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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Le psychiatre Jean Maisondieu et la sociologue Laëtitia Ngatcha-Ribert sont les auteurs de deux ouvrages sur la maladie d’Alzheimer qui invitent à changer de regard sur les patients.
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Vivre avec la démence

Le psychiatre Jean Maisondieu et la sociologue Laëtitia Ngatcha-Ribert sont les auteurs de deux ouvrages sur la maladie d’Alzheimer qui invitent à changer de regard sur les patients.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 19h00
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            
Les livres. Les livres sur la maladie d’Alzheimer ne sont pas une denrée rare. Rien de surprenant quand on sait qu’en France le ministère de la santé évalue à 860 000 le nombre des personnes atteintes et à 225 000 celui des nouveaux cas chaque année. Viennent de paraître deux ouvrages aux objectifs différents.
Avec « Le Crépuscule de la raison », Jean Maisondieu, psychiatre honoraire des hôpitaux, défend deux thèses.

La première est que « les troubles démentiels si fréquents chez les personnes âgées ne sont pas exclusivement dus à des atteintes organiques du cerveau » mais « peuvent aussi résulter des difficultés relationnelles de la personne avec elle-même » (psyché), « et/ou avec les autres » (social) ou « encore témoigner de certains dysfonctionnements communications » (langage).

Sa seconde thèse est que « l’angoisse de la mort joue un rôle essentiel dans leur apparition. »
Jean Maisondieu livre une description sans fard de l’état dans lequel se trouvent les pensionnaires d’institutions. Néanmoins, le raisonnement par lequel, l’auteur étaye ses conceptions cliniques laisse parfois dubitatif.
L’apport de la vidéo
L’une de ses patientes âgée de 76 ans, Alice reconnaissait sur un écran les autres patients hospitalisés mais pas elle-même. Il en déduit, face à un « symptôme aussi fin » qu’il « faudrait une lésion bien extraordinaire pour le provoquer. » Il serait donc « plus raisonnable d’imaginer que la conduite d’Alice avait un sens, qu’elle était dictée par son psychisme avant d’être inscrite dans un trouble organique ? » Ne pas tout réduire au biologique est sage, mais récuser une base organique au motif de la finesse d’un symptôme n’est pas convaincant.
Jean Maisondieu invite à changer le regard sur les patients et souligne l’apport en cela de la vidéo pour « dépasser cette non-reconnaissance de soi chez...




                        

                        


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« Le mouvement “childfree” contient l’idée d’un vrai choix »

Selon la chercheuse Anne Gotman, la volonté de ne pas enfanter touche toutes les catégories sociales.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 09h21
    |

            Gaëlle Dupont








                        



                                


                            
Anne Gotman est sociologue, directrice de recherche émérite au CNRS-Centre de recherche sur les liens sociaux. Elle a publié Pas d’enfant, la volonté de ne pas engendrer, en 2017 (Editions de la Fondation Maison des sciences de l’homme).

Sur les réseaux sociaux, de plus en plus de personnes se revendiquent « childfree », ce phénomène est-il nouveau ?
La volonté de ne pas engendrer a toujours existé dans l’histoire, mais au niveau individuel. Ce qui est nouveau, c’est la naissance d’un mouvement collectif de personnes qui s’identifient comme « childfree », c’est-à-dire « libre d’enfants ». Elles étaient auparavant appelées « childless », sans enfants, un terme qui avait une dimension jugée trop négative. « Childfree » contient l’idée d’un choix. Il correspond à une prise de conscience. Ce mouvement identifiable aujourd’hui sur les réseaux sociaux est né à la fin du XXe siècle dans des associations américaines. Aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, certains militent même pour disposer de « childfree zones » (zones sans enfants), être déchargés de tous les impôts liés à la scolarisation des enfants… Cela témoigne d’une forme de fragmentation de ces sociétés.
Sont-elles de plus en plus nombreuses ?
Les personnes sans enfants ont été plus nombreuses dans le passé. En France, au tournant du XXe siècle, près de 25 % des femmes n’avaient pas d’enfants. Le taux d’infécondité a connu un minimum dans les années 1940. Parmi les femmes nées à cette époque, seule une sur dix n’a pas eu d’enfants. Il remonte depuis les années 1970 dans de nombreux pays de l’OCDE. Aujourd’hui, l’infécondité définitive atteint en France 21 % des hommes nés entre 1961 et 1965, et 13,5 % des femmes nées à la même époque.
Ces personnes n’ont pas toutes choisi de ne pas avoir d’enfants…
Non, on estime à 3 % la part due à l’infertilité médicale. Les autres se divisent en deux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Cette épreuve pourrait être remplacée par une deuxième dissertation.
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Réforme du bac : vers la fin du sujet d’invention à l’épreuve de français

Cette épreuve pourrait être remplacée par une deuxième dissertation.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 08h58
    |

            Violaine Morin








                        



                                


                            
Elle aura laissé des souvenirs – souvent cuisants – à ceux qui ont passé le bac après 2002. L’écriture d’invention, l’une des trois épreuves au choix au baccalauréat anticipé de français, pourrait disparaître avec la mise en place de la réforme du baccalauréat 2021. Lors de son audition devant la commission des affaires culturelles, mardi 20 février, Jean-Michel Blanquer a suggéré qu’il pourrait y avoir « deux sujets de dissertation » au lieu d’un, et un commentaire composé. Pour expliquer ce choix, le ministre de l’éducation a évoqué un « bilan mitigé » pour l’épreuve d’invention.

L’écriture d’invention est censée évaluer la capacité des élèves à produire une écriture créative après avoir analysé les procédés littéraires d’un texte. Il peut s’agir d’un pastiche, d’une réponse à une lettre, d’une oraison funèbre, d’un dialogue de théâtre, sur le modèle de ceux présentés dans le corpus. Lorsque l’élève doit écrire la « suite » d’un passage, le professeur note sa capacité à respecter le style et la situation d’énonciation. Des générations de correcteurs du baccalauréat se sont donc arraché les cheveux sur des textes aux antipodes de l’auteur pastiché, des dialogues de comédie ratés ou des oraisons funèbres dépourvues de lyrisme, quand les élèves ne faisaient pas carrément apparaître un avion dans le ciel de Robinson Crusoé. En somme, il ne faut pas s’y tromper : l’écriture d’invention a mauvaise presse depuis le départ.

Cette épreuve a la réputation d’être le choix de repli des élèves moyens puisque, en apparence du moins, elle ne demande pas la même maîtrise que les deux autres formats. Les statistiques du nombre d’élèves qui choisissent ce sujet n’existent pas, mais les professeurs de français s’accordent à dire que ce choix arrive en deuxième position, après le commentaire composé. La dissertation, que le ministre souhaite revaloriser, est largement délaissée. « L’élève scolaire classique choisira le commentaire,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ La promesse de Macron d’inscrire l’île dans la Constitution rencontre un accueil mitigé chez les députés.
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Le statut de la Corse divise le Parlement

La promesse de Macron d’inscrire l’île dans la Constitution rencontre un accueil mitigé chez les députés.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 08h52
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            
Seule « concession » d’Emmanuel Macron aux dirigeants nationalistes de la Corse lors de son discours prononcé à Bastia le 7 février, l’inscription de la Corse dans la Constitution est loin de provoquer un enthousiasme spontané au sein de la représentation nationale. Le Monde a interrogé les présidents de groupe de l’Assemblée nationale. Ils expriment, pour le moins, de fortes réserves.

Du côté de la majorité présidentielle, on affiche une prudente circonspection en attendant de savoir ce qu’aura décidé le président de la République. « Que la Corse soit inscrite dans la Constitution, c’est une très bonne chose. Cela démontre que nous reconnaissons la singularité de ce territoire. En même temps, ça arrime la Corse dans la République », assure Richard Ferrand, le président du groupe LRM, qui a semble-t-il bien intégré la dialectique présidentielle telle qu’elle s’est exprimée à Bastia.

Et lui-même ne manque pas de rappeler les dirigeants corses à leurs responsabilités. « Très honnêtement, la Collectivité de Corse est la collectivité métropolitaine la plus décentralisée depuis le 1er janvier, rappelle le député du Finistère. Il est important que ses responsables s’en emparent pleinement. Or, à peine mis en place, ils demandent des évolutions nouvelles. » Il n’exclut pas, cependant, d’accorder à la Corse des compétences particulières « dès l’instant que chacun apporte la preuve que c’est nécessaire ». Quant à la façon dont cela se traduirait dans la Constitution et à l’endroit où cela s’inscrirait, il reste très évasif. « Je me méfie toujours quand on transforme les enjeux politiques en enjeux juridiques. Je n’ai strictement aucune préférence pour un article en particulier. J’ai une approche pragmatique de ce point de vue. » Autrement dit, attendons de voir avant de nous prononcer.
« Boîte de Pandore »
L’allié MoDem n’est guère plus entreprenant, alors que Jacqueline...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Le « Monde » Campus publie, chaque samedi, une recette sélectionnée dans un livre de cuisine étudiante. Voici pour commencer une idée pour l’apéritif.
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La cuisine des étudiants (1/9) : les rouleaux apéro au thon

Le « Monde » Campus publie, chaque samedi, une recette sélectionnée dans un livre de cuisine étudiante. Voici pour commencer une idée pour l’apéritif.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 08h30
   





                        


Parce qu’il est important de se nourrir correctement quand on est étudiant, nous partageons une série de recettes de cuisine simples et appétissantes, réalisables dans une kitchenette avec peu d’ustensiles et à petit prix.
Commençons par l’apéritif, avec cette recette des rouleaux au thon. Elle est extraite de l’ouvrage Simplissime, le livre de cuisine pour étudiants le + facile du monde, de Jean-François Mallet (13,95 euros chez Hachette Cuisine, 2017), qui s’est fixé pour objectif que chaque plat ne coûte pas plus de 2 euros par personne.
N’hésitez pas à commenter et améliorer cette recette sur notre page Facebook Le Monde Campus. Et rendez-vous samedi prochain pour un nouveau plat.

