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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. « Closer », de Mike Nichols, est la transposition d’un vaudeville théâtral dans des lofts et galeries d’exposition (sur Chérie 25 à 20 h 55).
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TV – « Closer, entre adultes consentants »

Notre choix du soir. « Closer », de Mike Nichols, est la transposition d’un vaudeville théâtral dans des lofts et galeries d’exposition (sur Chérie 25 à 20 h 55).



Le Monde
 |    26.02.2018 à 17h45
    |

                            Thomas Sotinel








                        


Film sur Chérie 25 à 20 h 55

C’est à Londres que ça se passe. Avec l’accent anglais, les jeux et tromperies de l’amour prennent une couleur particulière. Les amants sont spirituels et élégants, les maîtresses sensuelles, et l’on se fait mal sans jamais cesser d’être drôle.
De cette tradition, le représentant le plus illustre reste Harold Pinter. Patrick Marber est à Pinter ce que James Ellroy est à Raymond Chandler, un mutant dans lequel on distingue les traits de l’original sous une épaisse couche de violence et d’obscénité moderne. Patrick Marber a écrit Closer pour le théâtre avant de l’adapter afin que Mike Nichols en fasse un film.
Closer est une partie carrée disjointe par le temps. Premier engagement : Dan (Jude Law) ramasse Alice (Natalie Portman), qui a été renversée par un taxi, l’emmène à l’hôpital et la séduit.
Deuxième set : après quelques mois de vie commune avec Alice, Dan va se faire tirer le portrait par Anna (Julia Roberts). Ils ont une liaison. Tertio : Dan fait la fille sur Internet et ­séduit Larry (Clive Owen) avant de l’envoyer à un rendez-vous avec Anna. Celle-ci devient la maîtresse de Larry. Encore quelques sets, et le match se terminera dans un champ de ruines.

Sans nier le caractère théâtral de son matériau, Mike Nichols l’organise avec fluidité, tirant le meilleur parti des physionomies avenantes de ses interprètes et des décors dans lesquels ils se meuvent. Mais on sent bien que quelqu’un, Marber ou Nichols, retient ses coups.
C’est un peu comme de la boxe amateur : les gestes techniques sont les mêmes (je découche, tu pleures ; je t’humilie, tu me quittes), mais ils sont moins spectaculaires à cause des casques et des maillots, dont l’équivalent est ici la contenance digne des interprètes, qui se gardent bien de déroger à leur statut de star. La distribution est répartie entre deux Anglais (Law et Owen) et deux vedettes hollywoodiennes. On dirait que Mmes Roberts et Portman ont estimé que la seule décision de se commettre dans une aventure aussi osée suffirait à prouver leur engagement. Une fois à l’écran, elles sont tout à fait charmantes, mais en retrait par rapport à leurs adversaires britanniques. A ce double mixte transatlantique, les messieurs de Londres l’emportent au terme d’un match enlevé, mais sans grand enjeu.
Closer, entre adultes consentants, de Mike Nichols. Avec Julia Roberts, Natalie Portman, Clive Owen, Jude Law (Etats-Unis, 2004, 115 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Jean-Luc Vergne, 69 ans, sera président par intérim de Radio France à partir du jeudi 1er mars, en remplacement de Mathieu Gallet qui est révoqué.
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Jean-Luc Vergne, PDG par hasard

Jean-Luc Vergne, 69 ans, sera président par intérim de Radio France à partir du jeudi 1er mars, en remplacement de Mathieu Gallet qui est révoqué.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 13h00
    |

            François Bougon








                        



                                


                            

Est-ce l’approche du cinquantenaire de Mai 68 ? Ou une lointaine ressemblance physique avec le journaliste Serge July – le nez, la chevelure et la barbe poivre et sel évoquent l’ex-maoïste fondateur de Libération ? Toujours est-il qu’en plein entretien avec Jean-Luc Vergne, 69 ans, président par intérim de Radio France à partir du jeudi 1er mars, on ne peut s’empêcher de lui poser la question : qu’a-t-il fait de sa jeunesse ?
En 1968, à Bordeaux, il a participé aux manifestations, comme beaucoup de gens de sa génération. Né vingt ans plus tôt dans une famille modeste, d’un père ouvrier charpentier et d’une mère qui avait quitté l’école tôt, il avait soif de liberté dans une France gaulliste compassée et autoritaire. Certains voulaient tout renverser. Pas lui. Il n’a jamais été ni mao, ni trotskiste, ni « situ », et la révolution n’était pas son credo. On ne pourra pas donc dire qu’il est passé du col Mao aux grands groupes industriels français.
Influencé par une tradition familiale de gauche, il fut en revanche membre de l’UNEF, le syndicat étudiant ; à l’occasion, il a fait le coup de poing, toujours à Bordeaux, contre les « fachos » d’Occident. Cinquante ans après, il ne renie pas cette époque militante, même s’il n’a jamais pris de carte dans un quelconque parti politique – sauf dernièrement pour suivre La République en marche d’Emmanuel Macron, mais, précise-t-il légèrement jésuite, il s’agit d’un « mouvement »….

Au contraire, il défend ce moment de grande liberté, qui a permis à la société française de se décorseter : « Il y avait un côté festif, ouvert sur le monde, un côté égalité et justice. » « Beaucoup d’idées qui ont influencé Valéry Giscard d’Estaing ou Mitterrand par la suite ont émergé en 1968 », affirme-t-il dans ce café de la place du Trocadéro, au cœur des beaux quartiers parisiens, où il nous a donné rendez-vous.
« Escalier social »
Il habitait sur la rive...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Historien de la civilisation khmère, il s’était battu pour obtenir le classement du site cambodgien au « Patrimoine mondial » de l’Unesco.
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Mort de Claude Jacques, épigraphiste d’Angkor

Historien de la civilisation khmère, il s’était battu pour obtenir le classement du site cambodgien au « Patrimoine mondial » de l’Unesco.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 11h45
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 12h09
    |

            Florence Evin








                        



                                


                            

« L’irremplaçable Claude », historien de la civilisation khmère, déchiffreur hors pair des inscriptions sur les stèles de grès des temples millénaires qu’il pistait sans relâche dans la forêt cambodgienne, est mort, à 89 ans, mardi 20 février. « Avec Claude Jacques est parti le dernier des grands épigraphistes du monde khmer », déclare Azedine Beschaouch, membre de l’Institut. L’épigraphie (étude des inscriptions sur pierre ou métal) était pour lui la manière la plus sûre d’écrire l’Histoire, de mieux connaître la religion, les cultes, la vie sociale, les fondements de la culture khmère, dans l’approche globale de cette civilisation qui l’aura passionné sa vie durant.
En janvier 1989, aux lendemains du génocide commis par les Khmers rouges, il est de retour au Cambodge, après vingt ans d’absence. « Notre Sherlock Holmes du patrimoine d’Angkor » – comme le surnomment Mounir Bouchenaki, alors directeur du Centre du patrimoine mondial de l’Unesco, et son complice Azedine Beschaouch chargé, lui, des sites en péril – est aux côtés des deux archéologues. Avec le soutien de la France et du Japon, ils obtiendront, en 1992, le classement « Patrimoine mondial » d’Angkor. Claude Jacques devient conseiller de Federico Mayor, directeur général de l’Unesco, et s’implique dans le plan de sauvegarde des 400 km2 classés.
Pendant plus de cinquante ans, ses précieux avis accompagnent les scientifiques de l’Ecole française d’Extrême-Orient (EFEO), dont il est membre de 1963 à 1973, et les experts ad hoc du Comité international de coordination de l’Unesco (CIC Angkor), coprésidé par la France et le Japon, sous l’aval du Cambodge. L’insatiable curiosité de Claude Jacques, la pertinence de ses analyses, son enthousiasme et son énergie à parcourir la jungle avaient gardé la fraîcheur de ses 30 ans.

« Toujours remettre en cause »
Son premier contact avec l’Orient est Pondichéry en Inde, en 1959, où...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ A deux mois du lancement du festival international qui se tiendra à Lille (27 avril-5 mai), son directeur artistique revient sur la manière dont s’élabore le travail de sélection.
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Frédéric Lavigne : « A Séries Mania, nous essayons de présenter un état du monde des séries »

A deux mois du lancement du festival international qui se tiendra à Lille (27 avril-5 mai), son directeur artistique revient sur la manière dont s’élabore le travail de sélection.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 10h51
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 12h11
    |

                            Martine Delahaye








                        



