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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Après chaque scandale, les ONG mettent en place de nouvelles mesures, chartes et commissions. Sans parvenir à empêcher de nouvelles affaires.
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Violences sexuelles par des humanitaires : les ONG peinent à trouver des solutions

Après chaque scandale, les ONG mettent en place de nouvelles mesures, chartes et commissions. Sans parvenir à empêcher de nouvelles affaires.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 18h01
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 18h19
   





                        



   


C’est un serpent de mer dans l’humanitaire, qui ressurgit périodiquement à la faveur de scandales médiatiques : des employés de ces organisations non gouvernementales profitent de leur statut pour obtenir des relations sexuelles en échange de leur assistance.
Le 8 février, le quotidien britannique The Times révélait que des membres haut placés d’Oxfam avaient eu recours à des prostituées et avaient abusé sexuellement de mineures en 2011 en Haïti, touché par un séisme violent l’année précédente. Depuis, de nouvelles accusations mettent en cause des employés d’Oxfam au Tchad, au Soudan du Sud et au Liberia. Des membres du personnel des agences de l’Organisation des Nations unies (ONU) et d’organisations caritatives internationales s’adonneraient aux mêmes pratiques en Syrie, en guerre civile depuis sept ans, a aussi révélé la BCC, le 27 février.

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                Oxfam, Médecins sans frontières, la Croix-Rouge… Les ONG confrontées à des scandales sexuels



Ces scandales sont loin d’être les premiers du genre. En février 2002, déjà, Le Monde mettait à sa « une » une affaire similaire, « Sexe contre nourriture », impliquant soixante-sept employés d’agences humanitaires en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone.
Quels mécanismes de prévention et de sanctions ont été mis en place par les ONG ? Sont-ils suffisants ? Etat des lieux.
Bouche-à-oreille et contact avec l’ancien employeur
Sur le terrain, la situation asymétrique entre le travailleur humanitaire et les bénéficiaires constitue un environnement propice aux abus. « Vous avez des personnes extrêmement vulnérables, qui ont tout perdu bien souvent, et d’autres qui ont accès à beaucoup de ressources, ce qui leur donne du pouvoir », rappelle à l’Agence France-Presse (AFP) Mike Jennings, directeur des études sur le développement à l’Ecole des études orientales et africaines de Londres.
La sélection des candidats qui vont évoluer dans ce contexte particulier est donc décisive. Mais pour Claire Colliard, cofondatrice du Centre de psychologie humanitaire de Genève :
« Les ONG, de taille moyenne ou de petite taille, notamment, n’ont pas de personnel des ressources humaines suffisant et suffisamment formé pour recruter des gens solides. La plupart des recrutements humanitaires se font sur la base de compétences techniques — on cherche un ingénieur, un logisticien, etc. —, mais les ONG, même les grosses, font rarement des questionnaires sur les compétences de vie. »
Pour tenter d’évaluer ces « compétences », la plupart des ONG effectuent des contrôles de routine lors du recrutement : le bouche-à-oreille et la prise de contact avec les anciens employeurs. Deux méthodes qui ont pourtant failli pour Roland Van Hauwermeiren et Gurpreet Singh, deux membres du personnel d’Oxfam au cœur du scandale actuel en Haïti.
En 2011, un rapport interne confirme qu’ils ont eu recours à des prostituées. Le premier, ancien directeur d’Oxfam en Haïti, démissionne à la suite du rapport, gardé secret par Oxfam. Peu de temps après, il prend la tête d’une mission au Bangladesh pour le compte d’Action contre la faim. Dans un communiqué du 12 février, l’ONG française a déclaré ne pas avoir été avertie de ses agissements alors qu’elle avait contacté d’anciens employeurs, dont Oxfam, lors du processus de recrutement.
Le second, Gurpreet Singh, renvoyé à la suite du rapport, est embauché quelques mois plus tard… comme consultant pour une mission d’Oxfam en Ethiopie, d’octobre à décembre 2011. « Embaucher Singh, même comme consultant de court terme dans une situation d’urgence, était une grosse erreur. Cela n’aurait jamais dû se passer », a reconnu un porte-parole d’Oxfam.
De son côté, Joël Weiler, directeur général de Médecins du monde, interrogé par l’AFP, fulmine :
« C’est fou que cela puisse arriver. L’humanitaire, c’est un tout petit milieu, les planches pourries, les gens qui traînent des valises, on les connaît. » 
Codes de conduite, systèmes de signalement et d’enquête
Pour tenter de prévenir ces scandales, les organisations caritatives mettent aussi en place des codes de conduite engageant les employés sur le terrain. Le code de conduite du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), par exemple, interdit explicitement l’achat de services sexuels « en toutes circonstances et dans le monde entier, y compris les pays où la prostitution est légale ».
D’autres ONG dispensent des cours d’éthique à ceux qui partent sur le terrain. De son côté, Oxfam a annoncé une série de mesures, dont la création d’une commission « indépendante » qui passera en revue la culture et les pratiques de l’ONG.
Le groupe de travail spécial du Comité permanent interorganisations (CPI) sur la protection contre l’exploitation et l’abus sexuels (PSEA) dans les situations de crise humanitaire, créé en 2002, publie également régulièrement des rapports listant les bonnes pratiques et mettant en garde les ONG. Dans une note de 2010, ce groupe de travail avait d’ailleurs alerté sur le fait que « la crise en Haïti crée un environnement à haut risque du point de vue de l’EAS [l’exploitation et les abus sexuels] ».
Enfin, un dernier axe d’amélioration a été identifié : rendre les systèmes internes de signalement et d’enquête plus efficaces, en facilitant encore davantage la remontée des plaintes et en donnant plus de temps et de moyens à ceux qui les vérifient. Même si ces objectifs contredisent en partie ceux des donateurs : ceux-ci souhaitent souvent que leurs dons soient dépensés sur le terrain, pour venir en aide aux bénéficiaires, plutôt que pour mettre en place davantage de contrôles lors des recrutements ou de moyens pour les enquêtes internes.
« Beaucoup de gens disent que les organisations humanitaires dépensent trop d’argent pour l’administration, et pas assez sur le terrain. Mais pour éviter ce type de comportement, vous devez mettre en place des contrôles. Et ça coûte de l’argent », rappelle Mike Jennings.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Le groupe anglais Kingfisher avait annoncé le 13 février la suppression de 400 postes en France, chez Castorama et Brico Dépôt. Un document suggérant que des salariés français formeraient leurs successeurs polonais a fuité.
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Délocalisation en Pologne : la direction de Castorama plaide la « maladresse »

Le groupe anglais Kingfisher avait annoncé le 13 février la suppression de 400 postes en France, chez Castorama et Brico Dépôt. Un document suggérant que des salariés français formeraient leurs successeurs polonais a fuité.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 16h57
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 17h15
   





                        



   


Une « maladresse » de la direction a provoqué l’émoi jeudi 1er mars chez les salariés de Castorama : un document lié à la délocalisation de services en Pologne, aboutissant à la suppression de 409 emplois en France, édictait que les Polonais seraient formés par les employés français.
« Certains interlocuteurs (polonais) viendraient travailler aux côtés des équipes comptables de Castorama France à Templemars (Nord) pour se former aux procédures et modes opératoires », peut-on lire dans une capture d’écran de ce document que l’AFP s’est procurée, confirmant une information de Franceinfo.

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                Plus de 400 suppressions de postes annoncées chez Castorama et Brico Dépôt



« Aucun des collaborateurs concernés par une suppression de poste ne sera chargé de ces formations »
Il s’agit d’une « maladresse de formulation », a précisé une porte-parole de Kingfisher à l’AFP, ajoutant que le groupe « prenait en considération les salariés et ce qu’ils peuvent ressentir ».
Les nouveaux employés polonais « devront en effet être formés aux spécificités comptables françaises mais aucun des collaborateurs concernés par une suppression de poste ne sera chargé d’assurer ces formations », a assuré Olivier Lurson, directeur des ressources humaines, dans un communiqué transmis à l’AFP.
Des salariés et plusieurs syndicats ont vilipendé l’attitude de la direction. « Sur les réseaux sociaux, dans l’entreprise, les salariés ont dit : “Il est hors de question qu’on fasse ça, ils nous prennent pour des imbéciles, ils croient qu’on va marcher dans la combine” », a rapporté à l’AFP Jean-Paul Gathier, délégué syndical central FO Castorama au comité d’entreprise. « Ca les a choqués, ils étaient très remontés. »
« Pour les gens qui ont eu cette annonce, ça a été dur de se dire qu’ils allaient être remplacés et obligés de former leurs successeurs », a abondé Pascal Le Mangouero, délégué CFE-CGC.
Pour Jean-Paul Gathier, ce n’était pas une maladresse. « Je pense qu’ils avaient l’intention de le faire à la base mais ont reculé devant nos réactions. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Les négociatrices de la Commission, du Parlement et du Conseil européens ont annoncé, jeudi, être parvenues à un accord pour réviser la directive travailleurs détachés de 1996.
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Réforme du travail détaché : les Européens ont franchi une étape décisive

Les négociatrices de la Commission, du Parlement et du Conseil européens ont annoncé, jeudi, être parvenues à un accord pour réviser la directive travailleurs détachés de 1996.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 16h15
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 17h08
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        


Elisabeth Morin-Chartier est « une femme heureuse », comme les trois autres négociatrices présentes ce jeudi 1er mars au matin dans la salle de presse du Conseil européen – une exception dans un univers bruxellois encore très masculin. L’eurodéputée de droite (elle a quitté Les Républicains mi-février) n’a pas beaucoup dormi, mais elle a tenu à annoncer la bonne nouvelle, avec sa collègue sociale-démocrate néerlandaise Agnes Jongerius, la commissaire au social Marianne Thyssen, et la ministre du travail bulgare Zornitsa Roussinova : après trois mois de négociations, dont un dernier « trilogue » marathon mercredi soir, les élues mandatées par le Parlement européen sont parvenues à une « entente commune » avec les négociatrices du Conseil (les Etats membres) sur la révision de la directive travailleurs détachés de 1996.

