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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Cette série sociopolitique se place au niveau et dans la continuité de la remarquable « American Crime » (sur Netflix à la demande).
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TV – « Seven Seconds », implacable et bouleversante

Notre choix du soir. Cette série sociopolitique se place au niveau et dans la continuité de la remarquable « American Crime » (sur Netflix à la demande).



Le Monde
 |    01.03.2018 à 17h45
    |

            Renaud Machart








                        


Série sur Netflix à la demande

Les trois saisons d’American Crime (2015-2017), créée par John Ridley, avaient témoigné qu’une grande chaîne nord-américaine, ABC, était capable de présenter, en première partie de soirée, une série sociopolitique exigeante et hautement critique à l’égard des Etats-Unis d’aujourd’hui.
Elle avait de même programmé, il y a un an, When We Rise, la mini-série créée par Dustin Lance Black, qui narrait l’émergence, la constitution et la politisation du mouvement LGBTQ aux Etats-Unis. Production également remarquable dont le pilote avait été réalisé par Gus Van Sant.
En dépit de l’excellent accueil critique d’American Crime – diffusée en France, comme When We Rise, par Canal+ –, le public n’a pas suivi en nombre suffisant ce chef-d’œuvre pour qu’une quatrième saison soit envisagée. C’est en fait Netflix qui, depuis le 23 février, la propose.
Seven Seconds, créée par Veena Sud, n’est pourtant structurellement en rien liée à American Crime. Mais, par ses thématiques sociopolitiques du même ordre, elle en semble la parfaite descendante ou continuatrice : un adolescent afro-américain est renversé par la voiture d’un policier en civil (le kaléidoscopique Beau Knapp) qui se rend en hâte à l’hôpital où sa femme accouche. Lorsqu’il constate l’accident, il appelle son supérieur, qui vient sur les lieux avec deux autres collègues en civil de la brigade des stups de Jersey City (New Jersey).
Une fine peinture psychologique
Craignant les retombées de cette affaire sur l’opinion publique, déjà échauffée par de nombreux cas d’accidents meurtriers mettant en cause des policiers blancs et des victimes noires, la patrouille quitte les lieux en laissant pour mort le garçon dans un fossé. De toute façon, ainsi que le dit le veule flic incarné par David Lyons, on embête rarement les policiers compromis dans de telles affaires.
Les dix longs épisodes (entre 54 et 80 minutes) montrent à la fois l’enquête menée par le substitut du procureur et le policier qui l’assiste (les formidables Clare-Hope Ashitey et Michael Mosley, sorte de Columbo subtilement vulgaire et faussement désabusé), les doubles jeux et les compromissions de la police, les épouvantables détresses de familles afro-américaines impuissantes face à une justice scandaleusement biaisée.

   


De sorte que, d’une manière parfaitement équilibrée, les ressorts et les rebonds d’un thriller sociopolitique cohabitent avec une fine peinture psychologique de personnages à la dérive : la mère de la victime, incarnée par la grande et intense comédienne Regina King, dont la présence dans Seven Seconds accentue encore le lien avec American Crime, où elle jouait chaque saison un rôle éminent ; l’oncle, soldat qui rentre du Moyen-Orient et se retrouve laissé pour compte de la société ; le substitut du procureur, alcoolique et dépassé par une tâche qui ressemble à une peine perdue tant les bâtons dans les roues s’accumulent.
La charge implacable de Seven Seconds ne fera pas plaisir au pouvoir en place aux Etats-Unis, à la police, à la justice et aux conservateurs blancs. Elle paraîtra peut-être extrême et unilatérale, mais l’actualité nord-américaine lui donne – hélas ! – raison.
Cette série – dont le deuxième épisode est signé par Jonathan Demme, le réalisateur du Silence des agneaux (1991) et de Philadelphia (1993), mort peu après ce tournage – est avant tout bouleversante.
Seven Seconds. Série créée par Veena Sud. Avec Clare-Hope Ashitey, Regina King, Beau Knapp, David Lyons (EU, 2018, 10 × 54-80 min.) Sur Netflix.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ A voir aussi ce soir. A quelques semaines de l’ouverture du procès, le 13 mars, Ivan Butel décortique une histoire qui a abouti à un fiasco politico-judiciaire (sur France 3 à 23 h 20).
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TV – « Tarnac, quand tout déraille »

A voir aussi ce soir. A quelques semaines de l’ouverture du procès, le 13 mars, Ivan Butel décortique une histoire qui a abouti à un fiasco politico-judiciaire (sur France 3 à 23 h 20).



Le Monde
 |    01.03.2018 à 17h30
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur France 3 à 23 h 20

   


Après avoir été reporté à deux reprises, le procès du groupe de Tarnac (Corrèze) s’ouvrira le 13 mars, à Paris. Huit prévenus comparaîtront, dont Julien Coupat. Il n’est plus question de juger « une entreprise terroriste », l’accusation ayant été abandonnée en 2015, mais une « association de malfaiteurs ». A cette occasion France 3 sort de ses tiroirs le documentaire d’Ivan Butel. Le documentariste, revenant avec minutie sur les faits d’une histoire ayant abouti à un fiasco politico-judiciaire, permet de mieux comprendre comment des responsables politiques ont pu, pour des raisons idéologiques, entraîner les services de renseignement sur de mauvaises pistes.
Sabotage
Récupération politique, dérives des agents de l’antiterrorisme, emballement médiatique puis enlisement, Tarnac provoque d’étranges réactions. Logique, car accuser des militants anticapitalistes de « terrorisme » n’est anodin ni sur le plan pénal ni en termes de symbole.
Rappel des faits : dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008 à Dhuisy (Seine-et-Marne), un crochet métallique est suspendu aux caténaires de la ligne TGV. Sabotage. Le 11 novembre à l’aube, le petit village de Tarnac est envahi par 150 policiers cagoulés et armés. Les membres de l’antiterrorisme et de la direction centrale du renseignement intérieur perquisitionnent l’épicerie et la ferme du Goutailloux. Une dizaine d’activistes issus de la mouvance « anarcho-autonome » sont arrêtés. Michèle Alliot-Marie, ministre de l’intérieur, se félicite du succès de cette opération. Evoquant les militants arrêtés, Jean-Claude Marin, procureur de la République, décrit un « noyau dur dont l’objet est la lutte armée ».
Ces militants anticapitalistes, dont l’emblématique Julien Coupat, qui sera incarcéré durant six mois, sont en fait fichés et suivis depuis plus de dix ans. Le documentaire décortique les faits, s’attarde sur le rôle trouble joué par Mark Kennedy, policier anglais infiltré dans les milieux anarchistes et gauchistes européens depuis des années.
Au fil du temps, on s’aperçoit que les dossiers d’accusation ne tiennent pas la route. En août 2015, la nouvelle juge chargée de l’instruction demande l’abandon de la qualification « terrorisme ». Le parquet fait appel. Place désormais au procès.
Tarnac, quand tout déraille, d’Ivan Butel (Fr., 2015, 60 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ L’auteur de BD François Boucq s’est amusé à illustrer les messages envoyés sur Twitter par le président américain, avant et après son élection.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Considéré comme l’un des meilleurs spécialistes du fascisme et de l’Italie du XIXe et XXe siècles, célèbre entre autres pour ses ouvrages cosignés avec Serge Berstein, Pierre Milza est mort le 28 février, à l’âge de 85 ans.
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Mort de l’historien Pierre Milza

