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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ En l’espace de quinze jours, les déclarations du président américain sur les armes à feu, qu’il se dit désormais prêt à encadrer davantage, ont beaucoup fluctué.
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Armes à feu : comment la position de Donald Trump a évolué depuis la fusillade de Parkland

En l’espace de quinze jours, les déclarations du président américain sur les armes à feu, qu’il se dit désormais prêt à encadrer davantage, ont beaucoup fluctué.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 18h20
   





                        


La tuerie du lycée de Parkland (Floride), le 14 février, au cours de laquelle 17 personnes ont trouvé la mort, a relancé une nouvelle fois le débat aux Etats-Unis entre ceux qui réclament un contrôle plus strict des armes et ceux qui y sont opposés, au premier rang desquels la National Rifle Association (NRA), le très puissant lobby des armes à feu.
Dans ce débat, le président américain Donald Trump, fervent défenseur du deuxième amendement de la Constitution (qui garantit à tout citoyen le droit de porter des armes) et soutenu par la NRA durant sa campagne présidentielle, joue les équilibristes depuis deux semaines.
S’il est resté prudent sur d’éventuelles modifications législatives dans la foulée de la tuerie, son discours a depuis connu des inflexions. Au point que Donald Trump a pris tout le monde de court mercredi 28 février, lors d’une réunion avec des membres démocrates et républicains du Congrès, en déclarant : « Nous devons faire quelque chose. Nous devons agir. »
Retour sur les fluctuations du discours présidentiel depuis quinze jours.
14 février : l’argument du déséquilibre mental
Dans les heures qui suivent le drame, c’est le silence de Donald Trump sur la question des armes à feu qui frappe : il présente dans ses premiers tweets le drame en Floride comme l’acte d’un déséquilibré mental, sans relever que le tireur, âgé de 19 ans, a pu s’équiper d’un fusil d’assaut.

So many signs that the Florida shooter was mentally disturbed, even expelled from school for bad and erratic behavi… https://t.co/3mSYrtTng6— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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Dans des situations similaires, ses prédécesseurs avaient été prompts à s’exprimer pour appeler à l’unité et consoler une nation régulièrement endeuillée par les tueries de masse.

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                Le fatalisme de l’administration Trump face aux fusillades de masse



Il faudra attendre dix-sept heures après l’annonce du bilan de la tuerie pour que le président américain s’adresse enfin avec gravité à la nation. Mais il passe alors sous silence la question des armes à feu et met plutôt l’accent sur la nécessité de repérer les personnes souffrant de problèmes psychiatriques.
18 février : le FBI pris pour cible
Accusé par des lycéens, présents lors du drame, de ne pas en faire assez pour le contrôle des armes à feu, le président choisit de répliquer, le 18 février, en s’en prenant à son meilleur ennemi du moment : le FBI. Il accuse la police fédérale de n’avoir pas su empêcher cette tuerie, jugeant qu’elle passe « trop de temps » à enquêter sur les interférences russes dans l’élection de 2016.
En l’occurrence, le FBI a reconnu une défaillance : il avait reçu en janvier un appel d’un proche du tueur, alarmé par son comportement déviant et ses intentions meurtrières, sans donner suite à ce signalement.
19 février : l’ouverture à un renforcement du contrôle des antécédents
Face à la colère grandissante d’une partie de la population, Donald Trump commence à montrer des signes d’inflexion : le 19 février, le président américain se dit favorable à un renforcement du contrôle des antécédents lors de l’achat d’une arme à feu.
20 février : le souhait d’interdire les « bump stocks »
Face à la vague d’indignation, M. Trump affiche, le 20 février, sa volonté d’interdire les mécanismes connus sous le nom de bump stocks, utilisés par le tueur de Las Vegas en octobre 2017, qui permettent à un fusil de tirer en rafales quasi automatiques.
Dans la foulée de la fusillade de Las Vegas, la plus meurtrière de l’histoire des États-Unis (58 morts), en octobre 2017, la Maison Blanche, des élus républicains, mais aussi, fait rare, la NRA, avaient estimé que ces mécanismes devraient être soumis à davantage de contrôle, mais rien n’avait bougé.
Le même jour, M. Trump se montre aussi ouvert à une discussion sur un éventuel relèvement de l’âge légal pour l’achat d’armes semi-automatiques de type AR-15, comme celle utilisée par le tireur de Parkland.
21 février : la proposition d’armer les enseignants

Après ses premiers signes d’inflexion, le locataire de la Maison Blanche émet des signaux opposés, destinés à rassurer le lobby des armes, en reprenant l’une de leurs propositions : le 21 février, devant des étudiants et des proches des victimes de la fusillade de Parkland, il défend l’idée d’armer environ 20 % des enseignants, option controversée qui suscite une fronde dans le milieu éducatif et parmi la population.
Donald Trump réitère par ailleurs sa promesse de prendre des mesures « fortes » sur les vérifications des antécédents judiciaires et psychiatriques des acheteurs d’armes. Il promet aussi la « fermeté » sur l’âge légal pour acheter une arme à feu, mais sans autres précisions.
28 février : le défi à la NRA
« [La NRA] a un grand pouvoir sur vous. Elle a moins de pouvoir sur moi. Je n’ai pas besoin d’elle ». 
Alors que ce genre de déclaration aurait semblé inimaginable quinze jours avant, le président américain invite, mercredi 28 février, les parlementaires à « ne pas avoir peur de la NRA » et soutient des mesures pour le contrôle des armes plus fortes que celles prônées par son parti. 

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                Après la tuerie de Parkland, la NRA sous pression



Le président annonce vouloir aller au-delà d’une loi centrée sur le renforcement du contrôle des antécédents d’acquéreurs d’armes à feu. Il souhaite établir un plan d’ensemble, même si ce plan comprend des mesures auxquelles s’oppose la NRA. « Je la signerai », promet Trump à propos de cette éventuelle future loi.
Il se dit notamment favorable au relèvement, de 18 à 21 ans, de l’âge minimum requis pour acquérir un fusil.
En ce qui concerne le renforcement du contrôle des antécédents, le président demande que les mesures soient plus larges : « Il faut être très, très efficace sur le contrôle des antécédents. Ne soyez pas timides. »
M. Trump exprime aussi, pour la première fois, son soutien à des lois prises par des Etats qui autorisent la police à saisir temporairement les armes des personnes jugées dangereuses. Le président va même plus loin en disant que la police n’a pas besoin d’obtenir un mandat pour ce faire.
M. Trump restera-t-il sur ses dernières positions ? Les républicains le suivront-ils ou hésiteront-ils à contrarier leurs électeurs pro-armes juste avant les élections de mi-mandat, en novembre ? La Maison Blanche pourrait présenter dès jeudi une liste des décisions de Donald Trump sur la sécurité en milieu scolaire.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ L’élection présidentielle au Venezuela, qui avait été avancée au 22 avril, a finalement été reportée à la seconde quinzaine du mois de mai, à la suite d’un accord entre le gouvernement et certains partis d’opposition.
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Venezuela : l’élection présidentielle est repoussée à la deuxième quinzaine de mai

L’élection présidentielle au Venezuela, qui avait été avancée au 22 avril, a finalement été reportée à la seconde quinzaine du mois de mai, à la suite d’un accord entre le gouvernement et certains partis d’opposition.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 18h19
   





                        



   


Elle avait été avancée au 22 avril, le 23 janvier dernier : l’élection présidentielle vénézuélienne aura finalement lieu pendant la seconde quinzaine du mois de mai, a annoncé jeudi 1er mars la commission électorale.
« Nous proposons que soient organisées de façon simultanée les élections présidentielles » et celles des conseils législatifs régionaux, a précisé la commission, à la suite d’un accord entre le gouvernement de Nicolas Maduro et le candidat d’opposition Henri Falcon, validé par le conseil électoral.
L’opposition menaçait de boycotter l’élection anticipée
Le président socialiste sortant, Nicolas Maduro, avait officialisé mardi 27 février sa volonté de briguer un deuxième mandat.
L’opposition, quant à elle, avait décidé de ne pas participer au scrutin, estimant ne pas pouvoir s’y préparer du fait de l’avancement de la date de l’élection par Maduro.
Pour l’heure, deux candidats se présentent contre le président sortant : Henri Falcon, ancien gouverneur de l’Etat de Lara entre 2008 et 2017 et ex-allié d’Hugo Chavez, et le pasteur évangéliste Javier Bertucci, peu connu des électeurs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Sur les six anciens de la prestigieuse banque d’affaires américaine, trois ont déjà quitté leur poste à la Maison Blanche, quelques mois à peine après leur entrée en fonction.
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Défections autour de Trump : les anciens de Goldman Sachs font long feu

Sur les six anciens de la prestigieuse banque d’affaires américaine, trois ont déjà quitté leur poste à la Maison Blanche, quelques mois à peine après leur entrée en fonction.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 18h13
    |

            Mathilde Damgé








                        



   


Peut-on travailler durablement avec Donald Trump ? La question se repose avec acuité, alors que la quatrième directrice de la communication du président des Etats-Unis vient de jeter l’éponge. Hope Hicks avait succédé en juillet à Anthony Scaramucci − lui-même débarqué après une interview dans laquelle il insultait plusieurs collaborateurs du président.
Avec Anthony Scaramucci, Stephen Bannon et Dina Habib Powell, dont le départ a été annoncé par la Maison Blanche pour ce début d’année, la moitié des anciens de la banque d’affaires Goldman Sachs ont déjà quitté leur poste en à peine un an. En dépit de discours hostiles aux élites durant la campagne, Donald Trump avait en effet embauché six anciens « Goldmanites » à des postes-clés.

