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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Le psychiatre Jean Maisondieu et la sociologue Laëtitia Ngatcha-Ribert sont les auteurs de deux ouvrages sur la maladie d’Alzheimer qui invitent à changer de regard sur les patients.
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Vivre avec la démence

Le psychiatre Jean Maisondieu et la sociologue Laëtitia Ngatcha-Ribert sont les auteurs de deux ouvrages sur la maladie d’Alzheimer qui invitent à changer de regard sur les patients.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 19h00
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            
Les livres. Les livres sur la maladie d’Alzheimer ne sont pas une denrée rare. Rien de surprenant quand on sait qu’en France le ministère de la santé évalue à 860 000 le nombre des personnes atteintes et à 225 000 celui des nouveaux cas chaque année. Viennent de paraître deux ouvrages aux objectifs différents.
Avec « Le Crépuscule de la raison », Jean Maisondieu, psychiatre honoraire des hôpitaux, défend deux thèses.

La première est que « les troubles démentiels si fréquents chez les personnes âgées ne sont pas exclusivement dus à des atteintes organiques du cerveau » mais « peuvent aussi résulter des difficultés relationnelles de la personne avec elle-même » (psyché), « et/ou avec les autres » (social) ou « encore témoigner de certains dysfonctionnements communications » (langage).

Sa seconde thèse est que « l’angoisse de la mort joue un rôle essentiel dans leur apparition. »
Jean Maisondieu livre une description sans fard de l’état dans lequel se trouvent les pensionnaires d’institutions. Néanmoins, le raisonnement par lequel, l’auteur étaye ses conceptions cliniques laisse parfois dubitatif.
L’apport de la vidéo
L’une de ses patientes âgée de 76 ans, Alice reconnaissait sur un écran les autres patients hospitalisés mais pas elle-même. Il en déduit, face à un « symptôme aussi fin » qu’il « faudrait une lésion bien extraordinaire pour le provoquer. » Il serait donc « plus raisonnable d’imaginer que la conduite d’Alice avait un sens, qu’elle était dictée par son psychisme avant d’être inscrite dans un trouble organique ? » Ne pas tout réduire au biologique est sage, mais récuser une base organique au motif de la finesse d’un symptôme n’est pas convaincant.
Jean Maisondieu invite à changer le regard sur les patients et souligne l’apport en cela de la vidéo pour « dépasser cette non-reconnaissance de soi chez...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ « Manger local » n’est pas une fin en soi, mais un moyen vers d’autres fins. Or, vantée par tous les bords politiques, mise en avant par les supermarchés, la notion a été dévoyée, souligne la géographe Flaminia Paddeu.
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« On peut manger du local plein de pesticides »

« Manger local » n’est pas une fin en soi, mais un moyen vers d’autres fins. Or, vantée par tous les bords politiques, mise en avant par les supermarchés, la notion a été dévoyée, souligne la géographe Flaminia Paddeu.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 12h00
    |

                            Antoine Flandrin








                        



                                


                            
Flaminia Paddeu, enseignante-chercheuse en géographie à l’université Paris-XIII, travaille sur l’engagement associatif environnemental et alimentaire en France et aux Etats-Unis. Elle est l’auteure de « Manger local. Leurres et promesses », publié dans la revue Vacarme (n° 81, octobre 2017).
Le Salon de l’agriculture se tient à Paris jusqu’au dimanche 4 mars. « Manger local » est-il toujours une piste pour résoudre les problèmes posés par le système agricole (pollution, appauvrissement des sols, etc.) ?
A l’origine de l’idée de manger local, il y a un projet radical et alternatif qui s’oppose aux systèmes de production de l’agro-industrie et de la grande distribution. Il s’agit de renforcer les liens entre producteurs et consommateurs, de soutenir l’économie locale en favorisant les échanges entre personnes d’un même territoire, d’éviter la dépendance envers des systèmes mondialisés et de réduire les émissions de gaz à effet de serre liées au transport alimentaire.
Pour autant, malgré les vertus qui lui sont associées, le local n’est pas une échelle intrinsèquement progressiste. Deux exemples le montrent. Premièrement, « manger local » est récupéré par des tendances politiques opposées : lors de la campagne présidentielle de 2017, tous les candidats, y compris d’extrême droite, ont pris position en faveur des circuits courts, certains s’engageant à soutenir les producteurs, d’autres les consommateurs. Aussi, manger local n’est plus systématiquement clivant politiquement. Deuxièmement, ce mot d’ordre est récupéré par les enseignes de la grande distribution. Celles-ci capturent les valeurs positives associées au manger local : la proximité, le lien avec les producteurs, l’écologie. Désormais, les acteurs de l’économie capitaliste en font un nouveau front de profit, tout en captant des bénéfices importants pour leur image. C’est ainsi que des supermarchés installent de l’agriculture urbaine sur leur toit : un Carrefour en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Dans un contexte géopolitique devenu défavorable aux partis issus des Frères musulmans, le mouvement islamiste cherche à normaliser son image. Une mue doctrinale qui interroge le correspondant du « Monde » à Tunis Frédéric Bobin.
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En Tunisie, la quête de respectabilité d’Ennahda

Dans un contexte géopolitique devenu défavorable aux partis issus des Frères musulmans, le mouvement islamiste cherche à normaliser son image. Une mue doctrinale qui interroge le correspondant du « Monde » à Tunis Frédéric Bobin.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 10h30
    |

            Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)








                        



                                


                            
Analyse. C’était le 15 février, au cœur du quartier du Bardo à Tunis, ciel noir et chaussées mouillées. Dans la salle des pas perdus de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Naoufel Jammali, un échalas au verbe délié, évoquait l’évolution doctrinale de son parti, Ennahda, le mouvement islamiste tunisien. Président de la commission des droits, des libertés et des relations extérieures de l’ARP, l’homme est au carrefour de bien des débats agitant la jeune démocratie tunisienne, seule rescapée de la vague des « printemps arabes ».
On n’« attendait pas » Ennahda sur le terrain de la séduction de la communauté juive tunisienne ni sur celui du front des droits des femmes
Ce jour-là, il s’expliquait sur l’opposition de son parti à une proposition de loi visant à « criminaliser » les relations avec Israël et dont la discussion a été repoussée sine die par sa commission. Au centre de ses préoccupations : le sort des investissements étrangers en Tunisie qui, s’alarmait-il, pourraient être affectés si une telle loi devait être votée. « Il faut protéger les intérêts supérieurs de l’économie tunisienne », affirmait-il. « Nous [les partisans d’Ennahda], ajoutait-il, sommes toujours présents là où l’on ne nous attend pas. »
Quelques jours plus tard, la formule a pris tout son sens. Un porte-parole d’Ennahda annonçait qu’un juif tunisien, Simon Slama, serait candidat sur une liste du parti islamiste à Monastir (côte orientale), à l’occasion des élections municipales du 6 mai. La nouvelle a fait sensation en Tunisie, et au-delà. On n’« attendait pas » Ennahda sur ce terrain de la séduction de la communauté juive tunisienne. Tout comme on ne l’« attendait pas » sur le front des droits des femmes.

