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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Dix-sept milliards par an : c’est le coût social pour la France de la sédentarité, impliquée dans l’obésité et le diabète. Un an après l’instauration du « sport sur ordonnance », certains innovent, comme à Murat, dans le Cantal.
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Bouger, c’est préserver sa santé

Dix-sept milliards par an : c’est le coût social pour la France de la sédentarité, impliquée dans l’obésité et le diabète. Un an après l’instauration du « sport sur ordonnance », certains innovent, comme à Murat, dans le Cantal.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 18h00
    |

            Sandrine Cabut (Murat (Cantal), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Un, deux, trois… Debout sur une jambe, quatre femmes et hommes soulèvent en cadence un petit haltère avec une main. ­Objectif : effectuer le mouvement une douzaine de fois, sans poser pied à terre. Chacun a sa parade, un partenaire avec qui il alterne cet exercice d’équilibre et de renforcement musculaire. Certains sont à l’aise, d’autres un peu à la peine. Mais tous s’appliquent, sous l’œil attentif de Noël Bultez, éducateur sportif spécialisé en activité physique adaptée et coordonnateur de ce dispositif original de sport-santé en milieu rural, dans le département du Cantal.
En ce début décembre, malgré le froid et la neige qui se sont abattus depuis quelques jours, le groupe du mercredi soir est presque au complet. Dans la salle de danse de l’école de musique de Murat, au centre de cette bourgade de moyenne montagne de 2 000 habitants, huit des dix participants habituels sont au rendez-vous.
Pendant une heure, sur fond musical, ils vont enchaîner séries de tractions des bras avec des élastiques, mouvements de boxe, jeux divers pour activer le système cardio-respiratoire… Noël Bultez donne les consignes, corrige les gestes, ­encourage. Sans se priver de chambrer gentiment ses élèves. De leur côté, l’ambiance est bon enfant, potache presque. Quand l’éducateur sportif les envoie chercher des ballons en mousse dans la pièce à côté pour des exercices de lancers et de coordination, ils s’amusent à shooter dedans comme des gamins. Bavardent. Chahutent.
Tous ont pourtant quitté l’école et les terrains de sport il y a bien longtemps. Quadra ou quinquagénaires, ils sont actifs professionnellement, mais plus guère physiquement. Factrice, chauffeur de taxi ou encore aide-soignante, ils passent beaucoup de temps assis, au volant ou sur une chaise. Les superbes paysages du pays de Murat et du parc régional des volcans d’Auvergne ? Peu les explorent à pied ou à vélo, même le week-end. La plupart sont en surpoids, suivis pour un diabète, une hypertension,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ La ministre des sports souligne le rapport entre les maladies dont souffrent les Français et leurs pratiques sportives.
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Laura Flessel : « L’objectif, c’est trois millions de pratiquants en plus »

La ministre des sports souligne le rapport entre les maladies dont souffrent les Français et leurs pratiques sportives.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 18h00
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            

Environ 40 % des Français ne respectent pas les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en matière d’activité physique. Ministre des sports, Laura Flessel veut agir pour les inciter à bouger plus et développer le sport-santé.
La sédentarité des Français augmente. Pour vous, y a-t-il urgence à agir ?
En effet, les chiffres sont criants. Dix millions de personnes souffrent d’affections de ­longue durée, 3 millions sont diabétiques, 55 % des Français ne pratiquent pas ou plus d’activité sportive. Le sport-santé constitue l’un des axes forts de notre feuille de route. Notre ambition est d’aller chercher 3 millions de pratiquants supplémentaires, notamment des personnes éloignées de toute pratique sportive. Cela ­représente une augmentation de 10 %. Aujourd’hui, la France compte 34 millions de pratiquants (dont 17 millions de licenciés). Nous sommes une ­nation qui aime le sport mais qui n’a pas la culture du sport, d’où l’idée de proposer une offre plus large. Le président de la ­République a voulu un ministère des sports de plein exercice. Le ­challenge est celui de la ­transformation.
Comment y arriver ?
Nous avons une responsabilité citoyenne avec les Jeux olympiques et paralympiques en 2024. Notre ambition est de bâtir un écosystème qui intègre plus l’activité physique et sportive. Cela commence dès l’école. Avec le ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer, nous souhaitons labelliser dès la rentrée prochaine 100 infrastructures, écoles, collèges… pour faire redécouvrir le sport aux enfants et adolescents. En visant certains publics. Je pense en particulier aux filles, dont seulement 19 % à 24 % pratiquent une activité physique. De même, trop d’enfants handicapés n’ont pas accès à la pratique sportive dans les écoles. Outre les milieux scolaires et universitaires, nous voulons aussi développer la pratique sportive dans le monde de l’entreprise ou encore dans les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Un an après l’entrée en vigueur du décret, le dispositif reste sous-utilisé. En cause, un manque de financement et une filière qui reste à organiser.
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Les débuts laborieux du « sport sur ordonnance »

Un an après l’entrée en vigueur du décret, le dispositif reste sous-utilisé. En cause, un manque de financement et une filière qui reste à organiser.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 18h00
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            

C’était une mesure très attendue, la reconnaissance officielle de l’exercice physique comme une thérapeutique à part entière pour les 10 millions de Français souffrant d’une affection de longue durée (ALD) : accident vasculaire cérébral, diabète, cancer, Parkinson… Mais, un an après l’entrée en vigueur du décret permettant aux médecins la prescription d’activité physique adaptée dans le cadre des 29 ALD, le 1er mars 2017, le bilan du « sport sur ordonnance » est mitigé.
Absence de financement, complexité de la mise en œuvre : les limites, soulignées d’emblée par les spécialistes du secteur, se retrouvent dans les conclusions de la mission d’information du député de la Moselle Belkhir Belhaddad (LRM), rendue publique le 31 janvier. D’autres études sont attendues prochainement, dont une mission de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS).
Du côté des prescripteurs, un grand nombre de médecins traitants ne seraient « pas suffisamment formés aux enjeux du sport santé, ni informés du dispositif, alors qu’ils en sont le pivot », écrit M. Belhaddad, qui préconise une campagne de sensibilisation spécifique auprès de ces professionnels.
Plusieurs initiatives visent à améliorer leur information et leur formation, mais toutes ne sont pas opérationnelles. La Haute Autorité de santé doit ainsi formuler dans les mois à venir des recommandations ciblées, pathologie par pathologie, et des référentiels d’évaluation. Parallèlement sont attendues des « fiches Vidal » pour adapter les prescriptions sportives selon les maladies.
La question des intervenants spécialisés (enseignants en activité physique adaptée, éducateurs sportifs, kinésithérapeutes…) est encore plus complexe. Selon le rapport de M. Belhaddad, des certifications professionnelles et des formations complémentaires sont imposées à des éducateurs sportifs dispensant déjà de l’activité physique adaptée (APA), souvent titulaires de diplômes délivrés par les fédérations...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ « Le Monde » publie, après avoir anonymisé les noms qu’il contient, le document qui justifie la relaxe prononcée, le 14 février, à l’encontre de cet homme accusé d’avoir hébergé deux des terroristes du 13 novembre 2015.
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Retrouvez l’intégralité du jugement de Jawad Bendaoud

« Le Monde » publie, après avoir anonymisé les noms qu’il contient, le document qui justifie la relaxe prononcée, le 14 février, à l’encontre de cet homme accusé d’avoir hébergé deux des terroristes du 13 novembre 2015.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 17h46
    |

            Franck Johannès








                        


Par Charlotte Bouvier et Franck Johannès
Jawad Bendaoud, accusé d’avoir hébergé deux des terroristes du 13 novembre 2015, a finalement été relaxé le 14 février, alors que ses deux coprévenus ont été condamnés : Mohamed Soumah à cinq ans de prison pour avoir servi d’intermédiaire entre Jawad Bendaoud et Hasna Aït Boulahcen, la jeune femme qui cherchait à cacher les fuyards et a été tuée avec eux, lors de l’assaut du RAID, le 18 novembre. Son frère, Youssef Aït Boulahcen, poursuivi pour non-dénonciation de crime terroriste, a été condamné à quatre ans de prison dont un avec sursis.
L’affaire, largement relayée et traitée dans les médias est juridiquement plus compliquée qu’il n’y paraît ; le jugement de la 16e chambre correctionnelle donne le détail des faits, et explique la logique de la condamnation – et de la relaxe, qui a soulevé nombre d’interrogations. Le jugement a, certes, été frappé d’appel, et les trois hommes seront à nouveau jugés probablement en 2019. Reste qu’il s’agit d’un document essentiel pour comprendre les jours immédiats qui ont suivi les attentats, pour ce premier procès des tueries du 13-Novembre.

