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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Agrégé d’histoire, Pierre Milza avait consacré sa thèse aux relations franco-italiennes à la fin du XIXe et au début du XXe siècles.
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L’historien Pierre Milza est mort

Agrégé d’histoire, Pierre Milza avait consacré sa thèse aux relations franco-italiennes à la fin du XIXe et au début du XXe siècles.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 17h49
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 17h56
   





                        



   


L’historien Pierre Milza, né le 16 avril 1932 à Paris, s’est éteint à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) mercredi 28 février, à l’âge de 85 ans. Son fils, Olivier Milza de Cadenet, également historien, a annoncé la mort de son père dans un hommage publié sur son compte Facebook :
« Historien du fascisme italien, des relations internationales et de l’immigration italienne en France, il fut aussi le biographe d’hommes qu’il admirait ou dont l’existence le passionnait (Verdi, Voltaire, Mussolini, Napoléon III...). (...) L’homme de gauche, d’une sincérité totale, sut, avec la rigueur intellectuelle qui fut sans doute la marque du grand universitaire qu’il demeurera, s’éloigner de la passion communiste quand il en découvrit les ressorts totalitaires, et accompagner les douloureuses mutations du socialisme français. »
Une monumentale histoire de l’immigration italienne
Agrégé d’histoire, Pierre Milza avait consacré sa thèse, dirigée par Jean-Baptiste Duroselle, aux relations franco-italiennes à la fin du XIXe et au début du XXe siècles. Fils d’un immigré italien, il avait publié une monumentale histoire de l’immigration italienne en France, dans Voyage en Ritalie (Plon, 1993).
Professeur émérite des universités à l’Institut d’études politiques de Paris, Pierre Milza avait également enseigné à Florence, Parme et Genève. Président d’honneur de la Revue d’histoire moderne et contemporaine, il a dirigé le centre d’histoire de Sciences Po et présidé le Comité franco-italien d’études historiques et le Centre d’études et de documentation sur l’émigration italienne (CEDEI).
Il fut également l’auteur de nombreux manuels, en collaboration avec Serge Berstein, dont L’Italie contemporaine. Des nationalistes aux Européens, (Armand Colin, 1973) et Dictionnaire historique des fascismes et du nazisme (éd. André Versaille, 2010), ainsi que Histoire de l’Europe contemporaine, (Hatier, 2002). Modèles de rigueur et de clarté, les « Milza-Berstein » ont été la bible de nombreux étudiants de Sciences Po et et de khâgne.

        Lire :
         

          Concours d’entrée à Sciences Po : quelques conseils pour l’épreuve d’histoire






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Notre choix du soir. A travers un périple de six mois en France et à l’étranger, Benoît Bringer met en évidence des initiatives respectueuses de l’environnement et des animaux (sur France 5 à 20 h 55).
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TV – « Faut-il arrêter de manger les animaux ? »

Notre choix du soir. A travers un périple de six mois en France et à l’étranger, Benoît Bringer met en évidence des initiatives respectueuses de l’environnement et des animaux (sur France 5 à 20 h 55).



Le Monde
 |    28.02.2018 à 17h45
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 17h50
    |

                            Camille Langlade








                        


Documentaire sur France 5 à 20 h 55



D’ici à 2050, si nous continuons à produire et à consommer de la viande comme nous le faisons aujour­d’hui, l’humanité aura besoin d’une demi-planète de plus. C’est par ce constat, glacial, que débute le film de Benoît Bringer. Réchauffement climatique, traitement indigne des animaux, produits cancérigènes : l’agriculture intensive à l’œuvre dans les pays industrialisés pose de sérieux problèmes de consommation et d’environnement.
Alors que des organismes génétiquement modifiés (OGM) interdits en Europe viennent d’être découverts dans des aliments pour animaux en France, Faut-il arrêter de manger les animaux ? arrive à point nommé. Cette enquête, à la fois personnelle et universelle, part d’une épiphanie : celle de Benoît Bringer, journaliste d’investigation (Prix Pulitzer avec l’équipe des « Panama Papers »), qui, à la naissance de son fils, s’inquiète pour son futur et surtout celui de son assiette. Un autre mode de consommation de la viande, viable, est-il encore possible ? Pour répondre à cette question, Benoît Bringer, à la manière de Cyril Dion et de Mélanie Laurent dans le film Demain (2015), a parcouru pendant six mois le monde, à la rencontre d’hommes et de femmes qui pratiquent une agriculture plus respectueuse des bêtes et de la nature.
Vertigineux et éloquents
Du Midwest américain à la Suède, en passant par la Corse, le film présente différentes alternatives aux méthodes industrielles conventionnelles. Dans les plaines portugaises, les champs arides, rendus infertiles par l’agriculture intensive, font face aux étendues boisées d’Alfredo Cunhal. Ce fermier a adopté l’agroforesterie, une « coopération avec la nature » associant animaux, arbres et maraîchage. L’agroforesterie avec les circuits courts ou encore les abattoirs mobiles sont autant de techniques qui redéfinissent les contours de l’élevage.
La démarche de M. Bringer n’est pas sans rappeler celle de Jonathan Safran Foer dans Faut-il manger les animaux ? (éd. de L’Olivier, 2011). Mais son film ne joue pas sur les images-chocs, à la manière des vidéos de l’association de protection animale L214. Pas besoin de sensationnalisme, les chiffres, vertigineux, sont éloquents. Cinq milliards de poussins mâles sont tués chaque année dans le monde. En France, 80 % des poulets ne voient pas la lumière du jour. Pour une barquette de 500 grammes de crevettes en supermarché, 12 kg d’animaux marins ont été tués.

   


En contrepoint de ces constats alarmants, le documentaire de Benoît Bringer se veut bienveillant et optimiste. Pour les acteurs de ce changement, une autre agriculture est possible. Et c’est d’abord au citoyen d’user de son pouvoir de consommateur pour changer la donne. Autrement dit, manger de la viande de meilleure qualité – certes plus chère –, mais à une fréquence réduite.
Malgré une introduction quelque peu sentimentale, Benoît Bringer livre une enquête passionnante et finement réalisée, sans jamais céder au militantisme ou à la caricature. Ni idéaliste ni moralisateur, Faut-il arrêter de manger les animaux ? ne prétend pas apporter de remède miracle, mais une partie de la solution, et c’est déjà pas mal. Les alternatives proposées, bien qu’imparfaites et encore peu nombreuses, ont au moins le mérite d’exister, et leurs artisans espèrent en faire la norme de demain.
Faut-il arrêter de manger les animaux ?, de Benoît Bringer (France, 2018, 65 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ A voir aussi ce soir. Le réalisateur Diao Yinan mêle à une intrigue de polar un propos politique et métaphysique (sur OCS City à 20 h 40).
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TV – « Black Coal » : le corps social chinois éparpillé façon puzzle

A voir aussi ce soir. Le réalisateur Diao Yinan mêle à une intrigue de polar un propos politique et métaphysique (sur OCS City à 20 h 40).