En juillet 2017, le parti a soutenu l’adoption d’une loi réprimant les violences faites aux femmes. En ce qui concerne la perspective d’instaurer l’égalité entre hommes et femmes en matière d’héritage,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Editorial. Le gouvernement veut aller au-delà des accords conclus entre partenaires sociaux sur la formation professionnelle et sur l’assurance chômage. Il songe aussi aux ordonnances pour réformer la SNCF. Dangereux.
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Un dialogue social en trompe-l’œil

Editorial. Le gouvernement veut aller au-delà des accords conclus entre partenaires sociaux sur la formation professionnelle et sur l’assurance chômage. Il songe aussi aux ordonnances pour réformer la SNCF. Dangereux.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 10h11
 • Mis à jour le
24.02.2018 à 11h35
   





                        


Editorial du « Monde ». A quoi le gouvernement joue-t-il ? Les organisations syndicales, à l’exception de la CGT, et patronales ont bouclé positivement deux négociations nationales interprofessionnelles d’importance. Jeudi 22 février à l’aube, elles ont conclu un accord sur la réforme de la formation professionnelle. Dans la soirée du même jour, elles ont trouvé un compromis – jugé encore la veille très improbable – sur la transformation de l’assurance-chômage. Sur ces deux chantiers annoncés par Emmanuel Macron durant sa campagne électorale, les partenaires sociaux estiment avoir suivi, dans les grandes lignes, les « feuilles de route » de Muriel Pénicaud, la ministre du travail. Mais rien n’indique que le gouvernement en tiendra compte quand il présentera le projet de loi qui doit englober les deux réformes. Au contraire.
Sur la formation professionnelle, Mme Pénicaud a qualifié le résultat d’« insuffisant », tout en reconnaissant « un vrai progrès pour les droits des salariés ». La ministre a indiqué qu’elle dévoilerait, mardi 27 février, les contours du « big bang » qu’elle juge impératif sur « l’architecture du système ».
Un scénario similaire se profile sur l’assurance-chômage. M. Macron avait prôné un système de bonus-malus sanctionnant les entreprises s’adonnant avec excès à la pratique des contrats de travail courts. L’accord prévoit des négociations dans les branches professionnelles pour prendre des « mesures permettant de modérer le recours aux contrats courts et d’allonger les durées d’emploi ». Il prend acte de la volonté du gouvernement, « si ces mesures étaient insuffisantes », d’instaurer des pénalités pour les entreprises n’ayant pas assez œuvré à la réduction de la précarité. Là encore, la ministre dira, « dans quelques jours », « ce qu’on retient et aussi si on considère qu’il faut aller plus loin ».
« Big bang » et « effet boomerang »
Le gouvernement n’a pas pris les partenaires sociaux en traître. Dès le départ, il a prévenu qu’il ne serait pas automatiquement engagé par d’éventuels accords. Mais, en les considérant comme des chiffons de papier, il est en train d’inventer l’accord suspensif, soumis à son bon vouloir. Les syndicats conditionnent leur aval aux garanties que leur donnera l’exécutif. « On ne sera signataire, a prévenu la CFDT sur l’assurance-chômage, que si l’Etat s’engage à respecter l’accord dans tous ses termes. » Force ouvrière a décidé de signer sur la formation, mais a averti en même temps que les acteurs sociaux « ne sauraient être des sous-traitants gouvernementaux » : « La liberté de négociation ne se découpe pas en rondelles et tout big bang peut avoir un effet boomerang. »
M. Macron a habilement organisé une vraie concertation sur la réforme du code du travail. En acceptant des négociations sur la formation et l’assurance-chômage, il avait privilégié la même voie. Mais l’attitude de l’exécutif sur leurs résultats ressemble à une marche arrière. Un dialogue social en trompe-l’œil ? Sur la réforme, nécessaire, de la SNCF, le gouvernement n’écarte pas un passage en force. Christophe Castaner, secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement, a évoqué la « possibilité » de recourir aux ordonnances pour « aller vite ». Une fausse bonne idée, qui escamoterait tout débat public et jetterait surtout de l’huile sur le feu. Divisés, les syndicats n’ont prévu pour l’heure qu’une manifestation nationale le 22 mars. Des ordonnances feraient courir le risque d’un conflit social majeur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Le « Monde » Campus publie, chaque samedi, une recette sélectionnée dans un livre de cuisine étudiante. Voici pour commencer une idée pour l’apéritif.
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La cuisine des étudiants (1/9) : les rouleaux apéro au thon

Le « Monde » Campus publie, chaque samedi, une recette sélectionnée dans un livre de cuisine étudiante. Voici pour commencer une idée pour l’apéritif.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 08h30
   





                        


Parce qu’il est important de se nourrir correctement quand on est étudiant, nous partageons une série de recettes de cuisine simples et appétissantes, réalisables dans une kitchenette avec peu d’ustensiles et à petit prix.
Commençons par l’apéritif, avec cette recette des rouleaux au thon. Elle est extraite de l’ouvrage Simplissime, le livre de cuisine pour étudiants le + facile du monde, de Jean-François Mallet (13,95 euros chez Hachette Cuisine, 2017), qui s’est fixé pour objectif que chaque plat ne coûte pas plus de 2 euros par personne.
N’hésitez pas à commenter et améliorer cette recette sur notre page Facebook Le Monde Campus. Et rendez-vous samedi prochain pour un nouveau plat.

