ghiat. La question divise le pays, qui appréhende la montée de l’extrême droite lors des élections parlementaires, le 4 mars.
Or, de Trieste à Palerme, la Botte est parsemée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Le premier sanctuaire pour requins au monde fut créé en 2009 par l’archipel de Palau. Plus de 70 millions de requins sont tués chaque année.
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Les Samoa créent un sanctuaire pour requins

Le premier sanctuaire pour requins au monde fut créé en 2009 par l’archipel de Palau. Plus de 70 millions de requins sont tués chaque année.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 05h56
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 07h01
   





                        


Les îles Samoa ont annoncé la création dans leurs eaux d’un sanctuaire pour requins, à l’instar de nombreux autres territoires du Pacifique cherchant à protéger le prédateur marin.
« Nous ne pouvons rester sans rien faire quand la demande en produits provenant des requins est en train de priver les générations futures de ces espèces de grande valeur sur les plans culturel, écologique et économique », a déclaré cette semaine le premier ministre, Tuilaepa Sailele, au Samoa Observer. « Pour nos prochaines générations, continuons à protéger ces espèces menacées. »
Bien que la superficie terrestre des Samoa soit réduite, les eaux de l’archipel s’étendent sur 129 000 kilomètres carrés, soit l’équivalent du territoire de l’Angleterre.
Le premier sanctuaire pour requins au monde fut créé en 2009 par l’archipel de Palau (ou Palaos), ce qui eut pour conséquence d’interdire leur pêche dans toute sa zone économique exclusive (ZEE), soit 630 000 kilomètres carrés.
Les Kiribati, les îles Cook et la Nouvelle-Zélande ont pris des mesures similaires.
Selon World Wildlife Fund, plus de 70 millions de requins sont tués chaque année pour leurs ailerons, et de nombreuses espèces de squales sont menacées.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Réfugié à Bruxelles, l’ancien dirigeant de la région autonome semble décidé à demeurer le trublion de la politique espagnole et le héraut de l’indépendance.
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Article sélectionné dans La Matinale du 01/03/2018
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Puigdemont renonce « provisoirement » à la présidence de la Catalogne

Réfugié à Bruxelles, l’ancien dirigeant de la région autonome semble décidé à demeurer le trublion de la politique espagnole et le héraut de l’indépendance.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 20h07
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 09h12
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


Est-ce une preuve de réalisme ou une nouvelle provocation à l’égard du gouvernement espagnol ? L’ancien président de la Catalogne, Carles Puigdemont, destitué par Madrid le 26 octobre 2017 après la mise sous tutelle de la région rebelle, a annoncé, jeudi 1er mars, dans un discours diffusé sur les réseaux sociaux, qu’il renonçait « provisoirement » à briguer la présidence de la Généralité, l’exécutif catalan.
Mais dans le même temps, il a précisé que sa formation, Junts per Catalunya (Ensemble pour la Catalogne), présentera à sa place la candidature de Jordi Sanchez, président de la puissante association indépendantiste Assemblée nationale catalane (ANC) et numéro deux sur sa liste, actuellement… en détention préventive. Incarcéré depuis le 16 octobre 2017, il est accusé de « sédition » par la justice espagnole.
Installé en Belgique depuis le 30 octobre 2017, afin d’éviter les poursuites judiciaires pour « rébellion, sédition et détournement de fonds publics » engagées en Espagne à son encontre après sa tentative de sécession avortée, M. Puigdemont semble pourtant bien décidé à demeurer le trublion de la politique espagnole et le héraut de l’indépendance catalane.
Parlement catalan paralysé
Jusque-là, il avait maintenu son intention de reprendre la tête de la Généralité. Quitte à gouverner la région à distance, depuis Bruxelles. Mais ce souhait a été contrecarré par le Tribunal constitutionnel espagnol, saisi par Madrid, qui a obligé le président du Parlement catalan, l’indépendantiste de la Gauche républicaine (ERC) Roger Torrent, à suspendre sine die la session d’investiture du 30 janvier, afin d’éviter de possibles poursuites. Depuis cette date, le Parlement de Catalogne était paralysé.
Un mois plus tard, sous la pression d’ERC et de membres de son parti, M. Puigdemont a donc accepté de faire un pas en arrière, sous certaines conditions. Quelques heures plus tôt, il a ainsi obtenu la reconnaissance symbolique de sa légitimité. Jeudi, les indépendantistes ont voté au Parlement catalan une résolution rejetant « la destitution illégale et illégitime » de M. Puigdemont et réaffirmant le soutien majoritaire de la Chambre régionale à son égard. Enfin et surtout, il entend maintenir un certain contrôle sur la politique de la région autonome.
Bien que M. Puigdemont ait assuré que, grâce à son retrait, « Madrid n’aura aucune excuse pour maintenir l’occupation de nos institutions », le choix de Jordi Sanchez pour le remplacer semble au contraire de nature à prolonger le blocage observé depuis les élections du 21 décembre 2017.

