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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Le film roumain « Touch me not » d’Adina Pintilie a décroché l’Ours d’or, samedi 24 février à l’occasion du 68e festival du film de Berlin.
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Berlinale : le film roumain « Touch me not » d’Adina Pintilie remporte l’Ours d’or

Le film roumain « Touch me not » d’Adina Pintilie a décroché l’Ours d’or, samedi 24 février à l’occasion du 68e festival du film de Berlin.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 20h14
 • Mis à jour le
24.02.2018 à 20h16
   





                        


Le film roumain « Touch me not » d’Adina Pintilie a décroché l’Ours d’or, samedi 24 février à l’occasion du 68e festival du film de Berlin. Ce film est une exploration à mi-chemin entre fiction et documentaire sur l’intimité et la sexualité.

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Faute de programmes consacrés au genre à la télévision, les artistes créent leurs chaînes YouTube.
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TV – Les émissions hip-hop cartonnent sur le Net

Faute de programmes consacrés au genre à la télévision, les artistes créent leurs chaînes YouTube.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 15h00
    |

                            Stéphanie Binet








                        



Depuis quelques mois, les émissions de hip-hop sur le Web, telles « Rapelite », « Rentre dans le cercle » et « Le Mike et l’Enclume » d’Arte Radio, battent des records de vues. Et le phénomène fait des émules, à l’instar du « Grand Pari ». Cette émission de deux heures, enregistrée avec les moyens de la télé, est le fruit d’une rencontre entre une figure de la culture hip-hop, Juliette Fievet, et une productrice, Sabrina Iwanski, de LGM Télévision, qui réalisait jusque-là des captations de concerts pour la télévision. Lors de celle qui a été tournée en public à l’Aérosol de Paris, le 6 décembre 2017, la présentatrice plantait ainsi le décor : « On va faire les choses par nous et pour tous. » Un mois après la diffusion sur YouTube du programme – qui se veut une version moderne du « Grand Echiquier » de Jacques Chancel –, le pari est relevé, avec plus de 100 000 vues cumulées.
Ces dernières années, Juliette Fievet, rédactrice en chef et présentatrice, a tenté de proposer aux chaînes « des programmes généralistes de divertissement et d’information qui avaient pour principaux protagonistes des rappeurs ». En vain. « A chaque rendez-vous, je me retrouvais soit dans le département diversité, soit devant des chefs d’antenne, complètement armoires », affirme-t-elle. Celle qui a été, entre autres, manageuse du rappeur Kery James puis chroniqueuse pour France Ô et RFI, a un avis assez tranché sur les directeurs de chaîne qu’elle a pu rencontrer : « Ils ne sont pas conscients de ce que sont les Français aujourd’hui. Ils ont la tête dans leurs audiences et sont très manichéens. Pour eux, par exemple, il est inconcevable que je puisse être de culture ch’ti et aimer le rap. »

Dans « Le Grand Pari », les artistes ont le temps de montrer toutes leurs facettes. Ainsi Lino, rappeur du groupe Arsenik, donne des conseils sur la nutrition, sur la lecture de la presse, et modère les avis de son interlocutrice sur la musique dans les médias ou sur la condition des femmes dans le rap. L’émission met en évidence le traitement des artistes hip-hop en télé. Ainsi Vald, rappeur d’Aulnay-sous-Bois, refuse de se rendre dans les talk-shows. « Quand ils invitent des rappeurs, ils essaient de trouver des accroches pour toucher leur cœur de cible. Malheureusement, leurs accroches sont toujours les mêmes : l’insécurité ou la misogynie. Finalement, ça donne un truc d’abruti et d’analphabète. »
Battle d’artistes émergents
Silvain Gire, responsable d’Arte Radio et producteur depuis cinq ans du podcast « Le Mike et l’Enclume », une émission critique sur le rap, confirme : « Les médias généralistes continuent de s’adresser au Parisien, blanc, la cinquantaine, qui a de l’argent, c’est-à-dire moi. Mais la France d’aujourd’hui, ce n’est pas Silvain Gire. » Animé par une équipe de cinq passionnés non professionnels, « Le Mike et l’Enclume » ne veut s’adresser qu’à ceux qui partagent leur amour du rap : « Ce qu’on perd en rigueur journalistique, assure le producteur, on le gagne en passion. »

C’est également la démarche de Max Brodi, 27 ans, avec « Le Règlement », une émissioncréée sur YouTubeen novembre 2016 qui compte plus de 290 000 abonnés et 15 millions de vues. Originaire de la Drôme, cet ancien étudiant d’une école de commerce propose à chaque épisode une analyse littéraire et iconographique de ses rappeurs préférés. « Je voulais partager mon intérêt pour le rap, et faire des ponts entre toutes les cultures. » Et aussi combler un vide : « Depuis deux, trois ans, l’actualité du rap s’accélère mais les médias traditionnels ne suivent pas. » Afin de poursuivre son activité, il fait appel aux dons de ses abonnés, à qui il propose deux fois par mois des analyses et, toutes les semaines, un nouveau freestyle. Et vient de lancer une radio Web.
Le rappeur Sofiane a également créé son programme sur YouTube en septembre 2017. Là encore, les chiffres sont impressionnants : plus de 13 millions de vues cumulées. Fort de ce succès, il lancera en mars une nouvelle saison de ce qui s’apparente à une « battle » où s’affrontent en rime des artistes émergents, départagés par le public et des professionnels du rap. « Je ne l’ai pas fait contre les médias généralistes, affirme-t-il, mais en complément. En fait, c’est très “has been” de dire que le rap est boycotté par les médias. »

Même son de cloche du côté de Mouloud Achour, producteur et présentateur de « Clique dimanche » sur Canal+ et du site Clique-TV : « Pendant longtemps, on a fait de la télé avec l’esprit rock’n’roll incarné par Antoine de Caunes ou Thierry Ardisson. Aujourd’hui, il faudrait qu’elle se renouvelle avec l’esprit hip-hop, soit une grille de lecture de l’actualité bien à elle. Tant pis si cette culture grandit en dehors des médias traditionnels. C’est même mieux. Regardez Clique : nous avons commencé à fonctionner quand la première version de notre émission s’est fait virer de l’antenne après une saison en 2014. En fait, c’est en s’affranchissant des codes de la télé, de ses limites de temps que nous avons pu évoluer. » Aujourd’hui « Clique dimanche » cumule plus de 100 millions de vues sur le Net, dont 60 % proviennent de l’international.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Organisée à Evian, la 25e édition des Victoires a confirmé l’ascension de la soprano colorature, doublement récompensée, et le rayonnement du violoncelle en France, primé avec Victor Julien-Laferrière et Bruno Philippe
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Victoires de la musique classique 2018 : Sabine Devieilhe sacrée reine

Organisée à Evian, la 25e édition des Victoires a confirmé l’ascension de la soprano colorature, doublement récompensée, et le rayonnement du violoncelle en France, primé avec Victor Julien-Laferrière et Bruno Philippe



Le Monde
 |    24.02.2018 à 13h02
 • Mis à jour le
24.02.2018 à 14h13
    |

                            Marie-Aude Roux








                        



   