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                Jawad Bendaoud relaxé : 4 éléments pour comprendre le jugement



Le jugement original fait 144 pages ; nous y avons supprimé les noms et les coordonnées des quelque 670 parties civiles, pour l’essentiel les familles des victimes, ainsi que les adresses personnelles ou les noms des greffières. Youssef Aït Boulahcen a obtenu, avant le procès, de modifier son état civil, son nouveau nom a également été supprimé des minutes du jugement.

   L'intégralité du jugement Bendaoud by Le Monde on Scribd




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ L’ancien ministre de la justice de François Hollande est accusé par une association de s’être « enrichi personnellement », en acquérant sa permanence parlementaire avec son indemnité de frais de mandat.
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Jean-Jacques Urvoas visé par une enquête préliminaire pour « détournement de bien public »

L’ancien ministre de la justice de François Hollande est accusé par une association de s’être « enrichi personnellement », en acquérant sa permanence parlementaire avec son indemnité de frais de mandat.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 17h39
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 18h16
   





                        



   


Une enquête préliminaire a été ouverte sur des soupçons de détournement de fonds publics, après l’achat, puis la mise en vente par l’ex-garde des sceaux et ex-député du Finistère Jean-Jacques Urvoas de sa permanence parlementaire à Quimper, a confirmé, lundi 26 février, le parquet de Lorient.
L’enquête, ouverte fin janvier, fait suite à un signalement de l’association du Finistère Cicero 29 qui lutte pour la « probité des affaires publiques ». Elle a été ouverte par le parquet de Lorient, après le dessaisissement de celui de Quimper, pour des soupçons de « détournement de fonds publics », a précisé la procureure de la République de Lorient, Laureline Peyrefitte.
Pour acquérir en 2008 cette permanence parlementaire de 126 m2, située en plein centre de Quimper, « avec un certain cachet », M. Urvoas a bénéficié d’un prêt bonifié, remboursé par ses indemnités de député (IRFM), a affirmé à l’Agence France-Presse Jérôme Abbassene, membre de Cicero 29.

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                Plainte contre l’ancien député Jean-Jacques Urvoas pour utilisation abusive de ses frais de mandat



Elle a ensuite été louée, puis proposée à la vente par l’ancien député socialiste, battu aux législatives en juin 2017, pour une somme de 212 750 euros, selon M. Abbassene, qui pointe du doigt « l’enrichissement personnel » de M. Urvoas par le biais de cette opération.
« La taille, la situation, la valeur du bien, et le fait qu’il n’est pas accessible aux personnes en situation de handicap posent question », a expliqué M. Abbassene, entendu lundi avec le président de Cicero 29, Antony Auffret, par les enquêteurs de la police judiciaire de Rennes chargés du dossier.
Nouvelles règles pour les frais de mandat
En 2015, Assemblée puis Sénat ont édicté une liste des dépenses autorisées et interdites pour un parlementaire (dont l’acquisition d’un bien immobilier), et imposé le versement de l’IRFM sur un compte bancaire dédié.
Depuis janvier 2018, de nouvelles règles s’imposent aux députés pour les frais de mandat : ils disposent d’une « avance sur frais de mandat » de 5 373 euros comme l’ex-indemnité IRFM, dont 600 euros par mois pourront être dépensés sans justificatifs. Un contrôle aléatoire est prévu chaque année sur 120 députés.

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                Frais de mandat des députés : un chantier compliqué



Soupçonné d’avoir transmis au député Thierry Solère des informations sur une enquête pour fraude fiscale le concernant, Jean-Jacques Urvoas doit déjà faire face à une enquête de la Cour de justice de la République pour « violation du secret professionnel ». M. Urvoas n’a aujourd’hui plus de mandat : maître de conférence en droit public, il a recommencé à donner des cours aux universités de Quimper et de Brest, à Paris-Dauphine et à Sciences Po.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ En mars 2005, Alexandre Acheteur, 66 ans, acquiert un appartement et un garage dans une copropriété. Le garage étant un peu étroit, il envisage d’acquérir le « lot » numéro 16, qui lui est mitoyen – une ancienne buanderie dans laquelle certains habitants rangent vélos et poussettes. Ses ennuis commencent.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Condamné à la perpétuité pour meurtre en 1977, il a passé plus de quarante ans en prison. Son avocat demande sa grâce au président Emmanuel Macron.
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Incarcéré depuis plus de quarante ans, Michel Cardon demande la grâce présidentielle

Condamné à la perpétuité pour meurtre en 1977, il a passé plus de quarante ans en prison. Son avocat demande sa grâce au président Emmanuel Macron.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 16h17
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 18h12
   





                        


« Je vous demande solennellement (…) d’user de votre droit de grâce au bénéfice de M. Michel Cardon, détenu au centre de détention de Bapaume (Pas-de-Calais) sous le numéro d’écrou 7147 depuis quarante ans, trois mois et quatorze jours. » C’est par ces mots que Maître Eric Morain a demandé la grâce de son client à Emmanuel Macron, dans un courrier daté du lundi 12 février et révélé par Le journal du dimanche, dimanche 25 février. Il a également déposé une demande de libération conditionnelle qui sera examinée, le 15 mars, par le tribunal d’application des peines d’Arras.
« On dirait qu’il a été “oublié” en détention »
Selon son avocat, Michel Cardon est l’un des plus anciens prisonniers de France et aurait pu réclamer depuis vingt ans le bénéfice d’une liberté conditionnelle, mais il a purgé sa peine, isolé, sans contact avec l’extérieur. Son premier parloir en trente-huit ans d’incarcération sera celui de son codétenu tout juste libéré à l’été 2016.
La commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté de Lille (CPMS) qui a examiné son cas en janvier a, elle-même, constaté « qu’aucun projet d’exécution de peine n’a été imaginé à son sujet » et de s’étonner : « On dirait qu’il a été “oublié” en détention. »
Coupable d’un meurtre lors d’un cambriolage
En 1977, Cardon et un comparse avaient été condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre d’un voisin qu’ils avaient cambriolé. La peine de mort avait été requise. Les deux hommes étaient repartis avec un butin de 200 francs et une charrette d’objets dérisoires. Dans son courrier à Emmanuel Macron, Me Morain souligne l’absence de « dangerosité » de Cardon « éteint par cette trop longue détention ».




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ A l’occasion de nos conférences O21/ s’orienter au 21e siècle à Bordeaux, les 2 et 3 mars, reportage au lycée Edgar Morin, qui expérimente les pédagogies alternatives en plaçant l’élève au cœur de la démarche d’enseignement.
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O21. A Bordeaux, un lycée pour apprendre en cassant les codes

A l’occasion de nos conférences O21/ s’orienter au 21e siècle à Bordeaux, les 2 et 3 mars, reportage au lycée Edgar Morin, qui expérimente les pédagogies alternatives en plaçant l’élève au cœur de la démarche d’enseignement.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 14h49
    |

            Léa Iribarnegaray








                        



   


Elle va croire qu’on ne travaille pas, la journaliste. Mais ne vous inquiétez pas, on travaille, hein ! », nous lance Elsa, visage poupon, 16 ans. De fait, le profane pourrait en douter en découvrant au petit matin cette vingtaine d’adolescents dessinant un cercle allègre et anarchique devant le stand fromagerie de l’épicerie bio de Darwin – lieu alternatif emblématique de la rive droite de Bordeaux. Rien de plus commun, en revanche, pour ces élèves du lycée Edgar Morin (le LEM), établissement privé hors contrat ouvert en 2016.