Le Monde
 |    28.02.2018 à 17h30
    |

            Jacques Mandelbaum








                        


Film sur OCS City à 20 h 40

Black Coal démarre avec la découverte progressive des membres d’un cadavre éparpillés dans toute la Mandchourie. Le corps appartenait, selon toute vraisemblance, à l’employé d’une carrière. Voilà d’emblée un exemple de l’intelligence du cinéma de Diao Yinan, qui redouble un motif classique d’intrigue criminelle (la pièce à conviction horrifique) par un constat politique et métaphysique (le démembrement de la classe ouvrière, l’atomisation de l’individu dans la Chine actuelle).
Là-dessus, il faut enquêter. Un homme, qu’on a vu se séparer de sa femme sur un quai de gare, se révèle être celui de la situation. L’inspecteur Zhang Lili est sur l’affaire. Renseignements, suspects, filatures, surveillance en bagnole : on est ici dans l’ordinaire du polar.
Et, malgré tout, pas tout à fait. Un tempo de tango empêche la partition prévue, trouble la routine. Le cinéma asiatique est coutumier de ce travail plastique et narratif. Selon toute apparence, l’enquête n’a pas abouti. Zhang a cessé d’être flic, il boit, il semble en piteux état. Le hasard le fait tomber sur son collègue de l’époque, qui travaille sur une affaire impliquant de nouveau l’assassinat de deux mineurs. C’est reparti. Et Zhang s’immisce.
Arme de séduction obscure
Une piste se fait jour du côté d’une teinturerie où travaille ­la veuve, désirable, de la première victime. Zhang va l’hameçonner, à moins que ce ne soit le ­contraire.
Séance de patin à glace, par ailleurs arme d’un crime. Séance de cinéma, par ailleurs arme de séduction obscure. Séance de Luna Park triste, par ailleurs idéale pour s’envoyer en l’air. Un mec, apparemment dangereux, les suit, lui-même suivi par un flic. Et puis une autre piste s’ouvre du côté d’un bar nommé Feu d’artifice en plein jour, où officie une maîtresse femme en bottes vertes. On aimerait pouvoir dire aux téléspectateurs que tout s’éclaircira bientôt. Ce n’est pas entièrement le cas.
Délicatement déposé dans la boue de la Chine provinciale et industrielle, glacé par la neige, assourdi par le ciel cotonneux, battant d’une poésie dépressionnaire de fête foraine, Black Coal raconte finalement l’histoire d’un crime qui en cache un autre. Une atmosphère et un sujet légitimes pour un film qui en cache un autre.
Black Coal, de Diao Yinan. Avec Liao Fan, Gwei Lun Mei, Wang Jingchun (Chine, 2014, 106 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Militant communiste, l’auteur rédige « Mourir après le jour des Rois » dans les années 1940 en attendant, avec d’autres républicains, le peloton franquiste. Un témoignage incandescent qui paraît aujourd’hui en français.
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édition abonné


L’hommage de Manuel de la Escalera aux victimes de Franco

Militant communiste, l’auteur rédige « Mourir après le jour des Rois » dans les années 1940 en attendant, avec d’autres républicains, le peloton franquiste. Un témoignage incandescent qui paraît aujourd’hui en français.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 17h24
    |

                            Ariane Singer (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Mourir après le jour des Rois (Muerte despues de reyes), de Manuel de la Escalera, traduit de l’espagnol (Mexique) par Marie-Blanche Requejo Carrio, Christian Bourgois, 208 p., 15 €.

Noël 1944. Manuel de la Escalera attend d’être fusillé. « Cette nuit nous avons enfin dormi entre les murs blanchis du cube que l’on nous réserve pour ultime domicile. De là, dans le petit matin noir d’un jour d’hiver, nous passerons, par la fumée des armes, à une autre géométrie, de terre, cette fois », note l’écrivain et cinéaste.
Engagé aux côtés de l’armée républicaine pendant la guerre d’Espagne (1936-1939), ce militant communiste, né au Mexique en 1895, a été une première fois arrêté par les forces franquistes après la chute des Asturies (1937). Condamné pour avoir créé plusieurs ciné-clubs prolétariens et tourné des documentaires de propagande, il s’évadera puis sera repris quelques années plus tard. Quand le récit commence, il vient de repasser devant le Conseil de guerre et d’être condamné à mort. Son crime ? Avoir tenté de se suicider et, ce faisant, de « fuir la justice ».

C’est sa détention dans le couloir de la mort de la prison d’Alcala de Henares, et celle de ses compagnons d’infortune, que décrit l’auteur dans Mourir après le jour des Rois, son livre phare, conçu dès ses premières lignes comme un témoignage historique sur les exactions franquistes. Publié pour la première fois sous pseudonyme au Mexique en 1966, cet ouvrage, parfois comparé au Dernier jour d’un condamné, de Victor Hugo (1829), paraît aujourd’hui en France.
« Farce tragique »
Dans ce journal de bord écrit en captivité, entre le 15 décembre 1944 et le 17 janvier 1945, et enrichi de six textes écrits postérieurement, transparaît l’urgence de relater dans leurs moindres détails les dernières journées des détenus. Ou du moins les avant-dernières, car une trêve de Noël leur offre un court...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ A l’initiative d’une fondation britannique, près de cinquante événements musicaux se sont engagés à élaborer des programmations égalitaires d’ici à 2022.
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45 festivals de musique s’engagent pour l’égalité femmes-hommes

A l’initiative d’une fondation britannique, près de cinquante événements musicaux se sont engagés à élaborer des programmations égalitaires d’ici à 2022.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 15h34
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 18h37
    |

                            Brice Laemle








                        



   


Le constat des programmations « ultratestostéronées » des festivals de musique n’est pas nouveau, mais la prise de conscience est désormais de rigueur. Lundi 26 février, quarante-cinq festivals américains et européens se sont engagés à combattre les inégalités de genres en promettant un partage équilibré femmes-hommes dans leurs programmations, jurys, commissions, et conférences d’ici à 2022.

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                #MaintenantOnAgit : des actrices se mobilisent avant les Césars contre les violences faites aux femmes



En France, le Midem, grand rendez-vous annuel cannois de l’industrie musicale, et le Worldwide Festival, à Sète, ont pris cet engagement. C’est aussi le cas des BBC Proms, célèbre festival de musique classique organisé à Londres, et de l’A2IM Indie Week, organisée à New York par l’association américaine de la musique indépendante.
Les festivals canadiens sont bien représentés dans cette liste, avec notamment la Canadian Music Week de Toronto et North by North East. Enfin, on trouve parmi les huit premiers signataires de l’initiative Iceland Airwaves, le festival rock et electro de Reykjavik, et The Great Escape, qui a lieu à Brighton en Grande-Bretagne.
« Un très mauvais service en maintenant le statu quo »
A l’origine de cette promesse ambitieuse, la fondation britannique PRS a choisi de mobiliser en ligne à travers le programme « Keychange », qui vise à aider les femmes à transformer l’industrie musicale.
« J’espère que ce sera le début d’un secteur plus équilibré qui engendrera des bienfaits pour tout le monde », a expliqué Vanessa Reed, dirigeante de la fondation, citée par l’AFP. Selon elle, les femmes n’ont représenté en 2017 que 26 % de la programmation des festivals britanniques. La dirigeante précise dans un communiqué de presse que le choix de se focaliser sur les inégalités de genres dans la musique coïncide avec « le centenaire du droit de vote pour certaines femmes [à partir de l’âge de 30 ans] au Royaume-Uni ».

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                De la nécessité de voir le sexisme comme un système



Plusieurs artistes et producteurs ont également soutenu l’initiative. A l’image d’Emily Eavis, organisatrice de l’important festival britannique de Glastonbury, de Tony Visconti, célèbre producteur de David Bowie, ou encore de Shirley Manson, la charismatique chanteuse du groupe Garbage. Cette dernière a ainsi déclaré :
« Je reste totalement indignée par les statistiques déprimantes entourant la représentation féminine dans tous les aspects de l’industrie musicale mondiale. Nous rendons un très mauvais service, non seulement aux femmes de toutes les races et de tous les milieux socio-économiques, mais à tous les genres, à la culture et à la société en général en permettant le maintien du statu quo. »
« Ne serait-ce pas génial pour nous tous de voir davantage d’égalité entre hommes et femmes sur scène et dans les jurys dans un proche avenir ? » s’est également questionné Tony Visconti.
Encore beaucoup de chemin à parcourir
L’initiative Keychange, qui espère arriver à une centaine d’événements engagés d’ici à la fin de l’année, a justement ses limites. Elle n’inclut pas de nombreux festivals, dont les plus célèbres, qui présentent souvent des hommes en têtes d’affiche. En avril, le festival californien de Coachella aura par exemple une seule femme, Beyoncé, parmi ces trois têtes d’affiche.

https://t.co/ivjHgj9uae— coachella (@Coachella)


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Le 23 janvier, Lily Allen avait frappé fort en dénonçant le déséquilibre femmes-hommes dans la programmation du festival londonien Wireless. « La lutte est réelle », avait écrit la chanteuse sur Twitter en l’accompagnant d’une photographie.
Celle-ci reprenait l’affiche (quasi complète) de la programmation de l’événement musical, qui se déroule chaque été depuis 2005. Avec une modification de taille, Lily Allen avait supprimé tous les artistes masculins de l’affiche. Résultat : sur trente-sept artistes et groupes annoncés, seuls trois noms féminins — Mabel, Cardi B, Lisa Mercedez — restaient visibles. Son message a jusqu’ici été partagé plus de 2 700 fois.