Considéré comme l’un des meilleurs spécialistes du fascisme et de l’Italie du XIXe et XXe siècles, célèbre entre autres pour ses ouvrages cosignés avec Serge Berstein, Pierre Milza est mort le 28 février, à l’âge de 85 ans.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 14h29
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 14h45
    |

                            Antoine Flandrin








                        



                                


                            

Auteur d’innombrables manuels sur l’histoire des relations internationales au XXe siècle, spécialiste du fascisme, Pierre Milza est mort à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), le 28 février, à l’âge de 85 ans.
Né le 16 avril 1932 à Paris, ce fils d’un immigré italien, ancien combattant de la première guerre mondiale, et d’une ouvrière française a construit une œuvre historique originale et féconde, réputée des deux côtés des Alpes. L’auteur du Voyage en Ritalie (Plon, 1993), monumentale histoire de l’immigration italienne en France, était fier de se compter parmi la grande famille des « Ritals », aux côtés d’Yves Montand, de Coluche, de François Cavanna ou de Michel Platini.
Accueilli chez une tante à San Remo, en Ligurie, après le décès de son père en 1943, il découvre alors ses racines italiennes. Il a 16 ans et apprend l’italien en un tournemain. Il n’aura de cesse de retourner dans le pays de Dante pour y poursuivre ses recherches dans les archives à Rome, y enseigner dans les universités de Parme et de Florence, mais aussi pour s’y ressourcer.
Instituteur avant de devenir professeur d’histoire
D’abord instituteur, il hérite en 1953 d’une classe de cours élémentaire de 53 élèves dans une école primaire du 16e arrondissement, à Paris. Un baptême du feu dans le monde de l’enseignement qu’il n’oubliera jamais. Serge Berstein, dont il a fait la connaissance à l’école normale des instituteurs de la Seine, l’encourage à devenir professeur d’histoire.
Pierre Milza renonce alors à devenir professeur d’éducation physique. Pratiquant le judo et le karaté, il est également amateur de football. « Le foot, c’est un phénomène aussi important que le carnaval au Moyen Age », dira-t-il plus tard. Reçu premier à l’agrégation d’histoire à l’âge de 32 ans, Pierre Milza se lance alors à la conquête de son identité italienne perdue. Son mémoire de diplôme d’études spécialisées porte sur les Villani,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Elles mesurent 34 cm et pèsent 3,9 kg : les récompenses du cinéma américain sont issues d’un processus de fabrication technique et précis. Explications.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Le dispositif sera testé dans le Bas-Rhin, l’Hérault, la Seine-Saint-Denis et la Guyane avant d’être étendu à l’ensemble du territoire.
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Le « Pass culture » lancé dans quatre départements en septembre

Le dispositif sera testé dans le Bas-Rhin, l’Hérault, la Seine-Saint-Denis et la Guyane avant d’être étendu à l’ensemble du territoire.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 13h37
   





                        


Le « Pass culture » sera lancé dans quatre départements en septembre avant d’être étendu au reste du pays, a indiqué Françoise Nyssen, la ministre de la culture, jeudi 1er mars. Le dispositif vise à aider les jeunes à fréquenter les lieux artistiques et à acheter des biens culturels.
Le « Pass » sera testé dès le deuxième trimestre dans le Bas-Rhin, l’Hérault, la Seine-Saint-Denis et la Guyane. Il sera ensuite officiellement lancé en septembre dans ces départements, avant d’être étendu au reste du territoire. Il sera accessible à tous à l’âge de 18 ans et crédité de 500 euros.
Application mobile
« Ce ne sera pas un chèque ou un ticket de consommation. C’est une application mobile qui sera comme une espèce de proposition culturelle géolocalisée : le jeune pourra voir, là où il est, toutes les propositions qui sont possibles dans son environnement », a expliqué la ministre au micro d’Europe 1.
Le « Pass culture » était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron. La ministre a indiqué que le budget consacré au Pass s’élèverait à environ 400 millions d’euros. La part payée par l’Etat et la contribution des « offreurs » (cinémas, théâtres, musées…) reste à définir. Des banques pourraient être associées au dispositif, précise-t-on au ministère.

        Lire aussi :
         

                Françoise Nyssen : « Le passe culture ne sera pas un “gadget” »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ La Vénus de Willendorf, figurine vieille de près de 30 000 ans considérée comme un chef-d’œuvre de l’art paléolithique, a été censurée sur le réseau social.
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Facebook présente ses excuses après la censure d’une Vénus paléolithique

La Vénus de Willendorf, figurine vieille de près de 30 000 ans considérée comme un chef-d’œuvre de l’art paléolithique, a été censurée sur le réseau social.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 11h03
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 12h56
   





                        



   


Le réseau social Facebook a présenté jeudi 1er mars ses excuses après la censure récente d’une représentation de la Vénus de Willendorf, figurine vieille de près de 30 000 ans considérée comme un chef-d’œuvre de l’art paléolithique, exposée au Museum d’histoire naturelle (NHM) de Vienne.
Statuette représentant une figure féminine nue et plantureuse, la Vénus de Willendorf, découverte dans le village autrichien éponyme au début du XXe siècle, est « la représentation préhistorique de femme la plus populaire et la plus connue au monde », relève le musée.
Mais Facebook l’a supprimée d’un message posté fin décembre 2017 par une activiste des arts italienne, Laura Ghianda, a déploré le NHM, confirmant auprès de l’AFP une information de la revue spécialisée Art Newspaper.
« Nous estimons qu’un objet archéologique, et tout particulièrement une icône de ce type, ne doit pas être interdit sur Facebook, pas plus qu’aucune autre œuvre d’art », a précisé le musée, qui a également réagi sur le réseau social.
Une « erreur »
« Nous nous excusons pour cette erreur et avons indiqué à l’annonceur que nous approuvons son annonce », a déclaré auprès de l’AFP une porte-parole de Facebook. Facebook a souligné jeudi que sa « politique en matière de publicité ne permet pas la nudité ou la nudité suggérée ». « Mais nous faisons une exception pour les statues, et à ce titre cette annonce aurait dû être approuvée », a précisé la porte-parole.
« Il n’y a aucune raison pour que le NHM de Vienne couvre la Vénus de Willendorf (…) et cache sa nudité, que ce soit au musée ou sur les réseaux sociaux », avait souligné son directeur, Christian Köberl, expliquant n’avoir « jamais entendu parler de quelqu’un qui aurait été heurté à la vue de cette œuvre ». Le NHM a toutefois précisé n’avoir jamais expérimenté directement de censure de la part de Facebook, y compris pour un post récent concernant « la pornographie à l’âge de pierre ».
Facebook est régulièrement mis en cause pour les contenus dont il autorise ou n’autorise pas la diffusion. La justice française doit se prononcer le 15 mars sur le cas d’un internaute qui lui reproche d’avoir fermé son compte pour avoir publié une photo du tableau de Gustave Courbet « L’Origine du monde », représentant un sexe féminin.

