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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Sérieusement bousculés sur le marché publicitaire, les médias américains maintiennent la pression sur Google et Facebook, et appellent les annonceurs à collaborer.
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Les médias américains souhaitent plus de régulation face à Google et Facebook

Sérieusement bousculés sur le marché publicitaire, les médias américains maintiennent la pression sur Google et Facebook, et appellent les annonceurs à collaborer.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 17h34
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 18h17
    |

                            Yassine El Azzaz








                        



   


Leurs audiences ne cessent de croître et leurs revenus stagnent. Exaspérés par le duopole de Google et Facebook sur les recettes publicitaires, les médias américains en appellent à l’Etat. Dans une tribune publiée par le Wall Street Journal, le 25 février, David Chavern, président de la News Media Alliance (NMA), un syndicat d’éditeurs qui regroupe près de 2 000 journaux aux Etats-Unis et au Canada, souhaite une dérogation relative aux lois antitrust pour les médias américains.
Dans le cadre actuel, au nom de cette législation, les éditeurs de presse n’ont pas le droit de négocier collectivement face à Google et Facebook. Après avoir publié une première lettre ouverte en juillet 2017, les membres de la NMA ont décidé de mettre en place le premier comité d’action politique afin d’intensifier leurs efforts de lobbying au Congrès.
« Les lois antitrust américaines ont été conçues pour promouvoir une concurrence loyale et empêcher la mise en place de monopoles. Aujourd’hui, elles faussent la concurrence loyale entre les médias traditionnels et les géants de la Silicon Valley », a affirmé M. Chavern.

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                Abonnements, données : les promesses de Google aux médias



Selon la chaîne de télévision américaine CNBC, Google et Facebook captent désormais 83 % de la croissance des revenus publicitaires numériques et 73 % de la publicité numérique globale aux Etats-Unis. Alors que l’audience des éditeurs a grimpé de 42 % entre 2014 et 2016, leurs revenus publicitaires ont baissé de plus de 3 milliards d’euros. « Si les autorités ne peuvent pas protéger la société de l’influence des trusts modernes, le gouvernement devrait au moins se retirer et laisser les éditeurs se protéger eux-mêmes », ajoute M. Chavern.
« Reconnaître la valeur sociale du journalisme »
Facebook et Google ont présenté quelques solutions, notamment pour faciliter le recrutement et la fidélisation des abonnés. Ces annonces n’ont toutefois pas convaincu Rupert Murdoch, propriétaire du Wall Street Journal et président exécutif du groupe de presse News Corp.
Pour lui, « reconnaître la valeur sociale du journalisme professionnel » passe d’abord par « une indemnité d’utilisation, similaire au modèle adopté par les câblo-opérateurs », a-t-il déclaré, dans une lettre ouverte publiée, en janvier, après les annonces faites par les deux géants du numérique.
La presse n’est cependant pas la seule à exiger un changement de la législation pour faire face à la mainmise du duopole sur les recettes publicitaires. Jeff Zucker, président de CNN, a également orienté ses critiques vers les firmes de la Silicon Valley et souhaité une meilleure coopération des annonceurs. « Je pense que nous avons besoin de l’aide du monde de la publicité et du monde de la technologie pour trouver de nouvelles façons de monétiser le contenu numérique, sinon le bon journalisme disparaîtra », s’est-il alarmé, lundi 26 février, lors d’un discours au Mobile World Congress de Barcelone.
« Personne ne pense aux monopoles que sont devenus Facebook et Google. C’est là que le gouvernement devrait chercher à s’assurer que tout le monde survive. Je pense que c’est le plus gros problème auquel sera confronté le journalisme dans les années à venir », a-t-il conclu.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Dix ans après la crise financière de 2008, les grandes banques britanniques ont supprimé 300 000 emplois et demeurent affaiblies par les scandales, constate, dans sa chronique, le correspondant du « Monde » à Londres Eric Albert.
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Au Royaume-Uni, les ruines du paysage bancaire

Dix ans après la crise financière de 2008, les grandes banques britanniques ont supprimé 300 000 emplois et demeurent affaiblies par les scandales, constate, dans sa chronique, le correspondant du « Monde » à Londres Eric Albert.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 14h03
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Lettre de la City. Une décennie déjà. En février 2008, la petite banque Northern Rock au Royaume-Uni venait d’être nationalisée, Bear Stearns aux Etats-Unis allait faire faillite, et Lehman Brothers s’écroulait quelques mois plus tard. La plus grande crise financière depuis 1929 commençait son travail de dévastation.
Aujourd’hui, les ruines de l’époque sont encore partout, sans compter les répercussions politiques évidentes, de Donald Trump au Brexit. Du 19 au 25 février, au Royaume-Uni, les résultats annuels des grandes banques du pays sont venus rappeler que les grands établissements financiers peinent encore à se remettre du choc.
Des quatre mastodontes d’antan, trois (HSBC, Lloyds et Barclays) demeurent affaiblis par les scandales, mais se sont assainis. Le quatrième, Royal Bank of Scotland, reste une calamité, encore nationalisée
Un chiffre pour résumer le massacre : selon nos calculs, les quatre grandes banques britanniques ont supprimé presque 300 000 emplois depuis 2008, soit plus du tiers de leurs effectifs. Les géants bancaires d’autrefois ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes.
Des quatre mastodontes d’antan, trois (HSBC, Lloyds et Barclays) demeurent affaiblis par les scandales, mais se sont assainis. Le quatrième, Royal Bank of Scotland, reste une calamité, encore nationalisée. Disons-le clairement : cet établissement n’aurait jamais dû être sauvé en 2008 ; une mise en faillite ordonnée aurait été préférable.
La banque qui s’en sort le mieux est HSBC. Elle n’a jamais frôlé la faillite, et reste la seule du Royaume-Uni à demeurer un géant mondial. En revanche, l’établissement a été fortement ébranlé par les scandales, des cartels mexicains de la drogue qui blanchissaient leur argent par son intermédiaire aux clients qui échappaient aux impôts par le biais de sa banque privée suisse. L’établissement espère désormais tourner la page avec le changement de ses dirigeants : la semaine dernière, son directeur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Une directive européenne « Sécurité des réseaux et des systèmes d’information », décisive pour les entreprises, est en cours de transposition en France, se félicite, dans une tribune au « Monde », la présidente de l’Amrae Brigitte Bouquot.
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Cyber-risque : « Passer de la résilience numérique de quelques-uns à celle de tous »

Une directive européenne « Sécurité des réseaux et des systèmes d’information », décisive pour les entreprises, est en cours de transposition en France, se félicite, dans une tribune au « Monde », la présidente de l’Amrae Brigitte Bouquot.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 14h00
    |

Brigitte Bouquot (Présidente de l’Association pour le management des risques et des assurances de l’entreprise (Amrae)







                        



                                


