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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ L’université anglaise a entamé un mouvement de grève de quatorze jours reconductible contre une baisse anticipée de 10 à 40 % des allocations de retraite pour les professeurs et le personnel.
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A Cambridge, des professeurs en grève contre la réforme des retraites

L’université anglaise a entamé un mouvement de grève de quatorze jours reconductible contre une baisse anticipée de 10 à 40 % des allocations de retraite pour les professeurs et le personnel.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 18h22
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 18h47
   





                        



   


Chronique britannique. Diplômé de Sciences Po et étudiant en master de littérature à l’Ecole normale supérieure et en Sorbonne, Pierre-Yves Anglès raconte son semestre à l’université de Cambridge, en Angleterre.
Dans l’étroite ruelle qui longe le collège de Trinity Hall, les manifestants tambourinent sur les palissades en bois qui couvrent des échafaudages. Un grondement sourd vient troubler le calme du petit bourg médiéval de Cambridge. Les slogans et les chants se suivent. « I’d rather be a picket than a scab », que l’on pourrait traduire par « Je préfère être dans un piquet de grève que le briser », renvoie aux grèves de mineurs de 1984 et 1985 sous Margaret Thatcher.
La casse des pensions de retraite
Jeudi 22 février, comme soixante-quatre universités publiques au Royaume-Uni, Cambridge a entamé un mouvement de grève de quatorze jours reconductible. Le syndicat national pour l’enseignement supérieur (UCU) supervise la mobilisation. Il dénonce une baisse anticipée de 10 % à 40 % des allocations de retraite pour les professeurs et le personnel des universités, soit une perte moyenne annuelle de plus de 11 000 euros pour un professeur retraité. Universities Superannuation Scheme (USS) – l’un des principaux régimes de retraite pour le personnel universitaire – accuse un déficit de plus de six milliards de livres sterling. Universities UK (UUK) – l’organisation qui représente la direction de nombreuses universités du pays – envisage donc une réforme drastique des retraites.

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UUK souhaite, en réalité, mettre un terme aux régimes de retraite à prestations définies. Au lieu de cotiser toute leur carrière, selon des grilles qui déterminent leurs allocations, les salariés bénéficieraient seulement de régimes à cotisations définies : ils savent ce qu’ils versent, mais ils ignorent ce qu’ils toucheront, car leurs revenus dépendent des bénéfices boursiers perçus sur leurs cotisations. Cette réforme alignerait le régime des universités publiques sur celui de l’essentiel des salariés britanniques : une retraite par capitalisation où des fonds de pension gèrent les cotisations de chacun et lui reversent ses bénéfices.
Pas supplémentaire vers la privatisation
UUK défend ces mesures en expliquant que les contributions des universités à la retraite de ses employés resteront en moyenne deux fois supérieures à celles des employeurs privés. Ils estiment également ces pensions assez généreuses. Le syndicat à l’origine de la mobilisation rétorque que les revenus des personnels de l’université ont déjà baissé de 14 % au cours des six dernières années.
Ce projet de réforme est perçu comme un pas supplémentaire dans la privatisation de l’enseignement supérieur britannique. En 2010 déjà, le pays avait connu des manifestations considérables contre l’augmentation du plafond des frais de scolarité qui est passé de 1 000 livres en 1998 à plus de 9 000 livres aujourd’hui, soit une multiplication par neuf en deux décennies.
On pourrait résumer le débat en train de se jouer de la manière suivante : faut-il appauvrir une branche professionnelle, car elle bénéficie d’une « niche », ce qui constitue une inégalité relativement au traitement de la majorité des salariés ? Un camp dénonce la précarisation du personnel et un nivellement par le bas, l’autre dit s’attaquer aux privilèges acquis et rejette le statu quo dans un contexte de déficit important. Les arguments sont bien rodés.
Briser l’image « dépolitisée » de Cambridge
Les grèves sont assez rares à Cambridge, et les leaders syndicaux se sont félicités de briser l’image dépolitisée et « hors du monde » de la prestigieuse université. Ils comptent aussi sur la mobilisation d’Oxford pour attirer plus d’attention médiatique. Il y avait au moins cinq cents personnes au piquet de grève, qui marquait le lancement du mouvement à côté du collège de King’s. Ce collège n’est pas vide de symboles puisque l’économiste John Maynard Keynes, théoricien de l’intérêt des prestations sociales et de l’Etat providence pour la croissance, y a étudié et enseigné.

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Environ un millier de professeurs et de membres du personnel de Cambridge sont en grève, sur la dizaine de milliers que compte l’université. Les étudiants composaient l’essentiel de la foule lors de la manifestation de jeudi et l’un de leurs slogans principaux était d’ailleurs : « Students and workers, unite and fight ! » (« Etudiants et salariés, unissez-vous et combattez ! »). Nous avons aussi reçu des e-mails incitant à ne pas aller en cours, en solidarité avec nos enseignants.
Demande de restitution des frais de scolarité
Derrière cet engouement apparent, les fumigènes multicolores et le seau où déposer quelques livres sterling pour soutenir la grève – ce qui consiste principalement à approvisionner les piquets en thé compte tenu du froid –, des dissensions apparaissent. Environ un million d’étudiants vont être affectés par la grève dans le pays et ils sont déjà près de 80 000 à avoir signé une pétition pour demander la restitution d’une partie de leurs frais de scolarité.
Puisqu’ils ne seront, a priori, pas affectés personnellement, plusieurs de mes professeurs ont dit manifester pour inciter les jeunes générations à s’engager dans des carrières académiques. Certains hésitent à faire grève, car un demi-trimestre de cours perdu créé des lacunes, surtout pour les étudiants en licence. Cela est d’autant plus vrai à Cambridge qui fonctionne en trimestres condensés de huit semaines très intenses. C’est un particularisme parmi d’autres. Ici, une semaine de cours s’organise du jeudi au mercredi.
Les représentants d’Universities UK qui sont à l’origine du projet de réforme rencontre les syndicats mardi. Stephen Toope, le vice-chancelier de l’université de Cambridge, a appelé à une rouverture des négociations pour garantir la qualité durable de l’enseignement public. D’ici là, le personnel en grève compte augmenter la pression par une mobilisation croissante. De deux jours de grève la semaine dernière, nous passons à trois celle-ci, puis quatre la suivante, jusqu’à la suspension complète des cours.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Les gisements d’uranium exploités par Orano (ex-Areva) empoisonnent la population, explique Amina Weira, auteure d’un documentaire sur le sujet.
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Entretien

Niger : « À Arlit, les gens boivent de l’eau contaminée par la radioactivité »

Les gisements d’uranium exploités par Orano (ex-Areva) empoisonnent la population, explique Amina Weira, auteure d’un documentaire sur le sujet.

Propos recueillis par                                            Matteo Maillard (Dakar, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-02-26T18:22:54+01:00"

        Le 26.02.2018 à 18h22






    
A Arlit, au Niger, en 2013.
Crédits : Joe Penney / REUTERS


C’était un campement touareg balayé par des rafales de simoun saharien. C’est aujourd’hui une ville qui porte la marque de son développement comme de sa décadence. A Arlit, dans le nord du Niger, l’uranium a nourri des espoirs depuis que le groupe français Areva (renommé Orano en janvier) a commencé à en exploiter les gisements dans les années 1970. Nomades et travailleurs venaient nombreux dans cette région aride remplir la cité ouvrière que l’on appelait alors « le second Paris ». Aucun ne se doutait du danger invisible de la radioactivité.
Quarante ans plus tard, le Niger est devenu le deuxième fournisseur d’uranium d’Areva, mais l’exploitation des mines de la Cominak et de la Somaïr a contaminé la population dans ses activités quotidiennes. C’est dans les rues ensablées de son enfance qu’Amina Weira, réalisatrice nigérienne de 29 ans, a posé sa caméra face aux anciens qui ont vécu les débuts de l’exploitation minière. Dans ce film intitulé La Colère dans le vent, elle montre la menace invisible qui plane sur Arlit. Entretien.

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Dans votre film, le protagoniste principal est votre père. Vous visitez vos proches et contez la ville de votre enfance. Pourquoi avoir choisi ce cadre intimiste ?
Amina Weira Parce que la mine a toujours fait partie de nos vies. Mon père y travaillait comme électricien. Quand mes sœurs et moi le voyions partir au travail, on imaginait qu’il allait dans un bureau. La mine, on la voyait de loin, jusqu’à ce qu’en 2010 on visite son lieu de travail et qu’on se rende compte qu’il descendait dans ce grand trou. J’ai alors décidé de faire un film à ce sujet. J’ai rapidement compris, après des recherches, que derrière cette activité se cachait autre chose de moins visible : l’irradiation. J’ai donc dirigé mon film sur l’aspect sanitaire.
Comment vous êtes-vous rendu compte de l’impact de la mine sur la santé des habitants ?
Quand j’étais petite déjà, la mère d’un de mes camarades avait des problèmes de santé à chaque fois qu’elle venait à Arlit. Il fallait l’évacuer à Niamey, à plus de mille kilomètres, pour la soigner. Je ne comprenais pas pourquoi elle ne pouvait pas vivre ici. Plus tard, quand j’ai voulu faire le film, j’ai questionné des scientifiques et des médecins sur les dangers de l’activité minière. À Arlit, il y a beaucoup de problèmes de santé. Difficultés respiratoires, cancers, femmes qui accouchent d’enfants mal formés… Petits, on voyait tout ça, mais on ne faisait pas le lien. Les gens avaient l’habitude de dire, comme souvent en Afrique, « c’est son destin, c’est Dieu qui lui a donné un enfant comme ça ». Ce sont surtout les retraités de la mine qui sont touchés. Beaucoup meurent de paralysies et de maladies étranges.

