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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Livre. Très documenté, le dernier essai de l’ancien journaliste du « Monde » Stephen Smith a pour vocation de dépassionner, avec une approche à contre-courant des politiques, le débat autour de l’immigration venue d’Afrique.
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Jusqu’où l’Europe peut-elle accueillir des migrants africains sans perdre son identité ?

Livre. Très documenté, le dernier essai de l’ancien journaliste du « Monde » Stephen Smith a pour vocation de dépassionner, avec une approche à contre-courant des politiques, le débat autour de l’immigration venue d’Afrique.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 17h00
    |

            Maryline Baumard








                        



                                


                            

Livre. Les sacs sont quasi bouclés. Bientôt, ils seront jetés à l’arrière d’un pick-up, avant de passer dans un canot de fortune… Les Africains et leur migration vers l’Europe seraient une histoire déjà écrite, si l’on en croit Stephen Smith dans son dernier essai. Ce départ est prêt, comme une esquisse au crayon de papier, qui ne demande qu’à être repassée d’un trait d’encre pour devenir effective.
Celui qui raconte ces grands préparatifs est un amoureux des chiffres, un fin connaisseur de l’Afrique et un globe-trotter qui a lui-même vécu entre Europe, Afrique et Etats-Unis. Aujourd’hui, il enseigne les Affaires africaines à l’université de Duke (Etats-Unis), après avoir été spécialiste du jeune continent pour Libération, de 1988 à 2000, et Le Monde, de 2000 à 2005, et avoir prêté son expertise à des organisations internationales (ONU, International Crisis Group).
Très documentée, riche en références littéraires, son analyse se nourrit d’abord d’un suivi longitudinal des statistiques africaines, avec, en arrière-plan, le fait que 10 % des terriens se partagent 50 % des richesses, quand la moitié le plus pauvre de l’humanité ne dispose, elle, que de 10 % des biens. Circonstance particulièrement indigeste pour les 40 % d’Africains qui ont moins de 15 ans et rien à perdre à tenter le grand voyage. Aujourd’hui ou demain.
L’habit du « stress écologique »
Il faut en effet se souvenir comme le rappelle l’auteur, que l’Afrique n’est pas un pays de cartes postale partout arriéré. C’est un continent très pauvre, certes, mais pénétré par la modernité. Ce qui n’est pas incompatible, ni dans les quarante villes subsahariennes qui dépassent déjà le million d’habitants, ni dans beaucoup d’autres… Des lieux qui fonctionnent comme une étape, un premier arrêt dans le grand exode qui travaille ce continent depuis plusieurs décennies.
L’Afrique est à un tournant : les deux conditions majeures de la ruée vers l’Europe...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Trente-cinq Prix Nobel appellent, dans une tribune au « Monde », le président turc à libérer sans délai journalistes et écrivains incarcérés.
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« Nous demandons à Erdogan un retour rapide à l’Etat de droit et à une totale liberté de parole et d’expression »

Trente-cinq Prix Nobel appellent, dans une tribune au « Monde », le président turc à libérer sans délai journalistes et écrivains incarcérés.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 15h37
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 18h28
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Nous souhaitons attirer l’attention du président turc Recep Tayyip Erdogan sur les atteintes qui sont actuellement portées à la République turque, à sa réputation, à la dignité et au bien-être de ses citoyens, à travers ce que les plus hautes autorités internationales en matière de liberté d’expression estiment être la détention arbitraire et l’inculpation injustifiée d’écrivains et de penseurs, coupables uniquement d’avoir exercé ce droit universel qu’est la liberté d’expression. Nous attirons son attention sur le Mémorandum sur la liberté d’expression en Turquie (2017) rédigé par Nils Muiznieks, le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, où figure cette mise en garde :
« L’espace du débat démocratique en Turquie s’est réduit de manière inquiétante à la faveur du harcèlement judiciaire croissant dont sont victimes de larges pans de la société – dont des journalistes, des parlementaires, des universitaires et des citoyens ordinaires – et d’une action gouvernementale qui restreint le pluralisme et mène à l’autocensure. Cette dégradation est apparue dans un contexte extrêmement difficile, mais ni la tentative de coup d’Etat, ni les autres menaces terroristes qui planent sur la Turquie ne sauraient justifier la prise de mesures bafouant la liberté des médias et violant l’Etat de droit à ce point. Les autorités devraient changer de cap dans les plus brefs délais en refondant la législation et la procédure pénales, reconsolider l’indépendance de la justice et réaffirmer leur engagement à protéger la liberté d’expression. »
Un vaste programme de répression
Il n’est d’exemple plus clair des inquiétudes du commissaire Muiznieks que la détention, en septembre 2016, d’Ahmet Altan, éditorialiste et romancier renommé, de Mehmet Altan, son frère, professeur d’économie et essayiste, et de Nazli Ilicak, éminente journaliste – tous font partie d’une vague d’arrestations qui a suivi le coup d’Etat manqué de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le président d’IBM France Nicolas Sekkaki estime que travailler avec une matière aussi disruptive que l’intelligence artificielle implique la confiance… Et son corollaire, la transparence.
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« Un usage humaniste et responsable de l’intelligence artificielle » est possible

Dans une tribune au « Monde », le président d’IBM France Nicolas Sekkaki estime que travailler avec une matière aussi disruptive que l’intelligence artificielle implique la confiance… Et son corollaire, la transparence.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 14h30
    |

Nicolas Sekkaki (Président d’IBM France)







                        



                                


                            

Tribune. A l’approche de la publication des conclusions de la mission sur l’intelligence artificielle présidée par Cédric Villani [député LRM], le débat semble figé entre deux camps qui correspondent à deux opinions diamétralement opposées sur le progrès. D’un côté, ceux qui craignent perpétuellement le pire, et notamment que les avancées techniques ne servent que quelques intérêts particuliers. Ceux-là considèrent comme naïfs ceux qui, de l’autre côté, espèrent toujours que l’innovation résoudra tous nos maux. Entre ces deux opinions, nous défendons une voie médiane où le progrès sert à tous.

