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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ La réserve mondiale de semences du Svalbard, sorte d’arche de Noé végétale, a franchi le million d’échantillons de graines en stock à l’occasion de son 10e anniversaire.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Avec plus de 6 milliards d’euros de ventes à l’étranger, l’Allemagne est devenue le cinquième exportateur mondial d’armes. Ces chiffres suscitent l’émoi, outre-Rhin, au regard de l’histoire du pays.
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L’embarrassant succès des armes made in Germany

Avec plus de 6 milliards d’euros de ventes à l’étranger, l’Allemagne est devenue le cinquième exportateur mondial d’armes. Ces chiffres suscitent l’émoi, outre-Rhin, au regard de l’histoire du pays.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 13h04
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 15h47
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

L’affaire ne pouvait pas tomber plus mal. Le 21 janvier, une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre des chars, conduits par l’armée turque, lancer une offensive dans la zone d’Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie, contre la milice kurde YPG, alliée des Etats-Unis. L’intervention en elle-même est déjà explosive, mais voilà que des experts allemands identifient en plus les engins : il s’agit de chars Leopard 2, grand succès d’exportation d’armement made in Germany. Ces chars, fabriqués par le groupe bavarois Krauss-Maffei Wegmann (KMW), ont été exportés depuis 2005 vers la Turquie. Celle-ci en possède aujourd’hui 354.
Les milieux pacifistes allemands – les Verts, la gauche radicale, les jeunes sociaux-démocrates – protestent. Berlin ne prétend-il pas officiellement appliquer une politique de contrôle ultrarestrictive de ses exportations d’armement ? Le Parti social-démocrate (SPD), n’a-t-il pas affirmé, au moment de participer au gouvernement de coalition dirigé par Angela Merkel, en 2013, son intention de restreindre fortement les ventes d’armes, a fortiori dans les zones de crise ? Le héraut de cette doctrine était alors Sigmar Gabriel, ancien ministre de l’économie… et actuel chef de la diplomatie allemande.
Cette polémique survient alors que le SPD est en négociations délicates avec les conservateurs pour former une nouvelle « grande » coalition gouvernementale, très critiquée par l’aile gauche du parti et par les jeunes. Le débat s’enflamme. A tel point que M. Gabriel annonce, fin janvier, le gel immédiat d’une opération de modernisation des chars Leopard, par le groupe Rheinmetall, qui avait été promise à Ankara.
Contradictions
L’épisode résume les contradictions allemandes en matière d’armement. Bien que le pays soit un leadeur mondial des matériels de défense, il assume très mal ses performances à l’export, condamnées par de larges pans de la population.
Les chars...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a fait monter sur scène une petite fille habillée en tenue militaire lors d’un discours à Kahramanmaras, le 24 février, dans le sud du pays.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le gouvernement a minimisé la portée de cette décision, affirmant que les interdictions de circulation restaient « évitables ».
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Allemagne : la justice ouvre la voie aux interdictions des vieux véhicules diesel en ville

Le gouvernement a minimisé la portée de cette décision, affirmant que les interdictions de circulation restaient « évitables ».



Le Monde
 |    27.02.2018 à 12h35
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 17h31
   





                        



   


C’est une décision qui réjouit les associations de protection de l’environnement, plonge des millions d’automobilistes dans l’incertitude, fragilise les puissants constructeurs du pays et embarrasse les autorités allemandes. Le tribunal administratif fédéral de Leipzig a jugé, mardi 27 février, que les grandes villes avaient le droit d’interdire la circulation des voitures diesel polluantes, un jugement qui pourrait concerner 12 millions de véhicules dans le pays.
Les juges de Leipzig avaient été saisis par les autorités du Bade-Wurtemberg et de la Rhénanie du Nord-Westphalie, deux Länder où l’industrie automobile est très présente, contre des interdictions imposées par des juridictions locales aux villes de Stuttgart et Düsseldorf.
Que dit l’arrêt de la Cour administrative ?
La Cour administrative fédérale, installée à Leipzig, a confirmé deux décisions de justice contraignant les autorités régionales à interdire les véhicules diesel les plus anciens à Stuttgart et Düsseldorf pour assainir l’air.
Dans le détail, l’arrêt très attendu de la Cour prévoit des délais d’application, des exceptions pour les artisans et une mise en place progressive de telles interdictions. Ainsi, à Stuttgart, elles ne pourront pas entrer en vigueur avant septembre 2019 pour les voitures diesel de norme Euro 5, commercialisées jusqu’en 2015.
Mais les magistrats balaient nettement l’argument des Etats-régions concernés, qui affirmaient ne pas pouvoir agir sans loi nationale : ils lèvent ainsi l’obstacle planant sur de telles mesures dans d’autres villes tout aussi polluées.
Une victoire pour les écologistes
« C’est un grand jour pour l’air pur », s’est réjoui mardi Jürgen Resch, le chef de l’association de protection de l’environnement Deutsche Umwelthilfe (DUH). Celle-ci était à l’origine des interdictions de circulation des véhicules non conformes aux dernières normes les jours de forte pollution, ordonnées par des tribunaux locaux de Stuttgart et Düsseldorf.
Une décision que contestaient les constructeurs automobiles : une interdiction totale pourrait entraîner une décote sur le marché de l’occasion et une hausse du coût des contrats de location, qui sont indexés sur la valeur résiduelle des véhicules.
Pour lancer cette procédure, l’association DUH s’était appuyée sur le fait que les niveaux de particules enregistrés à Stuttgart et Düsseldorf n’étaient pas conformes aux normes européennes d’émissions d’oxyde d’azote (NOx). Les véhicules roulant au gazole sont considérés comme majoritairement responsables de la pollution aux oxydes d’azote, qui favorisent les maladies respiratoires et cardiovasculaires.
« La voie est enfin libre pour protéger la santé des gens », s’est aussi félicité mardi Niklas Schinerl, porte-parole de Greenpeace. « Chaque ville peut désormais défendre le droit de ses citoyens à un air pur ».
L’an dernier, quelque 70 villes allemandes présentaient encore des taux de dioxyde d’azote supérieurs au seuil annuel moyen de 40 microgrammes/m3 édicté par l’Union européenne, d’après l’Office fédéral de l’environnement. Munich, Stuttgart et Cologne sont les plus touchées.

   


L’embarras de Berlin
Soucieux depuis des mois d’éviter de telles interdictions de véhicules, politiquement très impopulaires et lourdes de conséquences pour les puissants constructeurs automobiles allemands, le gouvernement s’est efforcé mardi de minimiser la portée de l’arrêt de la Cour administrative fédérale.
La chancelière Angela Merkel a rappelé que la décision ne visait pas « tout le territoire » ni « tous les automobilistes », tandis que sa ministre de l’environnement, Barbara Hendricks, a jugé que les interdictions de circulation restaient « évitables ».
« Mon objectif reste d’éviter que de telles interdictions de circulation entrent en vigueur », a-t-elle déclaré. « Les Etats-régions, les communes et l’Etat fédéral » disposent « de nombreux instruments » pour améliorer la qualité de l’air, a-t-elle ajouté.
« Nous allons discuter de ce que nous pouvons faire », a renchéri son homologue aux transports, le conservateur Christian Schmidt. Selon lui, le nouveau gouvernement en gestation va affiner « dans les deux semaines » sa politique en la matière.
Outre la justice allemande, Berlin est sous la pression directe de la Commission européenne, qui menace l’Allemagne de poursuites si elle ne lutte pas plus vigoureusement contre la pollution.

