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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Il couvrait depuis plus de vingt ans la vie politique pour le quotidien « Libération » : le photographe de presse Laurent Troude est mort, samedi 24 février, à l’âge de 50 ans.
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Mort du photojournaliste Laurent Troude

Il couvrait depuis plus de vingt ans la vie politique pour le quotidien « Libération » : le photographe de presse Laurent Troude est mort, samedi 24 février, à l’âge de 50 ans.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 16h42
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 19h06
    |

Jean-Claude Coutausse (Photojournaliste pour « Le Monde »)







                        



                                


                            

Le photojournaliste Laurent Troude est mort, samedi 24 février, à Paris, à l’âge de 50 ans. Né le 4 février 1968 à Rouen, il fait ses premières armes dans la photo en travaillant pour le bulletin municipal d’une banlieue rouge, puis démarre sa carrière professionnelle à L’Humanité. Au milieu des années 1990, il rejoint Libération et « couvre » des manifestations parisiennes. Jusqu’à sa disparition, il photographiera la vie politique pour ce quotidien.
C’est très ingrat, le photojournalisme politique : des heures d’attente derrière des cordons, les coups vicieux des services d’ordre, le mépris des communicants, peu de voyages derrière le périphérique et jamais au-delà des Pyrénées. Cette discipline reste malgré tout la seule à vous réserver la possibilité, l’espace d’un 250e de seconde, de prendre le pouvoir sur ceux qui ont le pouvoir.
La grâce
Laurent savait tirer pouvoir de chaque instantané. Il n’était pas neutre, assumait son point de vue et croyait en la fonction sociale de son travail. Il avait sa place dans la « meute », comme disent ceux qui ignorent l’ordre savant qui règne dans les grandes mêlées de preneurs d’images. Il ne courait ni les prix ni les expos dans les festivals. Pas besoin de ce genre de reconnaissance lorsqu’on est publié tous les jours.
Laurent avait la grâce. Ceux qui l’ont dans ce métier se comptent sur les doigts d’une main. Il voyait ce que les autres ne voyaient pas et savait le raconter à coups de cadrages et de compositions au rasoir. On reconnaissait ses images. Elles n’avaient pas besoin d’être soutenues par des arguments pompeux et se justifiaient d’elles-mêmes. Il savait casser les mises en scène et tirer des images pertinentes des situations misérables que nous fournit la communication politique.
Sa présence ne rassurait jamais, mais vous rendait meilleur. Voir débarquer dans la cour de l’Elysée ou de Matignon sa grande silhouette à la démarche nonchalante...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Le document de travail remis, jeudi 15 février, par le gouvernement aux partenaires sociaux propose quelques pistes de réflexion. Syndicats et associations mettent en avant la nécessité de favoriser le maintien dans l’emploi.
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Vers une réforme de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés

Le document de travail remis, jeudi 15 février, par le gouvernement aux partenaires sociaux propose quelques pistes de réflexion. Syndicats et associations mettent en avant la nécessité de favoriser le maintien dans l’emploi.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 15h00
    |

Catherine Quignon







                        



                                


                            
Réunissant les syndicats d’employeurs et de salariés autour de la table, le gouvernement a lancé, jeudi 15 février, une concertation destinée à réformer la politique de l’emploi en faveur des personnes handicapées. Premier volet : la révision de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (OETH) dans les secteurs public et privé. Autrement dit, la refonte de la politique des « quotas ». Ce sont principalement les pistes du rapport de l’Igas (lien vers PDF) qui sont sur la table des négociations.
Jusqu’ici, les entreprises de plus de vingt salariés comptant moins de 6 % de travailleurs handicapés dans leurs effectifs doivent payer une « contribution » finançant les aides à l’insertion professionnelle des travailleurs handicapés. Mais elles peuvent bénéficier de nombreuses exemptions.
Ce système montre ses limites : malgré une progression du taux d’emploi des personnes handicapées, leur taux de chômage stagne à un niveau deux fois supérieur à la moyenne nationale (18 % contre 9 %). Et les fonds qui financent les dispositifs d’insertion – l’Association nationale de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph) pour les salariés du privé et le Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP) – tirent la langue.

« Tout est envisageable », a affirmé la secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées Sophie Cluzel, citée par l’AFP, lors du lancement de la concertation. Mais le document de travail remis par le gouvernement aux partenaires sociaux, et dont Le Monde a eu connaissance, met en avant quelques pistes. Et en exclut d’autres.
Simplification
Tout d’abord, pas question de revenir sur le principe des « quotas » en lui-même. C’est d’abord une volonté de « simplification » qui est mise en avant par le gouvernement. Sophie Cluzel a déjà annoncé que les déclarations des employeurs relatives à leur OETH seraient simplifiées....




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Alors que le gouvernement a lancé une concertation pour réformer la politique de l’emploi des personnes handicapées, un rapport de l’Igas propose quelques pistes pour revoir le financement des dispositifs, dont celle de la refonte du calcul des quotas.
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Travailleurs handicapés : un rapport propose de revoir la politique des « quotas »

Alors que le gouvernement a lancé une concertation pour réformer la politique de l’emploi des personnes handicapées, un rapport de l’Igas propose quelques pistes pour revoir le financement des dispositifs, dont celle de la refonte du calcul des quotas.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 15h00
    |

Catherine Quignon







                        



                                


                            
Jeudi 15 février, le gouvernement a lancé une nouvelle concertation visant à réformer la politique de l’emploi des personnes handicapées, réunissant les organisations patronales et salariales. En guise de base de travail, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) a remis en janvier un rapport sur le financement des dispositifs d’aide à l’insertion professionnelle (lien vers PDF). Rapport dont les pistes figurent sur la table des négociations.
Et celles-ci sont nombreuses. Première recommandation : revoir le mode de calcul de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (OETH), les fameux « quotas » imposés aux employeurs. Rappelons que les entreprises de plus de vingt salariés qui n’atteignent pas le seuil de 6 % de travailleurs handicapés dans leurs effectifs doivent payer une pénalité. Cette contribution sert à financer les aides à l’insertion professionnelle des travailleurs handicapés.
Ce dispositif a pourtant fait ses preuves. « Le mode de financement actuel est porteur d’incitations pour les employeurs et a largement contribué à l’augmentation constatée du taux d’emploi des bénéficiaires de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (OETH) », fait valoir la mission de l’Igas. De fait, le taux d’emploi des travailleurs handicapés a augmenté de 0,8 point entre 2006 et 2014 dans le secteur privé, atteignant 4,1 %.
Effets pernicieux
Mais le taux de chômage des travailleurs handicapés continue à augmenter mécaniquement, du fait du vieillissement de la population. En septembre 2017, la barre des 500 000 travailleurs handicapés au chômage a été franchie, selon l’Association nationale de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph).
Le rapport préconise de revoir le mode de calcul du taux de personnes handicapées dans l’entreprise, jugé trop complexe
Et tout efficace qu’il soit, ce système de financement présente des effets pernicieux. Comme le taux de travailleurs handicapés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Le groupe automobile a annoncé son intention de ne plus investir dans l’usine girondine. Bruno Le Maire presse Ford de « garantir la pérennité » du site.
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L’usine Ford de Blanquefort menacée

Le groupe automobile a annoncé son intention de ne plus investir dans l’usine girondine. Bruno Le Maire presse Ford de « garantir la pérennité » du site.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 13h54
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 14h10
   





                        



   


Ford Europe a décidé de ne plus investir dans son site de production de boîtes de vitesses de Blanquefort (Gironde), près de Bordeaux, où un millier d’emplois sont menacés, a annoncé le groupe automobile mardi 27 février aux élus du comité d’entreprise.
Dans un communiqué, le groupe affirme par ailleurs son « engagement à chercher une solution viable et pérenne au maintien de l’emploi sur le site », y compris « la recherche de tout repreneur potentiel intéressé par le site ».
Les emplois du site Ford Aquitaine Industries (FAI) étaient protégés par un accord quinquennal passé entre Ford et les autorités contre le versement d’aides publiques, mais cet accord s’achève à la fin de mai.