Pas un jour ne s’écoule sans que la technologie, intelligence artificielle en tête, véhicule de nouvelles craintes. Et si la machine dominait le monde ? Et si nous étions espionnés ? Et si nous perdions nos emplois ? Pourtant, nous le savons bien, les technologies améliorent la vie quotidienne : meilleur accès aux soins, meilleure appréciation des risques et anticipation des catastrophes, éducation personnalisée et partage accru de la connaissance.
Les entreprises doivent pouvoir expliquer ce qui a été intégré dans les recommandations de leurs algorithmes, quelles sources sont utilisées et pourquoi
Le progrès n’est accepté socialement que s’il est inclusif. Donc, ce qui en est fait est l’affaire de tous : citoyens, entreprises, pouvoirs publics. Créée par l’homme et pour l’homme, la technologie reste un outil permettant de faire ce qui est hors de portée physique ou intellectuelle. Autrement dit, elle nous augmente.
Avec chaque nouvelle génération technologique, de nouveaux rôles, de nouveaux modèles économiques et sociaux sont inventés ; des aptitudes différentes et des compétences inédites voient le jour. Notre responsabilité collective est d’en faciliter l’éclosion. Pour que le progrès serve à tous, nous savons que rien ne remplace la vigilance, le travail ou quelques principes inaliénables. Travailler avec une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ L’utilisation de robots supprimera certes des emplois, mais en créera d’autres, estime Ulrich Spiesshofer, PDG d’un groupe international d’ingénierie, dans une tribune au « Monde ».
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Intelligence artificielle : « Les “machines intelligentes” ne sont pas près de remplacer les êtres humains »

L’utilisation de robots supprimera certes des emplois, mais en créera d’autres, estime Ulrich Spiesshofer, PDG d’un groupe international d’ingénierie, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    28.02.2018 à 14h30
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 14h34
    |

Ulrich Spiesshofer (PDG d’ABB, l’un des leadeurs mondiaux dans  les technologies de l’énergie et de l’automation)







                        



                                


                            
Tribune. Les titres de certains articles publiés récemment sont alarmistes : « L’automatisation menace 800 millions d’emplois », « Travaillerons-nous au service des robots ? »… A chaque nouvelle évolution dans les domaines de l’intelligence artificielle et du machine learning (apprentissage automatique), les prévisions quant aux mutations du marché du travail se veulent toujours plus extrêmes. Pour autant, cette crainte grandissante de l’obsolescence de l’homme dans le monde du travail n’est pas fondée – comme en témoignait déjà il y a des décennies le philosophe hongrois Michael Polanyi dans son désormais célèbre paradoxe.
Le marché du travail va évoluer entraînant la suppression de certains emplois tout en en créant de nouveaux que nous ne pouvons même pas imaginer aujourd’hui
En 1966, Polanyi, alors chercheur à Oxford, expliquait pourquoi les machines étaient imbattables pour certaines tâches, mais totalement incompétentes pour d’autres. Après avoir évalué les aptitudes de l’homme, il concluait : « Nous en savons plus que ce que nous pouvons exprimer. » En d’autres termes, l’homme excelle dans des tâches dont il est incapable d’expliquer clairement la réalisation. De ce fait, il est quasi impossible de programmer une machine pour réaliser ces tâches-là à sa place.
En se fondant sur le paradoxe de Polanyi, on peut raisonnablement penser que les « machines intelligentes » ne sont pas près de remplacer les êtres humains, même si les toutes dernières évolutions en matière d’intelligence artificielle et d’automatisation feront évoluer le marché du travail, entraînant la suppression de certains emplois tout en en créant de nouveaux que nous ne pouvons même pas imaginer aujourd’hui.
A titre d’exemple, l’agence Associated Press utilise désormais des programmes d’intelligence artificielle pour rédiger des dépêches, certes peu élégantes du point de vue stylistique, mais parfaitement compréhensibles, relatives à des...




                        

                        


<article-nb="2018/02/28/18-5">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans cette chronique, l’ancien membre du directoire de la BCE Jürgen Stark estime que la politique monétaire expansionniste de l’institution n’est pas adaptée à la réalité économique.
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« La politique actuelle de la Banque centrale européenne est tout simplement irresponsable »

Dans cette chronique, l’ancien membre du directoire de la BCE Jürgen Stark estime que la politique monétaire expansionniste de l’institution n’est pas adaptée à la réalité économique.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 14h30
    |

Jürgen Stark (Ex-membre du directoire de la Banque centrale européenne et ancien vice-président de la Bundesbank)







                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. Le récent plongeon de presque 1 600 points de l’indice Dow Jones montre à quel point les marchés financiers et les acteurs économiques se sont accoutumés à une politique monétaire expansionniste. Des taux d’intérêt faibles et un relâchement monétaire de longue durée ont incité les investisseurs à prendre des risques inconsidérés. Plus ces mesures seront prolongées, plus forte sera la menace qui pèse sur la stabilité du système financier mondial.
Depuis fin 2015, la Fed augmente peu à peu son principal taux directeur qui atteint maintenant 1,5 %
Il y a longtemps que les mesures de relâchement monétaire extrême ne sont plus appropriées. L’économie mondiale connaît une reprise de plus en plus marquée. Selon la dernière mise à jour des « Perspectives de l’économie mondiales » du Fonds monétaire international (FMI), la croissance va se prolonger dans les trimestres à venir, surtout aux Etats-Unis et dans la zone euro.
Pourtant, les institutions internationales, dont le FMI, craignent la correction brutale des marchés due aux changements en matière d’attente d’inflation et de taux d’intérêt et continuent à proclamer que le resserrement de la politique monétaire ne doit se faire que très progressivement. Aussi les banques centrales continuent-elles à reporter la normalisation de leur politique, ce qui entraîne une hausse du prix des actifs suscitant des distorsions boursières spectaculaires qui rendent ces corrections inévitables.
Il est vrai que la Réserve fédérale américaine (Fed) s’éloigne de sa politique d’expansion monétaire depuis fin 2013, lorsqu’elle a commencé à réduire son bilan et à diminuer progressivement ses rachats d’obligations jusqu’à y mettre fin. Depuis fin 2015, elle augmente peu à peu son principal taux directeur, qui atteint maintenant 1,5 %.
Polarisation
Mais elle est loin d’avoir normalisé sa politique. Considérant le stade avancé du cycle économique, les prévisions relatives à la croissance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Editorial. L’exécutif est déterminé à engager une réforme en profondeur de l’entreprise ferroviaire, qui doit faire face à l’ouverture du rail à la concurrence en 2020.
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Dette, concertation, usagers... les trois défis de la SNCF

Editorial. L’exécutif est déterminé à engager une réforme en profondeur de l’entreprise ferroviaire, qui doit faire face à l’ouverture du rail à la concurrence en 2020.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 11h54
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 12h20
   





                        


Editorial du « Monde ». On ne change pas une méthode qui marche – ou, en tout cas, qui a marché jusqu’à présent. Telle pourrait être la devise du pouvoir exécutif. Déterminé à engager une réforme en profondeur de la SNCF, il procède comme il l’a fait à l’automne 2017 sur le dossier réputé hautement inflammable du droit du travail, puis sur ceux non moins épineux de l’entrée à l’université et du baccalauréat.
Dans chaque cas, avec des variantes, la démarche politique est la même. Le gouvernement se présente comme un réformateur avisé, affrontant enfin avec lucidité des transformations indispensables et trop longtemps différées. Ainsi pour la SNCF : personne ne peut le contester, la situation de l’entreprise ferroviaire est lourdement handicapée par une dette cumulée de quelque 50 milliards d’euros, elle n’a donc pas réalisé depuis des années les investissements nécessaires à sa modernisation et elle va aborder en position de faiblesse l’ouverture du rail à la concurrence à partir de 2020.

