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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ La 43e cérémonie des Césars se déroule vendredi soir. Treize nominations distinguent les films de Robin Campillo et Albert Dupontel.
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Césars 2018 : « 120 battements par minute » et « Au revoir là-haut » en grands favoris

La 43e cérémonie des Césars se déroule vendredi soir. Treize nominations distinguent les films de Robin Campillo et Albert Dupontel.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 09h32
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 09h57
   





                        



   


C’est la grand-messe du septième art français. La 43e cérémonie des Césars se tient vendredi 2 mars à 21 heures à la salle Pleyel, à Paris. Elle sera dédiée à Jeanne Moreau (morte en juillet 2017), animée par l’acteur Manu Payet et présidée par l’actrice et chanteuse Vanessa Paradis.

        Lire le récit :
         

          A la veille de la 43e cérémonie des Césars, le cinéma français veut changer d’ère



Quatre films partent favoris vu leur nombre impressionnant de nominations : 120 battements par minute, drame sociétal et romanesque de Robin Campillo sur les années sida ; Au revoir là-haut, farce anarcho-historique d’Albert Dupontel sur fond de Grande Guerre ; Le Sens de la fête, comédie melting-pot d’Olivier Nakache et Eric Toledano ; mais aussi Barbara, de Mathieu Amalric. Les deux premiers se distinguent ainsi par treize nominations chacun, égalant ainsi le record de Un prophète, de Jacques Audiard, en 2010, et de Camille redouble, de Noémie Lvovsky, en 2013. Au cas où vous les auriez manqués lors de leur sortie en salles, voici un petit tour d’horizon.

        Lire le compte-rendu :
         

          « 120 battements par minute » et « Au revoir là-haut » en tête des nominations



« 120 battements par minute », de Robin Campillo

120 battements par minute, grande fresque réalisée par Robin Campillo sur les années sida en France à travers le combat de l’association Act Up, comptabilise 13 nominations, en particulier dans les catégories meilleur film, meilleure réalisation et meilleur scénario original. Ses acteurs ont aussi été distingués par l’Académie des Césars pour le meilleur espoir masculin (l’Argentin Nahuel Pérez Biscayart et Arnaud Valois), le meilleur acteur dans un second rôle (Antoine Reinartz), la meilleure actrice dans un second rôle (Adèle Haenel), mais n’apparaissent pas dans les prestigieuses catégories du meilleur acteur et de la meilleure actrice.

        Lire la critique de « 120 battements par minute » :
         

          Une contagion de la colère, de l’amour et du partage



Robin Campillo aura attendu plus de vingt ans pour filmer le début de la lutte contre le sida, à travers le combat de l’association Act Up dont il fut membre. Le réalisateur de 55 ans fait le pari du collectif et livre un grand film politique. De la mort, il est bien évidemment question dans le film, mais c’est surtout le combat contre l’indifférence, les laboratoires et la maladie qui passe au premier plan.
De l’aventure Act Up, le réalisateur a voulu restituer les opérations spectaculaires à coups de jets de poches de faux sang, les débats tendus pour décider des actions à mener, des positions à adopter et des avancées médicales… Il s’est d’ailleurs adjoint les services de Philippe Mangeot, président d’Act Up de 1997 à 1999, pour écrire le scénario.
Mais le réalisateur montre aussi le sexe, l’amour, les gay prides et les soirées exutoires au son de la house, dont le tempo caractéristique donne son titre au film. En plus de deux heures, 120 battements par minute montre un activisme d’avant les réseaux sociaux, mais ne verse ni dans la nostalgie, ni dans le documentaire, probablement car il fait la part belle à l’histoire d’amour entre Sean, séropositif, et Nathan, qui ne l’est pas.
« Au-revoir là-haut », d’Albert Dupontel



Avec 13 nominations également, Au revoir là-haut, d’Albert Dupontel, fait jeu égal avec 120 battements par minutes. L’adaptation du roman de Pierre Lemaitre, prix Goncourt 2013, est notamment en lice pour le meilleur film, le meilleur acteur (Albert Dupontel) et la meilleure réalisation.

        Lire la critique d’« Au revoir là-haut » :
         

          Tragédie ou fantaisie, Dupontel peine à choisir



Le film est un exercice de style ambitieux dans le ­Paris des années 1920. Deux amis, qui se sont sauvés mutuellement la vie dans les tranchées, sortent laminés de la boucherie qu’a été la première guerre mondiale. Albert (Albert Dupontel), outre ses illusions, a perdu son métier et sa femme. A Edouard (Nahuel Pérez Biscayart), tempérament d’artiste qui se fabrique des masques magnifiques, il manque le bas du visage. Autant dire que ça ne va pas fort. Le premier végète en faisant l’homme-sandwich. Le second ne veut plus entendre parler de sa famille – son père, Marcel Péricourt (Niels Arestrup), est un industriel impitoyable – et songe à en finir.
L’amitié va les sauver. Les deux hommes remontent la pen­te, songeant d’une part à retrouver un jour le lieutenant Pradelle (Laurent Lafitte), sombre ­sadique qui les a envoyés au casse-pipe après l’armistice, d’autre part à tirer revanche de l’Etat-Moloch et des ploutocrates qui le servent.
« Le Sens de la fête », d’Olivier Nakache et Eric Toledano



La comédie d’Olivier Nakache et Eric Toledano suit les deux grands favoris avec dix nominations. Le film, qui a rassemblé 3 millions de spectateurs en France en 2017, pourrait remporter le César du meilleur film, de la meilleure réalisation, du meilleur acteur (Jean-Pierre Bacri), du meilleur acteur dans un second rôle (Gilles Lellouche ou Vincent Macaigne) ou encore du meilleur espoir féminin (Eye Haïdara). En 2012, le duo avait été nommé dix fois pour son film phénomène Intouchables, mais seul Omar Sy était finalement reparti avec une récompense, celle du meilleur acteur.

        Lire la critique du « Sens de la fête » :
         

          Un mariage presque parfait



Entre les murs d’une demeure aristocratique des environs de Paris, Max (Jean-Pierre Bacri), organisateur de festivités nuptiales, doit donner à ses clients, un fat et une évaporée, l’illusion que cette journée est la plus belle de leur vie. Les mariés sont incarnés par Benjamin Lavernhe, de la Comédie-Française, et Judith Chemla, qui passa aussi par cette illustre maison. Hélène Vincent, qui joue la mère du marié, bourgeoise à la libido incontrôlable, est aussi une grande comédienne de théâtre.

        Lire l’entretien avec Eric Toledano et Olivier Nakache :
         

          « L’amour des dialogues a forgé notre amitié »



Face à ces gens de bien est réunie une troupe disparate et pourtant parfaitement homogène. On y trouve aussi bien une figure du théâtre contemporain (Vincent Macaigne) que des enfants de la génération Canal+ (Jean-Paul Rouve) ou un pilier du cinéma de distraction, Gilles Lellouche.
« Barbara », de Mathieu Amalric

Déjà lauréat des prix Jean-Vigo et Louis-Delluc en 2017, le biopic ensorcelant de Mathieu Amalric sur la chanteuse Barbara, jouée par Jeanne Balibar, a aussi retenu l’attention des votants avec neuf nominations, en particulier pour le meilleur film, la meilleure actrice et la meilleure réalisation.

        Lire la critique de « Barbara » :
         

          Jeux de miroirs autour de la Dame en noir



Le premier plan de Barbara montre le reflet d’un visage de femme sur le couvercle d’un piano. Un peu flou mais immédiatement reconnaissable. Ce jeu d’images ouvre les portes d’un palais des miroirs que Mathieu Amalric et Jeanne Balibar ont construit autour de la figure de la chanteuse, morte en 1997. Le réalisateur et l’interprète font mine de se perdre entre la fiction d’une biographie filmée et la réalité ­du tournage de celle-ci, alors qu’en réalité, ils conduisent d’une main très sûre le spectateur à travers la vie et l’art de la « dame en noir ».

   Liste des nominations aux Césars 2018 by Le Monde on Scribd




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Selon le gouvernement burkinabé, au moins huit assaillants et sept membres des forces de l’ordre ont été tués. L’AFP évoque une « trentaine » de morts, en s’appuyant sur des sources sécuritaires françaises.
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Compte rendu

Burkina Faso : au moins sept morts dans des attaques terroristes à Ouagadougou

Selon le gouvernement burkinabé, au moins huit assaillants et sept membres des forces de l’ordre ont été tués. L’AFP évoque une « trentaine » de morts, en s’appuyant sur des sources sécuritaires françaises.


Le Monde.fr avec AFP, AP et Reuters
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        Le 02.03.2018 à 12h33

     •
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        Mis à jour le 02.03.2018 à 18h17





L’essentiel
Des attaques ont visé, vendredi 2 mars, l’ambassade de France à Ouagadougou, au Burkina Faso, ainsi que l’état-major des forces armées burkinabées.Plusieurs heures après le début de l’attaque, le gouvernement a communiqué sur un bilan provisoire faisant état de sept morts parmi les forces de l’ordre burkinabées et de six blessés, dont deux civils.A Paris, le ministère des affaires étrangères annonce qu’aucun ressortissant français n’a été tué ou blessé dans ces attaques.