                            
Tribune. La protection du citoyen numérique occupe le devant de la scène depuis plusieurs mois avec le règlement européen sur la protection des données, dit RGPD. Quand la numérisation est le moteur de la croissance économique mondiale, il faut également braquer les projecteurs sur un autre texte européen moins connu, la directive sur la sécurité des réseaux et des systèmes d’information (Network and Information Security, NIS).
Le risque cyber est devenu aujourd’hui un risque d’entreprise, pas simplement un risque technique
Cette directive, qui organise la sécurité numérique des Etats membres et des entreprises européennes, est en cours de transposition en France avec la désignation de près de deux mille opérateurs de services essentiels (OSE) sous le pilotage de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi). Les entreprises de toutes tailles qui conduisent de solides politiques de gestion des risques ont compris que le risque cyber est devenu aujourd’hui un risque d’entreprise, pas simplement un risque technique. Ainsi, elles identifient les scénarios de survenance du risque, elles en modélisent l’impact économique, elles investissent pour organiser la continuité de l’activité et gérer la crise en cas d’attaque, et in fine financer certains impacts résiduels par l’assurance.
Dans notre économie ouverte où le risque cyber ne connaît pas de frontière, le couplage entre la directive NIS et la gestion des risques permettra au tissu économique français d’organiser une indispensable résilience numérique. En Europe, la France a toujours été à la pointe pour assurer la continuité de l’Etat et des grandes entreprises.
Secret-défense
Dès la Constitution de 1958, l’Etat n’a eu de cesse de se doter d’un cadre législatif et réglementaire pour organiser la résilience de la nation. Avec la notion d’opérateur d’importance vitale (OIV) – ordonnance de décembre 1958, modifiée en 2004 –, « les entreprises sensibles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Dans sa chronique, l’économiste Philippe Askenazy estime que le cadencement trimestriel des enquêtes emploi devrait donner l’opportunité à la statistique publique d’offrir aux citoyens et aux décideurs de bonnes clés d’interprétation.
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Chômage et mystère de la statistique

Dans sa chronique, l’économiste Philippe Askenazy estime que le cadencement trimestriel des enquêtes emploi devrait donner l’opportunité à la statistique publique d’offrir aux citoyens et aux décideurs de bonnes clés d’interprétation.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 14h00
    |

                            Philippe Askenazy (Chercheur au CNRS/ENS/Centre Maurice Halbwachs)








                        



                                


                            
L’éclairage. En 2007, la statistique publique française vécut un fiasco. Alors que se profilait l’élection présidentielle, les premières exploitations en interne de l’enquête emploi de l’Insee auprès des ménages concluaient à une baisse du chômage bien moindre que celle claironnée par le gouvernement. Cédant à des pressions politiques ou sincèrement inquiète de la qualité de son enquête – les historiens le diront –, la direction de l’Insee avait décidé en janvier 2007 d’arrêter la publication des chiffres du chômage pour six mois, arguant que le taux de réponse à l’enquête aurait légèrement diminué.
il est inutile de chercher à influer sur des chiffres que l’Europe calcule de son côté
Le malaise fut profond parmi les professionnels de la statistique, certains décidant d’alerter l’opinion. In fine, Eurostat, respectant les règlements européens, publia en mars 2007 ses propres estimations du chômage à partir de l’enquête emploi. La leçon de ce fiasco a été tirée : il est inutile de chercher à influer sur des chiffres que l’Europe calcule de son côté. Cet épisode a également été l’occasion de remettre à plat la méthodologie française de mesures de l’emploi et du chômage.
Si cela a conduit à une nette amélioration des outils, l’intégration des observations d’une enquête complémentaire auprès des non-répondants à l’enquête emploi fut plus douteuse. Il y avait une logique institutionnelle à cela, puisque la question des non-répondants avait justifié le report de publication. Mais à peine un quart des non-répondants répondaient à l’enquête complémentaire. Comme il n’y a pas d’enquête sur les non-répondants à l’enquête sur les non-répondants (!), cela obligeait à de fortes hypothèses, pour finalement accoucher d’un taux de chômage modifié de 0,1 point de pourcentage.
Rationalisation du dispositif
Une deuxième modification, légitime d’un point de vue statistique, a plutôt brouillé les débats publics : aux chiffres sur le chômage trimestriel...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Editorial. Alors que la campagne des élections législatives en Italie a été marquée par la poussée de partis eurosceptiques, les résultats incertains du scrutin du 4 mars représentent une nouvelle menace pour la cohésion de l’Union européenne.
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Europe : la menace italienne

Editorial. Alors que la campagne des élections législatives en Italie a été marquée par la poussée de partis eurosceptiques, les résultats incertains du scrutin du 4 mars représentent une nouvelle menace pour la cohésion de l’Union européenne.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 12h00
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Entre une Allemagne qui se cherche et une Grande-Bretagne qui s’en va, la dernière chose dont l’Europe a besoin est une Italie qui se brouille. Les élections législatives organisées dimanche 4 mars dans la Péninsule, et dont les résultats s’annoncent particulièrement incertains, représentent pourtant une nouvelle menace pour la cohésion de l’Union européenne.
Dans ce pays cofondateur du projet européen, longtemps l’un des plus euroenthousiastes, cette campagne électorale a été marquée par la poussée de partis eurosceptiques de tous bords. Certes, en fin de course, la Ligue du Nord, d’extrême droite, comme le populiste Mouvement 5 étoiles ont modéré leurs critiques contre Bruxelles et renoncé à évoquer une sortie de l’euro. Certains analystes ne voient cependant dans cette prudence tardive qu’un virage tactique, encouragé par la perspective d’une victoire prochaine.

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Le scénario le plus favorable à l’intégration de l’Italie dans l’UE, celui d’une grande coalition rassemblant le centre gauche autour de Matteo Renzi et le centre droit autour de Silvio Berlusconi, semble chaque jour plus improbable. Le scénario catastrophe vu de Bruxelles serait celui d’une coalition de droite dans laquelle la Ligue du Nord de Matteo Salvini aurait pris le dessus sur la droite berlusconienne.
Comment l’Italie en est-elle arrivée là ? Il faut sans doute remonter à 2011 et à la démission, sous la pression conjointe des marchés et des partenaires européens, d’un Silvio Berlusconi discrédité. S’il est tout sauf étranger aux maux qui ont entraîné sa chute, « Il Cavaliere », revenu sur le devant de la scène à 81 ans à la faveur de cette singulière campagne, ne manque jamais de rappeler qu’à ses yeux ce qui s’est passé en 2011 était un coup d’Etat. Mario Monti, qui lui a succédé, a certes évité que le pays se trouve placé sous tutelle comme la Grèce et le Portugal, mais au prix de la mise en œuvre de recettes bruxelloises dont le coût social a été très mal vécu par les Italiens.
Tous les symptômes de la crise des démocraties occidentales
La solitude dans laquelle le pays a géré l’afflux de plus de 600 000 réfugiés depuis 2013 a achevé de mettre à mal l’attachement des Italiens à l’Europe. Le manque de solidarité européenne a porté un coup terrible à la popularité de la majorité de centre-gauche, successivement dirigée par Enrico Letta, Matteo Renzi et Paolo Gentiloni, qui s’est pourtant efforcée de respecter ses engagements vis-à-vis de Bruxelles. L’idée qu’avec l’Europe la loyauté et les efforts ne paient pas s’est ainsi installée dans l’opinion italienne.