        Lire aussi :
         

                Alors que le gouvernement s’apprête à la réformer, la SNCF affiche d’excellents résultats



Devant cette situation « intenable », il y a donc urgence à réagir, comme l’a plaidé le premier ministre, lundi 26 février. Dix jours après le rapport de M. Spinetta posant le diagnostic, Edouard Philippe a fixé un calendrier des plus rigoureux pour boucler la réforme avant l’été. Sans craindre de heurter les syndicats qui dénoncent ce « passage en force » autant que les parlementaires de droite ou de gauche qui déplorent un « déni de démocratie », il a choisi de déposer, dès la mi-mars, après une très courte phase de discussion avec les syndicats, un projet de loi l’autorisant à procéder par ordonnances. Vite fait, bien fait, tel est le premier pari.
Efficacité de la manœuvre gouvernementale
Pour réussir, il lui importe de gagner la deuxième bataille du rail, celle de l’opinion. Sans craindre de forcer le trait. Faisant du statut des cheminots l’un des archaïsmes majeurs qui pèsent sur la gestion de la SNCF, soulignant la dégradation de la qualité du service public ferroviaire (ponctualité, sécurité, prix des billets, maillage du territoire), il s’est posé en premier défenseur des usagers du train.
Non sans habileté, il a circonscrit la suppression du statut aux futurs embauchés, renvoyé à 2019, dans le cadre de la réforme générale des retraites, la question délicate de celle des cheminots, et à 2020, au moment de l’ouverture à la concurrence, celle des petites lignes déficitaires. Quelle que soit leur volonté de combattre la réforme, les syndicats ne mésestiment pas l’efficacité de la manœuvre gouvernementale. Plutôt que de foncer tête baissée, ils ont renvoyé à la mi-mars le choix de leur riposte, bien conscients que nous ne sommes plus dans la situation de 1995, lorsque les cheminots, largement soutenus par les Français, avaient paralysé le pays et fait reculer le gouvernement Juppé.

        Lire aussi :
         

                Début d’une phase de concertation à la SNCF



Reste une évidence. Quoi qu’il advienne de ces deux premières batailles, leur sort ne réglera en rien la plus stratégique : celle de la dette qui plombe terriblement la SNCF, sa capacité à se moderniser et à affronter, demain, la concurrence. Or c’est le point aveugle du plan gouvernemental. Si l’Etat se dit prêt à prendre sa part de cette dette, il reste des plus évasif sur le calendrier (d’ici à « la fin du quinquennat »…), le montant qu’il envisage d’éponger et les modalités de cet apurement.
Au-delà des aménagements de statut ou de gouvernance, c’est la question cruciale. Faute d’y répondre clairement, le gouvernement s’expose, au bout du compte, à apparaître plus matamore que réformateur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Le 24 avril, les Trump recevront les Macron à la Maison Blanche. Dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », s’interroge sur la relation privilégiée qu’entretiennent ces deux présidents que tout devrait opposer
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 27/02/2018
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« Trump-Macron, une relation paradoxale, mais visiblement solide, entre deux dirigeants à la fois proches et totalement opposés »

Le 24 avril, les Trump recevront les Macron à la Maison Blanche. Dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », s’interroge sur la relation privilégiée qu’entretiennent ces deux présidents que tout devrait opposer



Le Monde
 |    28.02.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 08h50
    |

            Sylvie Kauffmann (éditorialiste au "Monde")








                        



                                


                            

Chronique. Entre eux, tout a commencé par une poignée de mains dont on a fait grand cas. L’a-t-on surinterprétée, cette poignée de mains virile et, disons-le, un peu ridicule, au sommet de l’OTAN, le 25 mai 2017 à Bruxelles ? Peut-être.
Mais lorsque huit mois plus tard, lors du Forum économique de Davos (Suisse), le journaliste de la télévision helvétique Darius Rochebin évoque devant Emmanuel Macron cette scène « incroyable » avec Donald Trump, cette scène où « vous lui broyez la main, elle devient blanche », le président français ne s’inscrit pas en faux. Il y a même comme une lueur de fierté dans son regard.
A Bruxelles, élu depuis quinze jours, Emmanuel Macron était le petit nouveau dans le cercle des dirigeants de l’Alliance atlantique. Auréolé de sa victoire sur Marine Le Pen, certes, mais junior quand même. L’autre nouveau venu, c’était Donald Trump, porté, lui, à la tête de la première puissance du monde sept mois plus tôt par une vague populiste.
Calculée ou non, cette poignée de mains, finalement, c’était un peu pour Macron une manière de s’affirmer face à un homme qui tétanisait les Européens et qui, à 71 ans, aurait pu être son père. Trump, qui s’y connaît en matière de transgressions, ne lui a pas tenu rigueur de ces jointures écrasées. L’épisode lui rend même « Emmanuel » sympathique : ne sont-ils pas tous deux, à ce moment-là, des animaux politiques atypiques, arrivés au pouvoir dans des circonstances inhabituelles ? Et de fait, ce moment scelle la naissance d’une relation paradoxale, mais visiblement solide, entre deux dirigeants, un Américain et un Français, à la fois proches et totalement opposés.
« France First ! »
Cette relation trouvera sa consécration dans la visite d’Etat que feront Emmanuel et Brigitte Macron à Washington, du 23 au 25 avril, à l’invitation du couple Trump. Dans le communiqué annonçant, lundi 26 février, les dates de la visite, l’Elysée a pris soin...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de 156 députés, essentiellement issus de la majorité, appelle à mieux encadrer les droits et la liberté de mourir des personnes en fin de vie.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 27/02/2018
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Euthanasie : « Il ­convient de donner aux malades en fin de vie la libre disposition de leur corps »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de 156 députés, essentiellement issus de la majorité, appelle à mieux encadrer les droits et la liberté de mourir des personnes en fin de vie.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 10h27
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. « On ne meurt pas bien en France. » Aujourd’hui, l’offre de soins palliatifs ne satisfait pas à la multiplicité des situations individuelles et des souffrances des personnes en fin de vie. Des souffrances accentuées par l’impossibilité pour chacun de « choisir sa fin de vie ».
Si quelques progrès ont été enregistrés avec la loi Claeys-Leonetti, force est de constater que celle-ci n’a pas permis d’introduire d’innovations significatives. Il s’est surtout agi de transcrire dans la loi ce qui était déjà acquis par voie réglementaire. Le problème actuel est qu’il manque – et c’est crucial ! – une liberté, un droit au choix. Attendre une évaluation des textes législatifs antérieurs avant de créer un nouveau droit aux malades en fin de vie aurait-il dès lors un sens ? Non ! Quand une lacune est identifiée, elle doit être comblée sans délai.
D’ailleurs, les Français apportent trois preuves de leur désir impatient de l’introduction de ce progrès humaniste. Dans un très récent sondage, réalisé par l’IFOP pour La Croix et le Forum européen de bioéthique, 89 % considèrent important de légaliser l’euthanasie et/ou le suicide assisté. Seulement 11 % des personnes interrogées se satisfont de la législation actuelle. En ce domaine, comme généralement dans les diverses questions de bioéthique, nos concitoyens sont plus avancés et plus en phase avec le progrès que certains responsables, qui apparaissent plus conservateurs ou frileux.
En toute illégalité
De nombreux Français au stade avancé d’une maladie incurable vont aussi chercher – et obtenir – la délivrance dans l’un ou l’autre des pays ayant déjà légiféré sur cette possibilité (Belgique, Suisse, Pays-Bas, Luxembourg, Canada, plusieurs Etats américains, etc.).
Un malade en fin de vie, dans une « impasse thérapeutique », peut obtenir une aide active à mourir dans les hôpitaux français. Ces euthanasies sont pratiquées en toute illégalité. Il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Ekaterina Kuznetsova et Edward N. Luttwak estiment que le président est assuré, sauf accident, de remporter le scrutin présidentiel du 18 mars. Mais cette victoire probable cache une incapacité de l’Etat russe à se moderniser.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
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« En Russie, l’absence d’Etat de droit affaiblit Vladimir Poutine »