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                Ford prêt à supprimer des milliers d’emplois



Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a immédiatement réagi dans un communiqué, pressant Ford de « garantir la pérennité » de son usine de Blanquefort. M. Le Maire « souhaite que le groupe Ford travaille de manière étroite avec les représentants des salariés, les collectivités locales concernées et l’Etat afin de garantir la pérennité de ce site industriel et le maintien à long terme de l’emploi », écrit Bercy dans un communiqué.
Réunion « dans les prochains jours »
Le ministre de l’économie a annoncé qu’il réunirait « dans les prochains jours » au ministère « les représentants des salariés du site ainsi que les élus concernés, afin de faire le point sur la situation et les suites à lui donner ».
Le communiqué de Bercy précise que M. Le Maire a récemment rencontré le président Europe du groupe Ford, M. Steven Armstrong, et « lui a demandé de maintenir une charge de travail suffisante sur le site jusqu’à fin 2019 », afin de « permettre la recherche dans de bonnes conditions de nouvelles activités pour cette usine, au sein du groupe Ford ou en lien avec des partenaires externes ».
Reçus en septembre à Bercy, les syndicats de FAI-Blanquefort, avec en figure de proue Philippe Poutou (CGT, candidat du NPA à l’élection présidentielle de 2012), mobilisent depuis des années sur leurs craintes pour la survie du site. Ils ont fréquemment accusé Ford de repousser des décisions d’investissement pour gagner du temps, et réclamaient notamment une nouvelle boîte de transmissions, baptisée 8F-MID, dont la production à Blanquefort aurait assuré selon eux la continuité de l’usine, qui emploie actuellement 910 personnes, sans compter les intérimaires.
Débrayage
Mais les responsables de Ford Europe venus mardi à la rencontre des élus du CE ont douché les espoirs des syndicats. « Le projet 8F-MID n’est pas économiquement viable à Bordeaux, voilà leurs termes », a déclaré à l’AFP Gilles Lambersend, secrétaire CGT du comité entreprise de FAI.
« Comme nous l’avons déjà dit, l’activité industrielle à FAI dépend de la demande du marché, mais les projections actuelles de volume de production sont saines jusqu’au cours de 2019 », a souligné Ford dans son communiqué.
« A la place, on nous propose un “groupe de travail” pour trouver une solution alternative, mais cette solution ne viendra pas de Ford », a poursuivi le cégétiste, qui estime que cette annonce risque même de « précipiter la fermeture » du site de Blanquefort. « Il n’y a plus de produits Ford qui seront affectés à l’usine », a confirmé une source syndicale de la CFTC.
Les salariés de FAI ont entamé vers 13 heures un débrayage de deux heures et ont recouvert les portiques d’accès à l’usine d’une grande banderole proclamant « Ford Bordeaux, usine en danger, sauvons les emplois ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Le chef du parti Les Républicains s’est engagé dans une complète reconstruction de lui-même. Une conversion de laquelle naît le soupçon d’insincérité, analyse dans sa chronique Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde »
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« Au lieu de mûrir, Laurent Wauquiez a muté »

Le chef du parti Les Républicains s’est engagé dans une complète reconstruction de lui-même. Une conversion de laquelle naît le soupçon d’insincérité, analyse dans sa chronique Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde »



Le Monde
 |    27.02.2018 à 11h18
    |

            Gérard Courtois (Editorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            

Chronique. L’on imagine déjà la lassitude du lecteur : encore Laurent Wauquiez ! N’en a-t-on pas assez soupé de ses propos à l’emporte-pièce tenus devant les élèves de l’Ecole de management de Lyon ? Du « cirque médiatique » (dixit l’intéressé) qui s’est ensuivi quand une télévision les a divulgués le 16 février ? Enfin, de l’énergique « J’assume ! » que le président des Républicains a opposé à ses procureurs, quelques jours plus tard, sur le plateau de BFM-TV ?

Lamentable algarade, ont commenté tous ceux pour qui le chef d’un grand parti, candidat putatif à de plus hautes fonctions, ne devrait pas dire ça. Beaucoup de bruit pour rien, ont songé les blasés. Après tout, M. Wauquiez n’est ni le premier responsable politique ni le dernier à dire pis que pendre de ses meilleurs amis ou à démolir sans pitié ses concurrents. Pas davantage à utiliser en privé un langage de charretier.

Il n’est pas non plus le premier à se persuader que le degré de détestation qu’il suscite est la meilleure preuve de la crainte qu’il inspire, donc de sa force. En la matière, Nicolas Sarkozy fut un bon modèle. Quant à penser que la polémique est la manière la plus simple de se faire entendre – je fais scandale, donc j’existe –, Jean-Marie Le Pen en a fait la démonstration avec un succès certain pendant trente ans.
Il était un pur produit du « système » ; il en devient le plus virulent pourfendeur. Il rêvait d’être le chouchou des médias ; il jubile d’en être désormais la tête de Turc
Pourquoi donc y revenir ? Parce qu’au-delà de ces postures, Laurent Wauquiez est un cas. Un cas clinique, si l’on ose dire. Longtemps, il a été un jeune homme parfait. Solide tradition familiale de la bourgeoisie industrielle du Nord, scolarité impeccable, diplômes prestigieux qu’il porta un temps en bandoulière au point que, comme chacun sait, il fut reçu 14e à l’Ecole normale supérieure, puis major à l’agrégation d’histoire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Au lendemain de ses annonces sur la SNCF, le gouvernement a différé ses arbitrages sur la formation professionnelle.
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Réformes : le jeu d’équilibriste de l’exécutif

Au lendemain de ses annonces sur la SNCF, le gouvernement a différé ses arbitrages sur la formation professionnelle.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 11h02
    |

            Sarah Belouezzane et 
Bastien Bonnefous








                        


Pour venir à bout des trois frères Curiaces, champions des ennemis de Rome, le dernier Horace a décidé de prendre du recul : après s’être enfui dans le désert, il a certes engagé le combat avec eux, mais en n’en prenant qu’un à la fois. Dans la guerre, comme en politique, il n’est pas bon d’ouvrir trop de fronts en même temps. Une stratégie que d’aucuns ont prêtée à Emmanuel Macron, lundi 26 février. Plutôt adepte du tapis de bombes des réformes, son gouvernement a finalement décidé à la dernière minute de décaler, sine die, des annonces, prévues au départ pour mardi matin, sur la refonte de la formation professionnelle. Officiellement, il s’agirait d’éviter que le volet sécurité des réformes sociales du président ne passe à l’as, étant donné la richesse de l’actualité. Voilà pour la forme.

