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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Une loi entrée en vigueur en juin 2017 oblige certaines entreprises à conserver les données personnelles de leurs utilisateurs sur le territoire chinois.
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Stockage de données personnelles : Apple et Amazon se conforment eux aussi à la loi chinoise

Une loi entrée en vigueur en juin 2017 oblige certaines entreprises à conserver les données personnelles de leurs utilisateurs sur le territoire chinois.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 17h26
    |

                            Perrine Signoret








                        



   


En juillet 2017, Apple avait annoncé l’ouverture à venir de son premier centre de données en Chine. Objectif : y stocker les informations personnelles iCloud (photos, vidéos, documents, SMS ou encore e-mails) des utilisateurs du pays, données jusqu’à présent hébergées aux Etats-Unis. Ce transfert s’est achevé mardi 27 février, selon un communiqué de la marque à la pomme. Le centre de données sera géré par Cloud Big Data Industrial Development Co, une entreprise de la province de Guizhou, qui a des liens forts avec le gouvernement du pays.
Une loi pour encadrer la collecte de données
Si Apple a opéré un tel changement, c’est pour se conformer à une loi chinoise adoptée en novembre 2016 et entrée en vigueur en juin 2017. Celle-ci encadre la manière dont les entreprises du Web peuvent collecter, stocker et exploiter les données de leurs clients chinois. Si elle interdit aux plates-formes de les vendre à des tiers sans le consentement de leur propriétaire, ou d’en collecter trop, le texte comporte aussi des mesures plus controversées.

        Lire nos explications :
         

          En Chine, une loi controversée sur les données personnelles et la cybersécurité



Il impose ainsi à certains services en ligne de conserver les données des utilisateurs chinois en Chine. Sont concernées par ce dispositif les « infrastructures critiques d’information », par exemple « les services de communication, l’énergie, le transport, l’eau, la finance, le service public, l’e-gouvernement et autres ». Une définition aussi vague que celle qui circonscrit les données concernées par ce mode de stockage, à savoir « les informations personnelles et autres données importantes ».
Les défenseurs des droits inquiets
Le texte de loi prévoit des exceptions en cas de « réelle nécessité ». Cependant, nombreuses sont les entreprises qui s’y sont déjà pliées. Amazon par exemple, a ouvert son deuxième centre de données en Chine en décembre « pour se conformer à la loi ».
D’autres, comme Microsoft ou IBM, étaient déjà présentes dans le pays avant l’entrée en vigueur de la loi, mais elles ont depuis largement renforcé leur capacité de stockage de données. Microsoft prévoit de tripler celle de son service Azure en l’espace de six mois.
La décision d’Apple a soulevé de vives inquiétudes parmi les défenseurs des droits humains, telle l’ONG Amnesty International. Ces derniers craignent en effet que le fait que les données des utilisateurs d’iCloud soient contenues dans des serveurs en Chine ne facilite leur accès par les autorités. Un scénario d’autant plus plausible qu’Apple a expliqué à l’agence Reuters et au Wall Street Journal qu’elle allait également stocker les clés de déchiffrement des données sur le territoire chinois. Les forces de l’ordre n’auraient donc plus à adresser une demande aux cours de justice américaines pour obtenir ces clés et ainsi déchiffrer les messages échangés par les utilisateurs.
Ces clés seront spécifiques aux données gardées en Chine, et Apple assure qu’elles resteront sous son contrôle, et non sous celui du gouvernement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Sur le terroir de la vache icône du Salon de l’agriculture 2018, douze copains se sont lancés dans la fabrication d’un whisky, Twelve, comme le « 12 » du département de l’Aveyron…
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L’Aubrac : sa vache vedette, ses couteaux, ses paysages et… son whisky

Sur le terroir de la vache icône du Salon de l’agriculture 2018, douze copains se sont lancés dans la fabrication d’un whisky, Twelve, comme le « 12 » du département de l’Aveyron…



Le Monde
 |    28.02.2018 à 16h00
    |

                            Philippe Gagnebet (Toulouse, correspondance)








                        



                                


                            

Si Haute, jeune vache de la race Aubrac à la robe brun clair et aux « yeux de biche » a les honneurs de l’affiche du Salon de l’agriculture 2018, son terroir d’origine recèle d’autres atouts inattendus. On connaissait l’aligot, le fameux couteau, les paysages austères ou la flore unique de ce haut-plateau basaltique planté entre terre et ciel, à 1 000 mètres d’altitude, à cheval entre les départements de l’Aveyron et de la Lozère. Voici que ses autochtones, jamais à court d’imagination, veulent y produire du whisky.

L’histoire débute il y a quelques années lorsque douze copains – tous originaires du coin et ayant fait plus ou moins fortune dans le commerce ou l’aéronautique – qui ont l’habitude d’y passer le réveillon de la Saint-Sylvestre y voient comme un air d’Ecosse. « On va donc faire du whisky », lance l’un d’entre eux, comme une blague à la fin d’un repas bien arrosé.
Tourbières millénaires
Aujourd’hui, la société Twelve, comme le 12 du département de l’Aveyron, compte trois salariés, un maître de chai venu de Normandie, et fabrique déjà du gin (macéré avec du genièvre et du thé d’Aubrac) et du rhum, pendant que ses futures productions de whisky vieillissent dans des fûts de chêne.
« On a acheté un ancien presbytère à Laguiole, début 2014. Il a fallu tout imaginer, tout construire, tout adapter, et acheter le fameux alambic », rappelle Vincent Bec, consultant dans la société et frère de l’actionnaire principal, Christian.

Il faut dire que l’environnement, si ce n’est pas l’Ecosse, fournit les ingrédients nécessaires : une eau pure et non traitée qui serpente éternellement sur le plateau, de l’orge à foison chez un agriculteur voisin, et, surtout, ces tourbières millénaires – ce sol caractérisé par sa très forte teneur en matière organique d’origine végétale – qui donnent ce goût si particulier au breuvage, le tout répondant in extenso au cahier des charges édicté par la Fédération du whisky...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Le groupe automobile allemand devra composer avec les ambitions de ce nouvel actionnaire, propriétaire de Geely, premier constructeur d’automobiles chinois, et de Volvo Cars.
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L’irruption du milliardaire Li Shufu dans le capital de Daimler inquiète en Allemagne

Le groupe automobile allemand devra composer avec les ambitions de ce nouvel actionnaire, propriétaire de Geely, premier constructeur d’automobiles chinois, et de Volvo Cars.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 15h08
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Trois jours après l’annonce de l’entrée du Chinois Li Shufu au capital de Daimler, emblème de l’excellence allemande en matière automobile, l’inquiétude monte outre-Rhin sur l’avenir de cette coopération. Les détails de la transaction, diffusés lundi dans la presse allemande, ont suscité l’étonnement des milieux économiques, qui s’interrogent sur les ambitions réelles du milliardaire propriétaire de Geely, premier constructeur automobile chinois.