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                Les particules ultrafines, la pollution cachée des véhicules diesel



Pression accrue sur les constructeurs automobiles
Cette décision de la justice allemande accroît la pression sur l’industrie automobile, sommée de rendre les véhicules diesel plus propres. « Les villes ne veulent pas d’interdictions de circulation », a rappelé Markus Lewe, président de la Fédération des communes allemandes (Städtetag), en exhortant les constructeurs automobiles à faire davantage.
Les constructeurs tels que Volkswagen, Daimler et BMW ont mis en place, dans le sillage du scandale des moteurs truqués de VW, des primes à l’achat de véhicules plus propres et entamé une mise à jour logicielle de millions de véhicules roulant au diesel pour en réduire les émissions polluantes. Une initiative qui n’est toutefois possible que sur les véhicules équipés de systèmes de gestion s’appuyant sur des logiciels. Associations de protection de l’environnement et communes appellent désormais les constructeurs à aller plus loin en acceptant de modifier en profondeur le système de filtration des gaz d’échappement.
Quelque 15 millions de véhicules diesel circulent en Allemagne, premier marché automobile d’Europe, et seulement 2,7 millions d’entre eux seraient équipés de la dernière technologie Euro 6 en date.
A la Bourse de Francfort, Volkswagen, numéro un européen du secteur automobile, perdait près de 1,8 % à la mi-journée. Au même moment, BMW cédait 0,91 % ; à Paris, Renault abandonnait 0,4 % et PSA réduisait ses gains à 0,19 %.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Editorial. Alors que la campagne des élections législatives en Italie a été marquée par la poussée de partis eurosceptiques, les résultats incertains du scrutin du 4 mars représentent une nouvelle menace pour la cohésion de l’Union européenne.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Europe : la menace italienne

Editorial. Alors que la campagne des élections législatives en Italie a été marquée par la poussée de partis eurosceptiques, les résultats incertains du scrutin du 4 mars représentent une nouvelle menace pour la cohésion de l’Union européenne.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 12h00
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Entre une Allemagne qui se cherche et une Grande-Bretagne qui s’en va, la dernière chose dont l’Europe a besoin est une Italie qui se brouille. Les élections législatives organisées dimanche 4 mars dans la Péninsule, et dont les résultats s’annoncent particulièrement incertains, représentent pourtant une nouvelle menace pour la cohésion de l’Union européenne.
Dans ce pays cofondateur du projet européen, longtemps l’un des plus euroenthousiastes, cette campagne électorale a été marquée par la poussée de partis eurosceptiques de tous bords. Certes, en fin de course, la Ligue du Nord, d’extrême droite, comme le populiste Mouvement 5 étoiles ont modéré leurs critiques contre Bruxelles et renoncé à évoquer une sortie de l’euro. Certains analystes ne voient cependant dans cette prudence tardive qu’un virage tactique, encouragé par la perspective d’une victoire prochaine.

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Le scénario le plus favorable à l’intégration de l’Italie dans l’UE, celui d’une grande coalition rassemblant le centre gauche autour de Matteo Renzi et le centre droit autour de Silvio Berlusconi, semble chaque jour plus improbable. Le scénario catastrophe vu de Bruxelles serait celui d’une coalition de droite dans laquelle la Ligue du Nord de Matteo Salvini aurait pris le dessus sur la droite berlusconienne.
Comment l’Italie en est-elle arrivée là ? Il faut sans doute remonter à 2011 et à la démission, sous la pression conjointe des marchés et des partenaires européens, d’un Silvio Berlusconi discrédité. S’il est tout sauf étranger aux maux qui ont entraîné sa chute, « Il Cavaliere », revenu sur le devant de la scène à 81 ans à la faveur de cette singulière campagne, ne manque jamais de rappeler qu’à ses yeux ce qui s’est passé en 2011 était un coup d’Etat. Mario Monti, qui lui a succédé, a certes évité que le pays se trouve placé sous tutelle comme la Grèce et le Portugal, mais au prix de la mise en œuvre de recettes bruxelloises dont le coût social a été très mal vécu par les Italiens.
Tous les symptômes de la crise des démocraties occidentales
La solitude dans laquelle le pays a géré l’afflux de plus de 600 000 réfugiés depuis 2013 a achevé de mettre à mal l’attachement des Italiens à l’Europe. Le manque de solidarité européenne a porté un coup terrible à la popularité de la majorité de centre-gauche, successivement dirigée par Enrico Letta, Matteo Renzi et Paolo Gentiloni, qui s’est pourtant efforcée de respecter ses engagements vis-à-vis de Bruxelles. L’idée qu’avec l’Europe la loyauté et les efforts ne paient pas s’est ainsi installée dans l’opinion italienne.

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Aujourd’hui, aucun des partis en lice dans la troisième économie de la zone euro ne prône la poursuite des efforts de maîtrise des finances publiques. Sur le front économique, la campagne s’est résumée à une accumulation de promesses mirifiques, chiffrées en centaines de milliards d’euros, qui ne seront sans doute jamais tenues. Sur le front politique, l’Italie de 2018 présente à peu près tous les symptômes de la crise des démocraties occidentales : affaiblissement des partis politiques traditionnels, montée des extrêmes, vogue des candidatures antisystème, désaffection de l’électorat et taux d’abstention record. Avec, en prime, une spécificité locale : la percée de forces néofascistes, à l’occasion d’élections locales.
Le hasard du calendrier a voulu que le 4 mars soit aussi, en Allemagne, le jour du verdict du SPD sur le contrat de coalition avec la CDU. Espérons que l’Europe, ce jour-là, se remette en ordre de marche.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Au large de l’Ecosse, à la source du curling
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ La Cour de justice de l’Union européenne avait été saisie par un tribunal britannique, à qui il reviendra de trancher le dossier.
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Compte rendu

L’accord de pêche UE-Maroc n’est pas applicable au Sahara occidental, selon la justice européenne

La Cour de justice de l’Union européenne avait été saisie par un tribunal britannique, à qui il reviendra de trancher le dossier.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-02-27T11:45:58+01:00"

        Le 27.02.2018 à 11h45






    
Le port de Laayoune, au Sahara occidental, en 2005.
Crédits : ABDELHAK SENNA / AFP


L’accord de pêche conclu entre l’Union européenne (UE) et le Maroc n’est pas applicable aux eaux adjacentes de la région disputée du Sahara occidental, car il ne respecte pas le droit à l’autodétermination, a estimé, mardi 27 février, la Cour de justice de l’UE (CJUE). Selon la justice européenne, l’inclusion du territoire dans le champ d’application de l’accord de pêche « enfreindrait plusieurs règles du droit international, notamment le principe d’autodétermination ».