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Ils partagent leur quotidien avec les entrepreneurs sociaux et les associations installés sur le site de cette ancienne caserne dévolue à la coopération économique et à la transition écologique. Et ils y appliquent l’esprit du lieu à la lettre : s’amuser et inventer de nouvelles façons d’apprendre, sans salle de classe attribuée. Dans les deux classes du LEM, la mixité est reine : enfants d’ouvriers ou de chefs de clinique, certains souffrant de troubles « dys », quelques autistes Asperger et autres décrocheurs, mais aussi une majorité de « bons élèves » sans difficultés dans le système classique. « Tout est question d’alchimie et d’inclusion », précise Nathalie Bois-Huyghe, fondatrice de ce lycée tout en mouvement, anthropologue et psychopédagogue. « Nous n’avons pas vocation à devenir l’école des enfants atypiques. »
Estime de soi et pouvoir d’agir
Ce matin, à l’épicerie, le cours s’intitule AP, pour « accompagnement personnalisé ». Après l’interlude de jeu, chacun prend sa place dans de douillets canapés en cuir, à deux pas des vendeurs qui déballent leurs cartons. « L’air de rien, nous avons travaillé les capacités d’attention et de cohésion du groupe », décode Nathalie Bois-Huyghe. Trois heures par semaine, pendant les séances d’AP qu’elle a dessinées à sa façon, elle déploie tout un éventail d’outils issus du théâtre, mêlant expression corporelle et temps de parole, pour développer l’estime de soi et le pouvoir d’agir.
Dans une forme de pédagogie performative, elle s’adapte à ce qui émerge avec les élèves. Cette fois-ci, il est question des tensions avec les parents. « Pour les disputes, j’ai pris un abonnement hebdomadaire ! », ironise un jeune. « Moi, c’est tous les jours », renchérit son voisin. Chacun intervient pour tenter de définir la « bienveillance » et repart avec quelques clés de communication non violente, à appliquer le soir même à la maison.
« On apporte sécurité et confiance. On remplace les murs par des oreilles attentives et des bras réconfortants » Adeline Sevre, membre de l’équipe du LEM
Pour les élèves du LEM, le cours de maths peut se faire sur les tatamis du studio de yoga, au « Bivouac ». La philo, pourquoi pas, au club nautique. Les humanités dans le bâtiment préfabriqué. La physique en « Métamorphose », l’une des salles de réunion, entièrement vitrée, de l’espace de coworking des « darwiniens ». Et tout est possible aussi en plein air, quand le temps le permet. Un hors les murs hors du commun, que l’équipe pédagogique rééquilibre avec un cadre humain solide. « On décloisonne tout en apportant sécurité et confiance. On remplace les murs par des oreilles attentives et des bras réconfortants », précise Adeline Sevre, éducatrice spécialisée de formation, en disponibilité de l’Aide sociale à l’enfance pour travailler au LEM à temps plein. « Mon boulot se joue dans les petits riens du quotidien. Pourtant il est primordial. »
Tous les jours, elle anime des sessions de quinze minutes inscrites dans l’emploi du temps : les « bonjour » et les « au revoir ». Des sas de communication qui permettent aux lycéens d’exprimer leurs joies et leurs mécontentements, dans une idée de coconstruction des pratiques pédagogiques. « On n’aime pas la méthode du prof de physique. Son cours est trop magistral. Moi j’ai besoin de comprendre comment Newton est arrivé à sa théorie ! », se plaint une tête bouclée de 1re S lors d’un « au revoir » explosif dans le préfa. Adeline Sevre calme le jeu : « Pas de jugement hâtif. Soyez force de proposition ! »
« Mon job, c’est de faire le grand écart entre les attentes institutionnelles et les valeurs d’ici » Maxime Garrigou, professeur d’anglais
Le lendemain, les onze élèves de 1re S peaufinent leur argumentaire avec Adeline : ils vont demander davantage de travaux pratiques, un échange en début de cours façon classe inversée, une salle plus aérée… « Sans entrer dans le clientélisme, les lycéens veulent du coopératif, ils attendent une vraie diversité dans les modes d’apprentissage », remarque Maxime Garrigou, professeur d’anglais récemment nommé coordinateur de l’équipe pédagogique du LEM. « Nous devons provoquer une acculturation chez les enseignants. Il s’agit de renoncer à l’aspect descendant de la posture, de décloisonner les matières et les pratiques », ajoute cet ancien formateur des professeurs stagiaires à l’université.
« Mon job, c’est de faire le grand écart entre les attentes institutionnelles et les valeurs d’ici, s’amuse Maxime Garrigou. On suit le programme, on choisit juste de l’enseigner différemment. » Si, au LEM, l’obtention du baccalauréat n’est pas une fin en soi, il ne s’agit pas non plus de se mettre à la marge, et tous ont envie de réussir. Emma-Louise, fan de mangas, bonnet AC/DC vissé sur des mèches bleues, a choisi une 1re L. « Je n’ai jamais été très bonne élève. Le bac, ça me stresse, mais j’espère l’avoir grâce aux matières artistiques. Ça se voit à ma tronche, je ne suis pas du genre à entrer dans le moule ! » C’est pendant un « workshop » sur le transhumanisme qu’elle songe à entrer dans une école de maquillage artistique, pour travailler dans le cinéma et les effets spéciaux. « Mais ça coûte trop cher, il faudrait que je fasse un emprunt. Je préfère rester à Bordeaux et tester l’animation 3D dans le jeu vidéo. »
« Différents profils d’apprentissage »
Ces workshops sont au cœur du dispositif de ce lycée expérimental : dans une démarche de pédagogie de projet, on casse les codes et les habitudes autour de trois grandes thématiques par an. Pendant un mois, les lycéens élaborent un projet en petits groupes et réalisent une production artistique qu’ils exposeront le jour du vernissage. Parmi les thèmes de l’année : les migrants et l’alimentation. Ils abordent ainsi, de façon transversale, les différents aspects du programme. « Temps de cours, temps de modules et temps de workshop se succèdent pour répondre aux différents profils d’apprentissage », explique Nathalie Bois-Huyghe.
En partant, on croise Félix, ancien décrocheur. « Au collège, j’avais pile la moyenne. On aimait bien me rabaisser. J’ai eu envie de me barrer. » Il quitte alors la côte basque et suit Mateo, son ami d’enfance, dans l’aventure du LEM. « Ici, on nous accompagne de ouf ! Je me sens moins complexé, moins enfermé. » Félix vit seul à Bordeaux et rentre le week-end voir sa mère et son frère. Pour la suite, il ne sait pas, peut-être un BEP de soigneur animalier : « J’aimerais partir en Alaska pour aider les loups, mais je n’ai pas envie que le lycée se termine. On est un peu l’année crash-test et c’est trop bien ! Je m’imagine revenir ici plus vieux : je serai fier de dire à mes enfants que j’étais pionnier. »

Un coût en fonction de ses revenus
Le lycée Edgar Morin a été inauguré en septembre 2016. A ce jour, deux classes sont ouvertes : 30 élèves en 2de et 30 en 1re, répartis entre les sections L, ES et S. A la rentrée prochaine, le LEM accueillera un total de 90 élèves : 30 en 2de, 30 en 1re et 30 en terminale. Lycée privé hors contrat et association loi de 1901 fonctionnant avec du mécénat, le LEM ne reçoit aucune subvention de l’Etat. Il détient néanmoins un numéro d’établissement, qui signale la validation de la démarche par le rectorat. Si toutes les classes sociales sont représentées, chaque famille paye 1 500 euros pour l’année. A la prochaine rentrée, le coût d’inscription sera déterminé en fonction du revenu des parents, allant de 0 à 5 000 ou 6 000 euros par an.



Participez à « O21 / S’orienter au 21e siècle »
Pour aider les 16-25 ans, leurs familles et les enseignants à se formuler les bonnes questions lors du choix des études supérieures, Le Monde organise la seconde saison d’« O21 / S’orienter au 21e siècle », avec cinq dates : après Nancy (1er- 2 décembre), Lille (19 - 20 janvier), Nantes (16-17 février), rendez-vous à Bordeaux (vendredi 2 et samedi 3 mars 2018, au Rocher de Palmer à Cenon) et Paris (samedi 17 et dimanche 18 mars 2018, à la Cité des sciences et de l’industrie).
Dans chaque ville, les conférences permettent au public de bénéficier des analyses et des conseils, en vidéo, d’acteurs et d’experts, et d’écouter et d’échanger avec des acteurs locaux innovants : responsables d’établissements d’universités et de grandes écoles, chefs d’entreprises et de start-up, jeunes diplômés, etc. Des ateliers pratiques sont aussi organisés.
Ils restent des places pour O21 Bordeaux ! Et les pré-inscriptions sont possibles pour O21 Paris.