Des attaques armées ont eu lieu, vendredi 2 mars, dans le centre de Ouagadougou visant l’ambassade de France et l’état-major des armées burkinabées. Selon le gouvernement burkinabé, sept personnes ont été tuées parmi les forces de l’ordre nationales et huit assaillants ont été « abattus ». Six personnes ont également été blessées, dont deux civils, selon le gouvernement.
De son côté, l’agence France-Presse fait état d’une « trentaine » de morts, en s’appuyant sur plusieurs sources sécuritaires françaises, mais sans donner de détails sur l’identité des victimes. L’agence fait également état de 85 blessés, en s’appuyant sur des sources des services de santé de Ouagadougou.
Le gouvernement, qui a condamné des « actes lâches et barbares », a invité « les populations à garder le calme et à collaborer avec les forces de défense et de sécurité ». Ces attaques ont un « relent terroriste très fort », a déclaré le ministre burkinabé de l’information, Rémis Fulgance Dandjinou, à la télévision d’Etat RTB.
En début d’après-midi, des « tirs sporadiques » étaient toujours entendus non loin de l’état-major des forces armées burkinabées, et les unités spéciales des forces de défense et de sécurité du Burkina Faso étaient toujours « en opération », selon un communiqué du service d’information du gouvernement du Burkina Faso.
Les forces spéciales françaises de l’opération « Sabre », basées à Ouagadougou, sont déployées, mais l’état-major français n’a pas précisé si elles avaient participé à des opérations. Des hélicoptères français ont survolé la capitale.

Helicopters fly around the French embassy in the #BurkinaFaso capital #Ouagadougou after it was attacked and four a… https://t.co/9u4qR4HrPo— AFP (@AFP news agency)


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Aucun ressortissant français n’avait été tué ou blessé
A Paris, l’entourage du ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a affirmé qu’aucun ressortissant français n’avait été tué ou blessé et que la situation était « sous contrôle » à l’ambassade et à l’Institut français, situé à proximité de l’état-major.
Emmanuel Macron « suit très attentivement ce qui se passe » et « les ressortissants français présents à Ouagadougou doivent suivre les instructions de l’ambassade » en restant confinés, a déclaré l’Elysée.
« Une enquête de flagrance a été ouverte pour tentative d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle », a indiqué le parquet de Paris, compétent car l’attaque a visé des ressortissants et des intérêts français. Les investigations ont été confiées à la Direction générale des services intérieurs (DGSI) et aux policiers de la Sous-direction antiterroriste (SDAT).
Plusieurs hommes sont sortis d’une voiture
Selon une source sécuritaire jointe par la correspondante du Monde Afrique, une explosion a retenti sur le parking de l’état-major. « Une ou deux voitures ont probablement explosé », dit-elle. Au même moment, des tirs ont été entendus dans la zone de la primature et de l’ambassade de France. « Un périmètre de sécurité est en train d’être mis en place dans ces deux zones, où des attaques sont en cours », a précisé la police au Monde.

    
Des membres des forces de sécurité à proximité de l’Institut français de Ouagadougou, le 2 mars 2018.
Crédits : AHMED OUOBA / AFP


Selon des témoins, cinq hommes sont sortis d’une voiture et ont ouvert le feu sur des passants avant de se diriger vers l’ambassade de France, dans le centre de la capitale du Burkina Faso.
Xavier Lapeyre de Cabanes, l’ambassadeur de France à Ouagadougou, a posté un message sur Twitter : « Attaque en cours à Ouagadougou. Consignes de prudence absolue à tous les compatriotes de rester dans un endroit sûr ».

Attaque en cours à Ouagadougou. Consignes de prudence absolue à tous les compatriotes de rester dans un endroit sûr.— XavierLapdecab (@Xavier Lapdecab)


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Un correspondant de l’AFP a entendu des échanges de tirs intenses et a vu un véhicule en feu sur la chaussée – celui des assaillants, selon des témoins. Des unités de gendarmerie et de l’armée se déployaient sur les lieux a également constaté ce correspondant.

Images d'un nos @Observateurs à #Ouagadougou où des tirs sont actuellement entendus, épaisse fumée au loin... image… https://t.co/PxBE7l2esA— alexcapron (@Alexandre Capron)


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Plusieurs attaques à Ouagadougou
La capitale du Burkina Faso a essuyé ces dernières années plusieurs attaques djihadistes visant des cibles fréquentées par des Occidentaux. Des attaques de groupes djihadistes contre des représentants de l’Etat (gendarmeries, écoles notamment) sont régulières dans le nord du pays, frontalier des zones instables du Mali.
Le 13 août 2017, deux assaillants avaient ouvert le feu sur un café-restaurant hallal, l’Aziz Istanbul, sis sur la principale avenue de la capitale, faisant dix-neuf morts et vingt et un blessés. L’attaque n’a pas été revendiquée.
Le 15 janvier 2016, trente personnes, dont six Canadiens et cinq Européens, furent tuées lors d’un raid djihadiste contre l’hôtel Splendid et le restaurant Cappuccino, dans le centre de Ouagadougou. L’assaut donné par les forces burkinabés, soutenues par des militaires français, avait duré une douzaine d’heures, et l’attaque avait été revendiquée par Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), qui l’attribue au groupe djihadiste Al-Mourabitoune.
Le nord du Burkina Faso est également le théâtre d’attaques djihadistes depuis le premier trimestre 2015, qui ont fait 133 morts en 80 attaques, selon un bilan officiel.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Editorial. L’annonce du projet de supprimer la limite de deux mandats à la tête de la Chine renforce encore la concentration des pouvoirs et l’opacité mises en place par Xi Jinping depuis son accession au pouvoir.
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Chine : l’avènement de l’empereur Xi, aux pouvoirs sans partage

Editorial. L’annonce du projet de supprimer la limite de deux mandats à la tête de la Chine renforce encore la concentration des pouvoirs et l’opacité mises en place par Xi Jinping depuis son accession au pouvoir.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 16h40
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Il fut un temps, pas si lointain, où le président Xi Jinping promenait sur un parterre de PDG admiratifs un regard bienveillant de libre-échangiste radieux. C’était en janvier 2017, et l’Occident avait envie d’y croire. Donald Trump prenait ses quartiers à la Maison Blanche, au terme d’une campagne virulente qui avait voué aux gémonies multilatéralisme et mondialisation. Le président chinois, lui, prononçait à Davos le discours que l’on aurait aimé entendre d’un président américain. Il se posait en champion des valeurs d’un monde ouvert, et son auditoire était conquis.

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                Chine  : Xi Jinping s’assure un pouvoir illimité



Treize mois plus tard, la magie a disparu. Le vrai visage de Xi Jinping n’est plus celui du défenseur enthousiaste du libre-échange heureux, mais celui d’un dirigeant aspirant à un pouvoir personnel sans limites. Dimanche 25 février, l’agence officielle Xinhua a annoncé que le Parti communiste chinois (PCC) proposait d’abandonner la règle de la limite de deux mandats consécutifs pour le poste de chef de l’Etat, poste que M. Xi occupe depuis 2013. En clair, l’abandon de cette règle permettra à son actuel titulaire, qui est aussi secrétaire général du PCC et président de la commission militaire centrale, de se maintenir à la tête de l’Etat au-delà de 2023, lorsque prendra fin son deuxième mandat. Ses deux autres fonctions n’étant pas statutairement limitées dans le temps, Xi Jinping, 64 ans, peut ainsi imaginer conserver indéfiniment tous les leviers du pouvoir en régnant sur l’Etat, le parti et l’armée.
Dans un pays de 1,4 milliard d’habitants qui est déjà la deuxième économie mondiale, cela fait beaucoup pour un seul homme. Deng Xiaoping, le père de la réforme, avait quelque raison d’introduire la limite à deux mandats, dans les années 1980 : le long règne de Mao, de 1949 jusqu’à sa mort, en 1976, et les tragédies de la Révolution culturelle avaient montré les dérives du pouvoir illimité. Il fallait à la Chine, pensait Deng, une « direction collective », pour prévenir « la concentration excessive du pouvoir ».
Emprise personnelle
Xi Jinping rompt avec cette sage doctrine. Loin de démocratiser la Chine, ses réformes vont toutes dans le même sens, celui de l’opacité et de la concentration du pouvoir. Le 19e congrès du PCC, en octobre 2017, avait déjà consolidé son emprise personnelle sur l’organisation en associant son nom et sa théorie politique à la constitution du parti : sa « Pensée sur le socialisme aux caractéristiques chinoises pour une nouvelle ère » est désormais la doctrine officielle.
Le numéro un chinois contrôle aussi de la manière la plus ferme qui soit les médias et l’éducation. Les dissidents sont pourchassés sans pitié. Les modes d’expression liés à Internet font l’objet d’une vigilance particulière. Les avancées technologiques chinoises, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle, lui permettent une surveillance de plus en plus sophistiquée de ses concitoyens.
Quelques optimistes feront valoir que dans un pays aussi peuplé, transformé par des mutations aussi gigantesques, la stabilité du pouvoir peut présenter des avantages. Pour les démocraties occidentales, l’autoritarisme désormais sans limites de Xi Jinping, ajouté à celui de Vladimir Poutine, qui s’apprête à entamer son quatrième mandat, enterre l’illusion post-guerre froide selon laquelle l’ouverture économique mène à la démocratie. Mais là n’est pas le plus grave : le vrai danger de ces régimes pour le monde est celui de leur nationalisme, défendu d’une main de fer.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ La première ministre britannique veut un partenariat de libre-échange entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne plus vaste que n’importe quel modèle existant.
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Brexit : Theresa May veut un « accord le plus large possible »