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Aujourd’hui, aucun des partis en lice dans la troisième économie de la zone euro ne prône la poursuite des efforts de maîtrise des finances publiques. Sur le front économique, la campagne s’est résumée à une accumulation de promesses mirifiques, chiffrées en centaines de milliards d’euros, qui ne seront sans doute jamais tenues. Sur le front politique, l’Italie de 2018 présente à peu près tous les symptômes de la crise des démocraties occidentales : affaiblissement des partis politiques traditionnels, montée des extrêmes, vogue des candidatures antisystème, désaffection de l’électorat et taux d’abstention record. Avec, en prime, une spécificité locale : la percée de forces néofascistes, à l’occasion d’élections locales.
Le hasard du calendrier a voulu que le 4 mars soit aussi, en Allemagne, le jour du verdict du SPD sur le contrat de coalition avec la CDU. Espérons que l’Europe, ce jour-là, se remette en ordre de marche.

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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Le chef du parti Les Républicains s’est engagé dans une complète reconstruction de lui-même. Une conversion de laquelle naît le soupçon d’insincérité, analyse dans sa chronique Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde »
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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« Au lieu de mûrir, Laurent Wauquiez a muté »

Le chef du parti Les Républicains s’est engagé dans une complète reconstruction de lui-même. Une conversion de laquelle naît le soupçon d’insincérité, analyse dans sa chronique Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde »



Le Monde
 |    27.02.2018 à 11h18
    |

            Gérard Courtois (Editorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            

Chronique. L’on imagine déjà la lassitude du lecteur : encore Laurent Wauquiez ! N’en a-t-on pas assez soupé de ses propos à l’emporte-pièce tenus devant les élèves de l’Ecole de management de Lyon ? Du « cirque médiatique » (dixit l’intéressé) qui s’est ensuivi quand une télévision les a divulgués le 16 février ? Enfin, de l’énergique « J’assume ! » que le président des Républicains a opposé à ses procureurs, quelques jours plus tard, sur le plateau de BFM-TV ?

Lamentable algarade, ont commenté tous ceux pour qui le chef d’un grand parti, candidat putatif à de plus hautes fonctions, ne devrait pas dire ça. Beaucoup de bruit pour rien, ont songé les blasés. Après tout, M. Wauquiez n’est ni le premier responsable politique ni le dernier à dire pis que pendre de ses meilleurs amis ou à démolir sans pitié ses concurrents. Pas davantage à utiliser en privé un langage de charretier.

Il n’est pas non plus le premier à se persuader que le degré de détestation qu’il suscite est la meilleure preuve de la crainte qu’il inspire, donc de sa force. En la matière, Nicolas Sarkozy fut un bon modèle. Quant à penser que la polémique est la manière la plus simple de se faire entendre – je fais scandale, donc j’existe –, Jean-Marie Le Pen en a fait la démonstration avec un succès certain pendant trente ans.
Il était un pur produit du « système » ; il en devient le plus virulent pourfendeur. Il rêvait d’être le chouchou des médias ; il jubile d’en être désormais la tête de Turc
Pourquoi donc y revenir ? Parce qu’au-delà de ces postures, Laurent Wauquiez est un cas. Un cas clinique, si l’on ose dire. Longtemps, il a été un jeune homme parfait. Solide tradition familiale de la bourgeoisie industrielle du Nord, scolarité impeccable, diplômes prestigieux qu’il porta un temps en bandoulière au point que, comme chacun sait, il fut reçu 14e à l’Ecole normale supérieure, puis major à l’agrégation d’histoire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’écrivain Patrice Franceschi considère que si l’Europe laisse faire le président Erdogan à Afrin, elle restera une cible du djihadisme.
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« Abandonner les Kurdes en Syrie favorisera la reconstitution des réseaux terroristes »

Dans une tribune au « Monde », l’écrivain Patrice Franceschi considère que si l’Europe laisse faire le président Erdogan à Afrin, elle restera une cible du djihadisme.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 09h58
    |

Patrice Franceschi (écrivain)







                        



                                


                            
Tribune. Il y a déjà plus d’un mois que l’armée turque, violant toutes les lois internationales, a envahi le nord de la Syrie pour attaquer les Kurdes de l’enclave d’Afrin et s’emparer de leur territoire. Afin de justifier son agression, le président turc Erdogan a prétendu que ces Kurdes menaçaient sa frontière sud et n’étaient que des terroristes parmi d’autres. Question propagande, Goebbels n’aurait pas fait mieux pour nous pousser à abandonner nos meilleurs alliés dans la région et à jouer contre nos intérêts. Mais peut-on vraiment oublier que les Kurdes nous ont aidés à vaincre l’organisation Etat islamique – notre ennemi commun, responsable des attentats en France – et que nos soldats ont combattu à leurs côtés pendant trois ans ? Erdogan insinuerait-il que la France serait coupable de complicité avec des terroristes ?
« Cela fait cinq ans que j’accompagne les Kurdes dans leur combat et je sais très bien de quel côté se trouvent les terroristes »
Depuis un mois, la propagande d’Ankara se déchaîne pour salir et décrédibiliser les Kurdes, relayée jusque chez nous par des lobbies pro-Turcs d’une puissance insoupçonnée. C’est contre cette désinformation généralisée, cette maladie des « fake news », que je veux m’élever. Cela fait cinq ans que j’accompagne les Kurdes dans leur combat et je sais très bien de quel côté se trouvent les terroristes et ce que représentait Afrin avant cette attaque : une région restée totalement à l’écart de la guerre. On ne peut pas me raconter d’histoire. Et si les Kurdes de Syrie sont des terroristes, alors, c’est à l’égal des résistants français que la Gestapo affublait du même vocable.
Tout ce que fait Erdogan est dicté par sa politique intérieure. Il y flatte aussi bien les islamistes radicaux que les ultranationalistes. A ce mélange détonnant, il a promis de régler très vite le sort de ces Kurdes qui les obsèdent tous par leur projet politique émancipateur, où la laïcité voisine avec l’égalité hommes-femmes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Livre. Le journaliste et polémiste américain Lewis Lapham signe avec « Le Temps des fous » l’œuvre d’un aristocrate démocrate exigeant, accablé par l’état de la démocratie en Amérique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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L’aboutissement Donald Trump

Livre. Le journaliste et polémiste américain Lewis Lapham signe avec « Le Temps des fous » l’œuvre d’un aristocrate démocrate exigeant, accablé par l’état de la démocratie en Amérique.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 09h13
    |

            Alain Frachon








                        



                                


                            

Livre. Le début de la fin commence à l’aube des années 1990. Le Mur de Berlin s’effondre, l’URSS va se dissoudre. Les Etats-Unis croient qu’ils ont remporté une « victoire », politique et idéologique. George H. W. Bush, le président alors à la Maison Blanche, salue l’avènement d’un « nouvel ordre du monde ».
Il en est allé différemment. Le « nouvel ordre » a vite pris des allures de chaos. Aux Etats-Unis mêmes, tout s’est passé comme si, privée d’un adversaire global, la démocratie américaine allait doucement glisser vers un autre type de régime : la ploutocratie – le règne de l’argent, celui d’une coterie gouvernant par l’argent et pour l’argent. Qui faut-il incriminer ? L’argent dans la politique justement. L’hubris ou l’autosatisfaction aussi – même si l’URSS est tombée sous le choc de ses propres contradictions plus que sous la pression de son adversaire.
Quand on lit du Lapham, la leçon d’histoire se mèle toujours au propos sur l’actualité
C’est en tout cas de la fin de la guerre froide que Lewis Lapham, merveilleux chroniqueur d’une fin de siècle américain au début d’un autre, date ce qu’il appelle le regime change – le changement de régime – auquel succombe son pays. Comme Lapham est un homme de grande culture, il s’en afflige, certes, mais ne s’en étonne pas pas outre mesure : d’autres civilisations, notamment dans l’Antiquité, auraient connu ce cycle qui va de l’autocratie à la démocratie puis à la ploutocratie. Quand on lit du Lapham, la leçon d’histoire se mêle toujours au propos sur l’actualité.
La désagrégation de l’Etat providence
En cette fin de XXe, donc, l’Amérique cède aux illusions de l’omnipotence et va se livrer à trente ans « d’aventures impériales », la plupart désastreuses. A l’intérieur, le leadership politique, républicain ou démocrate, se soumet à la domination de Wall Street. L’esprit du temps est gagné par un individualisme forcené qui, dissolvant la notion...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Livre. Dans son essai, Andreï Gratchev, ancien porte-parole de Mikhaïl Gorbatchev, dresse un amer bilan de la période qui a suivi l’effondrement de l’URSS jusqu’à nos jours, plus instable à ses yeux qu’à l’époque de l’équilibre nucléaire entre les deux grands.
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L’ hyperpoker de l’après-guerre froide