   



   



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Fin 2022, Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) sera, par métro, à 24 minutes du Châtelet, en plein centre de Paris. Déjà l’immobilier, dans toutes les communes concernées, profite de ce nouveau moyen de transport.
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Le prolongement de la ligne 11 fait flamber les prix dans l’Est parisien

Fin 2022, Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) sera, par métro, à 24 minutes du Châtelet, en plein centre de Paris. Déjà l’immobilier, dans toutes les communes concernées, profite de ce nouveau moyen de transport.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 08h30
    |

Ludovic Clerima







                        



                                


                            

Imaginez. Depuis la ligne 11, vous passez de Châtelet, au centre de Paris, à votre appartement flambant neuf de Rosny-sous-Bois en vingt-quatre minutes ou vous ralliez votre pavillon romainvillois en seulement dix-huit minutes. Un rêve pas loin d’être une réalité pour des milliers de Franciliens dès la fin de 2022. Le prolongement de la ligne traversera une bonne partie de l’est de la Seine-Saint-Denis, avec six nouvelles stations de métro.
Le projet ne date pas d’hier : « Nous avons trouvé dans les archives de la municipalité des délibérés de la première moitié du XXe siècle demandant déjà le prolongement de la ligne 11 jusqu’à Romainville », rappelle, amusée, la maire de la ville, Corinne Valls (Mouvement de la gauche citoyenne).
L’arrivée prochaine des transports en commun va désenclaver ces communes de l’Est parisien. Une information qui n’a pas échappé… aux Parisiens. Les agences immobilières de cette partie de la Seine-Saint-Denis sont unanimes. Elles constatent ces quatre dernières années un afflux massif d’ex-locataires des 20e et 19e arrondissements et désormais l’arrivée d’habitants des arrondissements centraux. « Toute une population de cadres et d’ouvriers achète aujourd’hui, car les prix sont encore abordables, avec un m² souvent inférieur à 4 000 euros », constate Michel Platero, président de la Fnaim du Grand Paris.
Coup de chaud sur les prix
A en croire les agents immobiliers, les prix s’en ressentent. Installée depuis une dizaine d’années à Romainville, Anne Desgranges, gérante de l’agence Alexan Immobilier, n’en revient pas : « Nous vendons des propriétés de 120 m², qui nécessitent au moins 100 000 euros de travaux, à 480 000 euros sans aucun problème. Il y a encore dix ans, ce genre de biens ne serait pas parti à plus de 350 000 euros, et c’est pareil pour les appartements. » Seuls les logements des immeubles des années 1970 semblent encore délaissés par les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Dans sa chronique, Frédéric Potet, journaliste au « Monde », raconte la rencontre et les liens qui unissent désormais Fabien Vehlmann, auteur de bande dessinée, et Fodé Condé, jeune migrant guinéen.
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« Fabien Vehlmann n’en revient toujours pas d’avoir “rencontré un personnage qu’il a créé” »

Dans sa chronique, Frédéric Potet, journaliste au « Monde », raconte la rencontre et les liens qui unissent désormais Fabien Vehlmann, auteur de bande dessinée, et Fodé Condé, jeune migrant guinéen.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 07h08
 • Mis à jour le
24.02.2018 à 07h32
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            

Chronique. Fabien Vehlmann est un auteur de bande dessinée à succès. On lui doit le scénario de Seuls (Dupuis, avec Bruno Gazzotti), une série mettant en scène des enfants livrés à eux-mêmes dans un monde sans adultes. Depuis 2009, il a repris le personnage de Spirou, héros iconique de la BD franco-belge, avec le dessinateur Yoann. Cette position lui permet d’avoir accès aux médias. Médias qu’il s’est résolu à contacter pour relater une histoire dont il n’est pas, pour une fois, le narrateur, mais l’acteur direct, aux côtés d’un jeune migrant guinéen qu’il abrite sous son toit : Fodé Condé, 18 ans, élève en BTS « management des unités commerciales », à Nantes.
« Son seul tort est d’avoir fui la misère et de ne pas venir d’un pays en guerre. » Fabien Vehlmann
Menacé d’expulsion, ce dernier fait partie de ces nombreux exilés qui n’ont pas quitté leur pays pour des raisons politiques ou de conflit armé. Classés « migrants économiques », ces hommes et ces femmes ont beaucoup moins de chances que les autres de pouvoir rester légalement en France ; et ce n’est pas le projet de loi sur le droit d’asile et l’immigration, présenté mercredi 21 février par le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb – texte qui durcit le droit des étrangers (Le Monde du 21 février) –, qui devrait faciliter leurs démarches.
« Fodé possède pourtant un dossier idéal. Peu de migrants peuvent se prévaloir d’être logés à l’année dans une famille d’accueil, de faire des études, de jouer dans un club de foot… Son seul tort est d’avoir fui la misère et de ne pas venir d’un pays en guerre, ni d’être surdiplômé, selon la distinction qui est faite aujourd’hui entre les “bons” et les “mauvais” migrants », se désole Fabien Vehlmann, qui héberge chez lui le jeune homme depuis 14 mois. Le 16 janvier dernier, la préfecture de Loire-Atlantique a rejeté sa demande de titre de séjour.
Un attachement...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Exaspérées par une société qui les stigmatise, des femmes revendiquent leur choix de ne pas avoir d’enfants, jamais. Elles témoignent.
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Article sélectionné dans La Matinale du 23/02/2018
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« Je ne veux pas m’inquiéter toute ma vie pour une autre personne » : elles ont décidé de ne pas avoir d’enfants et l’assument

Exaspérées par une société qui les stigmatise, des femmes revendiquent leur choix de ne pas avoir d’enfants, jamais. Elles témoignent.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
24.02.2018 à 17h04
    |

            Gaëlle Dupont








                        



                                


                            
Non, elles ne sont pas malheureuses ; non, elles ne changeront pas d’avis ; non, elles n’ont pas peur de se retrouver seules quand elles seront vieilles. Mais oui, elles aimeraient que la société change de regard sur elles, les femmes qui ont choisi de ne pas avoir d’enfants. « Je ne suis pas un monstre », lance Cyrielle, 30 ans, une jeune femme sans enfants qui entend bien le rester, en réponse à un appel à témoignages lancé sur Lemonde.fr. Le dernier bilan démographique de l’Insee l’a montré : si la natalité reste élevée en France par rapport aux autres pays européens, les Françaises, en particulier celles âgées de 25 à 34 ans, font de moins en moins d’enfants. L’indicateur de fécondité s’établit à 1,88 enfant par femme (contre 2 en 2012).
Quelle est la part, dans cette évolution, de celles et ceux qui ont choisi de ne pas engendrer ? « On ne peut pas leur attribuer cette baisse, analyse la sociologue Anne Gotman. Mais ils y participent. » La part des personnes définitivement sans enfants augmente depuis les années 1970. Selon les derniers chiffres publiés par l’Institut national d’études démographiques, aujourd’hui en France 6,3 % des hommes et 4,3 % des femmes de 15 à 49 ans déclarent ne pas avoir d’enfants et ne pas en vouloir.

« Depuis toujours, je sens au fond de moi que la maternité, ce n’est pas pour moi, et de plus en plus de personnes de ma génération remettent en cause l’ordre naturel des choses », confirme Virginie, 28 ans. Les réseaux sociaux, les forums et groupes Facebook rendent visible le phénomène et permettent d’échanger. « Grâce à eux, je me sens moins isolée », témoigne Cécile, 22 ans. Certains flairent même le filon commercial : des voyagistes proposent désormais des hôtels et restaurants sans enfants – une offre qui reste très rare en France.
Signe d’une libération de la parole, de très nombreuses femmes de tous âges ont répondu à l’appel lancé sur Lemonde.fr. Elles sont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.
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Syrie, immigration, JO : les infos à retenir cette semaine

Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 06h34
   





                        


Un projet de loi controversé sur l’asile et l’immigration
Le ministre de l’intérieur Gérard Collomb a présenté mercredi en conseil des ministres son projet de loi « pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif ». Parmi les mesures proposées : réduction des délais de la demande d’asile mais aussi du temps pour faire appel d’un refus d’asile, augmentation de la durée de rétention, hausse de la retenue administrative pour vérification du droit au séjour, etc.
Le texte suscite de vives critiques, à la fois de l’opposition de droite ou d’extrême droite, qui le trouve trop timide, et de la gauche, qui le juge trop répressif, alors que les associations dénoncent le manque d’humanité de la politique d’accueil.

        Tribune :
         

          Pour Jacques Toubon, « le demandeur d’asile est mal traité » par le projet de loi sur l’immigration



Deux jours auparavant, le député LRM Aurélien Taché présentait dans un rapport « 72 propositions pour une politique ambitieuse d’intégration des étrangers arrivant en France ».

Syrie : l’impuissance internationale à la Ghouta
Les bombardements de l’aviation syrienne sur l’enclave rebelle de la Ghouta orientale ont fait au moins 250 morts en trois jours, et le massacre se poursuit. Lundi, près de 127 civils ont été tués, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), faisant de cette journée la plus sanglante en termes de pertes civiles depuis le début de l’année 2015.
Face à cette catastrophe humanitaire, la communauté internationale peine à adopter une position commune, et la paralysie diplomatique est critiquée face à ce « Srebrenica du XXIe siècle ». L’opposition syrienne en exil a, elle, dénoncé « une guerre d’extermination » et accuse la Russie d’empêcher une solution politique au conflit.