        Lire :
         

          En un an de Donald Trump, 27 collaborateurs poussés à la démission



Une présence tentaculaire
Toutes les administrations, de Bush à Obama, en passant par Clinton, ont eu recours aux services des cerveaux de cette banque surnommée la « pieuvre » et à leur réseau : les anciens de Goldman Sachs étaient installés directement au sein de l’administration, mais aussi dans des ambassades, à la Cour suprême, à la banque centrale américaine et parfois même au sein des institutions de régulation (comme le gendarme des marchés).
Comme le montre le graphique ci-dessous, la présence des anciens « Goldies » dans le sillage du pouvoir américain est tentaculaire, au point que les initiales de la banque ont été utilisées pour désigner un supposé « Government Sachs ». C’est sous l’administration Bush que « la pieuvre » a le plus étendu ses ramifications, tant du point de vue du nombre d’employés que de celui des organismes pénétrés.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Avec Donald Trump, le retour de « Government Sachs »




7633222221111111111111111111111111AIG (sauvetage par des fonds publics)
AIG (sauvetage par des fonds publics)ambassade d'Allemagne
ambassade d'AllemagneBanque d'import export des Etats-Unis
Banque d'import export des Etats-UnisChambre des représentants
Chambre des représentantsConseil économique
Conseil économiqueCour suprême
Cour suprêmedépartement d'Etat
département d'EtatEtat de Californie
Etat de CalifornieEtat du New Jersey
Etat du New JerseyFed de New York
Fed de New YorkMaison-Blanche
Maison-BlancheRéserve fédérale américaine
Réserve fédérale américaineSecurities and Exchange Commission
Securities and Exchange CommissionSénat
SénatTrésor
TrésorBush
BushBush père
Bush pèreCarter
CarterClinton
ClintonEisenhower
EisenhowerJohnson
JohnsonNixon
NixonObama
ObamaReagan
ReaganTrump
Trump

Notre décompte est accessible en suivant ce lien, en open data. Cette liste ne recense pas les conseillers officieux, communicants et amis généreux ayant œuvré d’un côté ou de l’autre (en faveur d’un président ou de la banque). Par exemple, les membres du groupe de réflexion Hamilton Project, certes financé par Goldman Sachs, sont de bons relais de la banque, mais ils ne sont pas forcément employés par cette dernière.
La dynamique des « revolving doors »
Avant même que la première année de la présidence Trump se finisse, Anthony Scaramucci, Stephen Bannon et Dina Habib Powell sont tous trois retournés dans le privé. Un aller-retour classique aux Etats-Unis entre la banque et l’administration, suivant la dynamique des « revolving doors » (« portes tambour », en français, c’est-à-dire le passage du public au privé).
Sauf que dans le cas des anciens Goldmanites, ces derniers retournent ensuite en majorité… chez Goldman Sachs. C’est le cas de Mme Powell, l’ancienne conseillère adjointe à la sécurité nationale, dont on a appris fin février qu’elle rejoignait la banque.

82222111111111111111111111111AIG
AIGbanque centrale de Minneapolis
banque centrale de Minneapolisbanque centrale de New York
banque centrale de New YorkBanque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD)
Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD)Beeck Center
Beeck CenterBlackrock
BlackrockBloomberg
BloombergBreitbart News
Breitbart NewsChambre des représentants
Chambre des représentantsCour suprême
Cour suprêmeEvanston Capital Management
Evanston Capital ManagementFS Investments
FS InvestmentsGephardt Group
Gephardt GroupGoldman Sachs
Goldman SachsHamilton Project
Hamilton ProjectHamilton State Bank
Hamilton State BankHarvard University
Harvard UniversityKissinger Associates
Kissinger AssociatesManatt, Phelps & Phillips
Manatt, Phelps & PhillipsPaulson Institute
Paulson InstitutePerella Weinberg Partners
Perella Weinberg PartnersPerkins Coie
Perkins CoieRaytheon Corporation
Raytheon CorporationRock Creek Global Advisors
Rock Creek Global AdvisorsRockefeller & Co
Rockefeller & CoSecurities and Exchange Commission
Securities and Exchange CommissionSkyBridge Capital
SkyBridge CapitalStone Point Capital
Stone Point CapitalWinslow Partners
Winslow Partnersprivé
privépublic
public

Car, quoi qu’on pense de Goldman Sachs, force est de reconnaître qu’elle pousse ses employés à s’impliquer dans la société, comme le confiaient ainsi des membres de la banque au New York Times en 2008 :
« C’est dans son histoire et dans sa culture d’encourager ses associés à prendre des responsabilités de premier plan dans la sphère publique. Peu importe l’argent que vous accumulez, vous n’êtes pas une vraie vedette Goldman tant que vous n’avez pas marqué la sphère politique de votre empreinte. »
Intérêts bien compris
Parmi les Goldmanites nommés par Donald Trump, ou à son instigation, restent son conseiller économique Gary Cohn, Steven Mnuchin à la tête du département du Trésor, et Jay Clayton. Ce dernier dirige la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme boursier américain. La présence d’un banquier d’affaires à la tête de cette institution censée être indépendante fait craindre une dérégulation qui profiterait aux établissements bancaires.

        Lire  :
         

          Depuis la crise, 200 milliards d’euros d’amende pour les banques et le début d’un « effet Trump » ?



L’actuel dirigeant de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, estime désormais que Donald Trump, dont il ne pouvait pas « imaginer » en 2016 « qu’il ait le pouvoir nucléaire », permet à l’économie américaine de mieux se porter que si sa rivale démocrate Hillary Clinton avait été élue (il l’avait pourtant soutenue).
En Europe, José Manuel Barroso, ancien président de la Commission européenne et désormais employé par Goldman Sachs, a rencontré un des vices-présidents de la Commission en octobre 2017, mettant à mal sa promesse de ne pas réaliser de lobbying dans l’UE pour le compte de la banque. Si cette révélation n’a pas ému l’actuel président de la Commission, Jean-Claude Juncker, elle a attiré l’attention de la médiatrice européenne Emily O’Reilly : l’Irlandaise a annoncé qu’elle inclurait ces éléments dans son enquête sur les « revolving doors ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Divisé et endeuillé par la mort de son chef historique, Morgan Tsvangirai, le MDC a choisi Nelson Chamisa pour le représenter lors du prochain scrutin.
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Compte rendu

Au Zimbabwe, le principal parti d’opposition a désigné son candidat à la présidentielle

Divisé et endeuillé par la mort de son chef historique, Morgan Tsvangirai, le MDC a choisi Nelson Chamisa pour le représenter lors du prochain scrutin.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-03-01T18:09:31+01:00"

        Le 01.03.2018 à 18h09






    
Nelson Chamisa lors des funérailles de Morgan Tsvangirai, le 19 février 2018, à Harare.
Crédits : PHILIMON BULAWAYO / REUTERS


Le président en exercice du principal parti d’opposition du Zimbabwe, Nelson Chamisa, a été investi, jeudi 1er mars, candidat à l’élection présidentielle prévue cette année, la première depuis la fin des trente-sept ans de pouvoir de Robert Mugabe. « Le conseil national du parti a confirmé Me Nelson Chamisa comme son véritable chef et candidat à l’élection présidentielle de 2018 », a annoncé un porte-parole du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), Luke Tamborinyoka.

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                Au Zimbabwe, bataille de succession autour de la dépouille de Morgan Tsvangirai



Cette décision, annoncée à l’issue d’une réunion de six heures de la direction du MDC à Harare, tranche, au moins provisoirement, les rivalités qui agitent le parti depuis la mort de son chef historique, Morgan Tsvangirai. Fondateur du MDC, ce dernier est décédé le 14 février à 65 ans des suites d’un cancer du côlon à Johannesburg, où il était soigné.
Avant même sa mort, les trois vice-présidents du MDC avaient revendiqué la succession du chef, malade, menaçant de faire exploser le parti à quelques mois seulement des élections. M. Chamisa, qui se prévalait d’avoir été nommé président par intérim, a finalement remporté la course pour la succession.
Premier scrutin post-Mugabe
Ces dissensions ont ouvert un boulevard au nouveau président du pays, Emmerson Mnangagwa, qui a été investi candidat du parti au pouvoir, la ZANU-PF, pour les élections générales. Cacique de l’ancien régime, M. Mnangagwa, surnommé le « Crocodile », a pris la tête du Zimbabwe après la démission forcée, en novembre 2017, du président Robert Mugabe au terme d’un règne sans partage de trente-sept ans.

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                Zimbabwe : Emmerson Mnangagwa promet une présidentielle « avant juillet »



Alors que les scrutins qui se sont déroulés sous l’ère Mugabe ont été le théâtre de fraudes et de violences, M. Mnangagwa a promis à plusieurs reprises que les élections seraient « justes, libres et crédibles ». Plus de 5,3 millions d’électeurs ont déjà été enregistrés pour ces élections, a annoncé jeudi à la presse la présidente de la Commission électorale, Joyce Kazembe. Mme Kazembe n’a pas annoncé la date, très attendue, du scrutin. En janvier, M. Mnangawa avait indiqué qu’elles auraient lieu « avant juillet ».


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Après chaque scandale, les ONG mettent en place de nouvelles mesures, chartes et commissions. Sans parvenir à empêcher de nouvelles affaires.
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Violences sexuelles par des humanitaires : les ONG peinent à trouver des solutions

Après chaque scandale, les ONG mettent en place de nouvelles mesures, chartes et commissions. Sans parvenir à empêcher de nouvelles affaires.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 18h01
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 18h19
   





                        



   


C’est un serpent de mer dans l’humanitaire, qui ressurgit périodiquement à la faveur de scandales médiatiques : des employés de ces organisations non gouvernementales profitent de leur statut pour obtenir des relations sexuelles en échange de leur assistance.
Le 8 février, le quotidien britannique The Times révélait que des membres haut placés d’Oxfam avaient eu recours à des prostituées et avaient abusé sexuellement de mineures en 2011 en Haïti, touché par un séisme violent l’année précédente. Depuis, de nouvelles accusations mettent en cause des employés d’Oxfam au Tchad, au Soudan du Sud et au Liberia. Des membres du personnel des agences de l’Organisation des Nations unies (ONU) et d’organisations caritatives internationales s’adonneraient aux mêmes pratiques en Syrie, en guerre civile depuis sept ans, a aussi révélé la BCC, le 27 février.

