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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ La ministre des transports, Elisabeth Borne, reçoit successivement jeudi les principaux syndicats de cheminots, opposés aux annonces d’Edouard Philippe lundi.
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Concertation sur la réforme de la SNCF : la CGT cheminots n’est « pas rassurée du tout »

La ministre des transports, Elisabeth Borne, reçoit successivement jeudi les principaux syndicats de cheminots, opposés aux annonces d’Edouard Philippe lundi.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 11h55
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 16h15
   





                        



   


La CGT cheminots « n’est pas rassurée du tout » sur le projet de réforme de la SNCF, a déclaré son secrétaire général, Laurent Brun, jeudi 1er mars, à la sortie d’une première réunion de concertation avec la ministre des transports. Elisabeth Borne doit recevoir successivement les principaux syndicats de la SNCF (CGT, UNSA, SUD-Rail, CFDT), y compris FO, qui n’est pas représentatif.
Il y a eu « beaucoup d’échanges mais pas beaucoup de marges de manœuvre », a relevé Laurent Brun. La CGT participera aux réunions de concertation « sans beaucoup d’illusions », a-t-il ajouté.
Il a précisé avoir formulé à la ministre « un certain nombre de critiques » à l’égard du projet présenté lundi par le premier ministre, Edouard Philippe, qui prévoit notamment la fin du statut de cheminot pour les nouveaux embauchés, la transformation de la SNCF en société nationale à capitaux publics et de mener la réforme par ordonnances.
« Au-delà de la concertation, nous voulons de la négociation, nous n’avons pas eu gain de cause », a-t-il dit, en ajoutant que son syndicat remettrait « le 7 mars une proposition globale au ministère avec une analyse de la situation ». « Pour l’instant, la ministre n’a pas écarté nos craintes », a noté le syndicaliste.

        Lire l’analyse :
         

          Matignon et les fantômes de 1995



Alerte sociale déposée
Quant à l’alerte sociale, première étape du processus permettant d’appeler à la grève pour les cheminots, elle a été déposée « ce matin » par les quatre syndicats représentatifs. Réunie mardi, l’intersyndicale s’est donné rendez-vous le 15 mars pour décider d’un mouvement de grève, au vu du résultat de la concertation avec le gouvernement et du contenu du projet d’habilitation des ordonnances.
Evoquant la manifestation nationale du 22 mars, la CGT a proposé « à toutes les organisations syndicales de faire un appel commun » à manifester, en rappelant que l’UNSA (deuxième syndicat) et SUD-Rail (troisième) avaient déjà annoncé leur participation. « Cette manifestation s’annonce énorme », a prédit Laurent Brun, confirmant que ce jour-là il n’y aurait « pas d’appel national à la grève ».

        Lire aussi :
         

                SNCF : que signifie l’ouverture à la concurrence ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Editorial. Jean-Luc Mélenchon, Laurent Wauquiez et Marine Le Pen ont livré ces derniers jours des attaques d’une rare virulence contre la presse et les journalistes.
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Mélenchon, Le Pen et Wauquiez déclarent la guerre aux médias

Editorial. Jean-Luc Mélenchon, Laurent Wauquiez et Marine Le Pen ont livré ces derniers jours des attaques d’une rare virulence contre la presse et les journalistes.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 12h36
   





                        


Editorial du « Monde ». Laurent Wauquiez, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ont dénoncé en chœur, ces derniers jours, les attaques dont ils se disent les victimes. Ainsi, l’on a entendu le leader de La France insoumise témoigner sa sollicitude au président des Républicains, avant que la présidente du Front national ne tende une main solidaire aux deux premiers. Et quel est l’adversaire contre lequel ils forment cet insolite front commun ? Les médias, qu’ils accablent des critiques les plus cinglantes.
Epinglé après les propos intempestifs qu’il avait tenus devant des étudiants à Lyon, M. Wauquiez a dénoncé le « déchaînement médiatique surréaliste », le violent « défouloir » et le « travail de démolition » dont il s’estime « la cible ». Ulcéré que les journalistes aient jugé de leur devoir d’informer que la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques avait certes validé le compte de sa campagne présidentielle, mais également souligné de nombreuses irrégularités et 430 000 euros de dépenses insuffisamment justifiées, M. Mélenchon a été beaucoup plus loin.
« Meute médiatique »
Sur son blog, le 26 février, le député de Marseille s’est en effet livré à une charge d’une violence ahurissante : les informations en question ne sont, à ses yeux, que « basse besogne », « coup monté », « bourrage de crâne » et « manipulation » de la « CIA médiatique »… Suit un réquisitoire digne de Saint-Just. « La presse est la première ennemie de la liberté d’expression », elle est « le dernier pouvoir absolu », qui plus est « d’essence complotiste », écrit-il, avant de conclure : « La haine des médias et de ceux qui les animent est juste et saine. » Bref, le journaliste, voilà l’ennemi !, a-t-il théorisé devant les députés de La France insoumise, comme nous le rapportons aujourd’hui dans ces colonnes. Quant à Mme Le Pen, elle a fait depuis longtemps de la dénonciation de « l’acharnement » de la « meute médiatique » l’un de ses thèmes favoris.

        Lire aussi :
         

                Mélenchon théorise la « guerre permanente » contre « le parti médiatique »



Nous en sommes là. Les responsables de trois des quatre principaux partis politiques nationaux – ensemble, ils ont réuni quelque 60 % des voix à l’élection présidentielle – ne trouvent rien de plus urgent et de salutaire que de déclarer la guerre aux médias. Et il convient d’ajouter, même si c’est dans un registre différent, que le président de la République n’hésite pas à jouer sur une corde similaire. Il y a peu, en aparté lors d’une réunion avec des parlementaires de la majorité, ne fustigeait-il pas cette « honte de la République » que constitue apparemment, à ses yeux, le fonctionnement ou la production de l’audiovisuel public ?

        L’éclairage :
         

          De Wauquiez à Le Pen, la « trumpisation » du discours politique gagne du terrain



Affligeant constat. Non que les médias soient au-dessus de tout reproche. Qui peut y prétendre ? Mais cela ne saurait justifier de passer par pertes et profits la mission permanente à laquelle ils s’emploient : informer scrupuleusement, enquêter solidement, raconter honnêtement, décrypter aussi intelligemment que possible la réalité, au service de leurs lecteurs ou auditeurs. Bref, transmettre la culture, nourrir la lucidité des citoyens.
Inquiétant constat. Car il suffit de rappeler combien la presse reste muselée, censurée, voire embastillée, dans tous les pays autoritaires ou illibéraux du monde pour savoir que l’information est un ressort essentiel de la démocratie. Un contre-pouvoir indispensable à sa vitalité. Que nos éminences politiques ne le supportent pas, au point de jeter les journalistes en pâture, est le symptôme d’une démocratie défaillante.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ A deux semaines du scrutin, le président russe a fait étalage de nouvelles armes nucléaires. Et a ainsi éclipsé la faiblesse de ses propositions économiques.
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Poutine exhibe les missiles russes pour conforter sa popularité avant l’élection présidentielle

A deux semaines du scrutin, le président russe a fait étalage de nouvelles armes nucléaires. Et a ainsi éclipsé la faiblesse de ses propositions économiques.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 16h11
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 17h01
    |

                            Intérim








                        



   


Après avoir entendu les quelque deux heures du discours de Vladimir Poutine, jeudi 1er mars, toute l’élite politico-économique réunie près du Kremlin était aux anges. Visage ferme et ton froid, le président russe a terminé son discours annuel au Parlement par une impressionnante démonstration de force militaire, consacrant une longue demi-heure aux seules nouvelles armes balistiques nucléaires de haute technologie de l’armée russe, qui surpasseraient tout système de défense au monde. « Personne ne voulait nous parler, personne ne voulait nous écouter. Ecoutez désormais », a averti Vladimir Poutine. 
La cible de ses propos était claire : les Etats-Unis. Dans l’une des six vidéos projetées sur un écran géant, l’un de ces nouveaux missiles était vu ainsi en train de filer au-dessus de l’Atlantique pour survoler ensuite le territoire américain. D’autres images chocs montraient un système de défense hypersonique « suivant sa cible comme une météorite », un missile de croisière nucléaire difficile à détecter, un minisubmersible et un drone à propulsion nucléaire, un missile au rayon d’action illimité capable de contourner toute ligne d’interception et même une arme laser « dont il est trop tôt pour évoquer les détails ».
« Grâce à Poutine, on peut dormir tranquille »
La conclusion de ce discours, retransmis en direct à la télévision russe, était une adresse à peine voilée aux puissances occidentales qui, depuis l’annexion de la Crimée, en mars 2014, ont imposé de nombreuses sanctions économiques au pays :
« A ceux qui ont tenté de profiter de la Russie, qui ont introduit des sanctions internationales illégales pour enrayer le développement de notre pays, y compris dans le domaine militaire, je vais le dire : ce que vous avez entrepris pour gêner, empêcher, entraver la Russie a échoué. »
Une tirade patriotique accueillie par des tonnerres d’applaudissements dans la salle, qui devrait accroître encore un peu plus la cote de Vladimir Poutine, à deux semaines de l’élection présidentielle du 18 mars. Fort de sondages qui lui donnent plus de 70 % des suffrages et d’une popularité réelle, quoique fortement orchestrée par la propagande, le président russe est assuré de garder un pouvoir qu’il détient pourtant depuis dix-huit ans.