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                La justice espagnole bloque l’investiture de Puigdemont comme président de la Catalogne



Afin de participer au vote d’investiture, M. Sanchez devra en effet demander une autorisation de sortie de prison au juge du Tribunal suprême, Pablo Llarena, afin de se rendre au Parlement. Or le magistrat la lui a déjà refusée ces derniers mois, lorsqu’il a voulu assister à la session de constitution de la Chambre régionale, puis au débat avorté d’investiture de M. Puidgdemont. Et malgré les critiques d’avocats, d’intellectuels et d’organisations – dont Amnesty International Espagne –, sur la durée de la détention provisoire, sa remise en liberté semble incertaine à ce jour.
Dans ces conditions, le gouvernement espagnol lèvera-t-il la mise sous tutelle de la Catalogne ? Rien n’est moins sûr. Le porte-parole du gouvernement, Iñigo Mendez de Vigo, a en effet rappelé, le 28 février, que celle-ci est prévue jusqu’à ce qu’il y ait dans la région autonome « un gouvernement constitué légalement » et « avec pleine capacité d’exercice. » Ce qui serait « difficile » si les indépendantistes choisissent « un homme qui est à la disposition de la justice et en prison », a-t-il précisé en référence à M. Sanchez.

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                Indépendance de la Catalogne : résumé de la crise entre Madrid et Barcelone



Plainte contre l’Etat
La candidature de l’ancien président de l’ANC est également contestée dans la région. « Les indépendantistes ne cherchent pas un président de la Généralité, mais une manière de prolonger les embrouilles et le processus indépendantiste, pour ne pas faire face à la réalité, qui est qu’ils n’ont pas le soutien international, ni la majorité sociale, ni la couverture légale, ni la raison avec eux… », a réagi la porte-parole du parti libéral Ciudadanos, Inès Arrimadas, arrivée en tête des élections du 21 décembre 2017.
« L’investiture de Jordi Sanchez (…) n’est pas la façon la plus rapide de récupérer l’autonomie du gouvernement catalan, a de son côté lancé aux indépendantistes le chef de file de la formation de la gauche alternative En Comu-Podem, Xavier Domenech. Vous avez la majorité pour gouverner, pas pour proclamer l’indépendance. »

M. Puigdemont se dit quant à lui bien décidé à faire vivre la flamme de la « République catalane » proclamée le 26 octobre 2017 au Parlement régional. Pour cela, « dans les prochains jours », il convoquera « les [députés] à une réunion solennelle pour impulser une nouvelle étape, et former le Conseil de la République, pour qu’il conduise au chemin de l’indépendance effective. » Son objectif est que ce « Conseil », qu’il entend présider, constitue « l’Etat libre » de Catalogne « en exil » et travaille « en étroite collaboration avec le gouvernement de l’intérieur », celui de Barcelone, pour mener un « processus constituant. » Une idée qualifiée de « démente » par le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy.
M. Puigdemont a enfin annoncé qu’une « équipe d’avocats internationaux » a présenté en son nom une plainte contre l’Etat espagnol devant le comité des droits de l’Homme des Nations Unies pour violation du droit à l’autodétermination des peuples, des droits d’opinion et de participation politique. Avant de conclure, le regard décidé, sur un ton de défi : « Que ce soit clair pour tout le monde. Je ne capitulerai pas, je ne renoncerai pas, je ne me retirerai pas… »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Après chaque scandale, les ONG mettent en place de nouvelles mesures, chartes et commissions. Sans parvenir à empêcher de nouvelles affaires.
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Violences sexuelles par des humanitaires : les ONG peinent à trouver des solutions