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                En Syrie, tragédie humanitaire dans la Ghouta orientale



Le biathlon français brille aux Jeux olympiques
Les Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang se terminent dimanche, avec une cérémonie de clôture, comme celle d’ouverture, placée sous le signe du rapprochement entre les deux Corées. Sur le plan sportif, la Norvège a dominé le classement avec 37 médailles vendredi, dont 13 titres, alors que la France avait déjà remporté 15 médailles – soit autant qu’à Sotchi il y a quatre ans –, dont cinq liées aux épreuves de biathlon. Les athlètes hexagonaux ont remporté 5 titres (contre seulement 4 en 2014).

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                JO 2018 : la perfection contagieuse de Martin Fourcade



Martin Fourcade est devenu le sportif français le plus titré des Jeux olympiques, en remportant trois médailles d’or en Corée. Ultrafavori, l’Autrichien Marcel Hirscher a raté son slalom mais a survolé le géant, laissant la troisième place au Français Alexis Pinturault. En danse sur glace, le couple français Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron a terminé 2e et a vu le titre olympique s’échapper après un accident de costume très commenté.

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                Jeux olympiques d’hiver 2018 : toutes les médailles de la France



Le contrôle des armes en débat aux Etats-Unis
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Lors d’une cérémonie d’hommages aux enseignants et lycéens tués, à Parkland, le 15 février. Un tireur de 19 ans a ouvert le feu, mercredi 14 février, dans le lycée Marjory-Stoneman-Douglas de Parkland, dans le sud-est de la Floride, faisant 17 morts. Le tireur, un ancien élève renvoyé de l’établissement pour des raisons disciplinaires a été arrêté non loin de l’école. Il s’est rendu sans résistance à la police. Il était armé d’un fusil d’assaut de type AR-15 et avait de très nombreuses munitions."
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Emma Gonzalez interpelle, lors d’un discours, samedi 17 février, les élus, à commencer par le président des Etats-Unis, Donald Trump, traitant de foutaises (« bullshit ») leurs promesses. C’est par la diatribe anti-armes à feu de cette lycéenne, rescapée de la tuerie, que tout a commencé."
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            data-slide-description="Des étudiants protestent contre la vente libre d’armes à feu, à Parkland, le 17 février. « A tous les hommes politiques ayant reçu des dons de la NRA, honte à vous », ont scandé des lycéens, dont certains rescapés de la fusillade."
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            data-slide-description="Dans la foulée de ces rassemblements, Jaclyn Corin, à droite de l’image, organise un voyage en bus à Tallahassee. Succès immédiat : trois autocars et une centaine de jeunes partent, mardi 20 février, en direction de la capitale de Floride, située à presque 500 kilomètres de Parkland, dans le nord de l’Etat."
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            data-slide-description="Tyra Hemans, 19 ans, a perdu deux amis dans la fusillade. L’an passé, elle était dans la classe du meurtrier. En pleurs, elle exige des réponses : « J’ai besoin de comprendre pourquoi leurs armes valent plus que ma vie. »"
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            data-slide-description="Dans un des bus pour Tallahassee, deux lycéens écrivent une lettre ouverte aux législateurs, le 20 février."
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            data-slide-description="Dans l’un des cars qui emmènent les lycéens à la rencontre des législateurs de leur Etat."
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            data-slide-description="A Tallahassee, des parents et des élèves attendent l’arrivée des élèves de Parkland."
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            data-slide-description="A leur arrivée, les élèves de Parkland sont accueillis et applaudis par des lycéens de Tallahassee."
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            data-slide-description="Mercredi 21 février au matin, après avoir rangé leurs sacs de couchage, les adolescents prennent le chemin du capitole, encadrés par des éducateurs, avec pour slogan « Plus jamais ça ». Mélange d’excitation, d’émotion mais aussi de traumatisme."
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            data-slide-description="Dans le capitole, les étudiants se déplacent pancartes en main. Ils se sont divisés en plusieurs groupes pour discuter avec les législateurs et autres les dirigeants de l’État au sujet du contrôle des armes à feu. Le gouverneur de l’Etat, le républicain Rick Scott, qui affronte une jeunesse aisée, plutôt blanche et surtout unie a convoqué, en catastrophe, trois séminaires pour faire des propositions, avec des policiers, des éducateurs et des médecins, juste avant l’arrivée des lycéens. Avec un mot d’ordre : « Protéger nos enfants »."
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            data-slide-description="Minute de receuillement en mémoire des victimes du 14 février, au Sénat, le 21 février. Dans la tribune au-dessus des sénateurs, les adolescents de Parkland portent des tee-shirts « nous sommes le changement »."
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            data-slide-description="Des rescapés de la tuerie de Parkland interrompent une audience du comité législatif, au capitole, demandant aux législateurs d’agir pour une réforme du contrôle des armes à feu, le 21 février."
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            data-slide-description="Aria Siccone, 14 ans, pleure en s’adressant aux législateurs. Barrington Russell, élu démocrate, la réconforte, le 21 février."
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            data-slide-description="Une semaine exactement après l’attaque du lycée Marjory Stoneman Douglas, 17 étudiants rescapés se couchent sur le sol en silence et prient, dans le capitole."
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            data-slide-description="Devant le capitole, les jeunes de Tallahassee rejoignent les lycéens de Parkland. La ville est devenue l’espace d’une journée le centre de l’Amérique, suivie par tous les médias. Aux cris de « Protégez les enfants, pas les armes ! » et de « Résistance », ils étaient près de 3 000 à exiger des actes de leurs élus."
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            data-slide-description="Des manifestants protestent pour que le Sunshine State, l’« Etat du soleil » , ne soit plus le « Gunshine State », l’Etat où brillent les armes grâce à une des législations les plus laxistes des Etats-Unis, devant le capitole."
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            data-slide-description="Sur les marches du capitole, à Tallahassee, en Floride, le mercredi 21 février. D’autres manifestations ont également eu lieu dans plusieurs villes de Floride et du reste des Etats-Unis, souvent menées par des lycéens, le 21 février."
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            data-slide-description="Des boîtes de pétitions pour la réforme du contrôle des armes à feu, sont entassées devant le bureau du gouverneur de Floride, Rick Scott, après la manifestation."
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Lors d’une cérémonie d’hommages aux enseignants et lycéens tués, à Parkland, le 15 février. Un tireur de 19 ans a ouvert le feu, mercredi 14 février, dans le lycée Marjory-Stoneman-Douglas de Parkland, dans le sud-est de la Floride, faisant 17 morts. Le tireur, un ancien élève renvoyé de l’établissement pour des raisons disciplinaires a été arrêté non loin de l’école. Il s’est rendu sans résistance à la police. Il était armé d’un fusil d’assaut de type AR-15 et avait de très nombreuses munitions.

JOE RAEDLE / AFP
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Le président américain Donald Trump a affiché sa volonté d’interdire les mécanismes, connus sous le nom de bump stocks, utilisés par le tueur de Parkland mais aussi à Las Vegas, qui permettent à un fusil de tirer en rafales quasi automatiques – tout en souhaitant que les enseignants soient armés.

        Editorial :
         

          Armes : la révolte salutaire des lycéens américains



Après la tuerie qui a fait 17 morts à Parkland la semaine dernière, de nombreuses voix s’élèvent, notamment chez les jeunes, pour dénoncer la libre circulation des armes à feu dans le pays.

        Reportage :
         

          A Tallahassee, deux Amérique face aux armes à feu



Wauquiez en « off » suscite la polémique
Le président du parti Les Républicains, enregistré à son insu par l’émission « Quotidien » lors d’un cours devant les étudiants d’une école de commerce, a dû présenter des excuses à Nicolas Sarkozy. Ses propos ont amené plusieurs membres des Républicains à prendre leurs distances, certains le comparant même à Donald Trump.
Le président des Républicains a déclaré qu’il allait portait plainte et saisir le CSA après la diffusion de ses propos, dont il « assume » le contenu.

        Lire aussi :
         

                Laurent Wauquiez, une sincérité sans cesse questionnée



Dissensions dans le camp Le Pen
A trois semaines du congrès du Front national, Marine Le Pen a passé une semaine difficile. Son ancien bras droit Florian Philippot a lancé officiellement son parti, Les Patriotes, dimanche à Arras (Pas-de-Calais). Quatre jours plus tard, sa nièce, Marion Maréchal-Le Pen, théoriquement retirée de la vie politique, intervenait à une réunion des conservateurs américains, le Conservative Political Action Conference (CPAC) où sont aussi invités Nigel Farage et Donald Trump. Entre-temps, Jean-Marie Le Pen, en guerre ouverte avec la nouvelle direction du FN, a publié des extraits de ses mémoires, où il affirme avoir « pitié » de sa fille.