        Lire aussi :
         

                Election présidentielle russe, mode d’emploi



Après le discours, Andreï Nikitine, gouverneur de la région de Novgorod, exulte : « Grâce à Poutine, on peut dormir tranquille. La Russie est bien défendue. » Jeune et libéral sur les sujets économiques, l’homme s’inscrit bien dans la ligne politique présidentielle. De son côté, un sénateur du parti du Kremlin assure : « C’était un discours de paix. Un avertissement pour qu’on nous respecte et non une menace d’attaque. » Tous deux reprennent la logique du président : « La Russie s’arme mais ne menace personne, n’a aucun projet d’utiliser ce potentiel de façon offensive mais permet au contraire de maintenir un sain équilibre des forces dans le monde. »
Les défis économiques et sociaux négligés

   


Cet étalage militaire a fait passer au second plan la première moitié du discours de Vladimir Poutine. Ses propos sur les défis économiques et sociaux étaient en grande partie une synthèse et un copié-collé de ce qu’il rappelle chaque année au fil de ses discours au Parlement : dynamiser la natalité ; construire des logements ; augmenter les retraites ; investir dans les infrastructures ; augmenter le salaire minimal…, sans idée ni proposition nouvelle pour le développement du pays.
Mais, depuis les infirmières jusqu’aux propriétaires d’automobile, en passant par les malades du cancer et les défenseurs de l’environnement, personne n’a été oublié dans ce discours à l’évidente tonalité électorale. Vladimir Poutine, qui ne participe pas aux débats et ne mène pas campagne, n’a certes pas une seule fois mentionné le scrutin du 18 mars. Mais il s’est engagé : durant les six prochaines années — la durée d’un mandat présidentiel —, il augmentera le niveau de vie des Russes et divisera par deux le taux de pauvreté.
Le début de son discours recelait par ailleurs une autre promesse : « Pour aller de l’avant, pour se développer de manière dynamique, nous devons élargir notre espace de liberté, et dans tous les domaines : renforcer les institutions démocratiques, l’autonomie locale, les structures de la société civile, les tribunaux. » Sans davantage de détails. Personne ne s’est toutefois interrogé sur la signification réelle de ces propos. L’étalage de missiles a tout écrasé.

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          « Dans ma tête, la présidence et Poutine ne font qu’un »






                            


                        

                        


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Cinq idées reçues sur la hausse du prix du tabac

Les prix du paquet de cigarettes augmentent le 1er mars pour atteindre environ 8 euros en moyenne. L’occasion de balayer quelques préjugés qui polluent un débat de société.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 13h29
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 15h44
    |

            Adrien Sénécat








                        


Les prix du tabac augmentent une nouvelle fois jeudi 1er mars. Cette deuxième hausse depuis l’élection d’Emmanuel Macron, après celle du mois de novembre, est loin d’être la dernière : le paquet de cigarettes coûte désormais autour de 8 euros et son prix continuera de grimper progressivement jusqu’à atteindre 10 euros à la fin de l’année 2020. Soit au total une hausse d’environ 50 % du coût du tabac en trois ans.
Le débat sur la lutte contre le tabagisme est souvent délicat, voire houleux. D’un côté, le gouvernement dénonce les effets désastreux de la consommation de tabac en termes de santé publique. De l’autre, il reste légitime d’interroger les moyens employés dans la lutte contre le tabagisme et leur efficacité. Mais au milieu, on voit régulièrement poindre des arguments discutables, voire complètement fallacieux.
Les Décodeurs vous proposent d’explorer ce débat en cinq questions, pour balayer certaines idées reçues.

Idée reçue sur le tabac n° 1 : « Les fumeurs remplissent les caisses de l’Etat »
FAUX
Plus de 10 milliards de recettes fiscales annuelles pour l’Etat…
Fumer vide le portefeuille, c’est un fait. Les fumeurs réguliers consumaient en moyenne 13,6 cigarettes par jour en 2010, selon l’Inpes, soit environ 250 paquets. A 8 euros l’unité, depuis le 1er mars, cela correspond à une dépense de 2 000 euros par an (en se fournissant légalement en France métropolitaine).
Les taxes sur le tabac représentent environ les trois quarts du prix actuel du paquet de cigarettes. Ce qui en fait une source de revenus considérable pour le budget de l’Etat.
Selon les estimations de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), un organisme indépendant de prévision et d’évaluation des politiques publiques, le montant total des taxes acquittées sur le tabac était de 11,4 milliards d’euros environ en 2017 en France (avant la hausse de novembre).
Il grimperait à 16,4 milliards annuels une fois le paquet de tabac passé à 10 euros, ce qui est l’objectif du gouvernement pour la fin de 2020, en tenant compte d’une baisse de 15 % de la consommation.
… mais des dépenses de santé exorbitantes
Prises seules, ces données tendraient à accréditer l’idée selon laquelle les fumeurs seraient les dindons de la farce, remplissant les caisses de l’Etat. Mais le tabac a aussi un coût pour la collectivité, comme l’a montré à plusieurs reprises l’économiste Pierre Kopp, notamment dans son étude de 2015 intitulée Le coût social des drogues en France.
Selon les calculs du chercheur, les dépenses de santé liées au tabagisme s’élevaient à elles seules à 25,9 milliards d’euros en 2010. Même en tenant cyniquement compte des « économies de retraites » liées aux morts prématurées de fumeurs, l’économiste conclut que le tabagisme est non seulement un problème majeur de santé publique, mais aussi un problème pour les finances publiques, puisqu’il les grèverait de 13,8 milliards d’euros annuels environ.
Les quelque 5 milliards d’euros supplémentaires de rentrées fiscales liées à la hausse des prix du tabac à 10 euros par paquet anticipés par l’OFCE ne suffiraient pas à annuler ce constat.
La difficile évaluation du « coût social du tabac »
L’économiste Pierre Kopp va plus loin en tentant d’ajouter à ce constat les coûts « externes » du tabac (vies perdues, pertes de production pour les entreprises, pertes de qualité de vie…) ainsi que ses effets sur le bien-être. Ce qui le fait aboutir à un « coût social » du tabac de l’ordre de 120 milliards d’euros par an.
Ce dernier chiffre est discutable, dans le sens où il mélange des coûts réels pour les finances publiques avec des « coûts » sociaux. Il a néanmoins le mérite de montrer qu’il faudrait une bonne dose de mauvaise foi pour affirmer que le tabac contribuerait positivement à la société.
Cet article fait partie d’une série de 5 idées reçues sur le tabac



Idée reçue sur le tabac n° 2 : « Augmenter les prix ne fait pas baisser la consommation »
C’EST PLUS COMPLIQUÉ
Les spécialistes de la lutte contre le tabagisme reconnaissent l’existence d’un lien entre les prix et la consommation. A condition que les hausses soient « significatives » et « répétées ».
En France, les dernières hausses marquantes ont été celles de janvier (8 %) puis d’octobre 2003 (18 %) et de janvier 2004 (9 %). Avec un effet sensible sur le nombre de fumeurs, passé de 35 % de la population âgée de 15 à 75 ans en 2000 à 30 % en 2005 (ce qui fait qu’environ un fumeur sur sept a arrêté sur cette période).
Depuis 2005, en revanche, les hausses ont été plus diluées, ce qui aurait contribué à limiter leur effet.
Une baisse de la consommation d’environ 15 % selon l’OFCE
En augmentant les prix du tabac de 50 % par six hausses consécutives en trois ans, le gouvernement entend provoquer une forte baisse de la consommation, de l’ordre d’un tiers. L’OFCE, de son côté, anticipe une baisse plus modérée, de l’ordre de 15 %.
L’une des difficultés de ce débat tient dans le fait qu’il existe des alternatives aux paquets vendus par les buralistes, autant légales (achat dans un pays frontalier) qu’illégales (contrebande). Il est donc d’autant plus difficile d’anticiper le comportement des fumeurs que l’alternative ne se limite pas à fumer ou non.
Enfin, certaines critiques à l’encontre du ministère de la santé font valoir que l’arsenal antitabac ne se résume pas à la hausse des prix. Des mesures de prévention ou d’accompagnement de fumeurs qui décrochent ont également fait leur preuve, comme le mois sans tabac, en novembre.
Ces mesures complémentaires sont d’autant plus cruciales que les sommes en jeu sont considérables pour les ménages les moins aisés.
Cet article fait partie d’une série de 5 idées reçues sur le tabac



Idée reçue sur le tabac n° 3 : « Avec la hausse des prix, seuls les moins riches arrêtent de fumer »
FAUX
La hausse des prix du tabac est une réponse à un enjeu de santé public. En étalant les augmentations sur trois ans, la ministre de la santé, Agnès Buzyn, a expliqué, en septembre 2017 sur Europe 1, vouloir « [permettre] aux gens de se préparer, de trouver les moyens d’arrêter de fumer » : « C’est un calendrier qui permet à chacun de se mettre dans la perspective de l’arrêt », a-t-elle précisé.
Pourtant, toutes les catégories de population ne sont pas égales face au tabagisme. On pourrait croire que le fait de frapper les fumeurs au porte-monnaie inciterait davantage les catégories les moins aisées à arrêter de fumer, mais c’est pourtant l’inverse qui s’est produit ces dernières années en France, selon les statistiques de Santé publique France.
Les plus riches sont presque deux fois moins nombreux à fumer
Au début des années 2000, la proportion de fumeurs quotidiens était peu ou prou équivalente dans les différentes catégories de revenus. On fumait à peine plus dans le premier tiers de la population, le moins aisé (31,9 %), que chez les plus riches (28,3 %). En à peine seize ans, un gouffre s’est créé : désormais, les plus riches sont presque deux fois moins nombreux à fumer que les plus pauvres.


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Les inégalités face au tabac ont explosé en 16 ans
Comparaison du nombre de fumeurs en fonction des revenus des ménages par unité de consommation depuis 2000.