La première ministre britannique veut un partenariat de libre-échange entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne plus vaste que n’importe quel modèle existant.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 17h20
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 17h58
   





                        


La première ministre britannique Theresa May a déclaré, vendredi 2 mars, que son pays n’aurait pas tout ce qu’il veut dans les négociations sur sa sortie de l’Union européenne, et Bruxelles non plus. Dans un discours prononcé à Londres pour définir sa vision de la future relation commerciale avec l’UE, Mme May a déclaré :
« Nous devons reconnaître que c’est une négociation et qu’aucun d’entre nous n’aura exactement ce qu’il veut. Nous approchons d’un moment crucial, il n’y a pas moyen d’échapper à la complexité de la tâche. »

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« Plus de secteurs et avec davantage de coopération »
La dirigeante a répété que son pays n’accepterait pas le modèle canadien, qui est un accord de libre-échange supprimant la plupart des barrières douanières entre l’UE et le Canada, ni celui de la Norvège, membre du marché unique sans faire partie des 27. Theresa May a indiqué qu’elle voulait un « accord le plus large possible », « couvrant plus de secteurs et avec davantage de coopération que n’importe quel accord de libre-échange dans le monde aujourd’hui ».
Ce souhait apparaît a priori incompatible avec sa volonté de sortir de l’union douanière et du marché unique. Mais face aux dirigeants européens qui estiment que Londres veut profiter des avantages de l’UE sans accepter les désavantages et lui demande de faire un choix, elle a rétorqué que tous les partenariats reviennent à « se servir à la carte » (« cherry picking »).
Mme May a répété que son pays ne mènerait pas une course au moins-disant réglementaire et continuera de se plier à la législation de la Cour européenne de justice pendant une période de transition « limitée » mais qu’ensuite, Londres veut un « arbitrage indépendant ».
Le dossier irlandais, toujours source de tensions
Theresa May a répété son engagement à éviter une frontière physique entre la République d’Irlande, membre de l’UE, et l’Irlande du Nord, province britannique. Cela permettra de préserver l’accord du Vendredi saint, en 1998, qui a mis fin à trois décennies d’affrontements sanglants entre nationalistes et unionistes nord-irlandais en renforçant les liens entre les deux territoires. Mais elle a aussi déclaré qu’elle n’accepterait jamais une frontière en mer d’Irlande. 
Si les membres de l’UE et les Britanniques sont d’accords sur le souhait de ne plus voir de frontière visible entre les deux Irlandes, ils ne parviennent pas à trouver un accord le permettant.
Cette semaine, Theresa May a catégoriquement rejeté un projet d’accord de la Commission européenne qui engloberait l’Irlande du Nord dans le marché unique afin d’éviter une frontière avec la République d’Irlande, ce qui distinguerait la province du reste du Royaume-Uni. La première ministre britannique avait dit de cet accord qu’il «  minera le marché commun britannique et l’intégrité constitutionnelle du Royaume-Uni en créant une frontière douanière et réglementaire en mer d’Irlande. Aucun premier ministre du Royaume-Uni ne peut l’accepter ». 

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Un discours qui divise
Le négociateur de l’UE a salué la « clarté » apportée par le discours de Theresa May. « La clarté, sur la question du retrait du Royaume-Uni du marché unique et de l’union douanière, et la reconnaissance du fait qu’il faudra passer des compromis (...) vont donner des lignes directrices pour le futur accord de libre-échange », a déclaré Michel Barnier.
L’eurodéputé allemand Manfred Weber, à la tête du PEE, le groupe le plus important au Parlement européen, a lui dit craindre, après le discours de Theresa May, qu’il n’y ait peut-être jamais d’accord entre l’Union européenne et le Royaume-Uni sur le Brexit. Il considère que le gouvernement britannique continue de pratiquer la politique de l’autruche.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Après le mouvement social du mois de janvier dans les prisons, « Le Monde » a pu passer quatre jours dans la maison d’arrêt. Notre reporter a partagé le quotidien des surveillants, de jour comme de nuit.
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Article sélectionné dans La Matinale du 01/03/2018
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Quatre jours avec les surveillants de la prison de Fleury-Mérogis

Après le mouvement social du mois de janvier dans les prisons, « Le Monde » a pu passer quatre jours dans la maison d’arrêt. Notre reporter a partagé le quotidien des surveillants, de jour comme de nuit.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 06h30
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02.03.2018 à 17h57
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            

L’équipe de nuit vient de prendre son service. Il est 19 heures à Fleury-Mérogis (Essonne), la plus grande prison d’Europe (4 320 détenus). Les lourdes grilles censées fermer l’accès à chaque coursive – trois immenses couloirs de 80 mètres – sur les quatre étages du bâtiment D2, sont grandes ouvertes, celles qui permettent de descendre par les escaliers aussi. « Le système qui commande, à partir du rez-de-chaussée, l’ouverture des grilles au passage du rondier [le surveillant chargé de la ronde] est en panne. C’est peut-être pas très réglementaire pour la sécurité, mais c’est plus pratique pour nous », explique « Olivier » (les prénoms ont été changés pour des raisons de sécurité), un surveillant à l’accent ch’ti. Dans les autres bâtiments, restaurés plus récemment, ça fonctionne.
« On est là, surveillant, t’inquiète ! », lance une voix, quand Olivier vérifie, par l’œilleton, la présence des deux détenus qui se partagent une cellule de 9 m². Il y a quelques mois encore, quand la population du D2 avait dépassé les 920 occupants pour 440 places, des matelas au sol avaient dû être ajoutés. La ronde se poursuit et Olivier s’arrête devant une autre porte. « Mais oui, vous êtes toujours aussi beaux ! », lance-t-il, en surprenant deux détenus en slip, en pleine séance de musculation.
C’est l’heure de la « ronde des feux », le moment où Olivier, l’allure fragile malgré son 1,80 m, doit s’assurer, avec son collègue originaire de Mayotte, de la présence de chaque détenu sans ouvrir sa cellule. D’ailleurs, ils ne le pourraient pas : la nuit, seul leur supérieur, le « premier surveillant », a les clefs. Celui-ci, un homme de petite taille à la barbe noire façon hipster, s’inquiète : « Ce soir, ça s’annonce mal. » Des « ninjas », ces surveillants équipés d’encombrantes tenues pare-coups, viennent d’amener au quartier disciplinaire deux « clients » du bâtiment D3. L’un d’eux a tenté d’agresser un collègue, en fin...




                        

                        


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Ce qu’il faut retenir des annonces de Trump sur les importations d’acier aux Etats-Unis

Le président américain a annoncé une hausse des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium, provoquant l’indignation de ses partenaires commerciaux.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 13h11
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 16h01
   





                        



   


L’essentiel
Le président américain a annoncé, jeudi 1er mars, qu’il taxerait les importations d’acier et d’aluminium à hauteur respectivement de 25 % et de 10 %, à partir de la semaine prochaine.Donald Trump a déclaré vouloir défendre une industrie sidérurgique américaine « décimée par des décennies de commerce inéquitable ».L’annonce a suscité l’inquiétude sur tous les marchés mondiaux. A Wall Street, les actions des entreprises métallurgiques américaines ont vu leur cours s’envoler, mais la Bourse a rapidement dévissé pour finir en baisse de 1,68 %.
Le chiffre
27 %
C’est la part d’acier qui est importée par les Etats-Unis. Selon les participants à la réunion convoquée d’urgence à la Maison Blanche jeudi, la hausse des tarifs douaniers visera tous les partenaires des Etats-Unis, en particulier le Canada (16 % des importations d’acier), le Brésil (13 %), la Corée du Sud (12 %), le Mexique et la Russie (9 %), mais aussi l’Allemagne (3,8 %) et la Chine (2,2 %).
Le tweet

When a country (USA) is losing many billions of dollars on trade with virtually every country it does business with… https://t.co/lPSkkolNRP— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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« Quand un pays (les Etats-Unis) perd des milliards de dollars en commerçant avec virtuellement tous les pays avec lesquels il fait des affaires, les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner », a déclaré le président américain sur Twitter vendredi. Ces nouvelles taxations accroissent le risque d’une guerre commerciale généralisée.
L’annonce du président américain intervient alors que Liu He, principal conseiller économique du président chinois, Xi Jinping, se trouve en visite à Washington et que la renégociation de l’accord de libre-échange nord-américain (Alena) a repris avec le Mexique et le Canada.
Plus généralement, les Américains sont en passe de s’affranchir de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Leur jeu fonctionne parce qu’ils sont les plus gros et n’ont pas subi, jusqu’à présent, de riposte violente de leurs partenaires, soucieux d’éviter une fermeture du commerce mondial. Jusqu’au jour où les gouvernements estimeront qu’ils peuvent ou doivent faire sans les Américains.
La réaction
« Cette décision ne peut qu’aggraver les choses. Nous ne resterons pas les bras croisés pendant que notre industrie est frappée par des mesures injustes. »
C’est par ces mots qu’a réagi Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, qui regrette « fortement » la décision de Donald Trump. « L’UE entamera le plus tôt possible des consultations sur le règlement des différends avec les Etats-Unis à Genève », siège de l’OMC, a ajouté la commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström.
L’Allemagne, le Royaume-Uni ou encore la Russie ont exprimé leur inquiétude. Le ministre des affaires étrangères allemand a affirmé que « l’UE doit réagir de manière ferme aux taxes douanières punitives des Etats-Unis, qui menacent des milliers d’emplois en Europe ». 
Pour le Canada, « tout tarif ou quota qui serait imposé à notre industrie de l’acier et de l’aluminium serait inacceptable », a déclaré jeudi le ministre du commerce international. Quant à la Chine, elle a demandé aux Etats-Unis de « refréner leur recours à des mesures protectionnistes » et de « respecter les règles du commerce multilatéral ».