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          Six questions pour comprendre la directive européenne sur les travailleurs détachés



Si ce compromis est validé dans les semaines qui viennent, alors « nous aurons posé une pierre fondamentale de l’Europe sociale, pour une meilleure organisation du marché intérieur », s’est félicitée Mme Morin-Chartier :
« Cela doit montrer une chose à nos concitoyens : l’Europe n’est pas éloignée de leurs préoccupations, dont la première est l’emploi. »
Un sujet d’autant plus aigu en France que le nombre de travailleurs détachés s’y est envolé (l’article 2 du texte définissant ainsi « tout travailleur qui, pendant une période limitée, exécute son travail sur le territoire d’un Etat membre autre que l’Etat sur le territoire duquel il travaille habituellement »). En 2017, l’Hexagone en comptait un peu plus de 516 000, hors transport routier, une hausse de 46 % par rapport à 2016, selon un « bilan intermédiaire du plan national de lutte contre le travail illégal » (Le Monde du 5 février).
Quel était l’enjeu des discussions entre Parlement et Conseil européens ?
La Commission européenne, la Belgique et surtout la France réclamaient depuis des mois la modernisation de la directive travailleurs détachés.
Ce texte est censé protéger les travailleurs d’un pays membre en mission temporaire dans un autre Etat de l’Union. Mais il s’agit d’un cadre qui est daté : il a été conçu dans une Europe à quinze membres « où les écarts de salaires minimum n’étaient que de un à trois », comme le rappelle Mme Morin-Chartier (contre de un à dix aujourd’hui).
Sitôt élu, le président français, Emmanuel Macron, avait choisi de faire de la révision de la directive de 1996 une de ses premières batailles bruxelloises.

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          Travail détaché : un symbole politique d’importance pour Emmanuel Macron



Grâce au soutien appuyé de la Commission Juncker, il avait obtenu une majorité suffisante au conseil des ministres des affaires sociales d’octobre 2017. Mais cette étape n’était qu’intermédiaire : les ministres devaient trouver un terrain d’entente avec le Parlement.
L’« entente commune » sur un nouveau texte équivaut-elle à un accord ?
Les négociatrices sont restées très prudentes jeudi : leur « possible » accord reste fragile et devra encore passer la barre des 28 représentants des Etats membres, qui attendent de voir les termes du compromis couchés sur le papier pour se prononcer, d’ici mi-mars.
Mmes Morin-Chartier et Jongerius doivent aussi de nouveau convaincre les élus de leurs groupes politiques respectifs. D’abord en commission emploi du Parlement de Strasbourg. Avant l’indispensable validation ultime en séance plénière, aux alentours de juin.
Habituellement, ces étapes sont des formalités, mais pas dans le cas d’un texte aussi sensible. Certaines capitales de l’Est, très hostiles à sa révision, pourraient encore tenter de faire dérailler l’accord final. La révision de la directive cristallise la division, déjà profonde, entre Etats de l’est et Etats de l’ouest de l’Europe, les seconds criant au dumping social, les premiers s’inquiétant pour la compétitivité de leurs entreprises.

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          Travail détaché : une révision symbolique



Quels sont les principaux points du texte de compromis ?
L’encadrement du travail posté : le compromis des dernières heures préserve l’exigence la plus médiatisée formulée par Emmanuel Macron : Paris tenait à ce que le travail posté soit limité à douze mois. Les autres capitales, très récalcitrantes, avaient accepté cette période restreinte, à condition qu’elle puisse être prolongée de six mois dans certains cas de figure. Le Parlement européen, qui tenait à une période plus longue, de vingt-quatre mois, a finalement cédé : elle restera de « douze plus six mois ».La spécificité du secteur des transports : le Parlement a aussi reculé sur les conditions de travail dans le transport, comme avait dû s’y résoudre Paris en octobre 2017. L’Espagne et les pays de l’Est exigeaient que les chauffeurs ne soient pas soumis aux dispositions protectrices du travail détaché, et que leurs conditions de rémunération soient précisées par un autre texte législatif encore à négocier à Bruxelles dans les mois à venir.Les conditions de révision du texte : seule concession du Conseil, il a accepté que la Commission procède à une révision de ce texte « transport » cinq ans après qu’il aura été promulgué.
Pour le reste, les négociatrices du Parlement de Strasbourg, globalement sur la ligne protectrice de la France et de la Commission, ont eu gain de cause.
Les rémunérations : les travailleurs détachés doivent bénéficier « de la même rémunération, pour le même travail sur le même lieu de travail », que les travailleurs locaux, a insisté Mme Thyssen, jeudi.Les conventions collectives : les employeurs de travailleurs détachés devront s’aligner sur les conventions collectives, alors que la directive de 1996 ne garantissait aux « détachés » que le salaire minimum dans le pays d’accueil, mais pas les primes (pénibilité, 13e mois, etc.). Ils pourront aussi être remboursés pour leurs frais (hébergement, transport), un autre point essentiel.La durée de transposition de la directive : les eurodéputées ont obtenu que celle-ci soit limitée à deux ans après son adoption définitive. Soit en 2020, si le texte est adopté cette année. Le Conseil européen réclamait quatre ans, donc pas avant 2022 au bas mot.
Quelles sont les premières réactions ?
« Le compromis trouvé cette nuit est très positif, il garantit toutes les avancées essentielles de la réforme, notamment le respect du principe : à travail égal, salaire égal », s’est félicité l’Elysée, jeudi.
La Confédération européenne des syndicats (CES) a appelé, jeudi, le Parlement et le Conseil à définitivement valider un presque accord qui garantirait enfin aux travailleurs détachés « un salaire égal et une meilleure protection ». 
« Pour quelque deux millions d’entre eux en Europe, c’est la perspective d’une augmentation salariale qui n’a que bien trop tardé », insiste Luca Visentini, le secrétaire général de la Confédération.  

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          Travail détaché : la Cour de justice de l’Union européenne fait « tomber un dogme »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ A deux semaines du scrutin, le président russe a fait étalage de nouvelles armes nucléaires. Et a ainsi éclipsé la faiblesse de ses propositions économiques.
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Poutine exhibe les missiles russes pour conforter sa popularité avant l’élection présidentielle

A deux semaines du scrutin, le président russe a fait étalage de nouvelles armes nucléaires. Et a ainsi éclipsé la faiblesse de ses propositions économiques.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 16h11
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01.03.2018 à 17h01
    |

                            Intérim








                        



   


Après avoir entendu les quelque deux heures du discours de Vladimir Poutine, jeudi 1er mars, toute l’élite politico-économique réunie près du Kremlin était aux anges. Visage ferme et ton froid, le président russe a terminé son discours annuel au Parlement par une impressionnante démonstration de force militaire, consacrant une longue demi-heure aux seules nouvelles armes balistiques nucléaires de haute technologie de l’armée russe, qui surpasseraient tout système de défense au monde. « Personne ne voulait nous parler, personne ne voulait nous écouter. Ecoutez désormais », a averti Vladimir Poutine. 
La cible de ses propos était claire : les Etats-Unis. Dans l’une des six vidéos projetées sur un écran géant, l’un de ces nouveaux missiles était vu ainsi en train de filer au-dessus de l’Atlantique pour survoler ensuite le territoire américain. D’autres images chocs montraient un système de défense hypersonique « suivant sa cible comme une météorite », un missile de croisière nucléaire difficile à détecter, un minisubmersible et un drone à propulsion nucléaire, un missile au rayon d’action illimité capable de contourner toute ligne d’interception et même une arme laser « dont il est trop tôt pour évoquer les détails ».
« Grâce à Poutine, on peut dormir tranquille »
La conclusion de ce discours, retransmis en direct à la télévision russe, était une adresse à peine voilée aux puissances occidentales qui, depuis l’annexion de la Crimée, en mars 2014, ont imposé de nombreuses sanctions économiques au pays :
« A ceux qui ont tenté de profiter de la Russie, qui ont introduit des sanctions internationales illégales pour enrayer le développement de notre pays, y compris dans le domaine militaire, je vais le dire : ce que vous avez entrepris pour gêner, empêcher, entraver la Russie a échoué. »
Une tirade patriotique accueillie par des tonnerres d’applaudissements dans la salle, qui devrait accroître encore un peu plus la cote de Vladimir Poutine, à deux semaines de l’élection présidentielle du 18 mars. Fort de sondages qui lui donnent plus de 70 % des suffrages et d’une popularité réelle, quoique fortement orchestrée par la propagande, le président russe est assuré de garder un pouvoir qu’il détient pourtant depuis dix-huit ans.