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          En images : les temps forts d’O21 à Nancy



Pour inscrire un groupe de participants, merci d’envoyer un e-mail à education-O21@lemonde.fr. L’éducation nationale étant partenaire de l’événement, les lycées peuvent organiser la venue de leurs élèves durant le temps scolaire.





                            


                        

                        


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Lassée des insultes, Caroline De Haas explique pourquoi elle quitte les réseaux sociaux

En guise d’au revoir, la militante féministe adresse un avertissement à ses détracteurs : « On peut changer le monde sans être sur les réseaux sociaux. »



Le Monde
 |    26.02.2018 à 12h18
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 12h43
   





                        



   


Lassée des attaques, la militante féministe Caroline De Haas, déconnecte. Dans un texte intitulé « J’arrête », publié lundi 26 février, sur Mediapart, la militante annonce qu’elle quitte les réseaux sociaux.
« Je suis fatiguée de ces violences. Je suis fatiguée de savoir que mes ami.e.s, ma famille et mes collègues voient des messages haineux à mon encontre. Je suis fatiguée de ces espaces sur lesquels des agresseurs, par milliers, me harcèlement et m’insultent en toute impunité. J’arrête. Je quitte les réseaux sociaux pour un temps indéterminé. »
L’interview dans « L’Obs »
Elle revient sur la genèse de sa décision, situant le point de départ à un entretien accordé à L’Obs. « L’Obs publiait plusieurs interviews suite à la mobilisation #metoo sur les violences sexuelles », explique-t-elle. Publié le 14 février, et titré « Un homme sur deux ou trois est agresseur », le texte a été accueilli par « une vague de haine et de harcèlement sur les réseaux sociaux », relève Caroline De Haas, qui s’interroge sur l’intention du journal. « Pour faire le buzz. Sans se soucier qu’au passage, on casse, on brise. »
Comme elle l’avait fait le 15 février sur Facebook, la militante affirme avoir tenu des propos différents de ceux qui ont été publiés et retenus pour le titre : « Si une femme sur deux est victime, combien d’agresseurs nous entourent ? Est-ce un homme sur deux ? Un homme sur trois ? Je n’en sais rien. Je sais juste que c’est beaucoup. »
L’enquête de « Libération »
Elle se dit aussi victime collatérale de l’enquête de Libération relatant les abus sexuels contre des militantes syndicales de l’UNEF, l’Union nationale des étudiants de France entre 2007 et 2015, période pendant laquelle en était la secrétaire générale.
Après cet article, elle a été prise à partie sur Twitter par le chroniqueur Eric Naulleau, qui l’a accusée de complicité passive. « Parce qu’à l’époque je n’avais pas vu ces violences, c’est que j’étais complice. (…) Non, il a décidé de se payer une militante féministe », accuse-t-elle, renvoyant à l’enquête du Monde, en novembre 2017, dans laquelle elle donnait son point de vue. Elle poursuit : « J’étais une femme, une victime de violences, qui n’était pas formée pour détecter les violences dans mon entourage. En fait, j’étais comme l’immense majorité de la population. »
En guise d’au revoir, elle adresse un avertissement à ses détracteurs, qui sont loin d’être débarrassés d’elle : « On peut changer le monde sans être sur les réseaux sociaux. Je me dis même qu’on le change sans doute mieux sans eux. »



                            


                        

                        


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Les étudiants de santé devront faire un service sanitaire dans les écoles

Dès la rentrée 2018, les futurs praticiens mèneront des actions de prévention notamment sur l’alcool ou le tabac dans les établissements scolaires.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 12h16
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            Camille Stromboni








                        



   


Alcool, tabac, cannabis, activités sexuelles à risque… Les étudiants en santé vont devoir explorer de plus près des thématiques inhabituelles durant leur cursus. La ministre de la santé, Agnès Buzyn, et son homologue de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, devaient l’annoncer lors d’un déplacement à l’université d’Angers, lundi 26 février : dès la rentrée 2018, quelque 47 000 jeunes inscrits dans les filières de médecine, pharmacie, odontologie, maïeutique, ainsi qu’en études de soins infirmiers et de masseur-kinésithérapeute, devront effectuer un « service sanitaire » obligatoire.
Il s’agira pour ces étudiants de franchir la porte des collèges, des lycées, ou encore des universités, pour mener des actions de prévention, avec quatre thématiques privilégiées : l’alimentation, l’activité physique, les addictions et la santé sexuelle et affective.

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Les modalités de mise en œuvre de cette mesure, qui figure parmi les engagements de campagne d’Emmanuel Macron, ont fait l’objet d’un rapport du professeur de médecine Loïc Vaillant, remis ce même jour aux ministres. Le chantier est « ambitieux », y reconnaît l’auteur, avec un nouveau dispositif à mettre en place auprès d’un très large public en quelques mois seulement.
« Trois étapes »
Pas question d’attendre pour enclencher le « virage préventif » prôné par le gouvernement. « La prévention est une priorité de notre stratégie nationale de santé, souligne Agnès Buzyn. L’enjeu de demain, c’est comment préserver son capital santé. Nous formons aujourd’hui nos professionnels aux soins, ils doivent également être imprégnés de la culture de la prévention. »
Du rapport du professeur Vaillant, le gouvernement retient les grandes lignes : ce service sanitaire va durer l’équivalent de trois mois, à mi-temps (ou six semaines à temps plein, ou 60 demi-journées). « Il se déroulera en trois étapes, explique Frédérique Vidal. Avec tout d’abord une période de formation, pour donner les outils nécessaires aux étudiants. Ensuite, ces derniers vont les déployer en situation, en menant une action de prévention. Enfin, ils effectueront une restitution dans le contexte académique. »
Dans un premier temps, les terrains de ces actions devraient se concentrer sur les collèges, lycées et universités, qui offrent un grand nombre de structures potentielles, avec des relais déjà clairement identifiés en matière de prévention (infirmiers et médecins de l’éducation nationale, services de santé universitaires). Mais le service sanitaire a aussi vocation à se déployer dans les entreprises, ou encore les Ehpad, les structures médico-sociales, les prisons… « Nous avons demandé aux agences régionales de santé et aux recteurs d’académie de recenser les lieux de stage. Les offres ne manqueront pas et nous avons besoin de prévention partout », explique Mme Vidal.
Pas de rémunération
Plus compliquées, en revanche, seront les questions logistiques, comme le souligne le rapport du professeur Vaillant, évoquant l’intégration de ce module dans les emplois du temps des étudiants des différentes filières. Ce service sanitaire, qui sera récompensé par l’obtention de « crédits » comme une classique unité d’enseignement, va en effet devoir être inséré par les écoles, instituts et facultés dans leurs maquettes de formation dès l’année prochaine. Avec une consigne : « Nous allons demander aux établissements de travailler sur des projets communs, afin que le service sanitaire soit l’occasion de faire collaborer ensemble les différentes professions de santé », indique Frédérique Vidal.
Les ministres ont surtout arbitré la question sensible du moment auquel va intervenir ce service sanitaire dans le cursus déjà chargé des étudiants en santé : pour les infirmiers, ce sera en deuxième ou troisième année, pour les pharmaciens en quatrième ou cinquième année, quand les futurs médecins s’y mettront durant leur troisième année d’études. Une décision qui devrait soulager les principaux intéressés, qui ne souhaitaient pas que « cela prenne la place d’un stage hospitalier [entre la quatrième et la sixième année], alors qu’on manque déjà de formation clinique », explique Yanis Merad, président de l’Association nationale des étudiants en médecine (ANEMF).
Le gouvernement n’a en revanche pas retenu la demande de l’association d’instaurer une rémunération pour ce service, comme pour un stage classique. Les ministres s’engagent néanmoins sur l’indemnisation des frais de déplacement. « Cela ne coûtera rien aux étudiants, assure Agnès Buzyn. Si le lieu de stage est éloigné, les frais de transports seront pris en charge. » D’après le rapport Vaillant, ce sont 6,75 millions d’euros qui seront nécessaires, si l’on respecte l’idée d’effectuer ce service loin de son lieu d’études.
C’est en effet un autre objectif affiché de ce service sanitaire, que certaines universités expérimentent déjà, comme celle d’Angers avec 80 étudiants volontaires qui se sont déplacés notamment à Cholet et Saumur pour mener leurs actions : lutter contre les inégalités sociales et territoriales, en touchant des publics qui bénéficient habituellement peu de dispositifs de prévention. « Les étudiants se déploieront de la manière la plus large possible, ils vont sortir des villes, aller dans les territoires ruraux. Nous veillerons à une bonne répartition territoriale », détaille Frédérique Vidal.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ La discussion autour du numerus clausus et des premiers et deuxième cycles des études des futurs médecins aboutira à un projet du gouvernement et une loi en 2019.
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Une concertation va être lancée pour réformer les études de médecine