        Lire aussi :
         

                Oxfam, Médecins sans frontières, la Croix-Rouge… Les ONG confrontées à des scandales sexuels



Ces scandales sont loin d’être les premiers du genre. En février 2002, déjà, Le Monde mettait à sa « une » une affaire similaire, « Sexe contre nourriture », impliquant soixante-sept employés d’agences humanitaires en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone.
Quels mécanismes de prévention et de sanctions ont été mis en place par les ONG ? Sont-ils suffisants ? Etat des lieux.
Bouche-à-oreille et contact avec l’ancien employeur
Sur le terrain, la situation asymétrique entre le travailleur humanitaire et les bénéficiaires constitue un environnement propice aux abus. « Vous avez des personnes extrêmement vulnérables, qui ont tout perdu bien souvent, et d’autres qui ont accès à beaucoup de ressources, ce qui leur donne du pouvoir », rappelle à l’Agence France-Presse (AFP) Mike Jennings, directeur des études sur le développement à l’Ecole des études orientales et africaines de Londres.
La sélection des candidats qui vont évoluer dans ce contexte particulier est donc décisive. Mais pour Claire Colliard, cofondatrice du Centre de psychologie humanitaire de Genève :
« Les ONG, de taille moyenne ou de petite taille, notamment, n’ont pas de personnel des ressources humaines suffisant et suffisamment formé pour recruter des gens solides. La plupart des recrutements humanitaires se font sur la base de compétences techniques — on cherche un ingénieur, un logisticien, etc. —, mais les ONG, même les grosses, font rarement des questionnaires sur les compétences de vie. »
Pour tenter d’évaluer ces « compétences », la plupart des ONG effectuent des contrôles de routine lors du recrutement : le bouche-à-oreille et la prise de contact avec les anciens employeurs. Deux méthodes qui ont pourtant failli pour Roland Van Hauwermeiren et Gurpreet Singh, deux membres du personnel d’Oxfam au cœur du scandale actuel en Haïti.
En 2011, un rapport interne confirme qu’ils ont eu recours à des prostituées. Le premier, ancien directeur d’Oxfam en Haïti, démissionne à la suite du rapport, gardé secret par Oxfam. Peu de temps après, il prend la tête d’une mission au Bangladesh pour le compte d’Action contre la faim. Dans un communiqué du 12 février, l’ONG française a déclaré ne pas avoir été avertie de ses agissements alors qu’elle avait contacté d’anciens employeurs, dont Oxfam, lors du processus de recrutement.
Le second, Gurpreet Singh, renvoyé à la suite du rapport, est embauché quelques mois plus tard… comme consultant pour une mission d’Oxfam en Ethiopie, d’octobre à décembre 2011. « Embaucher Singh, même comme consultant de court terme dans une situation d’urgence, était une grosse erreur. Cela n’aurait jamais dû se passer », a reconnu un porte-parole d’Oxfam.
De son côté, Joël Weiler, directeur général de Médecins du monde, interrogé par l’AFP, fulmine :
« C’est fou que cela puisse arriver. L’humanitaire, c’est un tout petit milieu, les planches pourries, les gens qui traînent des valises, on les connaît. » 
Codes de conduite, systèmes de signalement et d’enquête
Pour tenter de prévenir ces scandales, les organisations caritatives mettent aussi en place des codes de conduite engageant les employés sur le terrain. Le code de conduite du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), par exemple, interdit explicitement l’achat de services sexuels « en toutes circonstances et dans le monde entier, y compris les pays où la prostitution est légale ».
D’autres ONG dispensent des cours d’éthique à ceux qui partent sur le terrain. De son côté, Oxfam a annoncé une série de mesures, dont la création d’une commission « indépendante » qui passera en revue la culture et les pratiques de l’ONG.
Le groupe de travail spécial du Comité permanent interorganisations (CPI) sur la protection contre l’exploitation et l’abus sexuels (PSEA) dans les situations de crise humanitaire, créé en 2002, publie également régulièrement des rapports listant les bonnes pratiques et mettant en garde les ONG. Dans une note de 2010, ce groupe de travail avait d’ailleurs alerté sur le fait que « la crise en Haïti crée un environnement à haut risque du point de vue de l’EAS [l’exploitation et les abus sexuels] ».
Enfin, un dernier axe d’amélioration a été identifié : rendre les systèmes internes de signalement et d’enquête plus efficaces, en facilitant encore davantage la remontée des plaintes et en donnant plus de temps et de moyens à ceux qui les vérifient. Même si ces objectifs contredisent en partie ceux des donateurs : ceux-ci souhaitent souvent que leurs dons soient dépensés sur le terrain, pour venir en aide aux bénéficiaires, plutôt que pour mettre en place davantage de contrôles lors des recrutements ou de moyens pour les enquêtes internes.
« Beaucoup de gens disent que les organisations humanitaires dépensent trop d’argent pour l’administration, et pas assez sur le terrain. Mais pour éviter ce type de comportement, vous devez mettre en place des contrôles. Et ça coûte de l’argent », rappelle Mike Jennings.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Dans la principale ville du nord du Mali, les populations songhaï (noire) et arabe s’accusent mutuellement d’être responsable de la mort d’un des leurs.
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Compte rendu

Mali : tensions interethniques à Gao depuis plusieurs jours

Dans la principale ville du nord du Mali, les populations songhaï (noire) et arabe s’accusent mutuellement d’être responsable de la mort d’un des leurs.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 01.03.2018 à 17h52

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        Mis à jour le 01.03.2018 à 17h55






    
La ville de Gao en 2013, après l’intervention française visant à la libérer de l’occupation des combattants jihadistes liés à Al-Qaida.
Crédits : PASCAL GUYOT / AFP


Coups de feu, foule en colère, commerces fermés… La ville de Gao a depuis le 28 février des « allures de ville morte », selon un habitant joint pour l’AFP. Située sur le fleuve Niger, la ville abrite des populations songhaï, sédentaires et vivant principalement de l’agriculture et de l’artisanat, et des commerçants arabes. Habituellement, les deux communautés cohabitent pacifiquement. Mais depuis le 28 février, elles s’accusent mutuellement d’être responsables de la mort d’un des leurs.
Appels à la vengeance, enlèvement, meurtres entre les deux communautés
Mercredi 21 février, deux jeunes commerçants arabes de Gao disparaissent alors qu’ils circulaient à moto. Le corps de l’un d’entre eux a été retrouvé quelques jours plus tard dans le fleuve Niger, à quelques kilomètres de la ville. Dans la communauté arabe, certains soupçonnent des membres de l’ethnie songhaï.
Sept jours plus tard, le corps d’un militaire songhaï de la garde nationale est retrouvé à Gao. Il a été assassiné. Depuis, « des jeunes sédentaires [songhaï] ont en mains des gourdins, a expliqué à l’AFP un responsable du gouvernorat local. Ils veulent venger la mort du militaire […], selon eux assassiné par un arabe ».
« Tous ceux qui ne respecteront pas désormais les autochtones de Gao n’auront plus leur place à Gao », a déclaré un jeune manifestant songhaï.
L’armée malienne et les casques bleus de l’ONU tentent pour l’instant de contenir la situation, pour éviter l’escalade de la violence.
Une ville déjà en proie aux problèmes sécuritaires
Grande ville du nord du Mali, Gao, à 1 200 km au nord-est de Bamako, avait été occupée en 2012 par des combattants jihadistes liés à Al-Qaida, chassés en janvier 2013 par une intervention militaire française.
Mais des zones entières du nord du Mali échappent au contrôle des forces maliennes, française et de l’ONU, régulièrement visées par des attaques meurtrières malgré la signature, le 20 juin 2015, d’un accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes.

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                « Le Mali veut organiser une élection présidentielle alors que la situation sécuritaire est pire qu’en 2013 »





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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Une frénésie d’achat de papier toilette s’est emparée de Taïwan depuis la mi-mars. A l’origine de cet affolement : l’annonce par les fabricants d’une hausse des prix imminente.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Les négociatrices de la Commission, du Parlement et du Conseil européens ont annoncé, jeudi, être parvenues à un accord pour réviser la directive travailleurs détachés de 1996.
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Réforme du travail détaché : les Européens ont franchi une étape décisive

Les négociatrices de la Commission, du Parlement et du Conseil européens ont annoncé, jeudi, être parvenues à un accord pour réviser la directive travailleurs détachés de 1996.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 16h15
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 17h08
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        


Elisabeth Morin-Chartier est « une femme heureuse », comme les trois autres négociatrices présentes ce jeudi 1er mars au matin dans la salle de presse du Conseil européen – une exception dans un univers bruxellois encore très masculin. L’eurodéputée de droite (elle a quitté Les Républicains mi-février) n’a pas beaucoup dormi, mais elle a tenu à annoncer la bonne nouvelle, avec sa collègue sociale-démocrate néerlandaise Agnes Jongerius, la commissaire au social Marianne Thyssen, et la ministre du travail bulgare Zornitsa Roussinova : après trois mois de négociations, dont un dernier « trilogue » marathon mercredi soir, les élues mandatées par le Parlement européen sont parvenues à une « entente commune » avec les négociatrices du Conseil (les Etats membres) sur la révision de la directive travailleurs détachés de 1996.