The struggle is real https://t.co/R58zKuCaK2— lilyallen (@Lily)


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« C’est épouvantable. Très très gênant », avait réagi la programmatrice, DJ et animatrice respectée de la BBC Radio One. Paul Pacifico, président de l’Association de la musique indépendante, qui regroupe plusieurs labels indépendants, qualifiait cette programmation d’« absurde » sur la BBC :
« La moitié de la population est féminine, la moitié des personnes qui viendront seront des femmes — cela semble absurde que le festival Wireless n’ait pas conçu une programmation un peu plus équilibrée. »

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                Les violences sexuelles, fléau des festivals suédois



Le chemin à parcourir semble encore long. En juin 2017, une étude réalisée sur 600 groupes et artistes au programme de quatorze festivals britanniques laissait apparaître que huit têtes d’affiche sur dix étaient masculines, relevait alors la BBC.

   


Cette initiative s’inscrit dans un contexte où de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer le sexisme institutionnel dans l’industrie du divertissement et dans le reste de la société. Le mouvement de libération de la parole des femmes, provoqué par l’affaire Harvey Weinstein, a atteint le monde de la musique, où plusieurs hommes ont été accusés de harcèlement et d’agression sexuelle.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Lauréate du prix Aware récompensant les artistes femmes, l’artiste nourrie aux sons de Nina Hagen et Cathy Berberian expose au Centre d’art contemporain Chanot, à Clamart jusqu’au 25 mars.
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Violaine Lochu, performeuse polyphonique


                      Lauréate du prix Aware récompensant les artistes femmes, l’artiste nourrie aux sons de Nina Hagen et Cathy Berberian expose au Centre d’art contemporain Chanot, à Clamart jusqu’au 25 mars.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 14h44
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 14h46
    |

                            Roxana Azimi








   


Est-elle femme oiseau ou femme à barbe, chanteuse klezmer ou artiste féministe ? Violaine Lochu est tout cela à la fois. Une identité plurielle qui contribue à la petite renommée de cette performeuse de 30 ans, qui a fait de la voix son instrument. Lauréate du dernier prix Aware, qui récompense les artistes femmes, elle expose actuellement au Centre d’art contemporain Chanot, à Clamart.
Petite, elle jouait du piano, sans prétention. A 18 ans, elle veut sortir du carcan classique. Etudiante aux beaux-arts de Cergy, elle passe ses étés à sillonner l’Europe, accordéon en bandoulière, en quête d’autres sonorités. A Lecce, dans les Pouilles, elle succombe à la pizzica pizzica, une danse dérivée de la tarentelle. En Bulgarie, la voilà sous le charme des polyphonies. A 24 ans, elle embrasse la musique klezmer, apprend le yiddish, avant de s’immerger… chez les Sami de Laponie.
« Je ne cherche pas une synthèse, mais un point de jonction, quand ma voix et celle de l’autre finissent par former une troisième voix. »
Aujourd’hui, elle se nourrit tout autant aux sons de Nina Hagen, Cathy Berberian et Meredith Monk. Sa force ? Une curiosité tous azimuts, doublée d’une grande empathie. « Je me plonge à 500 % dans les choses, je me laisse peupler par les sons et j’en ressors avec des formes, résume-t-elle. Je ne cherche pas une synthèse, mais un point de jonction, quand ma voix et celle de l’autre finissent par former une troisième voix. » 
Dans ses performances proches de la poésie sonore, sa voix se fait élastique, culmine dans les aigus, crisse en larsen ou chuinte en murmure. Tout aussi agile, son corps devient tour à tour minéral, animal ou végétal, brouille les identités. Les questions de genre la taraudent. Dans la performance T (h) race, elle réinvente la langue des Amazones à partir d’Histoires d’Hérodote et de l’essai Ce sexe qui n’en est pas un, de la linguiste féministe Luce Irigaray. « Mon féminisme, c’est celui d’Irigaray ou de Donna Haraway, explique la jeune femme. Je refuse la domination dans son ensemble, d’un sexe sur un autre, mais aussi de l’homme sur la nature, les animaux. »
Selon elle, l’art se conjugue au pluriel, avec des complices tels que le musicien Julien Desprez ou l’artiste Guillaume Constantin, qui a mis en espace son exposition à Clamart. L’esprit collectif infuse d’ailleurs sa performance Le Cri du chœur, qui aura lieu le 16 mars à l’espace d’art contemporain La Terrasse, à Nanterre, dans le cadre des commémorations de Mai-68. Ou comment, résume-t-elle, « un cri peut faire voix commune, corps commun ».
« Hypnorama », de Violaine Lochu, Centre d’art contemporain Chanot, 33, rue Brissard, Clamart (Hauts-de-Seine). Jusqu’au 25 mars. www.clamart.fr



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Ses œuvres évoquent généralement le quotidien des Japonais au fil de l’histoire. « Le Goût d’Emma », qui sort mercredi en France, se penche quant à lui sur l’histoire de la première inspectrice du « Guide Michelin ».
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ L’œuvre, qui symbolise la réconciliation après la guerre du Biafra, est estimée entre 250 000 et 350 000 euros.
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Une peinture nigériane disparue depuis quarante ans refait surface à Londres



Le Monde.fr avec Reuters
              datetime="2018-02-28T12:38:49+01:00"

        Le 28.02.2018 à 12h38

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        Mis à jour le 28.02.2018 à 13h05






Durée : 01:40 | 

Peint en 1970 par l’artiste moderne nigérian Ben Enwonwu, un tableau représentant la fille du dernier chef traditionnel de la ville d’Ife, Adetutu Ademiluyi, a été retrouvé dans un appartement modeste du nord de Londres près de quarante ans après sa disparition. Cette peinture, qui symbolise la réconciliation après la guerre du Biafra, est mise aux enchères mercredi 28 février. L’œuvre est estimée entre 250 000 et 350 000 euros.


                

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Ce défenseur des langues minoritaires traduisit et édita de nombreux auteurs occitans, catalans et espagnols.
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Mort de Bernard Lesfargues, poète et traducteur

Ce défenseur des langues minoritaires traduisit et édita de nombreux auteurs occitans, catalans et espagnols.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 12h18
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 13h03
    |

                            Philippe-Jean Catinchi








                        



                                


                            
Poète célébrant tant l’occitan que le français, éditeur militant et traducteur pionnier, Bernard Lesfargues est mort vendredi 23 février à Saint-Médard-de-Mussidan (Dordogne) à l’âge de 93 ans.
De son enfance à Bergerac (Dordogne), où il naît le 27 juillet 1924, Abel Bernard Lesfargues (dès qu’il publie il choisira son dernier prénom plutôt que le premier, commun en Périgord) garde l’empreinte culturelle et linguistique qui décidera de ses choix et de ses engagements. Fils d’un marchand de bois et charbon, il grandit dans un quartier populaire, vivant et animé, tout en suivant une scolarité solide au petit séminaire de la cité périgourdine. Très tôt son goût pour la littérature l’affranchit du réel, s’évadant un livre à la main dans un cerisier comme dans une retraite idéale.
Au lendemain de la guerre, qui affecte peu la région, Bernard gagne Paris, élève en hypokhâgne, puis en khâgne, mais le sentiment de l’exil – il a, à l’heure de la Libération, sillonné à vélo sa région, visitant églises et châteaux à l’abandon comme une métaphore d’un pays en sommeil – le rapproche des cercles occitans de la capitale, où bientôt il se familiarise avec les phares de l’Institut d’Estudis Occitans (IEO), association culturelle fraîchement créée qui milite pour le maintien et le développement de la langue comme de la culture occitane : Pierre Bec, Max Rouquette, Bernard Manciet, Robert Lafont…
Le goût des aventures collectives
Mais Lesfargues a moins le souci de réussir que le goût des aventures collectives et des utopies fécondes. Dès avril 1946, le voilà à la tête d’une revue qui fait la part belle à la poésie et à la critique littéraire, Les Cahiers du Triton bleu, et connaîtra cinq livraisons en douze mois. Avec, dès le sommaire du n°2, un poème en langue d’oc de Robert Lafont. S’il écrit depuis l’adolescence – ses trois premiers poèmes publiés le sont dès 1942, dans le Bulletin de l’Amicale des anciens élèves du collège de Bergerac – le jeune Bernard...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ A La Marbrerie de Montreuil, l’ensemble L’Instant donné propose, une fois par mois, des concerts originaux.
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La musique contemporaine s’invite sur le dancefloor