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Pour Jean-François Carenco, ex-préfet d’Ile-de-France et président de Coallia, qui héberge de nombreux migrants, les associations ne vont pas devenir des auxiliaires de police.
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édition abonné


Migrants : « La circulaire Collomb a été diabolisée »

Pour Jean-François Carenco, ex-préfet d’Ile-de-France et président de Coallia, qui héberge de nombreux migrants, les associations ne vont pas devenir des auxiliaires de police.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 12h24
    |

            Maryline Baumard








                        



                                


                            

Jean-François Carenco, préfet d’Ile-de-France entre 2015 et 2017, est président de Coallia, un acteur majeur du secteur social avec des foyers pour travailleurs immigrés, et des résidences d’hébergement d’urgence. Il se pose en défenseur de la « circulaire Collomb », ce texte, qui prône le recensement du statut des personnes dans l’hébergement d’urgence. Une circulaire que le Conseil d’Etat a recadrée le 20 février mais dont la future loi sur l’immigration et l’asile discutée en avril facilite l’application.

Quel est votre positionnement sur la « circulaire Collomb », très contestée par les associations ?
En tant que président de Coallia qui accueille et héberge tous les jours des milliers de migrants et avec l’ensemble des 3 500 salariés de l’association, nous comprenons et éprouvons au quotidien que la fraternité républicaine ne pose pas de question, et continuera avec cette circulaire à ne pas en poser.
On entrera toujours dans l’hébergement d’urgence sans montrer ses papiers – des papiers que dans plus de 70 % des cas, en Ile-de-France, on n’a d’ailleurs pas – dans le cadre de l’hébergement spécifique de l’hiver. Mais si notre société veut rester humaine, il lui faut de la rigueur. C’est la raison pour laquelle l’Etat doit savoir qui est hébergé dans les établissements de premier accueil afin de pouvoir mieux orienter les personnes accueillies.

Il existe des structures d’accueil adaptées pour chaque public, et il est nécessaire de les y orienter. L’idée qu’on ne connaisse pas les gens qui entrent dans le système est absurde. Cela rend le travail d’accueil inefficace et coûteux. Dépenser autant d’argent pour avoir des migrants mal ou non pris en charge, est humainement inacceptable et c’est un non-sens administratif.
Cette circulaire a été diabolisée, mais elle a vocation à ce qu’enfin, on connaisse ces personnes. Cependant, il faut veiller à ne pas délégitimer le secteur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Ils emboîtent le pas à Noël Mamère, qui a abandonné son émission sur le « pure player » alternatif en réaction à l’éviction brutale d’une journaliste et aux propos d’un « correspondant » sur la guerre de Syrie.
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Une dizaine de soutiens du Média se désolidarisent de la webtélé proche des « insoumis »

Ils emboîtent le pas à Noël Mamère, qui a abandonné son émission sur le « pure player » alternatif en réaction à l’éviction brutale d’une journaliste et aux propos d’un « correspondant » sur la guerre de Syrie.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 17h19
    |

            Ariane Chemin








                        


A l’automne 2017, ils avaient appelé de leurs vœux la naissance d’un « nouveau média citoyen », « humaniste et antiraciste, féministe, écologiste et progressiste ». Ils regrettent aujourd’hui d’avoir apposé leur signature en bas du « manifeste » publié dans Le Monde en septembre. Onze personnes, parmi la centaine de personnalités du monde politique, de la société civile et du spectacle qui avaient soutenu la création d’un « pure player » « fondamentalement alternatif par sa gouvernance, son modèle économique et son fonctionnement », ont fait savoir, dans un texte confié au Monde, qu’elles se désolidarisaient du Média, la webtélé proche des « insoumis » lancée le 15 janvier et dirigée par le psychanalyste Gérard Miller et la communicante chargée des campagnes de Jean-Luc Mélenchon, Sophia Chikirou.
Ces onze personnalités soucieuses de prendre ainsi leurs distances sont l’ancienne ministre de la culture Aurélie Filippetti, proche de Benoît Hamon, l’avocat Antoine Comte, l’écrivain Gérard Mordillat, le médecin urgentiste Patrick Pelloux, les comédien et comédienne François Morel et Judith Chemla, les journalistes Cécile Amar, de L’Obs, et Edouard Perrin, de « Cash investigation », les musiciens Giovanni Mirabassi et Médéric Collignon. L’ancien candidat des Verts à l’élection présidentielle Noël Mamère – l’une des vedettes de l’antenne, chargé de réaliser chaque mardi l’interview d’un défenseur de l’écologie –, a également signé le texte et fait savoir qu’il « ne [remettrait] plus les pieds dans cette chaîne de télévision ».
Vendredi après-midi, deux nouvelles personnalités ont, à leur tour, souhaité retirer leur soutien à la web-télé alternative : la comédienne Josyane Balasko et la chanteuse Agnès Bihl.

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« Le Média ne répond plus, à nos yeux, à la promesse initiale »
En cause, la brutale mise à l’écart, lundi 19 février, de la journaliste Aude Rossigneux, l’un des piliers de l’équipe rédactionnelle, qui avait été chargée de recruter les équipes. Mais aussi les propos tenus à l’antenne, vendredi 23 février, par Claude El Khal, « correspondant » au Liban de la chaîne sur la guerre de Syrie, justifiant le choix de ne pas diffuser d’images des massacres perpétrés dans la Ghouta orientale, en banlieue de Damas, au motif qu’elles ne seraient pas « vérifiées de manière indépendante » et par refus du « sensationnalisme ».
« Nous avons signé le “Manifeste pour un nouveau média citoyen” en septembre dernier », expliquent ces anciens soutiens du texte, rédigé par les cofondateurs de la chaîne, Gérard Miller, Sophia Chikirou, aujourd’hui directrice générale du Média, et le réalisateur Henri Poulain. « Mais aujourd’hui, Le Média ne répond plus, à nos yeux, à la promesse initiale, ni sur le fond ni sur la forme, se désolent les signataires. Nous ne pouvons plus le soutenir. »

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Ce salaire pourra évoluer après 2020 dans une limite de 20 %, en fonction de certains critères de performance.
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JO : Tony Estanguet, président de Paris 2024, percevra 270 000 euros brut par an

Ce salaire pourra évoluer après 2020 dans une limite de 20 %, en fonction de certains critères de performance.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 17h32
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 17h47
   





                        



   


Le président du Comité d’organisation des Jeux olympiques (COJO) de Paris 2024, Tony Estanguet, percevra une rémunération annuelle de 270 000 euros brut jusqu’en 2020, a annoncé vendredi 2 mars le comité au terme de son premier conseil d’administration.
Le directeur général, Etienne Thobois, percevra lui 260 000 euros brut. Ces salaires pourront évoluer après 2020 dans une limite de 20 %, en fonction de certains critères de performance. Ils ont été validés par le conseil d’administration, qui a suivi en ce sens les recommandations du comité des rémunérations présidé par l’ancien patron de La Poste, Jean-Paul Bailly.
Contrôle annuel par la Cour des comptes
La question des rémunérations des principaux dirigeants du COJO était devenue sensible dès l’attribution des Jeux olympiques à Paris par le CIO, en septembre dernier, à Lima. Le Canard enchaîné avait évoqué un salaire de 450 000 euros annuels pour Estanguet, immédiatement démenti par le triple champion olympique.
Un amendement avait été déposé puis retiré, lors de l’examen de la loi olympique, pour plafonner les rémunérations des patrons du COJO à 268 000 euros brut. Un autre amendement, adopté celui-là, institue un contrôle annuel des comptes du comité par la Cour des Comptes.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Le parquet de Nice a ouvert une enquête pour homicides involontaires, après la mort de quatre skieurs emmenés par un guide, sain et sauf.
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Plusieurs morts dans une avalanche à Entraunes, dans les Alpes-Maritimes, une enquête ouverte

Le parquet de Nice a ouvert une enquête pour homicides involontaires, après la mort de quatre skieurs emmenés par un guide, sain et sauf.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 15h41
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 18h52
   





                        