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Dans le documentaire, vous montrez cette poussière radioactive, l’eau empoisonnée, les maisons construites avec la terre des mines, la nourriture contaminée, le bétail qui meurt…
Je voulais faire ressortir la vie quotidienne, montrer toutes les activités de la ville. On voit la fabrication des marmites : les gens récupèrent la ferraille de la mine, la fondent et la transforment en ustensiles de cuisine qu’ils vendent à la population ou exportent au Nigeria. Ils ne mesurent pas le danger de cette activité. Lorsqu’ils fondent le fer, la radioactivité se libère. C’est là qu’Areva doit intervenir, en empêchant la population de récupérer cette ferraille contaminée.
Des maisons doivent même être détruites car les murs d’argile contiennent de la radioactivité.
Il faut comprendre qu’au début, Arlit était un campement, une cité de mineurs, puis les gens sont venus s’installer, espérant tirer profit de cette activité. Aujourd’hui, il y a près de 150 000 habitants, dont environ 4 000 travailleurs de la mine. Areva a créé cette ville de toutes pièces. Il fallait que les travailleurs aient toutes les conditions possibles pour rester. Ils avaient des enfants, il a fallu des écoles. Ils étaient malades, il a fallu des hôpitaux. Pour construire, les habitants ont utilisé l’argile contaminée autour d’eux. Certains quartiers sont à moins de 200 mètres de la mine. Les normes ne sont pas respectées. Et les tempêtes de sable propagent la radioactivité dans la ville.

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On voit aussi des femmes dont le bétail meurt inexplicablement.
Quand on boit l’eau d’Arlit, on sent qu’elle n’est pas tout à fait potable, qu’elle est différente du reste du pays. Les femmes parlent des employés d’Areva qui ne boivent que de l’eau minérale, alors qu’elles n’ont pas les moyens. Une des mines se trouve en dessous de la nappe phréatique. Certains se font donc livrer l’eau des régions voisines. Un château d’eau vient d’être construit, mais il n’est pas suffisant pour alimenter toute la ville.
Vous ne présentez pas votre film comme une enquête, il n’y a pas de scientifiques ou d’organisations qui viennent appuyer vos propos. Pourquoi ?
Je n’ai pas voulu m’attarder sur les chiffres, mais donner la parole à la population. Trop souvent, on donne la parole aux responsables d’Areva. Mais de nombreuses organisations ont fait des recherches et des analyses sur la radioactivité de la région, comme la Criirad [Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité], Greenpeace, l’OMS [Organisation mondiale de la santé]. Les taux de radioactivité sont supérieurs au reste du pays.

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Que reprochez-vous à Areva ?
Qu’ils se soient accaparé nos richesses sans prévenir les travailleurs des risques encourus. Ils ont tablé sur l’ignorance de la population pour faire du profit. Les ouvriers vivent dans une cité où ils ne paient ni l’eau, ni l’électricité, ni le loyer. Il y a un certain luxe qui permet de les conserver dans le silence, car il est difficile de cracher dans la soupe. Le Niger a un taux de chômage très élevé. Un jeune sans emploi ne va pas y penser à deux fois si on lui propose ces avantages. Il s’habitue à ce luxe et même s’il se rend compte des effets néfastes sur sa santé, il ne dira rien de peur de perdre son travail.
Avez-vous subi des pressions d’Areva durant le tournage ?
Non, pas du tout, ce sont plutôt les autorités nigériennes qui ont voulu me bloquer. J’avais obtenu des autorisations de tournage du Centre national de la cinématographie et de la mairie d’Arlit. On s’est fait arrêter deux fois, mais puisque j’étais en règle, ils m’ont laissée tranquille. Le titre du film, La Colère dans le vent, m’a beaucoup aidée. Ils ont cru que je faisais un film sur le vent, le désert, sans trop chercher à connaître le synopsis.

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Pourquoi le film a-t-il été censuré au Niger ?
Par peur. Quand je propose le film à des exploitants de salles de cinéma, ils me répondent qu’ils ne veulent pas de problèmes. Ils ont peur que mes producteurs, qui font partie du milieu alternatif, soient perçus comme des opposants. J’ai diffusé mon film dans plusieurs instituts français en Afrique. Celui de Niamey voulait aussi le diffuser, mais il n’a pas reçu l’aval de l’ambassade de France.
Cette crainte est aussi présente dans la population ?
Le mot Areva fait peur. C’est un sujet tabou, sauf si c’est pour magnifier l’entreprise. Les gens ont envie de parler, mais comme le gouvernement nigérien, ils se sentent impuissants face à cette multinationale. Quand je faisais mes repérages, beaucoup de personnes me disaient que je me mettais en danger. Ici, lorsqu’on parle d’Areva, c’est comme un Dieu, il ne faut pas appeler son nom à haute voix.

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Le film a-t-il eu du succès à l’étranger ?
Oui, il a fait le tour du monde depuis 2016 et a remporté une dizaine de prix. Après le Brésil et les États-Unis, j’ai été invitée au Japon. Je ne pensais pas un jour faire un film qui serait vu jusque là-bas. C’est une fierté, je me dis que mon travail a servi à quelque chose. Mais j’ai fait ce film pour mon pays d’abord et j’espère qu’un jour il pourra y être vu.
Vers la fin du film, un groupe de jeunes Nigériens dit : « Nous avons la richesse dans notre sous-sol, mais tout ce qu’on nous laisse, c’est la radioactivité. » Est-ce un sentiment partagé ?
Ces jeunes font partie d’une association dont le slogan est : « l’après-mine ». Ils se disent que l’uranium est une ressource naturelle qui s’épuisera un jour ou l’autre. A Arlit, qui n’existe que par l’uranium, si cette ressource disparaît ou si Areva décide de ne plus l’exploiter, que va-t-on devenir ? La ville va-t-elle continuer d’exister ? Si Areva s’en va aujourd’hui, le seul héritage qui leur restera, ce sont ces déchets radioactifs. Il faut prévoir cet « après-mine » maintenant. Il faut se préparer à ça.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Le Saint-Sépulcre à Jérusalem, site du tombeau du Christ selon la tradition, est fermé depuis le 25 février pour protester contre des mesures fiscales.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Ce rapt, survenu il y a une semaine, a ravivé la crainte d’un « nouveau Chibok », du nom de la ville de l’Etat voisin du Borno, où Boko Haram avait enlevé 276 élèves d’un internat en avril 2014, provoquant une vague d’indignation mondiale.
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Compte rendu

Nigeria : les 110 élèves de Dapchi ont été « enlevées », reconnaît le président

Ce rapt, survenu il y a une semaine, a ravivé la crainte d’un « nouveau Chibok », du nom de la ville de l’Etat voisin du Borno, où Boko Haram avait enlevé 276 élèves d’un internat en avril 2014, provoquant une vague d’indignation mondiale.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 26.02.2018 à 17h17

     •
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        Mis à jour le 26.02.2018 à 18h25






    
L’école de Dapchi où ont été enlevées les élèves.
Crédits : AFOLABI SOTUNDE / REUTERS


C’est la première fois que ce terme est employé de manière officielle, les autorités ayant préféré parler auparavant de « disparition », et non de « kidnapping ». Une semaine après la disparition de 110 élèves, à la suite de l’attaque de leur école dans le nord-est du Nigeria par des membres présumés du groupe djihadiste Boko Haram, le président nigérian, Muhammadu Buhari, a reconnu, lundi 26 février, qu’elles ont été « enlevées ».
« Le gouvernement reste aux côtés de celles [les étudiantes de Dapchi] qui ont été enlevées », a déclaré M. Buhari lors de la visite à la présidence d’une délégation d’anciens otages de Boko Haram, libérés au début du mois. « J’ai ordonné à toutes les agences de sécurité du pays de garantir la sécurité dans nos écoles (…) et de ramener les filles kidnappées à leurs familles », a souligné le chef de l’Etat.
Cet enlèvement de masse rappelle celui de 276 lycéennes à Chibok en avril 2014 qui avait donné à Boko Haram, dont le nom signifie « l’éducation occidentale est un péché », une tragique notoriété sur la scène internationale, entraînant une vague d’émotion mondiale sur les réseaux sociaux avec le mouvement Bring Back Our Girls.

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M. Buhari avait été élu un an plus tard, sur la promesse d’éradiquer l’organisation djihadiste et de retrouver les « filles de Chibok ». Une centaine d’entre elles ont été depuis libérées, échangées contre des rançons et des prisonniers, ce qui, selon les observateurs du conflit, peut avoir attisé les convoitises du groupe, en perte de vitesse.
« Catastrophe nationale »
Vendredi, le président s’est excusé auprès des parents que « ce soit arrivé » et avait qualifié cette disparition de « catastrophe nationale ». Comme en 2014, une grande confusion règne sur les circonstances de cette attaque, et les autorités n’ont confirmé que dimanche, soit six jours après les faits, que 110 jeunes filles étaient toujours portées disparues.
Lundi, le gouverneur de l’Etat de Yobe, où se trouve Dapchi, a sévèrement regretté le manque de sécurité dans sa province. « Je ne veux pas mettre la faute sur les autres, mais je veux qu’une chose soit claire : il n’y avait aucune présence militaire à Dapchi au moment des faits », a dénoncé Ibrahim Gaidam.
« Tout porte à croire que nos hommes, dans l’armée nigériane, ne sont pas assez nombreux », a-t-il dit, pour assurer la sécurité de cette région ravagée par l’insurrection de Boko Haram depuis 2009, qui a fait plus de 20 000 morts et 2,6 millions de personnes déplacées.
Si Boko Haram est largement affaibli depuis l’arrivée du président Buhari au pouvoir, la situation sécuritaire dans le pays s’est généralement détériorée, dans un pays qui compte quelque 190 millions d’habitants.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Jeremy Corbyn fait un pas de plus vers un « Brexit doux », afin d’éviter le retour des droits de douane avec le continent après la sortie de l’UE.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Brexit : les travaillistes veulent rester dans une union douanière avec l’UE

Jeremy Corbyn fait un pas de plus vers un « Brexit doux », afin d’éviter le retour des droits de douane avec le continent après la sortie de l’UE.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 16h14
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 18h07
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


Jeremy Corbyn a, finalement, franchi le pas. Après de longs mois à entretenir le flou, le leadeur du Parti travailliste a appelé, lundi 26 février, à rester dans une union douanière avec l’Union européenne après le Brexit, ce qui permettrait à la fois de conserver des relations sans entraves sur le commerce des biens (mais pas des services) et d’éviter – au moins partiellement – une frontière en Irlande du Nord.
Cette annonce se rapproche d’un « Brexit doux », demandé à grands cris par de nombreux membres du Parti travailliste, par opposition au « Brexit dur » prôné par les partisans d’une rupture radicale avec l’UE. Elle souligne l’évolution progressive de l’opinion publique sur le sujet, M. Corbyn, personnellement très eurosceptique, n’ayant sans doute pas osé une telle prise de position il y a quelques mois. Elle est aussi une peau de banane politique pour la première ministre Theresa May : le Labour pourrait potentiellement s’allier à la poignée de députés conservateurs rebelles sur le sujet et provoquer la défaite du gouvernement à la Chambre des communes.
La construction économique européenne repose sur deux piliers essentiels : le premier est l’union douanière – les pays membres ont des tarifs douaniers identiques vis-à-vis du reste du monde – ; le second pilier est le marché unique, fondé sur la libre circulation des travailleurs, des capitaux et des biens – les normes et les standards y sont unifiés, ce qui permet en son sein d’éviter les barrières douanières dites « non tarifaires », y compris dans les services (en particulier, la finance).