A La Marbrerie de Montreuil, l’ensemble L’Instant donné propose, une fois par mois, des concerts originaux.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 09h46
    |

                            Marie-Aude Roux








                        



                                


                            

Ce sont les autres « Concerts du dimanche matin ». Pas les connus, que programme actuellement au Théâtre des Champs-Elysées, à Paris, la productrice Jeanine Roze depuis plus de quarante ans. Ceux-là sont plus confidentiels, et gratuits. Ils ont lieu chaque dernier dimanche du mois à La Marbrerie de Montreuil (Seine-Saint-Denis), une friche industrielle achetée et réhabilitée par un couple d’architectes, François Pin et Catherine Bizouard (son épouse et associée), lesquels ont confié la responsabilité de ce rendez-vous mensuel de musique contemporaine mécéné par la Société générale à L’Instant donné, un ensemble en résidence depuis 2017 dans ce lieu de la culture alternative ouvert un an plus tôt.
Ce 25 février, il fait déjà grand beau et grand froid. A quelques heures près, les premiers arrivants pour le concert de 11 heures auraient pu croiser les derniers partis de la veille, une soirée « Happy Milf Records Party » (funk, électro, new boogie) qui a mis le feu à un dance floor de 500 personnes jusqu’à plus de 4 heures du matin. Abou a eu du boulot pour tout nettoyer et ranger, mais les chaises sont alignées devant le plateau et, mis à part quelques fûts de bière empilés devant la régie, impossible de deviner un tel virage sur l’aile culturel.
On n’assiste pas à un concert mais à un atelier d’écoute dispensé par les musiciens eux-mêmes
La porte qui s’ouvre au numéro 21 de la rue Alexis-Lepère est modeste, tout comme la traversée entre sas, cage d’escaliers et couloirs qui mène à la salle de concerts, autrefois atelier principal de l’ancien local industriel de 1 500 mètres carrés. Deux ou trois familles avec poussettes et enfants, parfois en (très) bas âge, une poignée de retraités, une autre de passants occasionnels, le reste du public se confond avec celui de n’importe quelle salle de concerts. Rien à voir en tout cas avec celui de la « musique contemporaine », où tout le monde se connaît et se montre patte blanche avec le sentiment d’être une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Le circassien Clément Dazin a mis en scène et chorégraphié un ballet pour sept jongleurs.
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Cirque : « Humanoptère », folie cosmique de la jongle

Le circassien Clément Dazin a mis en scène et chorégraphié un ballet pour sept jongleurs.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 09h25
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

Des sons caverneux ronds comme des pierres grondent dans l’air. Un tir groupé d’hommes fond sur la scène noyée dans l’obscurité. Ils avancent en rangs serrés, petit escadron prêt à dégainer. Ils marchent avec un léger effet retard qui donne un tremblement magique à leur progression. Dans leurs poches, dans leurs mains, des balles blanches qu’ils lancent soudain à l’assaut de l’espace.
Ce surgissement du jonglage de la nuit des temps dans ses habits de lumière spectaculaires signe Humanoptère, mis en scène et chorégraphié par Clément Dazin. Pour sa première grosse production, ce jeune artiste passé par le Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne, créateur de son premier solo en 2013, a rassemblé sept jongleurs âgés de 23 à 54 ans – le plus jeune sort de l’école, le plus âgé a trente ans de carrière – pour faire cause commune. Le résultat, programmé du 2 au 17 février au Monfort Théâtre, à Paris, en collaboration avec le Théâtre de la Ville, est une envolée de sensations insolites dont la balle est le rouage.
L’attrait d’Humanoptère opère dans un subtil va-et-vient entre la force du groupe et la singularité de chacun. Qu’il s’agisse de jongler à l’unisson ou en contrepoint, de manipuler les balles au sol ou au contact du corps, le jonglage s’offre un paysage collectif puissant que la compétition, aussi ludique soit-elle, entre les interprètes n’altère pas. Chacun, qu’il soit cadré dans un faisceau de lumière ou dissimulé dans l’ombre, se distingue par son talent propre mais sans se séparer des autres.
Monologue intérieur
Dans cette balance entre communauté et individu, l’intime de la pratique, ce lien routinier avec la balle qui colle aux paumes des jongleurs, se devine entre les lignes graphiques du spectacle. La façon de jongler, très ramassée, au plus près de l’artiste que Clément Dazin valorise régulièrement, donne aux lancers en boucle la valeur d’un monologue intérieur. Elle fait aussi sentir au...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ L’humoriste présente un programme de quinze minutes, « Indéfendable », sur l’application Blackpills.
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Yassine Belattar lance son talk-show pour téléphone mobile

L’humoriste présente un programme de quinze minutes, « Indéfendable », sur l’application Blackpills.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 09h24
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 10h59
    |

            Sandrine Blanchard








                        



   


Quinze minutes pour « remettre du rire face au pire ». C’est ainsi que Yassine Belattar résume Indéfendable le programme court lancé, le 26 février, sur Blackpills, un service de vidéo à la demande en streaming qui produit, sur Internet, des formats courts destinés aux écrans mobiles. Après la scène (son stand-up Ingérable), la radio (« Les 30’glorieuses » sur Nova), la vidéo (« Les conneries de la semaine » sur YouTube) l’humoriste poursuit sa boulimie d’engagements en présentant du lundi au vendredi, un talk-show « citoyen » sur cette application créée par Daniel Marhely (cofondateur de Deezer), et Patrick Holzman (ex-Allociné et Canal+) avec le soutien de Xavier Niel (actionnaire du Monde à titre individuel).

        Lire le post de blog :
         

          Les (bonnes) conneries en vidéo de Yassine Belattar



Trois minutes de vannes, neuf minutes d’interview
Lors de cette émission filmée en noir et blanc et enregistrée sur la scène du Théâtre de Dix-Heures à Paris, Yassine Belattar reçoit, chaque soir, un stand-upper et une personnalité sur un sujet d’actualité. « Ce qui est bien chez les pauvres, c’est que l’héritage, ça va très vite : frangin, tu prends la télé, moi, je prends la télécommande », ironise-t-il sur la succession de Johnny Hallyday. Se succèdent l’humoriste Djamil Le Schalg pour trois minutes de vannes, puis l’ex-porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) Olivier Besancenot, pour neuf minutes d’interview « entre amis ».

        Lire, dans « M », un apéro avec Yassine Belattar :
         

          « L’ignominie de l’époque, c’est la surenchère »



Johnny, le football, la vague de froid, Indéfendable débute sur des thèmes « sans tension », reconnaît Yassine Belattar, plus habitué à s’emparer de sujets politiques et à manier un humour engagé. Considérant la télévision comme « une arène » où il s’est fait « piégé » parce qu’« on ne peut plus rien dire », l’humoriste – brièvement placé en garde à vue le 20 février pour « outrage sur personne dépositaire de l’autorité publique » – a, dit-il, « pris le maquis artistique ». Une formule excessive pour convaincre que, sur Blackpills, derrière le slogan « Souriez, tout va mal », la liberté d’expression sera totale. Pour l’heure, ce nouveau format cherche ses marques. Entre spectacle et discussion, les deux premiers épisodes ne suscitent pas de surprise.