Source : Santé Publique France



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De même, le niveau de diplôme est désormais lié à une consommation de tabac plus ou moins forte, ce qui n’était pas le cas en 2000. Plus significatif encore, les chômeurs sont aujourd’hui près d’un sur deux à fumer (49,7 %) contre trois personnes en emploi sur dix (30,6 %), alors que l’écart entre les deux catégories était d’à peine 5,8 points en 2000.
Sans remettre en cause le bien-fondé de la lutte contre le tabagisme, ces observations soulignent que le tabagisme est aussi un marqueur social. « Plusieurs facteurs peuvent expliquer une prévalence du tabagisme plus élevée parmi les populations socialement défavorisées », relevait Santé publique France dans son baromètre santé 2016, citant notamment le stress, la difficulté à se projeter dans l’avenir ou encore le déni du risque.
Et pourtant, « les fumeurs des catégories sociales moins favorisées sont aussi nombreux que les autres à vouloir arrêter de fumer et à tenter de le faire, mais ils y arrivent moins souvent », relevait l’organisme. Preuve que la lutte antitabac n’est pas seulement une question de prix du paquet de cigarettes.
Cet article fait partie d’une série de 5 idées reçues sur le tabac



Idée reçue sur le tabac n° 4 : « On exagère les dangers de la cigarette »
FAUX
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime actuellement que plus de 7 millions de morts par an sont imputables au tabac. Un peu plus de 6 millions seraient des fumeurs et 890 000 des victimes du tabagisme passif, dont un peu plus d’un quart d’enfants.
Rien qu’en France, environ 78 000 morts prématurées étaient attribuables au tabac pour l’année 2010, selon une étude publiée dans l’European Journal of Public Health. 73 000 seraient directement imputables au tabagisme actif, ce qui en fait la première cause de mortalité évitable dans le pays, devant l’alcool (autour de 49 000 morts annuels).
Les principales pathologies mortelles qui frappent les fumeurs sont les cancers, les maladies cardiovasculaires et les maladies respiratoires.
Un décès sur sept en France imputable au tabagisme
Selon la même source, environ un décès sur sept en France serait imputable au tabagisme. Une proportion qui grimpe à un sur trois pour les hommes de 35 à 69 ans. Et ce alors qu’on ne compte qu’un quart de fumeurs quotidiens dans la population de 15 à 75 ans (28,7 % en 2016 selon l’Agence nationale de santé publique).
Non seulement on meurt beaucoup du tabac, mais on meurt aussi nettement plus jeune : les spécialistes s’accordent à dire que le fumeur moyen perd de l’ordre d’une dizaine d’années d’espérance de vie. 
Cette estimation a été corroborée par une étude belge publiée en 2014, selon laquelle un fumeur de sexe masculin aurait une espérance de vie réduite de 7,87 années, contre 8,17 pour une fumeuse. Pis, les auteurs montrent qu’on vit moins longtemps en bonne santé que les autres quand on fume (6,8 ans de moins pour les hommes, 6,25 ans pour les femmes).
Cet article fait partie d’une série de 5 idées reçues sur le tabac



Idée reçue sur le tabac n° 5 : « La cigarette électronique est aussi dangereuse que la cigarette »
FAUX
Que sait-on des effets du vapotage sur la santé ? Sans doute pas tout, reconnaissait un article publié dans la revue Addiction en 2014 :
« Les cigarettes électroniques sont une nouveauté, et nous n’avons de toute évidence pas encore toutes les réponses sur leur impact sanitaire à long terme. »
Une certitude, en revanche : « Elles sont beaucoup moins dangereuses que les cigarettes, qui tuent plus de six millions de personnes par an dans le monde. » Une étude de 1996, avec expérimentation sur des souris, a montré que là où le tabagisme est responsable de nombreux cancers, l’inhalation de nicotine par vapeur ne semble pas présenter de graves dangers pour la santé.
Une étude américaine a semblé semer le trouble
Mais, à la fin janvier, la médiatisation d’une étude américaine a semblé semer le trouble. Les auteurs formulaient l’hypothèse, à partir d’observations chez la souris, que le vapotage pourrait contribuer à la formation de cancers du poumon et de la vessie, et augmenter les risques de maladies cardiaques.
Cette controverse invite à penser que se passer complètement de cigarettes, électronique ou non, est une bonne chose. Mais elle est loin de placer les effets de la « e-cig » sur un plan comparable à celui des méfaits avérés et massifs du tabagisme, étayés de longue date.
« Non, on ne peut pas comparer la toxicité, toujours hypothétique et au pire quasi négligeable, de la cigarette électronique à celle prouvée, massive, gravissime de la cigarette fumée, sans faire le jeu de la maladie, de la mort et des cigarettiers », estimait ainsi récemment le docteur Dominique Dupagne sur France Inter.
Cet article fait partie d’une série de 5 idées reçues sur le tabac





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de professionnels du septième art demandent la création de quotas dans le financement du cinéma.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 28/02/2018
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Sexisme au cinéma : « Les quotas, une étape inévitable pour vaincre les inégalités »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de professionnels du septième art demandent la création de quotas dans le financement du cinéma.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 18h07
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. En France, chacun, chacune peut créer, inventer, s’exprimer librement au travers de la création artistique. Grâce à l’exception culturelle, notre Etat considère que le fruit de cette création n’est pas un bien marchand comme les autres, préservant ainsi la réalisation des œuvres culturelles. Avec son cinéma et ses actrices, la France incarne le septième art à travers le monde par sa diversité, sa singularité et son glamour.

Malgré tout, comme dans bien des domaines d’activité, les femmes restent discriminées dans le cinéma : moins d’un long-métrage sur quatre agréé par le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) est réalisé par une femme. Aucune exposition à la Cinémathèque française n’a été consacrée à une cinéaste. En soixante et onze ans de Festival de Cannes : une demi-Palme d’or a été décernée à Jane Campion en 1993, partagée avec Chen Kaige. Et un César de la meilleure réalisatrice pour Tonie Marshall en 2000. Sans parler d’inégalités salariales, avec un écart de 42 % en défaveur des femmes, et d’inégalité des chances, avec seulement 28 % des avances sur recettes attribuées par le CNC pour des projets menés par des femmes.
Le talent n’est pas qu’un don reçu au berceau
Si la France ne cesse d’œuvrer pour que les femmes parviennent à peser de la même façon que les hommes sur la société et sur son évolution, le chemin à parcourir reste encore long et sinueux. Ailleurs, dans le monde, émerge une prise de conscience pour une réelle égalité des sexes dans les métiers du cinéma.

La Suède et l’Irlande ont adopté des quotas avec pour objectif que, d’ici trois ans, 50 % des subventions aillent à des projets portés par des femmes. L’Espagne, elle, a choisi un système de points, qui bonifie les projets des femmes pour l’attribution des aides. Le Canada s’est donné trois ans pour atteindre et maintenir la parité en ce qui concerne le nombre de productions réalisées par des femmes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Alors que des responsables gouvernementaux sont soupçonnés d’avoir détourné une partie de l’aide, le HCR lance un recensement biométrique des exilés.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤         

Décryptage

L’Ouganda suspecté d’avoir gonflé le nombre de ses réfugiés

Alors que des responsables gouvernementaux sont soupçonnés d’avoir détourné une partie de l’aide, le HCR lance un recensement biométrique des exilés.

Par                                            Gaël Grilhot (contributeur Le Monde Afrique, Kampala)




LE MONDE
              datetime="2018-03-01T16:01:23+01:00"

        Le 01.03.2018 à 16h01






    
Au centre de réception de Kuluba, des réfugiés sud-soudanais s’apprêtent, le 30 juillet 2017, à monter dans un bus pour rejoindre une zone d’installation où ils pourront s’établir.
Crédits : Gaël Grilhot


Depuis des semaines, ils sont des milliers à traverser le lac Albert. Affamées, terrorisées et parfois malades du choléra, 40 000 personnes auraient fui les violences qui font rage dans la province de l’Ituri, en République démocratique du Congo (RDC). Ils viennent trouver protection en Ouganda, où, malgré la faiblesse des ressources, un modèle d’accueil original s’est construit avec les vagues successives de populations provenant de RDC ou du Soudan du Sud.

        Lire aussi :
         

                Ouganda : vingt-six morts de diarrhée aiguë dans un camp de réfugiés congolais



« Kampala a développé depuis des années la politique de réfugiés la plus progressiste du monde », confirme Carlos Martin Ruiz de Gordejuela, porte-parole d’ECHO, le programme humanitaire de l’Union européenne (UE), l’un des principaux pourvoyeurs de fonds pour les programmes de réfugiés en Ouganda.
Non contentes d’accueillir les réfugiés, les autorités encouragent les communautés locales à leur céder des terrains pour qu’ils puissent habiter et même cultiver. « Il s’agit d’un modèle gagnant-gagnant, résume Jean-Luc Anglade, le représentant de Médecins sans frontières (MSF) en Ouganda. Les communautés hôtes bénéficient en retour des services et des équipements (écoles, dispensaires, etc.) fournis par les organisations humanitaires. »
Immense malaise
Au total, ils seraient près de 1,5 million de réfugiés à vivre en Ouganda, si l’on en croit le bureau du premier ministre. Mais ce chiffre, qui conditionne le volume de l’aide à apporter, est remis en cause depuis plusieurs semaines. Des responsables gouvernementaux – dont le commissaire aux réfugiés, David Kazungu, officiellement remplacé cette semaine – sont soupçonnés de l’avoir gonflé et d’avoir pioché dans les caisses. Le gouvernement a assuré qu’une enquête était en cours, mais l’affaire a provoqué un immense malaise. « Dès que nous avons été informés de ces allégations, nous avons soumis l’affaire à l’Office européen de lutte antifraude », affirme Carlos Martin Ruiz de Gordejuela.