        Lire aussi :
         

                Facebook : la justice se penche sur la censure de « L’Origine du monde »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ La plate-forme de musique suédoise va être cotée à Wall Street. En dépit de ses fortes pertes, elle ne va lever de capitaux. Une pratique rare qui pourrait faire des émules parmi les vedettes du numérique.
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Spotify s’introduit en Bourse pour ses fans

La plate-forme de musique suédoise va être cotée à Wall Street. En dépit de ses fortes pertes, elle ne va lever de capitaux. Une pratique rare qui pourrait faire des émules parmi les vedettes du numérique.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 10h39
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. Il est roux comme un paysage d’automne du nord de l’Angleterre, dans le Yorkshire, qui l’a vu naître. Il joue de la guitare sèche, du folk dans la tradition des routards américains des années 1970, avec cette touche pop que seuls savent manier les studios londoniens. Venu d’un autre âge, loin des saveurs électro et rap, Ed Sheeran est l’un des chanteurs les plus prisés au monde. En 2017, près de 50 millions de fans l’écoutaient chaque mois sur Spotify. Un record mondial. Ces deux-là se ressemblent. Ils débarquent du nord de l’Europe et leur succès est aussi improbable que planétaire.
La plate-forme de musique suédoise Spotify, seule entreprise européenne du numérique à rivaliser avec Apple et Google, a décidé d’exposer son succès au grand jour. A partir d’avril, les aficionados d’Ed Sheeran pourront acheter un petit bout de la société de Stockholm qui va se coter à Wall Street. Une intro pour les fans.
Dans les documents boursiers transmis aux autorités, la société officialise ce qui se murmurait. Elle confirme à la fois son succès public, la fragilité de son modèle économique et l’originalité des modalités de son entrée en Bourse. Forte de 159 millions d’utilisateurs actifs, la société détient à elle seule plus de 40 % du marché mondial de l’écoute de musique sur Internet en continu, le streaming. Avec 71 millions d’abonnés payants, sa plate-forme en revendique deux fois plus que son principal concurrent, Apple.
Pas d’augmentation de capital
Mais son modèle financier est délicat. Si son chiffre d’affaires a augmenté de 40 % en 2017 pour dépasser les 4 milliards de dollars (3,3 milliards d’euros), ses pertes se sont creusées à 1,24 milliard, plus de deux fois plus que l’année précédente. Mais celles-ci résultent pour moitié de la conversion de certaines dettes en actions et, surtout, la firme a une botte secrète qui la rend très attractive. En dépit de ce déficit, la trésorerie de l’entreprise est positive car...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Réalisateur de films cultes, il est, entre autres, l’auteur d’« Invasion » présenté au Festival de Cannes en 1969.
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Le cinéaste franco-argentin Hugo Santiago est mort

Réalisateur de films cultes, il est, entre autres, l’auteur d’« Invasion » présenté au Festival de Cannes en 1969.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 10h32
    |

                            Paulo A. Paranagua








                        



   


Hugo Santiago, réalisateur de films cultes, figure de la communauté intellectuelle argentine et résidant en France, est mort à Paris, mardi 27 février, à l’âge de 78 ans. Auteur du fameux Invasion, présenté à la première Quinzaine des réalisateurs, au Festival de Cannes, en 1969, il était un homme de la renaissance, imprégné d’une culture musicale, littéraire et théâtrale. Il cultivait la conversation avec une exubérance tempérée par sa curiosité, ce qui lui a valu l’amitié de nombreux intellectuels français et argentins. « Je suis un Portègne à Paris et un Français en Argentine », disait-il.
Hugo Santiago Muchnik était né à Buenos Aires le 12 décembre 1939, dans une famille juive de professionnels de la télévision. L’apprentissage de la musique éveille sa sensibilité artistique dès l’enfance. Etudiant à la faculté de philosophie et de lettres de l’université de Buenos Aires, il fait la connaissance de l’écrivain Jorge Luis Borges, qui enseigne la littérature anglo-saxonne ancienne. Grâce à une bourse, il se rend à Paris, où il devient l’assistant attitré de Robert Bresson pendant plusieurs années. Avec la fréquentation assidue de la Cinémathèque française, il complète ainsi sa formation au septième art. Auprès de Bresson, il fait l’expérience d’une ascèse qui l’aide à épurer son expression, comme le montre son premier long-métrage, Invasion, tourné en Argentine, salué d’emblée comme un chef-d’œuvre.
Polar expressionniste
Invasion a été écrit en collaboration avec Borges et son vieux complice Adolfo Bioy Casares, tous les deux grands amateurs de culture populaire et de roman policier. Dans une ville imaginaire qui transfigure les signes d’identité de Buenos Aires, une bande de résistants à l’allure désuète tente de repousser des envahisseurs qui se distinguent à peine par l’utilisation plus fréquente d’imperméables. L’argument sert de prétexte à une mise en scène éblouissante par son utilisation du noir et blanc et des éclairages, des cadrages inattendus, d’une interprétation à l’apparence décontractée, qui ménage l’émotion et la surprise. Aucun film de cette époque aux radicalités militantes ne ressemble à Invasion, qui tient un discours sur l’honneur et le courage sous ses airs de polar expressionniste légèrement fantastique. Film allégorique sans doute, politique à sa manière, mais à la sensibilité unique.