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          Six questions pour comprendre la directive européenne sur les travailleurs détachés



Si ce compromis est validé dans les semaines qui viennent, alors « nous aurons posé une pierre fondamentale de l’Europe sociale, pour une meilleure organisation du marché intérieur », s’est félicitée Mme Morin-Chartier :
« Cela doit montrer une chose à nos concitoyens : l’Europe n’est pas éloignée de leurs préoccupations, dont la première est l’emploi. »
Un sujet d’autant plus aigu en France que le nombre de travailleurs détachés s’y est envolé (l’article 2 du texte définissant ainsi « tout travailleur qui, pendant une période limitée, exécute son travail sur le territoire d’un Etat membre autre que l’Etat sur le territoire duquel il travaille habituellement »). En 2017, l’Hexagone en comptait un peu plus de 516 000, hors transport routier, une hausse de 46 % par rapport à 2016, selon un « bilan intermédiaire du plan national de lutte contre le travail illégal » (Le Monde du 5 février).
Quel était l’enjeu des discussions entre Parlement et Conseil européens ?
La Commission européenne, la Belgique et surtout la France réclamaient depuis des mois la modernisation de la directive travailleurs détachés.
Ce texte est censé protéger les travailleurs d’un pays membre en mission temporaire dans un autre Etat de l’Union. Mais il s’agit d’un cadre qui est daté : il a été conçu dans une Europe à quinze membres « où les écarts de salaires minimum n’étaient que de un à trois », comme le rappelle Mme Morin-Chartier (contre de un à dix aujourd’hui).
Sitôt élu, le président français, Emmanuel Macron, avait choisi de faire de la révision de la directive de 1996 une de ses premières batailles bruxelloises.

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          Travail détaché : un symbole politique d’importance pour Emmanuel Macron



Grâce au soutien appuyé de la Commission Juncker, il avait obtenu une majorité suffisante au conseil des ministres des affaires sociales d’octobre 2017. Mais cette étape n’était qu’intermédiaire : les ministres devaient trouver un terrain d’entente avec le Parlement.
L’« entente commune » sur un nouveau texte équivaut-elle à un accord ?
Les négociatrices sont restées très prudentes jeudi : leur « possible » accord reste fragile et devra encore passer la barre des 28 représentants des Etats membres, qui attendent de voir les termes du compromis couchés sur le papier pour se prononcer, d’ici mi-mars.
Mmes Morin-Chartier et Jongerius doivent aussi de nouveau convaincre les élus de leurs groupes politiques respectifs. D’abord en commission emploi du Parlement de Strasbourg. Avant l’indispensable validation ultime en séance plénière, aux alentours de juin.
Habituellement, ces étapes sont des formalités, mais pas dans le cas d’un texte aussi sensible. Certaines capitales de l’Est, très hostiles à sa révision, pourraient encore tenter de faire dérailler l’accord final. La révision de la directive cristallise la division, déjà profonde, entre Etats de l’est et Etats de l’ouest de l’Europe, les seconds criant au dumping social, les premiers s’inquiétant pour la compétitivité de leurs entreprises.

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          Travail détaché : une révision symbolique



Quels sont les principaux points du texte de compromis ?
L’encadrement du travail posté : le compromis des dernières heures préserve l’exigence la plus médiatisée formulée par Emmanuel Macron : Paris tenait à ce que le travail posté soit limité à douze mois. Les autres capitales, très récalcitrantes, avaient accepté cette période restreinte, à condition qu’elle puisse être prolongée de six mois dans certains cas de figure. Le Parlement européen, qui tenait à une période plus longue, de vingt-quatre mois, a finalement cédé : elle restera de « douze plus six mois ».La spécificité du secteur des transports : le Parlement a aussi reculé sur les conditions de travail dans le transport, comme avait dû s’y résoudre Paris en octobre 2017. L’Espagne et les pays de l’Est exigeaient que les chauffeurs ne soient pas soumis aux dispositions protectrices du travail détaché, et que leurs conditions de rémunération soient précisées par un autre texte législatif encore à négocier à Bruxelles dans les mois à venir.Les conditions de révision du texte : seule concession du Conseil, il a accepté que la Commission procède à une révision de ce texte « transport » cinq ans après qu’il aura été promulgué.
Pour le reste, les négociatrices du Parlement de Strasbourg, globalement sur la ligne protectrice de la France et de la Commission, ont eu gain de cause.
Les rémunérations : les travailleurs détachés doivent bénéficier « de la même rémunération, pour le même travail sur le même lieu de travail », que les travailleurs locaux, a insisté Mme Thyssen, jeudi.Les conventions collectives : les employeurs de travailleurs détachés devront s’aligner sur les conventions collectives, alors que la directive de 1996 ne garantissait aux « détachés » que le salaire minimum dans le pays d’accueil, mais pas les primes (pénibilité, 13e mois, etc.). Ils pourront aussi être remboursés pour leurs frais (hébergement, transport), un autre point essentiel.La durée de transposition de la directive : les eurodéputées ont obtenu que celle-ci soit limitée à deux ans après son adoption définitive. Soit en 2020, si le texte est adopté cette année. Le Conseil européen réclamait quatre ans, donc pas avant 2022 au bas mot.
Quelles sont les premières réactions ?
« Le compromis trouvé cette nuit est très positif, il garantit toutes les avancées essentielles de la réforme, notamment le respect du principe : à travail égal, salaire égal », s’est félicité l’Elysée, jeudi.
La Confédération européenne des syndicats (CES) a appelé, jeudi, le Parlement et le Conseil à définitivement valider un presque accord qui garantirait enfin aux travailleurs détachés « un salaire égal et une meilleure protection ». 
« Pour quelque deux millions d’entre eux en Europe, c’est la perspective d’une augmentation salariale qui n’a que bien trop tardé », insiste Luca Visentini, le secrétaire général de la Confédération.  

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ A deux semaines du scrutin, le président russe a fait étalage de nouvelles armes nucléaires. Et a ainsi éclipsé la faiblesse de ses propositions économiques.
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Poutine exhibe les missiles russes pour conforter sa popularité avant l’élection présidentielle

A deux semaines du scrutin, le président russe a fait étalage de nouvelles armes nucléaires. Et a ainsi éclipsé la faiblesse de ses propositions économiques.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 16h11
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 17h01
    |

                            Intérim








                        



   


Après avoir entendu les quelque deux heures du discours de Vladimir Poutine, jeudi 1er mars, toute l’élite politico-économique réunie près du Kremlin était aux anges. Visage ferme et ton froid, le président russe a terminé son discours annuel au Parlement par une impressionnante démonstration de force militaire, consacrant une longue demi-heure aux seules nouvelles armes balistiques nucléaires de haute technologie de l’armée russe, qui surpasseraient tout système de défense au monde. « Personne ne voulait nous parler, personne ne voulait nous écouter. Ecoutez désormais », a averti Vladimir Poutine. 
La cible de ses propos était claire : les Etats-Unis. Dans l’une des six vidéos projetées sur un écran géant, l’un de ces nouveaux missiles était vu ainsi en train de filer au-dessus de l’Atlantique pour survoler ensuite le territoire américain. D’autres images chocs montraient un système de défense hypersonique « suivant sa cible comme une météorite », un missile de croisière nucléaire difficile à détecter, un minisubmersible et un drone à propulsion nucléaire, un missile au rayon d’action illimité capable de contourner toute ligne d’interception et même une arme laser « dont il est trop tôt pour évoquer les détails ».
« Grâce à Poutine, on peut dormir tranquille »
La conclusion de ce discours, retransmis en direct à la télévision russe, était une adresse à peine voilée aux puissances occidentales qui, depuis l’annexion de la Crimée, en mars 2014, ont imposé de nombreuses sanctions économiques au pays :
« A ceux qui ont tenté de profiter de la Russie, qui ont introduit des sanctions internationales illégales pour enrayer le développement de notre pays, y compris dans le domaine militaire, je vais le dire : ce que vous avez entrepris pour gêner, empêcher, entraver la Russie a échoué. »
Une tirade patriotique accueillie par des tonnerres d’applaudissements dans la salle, qui devrait accroître encore un peu plus la cote de Vladimir Poutine, à deux semaines de l’élection présidentielle du 18 mars. Fort de sondages qui lui donnent plus de 70 % des suffrages et d’une popularité réelle, quoique fortement orchestrée par la propagande, le président russe est assuré de garder un pouvoir qu’il détient pourtant depuis dix-huit ans.

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Après le discours, Andreï Nikitine, gouverneur de la région de Novgorod, exulte : « Grâce à Poutine, on peut dormir tranquille. La Russie est bien défendue. » Jeune et libéral sur les sujets économiques, l’homme s’inscrit bien dans la ligne politique présidentielle. De son côté, un sénateur du parti du Kremlin assure : « C’était un discours de paix. Un avertissement pour qu’on nous respecte et non une menace d’attaque. » Tous deux reprennent la logique du président : « La Russie s’arme mais ne menace personne, n’a aucun projet d’utiliser ce potentiel de façon offensive mais permet au contraire de maintenir un sain équilibre des forces dans le monde. »
Les défis économiques et sociaux négligés

   


Cet étalage militaire a fait passer au second plan la première moitié du discours de Vladimir Poutine. Ses propos sur les défis économiques et sociaux étaient en grande partie une synthèse et un copié-collé de ce qu’il rappelle chaque année au fil de ses discours au Parlement : dynamiser la natalité ; construire des logements ; augmenter les retraites ; investir dans les infrastructures ; augmenter le salaire minimal…, sans idée ni proposition nouvelle pour le développement du pays.
Mais, depuis les infirmières jusqu’aux propriétaires d’automobile, en passant par les malades du cancer et les défenseurs de l’environnement, personne n’a été oublié dans ce discours à l’évidente tonalité électorale. Vladimir Poutine, qui ne participe pas aux débats et ne mène pas campagne, n’a certes pas une seule fois mentionné le scrutin du 18 mars. Mais il s’est engagé : durant les six prochaines années — la durée d’un mandat présidentiel —, il augmentera le niveau de vie des Russes et divisera par deux le taux de pauvreté.
Le début de son discours recelait par ailleurs une autre promesse : « Pour aller de l’avant, pour se développer de manière dynamique, nous devons élargir notre espace de liberté, et dans tous les domaines : renforcer les institutions démocratiques, l’autonomie locale, les structures de la société civile, les tribunaux. » Sans davantage de détails. Personne ne s’est toutefois interrogé sur la signification réelle de ces propos. L’étalage de missiles a tout écrasé.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Alors que des responsables gouvernementaux sont soupçonnés d’avoir détourné une partie de l’aide, le HCR lance un recensement biométrique des exilés.
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Décryptage

L’Ouganda suspecté d’avoir gonflé le nombre de ses réfugiés

Alors que des responsables gouvernementaux sont soupçonnés d’avoir détourné une partie de l’aide, le HCR lance un recensement biométrique des exilés.