        Lire le récit :
         

          Au Bataclan, Yassine Belattar fait revivre le rire devant Hollande






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Emma, tout juste promue inspectrice pour le célèbre « Guide Michelin », partage dans cet ouvrage dessiné par Kan Takahama ses premières expériences culinaires et professionnelles.
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Manga : « Le Goût d’Emma », dans la peau de la première inspectrice du « Guide Michelin »

Emma, tout juste promue inspectrice pour le célèbre « Guide Michelin », partage dans cet ouvrage dessiné par Kan Takahama ses premières expériences culinaires et professionnelles.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 08h59
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 16h42
    |

            Bernard Monasterolo








                        



   


C’est une curieuse alchimie qui compose Le Goût d’Emma et son alliage d’auteurs franco-japonais, Emmanuelle Maisonneuve pour le témoignage et Kan Takahama pour le dessin. On aurait cru que le Japon y prendrait plus de place, par le fait que la narratrice, première inspectrice du Guide Michelin, a tissé avec ce pays un rapport particulier. Mais aussi parce que le plus grand éditeur japonais, Kodansha, connu en France pour ses mangas, a été séduit très tôt par cette histoire, au point de la publier en avant-première au Japon. Ce manga est publié en France mercredi 28 février.

        Lire aussi :
         

                De l’histoire du Japon au « Guide Michelin » : Kan Takahama, la mangaka atypique



Les Japonais sont friands de ces récits culinaires, et de cette notion de terroirs immémoriaux qui sont souvent donnés en exemple d’une proximité culturelle forte avec la France. Et il est vrai que la description de ces merveilles gastronomiques nous parle en profondeur de nos traditions, réveille notre appétit, et fait bien travailler notre géographie.
Mais non, le passage consacré au Japon est anecdotique, dans Le Goût d’Emma, comme une parenthèse dans le parcours initiatique de la narratrice.

   


Les aventures d’Emmanuelle Maisonneuve au sein du Guide Michelin ne pourraient être adaptées autrement qu’à l’écrit ou en bande dessinée, au risque de se voir amputées de ce qui fait tout leur sel : la description détaillée des procédés usités au Michelin, la peinture, littéralement, des spécialités gastronomiques, et la façon dont les choses doivent être en matière de bon goût.
Un trio qui pourrait n’être que descriptif mais qui s’agrémente d’une dimension humaine importante car le métier d’inspecteur du Michelin ne s’entend pas sans ses rencontres, parfois improbables. Celle des maîtres initiateurs, tout d’abord, qui vont instruire la jeune apprentie, mais aussi celle de tous les restaurateurs, hôteliers et personnels satellites qui, au-delà de la technicité pure de leur métier, viennent insuffler leur personnalité et leur philosophie personnelle dans la pratique de leur métier.

   


C’est tout cet univers que vient croquer Kan Takahama, déjà auteure de plusieurs ouvrages sur la société japonaise et le statut des femmes dans cette société (Le Dernier Envol du papillon, Tokyo, amours et libertés). Le choix coule de source tant les thématiques sont proches de celles d’Emmanuelle Maisonneuve : comment s’imposer dans un monde d’hommes, comment échapper aux jugements caricaturaux… Et sur le plan du dessin, Kan Takahama a déjà la réputation d’être la plus européenne des mangakas par un trait moins déformé par les banalités du manga japonais. Si on ne la connaissait pas, on ne saurait distinguer la patte japonaise de la dessinatrice.
On pourrait continuer à lire à l’infini ces chroniques de notre terroir, tout comme on peut regarder sans se lasser des photos de cuisine ou des émissions télévisées sur les secrets de cuistots. Le seul reproche peut-être à faire à l’ouvrage est d’être trop court. Comme dans Le Gourmet solitaire, de Jirô Taniguchi, on verrait bien notre héroïne errer indéfiniment dans les régions françaises et japonaises, et continuer de décrire ses expériences culinaires.
Le Goût d’Emma, d’Emmanuelle Maisonneuve, Julia Pavlowitch & Kan Takahama, Les Arènes BD, tome unique sorti le 28 février, 200 pages, 18 euros.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Héritier de Jack Smith et de Luis Buñuel, le cinéaste explore l’érotisme surréaliste et se joue des carcans.
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Bertrand Mandico, mage des désirs polymorphes

Héritier de Jack Smith et de Luis Buñuel, le cinéaste explore l’érotisme surréaliste et se joue des carcans.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 08h15
    |

            Isabelle Regnier








                        



                                


                            

Avec sa crinière de jais, son bouc sensuel savamment taillé, son regard doux et intense qui prend étrangement la tangente par instants, avec sa grosse bague en ivoire sculpté et ses écharpes soyeuses, Bertrand Mandico ne passe pas inaperçu. Les Garçons sauvages est son premier long-métrage, mais pas son coup d’essai. A 46 ans, ce dandy excentrique est l’auteur d’une œuvre proliférante et protéiforme (une trentaine de courts et de moyens-métrages au total), dont la liberté, l’esthétique « camp » à la fois ­sophistiquée et artisanale, les visions surréalistes empreintes d’un érotisme capiteux et tendanciellement burlesque lui valent depuis des années les honneurs de la cri­tique et des plus grands festivals.

Accaparé d’un côté par les avant-premières des Garçons sauvages, de l’autre par la postproduction de son nouveau moyen-métrage, Ultra-Pulp, Bertrand Mandico a passé les dernières semaines tendu comme un arc. Rien n’y paraît, toutefois, quand il reçoit dans l’ancien atelier de sculpture aux allures de jardin d’hiver où il a fait son nid, au dernier étage d’un immeuble ouvert sur les hauteurs de Montmartre, dans le 18e arrondissement parisien. L’histoire de ce lieu, hôtel bâti pour l’exposition universelle de 1925, où auraient résidé un temps les danseurs des Ballets russes, semble irriguer le cabinet de curiosités qu’il abrite aujourd’hui : une fabuleuse collection de dessins érotiques, d’animaux empaillés, de poupées plus ou moins flippantes, de plantes folâtres, de masques de monstres bulgares et autres grigris rapportés de voyages au bout du monde, de beaux livres aux titres sulfureux. Sans oublier, au milieu de la pièce, le totem des Garçons sauvages : un crâne humain serti de pierres précieuses multicolores.

Veine nippone
Pour cet esthète habité, l’esprit des lieux n’est pas une mince affaire. Encouragé par son producteur, l’intrépide Emmanuel Chaumet, Bertrand Mandico a d’abord...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Le conte initiatique de Bertrand Mandico, au noir et blanc lustré, oscille entre récit d’exploration et odyssée transformiste.
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« Les Garçons sauvages » : cinq mauvais garçons dans la jungle du masculin

Le conte initiatique de Bertrand Mandico, au noir et blanc lustré, oscille entre récit d’exploration et odyssée transformiste.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 08h13
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 08h16
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
Les épithètes pleuvent dès qu’il s’agit de qualifier le cinéma foisonnant de Bertrand Mandico : symboliste, ésotérique, érotomane, décadentiste, hétéroclite… Toutes lui conviennent, mais aucune ne décrit parfaitement cet art qui remonte au fondement du pacte cinématographique, où les coutures entre images et sons ouvrent autant de brèches vers l’imaginaire. Suggestifs, les films de Mandico le sont donc littéralement. Et c’est encore le cas des Garçons sauvages, son premier long-métrage après vingt ans d’aventures dans le domaine du court, conçu comme un grand jaillissement de formes et de textures, d’artifices et d’effets mis à nu, le tout s’agglomérant en une somptueuse pâte à modeler les fantasmes. Un formalisme débridé qui convoque les puissances du récit, pour dérouler bien plus qu’une simple histoire : un songe, une fantasmagorie, une bouffée délirante ou une chimère.