Après chaque scandale, les ONG mettent en place de nouvelles mesures, chartes et commissions. Sans parvenir à empêcher de nouvelles affaires.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 18h01
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 16h08
    |

            Laura Motet








                        



   


C’est un serpent de mer dans l’humanitaire, qui ressurgit périodiquement à la faveur de scandales médiatiques : des employés de ces organisations non gouvernementales profitent de leur statut pour obtenir des relations sexuelles en échange de leur assistance.
Le 8 février, le quotidien britannique The Times révélait que des membres haut placés d’Oxfam avaient eu recours à des prostituées et avaient abusé sexuellement de mineures en 2011 en Haïti, touché par un séisme violent l’année précédente. Depuis, de nouvelles accusations mettent en cause des employés d’Oxfam au Tchad, au Soudan du Sud et au Liberia. Des membres du personnel des agences de l’Organisation des Nations unies (ONU) et d’organisations caritatives internationales s’adonneraient aux mêmes pratiques en Syrie, en guerre civile depuis sept ans, a aussi révélé la BCC, le 27 février.

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                Oxfam, Médecins sans frontières, la Croix-Rouge… Les ONG confrontées à des scandales sexuels



Ces scandales sont loin d’être les premiers du genre. En février 2002, déjà, Le Monde mettait à sa « une » une affaire similaire, « Sexe contre nourriture », impliquant soixante-sept employés d’agences humanitaires en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone.
Quels mécanismes de prévention et de sanctions ont été mis en place par les ONG ? Sont-ils suffisants ? Etat des lieux.
Bouche-à-oreille et contact avec l’ancien employeur
Sur le terrain, la situation asymétrique entre le travailleur humanitaire et les bénéficiaires constitue un environnement propice aux abus. « Vous avez des personnes extrêmement vulnérables, qui ont tout perdu bien souvent, et d’autres qui ont accès à beaucoup de ressources, ce qui leur donne du pouvoir », rappelle à l’Agence France-Presse (AFP) Mike Jennings, directeur des études sur le développement à l’Ecole des études orientales et africaines de Londres.
La sélection des candidats qui vont évoluer dans ce contexte particulier est donc décisive. Mais pour Claire Colliard, cofondatrice du Centre de psychologie humanitaire de Genève :
« Les ONG, de taille moyenne ou de petite taille, notamment, n’ont pas de personnel des ressources humaines suffisant et suffisamment formé pour recruter des gens solides. La plupart des recrutements humanitaires se font sur la base de compétences techniques — on cherche un ingénieur, un logisticien, etc. —, mais les ONG, même les grosses, font rarement des questionnaires sur les compétences de vie. »
Pour tenter d’évaluer ces « compétences », la plupart des ONG effectuent des contrôles de routine lors du recrutement : le bouche-à-oreille et la prise de contact avec les anciens employeurs. Deux méthodes qui ont pourtant failli pour Roland Van Hauwermeiren et Gurpreet Singh, deux membres du personnel d’Oxfam au cœur du scandale actuel en Haïti.
En 2011, un rapport interne confirme qu’ils ont eu recours à des prostituées. Le premier, ancien directeur d’Oxfam en Haïti, démissionne à la suite du rapport, gardé secret par Oxfam. Peu de temps après, il prend la tête d’une mission au Bangladesh pour le compte d’Action contre la faim. Dans un communiqué du 12 février, l’ONG française a déclaré ne pas avoir été avertie de ses agissements alors qu’elle avait contacté d’anciens employeurs, dont Oxfam, lors du processus de recrutement.