Par                                            Gaël Grilhot (contributeur Le Monde Afrique, Kampala)




LE MONDE
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        Le 01.03.2018 à 16h01






    
Au centre de réception de Kuluba, des réfugiés sud-soudanais s’apprêtent, le 30 juillet 2017, à monter dans un bus pour rejoindre une zone d’installation où ils pourront s’établir.
Crédits : Gaël Grilhot


Depuis des semaines, ils sont des milliers à traverser le lac Albert. Affamées, terrorisées et parfois malades du choléra, 40 000 personnes auraient fui les violences qui font rage dans la province de l’Ituri, en République démocratique du Congo (RDC). Ils viennent trouver protection en Ouganda, où, malgré la faiblesse des ressources, un modèle d’accueil original s’est construit avec les vagues successives de populations provenant de RDC ou du Soudan du Sud.

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« Kampala a développé depuis des années la politique de réfugiés la plus progressiste du monde », confirme Carlos Martin Ruiz de Gordejuela, porte-parole d’ECHO, le programme humanitaire de l’Union européenne (UE), l’un des principaux pourvoyeurs de fonds pour les programmes de réfugiés en Ouganda.
Non contentes d’accueillir les réfugiés, les autorités encouragent les communautés locales à leur céder des terrains pour qu’ils puissent habiter et même cultiver. « Il s’agit d’un modèle gagnant-gagnant, résume Jean-Luc Anglade, le représentant de Médecins sans frontières (MSF) en Ouganda. Les communautés hôtes bénéficient en retour des services et des équipements (écoles, dispensaires, etc.) fournis par les organisations humanitaires. »
Immense malaise
Au total, ils seraient près de 1,5 million de réfugiés à vivre en Ouganda, si l’on en croit le bureau du premier ministre. Mais ce chiffre, qui conditionne le volume de l’aide à apporter, est remis en cause depuis plusieurs semaines. Des responsables gouvernementaux – dont le commissaire aux réfugiés, David Kazungu, officiellement remplacé cette semaine – sont soupçonnés de l’avoir gonflé et d’avoir pioché dans les caisses. Le gouvernement a assuré qu’une enquête était en cours, mais l’affaire a provoqué un immense malaise. « Dès que nous avons été informés de ces allégations, nous avons soumis l’affaire à l’Office européen de lutte antifraude », affirme Carlos Martin Ruiz de Gordejuela.

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Depuis septembre 2017, des responsables d’ONG et d’institutions prévenaient officieusement que ces chiffres ne correspondaient pas à la réalité et qu’une partie de l’aide était détournée. Mais l’afflux massif de réfugiés et l’étendue des zones d’accueil rendaient impossibles toute contre-vérification exhaustive. Principale conséquence, selon Teresa Ongaro, porte-parole régionale du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) : « Le travail fourni dans le soutien aux réfugiés et aux communautés qui les accueillent pourrait être sérieusement compromis. Le retour que nous avons de nos donateurs est qu’ils suspendent leurs financements jusqu’à ce que nous soyons en mesure de vérifier les chiffres. »
Embarrassé par cette situation, le HCR a annoncé, jeudi 1er mars, le lancement d’une vaste opération d’enregistrement biométrique de tous les réfugiés présents en Ouganda. « Tout ce qui va dans le sens d’une amélioration du recensement des réfugiés est bon à prendre », approuve Jean-Luc Anglade, de MSF, même s’il estime que cet enregistrement doit être « fluidifié », au risque sinon de créer un engorgement. Prévue pour durer jusqu’en septembre, cette mesure devrait permettre, selon Teresa Ongaro, de restaurer la confiance des donateurs.
« Tolérance zéro »
La situation est en effet préoccupante. Sur un budget prévisionnel de 560 millions de dollars (environ 460 millions d’euros) pour l’année 2017, le HCR n’avait reçu que 39 % des fonds. Des problèmes de financement qui avaient alors abouti à des coupes sèches dans les rations des réfugiés. Et alors que l’année 2018 démarre avec une nouvelle crise humanitaire, seuls 5 % des fonds prévus ont été recueillis à ce jour. Un gel des contributions pourrait avoir des conséquences désastreuses sur le financement des opérations en cours.

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« L’UE adopte une approche de tolérance zéro en ce qui concerne toute allégation de mauvaise conduite dans le cadre des projets qu’elle finance », explique M. Ruiz de Gordejuela. Et si ECHO n’a pas suspendu ses versements, son avertissement est clair : « Les nouveaux projets devront donner l’assurance que des mesures ont été mises en place pour atténuer les risques. Une fois les enquêtes terminées, la situation sera réévaluée. »
Carlos Martin Ruiz de Gordejuela se veut néanmoins confiant. Selon lui, « l’UE est persuadée que cette vérification aura un impact positif ». Du reste, pour beaucoup d’observateurs, la communauté internationale n’a guère le choix. Même avec un tiers de réfugiés en moins par rapport aux chiffres officiels – estimation la plus élevée –, l’Ouganda demeure un partenaire incontournable dans la gestion des réfugiés.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ La capitale Addis-Abeba, en plein développement industriel, attire de nombreux habitants des campagnes, comme Hewan et Bitania.
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Reportage

De la ferme à l’usine, la nouvelle vie des ouvrières éthiopiennes

La capitale Addis-Abeba, en plein développement industriel, attire de nombreux habitants des campagnes, comme Hewan et Bitania.

Par                                            Olivier Piot (contributeur Le Monde Afrique)




LE MONDE
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        Le 01.03.2018 à 15h52

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        Mis à jour le 01.03.2018 à 16h15






    
Bitania (à gauche) et Hewan dans la cour de leur logement en banlieue d’Addis-Abeba, en Ethiopie.
Crédits : Nadia Ferroukhi


La vie citadine les a rendues inséparables. Installées dans un modeste logement de la banlieue d’Addis-Abeba, Hewan, 21 ans, et Bitania, 23 ans, partagent depuis deux ans un sort commun. Elles font partie de ces cohortes de jeunes femmes venues de la campagne pour tenter leur chance en tant qu’ouvrières dans la capitale de l’Ethiopie.
Fort d’un taux de croissance moyen de près de 10 % depuis 2004, le géant africain (94 millions d’habitants) a vu pousser aux abords d’Addis-Abeba de nouveaux sites de production et, alors que les deux tiers des Ethiopiens vivent à la campagne, le besoin de ces usines en main-d’œuvre peu qualifiée est un puissant accélérateur de l’exode rural. Passées brutalement de la ferme à l’usine, Hewan et Bitania sont actrices et témoins d’une véritable mutation sociétale.
« Vivre seule à Addis-Abeba est impossible »
Longue tresse dans le dos, visage allongé, teint cuivré, Hewan est née dans un village du nord du pays, à une centaine de kilomètres de Mékélé, la capitale de la région du Tigré. Sa famille y vit grâce aux revenus cumulés de la ferme et d’une petite épicerie.
Fin 2015, alors que la jeune fille vient de fêter ses 18 ans, un cousin d’Addis-Abeba l’avertit qu’une compagnie étrangère recrute des ouvrières. Construit entre 2006 et 2010 par le groupe turc Ayka Textile, le vaste site de production (15 hectares) a été installé dans la petite commune d’Alem Gena, à une vingtaine de kilomètres du centre-ville. En 2016, il emploie déjà près de 8 500 salariés, dont 70 % de femmes.
Accompagnée de son frère aîné, Hewan fait le long voyage jusqu’à la capitale. Après deux entretiens, elle décroche un contrat à l’atelier de confection. « Heureusement, mon cousin a pu me loger pendant les premiers mois, raconte-t-elle. Vivre seule dans une grande ville comme Addis-Abeba est impossible. Par la suite, avec ma paye, j’ai pu prendre un logement tout près de l’usine. »

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                L’Ethiopie, nouvelle usine du monde



C’est dans la cour qui jouxte sa nouvelle chambre que Hewan a rencontré Bitania, début 2016. Comme elle, la jeune femme vient d’être embauchée à l’usine Ayka, à l’atelier des bobines de coton, et cherche à se loger à moindres frais, non loin de son travail.
Toit de tôles ondulées, murs en pisé percés d’une fenêtre, sol en terre battue, sanitaires sommaires dans la cour… Pour ce logement de fortune, chacune doit débourser 300 birrs par mois (près de 9 euros), soit un tiers de leurs salaires mensuels. A l’intérieur de chaque chambre de 7 m2, quelques objets personnels et des rayonnages en bois pour les vêtements. Au plafond, un fil électrique où pendouille une ampoule alimentée par un groupe électrogène. « Bien sûr, ce n’est pas le grand luxe, lance Bitania. Plus tard, avec nos économies, nous trouverons un endroit plus confortable. »
Volontaires pour des heures supplémentaires
Comme sa nouvelle amie, Bitania vient d’une famille de paysans. Après ses études secondaires, la vie au village et les pressions familiales lui pèsent. « Mes frères aînés aidaient mon père à la ferme. Mais pour moi et mes sœurs, c’était difficile de devenir indépendantes. Mes parents s’étaient mis en tête de me marier avec un voisin plus riche et beaucoup plus âgé que moi, avoue la jeune fille. Venir vivre et travailler à Addis-Abeba était la seule façon de défendre ma liberté. »