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                Emmanuel Macron, la réforme au pas de charge



Sur le fond, certains se demandent si, pris dans le feu de la réforme de la SNCF, sujet ô combien délicat, le gouvernement n’aurait pas cédé à la tentation d’attendre un peu afin d’éviter d’attiser l’ire des syndicats ? Et par là d’éviter par tous les moyens que ne se cristallise en un seul mouvement, comparable à celui qu’avait connu la France en 1995, le mécontentement de différentes couches de la société sur des sujets aussi divers que le pouvoir d’achat, la tension dans les Ehpad, les réformes dans le champ social et maintenant les transports publics…
« Attention à la méthode »
Car certains craignent qu’une fois les orientations en matière de formation professionnelle et d’assurance chômage révélées, les partenaires sociaux ne se sentent floués devant des textes différents, potentiellement, en bien des points, des accords trouvés, jeudi 22 et vendredi 23 février, sur ces deux questions. Une situation qui donnerait corps aux reproches faits à Emmanuel Macron sur une méthode dite de « co-construction » mais où le dernier mot reviendrait systématiquement au président de la République. D’autant que ce dernier souhaite, contre toute attente, mener les changements au sein de la SNCF tambour battant par le biais d’ordonnances, comme lors de la réforme du droit du travail.
Mardi, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, syndicat réformiste, a mis en garde le gouvernement, dans un entretien aux Echos d’une rare véhémence : « Nous revendiquons (…) un syndicalisme de transformation sociale. Mais attention à la méthode. Il y a dans ce pays des corps intermédiaires attachés à l’intérêt général qui méritent d’être écoutés, considérés ! (…) Attention au chamboule-tout décidé dans la précipitation et sans réel dialogue. Si on nous piétine, il ne faudra pas ensuite venir nous chercher pour éteindre l’incendie. »

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                Réforme de la SNCF : face aux ordonnances du gouvernement, les syndicats se préparent à la grève



Le responsable syndical a ainsi largement fustigé les manières du chef de l’Etat : « La méthode Macron, c’est : vous discutez et je tranche, et personne ne sait de quel côté ça va tomber (…). Cela pose un problème de fonctionnement démocratique et d’efficacité. » Et de prévenir : « Le mécontentement ne se mesure pas tout le temps à l’aune du nombre de manifestants. Ce que je vois, c’est que les tensions s’accumulent dans les Ephad, les hôpitaux, chez Carrefour, dans les prisons, la police, l’éducation, les collectivités territoriales… Il faut apporter des réponses concrètes aux agents. (…) Si le gouvernement donne le sentiment qu’il se précipite, ça se passera mal… »
Concernant la SNCF, les critiques dépassent le cadre syndical. Dans un communiqué commun, Stéphane Le Foll et Frédéric Cuvillier, respectivement anciens ministres de l’agriculture et des transports du gouvernement de François Hollande, ont pour leur part regretté une « méthode brutale et arrogante ».
« Faire retomber la pâte »
Du côté de l’exécutif, on se défend de toute reculade et on affirme ne craindre en rien une coagulation des tensions sociales, dont la réforme de la SNCF pourrait être le catalyseur. « On ne peut plus être dans la logique du temps d’avant, celle du “point trop n’en faut” qui faisait reculer les gouvernements au premier problème. Le président Macron a été élu sur un programme de profonde transformation du pays et pas sur un programme de petites rustines », explique Matignon.
Idem à l’Elysée où on dément tout lien entre le report de la présentation de la réforme de la formation professionnelle et l’accueil plus que critique par les syndicats de la réforme de la SNCF. « Ce n’est pas vraiment notre style de reculer, répond-on dans l’entourage d’Emmanuel Macron. Cela n’aurait aucun sens de repousser la formation professionnelle sous prétexte qu’il y a le sujet SNCF. » 
Une source gouvernementale concède cependant qu’il « valait mieux laisser retomber la pâte après le big bang de Pénicaud, qui a été mal pris par les syndicats », faisant référence à la sortie de la ministre du travail qui reprochait aux partenaires sociaux de ne pas être allés assez loin dans leur copie. La complexité du sujet est par ailleurs mise en avant par des proches du dossier, soucieux d’expliquer que l’articulation entre les accords signés par les partenaires sociaux et les orientations de la réforme prend du temps à établir : « Il faut prendre un dernier temps pour affiner les réglages avant d’indiquer comment on se positionne sur chacun des deux. Mardi était sans doute trop tôt », explique l’un d’entre eux.

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                La ministre du travail reporte la présentation du « big bang » de la formation professionnelle



Il n’empêche, certains comme Jean-Claude Mailly, patron de FO, ne peuvent s’empêcher de remarquer que « trop de fronts sont ouverts à la fois ». De son côté, Raymond Soubie, ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy et fondateur du groupe Alpha, spécialiste du dialogue social, estime que « le pouvoir lance beaucoup de chantiers en même temps dans des domaines à forte incidence sociale. Le risque est qu’il fasse des annonces qui déplaisent sur tous les fronts en même temps : aux syndicats de la SNCF, d’une part, et aux organisations dans leur globalité, d’autre part, en prenant des décisions qui ne respectent pas les accords trouvés au mépris des usages. »
Pas étonnant dans ce contexte, selon lui, que l’exécutif ait décalé sa conférence de presse afin de ne pas allumer trop de feux à la fois et d’éviter « une coagulation entre les deux sujets ». A ce jeu d’équilibriste, M. Soubie estime qu’Emmanuel Macron ne s’en sort pas trop mal : « Sur la SNCF, ils ont sorti la question des petites lignes de la réforme, ils ont évacué les régimes spéciaux des retraites et ont précisé que la SNCF ne pouvait pas être privatisée. Certes, ça ne va pas calmer les agents de la SNCF pour autant, mais la situation est loin de ressembler à celle de 1995. » Pour la formation professionnelle, le gouvernement sortira du bois dans quelques jours. Un combat à la fois.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Le président du parti Les Républicains qui doit passer deux jours au Salon de l’agriculture à Paris veut se camper en champion des « territoires ».
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Face à Emmanuel Macron, Laurent Wauquiez cultive son image de terrien

Le président du parti Les Républicains qui doit passer deux jours au Salon de l’agriculture à Paris veut se camper en champion des « territoires ».



Le Monde
 |    27.02.2018 à 09h36
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 10h21
    |

            Olivier Faye








                        



                                


                            

A rural, rural et demi. Après Emmanuel Macron, qui a arpenté pendant plus de douze heures le Salon de l’agriculture, samedi 24 février, Laurent Wauquiez devait profiter de sa double casquette de président du parti Les Républicains (LR) et de président de la région Auvergne-Rhône-Alpes pour passer, lui, deux jours, mardi 27 et mercredi 28 février, au rendez-vous de la porte de Versailles, à Paris.
L’occasion de continuer à tailler sa stature d’homme du « réel », prétendument en phase avec les aspirations profondes de la France, dans ce duel qu’il cherche à installer face à au président de la République, qui serait pour sa part « hanté par une haine de la province ». Président des villes contre challenger des champs ; apôtre de la mondialisation contre chantre de l’enracinement : voilà le match que Laurent Wauquiez entend camper dans les années à venir.
Lors du point presse hebdomadaire de LR, lundi, le porte-parole du parti, Gilles Platret, a résumé la tonalité du discours de la droite pour cette semaine où les politiques se pressent au « salon ». « Une véritable violence est faite au monde rural par ce gouvernement », a-t-il dénoncé. Non content de s’en prendre aux ruraux avec l’abaissement à 80 km/h de la vitesse maximale autorisée sur les routes secondaires ou encore avec l’augmentation des taxes sur le diesel et l’essence, l’exécutif laisserait les classes fermer en nombre dans ces territoires, sans s’en émouvoir. « L’ascenseur social est encore plus bloqué pour les zones rurales qu’il ne l’est parfois pour certaines zones urbaines défavorisées », a pourtant estimé M. Platret.