L’homme d’affaires, qui détient donc désormais près de 10 % de Daimler, a rencontré mardi le conseiller économique d’Angela Merkel, dans le cadre d’une série de visites outre-Rhin. La chancellerie, a précisé un porte-parole, « ne voit pas de raison d’intervenir dans la transaction, celle-ci ayant le caractère d’un investissement ».
A la hussarde
Les observateurs économiques voient les choses d’un autre œil. Daimler a-t-il fait entrer un loup dans la bergerie ? Après de premiers commentaires mettant en avant le potentiel de la coopération à venir, plusieurs fausses notes sont venues brouiller le tableau.
« Il est temps d’adopter une nouvelle façon de penser. Mon engagement chez Daimler reflète cette vision. » Li Shufu
Certes, le groupe allemand cherchait depuis longtemps un actionnaire solide, capable de le soutenir dans cette période de révolution automobile. Contrairement à BMW ou Volkswagen, le constructeur de Stuttgart ne dispose pas d’actionnaire de référence. Depuis des mois, il était en discussion avec plusieurs acteurs chinois, dont Li Shufu.
Mais selon la presse allemande, Daimler a été surpris par le montant des actions acquises par M. Li. L’homme d’affaires chinois aurait financé ses 9,69 % du capital de l’allemand par un montage complexe d’actions et de produits dérivés, par lequel il a pu échapper à l’obligation d’information auprès des autorités de contrôle des marchés financiers. Par ce deal spectaculaire et peu transparent, Geely se retrouve à la tête d’un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le président d’IBM France Nicolas Sekkaki estime que travailler avec une matière aussi disruptive que l’intelligence artificielle implique la confiance… Et son corollaire, la transparence.
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« Un usage humaniste et responsable de l’intelligence artificielle » est possible

Dans une tribune au « Monde », le président d’IBM France Nicolas Sekkaki estime que travailler avec une matière aussi disruptive que l’intelligence artificielle implique la confiance… Et son corollaire, la transparence.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 14h30
    |

Nicolas Sekkaki (Président d’IBM France)







                        



                                


                            

Tribune. A l’approche de la publication des conclusions de la mission sur l’intelligence artificielle présidée par Cédric Villani [député LRM], le débat semble figé entre deux camps qui correspondent à deux opinions diamétralement opposées sur le progrès. D’un côté, ceux qui craignent perpétuellement le pire, et notamment que les avancées techniques ne servent que quelques intérêts particuliers. Ceux-là considèrent comme naïfs ceux qui, de l’autre côté, espèrent toujours que l’innovation résoudra tous nos maux. Entre ces deux opinions, nous défendons une voie médiane où le progrès sert à tous.

Pas un jour ne s’écoule sans que la technologie, intelligence artificielle en tête, véhicule de nouvelles craintes. Et si la machine dominait le monde ? Et si nous étions espionnés ? Et si nous perdions nos emplois ? Pourtant, nous le savons bien, les technologies améliorent la vie quotidienne : meilleur accès aux soins, meilleure appréciation des risques et anticipation des catastrophes, éducation personnalisée et partage accru de la connaissance.
Les entreprises doivent pouvoir expliquer ce qui a été intégré dans les recommandations de leurs algorithmes, quelles sources sont utilisées et pourquoi
Le progrès n’est accepté socialement que s’il est inclusif. Donc, ce qui en est fait est l’affaire de tous : citoyens, entreprises, pouvoirs publics. Créée par l’homme et pour l’homme, la technologie reste un outil permettant de faire ce qui est hors de portée physique ou intellectuelle. Autrement dit, elle nous augmente.
Avec chaque nouvelle génération technologique, de nouveaux rôles, de nouveaux modèles économiques et sociaux sont inventés ; des aptitudes différentes et des compétences inédites voient le jour. Notre responsabilité collective est d’en faciliter l’éclosion. Pour que le progrès serve à tous, nous savons que rien ne remplace la vigilance, le travail ou quelques principes inaliénables. Travailler avec une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ L’utilisation de robots supprimera certes des emplois, mais en créera d’autres, estime Ulrich Spiesshofer, PDG d’un groupe international d’ingénierie, dans une tribune au « Monde ».
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Intelligence artificielle : « Les “machines intelligentes” ne sont pas près de remplacer les êtres humains »

L’utilisation de robots supprimera certes des emplois, mais en créera d’autres, estime Ulrich Spiesshofer, PDG d’un groupe international d’ingénierie, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    28.02.2018 à 14h30
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 14h34
    |

Ulrich Spiesshofer (PDG d’ABB, l’un des leadeurs mondiaux dans  les technologies de l’énergie et de l’automation)







                        



                                


                            
Tribune. Les titres de certains articles publiés récemment sont alarmistes : « L’automatisation menace 800 millions d’emplois », « Travaillerons-nous au service des robots ? »… A chaque nouvelle évolution dans les domaines de l’intelligence artificielle et du machine learning (apprentissage automatique), les prévisions quant aux mutations du marché du travail se veulent toujours plus extrêmes. Pour autant, cette crainte grandissante de l’obsolescence de l’homme dans le monde du travail n’est pas fondée – comme en témoignait déjà il y a des décennies le philosophe hongrois Michael Polanyi dans son désormais célèbre paradoxe.
Le marché du travail va évoluer entraînant la suppression de certains emplois tout en en créant de nouveaux que nous ne pouvons même pas imaginer aujourd’hui
En 1966, Polanyi, alors chercheur à Oxford, expliquait pourquoi les machines étaient imbattables pour certaines tâches, mais totalement incompétentes pour d’autres. Après avoir évalué les aptitudes de l’homme, il concluait : « Nous en savons plus que ce que nous pouvons exprimer. » En d’autres termes, l’homme excelle dans des tâches dont il est incapable d’expliquer clairement la réalisation. De ce fait, il est quasi impossible de programmer une machine pour réaliser ces tâches-là à sa place.
En se fondant sur le paradoxe de Polanyi, on peut raisonnablement penser que les « machines intelligentes » ne sont pas près de remplacer les êtres humains, même si les toutes dernières évolutions en matière d’intelligence artificielle et d’automatisation feront évoluer le marché du travail, entraînant la suppression de certains emplois tout en en créant de nouveaux que nous ne pouvons même pas imaginer aujourd’hui.
A titre d’exemple, l’agence Associated Press utilise désormais des programmes d’intelligence artificielle pour rédiger des dépêches, certes peu élégantes du point de vue stylistique, mais parfaitement compréhensibles, relatives à des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Dans cette chronique, l’ancien membre du directoire de la BCE Jürgen Stark estime que la politique monétaire expansionniste de l’institution n’est pas adaptée à la réalité économique.
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« La politique actuelle de la Banque centrale européenne est tout simplement irresponsable »

Dans cette chronique, l’ancien membre du directoire de la BCE Jürgen Stark estime que la politique monétaire expansionniste de l’institution n’est pas adaptée à la réalité économique.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 14h30
    |

Jürgen Stark (Ex-membre du directoire de la Banque centrale européenne et ancien vice-président de la Bundesbank)