Après Paris, Toulouse, Metz, Montpellier, Lille et Bordeaux, c’est à Evian-les-Bains (Haute-Savoie), dans la Grange au lac en bois construite il y a plus de vingt ans pour le festival Rostropovitch, que s’est déroulée, vendredi 23 février, la 25e édition des Victoires de la musique classique. Une soirée anniversaire diffusée en direct sur France 3 et France Musique, présentée par le binôme Leila Kaddour-Boudadi et Frédéric Lodéon – qui tire sa révérence après avoir officié dix-sept ans dans ce qui reste aujourd’hui l’une des rares émissions télévisées de musique classique en prime time.
L’aventure des Victoires de la musique a commencé le 23 novembre 1985, toutes catégories confondues. Le violoncelliste Frédéric Lodéon, qui n’était pas encore homme de radio et présentateur, figurait parmi les nommés aux côtés de Katia et Marielle Labèque. Neuf ans plus tard, les Victoires de la musique classique naissaient au Palais des congrès, à Paris. C’est seulement au tournant du XXIe siècle qu’elles se délocaliseront en région. En l’an 2000, à Lyon, les deux phalanges symphoniques se succèdent au cours de la soirée – l’Orchestre national de Lyon conduit par Emmanuel Krivine, celui de l’Opéra de Lyon sous la baguette de Louis Langrée. De 1998 à 2002, une partie est encore dédiée au jazz, avant qu’il ne prenne lui aussi ses propres quartiers.
Frédéric Lodéon tire sa révérence après avoir présenté l’émission pendant dix-sept ans
A Evian, l’orchestre de l’Opéra de Lyon est de nouveau à pied d’œuvre sous la direction de Pierre Bleuse, l’assistant du nouveau directeur musical, Daniele Rustioni, nommé à la succession de Kazushi Ono. Rustioni fera un passage éclair avec l’ouverture du Guillaume Tell de Rossini. Parmi la pléiade d’artistes invités – les pianistes Anna Vinnitskaya, Nelson Goerner, le contreténor Jakub Jozef Orlinski –, difficile de faire plus antagonique que les deux shows présentés par les sopranos Angela Gheorghiu et Barbara Hannigan. D’un côté l’ancien monde : la brune diva roumaine en majesté dans « Un bel di, vedremo » de Madame Butterfly (Puccini). De l’autre le nouveau, avec la blonde et bondissante Canadienne qui dirige, joue, danse et chante I Got Rhythm de Gershwin, arrangé par Bill Elliott (extrait de son disque Crazy Girl Crazy, paru chez Alpha). Les deux se suivront au Palais Garnier : la seconde dans la reprise de La Voix humaine de Poulenc mis en scène par Krzysztof Warlikowski (du 17 mars au 11 avril), la première en récital, le 17 juin.
Dix-huit concurrents sont encore là sur les quelque 305 instrumentistes, 152 chanteurs, 45 révélations lyriques et instrumentales, 72 compositeurs et 443 enregistrements présents sur la ligne de départ. L’organisation du scrutin, auquel participe un collège de 300 représentants de la filière (artistes, compositeurs, agents, producteurs, éditeurs, presse, etc.), se tient à présent en deux tours, afin de diminuer le risque de lobbying depuis qu’une scandaleuse récompense du « meilleur enregistrement de l’année » en 2010 avait distingué le pianiste Cyril Huvé, alors président de la Spedidam (société de droits des artistes), devant Philippe Jaroussky et Cecilia Bartoli.
Si l’on avait encore des doutes quant à la suprématie du violoncelle en France, il se seraient envolés à l’annonce des résultats qui ont couronné deux des 12 finalistes du prestigieux Concours reine Elisabeth de Belgique en 2017. Le blond Bruno Philippe a été désigné dans la catégorie « révélation soliste instrumental » devant le pianiste Sélim Mazari et le corniste Nicolas Ramez, tandis que son aîné, Victor Julien-Laferrière, grand vainqueur du « Reine Elisabeth », se voyait décerné le titre de « soliste instrumental » devant son concurrent et homologue Gautier Capuçon et le pianiste Lucas Debargue.
Réalisation soignée
Natalie Dessay est jusqu’à présent la plus titrée des Victoires de la musique classique – six récompenses toutes catégories confondues. Mais il semble que Sabine Devieilhe, qui remporte cette année pas moins de deux trophées, lui emboîte sérieusement le pas. Outre celui de l’« enregistrement de l’année », avec Mirages (Warner Classics), un disque d’airs d’opéra et mélodies français, qui s’impose devant le Daphnis et Chloé de Ravel dirigé par François-Xavier Roth (Harmonia Mundi) et l’intégrale Schumann de la pianiste Dana Ciocarlie (La Dolce Volta), la soprano colorature de 32 ans est à nouveau sacrée, comme en 2015, « artiste lyrique de l’année », laissant derrière elle les barytons François Le Roux et Ludovic Tézier. Rien d’étonnant quand on sait que Sabine Devieilhe vient de triompher à l’Opéra de Vienne dans le rôle créé par Laurent Pelly pour Natalie Dessay dans La Fille du régiment, de Donizetti. Appelons les mêmes augures pour ses « cadettes » de la catégorie « révélation artiste lyrique », où la soprano Chloé Briot, remarquable Pinocchio dans l’opéra éponyme de Philippe Boesmans au dernier Festival d’Aix-en-Provence, s’est fait damer le pion par la mezzo-soprano Eva Zaïcik, troisième Prix au récent Concours Voix Nouvelles.
Parmi les trois compositeurs nommés, Karol Beffa (Le Bateau ivre) sera finalement retenu devant Bernard Cavanna (Geek Bagatelles, pour chœur de smartphones et orchestre) et Tristan Murail (Sogni, ombre et fumi, pour quatuor à cordes). Mais c’est un extrait du Concerto pour clarinette de Thierry Escaich, lauréat de l’année précédente comme le veut la coutume, qui sera interprété par Paul Meyer. Particulièrement soignée, la réalisation a dévoilé en version drone les jeux de mains des pianistes. Quant aux incrustations de séquences mémorielles – Rostropovitch, Menuhin, Ciccolini, Gitlis, Engerer, Dessay, Alagna… –, elles auront fait apparaître autant la maturité rayonnante des grands disparus que l’émouvante juvénilité des talents d’aujourd’hui.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Réactions au multiplexe local, où le nouveau film de Dany Boon est sorti en avant-première.
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Séance en ch’tite famille à Saint-Omer

Réactions au multiplexe local, où le nouveau film de Dany Boon est sorti en avant-première.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 12h26
    |

            Laurent Carpentier (Saint-Omer, Pas-de-Calais, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Une « Chortie din Ch’nord » qui précède de quelques jours la sortie nationale : le coup avait fait miracle en 2008 avec Bienvenue chez les Ch’tis. Dix ans plus tard, Pathé et Dany Boon remettent ça pour La Ch’tite Famille qui, sans être une suite, joue également sur la fibre régionale. Le film est présenté dans 76 villes des Hauts-de-France, soit 85 écrans sur les quelque 800 qui devraient le projeter dans tout le pays à partir de mardi, histoire de rappeler que tout est parti d’ici. Car c’est bien là le sujet de La Ch’tite Famille : « N’jamais oublier d’où ch’est qu’in vient », comme l’explique le personnage joué par Line Renaud à son fils embourgeoisé et ingrat.
Saint-Omer, Pas-de-Calais, 15 000 habitants. Sa cathédrale, son ancien bunker de fusées V2, sa cour d’assises (l’affaire Outreau), à la frontière des Flandres et de l’Artois. Daniel Farid Hamidou, alias Dany Boon, est né à une cinquantaine de kilomètres à l’Est, à Armentières, en 1966. Son père était chauffeur pour la compagnie de transport Gilliet à Saint-Omer. Autant dire quasi un môme du pays, dont le Bienvenue chez les Ch’tis avait rempli la salle de cinéma comme jamais. « Franchement j’avais jamais vu ça, s’esbaudit encore Philippe Coppey, le directeur d’Ociné. 84 000 entrées pour un bassin de population de 100 000 habitants ! 2008 n’était pas une bonne année, Bienvenue chez les Ch’tis nous a sauvés. »
Philippe Coppey gère les salles, Cathy, la sœur, s’occupe de la programmation, et bien qu’il soit à la retraite, Bernard, le père, s’agite dans tous les sens, serre une main ici, donne un conseil là. Ociné : une ch’tite famille. Après la guerre, à Bourbourg (à quelques battements d’ailes de mouettes vers le nord), le grand-père déjà avait une « salle ». Comprendre : un café qui faisait dancing ou cinéma, « avec un poêle à bois au milieu, des films au nitrate qui prenaient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ L’écrivain américain, Man Booker Prize en 2016 pour « Moi contre les Etats-Unis d’Amérique », a le don de mettre au jour les contradictions du monde dans lequel il évolue – et de s’en amuser. « Tuff », extravagant roman de formation, en témoigne.
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Paul Beatty, la vigilance du satiriste

L’écrivain américain, Man Booker Prize en 2016 pour « Moi contre les Etats-Unis d’Amérique », a le don de mettre au jour les contradictions du monde dans lequel il évolue – et de s’en amuser. « Tuff », extravagant roman de formation, en témoigne.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 09h00
    |