        Enquête :
         

          Marine Le Pen subit les offensives de sa famille



ET AUSSI
Pouvoir d’achat. Les Décodeurs ont listé 24 mesures du gouvernement, leur calendrier et leurs effets sur le porte-monnaie.Paris. La fermeture des voies sur berges a été annulée mercredi par le tribunal administratif, mais la mairie va faire appel de la décision et adopter un nouvel arrêté de piétonisation.Petit Bar. Six membres présumés du Petit Bar, une bande criminelle d’Ajaccio, ont comparu à partir de lundi devant les assises d’Aix-en-Provence pour le meurtre d’Antoine Nivaggioni, une ex-figure du nationalisme corse.Loup. Le plan national d’action sur le loup et les activités d’élevage a été publié lundi. Il vise une population de 500 canidés en 2023.Djihadistes. La première djihadiste française capturée à Mossoul a été condamnée à sept mois de prison pour entrée illégale en Irak et va être extradée vers la France.Pesticides. Le raisin et le céleri font partie des fruits et légumes les plus contaminés par les pesticides, selon l’ONG Générations futures.Sépulture. Après avoir d’abord refusé, la mairie de Paris a entamé des démarches pour que l’académicien Michel Déon soit enterré dans la capitale.Bibliothèques. Emmanuel Macron a présenté un plan favorisant l’extension des horaires des bibliothèques y compris le dimanche.Bure. Les opposants au projet de centre d’enfouissement des déchets nucléaires, dans la Meuse, ont été évacués jeudi par 500 gendarmes mobiles.Nigeria. Cent onze lycéennes ont été portées disparues depuis l’attaque d’une école lundi par Boko Haram.Immobilier. Selon le bilan 2017 des notaires, les prix ont augmenté de 4 % en France, et de 8,6 % à Paris.Air France. Dix syndicats ont appelé à une grève jeudi pour obtenir une hausse des salaires, sans succès.
DISPARITIONS
Didier Lockwood. Le violoniste de jazz français est mort dimanche à l’âge de 62 ans.Billy Graham. Le prédicateur évangéliste américain, interlocuteur des présidents américains, est mort mercredi à 99 ans.Jean-Manuel Bourgois. L’éditeur de livres scolaires Bordas, Vuibert et Magnard est mort lundi à 78 ans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ La vision d’un même film par la même personne à plusieurs décennies d’intervalle dit bien des choses sur ce qui est survenu entre-temps, souligne Thomas Sotinel, critique de cinéma au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Revoir les films de Woody Allen à l’heure de #metoo

La vision d’un même film par la même personne à plusieurs décennies d’intervalle dit bien des choses sur ce qui est survenu entre-temps, souligne Thomas Sotinel, critique de cinéma au « Monde ».



Le Monde
 |    24.02.2018 à 06h30
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            
J’ai vu Wonder Wheel, de Woody Allen, son dernier film en date (et peut-être le dernier tout court, puisque son actuel financier, Amazon, envisage de lui couper les vivres), un jour de grand froid, dans une salle à moitié vide, à peine chauffée, dont la température contrastait avec la moiteur stéréotypée qui baigne cet hommage à/pastiche de l’univers du dramaturge Eugene O’Neill.
Le film n’est pas très réussi, mais, comme toujours chez Woody Allen, il est émaillé de moments qui témoignent de la science et de l’art de l’auteur. Cette fois, ce sont quelques plans-séquences qui suivent les allées et venues de Kate Winslet dans l’appartement minable que son personnage, une femme mal mariée, jalouse de sa belle-fille, occupe, à Coney ­Island, dans les années 1950. A ce moment, Woody Allen, plutôt que de l’énoncer, met en scène la claustrophobie, l’impatience, sans un mot.

Mais, pour être honnête, ces mouvements de caméra, je les ai remarqués presque incidemment. Voir un film de Woody Allen aujourd’hui, c’est – qu’on y résiste ou qu’on se livre avec ardeur à cet exercice – chercher les traces d’une existence devenue l’enjeu d’un procès sans fin. En 1992, Woody ­Allen a été accusé par Mia Farrow d’avoir agressé sexuellement leur fille adoptive Dylan, 7 ans. Il s’est toujours défendu de cette accusation et, à l’époque, la justice du Connecticut, où l’agression aurait eu lieu selon les témoignages de Mia et Dylan Farrow, avait classé l’affaire.
A la fin de Wonder Wheel (autant le dire tout de suite, la rédaction de cet article nécessite de dévoiler la fin de la plupart des films évoqués), Ginny, la quadragénaire frustrée que joue Kate Winslet, commet un acte infâme, par jalousie, par lassitude, par dégoût de soi. Mia Farrow avait signalé l’agression contre Dylan après avoir découvert la liaison entre Woody Allen et Soon-Yi, fille adoptive de l’actrice et de son précédent mari, André Previn.
Un peu de pureté
Magic in...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », plusieurs universitaires soulignent que la future loi Collomb a le mérite d’expliciter une démarche politique déjà à l’œuvre tacitement. Mais « l’humanité » des mesures présentées n’est qu’un leurre qui va rendre l’ensemble inefficace.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Loi sur l’immigration, « un projet ni humain ni efficace »

Dans une tribune au « Monde », plusieurs universitaires soulignent que la future loi Collomb a le mérite d’expliciter une démarche politique déjà à l’œuvre tacitement. Mais « l’humanité » des mesures présentées n’est qu’un leurre qui va rendre l’ensemble inefficace.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
24.02.2018 à 08h08
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Le 21 février a été présenté en conseil des ministres un projet de loi relatif à une « immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif ». S’agissant de l’asile, les réformes successives s’enchaînent à un rythme toujours plus important – à tel point que le Conseil d’Etat s’interroge sur l’opportunité même de cette nouvelle réforme, qui survient alors que certaines modifications apportées par la loi de 2015 ne sont opérationnelles que depuis moins d’un an.
Quoi qu’il en soit, ce nouveau projet se situe dans la logique des politiques précédentes : quelques mesures de plus, qui viennent restreindre encore davantage les droits et garanties des demandeurs d’asile. Cette réforme présente pourtant une réelle nouveauté : elle affiche sans pudeur ce que d’autres tentaient de masquer. Ce serait en effet faire injure à ses concepteurs de considérer son intitulé comme une simple maladresse. Il est au contraire une profession de foi.

On sait dorénavant et sans ambiguïté en quoi consiste l’effectivité du droit français de l’asile. Il ne s’agit pas, comme l’a proclamé le président de la République à maintes reprises, de le rendre « plus humain ». Non : un droit d’asile effectif doit être un droit qui poursuit une logique d’endiguement des flux de réfugiés.
Obstacles administratifs et procéduraux
L’effectivité du droit d’asile se mesure ainsi non à son humanité, mais à l’efficacité des obstacles administratifs et procéduraux qui jonchent le parcours du demandeur. La lecture des motifs du projet enseigne ainsi que les mesures prévues le sont en réaction à l’« arrivée de flux migratoires d’ampleur inédite », dont la diminution entre 2015 et 2016 est présentée – peut-on être plus explicite ? – comme un point positif.
Ce n’est donc pas pour réagir aux drames personnels quotidiens dont sont victimes les demandeurs d’asile qu’il faut légiférer, mais pour mettre fin à la pression que les arrivées...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ L’infraction devra être constatée « en flagrance » par les agents de la toute récente « police de proximité du quotidien ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Harcèlement de rue : un rapport parlementaire favorable à une amende immédiate de 90 euros

L’infraction devra être constatée « en flagrance » par les agents de la toute récente « police de proximité du quotidien ».



Le Monde
 |    24.02.2018 à 01h28
 • Mis à jour le
24.02.2018 à 11h56
   





                        


Gestes déplacés, sifflements, remarques obscènes : des parlementaires préconisent de créer une infraction d’« outrage sexiste » sanctionnant d’une amende immédiate de 90 euros « tout propos, comportement ou pression à caractère sexiste ou sexuel » dans l’espace public, selon un rapport consulté par l’Agence France-Presse.
Dans ce rapport, remis prochainement aux ministres de l’intérieur, de la justice et à la secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, les cinq députés chargés d’étudier la verbalisation du harcèlement de rue recommandent la mise en place d’« une contravention de 4e classe d’outrage sexiste et sexuel ». L’infraction devra être constatée « en flagrance » par les agents de la toute récente « police de proximité du quotidien », précise leur texte, dont certaines conclusions sont parues dans la presse.
Le montant de l’amende forfaitaire serait de 90 euros pour un paiement immédiat, 200 euros pour un paiement sous quinze jours et 350 euros en peine majorée. En cas de circonstances aggravantes (si l’auteur est dépositaire de l’autorité publique, en cas de réunion ou de bande organisée), une contravention de 5e classe pourrait être délivrée par un tribunal de police.

        Lire aussi :
         

                A Paris, des femmes dénoncent le harcèlement de rue



Stage de sensibilisation
Jugeant le terme de harcèlement de rue « restreint », les députés définissent l’« outrage sexiste et sexuel » comme « le fait d’imposer, dans l’espace public, à raison du sexe, de l’identité ou de l’orientation sexuelle réelle ou supposée de la personne ou d’un groupe de personnes, tout propos ou comportement ou pression à caractère sexiste ou sexuelle qui soit porte atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit crée à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante ».
Pour Sophie Auconie (UDI, Agir et Indépendants), Laetitia Avia (LRM), Erwan Balanant (MoDem), Elise Fajgeles (LRM) et Marietta Karamanli (Nouvelle Gauche), le harcèlement subi dans l’espace public est un « fléau ». Ils estiment nécessaire de « définir une nouvelle infraction visant à sanctionner, entre autres, les gestes déplacés, les sifflements, les regards insistants ou remarques obscènes, le fait de suivre volontairement à distance une personne créant ainsi une situation d’angoisse », plaident-ils.
Le rapport souhaite également que les auteurs participent à un stage de sensibilisation à l’égalité femmes-hommes, et que la police municipale et les agents des services de sécurité des transports soient habilités à constater cette infraction.
L’« outrage sexiste » doit figurer dans le projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles, qui sera présenté dans les prochaines semaines en conseil des ministres.