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                Election présidentielle russe, mode d’emploi



Après le discours, Andreï Nikitine, gouverneur de la région de Novgorod, exulte : « Grâce à Poutine, on peut dormir tranquille. La Russie est bien défendue. » Jeune et libéral sur les sujets économiques, l’homme s’inscrit bien dans la ligne politique présidentielle. De son côté, un sénateur du parti du Kremlin assure : « C’était un discours de paix. Un avertissement pour qu’on nous respecte et non une menace d’attaque. » Tous deux reprennent la logique du président : « La Russie s’arme mais ne menace personne, n’a aucun projet d’utiliser ce potentiel de façon offensive mais permet au contraire de maintenir un sain équilibre des forces dans le monde. »
Les défis économiques et sociaux négligés

   


Cet étalage militaire a fait passer au second plan la première moitié du discours de Vladimir Poutine. Ses propos sur les défis économiques et sociaux étaient en grande partie une synthèse et un copié-collé de ce qu’il rappelle chaque année au fil de ses discours au Parlement : dynamiser la natalité ; construire des logements ; augmenter les retraites ; investir dans les infrastructures ; augmenter le salaire minimal…, sans idée ni proposition nouvelle pour le développement du pays.
Mais, depuis les infirmières jusqu’aux propriétaires d’automobile, en passant par les malades du cancer et les défenseurs de l’environnement, personne n’a été oublié dans ce discours à l’évidente tonalité électorale. Vladimir Poutine, qui ne participe pas aux débats et ne mène pas campagne, n’a certes pas une seule fois mentionné le scrutin du 18 mars. Mais il s’est engagé : durant les six prochaines années — la durée d’un mandat présidentiel —, il augmentera le niveau de vie des Russes et divisera par deux le taux de pauvreté.
Le début de son discours recelait par ailleurs une autre promesse : « Pour aller de l’avant, pour se développer de manière dynamique, nous devons élargir notre espace de liberté, et dans tous les domaines : renforcer les institutions démocratiques, l’autonomie locale, les structures de la société civile, les tribunaux. » Sans davantage de détails. Personne ne s’est toutefois interrogé sur la signification réelle de ces propos. L’étalage de missiles a tout écrasé.

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          « Dans ma tête, la présidence et Poutine ne font qu’un »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Dans une série de rapports rendus publics mercredi, l’Autorité européenne de sécurité des aliments estime que trois molécules présentes dans des insecticides sont un risque pour les abeilles.
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Les experts européens confirment les risques des néonicotinoïdes pour les abeilles

Dans une série de rapports rendus publics mercredi, l’Autorité européenne de sécurité des aliments estime que trois molécules présentes dans des insecticides sont un risque pour les abeilles.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 14h58
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 17h42
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Qu’on se le dise : les insecticides tuent les insectes. Vingt-cinq ans après la mise sur le marché des premiers néonicotinoïdes et l’interminable polémique entre les agrochimistes et le monde apicole qui s’en est ensuivie, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a estimé, dans une série de rapports rendus publics mercredi 28 février, que trois de ces molécules (imidaclopride, thiaméthoxame, clothianidine) présentent bel et bien un risque pour les abeilles, domestiques et sauvages.
Rien de très surprenant pour les spécialistes. « De tels risques ont déjà été démontrés bien au-delà des abeilles à miel ou des abeilles sauvages, puisque c’est toute la biodiversité des invertébrés terrestres et aquatiques qui subit les effets délétères de ces substances, estime Jean-Marc Bonmatin, chercheur (CNRS) au centre de biophysique moléculaire d’Orléans et auteur de nombreux travaux sur le sujet. Cela est d’autant plus grave que des effets en cascade se produisent sur les prédateurs de ces espèces d’invertébrés, comme par exemple les oiseaux ou les poissons, qui déclinent également. »
« Il y a une variabilité dans les résultats, due à des facteurs comme l’espèce d’abeille, le mode d’utilisation du pesticide et la voie d’exposition », déclare dans un communiqué Jose Tarazona, chef du département pesticides de l’EFSA. Les abeilles peuvent en effet être exposées par le biais du pollen et du nectar des plantes traitées, mais aussi par le biais des poussières contaminées qui sont dispersées dans l’environnement au moment des semis ou encore par l’eau de guttation exsudée par les plantes traitées et à laquelle s’abreuvent les insectes.

« Pour une interdiction totale »
« Certains risques faibles ont été identifiés, mais globalement le risque pour les trois types d’abeilles que nous avons étudiés est confirmé », poursuit M. Tarazona. De fait, l’agence européenne (établie à Parme, en Italie) confirme ainsi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Un groupe d’extrême gauche était poursuivi par le vice-chancelier pour « insulte publique ». Le « rejet d’un dirigeant politique » peut être « exprimé de façon provocatrice et choquante », a estimé la cour d’appel de Vienne.
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En Autriche, dire « fuck » à un homme politique n’est pas condamnable

Un groupe d’extrême gauche était poursuivi par le vice-chancelier pour « insulte publique ». Le « rejet d’un dirigeant politique » peut être « exprimé de façon provocatrice et choquante », a estimé la cour d’appel de Vienne.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 13h50
   





                        



   


En Autriche, on peut adresser un doigt d’honneur et dire « fuck » à un homme politique, fût-il vice-chancelier, si cela est argumenté. C’est la décision de justice rendue par la cour d’appel de Vienne, qui a invoqué la liberté d’opinion, a-t-elle annoncé jeudi 1er mars.
Saisie par le dirigeant d’extrême droite et vice-chancelier Heinz-Christian Strache, qui avait attaqué un groupement d’extrême gauche pour « insultes publiques » après avoir été invectivé lors d’une manifestation, la cour a confirmé un jugement de première instance qui avait débouté le plaignant.
Dans un jugement rendu mercredi, les juges ont souligné que le « rejet d’un dirigeant politique » pouvait être « exprimé de façon provocatrice et choquante » et que cela représentait « un élément fondamental de la liberté d’opinion ».
Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux et réalisée lors d’une manifestation en octobre, des militants de l’organisation d’extrême gauche Linkswende Jetzt (« à gauche toute maintenant ») avaient détaillé toute une série de raisons selon eux de dire « fuck Strache », doigts d’honneur à l’appui.
Le groupuscule a salué jeudi « une victoire pour la liberté d’opinion et pour la liberté de la presse » et estimé que désormais tout discours politique pouvait intégrer la phrase « je dis fuck à Strache, parce que ».

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En France l’« offense au chef de l’Etat » toujours appliquée
En France la justice n’avait pas été si clémente avec un manifestant de 57 ans qui avait brandi une affichette « Casse-toi pov’con » au passage du cortège du président de l’époque, Nicolas Sarkozy. Hervé Eon, ancien conseiller général socialiste passé au Parti de gauche, avait été condamné, en 2009, à 30 euros d’amende pour « offense au chef de l’Etat ». 
Mais la Cour européenne des droits de l’homme avait estimé, en 2013, que la France avait violé la liberté d’expression avec cette condamnation. Elle avait jugé « disproportionné » le recours à une sanction pénale, qui, selon elle, risquait d’avoir « un effet dissuasif sur des interventions satiriques qui peuvent contribuer au débat sur des questions d’intérêt général ».
Dans le cas d’Hervé Eon, le parquet avait requis 1 000 euros d’amende, mais le tribunal avait préféré opter pour une peine de principe de 30 euros avec sursis, un choix confirmé en appel.
« Privilège exorbitant »
Au-delà de la question de l’opportunité des poursuites intentées à l’encontre d’Hervé Eon, les juges de Strasbourg avaient aussi eu l’occasion de se prononcer sur la légitimité du délit d’offense au chef de l’Etat, inscrit dans la loi de 1881 sur la liberté de la presse et passible de 45 000 euros d’amende.
Ils avaient déjà poussé la France à abroger en 2004 un délit similaire, celui d’offense à un chef d’Etat étranger. Dans un arrêt de 2002 concernant Le Monde, ils avaient estimé qu’il revenait à « conférer aux chefs d’Etat étrangers un privilège exorbitant », car leur seul statut leur permettait ainsi de se soustraire à la critique.
Un argument repris par les détracteurs du délit d’offense au chef de l’Etat, qui y voient une survivance du crime de lèse-majesté et ont tenté à plusieurs reprises de l’abroger, au Sénat et à l’Assemblée nationale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Outre la question irlandaise, plusieurs autres sujets font réagir Londres dans le projet de divorce avec l’UE proposé par Michel Barnier, le négociateur en chef.
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Après la présentation de la première mouture du Brexit, les points de blocage restent nombreux

Outre la question irlandaise, plusieurs autres sujets font réagir Londres dans le projet de divorce avec l’UE proposé par Michel Barnier, le négociateur en chef.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 11h48
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 12h28
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Si l’accord de retrait proposé par la Commission européenne, mercredi 28 février, consacre une large part au « problème » irlandais, un des points les plus durs du Brexit, le document bruxellois contient bien d’autres aspects très difficiles à accepter pour Londres et que les Vingt-Sept sont très peu disposés à négocier.
La Commission n’en démord pas : la Cour de justice de l’Union restera l’instance de dernier recours pour traiter les litiges impliquant le respect des lois européennes, alors que les brexiters refusent de continuer à se soumettre. Unique concession : les juges britanniques pourront statuer seuls sur des contentieux liés au statut des expatriés, mais uniquement huit ans après la date du Brexit.
Les termes de la période de transition réclamée par Mme May ne tiennent pas non plus compte des demandes britanniques. Les Européens maintiennent que cette période post-Brexit, durant laquelle le Royaume-Uni pourra continuer d’accéder au marché intérieur, devra s’achever au 31 décembre 2020.