   



   



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Dans sa chronique, Frédéric Potet, journaliste au « Monde », raconte la rencontre et les liens qui unissent désormais Fabien Vehlmann, auteur de bande dessinée, et Fodé Condé, jeune migrant guinéen.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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« Fabien Vehlmann n’en revient toujours pas d’avoir “rencontré un personnage qu’il a créé” »

Dans sa chronique, Frédéric Potet, journaliste au « Monde », raconte la rencontre et les liens qui unissent désormais Fabien Vehlmann, auteur de bande dessinée, et Fodé Condé, jeune migrant guinéen.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 07h08
 • Mis à jour le
24.02.2018 à 07h32
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            

Chronique. Fabien Vehlmann est un auteur de bande dessinée à succès. On lui doit le scénario de Seuls (Dupuis, avec Bruno Gazzotti), une série mettant en scène des enfants livrés à eux-mêmes dans un monde sans adultes. Depuis 2009, il a repris le personnage de Spirou, héros iconique de la BD franco-belge, avec le dessinateur Yoann. Cette position lui permet d’avoir accès aux médias. Médias qu’il s’est résolu à contacter pour relater une histoire dont il n’est pas, pour une fois, le narrateur, mais l’acteur direct, aux côtés d’un jeune migrant guinéen qu’il abrite sous son toit : Fodé Condé, 18 ans, élève en BTS « management des unités commerciales », à Nantes.
« Son seul tort est d’avoir fui la misère et de ne pas venir d’un pays en guerre. » Fabien Vehlmann
Menacé d’expulsion, ce dernier fait partie de ces nombreux exilés qui n’ont pas quitté leur pays pour des raisons politiques ou de conflit armé. Classés « migrants économiques », ces hommes et ces femmes ont beaucoup moins de chances que les autres de pouvoir rester légalement en France ; et ce n’est pas le projet de loi sur le droit d’asile et l’immigration, présenté mercredi 21 février par le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb – texte qui durcit le droit des étrangers (Le Monde du 21 février) –, qui devrait faciliter leurs démarches.
« Fodé possède pourtant un dossier idéal. Peu de migrants peuvent se prévaloir d’être logés à l’année dans une famille d’accueil, de faire des études, de jouer dans un club de foot… Son seul tort est d’avoir fui la misère et de ne pas venir d’un pays en guerre, ni d’être surdiplômé, selon la distinction qui est faite aujourd’hui entre les “bons” et les “mauvais” migrants », se désole Fabien Vehlmann, qui héberge chez lui le jeune homme depuis 14 mois. Le 16 janvier dernier, la préfecture de Loire-Atlantique a rejeté sa demande de titre de séjour.
Un attachement...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ L’ouvrage collectif dirigé par Alice Ekman s’efforce de montrer que la volonté de la Chine est de dépasser les Etats-Unis et de façonner un nouvel ordre mondial où l’hégémonie américaine est remise en cause.
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Pékin impose sa « pax sinica »

L’ouvrage collectif dirigé par Alice Ekman s’efforce de montrer que la volonté de la Chine est de dépasser les Etats-Unis et de façonner un nouvel ordre mondial où l’hégémonie américaine est remise en cause.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 07h00
    |

            François Bougon








                        



                                


                            

Le livre. En une ou deux générations, la Chine a réussi à sortir de la pauvreté maoïste pour se hisser au rang de deuxième puissance économique mondiale. Au XIXe congrès, en octobre 2017, le secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC), Xi Jinping, qui venait d’être consacré pour un deuxième mandat de cinq ans, a fixé la feuille de route d’ici 2050 : « prendre une place encore plus centrale sur la scène internationale. »
Bref, si l’on lit entre les lignes des discours jargonnants, il s’agit de dépasser les Etats-Unis et de façonner un nouvel ordre mondial où l’hégémonie américaine est remise en cause. Si les défis intérieurs sont nombreux – trouver un nouveau modèle économique, stimuler l’innovation, lutter contre la pollution et les inégalités –, les enjeux diplomatiques le sont tout autant.

C’est ce que montre l’ouvrage collectif dirigé par Alice Ekman, responsable des activités Chine au Centre Asie de l’Institut français des relations internationales (IFRI). Elle a réuni sept autres spécialistes francophones de l’ex-Empire du milieu. Et leurs huit contributions permettent un tour d’horizon complet sur les conséquences de l’engagement croissant de Pékin sur la scène internationale.
Adieu au « profil bas » de Deng Xiaoping
La Chine de Xi – dont le mandat est caractérisé par un « véritable activisme diplomatique », écrit Jean-Pierre Cabestan dans un chapitre consacré à la diplomatie de l’homme fort de Pékin – a dit adieu au « profil bas » prôné par Deng Xiaoping à la fin des années 1970 : la croissance économique a entraîné une puissance géopolitique, un « droit à la parole » affirmé de la puissance asiatique et des revendications territoriales assumées en mer de Chine. La modernisation de l’armée, marquée par une grande réforme lancée fin 2015, est au service de cette « renaissance chinoise », remarque Antoine Bondaz.

Mais cette présence renforcée, avec la mise en avant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le sociologue Thierry Brugvin note que l’achat de terres dans des pays pauvres par des capitaux issus de pays développés se développe mais rencontre une opposition de plus en plus structurée.
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Thierry Brugvin : « L’accaparement des terres agricoles du Sud renforce les famines »

Dans une tribune au « Monde », le sociologue Thierry Brugvin note que l’achat de terres dans des pays pauvres par des capitaux issus de pays développés se développe mais rencontre une opposition de plus en plus structurée.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
24.02.2018 à 08h16
    |

Thierry Brugvin (Sociologue)







                        



                                