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Eviter un « choc économique »
M. Corbyn a décidé de rester dans le premier cercle, mais s’oppose au maintien dans le second. « Quand 44 % de nos exportations vont vers l’UE, et que 50 % de nos importations viennent de là, il est dans notre intérêt mutuel de ne pas avoir de tarifs douaniers. (…) Nous chercherons un accord d’union douanière entre le Royaume-Uni et l’Union européenne », a-t-il expliqué depuis un centre de recherche automobile, à Coventry (West Midlands). Selon lui, c’est la seule façon d’éviter un « choc économique » au moment du Brexit. La sortie de l’Union européenne est prévue pour le 29 mars 2019 mais devrait être suivie d’une période de transition, jusqu’à la fin 2020.
Pour justifier ce changement de cap, M. Corbyn prend l’exemple de la Mini, une voiture fabriquée par BMW dans son usine d’Oxford, dont les pièces détachées traversent trois fois la Manche pendant le processus de construction. Sortir de l’union douanière et imposer des inspections à chaque passage de frontière mettraient à mal cette chaîne logistique. « Nous devons trouver un accord qui mette en priorité l’emploi et le niveau de vie », plaide le dirigeant travailliste.
Rester dans l’union douanière permettrait aussi de résoudre partiellement l’épineux problème de l’Irlande du Nord. Voilà presque vingt ans que la paix a été signée, avec l’accord de paix du vendredi saint de 1998. Aujourd’hui, la frontière avec la République d’Irlande a complètement disparu. Au-delà de son impact économique, le retour des douanes, même dans un format allégé, ouvrirait un contentieux politique explosif.
Pour ses opposants, l’annonce du leadeur du Parti travailliste revient pourtant à abandonner l’un des Graal du Brexit : la possibilité de signer des accords de libre-échange avec le reste du monde. Après sa sortie, le Royaume-Uni devrait choisir entre mener sa propre politique commerciale et respecter celle de l’Union européenne et, donc, dépendre des accords conclus par elle – comme c’est, par exemple, le cas de la Turquie, à ce jour.
Le soutien des milieux d’affaires sur la question
David Davis, le ministre du Brexit, accuse M. Corbyn de vendre de la « poudre de perlimpinpin » (snake oil) avec sa proposition. Le leadeur travailliste, soutenu par les milieux d’affaires sur la question, réplique avec deux arguments. « Je ne crois pas qu’un accord de libre-échange avec la Chine ou les Etats-Unis compenserait la perte de notre accord avec l’UE. » De plus, il demande d’avoir un droit de regard sur les futurs accords de libre-échange que l’UE pourrait passer : « Nous ne pouvons pas simplement subir les règles qu’on nous imposerait. » Cette clause risque d’être difficile à négocier avec Bruxelles.
Par ailleurs, M. Corbyn – sans le dire explicitement – semble toujours exclure de rester dans le marché unique. Il estime que Bruxelles limite trop la politique d’intervention économique et de nationalisations qu’il entend mener s’il devient premier ministre. Il s’en prend, en particulier, à l’encadrement par l’UE des aides d’Etat versées aux entreprises.
Le sauvetage par le gouvernement britannique de Royal Bank of Scotland, il y a dix ans, est pour lui un bon exemple : en échange de cette aide, Bruxelles a imposé à la banque, terrassée par la crise des subprimes, de vendre certains actifs. « Les contribuables ont été forcés de conserver les moins bons morceaux et de vendre les meilleurs. »
Sortir du marché unique permettrait aussi d’imposer des restrictions à la libre circulation des personnes au sein de l’UE, ce qui était l’une des premières motivations des électeurs du Brexit. « La liberté de mouvement va s’arrêter », affirme M. Corbyn, même s’il précise que l’économie britannique restera largement ouverte aux migrants.
Derrière ce positionnement du Parti travailliste se trouve aussi un calcul politique. Une loi sur l’organisation des douanes après le Brexit est actuellement en débat au Parlement. Deux députés conservateurs rebelles y ont déposé un amendement pour imposer au Royaume-Uni de rester dans l’union douanière. Potentiellement, le Labour pourrait décider de les soutenir. Si une vingtaine de députés conservateurs s’y joignent, le gouvernement pourrait perdre le vote à la Chambre des communes. De quoi précipiter de nouvelles élections ? Rien n’est moins sûr, mais cela affaiblirait un peu plus Theresa May. Interrogé sur une telle tactique, Jeremy Corbyn a soigneusement évité de répondre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Au Maroc, des jeunes démunis sombrent dans ce cocktail de médicaments qui donne un sentiment de toute-puissance et peut pousser aux actes les plus extrêmes.
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Reportage

Casablanca sous l’emprise du « karkoubi », la drogue de la violence

Au Maroc, des jeunes démunis sombrent dans ce cocktail de médicaments qui donne un sentiment de toute-puissance et peut pousser aux actes les plus extrêmes.

Par                                            Ghalia Kadiri (Casablanca, Salé, envoyée spéciale)




LE MONDE
              datetime="2018-02-26T15:52:25+01:00"

        Le 26.02.2018 à 15h52

     •
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        Mis à jour le 26.02.2018 à 18h11






                        

Crédits : Rafael Marchante / REUTERS


                    

Invincible. Depuis quelques instants, Hicham ne craint plus rien – pas même la police. Sur une moto volée, il slalome dangereusement dans les rues de Casablanca, couteau en poche. Les passants lui paraissent « aussi petits que des fourmis ». Comme dans un jeu vidéo, où le danger n’est que virtuel, il s’amuse à leur arracher sacs et téléphones, comme on acquiert des points pour passer au niveau suivant.
« Ouvre les yeux, sale crapule ! » La partie est finie. Au commissariat de Hay Mohammadi, Hicham ne se souvient de rien. Les effets de la drogue se sont estompés, les fourmis sont redevenues des hommes. Il tremble, parle trop vite pour être compris. Une épaisse couche de salive s’est formée autour de sa bouche pâteuse.

La veille, lui et d’autres gamins du « derb » ont semé la terreur dans ce quartier populaire de Casablanca, tels des zombies, sous l’effet du « karkoubi ». Une drogue d’une telle intensité qu’elle provoquerait un sentiment d’invincibilité et, parfois, des envies de meurtre.
Réveillés par des séries de claques par les policiers, ils sont interrogés un par un. Hicham, Ayoub, Hassan, Mounir. Car ce soir-là, le pire est arrivé. « Tu as tué ta mère ! Tu es damné ! », apprend un agent à Mounir. Incontrôlable sous l’impulsion des psychotropes, le jeune homme a porté le couteau dans la chair de sa propre mère. Il ne se souvient de rien.
« Effet Rambo »
« Quand j’ai vu de quoi mon pote était capable avec cette drogue, je me suis juré d’arrêter », confie aujourd’hui Hicham, quelques mois après le drame. Assis à une terrasse de café de Hay Mohammadi, le Marocain de 31 ans n’a pas tenu sa promesse. « Sans le karkoubi, je ne peux pas voler. Comment vais-je faire pour survivre ? »
Le jour, Hicham est vendeur ambulant de fruits. « Mais mon vrai métier, c’est voleur. » Il transpire sous son bonnet griffé « Real Madrid », ses mains sales et écorchées...



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Pour l’analyste Thierry Vircoulon, le maintien au pouvoir de Joseph Kabila en RDC tient au pacte tacite passé avec les acteurs sécuritaires, politiques et économiques.
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Chronique

« Le consensus de corruption, horizon indépassable de l’histoire congolaise ? »

Pour l’analyste Thierry Vircoulon, le maintien au pouvoir de Joseph Kabila en RDC tient au pacte tacite passé avec les acteurs sécuritaires, politiques et économiques.

Par                Thierry Vircoulon



LE MONDE
              datetime="2018-02-26T15:45:05+01:00"

        Le 26.02.2018 à 15h45






    
Des catholiques manifestent contre le président congolais, Joseph Kabila, à Kinshasa, le 25 février 2018.
Crédits : JOHN WESSELS / AFP


Chronique. En République démocratique du Congo (RDC), le début de l’année 2018 a un air de déjà-vu. Depuis la fin constitutionnelle du régime en 2016, le pays est une cocotte-minute dont la température monte régulièrement.
Après l’organisation d’une bastonnade en règle des chrétiens contestataires à Kinshasa, le 21 janvier, le pape s’est ému et le cardinal Monsengwo a décrit la RDC comme une « prison à ciel ouvert ». Le gouvernement belge a décidé d’arrêter sa coopération avec le régime congolais et d’attribuer son aide au développement à des organisations de la société civile et non plus au gouvernement. Les autorités congolaises ont répliqué avec toute la panoplie des représailles diplomatiques : arrêt des activités de la coopération belge, fermeture du consulat de Lubumbashi et réduction des vols de la compagnie aérienne belge pour Kinshasa.