        Lire aussi :
         

                « #metoo a été une révélation » : des hommes témoignent






                            


                        

                        


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Moine ou mécréant, « chacun meurt comme il peut »

Les moines bénédictins, trappistes, cisterciens, prémontrés ou chartreux que Nicolas Diat a interrogés ne se présentent pas comme des superhéros du bond dans le Ciel. Ils parlent avec simplicité, humilité, de la douleur de perdre leurs frères et de la tristesse des agonies.



Le Monde
 |    23.02.2018 à 19h15
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            

Le livre. « Les hommes ne savent plus comment mourir », écrit Nicolas Diat au début de son récit, sentence qui inquiète un peu sur la nature de cette exploration des rapports que les moines catholiques entretiennent avec la mort : l’art de trépasser mérite-t-il vraiment qu’on lui consacre un guide pratique ? Mais certains livres, par bonheur, valent mieux que l’idée que leur auteur s’en fait.
Et si Nicolas Diat, connu pour les essais qu’il a coécrits avec le cardinal guinéen Robert Sarah et pour sa somme sur le pontificat de Benoît XVI, L’Homme qui ne voulait pas être pape (Albin Michel, 2014), reprend sporadiquement, au long d’Un temps pour mourir, cette position de surplomb au-dessus de nos petites vies et de nos morts brouillonnes, un virage est vite pris, et le livre décolle, pour atterrir dans des zones plus mouvantes et plus riches.
Toute la question est au fond de savoir si le fait de croire en un au-delà – d’y croire assez profondément pour tout envoyer balader et y consacrer sa vie – transforme la mort en un simple passage, aplanissant l’angoisse, la révolte charnelle contre la destruction. C’est la question qui hante le Dialogue des carmélites de Georges Bernanos (1949), cité en exergue, où la peur, la pauvre et commune peur de mourir, conduit mystérieusement à la sainteté.
La joie présente aussi
Les moines bénédictins, trappistes, cisterciens, prémontrés ou chartreux que Nicolas Diat a interrogés ne se présentent pas comme des superhéros du bond dans le Ciel. Ils parlent avec simplicité, humilité, et souvent une sorte de force poétique brute, de la douleur de perdre leurs frères, de la tristesse des agonies, de la souffrance, de la frayeur. « La mort est une rupture violente, explique le père Joseph-Michel Lemaire, infirmier de Solesmes. L’âme et le corps sont faits pour être ensemble. »
La joie est présente aussi, bien sûr, voire l’exaltation à l’idée...




                        

                        


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Loi asile et immigration : que dit la législation chez nos voisins européens ?

Le projet de loi présenté mercredi par Gérard Collomb comporte de nombreuses similitudes avec des textes déjà en vigueur dans des pays européens accueillant des demandeurs d’asile.



Le Monde
 |    23.02.2018 à 18h09
 • Mis à jour le
23.02.2018 à 19h02
    |

                            Margot Desmas








                        


Pour la première fois depuis le début du quinquennat, la majorité semble divisée. Trop laxiste pour la droite et trop liberticide pour la gauche, le projet de loi asile et immigration présenté par le premier ministre le 21 février manquerait par ailleurs d’humanité, selon certains députés LRM. Gérard Collomb, de son côté, défend un projet selon lui « totalement équilibré », avec un double objectif : maîtriser l’immigration et accélérer la procédure judiciaire.

        Lire :
         

          « Migrant » ou « réfugié » : quelles différences ?



Parmi les mesures proposées par Gérard Collomb, bon nombre sont déjà appliquées dans les pays européens accueillant le plus de demandeurs d’asile. Quels sont les effets de ces lois controversées en Suède, en Allemagne, en Italie ou au Royaume-Uni ? Réponse en quelques graphiques.
Au moins 316 000 résidents illégaux en France
L’un des objectifs de la loi asile et immigration est de lutter contre l’implantation de sans-papiers. Cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende pourront être encourus par un résident illégal utilisant une pièce d’identité qui n’est pas la sienne pour se maintenir sur le territoire ou y travailler, selon l’article 16.
Difficile de savoir combien la France compte d’étrangers en situation irrégulière. Le nombre de bénéficiaires de l’aide médicale d’Etat (AME), qui leur permet de se voir prodiguer des soins de base gratuitement (à condition de vivre sur le territoire depuis au moins trois mois), donne une indication minimale. Ils étaient au moins 316 000 à la fin de 2015.
La majorité des demandes est traitée en moins de deux mois en Allemagne
En Allemagne, le nombre de sans-papiers était estimé à 400 000 en 2010, selon les dernières estimations du projet européen Clandestino. Le gouvernement fédéral a mis en place une série de mesures en 2016 pour accroître le nombre d’expulsions. La procédure de demande d’asile s’est notamment accélérée : la majorité des demandes est aujourd’hui traitée en moins de deux mois. Cet allégement de la procédure judiciaire permet au gouvernement d’expulser immédiatement les demandeurs d’asile n’ayant pas obtenu de statut de protection.
Ces résultats sont issus d’une plus grande collaboration entre l’Etat fédéral et les Etats régionaux. Gérard Collomb souhaiterait s’en inspirer pour créer « des échanges d’informations entre les services chargés de l’hébergement d’urgence et l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), concernant les demandeurs d’asile et les réfugiés ». Un article qui n’est pas sans rappeler la circulaire Collomb visant à recenser les migrants dans les centres d’hébergement d’urgence, qui avait déjà suscité une vive polémique. Dans son projet de loi, le ministre de l’intérieur souhaite également faire tenir l’ensemble de la procédure de demande d’asile en moins de six mois.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          La réduction des délais au cœur de la loi asile et immigration



Ces mesures restrictives ne sont pas propres à l’Allemagne. D’autres pays accueillant de nombreux demandeurs d’asile en Europe ont également durci leur législation ces dernières années. En Italie, notamment, un texte de loi a été voté en 2017 pour réduire la durée des procédures, mais le comité des droits de l’homme de l’ONU déplorait, quelques mois plus tard, la détention prolongée de réfugiés et migrants dans les centres d’accueil. Même constat en Suède, où le premier ministre, Stefan Löfven, annonçait en 2016 que le pays ne pouvait plus accueillir autant de demandeurs d’asile qu’avant, multipliant les expulsions l’année suivante.
En France, davantage d’obligations de quitter le territoire mais moins d’expulsions
Parmi les cinq pays accueillant le plus de demandeurs d’asile en Europe, la France est celui qui formule le plus d’obligations de quitter le territoire (OQT). Entre 2010 et 2016, plus de 500 000 demandeurs d’asile se sont vu ordonner de quitter la France après l’échec de leur procédure judiciaire, et le projet de loi de Gérard Collomb prévoit de doubler cette obligation d’une interdiction de retour sur le territoire français.


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La France est la pays où les obligations de quitter le territoire ont été le moins respectées entre 2010 et 2016
Lecture : Parmi les 400 000 demandeurs d'asile ayant reçu une obligation de quitter le territoire (OQT) au Royaume-Uni entre 2010 et 2016, 108 150 sont restés et 301 760 sont partis.

Source : Eurostat



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Pour accélérer l’expulsion des sans-papiers, les autorités allemandes ont opté pour une solution plus radicale. Des « centres d’expulsion » ont été mis en place pour accélérer le renvoi des demandeurs d’asile déboutés, et leur action s’est révélée efficace, étant donné le faible nombre de migrants restant sur le territoire après avoir reçu une OQT. Depuis le 18 mai 2017, les autorités peuvent également procéder plus facilement à l’éloignement de force des demandeurs d’asile rejetés, notamment lorsque ceux-ci ont fait de fausses déclarations dans leur demande d’asile.

        Lire :
         

          Etrangers, regroupement familial, séjour... Petit lexique de l'immigration



Avec 24 % d’expulsions supplémentaires en 2017 par rapport à l’année précédente, l’Italie fait également preuve de davantage de fermeté sur la question migratoire, mais la plupart des expulsés ne sont pas des demandeurs d’asile déboutés. Beaucoup repartent vers leur pays d’origine en raison d’accords bilatéraux, notamment avec la Tunisie ou le Maroc, et d’autres se voient expulsés dès l’expiration de leur visa. A l’inverse, la Suède, qui a longtemps fait figure de terre d’asile pour les migrants, a récemment revu sa ligne et a renvoyé près de 70 000 demandeurs d’asile déboutés en 2017. Une politique migratoire nouvelle qui tend à se généraliser à toute l’Europe.
Peu de demandeurs d’asile en deuxième instance
Si la plupart des migrants arrivent en Europe par l’Italie, il leur devient de plus en plus difficile d’y obtenir le droit d’asile. Avec le durcissement de la législation italienne, près de la totalité des demandeurs d’asile ne font pas appel après un échec en première instance — le taux le plus haut dans l’Union européenne.


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La plupart des demandeurs d'asile font appel après un échec en première instance en France
Lecture : 62,7% des demandeurs d'asile ayant fait face à un refus en première instance ont fait appel de cette décision en Allemagne en 2016.

Source : Eurostat



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Dans son projet de loi, Gérard Collomb compte porter à deux semaines le délai d’appel après un refus du droit d’asile en première instance, comme c’est déjà le cas au Royaume-Uni ou en Allemagne. Outre-Rhin, les demandeurs d’asile dont la demande a été rejetée touchent également moins de prestations sociales. En mai 2017, un tribunal a décidé que tout demandeur d’asile rejeté n’ayant pas fourni de preuve de son identité n’obtiendrait que le strict minimum des prestations sociales et aucun argent liquide.
Le délai envisagé par le ministre de l’intérieur se situe donc dans la moyenne européenne, mais l’Italie et la Suède, à l’inverse, accordent respectivement un mois et trois semaines aux demandeurs d’asile déboutés pour faire appel. Des délais plus longs qui les maintiennent toutefois parmi les pays où les recours en appel sont les moins fréquents.