Puisque l’époque était effectivement troublée en Argentine, Hugo Santiago reste en France, où il parvient après moult péripéties et avec l’aide de Vincent et Louis Malle à tourner Les Autres, également fruit de sa collaboration avec Borges et Bioy Casares. Cette fois, la présentation au Festival de Cannes, en 1974, est une catastrophe. La longue séquence initiale, sous des airs d’opéra, sans paroles ni logique apparente, provoque les huées. Pour contrer ce jeu de massacre, de nombreux intellectuels se mobilisent pour défendre le film, à commencer par Gilles Deleuze. Les Autres détonnent dans le paysage du cinéma français. Les spectateurs peinent à comprendre ces envolées expérimentales. Dans Ecoute voir (1979), l’auteur fait endosser à Catherine Deneuve les habits du privé, un travestissement plus accessible au public.
« Objets audiovisuels »
Le réalisateur tire le meilleur parti de son écartèlement entre deux cultures dans Les Trottoirs de Saturne (1986), brillante variation sur les déchirements d’exilés argentins en France, qui auraient pu être les survivants d’Invasion. Les airs de tango lui donnent un air envoûtant, tantôt lancinant, tantôt séduisant. Ensuite, Hugo Santiago met sa rigueur et sa méticulosité au service de ce qu’il appelle, par modestie ou ironie, des « objets audiovisuels », produits par l’Institut national de l’audiovisuel (INA) et par la chaîne Arte. Il alterne ainsi la captation de spectacles sur les planches, théâtre ou danse, avec notamment des mises en scène d’Antoine Vittez. Ses documentaires montrent son intérêt à la fois pour l’écrivain Maurice Blanchot (1997) et pour la chanteuse brésilienne Maria Bethania (2001), qu’il cerne de près. Il ne délaisse pas pour autant la fiction, avec Le Loup de la Côte Ouest (2002).
Le Ciel du Centaure (2015), tourné à Buenos Aires, reste le dernier avatar de sa recherche labyrinthique, qui n’a cessé de se dérober et de le révéler tel qu’en lui-même. A la fin, il a affronté une longue maladie. Dans Invasion, il avait déjà choisi parmi les milongas (chansons) de Borges, celle qui dit : « Mourir est une habitude que les gens partagent volontiers ».

Hugo Santiago en quelques dates
2 décembre 1939 Naissance à Buenos Aires
1969 « Invasion » à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes
1986 « Les Trottoirs de Saturne »
27 février 2018 Mort à Paris





                            


                        

                        


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Le cinéma français veut changer d’ère

Parité, quotas, lutte contre les violences faites aux femmes… A la veille des Césars, les prises de parole se multiplient.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 09h46
    |

            Sandrine Blanchard








                        



   


C’est une 43e ­céré­monie des ­Césars pas tout à fait comme les autres qui se déroulera vendredi 2 mars à Paris. Cinq mois après l’affaire Harvey Weinstein, le cinéma français s’organise et s’engage. A la veille de cette grand-messe du 7e art, retransmise en direct et en clair sur Canal+, deux tribunes, chacune signée par plus d’une centaine de professionnels du ­cinéma, pourraient susciter, sur la scène de la Salle Pleyel, des prises de parole engagées en faveur des femmes.
La première, publiée mercredi 28 février dans Libération sous le titre « Maintenant on agit », est un appel aux dons pour lutter contre la violence faite aux femmes. A l’image du fonds Time’s Up, lancé par 300 personnalités du ­cinéma américain pour lutter concrètement contre le harcè­lement sexuel après le scandale ­Weinstein, des actrices, acteurs, productrices, réalisatrices ­fran­çaises – parmi lesquelles Julie Gayet, Vanessa Paradis (qui présidera la cérémonie), Emmanuelle Devos, Sandrine Bonnaire, Adèle Haenel, Cédric Klapisch, etc. – se sont associés à l’initiative lancée par la Fondation des femmes. ­Objectif : soutenir les associations « qui œuvrent sur le terrain afin qu’aucune femme n’ait plus ­jamais à dire #metoo ». Après avoir « subi », « enduré », « s’être tu », puis avoir « crié », « balancé », ­« polémiqué », les femmes ­victi­mes de violences sexuelles « méritent d’être dignement accompagnées » pour ne pas être « vulnérables face à la justice », ­réclament les signataires.

        Lire l’entretien avec Julie Gayet :
         

          « Ce que l’on vit, ce n’est pas un moment, c’est un mouvement »



A l’instar des Golden Globes en janvier et des British Academy Film Awards (BAFA) en février, les participants à la cérémonie sont invités à afficher leur solidarité à l’égard des femmes harcelées ou violentées. Non pas en s’habillant de noir, mais en arborant un ruban blanc (comme celui, rouge, de la lutte contre le sida). « Je ­souhaite que tout le monde en porte à sa boutonnière avec ­conviction ! C’est une façon modeste mais très déterminée de marquer les esprits et une manière aussi de dire tout notre dégoût de ce qui s’est passé à Hollywood », a indiqué, mercredi 28 février, le producteur Alain Terzian, président de l’Académie des Césars dans un entretien sur le site du Journal du dimanche (JDD). « Il faut qu’on soit obsédé par la question de l’égalité entre les femmes et les hommes. La révolution sociale est indispensable », a-t-il ajouté.
« Une ­occasion historique »
La seconde tribune, publiée dans Le Monde daté du 2 mars, demande la création de quotas dans le ­financement du cinéma pour « vaincre les inégalités » et parvenir à la parité. Signée notamment par Juliette Binoche, Charles ­Berling, Coline Serreau, Isabelle Carré, Antoine de Caunes, Agnès Jaoui, Jacques Weber, ce texte ­rappelle que dans le cinéma et l’audiovisuel, « comme dans bien des domaines d’activité, les femmes restent discriminées : moins d’un long-métrage sur ­quatre agréé par le Centre national du ­cinéma (CNC) est réalisé par une femme. Aucune exposition à la Cinémathèque française n’a été consacrée à une cinéaste. En soixante et onze ans de Festival de Cannes : une demi-Palme d’or a été décernée à Jane Campion en 1993, partagée avec Chen Kaige. Sans parler des inégalités salariales ».

        Lire la tribune :
         

          « Les quotas, une étape inévitable pour vaincre les inégalités »



Pour la cinéaste Charlotte Silvera, membre du collectif SexismesurEcrans à l’initiative de cette tribune, « les positions de la ministre de la culture en faveur de l’égalité hommes-femmes sont une ­occasion historique ».

        Lire le compte-rendu :
         

          Quotas, malus, budget… Le plan de Françoise Nyssen pour l’égalité femmes-hommes



Que ce soit sur la question des violences ou sur celle de la parité, Françoise Nyssen a clairement pris position. Mercredi 7 février, elle tenait un discours très volontariste lors du comité ministériel pour l’égalité entre les hommes et les femmes, se donnant quatre ans pour tendre vers la parité dans le monde de la culture et ­assumant « le recours aux quotas de progression et aux objectifs chiffrés ». Lundi 26 février, lors du dîner des producteurs organisé par l’Académie des Césars, elle considérait que ces derniers avaient la « responsabilité » de « combattre avec la plus grande force les stéréotypes, les discri­minations, le harcèlement » et de« n’avoir aucune tolérance, aucune complaisance pour les actes qui s’en rapprochent – quel qu’en soit l’auteur ».