Livre. Dans son essai, Andreï Gratchev, ancien porte-parole de Mikhaïl Gorbatchev, dresse un amer bilan de la période qui a suivi l’effondrement de l’URSS jusqu’à nos jours, plus instable à ses yeux qu’à l’époque de l’équilibre nucléaire entre les deux grands.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 08h44
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 09h14
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

Livre. Ce monde imprévisible du début du XXIe siècle secoué par les rivalités entre de nouvelles puissances, la réapparition d’empires défunts et le surgissement d’acteurs non étatiques transnationaux semblent à Andreï Gratchev beaucoup plus lourd de menaces que celui qui l’avait précédé avec sa stabilité relative assurée par l’équilibre nucléaire entre les deux grands. L’ancien conseiller et porte-parole de Mikhaïl Gorbatchev tisse un amer bilan de l’après-guerre froide, ironisant sur le grand échec de l’Occident.
L’arrogance du gagnant de la guerre froide a nourri « la rancœur du perdant »
« A la place d’un monde docile, remodelé à son image et facile à gouverner il découvre un environnement hostile et dangereux défiant ouvertement son statut privilégié et son rôle de timonier de l’histoire mondiale », note le politologue. Andreï Gratchev n’a jamais pardonné à Washington comme aux Européens leur refus de la « Maison commune » proposée par son ex-mentor. C‘était à ses yeux l’occasion de créer un système de sécurité collective allant de Vancouver à Vladivostok. Elle fut manquée. L’arrogance du gagnant de la guerre froide a nourri « la rancœur du perdant le poussant à compenser sa faiblesse par une agressivité insolente ». D’où aujourd’hui le « revanchisme » de Poutine.
La fin de la « doctrine Brejnev »
Si le tableau qu’il dresse d’un nouvel avant-guerre est sans surprise, le grand intérêt de ce livre alerte est dans l’analyse de l’ancien, celui de la guerre froide, qui occupe les deux tiers de l’ouvrage. Même si elle ne se transforma pas en guerre chaude et en suicide collectif par un anéantissement réciproque ce fut une vraie guerre. « Par le nombre des victimes, à peu près cinquante millions dans cent quarante-sept conflits de par le monde, elle peut revendiquer le titre d’héritière officielle des deux guerres mondiales du XXe siècle », relève Andreï Gratchev rappelant en outre...




                        

                        


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De la banalité à la barbarie, l’engrenage du crime

Dans son dernier ouvrage, le psychiatre Daniel Zagury explique comment un certain type de criminel a souvent tout de l’homme banal.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 06h58
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 11h55
    |

            Sylvie Kerviel








                        



                                


                            

Le Livre. Ces derniers mois, on l’a beaucoup lu, vu et entendu dans la presse, à la radio ou à la télévision. Psychiatre, spécialiste notamment des tueurs en série auxquels il a consacré un livre (L’Enigme des tueurs en série, Plon, 2008), Daniel Zagury est sollicité en tant qu’expert par la justice mais aussi par les médias chaque fois qu’un crime secoue l’opinion soit par son horreur, soit parce qu’il bouscule les idées reçues. Comme celui commis récemment par Jonathann Daval, qui a avoué avoir étranglé sa femme, Alexia, et avoir tenté de dissimuler son geste en faisant croire que la jeune femme avait été tuée lors d’une séance de jogging.
Un fait divers qui a ému et choqué le public bien au-delà du cercle des proches, en raison du double jeu du meurtrier, qui avait participé aux recherches et s’était montré éploré face aux caméras de télévision, mais aussi parce que le tueur avait tout de l’homme banal. Le fameux « voisin (ou voisine) sans histoire » évoqué par les médias chaque fois qu’un fait de ce genre s’impose dans l’actualité.
C’est à ce type de criminels que Daniel Zagury consacre son nouveau livre, La Barbarie des hommes ordinaires (« hommes » pris au sens d’êtres humains), sous-titré de manière un brin racoleuse : « Ces criminels qui pourraient être nous ». « On ne naît pas barbare, on le devient », écrit le psychiatre, détournant la formule célèbre de Simone de Beauvoir. Une affirmation qu’il s’emploie à étayer au fil des deux cents pages de son livre, dont chaque chapitre explore un type particulier de crime – homicide conjugal, meurtre de nouveau-nés, crime terroriste, etc. – dont les auteurs ne présentaient pas, au moment des actes, de pathologie psychiatrique.
Comprendre le cheminement
Pour Daniel Zagury, c’est « une suite d’adaptations et de réactions psychiques qui font que des hommes et femmes qui n’étaient pas plus prédisposés que beaucoup d’autres basculent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Brita Hagi Hassan, l’ancien maire d’Alep-Est dénonce « le silence tacite ou complice de la communauté internationale ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/02/2018
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Syrie : « Dans la Ghouta, une guerre déséquilibrée dans le silence »

Dans une tribune au « Monde », Brita Hagi Hassan, l’ancien maire d’Alep-Est dénonce « le silence tacite ou complice de la communauté internationale ».



Le Monde
 |    27.02.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 08h12
   





                        



                                


                            

Tribune. Peu de personnes connaissaient le nom de la Ghouta avant ce doux matin du 21 août 2013. Plus de 1 400 personnes – en majorité des femmes et des enfants – venaient de trouver la mort asphyxiées par un gaz sarin dispersé par les forces d’Assad, seule force qui possède les vecteurs nécessaires pour une telle opération. Le souvenir de Halabja, localité kurde irakienne, gazée par Saddam Hussein en 1988 a refait surface. Comme beaucoup de villes et villages méconnus, la Ghouta était entrée dans l’histoire contemporaine à ce moment-là. Lorsque l’attaque chimique est arrivée, la Ghouta orientale vivait déjà encerclée par les forces pro-Assad et d’autres milices chiites depuis le début de l’année.
Oasis aux portes de Damas, la Ghouta est une suite de petits villages qui se sont urbanisés rapidement avec la migration des Damascènes d’origine, qui fuyaient la ruée des nouveaux riches proches du pouvoir dans les années 2000 venus acheter les maisons de Damas intra-muros. La Ghouta a également été un point de chute pour des dizaines de milliers de Syriens venus d’ailleurs ou d’Irakiens qui ont fui leur propre guerre civile. La terre y est fertile, une couverture verte, essentiellement des arbres fruitiers, et une société conservatrice, à la syrienne, en font un milieu naturel tourné vers l’indépendance. Fière de son rôle dans la révolte contre le mandat français en 1925, la Ghouta est citée comme référence dans les livres d’histoire et les séries de télévision comme un creuset d’hommes dignes.
Une épuration ethnico-religieuse
Assad pouvait continuer à chanter ces révolutionnaires-là tant que c’était contre les Français, mais lorsque le naturel est revenu au galop et que les descendants de ces mêmes hommes dignes ont pris la peine d’organiser des manifestations contre son pouvoir, ils ont été taxés d’être à la solde de l’étranger, le Qatar dans un premier temps, l’Arabie saoudite...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Le chercheur Matthieu Rey fait valoir, dans une tribune au « Monde », la « fatigue de l’opinion » de se soucier des autres.
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« Le drame de la Ghouta nous rappelle que l’heure des brutes a sonné en Syrie »