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Si le projet de loi suscite des inquiétudes, particulièrement dans le monde associatif, qui craint que les droits fondamentaux des demandeurs d’asile soient atteints, Gérard Collomb continue de se défendre en affirmant « suivre [l’orientation] fixée par l’Union européenne ». Dans les faits, la loi asile et immigration semble effectivement se conformer à la législation des pays européens accueillant le plus de demandeurs d’asile, mais à l’étranger aussi, ces textes posent question et ont même été dénoncés par l’ONG Amnesty International. Les débats parlementaires débuteront entre mars et avril en France, mais la ministre déléguée Jacqueline Gourault estimait courant février que les chances que les dispositions du projet de loi soient adoptées avant le 30 juin étaient « maigres ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ « Blackface », publicités H&M et Manix… La chercheuse Audrey Célestine revient sur les polémiques qui ont récemment enflammé les réseaux sociaux.
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Entretien

« On peut avoir les meilleures intentions et véhiculer des représentations racistes »

« Blackface », publicités H&M et Manix… La chercheuse Audrey Célestine revient sur les polémiques qui ont récemment enflammé les réseaux sociaux.

Propos recueillis par                                            Coumba Kane




LE MONDE
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        Le 23.02.2018 à 17h54

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        Mis à jour le 23.02.2018 à 20h03






    
Au carnaval de Dunkerque, en France, en février 2006.
Crédits : FRANCOIS LO PRESTI / AFP


Le 10 mars, dans le cadre du carnaval de Dunkerque, se tiendra un bal intitulé « La Nuit des Noirs ». Au cours de cet événement, qui fête ses 50 ans, les participants incarneront des caricatures stéréotypées de personnes noires.
Le grimage en Noir, appelé « blackface », est dénoncé sur les réseaux sociaux et par les associations antiracistes. En décembre 2017, le footballeur français Antoine Griezmann avait déjà provoqué une vive indignation en publiant une photo où il apparaissait maquillé en Noir, hommage, selon lui, aux basketteurs des Harlem Globetrotters, dont il est fan. Il avait aussitôt présenté ses excuses.

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D’autres polémiques au sujet de publicités jugées racistes ont éclaté récemment. Début janvier, la marque H&M a été épinglée pour une pub dans laquelle un petit garçon noir porte un pull sur lequel est inscrit « The coolest monkey in the jungle » (« le singe le plus cool de la jungle »). Manix, fabricant de préservatifs, a quant à lui représenté sur une affiche une femme blanche posant une main dominatrice sur la tête d’un homme noir qu’elle surplombe. Avec ce slogan : « Osez être plus proches ». 
Que révèlent ces polémiques et les réactions qu’elles suscitent ? Audrey Célestine, enseignante chercheuse à l’Université de Lille et spécialiste des questions raciales en France et aux Etats-Unis, a répondu à nos questions.
Quelle lecture faites-vous des réactions de plus en plus vives sur les réseaux sociaux face à ces différentes polémiques ?
Audrey Célestine : Aujourd’hui, il y a une fatigue doublée d’une colère, pour des personnes françaises identifiées comme noires, d’être en permanence renvoyées à une altérité radicale. C’est l’idée que, du fait de leur couleur, elles ne sont pas tout à fait comme les autres, qu’on ne peut pas complètement les comprendre. Ce ras-le-bol est désormais formulé de manière systématique et relayé par les associations antiracistes, qui ne laissent plus rien passer. En face, il y a l’incompréhension d’une autre partie de la société qui perçoit tout cela comme une surréaction. Le tout est amplifié par les réseaux sociaux. Concernant H&M, la colère vient aussi du fait que beaucoup de jeunes afrodescendants ont ressenti un sentiment de trahison vis-à-vis d’une marque très populaire et dont ils se sentaient proches.

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Quelle représentation du Noir ces publicités véhiculent-elles ?
Ce sont des représentations issues de l’imaginaire colonial. Le Noir, c’est celui qui rit, s’amuse, est un peu bête, un peu niais et extrêmement sexualisé. Pour la publicité H&M, l’indignation a été plus forte encore car c’est un enfant qui est représenté avec un pull l’associant à un singe. On en revient à des représentations animales des individus.

    

Crédits : 


H&M et Manix ont démenti toute intention raciste. Pourquoi ces marques ne parviennent-elles pas à convaincre ?
Se défendre en disant « on ne voulait pas être raciste », ça ne passe plus, car l’idée se répand dans l’opinion que le racisme, ce n’est pas seulement l’intention. On peut avoir les meilleures intentions du monde et, malgré tout, véhiculer des représentations racistes. Pour déconstruire ces représentations, les militants antiracistes réclament que l’histoire coloniale soit appréhendée dans sa globalité. C’est par un travail d’éducation que l’on pourra mettre à bas des représentations réductrices qui offrent une image tronquée de la France et de son histoire, afin de donner à chacun sa place dans notre pays.

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Comment les associations antiracistes s’insèrent-elles dans ce débat ?
En déconstruisant le racisme tel qu’il est perçu généralement. Les militants antiracistes dénoncent un racisme structurel qui n’est pas que dans l’intentionnalité. Selon eux, le racisme ne se résume pas aux insultes violentes et frontales. Le racisme se niche aussi dans des représentations problématiques, comme la « Nuit des Noirs », durant laquelle les participants vont se grimer en Noirs.
Le CRAN [Conseil représentatif des associations noires] et la Brigade anti-négrophobie expliquent en quoi le blackface est raciste, mais aussi d’où vient cette pratique et ce qu’elle dit de notre imaginaire. Cet antiracisme politique est en décalage avec ce que pense une bonne partie de l’opinion et des Dunkerquois, qui ne comprennent pas ces accusations de racisme. Pour eux, le carnaval de Dunkerque joue sur le grotesque et la moquerie. C’est un événement extrêmement inclusif et qui fait partie de l’identité de la ville.
Sur les réseaux sociaux, on constate l’émergence d’une nouvelle génération antiraciste. Quel est le profil de ces militants ?
Cette nouvelle génération revendique une forme de distance envers les institutions, le pouvoir et les mouvements antiracistes traditionnels. Ces nouveaux militants ont entre 20 et 30 ans. Très connectés, ils écrivent, échangent, débattent en ligne. Ils lisent beaucoup ce qui se fait outre-Atlantique, d’où l’accusation d’américanisation des enjeux français. Or les problématiques françaises et américaines ne sont pas si différentes. Dans les deux pays, le racisme actuel est lié à l’héritage esclavagiste et s’est nourri de représentations et de pratiques issues de la colonisation.

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Ce militantisme est-il descendu dans les quartiers populaires ?
C’est compliqué à dire, car la mobilisation se fait surtout en ligne. Ce n’est certes pas un mouvement de masse, mais la résonance est suffisante pour que ce militantisme prenne de l’ampleur dans les années à venir. Quelque chose se passe. Il n’y a pas de locaux et d’organisation matérielle, mais les discours font mouche auprès de beaucoup de jeunes.
A noter que la question du racisme n’intéresse pas que les jeunes Noirs. Beaucoup de mes étudiants, non noirs et issus de milieux populaires, s’intéressent au sujet. Ils sont aussi sensibles à l’islamophobie et veulent comprendre le monde dans lequel ils vivent. C’est pour cela que les accusations de communautarisme sont extrêmement biaisées.
Ces militants revendiquent aussi une rupture avec les associations antiracistes traditionnelles comme la Licra et SOS Racisme. Où se situe cette rupture ?
Sur la forme et sur le fond. Les nouveaux militants considèrent que les antiracistes traditionnels n’ont pas su dénoncer le racisme comme un phénomène structurel. Les associations traditionnelles se défendent en les accusant de communautarisme. Sur la forme, les militants de la nouvelle génération ne veulent plus qu’on parle à leur place. Ils veulent prendre la parole. Ce n’est plus « touche pas à mon pote » mais « on va s’en charger nous-mêmes ».

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La bataille se joue aussi dans le discours. Le nouvel antiracisme a popularisé certains termes, comme « racisé » ou « blanchité », pour décrire le racisme structurel. Comment ces mots jugés problématiques par certains se sont-ils retrouvés dans le débat public ?
Ces termes viennent des sciences sociales, du monde militant et académique. Il y a une porosité entre ces deux mondes, aux Etats-Unis notamment. Dans l’usage du mot « racisation », il y a la volonté d’insister sur le fait qu’être un Noir ou un Blanc, c’est quelque chose qui arrive au bout d’un processus social. On ne parle pas de race.
En France, on constate une crispation sur le mot « racisé », alors que c’est une évolution positive de parler non pas de race mais de processus de « racisation ». Il y a aussi souvent cette gêne à dire « Noir », on va dire « Black » car on a l’impression que cela atténue. Mais atténuer quoi ? Dire « Noir », c’est donc péjoratif ?
En France, la question raciale est-elle plus facilement analysée quand on parle de la situation américaine, notamment à propos des violences policières ?
Oui, la presse française parlera plus aisément de Noirs, de Blancs et de question raciale aux Etats-Unis, avec cette idée que la situation est radicalement différente en France. Elle l’est, c’est vrai, mais pas totalement. C’est une question de proportion. Le nombre de Noirs tués par la police américaine atteint des niveaux tels que c’est incomparable avec les chiffres français. Les militants antiracistes français tentent justement de démontrer que ces questions sont aussi prégnantes ici. Ils pointent le fait qu’en France aussi, le corps du jeune homme noir ou arabe est perçu comme un corps menaçant qu’il faut policer. C’est une donnée importante pour comprendre ce qui mène aux violences policières.