                            Gladys Marivat (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            

Dans le brouhaha d’une brasserie parisienne retentit le rire de Paul Beatty. Un rire doux et grave qui souffle tout, dès notre première question. L’écrivain américain rit comme il écrit, à double tranchant. Il ne recherche pas l’adhésion et avance tel un bulldozer, mettant au jour les contradictions de ce monde. Ces choses qu’il trouve « funny ». Ça sera son premier et son dernier mot. Qui ne désigne pas uniquement ce qu’il trouve drôle, mais ce qu’il a envie de creuser dans ses livres – des livres dont on sort alerte et hilare d’avoir vu nos certitudes chavirer.
Paul Beatty ne slame pas
En vingt ans, quatre romans dont un Man Booker Prize, l’écrivain né à Los Angeles en 1962 et professeur à l’université Columbia, à New York, s’est forgé une réputation de maître de la scansion et de la satire politique. Première révélation de la rencontre : il ne slame pas. Celui dont on loue le phrasé, depuis sa découverte en France avec Slumberland (Seuil, 2009), « déteste » le slam. Il ne relit même pas ses textes à voix haute. Certes, Beatty est monté sur scène au début du mouvement, ce qui lui a permis de publier son premier recueil de poésie, en 1991, mais ça le mettait mal à l’aise. La performance recherche les applaudissements. Ce n’était pas lui. Et il ne rappe pas non plus. Même si la presse salue son flow et si le chanteur Biggie Smalls, alias The Notorious B.I.G. (1972-1997), lui a inspiré Tuff, héros du roman du même nom, qui paraît en France. « Quand Tuff est sorti aux Etats-Unis, raconte-t-il, en 2000, des journalistes se sont écriés : “Il n’existe aucun jeune Noir-Américain comme ce personnage, aucun Noir ne peut être passionné de films étrangers !” » Avant de conclure, rieur : « Il faut être sacrément étroit d’esprit et prétentieux pour décider qui peut être quoi ! » Et dire qu’on pensait que Paul Beatty forçait le trait dans ses satires féroces. Hélas, la réception critique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Dans sa chronique, Frédéric Potet, journaliste au « Monde », raconte la rencontre et les liens qui unissent désormais Fabien Vehlmann, auteur de bande dessinée, et Fodé Condé, jeune migrant guinéen.
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« Fabien Vehlmann n’en revient toujours pas d’avoir “rencontré un personnage qu’il a créé” »

Dans sa chronique, Frédéric Potet, journaliste au « Monde », raconte la rencontre et les liens qui unissent désormais Fabien Vehlmann, auteur de bande dessinée, et Fodé Condé, jeune migrant guinéen.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 07h08
 • Mis à jour le
24.02.2018 à 07h32
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            

Chronique. Fabien Vehlmann est un auteur de bande dessinée à succès. On lui doit le scénario de Seuls (Dupuis, avec Bruno Gazzotti), une série mettant en scène des enfants livrés à eux-mêmes dans un monde sans adultes. Depuis 2009, il a repris le personnage de Spirou, héros iconique de la BD franco-belge, avec le dessinateur Yoann. Cette position lui permet d’avoir accès aux médias. Médias qu’il s’est résolu à contacter pour relater une histoire dont il n’est pas, pour une fois, le narrateur, mais l’acteur direct, aux côtés d’un jeune migrant guinéen qu’il abrite sous son toit : Fodé Condé, 18 ans, élève en BTS « management des unités commerciales », à Nantes.
« Son seul tort est d’avoir fui la misère et de ne pas venir d’un pays en guerre. » Fabien Vehlmann
Menacé d’expulsion, ce dernier fait partie de ces nombreux exilés qui n’ont pas quitté leur pays pour des raisons politiques ou de conflit armé. Classés « migrants économiques », ces hommes et ces femmes ont beaucoup moins de chances que les autres de pouvoir rester légalement en France ; et ce n’est pas le projet de loi sur le droit d’asile et l’immigration, présenté mercredi 21 février par le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb – texte qui durcit le droit des étrangers (Le Monde du 21 février) –, qui devrait faciliter leurs démarches.
« Fodé possède pourtant un dossier idéal. Peu de migrants peuvent se prévaloir d’être logés à l’année dans une famille d’accueil, de faire des études, de jouer dans un club de foot… Son seul tort est d’avoir fui la misère et de ne pas venir d’un pays en guerre, ni d’être surdiplômé, selon la distinction qui est faite aujourd’hui entre les “bons” et les “mauvais” migrants », se désole Fabien Vehlmann, qui héberge chez lui le jeune homme depuis 14 mois. Le 16 janvier dernier, la préfecture de Loire-Atlantique a rejeté sa demande de titre de séjour.
Un attachement...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose des programmes à voir ou à écouter en différé.
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Histoire de la coiffure et voyage en Inde : nos idées de replays

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose des programmes à voir ou à écouter en différé.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 06h34
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Un documentaire sur Kadour Ziani, le roi du dunk (smash popularisé par le basketteur américain Michael Jordan), une émission consacrée à l’anthropologie de la coiffure, et un drôle de voyage en Inde. Voici notre sélection hebdomadaire de replays.
« Kadour Ziani, dunker pour ne pas mourir »

Difficile d’imaginer ce gaillard d’un mètre soixante-dix-neuf s’envolant tel un oiseau à hauteur d’un panier de basket. Pourtant, celui que l’on surnomme « Zianimal », est devenu maître dans la discipline du dunk. Comprenez « smash » en français. Dans Kadour Ziani, dunker pour ne pas mourir, Nicolas de Virieu nous raconte l’histoire de ce smasheur, des playgrounds du quartier Vert-Bois à Saint-Dizier (Haute-Marne), à la Slam Nation, confrérie des meilleurs dunkeurs du pays.
Kadour le dit lui-même, il aurait pu très mal tourner. Son salut, il le doit à la légende du basket, Michael Jordan qu’il découvre à la télévision. Pour l’adolescent – il a 16 ans –, c’est une révélation. Il se met alors à décortiquer la technique des meilleurs joueurs outre-Atlantique et s’entraîne jour et nuit. Le dunk devient une véritable drogue. En 1997, Kadour intègre la Slam Nation, collectif au sein duquel il effectuera plus de 400 shows, quasiment tous suivis par la caméra du réalisateur, dans plus de vingt-sept pays.
Sur la forme, le documentaire n’a rien de transcendant. Néanmoins, les nombreuses images d’archives, notamment celles de Kadour à ses débuts, et les témoignages de ses proches dessinent un portrait complet et touchant. Au-delà du basket-ball, c’est bel et bien l’histoire d’un homme d’une bravoure et d’une humilité déconcertantes qui passionne. Mathieu Ait Lachkar.
Kadour Ziani, dunker pour ne pas mourir, de Nicolas de Virieu. Sur L’Equipe Explore.
« Quand nos coiffures racontent ce que nous sommes »

   


Quinze jours après les poils, l’émission « Grand bien vous fasse » de France Inter, orientée vie quotidienne et questions sociétales, s’intéresse cette fois-ci à nos coiffures et ce qu’elles reflètent notamment de notre identité. Coupe afro, rasée, tressée ou encore punk, chacun donne de sa personnalité à travers ses cheveux.
Au croisement de l’anthropologie et de la mode, l’émission nous éclaire sur la dimension sociale et politique de nos matières fibreuses, grâce à la présence de Christian Bromberger, auteur de l’ouvrage Les Sens du poil – une anthropologie de la pilosité (Créaphis, collection Poche) ; de Rokhaya Diallo, journaliste et auteure d’Afro (éd. Les Arènes), et de Michel Messu, sociologue, auteur de Un ethnologue chez le coiffeur (Fayard).
Sont ainsi évoqués la tonte des cheveux (quand elle est utilisée pour déposséder un individu de son identité), le salon de coiffure (véritable lieu politique, entre socialisation et ghettoïsation), le rôle du coiffeur (psychologue du quotidien, devenu confident malgré lui). Ali Rebeihi et ses invités passent en revue les enjeux que revêt l’une des plus vieilles professions de l’humanité. M.A.L.
Quand nos coiffures racontent ce que nous sommes, émission présentée par Ali Rebeihi. Sur franceinter.fr
« Les Zozos migrateurs en Inde »

   


Bander, oui, mais comment ? Thomas, 40 ans, n’y arrive plus. Sex-shop, porno, magasins de lingerie fine, rien n’y fait. Ses deux amis, Julien et Sébastien, décident de lui venir en aide, avec une solution qu’ils espèrent radicale. Direction l’Inde, le pays de la spiritualité, de la sexualité, et donc de la sexualité par la spiritualité.
Le problème d’érection de Julien offre un prétexte au groupe de potes pour lancer le premier épisode de cette série documentaire « zozoesque ». Julien Cazarre, Thomas Séraphine et Sébastien Thoen, ex-membres de l’émission « Action discrète » (Canal+), revisitent le tourisme en sac à dos dans un « Darjeeling Limited » sauce parisienne. Les voilà donc partis pour le pays du Kama-sutra, voyage qui commence à New Delhi, où Thomas apprend notamment comment caresser son pénis en urinant, avant de se faire prescrire une boîte de Viagra rouge, avec pour illustration des chevaux. Le ton est donné, ou presque.
Car là où l’on aurait pu s’attendre à une épopée en dessous de la ceinture, c’est avant tout un voyage au bout de la méditation indienne qui nous est proposé. Animaux et plantes aphrodisiaques, fleuve sacré, yoga… tout y passe. Et on s’y laisse prendre. Car les anciens trublions d’« Action discrète » qui semblent s’être assagis depuis l’époque des parodies et des caméras cachées, savent y faire pour nous faire partager leur découverte de l’Inde, de ses coutumes et de ses habitants. Les Zozos migrateurs en Inde nous font plus sourire que rire, mais le dépaysement reste assuré. Camille Langlade
Les Zozos migrateurs en Inde, de Maxime Charden et Cyril Tellenne (Fr., 2018, 58 min). Sur Mycanal



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ La vision d’un même film par la même personne à plusieurs décennies d’intervalle dit bien des choses sur ce qui est survenu entre-temps, souligne Thomas Sotinel, critique de cinéma au « Monde ».
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Revoir les films de Woody Allen à l’heure de #metoo

La vision d’un même film par la même personne à plusieurs décennies d’intervalle dit bien des choses sur ce qui est survenu entre-temps, souligne Thomas Sotinel, critique de cinéma au « Monde ».