Directeur artistique de Séries Mania depuis sa création, en 2010, Frédéric Lavigne est la tête chercheuse des créations qui nourrissent la compétition internationale du festival et les sections thématiques, ouvertes au grand public. A deux mois du lancement de la manifestation qui se tiendra à Lille, du 27 avril au 5 mai, il explique son travail.
Comment s’opèrent vos recherches ?
Il y a deux types de veille. L’une, classique, consiste à consulter toutes les publications professionnelles qui annoncent les nouveaux projets de séries, que ce soit aux Etats-Unis, en Angleterre, en France ou ailleurs. Il existe une multitude de revues et de newsletters dans ce domaine. Mais rien ne vaut le relationnel, les discussions en direct. En huit ans, avec Laurence Herzsberg, la directrice générale du festival, nous avons tissé un large réseau, que ce soit en France, avec l’ensemble du paysage audiovisuel, en Europe et aux Etats-Unis. Grâce à quoi, aujourd’hui, on nous envoie spontanément nombre de propositions de séries.
L’autre type de veille tient à nos déplacements, qui commencent en septembre, à Londres, épicentre pour rencontrer les chaînes, les producteurs, les vendeurs internationaux importants, voire les antennes anglaises de grands distributeurs américains. Cela permet de repérer ce qui pourrait être prêt à temps, en avril, pour le festival, sachant que nous recherchons en premier lieu des avant-premières. Un autre des rendez-vous clé est celui du MIPCOM [Marché international des programmes de communication] à Cannes, en octobre, où il y a absolument tout le monde. Nous organisons aussi des rencontres avec les studios à Los Angeles deux fois par an, afin de prendre la température de la production américaine, principalement celle des chaînes généralistes.
Pour des pays ou des territoires plus lointains, comme l’Australie, la Russie, le Moyen-Orient, l’Afrique ou l’Amérique du Sud, nous nous appuyons sur des conseillers indépendants, afin de ne pas rater l’apparition de séries qui pourraient faire la différence.
Ce type de veille a-t-il dû évoluer, au vu de la multiplication des créations de séries ?
Un phénomène est apparu, encore mineur, mais qui se développe à grande vitesse. Aux Etats-Unis, il existe désormais d’énormes agences qui représentent non seulement des acteurs mais aussi des romanciers, des scénaristes, des réalisateurs, des metteurs en scène, etc. En fédérant ainsi tous les talents, ces agences en viennent aujourd’hui à proposer aux chaînes ou aux plates-formes des séries clé en main. Ce qui fait que les droits, du coup, restent dans l’agence. Il est donc devenu incontournable pour nous de rencontrer ces agents : ils sont au courant d’énormément de projets qui se préparent, soit à leur initiative, soit parce qu’ils ont des talents qui y sont impliqués.
Voilà le type de réseau que l’on tisse patiemment, pour rester informé et tenter de ne rien rater, mais aussi pour imaginer qui devront être nos « grands invités » lors du prochain festival, qui viennent pour des conférences et des échanges avec le public.

   


Sur quels critères sélectionnez-vous quelque cinquante nouvelles séries ?
Pendant quatre mois, entre décembre et mars, avec une équipe de quatre personnes et la directrice générale, Laurence Herszberg, nous regardons l’équivalent de 300 séries. La sélection repose sur des critères très variés : les genres, les territoires, la nature des diffuseurs, les ayants droit, la diversité des formes (avec des séries d’auteur mais aussi très grand public). En tant que festival grand public, nous essayons de présenter un état du monde des séries.
Pour la section Panorama, par exemple, nous recherchons des séries qui racontent leur pays d’origine ; et comme nombre d’entre elles ne seront pas diffusées sur nos chaînes, nous faisons venir leurs créateurs pour qu’ils expliquent ce que c’est de faire une série dans leur pays, ce qu’elle raconte de leur société et du monde d’aujourd’hui.
Parmi les six personnes qui visionnent, certains sont un peu spécialisés, dans les formats courts digitaux par exemple, qui auront plus de place cette année, ou les séries françaises, etc. Nous visionnons tous ce que chacun a présélectionné, de façon à refléter un certain consensus. Délibérément, nous sommes une équipe d’âges et de sensibilités différents afin que le festival ne reflète pas seulement mes goûts ou ceux de la directrice générale.
Lequel des festivals de cinéma projetant des séries redoutez-vous le plus ?
Nous avons craint un temps celui de Toronto, très puissant en termes de cinéma et de business, mais finalement, sa tentative de s’engager aussi sur les séries est en train de s’étioler. Ce qui nous contrarie le plus, ce sont les autres festivals de printemps, indéniablement trop nombreux. Celui de Berlin grandit, avec un vrai marché et des organisateurs qui essaient d’y introduire la télévision, mais nous avons un bon partenariat avec ce festival ; sans compter qu’avec deux mois d’écart entre nos deux manifestations, nous pouvons obtenir des séries différentes.
Ce qui est dommage, bien sûr, c’est que le festival de séries de Cannes [du 7 au 11 avril] soit lancé trois semaines avant le nôtre. Mais notre relative concurrence n’intervient que sur dix titres de la compétition internationale, quand nous programmons plus de cinquante séries. Et puis surtout, il existe aujourd’hui un foisonnement si effarant de bonnes séries que cela n’empêche pas de monter, même à un mois d’intervalle, une très belle compétition.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Auréolé de son succès, le rappeur de Compton en oublie ses musiciens lors de sa nouvelle tournée, pour deux soirs à Paris.
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Concerts : le péché d’orgueil de Kendrick Lamar

Auréolé de son succès, le rappeur de Compton en oublie ses musiciens lors de sa nouvelle tournée, pour deux soirs à Paris.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 10h28
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 13h13
    |

                            Stéphanie Binet








                        



   


Jusqu’ici, Kendrick Lamar avait tout bon. Le rappeur de Compton (Californie), 30 ans, n’avait commis aucun impair tout au long de sa jeune carrière sauf ce dimanche 25 février, à l’AccorHotels Arena. Pour le premier de ses deux concerts donnés à guichets fermés à Paris, il a péché par orgueil. Lui qui dans ses quatre albums studio avait montré un profond respect pour les musiciens, notamment en faisant jouer la jeune garde du jazz de Los Angeles sur le remarquable To Pimp a Butterfly (2015), a eu cette idée saugrenue pour sa tournée 2018 : le groupe qui l’accompagne pendant les 90 minutes de concert est invisible. Batteur, bassiste et guitariste sont relégués dans une fosse, côté cour. Dans l’obscurité, ils s’en donnent pourtant à cœur joie pour dynamiser les bandes-son diffusées sur scène.

        Lire le portrait :
         

          Kendrick Lamar ou le syndrome du survivant



La scénographie du spectacle est conçue pour que les 17 000 spectateurs ne voient que celui que le magazine Rolling Stone a désigné comme « le meilleur rappeur vivant » lors de la sortie, au printemps 2017, de son quatrième album, DAMN. Il donne le nom à cette tournée qui a triomphé cet été aux Etats-Unis et connaît le même succès en Europe depuis le début de février. Mis en vente en octobre, les billets – pourtant chers pour un concert de hip-hop, de 73 à 106 euros – se sont arrachés.

        Lire la critique de « DAMN. » :
         

          Une poésie corrosive rare dans le rap des années 2010



C’est que Kendrick Lamar, fils d’un caissier de fast-food, neveu de membres de gangs, notamment des Bloods de son quartier, est un peu le Monseigneur Bienvenu du rap américain. Le personnage des Misérables de Victor Hugo, évêque au grand cœur, faisait payer très cher aux riches pour redistribuer aux pauvres, préférait la compagnie des indigents à celle des notables et pardonnait à Jean Valjean plutôt que le condamner à perpétuité. Kendrick Lamar Duckworth est un peu pareil.
Chaque été, sa fondation emmène les gosses des trois logements sociaux de Watts au musée ou à la plage
Il avoue, toujours dans Rolling Stone, que la seule chose qui l’amuse, c’est d’emmener ses copains tout juste sortis de prison en tournée. Il est capable d’exiger de sa maison de disques, Interscope Records, le règlement d’un jet privé pour ses venues promotionnelles ; ou un cachet de concert à 1 million de dollars (813 000 euros). En même temps, il organise un concert gratuit annuel à Nickerson Gardens, dans le quartier de Watts, en offrant un jouet aux enfants. Chaque été, sa fondation emmène les gosses des trois logements sociaux de Watts au musée ou à la plage.
Et pour la sortie du film Black Panther dont il a réalisé la bande originale, il a distribué des places de cinéma. Il peut se le permettre. Selon le magazine Forbes, Lamar a gagné 63,8 millions d’euros ces cinq dernières années. Ses chansons sont écoutées en ligne plusieurs milliards de fois, plus que celles de Beyoncé ou de Bruno Mars. Celles de DAMN., tout juste auréolé de cinq Grammy Awards, dont celle du meilleur album rap de l’année, n’échappent pas à la règle.

Joyeuse communion
Sur scène, il avance tel un messie sur un plateau immaculé, drapé dans un long manteau en laine blanche. En fond, les images de ses clips ou celles d’un court-métrage qui le montrent tel un moine shaolin. Au plafond, un autre plateau vidéo qui, au mieux, le met en perspective, au pire l’écrase, comme si le ciel tombait sur la tête de « ce bon gamin qui a grandi dans une cité de cinglés » : Good Kid, M.A.A.D City, nom de l’album produit par Dr Dre qui l’a rendu célèbre en 2012 et dont il joue deux extraits, Swimming Pools et Bitch, Don’t Kill my Vibe.

Sa technicité derrière un micro pourrait suffire à remplir l’espace, mais K. Dot (son premier nom d’artiste) peine à faire oublier l’absence des musiciens qui avaient enchanté les concerts de la précédente tournée ou son énergie lors de ses passages au Bataclan en juin 2012 et en janvier 2013 – le rappeur prend la parole après trois titres pour rappeler ce lointain souvenir parisien et rendre hommage à ses premiers fans.