                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. Le récent plongeon de presque 1 600 points de l’indice Dow Jones montre à quel point les marchés financiers et les acteurs économiques se sont accoutumés à une politique monétaire expansionniste. Des taux d’intérêt faibles et un relâchement monétaire de longue durée ont incité les investisseurs à prendre des risques inconsidérés. Plus ces mesures seront prolongées, plus forte sera la menace qui pèse sur la stabilité du système financier mondial.
Depuis fin 2015, la Fed augmente peu à peu son principal taux directeur qui atteint maintenant 1,5 %
Il y a longtemps que les mesures de relâchement monétaire extrême ne sont plus appropriées. L’économie mondiale connaît une reprise de plus en plus marquée. Selon la dernière mise à jour des « Perspectives de l’économie mondiales » du Fonds monétaire international (FMI), la croissance va se prolonger dans les trimestres à venir, surtout aux Etats-Unis et dans la zone euro.
Pourtant, les institutions internationales, dont le FMI, craignent la correction brutale des marchés due aux changements en matière d’attente d’inflation et de taux d’intérêt et continuent à proclamer que le resserrement de la politique monétaire ne doit se faire que très progressivement. Aussi les banques centrales continuent-elles à reporter la normalisation de leur politique, ce qui entraîne une hausse du prix des actifs suscitant des distorsions boursières spectaculaires qui rendent ces corrections inévitables.
Il est vrai que la Réserve fédérale américaine (Fed) s’éloigne de sa politique d’expansion monétaire depuis fin 2013, lorsqu’elle a commencé à réduire son bilan et à diminuer progressivement ses rachats d’obligations jusqu’à y mettre fin. Depuis fin 2015, elle augmente peu à peu son principal taux directeur, qui atteint maintenant 1,5 %.
Polarisation
Mais elle est loin d’avoir normalisé sa politique. Considérant le stade avancé du cycle économique, les prévisions relatives à la croissance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Le modèle allemand de codétermination, tant vanté, apparaît difficilement importable dans notre pays.
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La « cogestion à la française » à pas de fourmi

Le modèle allemand de codétermination, tant vanté, apparaît difficilement importable dans notre pays.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 14h00
    |

                            Jean-Christophe Chanut








                        



                                


                            

Imaginez un conseil d’entreprise qui dispose d’un droit de veto sur un projet de licenciement ou un projet d’embauche d’un salarié. Un conseil d’entreprise qui a le pouvoir de codéterminer avec l’employeur les horaires de travail… Ce sont les pouvoirs dont dispose, en Allemagne, le Betriebsrat, l’un des deux piliers du fameux modèle de « cogestion ». L’autre étant constitué par la présence massive des représentants des salariés dans les organes de direction des entreprises : un tiers des sièges leur est réservé dans les sociétés de 500 à 2 000 salariés et la moitié au-delà. Ce modèle de cogestion, tant vanté – codétermination ou codécision (chacun de ces termes a ses défenseurs) –, est-il importable en France ?
la négociation en France est structurée par le système dual : au CSE la fonction de représentation, aux syndicats celle de la négociation
Le candidat Macron, entre les deux tours de l’élection présidentielle, assurait : « Le modèle auquel je crois (…) est un modèle qui va jusqu’à la cogestion (…). »  Les ordonnances réformant le code du travail ont posé un premier jalon, en prévoyant la possibilité, par accord d’entreprise, de créer un conseil d’entreprise (CE). Cette nouvelle instance fusionnerait le nouveau comité social et économique (CSE – comité d’entreprise, délégués du personnel, comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) et… les délégués syndicaux. C’est-à-dire que ce conseil d’entreprise cumulerait les fonctions de représentation et celles de négociation. Mais les obstacles sont encore nombreux.

Outre le fait que la mise en place du CSE se prolongera jusqu’au 1er janvier 2020, la négociation en France est structurée par le système dual : au CSE la fonction de représentation, aux syndicats celle de la négociation, « ce qui ne facilite pas une forme de cogestion », explique Jean-Christophe Sciberras, DRH France du groupe Solvay, qui théorise ce sujet...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Livre. Dans son dernier essai, le professeur d’économie Alain Cotta décrit l’affrontement planétaire entre deux capitalismes : celui d’entreprise, d’origine américaine, et celui d’Etat, né dans les pays émergents.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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L’hypercapitalisme planétaire

Livre. Dans son dernier essai, le professeur d’économie Alain Cotta décrit l’affrontement planétaire entre deux capitalismes : celui d’entreprise, d’origine américaine, et celui d’Etat, né dans les pays émergents.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 14h00
    |

                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Livre. L’humanité vécut cinquante siècles à l’âge néolithique. La victoire du capitalisme aura été, elle, « extraordinairement rapide dans le temps et totale dans l’espace », raconte Alain Cotta : c’est en moins de trois siècles que le capitalisme transforme les modes de vie. A la fin du XXe siècle, le capitalisme devient l’instigateur d’une seconde révolution, celle de l’information. « La symbiose de ces deux révolutions assure aujourd’hui l’envahissement planétaire du capitalisme », affirme le professeur d’économie à Paris-Dauphine dans son dernier essai L’Hypercapitalisme mondial.
la scission actuelle des deux capitalismes ira-t-elle jusqu’à provoquer une guerre mondiale ?
Selon l’auteur, le monde est désormais régi par l’affrontement de deux capitalismes, un capitalisme d’entreprise, d’origine américaine, et un capitalisme d’Etat, né dans les pays émergents. Ces deux capitalismes sont obligés de s’observer sinon de se combattre. Le triomphe du capitalisme d’entreprise va-t-il s’affirmer encore, au point que le capitalisme d’Etat disparaisse et que la paix réunisse toute l’humanité, admiratrice fanatique de ses méga-entreprises ? Ou au contraire, la scission actuelle des deux capitalismes ira-t-elle s’approfondissant jusqu’à provoquer une guerre mondiale ?
Nouvelle féodalité
Un troisième scénario serait, d’après le docteur en sciences économiques, le plus probable : celui où la religion de l’argent, devenue commune aux deux capitalismes actuels, « recevra l’adhésion conventionnelle de la grande majorité des habitants de notre planète dont la vie quotidienne sera transformée par les progrès d’une intelligence artificielle ».
Les exclus de l’hypercapitalisme mondial représentent le sixième, voire le cinquième de la population totale
Après une transition de près de trois siècles, l’hypercapitalisme mondial crée une nouvelle féodalité. Il assure la naissance permanente de nouveaux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Des avocats de victimes ont mis en demeure la plupart des groupes français, soulignant un défaut de vigilance.
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Arnaque aux diamants : des virements colossaux et inhabituels sans réaction des banques

Des avocats de victimes ont mis en demeure la plupart des groupes français, soulignant un défaut de vigilance.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 12h52
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 14h13
    |

            Yann Bouchez et 
Anne Michel








                        



                                


                            
Les banques ont-elles, dans l’escroquerie au diamant, manqué à leur obligation de vigilance ? Selon nos informations, plusieurs avocats défendant des victimes ont adressé une série de lettres de mise en demeure, ces derniers mois, à la plupart des grands groupes français. Ils mettent en avant un défaut de vigilance sur des transactions effectuées pour le compte de leurs clients.
La Société générale, BNP Paribas, La Banque postale, le Crédit mutuel, le Crédit agricole et sa filiale LCL, le groupe BPCE, entre autres, sont concernés. Des banques étrangères ont aussi été ciblées.
« Ces lettres valent propositions de négociation, avant le passage au contentieux et l’envoi d’assignations aux banques qui refuseraient de répondre favorablement », explique Hélène Feron-Poloni, l’une des avocates en pointe sur l’affaire.
Dans un certain nombre de dossiers parvenus à son cabinet, estime-t-elle, la responsabilité bancaire peut être recherchée : « Les banques doivent en particulier vérifier la destination des fonds, dans le cadre de la lutte contre le blanchiment. Or, dans bon nombre de cas présentant des opérations inhabituelles et des virements internationaux, elles auraient dû bloquer l’envoi des fonds, en plus d’envoyer une déclaration de soupçon à l’organisme antiblanchiment Tracfin. » 
Mention « achat immobilier »
« Les banques ne sont pas supposées faciliter, par leur inertie, la réalisation d’une escroquerie au préjudice de leurs clients », ajoute l’avocate. La Cour de cassation, fait-elle valoir, a reconnu la légitimité d’une banque à bloquer un virement pour suspicion de fraude.
Et de citer, parmi les dossiers litigieux, quatre virements successifs à destination de la Hongrie, effectués par une agence de la Société générale pour un couple de l’ouest de la France croyant investir dans le diamant. En quatre mois, de février à juin 2017, 226 645 euros ont été envoyés vers des banques hongroises, au profit d’une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Politique européenne, pesticides, plan loup... Les dossiers auxquels sont confrontés responsables politiques et représentants du monde agricole.
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Agriculture : les cinq raisons de la colère