        Lire le décryptage :
         

          Vingt recommandations pour l’égalité femmes-hommes dans la culture



Peu de mesures concrètes
Certaines personnalités – notamment les réalisatrices Julie ­Bertucelli et Lola Doillon, les comédiennes Anna Mouglalis et Alice Pol – ont signé les deux tribunes. Mais la question des quotas ne fait pas l’unanimité au sein des organisations professionnelles, syndicales et associatives de la culture. Si Pascal Rogard, directeur général de la SACD, a salué « l’ampleur de l’engagement de la ministre » en estimant que « jamais on n’aura été aussi loin dans la mise en place d’outils, de dispositions et même de sanctions à l’égard de ceux qui traîneraient les pieds pour accorder aux femmes leur juste place », peu d’autres se sont manifestés en faveur de quotas.
« Il faut d’abord débattre, ­discuter en profondeur avant de donner des solutions toutes faites. Les quotas n’arriveront pas de ­sitôt en France », considère Bérénice Vincent, exportatrice de films et porte-parole du nouveau collectif 5050 pour 2020 lancé par l’association Le Deuxième Regard dont elle est l’une des fondatrices. « Cela fait cinq ans qu’on est sur le sujet », rappelle-t-elle.
En 2013, une Charte pour l’égalité entre les femmes et les hommes dans le cinéma était signée par Aurélie ­Filippetti (alors ministre de la ­culture), Najat Vallaud-Belkacem (alors ministre des droits des femmes), Frédérique Bredin ­ (présidente du CNC) et Véronique Cayla (présidente d’Arte). Mais elle avait été suivie de peu de mesures concrètes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ La productrice et actrice, signataire de l’appel « Maintenant on agit », estime que la question des quotas demande réflexion.
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Julie Gayet : « Ce que l’on vit, ce n’est pas un moment, c’est un mouvement »

La productrice et actrice, signataire de l’appel « Maintenant on agit », estime que la question des quotas demande réflexion.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 09h45
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 09h47
    |

            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

Actrice et productrice, Julie Gayet est l’une des signataires de l’appel « Maintenant on agit » paru dans Libé­ration le 28 février pour lutter contre les violences sexuelles. Un film et un documentaire, produits par Rouge international, la ­société de production qu’elle a fondée en 2007 avec Nadia Turincev, sont nommés aux Césars : Grave, de Julia Ducournau (six nominations, dont meilleur ­premier film, meilleure réalisation et meilleur espoir féminin), et Visages Villages, d’Agnès Varda et JR (nommé dans les caté­gories meilleur documentaire et meilleure musique originale).

A la veille des Césars, pourquoi avez-vous signé ­l’appel « Maintenant on agit » lancé par la Fondation des ­femmes ?
Nous voulions profiter d’être mises en lumière pour aider ­toutes celles qui sont dans des ­milieux moins visibles que le ­cinéma et soutenir les associations sur le terrain. Le détonateur a été la fermeture du standard ­téléphonique de l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT) parce qu’il était submergé par des appels de femmes victimes de violences sexuelles. Ce manque de moyens était scan­daleux. Il s’agit aussi de dire : ­arrêtons la polémique et soyons concrets, donnons de l’argent pour que les associations de ­défense des femmes puissent ­travailler. Cette réflexion sur les rapports hommes-femmes n’est pas nouvelle. J’avais parrainé en 2016 la campagne « Sexisme pas notre genre » lancée par ­Laurence Rossignol, alors ministre des droits des femmes, pour tenter de susciter une prise de conscience et changer les ­comportements. Mais là, ce qu’il s’est passé, c’est autre chose.

C’est-à-dire ?
On a assisté à une campagne présidentielle aux Etats-Unis avec un futur président d’un sexisme incroyable. La réaction a été la Marche des femmes [à Washington DC, le 21 janvier 2017, et dans d’autres villes dans le monde]. Puis,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Le portrait de la princesse « Tutu » peint par l’artiste nigérian Ben Enwonwu avait disparu pendant plus de quarante ans.
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Compte rendu

La « Mona Lisa africaine » vendue plus de 1,3 million d’euros à Londres

Le portrait de la princesse « Tutu » peint par l’artiste nigérian Ben Enwonwu avait disparu pendant plus de quarante ans.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 01.03.2018 à 09h44

     •
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        Mis à jour le 01.03.2018 à 09h59






    
Le tableau de « Tutu », de l’artiste nigérian Ben Enwonwu, à Londres, le 7 février 2018.
Crédits : PETER NICHOLLS/REUTERS


Une « Mona Lisa africaine », véritable icône au Nigeria, a été vendue 1,2 million de livres (1,36 million d’euros) aux enchères à Londres, mercredi 28 février, soit quatre fois son estimation la plus haute et un record pour l’artiste. Le tableau, un portrait de la princesse Ife Adetutu Ademiluyi, surnommée « Tutu », peint en 1974 par l’artiste nigérian Ben Enwonwu, était estimé entre 200 000 et 300 000 livres.
« Le portrait de Tutu est une icône nationale au Nigeria et a une grande signification culturelle. Je suis ravi que cela ait suscité autant d’intérêt et établi un nouveau record du monde pour l’artiste. C’est très excitant d’avoir joué un rôle dans la découverte et la vente de ce travail remarquable », a commenté Giles Peppiatt, directeur de l’art moderne africain chez Bonhams.

        Lire aussi :
         

                Enchères pour une « Mona Lisa africaine » découverte à Londres



Perdue de vue après avoir été exposée pour la dernière fois en 1975, « Tutu » avait été retrouvée dans un appartement de Londres. « Je la considère comme la Mona Lisa africaine, avait dit à l’AFP le romancier nigérian Ben Okri, lauréat du Booker Prize. Depuis quarante ans, c’est une peinture légendaire, tout le monde en parle et se demande où est “Tutu”. » L’artiste « n’a pas simplement représenté la jeune fille, il a représenté toute la tradition. C’est un symbole d’espoir et de régénération au Nigeria, le symbole du phénix renaissant de ses cendres », avait ajouté Ben Okri, disant avoir « passé des heures à le regarder et à rattraper le temps perdu ».
Symbole de paix
Ben Enwonwu a peint trois versions de « Tutu », mais les trois tableaux avaient disparu jusqu’à ce que l’un d’eux soit retrouvé par Giles Peppiatt chez des particuliers qui l’avaient contacté après le succès de ventes d’art nigérian. « Je suis entré dans cet appartement londonien et je l’ai vu accroché au mur, c’était à peu près la dernière chose que je m’attendais à voir », avait raconté à l’AFP Giles Peppiatt.
Les tableaux de « Tutu » sont devenus des symboles de paix après la guerre civile au Nigeria, à la fin des années 1960. « Le modèle est yoruba et Ben Enwonwu était ibo, donc ils étaient issus de différentes ethnies, avait expliqué à l’AFP Eliza Sawyer, spécialiste au département d’art africain de Bonhams. C’était un symbole important de réconciliation. »