Le récital connaît pourtant ses moments magiques de joyeuse communion lors d’Alright, hymne non officiel du mouvement Black Lives Matter, pendant Lust, quand Lamar rappe dans une cage au milieu de la foule, ou Humble, que ses fidèles entonnent a cappella. Son refrain pourrait résonner comme un conseil à son auteur : « Reste simple, Kendrick ». Et laisse monter tes musiciens sur scène.
Kendrick Lamar. Le 26 février (complet), à l’AccorHotels Arena de Bercy. Le 24 août, à l’U Arena de Nanterre. www.kendricklamar.com/tour



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Le procureur général de l’Etat de New York a annoncé avoir engagé des poursuites au civil contre la Weinstein Company, qui auraient fait échouer les négociations de reprise.
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The Weinstein Company va se déclarer en faillite

Le procureur général de l’Etat de New York a annoncé avoir engagé des poursuites au civil contre la Weinstein Company, qui auraient fait échouer les négociations de reprise.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 09h58
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 10h37
   





                        


Le conseil d’administration de The Weinstein Company a annoncé, dimanche 25 février au soir, que le studio de cinéma et de télévision allait se déclarer en faillite, les discussions portant sur sa vente n’ayant pas abouti, ont rapporté plusieurs médias.
« The Weinstein Company était engagée dans un processus actif de vente afin de préserver les actifs et les emplois, dit le conseil d’administration dans un communiqué, cité notamment par le San Francisco Chronicle et le Los Angeles Times. Ces discussions se sont terminées aujourd’hui sans accord signé. » Le conseil n’avait « d’autre choix que de choisir la seule option viable pour maximiser ce qu’il reste de la valeur de la compagnie : une procédure de faillite en bonne et due forme. »
Poursuites engagées par l’Etat de New York
Le 11 février, le procureur général de l’Etat de New York a annoncé avoir engagé des poursuites au civil contre la Weinstein Company, pour ne pas avoir protégé ses employés contre son ancien patron et producteur de cinéma Harvey Weinstein. Plusieurs médias américains ont affirmé que cette assignation en justice avait fait échouer les négociations de reprise quasiment abouties.
Le studio était en discussion pour être repris par un groupe d’investisseurs mené par une ancienne membre de l’administration Obama, Maria Contreras-Sweet, soutenue par les investisseurs Ronald Burkle et Lantern Asset Management, une société de capital investissement de Dallas.
Harvey Weinstein était l’un des hommes les plus influents d’Hollywood avant d’être accusé de nombreuses agressions sexuelles, dont des viols, par plus de 70 femmes. Le cofondateur des studios Miramax dément avoir eu des relations sexuelles non consenties avec quiconque.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ L’Ours d’or de la 68e édition a récompensé « Touch Me Not », premier film de la Roumaine Adina Pintilie.
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édition abonné


La Berlinale, au risque d’un palmarès politique

L’Ours d’or de la 68e édition a récompensé « Touch Me Not », premier film de la Roumaine Adina Pintilie.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 09h39
    |

                            Thomas Sotinel (Berlin, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Plus qu’un jugement de valeur esthétique, le palmarès d’un festival de ­cinéma est souvent le moyen, pour le jury, de construire un récit autour des films projetés. En attribuant, le 24 février, l’Ours d’or à Touch Me Not, de la ­Roumaine Adina Pintilie, et l’Ours d’argent-Grand Prix du jury, à Twarz (« tronche ») de la Polonaise Malgorzata Szu­­mowska, le président du jury de la 68e Berlinale, le réalisateur allemand Tom Tykwer, et ses ­collègues ont signifié que cette édition était celle des mouvements #metoo et Time’s Up, que les tendances politiques à l’œuvre dans toute l’Europe et particulièrement à l’Est font peser une ­menace réelle sur la liberté de penser et de créer.

De fait, cette édition, organisée du 15 au 25 février, a été marquée par le lancement d’une initiative visant à prévenir le harcèlement sexuel durant les festivals, par des débats sur les moyens de parvenir à la parité des genres dans l’industrie cinématographique, et le ­palmarès fera oublier qu’un quart seulement des dix-neuf films en compétition pour l’Ours d’or étaient réalisés par des femmes. Et pendant que la Berlinale ­accueillait, toutes sections ­confondues, de nombreux films venus d’Europe de l’Est, documentaires ou fictions, qui disaient l’angoisse face au retour de l’intolérance et de la censure, elle projetait aussi une remarquable rétrospective consacrée au cinéma de la République de Weimar, qui démontrait que la richesse d’un art ne garantit en rien l’avenir des ­libertés.

La compétition a été marquée, comme c’est souvent le cas à Berlin, par de violentes différences de niveau
Un palmarès ainsi construit, sans trop se soucier de cinéma stricto sensu, fait courir de grands risques à ses bénéficiaires. L’honneur fait à Touch Me Not, premier long-métrage de son auteure, ne respecte pas les proportions fort modestes du film. La quête d’intimité de Laura (l’actrice britannique Laura Benson), quinquagénaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le musicien et rédacteur en chef de la revue « Schnock » publie un livre sur les femmes du dandysme.
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Alister, un dandy pas comme les autres

Le musicien et rédacteur en chef de la revue « Schnock » publie un livre sur les femmes du dandysme.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 08h51
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            

Dandy lui ? Pas du tout, dit-il. « Je suis trop laborieux pour ça. J’essaye de gommer tout ce qui ressemble à de la laboriosité – ça existe ce mot ? Je ne sais pas mais ça me plaît. Je suis un perfectionniste. Enfin vous appelez ça comme vous voulez. Un névrosé ? » Scénariste de sketchs pour la télé (La Minute blonde, Un gars une fille…), musicien de pop française (trois albums au compteur), directeur et cofondateur, depuis 2011, de la revue ultrabranchée Schnock, Christophe Ernault, alias « Alister » pour la gloire, publie aujourd’hui La Femme est une dandy comme les autres (Pauvert, 200 p., 18 euros).
Sa façon de laisser voir qu’il n’est justement pas comme les autres, son genre faussement dilettante, son goût pour les mots rares (« prolégomènes », « idiosyncrasie »). Mais aussi, hormis son peu d’intérêt pour la toilette, le fait qu’Alister ressemble à Alistair, ce compagnon élégant et malicieux de Candy, manga à qui il doit le surnom dont ses copains d’école l’avaient affublé. Tout cela concourt à donner de ce livre le sentiment d’une plongée déguisée dans le surmoi.
Alister : « Il ne faut pas compter sur la femme dandy pour changer la société, ce n’est pas son problème »
Deux choses pourtant vont à l’encontre de cette analyse. La première, c’est que, au contraire des dandys, ce fan absolu de Barbey d’Aurevilly – lequel préférait définir ceux-ci par leur tournure d’esprit plutôt que par leur tenue – est un historien intéressé par la marche du monde. On s’arrête dans son livre malin et documenté sur les propos virulents de Colette contre les suffragettes ou ceux de Françoise Sagan, qui affirmait : « J’ai sans doute un point de vue retardataire et parfaitement latin, mais je suis convaincue que ce n’est pas en se liguant contre les hommes que les femmes obtiendront quelque chose. Ou alors, elles ne l’obtiendront que dans la loi. Et la loi ce n’est pas tout. »
Alister explique : « Il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Plus de six mille Polynésiens ont tenté de reprendre à Hongkong le record du monde du nombre de musiciens jouant de cet instrument simultanément.
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Tahiti échoue à reconquérir son record de ukulélé

Plus de six mille Polynésiens ont tenté de reprendre à Hongkong le record du monde du nombre de musiciens jouant de cet instrument simultanément.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 08h29
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 17h06
    |

                            Mike Leyral (Papeete (Polynésie française), correspondance)








                        



   


Te ra mai te tiare, chantent en chœur 6 302 Polynésiens en grattant leur ukulélé. Depuis quatre heures, ils se préparent à reconquérir leur record du monde du nombre de musiciens jouant simultanément, établi en 2015 mais battu en 2017 par Hongkong. En vain.
En 2005, la ville californienne de San Diego signait un premier record avec un modeste rassemblement de 126 instrumentistes. Il fut battu par des Anglais, puis des Suédois, des Japonais et de nouveau des Anglais avec 2 370 personnes en 2012.
Trois ans plus tard, Papeete plaçait la barre haut avec 4 792 musiciens, en laissant plus de 2 000 personnes à la porte de la place To’ata, trop petite pour accueillir tant de monde. Hongkong a franchi cette barre avec ses 8 065 joueurs. Le président de la Polynésie française, Edouard Fritch, a souhaité rappeler que les cinq archipels n’étaient peuplés que de 270 000 habitants, et qu’il était donc difficile pour la Polynésie française de rivaliser avec Hongkong et ses « plus de 6 millions d’habitants ».

   


« C’est beau ce qu’on a fait aujourd’hui »
« Il faut le refaire parce qu’on peut gagner, c’est beau ce qu’on a fait aujourd’hui », se félicitait Gabilou, une star de la musique locale. Malgré la déception, les Polynésiens, habillés de vêtements colorés et couronnés de fleurs, sont presque tous prêts à recommencer. « On vient pour le record, mais d’abord pour le plaisir : Tahiti, c’est la couleur, la culture et les fleurs », s’enthousiasme Emereta Pang.
A ses côtés, une autre quinquagénaire, Cathy Chansay, veut voir le record de ukulélé revenir à Tahiti : « C’est notre instrument, on l’apprend dès la maternelle. » « J’aime jouer du ukulélé, ça change de jouer à la tablette tactile », indique de son côté Tunui Tinorua, un élève de CM1 venu avec son école.
Dans la foule bigarrée, les enfants se mêlent aux anciens, les cadres de Papeete aux agriculteurs du district, le sud rural de Tahiti. Il y a aussi des patients du centre de rééducation venus en fauteuil roulant, et même des détenus de la prison, entourés de leurs gardiens. Qui jouent aussi du ukulélé.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le conseil de l’ordre met en cause, notamment, le projet de loi « Evolution du logement et aménagement numérique ».
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Les architectes se mobilisent « pour des logements de qualité »

Le conseil de l’ordre met en cause, notamment, le projet de loi « Evolution du logement et aménagement numérique ».