La discussion autour du numerus clausus et des premiers et deuxième cycles des études des futurs médecins aboutira à un projet du gouvernement et une loi en 2019.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 14h09
    |

            Camille Stromboni








                        


Avec un concours qui aboutit à l’échec des trois quarts des quelque 57 000 candidats à l’issue de la première année des études de santé (PACES), le système est, de l’avis unanime, à revoir en profondeur. « Périmé », « injuste », « inefficace », avait jugé Emmanuel Macron, durant la campagne présidentielle, promettant de s’attaquer au fonctionnement du numerus clausus, ce nombre de places fixées au concours par l’Etat qui fait tant débat. Sans en dire beaucoup plus sur l’alternative envisagée.
« Nous allons ouvrir une grande concertation en mars sur la réforme des études médicales, avec cette question du numerus clausus mais aussi, plus largement, celle du premier et du deuxième cycle des études des futurs médecins », annonce au Monde la ministre de la santé, Agnès Buzyn. Cette discussion, qui s’achèvera à l’automne, « aboutira à un projet du gouvernement sur le sujet et une loi en 2019 », détaille-t-elle. La formation et les ressources humaines sont l’un des cinq axes de la « réforme globale » du système de santé promise par le premier ministre, Edouard Philippe, le 13 février.

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« Tout sera sur la table », assure la ministre, qui évoque la possibilité d’ouvrir complètement ce numerus clausus ou encore de le remplacer par un plancher. Mais elle se veut très claire : « L’objectif est de diversifier les façons d’entrer dans le cursus de santé, mais toucher au numerus clausus ne résoudra pas le problème de nos déserts médicaux. »
Bilan global en 2018
Autre sujet sensible au cœur des discussions : les expérimentations menées depuis 2013 en première année des études de santé, pour offrir des alternatives au couperet du concours. A la rentrée 2018, quatre facultés de santé (Paris-Descartes, Sorbonne-Université, Paris-Diderot et Brest) doivent bouleverser leur cursus en supprimant le redoublement en première année, remplacé par la possibilité de retenter sa chance par une voie alternative en deuxième ou troisième année de licence.
Le dispositif, soutenu par la FAGE, le syndicat étudiant majoritaire, ne manque pas de provoquer des craintes sur le développement des prépas privées. « Attention à ce que l’on ne crée pas la nécessité de faire une année zéro en amont pour avoir plus de chances de réussir », souligne Yanis Merad, président de l’association des étudiants en médecine, membre de la FAGE. « Nous serons très attentifs à la question. Mais l’objet de cette expérimentation est à l’inverse de permettre aux étudiants de progresser dans leur cursus, sans avoir à bachoter deux années de suite exactement sur la même chose, en redoublant, avec ensuite un sentiment d’échec extrêmement violent, et des années perdues », souligne la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, qui indique qu’un « bilan global de tous les dispositifs » sera effectué en 2018.

Des années d’études
La route est longue pour devenir médecin, avec neuf à douze ans d’études, selon les spécialités. Le cursus débute par la redoutée « première année d’études commune aux études de santé » (PACES) et son concours très sélectif menant entre autres aux filières de médecine, odontologie, pharmacie et maïeutique, avec un nombre de places limitées fixé par l’Etat, le numerus clausus.
Pour les futurs médecins, s’ensuit un premier cycle d’études de deux ans, plutôt théorique, avant un deuxième cycle de trois ans appelé « externat », durant lequel la pratique clinique devient plus importante. Une autre étape sélective clôt cette période : l’examen classant national (ECN), qui va déterminer les spécialités (médecine générale, psychiatrie, chirurgie vasculaire…) suivies durant un troisième cycle, « l’internat » (trois à six ans).


Dernier chantier d’ampleur au menu : l’avenir qui sera donné à l’examen classant national (ECN), qui intervient à l’issue de la sixième année de médecine pour déterminer la spécialité que rejoindront les futurs praticiens. Largement décrié, par les doyens de médecine et les étudiants, qui y voient une compétition bien éloignée des questions de compétences qui devraient être centrales pour décider de la carrière de chacun, il est jugé « totalement insatisfaisant » par la ministre de la santé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ En Seine-Saint-Denis, des dispositifs de soutien aux élèves sont menacés.
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Des collèges inquiets de la baisse des heures complémentaires

En Seine-Saint-Denis, des dispositifs de soutien aux élèves sont menacés.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 11h05
    |

            Violaine Morin








                        



                                


                            
Alors que le ministère de l’éducation nationale aime à rappeler qu’il faut « miser sur l’enseignement primaire » et que la réforme du bac fait la « une » des journaux, un grand perdant des chantiers en cours apparaît : le collège. Peu après l’annonce fin janvier de la dotation horaire globale (DHG), l’enveloppe allouée par les rectorats à chaque établissement scolaire, plusieurs collèges situés en zone d’éducation prioritaire (ZEP) en Ile-de-France se plaignent de la baisse de leur « marge ». Des actions ont été organisées (jours de grève, rassemblements, blocages), parfois en lien avec les parents d’élèves.
Derrière le sigle barbare de DHG se cachent divers dispositifs, susceptibles de disparaître si les heures complémentaires – attribuées en plus des heures « planchers » obligatoires pour tous les enfants – ne sont pas reconduites. Elles permettent d’organiser du travail en demi-groupe, des heures de soutien, des projets… Et sont, de l’avis général, essentielles à la bonne marche des établissements défavorisés.
La question de la baisse de la DHG – qui se pose régulièrement – est particulièrement saillante dans l’éducation prioritaire, selon le sociologue Louis Maurin, directeur de l’observatoire des inégalités : « L’absence de stabilité des dispositifs d’une année sur l’autre crée beaucoup de frustration pour les enseignants. Et leur donne le sentiment que l’on passe son temps à parer au plus pressé sans attaquer les problèmes de fond. »
En Seine-Saint-Denis, la baisse de la DHG a été constatée dans des collèges des réseaux d’éducation prioritaire (REP) et REP +, ainsi que dans plusieurs lycées pour la rentrée 2018. Les heures complémentaires baissent depuis plusieurs années, au point que, selon certains enseignants, le volume horaire d’un collégien en REP ressemble de plus en plus à celui d’un élève scolarisé hors éducation prioritaire. A cela s’ajoute un alignement progressif du département sur le reste de l’académie....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ En novembre, le président Emmanuel Macron s’est prononcé à titre personnel pour 15 ans.
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Consentement sexuel : François Molins favorable à un âge minimum fixé à 13 ans

En novembre, le président Emmanuel Macron s’est prononcé à titre personnel pour 15 ans.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 10h39
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 10h58
   





                        



   


Le procureur de la République de Paris, François Molins, s’est déclaré favorable à ce que soit fixé à 13 ans l’âge minimum du consentement à un acte sexuel, qui doit être tranché par un futur projet de loi. « Il y aurait ainsi une cohérence avec l’ordonnance de 1945 sur la protection des mineurs : 13 ans, c’est l’âge à partir duquel on est accessible à des sanctions pénales. Ce serait le seuil du discernement, en quelque sorte », fait valoir M. Molins dans un entretien au Parisien.
En novembre, le président Emmanuel Macron s’est prononcé à titre personnel pour 15 ans. Un projet de loi avait été annoncé après la polémique créée par le cas d’un homme de 28 ans poursuivi en justice pour « atteinte sexuelle » et non pour viol, car sa victime de 11 ans était considérée comme consentante.
Un rapport d’information de l’Assemblée nationale présenté jeudi 22 février préconise une « solution graduée ». Tout acte sexuel commis par un majeur sur un mineur de moins de 13 ans pourrait être considéré comme « une agression sexuelle aggravée et, en cas de pénétration, un viol ». Entre 13 et 15 ans, l’acte serait réputé non consenti mais il s’agirait d’une présomption simple, l’auteur gardant la possibilité de tenter de démontrer qu’il n’y a pas eu contrainte de sa part, donc que le ou la mineure était consentante.