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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ L’artiste espagnol continue de tenir le haut du pavé dans les salles des ventes et il intéresse de plus en plus de collectionneurs asiatiques.
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Trois Picasso vendus pour plus 90 millions d’euros

L’artiste espagnol continue de tenir le haut du pavé dans les salles des ventes et il intéresse de plus en plus de collectionneurs asiatiques.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 08h32
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 12h06
    |

                            Roxana Azimi








                        



   


Picasso ci, Picasso là. Le marché regorge d’œuvres de l’artiste espagnol. En deux jours, à Londres, quinze pièces se sont vendues, et cher. En vedette, la Femme au béret et à la robe quadrillée, datée de 1937, s’est adjugée 49,8 millions de livres sterling (56 millions d’euros) le 28 février chez Sotheby’s. Dans la même vente, le Matador de 1970 est parti pour 16,5 millions de livres sterling. La veille, Le Mousquetaire et nu assis, datant de 1961, s’est vendu pour 13,7 millions de livres sterling chez Christie’s, le 27 février. Signe de l’engouement inégalé pour l’artiste espagnol, cinq des dix lots phare chez Christie’s étaient signés Picasso. « De tous les artistes, Picasso est celui qui tient le haut du pavé, remarque le courtier et conseiller Thomas Seydoux. Tout se vend et même bien, même le plus inhabituel. Il y en a de toutes les époques, et pour tous les goûts. »
Chez Christie’s, le marchand anglais Gurr Johns a raflé neuf des Picasso d’époque et de qualité variable, sans doute pour un seul et nouveau client. Il a aussi acheté tous les Picasso chez Sotheby’s y compris la femme au béret. « Picasso, c’est l’artiste que veulent en premier les Asiatiques lorsqu’ils se mettent à s’intéresser à l’art occidental, souligne Keith Gill, spécialiste chez Christie’s. Dans la vente du 27 février, nous avons vu des acheteurs asiatiques qui jusqu’à présent n’avaient jamais enchéri dans les ventes d’art moderne. »
Fort impact visuel des œuvres
Cette saison a confirmé le regain d’intérêt pour les Picasso tardifs et très colorés. En 1988, le Centre Pompidou organisait l’exposition « Le dernier Picasso », focalisée sur les œuvres tardives de l’artiste catalan. Dans ces années-là, de tels tableaux ne valaient guère plus de 2 millions de dollars. Mais insensiblement les collectionneurs d’art contemporain s’y sont intéressés. Le collectionneur allemand Frieder Burda s’est alors constitué un ensemble de Picasso tardifs qu’il a confronté à sa collection de tableaux de Georg Baselitz. Le marché n’a commencé à s’emballer que vers 2007-2008. Le fort impact visuel de ces œuvres et leur connotation parfois sexuelle ne sont pas étrangers aux scores enregistrés aujourd’hui.
Pour autant, il ne faut pas toujours placer la barre trop haut. Le Mousquetaire et nu assis cédé par Christie’s s’était vendu en 2007 pour 6 millions de livres sterling. Pour son nouveau passage à l’encan, l’estimation basse était au double. Le tableau s’est certes vendu, mais sans susciter de bataille d’enchères. « C’est un beau tableau, mais il manque de couleur peut-être, les nuances de bleu ne sont pas assez contrastées, commente le courtier Thomas Seydoux. Et ce n’est pas les Picasso qui manquent sur le marché. Il était difficile d’imaginer plus. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Habituée des films d’époque, Anaïs Romand est nommée pour la quatrième fois aux Césars pour son travail sur les costumes des « Gardiennes », de Xavier Beauvois.
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Anaïs Romand, costumière historique


                      Habituée des films d’époque, Anaïs Romand est nommée pour la quatrième fois aux Césars pour son travail sur les costumes des « Gardiennes », de Xavier Beauvois.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 08h30
    |

                            Zineb Dryef








   


Bertrand Bonello, Olivier Assayas, Leos Carax… La costumière Anaïs Romand a habillé les films des réalisateurs les plus exigeants. Elle est nommée pour la quatrième fois consécutive aux Césars, qui se déroulent le 2 mars.
Femme de théâtre
Après des débuts dans la peinture décorative, Anaïs Romand fait la rencontre du couple de costumiers italiens de théâtre Ezio Frigerio et Franca Squarciapino, qui collaborent notamment avec les metteurs en scène Giorgio Strehler et Peter Brook. Ils lui apprennent le métier. Depuis 1999, elle travaille surtout pour le cinéma (Olivier Assayas, Bertrand Bonello, Benoît Jacquot, Leos Carax…). Elle est la costumière du très attendu Un peuple et son roi, de Pierre Schoeller, dont la sortie est prévue en septembre.

        Lire aussi :
         

                L’été révolutionnaire de Pierre Schoeller



Tisseuse de liens
Elle garde un souvenir réjouissant du tournage des Gardiennes, de Xavier Beauvois, qui lui vaut une nomination aux Césars cette année. Notamment avec les figurants – des paysans qui ont trouvé « agréables » ces « costumes de travail ! » – et avec la jeune Iris Bry, révélation du film : « C’était merveilleux de lui faire découvrir mon travail, l’élaboration de costumes et de l’aider ainsi à entrer dans le personnage. » Elle ajoute : « Je ne suis pas une folle du vêtement : ce qui me passionne, c’est de rendre un univers vivant et crédible. »

Historienne
Anaïs Romand est réputée pour la rigueur et la créativité qu’elle déploie dans les films d’époque. « Pour une histoire qui se déroule au xvie siècle, on doit tout recréer puisqu’on ne trouve plus de tissus, d’accessoires, etc. Mais un film contemporain, c’est aussi du costume, de la dramaturgie, du mouvement. » Guillaume Nicloux (La Clef, La Religieuse, Valley of Love) est l’un des rares réalisateurs qui lui demande du contemporain. « Travailler avec lui est très ludique : il sait exprimer avec précision l’univers qu’il raconte. »
Césarisée
L’Apollonide (2012), Saint Laurent (2015) et La Danseuse (2017) lui ont déjà valu trois trophées. Pour le biopic de Bertrand Bonello, elle n’avait pas pu disposer des trésors conservés par la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent. « J’ai collaboré avec le collectionneur Olivier Châtenet et j’ai eu accès à une documentation exceptionnelle. C’était difficile, mais j’ai finalement eu beaucoup plus de liberté que si on avait eu des pièces de musée, dans lesquelles les acteurs ne peuvent pas se mouvoir. »



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Restaurée, la demeure du compositeur sera la pierre angulaire du Centre européen de musique de Bougival.
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La nouvelle vie de la maison de Georges Bizet

Restaurée, la demeure du compositeur sera la pierre angulaire du Centre européen de musique de Bougival.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 08h19
    |

                            Marie-Aude Roux








                        



                                


                            