Le Monde
 |    26.02.2018 à 08h13
    |

            Jean-Jacques Larrochelle








                        



                                


                            

La mobilisation est sans précédent. En l’espace d’une semaine, les professionnels de la création du cadre bâti, pas seulement architectes, ont à plusieurs reprises alerté le gouvernement, alors que le Parlement doit débattre au printemps du projet de loi « Evolution du logement et aménagement numérique » (ELAN).
En cause notamment, la volonté de l’Union sociale pour l’habitat (USH), qui réunit l’essentiel des organismes HLM en France, de déroger aux conditions qui régissent la relation entre maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre pour toute opération mobilisant de l’argent ou du foncier publics (loi MOP). L’USH souhaite par ailleurs abandonner le système des concours permettant, selon une procédure équitable, de choisir l’architecte chargé du projet.
Portés par le Conseil national de l’ordre des architectes (CNOA), deux courriers ont été adressés, l’un au premier ministre, l’autre au président de la République, puis une tribune a été publiée dans la foulée sur le site du Monde (« Le logement ne peut être assujetti aux seules logiques du profit ») qu’est venue compléter une pétition (« Pour des logements de qualité au bénéfice de tous »), ayant engrangé quelque 2 000 signatures et à laquelle se sont également joints des ingénieurs et des élus. « Nous n’avons plus les moyens d’assurer l’intérêt public [l’une des dispositions fondatrices de la loi architecture du 3 janvier 1977], car il nous échappe », déplore l’architecte urbaniste ­Pablo Katz, l’un des ­contributeurs de cette mobilisation.

Appelons cela un jeu de taquin. Décidée en octobre 2017, la diminution de cinq euros de l’aide personnalisée au logement (APL) pour chacun des foyers en bénéficiant risque d’avoir une incidence sur la qualité des logements construits dans le futur. Dans le projet de budget 2018, la mesure s’accompagne d’une réduction des loyers et d’une hausse des prélèvements d’un total de 1,7 milliard d’euros imposées aux bailleurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Auteur de cinq albums en 2017, le septuor, figure de proue du néo-psychédélisme australien, est en tournée en France.
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/02/2018
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Le grand bizarre de King Gizzard & The Lizard Wizard

Auteur de cinq albums en 2017, le septuor, figure de proue du néo-psychédélisme australien, est en tournée en France.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 06h49
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 09h14
    |

            Bruno Lesprit (Melbourne, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Pour King Gizzard & The Lizard Wizard, les vacances estivales ont pris fin en janvier. Quand bien même le filiforme chanteur, guitariste et multi-instrumentiste Stu Mackenzie, qui préfère au statut de leader celui de « curateur », reçoit en bermuda et pieds nus. Le septuor de Melbourne, figure de proue avec Tame Impala du néo-psychédélisme australien, s’est réuni pour la première fois de l’année afin de choisir le répertoire d’une tournée européenne (puis nord-américaine) qui doit s’arrêter dans quatre villes françaises.
Première interrogation : on s’étonne que le « Roi Gésier et le Sorcier Lézard », ce nom qui résonne comme un double hommage à King Crimson et à Jim Morrison, se donnent la peine de répéter, leur réputation scénique reposant sur de longues plages free-style. La seconde porte sur le casse-tête que représente la setlist, s’agissant d’un groupe qui a tenu parole en annonçant cinq ­albums pour 2017, rythme que seul Frank Zappa tenait en son temps. Voilà qui brise la réputation indolente que trimbale cette nation de surfeurs.
C’est dans une banlieue menacée de gentrification située au nord de Melbourne que les musiciens ont établi leurs quartiers
Déjà riche de treize unités en cinq ans, la discographie de King Gizzard suggère qu’elle est l’œuvre de cerveaux grillés par un séjour prolongé sous l’impitoyable soleil de l’outback : rock garage avec guitares en fusion carburant au fuzz, et voix enregistrée sur quatre iPhone, folk barré façon Syd ­Barrett, acid rock sans LSD, punk progressif, sans oublier un « album sans fin » (Nonagon Infinity, 2016) qui se déroule comme le ruban de Möbius.

Leur repaire révèle une dynamique start-up, dont l’adresse n’a rien de secret puisqu’elle est imprimée (jusqu’au numéro) sur la pochette du troisième volet de leur pentalogie, Sketches of Brunswick East. C’est dans cette banlieue menacée de gentrification située au nord de Melbourne que les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals ou de clips.
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/02/2018
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Alain Chamfort, de l’indie pop et du jazz : notre sélection musicale

Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals ou de clips.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 06h48
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 07h33
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Un spectacle de jazz sur le thème de Mary Poppins, un autre qui lie érotisme et violoncelle, deux chansons d’Alain Chamfort qui fête 50 ans de carrière et trois concerts à ne pas rater. Voici notre sélection musicale hebdomadaire.
DEUX SPECTACLES : 
« Jazzy Poppins », de retour au Pan Piper, à Paris, du 28 février au 2 mars

Le trompettiste, compositeur, arrangeur et chef d’orchestre Laurent Mignard, qui, à la tête du Duke Orchestra fait vivre la musique de Duke Ellington, avait présenté début janvier, au Pan Piper, à Paris le spectacle Jazzy Poppins. Soit le croisement des grandes lignes du roman de Pamela Lyndon Travers avec les compositions des frères Richard et Robert Sherman pour le film Mary Poppins, de Robert Stevenson, production des studios Walt Disney que Duke Ellington et son orchestre avaient à leur tour enregistrées pour le disque Duke Ellington Plays Mary Poppins (1965).
Mignard et le Duke Orchestra sont de retour au Pan Piper, mercredi 28 février, jeudi 1er et vendredi 2 mars, avec la comédienne et chanteuse Sophie Kaufmann et, pour les représentations des 1er et 2 mars, le danseur et claquettiste Fabien Ruiz.
Les textes des chansons sont en français, comme les parties de comédies. Les enfants, à partir de 5 ans, assisteront à cette savoureuse adaptation des aventures de la nurse Mary Poppins de la famille Banks et du ramoneur Bert. Par ailleurs, un disque avec les principaux thèmes musicaux du spectacle vient d’être publié chez Juste une trace. Sylvain Siclier
Pan Piper, 2-4, impasse Lamier, Paris-11e. Mo Philippe-Auguste, Charonne. Mercredi 28 février à 20 h 30 ; jeudi 1er et vendredi 2 mars, à 17 heures et 20 h 30. De 14 € à 28 €
« English Delights », à la MC2 de Grenoble, mercredi 28 février

   


Entrée au Conservatoire de Paris à l’âge de 14 ans, Noémi Boutin aurait pu, à la fin de ses brillantes études, rejoindre la cohorte des jeunes violoncellistes qui illustrent de par le monde la suprématie de l’Ecole française. Elle a préféré donner libre cours à sa personnalité, à la fois humble et exigeante. La musique contemporaine lui a permis d’élargir son champ d’expression et, au fil des rencontres, d’y associer d’autres artistes pour des prestations qualifiées de « concerts détonants ». Celui qu’elle consacre aujourd’hui à Benjamin Britten (1913-1976) promet même d’être explosif.
La musique du grand compositeur anglais – dont elle a enregistré les Suites pour le label NoMadMusic – y sera, en effet, ponctuée de morceaux choisis dans la correspondance amoureuse de « Ben » et de son compagnon, le ténor Peter Pears. Une récitante (Chloé Bégou), un jongleur (Jörg Müller), une danseuse (Sabine Rivière) et d’autres musiciens accompagneront Noémi Boutin (34 ans) dans cette exploration des sens (jusque dans une création culinaire) qui débutera par un chœur d’enfants. Pour ces derniers, la soirée s’arrêtera toutefois avant 22 heures puisque le dernier numéro du programme (un film de Jean Genet accompagné en direct par la violoncelliste qui n’a pas froid aux yeux) est interdit au moins de 16 ans. Pierre Gervasoni
« English Delights » à la MC2-Grenoble, 4 rue Paul Claudel, Grenoble (Isère). Tel : 04-76-00-79-00. Mercredi 28 février, à partir de 19 heures. De 10 € à 29 €.
DEUX CHANSONS : « Les Microsillons » et « Exister », d’Alain Chamfort

Cinquante ans de carrière, ce n’est pas rien. Alain Chamfort fête cette année un demi-siècle dévoué à la chanson française, avec ses hauts et naturellement ses bas : ses débuts en 1966 de pianiste pour Jacques Dutronc, ses premiers 45 tours en 1968 sous son propre nom, Alain Le Govic passés inaperçus, puis compositeur de l’ombre notamment pour Claude François.
Devenu Alain Chamfort, il connaît enfin le succès en solo à partir de 1979 avec les tubes Manureva, Bambou, Traces de toi, La fièvre dans le sang… Mais le chanteur à l’éternelle allure fluette n’entend pas pour autant se reposer sur son impressionnant parcours.
Une double compilation en 2016 bouclait un cycle en quelque sorte, une étape artistique s’ouvre avec l’album, Le Désordre des choses, produit par Frédéric Lô (Daniel Darc, Alex Beaupain…) et attendu pour le 20 avril chez le label Pias. Les Microsillons, le titre d’ouverture et premier des deux extraits dévoilés, se présente épuré au piano, pour mettre en évidence un superbe texte où les rides du visage et les sillons d’un vinyle se creusent et s’entremêlent sur fond de nostalgie. Des paroles signées par Pierre-Dominique Burgaud, qui avait collaboré sur l’album concept Une vie Saint Laurent, en 2010. Le second titre, Exister, prend à rebours par son accroche plus pop et sophistiquée ; il est nappé de textures évoquant Pulp de la période This Is Hardcore. Les paroles parviennent à évoquer le suicide avec pudeur, sans sombrer dans le morbide. Avec élégance, toujours. Franck Colombani
TROIS CONCERTS :
Montero, au Point éphémère, lundi 26 février

