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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Jean-David Chamboredon, Rachel Delacour et Fleur Pellerin, responsables de France Digitale, mettent en garde le gouvernement dans une tribune au « Monde » contre la tentation protectionniste qu’impliquerait l’extension du « décret Montebourg » au secteur des hautes technologies.
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« Il ne peut y avoir de champions du numérique français sans alliés étrangers »

Jean-David Chamboredon, Rachel Delacour et Fleur Pellerin, responsables de France Digitale, mettent en garde le gouvernement dans une tribune au « Monde » contre la tentation protectionniste qu’impliquerait l’extension du « décret Montebourg » au secteur des hautes technologies.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 18h00
    |

Jean-David Chamboredon, Rachel Delacour et Fleur Pellerin (Responsables de l’association France Digitale)







                        



                                


                            

Tribune. Le premier ministre a affirmé récemment sa volonté d’étendre le décret dit « Montebourg ». Nous tenons ici à exprimer nos plus vives inquiétudes.
Nous partageons la volonté du premier ministre de voir grandir en Europe des champions du numérique, mais nous l’invitons également à éviter une nouvelle « affaire Dailymotion », qui heurterait durablement l’attractivité de nos start-up.

Les investissements étrangers sont un levier nécessaire à la croissance et l’internationalisation des start-up. Au premier semestre 2017, les cinq plus importants investissements dans les start-up françaises ont été réalisés en co-investissement avec des fonds étrangers, selon le Baromètre EY du capital risque en France.
Il ne faudrait pas que le décret réduise à néant les efforts accomplis pour améliorer l’attractivité de notre pays
Les investisseurs internationaux basés à Londres, Berlin, New York, voire Moscou ont redécouvert l’Hexagone depuis la belle entrée en bourse de Criteo (fin 2013) et ont, depuis, été les chefs de file de plus de 60 % des gros tours de tables réalisés par nos start-up. Un sursaut protectionniste prendrait totalement à contre-courant cette dynamique.
De même, les acquisitions de sociétés technologiques par des acteurs internationaux ont le double bénéfice de permettre le recyclage de la création de valeur dans l’écosystème de l’innovation technologique et, dans une vision post-Brexit, de favoriser l’implantation en France de sièges sociaux par ces acquéreurs internationaux.

Il est légitime de protéger nos innovations contre les prédateurs, mais gardons à l’esprit qu’il ne peut y avoir de champions du numérique français sans alliés étrangers. Cela fait partie de la vie quotidienne d’une économie mondialisée, et il ne faudrait pas que le décret isole nos start-up ou réduise à néant les efforts accomplis pour améliorer l’attractivité de notre pays.
Protection contre le « pillage »
Sans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Depuis le 13 février le groupe n’a plus personne à sa tête. Sa patronne, Marie-Christine Saragosse, avait vu son mandat annulé pour ne pas avoir déclaré à temps son patrimoine.
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Le CSA nommera d’ici au 21 avril un nouveau PDG à la tête de France Médias Monde

Depuis le 13 février le groupe n’a plus personne à sa tête. Sa patronne, Marie-Christine Saragosse, avait vu son mandat annulé pour ne pas avoir déclaré à temps son patrimoine.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 17h02
   





                        



   


Le conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) devrait nommer d’ici au 21 avril un nouveau président-directeur général pour le groupe France Médias Monde, qui regroupe France 24 et Radio France international. Le groupe de média n’a, depuis quelque semaines, plus de PDG.
La patronne du groupe, Marie-Christine Saragosse, avait annoncé le 13 février que son mandat avait été annulé parce qu’elle n’avait pas déclaré à temps son patrimoine, comme le demandait la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Elle expliquait ainsi au Monde :

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                France Médias Monde : Saragosse n’est plus présidente à cause d’un oubli administratif