                            
Tribune. La famine a sévi fortement dans plusieurs pays de l’Afrique de l’Est (Somalie, Kenya, Ethiopie, Djibouti, Ouganda, Soudan du Sud) en 2017. Elle a touché 20 millions de personnes selon l’ONU, notamment parce que la sécheresse qui frappait ces territoires depuis fin 2016 se conjugue avec la pauvreté économique, les guerres… Avec le réchauffement climatique et la croissance de la population, les enjeux alimentaires et agricoles deviennent progressivement de plus en plus tendus. Cette tension affecte donc aussi les terres agricoles disponibles.
En 2016, le groupe China Hongyang, bien que spécialisé dans la fabrication et la commercialisation d’équipements pour les stations-service et l’industrie pétrolière a acquis 1700 hectares de terres agricoles dans le département de l’Indre. C’est la « branche investissement » de ce groupe qui a racheté, selon la presse locale « à prix d’or », ces parcelles à trois exploitants. Selon le gouvernement français des « connexions avec des groupes agro-industriels » avaient été établies « pour exporter la farine » vers la Chine car celle-ci « n’assure pas son autonomie alimentaire ».
Transactions discrètes
Des capitaux russes intéressés par des vignobles réputés, des fonds de pension belges attirés par les grandes cultures céréalières, des investisseurs chinois dans le lait… Une course aux hectares agricoles semble avoir démarré. Alors que les terres cultivables risquent de se faire rares, « il va y avoir une concurrence importante sur la production agricole, pronostique Robert Levesque, un des dirigeants de la Fédération nationale des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (FNSafer), qui regroupe les vingt-six Safer, ces structures d’intérêt général en charge de l’aménagement de l’espace rural. Ces fonds cherchent à maîtriser les exploitations qui produisent les biens agricoles ».
Une course aux hectares agricoles semble avoir démarré
Cependant,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Malgré plusieurs enquêtes judiciaires pour corruption le concernant, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou rejette toute possibilité de démissionner. Dans une tribune au « Monde », l’historien Steve Jourdin explique pourquoi ces accusations n’ont aucun effet sur l’opinion.
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« En Israël, l’injonction éthique a quitté la sphère publique »

Malgré plusieurs enquêtes judiciaires pour corruption le concernant, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou rejette toute possibilité de démissionner. Dans une tribune au « Monde », l’historien Steve Jourdin explique pourquoi ces accusations n’ont aucun effet sur l’opinion.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 07h00
    |

Steve Jourdin (Doctorant en histoire et civilisations à l’Ecole des hautes études en sciences sociales)







                        



                                


                            
Tribune. « Ces dernières années, plus de 15 enquêtes judiciaires ont été ouvertes à mon encontre. Celle-ci, comme les précédentes, ne débouchera sur rien. » D’un ton assuré, dans une rhétorique travaillée, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, balaie, dans un message diffusé le 13 février sur les réseaux sociaux, les conclusions des enquêtes policières, lesquelles indiquent qu’il existe des preuves de son implication dans des faits de corruption. Dans le « dossier 1000 », il est soupçonné d’avoir bénéficié de largesses estimées à environ 240 000 euros de la part de deux milliardaires et, dans le « dossier 2000 », la police met en cause des liens délictueux avec le propriétaire du plus grand quotidien israélien, Yediot Aharonot : en échanges de divers avantages accordés au journal, Nétanyahou aurait cherché à obtenir une couverture favorable dans ses pages. Il clame une nouvelle fois son innocence et repousse tout appel à la démission.
Légalement, Yithzak Rabin aurait pu rester en poste et briguer un second mandat. Mais la pression de la rue comme la personnalité de Rabin ont joué.
Avril 1977, autre affaire, autre époque : à la télévision publique, le premier ministre Yitzhak Rabin annonce, d’un ton solennel, sans note ni artifice, sa démission imminente. Il ne briguera pas un second mandat aux élections législatives suivantes. Une décision prise, dit-il, pour des considérations « morales ». Trois semaines plus tôt, un journaliste du quotidien Haaretz avait découvert le pot aux roses : Yitzhak et sa femme, Leah, détiennent un compte bancaire aux Etats-Unis, chose alors interdite par la loi israélienne. Entre ces révélations et l’annonce de la démission du premier ministre, des poursuites judiciaires ont été engagées contre Leah Rabin ; Yitzhak Rabin n’est pas inquiété par la police, qui considère que Leah est la véritable gestionnaire des comptes de la famille. Légalement, Yithzak Rabin aurait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ La vision d’un même film par la même personne à plusieurs décennies d’intervalle dit bien des choses sur ce qui est survenu entre-temps, souligne Thomas Sotinel, critique de cinéma au « Monde ».
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Revoir les films de Woody Allen à l’heure de #metoo

La vision d’un même film par la même personne à plusieurs décennies d’intervalle dit bien des choses sur ce qui est survenu entre-temps, souligne Thomas Sotinel, critique de cinéma au « Monde ».



Le Monde
 |    24.02.2018 à 06h30
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            
J’ai vu Wonder Wheel, de Woody Allen, son dernier film en date (et peut-être le dernier tout court, puisque son actuel financier, Amazon, envisage de lui couper les vivres), un jour de grand froid, dans une salle à moitié vide, à peine chauffée, dont la température contrastait avec la moiteur stéréotypée qui baigne cet hommage à/pastiche de l’univers du dramaturge Eugene O’Neill.
Le film n’est pas très réussi, mais, comme toujours chez Woody Allen, il est émaillé de moments qui témoignent de la science et de l’art de l’auteur. Cette fois, ce sont quelques plans-séquences qui suivent les allées et venues de Kate Winslet dans l’appartement minable que son personnage, une femme mal mariée, jalouse de sa belle-fille, occupe, à Coney ­Island, dans les années 1950. A ce moment, Woody Allen, plutôt que de l’énoncer, met en scène la claustrophobie, l’impatience, sans un mot.

Mais, pour être honnête, ces mouvements de caméra, je les ai remarqués presque incidemment. Voir un film de Woody Allen aujourd’hui, c’est – qu’on y résiste ou qu’on se livre avec ardeur à cet exercice – chercher les traces d’une existence devenue l’enjeu d’un procès sans fin. En 1992, Woody ­Allen a été accusé par Mia Farrow d’avoir agressé sexuellement leur fille adoptive Dylan, 7 ans. Il s’est toujours défendu de cette accusation et, à l’époque, la justice du Connecticut, où l’agression aurait eu lieu selon les témoignages de Mia et Dylan Farrow, avait classé l’affaire.
A la fin de Wonder Wheel (autant le dire tout de suite, la rédaction de cet article nécessite de dévoiler la fin de la plupart des films évoqués), Ginny, la quadragénaire frustrée que joue Kate Winslet, commet un acte infâme, par jalousie, par lassitude, par dégoût de soi. Mia Farrow avait signalé l’agression contre Dylan après avoir découvert la liaison entre Woody Allen et Soon-Yi, fille adoptive de l’actrice et de son précédent mari, André Previn.
Un peu de pureté
Magic in...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », plusieurs universitaires soulignent que la future loi Collomb a le mérite d’expliciter une démarche politique déjà à l’œuvre tacitement. Mais « l’humanité » des mesures présentées n’est qu’un leurre qui va rendre l’ensemble inefficace.
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Loi sur l’immigration, « un projet ni humain ni efficace »