Le second, Gurpreet Singh, renvoyé à la suite du rapport, est embauché quelques mois plus tard… comme consultant pour une mission d’Oxfam en Ethiopie, d’octobre à décembre 2011. « Embaucher Singh, même comme consultant de court terme dans une situation d’urgence, était une grosse erreur. Cela n’aurait jamais dû se passer », a reconnu un porte-parole d’Oxfam.
De son côté, Joël Weiler, directeur général de Médecins du monde, interrogé par l’AFP, fulmine :
« C’est fou que cela puisse arriver. L’humanitaire, c’est un tout petit milieu, les planches pourries, les gens qui traînent des valises, on les connaît. » 
Codes de conduite, systèmes de signalement et d’enquête
Pour tenter de prévenir ces scandales, les organisations caritatives mettent aussi en place des codes de conduite engageant les employés sur le terrain. Le code de conduite du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), par exemple, interdit explicitement l’achat de services sexuels « en toutes circonstances et dans le monde entier, y compris les pays où la prostitution est légale ».
D’autres ONG dispensent des cours d’éthique à ceux qui partent sur le terrain. De son côté, Oxfam a annoncé une série de mesures, dont la création d’une commission « indépendante » qui passera en revue la culture et les pratiques de l’ONG.
Le groupe de travail spécial du Comité permanent interorganisations (CPI) sur la protection contre l’exploitation et l’abus sexuels (PSEA) dans les situations de crise humanitaire, créé en 2002, publie également régulièrement des rapports listant les bonnes pratiques et mettant en garde les ONG. Dans une note de 2010, ce groupe de travail avait d’ailleurs alerté sur le fait que « la crise en Haïti crée un environnement à haut risque du point de vue de l’EAS [l’exploitation et les abus sexuels] ».
Enfin, un dernier axe d’amélioration a été identifié : rendre les systèmes internes de signalement et d’enquête plus efficaces, en facilitant encore davantage la remontée des plaintes et en donnant plus de temps et de moyens à ceux qui les vérifient. Même si ces objectifs contredisent en partie ceux des donateurs : ceux-ci souhaitent souvent que leurs dons soient dépensés sur le terrain, pour venir en aide aux bénéficiaires, plutôt que pour mettre en place davantage de contrôles lors des recrutements ou de moyens pour les enquêtes internes.
« Beaucoup de gens disent que les organisations humanitaires dépensent trop d’argent pour l’administration, et pas assez sur le terrain. Mais pour éviter ce type de comportement, vous devez mettre en place des contrôles. Et ça coûte de l’argent », rappelle Mike Jennings.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Le groupe anglais Kingfisher avait annoncé le 13 février la suppression de 400 postes en France, chez Castorama et Brico Dépôt. Un document suggérant que des salariés français formeraient leurs successeurs polonais a fuité.
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Délocalisation en Pologne : la direction de Castorama plaide la « maladresse »

Le groupe anglais Kingfisher avait annoncé le 13 février la suppression de 400 postes en France, chez Castorama et Brico Dépôt. Un document suggérant que des salariés français formeraient leurs successeurs polonais a fuité.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 16h57
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 17h15
   





                        



   


Une « maladresse » de la direction a provoqué l’émoi jeudi 1er mars chez les salariés de Castorama : un document lié à la délocalisation de services en Pologne, aboutissant à la suppression de 409 emplois en France, édictait que les Polonais seraient formés par les employés français.
« Certains interlocuteurs (polonais) viendraient travailler aux côtés des équipes comptables de Castorama France à Templemars (Nord) pour se former aux procédures et modes opératoires », peut-on lire dans une capture d’écran de ce document que l’AFP s’est procurée, confirmant une information de Franceinfo.