Virage droitier
Cette dichotomie entre agglomérations et « territoires » conditionne toute une partie du discours de la droite depuis les élections législatives de 2017. Un scrutin à l’occasion duquel les circonscriptions rurales et périurbaines ont permis à LR de sauver 102 sièges de députés. « Il y a un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Les dirigeants autonomistes multiplient les partenariats et veulent arracher une clause d’insularité dans les politiques européennes après 2020.
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La Méditerranée, autre sujet de dispute entre Macron et les élus corses

Les dirigeants autonomistes multiplient les partenariats et veulent arracher une clause d’insularité dans les politiques européennes après 2020.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 09h32
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            

Alors que se poursuivent les discussions entre le gouvernement et les élus corses sur l’inscription de la Corse dans la Constitution, il est un aspect qui n’a pas, ou que peu, été relevé dans le discours prononcé par Emmanuel Macron, le 7 février, à Bastia. « Je souhaite faire de la Corse la pointe avancée de la politique méditerranéenne de la France », a déclaré le président de la République. « La France doit retrouver le sens d’une vraie politique méditerranéenne, a-t-il souligné. C’est notre intérêt culturel, géopolitique et stratégique. Et la Corse doit jouer un rôle dans celle-ci. » Déjà, lors de la Conférence des ambassadeurs du 29 août 2017, le président de la République avait affirmé vouloir « créer un axe intégré entre l’Afrique, la Méditerranée et l’Europe ».
« Notre défi aujourd’hui est de ne plus subir une Méditerranée balafrée par une séparation entre l’Europe et l’Afrique, une Méditerranée que nous n’assumons plus, a poursuivi le chef de l’Etat. C’est de repenser une vraie politique méditerranéenne, avec des partenariats sur l’ensemble de ses rives. Et dans ce contexte, je souhaite que la Corse puisse tirer toutes les opportunités et que la jeunesse corse puisse saisir toutes les opportunités qui iront avec. » M. Macron s’est ainsi engagé à ce que l’Etat investisse pour « que la Corse soit un atout au cœur de cette politique méditerranéenne ». Et il a annoncé que le prochain Med7 qui doit réunir dans quelques mois les sept formations partenaires de l’Union européenne (France, Italie, Espagne, Portugal, Grèce, Chypre et Malte) aurait lieu en Corse.

« Part d’italianité »
« On se refuse toujours à ce que l’île de Corse se dote d’un projet méditerranéen qui tienne compte de sa part d’italianité », notait l’ancien directeur du Monde Jean-Marie Colombani dans sa préface à un ouvrage de Jean-Louis Andreani publié en 2004 (Comprendre la Corse,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Après l’annonce, lundi, d’une baisse de 1,2 % des tarifs en 2018, les établissements de santé vont devoir chercher de nouvelles sources d’économies.
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Les hôpitaux publics craignent l’asphyxie après l’annonce de la baisse des tarifs

Après l’annonce, lundi, d’une baisse de 1,2 % des tarifs en 2018, les établissements de santé vont devoir chercher de nouvelles sources d’économies.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 13h00
    |

            François Béguin








                        



                                


                            

La pression va encore monter d’un cran dans un secteur hospitalier déjà chauffé à blanc. Quelques jours après avoir promis une « réforme globale » du système de santé, et notamment du financement des hôpitaux publics, le gouvernement a annoncé, lundi 26 février, une baisse de 1,2 % de leurs tarifs en 2018 (un peu plus de la moitié, 0,7 %, sera restitué si l’objectif national de dépenses d’Assurance-maladie est tenu en fin d’année). Un coup de rabot budgétaire certes plus modéré qu’en 2017 (– 1,6 %), mais qui va de nouveau contraindre les établissements de santé à chercher de nouvelles sources d’économies et à réaliser encore plus d’actes, pour tenter de maintenir leur équilibre budgétaire.
Un comble, alors que la ministre de la santé, Agnès Buzyn, a confié, le 14 février sur France Inter, être « choquée » lorsqu’elle entendait qu’« un hôpital cherche des parts de marché par rapport à une clinique privée ». La veille, lors d’un déplacement avec le premier ministre à Eaubonne (Val-d’Oise), elle avait annoncé vouloir « corriger » et « rééquilibrer » la tarification à l’activité (T2A), mise en place en 2004 et aujourd’hui accusée d’être à l’origine de plusieurs dérives au sein du système de santé, dont la « course à l’activité ». Autrement dit devoir accueillir toujours plus de patients (mais avec des durées de séjour calculées au plus court), afin de pouvoir présenter une facture plus élevée à l’Assurance-maladie.

Plusieurs acteurs du monde hospitalier font aujourd’hui crédit à la ministre de sa volonté de faire évoluer le logiciel pour en finir avec « l’hôpital entreprise », en prenant davantage en compte l’efficience et la qualité des soins, par le biais notamment des financements « au parcours ». Mais ils se demandent comment tenir en attendant une réforme qui n’interviendra pas avant au moins 2020.
Après plusieurs années de restrictions budgétaires, dont celles très fortes demandées par Marisol...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ C’est d’une main de fer que le « général » dirige le syndicat. Après l’échec des mobilisations contre la loi El Khomri et les ordonnances Macron, la confédération se recroqueville sur elle-même.
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Philippe Martinez, patron sans partage d’une CGT en hibernation

C’est d’une main de fer que le « général » dirige le syndicat. Après l’échec des mobilisations contre la loi El Khomri et les ordonnances Macron, la confédération se recroqueville sur elle-même.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 10h28
    |

            Raphaëlle Besse Desmoulières et 
Michel Noblecourt








                        



                                


                            

Il y a des invitations qui ne se refusent pas. Surtout quand le bristol donne rendez-vous au 55, rue du Faubourg Saint-Honoré, à Paris (8e). La nuit n’est pas encore tombée sur la cour de l’Elysée, ce mardi 30 janvier, que Philippe Martinez est l’un des premiers arrivés. Mains dans les poches, écharpe autour du cou, le secrétaire général de la CGT grimpe les marches du perron sous les notes de la garde républicaine. Un exercice d’institutionnalisation du syndicalisme qu’il déteste. Dans la salle des fêtes, Emmanuel Macron adresse ses vœux. Le patron de la CGT écoute sans broncher ce jeune président marteler sa volonté de poursuivre sur la lancée des ordonnances réformant le code du travail et réalisées sans embûches. Il se rêvait en opposant numéro un au gouvernement. Le voilà relégué au rang de spectateur.
En ce début 2018, la CGT n’a jamais tant ressemblé à une forteresse assiégée. Martinez, lui, ne lâche rien. Le pouvoir ? « Je ne connais aucun gouvernement qui ne recule pas, ça dépend comment on pousse en face », assure-t-il, mi-février. Et le 22 mars, il espère bien que ça va « pousser » fort lors de la « manifestation nationale » qui regroupera les agents de la SNCF hostiles à la réforme de leur statut et les fonctionnaires mécontents. Des fédérations grognent dans les rangs de la CGT ? « Elles font ce qu’elles veulent », confie-t-il au Monde, soucieux de défendre leur autonomie.
 Pour surmonter la crise, il faut déjà reconnaître qu’il y en a une, mais Martinez ne se pose pas la question »
Dans la solitude de son vaste bureau du huitième étage du siège, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), l’homme aux bacchantes noires ne peut s’illusionner. Comment ne pas ressasser les défaites qui laissent son organisation affaiblie et isolée ? Pas plus qu’en 2016 face à la loi El Khomri, elle n’a réussi à contrer les ordonnances Macron. Martinez a même dû encaisser, en avril 2017,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ A partir de 2021, des opérateurs privés pourront exploiter leurs trains sur le réseau ferroviaire, conformément au calendrier imposé par l’UE à la France pour libéraliser le secteur.
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SNCF : que signifie l’ouverture à la concurrence ?