        Lire le portrait :
         

          Bertrand Mandico, mage des désirs polymorphes



Le film se présente sous la forme du conte initiatique, au noir et blanc lustré, entre récit d’exploration et odyssée transformiste. Une bande de cinq garçons, dans la fureur de l’adolescence, déchaîne une violence pulsionnelle sur leur professeure (Nathalie Richard), provoquant sa mort. En guise de correction, ils sont remis aux mains d’un capitaine hollandais (Sam Louwyck) qui les embarque sur son navire pour une éprouvante traversée. A terme, ils débarquent sur une île mystérieuse, à la géographie instable, où une nature luxuriante les entraîne sur la voie de plaisirs insoupçonnés, produisant sur eux d’étranges bouleversements. Ne seraient-ils pas les cobayes d’une expérience secrète, comme semble l’attester la présence d’un savant fou nommé Séverin (Elina Löwensohn) ? Leur séjour prolongé achève leur métamorphose : les garçons sont devenus des filles.
Masculinité en devenir
Ici comme dans les autres films de Bertrand Mandico, l’aventure se situe avant tout au niveau du sexe, dont il s’agit de brouiller les habituelles lignes de partage, pour mieux orchestrer l’expérience d’une pansexualité polymorphe. C’est d’ailleurs moins le changement de sexe en lui-même qui mobilise le film que la zone instable de fluctuation et de glissement conduisant d’un genre à l’autre.
Mais le coup de génie de Mandico est sans doute d’avoir confié les rôles des garçons violents à de jeunes actrices – Vimala Pons, Pauline Lorillard, Diane Rouxel, Anaël Snoek et Mathilde Warnier –, investissant l’androgynie de l’adolescence dans un numéro transformiste de haute volée. A elles cinq, elles dressent un formidable poste d’observation de la mascu­linité en devenir, aux prises avec ses rituels grégaires : rodomontades, goguenardise, vantardise, donjuanisme, priapisme, despotisme… Une masculinité perçue depuis le corps féminin, comme de l’extérieur. Leur transfor­mation consiste ainsi à décloisonner l’empire du phallus, pour ­élargir sa fonction érogène au corps tout entier, devenant dans sa métamorphose le réceptacle ­intégral du plaisir.
Mandico ne montre que ra­rement la sexualité de front, pré­férant stimuler un imaginaire érotique en la désignant par une série de litotes visuelles
Mandico ne montre que ra­rement la sexualité de front, pré­férant stimuler un imaginaire érotique en la désignant par une série de litotes visuelles. Ce faisant, l’idée du sexe contamine le monde alentour, rejaillit partout dans l’environnement des personnages, comme une hypostase miroitante du désir et de ses ­multiples configurations. A commencer par le décor du navire, qui, avec ses jougs, ses chaînes, ses entraves, ressemble à un théâtre sadomasochiste, où les pires sévices n’en attisent pas moins la concupiscence secrète des garçons. Ou encore cette jungle où se perd l’équipage, dont la végétation turgescente contient dans ses formes lascives une invi­tation à la débauche.
La forme baroque du film n’est, en elle-même, qu’une grande montée de sève : poudroiements, surimpressions, passages instantanés à la couleur, rétroprojections, bricolages visuels… Autant de procédés primitifs, réalisés à même le plateau, qui font revivre la candeur et la poésie illusionniste du cinéma muet. Leur prolifération pousse la pellicule dans ses retranchements, à travers une série d’états extatiques qui s’apparentent à la jouissance. Car, dans le cinéma de Bertrand Mandico, l’image est une zone érogène comme les autres, qui se prolonge et s’épanouit dans l’œil transi du spectateur.



Film français de Bertrand Mandico. Avec Pauline Lorillard, Vimala Pons, Diane Rouxel, Anaël Snoek, Mathilde Warnier et Elina Löwensohn (1 h 50). Sur le Web : www.eccefilms.fr/LES-GARCONS-SAUVAGES et fr-fr.facebook.com/bertrandmandicofilms



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ A travers l’objectif d’une jeune photographe, le cinéaste Mehdi Ben Attia dresse un portrait composite de la jeunesse tunisienne.
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« L’Amour des hommes » : regarde les hommes poser

A travers l’objectif d’une jeune photographe, le cinéaste Mehdi Ben Attia dresse un portrait composite de la jeunesse tunisienne.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 08h12
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Amel (Hafsia Herzi), jeune photographe tunisienne, vient de perdre son mari dans un accident. Terrassée par le deuil, elle est accueillie par la famille du défunt et épaulée par son beau-père, qui l’encourage dans sa pratique artistique. Pour conjurer son chagrin, elle entame une série de photographies mettant en scène de jeunes hommes dénudés qu’elle choisit au hasard dans les rues de Tunis. Devant L’Amour des hommes, troisième long-métrage du réalisateur et scénariste tunisien Mehdi Ben Attia, on saisit très vite qu’à l’origine du projet préside le désir d’une interversion : celle de donner à un personnage féminin le statut de sujet désirant, et à la gent masculine, celui d’objet du désir.
Si le geste est louable, il n’épuise pas tout l’intérêt suscité par le film, dont l’intelligence réside précisément dans la manière dont ce fantasme d’interversion, loin d’être souverain, se trouve sans cesse confronté à la réalité des rapports entre hommes et femmes dans la société tunisienne. Car on pourrait penser que lorsqu’elle photographie, Amel est dans sa bulle, exerçant sa pratique sans aucune entrave morale. Quant aux hommes qui la suivent, ils se prennent au jeu de son désir à condition d’être isolés.
Suspense érotique
Lors d’une très belle séquence, un ancien ami de son mari accepte de poser pour elle en plein après-midi, dans l’appartement déserté des beaux-parents. A sa demande, le jeune homme se dénude lentement. La scène, très érotique, laisse planer un doute : on ne sait pas si on assiste aux prémices d’un rapport sexuel dont le prétexte serait une séance de travail. Le doute reste entier avec l’arrivée des beaux-parents, sidérés de voir dans leur salon leur bru penchée sur un homme à moitié nu.
Malicieusement, Mehdi Ben Attia agrippe l’attention par un suspense érotique qui ne laisse jamais savoir comment se termineront les séances photo, toujours interrompues pour des raisons différentes. Ces instants que l’on pensait suspendus et à l’abri du monde et des regards se révéleront poreux et précaires, l’air extérieur s’y engouffre tellement que ces séances figurent peu à peu un portrait composite de la jeunesse tunisienne. Toute une galerie de personnages défilent devant l’appareil d’Amel, et la diversité de leurs réactions permet au film de ne jamais figer son propos et d’échapper à une lecture binaire qui ferait de la jeune femme un ange et des personnages masculins des prédateurs en puissance.
A tous les niveaux, Mehdi Ben Attia cultive savamment l’ambiguïté, renverse ce qui avait l’air fixé pour de bon
A tous les niveaux, Mehdi Ben Attia cultive savamment l’ambiguïté, renverse ce qui avait l’air fixé pour de bon. Ainsi, le désir d’Amel n’est peut-être qu’un outil de travail comme un autre qui lui permet d’obtenir ce qu’elle veut de ses modèles. Quant à son appareil, il est un bouclier qui lui permet de tenir les hommes à distance, mais qui peut aussi se retourner contre elle et la fragiliser. Femme photographiant des hommes, Amel prend inévitablement le risque de devenir l’objet d’un désir dont elle ne veut pas, mais c’est dans ce risque que se loge toute la valeur de son projet.
De ce dispositif ludique, le cinéaste tire ainsi une matière infiniment riche dont la complexité tient à la faculté de retournement permanent. Ainsi du très beau personnage du beau-père (Raouf Ben Amor), patriarche cultivé et ouvert d’esprit, complice et mécène de la photographe, que la frustration sexuelle rendra pourtant violent. Ni Amel ni le film ne le condamneront, car Mehdi Ben Attia est bien trop affairé à déjouer habilement les attentes pour s’octroyer le droit de juger ses personnages. Entre le noir et le blanc, L’Amour des hommes a la grande délicatesse de s’en tenir au gris.