Le chercheur Matthieu Rey fait valoir, dans une tribune au « Monde », la « fatigue de l’opinion » de se soucier des autres.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 11h37
    |

Matthieu Rey (chargé de recherche à l'Institut de recherches et d'études sur les mondes arabes et musulmans, CNRS)







                        



                                


                            
Tribune. Le récent déclenchement des bombardements aériens sur la Ghouta orientale de Damas, pour désespérant qu’il soit, ne surprend guère. Il n’est que la suite logique des entreprises répressives menées par le régime d’Assad à l’encontre des zones dans lesquelles la population, un jour, a osé défier son ordre. Nulle surprise donc que son sort soit commun à celui d’Alep… Le gigantisme de la violence qui ne fait que débuter, faite de pilonnages incessants avant une probable action terrestre, qui elle-même s’accompagnera de toutes les horreurs possibles, ne peut guère surprendre. Non seulement la Ghouta est aux portes de Damas, la capitale, mais, de plus, elle a su résister à la famine, à l’humiliation et aux multiples coups portés depuis 2011…
La vengeance sera froide, calculée et implacable. Tout cela n’apporte rien de nouveau, si ce n’est de faire bondir des statistiques que nul ne commente vraiment ni même ne comprend. Que serait un demi-million de personnes assiégées, réduites à la famine, pilonnées, et prochai­­nement massacrées, violées et torturées dans les hécatombes syriennes ?

Apolitisation du discours
D’autres discours ont émergé. Ils portent sur le respect des Etats à pratiquer une souveraineté les rendant maîtres de vie et de mort sur leurs sujets ; ils portent sur la complexité et l’imbroglio des enjeux internes et externes. Ils se parent des vertus du réalisme, du pragmatisme pour éviter la morale, catégorie de plus en plus suspecte aux yeux d’opinions fatiguées de se soucier des autres… surtout quand ces derniers sont loin de nos frontières.
Cette fatigue des opinions, couplée à la montée en puissance de la violence la plus pure telle que nous le rappelle le drame de la Ghouta, souligne simplement qu’une nouvelle ère s’est levée et qu’en Syrie a sonné l’heure des brutes. Son émergence n’est pas nouvelle et serait à chercher quelque part dans les années 1990. L’ordre qui en émane suit de nouveaux principes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’écrivain Thomas Clerc revient sur la polémique autour de la scultpure monumentale que Jeff Koons souhaite offrir à Paris.
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« Plantons le bouquet de tulipes de Koons à la Chapelle »

Dans une tribune au « Monde », l’écrivain Thomas Clerc revient sur la polémique autour de la scultpure monumentale que Jeff Koons souhaite offrir à Paris.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 10h45
    |

                            Thomas Clerc (Ecrivain)








                        



                                


                            
Tribune. Les détracteurs de Jeff Koons se trompent, ses partisans aussi : dans cette nouvelle querelle des Anciens et des Modernes la véritable question n’est pas de savoir s’il faut accepter ou refuser l’œuvre « offerte » mais prendre en compte qu’il s’agit d’une sculpture. « Timeo danaos et dona ferentes » (« Je crains les Grecs, surtout lorsqu’ils offrent un cadeau »), lit-on dans l’Enéide de Virgile. Profitons de ce présent empoisonné pour élaborer une théorie de l’art et trouver une solution au subtil problème que nous pose Jeff Koons.
Les détracteurs de Koons se réunissent sous la double bannière des réactionnaires de droite et de gauche. Les premiers sont hostiles à l’art contemporain par principe (selon leur conception périmée de la Beauté, fustigée par Baudelaire en 1863). Essentialistes, ils refusent Koons comme ils refusèrent la tour Eiffel. Les réactionnaires de gauche, représentés par la première tribune publiée dans Libération (22 janvier), devraient être plus éclairés mais ils exècrent en Koons la figure de l’artiste néolibéral corrompu par le marché, qu’il reflète et qui l’encense.
Une scultpure pensée sans son environnement
Dans les deux cas, ces critiques abordent l’art (ou la littérature) par une mauvaise voie, qui est celle de l’idéologie — je me tue à le dire depuis trente ans — au lieu de l’aborder par l’esthétique, c’est-à-dire ce qui fait qu’un artiste est d’abord un artiste (là où réside son scandale). De l’œuvre de Koons, ces gens-là n’ont rien à dire parce que l’art ne les intéresse pas : les vieux réacs ne jurent que par les « valeurs », les gauchistes par un purisme anti-économiste.

Même s’il n’est pas un grand artiste (mais que sont les « grands artistes » devenus ?) et qu’il représente un certain type de créateur efficace pour lequel on ne peut avoir qu’une estime relative, Jeff Koons, en dépit de sa personnalité de savonnette, est un bon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Editorial. La décision de la Russie de ne pas opposer de veto à la résolution du conseil de sécurité de l’ONU exigeant un cessez-le-feu « sans délai » marque une certaine inflexion de Moscou sur le dossier syrien.
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Vladimir Poutine et l’enfer syrien

Editorial. La décision de la Russie de ne pas opposer de veto à la résolution du conseil de sécurité de l’ONU exigeant un cessez-le-feu « sans délai » marque une certaine inflexion de Moscou sur le dossier syrien.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 11h49
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 15h13
   





                        


Editorial du « Monde » Que peut l’ONU contre « l’enfer sur terre » ? L’expression est de son secrétaire général, Antonio Guterres ; elle désigne la situation des 300 000 à 400 000 civils piégés sous les bombes dans les immeubles en ruine de la Ghouta orientale, aux abords de Damas. Première zone à se rebeller contre la dictature de Bachar Al-Assad en 2011, la Ghouta orientale est aujourd’hui l’une des rares poches de résistance que le régime syrien, appuyé par la Russie et l’Iran, n’ait pas encore vaincues. Cible d’attaques chimiques en 2013, pilonnée sans relâche, elle connaît aujourd’hui, avec le Yémen, la pire situation humanitaire de la planète. Des enfants y meurent tous les jours, les hôpitaux y sont systématiquement bombardés. En droit international, cela s’appelle des crimes de guerre.