Il manquait à la construction du Centre européen de musique à Bougival une pièce maîtresse : la maison de Georges Bizet. C’est chose faite depuis le 16 janvier, date à laquelle le département des Yvelines est devenu acquéreur pour 1 million d’euros (dont 100 000 destinés à la rénovation), mettant un terme à des mois de tergiversations tandis qu’une campagne de financement participatif, lancée en juin 2017 sur le site Dartagnans.fr, récoltait 140 000 euros.
Grise est la Seine ce 14 février lorsque nous poussons le portail de l’« Arlésienne », sise au 5, rue Yvan-Tourgueneff. Bizet s’est installé là en 1874. « J’ai trouvé à Bougival un petit coin très agréable au bord de l’eau (…). J’y vais terminer Carmen », écrit-il en mai à son élève et ami Paul Lacombe. Le compositeur y mourra un an plus tard, en juin 1875.
Il faut toute la faconde érudite du baryton Jorge Chaminé, directeur artistique cofondateur de l’association Les Amis de Georges Bizet et président du projet, pour imaginer, au milieu des affaires personnelles de la famille Pellistrandi, l’ancien propriétaire, l’artiste ­orchestrant Carmen – quelque 1 200 pages fourbies en deux mois devant la fenêtre d’un bureau entre ciel et eau. Une Seine dans laquelle ce passionné de natation se baignait encore quatre jours avant sa fin, qui ne manqua pas d’en être précipitée. Unique signe tangible du musicien dans le salon, un piano droit Pleyel de 1856, signé au crayon par Fromental Halévy, professeur de Bizet et son beau-père posthume. Le 3 juin 1869, Bizet épousera en effet Geneviève Halévy, fille de l’auteur de La Juive, sept ans après sa disparition.

Prééminence du chiffre 3
Au premier étage, les Pellistrandi ont tenté de conserver la chambre mortuaire de Bizet, ou du moins l’idée qu’on peut s’en faire, la veuve n’ayant quasiment rien conservé des effets et objets de son mari. Seule la tapisserie vert sombre à rayures est peut-être...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Le journal, disponible d’abord sur Internet et dirigé par Philippe Régnier, est le troisième quotidien consacré à l’art.
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« The Art Newspaper » se décline en français

Le journal, disponible d’abord sur Internet et dirigé par Philippe Régnier, est le troisième quotidien consacré à l’art.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 07h56
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 08h45
    |

            Harry Bellet








                        



                                


                            

C’est un nouveau venu dans la presse artistique française, ou plutôt un revenant, qui sera disponible dès lundi 5 mars, dans un premier temps sur Internet : The Art Newspaper, une référence mondiale, va connaître une version quotidienne francophone sous un titre qui ne l’est pas, The Art Newspaper Daily. Pourquoi ? Parce que Le Journal des arts existe déjà. Son propriétaire, Jean-Christophe Castelain, bénéficiait jusqu’en mai 2017 d’un accord de licence avec le ­fondateur du concept, le Turinois Umberto Allemandi, créateur en 1983 du Giornale dell’Arte.
Fondé en 1990, The Art Newspaper est propriété de la milliardaire russe Inna Bazhenova, qui a créé un véritable groupe de presse international. Elle a tenté de reprendre Le Journal des arts devant les tribunaux, pour le revendre à Frédéric Jousset, déjà propriétaire du mensuel Beaux-Arts Magazine, mais la justice a confirmé la propriété de M. Castelain le 26 septembre 2017. M. Jousset a donc jeté l’éponge et préféré racheter un autre titre en fâcheuse posture, Le Quotidien de l’art.

Celui-ci avait été fondé en 2011 par Philippe Régnier, qui avait auparavant dirigé dix ans durant la rédaction du Journal des arts, et n’est pas resté après son rachat. C’est ce dernier qui est à l’origine du nouveau titre, The Art Newspaper Daily, dont il dirigera la rédaction. Il connaît donc très bien, de l’intérieur, ses deux principaux concurrents et, sans les nommer, entend bien leur tailler des croupières. Il s’est adjoint un autre ancien du Quotidien de l’art, spécialiste du marché, Alexandre Crochet, et une experte de l’art ancien, Carole Blumenfeld.
Quel modèle économique ?
Il va aussi confier des chroniques à quelques responsables d’institutions culturelles françaises, produire une série qu’il baptise « In pictures » consistant en reportages photographiques sur les expositions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Le « Journal inédit » de l’entre-deux-guerres, ainsi qu’un essai de Michel Onfray, enténèbrent la réputation d’aimable sagesse du philosophe.
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Alain, antisémite opiniâtre

Le « Journal inédit » de l’entre-deux-guerres, ainsi qu’un essai de Michel Onfray, enténèbrent la réputation d’aimable sagesse du philosophe.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 07h45
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
Journal inédit 1937-1950, d’Alain, édité par Emmanuel Blondel, Les Equateurs, 832 p., 32 €.
Solstice d’hiver. Alain, les juifs, Hitler et l’Occupation, de Michel Onfray, L’Observatoire, 112 p., 12,50 €.

Le philosophe Alain (1868-1951) est-il un astre mort ? Son étoile, conservée pieusement par quelques associations et musées, ne brille plus guère. La publication, à l’occasion du cent cinquantième anniversaire de sa naissance, du journal rédigé pendant les dernières années de sa vie – du nazisme à la ­Libération, en passant par Vichy – risque de la ternir tout à fait.
Pour bien saisir ce qui se joue, un rappel est nécessaire, car cette figure ne dit pas grand-chose aux étudiants d’aujourd’hui, ni même à bien des professeurs. Il parut pourtant, entre 1920 et 1940, incarner tout à la fois l’humanisme républicain, la grandeur pédagogique, le bon sens cultivé et matois, la réflexion libre menant à la sagesse philosophique. Autant dire qu’une mythologie s’est cristallisée, au XXe siècle, autour de sa silhouette et de son œuvre.
Parmi ses élèves : Simone Weil, Raymond Aron, Georges Canguilhem, André Maurois, ­Julien Gracq
Parmi les composantes du mythe vient d’abord la méritocratie républicaine. Alain, de son vrai nom Emile-Auguste Chartier, est un enfant de la France rurale, né à Mortagne-au-Perche (Orne). Son père y est vétérinaire, ses grands-parents commerçants. Il apprend grec et latin au lycée d’Alençon et prépare l’Ecole normale supérieure, à Vanves, dans la classe du philosophe Jules Lagneau (1851-1894). Cette rencontre décide de sa vie : lui aussi sera professeur et pensera tout haut, l’air méditatif et exigeant, devant des fournées de jeunes âmes ébahies, avides de vérité…
L’agrégation en poche, il enseigne dans des lycées de l’Ouest (Pontivy, Lorient, Rouen) avant de régner à Paris, de 1909 à 1933, sur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ La critique de l’abus moderne de « remémorations » par l’essayiste américain dans « Eloge de l’oubli » manque sa cible.
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Le mauvais procès fait à la mémoire par David Rieff

La critique de l’abus moderne de « remémorations » par l’essayiste américain dans « Eloge de l’oubli » manque sa cible.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 07h45
    |

            Nicolas Weill








                        



                                


                            
Eloge de l’oubli. La mémoire collective et ses pièges (In Praise of Forgetting. Historical Memory and Its Ironies), de David Rieff, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Frédéric Joly, Premier Parallèle, 226 p., 18 €.