Politique européenne, pesticides, plan loup... Les dossiers auxquels sont confrontés responsables politiques et représentants du monde agricole.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 12h32
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 17h40
    |

            Mathilde Damgé








                        


C’est un rituel immuable : chaque année, les politiques se pressent au Salon de l’agriculture, qui se tient pendant deux semaines à Paris, pour soigner leurs relations avec des professionnels dans un secteur en pleine mutation. Politique agricole européenne, utilisation des pesticides, plan loup… Le point sur les cinq dossiers chauds auxquels le milieu agricole est aujourd’hui confronté.

        Lire l’analyse (en édition abonnés) :
         

          Le « printemps » de l’agriculture promis par Macron face au scepticisme des exploitants



1. Une politique agricole commune à réformer
Neuf des onze candidats à la présidentielle proposaient de réformer la politique agricole commune (PAC) européenne, certains pour revenir à une politique agricole nationale, d’autres pour la rendre plus protectrice et écologique… Emmanuel Macron, qui s’est rendu pour la première fois au Salon de l’agriculture en tant que président, s’est engagé à mettre en place « des mécanismes de stabilisation des revenus adaptés à chaque filière (subvention contracyclique [rémunération minimale en cas de retournement du marché], régulation de la production…) » et à favoriser « une agriculture plus respectueuse de l’environnement ».
Le Royaume-Uni étant un contributeur net au budget européen, son départ de l’Union européenne va poser la question de l’enveloppe communautaire dédiée à la PAC. Une question sur laquelle Emmanuel Macron s’est voulu rassurant… mais sur laquelle il n’a pas complètement la main. Les Etats devraient recevoir leur enveloppe en une fois au début du nouveau cycle budgétaire de l’UE, à partir de 2021, pour la période 2021-2027.
La deuxième question est celle de l’utilisation de cette enveloppe car, de son côté, Bruxelles envisage de laisser davantage de marge de manœuvre aux Etats membres, notamment sur la définition des objectifs de production. Si les intentions du gouvernement français sur les choix d’une gestion française de la PAC ne sont pas encore connues, le rezonage des aides pour les zones défavorisées qu’il a proposé donne lieu depuis plusieurs semaines à des manifestations d’agriculteurs dans les départements français les plus touchés par la révision de la carte. Près de 1 400 communes devraient sortir de ce dispositif qui ouvre droit à une indemnité compensatoire de handicap naturel.
Pour sortir le monde agricole de sa dépendance aux fonds européens, Emmanuel Macron s’est par ailleurs engagé à réorganiser l’agriculture en « filières » pour tenter de garantir sa rentabilité grâce à un plan d’investissement de cinq milliards d’euros.

        Lire :
         

          De l’incitation à la production à la sauvegarde d’un monde, cinquante ans de réformes agricoles



2. Les négociations à mener avec les distributeurs
Face à un agriculteur déguisé en vache, qui se plaignait du mépris de la grande distribution, le président a répliqué :
« Regardez-moi bien dans les yeux, il y aura des contrôles et des résultats concrets. (…) Vous verrez des sanctions fortes sur ce sujet des négociations commerciales. »
Les différents acteurs ont signé, en novembre 2017, une charte de bonne conduite, censée aboutir à une meilleure répartition de la valeur entre les acteurs de la chaîne. Les agriculteurs restent toutefois inquiets car, en dépit des nombreux rappels à l’ordre du gouvernement, la grande distribution n’a pas joué le jeu dans les négociations commerciales annuelles avec les producteurs, qui s’achèvent jeudi 1er mars : les quatre centrales d’achat continuent d’exiger des prix très bas.
Une nouvelle loi annoncée pour l’automne devrait toutefois permettre de mieux répartir la valeur dans la chaîne alimentaire par la revalorisation du seuil de revente à perte, l’encadrement des promotions et une inversion de la construction des prix, qui devra partir du coût de production des agriculteurs. En 2016, près de 40 % des chefs d’exploitation agricole ont perçu un revenu mensuel négatif ou n’excédant pas 360 euros, selon les statistiques de la Mutualité sociale agricole (MSA).

        Lire :
         

          Comprendre la guerre des prix entre grande distribution et producteurs



3. Le glyphosate : « des exceptions » à négocier
Au Salon de l’agriculture, M. Macron a subi des sifflets de la part de céréaliers qui protestaient contre la fin annoncée du glyphosate. Après la décision de Bruxelles de prolonger de cinq ans l’autorisation de cet herbicide, le président avait annoncé l’interdiction du principe actif du fameux Roundup de la firme Monsanto « au plus tard dans trois ans ».
M. Macron a, cette fois, donné des gages aux agriculteurs, en affirmant :
« Je n’imposerai jamais une sortie s’il n’y a pas d’alternative crédible. » 
En signe de bonne volonté, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et 35 partenaires ont, de leur côté, annoncé la signature prochaine d’un « contrat de solutions », qui engagera les agriculteurs participants à trouver des alternatives aux pesticides grâce à l’aide des chambres d’agriculture, d’incitations financières et d’organismes comme l’Institut national de la recherche agronomique (INRA).
Le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, qui s’était battu l’an dernier pour une sortie du glyphosate en trois ans, se dit, désormais, prêt à envisager des « exceptions » :
« On est en train de recenser les alternatives qui existent et de leur donner les moyens de faire leurs preuves. Mais je ne suis pas buté et personne ne doit être enfermé dans une impasse : si, dans un secteur particulier ou une zone géographique, certains agriculteurs ne sont pas prêts en trois ans, on envisagera des exceptions. »

        Lire :
         

          Dangerosité, toxicité, utilité : le débat sur le glyphosate résumé en discussion pour/contre



4. Accords commerciaux : la menace plane
Emmanuel Macron s’est voulu rassurant : 
« Pour la prochaine PAC, je veux un mécanisme de garantie de prix minimum pour les éleveurs européens. Si on ne fait pas attention, on ne pourra plus choisir, ce sera le marché du prix qui aura décidé pour nous. »
Un message à l’attention de ceux qui s’inquiètent de la concurrence nouvelle induite par les accords commerciaux récemment conclus (comme le CETA – ou Comprehensive Economic and Trade Agreement – avec le Canada) ou en cours de négociation.
Cela n’a pas empêché la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole français, de manifester mardi lors du Salon de l’agriculture contre les accords commerciaux internationaux qui font « crever les paysans ».
Les pourparlers entre l’Union européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay) pour finaliser un accord de libre-échange ont repris la semaine dernière. La France et l’Irlande, en particulier, craignent l’importation chaque année en Europe de 70 000 tonnes de viande bovine sud-américaine, sans droits de douane. Une concurrence déloyale, selon eux, avec une viande industrielle produite à très bas coût.
Autre accord qui inquiète les éleveurs : le CETA, qui octroie une hausse des quotas d’importation de produits canadiens en Europe. D’ici à sept ans, le Canada pourra exporter chaque année sans droits de douane vers l’Europe 67 950 tonnes de bœuf sans hormones (contre 4 162 aujourd’hui), 75 000 tonnes de porc sans ractopamine (contre 5 549), 100 000 tonnes de blé ou encore 8 000 tonnes de maïs doux.