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La CJUE avait été saisie par un tribunal britannique à qui il reviendra de trancher le dossier, en conformité avec le jugement de la Cour. Cette décision fait écho à un précédent arrêt du 21 décembre 2016 par lequel la plus haute juridiction européenne avait ordonné que le Sahara occidental soit exclu de l’accord de libre-échange UE-Maroc. L’accord de pêche n’était toutefois pas inclus dans ce dossier.
La CJUE avait alors estimé qu’il fallait tenir compte du « statut séparé et distinct » du Sahara occidental reconnu par l’ONU. Cette décision avait suscité de vives tensions entre Bruxelles et Rabat, obligés de renégocier l’accord agricole. Ces négociations sont toujours en cours.
Droit à l’autodétermination
Dans ce dossier pêche, la Cour relève que le Maroc ne peut exercer sa souveraineté que « sur les eaux adjacentes de son territoire et relevant de sa mer territoriale ou de sa zone économique exclusive ». « La Cour juge donc que, compte tenu du fait que le territoire du Sahara occidental ne fait pas partie du territoire du royaume du Maroc, les eaux adjacentes du territoire du Sahara occidental ne relèvent pas de la zone de pêche marocaine visée par l’accord de pêche », précise un communiqué de la CJUE.

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                Le Front Polisario débouté en appel de sa demande d’annulation de l’accord agricole Maroc-UE



L’accord de partenariat dans le secteur de la pêche entre l’UE et le Maroc est entré en vigueur le 28 février 2007 et a été mis en œuvre par des protocoles successifs. Ils permettent à des navires de l’UE d’avoir accès à la zone de pêche du Maroc. Le dernier protocole est applicable jusqu’au 14 juillet 2018. Cet accord était contesté devant un tribunal britannique par la Western Sahara Campaign, une organisation indépendante qui promeut la reconnaissance du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui.


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Le Fidesz, le parti au pouvoir, a perdu une élection locale face à un candidat soutenu par la gauche et l’extrême droite, mais reste le favori des législatives du 8 avril.
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En Hongrie, Viktor Orban profite des divisions de ses opposants

Le Fidesz, le parti au pouvoir, a perdu une élection locale face à un candidat soutenu par la gauche et l’extrême droite, mais reste le favori des législatives du 8 avril.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 18h18
    |

                            Blaise Gauquelin (Budapest, envoyé spécial)








                        



                                


                            

La nouvelle a semblé suffisamment inquiétante à Viktor Orban pour qu’il se fende d’un entretien à un média critique et se plie à un exercice de contrition rarement observé en huit ans de pouvoir. Au micro du site d’information en ligne HVG, le premier ministre souverainiste hongrois a concédé que la défaite du candidat qu’il soutenait à une élection municipale, dans un bastion de sa formation, le Fidesz, dimanche 25 février, devait inciter ses soutiens à redoubler d’efforts, en vue des législatives du 8 avril.
Le résultat du scrutin, qui s’est déroulé dans la ville d’Hodmezovasarhely est une surprise, car il a prouvé qu’une opposition hétéroclite, mais unie, pouvait l’emporter largement contre le parti au pouvoir, alors que M. Orban brigue un troisième mandat.
Le candidat indépendant, soutenu à la fois par l’extrême droite du Jobbik, par la gauche et les libéraux, a gagné avec plus de 57 % des voix, alors que le Fidesz avait obtenu 61 % des voix en 2014, dans ce fief d’un homme fort du régime, Janos Lazar. Ceux qui sont contre Viktor Orban n’en restent pas moins divisés, au niveau national, en une kyrielle de formations très éloignées les unes des autres.
« 54 % des électeurs souhaitent un changement de gouvernement, affirme Andras Pulai, de l’institut de sondage Publicis. Le Fidesz est certes en tête avec 27 % des intentions de vote, mais la haine contre ce parti est très forte, et nos recherches prouvent que ceux qui s’opposent au Jobbik et au Fidesz souhaitent une opposition unie. Ils voteraient pour toute personnalité, quelle qu’elle soit, en mesure de battre Viktor Orban. » 
Amende faramineuse
La gauche et des libéraux sont répartis en une petite dizaine de chapelles concurrentes. « L’opposition n’a toujours pas digéré la débâcle de 2010, quand Viktor Orban a remporté les élections avec les deux tiers des suffrages, juge l’analyste politique Laszlo Keri. Ferenc Gyurcsany,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Alors que l’Etat français vient de s’opposer à la prise de contrôle de l’aéroport de Toulouse par le groupe Casil, l’éditorialiste du « Monde » Philippe Escande prévient que la réponse passera inévitablement par l’Europe.
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Des murets contre les « barbares » : les entreprises françaises face aux assauts chinois et américains

Alors que l’Etat français vient de s’opposer à la prise de contrôle de l’aéroport de Toulouse par le groupe Casil, l’éditorialiste du « Monde » Philippe Escande prévient que la réponse passera inévitablement par l’Europe.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 11h15
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. Selon la légende, c’est le premier empereur de Chine, Qin, qui édifia la première grande muraille au nord du fleuve Jaune, pour contenir les assauts des barbares du Nord. Durant plus de deux mille ans, chaque monarque de l’empire du Milieu a apporté sa pierre au plus grand édifice humain jamais construit. Cette obsession n’a pas empêché le pays d’être envahi à plusieurs reprises par les Mongols et les Mandchous.
A présent, les Chinois n’ont plus peur du Nord et foncent vers l’Ouest en ouvrant les nouvelles routes de la soie. Aux Européens de monter des remparts à la hâte. L’arme d’aujourd’hui est la finance. La protection sera donc légale. En refusant, lundi 26 février, de céder le contrôle de l’aéroport de Toulouse au groupe chinois Casil, l’Etat français a édifié en vitesse un petit muret, devant la colère des élus locaux. L’inquiétude monte quant aux ambitions en Europe des Chinois, dont les coups d’éclat se multiplient. Vendredi 23 février, on apprenait que constructeur chinois Geely, déjà propriétaire de Volvo, avait acquis près de 10 % du capital de Daimler, le plus prestigieux constructeur automobile allemand. En France, le gouvernement a décidé de renforcer son arsenal en étoffant notamment la liste des secteurs stratégiques pour lesquels son aval est obligatoire.