Dans une tribune au « Monde », Ekaterina Kuznetsova et Edward N. Luttwak estiment que le président est assuré, sauf accident, de remporter le scrutin présidentiel du 18 mars. Mais cette victoire probable cache une incapacité de l’Etat russe à se moderniser.



Le Monde
 |    28.02.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
28.02.2018 à 07h16
    |

                            Edward N. Luttwak (Chercheur associé au think tank américain Center for Strategic and International Studies)








                        



                                


                            
Tribune. Le 18 mars 2018, Vladimir Poutine va concourir pour son quatrième mandat présidentiel. Sa réélection, soigneusement préparée, semble pratiquement assurée. Une loi sur mesure votée en 2012 empêche Alexeï Navalny, le seul leadeur d’opposition en mesure de contrer M. Poutine, de se porter candidat. Nous allons donc assister à nouveau au triomphe d’un simulacre de démocratie, une élection sans choix.
Cependant, la réélection de Vladimir Poutine ne résoudra pas la question de savoir comment il parviendra à préserver son rôle politique et le régime qui lui est lié au-delà de 2024. Cherchera-t-il encore à échanger les fonctions avec le premier ministre Dimitri Medvedev pour respecter la Constitution interdisant un troisième mandat sans préciser le nombre total de mandats qu’une personne peut assumer dans sa vie politique ? Voudra-t-il au contraire modifier la Constitution pour lui permettre de gouverner indéfiniment en tant que président ou encore établir une République parlementaire pour assurer son pouvoir à travers le parti ?

Les manquements répétés à un passage pacifique du pouvoir attestent d’une absence d’Etat de droit sans lequel aucune succession ne peut être légitime. Voici la grande leçon de l’histoire russe : l’Etat de droit est une question plus difficile que celles qui entourent la démocratie, le constitutionnalisme voire les institutions. Tous ses principes – la précision, la non-rétroactivité, l’universalité – peuvent être condensés dans cette maxime latine : nulla poena sine lege – littéralement « pas de sanction sans une loi ». Ainsi ce n’est pas par manque d’éducation que la Russie a négligé l’Etat de droit, mais parce qu’il n’y avait pas le personnel pour le mettre en œuvre : des fonctionnaires bien formés, des juristes professionnels, des juges indépendants. Et de fait, l’Etat de droit s’est enraciné en Europe occidentale grâce à l’émergence d’une classe de fonctionnaires exerçant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Sérieusement bousculés sur le marché publicitaire, les médias américains maintiennent la pression sur Google et Facebook, et appellent les annonceurs à collaborer.
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Les médias américains souhaitent plus de régulation face à Google et Facebook

Sérieusement bousculés sur le marché publicitaire, les médias américains maintiennent la pression sur Google et Facebook, et appellent les annonceurs à collaborer.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 17h34
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 18h17
    |

                            Yassine El Azzaz








                        



   


Leurs audiences ne cessent de croître et leurs revenus stagnent. Exaspérés par le duopole de Google et Facebook sur les recettes publicitaires, les médias américains en appellent à l’Etat. Dans une tribune publiée par le Wall Street Journal, le 25 février, David Chavern, président de la News Media Alliance (NMA), un syndicat d’éditeurs qui regroupe près de 2 000 journaux aux Etats-Unis et au Canada, souhaite une dérogation relative aux lois antitrust pour les médias américains.
Dans le cadre actuel, au nom de cette législation, les éditeurs de presse n’ont pas le droit de négocier collectivement face à Google et Facebook. Après avoir publié une première lettre ouverte en juillet 2017, les membres de la NMA ont décidé de mettre en place le premier comité d’action politique afin d’intensifier leurs efforts de lobbying au Congrès.
« Les lois antitrust américaines ont été conçues pour promouvoir une concurrence loyale et empêcher la mise en place de monopoles. Aujourd’hui, elles faussent la concurrence loyale entre les médias traditionnels et les géants de la Silicon Valley », a affirmé M. Chavern.

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                Abonnements, données : les promesses de Google aux médias



Selon la chaîne de télévision américaine CNBC, Google et Facebook captent désormais 83 % de la croissance des revenus publicitaires numériques et 73 % de la publicité numérique globale aux Etats-Unis. Alors que l’audience des éditeurs a grimpé de 42 % entre 2014 et 2016, leurs revenus publicitaires ont baissé de plus de 3 milliards d’euros. « Si les autorités ne peuvent pas protéger la société de l’influence des trusts modernes, le gouvernement devrait au moins se retirer et laisser les éditeurs se protéger eux-mêmes », ajoute M. Chavern.
« Reconnaître la valeur sociale du journalisme »
Facebook et Google ont présenté quelques solutions, notamment pour faciliter le recrutement et la fidélisation des abonnés. Ces annonces n’ont toutefois pas convaincu Rupert Murdoch, propriétaire du Wall Street Journal et président exécutif du groupe de presse News Corp.
Pour lui, « reconnaître la valeur sociale du journalisme professionnel » passe d’abord par « une indemnité d’utilisation, similaire au modèle adopté par les câblo-opérateurs », a-t-il déclaré, dans une lettre ouverte publiée, en janvier, après les annonces faites par les deux géants du numérique.
La presse n’est cependant pas la seule à exiger un changement de la législation pour faire face à la mainmise du duopole sur les recettes publicitaires. Jeff Zucker, président de CNN, a également orienté ses critiques vers les firmes de la Silicon Valley et souhaité une meilleure coopération des annonceurs. « Je pense que nous avons besoin de l’aide du monde de la publicité et du monde de la technologie pour trouver de nouvelles façons de monétiser le contenu numérique, sinon le bon journalisme disparaîtra », s’est-il alarmé, lundi 26 février, lors d’un discours au Mobile World Congress de Barcelone.
« Personne ne pense aux monopoles que sont devenus Facebook et Google. C’est là que le gouvernement devrait chercher à s’assurer que tout le monde survive. Je pense que c’est le plus gros problème auquel sera confronté le journalisme dans les années à venir », a-t-il conclu.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dix ans après la crise financière de 2008, les grandes banques britanniques ont supprimé 300 000 emplois et demeurent affaiblies par les scandales, constate, dans sa chronique, le correspondant du « Monde » à Londres Eric Albert.
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Au Royaume-Uni, les ruines du paysage bancaire