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Londres réclamait qu’elle puisse être prolongée. Il souhaitait aussi un droit de veto sur des législations les concernant adoptées durant la transition : il n’en est pas question pour Bruxelles. La Commission propose même qu’en cas de non-respect des lois de l’UE durant la transition, les droits d’accès du Royaume-Uni au marché intérieur soient en partie suspendus.
La négociation patine
Mercredi, le gouvernement May a finalement accepté que les expatriés européens arrivés au Royaume-Uni pendant la transition puissent conserver leurs droits une fois passée cette dernière, tout comme ceux arrivés avant la date du divorce : ils pourront prolonger leur séjour sans entraves.
Enfin, l’accord de retrait aborde une série de sujets essentiels pour la continuité des économies du continent et du Royaume-Uni, mais qui n’ont même pas commencé à être discutés entre Londres et Bruxelles, tant la négociation patine. Les enquêtes de Bruxelles pour aides d’Etat en cours, la participation des Britanniques à Euratom, la coopération policière, la protection des données, etc.
Que se passera-t-il si le gouvernement May bloque sur chacun de ces points, alors qu’il ne reste plus que treize mois avant le Brexit ? « Nous nous préparons à toute éventualité, même à un plan d’urgence », a souligné le négociateur du Brexit pour l’UE, Michel Barnier, mercredi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Le gouvernement a lancé fin janvier un plan destiné à soutenir le secteur. Objectif : faire du pays le fer de lance des navires autonomes.
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Le Danemark se rêve en hub maritime mondial

Le gouvernement a lancé fin janvier un plan destiné à soutenir le secteur. Objectif : faire du pays le fer de lance des navires autonomes.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 11h33
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

C’est certes inférieur à la moyenne européenne, mais cela reste le plus haut niveau enregistré depuis 2006. En 2017, l’économie danoise a crû de 2,1 %, contre 2,6 % pour l’ensemble de l’Union européenne, selon les chiffres officiels publiés mercredi 28 février. « Notre économie a retrouvé sa vitesse de croisière depuis plusieurs mois déjà, et la reprise est équilibrée », souligne Las Olsen, économiste en chef de Danske Bank, à Copenhague.
Surtout, le pays peut se féliciter d’être presque au plein-emploi depuis deux ans, avec un taux de chômage de 5,6 %, d’après Eurostat. « Cela tient beaucoup à notre flexisécurité, cocktail de flexibilité pour l’employeur, de sécurité pour le salarié et de remise à niveau régulière des compétences, résume Kirsten Biering, l’ambassadrice du Danemark en France. Grâce à cela, nous sommes capables d’afficher un taux d’emploi élevé et de nous adapter rapidement aux changements économiques. »
L’Etat mise, non sur des investissements colossaux, mais sur une quarantaine d’initiatives concrètes et variées
L’autre trait caractéristique du modèle danois, qui ne cesse de faire rêver la France, est le dialogue social et le pragmatisme. Le gouvernement vient de nouveau d’en apporter la preuve avec le plan dévoilé fin janvier pour soutenir la croissance du secteur maritime. Objectif : faire du pays un hub maritime mondial d’ici à 2025 et le fer de lance des navires autonomes.
Pour y parvenir, l’Etat ne va pas déployer d’investissements colossaux ou de projets spectaculaires. Il mise plutôt sur une quarantaine d’initiatives concrètes et variées visant à soutenir l’innovation, à simplifier les contraintes réglementaires, à assurer que le système de formation fournit suffisamment de jeunes diplômés tous les ans et à promouvoir le pavillon danois à l’échelle internationale.

« Une nation de marins »
Sur chacune de ces pistes, autorités, industriels, partenaires sociaux, instituts...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Les organisations de défense des droits de l’homme dénoncent l’impact sur les populations des attaques de l’armée turque contre l’enclave kurde.
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Dans l’enclave kurde d’Afrin, les combats avec les forces turques tuent de nombreux civils

Les organisations de défense des droits de l’homme dénoncent l’impact sur les populations des attaques de l’armée turque contre l’enclave kurde.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 11h20
    |

                            Allan Kaval








                        



   


Casse-tête diplomatique et militaire, la bataille d’Afrin, enclave kurde visée par la Turquie depuis le 20 janvier, pourrait tourner au désastre humanitaire. Dans un rapport, publié mercredi 28 février, Amnesty International dénonce l’impact sur les populations des combats entre l’armée turque, ses supplétifs syriens et les combattants kurdes. « A Afrin, les combats qui opposent les forces turques aux forces kurdes (…) ont déjà causé la mort de nombreux civils et mettent en péril la vie de centaines d’autres », a indiqué l’organisation de défense des droits de l’homme.

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A la suite de l’opération « Rameau d’olivier », lancée par Ankara, les habitants des villages proches des frontières turques, mais loin de toute installation militaire, ont subi des tirs d’artillerie indiscriminés, certains se traduisant, d’après Amnesty, par des pertes civiles. Plusieurs cas ont été documentés par l’ONG.
« La frappe a complètement détruit la maison, tuant le père, la mère et trois enfants âgés de moins de 15 ans, tandis qu’un quatrième – une fille – est resté sous les décombres pendant plusieurs heures. Elle a survécu, mais son état est critique… », a rapporté à Amnesty International un habitant de la localité de Maabatli, témoin de la destruction de la maison de ses voisins par un obus turc, le 25 janvier, cinq jours après le début de l’offensive.
Ankara considère que son offensive à Afrin n’est pas concernée par la résolution du Conseil de sécurité demandant un cessez-le-feu humanitaire de trente jours sur l’ensemble de la Syrie
La riposte des forces kurdes sous la forme de tirs de missiles et d’artillerie vers la ville voisine d’Azaz, contrôlée par les forces turques et leurs alliés syriens, s’est aussi traduite par des morts civiles. Pour Amnesty International, cependant, les attaques indiscriminées les plus meurtrières pour les populations sont imputables à l’armée turque.
Le 23 février, un rapport de Human Rights Watch documentait également la mort de vingt-six civils dans trois attaques menées au début de l’offensive par les forces turques dans l’enclave d’Afrin. Les victimes ont perdu la vie dans des tirs d’artillerie et, dans deux cas, dans des frappes aériennes. Le Croissant-Rouge kurde, une organisation humanitaire intimement liée aux autorités d’Afrin et au mouvement kurde, affirme avoir dénombré près de 93 morts civils et 313 blessés depuis le début de l’opération turque sur l’enclave, un chiffre cité par Amnesty International.
Ankara considère que son offensive à Afrin n’est pas concernée par la résolution du Conseil de sécurité, qui demandait, samedi 24 février, un cessez-le-feu humanitaire de trente jours sur l’ensemble de la Syrie. Dimanche, les forces spéciales de la gendarmerie et de la police turque ont été déployées vers Afrin en prévision de combats dans des zones urbaines, plus densément peuplées et laissant planer la menace de combats plus meurtriers pour les civils.

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En 2015 et 2016, ces mêmes forces ont servi de fer de lance aux opérations contre-insurectionnelles menées par Ankara dans les villes kurdes du sud-est de la Turquie, qui s’étaient alors traduites par des destructions d’une ampleur sans précédent.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ A quelques jours du scrutin du 4 mars, l’ancien premier ministre italien s’inquiète de l’inflation de promesses dans la campagne électorale.
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Mario Monti : « Berlusconi est le père de tous les populismes »

A quelques jours du scrutin du 4 mars, l’ancien premier ministre italien s’inquiète de l’inflation de promesses dans la campagne électorale.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 10h52
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 12h12
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Sénateur à vie, l’ancien premier ministre (2011-2013) Mario Monti a accordé un entretien au Monde, à quelques jours des élections du 4 mars, marquées par une surenchère de promesses qui le « préoccupent beaucoup ».

Vous avez été chargé de diriger le gouvernement en novembre 2011. Vous êtes-vous retrouvé au pouvoir, comme le dit la droite berlusconienne, par un coup d’Etat ?
C’est amusant cette histoire. Regardez… [il montre une série d’articles de presse]. Berlusconi m’a soutenu pendant toute la période où je gouvernais ! Mon premier mandat a été de tenir des engagements qui avaient été pris par mon prédécesseur, qui exigeaient une politique très austère. En octobre 2012, je gouvernais depuis onze mois, il me couvrait encore d’éloges, et assurait qu’il avait quitté volontairement le pouvoir.
Mais il n’avait pas le choix, le pays était menacé d’effondrement financier…
Oui c’est vrai. Le spread [différence entre le taux des obligations d’Etat à 10 ans italiennes et allemandes] était au plus haut, et on disait que la probabilité de défaut de paiement de l’Italie était d’à peu près 40 %. Pendant plusieurs mois, quand je rencontrais Angela Merkel ou Nicolas Sarkozy, ils avaient toujours en poche un petit tableau avec les prochaines échéances de bons du Trésor. Ils me demandaient : « Tu penses que vous passerez le mois prochain ? » C’était un cauchemar.
Devait-on demander l’aide de la « troïka » [Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international] comme nos partenaires nous le suggéraient ? Finalement, on ne l’a pas fait. Sinon, le retournement de l’opinion contre l’Europe aurait été encore plus fort.
Et pourtant aujourd’hui, après ces vicissitudes, Silvio Berlusconi est bel et bien en situation de revenir...
C’est pour ça qu’il est important de rappeler certaines choses, d’autant...