Le Monde
 |    24.02.2018 à 06h30
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            
J’ai vu Wonder Wheel, de Woody Allen, son dernier film en date (et peut-être le dernier tout court, puisque son actuel financier, Amazon, envisage de lui couper les vivres), un jour de grand froid, dans une salle à moitié vide, à peine chauffée, dont la température contrastait avec la moiteur stéréotypée qui baigne cet hommage à/pastiche de l’univers du dramaturge Eugene O’Neill.
Le film n’est pas très réussi, mais, comme toujours chez Woody Allen, il est émaillé de moments qui témoignent de la science et de l’art de l’auteur. Cette fois, ce sont quelques plans-séquences qui suivent les allées et venues de Kate Winslet dans l’appartement minable que son personnage, une femme mal mariée, jalouse de sa belle-fille, occupe, à Coney ­Island, dans les années 1950. A ce moment, Woody Allen, plutôt que de l’énoncer, met en scène la claustrophobie, l’impatience, sans un mot.

Mais, pour être honnête, ces mouvements de caméra, je les ai remarqués presque incidemment. Voir un film de Woody Allen aujourd’hui, c’est – qu’on y résiste ou qu’on se livre avec ardeur à cet exercice – chercher les traces d’une existence devenue l’enjeu d’un procès sans fin. En 1992, Woody ­Allen a été accusé par Mia Farrow d’avoir agressé sexuellement leur fille adoptive Dylan, 7 ans. Il s’est toujours défendu de cette accusation et, à l’époque, la justice du Connecticut, où l’agression aurait eu lieu selon les témoignages de Mia et Dylan Farrow, avait classé l’affaire.
A la fin de Wonder Wheel (autant le dire tout de suite, la rédaction de cet article nécessite de dévoiler la fin de la plupart des films évoqués), Ginny, la quadragénaire frustrée que joue Kate Winslet, commet un acte infâme, par jalousie, par lassitude, par dégoût de soi. Mia Farrow avait signalé l’agression contre Dylan après avoir découvert la liaison entre Woody Allen et Soon-Yi, fille adoptive de l’actrice et de son précédent mari, André Previn.
Un peu de pureté
Magic in...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Eric Toledano et Olivier Nakache racontent leur parcours en duo. Leur dernier film, « Le Sens de la fête » cumule dix nominations aux Césars, dont la cérémonie se déroulera vendredi 2 mars.
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Eric Toledano, Olivier Nakache : « L’amour des dialogues a forgé notre amitié »

Eric Toledano et Olivier Macache racontent leur parcours en duo. Leur dernier film, « Le Sens de la fête » cumule dix nominations aux Césars, dont la cérémonie se déroulera vendredi 2 mars.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
24.02.2018 à 11h12
    |

            Pascale Krémer








                        



                                


                            

Plusieurs de leurs longs-métrages, Intouchables en tête, ont rencontré un grand succès populaire. Leur dernier film, Le Sens de la fête, a réuni plus de 3 millions de spectateurs et cumule dix nominations aux Césars, dont la cérémonie se déroulera vendredi 2 mars. Eric Toledano et Olivier Nakache, amis de presque trente ans, ont toujours travaillé en duo.
Je ne serais pas arrivé là si…
Eric Toledano… Si je ne m’étais pas un peu ennuyé à l’adolescence. J’ai trouvé dans le cinéma l’ouverture au monde qui me manquait. Je grandissais à Versailles dans une famille pleine d’amour, mais où l’on exprimait peu les choses. Mes parents étaient arrivés du Maroc en 1967. Mon père avait fait l’ENA. Le mot d’ordre, était : « On s’adapte ! », il fallait être brillant, ne pas se faire remarquer. Mes frère et sœur étaient sur ce chemin, moi j’étais un élève moyen, plutôt réfractaire au système – jusqu’à l’université où je me suis senti plus en phase. De ma période d’ennui est née une envie artistique dont je ne pensais pas qu’elle puisse devenir un moyen de subsistance. Mes parents n’avaient aucune connexion, et leur ambition était de nous voir devenir avocat ou médecin, pas artiste. C’est pour ça que « je ne serais pas arrivé là » non plus sans la rencontre avec Olivier. Sans ce partage d’envie.
Et vous, Olivier Nakache, vous ne seriez pas arrivé là si… ?
… Si je n’avais pas rencontré Eric. Mon parcours est indissociable du sien.
Votre enfance a ressemblé à la sienne ?
O. N. Oui, nous sommes tous les deux de banlieue. Je viens d’un quartier populaire, la cité HLM Lorilleux, sur les hauts de Puteaux. Mes parents sont arrivés d’Algérie après l’indépendance. Leur histoire est assez semblable à celles des personnages du Coup de Sirocco. Le bateau en 1962, Marseille, et puis la région parisienne. A Puteaux, mon environnement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Les moines bénédictins, trappistes, cisterciens, prémontrés ou chartreux que Nicolas Diat a interrogés ne se présentent pas comme des superhéros du bond dans le Ciel. Ils parlent avec simplicité, humilité, de la douleur de perdre leurs frères et de la tristesse des agonies.
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Moine ou mécréant, « chacun meurt comme il peut »

Les moines bénédictins, trappistes, cisterciens, prémontrés ou chartreux que Nicolas Diat a interrogés ne se présentent pas comme des superhéros du bond dans le Ciel. Ils parlent avec simplicité, humilité, de la douleur de perdre leurs frères et de la tristesse des agonies.



Le Monde
 |    23.02.2018 à 19h15
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            

Le livre. « Les hommes ne savent plus comment mourir », écrit Nicolas Diat au début de son récit, sentence qui inquiète un peu sur la nature de cette exploration des rapports que les moines catholiques entretiennent avec la mort : l’art de trépasser mérite-t-il vraiment qu’on lui consacre un guide pratique ? Mais certains livres, par bonheur, valent mieux que l’idée que leur auteur s’en fait.
Et si Nicolas Diat, connu pour les essais qu’il a coécrits avec le cardinal guinéen Robert Sarah et pour sa somme sur le pontificat de Benoît XVI, L’Homme qui ne voulait pas être pape (Albin Michel, 2014), reprend sporadiquement, au long d’Un temps pour mourir, cette position de surplomb au-dessus de nos petites vies et de nos morts brouillonnes, un virage est vite pris, et le livre décolle, pour atterrir dans des zones plus mouvantes et plus riches.
Toute la question est au fond de savoir si le fait de croire en un au-delà – d’y croire assez profondément pour tout envoyer balader et y consacrer sa vie – transforme la mort en un simple passage, aplanissant l’angoisse, la révolte charnelle contre la destruction. C’est la question qui hante le Dialogue des carmélites de Georges Bernanos (1949), cité en exergue, où la peur, la pauvre et commune peur de mourir, conduit mystérieusement à la sainteté.
La joie présente aussi
Les moines bénédictins, trappistes, cisterciens, prémontrés ou chartreux que Nicolas Diat a interrogés ne se présentent pas comme des superhéros du bond dans le Ciel. Ils parlent avec simplicité, humilité, et souvent une sorte de force poétique brute, de la douleur de perdre leurs frères, de la tristesse des agonies, de la souffrance, de la frayeur. « La mort est une rupture violente, explique le père Joseph-Michel Lemaire, infirmier de Solesmes. L’âme et le corps sont faits pour être ensemble. »
La joie est présente aussi, bien sûr, voire l’exaltation à l’idée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ A écouter cette semaine : un précoce maître de l’orgue, du jazz classique porté à l’incandescence, l’héritage afrobeat entre de bonnes mains…
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Sélection albums : Thomas Ospital, Gaël Horellou, Femi Kuti…