Dans une tribune au « Monde », plusieurs universitaires soulignent que la future loi Collomb a le mérite d’expliciter une démarche politique déjà à l’œuvre tacitement. Mais « l’humanité » des mesures présentées n’est qu’un leurre qui va rendre l’ensemble inefficace.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
24.02.2018 à 08h08
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Le 21 février a été présenté en conseil des ministres un projet de loi relatif à une « immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif ». S’agissant de l’asile, les réformes successives s’enchaînent à un rythme toujours plus important – à tel point que le Conseil d’Etat s’interroge sur l’opportunité même de cette nouvelle réforme, qui survient alors que certaines modifications apportées par la loi de 2015 ne sont opérationnelles que depuis moins d’un an.
Quoi qu’il en soit, ce nouveau projet se situe dans la logique des politiques précédentes : quelques mesures de plus, qui viennent restreindre encore davantage les droits et garanties des demandeurs d’asile. Cette réforme présente pourtant une réelle nouveauté : elle affiche sans pudeur ce que d’autres tentaient de masquer. Ce serait en effet faire injure à ses concepteurs de considérer son intitulé comme une simple maladresse. Il est au contraire une profession de foi.

On sait dorénavant et sans ambiguïté en quoi consiste l’effectivité du droit français de l’asile. Il ne s’agit pas, comme l’a proclamé le président de la République à maintes reprises, de le rendre « plus humain ». Non : un droit d’asile effectif doit être un droit qui poursuit une logique d’endiguement des flux de réfugiés.
Obstacles administratifs et procéduraux
L’effectivité du droit d’asile se mesure ainsi non à son humanité, mais à l’efficacité des obstacles administratifs et procéduraux qui jonchent le parcours du demandeur. La lecture des motifs du projet enseigne ainsi que les mesures prévues le sont en réaction à l’« arrivée de flux migratoires d’ampleur inédite », dont la diminution entre 2015 et 2016 est présentée – peut-on être plus explicite ? – comme un point positif.
Ce n’est donc pas pour réagir aux drames personnels quotidiens dont sont victimes les demandeurs d’asile qu’il faut légiférer, mais pour mettre fin à la pression que les arrivées...




                        

                        


<article-nb="2018/02/24/21-12">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Les moines bénédictins, trappistes, cisterciens, prémontrés ou chartreux que Nicolas Diat a interrogés ne se présentent pas comme des superhéros du bond dans le Ciel. Ils parlent avec simplicité, humilité, de la douleur de perdre leurs frères et de la tristesse des agonies.
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Moine ou mécréant, « chacun meurt comme il peut »

Les moines bénédictins, trappistes, cisterciens, prémontrés ou chartreux que Nicolas Diat a interrogés ne se présentent pas comme des superhéros du bond dans le Ciel. Ils parlent avec simplicité, humilité, de la douleur de perdre leurs frères et de la tristesse des agonies.



Le Monde
 |    23.02.2018 à 19h15
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            

Le livre. « Les hommes ne savent plus comment mourir », écrit Nicolas Diat au début de son récit, sentence qui inquiète un peu sur la nature de cette exploration des rapports que les moines catholiques entretiennent avec la mort : l’art de trépasser mérite-t-il vraiment qu’on lui consacre un guide pratique ? Mais certains livres, par bonheur, valent mieux que l’idée que leur auteur s’en fait.
Et si Nicolas Diat, connu pour les essais qu’il a coécrits avec le cardinal guinéen Robert Sarah et pour sa somme sur le pontificat de Benoît XVI, L’Homme qui ne voulait pas être pape (Albin Michel, 2014), reprend sporadiquement, au long d’Un temps pour mourir, cette position de surplomb au-dessus de nos petites vies et de nos morts brouillonnes, un virage est vite pris, et le livre décolle, pour atterrir dans des zones plus mouvantes et plus riches.
Toute la question est au fond de savoir si le fait de croire en un au-delà – d’y croire assez profondément pour tout envoyer balader et y consacrer sa vie – transforme la mort en un simple passage, aplanissant l’angoisse, la révolte charnelle contre la destruction. C’est la question qui hante le Dialogue des carmélites de Georges Bernanos (1949), cité en exergue, où la peur, la pauvre et commune peur de mourir, conduit mystérieusement à la sainteté.
La joie présente aussi
Les moines bénédictins, trappistes, cisterciens, prémontrés ou chartreux que Nicolas Diat a interrogés ne se présentent pas comme des superhéros du bond dans le Ciel. Ils parlent avec simplicité, humilité, et souvent une sorte de force poétique brute, de la douleur de perdre leurs frères, de la tristesse des agonies, de la souffrance, de la frayeur. « La mort est une rupture violente, explique le père Joseph-Michel Lemaire, infirmier de Solesmes. L’âme et le corps sont faits pour être ensemble. »
La joie est présente aussi, bien sûr, voire l’exaltation à l’idée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Pierre Gruson, professeur de finance, analyse dans une tribune au « Monde » le paradoxe d’un mini-krach déclenché par la chute des titres censés assurer contre son déclenchement.
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« Les indices de volatilité seraient les détonateurs de la crise de février »

Pierre Gruson, professeur de finance, analyse dans une tribune au « Monde » le paradoxe d’un mini-krach déclenché par la chute des titres censés assurer contre son déclenchement.



Le Monde
 |    23.02.2018 à 17h00
    |

Pierre Gruson (Professeur de finance à Kedge Business School à Bordeaux)







                        



                                


                            

Tribune. La volatilité observée et ressentie sur les marchés de capitaux véhicule toutes les sources de l’incertitude. Incertitudes politiques, comme lors du Brexit en juin 2016. Inquiétude sur le cours du pétrole, dont la variabilité n’avait pas été aussi élevée depuis dix ans. Mais aussi anxiété des marchés financiers face au rythme et aux conséquences des hausses des taux directeurs distillées par la banque centrale américaine, la Fed.
Nous nous résignons chaque jour un peu plus à supporter la volatilité, au point de développer des indices pour l’évaluer, tel un thermomètre de l’incertitude. Comme si la mesurer scientifiquement permettait d’exorciser l’aversion qu’elle procure à tout investisseur rationnel.
« Baromètre de la peur »
Cette grille d’analyse assez limpide est perturbée depuis plusieurs mois, et a connu un dénouement surprenant ces dernières semaines. En effet, malgré l’accumulation des événements anxiogènes ou inattendus, les indices de volatilité sont longtemps restés contre toute attente, bien dessous de leur valeur habituelle.
Que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe, ils ont plafonné à moins de 10 %, alors qu’historiquement, ils oscillent autour de 20 %, et décollent ponctuellement jusqu’à 60 % ou 80 %, par exemple lors de la menace du défaut de paiement de la Grèce en 2011, ou lors de la faillite de Lehman Brothers en 2008. En février 2018, l’indice de volatilité des actions a atteint 50 % aux Etats-Unis. En France, son équivalent « VCAC » est brutalement passé de 10 % à 30 %.