Dans le sillage de King Gizzard & The Lizard Wizard, Tame Impala ou encore Courtney Barnett, le nouveau venu de cette décidément bouillonnante scène indie pop australienne se prénomme Montero.
A côté de ce nom, il faut rajouter un prénom, Ben, un artiste multicarte de 40 ans originaire de Melbourne, qui s’illustrait jusqu’ici davantage pour ses talents de dessinateur, notamment sur les albums de Mac deMarco, Ariel Pink ou encore Kurt Vile. Son second album paru début février, Performer (Chapter Music/Differ-ant) met à l’honneur ses qualités d’auteur-compositeur et interprète, chantre d’une pop aussi ambitieuse qu’aguicheuse, dominée par un piano romantique à la Jimmy Webb et des arrangements oniriques un brin étranges. Rien d’étonnant sur ce dernier point, quand on sait que l’album a été enregistré avec son compatriote Jay Watson, multi-instrumentiste au pedigree très néo-psychédélique (Tame Impala, Pond et Gum).
Après avoir récemment ouvert pour son ami Mac deMarco à l’Olympia, Montero revient à Paris en tête d’affiche, au Point éphémère, pour défendre son titre de performer pop. En première partie, la pop shoegaze de Good Morning TV emmenée par Bérénice Deloire. F. C.
Point éphémère, 200 quai de Valmy, Paris 11e. Mo Jaurès. Lundi 26 février, à 19 h 30. 15,80 €.
At The Drive-In, à L’Olympia, mercredi 28 février

   


Vendredi 25 août 2017, le concert du groupe américain At The Drive-In, en tournée estivale européenne, avait été l’un des moments forts du festival Rock en Seine. Fondé en 1994 à El Paso (Texas), ville frontière avec le Mexique, le groupe mené par le chanteur Cedric Bixler-Zavala, ténor tirant vers l’aigu, et le guitariste Omar Alfredo Rodriguez-Lopez avait repris ses activités depuis quelque temps après plusieurs années de séparation.
Caractérisé par son approche des contrastes tension-détente et rupture-relance, le recours à des grilles harmoniques souvent sophistiquées, la densité rythmique, le groupe se tient parfois aux frontières du rock progressif (King Crimson) tout en conservant une manière agressive et directe.
La tournée européenne hivernale d’At The Drive-In, avec en première partie les Canadiens Death From Above et le trio mexicain Le Butcherettes, est prévue jusqu’à mi-mars et s’arrêtera pour un soir en France, à L’Olympia, le 28 février, quand nos voisins en Allemagne ou au Royaume-Uni reçoivent le groupe et ses camarades dans plusieurs villes. S. Si.
Olympia, 28 boulevard des Capucines, Paris 9e. Mo Opéra, Madeleine. Mercredi 28 février, à 19 h 30. De 41,80 € à 49,50 €.
Khatia Buniatishvili, à Radio France jeudi 1er et vendredi 2 mars

   


Cela fait déjà une bonne dizaine d’années que la talentueuse Khatia Buniatishvili promène son piano de feu et la profondeur de ses décolletés : des formes généreuses tant sur le plan musical que plastique, qui lui ont valu, quand elle n’est pas en concert, d’écumer les plateaux de télévision aux heures de grande écoute, de régaler les réseaux sociaux de tenues suggestives et de se faire la part belle dans les journaux people.
La belle Géorgienne est à l’affiche de l’Orchestre symphonique de Radio France sous la direction de Mikko Franck, jeudi 1er et vendredi 2 mars. Au programme de ces concerts donnés au profit de l’Unicef, le Deuxième concerto de Rachmaninov où sa technique n’aura pas froid aux yeux.
Mikko Franck poursuivra, lui, l’exploration de l’œuvre symphonique de son compatriote Sibelius (Troisième symphonie) auquel il associe un Debussy de 18 ans, dont la célébration du centenaire de la mort ressuscite la très oubliée Symphonie en si mineur. Marie-Aude Roux
Concerts Debussy, Rachmaninov, Sibelius. Avec Khatia Buniatishvili (piano), Orchestre philharmonique de Radio France, Mikko Franck (direction). Maison de la radio, 116 avenue du Président-Kennedy, Paris 16e. Mo Passy, Ranelagh. Tél. : 01 56 40 15 16. Jeudi 1er et vendredi 2 mars, à 20 heures. De 10 € à 65 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ L’ancienne femme de Johnny Hallyday est revenue dimanche dans plusieurs interviews sur l’affaire concernant la succession autour du chanteur mort en décembre.
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Sylvie Vartan sur l’héritage de Johnny Hallyday : « Je ne peux pas imaginer que cela vienne de Johnny »

L’ancienne femme de Johnny Hallyday est revenue dimanche dans plusieurs interviews sur l’affaire concernant la succession autour du chanteur mort en décembre.



Le Monde
 |    25.02.2018 à 20h47
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 15h56
   





                        



   


Dans des interviews au Figaro, au Parisien et sur le plateau de France 2, Sylvie Vartan livre sa version de l’affaire, dimanche 25 février, autour de la succession de son ancien mari Johnny Hallyday, mort en décembre 2017. Son fils David, et Laura Smet dénoncent le testament américain de leur père au seul profit de sa veuve, Lætitia Hallyday.

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« Je peux pas imaginer que cela vienne de Johnny. J’ai du mal à le croire, regrette Sylvie Vartan dans son interview au Parisien. Ce n’est pas l’homme que j’ai connu, que j’ai aimé, follement. Non, je ne peux pas imaginer une seconde qu’il ait fait cela. Pour moi, c’est impensable qu’il ait pu renier sa propre histoire. »
« Je suis quelqu’un qui n’aime pas parler de choses très intimes mais je me sens obligée de sortir de ma réserve devant le déferlement, devant tout ce déballage assez dérangeant, l’exhibition de papiers personnels… Je n’ai jamais agi comme ça. »

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« Vaudeville sordide »
Au sujet des informations selon lesquels David Hallyday aurait reçu la part de la maison de ses parents, Mme Vartan conteste et explique au Parisien qu’elle ne « peut pas tolérer ce qu’on rapporte et ce qui est mensonger. Ce n’est pas une donation, c’est un jugement de divorce. » « Voir mon contrat de divorce ou d’autres documents intimes exhibés sur la place publique me met mal à l’aise, affirme-t-elle par ailleurs au Figaro parlant de « vaudeville sordide ». Je me demande qui envoie ces renseignements où la vérité est toujours travestie. » 

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« La justice fera son travail et voilà. Je ne peux que témoigner et parler de ma tristesse », a également confié Sylvie Vartan sur France 2, ajoutant que David, quant à lui, est « meurtri » et « blessé ».
Deux mois après la mort de Johnny Hallyday, les deux aînés du rocker, David et Laura, ont lancé des procédures pour faire annuler le testament de leur père, rédigé aux États-Unis au seul bénéfice de sa veuve Læticia, quand le camp adverse leur oppose des donations dont ils auraient déjà bénéficié.



                            


                        

                        


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Décryptage

Marrakech se rêve en carrefour de l’art contemporain en Afrique francophone

La ville, qui accueille une bouture de la foire londonienne 1:54, bénéficie du dynamisme de la scène marocaine et d’infrastructures attractives.

Par                                            Roxana Azimi (Marrakech, envoyée spéciale)




LE MONDE
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        Le 25.02.2018 à 18h00

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        Mis à jour le 26.02.2018 à 13h32






    
Au Musée Yves-Saint-Laurent de Marrakech, au Maroc, en octobre 2017.
Crédits : FADEL SENNA/AFP


Au Comptoir des mines de Marrakech, jeudi 22 février, c’était art, performances et musique gnaoua à tous les étages du superbe bâtiment art déco reconverti en galerie-centre d’art. Le propriétaire des lieux, Hicham Daoudi, ne s’en cache pas : il rêve de faire de ce lieu une galerie internationale, un tremplin pour une scène marocaine portée par des figures comme Mustapha Akrim ou Noureddine Tilsaghani.
Pour cet entrepreneur ambitieux, le Maroc vit un tournant sur le plan artistique. « Nous n’avons pas le PIB des puissances occidentales, mais il existe un dynamisme qui permet le commerce de nombreuses formes d’art », insiste-t-il. Et d’ajouter, volontiers lyrique : « Il se passe quelque chose de grandiose actuellement, car nous avons la chance de voir émerger une génération en or, accompagnée de professionnels audacieux et talentueux qui bouleversent les codes anciens. »

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Touria El Glaoui, fondatrice de la foire 1:54, en fait partie. Après le lancement à Londres, voilà cinq ans, de ce salon dédié à l’art du continent africain, la jeune femme a inauguré jeudi une bouture à Marrakech, dans l’hôtel La Mamounia (jusqu’à dimanche). Un coup d’envoi prudent – à peine 17 galeries – mais réussi, avec quelques expositions remarquables consacrées à Abdoulaye Konaté ou Ernest Mancoba et une foule d’artistes talentueux à découvrir, comme le Guinéen Nu Barreto, le Marocain Hicham Benohoud et l’Américain Kyle Meyer.
« Les Marocains préféraient se cacher »
Le choix de Marrakech pour le lancement d’une greffe africaine n’est pas anodin. Cosmopolite, la ville jouit d’une infrastructure hôtelière et de charmes patrimoniaux qui séduisent les touristes. Elle compte aussi beaucoup d’expatriés, notamment exilés fiscaux français, enclins à la dépense. « C’est une ville-carrefour, un pont parfait entre le nord du continent, le Sud, le Moyen-Orient et l’Europe », résume Touria El Glaoui. Hicham Daoudi l’avait bien compris en lançant en 2010 la Marrakech Art Fair, qui s’est arrêtée après deux éditions, à la suite des printemps arabes, faute de sponsors publics et privés.