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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ La chercheuse Audrey Célestine décrypte les récentes polémiques – « blackface », H&M, Manix – qui ont enflammé les réseaux sociaux.
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« Il y a encore une vision quasi animale du Noir dans les représentations »


Propos recueillis par                                            Coumba Kane et 
                            Laureline Savoye




LE MONDE
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        Le 23.02.2018 à 17h53

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        Mis à jour le 23.02.2018 à 18h02






Durée : 03:28 | 

Les marques H&M et Manix ont récemment été épinglées pour des publicités jugées racistes. A Dunkerque, le bal de la « Nuit des Noirs », lors duquel les participants incarnent des caricatures de personnes noires, est également accusé de racisme. Que révèlent ces polémiques ? Les réseaux sociaux bouleversent-ils la lutte antiraciste ?
L’analyse d’Audrey Célestine, enseignante chercheuse à l’Université de Lille, spécialiste des questions raciales en France et aux Etats-Unis.


                

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Depuis 2009, ses membres se rendent dans des établissements scolaires pour parler du vivre-ensemble et pour décortiquer le principe de la laïcité.
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Dans les écoles, l’association Coexister rappelle, entre autres, qu’on peut être « musulman et laïque »

Depuis 2009, ses membres se rendent dans des établissements scolaires pour parler du vivre-ensemble et pour décortiquer le principe de la laïcité.



Le Monde
 |    23.02.2018 à 17h43
 • Mis à jour le
23.02.2018 à 20h05
    |

            Feriel Alouti








                        



   


Il a fallu attendre la fin du brouhaha et d’un lip dub sur un air du chanteur britannique Mark Ronson pour faire les présentations. « Amine, 28 ans, musulman et ingénieur dans les télécoms » ; « Adèle, 24 ans, agnostique et en service civique » ; « Fatma, de confession musulmane, diplômée en relations internationales » ; « Anne, 25 ans, catholique et super contente d’être là aujourd’hui. » Face à ces quatre personnes, cent cinquante élèves d’un collège privé de Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne) ont été invités par leurs professeurs à suivre une séance de sensibilisation de l’association Coexister.
Depuis 2009, ses membres se déplacent, à la demande d’enseignants, dans les établissements scolaires pour parler du vivre-ensemble, rappeler ce qu’est la diversité des convictions, notamment religieuses, et décortiquer le principe de la laïcité. Autant de concepts parfois difficiles à saisir, surtout à ces âges-là. « L’enjeu est de rappeler ce qu’est notre modèle de société, ce qu’est Coexister, car on se rend compte qu’il y a beaucoup de fausses idées », relève Josselin Rieth, délégué national adjoint à la sensibilisation.
Dans ce collège qui assure des cours de culture religieuse, Stella Penziki, l’adjointe pastorale « voulait éviter, après les attentats, qu’il y ait une confusion chez les jeunes entre l’islam et le terrorisme ». C’est pourquoi, depuis, il lui paraît important d’« éveiller » les esprits. D’autant que, dit-elle, « c’est l’ignorance qui amène aux préjugés ».

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« On s’est basé sur des stéréotypes »
Les préjugés. Pour les déceler, Amine, bénévole à Coexister, projette au tableau la photographie de quatre jeunes de l’association partis faire un « tour du monde des initiatives interreligieuses ». « Qui est qui ? », demande-t-il aux élèves. Tous semblent s’accorder sur le fait que le troisième, barbe fournie, cheveux bruns, et chemise noire serait musulman. Le dernier, chemise bleu ciel, teint claire et raie sur le côté, serait plutôt catholique, ou athée, pensent-ils deviner. « Moi, je suis sûre qu’ils sont tous juifs », lance une adolescente aux longs cheveux blonds.
Amine finit par rompre le suspens. « Lui [présumé être musulman] s’appelle Victor et il est athée. » « Quoi ? », lui répondent les élèves, étonnés de s’être fait berner. « Sur quoi vous êtes-vous basés pour répondre ? », interroge le bénévole. « On essaye de trouver l’origine ethnique, et on en déduit la religion », lance, la mine assurée, un garçon joufflu. « On s’est basé sur des stéréotypes », rebondit, au fond de la salle, une jeune fille. « Sur rien, on ne peut pas savoir », conclut un autre. « Et comment appelle-t-on cela, le fait de deviner une appartenance sur une apparence ? », tente Amine. « Un préjugé », lâche l’assemblée. La leçon semble comprise.
Après cette entrée en matière, place au principe de la laïcité, notion autour de laquelle politiques et intellectuels se déchirent. Dernière polémique en date, le rapport de Gilles Clavreul sur la laïcité, rendu au gouvernement et dévoilé par Le Figaro, jeudi 22 février. Aussitôt l’article publié, Jean-Louis Bianco, le président de l’Observatoire de la laïcité, institution à laquelle se réfère Coexister, a critiqué la « rigueur méthodologique » et le contenu de ce rapport qui défend une laïcité renforcée.

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« La laïcité, n’est pas une opinion »
Au collège, pour animer le débat et pour expliquer aux élèves cette notion sensible, les membres de l’association utilisent des exemples concrets. « Peut-on aller dans une mairie avec une kippa ? » « Une femme peut-elle entrer dans un tramway avec un voile ? » Pour aider les élèves à trouver la réponse, Amine lance une vidéo. En quelques minutes, celle-ci retrace le parcours de la loi sur la séparation des Eglises et de l’Etat, votée en 1905, et les débats houleux qui ont animé le pays au moment de sa discussion devant l’Assemblée nationale.
A l’époque, les partisans d’Emile Combes défendaient une « laïcité qui vis[ait] à éliminer la religion de l’espace public », alors que ceux d’Aristide Briand plaidaient pour une loi « de compromis respectueuse des libertés individuelles et séparant strictement l’Etat des cultes ». C’est cette conception qui finit par « l’emporter », rappelle la voix off. « La laïcité n’est pas une opinion mais bien le cadre qui les permet toutes, c’est adhérer à des lois et à des principes. On peut être juif et laïque , musulman et laïque », conclut-elle.
Ainsi, les intervenants rappellent-ils qu’une mère qui porte un voile peut participer à des sorties scolaires. Si cette réponse est en adéquation avec une étude du Conseil d’Etat, rendue en décembre 2013, qui relevait que les parents accompagnant ces sorties ne sont pas soumis à la neutralité religieuse imposée aux enseignants, elle tranche avec l’opinion de certains responsables politiques, à commencer par celle de Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’éducation nationale.

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« La coexistence active » pour vivre ensemble
« La laïcité permet d’exprimer librement sa conviction », insiste Anne, salariée de l’association, avant d’expliquer que, à Coexister, « on a une autre recette secrète pour vivre ensemble : la coexistence active ». Pour illustrer le concept, Adèle, agnostique malgré un père juif et une mère protestante, raconte que son choix fut difficile à vivre pour son « papa » :
« Pendant longtemps, dès qu’il me parlait de sa religion, je me braquais parce que je pensais qu’il voulait me convertir. »
C’est finalement par le biais de la culture, en l’occurrence la « musique juive », qu’ils sont parvenus à dialoguer. « Je me suis intéressée à ses pratiques, sans vouloir devenir juive », raconte Adèle, avant de lancer une dernière vidéo qui fait l’éloge de la coexistence pacifique, un modèle qui « encourage la rencontre avec l’autre » et fustige l’assimilation qui, au contraire, « nourrit des frustrations souvent légitimes et peut favoriser la montée des extrémismes ».
En fin de séance, deux élèves viennent demander aux intervenants le nom de la chaîne YouTube de l’association, une autre, la différence entre « athée » et « agnostique ». Selon Amine, « ils étaient assez calés pour des quatrièmes ». En 2017, Coexister a animé plus de deux interventions par jour, partout en France.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Présenté en conseil des ministres le 21 février, le projet de loi « Immigration » contient plusieurs dispositions destinées « à renforcer l’attractivité du pays et à améliorer l’accueil des talents internationaux »
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

De nouvelles cartes de séjour pour faciliter la venue d’étudiants étrangers

Présenté en conseil des ministres le 21 février, le projet de loi « Immigration » contient plusieurs dispositions destinées « à renforcer l’attractivité du pays et à améliorer l’accueil des talents internationaux »



Le Monde
 |    23.02.2018 à 15h55
    |

            Séverin Graveleau








                        



   


« Même si le nombre d’étudiants étrangers reçus en France a été multiplié par trois en vingt-cinq ans, à raison de plus de 60 000 arrivées chaque année depuis 2010, il n’en demeure pas moins que cette progression reste inférieure à celle de la mobilité internationale étudiante dans le monde » indique l’étude d’impact du projet de loi « immigration maîtrisée et droit d’asile effectif » présenté en conseil des ministres mercredi 21 février.

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Afin, donc, « de renforcer l’attractivité du pays et [d’]améliorer l’accueil des talents internationaux et des compétences », l’article 21 du texte prévoit la création de deux nouvelles cartes de séjour, l’une temporaire et l’autre pluriannuelle, portant la mention « étudiant - programme de mobilité ».
La première, « d’une durée inférieure ou égale à un an et renouvelable une fois », est destinée aux étudiants qui relèvent d’un programme de l’Union européenne (UE), d’un programme multilatéral comportant des mesures de mobilité dans un pays de l’UE, ou d’une convention entre au moins deux établissements d’enseignement supérieur européens. La seconde, pluriannuelle, pourra être délivrée selon les mêmes conditions pour les échanges d’au moins deux ans.