A partir de 2021, des opérateurs privés pourront exploiter leurs trains sur le réseau ferroviaire, conformément au calendrier imposé par l’UE à la France pour libéraliser le secteur.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 20h37
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 14h18
    |

            Maxime Vaudano








                        



   


On pourra bientôt prendre le train sans entendre le fameux jingle de la SNCF. A partir de 2021, des opérateurs privés pourront en effet commencer à faire rouler leurs propres trains sur le réseau ferroviaire français, mettant fin à plus de quatre-vingts ans de monopole de la Société nationale des chemins de fer sur le transport de voyageurs.
Cette échéance correspond au calendrier imposé par l’Union européenne à la France pour libéraliser son secteur ferroviaire. Et c’est bien la perspective de l’arrivée de concurrents de la SNCF qui est au cœur de la réforme de l’entreprise annoncée le 26 février par le gouvernement.

1. Comment s’explique le monopole de la SNCF ?
Depuis la nationalisation des chemins de fer, en 1937, la SNCF est la seule société autorisée à transporter des voyageurs par le train. Ce monopole était essentiellement motivé par l’idée que le transport ferroviaire était un service public, qui ne devait pas être soumis à la logique du marché. Opérateur historique et unique, l’entreprise publique SNCF pouvait donc assumer les missions que lui confiait l’Etat (son principal actionnaire), y compris si elles n’étaient pas lucratives : cela lui permettait par exemple d’assurer des petites lignes non rentables, mais importantes dans une logique d’aménagement du territoire.
2. Que signifie « libéraliser » ?
Cette situation était en contradiction avec l’idée de « concurrence pure et parfaite » promue par les économistes libéraux et « sanctifiée » dans les traités européens — la Commission européenne voyait dans ces monopoles nationaux un frein à la croissance économique, un obstacle à la baisse des prix et une explication de la mauvaise santé du secteur ferroviaire. C’est pourquoi elle a engagé, au début des années 1990, un processus de libéralisation du rail. Cela ne signifie pas que la SNCF doit forcément être privatisée, mais qu’elle doit être mise sur un pied d’égalité avec des concurrents privés, qui doivent pouvoir proposer leurs propres services de transport ferroviaire.
Compte tenu des fortes résistances de certains Etats (dont la France) et des risques que la concurrence pouvait faire porter sur les opérateurs historiques et pour le maintien des objectifs de service public, cette libéralisation a été très progressive, et ne devrait être finalisée que dans les années 2020.

Le calendrier de l’ouverture à la concurrence
Aucune règle n’oblige la France à privatiser ses rails, qui resteront gérés par la branche « infrastructure » de la SNCF (successivement baptisée « Réseaux ferrés de France » puis « SNCF Réseau »). En revanche, plusieurs directives européennes ont progressivement imposé à la France de libéraliser ses services de transport ferroviaire, en permettant à d’autres opérateurs de mettre leurs trains sur les rails.
1997 : la SNCF coupée en deux
Pour préparer la libéralisation, la SNCF a été scindée en 1997 en deux entités, qui s’appellent aujourd’hui :
SNCF Réseau, qui gère les railsSNCF Mobilités, qui exploite les trains
2003-2006 : le transport de marchandise
Le transport de marchandise par voie ferroviaire, qu’on appelle « le fret », a été le premier à être libéralisé. Cela a commencé par l’international, en 2003 (le premier train privé a circulé en 2005 entre Dugny-sur-Meuse et Völkingen, en Allemagne), avant de s’étendre aux lignes nationales, en 2006. Au total, une vingtaine d’opérateurs privés ont profité de cette libéralisation pour venir concurrencer la SNCF, qui a perdu 40 % de parts de marché. Beaucoup d’observateurs considèrent cette libéralisation comme ratée, car, dans le même temps, le marché du fret a chuté, et les opérateurs privés restent fragiles économiquement.
2009-2011 : le transport international de voyageurs
Si la possibilité était officiellement ouverte depuis 2009, le premier train transfrontalier non SNCF à rouler en France a été le Paris-Venise de Thello, en 2011. Cet opérateur, qui appartient aux entreprises française Veolia et italienne Trenitalia, est aujourd’hui le seul à profiter de la libéralisation, avec ses deux lignes (Paris-Venise et Marseille-Milan).
2019-2033 : les trains régionaux
La mise en concurrence du transport express régional (TER) et des trains d’équilibre du territoire (Intercités, Teoz, Corail) ne sera pas sauvage. Il n’est pas question d’autoriser n’importe quel opérateur à utiliser le réseau ferré, mais plutôt de permettre à l’Etat et aux régions françaises de choisir à quel opérateur elles souhaitent confier leur délégation de service public (à la SNCF ou à un concurrent privé). Cette délégation prend la forme d’un contrat sur plusieurs années, assorti d’un cahier des charges qui permet à l’Etat ou à la région de fixer des exigences en matière de qualité de service, par exemple.
Les régions françaises pourront commencer à attribuer ces concessions à des opérateurs privés à compter de décembre 2019, mais elles ne seront tenues de procéder à des appels d’offres ouverts qu’en 2023. Les conventions régions/opérateurs pouvant durer dix ans, la SNCF pourrait rester en monopole de fait et empêcher les opérateurs privés de candidater jusqu’en 2033, dans les régions les plus hostiles à la concurrence.
Toutefois, plusieurs d’entre elles (PACA, Grand-Est, Hauts-de-France, Bourgogne-Franche-Comté, Pays de la Loire) ont d’ores et déjà annoncé leur intention de libéraliser au plus vite, entre 2019 et 2021.
2020-2021 : les TGV
Le monopole public sur les lignes qui, comme le TGV, n’entrent pas dans un contrat de service public, s’éteindra officiellement en décembre 2020. Les premiers concurrents privés du TGV pourront rouler sur le réseau français en toute liberté à partir de 2021.