A écouter cette semaine : un précoce maître de l’orgue, du jazz classique porté à l’incandescence, l’héritage afrobeat entre de bonnes mains…



Le Monde
 |    23.02.2018 à 18h20
 • Mis à jour le
23.02.2018 à 18h24
   





                        


Ludwig Van Beethoven Symphonie n° 1 en ut majeur, op. 21. Concerto pour piano et orchestre en ut majeur, op. 15 Martha Argerich (piano), Mito Chamber Orchestra, Seiji Ozawa (direction)

   


La rencontre phonographique de deux monstres sacrés – le chef d’orchestre Seiji Ozawa et la pianiste Martha Argerich – n’est pas forcément spectaculaire. Comme si les deux artistes aux cheveux d’argent n’avaient jamais rompu le fil qui les lia quarante ans plus tôt alors que la « lionne » faisait des débuts fracassants avec l’Orchestre symphonique de Boston dans le Troisième concerto de Prokofiev. Enregistré à Oita, au Japon, dans le cadre de la 19e édition du Festival de Beppu que préside la pianiste, l’album professe un do majeur énergique et sanguin, encore inféodé à la lumineuse élégance mozartienne. Argerich puise visiblement dans le Premier concerto un élixir de jouvence. Vertigineux de précision, de lyrisme, de poésie, son piano chambriste lève des mystères insoupçonnés, laissant parfois l’articulation flirter avec les contours plus secs du pianoforte. Seiji Ozawa tend à la belle un miroir idéal. Magiques moments d’introspection à deux, quasi atemporels, dans le « Largo ». A la tête de son Mito Chamber Orchestra, Ozawa livrera une Symphonie d’une maturité étonnamment juvénile, dépourvue de la moindre mièvrerie jusque dans le magnifique « Andante cantabile ». De savoureuses vendanges tardives beethovéniennes inimitables de belle jeunesse. Marie-Aude Roux
1 CD Decca/Universal Music.
Thomas Ospital Convergences Œuvres de Jean-Sébastien Bach et Thierry Escaich. Improvisations de Thomas Ospital (orgue)

   


Thomas Ospital (né en 1990) apparaît déjà comme un maître de l’orgue, instrument-orchestre qui exige autant de créativité dans l’instant que dans le long terme. Enregistré sur le titanesque Grenzing de l’auditorium de Radio France, ce programme intelligemment conçu illustre l’aptitude du musicien à échafauder une architecture de cathédrale tout en tenant compte des moindres variations de luminosité d’un vitrail. L’image est valable pour Jean-Sébastien Bach (Prélude et fugue en la mineur, entre autres), autant que pour Thierry Escaich dont les Etudes-Chorals – pièces rayonnantes, au devenir imprévisible – pourraient tout aussi bien être qualifiées de « fantaisies ». En revanche, les improvisations glissées par Thomas Ospital entre les œuvres de ses aînés portent bien leur nom. Et ces Visions confirment que leur auteur possède le sens de la trajectoire. Pierre Gervasoni
1 CD Radio France/Outhere.
Gaël Horellou Coup de vent

   


Membre du formidable collectif Mu, au milieu des années 1990, pépinière de talents du jazz, fondateur avec le batteur Philippe Garcia de Cosmik Connection, formation novatrice de l’électro-jazz, le saxophoniste Gaël Horellou va et vient entre le jazz des années 1950 et 1960 et l’exploration de ses liens avec des formes plus électriques, à l’occasion les musiques dites « du monde » (celles de La Réunion en particulier). Pour Coup de vent, son nouvel album, il enthousiasme en formation acoustique, en référence avec le hard bop (Art Blakey) et les propulsions lyriques du quartette de John Coltrane. Avec lui, un ensemble soudé, le pianiste Etienne Déconfin, le contrebassiste Viktor Nyberg, le batteur Antoine Paganotti et, en invité, le trompettiste américain Jeremy Pelt. Les compositions, solides, avec de belles nuances d’écriture (The Gale Force, Spiral Dance…), signées Horellou, à l’exception de Melody écrite par Déconfin et de Blame It on My Youth, standard des années 1930, d’Oscar Levant et Edward Heyman, permettent aux musiciens un déploiement soliste généreux et expressif. Du jazz classique porté à l’incandescence. Sylvain Siclier
1 CD Fresh Sound Records (série « NewTalent »)/Socadisc.
Ezra Furman Transangelic Exodus

   


Grandi à Chicago, Ezra Furman a produit, depuis 2007, en solo ou accompagné de groupes (The Harpoons, The Boyfriends), une demi-douzaine d’albums titubant entre glam, swing rétro et punk émacié. Foutraque, attachant, irrégulier, ce prolifique excentrique, dont la bisexualité s’affiche en robe et hauts talons chancelants, présente cette fois un opus, Transangelic Exodus, aux allures de road-movie. Incarnant un garçon amoureux d’un ange, pourchassé par une Amérique réprimant les différences, le chanteur distille une fresque springsteenienne dont les antihéros ne sont pas des laissés-pour-compte prolétaires, mais des rebelles transgenres. Vibrant d’un lyrisme écorché et rageur, accentué par la rugosité de la production, les chansons s’emballent souvent avec panache (Suck the Blood from My Wound, Maraschino Red Dress $ 8.99 at Goodwill…), même si les saturations colériques usent parfois les nerfs. Le magnifique God Lifts Up the Lowly constituant un des rares moments d’apaisement de ce Born to Run queer. Stéphane Davet
1 CD Bella Union/PIAS.
Femi Kuti One People One World

   


Femi sort son dixième album une semaine avant celui de son frère cadet, Seun (Black Times, sur le label anglais Strut Records), qui, lui, en est à son quatrième. Vingt ans séparent les deux frères nigérians. Ils partagent la même flamme et le même héritage : l’afrobeat, le puissant cocktail dansant inventé par leur père, Fela, décédé en 1997, et son sens du coup de gueule et de la diatribe mis en chansons. Chanteur, saxophoniste, mais également, claviériste et trompettiste, Femi, dont la voix nerveuse s’affine parfois de douceur soul, signe un album palpitant, enregistré et produit à Lagos par Sodi, le producteur français avec lequel il travaille depuis des années. Il s’entoure d’une solide section de cuivres qui donne une brillance étincelante à sa musique, funky en diable. S’il n’a rien perdu de sa pugnacité, après No Place for My Dream, son album précédent (2013), il semble aujourd’hui accepter de rêver, au point de lancer quelques messages d’espoir (Africa Will Be Great Again) et de réconciliation (One People One World). Et de faire de l’utopie son nouveau carburant ? Patrick Labesse
1 CD Knitting Factory-Partisan/PIAS.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Les gouaches sur papier de cet artiste péruvien, interné dès l’âge de 28 ans, sont montrées pour la première fois.
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Sélection galerie : John Ricardo Cunningham chez Christian Berst

Les gouaches sur papier de cet artiste péruvien, interné dès l’âge de 28 ans, sont montrées pour la première fois.



Le Monde
 |    23.02.2018 à 17h49
    |

                            Philippe Dagen








                        



   


L’histoire de Cunningham tient en quelques mots : naissance au Pérou en 1913 d’un père marin écossais et d’une mère péruvienne, mort précoce de celle-ci, dépression à partir de 19 ans, diagnostic de schizophrénie et internement à 28, trente-deux ans d’hôpital psychiatrique à Lima, treize dans un institut religieux, mort en 1991. Il reste des poèmes de sa main, assez obscurs, et surtout des gouaches sur papier des années 1960. On y reconnaît des cartes du monde, des hommes à long nez et chapeau haut de forme, des sapins, des étoiles, des oiseaux, des éléphants, des félins étirés et des créatures cornues ou couronnées. On y lit des noms de continents, de pays ou d’hommes politiques et des mots – « miséricorde », « esprit saint », « bolchevique ». Les pictogrammes sont disproportionnés les uns par rapport aux autres, les corrélations entre figures et mots insaisissables. On dirait des bribes de géographie et d’histoire en désordre. Mais les gestes sont précis, les couleurs légères, les calligraphies fluides. Ces planisphères chaotiques sont de la poésie. C’est la première fois qu’ils sont montrés car les collections psychiatriques latino-américaines commencent à peine à être explorées.
« Otro mundo ». Galerie Christian Berst Art Brut, 3-5, passage des Gravilliers, Paris 3e. Du mardi au samedi, de 14 heures à 19 heures. Jusqu’au 3 mars. christianberst.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Notre choix du soir. Retour sur un mouvement musical qui fit danser la planète entière (sur Arte à 23 heures).
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TV – « Disco Europe Express »

Notre choix du soir. Retour sur un mouvement musical qui fit danser la planète entière (sur Arte à 23 heures).