        Lire :
         

          Tout comprendre au CETA, traité transatlantique entre l’UE et le Canada



5. Le plan loup : un programme qui ne satisfait personne
Porte de Versailles, Emmanuel Macron a répondu à des éleveurs qui l’interpellaient sur le plan loup annoncé lundi par le gouvernement :
« Si vous voulez me faire dire qu’on supprimera les loups, je ne le dirai pas. Si vous voulez l’engagement qu’on renforcera les moyens de protection ou qu’on sortira les loups de ces bassins, je m’y engage. »
Le plan national d’action 2018-2023 sur le loup et les activités d’élevage a été publié après dix-huit mois de travail et autant d’oppositions entre associations écologistes et éleveurs, et ne satisfait aucun des deux camps.
Les tirs de prélèvement – non destinés à protéger un troupeau précis, mais autorisant l’abattage d’un ou plusieurs loups, sur une zone définie, en cas d’échec des autres mesures – ne pourront s’effectuer que du 1er septembre au 31 décembre et seront limités à des « territoires caractérisés par l’importance des attaques ».
De plus, les éleveurs devront avoir mis en place au moins deux parades connues (chiens, clôtures ou regroupement nocturne des bêtes, gardiennage ou surveillance par le berger… ) pour être dédommagés de la perte d’une ou de plusieurs brebis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ En cédant 55 % de sa filière immobilière pour 4,4 milliards d’euros, le groupe français imite les anglo-saxons pour accroître sa rentabilité. Mais il mise aussi sur la diversification, note l’éditorialiste du « Monde » Philippe Escande.
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Des hôtels à géométrie variable, ou la nouvelle stratégie d’AccorHotels

En cédant 55 % de sa filière immobilière pour 4,4 milliards d’euros, le groupe français imite les anglo-saxons pour accroître sa rentabilité. Mais il mise aussi sur la diversification, note l’éditorialiste du « Monde » Philippe Escande.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 12h22
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. Vendre son appartement peut parfois prendre du temps. Surtout si vous en voulez beaucoup d’argent et que sa localisation est complexe. Pour AccorHotels, cela a pris un an et demi. Il faut dire que le sien compte plus de 600 000 chambres réparties dans le monde entier, de l’Australie au Canada, de la Russie au Chili. Mais cela valait manifestement la peine d’attendre puisque le groupe va empocher 4,4 milliards d’euros pour la cession de 55 % de sa filiale immobilière. A terme, le désengagement sera total.
A première vue, vendre ses hôtels pour un hôtelier ne semble pas la meilleure façon d’investir dans son métier. C’est pourtant le raisonnement inverse qu’a tenu le PDG du groupe Sébastien Bazin. Depuis son arrivée à la tête de l’entreprise en 2013, il n’a eu de cesse de se débarrasser de la propriété de ses quelque 4 500 hôtels. Ce qui est assez cohérent de la part de l’ancien patron du fonds d’investissement Colony en France, qui, en tant qu’actionnaire d’Accor, avait milité bruyamment pour cette solution.
Au départ, un raisonnement purement financier
M. Bazin a pris le temps de mettre en ordre sa propriété, de la faire fructifier en rachetant d’autres murs, puis de trouver les investisseurs institutionnels intéressés. En l’occurrence, des assureurs et des fonds français et étrangers. Au départ, le raisonnement était purement financier. Il fallait réduire les immobilisations de capitaux pour en rendre le maximum aux actionnaires et accroître la rentabilité de l’entreprise. C’est ce qu’ont fait progressivement les grands groupes hôteliers anglo-saxons, comme Intercontinental ou Marriott, qui depuis belle lurette ne possèdent plus aucun de leurs hôtels. Ils cèdent leur franchise en apportant la marque, les standards et le trafic, à la façon d’un McDonald’s.

AccorHotels, leadeur européen du secteur, a eu en outre l’idée de s’appuyer sur les ressources dégagées par ce retrait pour rattraper son retard en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Selon une étude publiée par une revue de la Banque de France, la Chine serait responsable d’environ 13 % du déclin de l’emploi manufacturier français entre 2001 et 2007.
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La concurrence chinoise a contribué à détruire des emplois industriels en France

Selon une étude publiée par une revue de la Banque de France, la Chine serait responsable d’environ 13 % du déclin de l’emploi manufacturier français entre 2001 et 2007.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 12h05
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 13h37
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

La France fait-elle partie des gagnants ou des perdants de la mondialisation ? Cette question fut l’un des thèmes structurants de la dernière campagne présidentielle. Elle revient sur le tapis chaque fois qu’une usine menace de baisser le rideau dans l’Hexagone – comme celle de Ford à Blanquefort, où le groupe a annoncé, mardi 27 février, qu’il n’investira plus. Elle nourrit les craintes des Français à l’égard des grands accords commerciaux négociés par l’Union européenne. Surtout, il est difficile d’y répondre précisément. Car bien souvent, les pertes liées à la libéralisation des échanges, concentrées dans les régions fragilisées, sont plus visibles que les gains, notamment en matière de pouvoir d’achat.
Une note publiée lundi 26 février par « Rue de la Banque », une revue de la Banque de France, apporte un nouvel éclairage sur le sujet. Rédigée par Clément Malgouyres, chargé d’études au sein de l’institution jusqu’à récemment, aujourd’hui économiste à l’Institut des politiques publiques, elle confirme que la concurrence exercée par la Chine juste après son entrée dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC), en 2001, a contribué à détruire des emplois industriels tricolores. « Les résultats suggèrent qu’environ 13 % du déclin de l’emploi manufacturier observé en France de 2001 à 2007 serait imputable à la concurrence chinoise », explique l’étude, qui résume les travaux publiés par l’auteur sur le sujet en 2016 et 2017.
Textile, habillement, jouets
La période étudiée correspond au grand décollage économique de la Chine. Entre 1998 et 2008, sa part dans les exportations mondiales est passée de 3,3 % à 9,5 %. Aujourd’hui, elle atteint un peu plus de 13 %, selon les derniers chiffres de l’OMC.
En 2017, la Chine a exporté pour 49,1 milliards d’euros de biens et services vers la France, et en a importé 18,8 milliards d’euros, d’après les douanes. Cela signifie que Paris affiche un déficit commercial de 30,3 milliards d’euros envers...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Editorial. L’exécutif est déterminé à engager une réforme en profondeur de l’entreprise ferroviaire, qui doit faire face à l’ouverture du rail à la concurrence en 2020.
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Dette, concertation, usagers... les trois défis de la SNCF