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De l’eau a coulé sous les ponts. Même si les collectionneurs marocains restent plus portés sur l’art classique, quelques-uns s’aventurent sur les travées de l’art actuel. Le magnat de l’immobilier Alami Lazraq a ainsi créé à Marrackech le Musée d’art contemporain africain Al-Maaden (Macaal), inauguré fin 2016. Patron du groupe immobilier TGCC, Mohamed Bouzoubaa a quant à lui ouvert en novembre 2017 un espace pour déployer sa collection d’art au sein de son siège social.
Après avoir reçu 5 000 visiteurs en 2017, le Macaal s’est professionnalisé. « Il y a encore cinq ans, un tel musée aurait été impossible, confie son président, Othman Lazraq, 29 ans. Les Marocains ont longtemps été superstitieux, ils préféraient se cacher. L’architecture de Marrakech même en témoigne, avec la médina, ses murs aveugles. Mais aujourd’hui on s’ouvre ! Et il y aura d’autres initiatives de ce type. »
Un marché intérieur encore embryonnaire
La scène marocaine est plus dynamique que jamais. « De plus en plus d’artistes étrangers vont venir s’installer ici pour produire, dans de bonnes conditions, avec tout un système de résidences comme le Jardin rouge ou le Comptoir des mines », observe Meryem Sebti, rédactrice en chef de la revue d’art Diptyk. Et certains artistes étrangers ont déjà pris leurs quartiers à Marrakech, à l’instar du Belge Eric van Hove.
Cette effervescence nourrit beaucoup d’espoirs et pose une question : le Maroc peut-il devenir un carrefour du marché de l’art en Afrique francophone, au même titre que l’Afrique du Sud pour le versant anglophone ? « Oui, car il y a un marché intérieur, et pour les ressortissants de pays africains, il est plus facile d’aller au Maroc qu’ailleurs », estime Nicole Louis-Sidney, directrice de la galerie LouiSimone Guirandou, à Abidjan : « Pour nous Ivoiriens, il y a des vols directs et pas besoin de visa. »

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« L’avantage du Maroc, c’est aussi sa stabilité politique, quand beaucoup de pays africains sont dans des situations incertaines », complète la galeriste parisienne Nathalie Obadia, qui a donné le 23 février une conférence sur la géopolitique et le marché de l’art contemporain au Musée Yves-Saint-Laurent de Marrackech. Mais le marché intérieur marocain est encore embryonnaire par rapport à celui de l’Afrique du Sud, faute de grand musée d’art contemporain de la taille du Zeitz Mocaa, au Cap.
« Le contrôle des changes est un problème »
A Marrakech, l’activité est saisonnière, de novembre à mai. Le triangle vertueux du collectionneur enclin au risque, de la galerie courageuse et de l’artiste prometteur reste rare. « Ce cercle est encore grippé chez nous, car beaucoup d’artistes prometteurs ou déjà bien lancés, comme Younes Rahmoun ou Mounir Fatmi, n’ont pas de galerie au Maroc, admet Meryem Sebti. Le collectionneur marocain a du mal à suivre leur carrière pourtant formidable à l’étranger. Même si certaines de nos plus grosses galeries font des foires, aucune d’entre elles n’a encore passé la taille critique pour pouvoir animer une cote et une carrière internationale pour ses artistes. »

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Restent deux écueils de taille : le contrôle des changes et une TVA à l’importation de 10 %, à laquelle se greffent 4 % de taxes diverses. « Les taxes ne sont pas rédhibitoires, mais le contrôle des changes est un vrai problème, admet Philippe Boutté, directeur de la galerie Magnin-A, à Paris. C’est très handicapant car pour des raisons administratives, une transaction peut mettre plus de huit mois avant d’être soldée. »


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ A voir ce soir. Avec ses dialogues crus et ses héroïnes attachantes, l’adaptation de la série norvégienne relate le quotidien d’une bande d’adolescents (sur France 4 à 19 h 50).
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TV – « Skam France », le nombril jeune

A voir ce soir. Avec ses dialogues crus et ses héroïnes attachantes, l’adaptation de la série norvégienne relate le quotidien d’une bande d’adolescents (sur France 4 à 19 h 50).



Le Monde
 |    25.02.2018 à 16h00
    |

            Pauline Croquet








                        


Série sur France 4 à 19 h 50

En Norvège, Skam est un véritable phénomène. Souvent comparée à la britannique Skins, cette série, dont le titre signifie « honte », ne s’impose aucun tabou pour raconter le quotidien d’une poignée de lycéens de la banlieue aisée d’Oslo, au cœur d’un récit presque sans adultes : les cours, leurs soirées très alcoolisées, leurs amis, la quête de popularité et la sexualité à explorer. Cette authenticité a également séduit à l’étranger, notamment en Europe, où la série connaît diverses adaptations. En France, les deux premières saisons de la version française sont diffusées sur France 4.
Toutefois, les téléspectateurs ont déjà pu se familiariseravec le casting hexagonal. En effet, la série a été lancée début février sur les réseaux sociaux, l’une des ­particularités de Skam. Les épisodes sont construits avant tout comme un programme à consommer en ligne plutôt que devant un écran de télévision.
Les premiers moments se concentrent sur Emma (Philippine Stindel), jeune femme taciturne et plutôt esseulée depuis qu’Ingrid et sa bande peu amène l’ont écartée. Emma va finir par tisser des liens d’amitié avec Manon, Daphné, Alexia et Imane, quatre autres filles de 2de qui ont décidé de s’allier pour organiser la fête la plus impressionnante de l’année et gagner enfin leurs galons de « meufs cool ».

Un des enjeux majeurs pour le réalisateur, David Hourrègue, était de confier la tête d’affiche à de jeunes actrices devant remplacer leurs homologues norvégiennes devenues iconiques. Le casting spontané et représentatif d’une féminité plurielle et multiculturelle a d’ailleurs contribué au succès de Skam. Ici, la présence d’Assa Sylla, découverte dans Bande de filles, de Céline Sciamma, et l’exubérance de Coline Preher pimentent un jeu de groupe relativement policé. Pour autant, Skam France fait partie de ces séries esthétiques et réalistes qui renouvellent les programmes pour adolescents autrefois cantonnés aux grilles des matinales pour enfants et souvent caricaturaux. Les préoccupations ne sont pas niaises, les dialogues parfois crus. Et les blessures profondes. Les Grands, diffusé sur OCS, avait brillamment ouvert la brèche en racontant, à travers le passage du collège au lycée, les tourments de l’entrée dans l’âge adulte d’une bande d’amis attachante et turbulente.
Sur le fond, Skam France reprend la trame et les personnages de sa grande sœur norvégienne, tout en les retravaillant afin qu’ils puissent trouver un meilleur ancrage dans la société française. Et si les premiers épisodes de la VF collent quasi plan par plan à la version originale, les suivants s’en affranchissent peu à peu. La réalisation sage, soignée et respectueuse de l’œuvre originale risque cependant d’ennuyer les fans de la première heure.

   


Chaque épisode de Skam consiste en une compilation de séquences de quelques minutes qui s’étendent sur une semaine. Les chapitres sont au préalable publiés en temps réel sur une page Facebook et sur France TV Slash, un nouvel espace en ligne de France Télévisions dévolu aux 18-30 ans. De même, onze des personnages ont un compte Instagram alimenté quotidiennement en photos et vidéos dans la temporalité de la série, brouillant agréablement la frontière entre réalité et fiction. Une ambitieuse expérience en ligne qui semble maintenir l’internaute dans la confidence et permet de développer la psychologie des personnages.
Skam France, adaptée de la série créée par Julie Andem. Avec Philippine Stindel, Lula Cotton Frapier, Marilyn Lima (Fr., 2018, 9x20 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Dans un récit né d’un voyage et de conversations dans l’est de la Turquie, l’écrivaine fait le point sur son combat pour la démocratie et sur l’état de son pays.
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Oya Baydar bouleversée au Kurdistan

Dans un récit né d’un voyage et de conversations dans l’est de la Turquie, l’écrivaine fait le point sur son combat pour la démocratie et sur l’état de son pays.



Le Monde
 |    25.02.2018 à 09h00
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            
Dialogues sous les remparts (Suronu diyaloglari), d’Oya Baydar, traduit du turc par Valérie Gay-Aksoy, Phébus, 160 p., 15 €.

Auteure engagée, militante de gauche, emprisonnée dans sa jeunesse pour ses idées, Oya Baydar, 77 ans, n’est pas femme à se laisser décourager. C’est pourtant ce qui lui est arrivé, le 31 décembre 2015, face aux remparts de Diyarbakir, la grande ville kurde du sud-est de la Turquie. Pétrifiée, impuissante, l’auteure entend les tirs et les explosions qui, de l’autre côté de la muraille, émergent de Sur, le quartier historique. Voici des semaines que son lacis de ruelles, sa mosquée Kursunlu du XVIe siècle, ses églises arméniennes, sont devenues le terrain d’affrontement des rebelles kurdes armés contre les forces turques.
La guerre la plonge dans le désarroi. « Je n’en saisis pas la logique, je ne comprends pas ceux qui l’ont décidée, je ne sais plus quoi penser. Je suis démunie. » Venue dans la région avec un groupe d’intellectuelles compatissantes, elle en repart bouleversée. « Pourquoi suis-je là alors que je sais très bien qu’il me sera impossible d’éteindre ce brasier ? »
Du côté de la vie
Le brasier va se consumer pendant des mois. Des adolescents armés ont creusé des tranchées au centre des villes kurdes au nom de « l’autonomie ». La riposte des forces de l’ordre est féroce, la population se retrouve prise entre deux feux. La rébellion est écrasée au printemps 2016 au prix de plusieurs milliers de morts et de plusieurs centaines de milliers de déplacés. Tout un pan du centre historique de Diyarbakir est alors rasé, un projet immobilier voit le jour, tracé au cordeau, sans ruelles et sans âme.
De ces émotions, de ces doutes, Oya Baydar a fait un livre, Dialogues sous les remparts, le déroulé d’une conversation entre deux intellectuelles. L’une est turque, l’autre kurde. L’une et l’autre sont tiraillées...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ L’artiste français est en lice, avec Agnès Varda, pour l’Oscar du meilleur documentaire qui sera décerné le 4 mars. Il termine dans la ville californienne une fresque murale à laquelle 1 000 habitants ont participé.
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A San Francisco, JR au royaume des sans-abri et du street art

L’artiste français est en lice, avec Agnès Varda, pour l’Oscar du meilleur documentaire qui sera décerné le 4 mars. Il termine dans la ville californienne une fresque murale à laquelle 1 000 habitants ont participé.