3. Pourquoi la SNCF doit-elle être réformée avant la libéralisation ?
Le processus de libéralisation n’interdit pas le maintien d’une entreprise publique parmi les opérateurs ferroviaires, et n’impose donc pas la privatisation de la SNCF. En revanche, un certain nombre de règles européennes visent à s’assurer que la SNCF ne sera pas avantagée par rapport à ses concurrents.
Plusieurs experts du secteur estimaient par exemple nécessaire de changer le statut de SNCF Mobilités, la branche de la SNCF qui va se retrouver en concurrence avec les opérateurs privés. Le statut d’établissement public à caractère industriel et commercial pouvait en effet être considéré comme trop préférentiel. C’est une des raisons pour lesquelles le gouvernement Philippe entend la transformer en société nationale à capitaux publics.
Le même sort attend SNCF Réseau qui, une fois son statut réformé, serait structurellement empêchée de s’endetter. Or, sa dette actuelle est abyssale, alors que les textes européens imposent son équilibre économique.
Ces questions juridiques ne sont pas les seules justifications de la réforme promue par Edouard Philippe. L’idée du gouvernement est que la fin des embauches sous le statut actuel de cheminot ou la réduction des coûts rendront la SNCF plus compétitive afin de mieux encaisser l’arrivée prochaine de concurrents, sans menacer sa survie à long terme.
Une mise en garde reprise par Jean-Cyril Spinetta dans son récent rapport sur l’avenir du transport ferroviaire : pour lui, « l’ouverture du marché du fret ferroviaire, qui a conduit à une forte réduction des trafics, et à un endettement massif » fait figure de précédent douloureux, qui justifie la nécessité de changements urgents au sein de la SNCF, avant l’ouverture complète du marché.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ L’intervention de Mme Pénicaud, prévue mardi, sur le volet formation professionnelle du projet de loi regroupant formation, apprentissage et assurance chômage a été reportée sine die.
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La ministre du travail reporte la présentation du « big bang » de la formation professionnelle

L’intervention de Mme Pénicaud, prévue mardi, sur le volet formation professionnelle du projet de loi regroupant formation, apprentissage et assurance chômage a été reportée sine die.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 19h28
   





                        


Elle l’avait elle-même annoncée pour mardi, mais la ministre du travail, Muriel Pénicaud, a reporté sine die la présentation du « big bang du système » de la formation professionnelle, a fait savoir lundi 26 février son cabinet. « Ce ne sera pas demain mais dans les prochains jours. »
Mme Pénicaud avait dit la semaine dernière qu’elle « annoncer[ait] mardi [27 février] le volet formation professionnelle » du projet de loi regroupant formation, apprentissage et assurance chômage que le gouvernement entend présenter au printemps.

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                Le « big bang » de Pénicaud sur la formation professionnelle



L’architecture du système est trop complexe
La ministre doit annoncer ce qu’elle retient de l’accord conclu jeudi par les partenaires sociaux. Il contient, entre autres, un renforcement du compte personnel de formation (CPF), qui permettra aux salariés de cumuler trente-cinq heures de formation par an (au lieu de vingt-quatre) dans la limite de quatre cents heures (au lieu de cent cinquante), une absorption dans le CPF du congé individuel de formation (CIF), un dispositif notamment dévolu aux reconversions, un financement spécifique pour le conseil en évolution professionnel (CEP) et une réforme de l’alternance.
Si la ministre a déjà laissé entendre qu’elle reprendrait la partie de l’accord sur les nouveaux droits, elle a prévenu qu’elle irait plus loin sur l’architecture du système, qu’elle estime encore trop complexe.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ L’ancien ministre de la justice de François Hollande est accusé par une association de s’être « enrichi personnellement », en acquérant sa permanence parlementaire avec son indemnité de frais de mandat.
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Jean-Jacques Urvoas visé par une enquête préliminaire pour « détournement de bien public »

L’ancien ministre de la justice de François Hollande est accusé par une association de s’être « enrichi personnellement », en acquérant sa permanence parlementaire avec son indemnité de frais de mandat.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 17h39
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 18h16
   





                        



   


Une enquête préliminaire a été ouverte sur des soupçons de détournement de fonds publics, après l’achat, puis la mise en vente par l’ex-garde des sceaux et ex-député du Finistère Jean-Jacques Urvoas de sa permanence parlementaire à Quimper, a confirmé, lundi 26 février, le parquet de Lorient.
L’enquête, ouverte fin janvier, fait suite à un signalement de l’association du Finistère Cicero 29 qui lutte pour la « probité des affaires publiques ». Elle a été ouverte par le parquet de Lorient, après le dessaisissement de celui de Quimper, pour des soupçons de « détournement de fonds publics », a précisé la procureure de la République de Lorient, Laureline Peyrefitte.
Pour acquérir en 2008 cette permanence parlementaire de 126 m2, située en plein centre de Quimper, « avec un certain cachet », M. Urvoas a bénéficié d’un prêt bonifié, remboursé par ses indemnités de député (IRFM), a affirmé à l’Agence France-Presse Jérôme Abbassene, membre de Cicero 29.

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                Plainte contre l’ancien député Jean-Jacques Urvoas pour utilisation abusive de ses frais de mandat



Elle a ensuite été louée, puis proposée à la vente par l’ancien député socialiste, battu aux législatives en juin 2017, pour une somme de 212 750 euros, selon M. Abbassene, qui pointe du doigt « l’enrichissement personnel » de M. Urvoas par le biais de cette opération.
« La taille, la situation, la valeur du bien, et le fait qu’il n’est pas accessible aux personnes en situation de handicap posent question », a expliqué M. Abbassene, entendu lundi avec le président de Cicero 29, Antony Auffret, par les enquêteurs de la police judiciaire de Rennes chargés du dossier.
Nouvelles règles pour les frais de mandat
En 2015, Assemblée puis Sénat ont édicté une liste des dépenses autorisées et interdites pour un parlementaire (dont l’acquisition d’un bien immobilier), et imposé le versement de l’IRFM sur un compte bancaire dédié.
Depuis janvier 2018, de nouvelles règles s’imposent aux députés pour les frais de mandat : ils disposent d’une « avance sur frais de mandat » de 5 373 euros comme l’ex-indemnité IRFM, dont 600 euros par mois pourront être dépensés sans justificatifs. Un contrôle aléatoire est prévu chaque année sur 120 députés.

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Soupçonné d’avoir transmis au député Thierry Solère des informations sur une enquête pour fraude fiscale le concernant, Jean-Jacques Urvoas doit déjà faire face à une enquête de la Cour de justice de la République pour « violation du secret professionnel ». M. Urvoas n’a aujourd’hui plus de mandat : maître de conférence en droit public, il a recommencé à donner des cours aux universités de Quimper et de Brest, à Paris-Dauphine et à Sciences Po.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Le premier ministre, Edouard Philippe, a écarté l’idée d’une fermeture des petites lignes ferroviaires non rentables, préconisée par le rapport Spinetta.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Les députés de trois groupes de gauche ont déposé un recours contre le projet de loi réformant l’entrée à l’université au motif que certaines dispositions feraient fi d’exigences constitutionnelles.
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Le projet de loi réformant l’entrée à l’université attaqué devant le Conseil constitutionnel

Les députés de trois groupes de gauche ont déposé un recours contre le projet de loi réformant l’entrée à l’université au motif que certaines dispositions feraient fi d’exigences constitutionnelles.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 15h59
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 09h56
    |

                            Soazig Le Nevé








                        



   


Les députés socialistes, « insoumis » et communistes ont annoncé, vendredi 23 février, avoir déposé conjointement un recours devant le Conseil constitutionnel contre le projet de loi relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants.
Les trois groupes de gauche à l’Assemblée nationale estiment dans un communiqué que « le principe d’égal accès à l’instruction est complètement méconnu par ce texte », et que « le droit au recours est clairement atteint », puisque les candidats « n’auront pas la possibilité de contester les décisions prises par l’administration ».
Le recours porte essentiellement sur l’article Ier, avec les alinéas 4, 5, 6 et 11 qui instaurent la sélection à l’université ; l’alinéa 7, qui établit que le silence de l’administration ne constitue pas une décision administrative ; l’alinéa 6, qui instaure des dispositions particulières pour les étudiants en situation de handicap.
Des dispositions « méconnaissant des exigences constitutionnelles »
Autant de dispositions qui, selon les plaignants, méconnaîtraient plusieurs exigences constitutionnelles et notamment le droit au recours découlant de l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, le principe d’égal accès à l’instruction protégé par le 13e alinéa du préambule de la Constitution de 1946 et plusieurs principes constitutionnels encadrant le service public de l’université française et de l’enseignement supérieur.