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Tout cela ressemble à une répétition du début des années 1990. À cette époque, le président au pouvoir, Mobutu Sese Seko, s’accrochait au pouvoir contre l’Eglise, la Belgique et les États-Unis – tout comme Joseph Kabila aujourd’hui. Certains protagonistes de la crise actuelle sont les mêmes : Lambert Mende, porte-parole de l’actuel gouvernement, était alors ministre de Mobutu, et Mgr Monsengwo, à la tête de la Conférence nationale puis du Haut Conseil de la République, faisait déjà figure d’opposant. Le seul absent de cette nouvelle transition imposée est Etienne Tshisekedi, qui est décédé au début de l’année 2017 mais dont un fils, Félix, continue de jouer un rôle dans les rangs de l’opposition.
Comme le gouvernement actuel, Mobutu utilisait la rhétorique de la souveraineté bafouée et la fibre anticoloniale contre la Belgique. Comme le gouvernement actuel, il jouait de la concurrence entre Bruxelles et Paris, incitant le gouvernement français à remplacer l’ex-puissance coloniale financièrement et militairement. Et comme le gouvernement actuel, le maréchal-président n’hésita pas à traiter par la force la contestation de l’Église (telle la marche des chrétiens le 16 février 1992).
Kabila recourt aux vieilles ficelles du mobutisme
La sortie de route constitutionnelle qui caractérise la RDC depuis la fin 2016 n’est pas non plus une première. Après avoir mis fin à la Seconde République en 1990, Mobutu est resté sept ans au pouvoir dans une sorte de transition permanente dont la conclusion a été la guerre et sa fuite pathétique. Il justifiait son maintien au pouvoir en vertu du même principe que Joseph Kabila : « Le président de la République actuellement en fonction demeure président de la République jusqu’aux prochaines élections. »
La longue agonie du régime mobutiste avec ses « transitionnaires à vie » a duré sept ans et a coûté beaucoup de vies humaines pour rien, Mobutu mourant en exil au Maroc en 1997. Contrairement à Washington et Bruxelles, Paris était resté fidèle au maréchal Mobutu et avait accueilli des barons de son régime après sa chute.

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C’est cette histoire de la fin du XXe siècle qui se répète en ce début de XXIe siècle. Et comme à la fin du XXe siècle, cette politique a un coût humain important : d’après l’ONU, les violences ont déplacé 1,3 million de personnes en 2017 ; les violations des droits humains ont augmenté de 25 % de 2016 à 2017 ; les agents de l’Etat sont responsables de 61 % des violations documentées en 2017, tandis que 39 % ont été perpétrées par les groupes armés ; 1 176 assassinats extrajudiciaires sont attribués aux agents de l’Etat en 2017.
Condamnés à des gouvernements de passage sans la moindre consistance et à la multiplication des prétextes pour justifier l’impossibilité d’organiser des élections, les Congolais assistent, furieux et anxieux, à l’escalade de la confrontation avec le pouvoir et à cette répétition de leur histoire. Cette répétition s’explique par le fait que Joseph Kabila recourt aux vieilles ficelles du mobutisme : les rivalités internationales, l’appui de régimes étrangers et l’instrumentalisation du désordre dans un pays-continent.
« Un politicien congolais ne s’achète pas, il se loue »
Mais, comme à l’époque de Mobutu, la raison primordiale de sa survie politique est le consensus de corruption qu’il a forgé avec des acteurs-clés du système en RDC.
Les « services de sécurité » – armée, police et renseignement –, qui ont toute latitude pour faire des affaires depuis l’arrivée au pouvoir de Kabila, en 2001, sont les grands et silencieux bénéficiaires du régime. Si tous les membres de la hiérarchie policière et militaire ne sont pas kabilistes de cœur, loin s’en faut, beaucoup le sont par le portefeuille. Ils ont en effet prospéré durant les années Kabila grâce aux passe-droits dont ils disposent, comme en témoignent les maisons des officiers supérieurs construites à Goma et ailleurs.
L’autre acteur du consensus de corruption est la classe politique elle-même. D’une part, en l’absence d’élections, la plupart des élus actuels évitent le vote-sanction qui les privera de leur confortable salaire ; d’autre part, une partie de l’opposition a été achetée et rachetée si souvent qu’elle n’a plus guère de crédibilité auprès de la population. Comme le dit la rue kinoise, « un politicien congolais ne s’achète pas, il se loue ».

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Le troisième acteur du consensus de corruption est l’industrie minière et pétrolière. Si la RDC est vue comme un pays minier, elle est aussi un pays pétrolier. Le peu de pétrole qu’elle produit sur la côte ouest grâce à l’entreprise française Perenco a représenté à une époque pour le budget de l’Etat des revenus supérieurs à ceux du secteur minier.
Or les secteurs miniers et pétroliers sont la chasse gardée de quelques proches du président et de compagnies familières des paradis fiscaux – la RDC figurant en bonne place à la fois dans les « Paradise Papers » et les « Panama Papers ». Selon le « Africa Progress Report » piloté par Kofi Annan, cinq contrats miniers ont fait perdre à eux seuls 1,36 milliard de dollars au budget congolais entre 2010 et 2012 (soit 1 milliard d’euros à l’époque). La récente menace d’un nouveau Code minier qui taxerait davantage les compagnies minières n’est qu’un nouvel épisode des soubresauts du pacte de corruption entre le secteur et le pouvoir.
Une entente tacite entre élites transfrontalières
Les deux voisins de l’Est, l’Ouganda et le Rwanda, qui avaient soutenu la rébellion ayant chassé Mobutu ne sont plus enclins à ce type d’aventures. Outre les problèmes internes qui accaparent leur attention, ils sont parvenus à un modus vivendi avec le régime de Joseph Kabila.
Le réseau d’élites qui s’adonnait à l’exploitation violente des ressources naturelles à la charnière des deux siècles et avait été dénoncé en 2002 par l’ONU est maintenant en place depuis presque vingt ans. Les efforts de transparence du commerce des minerais, financés par des acteurs internationaux, n’ont pas permis de remettre en cause ce système de pillage des ressources naturelles de l’est de la RDC, car il repose sur une entente tacite entre les élites des deux côtés de la frontière orientale du pays, voire au-delà.

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Plus largement, le voisinage régional joue aussi la carte de la solidarité des despotismes. Depuis le début de cette année, la Tanzanie, le Burundi et le Gabon ont arrêté des rebelles : John Tshibangu, un colonel congolais qui voulait prendre la tête d’une rébellion anti-Kabila à partir de l’Est congolais ; un groupe de combattants Mayi-Mayi Yakutumba qui ont fui les récents affrontements au Sud-Kivu vers le Burundi ; et le vieux général et ex-ministre de Laurent-Désiré Kabila, Faustin Munene, qui avait déjà été condamné en RDC pour des révoltes passées mais qui résidait tranquillement jusque-là à Libreville. De ces trois cas, le général Munene est peut-être le seul à ne pas avoir été extradé à Kinshasa.
Cette soudaine efficacité des services de sécurité des pays voisins ne peut que surprendre quand on sait que les trafics transfrontaliers (notamment entre la RDC, le Burundi et la Tanzanie) durent depuis des années.
Un contrat chinois géré dans l’opacité la plus totale
À cette solidarité d’autocrates s’ajoute l’influence grandissante dans les affaires congolaises de l’autocratie modèle : la Chine. Depuis la signature d’un contrat de plusieurs milliards de dollars sous la forme d’un troc « infrastructures contre minerais » en 2007, elle n’a cessé de gagner en importance dans le secteur minier et en proximité avec le pouvoir. Il faut dire que les deux sont étroitement associés : le contrat sino-congolais est géré directement par la présidence à Kinshasa, dans l’opacité la plus totale.

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Incapable de changer la Constitution pour rester légalement au pouvoir, comme beaucoup d’autres despotes sur le continent, et donc de sauver les apparences, Joseph Kabila se situe hors des normes de la politique africaine mais il reste dans la norme de l’histoire congolaise.
Pour sortir de l’impasse actuelle, il faut savoir si le dépassement du consensus de corruption est possible (comme le dit l’Eglise catholique en dénonçant les « anti-valeurs ») ou si ce consensus constitue – quel que soit le dirigeant au pouvoir – l’horizon indépassable de l’histoire congolaise.
Après les règnes de trente-deux ans de Mobutu et de dix-sept ans de Kabila, les Congolais ont compris que l’alternance politique est la condition nécessaire mais non suffisante du changement de gouvernance qu’ils appellent de leurs vœux depuis si longtemps et pour lequel ils ont manifesté le 25 février.
Thierry Vircoulon est enseignant en sécurité et conflit en Afrique à Sciences Po-Université Sorbonne-Paris-Cité et analyste à l’Institut français des relations internationales (IFRI).
Cet article est d’abord paru sur le site The Conversation.