Au moins quatre personnes ont été tuées, une personne a été blessée et une autre est portée disparue, vendredi 2 mars, dans une avalanche à Entraunes, dans le nord-ouest des Alpes-Maritimes, a annoncé la préfecture des Alpes-Maritimes.
L’accident s’est produit sur le territoire de la commune d’Entraunes, à 130 km au nord de Nice et aux portes du parc national du Mercantour. Les skieurs évoluaient loin de tout domaine skiable, en pleine nature, près du col de la Cayolle, à 2 326 mètres d’altitude.
Accompagnés d’un guide qui est sain et sauf, les cinq skieurs étaient partis vers 10 heures pour le col de la Cayolle, et ont été emportés par une coulée de neige.
Une enquête ouverte
Une enquête a été ouverte vendredi soir pour homicides involontaires et blessures involontaires, a annoncé le procureur de la République de Nice, Jean-Michel Prêtre, qui devait se rendre sur place. Le guide « sera placé en garde à vue », a-t-il ajouté.
Le risque d’avalanche dans le massif était de quatre sur une échelle de cinq, soit un risque fort, selon Météo France, qui met en garde contre les départs spontanés et les déclenchements provoqués par le passage des skieurs.
L’alerte avalanche a été déclenchée vendredi à 12 h 45, dans la haute vallée du Var, sur les hauteurs des Alpes-Maritimes, rapporte Nice Matin. Les opérations de secours ont aussitôt été déclenchées, sous la direction de la sous-préfète de Nice-Montagne, Gwenaëlle Chapuis, associant les CRS de montagne de Saint-Laurent-du-Var, des gendarmes du peloton de gendarmerie de haute montagne de Saint-Sauveur-sur-Tinée et des sapeurs-pompiers.
En milieu d’après-midi vendredi, les opérations de secours se terminaient, selon la préfecture.
Le premier ministre Edouard Philippe, présent à Nice, avait déclaré « apporter tout [son] soutien à l’ensemble de ceux qui en ce moment se démènent pour retrouver et porter assistance à ceux qui ont été victimes de l’avalanche. » 
Il s’agit de l’avalanche la plus meurtrière de l’hiver en France, après celle dans les Hautes-Pyrénées le 15 février, qui avait tué trois skieurs. Depuis le début de la saison en novembre, 20 personnes sont mortes dans des avalanches et 12 ont été blessées, en prenant en compte les victimes d’Entraunes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ La Russie a décrété unilatéralement une « suspension » quotidienne des combats, qui n’a pas encore permis la livraison d’aide, ni les évacuations.
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Ghouta orientale : débat au Conseil des droits de l’homme de l’ONU

La Russie a décrété unilatéralement une « suspension » quotidienne des combats, qui n’a pas encore permis la livraison d’aide, ni les évacuations.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 11h52
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 14h49
   





                        



   


Malgré la trêve demandée par Moscou, les forces gouvernementales syriennes et leurs alliés poursuivaient, vendredi 2 mars, leur offensive dans la Ghouta orientale, enclave rebelle à l’est de Damas, a déclaré vendredi un commandant de l’armée syrienne.
A la demande de la Grande-Bretagne, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU va organiser, vendredi, à Genève, un « débat urgent » sur la situation humanitaire dans la Ghouta orientale, en Syrie.
Le débat débutera à 15 heures au palais des Nations, siège des Nations unies à Genève. Un projet de résolution, déposé par la délégation britannique, sera discuté et soumis au vote des quarante-sept pays actuellement représentés au Conseil pour un mandat de trois ans. La Russie, alliée de la Syrie, n’y figure pas.
Commission d’enquête internationale
Le projet de résolution britannique demande au Conseil des droits de l’homme que la commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrie « ouvre urgemment une enquête complète et indépendante sur les événements récents survenus dans la Ghouta orientale ».
Le document réclame l’application de la résolution votée samedi par le Conseil de sécurité de l’ONU, qui prévoit un cessez-le-feu de trente jours autour de l’enclave rebelle de la Ghouta orientale, proche de Damas.
Cette trêve n’a toujours pas été suivie d’effet mais la Russie a décrété unilatéralement une « suspension » quotidienne des combats, de cinq heures, qui n’a pour l’instant pas permis la livraison d’aide, ni l’évacuation de malades et de civils.

   


L’Unicef espère faire passer un convoi
Le gouvernement syrien pourrait autoriser le passage dimanche d’un convoi humanitaire pour porter assistance à 180 000 civils dans la ville de Douma, dans la région de la Ghouta orientale, a fait savoir Geert Cappelaere, directeur de l’Unicef pour le Moyen-Orient.
Le convoi de l’Unicef serait principalement constitué de médicaments et de nourriture à destination de quelque 70 000 enfants sur les 200 000 qui se trouvent dans l’enclave assiégée par les forces pro-Assad.
Réponse ferme en cas d’utilisation d’armes chimiques
Dans un communiqué, vendredi 2 mars, l’Elysée annonce que Donald Trump et Emmanuel Macron ont appelé la Russie à faire pression sur la Syrie pour qu’elle applique immédiatement la résolution 2401 du Conseil de sécurité des Nations unies visant à respecter une trêve dans la Ghouta orientale.
Emmanuel Macron a rappelé qu’« une réponse ferme serait apportée en cas d’utilisation avérée de moyens chimiques entraînant la mort de civils, en parfaite coordination avec nos alliés américains ». « La France et les Etats-Unis ne toléreront pas l’impunité. »
« Le régime syrien devra rendre des comptes pour la détérioration continue de la situation humanitaire dans la Ghouta orientale », ont estimé Angela Merkel et Donald Trump lors d’un entretien téléphonique, jeudi, rapporte la chancellerie allemande.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Le Citarum, qui coule en Indonésie, est surnommé le « fleuve le plus pollué au monde ». Depuis peu, le gouvernement est déterminé à nettoyer cette poubelle aquatique.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Après avoir entraîné la fermeture d’autoroutes et avoir privé d’électricité des milliers de foyers, la perturbation neigeuse remonte vers le nord et le nord-est du pays.
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Froid : neige et verglas montent vers le nord, 21 départements en vigilance orange

Après avoir entraîné la fermeture d’autoroutes et avoir privé d’électricité des milliers de foyers, la perturbation neigeuse remonte vers le nord et le nord-est du pays.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 10h33
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 11h18
   





                        



   


La neige et le verglas remontaient, vendredi 2 mars, vers le nord et l’est de la France, tandis que la situation s’est améliorée dans le Sud-Est.
Vingt et un départements étaient en vigilance orange vendredi à 9 h 35. L’ouest des Hauts-de-France subissait en milieu de nuit « quelques faibles et éparses précipitations verglaçantes », selon Météo France. Les pluies « resteront faibles » mais « verglaçantes », prévient le service météorologique. Dans le Sud, la tendance était à la nette amélioration avec un redoux spectaculaire.
« Naufragés de la route »
Jeudi, en milieu d’après-midi, tous les passagers de véhicules bloqués depuis la veille dans l’Hérault sur les autoroutes A75 et A9, aux environs de Montpellier, avaient été évacués ; ils ont pu reprendre la route dans la majorité des cas. D’autres ont été pris en charge par des autocars et conduits jusqu’à un centre d’exploitation de Vinci Autoroutes. Les autoroutes A9 et A750 ont été rouvertes à tous les véhicules dans les deux sens de circulation.
A 9 h 30 jeudi, près de 2 000 voitures et leurs passagers étaient encore bloquées sur ces autoroutes après y avoir passé la nuit. Sur les réseaux sociaux, des automobilistes exaspérés par la situation tweetaient : « Est-ce normal @VINCIAutoroutes et @SDIS34 que les seules personnes qui passent prendre des nouvelles et proposer des vivres soient des automobilistes ? On est bloqués au même endroit depuis 15 h 30 ! Vous réalisez ? »
Dans le département, environ 2 000 autres « naufragés de la route » avaient été secourus dans la soirée et la nuit de mercredi et accueillis dans divers centres, dont la majorité étaient en train de se vider jeudi soir.
« Certains usagers ont été bloqués dans leur véhicule plus d’une dizaine d’heures, selon Mahamadou Diarra, directeur de cabinet du préfet de l’Hérault. On ne peut pas minimiser la détresse par laquelle certains sont passés. » Il a également ajouté que «l’Hérault n’avait jamais vécu un tel épisode et n’avait jamais été placé en alerte rouge pour de la neige. Cela a excédé les prévisions qui nous avaient été transmises ».
Jusqu’à 30 centimètres de neige à Montpellier
Pour un porte-parole de Vinci, la situation a été aggravée par « l’attitude irresponsable de poids lourds qui se sont engagés sur l’A9 mercredi en dépit de l’interdiction, sans équipements d’hiver ».
Le préfet a décidé de maintenir son arrêté d’interdiction de circulation des poids lourds dans l’Hérault jusqu’à nouvel ordre, avec une exception pour les poids lourds qui emprunteraient l’A75 en direction du nord vers Millau ou Clermont-Ferrand.
A Montpellier, qui a connu jusqu’à 30 centimètres de neige, « le réseau de voirie redevenait praticable progressivement sur les principaux axes mais avec des conditions de circulation difficiles », selon la métropole. Tous les établissements recevant du public étaient fermés. Le trafic aérien, interrompu depuis mercredi midi, a repris progressivement à la mi-journée.
Selon Enedis, le nombre de foyers privés d’électricité par les intempéries régressait. A 18 heures jeudi, les coupures concernaient encore 1 200 foyers dans l’Hérault, 1 300 dans le Gard, 1 800 dans les Alpes-Maritimes.
Ailleurs en Europe, l’Irlande et la Grande-Bretagne ont subi jeudi de plein fouet le froid et la neige, qui ont causé jusqu’ici la mort d’une soixantaine de personnes.



                            


                        

                        


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Reportage

Au Cameroun, le travail de forçat des casseuses de pierres

Dans la région de l’Extrême-Nord, où sévissent les djihadistes de Boko Haram, des femmes réduisent des pierres en graviers pour pouvoir scolariser leurs enfants.