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Chaque jour, les deux ouvrières partent à pied à l’usine et s’attendent pour rentrer. Ensemble, elles économisent sur les frais du quotidien (alimentation, transports, électricité, téléphone). Surtout, elles anticipent les plannings de l’usine et s’arrangent pour être dans les mêmes équipes, qui tournent toutes les huit heures, et s’inscrire au « volontariat » pour les heures supplémentaires des week-ends. « Comme nous ne rentrons dans nos familles que tous les trois ou quatre mois, autant en profiter pour travailler le samedi et le dimanche », explique Hewan, qui travaille entre 48 et 56 heures par semaine pour un salaire mensuel de 900 birrs.
Maquillées et toujours tirées à quatre épingles, montres branchées aux poignets et chaussures impeccables, les deux collègues aiment profiter de leurs rares jours de repos pour flâner dans les rues commerçantes de la capitale. « C’est tellement différent de ce que nous avons connu, disent-elles. Au village, tout le monde sait tout, impossible de se promener librement entre filles. Même adulte, même mariées et avec des enfants, on reste sous l’emprise des parents. Ici, loin du carcan familial, c’est une liberté presque sans limites. »
« C’est comme si nous avions changé de planète »
Mais une liberté qui a un prix. Centres commerciaux, cafés à la mode, location de vidéos et de CD… « La ville crée un nombre incroyable de besoins qu’on n’imagine même pas lorsqu’on vit à la campagne », souligne Hewan. Et puis, bien sûr, quelques sorties le soir, mais « jamais trop tard ». Avec, forcément, des « rencontres amoureuses », sourient-elles. « Oui, mais il faut faire attention, prévient aussitôt Bitania. Ici, on peut faire des mauvaises rencontres. La prostitution est si développée à Addis-Abeba que les rapports avec les hommes sont très compliqués. Il faut savoir se défendre. Même à l’usine, les mains traînent souvent. C’est aussi pour ça que nous restons toujours ensemble. »

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Quand elles rentrent dans leurs familles respectives, Bitania et Hewan en profitent pour « laisser de l’argent » à leurs parents – autour de 450 birrs à chaque voyage – et apporter des produits alimentaires (huile, savons, sacs de riz). Pour le reste, elles reconnaissent volontiers qu’elles ne racontent pas tout de leur nouvelle vie. « Ils ne pourraient pas comprendre la façon dont les gens vivent ici, reconnaît Hewan. C’est comme si nous avions changé de pays ou même de planète !, enchaîne Binitia. Même nos habits, nous les changeons pour rentrer au village. »


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ « Le convoi de 29 camions comprend 430 tonnes d’aide humanitaire », a précisé la porte-parole du CICR en Syrie.
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Syrie : un premier convoi humanitaire est arrivé dans l’enclave kurde d’Afrin

« Le convoi de 29 camions comprend 430 tonnes d’aide humanitaire », a précisé la porte-parole du CICR en Syrie.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 15h49
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 16h18
   





                        



   


Le premier convoi humanitaire depuis le début de l’offensive turque sur l’enclave kurde d’Afrin est entré dans la ville, jeudi 1er mars, a annoncé le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
« Le convoi de 29 camions comprend 430 tonnes d’aide humanitaire, dont de la nourriture, des articles de première nécessité, du matériel de purification de l’eau ainsi que des fournitures médicales. Cette aide devrait suffire à 50 000 personnes », a précisé la porte-parole du CICR en Syrie, Ingy Sedky.
Des bombardements turcs de l’enclave kurde, où la situation des civils ne cesse de se dégrader, se poursuivent en dépit du vote samedi par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution réclamant « sans délai » un cessez-le-feu humanitaire d’un mois sur l’ensemble du territoire syrien.
La Turquie, soutien des rebelles syriens, avait salué l’adoption de cette résolution, estimant toutefois qu’elle ne concernait pas l’offensive qu’elle mène contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), qui contrôle l’enclave d’Afrin, et qu’Ankara cherche à déloger de la zone frontalière, avec l’aide de rebelles syriens.
141 morts depuis le 20 janvier
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré dimanche que l’opération « continuera[it] jusqu’à ce que le dernier terroriste soit éliminé ». Selon ses termes, plus de 2 000 « terroristes » ont déjà été tués au cours de cette offensive.
Jeudi, l’ONG Amnesty International a dénoncé la poursuite des combats entre Turcs et Kurdes syriens, soulignant que « la vie de centaines de civils est menacée alors que l’offensive contre Afrin s’intensifie ». Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), 141 civils, dont 27 enfants, ont péri depuis le début de la campagne militaire turque, le 20 janvier.
Les forces turques et leurs alliés ont réussi jusque-là à sécuriser une bande frontalière de 140 kilomètres, selon l’OSDH. Les YPG, alliées de Washington dans la lutte contre l’organisation Etat islamique (EI) en Syrie, sont qualifiées de « terroristes » par Ankara en raison de leurs liens présumés avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène une guérilla sur le sol turc.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Un groupe d’extrême gauche était poursuivi par le vice-chancelier pour « insulte publique ». Le « rejet d’un dirigeant politique » peut être « exprimé de façon provocatrice et choquante », a estimé la cour d’appel de Vienne.
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En Autriche, dire « fuck » à un homme politique n’est pas condamnable

Un groupe d’extrême gauche était poursuivi par le vice-chancelier pour « insulte publique ». Le « rejet d’un dirigeant politique » peut être « exprimé de façon provocatrice et choquante », a estimé la cour d’appel de Vienne.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 13h50
   





                        



   


En Autriche, on peut adresser un doigt d’honneur et dire « fuck » à un homme politique, fût-il vice-chancelier, si cela est argumenté. C’est la décision de justice rendue par la cour d’appel de Vienne, qui a invoqué la liberté d’opinion, a-t-elle annoncé jeudi 1er mars.
Saisie par le dirigeant d’extrême droite et vice-chancelier Heinz-Christian Strache, qui avait attaqué un groupement d’extrême gauche pour « insultes publiques » après avoir été invectivé lors d’une manifestation, la cour a confirmé un jugement de première instance qui avait débouté le plaignant.
Dans un jugement rendu mercredi, les juges ont souligné que le « rejet d’un dirigeant politique » pouvait être « exprimé de façon provocatrice et choquante » et que cela représentait « un élément fondamental de la liberté d’opinion ».
Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux et réalisée lors d’une manifestation en octobre, des militants de l’organisation d’extrême gauche Linkswende Jetzt (« à gauche toute maintenant ») avaient détaillé toute une série de raisons selon eux de dire « fuck Strache », doigts d’honneur à l’appui.
Le groupuscule a salué jeudi « une victoire pour la liberté d’opinion et pour la liberté de la presse » et estimé que désormais tout discours politique pouvait intégrer la phrase « je dis fuck à Strache, parce que ».

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En France l’« offense au chef de l’Etat » toujours appliquée
En France la justice n’avait pas été si clémente avec un manifestant de 57 ans qui avait brandi une affichette « Casse-toi pov’con » au passage du cortège du président de l’époque, Nicolas Sarkozy. Hervé Eon, ancien conseiller général socialiste passé au Parti de gauche, avait été condamné, en 2009, à 30 euros d’amende pour « offense au chef de l’Etat ». 
Mais la Cour européenne des droits de l’homme avait estimé, en 2013, que la France avait violé la liberté d’expression avec cette condamnation. Elle avait jugé « disproportionné » le recours à une sanction pénale, qui, selon elle, risquait d’avoir « un effet dissuasif sur des interventions satiriques qui peuvent contribuer au débat sur des questions d’intérêt général ».
Dans le cas d’Hervé Eon, le parquet avait requis 1 000 euros d’amende, mais le tribunal avait préféré opter pour une peine de principe de 30 euros avec sursis, un choix confirmé en appel.
« Privilège exorbitant »
Au-delà de la question de l’opportunité des poursuites intentées à l’encontre d’Hervé Eon, les juges de Strasbourg avaient aussi eu l’occasion de se prononcer sur la légitimité du délit d’offense au chef de l’Etat, inscrit dans la loi de 1881 sur la liberté de la presse et passible de 45 000 euros d’amende.
Ils avaient déjà poussé la France à abroger en 2004 un délit similaire, celui d’offense à un chef d’Etat étranger. Dans un arrêt de 2002 concernant Le Monde, ils avaient estimé qu’il revenait à « conférer aux chefs d’Etat étrangers un privilège exorbitant », car leur seul statut leur permettait ainsi de se soustraire à la critique.
Un argument repris par les détracteurs du délit d’offense au chef de l’Etat, qui y voient une survivance du crime de lèse-majesté et ont tenté à plusieurs reprises de l’abroger, au Sénat et à l’Assemblée nationale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Une étude de l’assureur-crédit Coface rappelle l’importance de la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain pour le pays, septième constructeur mondial.
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En attendant la refonte de l’Alena, l’automobile résiste au Mexique

Une étude de l’assureur-crédit Coface rappelle l’importance de la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain pour le pays, septième constructeur mondial.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 12h39
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

C’est le symbole de toutes les crispations autour de l’accord de libre-échange nord-américain (Alena). Le secteur automobile se trouve au cœur des négociations qui ont repris dimanche 25 février à Mexico, et doivent se tenir jusqu’au 5 mars, pour tenter de moderniser ce traité commercial entré en vigueur en 1994 entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique.
Ce dossier est crucial pour le président américain, Donald Trump, qui accuse l’Alena d’avoir dépouillé l’industrie américaine au profit du Mexique. Les discussions se concentrent sur un point à la fois technique et hautement stratégique : les fameuses « règles d’origine ». Concrètement, un véhicule peut aujourd’hui bénéficier de l’exemption de droits de douane au sein de l’Alena dès lors qu’il contient 62,5 % de composants nord-américains. Pour M. Trump, ce seuil est insuffisant. Il souhaite le voir monter à 85 %, dont 50 % réservés… aux seuls Etats-Unis.
1,7 million d’emplois, directs ou indirects