Une petite explication s’impose. La paternité des indices de volatilité ou « baromètre de la peur » revient au Chicago Board Options Exchange (CBOE) qui, en 1993, inaugura cette famille d’indicateurs avec un calcul sur la volatilité court terme de l’indice SP 100 (le « Vix »). Il s’agit de retranscrire la volatilité implicite moyenne mesurée pour des options d’achat et des options de vente d’une maturité de 30 jours.
Le calcul...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Zaki Laïdi a tort quand il veut nous convaincre que la politique du président Macron n’est ni de droite ni de gauche, explique le philosophe Jean-Fabien Spitz, dans une tribune au « Monde ».
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« Le risque est grand de voir disparaître la redistribution sans qu’aucune prédistribution n’apparaisse »

Zaki Laïdi a tort quand il veut nous convaincre que la politique du président Macron n’est ni de droite ni de gauche, explique le philosophe Jean-Fabien Spitz, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    23.02.2018 à 16h34
    |

Jean-Fabien Spitz (Professeur de philosophie politique à l’université Paris-1-Panthéon-Sorbonne)







                        



                                


                            

Zaki Laïdi, dans une tribune publiée dans Le Monde du 22 février (Zaki Laïdi : « La politique de Macron vise à mieux préparer pour moins réparer »), veut nous convaincre que la politique du président Macron n’est ni de droite ni de gauche, que ce vieux clivage est dépassé au profit d’une ouverture vers l’avenir, c’est-à-dire vers un modèle de société qui, au lieu de s’épuiser à réparer les dégâts du marché et à protéger les citoyens contre ce qu’il appelle joliment « les aléas économiques et sociaux du monde », s’emploierait au contraire à les préparer à mieux les affronter en les dotant d’un capital personnel.

Pour nous persuader qu’il s’agit bien d’un projet novateur et porteur d’avenir, il souligne que le projet macroniste entend rompre avec une redistribution qui ne soigne que les effets ou les symptômes de la maladie pour s’orienter au contraire vers une prédistribution qui s’attaque à la racine des choses en armant les individus pour leur permettre de mieux affronter les accidents du marché.
Sécession sociale
Pour faire bonne mesure – et montrer que l’on est bien dans un « nouveau monde » –, il ajoute que ce programme « prédistributionniste » est « très en vogue dans la gauche américaine ». Evitons donc d’être une fois de plus à la traîne de ce qui se fait outre-Atlantique !
Quelques remarques de bon sens suffisent cependant à mettre en lumière les contradictions de ce propos. Comment peut-on allier une politique économique de droite et une politique sociale de gauche ? La politique économique de droite, c’est celle qui se pratique depuis trente ans dans les pays avancés et ailleurs : favoriser la formation de la richesse par une politique de l’offre, précariser le travail, détruire les statuts (et non les « protections » ou les formes d’« assistance ») qui confèrent une assurance aux salariés, supprimer la fiscalité sur le capital, encourager les premiers de cordée en escomptant qu’ils...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Plusieurs olympiens ont fièrement affiché leur homosexualité au cours des Jeux de Pyeongchang, comme le skieur américain Gus Kenworthy. Dans une tribune au « Monde », Thomas Nicolas de Lamballerie s’en réjouit et y voit un message d’ouverture.
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Jeux olympiques : « Un moment exceptionnel de fierté et de visibilité pour la communauté LGBT »

Plusieurs olympiens ont fièrement affiché leur homosexualité au cours des Jeux de Pyeongchang, comme le skieur américain Gus Kenworthy. Dans une tribune au « Monde », Thomas Nicolas de Lamballerie s’en réjouit et y voit un message d’ouverture.



Le Monde
 |    23.02.2018 à 15h40
    |

Thomas Nicolas de Lamballerie (Analyste financier)







                        



                                


                            

Tribune. La grande fête des Jeux olympiques est sur le point de se terminer et la semaine à venir va sembler bien triste pour tous les amateurs de neige et de glace devenus brutalement orphelins. Quel plaisir immense d’avoir passé cette quinzaine olympique à se passionner pour des disciplines aussi variées et improbables que le ski acrobatique, le snowboard big air, le biathlon, le curling… Les discussions à la machine à café ont tout à coup pris des tonalités surréalistes : on se dispute à coups de « cork 360 » et de « triple lutz », on parle tir à la carabine avec des airs savants.
Cependant, cette fois plus que toute autre avant, la fête a semblé bien meilleure pour des millions de personnes LGBT [lesbiennes, gays, bi et trans] qui ont enfin eu le sentiment d’avoir reçu leur carton d’invitation à la table de l’olympisme. Ces Jeux resteront en effet dans les mémoires comme un moment exceptionnel de fierté et de visibilité pour la communauté LGBT.
On ne saurait jamais trop insister sur l’importance de l’enjeu de la visibilité de l’homosexualité dans la vie publique. Pour l’avoir vécu dans ma propre chair, je sais à quel point il est difficile pour un enfant ou un adolescent de grandir avec le poids du secret et la difficulté de s’accepter, avec le sentiment dévastateur que l’on est différent, que l’on est seul au monde. Ces Jeux olympiques ont offert le spectacle de femmes et d’hommes LGBT au sommet de leurs disciplines sportives, confortables avec leur identité et prêts à séduire le monde entier.

Comme beaucoup de personnes homosexuelles, j’ai passé mon enfance puis mon adolescence à la recherche d’un référent homosexuel positif, d’une personne à laquelle j’aurais aimé ressembler. En vain. Il est probablement difficile de comprendre l’importance capitale de la médiatisation de telles personnalités si l’on n’est pas soi-même homosexuel. Il faut avoir fait l’expérience traumatisante de la vie dans le « placard »...