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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Canberra n’a pas accordé le droit de sortir du territoire à l’auteur d’un livre sur le sort de cette minorité musulmane, qui devait parler à Bruxelles et à Paris.
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édition abonné


L’impossible témoignage en Europe d’un réfugié rohingya bloqué en Australie

Canberra n’a pas accordé le droit de sortir du territoire à l’auteur d’un livre sur le sort de cette minorité musulmane, qui devait parler à Bruxelles et à Paris.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 15h17
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 18h41
    |

            Harold Thibault








                        



                                


                            

Habiburahman entendait témoigner du nettoyage ethnique dont est victime le peuple rohingya. Réfugié en Australie, il devait parler en Belgique et en France, en amont de la sortie, le 1er mars, de son livre D’abord ils ont effacé notre nom, coécrit par la journaliste Sophie Ansel. Il avait calculé qu’il devait arriver en Europe au plus tard, lundi 26 février, pour être présent à une rencontre avec des parlementaires européens le lendemain puis parler mercredi devant l’Assemblée de la région de Bruxelles, se rendre au sénat belge et s’exprimer ensuite en France.
Il disposait de lettres d’invitation de la Chambre basse belge, des branches belge et suisse d’Amnesty International, de la députée européenne Marie Arena ou encore de la maison d’édition La Martinière. Il avait déjà écrit son discours. Le 26 février est arrivé et l’auteur est toujours coincé à Melbourne. Son visa de réfugié ne lui permet pas, pour l’heure, de sortir du pays et l’Australie n’a pas daigné lui accorder d’exception pour aller présenter son livre sur le sort réservé à cette minorité musulmane subissant la répression de l’armée birmane.
Ce qui l’a, une nouvelle fois, renvoyé à son absence de droits, à son caractère apatride. « Bien sûr, je suis très frustré, c’était une opportunité inédite de présenter notre situation auprès des dirigeants européens », dit Habiburahman, qui n’utilise qu’un seul nom. « Je sais que l’Australie est dure sur le sujet de l’immigration mais ne pas laisser une personne aller s’exprimer sur sa souffrance et son calvaire, c’est assez pitoyable », dénonce Jamal Ikazban, député du Parlement régional bruxellois.

« Il est dans les limbes administratifs »
Plus de 688 000 Rohingya ont fui l’Ouest birman depuis le lancement, en août 2017, d’opérations punitives d’une ampleur et d’une violence sans précédent. Habiburahman, lui, a quitté la zone bien avant, il y a dix-huit ans. Il a transité par la Thaïlande...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Les délégués du parti démocrate-chrétien (CDU) ont donné, lundi à Berlin, leur accord au contrat de coalition négocié avec les sociaux-démocrates (SPD).
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En Allemagne, la CDU d’Angela Merkel approuve le projet de coalition avec le SPD

Les délégués du parti démocrate-chrétien (CDU) ont donné, lundi à Berlin, leur accord au contrat de coalition négocié avec les sociaux-démocrates (SPD).



Le Monde
 |    26.02.2018 à 15h16
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 16h56
   





                        



   


Le parti conservateur démocrate-chrétien (CDU) d’Angela Merkel a validé, lundi 26 février, l’accord de gouvernement négocié ces dernières semaines avec les sociaux-démocrates du SPD. Le « contrat de coalition » a été adopté à une écrasante majorité par les délégués de la CDU réunis en congrès à Berlin (27 voix contre sur environ 1 000 votants).
« Ce congrès a une mission claire : nous voulons participer à la constitution d’un gouvernement stable et efficace », avait lancé, en fin de matinée, Mme Merkel.

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Merkel critiquée en interne
Depuis plusieurs mois, Mme Merkel est la cible de critiques au sein de la CDU. Celles-ci, venant de l’aile droite du parti, ont d’abord porté sur sa politique vis-à-vis des migrants. S’y sont ajoutées des critiques sur son usure que refléterait, selon ses détracteurs, sa victoire étriquée aux élections qui l’a obligée à renégocier, pendant de longs mois, une alliance pour pouvoir continuer à gouverner.

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Les compromis passés avec le SPD sont venus s’ajouter au rang des griefs pour certains membres du parti conservateur. « La concession de trop », souligné, à propos de l’« abandon » du portefeuille des finances, une des figures de la CDU, Wolfgang Bosbach, résumant le sentiment de ceux jugeant trop centriste le cap de la chancelière au pouvoir depuis douze ans.
Pour tenter de désamorcer ces critiques, Mme Merkel a annoncé, dimanche, qu’elle allait nommer dans le prochain gouvernement, au poste de ministre de la santé, celui qui est vu comme le chef de file de cette aile droite de la CDU, Jens Spahn.
Face aux demandes de renouvellement, Mme Merkel a, par ailleurs, nommé comme numéro deux du parti Annegret Kramp-Karrenbauer. Proche de la chancelière, cette catholique de 55 ans, qui affiche des positions sociétales plus conservatrices que la chancelière, peut aussi constituer un pont avec l’aile droite.

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« Standing ovation »
Le correspondant du Monde à Berlin, Thomas Wieder, qui suit en direct ce congrès, fait remarquer que, même « affaiblie et usée », Mme Merkel a réussi « malgré tout à arracher une standing ovation de quatre minutes ».

Incroyable Merkel : affaiblie et usée certes, mais réussissant malgré tout à arracher une standing ovation de 4 min… https://t.co/1D7ax4ev3h— ThomasWieder (@Thomas Wieder)


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« Signe que Mme Merkel a réussi son coup avec ses nominations : Paul Ziemiak, le chef de la Junge Union [jeunes conservateurs], plutôt frondeur d’ordinaire, [a prononcé], après elle, un discours sans aspérité », poursuit Thomas Wieder, qui ajoute qu’en interrogeant les délégués CDU on perçoit « que Merkel a vraiment réussi à étouffer la colère qui montait ».

En parlant aux délégués CDU, on constate que Merkel a vraiment réussi à étouffer la colère qui montait ces dernière… https://t.co/4sbnHcYW62— ThomasWieder (@Thomas Wieder)


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« L’idée générale au congrès de Berlin est que Mme Merkel a préparé le terrain pour que la CDU se prépare à sa succession mais qu’elle a conservé les mains libres pour gouverner, la plupart des gens ici étant d’accord pour qu’elle fasse la totalité de son mandat mais pas plus », considère Thomas Wieder.
Référendum au sein du SPD
Mais, si la CDU a approuvé le contrat de coalition, reste maintenant à savoir si le SPD fera de même. Les résultats du référendum interne, qui a été lancé auprès des 464 000 militants du parti social-démocrate, seront connus dimanche 4 mars.
Or, le SPD est divisé sur le sujet. Les « Jusos », les jeunes socialistes, ont notamment exprimé leur opposition à l’entrée du SPD au gouvernement.

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Un rejet de l’alliance ouvrirait une crise gouvernementale sans précédent.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Selon l’ancien ministre malien de la décentralisation, Ousmane Sy, « si les djihadistes ont l’oreille de la population, c’est parce que l’Etat est rejeté ».
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Entretien

« Le Mali veut organiser une élection présidentielle alors que la situation sécuritaire est pire qu’en 2013 »

Selon l’ancien ministre malien de la décentralisation, Ousmane Sy, « si les djihadistes ont l’oreille de la population, c’est parce que l’Etat est rejeté ».

Propos recueillis par                Bokar Sangaré (contributeur Le Monde Afrique, Bamako)



LE MONDE
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        Le 26.02.2018 à 14h27

     •
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        Mis à jour le 26.02.2018 à 16h15






    
Des militants du Mouvement pour le salut de l’Azawad, dans la région de Menaka, au Mali, le 4 février 2018.
Crédits : SOULEYMANE AG ANARA / AFP


Au Mali, l’élection présidentielle approche – le premier tour est prévu le 29 juillet –, mais la paix se fait toujours attendre. Dans le nord et le centre du pays, les groupes djihadistes mènent des attaques régulières, alors que l’Etat tarde à se redéployer.
Ancien ministre de la décentralisation et des collectivités territoriales et secrétaire général de la présidence, auteur de Reconstruire l’Afrique, vers une nouvelle gouvernance fondée sur les dynamiques locales (éd. Charles Léopold Mayer, 2009), Ousmane Sy est considéré comme l’un des premiers artisans de la décentralisation au Mali. Il livre son point de vue sur les retards dans la mise en œuvre de l’accord de paix d’Alger et sur la situation sécuritaire du pays.

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Pourquoi, plus de deux ans après sa signature, l’accord de paix peine à être appliqué ?
Ousmane Sy Le grand problème de cet accord, c’est le manque d’appropriation politique. Après sa signature, ceux qui devaient l’assumer politiquement se sont défaussés pour des raisons diverses. On a mis l’accord entre les mains de techniciens, qui font ce qu’ils peuvent, mais avec beaucoup de limites. Rien de ce qui devait être entrepris comme initiative politique n’a été fait. Or le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, est le seul à avoir la légitimité pour engager l’ensemble des protagonistes maliens sur un chemin de façon indiscutable. La principale difficulté qui bloque l’accord, c’est l’absence de prise en charge politique.
Dans l’accord, il a été choisi de donner plus d’autonomie aux régions. Pensez-vous que cela soit possible sans porter atteinte à l’unité territoriale du Mali ?
La régionalisation n’est que la seconde phase de la décentralisation, qui est en cours depuis 1993. La première étape était la communalisation, qui avait pour objectif d’ancrer la démocratie au plus profond du pays afin que les populations puissent jouir de leurs droits, de leurs libertés, et pour faciliter l’accès aux services publics de base. Mais la communalisation ne permettait pas le second objectif de la décentralisation, qui était le développement du territoire.
En 2013, Ibrahim Boubacar Keïta a organisé les états généraux de la décentralisation, puis les assises du Nord. Ces deux documents ont été faits avant Alger et contiennent les fondements de la régionalisation. Face aux revendications des mouvements armés, dans un premier temps indépendantistes, puis fédéralistes, on a proposé un approfondissement de la décentralisation. Aujourd’hui, toutes les régions demandent à être responsabilisées dans le cadre de la décentralisation.

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Quels pourraient en être les inconvénients ?
Toute réforme a des inconvénients. La régionalisation consiste à donner une autonomie à des gens, et aujourd’hui, les libertés sont telles que le retour en arrière est impossible. Il faut voir la réalité en face : qu’on le veuille ou non, Kidal est en train de changer de statut, tout comme Tombouctou, Gao et Mopti. Toutes les parties du Mali changent de statut sans que cela soit pensé. Il aurait fallu que l’Etat anticipe ce changement de statut, sans quoi d’autres acteurs viennent prendre sa place. C’est ce qui est en train de se passer. L’Etat est pris au piège des évolutions. Il faut qu’on sorte du déni de réalité.
Le centre est devenu la priorité du gouvernement, qui vient d’y imposer des mesures d’interdiction de circulation des motos et des pick-up. Cela sera-t-il suffisant ?
Si les djihadistes existent et arrivent à avoir l’oreille des populations, c’est parce que l’Etat est rejeté. La meilleure façon de combattre cela, c’est de reconquérir le cœur des communautés. Et cela ne peut être fait que par un Etat différent de l’actuel dans sa conception, dans ses pratiques et même dans son existence. Ces mesures d’interdiction ne suffisent donc pas. Elles empêchent les gens de vivre. Dans ces localités, les gens vivent des différents marchés hebdomadaires. Ils transportent les malades, se déplacent à moto pour les événements sociaux entre les villages. Il n’y a pas de transports en commun organisés.