Le Monde
 |    23.02.2018 à 17h45
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur Arte à 23 heures


Disco Europe Express (extrait) from Kaos Films on Vimeo.

Jubilatoire dans sa forme, passionnant dans ses propos, ce documentaire s’attache à reconsidérer la musique disco sous son angle européen. Pendant cinquante-deux minutes, les témoignages précieux (arrangeurs, musiciens de studio, producteurs, DJ) alternent avec des extraits d’une vingtaine de tubes mondiaux, nous montrant ainsi à quel point ont compté les apports de musiciens et de producteurs européens à cette musique dansante dont la plupart des pépites ont été enregistrées non pas dans des studios new-yorkais ou californiens, mais bien à Munich, Francfort, Stockholm, Paris, Bruxelles ou Milan.
Du mythique producteur Giorgio Moroder à Donna Summer en passant par Marc Cerrone et beaucoup d’autres acteurs de la scène disco, on assiste à la naissance de tubes, à l’évolution d’un style musical plus complexe que prévu, et à des histoires étonnantes. Comme ces arrangeurs français séduisant l’Amérique ou ces producteurs allemands pulvérisant les frontières avec des tubes calibrés qui font se trémousser la planète. Sans oublier des Suédois touchés par la grâce qui, avec ABBA, cisèlent des chansons irrésistibles. Boum, boum, le disco ? Pas seulement.
La choriste Donna Summer
L’Europe, terre de prédilection du disco, puisque tout commence à Munich, en 1975. A l’époque, les bases militaires américaines en RFA programment des émissions de radio avec beaucoup de musique noire made in USA. Un duo germano-hongrois fonde un pseudo-groupe baptisé Silver Convention, et Fly, Robin, Fly, ­produit par Harold Faltermeyer, devient un succès.
A Munich, ­Giorgio Moroder et son complice Pete Bellotte décident de se ­lancer : dans leur studio baptisé Music Land, ils tentent un coup avec une choriste américaine­­ arrivée à Munich avec la troupe de la comédie musicale Hair. Elle ­s’appelle Donna Summer. Le coup d’essai se transforme en coup de maître : Love to Love You Baby fait un tabac. Un phénomène nouveau va, en outre, bousculer l’industrie musicale : pour la première fois, les radios perdent de leur pouvoir prescripteur en matière d’achat de disques au profit des clubs et boîtes de nuit, où le disco va régner dans le monde entier jusqu’au début des années 1980.
« Le beat disco a l’air très simple quand tu l’écoutes. Mais c’est un des plus difficiles à faire. Il faut que cela ressemble à une machine, mais que cela groove en même temps. Il y a d’excellents batteurs qui sont incapables de jouer du disco », souligne le batteur et DJ Simon Le Saint. Une bonne ligne de basse et surtout une batterie sans pitié (quatre coups de grosse caisse à chaque mesure), tels sont les ingrédients de base d’une bonne recette disco.

L’apparition des synthétiseurs, à la fin des années 1970, va permettre au genre de perdurer encore quelque temps. Parfois, une simple idée permet à une vieille chanson de devenir un tube planétaire. Comme en 1976, lorsqu’un vrai-faux groupe baptisé Boney M et produit par l’Allemand Frank Farian reprend Sunny, jolie ballade que chantait en douceur, dans les années 1960, l’Américain Bobby Hebb. « Je me suis dit : la mélodie est belle, on va la jouer deux fois plus vite », se rappelle Frank Farian, qui faisait la basse, la batterie… et la voix du (faux) chanteur noir de Boney M.
Le disco donnera aussi naissance à des films à succès (Saturday Night Fever en 1977, Thank God It’s Friday en 1978) avant de laisser place à d’autres styles musicaux. Dernier méga-tube du genre produit en Europe ? Sans doute le Born to Be Alive du Français Patrick Hernandez, produit en Belgique en 1979. Un titre vendu à plus de vingt millions d’exemplaires.
Disco Europe Express, d’Olivier Monssens (France-Belgique, 2017, 52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ A voir aussi ce soir. La vie de la claveciniste tchèque, rescapée des camps de concentration nazis et épargnée par les purges communistes (sur Histoire à 20 h 40).
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TV – « Zuzana Ruzickova, la musique d’une vie »

A voir aussi ce soir. La vie de la claveciniste tchèque, rescapée des camps de concentration nazis et épargnée par les purges communistes (sur Histoire à 20 h 40).



Le Monde
 |    23.02.2018 à 17h30
    |

            Renaud Machart








                        


Documentaire sur Histoire à 20 h 40



La claveciniste tchèque Zuzana Ruzickova n’aurait pas dû mourir à 90 ans, en septembre 2017 à Prague, mais dans le camp de concentration de Bergen-Belsen, en 1945. Ce qui faillit advenir et dont elle réchappa de manière presque miraculeuse alors qu’elle n’avait que 18 ans.
Ce remarquable documentaire de Peter Getzels fait parler, quelques mois avant sa disparition, celle qui fut la première – pour une maison de disques française, Erato – à enregistrer l’intégrale de l’œuvre pour clavecin de Bach.
Ruzickova, cigarette à la main, l’œil vif, le sourire voilé par de rares larmes, parle de tout. De tout ce qui est dicible tant, elle le rappelle, il est impossible de dire vraiment ce que fut cette expérience des limites de soi et de « l’horreur calculée dans les moindres détails » de la « solution finale » nazie.
Elle se souvient avoir pensé, avant de partir pour le camp de Theresienstadt (aujourd’hui Terezin), le premier des trois camps qu’elle connaîtra, dès l’âge de 13 ans : « Quand on a eu une enfance heureuse, rien ne peut vraiment vous gâcher la vie… » Mais d’ajouter : « Ce fut l’image la plus atroce de la vie, alors que nous ne connaissions encore rien d’elle. »
Opiniâtre comme peu
Après leur libération, la musicienne et sa mère sont reçues dans leur ville natale, Plzen, comme des « revenantes » par d’anciens voisins qui les croyaient mortes. Elles sont à la rue mais pas un ne leur propose de les accueillir.
Ses professeurs découragent Zuzana : malgré le contact avec des musiciens éminents à Terezin, les cinq années passées en camps ont retardé sa formation. Mais, opiniâtre comme peu, Ruzickova travaille d’arrache-pied et devient une pianiste puis, exclusivement, une claveciniste de renom.
Le récit de cette vie se poursuit avec l’évocation de son pays natal placé, en 1948, sous le joug communiste. Ruzickova, juive et « politiquement incorrecte » – c’est-à-dire non communiste –, sera longtemps sujette à une double peine
Mais, bientôt reconnue internationalement, la claveciniste sera épargnée par le pouvoir en place, et même volontiers envoyée à l’étranger (les cachets qu’elle y reçoit sont ponctionnés par l’Etat). Elle ne connaîtra la vraie liberté qu’en 1989. Une année qu’elle vivra comme un nouveau miracle.
Zuzana Ruzickova, la musique d’une vie, de Peter Getzels (GB., 2016, 80 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ L’actrice, scénariste et réalisatrice américaine est nommée cinq fois aux Oscars pour son film « Lady Bird », qui s’inspire de son parcours.
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Greta Gerwig, la funambule du cinéma indépendant

L’actrice, scénariste et réalisatrice américaine est nommée cinq fois aux Oscars pour son film « Lady Bird », qui s’inspire de son parcours.