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                Plus de 400 suppressions de postes annoncées chez Castorama et Brico Dépôt



« Aucun des collaborateurs concernés par une suppression de poste ne sera chargé de ces formations »
Il s’agit d’une « maladresse de formulation », a précisé une porte-parole de Kingfisher à l’AFP, ajoutant que le groupe « prenait en considération les salariés et ce qu’ils peuvent ressentir ».
Les nouveaux employés polonais « devront en effet être formés aux spécificités comptables françaises mais aucun des collaborateurs concernés par une suppression de poste ne sera chargé d’assurer ces formations », a assuré Olivier Lurson, directeur des ressources humaines, dans un communiqué transmis à l’AFP.
Des salariés et plusieurs syndicats ont vilipendé l’attitude de la direction. « Sur les réseaux sociaux, dans l’entreprise, les salariés ont dit : “Il est hors de question qu’on fasse ça, ils nous prennent pour des imbéciles, ils croient qu’on va marcher dans la combine” », a rapporté à l’AFP Jean-Paul Gathier, délégué syndical central FO Castorama au comité d’entreprise. « Ca les a choqués, ils étaient très remontés. »
« Pour les gens qui ont eu cette annonce, ça a été dur de se dire qu’ils allaient être remplacés et obligés de former leurs successeurs », a abondé Pascal Le Mangouero, délégué CFE-CGC.
Pour Jean-Paul Gathier, ce n’était pas une maladresse. « Je pense qu’ils avaient l’intention de le faire à la base mais ont reculé devant nos réactions. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Les négociatrices de la Commission, du Parlement et du Conseil européens ont annoncé, jeudi, être parvenues à un accord pour réviser la directive travailleurs détachés de 1996.
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Réforme du travail détaché : les Européens ont franchi une étape décisive

Les négociatrices de la Commission, du Parlement et du Conseil européens ont annoncé, jeudi, être parvenues à un accord pour réviser la directive travailleurs détachés de 1996.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 16h15
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 06h45
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        


Elisabeth Morin-Chartier est « une femme heureuse », comme les trois autres négociatrices présentes ce jeudi 1er mars au matin dans la salle de presse du Conseil européen – une exception dans un univers bruxellois encore très masculin.
L’eurodéputée de droite (elle a quitté Les Républicains mi-février) n’a pas beaucoup dormi, mais elle a tenu à annoncer la bonne nouvelle, avec sa collègue sociale-démocrate néerlandaise Agnes Jongerius, la commissaire au social Marianne Thyssen, et la ministre du travail bulgare Zornitsa Roussinova : après trois mois de négociations, dont un dernier « trilogue » marathon mercredi soir, les élues mandatées par le Parlement européen sont parvenues à une « entente commune » avec les négociatrices du Conseil (les Etats membres) sur la révision de la directive travailleurs détachés de 1996.

        Lire le décryptage :
         

          Six questions pour comprendre la directive européenne sur les travailleurs détachés



Si ce compromis est validé dans les semaines qui viennent, alors « nous aurons posé une pierre fondamentale de l’Europe sociale, pour une meilleure organisation du marché intérieur », s’est félicitée Mme Morin-Chartier :
« Cela doit montrer une chose à nos concitoyens : l’Europe n’est pas éloignée de leurs préoccupations, dont la première est l’emploi. »
Un sujet d’autant plus aigu en France que le nombre de travailleurs détachés s’y est envolé (l’article 2 du texte définissant ainsi « tout travailleur qui, pendant une période limitée, exécute son travail sur le territoire d’un Etat membre autre que l’Etat sur le territoire duquel il travaille habituellement »). En 2017, l’Hexagone en comptait un peu plus de 516 000, hors transport routier, une hausse de 46 % par rapport à 2016, selon un « bilan intermédiaire du plan national de lutte contre le travail illégal » (Le Monde du 5 février).
Quel était l’enjeu des discussions ?
La Commission européenne, la Belgique et surtout la France réclamaient depuis des mois la modernisation de la directive travailleurs détachés.
Ce texte est censé protéger les travailleurs d’un pays membre en mission temporaire dans un autre Etat de l’Union. Mais il s’agit d’un cadre qui est daté : il a été conçu dans une Europe à quinze membres « où les écarts de salaires minimum n’étaient que de un à trois », comme le rappelle Mme Morin-Chartier (contre de un à dix aujourd’hui).
Sitôt élu, le président français, Emmanuel Macron, avait choisi de faire de la révision de la directive de 1996 une de ses premières batailles bruxelloises.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Travail détaché : un symbole politique d’importance pour Emmanuel Macron