Editorial. L’exécutif est déterminé à engager une réforme en profondeur de l’entreprise ferroviaire, qui doit faire face à l’ouverture du rail à la concurrence en 2020.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 11h54
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 12h20
   





                        


Editorial du « Monde ». On ne change pas une méthode qui marche – ou, en tout cas, qui a marché jusqu’à présent. Telle pourrait être la devise du pouvoir exécutif. Déterminé à engager une réforme en profondeur de la SNCF, il procède comme il l’a fait à l’automne 2017 sur le dossier réputé hautement inflammable du droit du travail, puis sur ceux non moins épineux de l’entrée à l’université et du baccalauréat.
Dans chaque cas, avec des variantes, la démarche politique est la même. Le gouvernement se présente comme un réformateur avisé, affrontant enfin avec lucidité des transformations indispensables et trop longtemps différées. Ainsi pour la SNCF : personne ne peut le contester, la situation de l’entreprise ferroviaire est lourdement handicapée par une dette cumulée de quelque 50 milliards d’euros, elle n’a donc pas réalisé depuis des années les investissements nécessaires à sa modernisation et elle va aborder en position de faiblesse l’ouverture du rail à la concurrence à partir de 2020.

        Lire aussi :
         

                Alors que le gouvernement s’apprête à la réformer, la SNCF affiche d’excellents résultats



Devant cette situation « intenable », il y a donc urgence à réagir, comme l’a plaidé le premier ministre, lundi 26 février. Dix jours après le rapport de M. Spinetta posant le diagnostic, Edouard Philippe a fixé un calendrier des plus rigoureux pour boucler la réforme avant l’été. Sans craindre de heurter les syndicats qui dénoncent ce « passage en force » autant que les parlementaires de droite ou de gauche qui déplorent un « déni de démocratie », il a choisi de déposer, dès la mi-mars, après une très courte phase de discussion avec les syndicats, un projet de loi l’autorisant à procéder par ordonnances. Vite fait, bien fait, tel est le premier pari.
Efficacité de la manœuvre gouvernementale
Pour réussir, il lui importe de gagner la deuxième bataille du rail, celle de l’opinion. Sans craindre de forcer le trait. Faisant du statut des cheminots l’un des archaïsmes majeurs qui pèsent sur la gestion de la SNCF, soulignant la dégradation de la qualité du service public ferroviaire (ponctualité, sécurité, prix des billets, maillage du territoire), il s’est posé en premier défenseur des usagers du train.
Non sans habileté, il a circonscrit la suppression du statut aux futurs embauchés, renvoyé à 2019, dans le cadre de la réforme générale des retraites, la question délicate de celle des cheminots, et à 2020, au moment de l’ouverture à la concurrence, celle des petites lignes déficitaires. Quelle que soit leur volonté de combattre la réforme, les syndicats ne mésestiment pas l’efficacité de la manœuvre gouvernementale. Plutôt que de foncer tête baissée, ils ont renvoyé à la mi-mars le choix de leur riposte, bien conscients que nous ne sommes plus dans la situation de 1995, lorsque les cheminots, largement soutenus par les Français, avaient paralysé le pays et fait reculer le gouvernement Juppé.

        Lire aussi :
         

                Début d’une phase de concertation à la SNCF



Reste une évidence. Quoi qu’il advienne de ces deux premières batailles, leur sort ne réglera en rien la plus stratégique : celle de la dette qui plombe terriblement la SNCF, sa capacité à se moderniser et à affronter, demain, la concurrence. Or c’est le point aveugle du plan gouvernemental. Si l’Etat se dit prêt à prendre sa part de cette dette, il reste des plus évasif sur le calendrier (d’ici à « la fin du quinquennat »…), le montant qu’il envisage d’éponger et les modalités de cet apurement.
Au-delà des aménagements de statut ou de gouvernance, c’est la question cruciale. Faute d’y répondre clairement, le gouvernement s’expose, au bout du compte, à apparaître plus matamore que réformateur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Deutsche Umwelthilfe a remporté une victoire considérable : le tribunal lui a donné raison dans un procès contre les autorités de Stuttgart et de Düsseldorf, ouvrant la voie à une interdiction des vieux diesels dans les villes afin de lutter contre la pollution.
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DUH, l’association écolo qui fait trembler l’industrie automobile en Allemagne

Deutsche Umwelthilfe a remporté une victoire considérable : le tribunal lui a donné raison dans un procès contre les autorités de Stuttgart et de Düsseldorf, ouvrant la voie à une interdiction des vieux diesels dans les villes afin de lutter contre la pollution.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 11h24
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

En avançant sur la passerelle de métal noirci, on n’ose à peine respirer. Est-ce le vertige que donne le surplomb des quatre voies bondées de la Cannstatter Strasse, véritable autoroute au milieu de Stuttgart ? Ou bien la triste notoriété du lieu ? L’endroit, appelé Neckartor, détenait jusqu’à l’an dernier le record du site le plus pollué d’Allemagne. La station de mesure de l’air, installée juste sous la passerelle, enregistre des taux d’émissions de dioxyde d’azote et de particules fines qui dépassent régulièrement les normes autorisées.
A chaque fois que Peter Erben, un militant, fait « visiter » la passerelle à des journalistes, il est sûr de son effet. On préfère effectivement ne pas trop s’y attarder pour l’interview. La conversation se poursuivra dans la salle paroissiale de l’église protestante de la Schubartstrasse toute proche, qui sert de QG aux activistes de la pureté de l’air dans le quartier, un peu comme les opposants au régime est-allemand en 1989 se réunissaient dans les églises.
Avec d’autres initiatives locales, ils ont organisé les premiers procès contre la pollution aux particules fines en 2008, avant de s’attaquer aux oxydes d’azote. « Tous les deux ans, la ville a lancé de nouveaux instruments pour combattre les particules. On a eu la balayeuse, puis le colleur à particules, et maintenant c’est le mur de mousse ! », ironise Manfred Niess, un autre militant. « On est dans une situation permanente de violation du droit. »

Pugnacité
Longtemps, ces activistes ont été considérés à Stuttgart, l’opulente patrie de Daimler, Bosch et Porsche, comme une poignée de fous. Mais depuis les succès de leurs alliés de l’association environnementale Deutsche Umwelthilfe (DUH), on les traite plutôt de dangereux terroristes. Mardi 27 février, la DUH a en effet remporté une victoire symbolique considérable : le tribunal administratif fédéral de Leipzig lui a donné raison dans un procès en appel contre...