Razzia sur l’Europe
Les élus de Toulouse craignent que Casil, propriété du conglomérat public de la région du Shandong (nord-est de la Chine), ne siphonne la trésorerie de la société pour s’assurer des dividendes. Mais c’est aussi un test de la capacité de la France à résoudre un casse-tête pas uniquement chinois : comment financer ses entreprises sans perdre sa souveraineté. L’épargne longue française existe (l’assurance-vie…), mais elle irrigue insuffisamment le tissu entrepreneurial. Alors, quand l’argent manque au développement, les entreprises vont le chercher ailleurs. Et notamment en ce moment, en Chine ou au Etats-Unis. Car les barbares...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Depuis l’attaque de Macerata contre des migrants africains, les affrontements entre militants néofascistes et antifascistes se sont multipliés.
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En Italie, les extrêmes s’affrontent dans la rue

Depuis l’attaque de Macerata contre des migrants africains, les affrontements entre militants néofascistes et antifascistes se sont multipliés.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 11h14
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



   


Le ministère de l’intérieur italien craignait le pire, samedi 24 février, alors qu’une centaine de manifestations étaient organisées dans tout le pays, à une semaine des législatives. Finalement, la journée s’est déroulée sans incident majeur.
Le plus notable s’est déroulé à Milan, en marge d’un rassemblement organisé par le parti d’extrême droite CasaPound, lors duquel son chef de file pour les législatives du 4 mars, Simone Di Stefano, a pu tranquillement revendiquer sa filiation avec le régime fasciste et même la République sociale italienne de Salo (1943-1945), quand un groupe de militants antifascistes issus des centres sociaux de la ville a voulu forcer un cordon de policiers pour en découdre, sans succès.
« Un climat rappelant les années 1970 »
Depuis l’attaque de Macerata, samedi 3 février, dans laquelle un militant de la Ligue du Nord a ouvert le feu sur des migrants africains, blessant six d’entre eux, les affrontements impliquant des militants des groupes néofascistes CasaPound et Forza Nuova et des groupes antifascistes se sont multipliés.
A Naples et Turin, des heurts entre militants d’extrême gauche et policiers ont fait plusieurs blessés, tandis que les démonstrations de force des groupes d’extrême droite se répètent, nourrissant la peur, dans les prochains jours, de violences d’une autre échelle. « C’est un climat rappelant les années 1970, a affirmé le ministre italien des finances, Pier Carlo Padoan, dans un entretien à La Stampa. Les partis politiques sous-évaluent la gravité des violences urbaines. »

        Lire aussi :
         

                Elections italiennes : les trois coalitions en lice font campagne mais évitent l’affrontement






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Gauche, droite et Mouvement 5 étoiles ont d’abord cherché à mobiliser leur électorat, plutôt que convaincre les partisans de l’autre bord.
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Elections italiennes : les trois coalitions en lice font campagne mais évitent l’affrontement

Gauche, droite et Mouvement 5 étoiles ont d’abord cherché à mobiliser leur électorat, plutôt que convaincre les partisans de l’autre bord.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 14h41
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Samedi 24 février, à une semaine des législatives, c’était le temps des grands discours et des rassemblements solennels. Chacun avait décidé de jouer à domicile. Le Parti démocrate (PD) était rassemblé dans les rues de Rome, à l’appel de la puissante Association nationale des partisans, pour protester contre les violences néofascistes. Les leadeurs de la droite, eux, avaient choisi Milan pour le meeting commun censé couronner leur campagne législative. Las, ils ne sont pas parvenus à se mettre d’accord : le chef de file de la Ligue du Nord, Matteo Salvini, a harangué seul les foules depuis le parvis de la cathédrale, tandis que Silvio Berlusconi s’est exprimé le lendemain, depuis le théâtre Manzoni. Quant à Luigi Di Maio, figure de proue du Mouvement 5 étoiles (M5S), c’est depuis Bari (Pouilles) qu’il a cherché à mobiliser les électeurs du Sud.
Le retard du centre gauche
Le déroulement de ce dernier week-end avant les législatives du 4 mars apparaît comme un parfait résumé des deux mois de joutes électorales qui viennent de s’écouler, au cours desquels les trois coalitions en lice ont semblé mener trois campagnes parallèles, chacune cherchant plus à mobiliser « sa » clientèle qu’à convaincre les partisans de l’autre bord. Pas de débat contradictoire à la télévision, aucun affrontement direct entre les chefs de file des différentes formations… Gauche, droite et M5S semblent s’éviter soigneusement.
L’actuel secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Sandro Gozi, ne disait pas autre chose lorsqu’il confiait, il y a quelques jours, pour expliquer le retard du PD, crédité de 23 % des voix (27 % avec ses alliés) : « La droite a fait le plein de ses électeurs, et nous pas encore. Nous devons parler à notre électorat, les mobiliser. »

Cap, donc, sur les terres traditionnelles de la gauche, entre Toscane, Ombrie et Emilie-Romagne, là où le Parti communiste italien faisait, du temps de sa splendeur, des scores soviétiques. Ces...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’écrivain Patrice Franceschi considère que si l’Europe laisse faire le président Erdogan à Afrin, elle restera une cible du djihadisme.
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« Abandonner les Kurdes en Syrie favorisera la reconstitution des réseaux terroristes »

Dans une tribune au « Monde », l’écrivain Patrice Franceschi considère que si l’Europe laisse faire le président Erdogan à Afrin, elle restera une cible du djihadisme.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 09h58
    |

Patrice Franceschi (écrivain)







                        



                                


                            
Tribune. Il y a déjà plus d’un mois que l’armée turque, violant toutes les lois internationales, a envahi le nord de la Syrie pour attaquer les Kurdes de l’enclave d’Afrin et s’emparer de leur territoire. Afin de justifier son agression, le président turc Erdogan a prétendu que ces Kurdes menaçaient sa frontière sud et n’étaient que des terroristes parmi d’autres. Question propagande, Goebbels n’aurait pas fait mieux pour nous pousser à abandonner nos meilleurs alliés dans la région et à jouer contre nos intérêts. Mais peut-on vraiment oublier que les Kurdes nous ont aidés à vaincre l’organisation Etat islamique – notre ennemi commun, responsable des attentats en France – et que nos soldats ont combattu à leurs côtés pendant trois ans ? Erdogan insinuerait-il que la France serait coupable de complicité avec des terroristes ?
« Cela fait cinq ans que j’accompagne les Kurdes dans leur combat et je sais très bien de quel côté se trouvent les terroristes »
Depuis un mois, la propagande d’Ankara se déchaîne pour salir et décrédibiliser les Kurdes, relayée jusque chez nous par des lobbies pro-Turcs d’une puissance insoupçonnée. C’est contre cette désinformation généralisée, cette maladie des « fake news », que je veux m’élever. Cela fait cinq ans que j’accompagne les Kurdes dans leur combat et je sais très bien de quel côté se trouvent les terroristes et ce que représentait Afrin avant cette attaque : une région restée totalement à l’écart de la guerre. On ne peut pas me raconter d’histoire. Et si les Kurdes de Syrie sont des terroristes, alors, c’est à l’égal des résistants français que la Gestapo affublait du même vocable.
Tout ce que fait Erdogan est dicté par sa politique intérieure. Il y flatte aussi bien les islamistes radicaux que les ultranationalistes. A ce mélange détonnant, il a promis de régler très vite le sort de ces Kurdes qui les obsèdent tous par leur projet politique émancipateur, où la laïcité voisine avec l’égalité hommes-femmes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Livre. Dans son essai, Andreï Gratchev, ancien porte-parole de Mikhaïl Gorbatchev, dresse un amer bilan de la période qui a suivi l’effondrement de l’URSS jusqu’à nos jours, plus instable à ses yeux qu’à l’époque de l’équilibre nucléaire entre les deux grands.
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L’ hyperpoker de l’après-guerre froide

Livre. Dans son essai, Andreï Gratchev, ancien porte-parole de Mikhaïl Gorbatchev, dresse un amer bilan de la période qui a suivi l’effondrement de l’URSS jusqu’à nos jours, plus instable à ses yeux qu’à l’époque de l’équilibre nucléaire entre les deux grands.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 08h44
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 09h14
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