« C’est difficile à croire mais je ne suis plus présidente de France Médias Monde : mon mandat a été annulé parce que je n’ai pas fait ma déclaration de patrimoine et d’intérêt dans les délais, auprès de la Haute Autorité [pour la transparence] de la vie publique [HATVP]. Mais on ne me l’a pas demandée comme lors de mes mandats précédents. Les dispositions ont changé et je ne le savais pas… On ne m’a jamais contactée. »
Déclaration « considérée comme nulle »
Concrètement, les dirigeants d’entreprises publiques, comme le groupe France Médias Monde, sont soumis à la loi du 11 octobre 2013 sur la transparence de la vie publique. Elle exige une déclaration de leurs biens et intérêts, à remplir en ligne dans les deux mois suivant leur entrée en fonction. Mme Saragosse avait été reconduite par le Conseil supérieur de l’audiovisuel le 5 octobre 2017. Le délai courait donc jusqu’au 5 décembre. Or, selon la loi de 2013, si la déclaration est hors délai, la nomination « est considérée comme nulle ». C’est ce qui était arrivé à Mme Saragosse.
Les candidatures, pour le poste de direction, seront reçues au siège du Conseil jusqu’au 23 mars, et les auditions auront lieu au cours de la semaine du 16 au 20 avril, précise le CSA dans un communiqué. La liste des candidats et leurs projets pour le groupe public seront rendus publics, a ajouté le régulateur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ La justice a estimé que l’étude d’impact préalable comportait « des inexactitudes, des omissions et des insuffisances concernant les effets du projet ».
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Le tribunal administratif annule la fermeture à la circulation des voies sur berge rive droite à Paris

La justice a estimé que l’étude d’impact préalable comportait « des inexactitudes, des omissions et des insuffisances concernant les effets du projet ».



Le Monde
 |    21.02.2018 à 16h12
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 16h18
   





                        


Le tribunal administratif a annulé, mercredi 21 février, la fermeture à la circulation des voies sur berge rive droite à Paris.
La mairie de Paris avait décidé, en 2016, de fermer la voie sur berge Georges-Pompidou, longue de 3,3 kilomètres sur la rive droite de la Seine.
La justice a estimé que l’étude d’impact préalable à cette décision comportait « des inexactitudes, des omissions et des insuffisances concernant les effets du projet sur la circulation automobile, les émissions de polluants atmosphériques et les nuisances sonores », peut-on lire dans un communiqué.
En conséquence, la juridiction administrative a annulé à la fois une délibération du 26 septembre 2016 du Conseil de Paris, qui avait déclaré l’intérêt général de l’opération d’aménagement des berges de la rive droite, et l’arrêté du 18 octobre 2016 créant une promenade publique.
Vives polémiques
Cette piétonisation avait été motivée par une volonté politique de réduire la place de la voiture au nom des intérêts de santé publique.
Elle a provoqué de vives polémiques, les détracteurs de la mesure critiquant, notamment, la « méthode autoritaire » de la maire, Anne Hidalgo, accusée de mener une guerre sans merci aux automobilistes.
Le bilan, en ce qui concerne la qualité de l’air, a aussi donné lieu à de fortes oppositions et divergences.

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                Pollution : l’« impact limité » et mitigé de la fermeture des voies sur berge à Paris






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Décidée par le gouvernement à l’été 2017, la réduction drastique des contrats aidés a entraîné la précarisation « du jour au lendemain de milliers de personnes », selon un rapport dévoilé mercredi.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤                     
                                                

Un rapport sénatorial déplore « les effets désastreux » de la baisse des contrats aidés

Décidée par le gouvernement à l’été 2017, la réduction drastique des contrats aidés a entraîné la précarisation « du jour au lendemain de milliers de personnes », selon un rapport dévoilé mercredi.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 15h25
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 16h57
   





                        