                        

                        


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Réforme du travail détaché : les Européens ont trouvé un accord

L’accord entre la commissaire européenne aux affaires sociales et les négociateurs du Parlement européen et du Conseil, annoncé jeudi, est une étape décisive.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 09h22
   





                        


La commissaire européenne aux affaires sociales, Marianne Thyssen, et les négociateurs du Parlement européen et du Conseil – représentant les 28 pays de l’Union européenne (UE) – ont annoncé jeudi 1er mars s’être entendus sur un accord pour la réforme du travail détaché.
« Nous pensons que le paquet pour un accord que nous proposons est équilibré », ont-ils annoncé dans un communiqué, franchissant une étape décisive pour cette réforme que la France a particulièrement à cœur.

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Le détachement des travailleurs, qui permet à des Européens de travailler dans un autre pays de l’UE que le leur, en cotisant au système de sécurité sociale de leur pays d’origine, avait été un sujet emblématique de la campagne présidentielle française, opposant europhiles et eurosceptiques.
Etape obligée
Cet accord atteint dans la nuit de mercredi à jeudi entre les négociateurs des trois institutions européennes est l’étape obligée pour s’entendre sur un texte définitif de réforme. Il fait suite à l’accord du 23 octobre 2017 entre les 28 ministres du travail des affaires sociales de l’UE, considéré alors comme une victoire par le président français, Emmanuel Macron.

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Dans leur communiqué, les deux rapporteuses du Parlement européen, la ministre bulgare adjointe au travail et la commissaire européenne aux affaires sociales, ne donnent pas les détails de leur accord mais invitent à une conférence de presse à 10 heures à Bruxelles.

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En 2017, la France comptait un peu plus de 516 000 salariés détachés sur son territoire, soit une hausse de 46 % par rapport à 2016. Les chiffres, qui ne tiennent pas compte du transport routier, montrent que le secteur de l’intérim concentre la plus grande part des déclarations de détachement : 24 % en 2016, le ratio s’élevant à 20 % dans le bâtiment et les travaux publics et à 18 % dans l’industrie.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Le groupe « APT 28 », connu sous le nom de Fancy Bear, réputé proche de Moscou, aurait réussi à s’infiltrer dans le réseau informatique de l’administration fédérale.
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L’Allemagne attaquée par des hackeurs russes

Le groupe « APT 28 », connu sous le nom de Fancy Bear, réputé proche de Moscou, aurait réussi à s’infiltrer dans le réseau informatique de l’administration fédérale.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 06h36
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        


Ce pourrait être la cyberattaque la plus importante ayant visé l’Allemagne. Selon des sources proches des services allemands de renseignement, citées par l’agence de presse DPA, mercredi 28 février, des hackeurs russes se seraient infiltrés dans le réseau informatique de l’administration fédérale, et ce pendant au moins un an.
Les auteurs de cette attaque appartiendraient au groupe « APT 28 », connu aussi sous le nom de Fancy Bear (« ours fringant »). Considéré comme proche du pouvoir russe par la plupart des grandes entreprises de sécurité informatique, il est notamment suspecté d’avoir piraté plus de 130 boîtes e-mails appartenant à des cadres et à des salariés du Parti démocrate américain – dont celle de John Podesta, le directeur de campagne d’Hillary Clinton lors de l’élection présidentielle de 2016. En Allemagne, il est soupçonné d’être à l’origine de la cyberattaque qui a visé le Bundestag, en mai 2015.
Selon les informations publiées par l’agence DPA, Fancy Bear aurait donc également réussi à s’infiltrer dans le réseau informatique de l’administration fédérale allemande, baptisé « Réseau d’information Berlin Bonn » (IVBB) et auquel sont connectés la chancellerie, les ministères, la Cour des comptes, les services de sécurité ainsi que les deux chambres du Parlement (Bundestag et Bundesrat).

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L’attaque, qui aurait consisté en l’introduction de logiciels espions dans le but de copier des données, aurait été repérée par les services allemands de renseignement en décembre 2017. Elle aurait été lancée environ un an plus tôt, soit quelques mois avant les élections législatives du 24 septembre 2017.
« Créer de l’incertitude politique »
« Nous confirmons qu’une enquête est en cours au sujet d’un incident de sécurité concernant le réseau d’information de l’Etat fédéral », a reconnu, mercredi, un porte-parole du ministère de l’intérieur. « L’attaque a été cernée et mise sous contrôle », a-t-il ajouté, assurant que celle-ci faisait l’objet d’un traitement « hautement prioritaire » et que des « moyens significatifs » avaient été mobilisés. En revanche, il n’a fait aucun commentaire sur l’identité des auteurs de l’attaque ni sur la façon dont ils ont opéré. Selon plusieurs médias allemands, ces derniers auraient atteint le réseau de l’administration fédérale en passant par ceux des ministères de la défense et des affaires étrangères.
Suite à ces révélations, la commission de l’agenda numérique du Bundestag a décidé à l’unanimité de se réunir en urgence, jeudi, pour évoquer cette affaire. « Le gouvernement doit informer le Parlement de la façon la plus complète qui soit », a déclaré, mercredi soir, sur Twitter, le député Jens Zimmermann, chargé des questions relatives au numérique au sein du groupe social-démocrate (SPD).

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Si la chronologie avancée par l’agence DPA est confirmée, le début de cette vaste attaque informatique aurait à peu près coïncidé avec les déclarations du patron du renseignement extérieur allemand, Bruno Kahl, le 29 novembre 2016. « Il y a des indications selon lesquelles des cyberattaques se produisent dans le seul but de créer de l’incertitude politique », avait-il alors affirmé dans un entretien à la Süddeutsche Zeitung, ajoutant que des « indices » permettaient d’établir que ces actions étaient d’origine russe. Des déclarations faites deux jours après la plus importante cyber­attaque perpétrée jusqu’alors en Allemagne, le piratage des routeurs de Deutsche Telekom, qui avait perturbé pendant plusieurs heures les connexions Internet d’environ 900 000 foyers.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Au 1er mars, il sera obligatoire de transporter ces crustacés dans de meilleures conditions et de les étourdir avant de les faire cuire.
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En Suisse, les homards vivants ne doivent plus être précipités dans l’eau bouillante

Au 1er mars, il sera obligatoire de transporter ces crustacés dans de meilleures conditions et de les étourdir avant de les faire cuire.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 09h12
    |

                            Marie Maurisse (Genève, correspondance)








                        


En Suisse, le destin des homards vient de changer. Une ordonnance, entrée en vigueur jeudi 1er mars, oblige les cuisiniers à étourdir ces crustacés avant de les mettre à mort. En outre, il est aussi interdit de les transporter sur de la glace ou dans de l’eau glacée : ils doivent être conservés dans leur milieu naturel le plus longtemps possible avant d’être cuits.
Ces nouvelles dispositions ont été ajoutées à l’ordonnance sur la protection des animaux émise par l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), à Berne. Le texte n’a rien d’anecdotique : il change véritablement la manière dont le homard devra être préparé dans les cuisines helvétiques.
Au restaurant du Beau-Rivage Palace, luxueux établissement situé à Lausanne, le chef, Kevin Gatin, a ainsi dû acheter une machine qui électrocute les homards avant de pouvoir les cuire. « Avant, nous les préparions au four vapeur, explique-t-il. Ce système va nous prendre un peu plus de temps, mais, d’après les spécialistes, la chair du crustacé sera plus tendre finalement. » Ce dispositif sera en place dès le 1er mars. Entre les mois de décembre et avril, Kevin Gatin reçoit au moins cinq homards par jour – servis à la carte –, qu’il accommode notamment avec des carottes, du café et des géraniums.
« Un couteau dans le cerveau »
L’alternative à l’électrocution est une « destruction mécanique du cerveau », selon les nouvelles dispositions. « En l’occurrence, il s’agit de planter fermement un couteau dans le cerveau du crustacé, précise Kevin Gatin. Cela ne me tentait pas. » « Toutes les dispositions utiles doivent être prises pour réduire à un minimum les douleurs, les souffrances et l’anxiété » de l’animal, précise également le texte de loi.