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          Le Conseil d’Etat rejette les demandes de suspension de la plate-forme Parcoursup




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          Orientation : « La nouvelle loi risque de renforcer les différences entre filles et garçons »



Les députés soulignent notamment qu’en n’ayant pas défini « de manière suffisamment claire et précise la nature des attendus servant de critères de sélection dans les différentes filières de l’enseignement supérieur, le pouvoir législatif n’a pas épuisé sa compétence et, de fait, ne permet pas aux candidates et candidats à l’enseignement supérieur de se prémunir face au risque d’arbitraire dans le processus de sélection ». Parcoursup, l’inscription dans le premier cycle, ou encore les capacités d’accueil fixées en tenant compte des « perspectives d’insertion professionnelles » font également preuve d’inintelligibilité, selon les députés.
Le Conseil constitutionnel doit statuer d’ici à un mois, sauf si le gouvernement lui demande d’accélérer la procédure.

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          La réforme de l’accès à l’université définitivement adoptée



Le Parlement a donné, le 15 février, son agrément au projet de loi changeant les règles d’accès à l’université, dont Parcoursup, déjà lancé. Le texte vise notamment à supprimer le tirage au sort et réduire le taux d’échec en première année de fac.
Saisi par les sénateurs du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste (CRCE), ainsi que par le Snesup-FSU, premier syndicat des personnels de l’enseignement supérieur, et les syndicats étudiants (UNEF et Solidaires) et lycéens, le Conseil d’Etat, pour sa part, avait rejeté, mardi 20 février, les demandes de suspension de la nouvelle plate-forme d’inscription dans le supérieur, Parcoursup.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Le gouvernement veut recourir à des ordonnances pour réformer le système ferroviaire ; la CFDT-Cheminots propose aux trois autres organisations syndicales une « grève reconductible à partir du 14 mars ».
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Réforme de la SNCF : la CFDT propose une « grève reconductible à partir du 14 mars »

Le gouvernement veut recourir à des ordonnances pour réformer le système ferroviaire ; la CFDT-Cheminots propose aux trois autres organisations syndicales une « grève reconductible à partir du 14 mars ».



Le Monde
 |    26.02.2018 à 12h48
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 20h52
   





                        


Fin du recrutement au statut, recours à des ordonnances…, les annonces du premier ministre, Edouard Philippe, qui a lancé, lundi 26 février, la réforme du rail, ont mis le feu aux poudres parmi les syndicats de cheminots.
La CFDT-Cheminots, quatrième syndicat à la SNCF, propose aux trois autres organisations syndicales représentatives une « grève reconductible à partir du 14 mars », a-t-elle annoncé lundi soir dans un communiqué. « Le gouvernement démontre aujourd’hui qu’aucune négociation n’est envisagée, les décisions étant visiblement déjà prises », a déclaré la CFDT, qui estime que « les cheminots ont subi une attaque sans précédent ».
Dans un entretien aux Echos, le secrétaire général de la CFDT a également dit qu’il ne « laisser[ait] personne cracher à la figure des cheminots ». « Le gouvernement pouvait se permettre de procéder par ordonnances sur la réforme du marché du travail, car il l’avait clairement dit pendant la campagne et parce que la réforme est intervenue juste après l’élection. Ce n’est pas le cas pour la SNCF », souligne le dirigeant syndical.
De son côté, la CGT-Cheminots, premier syndicat à la SNCF, s’est dit prête à mener « un mois de grève » pour « faire plier le gouvernement », a annoncé son secrétaire général, Laurent Brun, lundi, au Parisien. « Nous allons relever le défi. On est sûrement partis pour l’un des plus importants mouvements sociaux de l’histoire de la SNCF », dit-il.
Le premier ministre a dit vouloir recourir à des ordonnances pour faire adopter « avant l’été » une réforme de la SNCF, prévoyant, entre autres, la fin du statut de cheminot pour les nouvelles recrues. Il a justifié la nécessité de cette réforme par la situation « alarmante », « intenable », dans laquelle se trouve, selon lui, la SNCF.

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                SNCF : neuf propositions-chocs et une révolution dans le rapport Spinetta



Méfiance sur l’engagement concernant les petites lignes
Plus tôt dans la journée, l’UNSA-Ferroviaire avait déclaré vouloir proposer à l’intersyndicale prévue mardi après-midi pour discuter de la réponse à apporter aux annonces du gouvernement une grève « avant le 22 mars », date à laquelle la CGT avait prévu une manifestation, avant même les annonces du gouvernement. « Je vais demander à ce que demain on rentre dans un processus (…) d’alerte sociale à la SNCF, qui pourra déboucher sur la grève », déclarait Roger Dillenseger, le secrétaire général de l’UNSA-Ferroviaire.
La semaine dernière, les syndicats avaient, d’une même voix, mis en garde l’exécutif contre toute utilisation des ordonnances, un casus belli à leurs yeux, en brandissant la menace d’un conflit social « majeur ».
Les syndicats restent également très sceptiques quant à l’engagement du gouvernement concernant les petites lignes. « Dire aux régions, “c’est vous qui allez avoir la décision finale” » ne signifie en rien les sauver, compte tenu des difficultés de financement, a averti Didier Aubert (CFDT). Le gouvernement « refile le bébé » aux régions, a également dit Erik Meyer de SUD-Rail, y voyant aussi « une manœuvre » du gouvernement « pour faire baisser la mobilisation et pour essayer de [la] rendre impopulaire », car recentrée sur le statut des cheminots.
SUD-Rail comme la CFDT regrettent aussi que le gouvernement ne se soit pas plus engagé sur la question de la dette, une question qu’il « faut traiter avant les autres », selon M. Meyer.