        Lire aussi :
         

                En Syrie, un cessez-le-feu sans illusions



Alors, que peut l’ONU ? Produire une résolution du Conseil de sécurité, pour commencer. La résolution 2401, adoptée samedi 24 février à l’issue de pénibles tractations qui ont permis d’éviter un douzième veto russe depuis le début de la guerre, exige une cessation des hostilités « sans délai » sur l’ensemble du territoire syrien, pendant un mois, pour permettre aux organisations humanitaires de venir en aide à la population. Le texte est évidemment piégé par les limites qui ont permis à ses négociateurs d’obtenir l’unanimité au Conseil de sécurité : des exceptions au cessez-le-feu sont prévues pour les combats contre l’organisation Etat islamique (EI), Al-Qaida et le Front Al-Nosra. A la demande de Moscou, elles intègrent aussi « d’autres individus, groupes, entités, associés avec Al-Qaida et l’EI, ainsi que d’autres groupes terroristes désignés par le Conseil de sécurité ».
Ces exceptions ont immédiatement été mises en avant par Moscou, ainsi que par Ankara, dont les troupes sont engagées dans la région d’Afrin, dans le nord de la Syrie. Lundi 26 février au matin, aucune trêve n’était observée ; selon notre correspondant à Beyrouth, cependant, les bombardements aériens sur la Ghouta orientale avaient baissé d’intensité et fait place à des affrontements au sol.
Trump aux abonnés absents
La balle est maintenant dans le camp du président Vladimir Poutine. La décision de la Russie de ne plus opposer son veto pourrait indiquer une volonté de Moscou de participer à la recherche d’une solution concertée à ce conflit vieux de sept ans, qui a fait des centaines de milliers de morts et provoqué le déplacement de la moitié de la population syrienne. Moscou, après avoir changé le cours de la guerre en Syrie en y intervenant militairement en 2015, peine à trouver la porte de sortie. La Russie a sauvé Assad au moment où son régime s’effondrait, elle l’a protégé contre les accusations sur l’usage d’armes chimiques, elle a encore limité les dégâts lorsque, tout récemment, la tension est montée entre l’Iran et Israël en Syrie.
En s’y impliquant aussi profondément, le président Poutine a fait de la Syrie « sa » guerre. Dans ce conflit devenu le théâtre des rivalités des grandes puissances et des puissances régionales, le chef du Kremlin ne peut guère compter sur les Etats-Unis pour l’aider à négocier une solution : le président Donald Trump est aux abonnés absents. C’est dans ce contexte que la France et l’Allemagne tentent à présent de peser auprès de la Russie, et que le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, se rend à Moscou mardi. Bonne chance, monsieur le Ministre.

        Lire aussi :
         

                Syrie : Poutine, Macron et Merkel ont prôné la « poursuite des efforts communs » pour la mise en place de la trêve






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Longtemps prisonnière du conflit israélo-palestinien, la diplomatie indienne avance aujourd’hui ses pions dans la région en privilégiant les relations bilatérales dans un souci constant de neutralité, analyse le correspondant du « Monde » à New-Delhi.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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L’Inde accélère son rapprochement avec le Moyen-Orient

Longtemps prisonnière du conflit israélo-palestinien, la diplomatie indienne avance aujourd’hui ses pions dans la région en privilégiant les relations bilatérales dans un souci constant de neutralité, analyse le correspondant du « Monde » à New-Delhi.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 10h21
    |

            Julien Bouissou (New Delhi, correspondant régional)








                        



                                


                            

Analyse. Après avoir longtemps regardé vers l’Asie, New Delhi se tourne vers le Moyen-Orient. Après la visite en Inde du premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, au début de l’année, le premier ministre indien, Narendra Modi, s’est rendu à la mi-février à Oman, aux Emirats arabes unis et en Palestine. Puis il a reçu le président iranien, Hassan Rohani, pour une visite d’Etat, du 15 au 17 février.
La coopération entre l’Inde et Israël se révèle très prometteuse dans trois domaines : l’eau, l’agriculture et la défense
« L’Inde est engagée au Moyen-Orient comme jamais au cours des dernières décennies », déclarait, en janvier, l’ancien secrétaire aux affaires étrangères Subrahmanyam Jaishankar. Cet « engagement » est avant tout économique et stratégique. Il s’agit pour l’Inde de sécuriser ses approvisionnements énergétiques, de mieux protéger ses huit à neuf millions de migrants qui travaillent dans les pays du Golfe, et de sortir de l’encerclement chinois dans la région.
La diplomatie de New Delhi au Moyen-Orient a longtemps été prisonnière du conflit israélo-palestinien. L’Inde, qui voyait la création de l’Etat d’Israël comme un nouvel avatar de l’impérialisme occidental, ne l’a reconnu qu’en 1950, alors qu’elle fut le premier pays non arabe à accueillir un bureau de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), en 1975.
Mais, depuis que le conflit israélo-palestinien ne cristallise plus les tensions dans la région et que les relations entre les monarchies arabes sunnites et l’Etat hébreu se sont apaisées, l’Inde a accéléré son rapprochement avec ­Israël, commencé au début des années 2000. La coopération entre les deux pays se révèle très prometteuse dans trois domaines : l’eau, l’agriculture et la défense.
Partenaire-clé
Autre nouveau partenaire dans la région : l’Arabie saoudite. Depuis son élection en 2014, M. Modi s’est rendu à deux reprises à Riyad pour approfondir les relations avec un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », trois sociologues considèrent que la loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants (ORE) pourrait entretenir la discrimination contre les femmes notamment par le biais des « attendus » affichés sur la plate-forme « Parcoursup ».
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Orientation : « La nouvelle loi risque de renforcer les différences entre filles et garçons »

Dans une tribune au « Monde », trois sociologues considèrent que la loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants (ORE) pourrait entretenir la discrimination contre les femmes notamment par le biais des « attendus » affichés sur la plate-forme « Parcoursup ».



Le Monde
 |    26.02.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 13h44
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Alors que la loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants (ORE) votée le 15 février dernier entend « rétablir l’égalité des chances », tout laisse à penser qu’elle entraînera au contraire une hausse des inégalités d’accès à l’enseignement supérieur, et notamment des inégalités filles-garçons.

Quasi absentes de l’enseignement supérieur au début du XXe siècle, les filles représentent aujourd’hui près de 60 % des étudiants dans les universités, mais sont toujours moins nombreuses à intégrer certaines filières sélectives comme les classes préparatoires (42,6 %) et, surtout, les grandes écoles scientifiques (22,2 %). L’enseignement supérieur apparaît plus généralement largement divisé entre des filières « masculinisées » (essentiellement en sciences et techniques) et des filières « féminisées », comme les formations paramédicales et sociales (85 % de filles) ou les licences en lettres et sciences humaines (70 %).
Perpétuation de certains stéréotypes de genre
Ces différences d’orientations reflètent les rôles attribués aux hommes et aux femmes dans la société, ainsi que la socialisation genrée qui, dès le plus jeune âge, contribue à valoriser des compétences différentes chez les filles et les garçons. L’institution scolaire participe elle-même à la perpétuation de certains stéréotypes de genre, comme le montre une enquête récente : à appétences équivalentes pour les matières scientifiques et à notes égales à celles des garçons, les filles sont toujours moins orientées que ces derniers vers la filière scientifique du bac.