Livre. Ce monde imprévisible du début du XXIe siècle secoué par les rivalités entre de nouvelles puissances, la réapparition d’empires défunts et le surgissement d’acteurs non étatiques transnationaux semblent à Andreï Gratchev beaucoup plus lourd de menaces que celui qui l’avait précédé avec sa stabilité relative assurée par l’équilibre nucléaire entre les deux grands. L’ancien conseiller et porte-parole de Mikhaïl Gorbatchev tisse un amer bilan de l’après-guerre froide, ironisant sur le grand échec de l’Occident.
L’arrogance du gagnant de la guerre froide a nourri « la rancœur du perdant »
« A la place d’un monde docile, remodelé à son image et facile à gouverner il découvre un environnement hostile et dangereux défiant ouvertement son statut privilégié et son rôle de timonier de l’histoire mondiale », note le politologue. Andreï Gratchev n’a jamais pardonné à Washington comme aux Européens leur refus de la « Maison commune » proposée par son ex-mentor. C‘était à ses yeux l’occasion de créer un système de sécurité collective allant de Vancouver à Vladivostok. Elle fut manquée. L’arrogance du gagnant de la guerre froide a nourri « la rancœur du perdant le poussant à compenser sa faiblesse par une agressivité insolente ». D’où aujourd’hui le « revanchisme » de Poutine.
La fin de la « doctrine Brejnev »
Si le tableau qu’il dresse d’un nouvel avant-guerre est sans surprise, le grand intérêt de ce livre alerte est dans l’analyse de l’ancien, celui de la guerre froide, qui occupe les deux tiers de l’ouvrage. Même si elle ne se transforma pas en guerre chaude et en suicide collectif par un anéantissement réciproque ce fut une vraie guerre. « Par le nombre des victimes, à peu près cinquante millions dans cent quarante-sept conflits de par le monde, elle peut revendiquer le titre d’héritière officielle des deux guerres mondiales du XXe siècle », relève Andreï Gratchev rappelant en outre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Pour éduquer la jeune génération, une exposition sur la vie de vingt-neuf des meilleurs agents russes s’est ouverte à Moscou.
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En Russie, des espions érigés en icônes

Pour éduquer la jeune génération, une exposition sur la vie de vingt-neuf des meilleurs agents russes s’est ouverte à Moscou.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 06h38
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

LETTRE DE MOSCOU
Des Etats-Unis aux pays Baltes, l’espion russe fait partout parler de lui. Un moment jugé propice à Moscou pour mettre en valeur un savoir-faire et présenter quelques-uns de ses meilleurs agents clandestins du passé hissés au rang d’exemples. Six mois après une première exposition consacrée au maître-espion Kim Philby, un transfuge britannique rallié au KGB et démasqué au début des années 1960, une nouvelle rétrospective consacrée à vingt-neuf « illégaux » a ouvert ses portes le 21 février, dans la capitale russe.
Hormis la présence de quelques caméras censées immortaliser l’événement pour la télévision publique, l’inauguration a eu lieu quasi entre soi, devant un cercle restreint d’initiés. « L’intérêt pour cette activité augmente », s’est félicité Sergueï Narychkine, patron du SVR, le service de renseignement extérieur russe. « Les bons espions, a-t-il poursuivi, ceux qui obtiennent des résultats ne sont connus que des hauts placés mais une fois le sceau du secret levé, il est important de les faire connaître, ce sont des exemples, surtout pour la jeune génération ». Vingt-neuf portraits d’anciens « illégaux » réalisés sur feuilles d’or comme des icônes orthodoxes ont ainsi été présentés, ainsi qu’un livre chargé de relater leur expérience. Un bureau des légendes, version russe, plus concret que la série française télévisée à succès.

En parallèle, l’auto-promotion du SVR était assurée par une bande-annonce projetée sur les murs de la société historique russe, lieu d’accueil de la cérémonie. « Nous sommes partout où existent des menaces pour notre pays », pouvait-on lire tandis que s’affichaient furtivement les images du drapeau américain, de la Maison Blanche ou bien encore de l’emblème de l’OTAN. La réception s’est poursuivie par d’aimables bavardages autour d’un verre de champagne et d’un gros gâteau à la crème, à l’effigie du SVR, il va sans dire.
« Sans-retour »
Français...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ La nomination éclair de Martin Selmayr, directeur de cabinet du président de la Commission européenne, au poste de secrétaire général de l’institution, suscite la controverse.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Polémique autour du parachutage du bras droit de Juncker au sommet de l’administration bruxelloise

La nomination éclair de Martin Selmayr, directeur de cabinet du président de la Commission européenne, au poste de secrétaire général de l’institution, suscite la controverse.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 19h28
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 11h40
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Les polémiques s’enchaînent à la Commission européenne. La semaine dernière, l’institution était contrainte de reconnaître que son ancien président de 2004 à 2014, José Manuel Barroso, parti faire du conseil chez Goldman Sachs, avait approché l’un de ses vice-présidents, le commissaire finlandais Jyrki Katainen, pour une mission de lobbying. Pourtant, lorsque son recrutement avait défrayé la chronique, le Portugais s’était engagé à ne plus contacter la Commission.
Ces derniers jours, c’est la promotion éclair de Martin Selmayr, le directeur de cabinet de Jean-Claude Juncker, au poste-clé de secrétaire général de la Commission – le vrai chef de cette administration de plus de 30 000 fonctionnaires –, qui agite la « bulle » bruxelloise. Cette nomination a été annoncée de manière très inhabituelle, mercredi 21 février au matin, par le président de la Commission lui-même, après que le collège des commissaires avait été mis devant le fait accompli, quelques minutes plus tôt.
L’Allemand de 47 ans a-t-il brûlé les étapes pour accéder à cette charge, que seuls six fonctionnaires avant lui ont occupée depuis les débuts de l’institution, et alors que seuls des directeurs généraux et/ou directeurs généraux adjoints peuvent prétendre au poste ? M. Selmayr a été nommé secrétaire général adjoint le 21 février. Quelques instants plus tard, le Néerlandais Alexander Italianer, l’actuel titulaire du poste, confirmait son départ à la retraite, et, dans la foulée, l’Allemand obtenait sa place.
Mal vu à Berlin et à Paris
Assailli de questions par les médias bruxellois, à la suite d’un article du journal Libération évoquant pour la première fois cette procédure expresse, l’Autrichien Alexander Winterstein, porte-parole de la Commission, a assuré, lundi 26 février, que « tout [s’était] fait en accord avec l’esprit et la lettre des règles ». Sans toutefois convaincre complètement. Sven Giegold, influent eurodéputé vert allemand, a ainsi réclamé, lundi, une « enquête parlementaire » sur cette nomination ultrarapide.
La personnalité de M. Selmayr n’est pas non plus étrangère aux critiques. Ce brillant juriste de formation n’a rejoint la Commission européenne qu’en 2004, d’abord comme porte-parole de la commissaire luxembourgeoise Viviane Reding, puis comme son chef de cabinet. Surnommé « le Monstre » par M. Juncker, en référence à son impressionnante capacité de travail et à sa réputation de fonctionnaire sans états d’âme, il a pris l’habitude de parler d’égal à égal avec certains chefs d’Etat. Aussi mal vu à Berlin qu’à Paris, il pourrait, en sa qualité de nouveau secrétaire général, imposer encore davantage ses vues.
Sa nationalité alimente aussi la polémique. Avec sa nomination, qui sera effective au 1er mars, les Allemands renforcent un peu plus leur domination à Bruxelles. La diplomate Helga Schmid est secrétaire générale du service européen d’action extérieure, et Klaus Welle remplit la même fonction au Parlement européen. Au Conseil de l’Union européenne, c’est un Danois, discret mais efficace, Jeppe Tranholm-Mikkelsen, qui occupe cette charge. Aucun Français n’occupe l’un de ces postes essentiels du pouvoir communautaire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Les ministres des affaires étrangères européens ont tenté, lundi à Bruxelles, de favoriser la reprise du dialogue, après les décisions controversées prises par le président Trump sur le statut de Jérusalem.
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L’Union européenne cherche à faire entendre sa voix dans le conflit israélo-palestinien