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Malgré des conditions sécuritaires précaires, le gouvernement prévoit de tenir le premier tour de l’élection présidentielle en juillet 2018. Cet agenda est-il tenable ?
Les gens ont la mémoire fragile. En 2012, tous les bons analystes avaient vu venir la crise alors qu’on avait la tête fermée dans les élections. En 2018, on est en train d’aller à une élection dans un pays où les conditions sont pires qu’en 2013. Aujourd’hui, les cercles où les conditions de réalisation du scrutin sont réunies en termes de logistique, de maîtrise du territoire par l’administration, pour que les gens puissent battre campagne et acheminer le matériel électoral, sont moindres. Or la réussite d’une élection dépend aussi de 60 % à 70 % de la logistique.
A défaut d’élection, que faire ?
Les élections ne sortent pas un pays de la crise. Elles peuvent couronner un processus de sortie de crise. Les politiques devraient réfléchir aux concertations à engager en marge des élections. C’est ce que j’appelle une transition. La conception qu’on a de la transition dans ce pays est toujours celle de rupture. Ce que le président n’a pas compris, c’est qu’il devrait passer du vieux Mali, complètement déconstruit, au nouveau Mali.
Du point de vue politique, notre modèle démocratique, qui a été mis en place en 1991, et notre modèle institutionnel ont montré des failles très graves, qu’il faut corriger. La réponse ne peut venir que des Maliens. Le président devrait aller à la rencontre des gens, les écouter, les convaincre, sortir des clivages artificiels entre majorité et opposition. La conquête du pouvoir n’est utile que s’il y a un pays.


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Syrie : Poutine ordonne une trêve dans la Ghouta

Plusieurs responsables politiques avaient exprimé leur inquiétude, lundi, appelant au respect de la résolution adoptée samedi par le Conseil de sécurité de l’ONU.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 13h20
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 16h12
   





                        



   


Deux jours après l’adoption de la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU exigeant un cessez-le-feu de trente jours en Syrie, le président Vladimir Poutine a ordonné l’instauration à partir de mardi 27 février d’une « trêve humanitaire » quotidienne dans la Ghouta orientale, en Syrie.
« Sur ordre du président russe et dans le but d’éviter les pertes parmi les civils de la Ghouta orientale, une trêve humanitaire quotidienne sera instaurée à partir du 27 février de 9 heures à 14 heures », a déclaré, lundi 26 février, le ministre de la défense russe, Sergueï Choïgou, cité dans un communiqué. Selon M. Choïgou, des « couloirs humanitaires » seront mis en place pour permettre l’évacuation des civils. « Leurs coordonnées sont prêtes et seront rendues publiques bientôt », a-t-il précisé.
En attendant, les raids aériens du régime se poursuivaient toujours, lundi, sur l’enclave assiégée de la Ghouta orientale. Dans la matinée, plusieurs responsables politiques avaient exprimé leur inquiétude, appelant au respect de la résolution.
Au cours d’une discussion téléphonique avec le président turc, Recep Tayyip Erdogan, Emmanuel Macron a exprimé sa « vive préoccupation » face à « la poursuite des attaques contre les civils et les hôpitaux dans la Ghouta orientale par le régime » syrien, a fait savoir l’Elysée. M. Macron a souligné « l’impératif absolu que la cessation des hostilités (…) soit immédiatement et pleinement respectée », en conformité avec la résolution 2401 du Conseil de sécurité votée samedi.
De son côté, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a déclaré devant le Conseil des droits de l’homme se féliciter de l’adoption de la résolution mais attendre « que cette résolution soit immédiatement appliquée (…) pour que l’aide et les services humanitaires puissent être fournis immédiatement, pour évacuer ceux qui sont gravement malades et les blessés, pour que l’on puisse alléger les souffrances du peuple syrien ».

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« Mettre un terme à cet enfer sur terre »
Le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al-Hussein, a dénoncé des « abattoirs d’être humains », notamment en Syrie, et a accusé les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU d’être « responsables de la poursuite de tant de souffrances », à travers l’utilisation du droit de veto. Estimant que la France et la Grande-Bretagne faisaient un usage restreint de ce droit, M. Zeid a appelé la Chine, la Russie et les Etats-Unis à « les rejoindre et à mettre fin au recours pernicieux du veto ». « Les résolutions du Conseil de sécurité n’ont un sens que si elles sont effectivement respectées », a relevé M. Guterres. « La Ghouta orientale, en particulier, ne peut pas attendre. Il est temps de mettre un terme à cet enfer sur terre », a-t-il insisté, soulignant que « les Nations unies sont prêtes à faire ce qu’elles doivent ».
La représentante de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a, à son tour, demandé lundi l’application immédiate de la trêve au début d’une réunion des ministres des affaires étrangères des pays de l’UE. « Cette trêve doit être immédiatement mise en œuvre », a soutenu Mme Mogherini. La résolution du Conseil de sécurité, soutenue par la Russie, était une « première étape » nécessaire et encourageante, mais « la situation sur le terrain se détériore de façon dramatique, en particulier du point de vue humanitaire », a-t-elle souligné.
Aucune discussion n’est prévue sur la situation en Syrie au cours de la réunion de Bruxelles, a-t-on cependant précisé de source européenne, et plusieurs ministres importants ne sont pas venus.

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Dix civils tués lundi
Au moins dix civils ont été tués lundi dans la Ghouta orientale, dans de nouveaux raids aériens et des tirs de roquettes du régime, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Dimanche, au moins 25 civils, dont sept enfants, ont été tués dans des frappes aériennes de la coalition internationale visant le dernier réduit de l’organisation Etat islamique (EI) dans l’est de la Syrie, toujours selon l’OSDH.
Déclenché en 2011 par la répression de manifestations pacifiques par le régime de Bachar Al-Assad, le conflit en Syrie s’est complexifié au fil des ans avec l’implication de pays étrangers et de groupes djihadistes, sur un territoire de plus en plus morcelé. Il a fait plus de 340 000 morts et des millions de personnes déplacées et de réfugiés.


La Ghouta orientale, au cœur du conflit syrien
Ancien « poumon vert » de Damas, situé à l’est de la capitale de la Syrie, la Ghouta orientale est un fief rebelle qui fait, depuis 2013, l’objet de bombardements quasi quotidiens.
Cette année-là, le conflit prend un nouveau tournant dans la zone avec des attaques chimiques dans les alentours de Damas ; en mai, les journalistes du Monde sur place sont les premiers à être témoins d’attaques chimiques lancées à l’entrée de la capitale durant plusieurs jours. Mais c’est surtout lors d’un massacre durant la nuit du 21 août de la même année que ces armes sont utilisées massivement.
A partir de 2015, des dizaines de civils sont affectées par les pénuries de nourriture et de médicaments.
Depuis l’été 2017, la région est censée être une des « zones de désescalade » créées en vertu d’un accord entre la Russie, l’Iran — principaux soutiens du régime — et la Turquie, qui appuie l’opposition. Mais les bombardements n’ont jamais cessé. Le 5 février, le régime lance une offensive aérienne d’une intensité inédite.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ L’Etat veut orienter les flux de ruraux vers les villes de petite et moyenne importance, au détriment des capitales de province et surtout des mégapoles comme Pékin et Shanghaï.
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En Chine, les limites d’une urbanisation très sélective vis-à-vis des nouveaux résidents

L’Etat veut orienter les flux de ruraux vers les villes de petite et moyenne importance, au détriment des capitales de province et surtout des mégapoles comme Pékin et Shanghaï.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 12h15
    |

            Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)








                        



                                


                            

Le taux d’urbanisation chinois a atteint 58,52 % en 2017, selon l’agence Chine nouvelle, soit, en un an, une progression de 1,17 % et 20 millions de citadins supplémentaires. Des chiffres qui traduisent un processus plutôt lent : par comparaison, l’Indonésie, urbanisée à 55 %, voit sa population citadine s’accroître chaque année de 2,3 %.

Ces données incluent les résidents de plus de six mois non dotés de « hukou », c’est-à-dire le statut de résident permanent qui ouvre la porte à des prestations sociales, au droit d’acheter de l’immobilier ou à l’éducation des enfants. Car la Chine pratique ce que le chercheur taïwanais Wang Fei-ling, auteur d’un livre sur le sujet, appelle « la gestion par l’exclusion et la division ».
Les autorités chinoises clament régulièrement qu’elles veulent faciliter l’accès des quelque 250 millions de « migrants » au hukou urbain. Les dernières directives adoptées en 2016 prévoient ainsi d’octroyer 13 millions de nouveaux hukou par an entre 2016 et 2020. Mais leur application patine. L’Etat central veut orienter les flux de ruraux vers les villes de petite et moyenne importance, au détriment des capitales de province et surtout des mégapoles comme Pékin et Shanghaï, très sélectives. Or, les migrants vont s’employer là où il y a du travail et où ils peuvent gagner le plus – dans les grandes agglomérations donc. Et comme ceux qui obtiennent un hukou urbain perdent le droit à la terre associé à leur hukou originel, ils misent rarement sur les petites villes de province.
« Dilemme »
Pékin n’a ainsi octroyé que 1,69 million de hukou en 2016, selon un savant système de points, basé sur le niveau d’éducation, le paiement des impôts et le type de profession. Le hukou échappe encore à 8,1 millions de Pékinois comptabilisés en 2016 comme des « migrants » avec des permis de séjour de plus de six mois. C’est cette population qui aurait commencé à diminuer en 2017 à la suite des expulsions.
Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Pour réduire le déficit, Cyril Ramaphosa a préféré alourdir la fiscalité plutôt que tailler dans les dépenses. La TVA passera ainsi de 14 % à 15 %.
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Le nouveau président sud-africain augmente les impôts