Or la loi ORE risque d’entretenir, voire de renforcer, cette différenciation sexuée des orientations, par le biais des « attendus » désormais affichés sur la plate-forme « Parcoursup » pour chaque formation universitaire. En effet, ces attendus se fondent largement sur des compétences supposées déjà acquises par les candidats, qui renvoient à des dispositions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dans sa chronique, Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde », estime qu’une réduction du chômage de masse nécessite une réforme profonde de la formation professionnelle.
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« Pour s’attaquer au chômage de masse, il faut réformer la formation professionnelle »

Dans sa chronique, Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde », estime qu’une réduction du chômage de masse nécessite une réforme profonde de la formation professionnelle.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 06h50
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 18h54
    |

            Stéphane Lauer








                        



                                


                            
Chronique. Laurent Wauquiez a raison. Ce qui se dit « sur un plateau médiatique » peut parfois tenir du « bullshit », des foutaises en langage châtié, comme l’a affirmé le patron des Républicains (LR) lors de son fameux « cours » devant les élèves de l’Ecole de management de Lyon, dont des extraits ont fuité dans la presse.
Gilles Platret, le porte-parole de son parti, en a donné une illustration pathétique quelques jours après sur une radio. Croyant fustiger le travail des journalistes à l’origine de la diffusion de l’enregistrement, il a taxé celui-ci d’« exercice au niveau CAP d’ajusteur-monteur ».

Cette polémique a au moins le mérite de concrétiser à travers ce mot malheureux, péjoratif et dévalorisant pour une formation professionnalisante, tout le mépris d’une partie de l’élite politique pour les filières d’enseignement technique.
Ce dédain, rarement verbalisé, mais largement répandu dans les esprits, en dit long sur la façon dont nous tenons en considération la formation professionnelle et qui explique en partie pourquoi la France s’accommode d’un taux de chômage structurel bien plus élevé que ce qui est supportable dans les autres pays développés. Quand l’Allemagne compte 3,6 % de sans-emploi, le Royaume-Uni 4,3 %, les Etats-Unis 4,1 %, la France affiche un taux de chômage à 8,9 % de la population active.
« Une véritable anomalie »
On peut prendre le problème dans tous les sens, souligner que des millions d’Américains, découragés de ne pas trouver un emploi, se sont retirés du marché du travail et disparaissent ainsi des statistiques, remarquer que les Allemands et les Britanniques ont décidé de flexibiliser leur système au prix d’une précarisation de l’emploi, on est forcé de constater que la France assume une certaine « préférence pour le chômage », comme l’avait dénoncé avec justesse Denis Olivennes dans une note pour la Fondation Saint-Simon en 1994.
En trente ans, le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », observe que Gérald Darmanin, visé par une affaire, a du mal à mener la bataille de l’exécutif sur ce dossier.
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« Mais où est donc passé Gérald Darmanin, le ministre du pouvoir d’achat ? »

Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », observe que Gérald Darmanin, visé par une affaire, a du mal à mener la bataille de l’exécutif sur ce dossier.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 06h49
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 10h27
    |

            Françoise Fressoz








                        



                                


                            
Chronique. On allait voir ce qu’on allait voir ! Le ministre du pouvoir d’achat, c’était lui, Gérald Darmanin, chargé des comptes publics. « N’écoutez pas les démagogues et les prophètes de malheur », lançait-il fin août au micro d’Europe 1. « Le budget 2018 va protéger les plus populaires », assurait alors l’élu de Tourcoing (Nord), choisi par Emmanuel Macron pour porter la politique fiscale du quinquennat parce qu’il « cochait » toutes les cases : d’origine modeste, venu de la droite sociale et populaire, il était assurément le mieux à même d’incarner le « travailler plus pour gagner plus » qui avait naguère fait le succès de Nicolas Sarkozy.

Mauvaises surprises
Mais en janvier, les mesures fiscales sont entrées en application et rien ne s’est passé comme l’avait pronostiqué le « M. Pouvoir d’achat » du gouvernement. Certes, les salariés ont un peu gagné au transfert progressif des cotisations sociales vers la contribution sociale généralisée (CSG), mais les retraités, eux, ont perdu au change : 60 % ont été affectés par la hausse de la CSG sans autre consolation que de voir leur taxe d’habitation s’alléger, puis disparaître, mais progressivement d’ici à la fin du quinquennat et sans que l’on sache encore par quoi elle sera remplacée. Et comme à chaque fois, ce sont les mécontents qui se sont fait entendre, pas ceux qui avaient un peu gagné.
D’autant que d’autres mauvaises surprises ont accompagné ce budget censé « protéger les plus populaires » : la hausse du prix du gazole (+ 7,6 centimes d’euro par litre) notamment ou encore celle du tabac prévue le 1er mars (près d’un euro supplémentaire le paquet). Cela a suffi aux opposants de tous bords, Parti socialiste, Front national et surtout Les Républicains pour orchestrer une vigoureuse campagne de défense du pouvoir d’achat face à un ministre aux abonnés absents.
Muet du sérail
Mais où était donc passé Gérald Darmanin ? Qu’avait-il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Au pouvoir à trois reprises depuis 1958, rappelle Louis Maurin, le directeur de l’Observatoire des inégalités, le PS n’a fait, selon lui, que « retourner sa veste en matière de politique fiscale, se privant des moyens pour moderniser la France ».
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Inégalités en France : la responsabilité de la gauche

Au pouvoir à trois reprises depuis 1958, rappelle Louis Maurin, le directeur de l’Observatoire des inégalités, le PS n’a fait, selon lui, que « retourner sa veste en matière de politique fiscale, se privant des moyens pour moderniser la France ».



Le Monde
 |    26.02.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 10h45
    |

                            Louis Maurin (directeur de l’Observatoire des inégalités)








                        



                                


                            

Tribune. Tout en dénonçant les inégalités, une grande partie des élites de gauche s’intéresse surtout à l’école de ses enfants, à ses loisirs ou à son environnement. Le sort des ouvriers ou des caissières n’est pas vraiment son problème. Elle célèbre la « mixité » tant qu’elle s’applique aux autres catégories et n’envahit pas ses quartiers. Le débat sur les inégalités en France est marqué par une profonde hypocrisie. Elle ne vient pas des conservateurs qui estiment que la liberté prime sur tout mais des progressistes qui affirment que, sans l’égalité, la liberté ne peut se construire. Il faut essayer d’en comprendre les raisons.
Pour défendre leurs privilèges, ces bourgeois culturels utilisent plusieurs artifices. Ils mettent en avant les inégalités qui ne bousculent pas leur pouvoir : écarts entre les sexes, les générations, les inégalités territoriales et les discriminations. Ces « nouvelles inégalités » font paravent aux inégalités entre groupes sociaux. Ensuite, ils jouent les victimes. Si précarité, déclassement, mauvaises conditions de travail et chômage touchent tout le monde, ils ne touchent plus personne en particulier. Ils dénoncent les « vrais » riches, qui se situent toujours un cran au-dessus d’eux : cette poignée d’ultra-fortunés capitalistes qui maîtrisent le monde. Enfin, une part croissante de ces privilégiés est sensible aux discours xénophobes sur l’incompatibilité culturelle d’une partie des immigrés.