Le Monde
 |    23.02.2018 à 16h41
 • Mis à jour le
24.02.2018 à 06h35
    |

                            Maroussia Dubreuil








                        



                                


                            

Il y a des voyages qui comptent plus que d’autres. Pour l’actrice, scénariste et réalisatrice américaine Greta Ger­wig, il a consisté à traverser, il y a quinze ans, les Etats-Unis d’ouest en est. De Sacramento, Californie, là où elle a grandi, à New York, où elle s’est installée à 19 ans, avant de devenir une des figures du cinéma indépendant.
Son premier film en tant que réalisatrice, Lady Bird (sortie prévue le 28 février), retrace ce voyage inaugural à travers la détermination de Christine McPherson, une lycéenne qui n’a qu’un rêve : quitter sa mère envahissante, son père chômeur et Sacramento pour le bouillonnement culturel new-yorkais. « Mes parents ont toujours été heureux au travail et se sont beaucoup impliqués dans la vie locale de Sacramento, explique Gerwig, comme pour rectifier son autoportrait cinématographique. Leur engagement m’a appris à ne jamais rester passive. »
Adolescente, Greta Gerwig fait donc à Sacramento tout ce qu’une jeune femme consciente de sa citoyenneté peut entreprendre. Elle sert des repas au Loaves & Fishes, un refuge pour sans-abri, assiste à des conférences à la bibliothèque publique, applaudit les spectacles donnés dans les petits théâtres de la ville et distribue des tracts pour soutenir des campagnes électorales locales. « Mais la grande figure culturelle de la ville que je vénérais était l’écrivaine Joan Didion, dont la maison d’enfance était à quinze minutes de chez moi », ajoute-t-elle. Elève au lycée privé catholique de jeunes filles St. Francis, elle enfile tous les matins une jupe sur un bas de pyjama et consigne dans un cahier sketchs et pièces de théâtre qu’elle fait lire à ses camarades de classe.
Héritiers de Cassavetes
« Je n’ai jamais écrit de poèmes ni de nouvelles, précise-t-elle. J’ai toujours écrit pour des acteurs. Et c’est devenu sérieux à l’université. » Le Barnard College, faculté affiliée à Columbia, réservée aux filles, où...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ A la galerie Obadia, à Paris, l’artiste expose ses mises en scène complexes dans « Sumud et autres histoires ».
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Photographie : Luc Delahaye, de l’actualité à l’allégorie

A la galerie Obadia, à Paris, l’artiste expose ses mises en scène complexes dans « Sumud et autres histoires ».



Le Monde
 |    23.02.2018 à 16h36
 • Mis à jour le
23.02.2018 à 19h19
    |

                            Philippe Dagen








                        



                                


                            

Au temps où il était ­photoreporter, Luc ­Delahaye est allé en Palestine, comme tant de ses confrères. Guerre oblige. Les œuvres qui composent Sumud et autres histoires ont aussi été faites là-bas, entre octobre 2015 et mars 2017 : sept tirages et une ­vidéo. Sumud signifie persévérer dans le refus, s’obstiner à résister. Le mot est associé depuis des ­décennies à la situation des Palestiniens dans les territoires ­occupés.
Mais, depuis plus d’une décennie, Luc Delahaye, qui a quitté l’agence Magnum en 2004, n’est plus photoreporter. Cela ne signifie pas qu’il se désintéresse de ce que l’on appelle l’actualité. Mais son travail a désormais un autre objet. Il ne s’agit plus de donner à voir des faits, mais de s’interroger sur les modes de ­fabrication et de perception de ces images d’actualité – images ou imageries. Sumud est la suite logique de cette réflexion.
Les expositions qui ont affirmé son changement, à La Maison rouge à Paris en 2005, au Getty Museum à Los Angeles en 2007 et chez Nathalie Obadia, réunissaient des vues de divers événements et désastres, en Irak, Haïti ou Afghanistan. Elles surprenaient par leur faible teneur en narration, leurs compositions remarquablement stables et les ­dimensions considérables des ­tirages. Autant de décisions de Delahaye, autant de façons de rompre avec les codes du photoreportage − le cadavre qui tombe, l’instant décisif, la publication dans la presse. Mais chacune avait son sujet particulier, ce qui fait dire à leur auteur qu’il ressentait dans ces expositions « une forme de disparité entre des images autonomes, qui ne communiquaient pas entre elles ». Dans Sumud, il y a unité de lieu et de temps, comme on disait à l’époque du théâtre classique. « Je me sens plus à l’aise grâce à la cohérence du sujet, dit Delahaye. La présence du thème unificateur me rend libre d’explorer des genres différents. » Unité de thème et de tonalité,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ L’acteur et réalisateur se remet en scène dans une comédie un peu trop chargée en rebondissements.
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« La Ch’tite Famille » : Dany Boon en son terreau d’origine

L’acteur et réalisateur se remet en scène dans une comédie un peu trop chargée en rebondissements.



Le Monde
 |    23.02.2018 à 16h21
 • Mis à jour le
23.02.2018 à 16h55
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Dix ans net après le film aux vingt millions d’entrées – Bienvenue chez les Ch’tis, son meilleur à ce jour –, Dany Boon, originaire du cru, a éprouvé le désir de repasser une petite couche nordiste sur sa ­filmographie. Non que son aura ait faibli, puisqu’il reste l’un des chouchous du box-office national avec plusieurs autres succès (Rien à déclarer, Raid dingue). Non qu’il ait tenté, avec La Ch’tite Famille, de donner une suite au titre anthologique. Il a voulu simplement revenir au terreau d’origine après s’en être longtemps éloigné, quand bien même le film ne s’y installe qu’à peine.
La fable, subtile, est conçue pour susciter un effet de miroir entre fiction et réalité
La fable, subtile, est d’ailleurs conçue pour susciter un effet de miroir entre fiction et réalité. Dany Boon incarne dans le film un artiste, Valentin, designer parvenu, avec son épouse, Constance (Laurence Arné), au top niveau de la création et de la snoberie internationales. On ne compte plus les riches éclopés qui se sont essayés à s’asseoir sur leur célèbre chaise à trois pieds. Derrière, beau-papa, une singulière ordure, active la machine à communiquer aussi bien que celle à billets. Valentin, quant à lui, s’est forgé un passé d’enfant abandonné qui lui permet d’occulter, y compris auprès de sa femme et de son beau-père, ses origines « honteuses » de Ch’ti pur jus, et sa famille, avec laquelle il a lâchement coupé les ponts.

Manque de chance, les 80 ans de sa mère poussent la truculente tribu à lui rendre une visite groupée, débarquant au débotté en plein pince-fesses au Palais de Tokyo, à Paris. Il y a là la mère (Line Renaud), le frère (Guy Lecluyse), la belle-sœur (Valérie Bonneton) et la nièce (Juliane Lepoureau). Seul le père (Pierre Richard), les pieds dans la boue mais drapé dans sa dignité, a préféré rester dans sa casse automobile, près du mobil-home familial.
Moment amnésique
Clan...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Le chorégraphe est en vedette aux Hivernales d’Avignon avec trois pièces, dont « Littéral », œuvre anniversaire.
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Danse : Daniel Larrieu fait voler ses 60 balais

Le chorégraphe est en vedette aux Hivernales d’Avignon avec trois pièces, dont « Littéral », œuvre anniversaire.



Le Monde
 |    23.02.2018 à 16h14
 • Mis à jour le
23.02.2018 à 17h01
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

Une texture fine qui file comme un nuage, s’évanouit à la façon d’une goutte de lait dans le café et laisse une saveur de longue durée. Cette délicatesse est celle, conservée précieusement depuis ses débuts dans les années 1980, du chorégraphe Daniel Larrieu, poète de la matière qui n’impose rien mais offre au spectateur de disposer à l’envi de sa danse.
Daniel Larrieu est en vedette au festival Les Hivernales d’Avignon avec trois productions. Emmy, créée en 1993, en réaction à la pandémie du sida, transmis au jeune danseur Enzo Pauchet. Avenir, conférence dansée, se mélange les pinceaux entre souvenirs de plus de trente ans de travail, commentaires à chaud et performances sur le vif. Quant à Littéral, créée en 2017, elle fête les 60 ans du chorégraphe en sortant littéralement soixante balais de derrière les fagots pour jouer les accessoires et le décor de cette pièce-anniversaire.

Alors, coup ou corps de balai ? Les deux et bien davantage. Harry Potter est passé par là ! Dans Littéral, Larrieu joue les sorciers tout en douceur. Posés sur le côté et prêts à l’emploi, plantés sur scène ou voltigeant dans les airs comme un improbable mobile façon Calder, les ustensiles ménagers se révèlent magiques entre les mains du chorégraphe et de ses cinq interprètes. L’artisanat de la danse s’offre ici un geste de sculpteur qui bâtit l’espace et l’illumine en y accrochant quelques fétus de paille.
Quelque chose de l’enfance
Ces soixante balais n’ont pas entamé la fraîcheur de la danse. Seul au début du spectacle comme une bougie sur le gâteau, Larrieu donne le ton, prend la mesure de son corps et semble écrire un code secret. Bras en couronne, pas glissé de patineur, pirouette l’air de rien, il rafraîchit son style en claquant des mains et en se grattant la tête. Tout ce temps-là ­condensé dans quelques entrechats ! La langue des signes n’est pas loin de cette écriture d’un corps singulier, fondement de la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ « Sérénade à trois », chef-d’œuvre irrévérencieux du cinéaste, ressort en version restaurée.
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Reprise : le triangle amoureux selon Ernst Lubitsch

« Sérénade à trois », chef-d’œuvre irrévérencieux du cinéaste, ressort en version restaurée.