Réactions politiques
Côté politique, l’opposition fustigeait surtout le choix du recours à des ordonnances. « Est-ce qu’on a vraiment besoin, dans l’état de la situation, de légiférer par ordonnances ? », a demandé Gilles Platret, porte-parole des Républicains, alors que « sur la SNCF, ce n’était pas un engagement de campagne » d’Emmanuel Macron.
« Nous dénonçons la méthode brutale et arrogante employée par le gouvernement pour engager la réforme ferroviaire. La confirmation d’un recours aux ordonnances va, en effet, inutilement diviser les acteurs de la SNCF et risque de dresser les Français contre cette entreprise publique qui relève du patrimoine national », ont dénoncé de leur côté les anciens ministres socialistes Stéphane Le Foll et Frédéric Cuvillier.
Steeve Briois, secrétaire général du FN, considère quant à lui que le gouvernement va « étouffer le débat démocratique » en recourant à des ordonnances. Et il ajoute sur son compte Twitter : « Les exemples, à l’étranger, de privatisation et d’ouverture à la concurrence du rail ont été des catastrophes. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Le gouvernement a lancé, lundi, la réforme de la SNCF, qu’il compte mener par ordonnances, en affirmant qu’il n’y aurait plus « à l’avenir » de recrutement au statut actuel de cheminot.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Les polémiques internes aux deux partis empêchent tout débat.
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Les Républicains et le Front national à la peine dans la course à l’opposition

Les polémiques internes aux deux partis empêchent tout débat.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 10h57
    |

            Olivier Faye et 
Lucie Soullier








                        



                                


                            

Ils étaient plusieurs à l’automne à se disputer la place de premier opposant à Emmanuel Macron. Si, après une fin d’année difficile, Jean-Luc Mélenchon a repris tant bien que mal le fil de sa campagne contre le pouvoir, avec, en ligne de mire, les législatives partielles des 4 et 11 mars en Guyane et en Haute-Garonne, Laurent Wauquiez et Marine Le Pen peinent, eux, à se faire entendre.
La présidente du Front national semble coincée dans un jour sans fin. Elle avait pourtant tenté de rompre avec le quotidien. Direction Kintzheim (Bas-Rhin), samedi 24 février, pour clôturer sa « tournée de la refondation » auprès des frontistes alsaciens. Une ultime étape pour défendre son bilan à la tête du parti d’extrême droite et pour tancer la « fumisterie » des réformes en cours d’Emmanuel Macron.

Mais voilà que la première question de la conférence de presse, venue d’un journaliste étranger qui plus est, la ramène au trio qui colonise son actualité depuis une longue semaine : Marion Maréchal-Le Pen, Jean-Marie Le Pen et Florian Philippot. Qu’a-t-elle donc à répondre à la virée très politique de la nièce outre-Atlantique et à son discours remarqué devant les conservateurs américains ; aux petites phrases assassines du père, dont les Mémoires paraissent mercredi mais occupent déjà tous les esprits ; aux attaques de l’ancien bras droit qui a lancé son propre parti. Même refrain le lendemain, lors de son grand oral sur BFM-TV. Une heure d’entretien durant laquelle elle tente de parler « refondation » ou de contrer Macron… et où on lui répond « Marion ». Le congrès du Front national a beau se tenir dans à peine deux semaines, les 10 et 11 mars, le projet de loi asile-immigration être en discussion, Marine Le Pen se voit empêchée de s’y attarder par les sorties de son propre clan. Sa place de leadeur questionnée, celle-ci a bien du mal à s’installer dans le rôle d’une opposante crédible au pouvoir en place.
Rendez-vous...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Emmanuel Macron, avec sa stratégie « et de droite et de gauche », organise lui-même la dialectique de la discussion publique et crée le vide.
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L’assèchement volontaire du débat politique

Emmanuel Macron, avec sa stratégie « et de droite et de gauche », organise lui-même la dialectique de la discussion publique et crée le vide.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 10h56
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 14h34
    |

            Jean-Baptiste de Montvalon








                        



                                


                            
Chapeau, l’artiste ! Elu président à la surprise générale, s’étant assuré contre toute attente d’une très large majorité à l’Assemblée nationale, Emmanuel Macron continue de tout écraser sur son passage. Il y a du Bonaparte – en modèle réduit – dans cet homme-là, et du bonapartisme, pure tradition française, dans sa façon de gouverner. Par lui, pour lui et en lui, sauveur d’une patrie menacée, entouré d’une armée de grognards pilotée par une poignée de fidèles de la première heure. Tout a déjà été dit sur l’abrupte verticalité du pouvoir dans ce présumé « nouveau » monde qui ressemble si fort à d’anciens.

S’il convient de saluer comme il se doit l’intelligence tactique du général en chef, il n’est pas inutile de contempler le champ de ruines laissé sur son passage. Les « grognards » du macronisme s’en satisferont, à n’en pas douter, et sabreront le champagne ; d’autres auraient quelques raisons de s’inquiéter au vu d’un paysage en lambeaux.
Doit-on, peut-on encore seulement le qualifier de « politique », quand un volatile touché par le monarque de passage au Salon de l’agriculture occupe, en plateau, du temps d’antenne de chaînes dites d’informations en continu ? De panda en poule, feu le débat politique fournit moins matière à réflexion que séquences pour un possible documentaire animalier.
Le chef de l’Etat a évidemment tout lieu de s’en satisfaire, tant ce qui advient résulte de ce qu’il a voulu. Ce président « et de droite et de gauche » est parvenu non seulement à convaincre l’électorat de cet improbable positionnement, mais aussi à faire exploser l’un et l’autre des camps qu’il prétend rassembler. Chacun en est réduit à sauver les meubles dans son coin.
Sous la férule de Laurent Wauquiez, Les Républicains n’en finissent plus de s’écharper sur la distance qu’il convient de maintenir – ou pas – vis-à-vis de la droite extrême, et de l’extrême droite. Cette dernière est en plein examen de conscience au terme d’une annus horribilis....




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé, lundi, la décision de passer par les ordonnances pour réformer la SNCF.
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Emmanuel Macron, la réforme au pas de charge

Le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé, lundi, la décision de passer par les ordonnances pour réformer la SNCF.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 10h54
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 06h33
    |

            Solenn de Royer








                        



                                


                            

Il avance, sabre au clair. Depuis son arrivée à l’Elysée, Emmanuel Macron multiplie les réformes tous azimuts, sans hésiter à ouvrir plusieurs fronts à la fois, y compris les plus sensibles. L’exécutif, qui a lancé ou bouclé des réformes du marché du travail, de la formation professionnelle, de l’action publique, du logement, de l’agriculture ou de l’asile, s’attaque désormais à la réforme explosive de la SNCF et du statut des cheminots : la malédiction des gouvernements précédents, notamment celui d’Alain Juppé, qui s’était abîmé sur les grandes grèves de 1995. « Il faut le réformer [ce statut] », il y a « des choses qu’il faut adapter », a confirmé le chef de l’Etat ce week-end dans les allées du Salon de l’agriculture.
Lundi 26 février, à Matignon, le premier ministre, Edouard Philippe, a précisé les grands axes de la réforme du rail, dix jours seulement après la publication du rapport qui estime que la SNCF n’est pas assez efficace et propose des pistes jugées alarmistes par les syndicats.
Sur la méthode, le gouvernement a tranché : il passera par des ordonnances dans un premier temps, avant de remplacer celles-ci par des textes classiques, à mesure que des accords seront trouvés avec les partenaires sociaux. « Ça évite que certains jouent la montre, explique-t-on à Matignon. On sera dans la concertation, mais s’il y a des manœuvres de blocage, on aura avancé, sans ennuyer les Français pendant des mois. » L’exécutif souhaite que la réforme aboutisse « avant l’été ».

Dans son discours, M. Philippe a vanté cette méthode originale, « équilibre entre l’expression d’une détermination et la volonté de concerter ». « On n’est pas en 1995, veut croire un conseiller. Le pays a changé et le rail aussi. Aujourd’hui, les usagers sont mécontents de la SNCF. » Mais l’idée, précise-t-on à Matignon, « n’est pas de faire une réforme pour opposer les...




                        

                        