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L’article 21 prévoit, par ailleurs, la création d’une carte de séjour temporaire, non renouvelable, portant la mention « recherche d’emploi ou création d’entreprise », pour tous les étudiants ou chercheurs étrangers prolongeant leur séjour à cette fin. Cette carte se substituera à « l’autorisation provisoire de séjour » qui était délivrée jusqu’alors. Pourront également en bénéficier des étrangers ayant obtenu un diplôme en France « moins de quatre années auparavant ». Cet article est une transposition d’une directive européenne du 11 mai 2016.
Le projet de loi arrivera en commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale le 27 mars.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Plusieurs olympiens ont fièrement affiché leur homosexualité au cours des Jeux de Pyeongchang, comme le skieur américain Gus Kenworthy. Dans une tribune au « Monde », Thomas Nicolas de Lamballerie s’en réjouit et y voit un message d’ouverture.
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Jeux olympiques : « Un moment exceptionnel de fierté et de visibilité pour la communauté LGBT »

Plusieurs olympiens ont fièrement affiché leur homosexualité au cours des Jeux de Pyeongchang, comme le skieur américain Gus Kenworthy. Dans une tribune au « Monde », Thomas Nicolas de Lamballerie s’en réjouit et y voit un message d’ouverture.



Le Monde
 |    23.02.2018 à 15h40
    |

Thomas Nicolas de Lamballerie (Analyste financier)







                        



                                


                            

Tribune. La grande fête des Jeux olympiques est sur le point de se terminer et la semaine à venir va sembler bien triste pour tous les amateurs de neige et de glace devenus brutalement orphelins. Quel plaisir immense d’avoir passé cette quinzaine olympique à se passionner pour des disciplines aussi variées et improbables que le ski acrobatique, le snowboard big air, le biathlon, le curling… Les discussions à la machine à café ont tout à coup pris des tonalités surréalistes : on se dispute à coups de « cork 360 » et de « triple lutz », on parle tir à la carabine avec des airs savants.
Cependant, cette fois plus que toute autre avant, la fête a semblé bien meilleure pour des millions de personnes LGBT [lesbiennes, gays, bi et trans] qui ont enfin eu le sentiment d’avoir reçu leur carton d’invitation à la table de l’olympisme. Ces Jeux resteront en effet dans les mémoires comme un moment exceptionnel de fierté et de visibilité pour la communauté LGBT.
On ne saurait jamais trop insister sur l’importance de l’enjeu de la visibilité de l’homosexualité dans la vie publique. Pour l’avoir vécu dans ma propre chair, je sais à quel point il est difficile pour un enfant ou un adolescent de grandir avec le poids du secret et la difficulté de s’accepter, avec le sentiment dévastateur que l’on est différent, que l’on est seul au monde. Ces Jeux olympiques ont offert le spectacle de femmes et d’hommes LGBT au sommet de leurs disciplines sportives, confortables avec leur identité et prêts à séduire le monde entier.

Comme beaucoup de personnes homosexuelles, j’ai passé mon enfance puis mon adolescence à la recherche d’un référent homosexuel positif, d’une personne à laquelle j’aurais aimé ressembler. En vain. Il est probablement difficile de comprendre l’importance capitale de la médiatisation de telles personnalités si l’on n’est pas soi-même homosexuel. Il faut avoir fait l’expérience traumatisante de la vie dans le « placard »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Dans un entretien au « Monde », le sociologue Farhad Khosrokhavar revient sur le plan national de prévention de la radicalisation, présenté vendredi.
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« Le tout-répressif ne résoudra pas durablement le problème » de la radicalisation

Dans un entretien au « Monde », le sociologue Farhad Khosrokhavar revient sur le plan national de prévention de la radicalisation, présenté vendredi.



Le Monde
 |    23.02.2018 à 14h27
 • Mis à jour le
24.02.2018 à 06h35
    |

                            Florian Reynaud








                        


Le premier ministre, Edouard Philippe, a réuni, vendredi 23 février à Lille, un comité interministériel de la prévention de la délinquance et de la radicalisation, et annoncé, à la mi-journée, un plan national de prévention de la radicalisation en soixante mesures, baptisé « Prévenir pour protéger ».
Dans un entretien au Monde, le sociologue Farhad Khosrokhavar, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), déplore une démarche marquée, selon lui, par le « tout-répressif », et estime que le volet de l’intégration « manque cruellement ».

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Les mesures présentées par le gouvernement contre la radicalisation vous paraissent-elles aller dans le bon sens ?
Il y a un certain nombre de points positifs, comme par exemple impliquer les acteurs d’Internet, ou la professionnalisation des acteurs locaux. Mais, dans l’ensemble, je trouve que cela pose un vrai problème, qui est qu’il s’agit surtout d’un volet répressif.
Sur le long terme, cela ne répond pas au problème, parce que les acteurs connaissent les failles du système et vont s’adapter. Le volet « intégratif », que l’on trouve par exemple au Danemark, et qui pousse à la réadaptation à la société civile des jeunes radicalisés, manque cruellement ici.
Vous voulez dire par exemple que les aspects sociaux et économiques, notamment en direction des quartiers dits défavorisés, ne sont pas suffisamment pris en compte ?
Volet social, volet économique et volet que je qualifierais moi de « citoyen », c’est-à-dire donner une chance à ces jeunes de se racheter en les intégrant dans des groupes qui pourraient les faire réfléchir sur leur propre trajectoire et recommencer une vie nouvelle.
Sans cela, le volet répressif aboutira à ce que, dans quelques années, ces jeunes sortant de prison vont redevenir extrémistes. D’autant plus que la prison n’est pas un environnement très favorable pour déradicaliser les jeunes. C’est plutôt l’inverse qui est vrai. Ce côté tout-répressif ne résoudra pas durablement le problème.
Les Anglais, par exemple, ont un programme de déradicalisation, de suivi, de tentative d’intégration de ces jeunes par le travail, pour leur faire acquérir une compétence technique par exemple. En France, nous avons commencé à le faire très tardivement, en 2014. La Norvège, quant à elle, qui a une longue expérience avec les néonazis, a pu s’en servir avec les djihadistes.
Je crois qu’un projet commun européen, pour mettre à profit l’expérience de chaque pays dans la déradicalisation, serait une très bonne chose. A ma connaissance, cela n’existe pas.
Vous parlez de prison. N’y a-t-il pas un virage du gouvernement, qui dit vouloir mettre en place un régime de détention spécifique afin de pouvoir regrouper les détenus radicalisés dans des quartiers étanches du reste de la prison ?
Cela a toujours été un entre-deux. Cela a commencé en novembre 2014 avec la prison de Fresnes, dont le directeur, avant même le gouvernement, a lancé l’idée du regroupement [cette expérimentation a ensuite été déclinée dans cinq « unités de prise en charge de la radicalisation » de 2015 à 2016]. Ce qu’il y a d’acquis au moins à ce sujet, maintenant, c’est qu’on les regroupe après avoir évalué leur degré de radicalisation. C’est plutôt positif.
Parce que si vous mettez un endurci avec un jeune radicalisé qui a des doutes, c’est celui qui a des doutes qui va devenir un endurci et pas l’inverse. Sur ce plan, le gouvernement a appris de ce que disaient les chercheurs.
Sur le volet carcéral, je crois néanmoins que nous restons toujours dans une direction – pas seulement française – qui est répressive.

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Concernant le volet éducatif, que pensez-vous des mesures préventives et de détection présentées ?
Les modalités d’application, je le crains fort, risquent d’accentuer ce que l’on pourrait appeler les préjugés sociaux contre les musulmans. Toute femme qui porte le foulard et qui refuse de l’ôter en rentrant dans une école risque d’être suspectée d’être dans l’antichambre de la radicalisation.
Or, empiriquement on est très loin de prouver que le fondamentalisme, même quelques fois aigu, va dans le sens de la radicalisation djihadiste. Cela désocialise, mais cela ne radicalise pas pour autant.
La logique qui consiste à suivre, avec un regard parfois inquisitorial, ces personnes-là, risque plutôt d’avoir des effets négatifs, en fonctionnant plus comme une prophétie autoréalisatrice que comme un instrument dissuasif. A force de les identifier comme suspects, on peut les pousser à la radicalisation.
Concernant la recherche sur la radicalisation, que le gouvernement veut encourager et développer, où en est-on au niveau européen et français ?
Au niveau européen, il y a peu de coopération au niveau de la recherche, mais il y a tout de même une mise en branle avec des projets de parfois 4 millions ou 5 millions d’euros. Il y a déjà un certain nombre d’efforts qui ont été faits, mais qui ne seront couronnés de succès que sur le moyen terme.
L’ouverture des données – auxquelles l’accès était très compliqué – est une bonne chose. En France, il faudrait aussi démultiplier les chaires et les postes au CNRS [Centre national de la recherche scientifique]. Mais le terme même de radicalisation ne fait pas l’unanimité chez les chercheurs. Certains le rejettent et pensent qu’il déplace le problème à un niveau qui n’est pas très utile à la recherche et transforment le chercheur en substitut du policier ou des services de renseignement.
Il y a des progrès en France sur la recherche, avec des chercheurs de talent. Le problème essentiel, c’est sa surmédiatisation. Les enjeux de recherche se transforment en sensationnalisme médiatique et cela a un effet négatif.
En demande-t-on trop à la recherche sur la radicalisation ?
Quand on demande immédiatement des résultats tangibles, on en demande trop, parce que ces recherches ne peuvent avoir de sens que sur une durée minimale. On ne peut pas faire une recherche sur trois mois et avoir des résultats tangibles. Or, comme nous sommes dans des sociétés qui ont été traumatisées, on pousse un peu les chercheurs à des résultats dans un laps de temps relativement court. Mais ils doivent résister à cela.



                            


                        

                        