Film français et tunisien de Mehdi Ben Attia. Avec Hafsia Herzi, Raouf Ben Amor, Haythem Achour (1 h 45). Sur le Web : www.epicentrefilms.com/L-Amour-des-hommes-Mehdi



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Le premier long-métrage de Marie Garel-Weiss documente par la fiction le quotidien d’un centre de désintoxication.
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« La fête est finie » : Clémence Boisnard et Zita Hanrot donnent corps à la marginalité

Le premier long-métrage de Marie Garel-Weiss documente par la fiction le quotidien d’un centre de désintoxication.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 08h09
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 12h29
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Céleste, jeune toxicomane, est admise dans un centre de désintoxication. Elle fait la connaissance de Sihem, qui vient d’intégrer le centre en même temps qu’elle, une jeune femme très solitaire qui refuse de se mêler au reste du groupe. Peu à peu, Sihem et Céleste deviennent inséparables, au risque d’être montrées du doigt par les soignants qui y voient un obstacle à leur guérison. Après s’être échappé du centre en pleine nuit pour dévorer un kebab, les deux amies en seront définitivement exclues. Livrées à elles-mêmes dans une petite chambre, elles devront survivre et tenter par la seule force de leur volonté de ne pas replonger dans leurs anciennes addictions.
Premier long-métrage de Marie Garel-Weiss, La fête est finie documente par la fiction le quotidien d’un centre de désintoxication rythmé par des séances de thérapies de groupe qui deviendront vite bien trop étriquées pour accueillir la fougue désespérée des deux héroïnes. Si le film est porté par le charme et l’énergie de ses deux actrices (Clémence Boisnard et Zita Hanrot), il ne parvient pas à éviter les automatismes du cinéma dit naturaliste.
Evidente complicité
Des scènes d’engueulades aux virées en boîte de nuit, La fête est finie aurait pu se permettre d’être encore plus sauvage et imprévisible et donne le sentiment de contenir sa frénésie à l’intérieur d’un espace scénaristiquement très convenu, à l’image de Céleste et Sihem étouffant dans leur centre de désintoxication.
Pour autant, l’amitié fusionnelle des deux héroïnes et l’évidente complicité des deux actrices arrivent à faire émerger quelques beaux moments et à donner corps à la marginalité qu’elles incarnent. A force de ne pas tenir en place, les deux jeunes femmes parviennent ainsi partiellement à emporter le récit au-delà de ses limites.

Film français de Marie Garel-Weiss. Avec Clémence Boisnard, Zita Hanrot, Michel Muller (1 h 33). Sur le Web : distrib.pyramidefilms.com/pyramide-distribution-catalogue/la-fete-est-finie.html



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Le western de John Ford conte la quête subtile d’une unité perdue.
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Reprise : entre remariage et lien filial, la grandeur de « Rio Grande »

Le western de John Ford conte la quête subtile d’une unité perdue.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 08h05
    |

                            Jean-François Rauger








                        



   


Sur la musique de Victor Young et à la suite d’un générique martial, une compagnie de cavalerie rentre au fort après ce que l’on devine être une bataille sanglante. Personne ne semble avoir la force ou le courage de parler. La colonne est lente, les hommes ont sur le visage l’expression d’un épuisement total. Les blessés semblent nombreux. Les femmes attendent, scrutent le régiment, espérant retrouver debout, vivant pour le moins, un mari, un fils, un père. C’est le début de Rio Grande, de John Ford. Jamais, sans doute, le cinéma n’avait donné une telle sensation d’hébétude et de souffrance, exprimé en quelques plans muets une telle impression de dévastation humaine.
Jamais, sans doute, le cinéma n’avait exprimé en quelques plans muets une telle impression de dévastation humaine
Rio Grande (1950) est le troisième volet de ce que l’on a appelé la première trilogie de la cavalerie, après Le Massacre de Fort Apache (1948) et La Charge héroïque (1949). C’est sans doute le film le moins aimé de la série. C’est peut-être le plus beau des trois. On n’y critique pas la politique d’extermination des Indiens comme dans le premier titre. On n’y dresse pas non plus le portrait mélancolique d’un vieil officier qui n’aimait pas la guerre et partait en retraite comme dans le second. Rio Grande apparaît, avec le concours du chœur des Sons of the Pioneers, qui poussent la chansonnette durant quelques moments cruciaux, comme une des œuvres les plus sentimentales de Ford. De quoi rebuter a priori tout spectateur blasé ou cynique.
L’enjeu de Rio Grande est ailleurs : il réside dans la manière dont le trauma historique de la division des Etats-Unis s’incarne dans un mariage brisé, et la quête de l’unité perdue dans les retrouvailles d’époux séparés par l’Histoire. De surcroît, le lieutenant-colonel Yorke (John Wayne) a la surprise de découvrir que son fils (le juvénile Claude Jarman Jr), après avoir échoué à l’école d’officiers de West Point, a été muté dans son propre régiment comme simple soldat. Il est bien résolu à traiter celui-ci sans aucun égard. Sa femme (Maureen O’Hara), dont il est séparé depuis des années, depuis qu’il a brûlé la propriété de celle-ci parce qu’elle était du côté des confédérés, débarque un jour, suppliant son mari de rendre sa liberté à leur fils et de lui éviter les dangers de la guerre.
Pudeur et justesse
Rio Grande pourrait être qualifié de western du remariage. Comment, progressivement, le lien amoureux va se reformer entre les deux époux. Mais c’est aussi un film sur le lien filial, envisagé sous un angle inattendu et complexe. Tout comme les premières images du film refusent l’image triomphante et consolante de la guerre, Rio Grande détourne un programme tout tracé. Le fils de Yorke devra faire la preuve de son courage et de sa maturité en sauvant un groupe d’enfants blancs enlevés par les Apaches – ce qu’il parviendra à faire.
C’est aussi un film sur le lien filial, envisagé sous un angle inattendu et complexe
Pourtant, la prescription exigeant du fils la reproduction d’une virilité paternelle est contredite par un plan, un seul, qu’il est même possible de ne pas remarquer – grandeur, pudeur et justesse du cinéma de Ford. Lorsque le lieutenant-colonel, à la tête de ses hommes, surgit dans l’église où les enfants sont regroupés, il cherche des yeux son propre rejeton. Le visage de celui-ci surgit au milieu des gamins. Malgré ses exploits précédents, le fils de Yorke ne peut à ce moment même être perçu par le spectateur adoptant le regard de son père que comme un enfant parmi les autres.
C’est un plan qui subvertit ce commandement de l’idéologie patriarcale. Ce « tu es toujours un enfant, mon fils » contredit en effet ce que l’on pensait être un ordre immuable. A l’heure où le cinéma classique est parfois considéré comme une représentation complaisante de la domination masculine et de ses valeurs (« tu seras un homme, mon fils »), voilà un exemple qui dément les fondements de cette analyse.