Dix ans après la crise financière de 2008, les grandes banques britanniques ont supprimé 300 000 emplois et demeurent affaiblies par les scandales, constate, dans sa chronique, le correspondant du « Monde » à Londres Eric Albert.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 14h03
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Lettre de la City. Une décennie déjà. En février 2008, la petite banque Northern Rock au Royaume-Uni venait d’être nationalisée, Bear Stearns aux Etats-Unis allait faire faillite, et Lehman Brothers s’écroulait quelques mois plus tard. La plus grande crise financière depuis 1929 commençait son travail de dévastation.
Aujourd’hui, les ruines de l’époque sont encore partout, sans compter les répercussions politiques évidentes, de Donald Trump au Brexit. Du 19 au 25 février, au Royaume-Uni, les résultats annuels des grandes banques du pays sont venus rappeler que les grands établissements financiers peinent encore à se remettre du choc.
Des quatre mastodontes d’antan, trois (HSBC, Lloyds et Barclays) demeurent affaiblis par les scandales, mais se sont assainis. Le quatrième, Royal Bank of Scotland, reste une calamité, encore nationalisée
Un chiffre pour résumer le massacre : selon nos calculs, les quatre grandes banques britanniques ont supprimé presque 300 000 emplois depuis 2008, soit plus du tiers de leurs effectifs. Les géants bancaires d’autrefois ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes.
Des quatre mastodontes d’antan, trois (HSBC, Lloyds et Barclays) demeurent affaiblis par les scandales, mais se sont assainis. Le quatrième, Royal Bank of Scotland, reste une calamité, encore nationalisée. Disons-le clairement : cet établissement n’aurait jamais dû être sauvé en 2008 ; une mise en faillite ordonnée aurait été préférable.
La banque qui s’en sort le mieux est HSBC. Elle n’a jamais frôlé la faillite, et reste la seule du Royaume-Uni à demeurer un géant mondial. En revanche, l’établissement a été fortement ébranlé par les scandales, des cartels mexicains de la drogue qui blanchissaient leur argent par son intermédiaire aux clients qui échappaient aux impôts par le biais de sa banque privée suisse. L’établissement espère désormais tourner la page avec le changement de ses dirigeants : la semaine dernière, son directeur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Une directive européenne « Sécurité des réseaux et des systèmes d’information », décisive pour les entreprises, est en cours de transposition en France, se félicite, dans une tribune au « Monde », la présidente de l’Amrae Brigitte Bouquot.
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Cyber-risque : « Passer de la résilience numérique de quelques-uns à celle de tous »

Une directive européenne « Sécurité des réseaux et des systèmes d’information », décisive pour les entreprises, est en cours de transposition en France, se félicite, dans une tribune au « Monde », la présidente de l’Amrae Brigitte Bouquot.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 14h00
    |

Brigitte Bouquot (Présidente de l’Association pour le management des risques et des assurances de l’entreprise (Amrae)







                        



                                


                            
Tribune. La protection du citoyen numérique occupe le devant de la scène depuis plusieurs mois avec le règlement européen sur la protection des données, dit RGPD. Quand la numérisation est le moteur de la croissance économique mondiale, il faut également braquer les projecteurs sur un autre texte européen moins connu, la directive sur la sécurité des réseaux et des systèmes d’information (Network and Information Security, NIS).
Le risque cyber est devenu aujourd’hui un risque d’entreprise, pas simplement un risque technique
Cette directive, qui organise la sécurité numérique des Etats membres et des entreprises européennes, est en cours de transposition en France avec la désignation de près de deux mille opérateurs de services essentiels (OSE) sous le pilotage de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi). Les entreprises de toutes tailles qui conduisent de solides politiques de gestion des risques ont compris que le risque cyber est devenu aujourd’hui un risque d’entreprise, pas simplement un risque technique. Ainsi, elles identifient les scénarios de survenance du risque, elles en modélisent l’impact économique, elles investissent pour organiser la continuité de l’activité et gérer la crise en cas d’attaque, et in fine financer certains impacts résiduels par l’assurance.
Dans notre économie ouverte où le risque cyber ne connaît pas de frontière, le couplage entre la directive NIS et la gestion des risques permettra au tissu économique français d’organiser une indispensable résilience numérique. En Europe, la France a toujours été à la pointe pour assurer la continuité de l’Etat et des grandes entreprises.
Secret-défense
Dès la Constitution de 1958, l’Etat n’a eu de cesse de se doter d’un cadre législatif et réglementaire pour organiser la résilience de la nation. Avec la notion d’opérateur d’importance vitale (OIV) – ordonnance de décembre 1958, modifiée en 2004 –, « les entreprises sensibles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans sa chronique, l’économiste Philippe Askenazy estime que le cadencement trimestriel des enquêtes emploi devrait donner l’opportunité à la statistique publique d’offrir aux citoyens et aux décideurs de bonnes clés d’interprétation.
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Chômage et mystère de la statistique

Dans sa chronique, l’économiste Philippe Askenazy estime que le cadencement trimestriel des enquêtes emploi devrait donner l’opportunité à la statistique publique d’offrir aux citoyens et aux décideurs de bonnes clés d’interprétation.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 14h00
    |

                            Philippe Askenazy (Chercheur au CNRS/ENS/Centre Maurice Halbwachs)








                        



                                