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Mise en garde contre le « tribunal médiatique »
Le procureur de la République de Paris, François Molins, a par ailleurs salué la libération de la parole des victimes d’abus sexuels dans le sillage de l’affaire Weinstein, mais il a mis en garde contre les dangers d’un « tribunal médiatique ».
« Si cette chape de plomb cède enfin, c’est très bien. Mais il ne faudrait pas que “rumeur” vaille “condamnation”. (…) Il existe un droit absolu à l’information mais il ne saurait y avoir de tribunal médiatique », a-t-il dit.

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Le procureur rapporte que le nombre de plaintes pour harcèlement et agression sexuelle a augmenté de 20 % à 30 % à Paris à l’automne 2017 à la suite de la campagne #balancetonporc, avec un pic de 154 plaintes pour le seul mois d’octobre. « Mais cet effet est en train de retomber pour revenir à la situation antérieure, soit entre 80 et 120 plaintes par mois. Quant aux viols, les chiffres sont restés stables avec environ 700 plaintes annuelles », ajoute-t-il.

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                Près d’une femme sur deux victime de caresses ou d’attouchements non consentis






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Dans une tribune au « Monde », trois sociologues considèrent que la loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants (ORE) pourrait entretenir la discrimination contre les femmes notamment par le biais des « attendus » affichés sur la plate-forme « Parcoursup ».
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Orientation : « La nouvelle loi risque de renforcer les différences entre filles et garçons »

Dans une tribune au « Monde », trois sociologues considèrent que la loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants (ORE) pourrait entretenir la discrimination contre les femmes notamment par le biais des « attendus » affichés sur la plate-forme « Parcoursup ».



Le Monde
 |    26.02.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 13h44
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Alors que la loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants (ORE) votée le 15 février dernier entend « rétablir l’égalité des chances », tout laisse à penser qu’elle entraînera au contraire une hausse des inégalités d’accès à l’enseignement supérieur, et notamment des inégalités filles-garçons.

Quasi absentes de l’enseignement supérieur au début du XXe siècle, les filles représentent aujourd’hui près de 60 % des étudiants dans les universités, mais sont toujours moins nombreuses à intégrer certaines filières sélectives comme les classes préparatoires (42,6 %) et, surtout, les grandes écoles scientifiques (22,2 %). L’enseignement supérieur apparaît plus généralement largement divisé entre des filières « masculinisées » (essentiellement en sciences et techniques) et des filières « féminisées », comme les formations paramédicales et sociales (85 % de filles) ou les licences en lettres et sciences humaines (70 %).
Perpétuation de certains stéréotypes de genre
Ces différences d’orientations reflètent les rôles attribués aux hommes et aux femmes dans la société, ainsi que la socialisation genrée qui, dès le plus jeune âge, contribue à valoriser des compétences différentes chez les filles et les garçons. L’institution scolaire participe elle-même à la perpétuation de certains stéréotypes de genre, comme le montre une enquête récente : à appétences équivalentes pour les matières scientifiques et à notes égales à celles des garçons, les filles sont toujours moins orientées que ces derniers vers la filière scientifique du bac.

Or la loi ORE risque d’entretenir, voire de renforcer, cette différenciation sexuée des orientations, par le biais des « attendus » désormais affichés sur la plate-forme « Parcoursup » pour chaque formation universitaire. En effet, ces attendus se fondent largement sur des compétences supposées déjà acquises par les candidats, qui renvoient à des dispositions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Depuis le 1er janvier 2016, de nombreux actes passés par le parent administrateur légal de son enfant ne nécessitent plus l’accord préalable du juge des tutelles, explique, dans cette chronique, Paul Younès, directeur général de l’Union financière de France (UFF).
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Quelles sont les règles de gestion du patrimoine des mineurs ?

Depuis le 1er janvier 2016, de nombreux actes passés par le parent administrateur légal de son enfant ne nécessitent plus l’accord préalable du juge des tutelles, explique, dans cette chronique, Paul Younès, directeur général de l’Union financière de France (UFF).



Le Monde
 |    26.02.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 11h13
    |

Paul Younès (Directeur général de l’Union financière de France)







                        


Question à un expert. Depuis le 1er janvier 2016, la protection judiciaire de l’enfant mineur a évolué pour permettre aux parents, en couple ou seuls, de gérer plus efficacement le patrimoine de leur enfant. Avant cette ordonnance, il existait un dispositif d’administration légale sous contrôle judiciaire qui imposait dans la gestion courante des intérêts financiers de l’enfant mineur l’accord du juge des tutelles. Cette disposition était souvent mise en œuvre en cas de décès de l’un des deux parents. Par exemple, en matière d’assurance-vie, le parent seul ne pouvait ni souscrire un contrat au nom de son enfant, ni l’arbitrer, ni reverser ou le racheter sans l’accord du juge des tutelles. Il fallait compter de trois à six mois pour obtenir une décision du juge.
Depuis cette ordonnance, les actes passés par le parent administrateur légal de son enfant ne nécessitent plus l’accord préalable du juge des tutelles. Sont exclus les actes qui engagent une forte modification de la composition du patrimoine de l’enfant mineur, tels que la vente d’un immeuble ou l’augmentation importante du risque d’un portefeuille de titres, ainsi que le cas où le mineur a été mis sous tutelle. Cette simplification importante du droit de la famille facilite et renforce l’action des parents concernés dans la gestion au quotidien du patrimoine de leur enfant mineur dans l’intérêt, immédiat ou futur, de ce dernier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Au pouvoir à trois reprises depuis 1958, rappelle Louis Maurin, le directeur de l’Observatoire des inégalités, le PS n’a fait, selon lui, que « retourner sa veste en matière de politique fiscale, se privant des moyens pour moderniser la France ».
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Inégalités en France : « le Parti socialiste a une grande part de responsabilité »

Au pouvoir à trois reprises depuis 1958, rappelle Louis Maurin, le directeur de l’Observatoire des inégalités, le PS n’a fait, selon lui, que « retourner sa veste en matière de politique fiscale, se privant des moyens pour moderniser la France ».



Le Monde
 |    26.02.2018 à 06h30
    |

                            Louis Maurin (directeur de l’Observatoire des inégalités)








                        



                                


                            

Tribune. Tout en dénonçant les inégalités, une grande partie des élites de gauche s’intéresse surtout à l’école de ses enfants, à ses loisirs ou à son environnement. Le sort des ouvriers ou des caissières n’est pas vraiment son problème. Elle célèbre la « mixité » tant qu’elle s’applique aux autres catégories et n’envahit pas ses quartiers. Le débat sur les inégalités en France est marqué par une profonde hypocrisie. Elle ne vient pas des conservateurs qui estiment que la liberté prime sur tout mais des progressistes qui affirment que, sans l’égalité, la liberté ne peut se construire. Il faut essayer d’en comprendre les raisons.
Pour défendre leurs privilèges, ces bourgeois culturels utilisent plusieurs artifices. Ils mettent en avant les inégalités qui ne bousculent pas leur pouvoir : écarts entre les sexes, les générations, les inégalités territoriales et les discriminations. Ces « nouvelles inégalités » font paravent aux inégalités entre groupes sociaux. Ensuite, ils jouent les victimes. Si précarité, déclassement, mauvaises conditions de travail et chômage touchent tout le monde, ils ne touchent plus personne en particulier. Ils dénoncent les « vrais » riches, qui se situent toujours un cran au-dessus d’eux : cette poignée d’ultra-fortunés capitalistes qui maîtrisent le monde. Enfin, une part croissante de ces privilégiés est sensible aux discours xénophobes sur l’incompatibilité culturelle d’une partie des immigrés.