Une requête jugée irrecevable par les partenaires de Washington, Mexique en tête. « Totalement inacceptable », a tempêté, lundi 26 février, le responsable de l’Association mexicaine de l’industrie automobile, Eduardo Solis. Hormis ce dossier litigieux, il importe surtout aux industriels mexicains d’éviter le pire, cette menace agitée de loin en loin par le locataire de la Maison Blanche : une abrogation pure et simple de l’Alena.
Les enjeux pour le secteur automobile mexicain sont résumés dans une note publiée, mardi 27 février, par l’assureur-crédit Coface. Ils sont considérables, à la hauteur de l’importance prise par cette industrie dans le sillage de la suppression des droits de douane en Amérique du Nord. Entre 1993 et 2015, la part de l’automobile dans la production manufacturière nationale est passée de 8,5 % à 18 %, rappelle Patricia Krause, l’auteure de l’étude. Le Mexique est le septième plus gros fabricant mondial et 1,7 million d’emplois, directs ou...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Outre la question irlandaise, plusieurs autres sujets font réagir Londres dans le projet de divorce avec l’UE proposé par Michel Barnier, le négociateur en chef.
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Après la présentation de la première mouture du Brexit, les points de blocage restent nombreux

Outre la question irlandaise, plusieurs autres sujets font réagir Londres dans le projet de divorce avec l’UE proposé par Michel Barnier, le négociateur en chef.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 11h48
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 12h28
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Si l’accord de retrait proposé par la Commission européenne, mercredi 28 février, consacre une large part au « problème » irlandais, un des points les plus durs du Brexit, le document bruxellois contient bien d’autres aspects très difficiles à accepter pour Londres et que les Vingt-Sept sont très peu disposés à négocier.
La Commission n’en démord pas : la Cour de justice de l’Union restera l’instance de dernier recours pour traiter les litiges impliquant le respect des lois européennes, alors que les brexiters refusent de continuer à se soumettre. Unique concession : les juges britanniques pourront statuer seuls sur des contentieux liés au statut des expatriés, mais uniquement huit ans après la date du Brexit.
Les termes de la période de transition réclamée par Mme May ne tiennent pas non plus compte des demandes britanniques. Les Européens maintiennent que cette période post-Brexit, durant laquelle le Royaume-Uni pourra continuer d’accéder au marché intérieur, devra s’achever au 31 décembre 2020.

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Londres réclamait qu’elle puisse être prolongée. Il souhaitait aussi un droit de veto sur des législations les concernant adoptées durant la transition : il n’en est pas question pour Bruxelles. La Commission propose même qu’en cas de non-respect des lois de l’UE durant la transition, les droits d’accès du Royaume-Uni au marché intérieur soient en partie suspendus.
La négociation patine
Mercredi, le gouvernement May a finalement accepté que les expatriés européens arrivés au Royaume-Uni pendant la transition puissent conserver leurs droits une fois passée cette dernière, tout comme ceux arrivés avant la date du divorce : ils pourront prolonger leur séjour sans entraves.
Enfin, l’accord de retrait aborde une série de sujets essentiels pour la continuité des économies du continent et du Royaume-Uni, mais qui n’ont même pas commencé à être discutés entre Londres et Bruxelles, tant la négociation patine. Les enquêtes de Bruxelles pour aides d’Etat en cours, la participation des Britanniques à Euratom, la coopération policière, la protection des données, etc.
Que se passera-t-il si le gouvernement May bloque sur chacun de ces points, alors qu’il ne reste plus que treize mois avant le Brexit ? « Nous nous préparons à toute éventualité, même à un plan d’urgence », a souligné le négociateur du Brexit pour l’UE, Michel Barnier, mercredi.



                            


                        

                        


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Le Danemark se rêve en hub maritime mondial

Le gouvernement a lancé fin janvier un plan destiné à soutenir le secteur. Objectif : faire du pays le fer de lance des navires autonomes.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 11h33
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

C’est certes inférieur à la moyenne européenne, mais cela reste le plus haut niveau enregistré depuis 2006. En 2017, l’économie danoise a crû de 2,1 %, contre 2,6 % pour l’ensemble de l’Union européenne, selon les chiffres officiels publiés mercredi 28 février. « Notre économie a retrouvé sa vitesse de croisière depuis plusieurs mois déjà, et la reprise est équilibrée », souligne Las Olsen, économiste en chef de Danske Bank, à Copenhague.
Surtout, le pays peut se féliciter d’être presque au plein-emploi depuis deux ans, avec un taux de chômage de 5,6 %, d’après Eurostat. « Cela tient beaucoup à notre flexisécurité, cocktail de flexibilité pour l’employeur, de sécurité pour le salarié et de remise à niveau régulière des compétences, résume Kirsten Biering, l’ambassadrice du Danemark en France. Grâce à cela, nous sommes capables d’afficher un taux d’emploi élevé et de nous adapter rapidement aux changements économiques. »
L’Etat mise, non sur des investissements colossaux, mais sur une quarantaine d’initiatives concrètes et variées
L’autre trait caractéristique du modèle danois, qui ne cesse de faire rêver la France, est le dialogue social et le pragmatisme. Le gouvernement vient de nouveau d’en apporter la preuve avec le plan dévoilé fin janvier pour soutenir la croissance du secteur maritime. Objectif : faire du pays un hub maritime mondial d’ici à 2025 et le fer de lance des navires autonomes.
Pour y parvenir, l’Etat ne va pas déployer d’investissements colossaux ou de projets spectaculaires. Il mise plutôt sur une quarantaine d’initiatives concrètes et variées visant à soutenir l’innovation, à simplifier les contraintes réglementaires, à assurer que le système de formation fournit suffisamment de jeunes diplômés tous les ans et à promouvoir le pavillon danois à l’échelle internationale.

« Une nation de marins »
Sur chacune de ces pistes, autorités, industriels, partenaires sociaux, instituts...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Le président américain s’est notamment prononcé pour un relèvement de 18 à 21 ans de l’âge légal pour acheter certaines armes.
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Trump soutient des mesures de limitation des armes plus sévères que son parti

Le président américain s’est notamment prononcé pour un relèvement de 18 à 21 ans de l’âge légal pour acheter certaines armes.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 11h09
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 13h28
   





                        


La prise de position prend tout le monde de court. « Nous devons faire quelque chose. Nous devons agir », a déclaré Donald Trump lors d’une réunion à la Maison Blanche de membres du Congrès démocrates et républicains, durant laquelle il a soutenu des mesures pour le contrôle des armes plus fortes que celles prônées par son parti, dans le cadre du débat relancé par la tuerie en Floride.

It was an honor to welcome bipartisan members of Congress for a discussion on SAFE schools and SAFE communities. As… https://t.co/EPB1EN3HRc— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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Le président américain s’est dit prêt à envisager diverses restrictions concernant l’utilisation des armes à feu et a demandé au législateur de voir grand pour empêcher de nouveaux massacres dans les établissements scolaires aux Etats-Unis.
La tuerie qui a fait 17 morts dans un lycée de Parkland en Floride le 14 février dernier a causé un vif émoi dans le pays et relancé le débat sur le contrôle des armes à feu, qui sont en vente libre en vertu du deuxième amendement de la Constitution. Le lycée a rouvert ses portes mercredi.
Plan d’ensemble
Ce même jour, 17 sénateurs et représentants démocrates et républicains étaient invités à la Maison Blanche pour la quatrième discussion sur les armes organisée par Donald Trump en une semaine. Lors de cette discussion à bâtons rompus, le président américain a dit vouloir aller au-delà d’une loi centrée sur le renforcement du contrôle des antécédents d’acquéreurs d’armes à feu, soutenue par une bonne partie des républicains de son camp.
Il a dit souhaiter établir à la place un plan d’ensemble, même si ce plan comprend des mesures auxquelles s’oppose le puissant lobby des armes à feu, la National Rifle Association. La NRA avait soutenu la candidature de Trump à l’élection présidentielle en 2016. « Je la signerai », a promis Donald Trump à propos de cette éventuelle future loi. Le chef de l’Etat s’est notamment dit favorable au relèvement, de 18 à 21 ans, de l’âge minimum requis pour acquérir un fusil.
Deux distributeurs américains, le numéro un Walmart, et le vendeur d’articles de sport et de chasse Dick’s, ont annoncé qu’ils relevaient de 18 à 21 ans l’âge minimum pour acquérir des armes dans leurs magasins.

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« Ne soyez pas timides »
En ce qui concerne le renforcement du contrôle des antécédents, le président a demandé que les mesures soient plus larges que celles qui figurent dans la proposition du sénateur du Texas John Cornyn, le numéro deux républicain au Sénat. « Il faut être très, très efficace sur le contrôle des antécédents. Ne soyez pas timides », a déclaré le président. La Maison Blanche pourrait présenter dès jeudi une liste des décisions de Donald Trump sur la sécurité en milieu scolaire.
Les républicains suivront-ils leur chef dans son nouvel enthousiasme ou craindront-ils de contrarier leurs électeurs opposés aux restrictions sur la propriété des armes juste avant les élections de mi-mandat au mois de novembre ?
Ce n’est pas la première fois que Donald Trump semble vouloir rompre avec la ligne de son parti pour tenter de parvenir à un accord avec l’opposition démocrate. En janvier, il avait rencontré un groupe bipartisan pour tenter de résoudre la question de l’immigration. Il avait été vite recadré par les républicains les plus conservateurs et aucun accord n’a jamais vu le jour sur le sujet.