Pour réduire le déficit, Cyril Ramaphosa a préféré alourdir la fiscalité plutôt que tailler dans les dépenses. La TVA passera ainsi de 14 % à 15 %.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 11h37
    |

                            Adrien Barbier (Johannesburg, correspondance)








                        



                                


                            

Un pari risqué. Quelques jours après la prise de pouvoir du nouveau président sud-africain, Cyril Ramaphosa, le gouvernement a présenté le 21 février son budget pour 2018. Celui-ci mise sur une augmentation des taxes pour réduire le déficit budgétaire et rassurer les marchés. L’annonce met un coup d’arrêt à l’euphorie qui a suivi la démission de Jacob Zuma, le 14 février, poussé vers la sortie par son propre parti, et rappelle à tous l’étendue du désastre économique qu’il laisse derrière lui : une croissance atone, un chômage touchant plus d’un quart de la population et un système public rongé par la corruption.
A peine nommé, M. Ramaphosa était parvenu à mettre tout le monde d’accord lors du très attendu discours sur l’état de la nation, en promettant une « nouvelle aube » à l’Afrique du Sud et en déclarant la guerre à la corruption. Sous les deux mandats de son prédécesseur, les affaires se sont enchaînées de manière presque ininterrompue, au point de miner durablement la confiance des investisseurs.
Mais, plutôt que de changer rapidement de ministre des finances, M. Ramaphosa a préféré envoyer le très décrié Malusi Gigaba, fidèle de Zuma, présenter le projet de loi de finances. Toujours tiré à quatre épingles, celui-ci a dévoilé aux députés réunis au Parlement du Cap un budget « difficile mais prometteur ».

Les marchés ont accueilli favorablement les nouvelles annonces
La mesure la plus discutée est une augmentation de la TVA, de 14 % à 15 %. C’est la première fois que le gouvernement y touche depuis 1994 et la fin du régime de l’apartheid. Combinée à des ajustements dans les tranches d’imposition, cette hausse devrait permettre à l’Etat de dégager l’équivalent de 2,5 milliards d’euros. Afin de limiter l’impact sur les ménages les plus pauvres, des produits de base comme le riz, le maïs, les haricots ne seront pas imposés, et les allocations sociales seront revalorisées, a tenté de rassurer M. Gigaba. Tandis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ A Tongzhou, une ville neuve sort de terre afin de soulager la capitale chinoise polluée et congestionnée avec ses 22 millions d’habitants.
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Le chantier pharaonique du nouveau Pékin

A Tongzhou, une ville neuve sort de terre afin de soulager la capitale chinoise polluée et congestionnée avec ses 22 millions d’habitants.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 11h36
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 12h36
    |

            Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)








                        



                                


                            

Deux rangées de bâtiments massifs, sur 500 mètres de longueur, se font face, séparées par une avenue aussi large qu’un terrain de football. La même surface court en sous-sol. Partout, des ouvriers casqués de jaune ou de bleu s’affairent sur des détails, petits points de couleur dans ce paysage de cubes et de parallélépipèdes beiges ou gris foncé. Ce gigantesque chantier, c’est le nouveau Pékin qui sort de terre : le gouvernement municipal de la capitale, c’est-à-dire la mairie, mais aussi des dizaines d’administrations vont très bientôt emménager sur ce site situé à 40 kilomètres à l’est de son actuel emplacement. Une ligne de métro relie déjà la nouvelle cité administrative au centre de Pékin.

On est ici dans le district de Tongzhou, juste à l’extérieur du sixième périphérique est de la capitale, et à quelques encablures de la rive nord du Grand Canal. Cette très ancienne voie d’eau acheminait marchandises et matériel du sud de l’empire jusqu’au port de Tongzhou, dont le bois précieux qui servit à la construction de la Cité interdite. La « capitale du Nord » (Bei-jing) compte aujourd’hui 22 millions d’habitants. C’est l’une des quatre mégapoles chinoises dotées du statut de « municipalité » avec Tianjin, Shanghaï et Chongqing.
Cette grande migration administrative est censée faire affluer 400 000 personnes vers la banlieue semi-rurale de Tongzhou, qui en compte environ 1,2 million. Mairie et administrations municipales sont aujourd’hui sises au sud de la place Tiananmen, écrasées par les dimensions des institutions d’Etat, comme le très stalinien Grand Hall du peuple, où se tiennent les grands conclaves politiques, ou encore Zhongnanhai, l’ancien parc impérial à l’ouest de la Cité interdite qui abrite le siège du gouvernement central chinois et du Parti communiste.
« Normalisation urbaine »
Le remodelage de Pékin mis en œuvre sous le président Xi Jinping a une ambition : dépolluer et décongestionner la capitale. Il joue...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Les proches des trois Napolitains, disparus depuis près d’un mois, accusent les policiers de les avoir « vendus » à des membres du crime organisé.
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Au Mexique, des policiers arrêtés après la disparition de trois Italiens

Les proches des trois Napolitains, disparus depuis près d’un mois, accusent les policiers de les avoir « vendus » à des membres du crime organisé.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 11h30
    |

            Frédéric Saliba (Mexico, correspondance)








                        



   


Quatre policiers de l’Etat de Jalisco, dans l’ouest du Mexique, ont avoué avoir enlevé trois Italiens avant de les remettre au crime organisé, ont confirmé, dimanche 25 février, les autorités locales. Originaires de Naples, Raffaele Russo, 60 ans, son fils, Antonio, 25 ans, et son neveu Vincenzo Cimmino, 29 ans, avaient disparu vingt-six jours plus tôt dans la ville de Tecalitlan.
« Les policiers mexicains ont vendu les membres de ma famille pour 43 euros de m… », a fustigé, dimanche, sur une radio italienne, Francesco Russo, un des fils de M. Russo. Dans la foulée, Raul Sanchez, procureur de l’Etat de Jalisco, région en proie à la violence des cartels de la drogue, a annoncé que les agents municipaux, dont une femme, sont accusés de disparition forcée, mais n’a pas précisé le mobile de ces enlèvements, ni le nom de l’organisation mafieuse qui collaborait avec ces policiers ripoux. Dimanche soir, les trois victimes étaient toujours portées disparues.
M. Sanchez a confirmé que Raffaele Russo a d’abord été arrêté seul en voiture par les policiers. Partis à sa recherche, à partir de la géolocalisation GPS de son véhicule, son fils et son neveu ont été à leur tour arrêtés et enlevés par les agents de cette ville située à 600 km à l’ouest de Mexico. Leurs proches avaient déposé plainte, le 1er février, après avoir reçu un message vocal du fils et du neveu qui les avertissaient qu’ils avaient été arrêtés en voiture par la police dans une station-service de Tecalitlan.
La famille des disparus a assuré que leurs proches n’étaient pas membres de la Camorra, la mafia napolitaine, contrairement à ce que disent les rumeurs
M. Sanchez a précisé que le directeur de la police locale, Hugo Enrique Martinez, n’a pas été localisé depuis cinq jours, laissant penser qu’il serait lui aussi impliqué dans ces disparitions forcées. Les deux véhicules des Napolitains n’ont pas été retrouvés par les autorités.
La famille des disparus a assuré que leurs proches n’étaient pas membres de la Camorra, la mafia napolitaine, contrairement à ce que disent les rumeurs. « Mon mari était au Mexique pour vendre des générateurs électriques d’origine chinoise », a déclaré Silvana Esposito, épouse de Raffaele Russo, après que le parquet de Jalisco a rappelé qu’il avait été arrêté au Mexique trois ans plus tôt, sans préciser la cause de cette détention.
Les quatre policiers accusés, qui ont déclaré avoir obéi aux ordres d’un groupe criminel opérant dans la région, risquent une peine de quarante à soixante ans de prison. « Il faut que l’Italie se bouge, qu’on nous dise où ils sont, a exigé sur les ondes italiennes Gino Bergame, porte-parole de la famille. Nous espérons qu’ils sont encore en vie. »
L’infiltration des autorités locales par le crime organisé est très répandue au Mexique, pays qui compte plus de 33 000 disparus, selon les chiffres officiels.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ La perspective d’un nouveau report des élections renforce l’opposition aux généraux, quatre ans après leur prise de pouvoir.
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Thaïlande : la junte militaire de plus en plus contestée

La perspective d’un nouveau report des élections renforce l’opposition aux généraux, quatre ans après leur prise de pouvoir.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 11h10
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            Bruno Philip (Bangkok, correspondant en Asie du Sud-Est)








                        



                                


                            

En Thaïlande, le goût du spectacle et la recherche éperdue du sanuk – la joie de vivre –, sont souvent la continuation de la politique par d’autres moyens. Le rassemblement anti-junte militaire, organisé samedi 24 février dans l’université Thammasat de Bangkok, n’a pas échappé à cette règle et s’est terminé en une sorte de comedia dell’arte version siamoise : au terme de plusieurs heures de discours, émaillés de danses et de chants issus du folklore provincial, les participants ont revêtu des masques de Pinocchio au long nez à l’effigie du général-premier ministre Prayuth Chan-ocha.
L’intention de cette farce, visant un dirigeant rebaptisé « Prayuth-Nocchio », était claire : alors que les élections risquent d’être repoussées pour la quatrième fois, près de quatre ans après le coup d’Etat militaire du printemps 2014, le chef du gouvernement est publiquement traité de « menteur » et accusé d’utiliser tous les prétextes possibles pour se maintenir au pouvoir. « Assez de mensonges ! Le temps de la dictature est fini, place à la voix du peuple ! », s’est égosillé sur une scène dressée dans le campus Sirawith Seritiwat, 26 ans, un leader étudiant.