Grâce au soutien appuyé de la Commission Juncker, il avait obtenu une majorité suffisante au conseil des ministres des affaires sociales d’octobre 2017. Mais cette étape n’était qu’intermédiaire : les ministres devaient trouver un terrain d’entente avec le Parlement.
L’« entente commune », un accord ?
Les négociatrices sont restées très prudentes jeudi : leur « possible » accord reste fragile et devra encore passer la barre des 28 représentants des Etats membres, qui attendent de voir les termes du compromis couchés sur le papier pour se prononcer, d’ici mi-mars.
Mmes Morin-Chartier et Jongerius doivent aussi de nouveau convaincre les élus de leurs groupes politiques respectifs. D’abord en commission emploi du Parlement de Strasbourg. Avant l’indispensable validation ultime en séance plénière, aux alentours de juin.
Habituellement, ces étapes sont des formalités, mais pas dans le cas d’un texte aussi sensible. Certaines capitales de l’Est, très hostiles à sa révision, pourraient encore tenter de faire dérailler l’accord final. La révision de la directive cristallise la division, déjà profonde, entre Etats de l’est et Etats de l’ouest de l’Europe, les seconds criant au dumping social, les premiers s’inquiétant pour la compétitivité de leurs entreprises.

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Les principaux points du texte de compromis
L’encadrement du travail posté : le compromis des dernières heures préserve l’exigence la plus médiatisée formulée par Emmanuel Macron : Paris tenait à ce que le travail posté soit limité à douze mois. Les autres capitales, très récalcitrantes, avaient accepté cette période restreinte, à condition qu’elle puisse être prolongée de six mois dans certains cas de figure. Le Parlement européen, qui tenait à une période plus longue, de vingt-quatre mois, a finalement cédé : elle restera de « douze plus six mois ».La spécificité du secteur des transports : le Parlement a aussi reculé sur les conditions de travail dans le transport, comme avait dû s’y résoudre Paris en octobre 2017. L’Espagne et les pays de l’Est exigeaient que les chauffeurs ne soient pas soumis aux dispositions protectrices du travail détaché, et que leurs conditions de rémunération soient précisées par un autre texte législatif encore à négocier à Bruxelles dans les mois à venir.Les conditions de révision du texte : seule concession du Conseil, il a accepté que la Commission procède à une révision de ce texte « transport » cinq ans après qu’il aura été promulgué.
Pour le reste, les négociatrices du Parlement de Strasbourg, globalement sur la ligne protectrice de la France et de la Commission, ont eu gain de cause.
Les rémunérations : les travailleurs détachés doivent bénéficier « de la même rémunération, pour le même travail sur le même lieu de travail », que les travailleurs locaux, a insisté Mme Thyssen, jeudi.Les conventions collectives : les employeurs de travailleurs détachés devront s’aligner sur les conventions collectives, alors que la directive de 1996 ne garantissait aux « détachés » que le salaire minimum dans le pays d’accueil, mais pas les primes (pénibilité, 13e mois, etc.). Ils pourront aussi être remboursés pour leurs frais (hébergement, transport), un autre point essentiel.La durée de transposition de la directive : les eurodéputées ont obtenu que celle-ci soit limitée à deux ans après son adoption définitive. Soit en 2020, si le texte est adopté cette année. Le Conseil européen réclamait quatre ans, donc pas avant 2022 au bas mot.
Les premières réactions
« Le compromis trouvé cette nuit est très positif, il garantit toutes les avancées essentielles de la réforme, notamment le respect du principe : à travail égal, salaire égal », s’est félicité l’Elysée, jeudi.
La Confédération européenne des syndicats (CES) a appelé, jeudi, le Parlement et le Conseil à définitivement valider un presque accord qui garantirait enfin aux travailleurs détachés « un salaire égal et une meilleure protection ». 
« Pour quelque deux millions d’entre eux en Europe, c’est la perspective d’une augmentation salariale qui n’a que bien trop tardé », insiste Luca Visentini, le secrétaire général de la Confédération.  

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