Dénoncer l’hypocrisie n’empêche pas d’essayer d’en comprendre les ressorts profonds. L’embourgeoisement des organisations qui représentaient les catégories populaires est la première explication qui vient à l’esprit. Les associations, les instances dirigeantes des syndicats et les partis politiques sont de plus en plus des regroupements de diplômés. Mais cette explication idéalise le bon vieux temps de la politique, alors que les instances dirigeantes des partis n’ont jamais été très représentatives....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Une telle vague de froid tardive n’avait pas été observée depuis 2005. Les températures ressenties sont descendues jusqu’à – 18 °C. Mais Météo France annonce le printemps en fin de semaine.
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Météo : le grand froid s’installe en France

Une telle vague de froid tardive n’avait pas été observée depuis 2005. Les températures ressenties sont descendues jusqu’à – 18 °C. Mais Météo France annonce le printemps en fin de semaine.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 04h25
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 10h49
   





                        



   


Des températures glaciales, accentuées par un vent de nord-est : le froid venu de Sibérie devrait s’intensifier sur la France, lundi 26 février, avec des températures négatives allant jusqu’à – 10 °C, et un ressenti de – 18 °C.
Cette chute du thermomètre s’accompagne de craintes notamment pour les sans-abri, puisqu’une victime probable du froid est à déplorer en région Auvergne-Rhône-Alpes. Il s’agit d’un sans-abri de 35 ans retrouvé mort dimanche matin à Valence, où le thermomètre était descendu à – 3 °C dans la nuit. Les premières constatations laissent à penser qu’il est mort de froid alors qu’il dormait sous le porche d’une église, selon la préfecture de la Drôme.
Minimales « glaciales »
Dans le quart nord-est du pays, le froid a commencé à s’accentuer dimanche. A Strasbourg, le centre d’hébergement d’urgence du Fritz Kiener était « quasiment rempli » toute la journée. « On a eu jusqu’à 60 personnes en même temps », a expliqué Abdel Bourema, responsable. Parmi elles, Jean-Philippe Martin, trentenaire à la rue depuis quinze jours, soulagé d’avoir obtenu un hébergement pour la semaine à venir. « D’habitude, on essaie de trouver des endroits pour s’abriter, par exemple à la gare, mais on est si nombreux que cela à tendance à créer des problèmes », a-t-il raconté.
Pour lundi, Météo France annonce des températures minimales « glaciales », qui varient de – 6 à – 10 °C dans le Grand-Est et en Bourgogne-Franche-Comté. « Les maximales restent négatives sur un grand quart nord-est avec – 4 à 0 °C », a poursuivi l’institut. « Sur une grande moitié nord, le vent de secteur nord-est, qui se renforce jusqu’à 60 à 70 km/h, accentue nettement la sensation de froid », a-t-il précisé. Ce phénomène, connu sous le nom de « Moscou-Paris », va ensuite se propager au reste du pays.
Météo France prévoit, entre lundi et mercredi, des minimales de – 6 °C à – 10 °C sur une grande moitié est (hors Méditerranée, entre 0 °C et – 4 °C) et de – 2 °C et – 6 °C sur l’Ouest. Mardi et mercredi devraient être les deux jours les plus froids.

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                Les questions (pas si bêtes) que vous vous posez sur la température en hiver



« Mettre tout le monde à l’abri »
Cet épisode de froid a poussé les autorités à déclencher dans 37 départements le plan « grand froid », avec plus de 3 100 places temporaires d’hébergement supplémentaires pour les sans-abri, dont 500 à Paris. « Nous avons donné pour consigne aux préfets d’ouvrir les lieux d’accueil », a rappelé le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, dimanche soir lors d’une maraude à Paris avec le préfet de police Michel Delpuech et la brigade d’assistance aux personnes sans abri (Bapsa) de la préfecture de police.
Vendredi, un homme de 62 ans, qui vivait dans une cabane dans les bois dans les Yvelines, a été retrouvé mort. Il a succombé en partie au froid, selon la gendarmerie. Mais les sans-abri ne sont pas la seule population à souffrir du froid. Les autorités sanitaires conseillent de garder nourrissons et personnes âgées à l’intérieur.
Gelures et hypothermie
Pour les autres, il vaut mieux limiter les efforts physiques et bien se couvrir pour éviter gelures, hypothermie et aggravation d’éventuels risques cardio-vasculaires. Attention également aux risques d’intoxication au monoxyde de carbone.
L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a appelé chacun à limiter sa consommation d’électricité, surtout entre 18 heures et 20 heures, soulignant que la production d’électricité lors des pics de froid était « la plus carbonée ».
Pourtant, RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, a fait savoir lundi n’avoir « pas d’inquiétude particulière » sur l’alimentation électrique. « Malgré des températures de − 9 °C à − 10 °C en dessous des normales de saison ces trois prochains jours, RTE n’a pas d’inquiétude particulière concernant la sécurité de l’alimentation électrique de la France cette semaine », selon un porte-parole.
Retour de la neige et week-end printanier
Après un mois de janvier historiquement doux, et un début février neigeux, ce froid, qui serait banal en plein cœur de l’hiver, est notable en raison de sa date. La France n’a pas connu un tel froid tardif depuis fin février-début mars 2005.
De la neige était attendue dans la nuit de dimanche à lundi sur la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, où Météo France a placé trois départements (Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes et Var) en alerte orange neige-verglas. La circulation pourrait être perturbée sur plusieurs axes autoroutiers, a précisé Vinci Autoroutes dans un communiqué.
Après un froid glacial jusqu’à mercredi, le redoux devrait être « brutal » dans le Sud avant de se propager au reste du pays d’ici la fin de la semaine, selon Météo France, qui évoque même un week-end printanier. « On va passer de l’hiver au printemps en une semaine », a expliqué lundi le prévisionniste Patrick Galois.
A partir de mercredi après-midi, « le redoux arrive de façon assez rapide et assez brutale dans la partie sud », en particulier dans le Sud-Ouest, « qui pourra gagner une dizaine de degrés en vingt-quatre heures », a-t-il expliqué.
Le redoux se produira plus progressivement au nord, qui devrait retrouver des températures positives jeudi, sauf sur l’extrême nord, où le thermomètre devrait encore rester au-dessous de zéro jusqu’à vendredi. Le redoux devrait s’accompagner de nouvelles chutes de neige à partir de mercredi, avec entre 5 à 10 cm attendus sur l’Aquitaine ou certaines parties du Languedoc. Les flocons remonteront vers le nord dans la nuit de mercredi à jeudi, touchant notamment le Val de Loire, la Bourgogne, le Centre, avant d’atteindre au lever du jour jeudi la région parisienne qui devrait voir quelques centimètres de neige.
Mais le redoux finira par arriver partout au cours du week-end et « dimanche pourrait même être quasiment une journée printanière avec des températures proches des 15 °C voire au-dessus, au sud de la Loire », a noté M. Galois.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ L’ancienne femme de Johnny Hallyday est revenue dimanche dans plusieurs interviews sur l’affaire concernant la succession autour du chanteur mort en décembre.
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Sylvie Vartan sur l’héritage de Johnny Hallyday : « Je ne peux pas imaginer que cela vienne de Johnny »

L’ancienne femme de Johnny Hallyday est revenue dimanche dans plusieurs interviews sur l’affaire concernant la succession autour du chanteur mort en décembre.



Le Monde
 |    25.02.2018 à 20h47
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 15h56
   





                        



   


Dans des interviews au Figaro, au Parisien et sur le plateau de France 2, Sylvie Vartan livre sa version de l’affaire, dimanche 25 février, autour de la succession de son ancien mari Johnny Hallyday, mort en décembre 2017. Son fils David, et Laura Smet dénoncent le testament américain de leur père au seul profit de sa veuve, Lætitia Hallyday.