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« Je n’ai pas besoin » de la NRA
Le sénateur démocrate Chuck Schumer a salué les propos de Donald Trump tout en soulignant que « la prochaine étape » était « encore plus importante ». « Le président doit s’en tenir à ces principes malgré l’énorme pression qui viendra de la droite dure », a-t-il déclaré.
Donald Trump a demandé aux parlementaires de ne pas avoir peur de la NRA. « Elle a un grand pouvoir sur vous. Elle a moins de pouvoir sur moi. Je n’ai pas besoin d’elle », a déclaré l’ancien promoteur immobilier. Il a ajouté avoir dit à la NRA dimanche lors d’un déjeuner privé : « Il est temps. Il faut arrêter cette absurdité. Il est temps. »

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La NRA a déclaré que le renforcement de la sécurité dans les établissements scolaires était la solution, et rejeté dans le même temps les idées qui ont été discutées à la réunion de mercredi.
Le sénateur démocrate du Connecticut, Chris Murphy, a souligné que la NRA avait fait échec aux précédentes tentatives pour faire voter des lois concernant le contrôle des antécédents et dit au président qu’il sous-estimait l’influence du lobby.
« La raison pour laquelle rien n’a été fait, c’est parce que le lobby des armes a un pouvoir de veto sur tout texte de loi qui arrive devant le Congrès, a déclaré le sénateur Murphy. Monsieur le président, il va falloir que ce soit vous qui ameniez les républicains à la table sur ce sujet parce qu’actuellement, le lobby des armes va les stopper net. »
Soutien à la police pour saisir les armes
Le président a dit qu’il restait favorable à l’armement de certains professeurs qui seraient chargés de protéger les élèves en cas de tuerie de masse. Certains parlementaires ont dit être totalement contre cette idée. Donald Trump a estimé que l’initiative devait en être laissée aux Etats.

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Donald Trump a également exprimé pour la première fois son soutien à des lois prises par des Etats qui autorisent la police à saisir temporairement les armes des personnes jugées dangereuses. Le président est même allé plus loin en disant que la police n’avait pas besoin d’obtenir un mandat pour ce faire.

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« Prenez les armes d’abord et ensuite allez devant le tribunal », a-t-il dit. Ce qui a suscité l’ire du sénateur républicain Ben Sasse, qui n’était pas à la réunion. « Ce n’est pas pour rien que nous avons le deuxième amendement et le respect de la règle de droit, a-t-il dit. Nous n’allons pas renoncer aux protections de la Constitution simplement parce que la dernière personne à laquelle le président a parlé aujourd’hui ne les aime pas. »

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Dans l’enclave kurde d’Afrin, les combats avec les forces turques tuent de nombreux civils

Les organisations de défense des droits de l’homme dénoncent l’impact sur les populations des attaques de l’armée turque contre l’enclave kurde.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 11h20
    |

                            Allan Kaval








                        



   


Casse-tête diplomatique et militaire, la bataille d’Afrin, enclave kurde visée par la Turquie depuis le 20 janvier, pourrait tourner au désastre humanitaire. Dans un rapport, publié mercredi 28 février, Amnesty International dénonce l’impact sur les populations des combats entre l’armée turque, ses supplétifs syriens et les combattants kurdes. « A Afrin, les combats qui opposent les forces turques aux forces kurdes (…) ont déjà causé la mort de nombreux civils et mettent en péril la vie de centaines d’autres », a indiqué l’organisation de défense des droits de l’homme.

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A la suite de l’opération « Rameau d’olivier », lancée par Ankara, les habitants des villages proches des frontières turques, mais loin de toute installation militaire, ont subi des tirs d’artillerie indiscriminés, certains se traduisant, d’après Amnesty, par des pertes civiles. Plusieurs cas ont été documentés par l’ONG.
« La frappe a complètement détruit la maison, tuant le père, la mère et trois enfants âgés de moins de 15 ans, tandis qu’un quatrième – une fille – est resté sous les décombres pendant plusieurs heures. Elle a survécu, mais son état est critique… », a rapporté à Amnesty International un habitant de la localité de Maabatli, témoin de la destruction de la maison de ses voisins par un obus turc, le 25 janvier, cinq jours après le début de l’offensive.
Ankara considère que son offensive à Afrin n’est pas concernée par la résolution du Conseil de sécurité demandant un cessez-le-feu humanitaire de trente jours sur l’ensemble de la Syrie
La riposte des forces kurdes sous la forme de tirs de missiles et d’artillerie vers la ville voisine d’Azaz, contrôlée par les forces turques et leurs alliés syriens, s’est aussi traduite par des morts civiles. Pour Amnesty International, cependant, les attaques indiscriminées les plus meurtrières pour les populations sont imputables à l’armée turque.
Le 23 février, un rapport de Human Rights Watch documentait également la mort de vingt-six civils dans trois attaques menées au début de l’offensive par les forces turques dans l’enclave d’Afrin. Les victimes ont perdu la vie dans des tirs d’artillerie et, dans deux cas, dans des frappes aériennes. Le Croissant-Rouge kurde, une organisation humanitaire intimement liée aux autorités d’Afrin et au mouvement kurde, affirme avoir dénombré près de 93 morts civils et 313 blessés depuis le début de l’opération turque sur l’enclave, un chiffre cité par Amnesty International.
Ankara considère que son offensive à Afrin n’est pas concernée par la résolution du Conseil de sécurité, qui demandait, samedi 24 février, un cessez-le-feu humanitaire de trente jours sur l’ensemble de la Syrie. Dimanche, les forces spéciales de la gendarmerie et de la police turque ont été déployées vers Afrin en prévision de combats dans des zones urbaines, plus densément peuplées et laissant planer la menace de combats plus meurtriers pour les civils.

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En 2015 et 2016, ces mêmes forces ont servi de fer de lance aux opérations contre-insurectionnelles menées par Ankara dans les villes kurdes du sud-est de la Turquie, qui s’étaient alors traduites par des destructions d’une ampleur sans précédent.



                            


                        

                        


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A Fallouja, les soufis veulent être une alternative au salafisme

Dans un ancien bastion djihadiste de l’ouest de l’Irak, une confrérie proche des autorités veut reprendre pied après la défaite de l’EI.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 10h55
    |

            Hélène Sallon (Fallouja, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Qassem Abdali désigne l’affiche avec le thème de discussion du jour. Le formateur invite la vingtaine de participants à l’atelier, des hommes de 20 à 50 ans, à proposer leurs idées pour lutter contre « le virus du confessionnalisme et de l’extrémisme ». L’éducation ? L’emploi ? L’exclusion des femmes ? Chacun a son idée sur les causes du mal qui ronge Fallouja, et l’Irak, depuis l’invasion américaine de 2003. Après s’être illustrée dans la résistance aux Américains, cette ville de la province sunnite de l’Anbar, dans l’ouest de l’Irak, est devenue, d’Al-Qaida à l’organisation Etat islamique (EI), un bastion djihadiste.
Depuis la libération de Fallouja en 2016 des mains de l’EI, le « Conseil des cheikhs Al-Mohammedi » est parti à la reconquête des cœurs et des esprits. Son président, le sayyed Abdelkader Al-Aloussi, qui a pris la suite de son père à la tête de la confrérie soufie de tradition chaféite, fondée à Fallouja dans les années 1950, juge le moment « propice » pour « réenraciner la culture locale ». Pour le quinquagénaire, vêtu d’une toge en satin bleue et d’un turban vert prairie, « les gens sont plus disposés à accepter le discours soufi de tolérance, même s’il existe encore des personnes sous influence salafiste ».
Créé en 2007 en réponse à la guerre civile, qui a mis dos à dos les communautés sunnite et chiite d’Irak, le Conseil a eu beaucoup de mal à imposer son corpus de textes épurés de références extrémistes et haineuses. « De 2003 à 2014, on n’était pas vraiment libres de pratiquer notre “voie”, car les mosquées de la ville étaient contrôlées par des imams wahhabites et des hommes politiques qui ne voyaient pas nos activités d’un bon œil », raconte Ibrahim Al-Alboussi, le frère du sayyed, énumérant les tentatives d’assassinats qui les ont visés.
« Un nouveau discours et de nouveaux visages »
Leur ennemi déclaré est le salafisme. Imposé à Fallouja dès les années 1990 avec l’expansion...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ A quelques jours du scrutin du 4 mars, l’ancien premier ministre italien s’inquiète de l’inflation de promesses dans la campagne électorale.
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Mario Monti : « Berlusconi est le père de tous les populismes »

A quelques jours du scrutin du 4 mars, l’ancien premier ministre italien s’inquiète de l’inflation de promesses dans la campagne électorale.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 10h52
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 12h12
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Sénateur à vie, l’ancien premier ministre (2011-2013) Mario Monti a accordé un entretien au Monde, à quelques jours des élections du 4 mars, marquées par une surenchère de promesses qui le « préoccupent beaucoup ».

Vous avez été chargé de diriger le gouvernement en novembre 2011. Vous êtes-vous retrouvé au pouvoir, comme le dit la droite berlusconienne, par un coup d’Etat ?
C’est amusant cette histoire. Regardez… [il montre une série d’articles de presse]. Berlusconi m’a soutenu pendant toute la période où je gouvernais ! Mon premier mandat a été de tenir des engagements qui avaient été pris par mon prédécesseur, qui exigeaient une politique très austère. En octobre 2012, je gouvernais depuis onze mois, il me couvrait encore d’éloges, et assurait qu’il avait quitté volontairement le pouvoir.
Mais il n’avait pas le choix, le pays était menacé d’effondrement financier…
Oui c’est vrai. Le spread [différence entre le taux des obligations d’Etat à 10 ans italiennes et allemandes] était au plus haut, et on disait que la probabilité de défaut de paiement de l’Italie était d’à peu près 40 %. Pendant plusieurs mois, quand je rencontrais Angela Merkel ou Nicolas Sarkozy, ils avaient toujours en poche un petit tableau avec les prochaines échéances de bons du Trésor. Ils me demandaient : « Tu penses que vous passerez le mois prochain ? » C’était un cauchemar.
Devait-on demander l’aide de la « troïka » [Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international] comme nos partenaires nous le suggéraient ? Finalement, on ne l’a pas fait. Sinon, le retournement de l’opinion contre l’Europe aurait été encore plus fort.
Et pourtant aujourd’hui, après ces vicissitudes, Silvio Berlusconi est bel et bien en situation de revenir...
C’est pour ça qu’il est important de rappeler certaines choses, d’autant...




                        

                        