Le Monde
 |    23.02.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
23.02.2018 à 16h48
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


« Il m’est arrivé une chose qui arrive habituellement aux hommes. » Gilda Farrell (Miriam Hopkins), séduisante caricaturiste, est amoureuse de deux hommes qui, pour couronner le tout, sont meilleurs amis. Sérénade à trois, d’Ernst Lubitsch, sort en 1933, dernière année avant que le code Hays entre en vigueur. Détail ­important, car le film condense à peu près tout ce que ce code de censure comptait interdire : triangle amoureux, infidélité, évocation crue de la sexualité des personnages. D’abord autorisé en salle, le film sera finalement bloqué par la censure en 1934.
Imaginez un monde où coucher avec un homme et son meilleur ami vous pose moins de scrupules moraux que de soucis pratiques : l’extrême modernité de Sérénade à trois tient dans cet amoralisme tranquille, qui pose les bases de la comédie romantique moderne où le sentiment, plus que la morale, devient un problème en soi et où formuler ce qu’on ressent, c’est agir sur soi-même et les autres.
« Distinguer la science de l’expérience »
Dans un magnifique texte, « Le Paradis des eaux troubles » (Ernst Lubitsch, ouvrage collectif, Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma/Cinémathèque française, 2006), le critique Charles Tesson évoquait très justement ce qui caractérise le héros lubitschien et, avec lui, tout un paradigme amoureux qui fait encore date :
« La force du héros lubitschien, c’est qu’il a du temps par rapport à ses désirs (jeu, calcul, stratégie), avant (pour agir) et après (pour réfléchir), et qu’il sait distinguer en permanence la science (du désir) de l’expérience (du plaisir). (…) Littéralement, le héros lubitschien ajoute de la mise en scène (il aménage un espace et un temps de parole autour de la femme, échafaude un plan). »
L’espace lubitschien est modulé par la parole, par ce qu’on cache ou révèle, par ce qu’on veut dire et qui reste dissimulé derrière une porte vouée à s’ouvrir inévitablement. Car, dans sa suprême élégance, son cinéma tend à la transparence et à la plénitude langagière : le triangle amoureux délesté du jugement moral, un espace de communication s’étend à perte de vue devant les personnages. Un espace où donner forme à ses sentiments en en communiquant la moindre nuance, le moindre changement.
Faute de pouvoir choisir entre son peintre (Gary Cooper) et son dramaturge (Fredric March), Gilda choisit de continuer à fréquenter les deux hommes, à la condition que ces relations restent platoniques. Cette résolution finira par se cogner contre la réalité du sentiment amoureux : chassez le sexe, il revient au galop.
Antiromantique
Tout l’enjeu du film sera de se débarrasser avec beaucoup de joie et d’irrévérence d’une certaine idée de l’amour qui se complaît dans ses blessures narcissiques : la douleur n’a pas sa place dans le monde heureux et idéal de Lubitsch. En cela, Sérénade à trois est absolument antiromantique, réagissant à une conception de l’amour recroquevillée sur un impératif d’exclusivité et de possession, perçue comme une vision bourgeoise de la conjugalité. Bourgeoise, car le triangle amoureux s’épanouit au moment où les deux artistes sont tout en bas de l’échelle sociale, vivotant dans une studette dans un Paris bohème, mais ce trio se disloque au profit de leur ascension sociale et artistique. Il suffira d’une ultime scène en voiture pour que ce monde vaudevillesque, où l’amour est incompatible avec le chiffre trois, soit balayé d’un geste, ouvrant ainsi les vannes à un sentiment enfin autorisé à s’épanouir et à circuler.
Ce serait peut-être l’ultime morale du film : prenons le parti de l’honnêteté (avec soi-même et les autres), car, en amour, tout finit par se savoir. On pourrait s’aventurer à dire du monde lubitschien qu’il est adulte. Non pas au sens où chacun finit par comprendre que son désir doit inévitablement composer avec des entraves morales et un principe de réalité, mais en un sens beaucoup plus profond et réjouissant, qui revient pour Gilda à comprendre qu’il ne faut surtout pas céder sur son désir.

Film américain (1933) d’Ernst Lubitsch (1 h 31). Sortie de la version restaurée le 21 février. Sur le Web : www.splendor-films.com et www.facebook.com/SplendorFilms



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ La douane a découvert vendredi dans la soute d’un bus garé sur une aire de Seine-et-Marne un tableau qui a depuis été authentifié comme une œuvre d’Edgar Degas.
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Un tableau de Degas volé neuf ans plus tôt a été retrouvé en Seine-et-Marne

La douane a découvert vendredi dans la soute d’un bus garé sur une aire de Seine-et-Marne un tableau qui a depuis été authentifié comme une œuvre d’Edgar Degas.



Le Monde
 |    23.02.2018 à 14h58
 • Mis à jour le
23.02.2018 à 18h52
   





                        



   


C’est confirmé : le tableau découvert vendredi 16 février dans la soute d’un bus garé sur l’aire de Ferrières (Seine-et-Marne) a bien été peint par Degas. Vendredi 23 février, le ministère de la culture a annoncé que les experts du Musée d’Orsay avaient authentifié Les Choristes (également appelé Les Figurants).
Les Choristes, un « monotype, procédé d’estampe qui se situe à mi-chemin entre peinture et gravure », représente une scène de l’opéra Don Juan, selon une conversation que le peintre (1834-1917) a eue avec son ami Daniel Halévy.
Le pastel de 1877, prêté au musée Cantini, à Marseille, en 2009, le temps d’une exposition, avait été déclaré disparu le 31 décembre 2009, sans qu’aucune trace d’effraction n’ait été constatée. Bien que sous alarme et assuré, selon la mairie de Marseille, propriétaire du musée Cantini, le tableau avait été dévissé. « Facilement dissimulable », en raison de sa taille (32 sur 27 cm), comme le soulignait le procureur de Marseille à l’époque, il avait été ajouté à la base de données d’Interpol relative aux œuvres d’art les plus recherchées dans le monde.
Découvert dans une valise
Huit ans après le vol de ce tableau, un contrôle des douaniers de Marne-la-Vallée relance l’affaire. Dans un bus, une valise est découverte avec à l’intérieur « une œuvre portant la signature “Degas”, pour laquelle aucun des passagers ne s’est identifié comme propriétaire ». Les douaniers saisissent alors le tableau et demandent une expertise du musée d’Orsay « afin d’en confirmer l’authenticité », selon un communiqué commun des ministères de la culture et des comptes publics. « Les premiers éléments de l’expertise permettent d’affirmer qu’il s’agit bien de l’œuvre recherchée », précisent, vendredi, les deux ministères.
L’identité du voleur n’est pas connue pour l’heure : aucun des passagers du bus n’a revendiqué la propriété du tableau, et personne n’a été placé en garde à vue, a précisé la douane. A ce stade, aucune précision n’a été donnée concernant l’enquête en cours.
« C’est la belle nouvelle de la semaine, la belle surprise. On s’en réjouit, évidemment, mais c’est surtout un soulagement, car on n’en avait pas entendu parler depuis 2009 et on avait toutes les raisons d’être inquiets sur son sort », s’est félicitée auprès de l’Agence France-Presse Laurence des Cars, présidente du musée d’Orsay.
« Sa disparition représentait une lourde perte pour le patrimoine impressionniste français », a, pour sa part, réagi la ministre de la culture, Françoise Nyssen, dans un communiqué.
Grande exposition Degas en 2019
Si le tableau ne semble pas « à première vue avoir souffert des aventures qui lui sont arrivées depuis 2009 », il est attendu au musée « avec impatience ». Laurence des Cars a indiqué ne pas avoir « de calendrier pour son retour », mais espère le voir « trouver sa place » lors de la grande exposition « Degas à l’Opéra », prévue à l’automne 2019.
La Réunion des musées nationaux avait affirmé que le tableau avait une valeur de 800 000 euros. Le personnel du musée marseillais avait, quant à lui, évoqué une valeur de « 30 millions d’euros », mais le parquet avait invoqué une « confusion ».
Interrogé sur la question, le musée d’Orsay a expliqué qu’il ne communiquait pas les chiffres : « Ce sont des valeurs d’assurances, et ça, c’est incommunicable. » 



                            


                        

                        