Par                                            Josiane Kouagheu (Maroua, Cameroun, envoyée spéciale)




LE MONDE
              datetime="2018-03-02T12:17:51+01:00"

        Le 02.03.2018 à 12h17






    
A l’entrée de Maroua, au Cameroun, les casseuses de pierres travaillent sur le bord de la route.
Crédits : Sylvain Cherkaoui/Cosmos


Des deux côtés de la route goudronnée où voitures et motos roulent à vive allure, des femmes, assises à même le sol, marteaux ou petites barres de fer entre les mains, visages suant parfois à grosses gouttes, concassent des pierres. Autour d’elles, des tas de graviers de tailles différentes ont été formés. Ils serviront à la construction ou à la réfection de routes, d’immeubles ou de maisons.
Chaque jour à Maroua, capitale régionale de l’Extrême-Nord, au Cameroun, une trentaine de casseuses de pierres investissent, dès les premières heures de la matinée, cette place rocailleuse ceinturée par les montagnes. Elles s’écorchent les doigts, se brûlent au soleil et, disent-elles, risquent souvent « la mort », pour assurer l’avenir de leur progéniture. D’après l’Institut national des statistiques, l’Extrême-Nord est la région la plus pauvre du Cameroun. C’est aussi dans cette zone frontalière du Nigeria que sévissent les djihadistes de Boko Haram.
« On souffre et on n’a pas grand-chose »
« Je casse des pierres pour que mes enfants aillent à l’école et n’intègrent pas Boko Haram. S’ils restent à la maison, ils deviendront oisifs et ne pourront pas avoir une bonne moralité. Ils seront tentés par n’importe quoi et n’importe qui », explique Jacqueline Djougoudoum. Sous un abri de fortune fait de piquets plantés dans le sol, ouvert aux quatre vents et recouvert par de vieux vêtements, cette femme de 39 ans, mère de sept enfants, s’échine à cette tâche depuis cinq ans. « Avant, je ne faisais rien, chuchote-t-elle, honteuse. Mais mes enfants ont commencé le collège et je ne pouvais plus rester inactive, car mon mari ne s’en sortait plus. Avec cet argent, je paie leur transport pour l’école, j’assure leur repas et j’aide mon mari à payer leur scolarité. »

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Chaque jour, Jacqueline effectue le même rituel : elle se lève aux environs de 5 heures et prépare ses enfants pour l’école. Puis elle ramasse rapidement ses outils de travail : une cuvette et un marteau ou une petite barre de fer. Elle se rend sur les chantiers et ne s’accorde qu’une pause de trois heures, le temps de retourner chez elle cuisiner un repas pour sa famille. Elle n’achèvera son travail qu’après 17 heures.
Combien ces femmes gagnent-elles ? Avant de répondre, la plupart d’entre elles montrent leurs doigts zébrés d’écorchures. « On souffre et on n’a pas grand-chose, soupire Jacqueline. Le prix minimum d’un tas de graviers est de 500 francs CFA [0,76 euro]. Il y a des jours où je peux gagner 6 000 francs CFA et des jours où je n’ai rien. »

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Elles se ravitaillent auprès des hommes qui creusent les collines et les carrières environnantes. « Ils nous vendent le tas de grosses pierres 3 000 ou 4 000 francs CFA. Nous les cassons en petits morceaux pour la revente », détaille Ruth Doudja, la soixantaine et le visage marqué par de profondes rides. Mais certaines, comme Djara, 32 ans et mère de deux enfants, vont elles-mêmes chercher les pierres sur la colline, au péril de leur vie. Car selon des témoignages, six femmes sont mortes au cours d’accidents sur la montagne. « Moi je n’ai pas le choix, explique Djara. Cette année, mes deux enfants n’ont pas pu aller à l’école, faute d’argent. Je dois me battre. Mon mari est maçon et ne trouve pas du travail. »
« Je veux juste retourner à l’école »
D’après Mahamat Salé, délégué régional pour la promotion de la femme et de la famille, plus de cent casseuses de pierres ont été répertoriées le long de la chaîne montagneuse de Maroua. « La majorité de ces femmes viennent de familles pauvres. Ce sont parfois des veuves ou des femmes qui élèvent seules leurs enfants, dit-il. C’est une activité qui leur permet d’être autonomes et c’est la raison pour laquelle nous les avons aidées à s’organiser en association afin de mieux gérer leur activité. Ainsi, elles font de petites tontines qui les aident à épargner. » 

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« Nous avons surtout besoin de matériel comme des brouettes, des marteaux, des pioches et même de petites machines qui nous permettront de travailler sans risquer notre vie », demande Zra Sabba, 45 ans. Comme les femmes, cet homme casse des pierres pour envoyer ses sept enfants à l’école : « Je vends des grosses pierres aux femmes, qui les cassent en petits graviers qu’elles revendent. On s’entraide et personne ne meurt de faim. » En face de lui, Naoura, rescapée des attaques de Boko Haram, appelle les « âmes de bonne volonté, les gentils », à leur fournir du matériel adapté pour qu’ils puissent « vivre dignement ».
« Moi je veux juste retourner à l’école », supplie Fadimatou, 14 ans. Son voisin, Daouda, 13 ans, a quitté les bancs en classe de 5e : son père, devenu brusquement aveugle, n’avait plus de quoi payer ses études. Leur rêve ? « Faire des économies et retourner à l’école », pour ne pas risquer d’être séduits par « ces gens » de Boko Haram.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ L’audience de la F1 a baissé de moitié en dix ans. Rencontre avec Chase Carey, son nouveau patron.
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édition abonné


Comment la formule 1 veut enrayer son déclin

L’audience de la F1 a baissé de moitié en dix ans. Rencontre avec Chase Carey, son nouveau patron.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 06h30
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

La formule 1 doit se réinventer à l’orée de sa nouvelle saison. En 2006, 600 millions de téléspectateurs à travers le monde avaient regardé au moins quinze minutes de F1 dans l’année. En 2017, leur nombre a chuté à 350 millions, presque deux fois moins. En se concentrant sur les fans réguliers, la chute est moins impressionnante (-12 % sur la même période), mais la tendance reste fortement à la baisse.
Chase Carey, le président depuis un an de l’entreprise qui gère la F1, Formula One Group, en a fait sa mission : mettre fin au déclin et refaire des courses automobiles une véritable attraction populaire. « On veut rendre le sport plus intéressant sur le circuit. Nos courses doivent être plus compétitives, avoir plus d’action, et devenir moins prévisibles », explique-t-il au Monde. 
Son objectif est que ce sport, dont le modèle historique est désormais d’une autre époque – moteurs fumants et vrombissants, grid girls (« hôtesses de circuit ») plus ou moins dénudées, concurrences d’anthologie entre pilotes –, fasse à nouveau rêver. En 2018, entre le mouvement #metoo, le scandale du diesel et l’extrême domination d’une poignée d’écuries, il faut réinventer la F1.
Drôle de personnage pour relancer la F1
Commencés le 26 février, les premiers essais de la nouvelle saison viennent de s’achever, avant la première course à Melbourne le 25 mars. Mais, cette année encore, Mercedes, qui a remporté le championnat les cinq dernières années, demeure l’immense favori. M. Carey ne cache pas un vrai souci. « L’an dernier, on a eu un peu de compétition, mais ce n’était qu’entre deux personnes [Lewis Hamilton et Sebastian Vettel, le premier finissant par l’emporter]. Ce qu’on veut, c’est un sport où le challenger puisse gagner. On n’a pas connu ça en 2017. Et, cette année, ce ne sera pas très différent. » Depuis 2010, seules deux écuries ont remporté le championnat : Red Bull pendant quatre ans,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Les engagements présidentiels sur l’assurance-chômage « pour tous » sortent largement revus à la baisse des arbitrages du ministère du travail.
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Assurance-chômage : une promesse phare de Macron vidée de sa substance

Les engagements présidentiels sur l’assurance-chômage « pour tous » sortent largement revus à la baisse des arbitrages du ministère du travail.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 12h45
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 15h56
    |

            Adrien Sénécat








                        



   