Le Monde
 |    25.02.2018 à 06h44
    |

            Corine Lesnes (San Francisco, correspondante)








                        


LETTRE DE SAN FRANCISCO
La star du moment en Californie est le « street artist » français connu sous le surnom de « JR ». Ses gigantesques photos en noir et blanc, découpées dans des morceaux de carton, sont partout. Comme le chapeau et les Ray-Ban dont il ne se sépare jamais : une garantie, dit-il, de son anonymat. Quand il passe les frontières et filme sans autorisation, on ne le reconnaît pas. « Je ne travaille pas que dans des démocraties », insiste-t-il.
JR vient de passer un mois à San Francisco. Il y a photographié les habitants pour son projet de fresque multimédia géante – quarante mètres de long sur six mètres de haut – qui sera exposée en 2019 au SFMoMA, le Musée d’art moderne de la ville. C’est son premier « mural » depuis celui de la cité des Bosquets à Montfermeil (Seine-Saint-Denis), qui l’a fait passer du rang d’auteur de graffitis à celui d’artiste-activiste exposé dans les musées.
Pourquoi San Francisco ? Parce que la ville recèle à la fois « une immense richesse » et un nombre insupportable de sans-abri. C’est aussi la capitale américaine des « murals ». Diego Rivera y a travaillé en 1931 et en 1940 ; le peintre mexicain a laissé trois fresques, dont la légendaire Pan American Unity – et nombre d’émules du côté de Mission Street.
JR n’est pas passé inaperçu dans la Baie. Le 8 février, l’artiste était invité chez Salesforce, le géant du logiciel d’entreprise, pour une rencontre avec le premier ministre canadien, Justin Trudeau, en visite en Californie. Il a réussi à lui glisser dans les bras l’Agnès Varda de carton qui l’accompagne partout depuis que le documentaire qu’ils ont tourné ensemble, Visages, Villages, primé à Cannes en 2017, est en lice pour l’Oscar. Le trophée sera décerné le 4 mars à Hollywood. D’ici là, JR aura commencé à afficher à New York les visages géants de réfugiés syriens saisis dans le camp de Zaatari, en Jordanie. « Si proches » (« So close ») : c’est le nom qu’il a donné à l’exposition qui ouvrira à l’Armory Show.
« Rapprocher les gens »
Le Français a touché le cœur de la Californie lorsqu’il a suspendu l’effigie d’un enfant d’un an au-dessus de la frontière mexicaine, en septembre 2017. « Kikito » (c’est le nom du bambin, dont la famille vit dans le voisinage) est perché sur un échafaudage de 20 mètres de haut et regarde au-dessus du mur, curieux de savoir ce qu’il y a de l’autre côté. Par coïncidence, Donald Trump venait juste d’annoncer qu’il mettait fin au programme DACA protégeant les jeunes « Dreamers » amenés clandestinement aux Etats-Unis par leurs parents.
L’image de l’enfant a attendri le monde entier. Des centaines de visiteurs ont afflué des deux côtés de la frontière. La police a laissé faire. « Les images sont des prétextes pour rapprocher les gens », revendique l’artiste.

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Ce 11 février, JR stationne une dernière fois dans les rues de San Francisco avec son camion-studio photo. Il est à Bayview, un ancien quartier noir en voie de gentrification. Pas de casting, tout est laissé au hasard des rencontres.
Voilà Iheem Antone, 17 ans, un acrobate du vélo. JR et lui se sont compris tout de suite. Le jeune Américain passe et repasse sur son vélo jaune, une roue en l’air, un pied sur la selle. JR filme avec son iPhone. Le clip sera aussitôt sur Instagram, où l’artiste compte 1,1 million d’abonnés. Le street art n’a pas de frontières.
« Vous faites un truc bizarre, et vous trouvez des gens qui font la même chose à l’autre bout du monde, s’amuse-t-il. On a l’impression de faire partie de la même famille. »
« Une fresque, c’est le miroir d’une ville »
Dans son camion, JR a installé un studio, avec un panneau tendu sur un fond vert sur lequel les gens posent dans la tenue de leur choix. Les volontaires enregistrent d’abord une brève déclaration. Nom, âge, présentation. Jeanice Smith, 57 ans, chaussures vermillon à talons, ne savait pas quoi dire. Elle sortait de la messe, elle a chanté Amazing Grace. Le suivant est un PDG, Joe Gebbia, le cofondateur d’Airbnb, qui est venu avec son chien Bélo.
« Ce n’est pas une photo de groupe. C’est un groupe de photos. Chacun a une place. Personne n’a plus de place qu’un autre » JR
Les photos sont immédiatement imprimées en miniature et découpées. JR les place sur un panneau où il compose la fresque. Il déroule une histoire, un scénario comme si les inconnus du monde étaient reliés les uns aux autres sans s’en douter.
En tout, plus de mille habitants de San Francisco ont fait la queue pour figurer sur le « mural ». L’équipe avait compté sur 700 participants. Plutôt que de refouler des candidats, elle a décidé d’agrandir l’œuvre. « Une fresque, c’est le miroir d’une ville », explique JR. En noir et blanc, les inégalités sont estompées. « Ce n’est pas une photo de groupe. C’est un groupe de photos. Chacun a une place. Personne n’a plus de place qu’un autre », insiste-t-il.
JR dit qu’il n’a jamais vu autant de sans-abri qu’à San Francisco. Il s’est mis à les photographier, en marge de son « mural ». Aussitôt imprimées, les photos géantes de homeless étendus sont collées sur le toit du semi-remorque. Filmées par un drone, les images sont postées sur les réseaux sociaux. On y voit des sans-abri qui flottent dans la ville, endormis au milieu des véhicules en mouvement. Dans le monde de JR, tout fait art, et sens, même le toit d’un camion.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. Rencontre aux Deux-Magots, à Paris, avec la parolière à succès qui sort de l’ombre, à 88 ans, grâce à son autobiographie.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/02/2018
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Un apéro avec Vline Buggy : « La chanson a été ma joie, elle m’a sauvée »


                      Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. Rencontre aux Deux-Magots, à Paris, avec la parolière à succès qui sort de l’ombre, à 88 ans, grâce à son autobiographie.



Le Monde
 |    25.02.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
25.02.2018 à 18h03
    |

            Denis Cosnard








                              

                        

« Vline Buggy ». Gamin, j’avais été frappé par ce nom étrange au dos des pochettes de disques qui passaient dans les boums. « Adapt. Vline Buggy » : je ne comprenais pas pourquoi il revenait à un Américain de transformer If I Had a Hammer en Si j’avais un marteau. Un Français n’aurait pas été plus à l’aise ?
Cet après-midi de février, quelques décennies plus tard, le voici face à moi, ce fameux Vline : une délicieuse Parisienne aux yeux pétillants et à la mèche blonde fraîchement laquée. Aux Deux-Magots, avec Saint-Germain-des-Prés en arrière-plan, elle prend la pose entre deux tables, sourit au photographe. « A 88 ans, je commence ma vie de star ! »
Jusqu’à présent, les vedettes étaient les autres, l’étincelante cohorte des chanteurs pour qui elle a écrit des centaines de textes à succès : Johnny Hallyday (Le Pénitencier), Michel Sardou (Les Bals populaires), Hugues Aufray (Céline), Herbert Léonard (Pour le plaisir), mais aussi France Gall, Dalida, Juliette Gréco, Régine et tant d’autres. Sans oublier « Cloclo », son client numéro un : 73 chansons au compteur, dont Belles ! Belles ! Belles ! et Le Jouet extraordinaire. De façon étonnante, elle a d’ailleurs intitulé Claude François son autobiographie qui sort ce mois-ci (L’Archipel, 220 p., 18 €) et la fait sortir de l’ombre. Comme si leurs destins étaient liés à ­jamais, quarante ans après le décès brutal du chanteur malheureux.
« Avec Claude, nous avions tissé une relation fraternelle, très forte », raconte-t-elle en commandant un verre d’eau – « avec un peu de menthe, si vous avez ». Elle ­reprend : « J’ai beaucoup écrit pour lui, avec lui. Il me suggérait des musiques, des mots, je rebondissais. Il voulait des refrains simples et directs, je les lui fournissais. Je lui ai préparé des gâteaux à la cannelle. J’ai dessiné des costumes pour les Clodettes. Je lui ai même...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ L’Ours d’or est allé à « Touch Me Not » de la Roumaine Adina Pintilie, le Grand Prix du jury à « Twarz » de la Polonaise Malgorzata Szumowska.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/02/2018
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Berlinale : deux réalisatrices d’Europe de l’Est couronnées

L’Ours d’or est allé à « Touch Me Not » de la Roumaine Adina Pintilie, le Grand Prix du jury à « Twarz » de la Polonaise Malgorzata Szumowska.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 20h14
 • Mis à jour le
25.02.2018 à 17h21
    |

                            Thomas Sotinel (Berlin, envoyé spécial)








                        



   


Deux réalisatrices d’Europe de l’Est ont remporté les principales récompenses du palmarès de la 68e Berlinale qui s’est achevée samedi 25 février. L’Ours d’or du meilleur film est allé à Touch Me Not, premier long-métrage de la Roumaine Adina Pintilie, l’Ours d’argent, Grand Prix du jury, a distingué Twarz (tronche), de la Polonaise Malgorzata Szumowska.
Le jury paritaire, présidé par le cinéaste allemand Tom Tykwer, et qui réunissait l’actrice Cécile de France, la productrice Adele Romanski et la critique Stephanie Zacharek, toutes deux américaines, le musicien japonais Ryuichi Sakamoto et l’ex-directeur de la cinémathèque espagnole Chema Prado, a su faire face à la sous-représentation des femmes dans les films retenus pour la compétition.
Sur les dix-neuf longs-métrages qui concouraient pour l’Ours d’or, quatre seulement étaient l’œuvre de réalisatrices. Or, dès la soirée d’ouverture, cette édition de la Berlinale a été marquée par le mouvement féministe qui a enflé dans le sillage de l’affaire Weinstein.