                        

                        


<article-nb="2018/02/24/21-16">
<filnamedate="20180224"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180224"><AAMMJJHH="2018022421">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Isabelle Nuage, spécialiste en nouvelles technologies, se félicite que l’agriculture s’ouvre de plus en plus aux applications professionnelles agricoles mobiles afin d’optimiser rendements et investissements.
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« L’accès facilité aux données agricoles va démocratiser l’agriculture de précision »

Dans une tribune au « Monde », Isabelle Nuage, spécialiste en nouvelles technologies, se félicite que l’agriculture s’ouvre de plus en plus aux applications professionnelles agricoles mobiles afin d’optimiser rendements et investissements.



Le Monde
 |    23.02.2018 à 14h00
    |

Isabelle Nuage (Directrice marketing produit big data chez Talend, éditeur  de  logiciels spécialisé  dans  l’intégration de données)







                        



                                


                            
Tribune. Nourrir plus de neuf milliards d’êtres humains à l’horizon 2050 est un défi immense que la technologie et les données peuvent aider à résoudre en matière de production, de traçabilité et de préservation des ressources naturelles.
Comment subvenir aux besoins de la planète tout en respectant l’environnement ? En dépit de la raré­faction des terres agricoles (100 000 hectares disparaissent chaque année), la production agricole mondiale devra doubler dans les trente prochaines années. Les changements climatiques et l’urbanisation massive pèseront également fortement sur le rendement agricole.
Entre 2013 et 2015, l’utilisation des applications professionnelles agricoles mobiles a bondi de 110 %
Au-delà des investissements et de la volonté politique de soutenir le secteur agricole, une partie de la solution réside dans la transformation numérique du secteur agricole, de l’agriculteur au distributeur. Perçue comme un secteur d’activité traditionnel, l’agriculture s’ouvre aux innovations technologiques, et les usages de solutions cloud, big data ou encore des objets connectés vont s’accélérer.
Entre 2013 et 2015, l’utilisation des applications professionnelles agricoles mobiles a bondi de 110 %, signe de la croissance du numérique et de la reconnaissance de ses bénéfices dans la profession. Aujourd’hui, l’agriculture de précision permet aux exploitants de suivre finement l’ensemble de leurs parcours culturaux, en rationalisant la gestion de leurs parcelles ­agricoles. Cela permet d’optimiser les rendements et les investissements, en tenant compte des différentes caractéristiques des milieux comme la nature des sols, l’irrigation, la fertilisation et l’ensoleillement. A cela s’ajoute la garantie d’une sécurité alimentaire accrue et d’un meilleur respect de l’environnement.
Démocratiser l’agriculture
Et les données sont au cœur de cette agriculture de précision : objets connectés, images satellites et drones, données météo...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dans sa chronique bimensuelle, la journaliste Rafaële Rivais rappelle que la validité d’un testament olographe (écrit à la main) est subordonnée à l’apposition d’une seule signature.
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« Le testament doit respecter certaines clauses formelles »

Dans sa chronique bimensuelle, la journaliste Rafaële Rivais rappelle que la validité d’un testament olographe (écrit à la main) est subordonnée à l’apposition d’une seule signature.



Le Monde
 |    23.02.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
23.02.2018 à 15h28
    |

            Rafaële Rivais








                        



                                


                            
SOS Conso. L’affaire de l’héritage de Johnny Hallyday nous donne l’occasion de rappeler que, pour ne pas encourir le risque d’une annulation, le testament doit respecter certaines clauses formelles. Le droit français interdit, notamment, qu’il soit écrit à plusieurs.
Roger Y. (tous les prénoms ont été modifiés), ancien agent d’assurances, ne le sait manifestement pas, le 6 décembre 2001, lorsqu’il rédige ses dernières volontés avec sa fille, Marie, malade, célibataire et sans enfants. Roger et Marie lèguent une maison à leur infirmière, Louise, et un appartement à une amie, Aude, la vente d’une troisième propriété devant payer les frais de succession, et le solde revenir au jardinier. Ils apposent leurs deux signatures sur le document, que Roger a écrit de sa main, et l’envoient à leur notaire, Me N.
Ce testament de 2001 modifie un testament antérieur, du 31 juillet 1999, dans lequel Roger léguait toute sa fortune à sa fille, et, si celle-ci décédait, à ses deux petites-nièces par alliance, Sylvie et Anne. Me N. indique aussitôt à Roger que ce testament dit ­ « conjonctif » est « nul et non applicable », car contraire aux dispositions de l’article 968 du code civil.
En effet, « la validité d’un testament olographe [écrit à la main] est subordonnée à l’apposition d’une seule signature », lui explique-t-il. Roger le comprend-il ? Il se contente de répondre, le 1er avril 2002 : « Je tiens à donner date certaine au testament signé de ma fille et de moi-même le 6 décembre 2001. » Me N. lui demande de refaire un testament.
Cousin au sixième degré
Roger ne l’écoute pas, sans doute occupé qu’il est à soigner sa fille, qui ­décède le 12 mai 2002. Le 8 juillet 2002, il écrit et signe un nouveau texte, ­ « à remettre à Me N. », ainsi formulé : « J’ajoute au testament rédigé avec Marie mes souhaits suivants : que le ­tableau...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Stéphanie Pageot, présidente de la Fédération nationale de l’agriculture biologique et éleveuse laitière, constate que la grande distribution multiplie les déclarations d’amour aux producteurs bio, mais que l’offre ne suit pas.
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Bio : « A vouloir aller trop vite, le marché pourrait bien casser son jouet ! »

Dans une tribune au « Monde », Stéphanie Pageot, présidente de la Fédération nationale de l’agriculture biologique et éleveuse laitière, constate que la grande distribution multiplie les déclarations d’amour aux producteurs bio, mais que l’offre ne suit pas.