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Les cuisiniers professionnels sont-ils les seuls concernés ? « Non, les particuliers le sont aussi », explique Nathalie Rochat, porte-parole de l’OSAV. Et elle ajoute que ce sont les cantons qui sont chargés de contrôler la bonne application de la loi. Nul ne sait, à ce stade, quels seront les moyens alloués pour vérifier que les homards ne soient pas maltraités avant d’être cuits.
Loi inédite
Si le gouvernement suisse a pris ces mesures, c’est en réponse à une motion déposée au Parlement par la députée verte Maya Graf. Selon ce texte, déposé en septembre 2015, la Suisse consomme chaque année environ 130 000 homards importés vivants.
« Empilés comme des bouteilles de vin dans un carton, leurs pinces attachées avec des élastiques et leurs antennes souvent abîmées au cours du transport, ils ont déjà souffert le martyre pendant plusieurs mois avant d’arriver en Suisse. » Maya Graf demandait l’interdiction de leur importation en terre helvète. Mais celle-ci est impossible en raison des accords entre la Suisse et l’Union européenne.
L’OSAV s’est donc résolu à modifier les conditions de transport et d’abattage, en confirmant que, selon les études scientifiques récentes, les décapodes marcheurs sont tout aussi sensibles à la douleur que les vertébrés. « Dans l’idéal, le transport devrait s’effectuer dans des viviers adaptés avec des installations de traitement des eaux », précise aussi le texte.
Ce n’est pas la première fois que la Suisse promulgue une loi inédite sur la protection des animaux. Depuis 2008, les cochons d’Inde, chèvres ou tortues détenues par des particuliers doivent obligatoirement être en couple, afin de ne pas souffrir de la solitude. Une infraction à cette règle peut coûter jusqu’à 10 000 francs suisses (8 600 euros) d’amende.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ La question de la frontière entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord demeure le point de blocage.
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Brexit : Londres rejette fermement la proposition de Bruxelles sur l’accord de divorce

La question de la frontière entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord demeure le point de blocage.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 17h52
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 20h16
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


Il aura fallu à peine plus d’une demi-heure mercredi 28 février au gouvernement britannique pour rejeter avec véhémence la proposition d’accord de divorce préparée par la Commission européenne sur le Brexit. « Aucun premier ministre britannique ne pourrait jamais l’accepter, a lancé Theresa May devant la Chambre des communes, lors de la séance hebdomadaire des questions à la première ministre. Je dirai de façon très claire au président [de la Commission européenne, Jean-Claude] Juncker et à d’autres que nous ne l’accepterons pas. »
Le contentieux concerne la frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Bruxelles propose de créer une « aire réglementaire commune » entre les deux Irlandes, afin d’éviter le retour d’une frontière physique entre elles. Selon Mme May, « l’intégrité constitutionnelle » du Royaume-Uni serait mise en danger par la proposition européenne. Le langage est particulièrement peu diplomatique et rejoint un concert de protestations au Royaume-Uni. « Grotesque, inacceptable », estime Christopher Montgomery, un ténor du Parti unioniste démocrate (DUP, parti unioniste nord-irlandais). « Ça ne peut pas être accepté, ni par nous, ni par le gouvernement britannique », renchérit Nigel Dodds, un député DUP. « Cela revient à une annexion de l’Irlande du Nord par l’Union européenne », estime David Jones, un député conservateur, ancien secrétaire d’Etat au Brexit.

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Européens et Britanniques sont d’accord sur le principe : il ne faut pas réintroduire de frontière visible, qui risquerait de rouvrir les plaies des années de violence entre unionistes et républicains (3 500 morts entre 1969 et 1998). La question est de savoir comment y parvenir. Pour l’UE, la solution la plus simple est que le Royaume-Uni reste dans le marché unique et l’union douanière, les deux dispositifs qui permettent la circulation des marchandises et des personnes sans vérification. Mais Mme May l’a exclu.
En décembre 2017, Londres et Bruxelles avaient trouvé un compromis particulièrement ambigu, en trois étapes. D’abord, le Royaume-Uni s’engageait « à proposer une solution spécifique » sur l’Irlande du Nord. Mais, en son absence, il acceptait de « maintenir l’alignement complet » avec le marché unique et l’union douanière. Dans le même temps, pour rassurer les unionistes, le texte assurait aussi qu’il n’y aurait pas non plus de frontière « est-ouest » passant dans la mer d’Irlande, qui séparerait le Royaume-Uni en deux : en clair, les contrôles douaniers ne se feraient pas au niveau des ports et des aéroports de l’île d’Irlande. Reste que ces trois objectifs contradictoires ne disaient toujours pas comment y parvenir.
« L’Irlande du Nord est utilisée politiquement »
Depuis, la Commission européenne s’est attelée à traduire cet accord politique en texte juridique. Le résultat, publié ce mercredi, n’a pas du tout plu aux Britanniques. Il souligne que Londres peut effectivement proposer une solution spécifique au problème irlandais s’il en trouve une. Mais, en son absence, le texte détaille dans un protocole séparé ce que signifierait ce fameux « alignement complet » avec le marché unique et l’union douanière.
Il va très loin, précisant que la Cour de justice de l’Union européenne devrait rester compétente sur l’Irlande du Nord, ce qui va à l’encontre des lignes rouges de Mme May. « Le territoire de l’Irlande du Nord sera considéré comme faisant partie de l’union douanière de l’UE », précise-t-il. Les différents régulateurs britanniques (environnement, santé…) n’auraient pas l’autorité de vérifier les biens arrivant en Irlande du Nord, cette tâche revenant aux organismes européens.
De quoi faire bondir Mme May :
« La proposition de texte, si elle était appliquée, mettrait à mal le marché unique britannique, et mettrait en danger l’intégrité constitutionnelle du Royaume-Uni en créant une frontière douanière et régulatrice dans la mer d’Irlande. » 
Boris Johnson, le ministre des affaires étrangères, estime qu’il s’agit d’une manœuvre politique de Bruxelles :
« L’Irlande du Nord est utilisée politiquement pour garder le Royaume-Uni dans l’union douanière et le marché unique, pour qu’on ne sorte pas vraiment de l’UE. »
John Major appelle à un deuxième référendum
La réaction virulente des conservateurs et du DUP est cependant mise à mal par l’opposition travailliste, qui a proposé lundi de rester dans l’union douanière européenne. « La guerre rhétorique entre l’UE et le Royaume-Uni doit cesser, estime Keir Starmer, le porte-parole des travaillistes sur le Brexit. L’échec de Theresa May à offrir une solution viable sur l’Irlande du Nord revient la hanter. »
Pire encore pour Mme May, l’ancien premier ministre John Major a fait une sortie très remarquée. Lui qui prend peu la parole estime que rester dans l’union douanière est la seule solution sur la question irlandaise. Dans un long discours, il a aussi appelé à un deuxième référendum, cette fois-ci sur les modalités de la sortie de l’UE.
Cette confusion politique survient alors que Mme May doit prononcer, vendredi 2 mars, un grand discours sur le Brexit. Elle doit en principe faire des propositions plus détaillées sur la façon dont elle espère régler la sortie de l’UE. Elle sera écoutée très attentivement à Bruxelles, comme à Londres.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ La première mouture du futur accord de retrait du Royaume-Uni, rendue publique mercredi par le négociateur en chef de l’UE, irrite les Britanniques
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Brexit : Barnier veut faire sortir Londres du déni

La première mouture du futur accord de retrait du Royaume-Uni, rendue publique mercredi par le négociateur en chef de l’UE, irrite les Britanniques



Le Monde
 |    28.02.2018 à 17h08
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 10h31
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


En bon anglais, l’exercice auquel Bruxelles s’est livrée, mercredi 28 février, s’appelle un reality check (« confrontation avec la réalité »). A treize mois de la date du Brexit, Michel Barnier, le négociateur en chef pour l’Union européenne (UE), a rendu publique une première mouture du futur accord de retrait du Royaume-Uni. C’est un texte essentiel, qui devra recevoir l’aval du Parlement européen, mais aussi celui de Westminster, après avoir été définitivement agréé par Londres et ses vingt-sept partenaires.
Le document, 119 pages, 168 articles, deux protocoles et des annexes, traduit en termes juridiques l’essentiel de l’accord politique de décembre 2017 entre Londres et Bruxelles. Il couche aussi sur le papier les termes de la transition réclamée par Londres, mais toujours pas agréés, le gouvernement de Theresa May refusant d’accepter les conditions des Européens.
« Il n’y a aucune surprise à attendre » de la copie bruxelloise, a prévenu M. Barnier mercredi. Et pourtant : en écrivant noir sur blanc ce à quoi les Britanniques doivent s’attendre dans le cadre du divorce, et en y imposant clairement ses points de vue, sans concessions, la Commission espère faire sortir les Britanniques du déni. Au risque d’une nouvelle crise politique dans le pays ?