Les ministres des affaires étrangères européens ont tenté, lundi à Bruxelles, de favoriser la reprise du dialogue, après les décisions controversées prises par le président Trump sur le statut de Jérusalem.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 19h19
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 19h28
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        


Impuissante face à la situation en Syrie et très prudente à l’égard de la Turquie, qui a lancé le 20 janvier une offensive contre l’enclave kurde d’Afrin (au nord-ouest d’Alep), l’Union européenne garde toutefois l’espoir de jouer un rôle au Proche-Orient. Après avoir reçu successivement le premier ministre israélien et le président de l’Autorité palestinienne, les ministres des affaires étrangères de l’UE avaient prévu de débattre, lundi 26 février, à Bruxelles, avec les ministres de pays arabes (Arabie saoudite, Egypte, Emirats arabes unis, Jordanie, Maroc), ainsi que le secrétaire général de la Ligue arabe et un représentant de l’Autorité palestinienne.
Le but affiché était, comme toujours, de favoriser un éventuel plan de paix entre Israéliens et Palestiniens. La réunion était organisée en l’attente du projet qui serait toujours en cours d’élaboration à Washington pour relancer d’éventuelles négociations après la décision, prise en décembre 2017 par Donald Trump, de transférer l’ambassade américaine à Jérusalem, qui a crispé toutes les parties.
Pour la haute représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini, ce débat (tenu en l’absence de nombreux ministres, dont ceux des cinq principaux pays de l’Union) a montré que les participants avaient une position unique, appuyée sur l’idée qu’il faut éviter « des faux pas » qui ne feraient que renforcer tous les radicalismes et « transformer un conflit politique en conflit religieux, ce qui rendrait le problème bien plus pressant encore ».
« Pas d’alternative à une solution à deux Etats »
La mention de possibles « faux pas » visait-elle l’administration Trump ? A l’évidence, mais la haute représentante ne l’a pas dit clairement. Elle rejette, par ailleurs, « toute menace » et espère seulement que le rôle de l’UE dans la région et sa connaissance de ce dossier seront pris en compte. Jusqu’ici, Washington « écouterait » les différentes parties, mais rien ne prouve que les appels du pied de Bruxelles pourraient avoir un effet quelconque sur le plan en préparation.

        Lire aussi :
         

                Les Etats-Unis et l’UE en dissonance sur le conflit israélo-palestinien



« La venue de tous les ministres arabes a été un signal fort, indiquant qu’il n’y avait pas de plan B, pas d’alternative à une solution à deux Etats », souligne le ministre luxembourgeois Jean Asselborn. Ce vieux routier de la diplomatie rappelle qu’après une phase tumultueuse avec les Européens l’administration de George W. Bush avait fini par reconnaître l’hypothèse d’une solution à deux Etats et avait condamné la colonisation israélienne.
Le ministre n’ose manifestement pas espérer un virage identique de Donald Trump, mais la réunion de lundi avait aussi pour but de convaincre les pays arabes comme l’Arabie saoudite ou l’Egypte – bien plus proches de Washington que de l’Union européenne – qu’ils devaient tenter d’infléchir la politique américaine dans le dossier israélo-palestinien.
« On a essayé de leur dire que leur seule priorité du moment ne doit pas être l’Iran », insiste Jean Asselborn. Le résultat ? Incertain, même si le ministre belge Didier Reynders évoque avec optimisme « une volonté commune de reprendre le chemin du dialogue ». 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ L’université anglaise a entamé un mouvement de grève de quatorze jours reconductible contre une baisse anticipée de 10 à 40 % des allocations de retraite pour les professeurs et le personnel.
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A Cambridge, des professeurs en grève contre la réforme des retraites

L’université anglaise a entamé un mouvement de grève de quatorze jours reconductible contre une baisse anticipée de 10 à 40 % des allocations de retraite pour les professeurs et le personnel.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 18h22
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 18h47
   





                        



   


Chronique britannique. Diplômé de Sciences Po et étudiant en master de littérature à l’Ecole normale supérieure et en Sorbonne, Pierre-Yves Anglès raconte son semestre à l’université de Cambridge, en Angleterre.
Dans l’étroite ruelle qui longe le collège de Trinity Hall, les manifestants tambourinent sur les palissades en bois qui couvrent des échafaudages. Un grondement sourd vient troubler le calme du petit bourg médiéval de Cambridge. Les slogans et les chants se suivent. « I’d rather be a picket than a scab », que l’on pourrait traduire par « Je préfère être dans un piquet de grève que le briser », renvoie aux grèves de mineurs de 1984 et 1985 sous Margaret Thatcher.
La casse des pensions de retraite
Jeudi 22 février, comme soixante-quatre universités publiques au Royaume-Uni, Cambridge a entamé un mouvement de grève de quatorze jours reconductible. Le syndicat national pour l’enseignement supérieur (UCU) supervise la mobilisation. Il dénonce une baisse anticipée de 10 % à 40 % des allocations de retraite pour les professeurs et le personnel des universités, soit une perte moyenne annuelle de plus de 11 000 euros pour un professeur retraité. Universities Superannuation Scheme (USS) – l’un des principaux régimes de retraite pour le personnel universitaire – accuse un déficit de plus de six milliards de livres sterling. Universities UK (UUK) – l’organisation qui représente la direction de nombreuses universités du pays – envisage donc une réforme drastique des retraites.