Le Monde
 |    23.02.2018 à 14h00
    |

Stéphanie Pageot (Eleveuse laitière bio en Loire-Atlantique et présidente de la Fédération nationale de l’agriculture biologique)







                        



                                


                            
Tribune. A l’approche du Salon de l’agriculture (du samedi 24 février au dimanche 4 mars), il y a comme une surenchère de communication sur les produits bio. Carrefour annonce la multiplication par trois de son chiffre d’affaires dans le secteur d’ici quatre ans, Leclerc se lance dans les magasins spécialisés et toutes les marques cherchent leur gamme bio, de préférence locale ! Cette dynamique est appréciable, l’industrie agroalimentaire ayant dix ans de retard sur les attentes des consommateurs.
le marché bio attise les convoitises de ceux qui, naguère, ne juraient que par les OGM et les pesticides
Oui mais voilà, le temps de l’agriculture biologique, basé sur les cycles naturels, l’agronomie, la connaissance du vivant et du territoire auquel il appartient, n’est pas le temps court du marketing. Avec une croissance à deux chiffres, le marché bio progresse plus vite que le nombre de fermes bio et attise les convoitises de ceux qui, il y a quelques années à peine, ne voyaient aucun avenir pour la bio et ne juraient que par les OGM et les pesticides.
Si la réglementation prévoit un processus de certification de deux à trois ans avant de pouvoir obtenir le label AB, il faut en réalité techniquement et économiquement cinq à dix ans pour trouver un équilibre global sur la ferme. A vouloir aller trop vite, le marché pourrait bien casser son jouet !
Ce sont les fondamentaux techniques de la production biologique qui font sa crédibilité, si importante pour la confiance des consommateurs. Plus le marché se tend, plus les prix montent et plus la pression de certains groupes industriels et coopératifs se fait sentir pour faire baisser les contraintes de notre cahier des charges, celui pour lequel les producteurs et les transformateurs bio historiques se sont battus !
Discours angéliques
Des élevages de 24 000 poules pondeuses où le parcours extérieur, s’il est rendu possible, n’est jamais effectif, et où l’alimentation des volailles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Invitée du Club de l’économie, la présidente du syndicat a noté que les agriculteurs sont désormais attendus sur une double performance économique et environnementale.
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Christiane Lambert (FNSEA) : « L’agriculture change avec la société »

Invitée du Club de l’économie, la présidente du syndicat a noté que les agriculteurs sont désormais attendus sur une double performance économique et environnementale.



Le Monde
 |    23.02.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
23.02.2018 à 12h30
    |

            Grégoire Allix et 
Philippe Escande








                        



                                


                            

La présidente de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) Christiane Lambert était l’invitée du Club de l’économie du Monde, jeudi 22 février. Pour elle, l’indispensable montée en gamme de l’agriculture n’exclut pas les autres modes de production.
A la veille de l’ouverture du Salon de l’agriculture, diriez-vous que l’agriculture française se porte mieux ?
L’agriculture est diverse. Tous les secteurs ne vont pas bien et mal en même temps. En 2016, il y a eu de très fortes inondations et les céréaliers ont perdu 30 % de leur production. Cela ne s’était pas vu depuis l’après-guerre. Ce secteur est convalescent. En 2017, la viticulture a connu un gel historique, avec les vendanges les plus basses depuis soixante ans. Le secteur des fruits et légumes et celui de la viande bovine se portent mieux, ainsi que le porc, après des moments difficiles. Cela ne doit pas masquer que l’agriculture change profondément, car la demande de la société se transforme. Nous sommes désormais attendus sur une double performance, économique et environnementale.
Les discussions, notamment sur les prix, qui ont réuni tous les acteurs, lors des Etats généraux de l’alimentation, ont-elles été utiles ?
Nous le souhaitions depuis plusieurs années. Année après année, nous constatons un transfert des gains de productivité de l’exploitation agricole vers l’industrie. L’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires chiffre la destruction de valeur à 1,4 milliard d’euros depuis 2014. Les distributeurs se livrent une guerre fratricide qui ne fait que des victimes, comme l’a dit le président Emmanuel Macron. Ces prix tirés vers le bas ne donnent pas la possibilité aux entreprises d’investir et d’innover. Si elle veut maintenir une activité de production agricole, qui remplit une double fonction économique et de bien commun, la France doit faire un choix politique.





                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Entre la Corée du Nord et la Russie, en territoire chinois, la préfecture autonome coréenne de Yanbian est un lieu d’imigrations, de trafics et de développement, explique Patrick Maurus dans les revues « Le Débat » et « Critique ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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N’oublions pas la troisième Corée

Entre la Corée du Nord et la Russie, en territoire chinois, la préfecture autonome coréenne de Yanbian est un lieu d’imigrations, de trafics et de développement, explique Patrick Maurus dans les revues « Le Débat » et « Critique ».



Le Monde
 |    23.02.2018 à 12h00
    |

            François Bougon








                        



                                


                            
On connaît désormais un peu mieux les deux Corées grâce à une profusion d’articles et de livres publiés à l’occasion des Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang, organisés au Sud, qui s’achèvent le 25 février. Mais il en est une troisième qui reste peu abordée : elle abrite quelque trois millions de personnes sur un territoire chinois ­situé entre la Corée du Nord et la ­Russie, dans l’extrême Extrême-Orient. La paternité de cette notion originale et étonnante de « troisième Corée » ­revient à Patrick Maurus, ­spécialiste de la Corée du Nord et professeur émérite à l’Institut national des langues orientales.
Dans les revues Le Débat et Critique (numéros de janvier-février), par deux articles presque jumeaux mais dissemblables, comme les deux Corées divisées, M. Maurus tente d’expliquer son invention qui doit, écrit-il, ­permettre de « secouer l’inertie des discours convenus sur la péninsule ­coréenne ». La « troisième Corée » se trouve au nord de la Corée du Nord, sur le territoire chinois : c’est la ­préfecture autonome coréenne de Yanbian, une division administrative de la province de Jilin, proche du grand port de l’Extrême-Orient russe Vladivostok. Sa superficie équivaut à celle du Danemark. Et, avance le ­spécialiste, à bien l’observer, nous sommes en présence d’une « géo­graphie sans histoire », malgré la ­présence, dans le roman national des deux Corées, de l’héritage d’une ­époque dite des « Trois Royaumes » (57 av. J.-C. - 668 ap. J.-C.), « qui ­englobait des territoires jusque très haut en Mandchourie » : en effet, peu des Chinois d’ethnie ­coréenne qui y ­vivent peuvent dire ce qu’ils doivent « aux anciens occupants ou aux vagues d’immigration de la fin du XIXe siècle et de l’occupation­ ­japonaise ».
Mais, actuellement, avec le développement économique de cette région et malgré les tensions que provoque le développement de l’arme nucléaire par Pyongyang, on se retrouve aussi...




                        

                        