Emmanuel Macron s’était engagé tout au long de sa campagne présidentielle à faire de l’assurance-chômage un droit « universel ». Après les négociations avec les partenaires sociaux, la ministre du travail, Muriel Pénicaud, a dévoilé, vendredi 2 mars, le contenu des arbitrages censés traduire ce discours en actes. « Nous allons créer de nouveaux droits au chômage, conformément au programme présidentiel », se félicite la ministre dans une interview au Parisien.
Pourtant, le détail des décisions apparaît en contradiction avec les promesses d’Emmanuel Macron. L’ambition de créer une « protection chômage pour tous les actifs » et d’ouvrir les droits « aux salariés qui démissionnent » y est en effet largement revue à la baisse. Décryptage.
1. Le droit au chômage pour les salariés qui démissionnent
CE QU’A PROMIS EMMANUEL MACRON
« Nous ouvrirons les droits à l’assurance-chômage aux salariés qui démissionnent », lit-on dans le programme présidentiel d’Emmanuel Macron. Il y est, par ailleurs, précisé que ce droit ne serait utilisable « qu’une fois tous les cinq ans ».
La promesse a été détaillée sur le site de campagne du candidat :
« Tous les cinq ans, chacun y aura droit, s’il choisit de démissionner pour changer d’activité ou développer son propre projet professionnel. Ceci incitera les entreprises à investir pour améliorer la qualité de vie au travail afin de conserver leurs salariés, dont nous renforçons ainsi le pouvoir de négociation. »
POURQUOI L’ENGAGEMENT N’EST PAS VRAIMENT TENU
Une fois en place, le gouvernement a rapidement tempéré cette promesse pour éviter de possibles dérives financières du système. Mais la liste des critères érigée dans l’accord avec les partenaires sociaux, conclu le 22 février, validée ensuite par Muriel Pénicaud, est particulièrement restrictive. Voici les principales conditions que les salariés démissionnaires devront respecter pour pouvoir être éligible :
avoir été affilié à l’assurance-chômage de manière « ininterrompue » pendant au moins cinq ans (les partenaires en voulaient sept mais la ministre a préféré maintenir la durée de cinq ans promise par Emmanuel Macron) ;avoir un « projet d’évolution professionnelle » qui soit une reconversion nécessitant de nouvelles formations ;ce projet doit avoir été jugé comme « réel et sérieux » avant la démission par la commission paritaire régionale compétente. Pour cela, il doit notamment répondre « raisonnablement aux besoins du marché du travail ».
La ministre du travail a déclaré vendredi tabler sur « entre 20 000 et 30 000 » bénéficiaires de ce nouveau droit par an. Un chiffre qui témoigne de la portée très limitée de la réforme. En pratique, il existait déjà auparavant des cas restreints de démissions considérées comme « légitimes » et ouvrant des droits au chômage, par exemple pour non-paiement des salaires ou dans certains cas de changement de résidence (la liste des critères est détaillée sur le site de l’Unédic).
Vingt-cinq mille démissions considérées comme « légitimes » ont ainsi donné droit au chômage en 2016, selon l’Unédic, auxquelles s’ajoutaient entre 20 000 et 30 000 demandes qui « ouvrent un droit suite à examen à quatre mois ». Soit 50 000 personnes concernées par an environ.
En résumé, l’« ouverture » du droit au chômage aux démissionnaires promise par Emmanuel Macron concernera moins de personnes que les dispositifs préexistants auquel elle s’ajoutera. Concrètement, on passerait d’environ 50 000 auparavant à entre 70 000 et 80 000 démissionnaires indemnisés par Pôle emploi chaque année. L’esprit de la réforme détaillé dans le programme du candidat d’« [inciter] les entreprises à investir pour améliorer la qualité de vie au travail afin de conserver leurs salariés » y a également laissé des plumes.
2. La protection chômage pour tous les actifs
CE QU’A PROMIS EMMANUEL MACRON
Le programme présidentiel de l’ex-ministre était catégorique :
« Nous permettrons à tous les travailleurs d’avoir droit à l’assurance-chômage. Les artisans, les commerçants indépendants, les entrepreneurs, les professions libérales, et les agriculteurs disposeront, comme les salariés, de cette protection. »
Sur son site de campagne, il ajoutait : « Lorsqu’on est successivement salarié et indépendant, ou parfois les deux en même temps, la protection ne peut plus dépendre du statut comme dans le monde d’hier. L’assurance-chômage universelle couvrira tous les actifs — salariés, artisans, commerçants indépendants, entrepreneurs, professions libérales, agriculteurs — et facilitera les transitions d’un statut à un autre. »
POURQUOI L’ENGAGEMENT N’EST PAS VRAIMENT TENU
Dans les faits, Muriel Pénicaud a bien annoncé une indemnisation pour les indépendants en perte d’activité, mais à deux conditions :
elle ne concernera que les indépendants placés en liquidation judiciaire ;Parmi ceux-là, seuls ceux qui avaient au moins « un bénéfice annuel autour de 10 000 euros » pourront en bénéficier. Les indépendants aux plus faibles revenus en sont donc exclus.
Ceux qui remplissent les deux critères pourront prétendre à un « filet de sécurité » de 800 euros par mois pendant six mois, a dit la ministre.
S’il s’agit bien d’une avancée pour certains, on est loin de la promesse de campagne d’une « assurance-chômage universelle » et indépendante du statut. Le « monde d’hier » fait de la résistance.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Le groupe automobile a annoncé sa décision de ne plus investir dans son site de production de boîtes de vitesses, menaçant par là même les emplois des 910 personnes qui y travaillent, sans compter les intérimaires.
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Ford Blanquefort : Bruno Le Maire créé « un groupe de travail » pour maintenir l’activité

Le groupe automobile a annoncé sa décision de ne plus investir dans son site de production de boîtes de vitesses, menaçant par là même les emplois des 910 personnes qui y travaillent, sans compter les intérimaires.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 15h10
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 15h56
   





                        



   


Bruno Le Maire, le ministre de l’économie, va mettre en place un « groupe de travail restreint » pour « maintenir l’activité » sur le site Ford Aquitaine Industries (FAI) de Blanquefort, dans la Gironde. Le ministre s’exprimait à l’issue d’une rencontre ayant réuni, vendredi 2 mars, à la mi-journée à Bercy les représentants du personnel de l’usine, ainsi que des élus locaux.
Ce groupe de travail sera « représenté par Jean-Pierre Floris », délégué interministériel à la restructuration industrielle, et devra discuter « directement avec les représentants de Ford du volume de production, du type de production que Ford entend maintenir dans les mois qui viennent sur le site de Blanquefort », a-t-il détaillé.
Le ministre rencontrera le directeur Europe de Ford « dans les jours qui viennent » afin de « connaître exactement ses intentions sur le site », a-t-il dit. « Ford doit comprendre que la détermination de l’Etat, des élus locaux, des salariés à maintenir l’activité sur ce beau site de Blanquefort est totale », a déclaré M. Le Maire.
Mardi, le groupe automobile a annoncé sa décision de ne plus investir dans son site de production de boîtes de vitesses, menaçant par là même les emplois des 910 personnes qui y travaillent, sans compter les intérimaires.
Un comité de suivi doit se tenir le 9 mars à la préfecture de la Gironde. L’intersyndicale FO, CGT, CFDT, CFE-CGC et CFTC a appelé les salariés à deux heures de débrayage lundi et à la tenue d’une assemblée générale.
Les emplois du site Ford Aquitaine Industries étaient protégés par un accord-cadre quinquennal passé entre Ford et les autorités contre le versement d’aides publiques. L’accord arrivera à échéance à la fin du mois de mai.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ 750 000 futurs étudiants ont déjà créé leur dossier sur Parcoursup, soit « 100 000 de plus que l’an dernier à la même époque »
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Parcoursup : 19 000 places supplémentaires déjà financées, d’après le ministère

750 000 futurs étudiants ont déjà créé leur dossier sur Parcoursup, soit « 100 000 de plus que l’an dernier à la même époque »



Le Monde
 |    02.03.2018 à 15h29
   





                        



   


A l’approche de la clôture des vœux le 13 mars, la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, confirme vendredi le financement de 19 000 places supplémentaires pour la rentrée 2018, dans un entretien au journal Les Echos. En janvier, à l’ouverture de la plateforme d’orientation Parcoursup, Frédérique Vidal avait promis 22 000 places.
Sur ces 19 000 places, 2 000 concernent les BTS et environ 17 000 sont en licence. « Il s’agit pour moitié des Staps (Sciences et techniques des activités physiques et sportives), la filière universitaire la plus surchargée (où 3 000 créations de places sont financées), du droit (2 000), de l’écogestion (2 000) et Paces (Première année commune aux études de santé, 1 700) », détaille la ministre, qui n’évoque pas la situation des Instituts universitaires de technologie (IUT). Concernant la répartition géographique, l’Ile-de-France récupère environ 3 400 places supplémentaires, contre 1 800 pour la région Occitanie, par exemple.

        Lire aussi :
         

                Le gouvernement promet de créer 22 000 places dans l’enseignement supérieur à la rentrée



Frédérique Vidal se dit aujourd’hui prête à aller plus loin. « S’il est nécessaire d’aller au-delà de 22 000, nous le ferons », indique-t-elle. 28 000 bacheliers supplémentaires devraient rejoindre l’enseignement supérieur à la rentrée prochaine.
Le ministère indique que 750 000 futurs étudiants ont déjà créé leur dossier sur Parcoursup, ce qui représente « 100 000 de plus que l’an dernier à la même époque ». 
Projet de l’étudiant « prioritaire »
Les capacités d’accueil ne seront pas définies en fonction des débouchés, mais bien du projet professionnel de l’étudiant. Le sujet sera notamment à l’ordre du jour devant les élus de la communauté universitaire. Le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (Cneser) se réunira le 5 mars pour préciser cela.
Evoqués lors de l’examen de la loi, trois éléments devraient être pris en compte pour définir les capacités d’accueil de chaque filière : le projet des étudiants, les projets de l’établissement et les perspectives d’insertion professionnelle. Dans un projet de décret évoqué par le site EducPros, le projet de l’étudiant serait « prioritaire » dans la détermination du nombre de places.
Ce premier rendez-vous du Cneser sera également l’occasion d’évoquer plus généralement le fonctionnement de la plateforme, ainsi que son calendrier.