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UUK souhaite, en réalité, mettre un terme aux régimes de retraite à prestations définies. Au lieu de cotiser toute leur carrière, selon des grilles qui déterminent leurs allocations, les salariés bénéficieraient seulement de régimes à cotisations définies : ils savent ce qu’ils versent, mais ils ignorent ce qu’ils toucheront, car leurs revenus dépendent des bénéfices boursiers perçus sur leurs cotisations. Cette réforme alignerait le régime des universités publiques sur celui de l’essentiel des salariés britanniques : une retraite par capitalisation où des fonds de pension gèrent les cotisations de chacun et lui reversent ses bénéfices.
Pas supplémentaire vers la privatisation
UUK défend ces mesures en expliquant que les contributions des universités à la retraite de ses employés resteront en moyenne deux fois supérieures à celles des employeurs privés. Ils estiment également ces pensions assez généreuses. Le syndicat à l’origine de la mobilisation rétorque que les revenus des personnels de l’université ont déjà baissé de 14 % au cours des six dernières années.
Ce projet de réforme est perçu comme un pas supplémentaire dans la privatisation de l’enseignement supérieur britannique. En 2010 déjà, le pays avait connu des manifestations considérables contre l’augmentation du plafond des frais de scolarité qui est passé de 1 000 livres en 1998 à plus de 9 000 livres aujourd’hui, soit une multiplication par neuf en deux décennies.
On pourrait résumer le débat en train de se jouer de la manière suivante : faut-il appauvrir une branche professionnelle, car elle bénéficie d’une « niche », ce qui constitue une inégalité relativement au traitement de la majorité des salariés ? Un camp dénonce la précarisation du personnel et un nivellement par le bas, l’autre dit s’attaquer aux privilèges acquis et rejette le statu quo dans un contexte de déficit important. Les arguments sont bien rodés.
Briser l’image « dépolitisée » de Cambridge
Les grèves sont assez rares à Cambridge, et les leaders syndicaux se sont félicités de briser l’image dépolitisée et « hors du monde » de la prestigieuse université. Ils comptent aussi sur la mobilisation d’Oxford pour attirer plus d’attention médiatique. Il y avait au moins cinq cents personnes au piquet de grève, qui marquait le lancement du mouvement à côté du collège de King’s. Ce collège n’est pas vide de symboles puisque l’économiste John Maynard Keynes, théoricien de l’intérêt des prestations sociales et de l’Etat providence pour la croissance, y a étudié et enseigné.

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Environ un millier de professeurs et de membres du personnel de Cambridge sont en grève, sur la dizaine de milliers que compte l’université. Les étudiants composaient l’essentiel de la foule lors de la manifestation de jeudi et l’un de leurs slogans principaux était d’ailleurs : « Students and workers, unite and fight ! » (« Etudiants et salariés, unissez-vous et combattez ! »). Nous avons aussi reçu des e-mails incitant à ne pas aller en cours, en solidarité avec nos enseignants.
Demande de restitution des frais de scolarité
Derrière cet engouement apparent, les fumigènes multicolores et le seau où déposer quelques livres sterling pour soutenir la grève – ce qui consiste principalement à approvisionner les piquets en thé compte tenu du froid –, des dissensions apparaissent. Environ un million d’étudiants vont être affectés par la grève dans le pays et ils sont déjà près de 80 000 à avoir signé une pétition pour demander la restitution d’une partie de leurs frais de scolarité.
Puisqu’ils ne seront, a priori, pas affectés personnellement, plusieurs de mes professeurs ont dit manifester pour inciter les jeunes générations à s’engager dans des carrières académiques. Certains hésitent à faire grève, car un demi-trimestre de cours perdu créé des lacunes, surtout pour les étudiants en licence. Cela est d’autant plus vrai à Cambridge qui fonctionne en trimestres condensés de huit semaines très intenses. C’est un particularisme parmi d’autres. Ici, une semaine de cours s’organise du jeudi au mercredi.
Les représentants d’Universities UK qui sont à l’origine du projet de réforme rencontre les syndicats mardi. Stephen Toope, le vice-chancelier de l’université de Cambridge, a appelé à une rouverture des négociations pour garantir la qualité durable de l’enseignement public. D’ici là, le personnel en grève compte augmenter la pression par une mobilisation croissante. De deux jours de grève la semaine dernière, nous passons à trois celle-ci, puis quatre la suivante, jusqu’à la suspension complète des cours.



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 26/02/2018
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Brexit : les travaillistes veulent rester dans l’union douanière avec l’UE

Jeremy Corbyn fait un pas de plus vers un « Brexit doux », afin d’éviter le retour des droits de douane avec le continent après la sortie de l’UE.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 16h14
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 11h39
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


Jeremy Corbyn a, finalement, franchi le pas. Après de longs mois à entretenir le flou, le leader du Parti travailliste a appelé, lundi 26 février, à rester dans une union douanière avec l’Union européenne après le Brexit, ce qui permettrait à la fois de conserver des relations sans entraves sur le commerce des biens (mais pas des services) et d’éviter – au moins partiellement – une frontière en Irlande du Nord.
Cette annonce se rapproche d’un « Brexit doux », demandé à grands cris par de nombreux membres du Parti travailliste, par opposition au « Brexit dur » prôné par les partisans d’une rupture radicale avec l’UE. Elle souligne l’évolution progressive de l’opinion publique sur le sujet, M. Corbyn, personnellement très eurosceptique, n’ayant sans doute pas osé une telle prise de position il y a quelques mois. Elle est aussi une peau de banane politique pour la première ministre Theresa May : le Labour pourrait potentiellement s’allier à la poignée de députés conservateurs rebelles sur le sujet et provoquer la défaite du gouvernement à la Chambre des communes.

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La construction économique européenne repose sur deux piliers essentiels : le premier est l’union douanière – les pays membres ont des droits de douane identiques vis-à-vis du reste du monde – ; le second pilier est le marché unique, fondé sur la libre circulation des travailleurs, des capitaux et des biens – les normes et les standards y sont unifiés, ce qui permet en son sein d’éviter les barrières douanières dites « non tarifaires », y compris dans les services (en particulier, la finance).
Eviter un « choc économique »
M. Corbyn a décidé de rester dans le premier cercle, mais s’oppose au maintien dans le second. « Quand 44 % de nos exportations vont vers l’UE, et que 50 % de nos importations viennent de là, il est dans notre intérêt mutuel de ne pas avoir de droits de douane. (…) Nous chercherons un accord d’union douanière entre le Royaume-Uni et l’Union européenne », a-t-il expliqué depuis un centre de recherche automobile, à Coventry (West Midlands). Selon lui, c’est la seule façon d’éviter un « choc économique » au moment du Brexit. La sortie de l’Union européenne est prévue pour le 29 mars 2019 mais devrait être suivie d’une période de transition, jusqu’à la fin 2020.
Pour justifier ce changement de cap, M. Corbyn prend l’exemple de la Mini, une voiture fabriquée par BMW dans son usine d’Oxford, dont les pièces détachées traversent trois fois la Manche pendant le processus de construction. Sortir de l’union douanière et imposer des inspections à chaque passage de frontière mettraient à mal cette chaîne logistique. « Nous devons trouver un accord qui mette en priorité l’emploi et le niveau de vie », plaide le dirigeant travailliste.
Rester dans l’union douanière permettrait aussi de résoudre partiellement l’épineux problème de l’Irlande du Nord. Voilà presque vingt ans que la paix a été signée, avec l’accord de paix du vendredi saint de 1998. Aujourd’hui, la frontière avec la République d’Irlande a complètement disparu. Au-delà de son impact économique, le retour des douanes, même dans un format allégé, ouvrirait un contentieux politique explosif.
Pour ses opposants, l’annonce du leader du Parti travailliste revient pourtant à abandonner l’un des Graal du Brexit : la possibilité de signer des accords de libre-échange avec le reste du monde. Après sa sortie, le Royaume-Uni devrait choisir entre mener sa propre politique commerciale et respecter celle de l’Union européenne et, donc, dépendre des accords conclus par elle – comme c’est, par exemple, le cas de la Turquie, à ce jour.
Le soutien des milieux d’affaires sur la question
David Davis, le ministre du Brexit, accuse M. Corbyn de vendre de la « poudre de perlimpinpin » (snake oil) avec sa proposition. Le leader travailliste, soutenu par les milieux d’affaires sur la question, réplique avec deux arguments. « Je ne crois pas qu’un accord de libre-échange avec la Chine ou les Etats-Unis compenserait la perte de notre accord avec l’UE. » De plus, il demande d’avoir un droit de regard sur les futurs accords de libre-échange que l’UE pourrait passer : « Nous ne pouvons pas simplement subir les règles qu’on nous imposerait. » Cette clause risque d’être difficile à négocier avec Bruxelles.