        Lire aussi :
         

                2018 : espoirs et craintes de dix-huit réfugiés à travers le monde



Depuis septembre 2017, des responsables d’ONG et d’institutions prévenaient officieusement que ces chiffres ne correspondaient pas à la réalité et qu’une partie de l’aide était détournée. Mais l’afflux massif de réfugiés et l’étendue des zones d’accueil rendaient impossibles toute contre-vérification exhaustive. Principale conséquence, selon Teresa Ongaro, porte-parole régionale du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) : « Le travail fourni dans le soutien aux réfugiés et aux communautés qui les accueillent pourrait être sérieusement compromis. Le retour que nous avons de nos donateurs est qu’ils suspendent leurs financements jusqu’à ce que nous soyons en mesure de vérifier les chiffres. »
Embarrassé par cette situation, le HCR a annoncé, jeudi 1er mars, le lancement d’une vaste opération d’enregistrement biométrique de tous les réfugiés présents en Ouganda. « Tout ce qui va dans le sens d’une amélioration du recensement des réfugiés est bon à prendre », approuve Jean-Luc Anglade, de MSF, même s’il estime que cet enregistrement doit être « fluidifié », au risque sinon de créer un engorgement. Prévue pour durer jusqu’en septembre, cette mesure devrait permettre, selon Teresa Ongaro, de restaurer la confiance des donateurs.
« Tolérance zéro »
La situation est en effet préoccupante. Sur un budget prévisionnel de 560 millions de dollars (environ 460 millions d’euros) pour l’année 2017, le HCR n’avait reçu que 39 % des fonds. Des problèmes de financement qui avaient alors abouti à des coupes sèches dans les rations des réfugiés. Et alors que l’année 2018 démarre avec une nouvelle crise humanitaire, seuls 5 % des fonds prévus ont été recueillis à ce jour. Un gel des contributions pourrait avoir des conséquences désastreuses sur le financement des opérations en cours.

        Lire aussi :
         

                Le président ougandais s’offre la possibilité d’une présidence à vie



« L’UE adopte une approche de tolérance zéro en ce qui concerne toute allégation de mauvaise conduite dans le cadre des projets qu’elle finance », explique M. Ruiz de Gordejuela. Et si ECHO n’a pas suspendu ses versements, son avertissement est clair : « Les nouveaux projets devront donner l’assurance que des mesures ont été mises en place pour atténuer les risques. Une fois les enquêtes terminées, la situation sera réévaluée. »
Carlos Martin Ruiz de Gordejuela se veut néanmoins confiant. Selon lui, « l’UE est persuadée que cette vérification aura un impact positif ». Du reste, pour beaucoup d’observateurs, la communauté internationale n’a guère le choix. Même avec un tiers de réfugiés en moins par rapport aux chiffres officiels – estimation la plus élevée –, l’Ouganda demeure un partenaire incontournable dans la gestion des réfugiés.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ La ministre de la santé, Agnès Buzyn, a annoncé aux élus de la ville de la Nièvre une solution de pérennité du service la nuit, sans promettre un maintien des effectifs.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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A Clamecy, un combat pour conserver les urgences

La ministre de la santé, Agnès Buzyn, a annoncé aux élus de la ville de la Nièvre une solution de pérennité du service la nuit, sans promettre un maintien des effectifs.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 17h26
    |

                            Eléa Pommiers (Clamecy (Nièvre), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Les annonces de la ministre de la santé, Agnès Buzyn, jeudi 1er mars, lors des Etats généraux de la santé à Nevers (Nièvre), suffiront-elles à dissiper durablement les inquiétudes de ce département rural ? Depuis des semaines, élus et habitants du haut Nivernais et du sud de l’Yonne se battent pour empêcher un projet de fermeture des urgences de nuit de Clamecy, petite ville de 3 800 habitants du nord de la Nièvre. Soixante-dix élus, dont trente-six maires ont présenté leur démission au préfet pour empêcher ce qui serait pour eux « la punition de trop dans un territoire déjà sinistré ». 
La ministre de la santé s’est s’engagée à maintenir un service d’urgence vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Sous quelle forme ? Et pour combien de temps ? Là sera tout l’enjeu. L’annonce aura sans doute pour ces élus des airs de victoire à la Pyrrhus, alors que la ministre n’a pas confirmé que Clamecy ne perdrait pas un urgentiste de nuit. Les urgences de la ville, qui reçoivent une trentaine de passages en moyenne dans la journée et moins d’une dizaine la nuit, manquent de médecins urgentistes pour fonctionner correctement. Faute d’effectif garanti, les élus craignent que le démembrement du service ne soit plus qu’une question de temps.
« Ça voudrait dire qu’on est condamné ! »
Avançant un manque de deux cents urgentistes dans la région, l’agence régionale de santé (ARS) de Bourgogne-Franche-Comté doit présenter d’ici à juin son projet de santé comportant des « aménagements d’organisation » des services d’urgences pour « mieux répartir la présence [des médecins] » sur le territoire. La suppression d’une garde de nuit aux urgences de Clamecy permettrait de libérer un médecin pour d’autres hôpitaux, mais elle ne permettrait pas de conserver un service mobile d’urgence et de réanimation (SMUR) et un accueil des urgences à l’hôpital. Une suppression inacceptable dans une ville qui a déjà connu plusieurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ L’auteur de BD François Boucq s’est amusé à illustrer les messages envoyés sur Twitter par le président américain, avant et après son élection.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ 
<article-nb="2018/03/01/19-9">
<filnamedate="20180301"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180301"><AAMMJJHH="2018030119">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Les négociatrices de la Commission, du Parlement et du Conseil européens ont annoncé, jeudi, être parvenues à un accord pour réviser la directive travailleurs détachés de 1996.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Réforme du travail détaché : les Européens ont franchi une étape décisive

Les négociatrices de la Commission, du Parlement et du Conseil européens ont annoncé, jeudi, être parvenues à un accord pour réviser la directive travailleurs détachés de 1996.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 16h15
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 17h08
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        


Elisabeth Morin-Chartier est « une femme heureuse », comme les trois autres négociatrices présentes ce jeudi 1er mars au matin dans la salle de presse du Conseil européen – une exception dans un univers bruxellois encore très masculin. L’eurodéputée de droite (elle a quitté Les Républicains mi-février) n’a pas beaucoup dormi, mais elle a tenu à annoncer la bonne nouvelle, avec sa collègue sociale-démocrate néerlandaise Agnes Jongerius, la commissaire au social Marianne Thyssen, et la ministre du travail bulgare Zornitsa Roussinova : après trois mois de négociations, dont un dernier « trilogue » marathon mercredi soir, les élues mandatées par le Parlement européen sont parvenues à une « entente commune » avec les négociatrices du Conseil (les Etats membres) sur la révision de la directive travailleurs détachés de 1996.

        Lire le décryptage :
         

          Six questions pour comprendre la directive européenne sur les travailleurs détachés



Si ce compromis est validé dans les semaines qui viennent, alors « nous aurons posé une pierre fondamentale de l’Europe sociale, pour une meilleure organisation du marché intérieur », s’est félicitée Mme Morin-Chartier :
« Cela doit montrer une chose à nos concitoyens : l’Europe n’est pas éloignée de leurs préoccupations, dont la première est l’emploi. »
Un sujet d’autant plus aigu en France que le nombre de travailleurs détachés s’y est envolé (l’article 2 du texte définissant ainsi « tout travailleur qui, pendant une période limitée, exécute son travail sur le territoire d’un Etat membre autre que l’Etat sur le territoire duquel il travaille habituellement »). En 2017, l’Hexagone en comptait un peu plus de 516 000, hors transport routier, une hausse de 46 % par rapport à 2016, selon un « bilan intermédiaire du plan national de lutte contre le travail illégal » (Le Monde du 5 février).
Quel était l’enjeu des discussions entre Parlement et Conseil européens ?
La Commission européenne, la Belgique et surtout la France réclamaient depuis des mois la modernisation de la directive travailleurs détachés.
Ce texte est censé protéger les travailleurs d’un pays membre en mission temporaire dans un autre Etat de l’Union. Mais il s’agit d’un cadre qui est daté : il a été conçu dans une Europe à quinze membres « où les écarts de salaires minimum n’étaient que de un à trois », comme le rappelle Mme Morin-Chartier (contre de un à dix aujourd’hui).
Sitôt élu, le président français, Emmanuel Macron, avait choisi de faire de la révision de la directive de 1996 une de ses premières batailles bruxelloises.

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Grâce au soutien appuyé de la Commission Juncker, il avait obtenu une majorité suffisante au conseil des ministres des affaires sociales d’octobre 2017. Mais cette étape n’était qu’intermédiaire : les ministres devaient trouver un terrain d’entente avec le Parlement.
L’« entente commune » sur un nouveau texte équivaut-elle à un accord ?
Les négociatrices sont restées très prudentes jeudi : leur « possible » accord reste fragile et devra encore passer la barre des 28 représentants des Etats membres, qui attendent de voir les termes du compromis couchés sur le papier pour se prononcer, d’ici mi-mars.
Mmes Morin-Chartier et Jongerius doivent aussi de nouveau convaincre les élus de leurs groupes politiques respectifs. D’abord en commission emploi du Parlement de Strasbourg. Avant l’indispensable validation ultime en séance plénière, aux alentours de juin.
Habituellement, ces étapes sont des formalités, mais pas dans le cas d’un texte aussi sensible. Certaines capitales de l’Est, très hostiles à sa révision, pourraient encore tenter de faire dérailler l’accord final. La révision de la directive cristallise la division, déjà profonde, entre Etats de l’est et Etats de l’ouest de l’Europe, les seconds criant au dumping social, les premiers s’inquiétant pour la compétitivité de leurs entreprises.