                            
L’éclairage. En 2007, la statistique publique française vécut un fiasco. Alors que se profilait l’élection présidentielle, les premières exploitations en interne de l’enquête emploi de l’Insee auprès des ménages concluaient à une baisse du chômage bien moindre que celle claironnée par le gouvernement. Cédant à des pressions politiques ou sincèrement inquiète de la qualité de son enquête – les historiens le diront –, la direction de l’Insee avait décidé en janvier 2007 d’arrêter la publication des chiffres du chômage pour six mois, arguant que le taux de réponse à l’enquête aurait légèrement diminué.
il est inutile de chercher à influer sur des chiffres que l’Europe calcule de son côté
Le malaise fut profond parmi les professionnels de la statistique, certains décidant d’alerter l’opinion. In fine, Eurostat, respectant les règlements européens, publia en mars 2007 ses propres estimations du chômage à partir de l’enquête emploi. La leçon de ce fiasco a été tirée : il est inutile de chercher à influer sur des chiffres que l’Europe calcule de son côté. Cet épisode a également été l’occasion de remettre à plat la méthodologie française de mesures de l’emploi et du chômage.
Si cela a conduit à une nette amélioration des outils, l’intégration des observations d’une enquête complémentaire auprès des non-répondants à l’enquête emploi fut plus douteuse. Il y avait une logique institutionnelle à cela, puisque la question des non-répondants avait justifié le report de publication. Mais à peine un quart des non-répondants répondaient à l’enquête complémentaire. Comme il n’y a pas d’enquête sur les non-répondants à l’enquête sur les non-répondants (!), cela obligeait à de fortes hypothèses, pour finalement accoucher d’un taux de chômage modifié de 0,1 point de pourcentage.
Rationalisation du dispositif
Une deuxième modification, légitime d’un point de vue statistique, a plutôt brouillé les débats publics : aux chiffres sur le chômage trimestriel...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Editorial. Alors que la campagne des élections législatives en Italie a été marquée par la poussée de partis eurosceptiques, les résultats incertains du scrutin du 4 mars représentent une nouvelle menace pour la cohésion de l’Union européenne.
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Europe : la menace italienne

Editorial. Alors que la campagne des élections législatives en Italie a été marquée par la poussée de partis eurosceptiques, les résultats incertains du scrutin du 4 mars représentent une nouvelle menace pour la cohésion de l’Union européenne.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 12h00
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Entre une Allemagne qui se cherche et une Grande-Bretagne qui s’en va, la dernière chose dont l’Europe a besoin est une Italie qui se brouille. Les élections législatives organisées dimanche 4 mars dans la Péninsule, et dont les résultats s’annoncent particulièrement incertains, représentent pourtant une nouvelle menace pour la cohésion de l’Union européenne.
Dans ce pays cofondateur du projet européen, longtemps l’un des plus euroenthousiastes, cette campagne électorale a été marquée par la poussée de partis eurosceptiques de tous bords. Certes, en fin de course, la Ligue du Nord, d’extrême droite, comme le populiste Mouvement 5 étoiles ont modéré leurs critiques contre Bruxelles et renoncé à évoquer une sortie de l’euro. Certains analystes ne voient cependant dans cette prudence tardive qu’un virage tactique, encouragé par la perspective d’une victoire prochaine.

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                Elections italiennes : les trois coalitions en lice font campagne mais évitent l’affrontement



Le scénario le plus favorable à l’intégration de l’Italie dans l’UE, celui d’une grande coalition rassemblant le centre gauche autour de Matteo Renzi et le centre droit autour de Silvio Berlusconi, semble chaque jour plus improbable. Le scénario catastrophe vu de Bruxelles serait celui d’une coalition de droite dans laquelle la Ligue du Nord de Matteo Salvini aurait pris le dessus sur la droite berlusconienne.
Comment l’Italie en est-elle arrivée là ? Il faut sans doute remonter à 2011 et à la démission, sous la pression conjointe des marchés et des partenaires européens, d’un Silvio Berlusconi discrédité. S’il est tout sauf étranger aux maux qui ont entraîné sa chute, « Il Cavaliere », revenu sur le devant de la scène à 81 ans à la faveur de cette singulière campagne, ne manque jamais de rappeler qu’à ses yeux ce qui s’est passé en 2011 était un coup d’Etat. Mario Monti, qui lui a succédé, a certes évité que le pays se trouve placé sous tutelle comme la Grèce et le Portugal, mais au prix de la mise en œuvre de recettes bruxelloises dont le coût social a été très mal vécu par les Italiens.
Tous les symptômes de la crise des démocraties occidentales
La solitude dans laquelle le pays a géré l’afflux de plus de 600 000 réfugiés depuis 2013 a achevé de mettre à mal l’attachement des Italiens à l’Europe. Le manque de solidarité européenne a porté un coup terrible à la popularité de la majorité de centre-gauche, successivement dirigée par Enrico Letta, Matteo Renzi et Paolo Gentiloni, qui s’est pourtant efforcée de respecter ses engagements vis-à-vis de Bruxelles. L’idée qu’avec l’Europe la loyauté et les efforts ne paient pas s’est ainsi installée dans l’opinion italienne.

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                L’Italie, seule dans la tempête migratoire



Aujourd’hui, aucun des partis en lice dans la troisième économie de la zone euro ne prône la poursuite des efforts de maîtrise des finances publiques. Sur le front économique, la campagne s’est résumée à une accumulation de promesses mirifiques, chiffrées en centaines de milliards d’euros, qui ne seront sans doute jamais tenues. Sur le front politique, l’Italie de 2018 présente à peu près tous les symptômes de la crise des démocraties occidentales : affaiblissement des partis politiques traditionnels, montée des extrêmes, vogue des candidatures antisystème, désaffection de l’électorat et taux d’abstention record. Avec, en prime, une spécificité locale : la percée de forces néofascistes, à l’occasion d’élections locales.
Le hasard du calendrier a voulu que le 4 mars soit aussi, en Allemagne, le jour du verdict du SPD sur le contrat de coalition avec la CDU. Espérons que l’Europe, ce jour-là, se remette en ordre de marche.

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                Les deux Italie de Matteo Salvini, le jeune leader de la Ligue du Nord






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Le chef du parti Les Républicains s’est engagé dans une complète reconstruction de lui-même. Une conversion de laquelle naît le soupçon d’insincérité, analyse dans sa chronique Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde »
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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« Au lieu de mûrir, Laurent Wauquiez a muté »

Le chef du parti Les Républicains s’est engagé dans une complète reconstruction de lui-même. Une conversion de laquelle naît le soupçon d’insincérité, analyse dans sa chronique Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde »



Le Monde
 |    27.02.2018 à 11h18
    |

            Gérard Courtois (Editorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            

Chronique. L’on imagine déjà la lassitude du lecteur : encore Laurent Wauquiez ! N’en a-t-on pas assez soupé de ses propos à l’emporte-pièce tenus devant les élèves de l’Ecole de management de Lyon ? Du « cirque médiatique » (dixit l’intéressé) qui s’est ensuivi quand une télévision les a divulgués le 16 février ? Enfin, de l’énergique « J’assume ! » que le président des Républicains a opposé à ses procureurs, quelques jours plus tard, sur le plateau de BFM-TV ?

Lamentable algarade, ont commenté tous ceux pour qui le chef d’un grand parti, candidat putatif à de plus hautes fonctions, ne devrait pas dire ça. Beaucoup de bruit pour rien, ont songé les blasés. Après tout, M. Wauquiez n’est ni le premier responsable politique ni le dernier à dire pis que pendre de ses meilleurs amis ou à démolir sans pitié ses concurrents. Pas davantage à utiliser en privé un langage de charretier.