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« Je peux pas imaginer que cela vienne de Johnny. J’ai du mal à le croire, regrette Sylvie Vartan dans son interview au Parisien. Ce n’est pas l’homme que j’ai connu, que j’ai aimé, follement. Non, je ne peux pas imaginer une seconde qu’il ait fait cela. Pour moi, c’est impensable qu’il ait pu renier sa propre histoire. »
« Je suis quelqu’un qui n’aime pas parler de choses très intimes mais je me sens obligée de sortir de ma réserve devant le déferlement, devant tout ce déballage assez dérangeant, l’exhibition de papiers personnels… Je n’ai jamais agi comme ça. »

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« Vaudeville sordide »
Au sujet des informations selon lesquels David Hallyday aurait reçu la part de la maison de ses parents, Mme Vartan conteste et explique au Parisien qu’elle ne « peut pas tolérer ce qu’on rapporte et ce qui est mensonger. Ce n’est pas une donation, c’est un jugement de divorce. » « Voir mon contrat de divorce ou d’autres documents intimes exhibés sur la place publique me met mal à l’aise, affirme-t-elle par ailleurs au Figaro parlant de « vaudeville sordide ». Je me demande qui envoie ces renseignements où la vérité est toujours travestie. » 

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« La justice fera son travail et voilà. Je ne peux que témoigner et parler de ma tristesse », a également confié Sylvie Vartan sur France 2, ajoutant que David, quant à lui, est « meurtri » et « blessé ».
Deux mois après la mort de Johnny Hallyday, les deux aînés du rocker, David et Laura, ont lancé des procédures pour faire annuler le testament de leur père, rédigé aux États-Unis au seul bénéfice de sa veuve Læticia, quand le camp adverse leur oppose des donations dont ils auraient déjà bénéficié.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Habitante de Tourcoing, la plaignante affirme que l’ancien maire de la ville aurait usé de sa position pour obtenir des faveurs sexuelles.
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Plainte pour « abus de faiblesse » contre Gérald Darmanin : la plaignante livre son témoignage

Habitante de Tourcoing, la plaignante affirme que l’ancien maire de la ville aurait usé de sa position pour obtenir des faveurs sexuelles.



Le Monde
 |    25.02.2018 à 19h49
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 08h37
   





                        



   


C’est la première fois qu’elle parle publiquement. Mediapart publie dimanche 25 février le témoignage de la femme qui a porté plainte pour « abus de faiblesse » contre Gérald Darmanin mi-février, déclenchant l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet de Paris.

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Vivant à Tourcoing - dont le ministre de l’action et des comptes publics a été maire de 2014 à 2017 -, Sarah (le prénom a été modifié) accuse l’élu d’avoir usé de sa position pour obtenir des faveurs sexuelles.
Elle raconte avoir rencontré pour la première fois par hasard M. Darmanin en septembre 2015 à la mairie de Tourcoing. Elle lui aurait alors demandé un entretien pour lui faire part « de sa demande de changement de logement », explique le site d’information. Le maire de Tourcoing lui donne alors son numéro de téléphone portable et aurait ensuite échangé à plusieurs reprises avec elles via des SMS que Mediapart n’a pas pu consulter. « Je lui ai même envoyé une photo de moi, une photo normale, pour pas qu’il ne m’oublie. Il m’a répondu qu’il ne m’oubliait pas », explique Sarah.
Alors que sa demande de changement de logement n’avance pas, la plaignante dit avoir reçu M. Darmanin chez elle. Ce jour-là, il aurait posé sa main « sur (sa) cuisse » et elle se serait d’abord « reculée ». Elle poursuit :
« Après, il s’est retourné vers moi et il m’a dit qu’il était célibataire. Il m’a aussi dit que mon dossier logement, il allait s’en occuper. Il m’a pris la main et il l’a posée sur son sexe. J’avais compris ce qu’il voulait. J’ai déboutonné son pantalon et je lui ai fait une fellation mais je ne suis pas allée jusqu’au bout. »
« Je l’ai fait pour mon dossier logement »
La scène se serait produite une seconde fois dans l’appartement et, dans son récit, Sarah affirme que M. Darmanin ne l’aurait « pas forcée du tout » mais lui aurait « fait comprendre en baissant son pantalon et son caleçon ». « Moi je me suis dit que c’est ce qu’il attendait en échange de son aide pour le logement et le travail », raconte-t-elle à Mediapart.
Par la suite, M. Darmanin reconnaît avoir appuyé les demandes de logement de Sarah - comme « pour des centaines d’administrés » a-t-il répondu à Mediapart - mais « au bout du compte, aucun organisme ne favorisera [sa] situation », poursuit le site.

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Selon la plaignante, un deuxième épisode similaire aurait eu lieu dans une chambre d’hôtel d’Ivry-sur-Seine, en juin 2016. Dans la chambre, le ministre aurait « déboutonné son pantalon » et se serait allongé sur le lit « en caleçon ». « Il m’a regardé l’air de dire : “qu’est-ce que tu attends pour la fellation !” », explique-t-elle dans son dépôt de plainte.
Une autre plainte pour viol classée sans suite
En parallèle M. Darmanin aurait continué à assurer à Sarah qu’il continuait d’appuyer ses demandes de logement, sans résultat. Contacté par Mediapart, M. Darmanin, via ses avocats, explique vouloir « laisser la justice travailler sereinement » et réaffirme n’avoir « jamais abusé de la faiblesse ou de l’intégrité de quiconque ». Sur BFM TV, le 19 février, le ministre avait déjà plaidé son innocence.
C’est la deuxième plainte qui vise M. Darmanin. Une première plainte pour « viol » avait été déposée au début de l’été, puis relancée fin janvier par Sophie Spatz, une femme de 46 ans, qui assurait que l’ancien député du Nord lui avait promis d’intervenir dans un dossier judiciaire la concernant en échange de faveurs sexuelles. Le 16 février, le procureur de la République de Paris a procédé au classement sans suite de l’enquête préliminaire, estimant notamment que « les actes d’enquête réalisés n’ont pas permis d’établir l’absence de consentement de la plaignante ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Depuis 2016, pour prévenir la récidive, la justice propose aux personnes ayant eu recours à un acte sexuel tarifé d’effectuer un stage de sensibilisation. « Le Monde » a pu assister à une session.
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« Avez-vous conscience d’avoir commis un délit ? » ; comment sensibiliser les clients de prostitués

Depuis 2016, pour prévenir la récidive, la justice propose aux personnes ayant eu recours à un acte sexuel tarifé d’effectuer un stage de sensibilisation. « Le Monde » a pu assister à une session.



Le Monde
 |    25.02.2018 à 19h48
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 06h49
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            Feriel Alouti








                        



                                


                            

« Comme tout le monde », Etienne*, lunettes carrées et bouc mal taillé, ne connaissait pas grand-chose à la prostitution. Il avait bien vu dans l’émission « Enquête exclusive » sur M6 des policiers passer les menottes à des femmes prises en flagrant délit de racolage, mais rien de plus. Il a fallu qu’il entende le récit de Julie pour comprendre que derrière ce qu’il percevait comme un « acte anodin », se cachait en réalité « beaucoup de misère ».
Lors d’une journée grise et pluvieuse, cette ancienne prostituée de 19 ans est venue raconter son calvaire face à six hommes pénalisés pour avoir eu recours à un acte sexuel tarifé, et qui ont accepté de suivre un stage de sensibilisation.
Pendant une vingtaine de minutes, elle a décrit la manière dont elle fut réduite en esclave sexuelle après avoir croisé le chemin de deux proxénètes. Pendant de longs mois, en échange de cocaïne, d’alcool et de cannabis, sa seule liberté fut d’enchaîner les passes « limite H 24 », sans jamais voir la « couleur d’un billet ». Son récit avait de quoi « secouer », a d’emblée reconnu Etienne.
Quand, il y a quelques mois, ce commercial – 36 ans, marié, deux enfants – s’est arrêté en forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne) dans l’idée de se payer une prostituée, il imaginait « filer » un billet de 50 euros, consommer puis repartir. Mais à peine était-il installé dans la voiture d’une « jeune Roumaine », qu’il fut surpris par la police. Depuis le 13 avril 2016 et l’adoption de la loi visant à renforcer la « lutte contre le système prostitutionnel », la législation ne pénalise plus les personnes prostituées mais les clients pris en flagrant délit.
Le tapin le « jour du Seigneur »
Pour leur éviter une amende qui peut atteindre 1 500 euros, et prévenir la récidive, la loi leur permet d’effectuer, pour un coût de 180 euros, « un...




                        

                        