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Quels sont les principaux points du texte de compromis ?
L’encadrement du travail posté : le compromis des dernières heures préserve l’exigence la plus médiatisée formulée par Emmanuel Macron : Paris tenait à ce que le travail posté soit limité à douze mois. Les autres capitales, très récalcitrantes, avaient accepté cette période restreinte, à condition qu’elle puisse être prolongée de six mois dans certains cas de figure. Le Parlement européen, qui tenait à une période plus longue, de vingt-quatre mois, a finalement cédé : elle restera de « douze plus six mois ».La spécificité du secteur des transports : le Parlement a aussi reculé sur les conditions de travail dans le transport, comme avait dû s’y résoudre Paris en octobre 2017. L’Espagne et les pays de l’Est exigeaient que les chauffeurs ne soient pas soumis aux dispositions protectrices du travail détaché, et que leurs conditions de rémunération soient précisées par un autre texte législatif encore à négocier à Bruxelles dans les mois à venir.Les conditions de révision du texte : seule concession du Conseil, il a accepté que la Commission procède à une révision de ce texte « transport » cinq ans après qu’il aura été promulgué.
Pour le reste, les négociatrices du Parlement de Strasbourg, globalement sur la ligne protectrice de la France et de la Commission, ont eu gain de cause.
Les rémunérations : les travailleurs détachés doivent bénéficier « de la même rémunération, pour le même travail sur le même lieu de travail », que les travailleurs locaux, a insisté Mme Thyssen, jeudi.Les conventions collectives : les employeurs de travailleurs détachés devront s’aligner sur les conventions collectives, alors que la directive de 1996 ne garantissait aux « détachés » que le salaire minimum dans le pays d’accueil, mais pas les primes (pénibilité, 13e mois, etc.). Ils pourront aussi être remboursés pour leurs frais (hébergement, transport), un autre point essentiel.La durée de transposition de la directive : les eurodéputées ont obtenu que celle-ci soit limitée à deux ans après son adoption définitive. Soit en 2020, si le texte est adopté cette année. Le Conseil européen réclamait quatre ans, donc pas avant 2022 au bas mot.
Quelles sont les premières réactions ?
« Le compromis trouvé cette nuit est très positif, il garantit toutes les avancées essentielles de la réforme, notamment le respect du principe : à travail égal, salaire égal », s’est félicité l’Elysée, jeudi.
La Confédération européenne des syndicats (CES) a appelé, jeudi, le Parlement et le Conseil à définitivement valider un presque accord qui garantirait enfin aux travailleurs détachés « un salaire égal et une meilleure protection ». 
« Pour quelque deux millions d’entre eux en Europe, c’est la perspective d’une augmentation salariale qui n’a que bien trop tardé », insiste Luca Visentini, le secrétaire général de la Confédération.  

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ « Le convoi de 29 camions comprend 430 tonnes d’aide humanitaire », a précisé la porte-parole du CICR en Syrie.
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Syrie : un premier convoi humanitaire est arrivé dans l’enclave kurde d’Afrin

« Le convoi de 29 camions comprend 430 tonnes d’aide humanitaire », a précisé la porte-parole du CICR en Syrie.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 15h49
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 16h18
   





                        



   


Le premier convoi humanitaire depuis le début de l’offensive turque sur l’enclave kurde d’Afrin est entré dans la ville, jeudi 1er mars, a annoncé le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
« Le convoi de 29 camions comprend 430 tonnes d’aide humanitaire, dont de la nourriture, des articles de première nécessité, du matériel de purification de l’eau ainsi que des fournitures médicales. Cette aide devrait suffire à 50 000 personnes », a précisé la porte-parole du CICR en Syrie, Ingy Sedky.
Des bombardements turcs de l’enclave kurde, où la situation des civils ne cesse de se dégrader, se poursuivent en dépit du vote samedi par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution réclamant « sans délai » un cessez-le-feu humanitaire d’un mois sur l’ensemble du territoire syrien.
La Turquie, soutien des rebelles syriens, avait salué l’adoption de cette résolution, estimant toutefois qu’elle ne concernait pas l’offensive qu’elle mène contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), qui contrôle l’enclave d’Afrin, et qu’Ankara cherche à déloger de la zone frontalière, avec l’aide de rebelles syriens.
141 morts depuis le 20 janvier
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré dimanche que l’opération « continuera[it] jusqu’à ce que le dernier terroriste soit éliminé ». Selon ses termes, plus de 2 000 « terroristes » ont déjà été tués au cours de cette offensive.
Jeudi, l’ONG Amnesty International a dénoncé la poursuite des combats entre Turcs et Kurdes syriens, soulignant que « la vie de centaines de civils est menacée alors que l’offensive contre Afrin s’intensifie ». Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), 141 civils, dont 27 enfants, ont péri depuis le début de la campagne militaire turque, le 20 janvier.
Les forces turques et leurs alliés ont réussi jusque-là à sécuriser une bande frontalière de 140 kilomètres, selon l’OSDH. Les YPG, alliées de Washington dans la lutte contre l’organisation Etat islamique (EI) en Syrie, sont qualifiées de « terroristes » par Ankara en raison de leurs liens présumés avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène une guérilla sur le sol turc.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Le groupe anglais Kingfisher avait annoncé le 13 février la suppression de 400 postes en France, chez Castorama et Brico Dépôt. Un document suggérant que des salariés français formeraient leurs successeurs polonais a fuité.
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Délocalisation en Pologne : la direction de Castorama plaide la « maladresse »

Le groupe anglais Kingfisher avait annoncé le 13 février la suppression de 400 postes en France, chez Castorama et Brico Dépôt. Un document suggérant que des salariés français formeraient leurs successeurs polonais a fuité.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 16h57
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 17h15
   





                        



   


Une « maladresse » de la direction a provoqué l’émoi jeudi 1er mars chez les salariés de Castorama : un document lié à la délocalisation de services en Pologne, aboutissant à la suppression de 409 emplois en France, édictait que les Polonais seraient formés par les employés français.
« Certains interlocuteurs (polonais) viendraient travailler aux côtés des équipes comptables de Castorama France à Templemars (Nord) pour se former aux procédures et modes opératoires », peut-on lire dans une capture d’écran de ce document que l’AFP s’est procurée, confirmant une information de Franceinfo.

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                Plus de 400 suppressions de postes annoncées chez Castorama et Brico Dépôt



« Aucun des collaborateurs concernés par une suppression de poste ne sera chargé de ces formations »
Il s’agit d’une « maladresse de formulation », a précisé une porte-parole de Kingfisher à l’AFP, ajoutant que le groupe « prenait en considération les salariés et ce qu’ils peuvent ressentir ».
Les nouveaux employés polonais « devront en effet être formés aux spécificités comptables françaises mais aucun des collaborateurs concernés par une suppression de poste ne sera chargé d’assurer ces formations », a assuré Olivier Lurson, directeur des ressources humaines, dans un communiqué transmis à l’AFP.
Des salariés et plusieurs syndicats ont vilipendé l’attitude de la direction. « Sur les réseaux sociaux, dans l’entreprise, les salariés ont dit : “Il est hors de question qu’on fasse ça, ils nous prennent pour des imbéciles, ils croient qu’on va marcher dans la combine” », a rapporté à l’AFP Jean-Paul Gathier, délégué syndical central FO Castorama au comité d’entreprise. « Ca les a choqués, ils étaient très remontés. »
« Pour les gens qui ont eu cette annonce, ça a été dur de se dire qu’ils allaient être remplacés et obligés de former leurs successeurs », a abondé Pascal Le Mangouero, délégué CFE-CGC.
Pour Jean-Paul Gathier, ce n’était pas une maladresse. « Je pense qu’ils avaient l’intention de le faire à la base mais ont reculé devant nos réactions. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Dans le sud de l’Espagne, des policiers français assistent, en 2010, à la livraison d’une cargaison de cannabis. Le début des ennuis pour François Thierry.
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Article sélectionné dans La Matinale du 27/02/2018
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Trafic de drogue à Marbella : la chute stupéfiante du commissaire Thierry

Dans le sud de l’Espagne, des policiers français assistent, en 2010, à la livraison d’une cargaison de cannabis. Le début des ennuis pour François Thierry.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 13h40
    |

            Yves Bordenave (Malaga (Espagne) envoyé spécial)








                        



                                


                            

C’est une plage de sable brun, dans le sud de l’Espagne. Au loin, les côtes marocaines se dessinent dans un voile de lumière opaque. Plus près, voici le rocher de Gibraltar, dressé telle une vigie sur le détroit, et, plus près encore, les yachts de Puerto Banus, marina de luxe des faubourgs de Marbella… Les touristes de passage n’imaginent sans doute pas qu’un drôle de scénario, digne d’un polar, s’est joué ici, sur cette même playa del Rodeito, dans la nuit du 2 au 3 janvier 2010.
Ce soir-là, la mer est d’huile, le ciel sans nuage. Les projecteurs d’un palace voisin, le Guadalpin, éclairent le rivage. Vers 2 h 45, une barque à moteur accoste. Quatre hommes en descendent et se hâtent de décharger leur cargaison : une cinquantaine de paquets de 30 kg, emballés avec soin dans de la toile de jute. Des « valises marocaines », comme les appellent les trafiquants, à l’intérieur desquelles sont rangées des tablettes de 250 grammes de résine de cannabis. Une tonne et demie en tout, peut-être davantage, embarquée moins d’une heure plus tôt, quelque part au Maroc. Au total, il y en a pour plus d’un million et demi d’euros, qui ont déjà été payés aux producteurs. A peine le temps de jeter les paquets sur le sable et le pilote remet les gaz vers le large, laissant là ses quatre complices, tous Marocains.
Non loin de là, plusieurs policiers français ne ratent rien du spectacle. Parmi eux, le commissaire François Thierry, chef du Service interministériel d’assistance technique (SIAT). Il sait déjà tout, ou presque, du trafic en cours sous ses yeux : c’est une livraison surveillée, une « LS » dans le jargon des initiés. Le principe : avoir vent d’un transport de stupéfiants, laisser agir les trafiquants, puis suivre la cargaison pour tenter d’interpeller les destinataires avec la marchandise.
Opération Myrmidon
En Espagne comme en France, pareille stratégie est autorisée, à condition de respecter un cadre juridique très strict, et une préparation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Le président américain s’est notamment prononcé pour un relèvement de 18 à 21 ans de l’âge légal pour acheter certaines armes.
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Trump soutient des mesures de limitation des armes plus sévères que son parti

Le président américain s’est notamment prononcé pour un relèvement de 18 à 21 ans de l’âge légal pour acheter certaines armes.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 11h09
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 13h28
   





                        


La prise de position prend tout le monde de court. « Nous devons faire quelque chose. Nous devons agir », a déclaré Donald Trump lors d’une réunion à la Maison Blanche de membres du Congrès démocrates et républicains, durant laquelle il a soutenu des mesures pour le contrôle des armes plus fortes que celles prônées par son parti, dans le cadre du débat relancé par la tuerie en Floride.