                        

                        


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Le Grand Paris Express, une machine à créer des emplois

La CCI Paris Ile-de-France s’inquiète du report d’une partie du réseau, qui pourrait limiter son effet sur la croissance. Une étude évalue à 160 000 les emplois créés par le nouveau métro.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 11h03
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 11h29
    |

            Jessica Gourdon








                        



                                


                            

Le report de mise en service d’une partie du Grand Paris Express inquiète la chambre de commerce et d’industrie (CCI) Paris Ile-de-France. Dans un communiqué publié mardi 27 février, la CCI se dit « préoccupée du décalage de réalisation de plusieurs tronçons ». Annoncé par le premier ministre, Edouard Philippe, jeudi 22 février, le nouveau calendrier de livraison des 200 kilomètres de lignes et des 68 gares du réseau de métro automatique de la métropole du Grand Paris vise, selon le gouvernement, à limiter les risques techniques créés par un grand nombre de chantiers simultanés et, surtout, à lisser l’endettement de la Société du Grand Paris, chargée de réaliser ce métro.
La CCI, dont le directeur général, Etienne Guyot, a été président de la Société du Grand Paris entre 2011 et 2014, souligne que seule la construction du réseau « dans sa totalité permettra à l’investissement public de jouer pleinement son effet d’entraînement sur l’attractivité et la croissance économique ». Rappelant que « 48 % des entreprises attendent une amélioration des conditions de transport et de mobilité », elle s’alarme notamment du « trop grand décalage de la réalisation de la ligne 17 », au nord de Paris, qui doit desservir une « zone d’emplois majeure ». 

Car ce projet pharaonique, aujourd’hui chiffré à 35 milliards d’euros, est une puissante « job machine » pour la région capitale. Sur le chantier, tout d’abord. D’ores et déjà, 2 000 personnes sont à pied d’œuvre pour construire la ligne 15 sud, dont les travaux préparatoires ont commencé il y a un peu plus d’un an. « Au plus fort du chantier, quand toutes les lignes seront lancées, le Grand Paris Express devrait mobiliser 15 000 personnes », indique un porte-parole de la Société du Grand Paris. Des conventions ont été signées avec les territoires traversés par les lignes pour favoriser l’emploi local et le recours à des PME.
Désenclavement
Une...




                        

                        


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Le président de la Réserve fédérale Jerome Powell voit une croissance sans nuage aux Etats-Unis

Le successeur de Janet Yellen, entendu mardi devant une commission de la Chambre des représentants, veut poursuivre la normalisation de la politique de la banque centrale.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 10h54
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

C’était la première audition publique de Jerome Powell depuis son entrée en fonctions, début février. Le président de la Réserve fédérale (Fed) s’est montré, mardi 27 février, confiant pour l’économie américaine. « Mon analyse personnelle de l’économie s’est renforcée depuis décembre », quand la banque centrale avait fait savoir qu’elle relèverait ses taux à trois reprises en 2018, a-t-il déclaré devant la commission des services financiers de la Chambre des représentants. Le successeur de Janet Yellen a identifié cinq facteurs positifs pour la croissance : les statistiques qui montrent une consolidation de l’économie, les bons chiffres de l’emploi, la perspective que l’inflation atteigne l’objectif de 2 % que s’est fixé la Fed, la reprise mondiale et le stimulus budgétaire.
Toutefois, M. Powell a manifesté sur ce dernier sujet une prudence extrême, évitant de juger les baisses d’impôts et le budget très déficitaire décidés par le président Donald Trump et les républicains. De même, il a dit ne pas croire à l’existence de risques financiers majeurs, en dépit des soubresauts de la Bourse début février. « Il y a toujours un risque de récession, mais je ne la vois nullement en ce moment », a estimé le président de la Fed, qui s’attend à ce que les deux prochaines années soient « deux bonnes années pour l’économie ».
Dans ce contexte, rien ne laisse augurer une rupture dans la politique de la Réserve fédérale américaine, même si les opérateurs interrogés par le Wall Street Journal veulent voir dans l’optimisme de M. Powell l’annonce de quatre hausses des taux en 2018 – le loyer de l’argent à court terme est aujourd’hui compris entre 1,25 % et 1,5 %. Logiquement, les taux d’intérêt à dix ans se sont tendus mardi, passant de 2,86 % à 2,91 %, tandis que l’indice Dow Jones finissait la journée en recul de 1,16 %.

Ligne de crête
En réalité, le républicain modéré Jerome Powell, qui a rendu hommage à celle...




                        

                        


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La Californie ouvre la voie aux taxis autonomes

Une nouvelle réglementation entrera en vigueur le 2 avril, prévoyant plusieurs garde-fous.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 10h40
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



   


Nouveau feu vert pour les voitures sans conducteur en Californie. Lundi 26 février, les autorités de l’Etat américain le plus peuplé ont assoupli leur réglementation dans ce domaine, autorisant les essais sans la présence d’un opérateur derrière le volant prêt à reprendre le contrôle du véhicule en cas d’urgence. Cette décision ouvre la voie au lancement de réseaux de taxis autonomes, promis notamment en 2018 par Google et en 2019 par General Motors.
Les nouvelles règles, qui entreront en vigueur le 2 avril, prévoient plusieurs garde-fous. Les sociétés souhaitant mener des tests devront demander un nouveau permis auprès du Department of Motor Vehicles (le département des véhicules motorisés, DMV).

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                La route semée d’embuches de la voiture sans conducteur



Elles devront aussi mettre en place un système de contrôle à distance, avec à un opérateur pouvant prendre les commandes, ou encore un « plan d’interaction » avec les forces de l’ordre, notamment pour leur permettre de désactiver la fonction autonome. Par ailleurs, une autre autori­sation sera nécessaire pour transporter des passagers payants.
L’allégement des contraintes était réclamé par les entreprises du secteur. Elles assurent que cela va leur permettre d’accélérer leurs essais. Elles pourront déployer davantage de voitures sur les routes car les opérateurs, qui doivent obtenir un permis spé­cifique, pourront désormais superviser plusieurs véhicules en même temps. « Ils tenteront de contrôler le robot de très loin, ­déplore John Simpson, de l’organisation de défense des consommateurs Consumer Watchdog. Ce sera comme un jeu vidéo, sauf que des vies seront en jeu. »
57 accidents en quatre ans
La Californie s’était dotée d’un premier cadre réglementaire dès 2014. Celui-ci requiert la publication du nombre de « désengagements », c’est-à-dire le nombre de fois où le conducteur s’est substitué au pilote automatique. Si la fréquence des interventions humaines tend à reculer, elle demeure élevée chez certaines entreprises.
Depuis 2014, 50 sociétés ont obtenu un permis auprès du DMV. On y retrouve des géants de la Silicon Valley, comme Google, Apple et Uber ; de grands constructeurs automobiles, dont General Motors, Toyota et Volkswagen ; et de nombreuses start-up. La très grande majorité des tests est effectuée dans la région de San Francisco. En quatre ans, 57 accidents ont été signalés, dont la moitié au cours des douze derniers mois.

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La Californie n’est pas le premier Etat américain à ne plus exiger la présence d’un opérateur à bord d’un véhicule autonome. Elle a été devancée par le Michigan, le Nevada ou l’Arizona. C’est dans cet Etat voisin de la Californie que Google, par le biais de sa filiale Waymo, a effectué fin 2017 ses premiers kilomètres sans un opérateur derrière le volant. Fin janvier, elle a obtenu l’autorisation de déployer un service de taxis robots.
General Motors assure qu’il suivra la même voie dans plusieurs villes américaines. « D’autres projets devraient être annoncés pour 2018 ou 2019 », prédit Egil Juliussen, du cabinet IHS Automotive. Ces plates-formes de transport présentent un avantage. « En ­connaissant le point de départ et d’arrivée, on peut déterminer si le trajet peut être effectué de manière autonome », souligne M. Juliussen. Une limitation qui rappelle que la route reste longue.