Film américain de John Ford. Avec John Wayne, Maureen O’Hara, Claude Jarman Jr (1 h 45). Sur le Web : www.swashbuckler-films.com/rio-grande.html



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Laurent Roth s’interroge sur ce que filmer la guerre veut dire.
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DVD : « Les Yeux brûlés » ou comment regarder la mort en face

Laurent Roth s’interroge sur ce que filmer la guerre veut dire.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 08h04
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’objet, étonnant et oublié, date de 1986. Il est signé Laurent Roth, futur artisan multicarte (réalisateur, scénariste, acteur, critique de cinéma, poète, dramaturge), à cette date conscrit au Service cinématographique des armées. Il y remporte un concours à l’occasion du quarantième anniversaire du martial organisme, qui va lui permettre de tourner, dans une liberté assez remarquable, Les Yeux brûlés.
Le résultat consiste en un montage de deux régimes d’images. Archives prélevées au Fort d’Ivry d’un côté. Entretien avec quelques grands reporters de guerre de l’autre. Ce pourrait être un film de pure propagande à la gloire de l’armée française, ce sera tout autre chose, une réflexion ambitieuse sur ce que signifie le fait de filmer la guerre. Les archives y forment un grand bain non chronologique, dans lequel des images des deux guerres mondiales et d’Indochine se télescopent.
Du côté discursif, quelque chose qui tient du dispositif s’installe, à la croisée du documentaire et de la fiction
De grands moments de foule fébrile (la mobilisation, le départ des conscrits, le retour) y côtoient les intenses solitudes et les cruelles souffrances des hommes au combat, le vide hagard des regards, l’abstraction meurtrière des bombes lâchées du ciel. Scènes répertoriées, non sans beauté ni composition, que le montage excède pourtant, les transformant en spectacle dément.
Du côté discursif, quelque chose qui tient du dispositif s’installe, à la croisée du documentaire et de la fiction. Soit l’aéroport de Roissy en 1986, une cantine militaire qui tourne sur un tapis vide (celle du reporter de guerre Jean Peraud, tué le 8 mai 1954 à Diên Biên Phu), et une jeune femme qui la réceptionne, qui se trouve être l’actrice Mireille Perrier, droit sortie du désenchantement amoureux de Boy Meets Girl, de Leos Carax. Des photographies sont sorties de la boîte, qui sont prétexte à nouer dialogue avec quelques illustres baroudeurs de l’image de guerre, parmi les plus illustres desquels se trouvent Raoul Coutard et Pierre Schoendoerffer.
Esthétique et innommable
Il en ressort un exquis dialogue de sourds entre les rôles aussi bien qu’entre les sexes. La femme jette un regard faussement candide sur les photographies, cherche à comprendre, tâtonne, module ses questions, touche, l’air de rien, là où ça fait mal, fait sortir de leurs gonds, avec une douceur intolérablement insistante, ces hommes qui ont vu le pire. Les professionnels, durs à cuire revenus des fronts, qui ont photographié la mort en face, qui cultivent les valeurs viriles et fraternelles de l’amitié et de la pudeur, semblent, pour certains d’entre eux, excédés de devoir s’expliquer, pour d’autres se réfugient derrière un discours faussement impavide.
« Les Yeux brûlés » doit être à ce jour le film le plus antibelliciste jamais commandé par l’Armée française
Car ces hommes sont comme les autres. Ils n’approchent pas la mort sans frémir, ils ne la filment pas sans effroi. Ils ne composent par leurs plans sans s’interroger sur le rapport entre l’esthétique et l’innommable, sur cet immense désastre qu’ils s’appliquent à figurer, donc à cacher, mais qu’ils révèlent quand même et qui s’appelle la guerre. Encore faut-il ne pas le laisser paraître. Chacun d’entre eux est une casemate à prendre, que la jeune femme force, regard clair et front soucieux, selon une rhétorique sinueuse. C’est qu’on approche ici l’idée du sacrilège de la mort cinématographique, moment inaliénable de la vie humaine que le cinéma entreprend de voler et de répéter mécaniquement, telle qu’André Bazin l’a formulée dans un texte célèbre (« Mort tous les après-midi »).
Jamais distribué en son temps, tiré de l’oubli par le distributeur Thomas Ordonneau, Les Yeux brûlés, qui doit être à ce jour le film le plus antibelliciste jamais commandé par l’Armée française (honneur à elle), a été présenté à Cannes, puis est sorti en salle en 2015. La présente édition DVD lui ajoute l’intégralité des entretiens enregistrés de Raoul Coutard et Pierre Schoendoerffer.



Film français de Laurent Roth (1986). 1 DVD et 1 livret. Ed. Shellac. Sur le Web : www.shellac-altern.org/films/376



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ « Flagellations » et « Mortelles confessions », du cinéaste britannique, ressortent en Blu-ray.
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DVD : Pete Walker, maître ès châtiments

« Flagellations » et « Mortelles confessions », du cinéaste britannique, ressortent en Blu-ray.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 08h03
    |

                            Jean-François Rauger








                        



   


Les films du Britannique Pete Walker ont été peu (et mal) distribués en France, essentiellement tardivement dans des salles de quartier et parfois uniquement en cassettes vidéo dans les années 1980, soit bien après que le cinéaste eut abandonné la réalisation pour se recycler dans l’immobilier. Raison de plus pour se féliciter de cette édition en Blu-ray par Artus Films de deux de ses titres les plus marquants.
Prototype du réalisateur indépendant ayant spéculé sur le recul de la censure, Pete Walker a débuté dans les saucy pictures (comédies érotiques et grivoises), en vogue à la fin des années 1960. Les grands mythes du fantastique gothique exaltés notamment par le studio Hammer Film donnent des signes d’épuisement au cinéma. L’horreur sera désormais réaliste et malsaine, et Walker s’engouffrera dans cette brèche. Flagellations (1974) est ainsi le premier titre annonçant une série de films construits sur le même principe. Sa singularité, ainsi que celle de Mortelles confessions repose sur une profonde ambiguïté.
Sensations érotiques et sadiques
Dans Flagellations, un jeune homme ténébreux, Mark E. Desade (prononcer Marquis de Sade !) séduit une top-modèle posant nue et lui propose de l’emmener dans sa famille. Elle se trouvera enfermée dans une sordide prison privée, où elle subira une parodie de procès, avant d’être enfermée et maltraitée par celle qui se présente comme la directrice et par deux gardiennes mentalement dérangées.
Variation déformée sur le genre dit WIP (films sur des femmes en prison), Flagellations décrit le calvaire de victimes livrées à d’insensibles bourreaux, fouettées avant d’être promises à une mort certaine par pendaison, dont le protocole (pesée, coupe de cheveux, etc.) est froidement détaillé. A l’instar de ce qu’incarne le cinéma d’exploitation dans son essence, le film flatte les mauvaises pulsions d’un spectateur avide de sensations érotiques et sadiques, une jouissance contradictoire avec la charge pamphlétaire dont semble se doter le film, qui s’attaquerait superficiellement à un rigorisme moral dépassé par la libéralisation des mœurs.

   


Réalisé deux ans plus tard, Mortelles confessions enfonce le clou avec son prêtre assassinant ou poussant au suicide les jeunes femmes venues se confesser, en excitant son désir sexuel. Il est facile, au-delà de sa dimension anticléricale, de déceler dans ce récit une vision perverse et anglicane du catholicisme, fustigé pour sa pratique de la confession considérée comme une rédemption à bon compte et son injonction de célibat imposé aux ministres du culte.
Méchants incestueux
Les films de Walker se distinguent par leur peinture de méchants très réussie. Ceux-ci sont volontiers incestueux (les rapports entre la directrice de la prison dans Flagellations et son propre fils, l’attachement maladif du prêtre à sa mère dans Mortelles confessions) et tourmentés par le refoulement. N’apparaissent-ils pas comme plus complexes que la jeunesse jouisseuse et puérile qu’incarnent leurs victimes ? Intervenant en supplément, un spécialiste du cinéma d’exploitation, David Didelot, insiste sur les convictions politiques d‘un cinéaste plutôt conservateur, peu disposé à s’identifier aux jeunes protagonistes de ses films, voyant dans leur hédonisme une manière d’ouvrir la porte d’une répression sans garde-fous.
Alors que la critique française a souvent exalté le cinéma d’horreur comme une volonté subversive de s’en prendre à l’ordre social, dans une optique parodique et dégénérée du rapport des surréalistes aux « mauvais objets » cinématographiques, la possibilité d’une telle sensibilité chez un cinéaste qui a dû, en outre, souvent lutter contre la censure, ouvre un gouffre sous les pieds du spectateur. Flagellations, dit un carton au début du générique, « est dédié à ceux que le relâchement des codes moraux actuel inquiète et qui attendent impatiemment le retour des châtiments corporels et de la peine de mort ». Dont acte.


Flagellations (1974) et Mortelles confessions (1976), films britanniques de Pete Walker. Vendus séparément en DVD ou Blu-ray, Artus films. Sur le Web : www.artusfilms.com/british-horror/preco-flagellations-250 et www.artusfilms.com/british-horror/preco-mortelles-confessions-249



                            


                        

                        