It was an honor to welcome bipartisan members of Congress for a discussion on SAFE schools and SAFE communities. As… https://t.co/EPB1EN3HRc— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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Le président américain s’est dit prêt à envisager diverses restrictions concernant l’utilisation des armes à feu et a demandé au législateur de voir grand pour empêcher de nouveaux massacres dans les établissements scolaires aux Etats-Unis.
La tuerie qui a fait 17 morts dans un lycée de Parkland en Floride le 14 février dernier a causé un vif émoi dans le pays et relancé le débat sur le contrôle des armes à feu, qui sont en vente libre en vertu du deuxième amendement de la Constitution. Le lycée a rouvert ses portes mercredi.
Plan d’ensemble
Ce même jour, 17 sénateurs et représentants démocrates et républicains étaient invités à la Maison Blanche pour la quatrième discussion sur les armes organisée par Donald Trump en une semaine. Lors de cette discussion à bâtons rompus, le président américain a dit vouloir aller au-delà d’une loi centrée sur le renforcement du contrôle des antécédents d’acquéreurs d’armes à feu, soutenue par une bonne partie des républicains de son camp.
Il a dit souhaiter établir à la place un plan d’ensemble, même si ce plan comprend des mesures auxquelles s’oppose le puissant lobby des armes à feu, la National Rifle Association. La NRA avait soutenu la candidature de Trump à l’élection présidentielle en 2016. « Je la signerai », a promis Donald Trump à propos de cette éventuelle future loi. Le chef de l’Etat s’est notamment dit favorable au relèvement, de 18 à 21 ans, de l’âge minimum requis pour acquérir un fusil.
Deux distributeurs américains, le numéro un Walmart, et le vendeur d’articles de sport et de chasse Dick’s, ont annoncé qu’ils relevaient de 18 à 21 ans l’âge minimum pour acquérir des armes dans leurs magasins.

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« Ne soyez pas timides »
En ce qui concerne le renforcement du contrôle des antécédents, le président a demandé que les mesures soient plus larges que celles qui figurent dans la proposition du sénateur du Texas John Cornyn, le numéro deux républicain au Sénat. « Il faut être très, très efficace sur le contrôle des antécédents. Ne soyez pas timides », a déclaré le président. La Maison Blanche pourrait présenter dès jeudi une liste des décisions de Donald Trump sur la sécurité en milieu scolaire.
Les républicains suivront-ils leur chef dans son nouvel enthousiasme ou craindront-ils de contrarier leurs électeurs opposés aux restrictions sur la propriété des armes juste avant les élections de mi-mandat au mois de novembre ?
Ce n’est pas la première fois que Donald Trump semble vouloir rompre avec la ligne de son parti pour tenter de parvenir à un accord avec l’opposition démocrate. En janvier, il avait rencontré un groupe bipartisan pour tenter de résoudre la question de l’immigration. Il avait été vite recadré par les républicains les plus conservateurs et aucun accord n’a jamais vu le jour sur le sujet.

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« Je n’ai pas besoin » de la NRA
Le sénateur démocrate Chuck Schumer a salué les propos de Donald Trump tout en soulignant que « la prochaine étape » était « encore plus importante ». « Le président doit s’en tenir à ces principes malgré l’énorme pression qui viendra de la droite dure », a-t-il déclaré.
Donald Trump a demandé aux parlementaires de ne pas avoir peur de la NRA. « Elle a un grand pouvoir sur vous. Elle a moins de pouvoir sur moi. Je n’ai pas besoin d’elle », a déclaré l’ancien promoteur immobilier. Il a ajouté avoir dit à la NRA dimanche lors d’un déjeuner privé : « Il est temps. Il faut arrêter cette absurdité. Il est temps. »

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La NRA a déclaré que le renforcement de la sécurité dans les établissements scolaires était la solution, et rejeté dans le même temps les idées qui ont été discutées à la réunion de mercredi.
Le sénateur démocrate du Connecticut, Chris Murphy, a souligné que la NRA avait fait échec aux précédentes tentatives pour faire voter des lois concernant le contrôle des antécédents et dit au président qu’il sous-estimait l’influence du lobby.
« La raison pour laquelle rien n’a été fait, c’est parce que le lobby des armes a un pouvoir de veto sur tout texte de loi qui arrive devant le Congrès, a déclaré le sénateur Murphy. Monsieur le président, il va falloir que ce soit vous qui ameniez les républicains à la table sur ce sujet parce qu’actuellement, le lobby des armes va les stopper net. »
Soutien à la police pour saisir les armes
Le président a dit qu’il restait favorable à l’armement de certains professeurs qui seraient chargés de protéger les élèves en cas de tuerie de masse. Certains parlementaires ont dit être totalement contre cette idée. Donald Trump a estimé que l’initiative devait en être laissée aux Etats.

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Donald Trump a également exprimé pour la première fois son soutien à des lois prises par des Etats qui autorisent la police à saisir temporairement les armes des personnes jugées dangereuses. Le président est même allé plus loin en disant que la police n’avait pas besoin d’obtenir un mandat pour ce faire.

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« Prenez les armes d’abord et ensuite allez devant le tribunal », a-t-il dit. Ce qui a suscité l’ire du sénateur républicain Ben Sasse, qui n’était pas à la réunion. « Ce n’est pas pour rien que nous avons le deuxième amendement et le respect de la règle de droit, a-t-il dit. Nous n’allons pas renoncer aux protections de la Constitution simplement parce que la dernière personne à laquelle le président a parlé aujourd’hui ne les aime pas. »

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Les risques de harcèlement s’accroissent pour les citadines célibataires ayant un statut de cadre ou de profession intellectuelle supérieure.
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Sondage : une femme sur trois victime d’une forme de harcèlement sexuel pendant sa carrière

Les risques de harcèlement s’accroissent pour les citadines célibataires ayant un statut de cadre ou de profession intellectuelle supérieure.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 16h38
   





                        


Près d’une femme sur trois (32 %) dit avoir été victime d’une forme de harcèlement sexuel au cours de sa carrière, selon un sondage IFOP pour le site VieHealthy.com, publié mercredi 28 février.
Les formes verbales ou visuelles de harcèlement sont les atteintes les plus répandues, à commencer par les sifflements, gestes ou commentaires grossiers (34 % des femmes interrogées disent en avoir été victimes au moins une fois), suivis des remarques gênantes sur la tenue ou le physique (27 %).
24 % des femmes disent avoir été victimes au moins une fois de contacts physiques légers, comme par exemple un effleurement des mains, des cheveux, du visage ou des jambes, et 13 % de contacts de type « main aux fesses ».
Les pressions psychologiques visant à obtenir un acte de nature sexuelle constituent une pratique plus limitée, 8 % des femmes disant les avoir subies.

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Les femmes célibataires, qui résident dans une grande agglomération, notamment parisienne, ou sont titulaires d’un contrat de droit privé, voient les risques d’être les victimes de harcèlement augmenter.
Les femmes cadres et celles exerçant des professions intellectuelles supérieures sont quasiment deux fois plus nombreuses (40 %) que les ouvrières (23 %) à avoir déjà été harcelées ou agressées sexuellement sur leur lieu de travail.
Une majorité de victimes a parlé de son expérience à un tiers (surtout un proche ou collègue de même rang), mais celles en ayant parlé à un interlocuteur susceptible de résoudre le problème en interne (supérieur hiérarchique, syndicaliste) restent peu nombreuses, entre 7 % et 16 % selon les cas.

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                Harcèlement sexuel au travail : comment peut-on agir ?



Enquête réalisée en ligne auprès d’un échantillon représentatif de 2 008 femmes de 15 ans et plus, du 26 au 29 janvier (méthode des quotas).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Outre la question irlandaise, plusieurs autres sujets font réagir Londres dans le projet de divorce avec l’UE proposé par Michel Barnier, le négociateur en chef.
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Après la présentation de la première mouture du Brexit, les points de blocage restent nombreux

Outre la question irlandaise, plusieurs autres sujets font réagir Londres dans le projet de divorce avec l’UE proposé par Michel Barnier, le négociateur en chef.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 11h48
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 12h28
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Si l’accord de retrait proposé par la Commission européenne, mercredi 28 février, consacre une large part au « problème » irlandais, un des points les plus durs du Brexit, le document bruxellois contient bien d’autres aspects très difficiles à accepter pour Londres et que les Vingt-Sept sont très peu disposés à négocier.
La Commission n’en démord pas : la Cour de justice de l’Union restera l’instance de dernier recours pour traiter les litiges impliquant le respect des lois européennes, alors que les brexiters refusent de continuer à se soumettre. Unique concession : les juges britanniques pourront statuer seuls sur des contentieux liés au statut des expatriés, mais uniquement huit ans après la date du Brexit.
Les termes de la période de transition réclamée par Mme May ne tiennent pas non plus compte des demandes britanniques. Les Européens maintiennent que cette période post-Brexit, durant laquelle le Royaume-Uni pourra continuer d’accéder au marché intérieur, devra s’achever au 31 décembre 2020.