Fin janvier, l’Assemblée nationale à la botte des militaires a annoncé le report du passage d’une loi électorale, décision qui pourrait avoir pour conséquence de repousser au début de l’année prochaine un scrutin législatif censé se tenir en novembre 2018. L’annonce a suscité un tollé, non seulement au sein des groupuscules d’opposition estudiantins, dont les ténors osent ouvertement critiquer la junte, mais aussi dans les rangs des partis politiques.
Scandales à répétition
Même si ces derniers sont interdits de toute actitivité publique, la perspective d’un nouveau report électoral a semblé galvaniser les forces en présence, y compris celles qui se sont parfois rangées par le passé au côté des militaires : « Si la junte veut repousser le processus électoral,...




                        

                        


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« L’UE doit renforcer son unité sur la migration »

La ministre des affaires étrangères autrichienne, Karin Kneissl, nommée par le parti d’extrême droite FPÖ, veut rapprocher l’est et l’ouest de l’Europe.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 10h46
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                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

Karin Kneissl est une ministre des affaires étrangères atypique. Diplômée de l’ENA, ex-diplomate, elle est considérée comme l’une des meilleures spécialistes européennes du Proche-Orient. Nommée en décembre 2017 sur proposition du parti d’extrême droite FPÖ, elle devrait être à Paris mardi 27 février.
Vous vous présentez comme indépendante, mais vous avez été nommée par le FPÖ. Est-ce un parti d’extrême droite, comme l’a affirmé M. Macron ?
Cette expression n’a pas le même sens, traduite littéralement du français vers l’allemand. Je considère que le FPÖ est un parti de droite.
Votre rapprochement avec le FPÖ date de 2016. Est-il lié à l’afflux historique de demandeurs d’asile en Autriche ?
Oui. Je n’ai d’ailleurs jamais été critiquée depuis vingt ans pour ma participation à des colloques organisés par des instituts proches de la gauche et de la droite. Les agressions verbales dont je suis victime ont débuté lorsque j’ai accepté la main tendue par le FPÖ, ce qui ne cesse de m’étonner.
Le FPÖ est un parti comme un autre ?
C’est un parti politique représenté au Parlement autrichien.

Le président Alexander Van der Bellen a demandé au FPÖ de respecter l’Etat de droit et de lutter contre l’antisémitisme dans ses rangs. L’Autriche va-t-elle suivre l’exemple de démocratie illibérale prôné par la Hongrie ?
C’est le droit et le devoir d’un président que d’intervenir dans le débat public, mais je ne comprends pas en quoi votre question me concerne.
Ne mettez-vous pas vos compétences aux services d’une entreprise de « blanchiment » du FPÖ sur la scène internationale ?
« Je n’appartiens à aucun parti politique. J’ai été appelée en tant qu’experte »
Je ne blanchis rien sur la scène internationale et j’interdis qu’on applique à ma personne ce vocabulaire. Je n’appartiens à aucun parti politique. J’ai été appelée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Peu apprécié, Matteo Renzi contrôle l’appareil du Parti démocrate, et le populaire premier ministre, Paolo Gentiloni, reste au second plan.
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La drôle de campagne de la gauche italienne

Peu apprécié, Matteo Renzi contrôle l’appareil du Parti démocrate, et le populaire premier ministre, Paolo Gentiloni, reste au second plan.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 10h40
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 10h45
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

La scène a duré vingt-quatre minutes. Samedi 24 février, un peu avant 16 heures, le secrétaire général du Partit démocrate (PD), Matteo Renzi, a fendu la foule compacte qui se tenait sur la Piazza del Popolo, dans le centre de Rome, point d’arrivée de la grande manifestation antifasciste organisée à l’appel de l’Association nationale des partisans italiens (ANPI), dans un contexte marqué par une multiplication des heurts entre militants d’extrême droite et d’extrême gauche, trois semaines après l’attaque de Macerata, dans laquelle un militant de la Ligue du Nord a ouvert le feu sur des migrants africains.
L’ancien premier ministre y a retrouvé son successeur à la tête du gouvernement, Paolo Gentiloni. Les deux hommes ont échangé quelques mots. Pour les journalistes, Matteo Renzi a prononcé les formules d’usage, souligné combien il était « important d’être là », assuré que « tout le PD » était présent. Puis il s’est éclipsé, retournant à la campagne pour les élections législatives du 4 mars, que son parti aborde dans des conditions très inconfortables.
Malgré la modestie de la participation de Matteo Renzi à l’événement – le dirigeant du PD n’a jamais montré d’appétit particulier pour les liturgies traditionnelles de la gauche –, une scène a été abondamment commentée : celle de l’accolade que se sont donnée les deux hommes en se retrouvant. L’épisode a été vu comme une énième manifestation d’un des mystères les plus épais de la vie politique italienne : l’inhabituelle fidélité de Paolo Gentiloni envers son prédécesseur, malgré les appels du pied en faveur du premier ministre qui se sont multipliés ces derniers mois.
Eviter les pièges
Chef du gouvernement italien depuis la retentissante démission de Matteo Renzi, défait lors du référendum constitutionnel du 4 décembre 2016, Paolo Gentiloni s’est installé en quelques mois, tout naturellement et sans éclats, comme l’homme politique le plus populaire d’Italie. Aussi souple...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ La résolution du Conseil de sécurité de l’ONU réclamant un cessez-le-feu de trente jours pourrait indiquer un léger infléchissement de la Russie.
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En Syrie, un cessez-le-feu sans illusions

La résolution du Conseil de sécurité de l’ONU réclamant un cessez-le-feu de trente jours pourrait indiquer un léger infléchissement de la Russie.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 10h36
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 11h37
    |

            Marc Semo et 
Marie Bourreau (New York, Nations unies, correspondante)








                        



                                


                            

Le véritable enjeu est désormais celui de la mise en œuvre de la résolution 2401 du Conseil de sécurité, approuvée finalement samedi 24 février à l’unanimité de ses quinze membres pour réclamer « sans délai » un cessez-le-feu en Syrie « d’au moins trente jours consécutifs pour une pause humanitaire durable ».
En effet, nul ne se fait trop d’illusions. Le régime syrien, avec le soutien de Téhéran, a continué ses opérations dans la Ghouta orientale, aux portes de Damas, où près de 400 000 habitants sont soumis depuis une semaine à un déluge de feu, qui a fait plus de 500 morts selon le dernier bilan de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Reste néanmoins la réalité de ce texte onusien, certes « purement humanitaire » comme le reconnaît l’ambassadeur suédois à l’ONU, Olof Skoog, qui en fut le promoteur avec son homologue koweïtien, mais que la Russie a finalement approuvé alors qu’elle aurait pu se contenter de s’abstenir après s’être activée pendant des jours pour en diminuer la portée. Moscou n’avait pas hésité, jusqu’ici, à opposer à onze reprises son veto à des résolutions sur la Syrie. Les plus optimistes veulent voir dans le vote russe de samedi le signe d’une évolution permettant de relancer un processus de paix négocié.
Depuis la reconquête d’Alep, en décembre 2016, Bachar Al-Assad se sent encore plus en position de force et n’hésite plus à braver les ordres du Kremlin
« C’est un premier pas et seulement un premier pas. Une base juridique est fixée, mais nous devons maintenant maintenir la pression », souligne Paris. Le président Emmanuel Macron et la chancelière allemande, Angela Merkel, se sont entretenus, dimanche, en commun par téléphone, avec le président russe, Vladimir Poutine, pour lui demander « d’exercer une pression maximale sur le régime syrien » pour une application « immédiate » du texte.
« La France sera extrêmement vigilante »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Longtemps prisonnière du conflit israélo-palestinien, la diplomatie indienne avance aujourd’hui ses pions dans la région en privilégiant les relations bilatérales dans un souci constant de neutralité, analyse le correspondant du « Monde » à New-Delhi.
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L’Inde accélère son rapprochement avec le Moyen-Orient

Longtemps prisonnière du conflit israélo-palestinien, la diplomatie indienne avance aujourd’hui ses pions dans la région en privilégiant les relations bilatérales dans un souci constant de neutralité, analyse le correspondant du « Monde » à New-Delhi.



Le Monde
 |    26.02.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
26.02.2018 à 10h21
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            Julien Bouissou (New Delhi, correspondant régional)








                        



                                


                            

Analyse. Après avoir longtemps regardé vers l’Asie, New Delhi se tourne vers le Moyen-Orient. Après la visite en Inde du premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, au début de l’année, le premier ministre indien, Narendra Modi, s’est rendu à la mi-février à Oman, aux Emirats arabes unis et en Palestine. Puis il a reçu le président iranien, Hassan Rohani, pour une visite d’Etat, du 15 au 17 février.
La coopération entre l’Inde et Israël se révèle très prometteuse dans trois domaines : l’eau, l’agriculture et la défense
« L’Inde est engagée au Moyen-Orient comme jamais au cours des dernières décennies », déclarait, en janvier, l’ancien secrétaire aux affaires étrangères Subrahmanyam Jaishankar. Cet « engagement » est avant tout économique et stratégique. Il s’agit pour l’Inde de sécuriser ses approvisionnements énergétiques, de mieux protéger ses huit à neuf millions de migrants qui travaillent dans les pays du Golfe, et de sortir de l’encerclement chinois dans la région.
La diplomatie de New Delhi au Moyen-Orient a longtemps été prisonnière du conflit israélo-palestinien. L’Inde, qui voyait la création de l’Etat d’Israël comme un nouvel avatar de l’impérialisme occidental, ne l’a reconnu qu’en 1950, alors qu’elle fut le premier pays non arabe à accueillir un bureau de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), en 1975.
Mais, depuis que le conflit israélo-palestinien ne cristallise plus les tensions dans la région et que les relations entre les monarchies arabes sunnites et l’Etat hébreu se sont apaisées, l’Inde a accéléré son rapprochement avec ­Israël, commencé au début des années 2000. La coopération entre les deux pays se révèle très prometteuse dans trois domaines : l’eau, l’agriculture et la défense.
Partenaire-clé
Autre nouveau partenaire dans la région : l’Arabie saoudite. Depuis son élection en 2014, M. Modi s’est rendu à deux reprises à Riyad pour approfondir les relations avec un...




                        

                        