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Par ailleurs, M. Corbyn – sans le dire explicitement – semble toujours exclure de rester dans le marché unique. Il estime que Bruxelles limite trop la politique d’intervention économique et de nationalisations qu’il entend mener s’il devient premier ministre. Il s’en prend, en particulier, à l’encadrement par l’UE des aides d’Etat versées aux entreprises.
Le sauvetage par le gouvernement britannique de Royal Bank of Scotland, il y a dix ans, est pour lui un bon exemple : en échange de cette aide, Bruxelles a imposé à la banque, terrassée par la crise des subprimes, de vendre certains actifs.
« Les contribuables ont été forcés de conserver les moins bons morceaux et de vendre les meilleurs. »
« La liberté de mouvement va s’arrêter » Jeremy Corbyn
Sortir du marché unique permettrait aussi d’imposer des restrictions à la libre circulation des personnes au sein de l’UE, ce qui était l’une des premières motivations des électeurs du Brexit. « La liberté de mouvement va s’arrêter », affirme M. Corbyn, même s’il précise que l’économie britannique restera largement ouverte aux migrants.
Derrière ce positionnement du Parti travailliste se trouve aussi un calcul politique. Une loi sur l’organisation des douanes après le Brexit est actuellement en débat au Parlement. Deux députés conservateurs rebelles y ont déposé un amendement pour imposer au Royaume-Uni de rester dans l’union douanière. Potentiellement, le Labour pourrait décider de les soutenir. Si une vingtaine de députés conservateurs s’y joignent, le gouvernement pourrait perdre le vote à la Chambre des communes. De quoi précipiter de nouvelles élections ? Rien n’est moins sûr, mais cela affaiblirait un peu plus Theresa May. Interrogé sur une telle tactique, Jeremy Corbyn a soigneusement évité de répondre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ La Banque centrale européenne a déclaré la troisième banque commerciale du pays en faillite après les accusations de blanchiment d’argent du Trésor américain.
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Le système bancaire letton sous pression après la chute d’ABLV

La Banque centrale européenne a déclaré la troisième banque commerciale du pays en faillite après les accusations de blanchiment d’argent du Trésor américain.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 12h01
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

On pensait le système bancaire européen à peu près rétabli. Le scandale qui secoue la troisième banque lettone, ABLV Bank, depuis plusieurs jours rappelle que des fragilités demeurent. Mais aussi de nombreuses zones d’ombre, soulignant les failles de la supervision financière en zone euro, pourtant renforcée en 2014 avec la création du mécanisme de surveillance unique (MSU) des banques.
Samedi 24 février, la Banque centrale européenne (BCE), qui héberge le MSU, a déclaré ABLV en « état de faillite ou faillite probable », cinq jours après avoir imposé un gel des paiements à l’établissement – une mesure inédite. La banque est dans la tourmente depuis le 13 février. Ce jour-là, le Trésor américain l’a accusée d’avoir « institutionnalisé le blanchiment d’argent » impliqué dans des programmes illégaux de développement d’armes en Corée du Nord. Il réclame des sanctions. La banque dément avec vigueur, criant au sabotage.
Reste que, depuis, ABLV est coupée du système financier, au point de frôler l’asphyxie. Samedi, le mécanisme de résolution unique (MRU), pilotant les procédures concernant les banques défaillantes de la zone euro, a confirmé sa faillite. Jugeant que l’établissement ne peut pas être restructuré ou repris, il va désormais procéder à sa liquidation.

Risque pour la stabilité financière
D’après le MRU, les déboires d’ABLV ne représentent aucun risque pour la stabilité financière de la zone euro. « A titre de comparaison, son bilan pèse 3,6 milliards d’euros, contre plus de 2 000 milliards d’euros pour celui de BNP Paribas », précise Eric Dor, économiste à l’école de management Iéseg. De son côté, le gouvernement du premier ministre Maris Kucinskis a choisi de ne pas sauver la banque, estimant que son exposition à l’économie lettone est faible. Les autorités lettones devaient néanmoins se réunir lundi 26 février, afin de s’assurer que la chute d’ABLV n’aurait pas d’impact sur d’autres établissements.
Cette...




                        

                        


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« L’UE doit renforcer son unité sur la migration »

La ministre des affaires étrangères autrichienne, Karin Kneissl, nommée par le parti d’extrême droite FPÖ, veut rapprocher l’est et l’ouest de l’Europe.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 10h46
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

Karin Kneissl est une ministre des affaires étrangères atypique. Diplômée de l’ENA, ex-diplomate, elle est considérée comme l’une des meilleures spécialistes européennes du Proche-Orient. Nommée en décembre 2017 sur proposition du parti d’extrême droite FPÖ, elle devrait être à Paris mardi 27 février.
Vous vous présentez comme indépendante, mais vous avez été nommée par le FPÖ. Est-ce un parti d’extrême droite, comme l’a affirmé M. Macron ?
Cette expression n’a pas le même sens, traduite littéralement du français vers l’allemand. Je considère que le FPÖ est un parti de droite.
Votre rapprochement avec le FPÖ date de 2016. Est-il lié à l’afflux historique de demandeurs d’asile en Autriche ?
Oui. Je n’ai d’ailleurs jamais été critiquée depuis vingt ans pour ma participation à des colloques organisés par des instituts proches de la gauche et de la droite. Les agressions verbales dont je suis victime ont débuté lorsque j’ai accepté la main tendue par le FPÖ, ce qui ne cesse de m’étonner.
Le FPÖ est un parti comme un autre ?
C’est un parti politique représenté au Parlement autrichien.

Le président Alexander Van der Bellen a demandé au FPÖ de respecter l’Etat de droit et de lutter contre l’antisémitisme dans ses rangs. L’Autriche va-t-elle suivre l’exemple de démocratie illibérale prôné par la Hongrie ?
C’est le droit et le devoir d’un président que d’intervenir dans le débat public, mais je ne comprends pas en quoi votre question me concerne.
Ne mettez-vous pas vos compétences aux services d’une entreprise de « blanchiment » du FPÖ sur la scène internationale ?
« Je n’appartiens à aucun parti politique. J’ai été appelée en tant qu’experte »
Je ne blanchis rien sur la scène internationale et j’interdis qu’on applique à ma personne ce vocabulaire. Je n’appartiens à aucun parti politique. J’ai été appelée...




                        

                        