Il n’est pas non plus le premier à se persuader que le degré de détestation qu’il suscite est la meilleure preuve de la crainte qu’il inspire, donc de sa force. En la matière, Nicolas Sarkozy fut un bon modèle. Quant à penser que la polémique est la manière la plus simple de se faire entendre – je fais scandale, donc j’existe –, Jean-Marie Le Pen en a fait la démonstration avec un succès certain pendant trente ans.
Il était un pur produit du « système » ; il en devient le plus virulent pourfendeur. Il rêvait d’être le chouchou des médias ; il jubile d’en être désormais la tête de Turc
Pourquoi donc y revenir ? Parce qu’au-delà de ces postures, Laurent Wauquiez est un cas. Un cas clinique, si l’on ose dire. Longtemps, il a été un jeune homme parfait. Solide tradition familiale de la bourgeoisie industrielle du Nord, scolarité impeccable, diplômes prestigieux qu’il porta un temps en bandoulière au point que, comme chacun sait, il fut reçu 14e à l’Ecole normale supérieure, puis major à l’agrégation d’histoire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’écrivain Patrice Franceschi considère que si l’Europe laisse faire le président Erdogan à Afrin, elle restera une cible du djihadisme.
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« Abandonner les Kurdes en Syrie favorisera la reconstitution des réseaux terroristes »

Dans une tribune au « Monde », l’écrivain Patrice Franceschi considère que si l’Europe laisse faire le président Erdogan à Afrin, elle restera une cible du djihadisme.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 09h58
    |

Patrice Franceschi (écrivain)







                        



                                


                            
Tribune. Il y a déjà plus d’un mois que l’armée turque, violant toutes les lois internationales, a envahi le nord de la Syrie pour attaquer les Kurdes de l’enclave d’Afrin et s’emparer de leur territoire. Afin de justifier son agression, le président turc Erdogan a prétendu que ces Kurdes menaçaient sa frontière sud et n’étaient que des terroristes parmi d’autres. Question propagande, Goebbels n’aurait pas fait mieux pour nous pousser à abandonner nos meilleurs alliés dans la région et à jouer contre nos intérêts. Mais peut-on vraiment oublier que les Kurdes nous ont aidés à vaincre l’organisation Etat islamique – notre ennemi commun, responsable des attentats en France – et que nos soldats ont combattu à leurs côtés pendant trois ans ? Erdogan insinuerait-il que la France serait coupable de complicité avec des terroristes ?
« Cela fait cinq ans que j’accompagne les Kurdes dans leur combat et je sais très bien de quel côté se trouvent les terroristes »
Depuis un mois, la propagande d’Ankara se déchaîne pour salir et décrédibiliser les Kurdes, relayée jusque chez nous par des lobbies pro-Turcs d’une puissance insoupçonnée. C’est contre cette désinformation généralisée, cette maladie des « fake news », que je veux m’élever. Cela fait cinq ans que j’accompagne les Kurdes dans leur combat et je sais très bien de quel côté se trouvent les terroristes et ce que représentait Afrin avant cette attaque : une région restée totalement à l’écart de la guerre. On ne peut pas me raconter d’histoire. Et si les Kurdes de Syrie sont des terroristes, alors, c’est à l’égal des résistants français que la Gestapo affublait du même vocable.
Tout ce que fait Erdogan est dicté par sa politique intérieure. Il y flatte aussi bien les islamistes radicaux que les ultranationalistes. A ce mélange détonnant, il a promis de régler très vite le sort de ces Kurdes qui les obsèdent tous par leur projet politique émancipateur, où la laïcité voisine avec l’égalité hommes-femmes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Livre. Le journaliste et polémiste américain Lewis Lapham signe avec « Le Temps des fous » l’œuvre d’un aristocrate démocrate exigeant, accablé par l’état de la démocratie en Amérique.
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L’aboutissement Donald Trump

Livre. Le journaliste et polémiste américain Lewis Lapham signe avec « Le Temps des fous » l’œuvre d’un aristocrate démocrate exigeant, accablé par l’état de la démocratie en Amérique.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 09h13
    |

            Alain Frachon








                        



                                


                            

Livre. Le début de la fin commence à l’aube des années 1990. Le Mur de Berlin s’effondre, l’URSS va se dissoudre. Les Etats-Unis croient qu’ils ont remporté une « victoire », politique et idéologique. George H. W. Bush, le président alors à la Maison Blanche, salue l’avènement d’un « nouvel ordre du monde ».
Il en est allé différemment. Le « nouvel ordre » a vite pris des allures de chaos. Aux Etats-Unis mêmes, tout s’est passé comme si, privée d’un adversaire global, la démocratie américaine allait doucement glisser vers un autre type de régime : la ploutocratie – le règne de l’argent, celui d’une coterie gouvernant par l’argent et pour l’argent. Qui faut-il incriminer ? L’argent dans la politique justement. L’hubris ou l’autosatisfaction aussi – même si l’URSS est tombée sous le choc de ses propres contradictions plus que sous la pression de son adversaire.
Quand on lit du Lapham, la leçon d’histoire se mèle toujours au propos sur l’actualité
C’est en tout cas de la fin de la guerre froide que Lewis Lapham, merveilleux chroniqueur d’une fin de siècle américain au début d’un autre, date ce qu’il appelle le regime change – le changement de régime – auquel succombe son pays. Comme Lapham est un homme de grande culture, il s’en afflige, certes, mais ne s’en étonne pas pas outre mesure : d’autres civilisations, notamment dans l’Antiquité, auraient connu ce cycle qui va de l’autocratie à la démocratie puis à la ploutocratie. Quand on lit du Lapham, la leçon d’histoire se mêle toujours au propos sur l’actualité.
La désagrégation de l’Etat providence
En cette fin de XXe, donc, l’Amérique cède aux illusions de l’omnipotence et va se livrer à trente ans « d’aventures impériales », la plupart désastreuses. A l’intérieur, le leadership politique, républicain ou démocrate, se soumet à la domination de Wall Street. L’esprit du temps est gagné par un individualisme forcené qui, dissolvant la notion...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Livre. Dans son essai, Andreï Gratchev, ancien porte-parole de Mikhaïl Gorbatchev, dresse un amer bilan de la période qui a suivi l’effondrement de l’URSS jusqu’à nos jours, plus instable à ses yeux qu’à l’époque de l’équilibre nucléaire entre les deux grands.
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L’ hyperpoker de l’après-guerre froide

Livre. Dans son essai, Andreï Gratchev, ancien porte-parole de Mikhaïl Gorbatchev, dresse un amer bilan de la période qui a suivi l’effondrement de l’URSS jusqu’à nos jours, plus instable à ses yeux qu’à l’époque de l’équilibre nucléaire entre les deux grands.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 08h44
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 09h14
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