Dénoncer l’hypocrisie n’empêche pas d’essayer d’en comprendre les ressorts profonds. L’embourgeoisement des organisations qui représentaient les catégories populaires est la première explication qui vient à l’esprit. Les associations, les instances dirigeantes des syndicats et les partis politiques sont de plus en plus des regroupements de diplômés. Mais cette explication idéalise le bon vieux temps de la politique, alors que les instances dirigeantes des partis n’ont jamais été très représentatives....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ La femme et deux des trois enfants de Ghyslain Wattrelos étaient à bord du vol de la Malaysia Airlines qui a disparu des radars début mars 2014.
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Disparition du Vol MH370 : le cri de colère d’un père

La femme et deux des trois enfants de Ghyslain Wattrelos étaient à bord du vol de la Malaysia Airlines qui a disparu des radars début mars 2014.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 10h05
    |

            Florence de Changy (Hongkong, correspondance)








                        



   


Livre. « On a commencé par le début, il m’a raconté, j’ai enregistré puis retranscris, c’est son récit à lui », explique Gaëlle Legenne, journaliste au service Actualités de Paris-Match qui a mis en forme le témoignage de Ghyslain Wattrelos, dans Vol MH370, une vie détournée, cet homme d’affaire et père de famille français, qui a perdu sa femme et deux de ses trois enfants dans le vol MH370. Le Boeing 777 de Malaysia Airlines qui effectuait la liaison Kuala Lumpur-Pékin a disparu des écrans radars au-dessus du Golfe de Thaïlande dans la nuit du 7 au 8 mars 2014 avec 239 personnes à bord, parmi lesquels se trouvaient quatre citoyens français, les trois membres de la famille Wattrelos ainsi que la petite amie franco-chinoise du fils, qui voyageait avec eux.
L’histoire d’un cauchemar de quatre ans raconté avec les tripes, par un homme solide, intelligent et bien élevé, mais écorché vif
Ce livre est donc l’histoire d’un cauchemar de quatre ans raconté avec les tripes, par un homme solide, intelligent et bien élevé, mais écorché vif et totalement révolté par l’ineptie et l’injustice de ce qui lui arrive.
Le récit débute avec le message du consul de France à l’aéroport de Pékin : « Il est arrivé quelque chose à ta famille. » Cette annonce « coup de poignard bien sec et lame de fond à la fois » l’engloutit. Et sa vie devient un roulé-boulé émotionnel. Régulièrement, un hôte sadique s’invite dans sa tête. C’est l’espoir ou le faux espoir, toujours suivi de son valet, le désespoir. Première crise aiguë d’espoir quatre jours après la perte de l’appareil, quand le Wall Street Journal annonce que l’avion aurait « continué de voler pendant plusieurs heures ».
Une guerre d’usure, mentale et morale
Si l’avion a été détourné, on va les retrouver. Les bruits dans la maison reviennent, le piano et la batterie, les rires, les cris. « C’est dangereux l’espoir. Je m’y engouffre », écrit-il. Chaque soir, il leur envoie des SMS. « Je vous attends, où êtes-vous ? » En apparence, il donne plus ou moins le change mais intérieurement, il s’enferme et sombre dans un cercle vicieux d’insomnies, d’accablement et de désarroi.

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                Un an après, l’improbable disparition du MH370



Dix jours plus tard, de retour au bureau à Paris, c’est une vague de colère froide qui le submerge quand il reçoit un SMS de Malaysia Airlines qui a le « profond regret d’annoncer que, selon toute vraisemblance, le vol MH370 a été perdu et qu’aucun de ses occupants n’a survécu ». « En pleine réunion, je lis que l’avion est tombé à l’eau et que mes enfants ont péri dans l’océan. Je suis calme. C’est le calme de la colère. Le monde s’écroule. Ils viennent de mourir une seconde fois. » Cette fois, c’est un électrochoc. Il déclare la guerre à cette histoire absurde ou plutôt à l’absurdité de cette histoire. Mais cela va devenir une guerre de tranchées. Une guerre d’usure, mentale et morale. Et tout vaillant que soit le soldat, il connaît de nouveau ses heures de doutes. « Je mange. Trop. Je bois », dit-il alors. Puis, il se ressaisit, il le leur doit, et il le doit à son fils aîné, Alexandre, sa dernière raison de vivre.
En janvier 2015, Malaysia Airlines l’appelle et lui donne consigne « d’allumer CNN ». Enorme émotion, précipitation vers la télévision qui annonce que « le vol MH370 a été victime d’un accident ». L’espoir est comme une drogue à laquelle il faudrait avoir renoncé depuis longtemps…
Ces quatre années de survie et d’enquête sont rythmées par de nombreuses rencontres. Certaines sont désastreuses
Dans sa quête de vérité, il remue ciel et terre. Il écrit au pape et à Barack Obama. On lui doit des explications. Pourtant, Laurent Fabius, alors ministre des affaires étrangères, lui promet « ne rien savoir de plus que [lui] », ce que lui rediront plus tard le président de la République et le chef des services secrets français.
Ces quatre années de survie et d’enquête sont rythmées par de nombreuses rencontres. Certaines sont désastreuses. Elles déçoivent, blessent, ou découragent, comme cet échange surréaliste avec un jeune prêtre qui au lieu d’écouter le père et le fils affligés par leur triple perte, les sermonne et leur parle de ses soucis. Ratée aussi la première rencontre avec un grand psychiatre parisien qui s’endort pendant l’entretien… Exit le curé, exit le psy, et tous les fous plus ou moins bien intentionnés qui lui écrivent en lui jurant qu’ils savent où est l’avion. On lui propose aussi la vidéo de l’avion en train d’atterrir, pour 1 million de dollars.
Les familles malmenées, voire maltraitées
L’homme blessé a peu de patience. Mais il croise aussi la route de beaucoup de gens bien et ce livre leur rend hommage ; à commencer par le docteur Christophe Schmit, conseiller médical du centre de gestion des crises du Quai d’Orsay. « J’ai oublié beaucoup de choses de ces premières semaines, mais le docteur Schmit je m’en souviens. Cet homme m’a aidé », déclare Ghyslain Wattrelos. Il cite aussi « un moment de pur bonheur », qu’il doit à sœur Catherine, une religieuse as du volant, journaliste de Radio Vatican rencontrée à Rome, avec qui il aurait voulu que « l’interview ne s’arrête jamais ».
Restent les amis, les vrais. Il a la chance d’être bien entouré. « Leur patience infinie, leurs paroles indulgentes réamorcent mon indulgence. Ils sont ma boussole. » Avec les médias, il entretient des relations ambiguës. Attrait, méfiance, frustration. Ce sont des alliés complexes dans son combat. Sa douleur est terriblement télégénique…

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                Disparition du vol MH370 : les recherches sous-marines sont suspendues



Le lecteur curieux de savoir où en est l’enquête sur cet incroyable « mystère » ne trouvera pas de révélations dans Une vie détournée, au mieux quelques indices, comme l’information lâchée par cet ami dont il connaît par ailleurs la puissance du réseau qui lui dit dès les premiers jours : « Il y avait deux Awacs [système de détection et de commandement aéroporté] américains sur zone. Les Américains savent ce qui s’est passé. C’est tout ce que je peux te dire. »
Si le livre expose à quel point les familles de ce drame ont été malmenées, voire maltraitées par les autorités, c’est avant tout un cri, un cri lancé par un homme en colère confronté à une réalité inacceptable, à une douleur indicible, un cri lancé contre l’oubli avec l’espoir de connaître un jour la vérité sur cette sombre affaire.
Vol MH370, une vie détournée, Ghyslain Wattrelos avec Gaëlle Legenne, Flammarion, 350 pages, 19,90 euros



                            


                        

                        