        Lire le reportage :
         

          Lutte contre le harcèlement, débat sur la parité, la Berlinale se met à l’heure #metoo



Une excursion dans l’intimité
Touch Me Not est loin d’avoir fait l’unanimité parmi la critique et les premiers spectateurs (la Berlinale est un festival ouvert au public). Entre manuel de développement personnel et exercice formel, le film met en scène les efforts d’une femme (l’actrice britannique Laura Benson) pour surmonter sa phobie des contacts physiques.
De thérapie de groupe en expériences tarifées, la réalisatrice mêle personnages de pure fiction et des hommes et des femmes qui tiennent le rôle qui est le leur dans la réalité. Cette excursion dans l’intimité, guidée par deux regards féminins, celui de l’actrice, celui de la réalisatrice, parfois présente à l’écran, a séduit un second jury, celui qui attribuait le prix du meilleur premier film.

   


Twarz n’aborde pas la thématique du genre, si ce n’est par le biais d’une violente critique de l’emprise de l’Eglise catholique sur la population d’un petit village polonais. Le film de Malgorzata Szumowska est, comme l’a expliqué la réalisatrice en recevant son prix, un avertissement sur l’état de son pays « mais aussi de toute l’Europe et du monde entier ». A travers le destin d’un marginal qui travaille à l’érection de la plus grande statue du Christ jamais dressée au monde, et manque d’y perdre la vie, Twarz recourt à toutes les armes, y compris les plus éprouvées, de la satire.
« La Valse de Waldheim », meilleur documentaire
Développant un thème voisin – le repli d’un pays sur lui-même –, le film de l’Autrichienne Ruth Beckermann, Waldheims Walzer (La Valse de Waldheim) qui raconte l’élection de l’ex-secrétaire général des Nations unies à la présidence autrichienne en 1986, alors que les révélations sur son passé pendant la seconde guerre mondiale se multipliaient, a reçu le prix du meilleur documentaire, attribué par un troisième jury.

        Lire le compte-rendu :
         

          A la Berlinale, la démocratie trébuche



Le prix d’interprétation masculine est allé au jeune acteur français Anthony Bajon qui incarne un toxicomane cherchant la guérison au sein d’une communauté catholique dans La Prière, de Cédric Kahn. La comédienne paraguayenne Ana Brun a reçu l’Ours d’argent de la meilleure actrice pour son rôle dans Las Herederas (Les Héritières) de son compatriote Marcelo Martinessi par ailleurs distingué par le prix Alfred Bauer qui va à un long-métrage « ouvrant de nouvelles perspectives ».
L’Ours d’argent du meilleur réalisateur est allé à Wes Anderson pour L’Ile aux chiens, son beau film d’animation présenté en ouverture du festival, le 15 février. Bill Murray, qui prête sa voix à l’un des héros canins, a, en recevant cette récompense à la place du cinéaste, absent, remarqué : « C’est la première fois que je pars au travail comme un chien et que j’en reviens avec un ours ».

        Lire le récit :
         

          Menu pantagruélique à la Berlinale






                            


                        

                        


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TV – Les émissions hip-hop cartonnent sur le Net

Faute de programmes consacrés au genre à la télévision, les artistes créent leurs talk-shows sur YouTube.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
25.02.2018 à 18h00
    |

                            Stéphanie Binet








                        



Depuis quelques mois, les émissions de hip-hop sur le Web, telles « Rapelite », « Rentre dans le cercle » et « Le Mike et l’Enclume » d’Arte Radio, battent des records de vues. Et le phénomène fait des émules, à l’instar du « Grand Pari ». Cette émission de deux heures, enregistrée avec les moyens de la télé, est le fruit d’une rencontre entre une figure de la culture hip-hop, Juliette Fievet, et une productrice, Sabrina Iwanski, de LGM Télévision, qui réalisait jusque-là des captations de concerts pour la télévision. Lors de celle qui a été tournée en public à l’Aérosol de Paris, le 6 décembre 2017, la présentatrice plantait ainsi le décor : « On va faire les choses par nous et pour tous. » Un mois après la diffusion sur YouTube du programme – qui se veut une version moderne du « Grand Echiquier » de Jacques Chancel –, le pari est relevé, avec plus de 100 000 vues cumulées.
Ces dernières années, Juliette Fievet, rédactrice en chef et présentatrice, a tenté de proposer aux chaînes « des programmes généralistes de divertissement et d’information qui avaient pour principaux protagonistes des rappeurs ». En vain. « A chaque rendez-vous, je me retrouvais soit dans le département diversité, soit devant des chefs d’antenne, complètement armoires », affirme-t-elle. Celle qui a été, entre autres, manageuse du rappeur Kery James puis chroniqueuse pour France Ô et RFI, a un avis assez tranché sur les directeurs de chaîne qu’elle a pu rencontrer : « Ils ne sont pas conscients de ce que sont les Français aujourd’hui. Ils ont la tête dans leurs audiences et sont très manichéens. Pour eux, par exemple, il est inconcevable que je puisse être de culture ch’ti et aimer le rap. »

Dans « Le Grand Pari », les artistes ont le temps de montrer toutes leurs facettes. Ainsi Lino, rappeur du groupe Arsenik, donne des conseils sur la nutrition, sur la lecture de la presse, et modère les avis de son interlocutrice sur la musique dans les médias ou sur la condition des femmes dans le rap. L’émission met en évidence le traitement des artistes hip-hop en télé. Ainsi Vald, rappeur d’Aulnay-sous-Bois, refuse de se rendre dans les talk-shows. « Quand ils invitent des rappeurs, ils essaient de trouver des accroches pour toucher leur cœur de cible. Malheureusement, leurs accroches sont toujours les mêmes : l’insécurité ou la misogynie. Finalement, ça donne un truc d’abruti et d’analphabète. »
Battle d’artistes émergents
Silvain Gire, responsable d’Arte Radio et producteur depuis cinq ans du podcast « Le Mike et l’Enclume », une émission critique sur le rap, confirme : « Les médias généralistes continuent de s’adresser au Parisien, blanc, la cinquantaine, qui a de l’argent, c’est-à-dire moi. Mais la France d’aujourd’hui, ce n’est pas Silvain Gire. » Animé par une équipe de cinq passionnés non professionnels, « Le Mike et l’Enclume » ne veut s’adresser qu’à ceux qui partagent leur amour du rap : « Ce qu’on perd en rigueur journalistique, assure le producteur, on le gagne en passion. »

C’est également la démarche de Max Brodi, 27 ans, avec « Le Règlement », une émissioncréée sur YouTubeen novembre 2016 qui compte plus de 290 000 abonnés et 15 millions de vues. Originaire de la Drôme, cet ancien étudiant d’une école de commerce propose à chaque épisode une analyse littéraire et iconographique de ses rappeurs préférés. « Je voulais partager mon intérêt pour le rap, et faire des ponts entre toutes les cultures. » Et aussi combler un vide : « Depuis deux, trois ans, l’actualité du rap s’accélère mais les médias traditionnels ne suivent pas. » Afin de poursuivre son activité, il fait appel aux dons de ses abonnés, à qui il propose deux fois par mois des analyses et, toutes les semaines, un nouveau freestyle. Et vient de lancer une radio Web.
Le rappeur Sofiane a également créé son programme sur YouTube en septembre 2017. Là encore, les chiffres sont impressionnants : plus de 13 millions de vues cumulées. Fort de ce succès, il lancera en mars une nouvelle saison de ce qui s’apparente à une « battle » où s’affrontent en rime des artistes émergents, départagés par le public et des professionnels du rap. « Je ne l’ai pas fait contre les médias généralistes, affirme-t-il, mais en complément. En fait, c’est très “has been” de dire que le rap est boycotté par les médias. »

Même son de cloche du côté de Mouloud Achour, producteur et présentateur de « Clique dimanche » sur Canal+ et du site Clique-TV : « Pendant longtemps, on a fait de la télé avec l’esprit rock’n’roll incarné par Antoine de Caunes ou Thierry Ardisson. Aujourd’hui, il faudrait qu’elle se renouvelle avec l’esprit hip-hop, soit une grille de lecture de l’actualité bien à elle. Tant pis si cette culture grandit en dehors des médias traditionnels. C’est même mieux. Regardez Clique : nous avons commencé à fonctionner quand la première version de notre émission s’est fait virer de l’antenne après une saison en 2014. En fait, c’est en s’affranchissant des codes de la télé, de ses limites de temps que nous avons pu évoluer. » Aujourd’hui « Clique dimanche » cumule plus de 100 millions de vues sur le Net, dont 60 % proviennent de l’international.



                            


                        

                        