Livre. Ce monde imprévisible du début du XXIe siècle secoué par les rivalités entre de nouvelles puissances, la réapparition d’empires défunts et le surgissement d’acteurs non étatiques transnationaux semblent à Andreï Gratchev beaucoup plus lourd de menaces que celui qui l’avait précédé avec sa stabilité relative assurée par l’équilibre nucléaire entre les deux grands. L’ancien conseiller et porte-parole de Mikhaïl Gorbatchev tisse un amer bilan de l’après-guerre froide, ironisant sur le grand échec de l’Occident.
L’arrogance du gagnant de la guerre froide a nourri « la rancœur du perdant »
« A la place d’un monde docile, remodelé à son image et facile à gouverner il découvre un environnement hostile et dangereux défiant ouvertement son statut privilégié et son rôle de timonier de l’histoire mondiale », note le politologue. Andreï Gratchev n’a jamais pardonné à Washington comme aux Européens leur refus de la « Maison commune » proposée par son ex-mentor. C‘était à ses yeux l’occasion de créer un système de sécurité collective allant de Vancouver à Vladivostok. Elle fut manquée. L’arrogance du gagnant de la guerre froide a nourri « la rancœur du perdant le poussant à compenser sa faiblesse par une agressivité insolente ». D’où aujourd’hui le « revanchisme » de Poutine.
La fin de la « doctrine Brejnev »
Si le tableau qu’il dresse d’un nouvel avant-guerre est sans surprise, le grand intérêt de ce livre alerte est dans l’analyse de l’ancien, celui de la guerre froide, qui occupe les deux tiers de l’ouvrage. Même si elle ne se transforma pas en guerre chaude et en suicide collectif par un anéantissement réciproque ce fut une vraie guerre. « Par le nombre des victimes, à peu près cinquante millions dans cent quarante-sept conflits de par le monde, elle peut revendiquer le titre d’héritière officielle des deux guerres mondiales du XXe siècle », relève Andreï Gratchev rappelant en outre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Dans son dernier ouvrage, le psychiatre Daniel Zagury explique comment un certain type de criminel a souvent tout de l’homme banal.
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De la banalité à la barbarie, l’engrenage du crime

Dans son dernier ouvrage, le psychiatre Daniel Zagury explique comment un certain type de criminel a souvent tout de l’homme banal.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 06h58
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 11h55
    |

            Sylvie Kerviel








                        



                                


                            

Le Livre. Ces derniers mois, on l’a beaucoup lu, vu et entendu dans la presse, à la radio ou à la télévision. Psychiatre, spécialiste notamment des tueurs en série auxquels il a consacré un livre (L’Enigme des tueurs en série, Plon, 2008), Daniel Zagury est sollicité en tant qu’expert par la justice mais aussi par les médias chaque fois qu’un crime secoue l’opinion soit par son horreur, soit parce qu’il bouscule les idées reçues. Comme celui commis récemment par Jonathann Daval, qui a avoué avoir étranglé sa femme, Alexia, et avoir tenté de dissimuler son geste en faisant croire que la jeune femme avait été tuée lors d’une séance de jogging.
Un fait divers qui a ému et choqué le public bien au-delà du cercle des proches, en raison du double jeu du meurtrier, qui avait participé aux recherches et s’était montré éploré face aux caméras de télévision, mais aussi parce que le tueur avait tout de l’homme banal. Le fameux « voisin (ou voisine) sans histoire » évoqué par les médias chaque fois qu’un fait de ce genre s’impose dans l’actualité.
C’est à ce type de criminels que Daniel Zagury consacre son nouveau livre, La Barbarie des hommes ordinaires (« hommes » pris au sens d’êtres humains), sous-titré de manière un brin racoleuse : « Ces criminels qui pourraient être nous ». « On ne naît pas barbare, on le devient », écrit le psychiatre, détournant la formule célèbre de Simone de Beauvoir. Une affirmation qu’il s’emploie à étayer au fil des deux cents pages de son livre, dont chaque chapitre explore un type particulier de crime – homicide conjugal, meurtre de nouveau-nés, crime terroriste, etc. – dont les auteurs ne présentaient pas, au moment des actes, de pathologie psychiatrique.
Comprendre le cheminement
Pour Daniel Zagury, c’est « une suite d’adaptations et de réactions psychiques qui font que des hommes et femmes qui n’étaient pas plus prédisposés que beaucoup d’autres basculent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Brita Hagi Hassan, l’ancien maire d’Alep-Est dénonce « le silence tacite ou complice de la communauté internationale ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/02/2018
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Syrie : « Dans la Ghouta, une guerre déséquilibrée dans le silence »

Dans une tribune au « Monde », Brita Hagi Hassan, l’ancien maire d’Alep-Est dénonce « le silence tacite ou complice de la communauté internationale ».



Le Monde
 |    27.02.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 08h12
   





                        



                                


                            

Tribune. Peu de personnes connaissaient le nom de la Ghouta avant ce doux matin du 21 août 2013. Plus de 1 400 personnes – en majorité des femmes et des enfants – venaient de trouver la mort asphyxiées par un gaz sarin dispersé par les forces d’Assad, seule force qui possède les vecteurs nécessaires pour une telle opération. Le souvenir de Halabja, localité kurde irakienne, gazée par Saddam Hussein en 1988 a refait surface. Comme beaucoup de villes et villages méconnus, la Ghouta était entrée dans l’histoire contemporaine à ce moment-là. Lorsque l’attaque chimique est arrivée, la Ghouta orientale vivait déjà encerclée par les forces pro-Assad et d’autres milices chiites depuis le début de l’année.
Oasis aux portes de Damas, la Ghouta est une suite de petits villages qui se sont urbanisés rapidement avec la migration des Damascènes d’origine, qui fuyaient la ruée des nouveaux riches proches du pouvoir dans les années 2000 venus acheter les maisons de Damas intra-muros. La Ghouta a également été un point de chute pour des dizaines de milliers de Syriens venus d’ailleurs ou d’Irakiens qui ont fui leur propre guerre civile. La terre y est fertile, une couverture verte, essentiellement des arbres fruitiers, et une société conservatrice, à la syrienne, en font un milieu naturel tourné vers l’indépendance. Fière de son rôle dans la révolte contre le mandat français en 1925, la Ghouta est citée comme référence dans les livres d’histoire et les séries de télévision comme un creuset d’hommes dignes.
Une épuration ethnico-religieuse
Assad pouvait continuer à chanter ces révolutionnaires-là tant que c’était contre les Français, mais lorsque le naturel est revenu au galop et que les descendants de ces mêmes hommes dignes ont pris la peine d’organiser des manifestations contre son pouvoir, ils ont été taxés d’être à la solde de l’étranger, le Qatar dans un premier temps, l’Arabie saoudite...




                        

                        