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Londres réclamait qu’elle puisse être prolongée. Il souhaitait aussi un droit de veto sur des législations les concernant adoptées durant la transition : il n’en est pas question pour Bruxelles. La Commission propose même qu’en cas de non-respect des lois de l’UE durant la transition, les droits d’accès du Royaume-Uni au marché intérieur soient en partie suspendus.
La négociation patine
Mercredi, le gouvernement May a finalement accepté que les expatriés européens arrivés au Royaume-Uni pendant la transition puissent conserver leurs droits une fois passée cette dernière, tout comme ceux arrivés avant la date du divorce : ils pourront prolonger leur séjour sans entraves.
Enfin, l’accord de retrait aborde une série de sujets essentiels pour la continuité des économies du continent et du Royaume-Uni, mais qui n’ont même pas commencé à être discutés entre Londres et Bruxelles, tant la négociation patine. Les enquêtes de Bruxelles pour aides d’Etat en cours, la participation des Britanniques à Euratom, la coopération policière, la protection des données, etc.
Que se passera-t-il si le gouvernement May bloque sur chacun de ces points, alors qu’il ne reste plus que treize mois avant le Brexit ? « Nous nous préparons à toute éventualité, même à un plan d’urgence », a souligné le négociateur du Brexit pour l’UE, Michel Barnier, mercredi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Charte LVMH-Kering, manifeste indépendant de deux modèles… Le sort réservé aux mannequins n’est plus cantonné aux backstages.
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Derrière le show des fashion weeks, les conditions de travail


                      Charte LVMH-Kering, manifeste indépendant de deux modèles… Le sort réservé aux mannequins n’est plus cantonné aux backstages.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 12h17
    |

                            Elvire von Bardeleben








   


Les os seront-ils moins saillants lors de cette Fashion Week parisienne ? Les corps des mannequins seront-ils préservés des mains baladeuses ? On peut l’espérer, au vu de la mobilisation grandissante autour de la profession depuis six mois.
Le 6 septembre 2017, LVMH et Kering, les deux plus grands groupes du luxe français, annonçaient le lancement d’une charte pour améliorer les conditions de travail et le bien-être des mannequins. Elle se donnait pour but de faire évoluer les codes esthétiques du milieu – toujours fasciné par la maigreur – et, surtout, de protéger les modèles d’éventuels abus dont le harcèlement sexuel. L’annonce a été faite peu de temps avant les fashion weeks printemps-été 2018, mais surtout un mois avant la tempête Weinstein. Hasard du calendrier... « Ça flottait dans l’atmosphère. Dans la mode ou le cinéma, on ressentait la même ambiance, la même nécessité d’agir », explique Marc-Antoine Jamet, secrétaire général de LVMH.
« Ça n’est pas facile de transformer des canons de beauté. » Marc-Antoine Jamet, secrétaire général de LVMH.
Depuis que l’affaire Weinstein a éclaté, en octobre 2017, plusieurs photographes de mode très connus ont été accusés par des modèles hommes et femmes de harcèlement sexuel. Parmi eux, Terry Richardson, Bruce Weber et Mario Testino. Le dernier en date : Patrick Demarchelier, d’après une enquête du Boston Globe parue le 16 février. Les médias ont aussi fini par se sentir concernés. Certains ont pris leurs distances avec les photographes soupçonnés. « Des médias et groupes de presse se sont engagés dans ce mouvement [de protection des mannequins], à commencer par les magazines Elle et Version Femina, qui ont signé notre charte le 2 février, ou encore Condé Nast ou Hearst Magazine, qui sont entrés dans des logiques similaires », explique Marie-Claire Daveu, directrice du développement durable et des affaires institutionnelles internationales de Kering.
Difficile de juger si le nombre d’agressions sexuelles a baissé dans le milieu, mais on peut facilement se faire une idée de l’évolution de la condition physique des modèles. Marc-Antoine Jamet estime que « les mannequins sont moins maigres, en meilleure santé », et se félicite que les certificats médicaux soient désormais spontanément présentés par les agences. Reste que sur les podiums de New York, Londres et Milan, où se sont succédé les fashion weeks femme ces dernières semaines, on ne voit guère de différence. Les marques qui préfèrent les filles avec des formes sont rares et ce sont toujours les mêmes. « Ça n’est pas facile de transformer des canons de beauté, admet Marc-Antoine Jamet. Ça fait vingt ans que la génération Claudia Schiffer a disparu et que la tendance est à l’amaigrissement. Mais je pense qu’on a arrêté la spirale de l’anorexie et mobilisé les consciences. »
Du pain, des biscottes et du riz
En marge des grands groupes, deux mannequins, Ekaterina Ozhiganova et Gwenola Guichard, ont également publié en France un manifeste pour « mettre fin à des années d’abus, de pratiques douteuses et de non-respect du code du travail ». Leur organisation, Model Law, veut permettre aux mannequins d’être moins dépendants des agences. « Certaines instrumentalisent cet entre-deux qu’est le “salariat présumé” de la profession pour imposer des pratiques dévalorisantes à la fois sur le plan humain et financier, impensables dans une relation employeur-employé classique. Cette dépendance financière et ce manque de flexibilité favorisent les formes de harcèlement, moral et sexuel. »
Selon elles, la charte de LVMH et Kering « reste en surface au lieu d’aborder les réelles problématiques liées à ce métier. Model Law parle de donner des conditions de travail dignes aux mannequins, LVMH et Kering parlent de protéger leur intégrité physique. Mécaniquement, ils sous-entendent qu’il y a danger physique, ce qui est grave ». Elles dénoncent aussi leur attitude paternaliste, citent en exemple le site Internet tout juste lancé par LVMH et Kering, « We care for models », à vocation pédagogique.

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                Paris Fashion Week : liberté, égalité, féminité



On y apprend que « les féculents sont une source de sucres lents qui fournissent de l’énergie aux muscles et au cerveau et qu’en petite quantité (1 petit pain individuel, 2 biscottes, 3 cuillères à soupe de riz), ils ne font pas grossir ». « Ces groupes semblent vouloir se substituer aux parents et aux agents en proposant des “menus équilibrés” pour rester minces et beaux sans s’affamer et ainsi perpétuer ce pouvoir et ce contrôle sur le corps », déplorent Ekaterina Ozhiganova et Gwenola Guichard.
Quel que soit leur cheval de bataille, les conglomérats et les activistes isolées ont le mérite de lancer le débat. Et toutes les volontés sont les bienvenues pour rendre plus transparent le monde du mannequinat, jusqu’alors totalement opaque.



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Article sélectionné dans La Matinale du 28/02/2018
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Les forêts verticales s’enracinent en ville

A l’image des tours du Bosco Verticale, à Milan, l’architecture se couvre d’arbres, jusqu’à camoufler les bâtiments. Nombre de projets n’en sont encore qu’à la phase préparatoire.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 12h05
    |

            Grégoire Allix








                        



                                


                            

Une forêt qui s’enroule comme un ruban jusqu’à 150 mètres de hauteur autour d’un gratte-ciel de verre : plantée de quelque 500 arbres et arbrisseaux, la tour Occitanie, dessinée par l’architecte américain Daniel Libeskind, doit s’élever au-dessus de la gare Matabiau et du canal du Midi, à Toulouse. Son promoteur, la Compagnie de Phalsbourg, a acquis les terrains en janvier. Le permis de construire doit être déposé d’ici au mois de juin. Livraison prévue fin 2022… sauf si le projet trébuche sur les recours d’un collectif d’opposants, courroucés de voir une tour tutoyer le ciel de la Ville rose.
Des chantiers du Grand Paris à ceux de Nanjing (Chine), d’Utrecht (Pays-Bas) ou de Lausanne (Suisse), l’architecture commence à se couvrir de grands arbres, jusqu’à camoufler les bâtiments en forêts… Au moins sur le papier : la plupart de ces édifices sont encore à l’état de vues en 3D et de maquettes.
Leur modèle : le Bosco Verticale (« forêt verticale »), deux tours de logements inaugurées, en 2014, à Milan, en Italie, par l’architecte Stefano Boeri. Mélèzes, cerisiers, pommiers, oliviers, hêtres… Les deux bâtiments de 110 mètres et de 76 mètres de haut portent sur leurs profonds balcons quelque 20 000 plantes et arbres, autant que deux hectares de forêt. « Ces deux tours sont un prototype, il faudra encore quelques années pour en mesurer tous les effets, mais elles ont permis que ce concept soit enfin pris au sérieux », se félicite l’architecte milanais.
« Partie intégrante de l’architecture »
Pas si simple de faire pousser une forêt en façade, en altitude et en plein vent, dans ce milieu écologique hybride qu’est la ville. « Si on se contente de 30 cm de terre, on ne fait pas pousser des arbres, il faut plus d’un mètre de terre dans des balcons capables de supporter d’énormes charges, prévoir des systèmes d’irrigation, d’élagage… Ce n’est possible que si la végétalisation est pensée dès l’origine comme partie intégrante de l’architecture,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ La présidente du FN a été mise en examen pour « diffusion d’images violentes », un délit passible de trois ans de prison et 75 000 euros d’amende.
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Marine Le Pen mise en examen pour avoir relayé des photos d’exactions de l’EI sur Twitter

La présidente du FN a été mise en examen pour « diffusion d’images violentes », un délit passible de trois ans de prison et 75 000 euros d’amende.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 12h57
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 15h29
   





                        



   


La présidente du Front national, Marine Le Pen, a été mise en examen, jeudi 1er mars, par un juge de Nanterre pour « diffusion d’images violentes », un délit passible de trois ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende, a fait savoir le parquet. En janvier, le député apparenté FN du Gard, Gilbert Collard, avait été mis en examen pour le même motif.
Le 16 décembre 2015, la chef de file de l’extrême droite française avait tweeté des photos issues de la propagande de l’organisation djihadiste Etat islamique (EI), en réponse à un journaliste de BFMTV-RMC qu’elle accusait d’avoir « fait un parallèle » entre l’EI et le FN. Evoquant un « dérapage inacceptable » et des « propos immondes », Mme Le Pen avait posté sur son compte trois photos mentionnant le journaliste, Jean-Jacques Bourdin, avec le texte « Daech c’est ça! ». Les photos montraient un soldat syrien écrasé vivant sous les chenilles d’un char, un pilote jordanien brûlé vif dans une cage et une photo du journaliste américain James Foley, le corps décapité et la tête posée sur le dos.
Gilbert Collard avait quant à lui diffusé la photo d’un homme gisant au sol, le crâne défoncé, avec ce commentaire : « Bourdin compare le FN à Daech: le poids des mots et le choc des bobos! »
Signalement de Cazeneuve
Quelques semaines après les sanglants attentats de Paris et Saint-Denis le 13 novembre 2015 (130 morts et des centaines de blessés), ces publications avaient immédiatement soulevé un tollé au sein de la gauche, alors au gouvernement, et de la droite, mais aussi au-delà du monde politique.
Le parquet de Nanterre avait lancé le jour même une enquête pour « diffusion d’images violentes » à la suite d’un signalement des clichés par le ministre de l’intérieur d’alors, Bernard Cazeneuve, à la direction de la police judiciaire. Deux informations judiciaires distinctes avaient ensuite été ouvertes, l’une visant Mme Le Pen et l’autre M. Collard. Le bureau de l’Assemblée nationale avait décidé, le 8 novembre, de lever l’immunité parlementaire de la députée du Pas-de-Calais.