L’époque est à l’arrogance du présent, à la phobie du passé ou de l’« ancien monde ». L’ouvrage de l’écrivain américain David Rieff reflète cet air du temps tout en le flattant. Pour cet ancien spécialiste de l’humanitaire, la mémoire collective, dont le culte serait obsessionnel, n’a pas plus de consistance qu’une figure de style, une métaphore. Croire à ses bienfaits expose soit à être rangé dans la catégorie des « idéalistes » – à quoi l’auteur réduit, sans trop s’embarrasser de détail ni de nuance, la pensée de Kant –, soit à se montrer aveugle aux mythes politiques que la « remémoration » suscite et que le « devoir de mémoire » entretient.
La thèse défendue par David Rieff, telle qu’on peut la dégager d’un maquis de citations, entend dépasser ceux qui, comme les philosophes Paul Ricœur (1913-2005) ou Tzvetan Todorov (1939-2017), s’en sont pris aux abus de mémoire tout en cherchant à trouver une « juste » place au souvenir. Eloge de l’oubli entend souligner le caractère intrinsèquement pernicieux de la mémoire collective. Pas question, comme le pensait le philosophe israélien Avishai Margalit, dans la foulée de la guerre dans l’ex-Yougoslavie et des attentats du 11 septembre 2001 (Ethique du souvenir, ­Climats, 2006), d’imaginer une communauté morale susceptible de transcender les frontières et de se rassembler autour de souvenirs, fussent-ils traumatiques. N’est-ce pas le fait d’entretenir la mémoire du passé qui, aux Etats-Unis, a perpétué indûment la Confédération et son racisme après la guerre de Sécession, objecte Rieff, ou, en Irlande, entretenu le chauvinisme des nationalistes, tant raillé par Joyce et Beckett ?
Bon connaisseur des débats français,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de « Bonheurs du jour », de Marc Augé.
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Figures libres. Les instants heureux résistent à tout

La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de « Bonheurs du jour », de Marc Augé.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 07h30
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
Bonheurs du jour. Anthropologie de l’instant, de Marc Augé, Albin Michel, 162 p., 15 €.

Les livres traitant du bonheur sont… un grand malheur ! Les uns accablent le lecteur de conseils stupides pour devenir idiot, d’autres de conseils idiots pour finir stupide. Quelques-uns, moins nombreux, parfois moins affligeants, se donnent pour objectif unique de traquer par la pensée cette mystérieuse condition, de construire sa définition et d’expliquer ainsi en quoi, finalement, le bonheur consiste vraiment. Entreprise louable, sans doute, mais qui tourne bien vite à la dissertation ennuyeuse et vaine puisque, comme Kant l’a montré puissamment, il s’agit seulement d’un « idéal de l’imagination », propre à chacun, et non d’une notion philosophique à proprement parler.
C’est donc avec soulagement qu’on lit, en ouverture du nouvel essai de Marc Augé : « Ce livre ne traitera pas du bonheur, mais des bonheurs. » D’emblée, l’anthropologue-écrivain renonce à échafauder une théorie de plus au sujet de la félicité en général et de la béatitude terrestre en particulier. Ce qui l’intéresse, c’est le pluriel de quelques instants singuliers, le surgissement et la persistance de moments et mouvements qui ravissent – à tel point que leur seul souvenir, en dépit du temps, continue à diffuser de la joie. De ces instants pleins, parfaits en leur genre, Marc Augé esquisse un élégant catalogue, à la fois personnel et générique, nonchalant et réfléchi.
Voir son grand-père, pas loin de mourir à l’hôpital, venir dire adieu à sa maison, contempler une dernière fois son jardin et sourire. Se souvenir de la joie des retours, des rencontres, de toutes les premières fois. Célébrer la place des chansons, ritournelles et refrains, la saveur et le rôle subtil des pâtes, inconnues naguère dans la culture alimentaire française, ou encore les plaisirs de l’âge. Voilà certains de ces instants dont la lumière...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ La chronique de Bruno Latour, à propos de « La Révolution antispéciste ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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Qui a la parole ? Anti- ou multi- spécistes ?

La chronique de Bruno Latour, à propos de « La Révolution antispéciste ».



Le Monde
 |    01.03.2018 à 07h30
    |

                            Bruno Latour (Philosophe)








                        



                                


                            
La Révolution antispéciste, sous la direction d’Yves Bonnardel, Thomas Lepeltier et Pierre Sigler, PUF, 360 p., 17 €.

Vous avez aimé ­l’antiracisme et l’antisexisme ? Vous n’adorerez pas forcément l’antispécisme… C’est qu’il s’agit de se débarrasser de l’idée même d’espèce – qu’elle soit humaine ou animale –, qui établit des différences injustifiables entre les êtres capables de ressentir leur propre existence (les plantes, par un étrange préjugé neurocentrique, sont exclues de ce vaste chambardement : sans système neuronal, elles ne peuvent ni jouir ni ­pâtir de leur propre existence).
Le but ultime, c’est de considérer chaque individu – chat, escargot, vache ou brebis – pour lui-même, de le nommer en quelque sorte par son nom propre. Sans établir aucune hiérarchie, classe ou catégorie qui permettrait de justifier son exclusion. D’où le préfixe « anti » emprunté à la longue lutte pour l’éman­cipation des humains.
Difficile, en lisant ce recueil d’articles, de savoir si les militants de ces luttes ­seraient très enthousiastes de voir leurs combats alignés sur ceux pour le droit des bêtes. Il n’empêche que les militants antispécistes rassemblés dans ce volume paru, chose étrange, chez un éditeur ­universitaire, n’hésitent pas à lier tous les mouvements « anti » dans un seul combat contre la domination et l’exploitation. C’est ce front commun qui justifie l’usage du mot « révolution » dans le titre.
Mais attention, il ne s’agit pas d’écologie. Quand les écologistes se réjouissent du retour du loup dans les montagnes, les antispécistes s’indignent que l’Etat vienne aider un nouveau carnassier à exercer sa cruauté sur un mouton – mouton qu’il est évidemment indigne des bergers de préparer à l’abattoir.
Quoi ? Le loup est-il cruel ? Hélas, oui, comme les humains, mais à plus petite échelle.
Raisonnements bizarres
On comprend alors pourquoi les anti­spécistes combattent...




                        

                        