                            


                        

                        


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Go : la version allégée d’Android arrive en France

Moins gourmand, ce nouveau logiciel central est réservé aux smartphones les moins rapides. Les premiers viennent d’être annoncés et devraient arriver en France au printemps.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 15h51
    |

                            Nicolas Six








                        



   


Annoncé en mai 2017, Android Go arrive enfin sur smartphone. Cette version allégée du logiciel central Android équipera prochainement une dizaine de modèles bas de gamme annoncés cette semaine au Mobile World Congress, Salon qui s’est tenu du 26 février au 1er mars à Barcelone. Android Go est conçu pour fonctionner fluidement sur les smartphones à moins de 100 euros, pauvres en mémoire, dotés d’une électronique peu véloce, et parfois privés d’antenne 4G.
Des applications allégées
Pas de miracle : les smartphones estampillés « Go » demeurent nettement moins rapides que les smartphones milieu de gamme. Mais selon Google, ils fonctionnent avec plus de fluidité que les smartphones à moins de 100 euros équipés de la version classique d’Android. Le nouveau logiciel central (ou OS) de Google est épaulé par des applications allégées : la messagerie Gmail Go, l’application de cartographie Go Maps, le service de vidéos Youtube Go, etc.
Ces applications sont amputées de certaines fonctionnalités, mais augmentées de nouvelles, pensées pour les smartphones bas de gamme. Youtube Go, par exemple, ne permet plus de réduire une vidéo dans une petite fenêtre, pour continuer sa lecture par dessus une autre application. Mais il devient possible de télécharger les vidéos pour une lecture ultérieure en qualité basse, moyenne ou élevée.
Lorsqu’on ouvre le magasin d’applications d’Android Go, d’autres applications allégées sont mises en avant. On y trouvera probablement des déclinaisons moins gourmandes d’applications populaires comme Facebook Lite.
Réservé à une poignée de smartphones
Go aurait pu attirer les possesseurs de smartphones vieillissants, dont les menus ralentissent. Malheureusement, cette version d’Android est impossible à installer sur un ancien mobile. Même chose pour les applications Google estampillées Go : lorsqu’on ouvre le magasin d’applications sur un vieux smartphone, elles sont introuvables. Seuls les smartphones bas de gamme récents équipés d’Android Go y ont accès.
Ce nouveau logiciel central est initialement pensé pour les marchés émergents comme l’Inde ou l’Afrique. Mais au moins cinq smartphones équipés d’Android Go seront commercialisés en France entre avril et Juin, chez Wiko, Nokia et Alcatel. Ces modèles pourraient représenter un choix intelligent pour les consommateurs dotés d’un tout petit budget.

   


Face aux mobiles à moins de 100 euros dotés d’une version classique d’Android, les smartphones « Go » bénéficient d’une version plus récente d’Android : le millésime 8, nom de code Oreo, plutôt que le millésime 7, surnommé Nougat.
Une belle initiative à considérer avec prudence
Si Google tient ses promesses, les smartphones Go pourraient rester parfaitement utilisables pendant trois ans. Leurs menus pourraient conserver leur fluidité, ils recevraient des mises à jour de sécurité régulières, et bénéficieraient de la plupart des fonctions les plus récentes d’Android. Aucun autre smartphone bas de gamme ne peut en dire autant.
Pour l’heure, ces promesses doivent être prises avec des pincettes : Google est coutumier des projets abandonnés en route. L’entreprise lance très régulièrement des produits nouveaux, quitte à éliminer rapidement les moins populaires.

   


En outre, Android Go est un véritable défi technique. Offrir l’essentiel des fonctions d’Android aux smartphones les plus lents est une promesse difficile à tenir, garantir leur bon fonctionnement sur plusieurs années l’est plus encore. Il faudra patienter trois ans pour vérifier qu’Android Go est réellement un logiciel central allégé recommandable.



                            


                        

                        


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édition abonné


L’Italie embarrassée par son patrimoine architectural fasciste

La dictature de Mussolini a couvert le pays de chefs-d’œuvre architecturaux. Faut-il les restaurer ? Comment les présenter ? Ces questions divisent.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 15h32
    |

                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Plongeurs athlétiques, chevaux cabrés et tritons surveillent les baigneurs du centre sportif Foro Italico, à Rome. Ces mosaïques fantastiques font de la piscine une des plus belles de la capitale italienne ; seule sa petite sœur, à l’étage, jadis fréquentée par Mussolini en personne, peut rivaliser. En sortant, les baigneurs foulent un sol couvert d’aigles, de bombardiers, de chemises noires et d’inscriptions belliqueuses – « Vaincre est nécessaire, combattre l’est encore plus », « Beaucoup d’ennemis, beaucoup d’honneur », « L’Italie a enfin son empire ». Nous sommes à deux pas du stade olympique. A l’entrée du complexe, un obélisque arbore l’inscription MVSSOLINI DVX. Bâti pour la candidature de Rome aux Jeux olympiques de 1940, le Foro Italico évoque, par son architecture tonitruante, la gloire de l’ancien Empire romain et encense la dictature fasciste.
Avant-garde architecturale
Si les touristes s’offusquent de voir le nom du Duce gravé en lettres capitales, les locaux assument leur amour pour l’endroit. Produit de la propagande du « Ventennio », la double décennie fasciste, le Foro Italico est également emblématique de l’avant-garde architecturale de l’époque. Sa restauration pouvant prêter à de mauvaises interprétations sur son véritable mobile, on a laissé le marbre se fissurer et les mosaïques se dégrader. Mais lorsque, en 2015, la présidente de la Chambre des députés, Laura Boldrini, a proposé d’effacer le nom « Mussolini » du monolithe, on l’a accusée de vouloir défigurer un chef-d’œuvre…
Que faire alors de ce patrimoine aussi encensé qu’encombrant ? A l’automne 2017, le démantèlement aux Etats-Unis de statues confédérées a relancé la controverse : l’Italie ­a-t-elle fait son travail de mémoire ? s’interrogeait l’historienne Ruth Ben-Ghiat. La question divise le pays, qui appréhende la montée de l’extrême droite lors des élections parlementaires, le 4 mars.
Or, de Trieste à Palerme, la Botte est parsemée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Opposés au projet d’enfouissement des déchets nucléaires dans cette commune de la Meuse, ils ont l’intention de se rassembler ce week-end malgré l’interdiction préfectorale.
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Bure : les opposants annoncent leur intention de manifester malgré un arrêté préfectoral

Opposés au projet d’enfouissement des déchets nucléaires dans cette commune de la Meuse, ils ont l’intention de se rassembler ce week-end malgré l’interdiction préfectorale.



Le Monde
 |    02.03.2018 à 15h03
 • Mis à jour le
02.03.2018 à 15h04
   





                        


Les opposants au projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse) ont annoncé vendredi 2 mars leur intention de passer outre l’interdiction de manifester décrétée par la préfecture, qui redoute de nouveaux débordements.
Il y a une semaine, pas de moins de 500 gendarmes avaient été requis pour l’évacuation manu militari d’une quinzaine d’occupants du bois Lejuc, épicentre de la contestation, tandis que leurs bivouacs et barricades étaient détruits à l’aide de bulldozers.
Devant la perspective de nouveaux « troubles graves à l’ordre public », la préfète de la Meuse, Muriel Nguyen, a pris dans la nuit de jeudi à vendredi un arrêté interdisant « toute manifestation ».
« Un fort risque d’affrontements »
« Plus de 700 opposants sont attendus », dit-elle dans l’arrêté. « Il existe un fort risque d’affrontements avec les forces de l’ordre stationnées aux abords du bois », a-t-elle précisé à l’AFP, étant donné « le caractère jusqu’au-boutiste de certains des opposants » et « le mot d’ordre visant à réinvestir » la zone, a encore fait valoir la préfète de la Meuse.
« On est scandalisé. C’est un arrêté liberticide », a répliqué Juliette Geoffroy, porte-parole du Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs (Cedra), ajoutant que l’appel au rassemblement lancé par les opposants était « maintenu ».
Prévu de longue date, il doit être selon eux l’occasion d’« une rencontre inter-comités de soutien et de lutte ».
La préfète Muriel Nguyen a prévu un dispositif de maintien de l’ordre. « Mais le dispositif ne viendra pas gêner un rassemblement pacifique », a-t-elle cependant dit.
« Il y a une hypocrisie totale, car ils demandent plus de consultation et on nous empêche de nous réunir pour discuter », proteste Sylvain, habitant de la commune.

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                Bure : les occupants du bois Lejuc évacués par la force



Le 23 février, au lendemain de l’évacuation du site, les associations d’opposants, qui devaient rencontrer le secrétaire d’Etat à la transition écologique, Sébastien Lecornu, avaient boycotté la réunion.
Une demande d’autorisation prévue pour 2019
Le site de Bure a été choisi en 1998 pour accueillir un laboratoire souterrain qui doit préparer l’enfouissement des déchets nucléaires les plus radioactifs ou à vie longue produits par les centrales du parc de centrales françaises.
Quant au bois Lejuc et ses abords, un terrain qui s’étend sur 221 hectares, il a été retenu par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) pour l’installation des cheminées d’aération du laboratoire.
L’agence doit aussi réaliser des forages exploratoires dans la forêt afin de récolter des données en vue du dépôt d’une demande d’autorisation formelle de création du site, prévue pour 2019, les forages étant rendus impossibles par l’occupation du bois.
Depuis le lancement du projet, les manifestations d’opposants se sont multipliées tandis que des recours judiciaires étaient intentés pour essayer d’empêcher le démarrage des travaux. En août dernier, des affrontements avaient fait six blessés parmi les opposants et deux parmi les gendarmes.

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