                            


                        

                        


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SNCF : l’opposition reproche à l’exécutif de « contourner le Parlement » avec les ordonnances

Le groupe Les Républicains (LR) de l’Assemblée dénonce « un mépris total de l’opposition ».



Le Monde
 |    28.02.2018 à 10h18
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 11h24
    |

            Alexandre Lemarié








                        



   


« Un passage en force. » Dans la foulée des syndicats de cheminots, l’opposition a fustigé la volonté du premier ministre, Edouard Philippe, de recourir aux ordonnances pour faire adopter, « avant l’été », la réforme de la SNCF. En dehors de la majorité, l’ensemble des groupes de l’Assemblée nationale reproche à l’exécutif de vouloir « contourner le Parlement », après avoir déjà utilisé cet outil à l’automne dernier pour transformer le code du travail.
« En voulant réformer la SNCF par ordonnances, Macron méprise le peuple et ses représentants. Cela montre qu’il mène une politique de technocrates et qu’il ne supporte aucune contestation », s’indigne le patron des députés Les Républicains (LR), Christian Jacob. « Un gouvernement peut utiliser des ordonnances sur des transpositions de directives européennes mais pas sur un sujet qui concerne l’ensemble des Français et qui, à ce titre, mérite un vrai examen au Parlement », affirme-t-il avant de dénoncer « un mépris total de l’opposition et une humiliation totale pour la majorité ». « Si le président de la République était sûr de sa majorité, ce texte passerait par l’Assemblée », conclut M. Jacob.

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Arme politique
Un constat partagé par les autres responsables de l’opposition, de La France insoumise au Front national, en passant par le président du groupe PS à l’Assemblée nationale, Olivier Faure, qui condamne « un déni démocratique ». Une formule utilisée dès le 22 février par le président LR du Sénat, Gérard Larcher, selon lequel « les ordonnances sont faites pour répondre à des situations particulières ». Et non pour légiférer sur « un sujet aussi important pour l’aménagement du territoire ». Tous appellent l’exécutif à respecter le débat parlementaire et à ne pas vouloir aller trop vite, au lieu de braquer l’opposition et des syndicats prêts à la mobilisation.
Il y a quatorze mois, le candidat Macron était d’ailleurs tout à fait conscient de ce risque et se disait même opposé à l’utilisation de cet outil prévu par l’article 38 de la Constitution. « Je ne crois pas une seule seconde aux cent jours et à la réforme par ordonnances », déclarait-il dans un entretien au Monde, le 25 novembre 2016, soulignant que « les gens le prennent très mal ». Une affirmation lancée à l’époque pour se démarquer de son rival Manuel Valls, qui avait utilisé l’article 49.3 pour faire adopter la loi travail, et des candidats à la primaire de la droite et du centre qui se disaient favorables aux ordonnances. Le discours de M. Macron avait évolué dans les mois suivants : lors de la campagne, il avait annoncé sa volonté d’y recourir pour réformer le code du travail. Mais sur la SNCF, « ce n’était pas un engagement de campagne », a relevé mardi Gilles Platret, porte-parole de LR.
Pour justifier le choix de l’exécutif, M. Philippe a mis en avant, lundi 26 février, l’« urgence » de mener la réforme ferroviaire, assurant que l’utilisation des ordonnances n’allait pas « escamoter pour autant la concertation ou le débat parlementaire ». « Lors de la réforme du code du travail, cela n’avait pas empêché le débat dans la société et au Parlement », appuie le porte-parole de La République en marche, Gabriel Attal. 
Contre l’esprit de la Constitution ?
Si l’outil des ordonnances a souvent été utilisé sous la Ve République, à commencer par le général de Gaulle et son premier ministre Michel Debré, en 1960, pour maintenir l’ordre en Algérie, ou par Alain Juppé, en 1996, pour sa réforme très contestée de la Sécurité sociale, le fait que le gouvernement y ait recours à deux reprises en l’espace de quelques mois traduit la volonté de l’exécutif d’en faire une arme politique, afin d’exercer sa primauté sur le pouvoir législatif.
« Les ordonnances sont une modalité institutionnelle, qui correspond à une situation d’urgence et qui doit être exceptionnelle. Elles n’ont pas été prévues pour être un mode de gouvernement, afin de réformer vite et éviter toute menace de conflit social. Elles ne peuvent être un outil antigrève », estime l’historien Christian Delporte qui accrédite l’idée d’un affaiblissement du rôle du Parlement sous la présidence d’Emmanuel Macron : « Utiliser une fois les ordonnances n’est pas un problème mais si un gouvernement en abuse, il prive le pays d’un débat contradictoire au Parlement – qui est le fondement de la démocratie. Cela peut dénaturer l’esprit de la Constitution, déstabiliser l’équilibre des pouvoirs et renvoyer les élus de la nation au rang de spectateurs. »
Une analyse partagée en partie par Jean Garrigues. « Dans un fonctionnement idéal de la démocratie, le fait que le gouvernement ait recours aux ordonnances pour la réforme de la SNCF traduit un recul du rôle du Parlement, car il aurait été logique qu’un grand débat parlementaire ait lieu sur un sujet aussi important, portant sur l’Etat-providence », juge le professeur d’histoire contemporaine à l’université d’Orléans et à Sciences Po, et président du comité d’histoire parlementaire et politique. Avant de nuancer son propos : « Mais d’un point de vue institutionnel, cela n’est pas le cas car l’affaiblissement du rôle du Parlement est inhérent aux institutions de la Ve République, qui donne la primauté à l’exécutif. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ L’usine du fabricant américain d’ustensiles de cuisine, basée à Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire) employait encore 235 salariés.
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L’usine française du groupe Tupperware ferme définitivement

L’usine du fabricant américain d’ustensiles de cuisine, basée à Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire) employait encore 235 salariés.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 09h56
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 10h58
   





                        



   


L’usine française du fabricant américain d’ustensiles de cuisine Tupperware, basée à Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire), qui employait encore 235 salariés, a fermé définitivement ses portes, mercredi 28 février au matin.
En octobre 2017, le fabricant de boîtes alimentaires en matière plastique avait justifié un « projet de fermeture » du site par la baisse de la production, notamment en Europe.
Les salariés ont engagé début janvier un bras de fer pour obtenir des primes supralégales de licenciement, trois mois après cette annonce surprise. Après une réunion au ministère des finances, les salariés ont obtenu jusqu’à 100 000 euros de primes, suivant leur ancienneté.
« Surcapacité industrielle »
« La majorité des salariés sont satisfaits de l’accord, notamment du montant des primes supralégales de licenciement et du plan de formation, qui est très bien fait », avait déclaré, mercredi 17 janvier, Antonio Constantino, délégué CGT de l’entreprise (syndicat majoritaire à Tupperware en France).
La direction générale de la firme américaine justifie sa décision de fermeture totale de l’usine et de suppression des 235 emplois par une surcapacité industrielle en Europe.
« Confrontée à une surcapacité industrielle notable de son réseau de fabrication européen liée à une amélioration de sa productivité et à un ralentissement de ses activités commerciales (…) notamment en France, l’entreprise se doit d’optimiser son empreinte industrielle afin de rétablir sa compétitivité et assurer de la croissance », expliquait Tupperware dans un communiqué en octobre 2017.

        Lire aussi :
         

                Accord sur les conditions de licenciement à l’usine Tupperware de Joué-lès-Tours






                            


                        

                        