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Il faut dire que, vingt mois après le référendum, les élus britanniques (gouvernement compris) continuent à s’écharper sur le Brexit, sans tenir compte des lignes rouges maintes fois répétées par les Vingt-Sept – intégrité du marché intérieur, caractère indissociable de ses quatre libertés de circulation : des personnes, des biens, des capitaux et des services.
Bruxelles maintient que la Cour de justice de l’UE, honnie des brexiters, doit rester l’instance de dernier recours pour les différends portant sur les lois européennes. L’accord de transition ? La Commission persiste : cette période, qui s’ouvrira à partir du jour du Brexit, devra être limitée dans le temps (au 31 décembre 2020). Pendant cette période, le Royaume-Uni pourra certes conserver son accès au marché intérieur, mais il n’aura absolument plus voix au chapitre à Bruxelles.
C’est cependant le « protocole » consacré à l’Irlande qui a surtout mis les Britanniques en ébullition. En décembre 2017, à l’issue de discussions très tendues, Theresa May avait accepté de tout mettre en œuvre pour éviter le retour, après le divorce, d’une frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Au risque, déjà à l’époque, de faire voler en éclats la fragile majorité dont elle dispose à Westminster – grâce à ses partenaires du petit Parti unioniste démocrate nord-irlandais (DUP).
Aujourd’hui, Bruxelles suggère que la solution la plus pragmatique pour éviter cette frontière, si Theresa May persiste à vouloir quitter le marché intérieur et l’union douanière européenne, consiste à créer une « aire réglementaire commune » entre les deux Irlandes.
Le concert de protestations a été unanime au Royaume-Uni, se focalisant sur la question irlandaise
Les contrôles des marchandises entre le Royaume-Uni et le reste de l’UE, inévitables après le divorce, devraient s’opérer entre l’île d’Irlande et le reste des îles Britanniques. L’Irlande du Nord continuerait donc, sur un grand nombre de points – normes phytosanitaires, marché de l’électricité, etc. –, à s’aligner sur les normes européennes. 
Cette solution revient à une réunification des deux Irlandes par les normes : elle est explosive, s’agissant de territoires encore traversés par de fortes tensions, vingt ans après les accords de paix du Vendredi saint, qui avaient mis fin aux violences (3 500 morts entre 1969 et 1998). Elle a été immédiatement rejetée par Theresa May : « Le projet de texte juridique que la Commission a publié, s’il entre en application, minera le marché commun britannique et l’intégrité constitutionnelle du Royaume-Uni en créant une frontière douanière et réglementaire en mer d’Irlande. Aucun premier ministre du Royaume-Uni ne peut l’accepter. »
Le concert de protestations a été unanime au Royaume-Uni, se focalisant sur la question irlandaise. « Grotesque, inacceptable », a estimé Christopher Montgomery du parti nord-irlandais DUP. « Cela revient à une annexion de l’Irlande du Nord par l’UE », estime David Jones, un député conservateur, ancien secrétaire d’Etat au Brexit.

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« Keep calm and be pragmatic » (« restez calme et soyez pragmatique »), a lancé M. Barnier, mercredi, se défendant de vouloir « provoquer des chocs », mais réaffirmant sa volonté « de trouver des solutions ». Le Français, ancien commissaire au marché intérieur, a insisté sur le fait que la solution envisagée pour l’Irlande n’était pas définitive, et qu’il était « prêt à discuter immédiatement » si Londres proposait autre chose.
Brusquer les Britanniques
Le négociateur en chef pour l’UE le répète depuis des mois : le « D-Day » du Brexit (le 29 mars 2019) se rapproche dangereusement, et l’hypothèse d’une rupture sans accord n’est pas à exclure. Brusquer les Britanniques est donc d’abord le moyen de faire avancer une négociation au point mort.
Bruxelles ne serait-elle pas non plus tentée de dynamiser le débat interne au Royaume-Uni sur l’union douanière, relancé par le chef du Labour, Jeremy Corbyn ? C’est ce qu’a suggéré Boris Johnson, le ministre britannique des affaires étrangères : « L’Irlande du Nord est utilisée politiquement pour garder le Royaume-Uni dans l’union douanière et le marché unique, pour qu’on ne sorte pas vraiment de l’UE. »
Maintenir le pays dans l’union douanière permettrait de prévenir le retour d’une frontière « dure » entre les deux Irlandes (ou entre l’île et le reste du pays) et d’éviter un Brexit dur en maintenant le lien avec l’UE. Le fait que Jeremy Corbyn ait récemment choisi de défendre le maintien dans l’union douanière, gagnant le soutien de quelques députés tories, n’a évidemment pas échappé à Bruxelles. Ni les critiques que Theresa May essuie désormais dans son propre camp : l’ancien premier ministre conservateur John Major n’a ainsi pas hésité, mercredi, à qualifier d’« irréaliste » sa politique.

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Theresa May doit prononcer, vendredi 2 mars, un grand discours sur le Brexit. Du côté des Vingt-Sept, toujours remarquablement unis, on se prépare à de fortes turbulences avec Londres dans les semaines à venir.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Résignés ou convaincus, les électeurs de Vladimir Poutine s’apprêtent à réélire pour un quatrième mandat le président russe lors du scrutin du 18 mars.
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A Vladimir-ville en Russie : « Dans ma tête, la présidence et Poutine ne font qu’un »

Résignés ou convaincus, les électeurs de Vladimir Poutine s’apprêtent à réélire pour un quatrième mandat le président russe lors du scrutin du 18 mars.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 17h02
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 07h48
    |

            Isabelle Mandraud (Vladimir (Russie), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Le chauffeur de taxi ne sait pas où se trouve le QG de campagne de Vladimir Poutine. Peu lui chaut d’ailleurs. « Je vais voter pour lui, je ne vois personne d’autre », confie Andreï, le dos voûté sur son volant. « Quoique sa politique ne me plaise pas vraiment, poursuit-il. Il devrait être plus dur sur la corruption, mais sa politique étrangère, en revanche, ça va. De toute façon, dans ma tête, j’associe la présidence avec Poutine, pour moi ils ne font qu’un. »
A quelque 200 kilomètres à l’est de Moscou, Vladimir-ville s’apprête à élire son président, ou plutôt à le réélire, car ici il ne fait aucun doute que Vladimir Poutine, au pouvoir depuis dix-huit ans et qui devait prononcer son discours à la nation jeudi 1er mars, rempilera pour un quatrième mandat jusqu’en 2024. A trois semaines de l’élection du 18 mars, c’est un quasi non-événement dans cette cité de province davantage préoccupée par son quotidien. En ce moment, par exemple, il s’agit plutôt d’attaquer à la pelle les stalactites menaçantes qui se sont formées sur le bord des toits.
La voiture s’arrête rue Gorki, devant l’ancienne maison des syndicats, aujourd’hui occupée par des sociétés privées dont les noms s’alignent à l’entrée. Toujours aucune indication sur le local de campagne. Il faut grimper au 2e étage pour trouver une pièce, deux bureaux, un téléphone, un ordinateur, quelques chaises et des photos, nombreuses, du chef du Kremlin, jeune. L’ensemble est sommaire : le candidat Poutine mène sous l’étiquette « indépendant » une campagne a minima, sans parti, sans meeting, ni même une apparition récente dans ses clips TV.

« C’est un président actif, il ne peut pas tout laisser tomber », justifie Dmitri Joutchenko. A 31 ans, ce jeune père de famille, employé dans la compagnie régionale d’électricité, fait partie des volontaires du QG de Vladimir Poutine, avec la foi des convaincus. « Il a une telle popularité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Dans cette chronique, l’ancien membre du directoire de la BCE Jürgen Stark estime que la politique monétaire expansionniste de l’institution n’est pas adaptée à la réalité économique.
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édition abonné


« La politique actuelle de la Banque centrale européenne est tout simplement irresponsable »

Dans cette chronique, l’ancien membre du directoire de la BCE Jürgen Stark estime que la politique monétaire expansionniste de l’institution n’est pas adaptée à la réalité économique.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 14h30
    |

Jürgen Stark (Ex-membre du directoire de la Banque centrale européenne et ancien vice-président de la Bundesbank)







                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. Le récent plongeon de presque 1 600 points de l’indice Dow Jones montre à quel point les marchés financiers et les acteurs économiques se sont accoutumés à une politique monétaire expansionniste. Des taux d’intérêt faibles et un relâchement monétaire de longue durée ont incité les investisseurs à prendre des risques inconsidérés. Plus ces mesures seront prolongées, plus forte sera la menace qui pèse sur la stabilité du système financier mondial.
Depuis fin 2015, la Fed augmente peu à peu son principal taux directeur qui atteint maintenant 1,5 %
Il y a longtemps que les mesures de relâchement monétaire extrême ne sont plus appropriées. L’économie mondiale connaît une reprise de plus en plus marquée. Selon la dernière mise à jour des « Perspectives de l’économie mondiales » du Fonds monétaire international (FMI), la croissance va se prolonger dans les trimestres à venir, surtout aux Etats-Unis et dans la zone euro.
Pourtant, les institutions internationales, dont le FMI, craignent la correction brutale des marchés due aux changements en matière d’attente d’inflation et de taux d’intérêt et continuent à proclamer que le resserrement de la politique monétaire ne doit se faire que très progressivement. Aussi les banques centrales continuent-elles à reporter la normalisation de leur politique, ce qui entraîne une hausse du prix des actifs suscitant des distorsions boursières spectaculaires qui rendent ces corrections inévitables.
Il est vrai que la Réserve fédérale américaine (Fed) s’éloigne de sa politique d’expansion monétaire depuis fin 2013, lorsqu’elle a commencé à réduire son bilan et à diminuer progressivement ses rachats d’obligations jusqu’à y mettre fin. Depuis fin 2015, elle augmente peu à peu son principal taux directeur, qui atteint maintenant 1,5 %.
Polarisation
Mais elle est loin d’avoir normalisé sa politique. Considérant le stade avancé du cycle économique, les prévisions relatives à la croissance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ En décembre 2016, le rapport McLaren faisait état d’une conspiration institutionnelle recouvrant trente sports et remontant à 2011 au moins.
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Le Comité international olympique lève la suspension de la Russie

En décembre 2016, le rapport McLaren faisait état d’une conspiration institutionnelle recouvrant trente sports et remontant à 2011 au moins.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 14h24
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 18h21
   





                        


Le Comité international olympique (CIO) a levé la suspension du Comité olympique russe (ROC), effective depuis décembre en raison du scandale de dopage institutionnalisé en Russie. « Le Comité olympique russe est totalement réintégré dans ses droits comme membre du CIO », a annoncé le président de l’instance olympique russe, Alexandre Joukov, mardi 28 février, trois jours après la fin des Jeux olympiques de Pyeongchang.