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                Diffusion d’images violentes : non, Marine Le Pen ne risque pas plus qu’un djihadiste revenant de Syrie






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Après avoir perturbé les transports dans le Sud, la neige arrivait jeudi dans le Nord, en causant peu de perturbations sur les routes franciliennes.
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Froid : vingt-quatre départements en vigilance orange pour neige-verglas

Après avoir perturbé les transports dans le Sud, la neige arrivait jeudi dans le Nord, en causant peu de perturbations sur les routes franciliennes.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 07h52
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 16h54
   





                        



   


La neige recouvrait d’une fine couche le nord de la France, jeudi 1er mars, après avoir fortement perturbé les transports et bloqué de nombreux automobilistes sur les routes et autoroutes du Sud, où l’alerte rouge a été levée dans l’Hérault.
Vingt-quatre départements du nord de la France étaient en vigilance orange neige-verglas jeudi après-midi. La Gironde et la Charente-Maritime étaient quant à elles en vigilance orange pluie-inondation. Quant à la Haute-Garonne et au Tarn, ils sont placés en vigilance orange vents violents. Plusieurs littoraux, notamment dans les Pyrénées-Orientales et dans la Loire-Atlantique, sont en vigilance orange vagues-submersion.
Du Centre-Ouest au sud des Hauts-de-France, au Grand-Est et aux Alpes, la neige est annoncée et sera suivie « d’un épisode de pluies verglaçantes », prévoit Météo-France. Un phénomène plus dangereux que la neige, selon le prévisionniste François Jobard.
En Ile-de-France, où on attendait entre 1 à 3 cm de neige, le préfet de police avait activé le plan neige-verglas, qui devait être en place jusqu’à jeudi 14 heures, et il « déconseille vivement les déplacements en voiture ». La circulation des poids lourds est interdite sur la N118 dans les Yvelines. Malgré un léger manteau neigeux tombé dans la nuit, les transports franciliens étaient peu perturbés jeudi matin, à l’exception des bus dans les départements du Val-de-Marne et des Hauts-de-Seine.
Problèmes de transports dans l’Hérault

   


Dans l’Hérault, où les principales difficultés se sont concentrées mercredi, la neige devrait être progressivement remplacée par la pluie dès la fin de nuit, selon Météo-France. Le département est sorti de l’alerte rouge et repassé vigilance jaune dans l’après midi.
Quelque 2 000 « naufragés de la route » ont été hébergés dans 35 centres ouverts pour les accueillir dans l’Hérault, dont 500 à Gignac, à 30 km au nord-ouest de Montpellier, selon la préfecture. Beaucoup d’entre eux ne pouvaient pas encore récupérer jeudi matin leurs voitures abandonnées sur les autoroutes A9 (Orange-Narbonne) et A75 (Clermont-Ferrand-Béziers). Environ 200 gendarmes ont été mobilisés dans le département pour les y aider.
Sur les autoroutes de l’Hérault, près de 2 000 voitures étaient encore bloquées jeudi matin, et les axes secondaires étaient encore très difficiles d’accès, voire impraticables à certains endroits, selon les gendarmes. La préfecture de l’Hérault comme les secours refusaient jeudi matin, comme la veille, de chiffrer les voitures immobilisées. « La tête de bouchon est en train de se résorber doucement », a assuré la préfecture de l’Hérault, jointe par l’Agence France-Presse.
A Montpellier, les tramways ont circulé difficilement et les vols étaient interrompus, comme à Biarritz. A Pau, de nombreux vols ont été annulés. En raison de l’alerte rouge, l’ensemble des établissements recevant du public seront fermés jeudi dans la métropole de Montpellier : crèches, haltes-garderies, centres de loisirs, piscines, médiathèques, maisons pour tous, halles et marchés, mairies annexes.
Phénomène rare sur les plaines de l’ex-Languedoc-Roussillon, la neige a recouvert la place de la Comédie et le parc du Peyrou à Montpellier, mais aussi la plage de Palavas-les-Flots, le port de Sète, les allées Paul-Riquet de Béziers ou les arènes de Nîmes.
Redoux spectaculaire attendu dans le Sud-Ouest
Dans le Gard, les dernières voitures bloquées sur l’A9 par la neige quittaient dans la soirée l’autoroute, a fait savoir la préfecture, ajoutant que « compte tenu des conditions climatiques, la circulation des semi-remorques de transport de marchandises de plus de 7,5 tonnes est interdite jusqu’à jeudi 10 heures sur l’ensemble des routes nationales et départementales ».
Dans les Bouches-du-Rhône, l’A54 a été fermée à 18 heures dans les deux sens de circulation entre Salon-de-Provence et Saint-Martin-de-Crau.

   


Dans le Sud-Ouest, l’épisode neigeux a aussi été très marqué mercredi matin, notamment dans les Landes. A Biarritz, des baigneurs ont dû traverser la plage enneigée pour se mettre à l’eau. A Saint-Jean-de-Luz, 5 à 10 cm de neige sont tombés en bord de mer. Une fine pellicule de neige a recouvert la dune du Pyla, la plus haute d’Europe (110 mètres), à la grande surprise des touristes.
Météo-France prévoit dès jeudi un redoux spectaculaire sur un vaste quart Sud-Ouest, avec 17 °C attendus à Tarbes et à Biarritz. Dans le nord de la France, les températures seront aussi en hausse jeudi mais elles resteront assez basses, à peine 1 à 2 °C jeudi après-midi à Lille, Strasbourg, Mulhouse, des températures très inférieures aux normales de saison.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Une frénésie d’achat de papier toilette s’est emparée de Taïwan depuis la mi-mars. A l’origine de cet affolement : l’annonce par les fabricants d’une hausse des prix imminente.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté a saisi en urgence le gouvernement pour mettre fin à des violations de la dignité et des droits des patients
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/02/2018
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Psychiatrie : des « traitements inhumains » à l’hôpital de Saint-Etienne

Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté a saisi en urgence le gouvernement pour mettre fin à des violations de la dignité et des droits des patients



Le Monde
 |    01.03.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 10h39
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



   


La dernière fois que le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) avait fait usage de la procédure d’urgence pour alerter publiquement le gouvernement sur une situation qu’il jugeait alarmante, c’était en décembre 2016 au sujet de la prison de Fresnes (Val-de-Marne), notoirement insalubre et occupée à plus de 200 %. Les mêmes termes de « traitement inhumain ou dégradant » se retrouvent aujourd’hui sous sa plume au sujet des conditions de vie de certaines personnes hospitalisées au pôle de psychiatrie du centre hospitalier universitaire (CHU) de Saint-Etienne.
Les constats établis lors d’une visite réalisée du 8 au 15 janvier, résumés dans ses recommandations publiées au Journal officiel (JO) du jeudi 1er mars, sont édifiants. Faute de lits disponibles en psychiatrie, certains patients sont « stockés » au service des urgences. Au moment du passage de l’équipe de contrôleurs de l’autorité indépendante, cinq patients relevant de la psychiatrie se trouvaient ainsi aux urgences générales du CHU depuis trois ou sept jours. « Ils n’avaient pu ni se laver, ni se changer, ni avoir accès à leur téléphone portable », écrit Adeline Hazan, la contrôleuse générale.
« Pratique générale d’isolement et de contention »
Au total, les urgences de l’hôpital accueillaient, à la mi-janvier, vingt patients de psychiatrie, dont treize étaient sur des brancards dans les couloirs. Sept personnes « faisaient l’objet de contentions au niveau des pieds et d’une ou des deux mains », qu’elles soient sous le régime de l’hospitalisation sans consentement ou en soins libres.
Depuis sa nomination en 2014, Adeline Hazan a accentué l’inspection, en plus des établissements pénitentiaires, des lieux de privation de liberté que sont aussi les hôpitaux et les unités psychiatriques. Son objectif est que chaque établissement soit visité au moins une fois d’ici la fin de son mandat, en 2020. Aucun signalement n’avait attiré son attention sur le CHU de Saint-Etienne avant sa visite de routine.

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                « Troubles psychiques et problèmes de santé mentale ne sont plus seulement des questions de santé »



Dans le service de psychiatrie (216 lits) de l’établissement de la Loire, la situation ne semble pas plus conforme au droit. « Une patiente non agitée mais souffrant de troubles compulsifs est ainsi placée en isolement dans sa chambre ordinaire depuis plusieurs mois, avec porte des toilettes fermée à clé et quatre sorties d’un quart d’heure autorisées par jour pour fumer », note le CGLPL. En l’absence de « projet médical de pôle », l’hôpital recourt de manière abusive à « une pratique générale d’isolement et de contention ».
« Le patient, un sujet de droit »
Selon les règles publiées en mars 2017 par la Haute Autorité de santé, un patient susceptible d’être dangereux pour lui-même ou pour les autres ne devrait pas être enfermé plus de douze heures et attaché plus de six, même si des prolongations limitées sont possibles. Au CHU de Saint-Etienne, l’isolement et la contention sont décidés « de manière fréquente » pour des durées de plusieurs jours.
« En matière de psychiatrie, le patient ne doit plus être un objet de soins, mais un sujet de droit », a l’habitude de dire la contrôleuse générale. Elle dresse une liste de recommandations pour faire cesser « immédiatement » ces violations de la dignité et des droits des patients. Le ministère de la santé, qui avait trois semaines pour lui répondre avant publication au JO, ne l’a pas encore fait. En revanche, le CGLPL a reçu un courrier du directeur de l’hôpital qui témoigne « d’une réelle volonté de changement ».



                            


                        

                        