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La décision de suspendre le ROC avait été prise le 5 décembre. Elle prévoyait la possibilité de lever la suspension au dernier jour des JO d’hiver, afin de permettre aux sportifs russes de pouvoir défiler derrière le drapeau russe, mais la commission exécutive du CIO avait rejeté cette possibilité.
Vladimir Poutine, qui recevait mercredi au Kremlin les athlètes russes ayant participé aux Jeux, a déclaré à propos de la suspension de la Russie qu’il s’agissait d’« une page que nous devons tourner » et a salué des JO qui, « malgré toutes les difficultés, nous ont montré de bonnes surprises et donné de nouveaux héros ».
Deux athlètes contrôlés positif à Pyeongchang
Deux athlètes olympiques de Russie, la dénomination sous laquelle les sportifs russes ont participé aux JO 2018, « ont été convaincus de dopage ici à Pyeongchang. Ceci est extrêmement décevant et ne permet pas au CIO d’envisager la levée de la suspension du ROC pour la cérémonie de clôture », avait expliqué le président du CIO, Thomas Bach tout en ouvrant la porte à une réintégration automatique si aucun cas de dopage supplémentaire n’était avéré après les Jeux.

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La Russie a été autorisée à participer en Corée du Sud sous bannière olympique, avec des athlètes considérés comme « propres » par le CIO. Leur délégation a terminé à la 13e place du tableau des médailles avec deux titres, contre 13 médailles d’or à Sotchi au moment de la clôture des JO 2014 (11 désormais).
Système de dopage d’Etat
En décembre 2016, le rapport McLaren, rédigé par des personnalités indépendantes, faisait état d’une conspiration recouvrant trente sports et remontant à 2011 au moins. Après sa publication, le CIO a choisi de créer deux commissions, l’une sur le thème de la conspiration institutionnelle, l’autre sur la manipulation des échantillons.
Une commission d’enquête dirigée par l’ancien président de la Confédération helvétique Samuel Schmid avait établi que la Russie avait bel et bien mis en place un système de dopage d’Etat culminant avec la manipulation des Jeux olympiques d’hiver de Sotchi, en 2014. Certains sportifs russes étaient alors protégés des contrôles antidopages, leurs échantillons étant soit troublés, soit échangés contre d’autres contenant une urine propre.
Ce système, organisé par les services secrets russes (FSB), avait prospéré à l’instigation du ministre des sports de l’époque, Vitali Moutko — depuis promu vice-premier ministre —, et de Grigori Rodchenkov, réfugié aux Etats-Unis dans un programme de protection des témoins.



                            


                        

                        


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Compte rendu

En visite en Algérie, le président turc appelle à davantage d’échanges commerciaux

M. Erdogan, qui effectue une tournée en Afrique, a demandé à Alger de « faciliter » le travail des hommes d’affaires turcs dans le pays.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 28.02.2018 à 12h30






    
Le président truc, Recep Tayyip Erdogan, à Alger, le 27 février 2018.
Crédits : RYAD KRAMDI / AFP


Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, s’est félicité de la signature d’accords avec l’Algérie, mardi 27 février, appelant ce pays à « faciliter » le travail des hommes d’affaires turcs sur place pour améliorer les échanges commerciaux. Ces accords vont permettre à Ankara et Alger de « diversifier leurs échanges », en attendant la signature « le plus rapidement possible de l’accord sur la protection des investissements », a déclaré M. Erdogan lors d’un discours devant des hommes d’affaires turcs et algériens, au deuxième jour d’une visite officielle en Algérie, première étape d’une tournée en Afrique.
Le président turc avait déjà insisté, dans un entretien au quotidien algérien Echorouk paru lundi, sur la nécessaire signature de cet accord bilatéral « de promotion et de protection des investissements, depuis longtemps en discussion », semblant s’impatienter sur la longueur des négociations. « Nous voyons l’Algérie comme un îlot de stabilité politique et économique dans la région. Notre premier partenaire commercial en Afrique, c’est l’Algérie », a-t-il rappelé mardi, tout en estimant que le volume des échanges commerciaux avec son pays est à un « niveau insuffisant ».

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Actuellement autour de 4 milliards de dollars (près de 3,3 milliards d’euros), les échanges commerciaux doivent « atteindre dans une première étape 5 milliards, puis 10 milliards de dollars », a estimé M. Erdogan. « Les investissements et le commerce gagneront en volume à mesure que le travail de nos hommes d’affaires en Algérie sera facilité », a-t-il souligné, sans autre détail, en présence du premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, et du ministre de l’industrie, Youcef Yousfi.
Mémorandum d’entente avec Sonatrach
Dans son entretien à Echorouk, M. Erdogan avait critiqué les barrières à l’importation mises en place par l’Algérie, « qui freinent le développement des échanges commerciaux » avec son pays, et réclamé un assouplissement du système de délivrance des visas pour les citoyens turcs, particulièrement pour les hommes d’affaires.
Mardi, il s’est également dit « convaincu de la nécessité » de faire avancer rapidement la coopération dans le secteur de l’énergie, en développant notamment « des projets communs ». Le président turc s’est à ce sujet félicité de la signature, lundi soir, d’un mémorandum d’entente entre le géant national algérien des hydrocarbures, Sonatrach, et les groupes turcs Rönesans et Bayegan, « portant sur un investissement pétrochimique de 1 milliard de dollars dans la zone franche de Yumurtalik, à Adana », dans le sud de la Turquie.

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Au terme de cet accord, dont les détails n’ont pas été dévoilés dans l’immédiat, Sonatrach fournira notamment la matière première pour la production de 450 000 tonnes de polypropylène par an, a indiqué M. Erdogan. Ce document figure parmi les sept « accords de partenariat et de coopération et mémorandums d’entente » dans les hydrocarbures, l’agriculture, le tourisme, l’enseignement supérieur, la diplomatie et la culture signés entre la Turquie et l’Algérie peu après l’arrivée de M. Erdogan à Alger.
Près de 800 entreprises turques en Algérie
Selon les médias étatiques algériens, 796 entreprises turques emploient plus de 28 000 personnes en Algérie. Les investissements turcs s’élèvent à plus de 3 milliards de dollars – surtout dans le textile, la pharmacie et la sidérurgie –, faisant de la Turquie le premier investisseur étranger en Algérie, hors hydrocarbures.
Mardi après-midi, selon l’agence de presse algérienne APS, M. Erdogan a été reçu par son homologue algérien, Abdelaziz Bouteflika. Ce dernier, âgé de 80 ans et très affaibli depuis un accident vasculaire cérébral en 2013, reçoit peu de dignitaires étrangers et apparaît rarement en public. Le chef de l’Etat turc est attendu mercredi à Nouakchott, avant de se rendre au Sénégal et au Mali.


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Les responsables se sont justifiés en déclarant que l’arrivée des réfugiés avait « fait monter à 75 % la part des étrangers dans [leur] clientèle ».
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En Allemagne, Angela Merkel dénonce l’exclusion des étrangers d’une soupe populaire

Les responsables se sont justifiés en déclarant que l’arrivée des réfugiés avait « fait monter à 75 % la part des étrangers dans [leur] clientèle ».



Le Monde
 |    28.02.2018 à 11h38
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 12h17
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


La polémique s’amplifie en Allemagne après la décision d’une soupe populaire d’Essen (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), dans le bassin industriel de la Ruhr, de refuser de servir des étrangers. Pour justifier cette décision, révélée jeudi 22 février mais en vigueur depuis début janvier, les responsables de cette soupe populaire ont expliqué que l’arrivée des réfugiés, ces dernières années, avait « fait monter à 75 % la part des étrangers dans [sa] clientèle », ce qui désavantageait selon eux les pauvres de nationalité allemande.

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Condamnée par la Fédération allemande des soupes populaires, la décision a suscité une avalanche de réactions. « On ne devrait pas opérer de telles catégorisations, ce n’est pas bien », a estimé la chancelière Angela Merkel, lundi 26 février, ajoutant néanmoins que cette décision était révélatrice de « la pression que subit » ce genre d’associations.
De son côté, le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) a salué une mesure qui, selon lui, valide son propre discours. « Dans toute l’Allemagne, des bénévoles paient les pots cassés de votre politique d’ouverture des frontières. Votre formule creuse “Wir schaffen das” [nous y arriverons] est devenue synonyme, pour ceux qui s’engagent pour notre société, de “Wir können nicht mehr” [nous n’en pouvons plus] », a déclaré Alice Weidel, coprésidente du groupe AfD au Bundestag, mardi, dans un post Facebook adressé à Mme Merkel.
L’extrême droite n’est pas la seule à réagir ainsi. De l’autre côté du spectre politique, Sahra Wagenknecht, coprésidente du groupe Die Linke (gauche radicale) au Bundestag, a estimé qu’« il n’est pas possible que ce soit les plus pauvres qui continuent de subir le fardeau de l’immigration ». L’affaire, enfin, divise la droite conservatrice elle-même. Alexander Dobrindt, qui représente la CSU bavaroise au Bundestag, a téléphoné au responsable de la soupe populaire d’Essen pour le soutenir. Mardi, le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung s’est, quant à lui, dit consterné par la réaction de la chancelière : « “Ce n’est pas bien”, dit-elle, mais elle n’avance pas la moindre idée pour que les choses aillent mieux. »



                            


                        

                        