Fallait-il baisser drastiquement le nombre des contrats aidés ? Dans un rapport, dévoilé mercredi 21 février par publicsenat.fr, les sénateurs Jacques-Bernard Magner (Parti socialiste) et Alain Dufaut (Les Républicains) jugent sévèrement le non-renouvellement d’une partie de ces emplois, décidé par le gouvernement à l’été 2017.
Ces contrats, subventionnés par l’Etat, étaient jusque-là largement utilisés par les collectivités locales et les associations et ont pour objectif de favoriser la réinsertion durable d’une partie des chômeurs. Leur nombre a été ramené de 320 000 en 2017 à 200 000 pour 2018.
Les deux parlementaires soulignent que de nombreux secteurs ont été touchés par cette baisse, « qu’il s’agisse de l’animation, de l’éducation, du sport, du tourisme social, du médico-social, de l’aide et des soins à domicile, de la petite enfance, des foyers de jeunes travailleurs, du spectacle vivant… » 
Ils pointent en particulier la situation tendue dans les écoles, notamment lors de la dernière rentrée scolaire, ou encore dans les établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

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Pour justifier cette baisse des contrats aidés, le gouvernement avait fait valoir que ce dispositif était trop coûteux par rapport à ses bénéfices. « Ces contrats sont en réalité des contrats précaires subventionnés par l’Etat, donc le contribuable », et constituent « une aubaine » pour des employeurs, avait critiqué le premier ministre, Edouard Philippe, estimant que le développement de la formation serait « beaucoup plus efficace » pour aider au retour à l’emploi.
Précarité
Et si le gouvernement s’était « engagé à préserver certains secteurs (l’accompagnement des élèves en situation de handicap, l’urgence en matière sociale et de santé) ainsi que l’outre-mer et les communes rurales en difficultés financières fortes (…) ces mesures se sont avérées insuffisantes pour compenser à court terme les effets désastreux de la limitation drastique du nombre de contrats aidés », relèvent les élus dans leur rapport.

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Pour MM. Magner et Dufaut, quelques mois après la décision de baisser drastiquement le nombre de ces emplois aidés, le constat est implacable : « Du jour au lendemain, des milliers de personnes ont de nouveau basculé dans la précarité. »
Face à cette situation tendue, les deux sénateurs proposent dans leur rapport de financer « temporairement » 50 000 contrats aidés supplémentaires « dédiés aux chômeurs de longue durée de plus de 55 ans », et 50 000 contrats réservés « aux associations de moins de cinq salariés ».

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Erwan le Noan constate que, pour certains économistes américains, la nécessité de recourir à une régulation ­antitrust contre les grandes plates-formes numériques n’a rien d’une évidence.
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« Les effets sur la concurrence de l’émergence d’opérateurs géants sont loin d’être clairement établis »

Dans une tribune au « Monde », Erwan le Noan constate que, pour certains économistes américains, la nécessité de recourir à une régulation ­antitrust contre les grandes plates-formes numériques n’a rien d’une évidence.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 14h00
    |

Erwan Le Noan (Associé du cabinet de conseil Altermind   et membre du conseil scientifique de la Fondation pour l’innovation politique)







                        



                                


                            
Tribune. A échéance régulière dans l’histoire du capitalisme moderne, le débat public s’est inquiété de l’émergence d’entreprises puissantes, dont le succès a accompagné le développement de nouvelles technologies, bouleversé les équilibres antérieurs, renouvelé les pratiques commerciales et repensé l’organisation du travail.
Au XIXe siècle, les compagnies de chemin de fer ont ainsi ébranlé l’économie et la société américaines, donnant naissance aux grands groupes industriels hiérarchisés, révolutionnant le commerce (avec la vente à distance, accusée de dévitaliser, déjà, les échoppes rurales) et modifiant les organisations sociales. La concentration nourrissait les débats sur les inégalités et les inquiétudes sur la corruption, qui donnèrent naissance aux lois antitrust.
L’ampleur de la concentration supposée de la puissance économique entre les mains de quelques plates-formes géantes réclamerait à nouveau l’encadrement des marchés. Mais cette concentration est-elle démontrée ?
Une publication du Council of Economic Advisers (CEA) du président Obama avait, en 2016, souligné la concentration progressive de l’économie américaine (« Benefits of Competition and Indicators of Market Power », lien vers PDF en anglais). Selon les économistes Gustavo Grullon, Yelena Larkin et Roni Michaely, « plus de 75 % des secteurs américains ont enregistré une augmentation des niveaux de concentration sur les deux dernières décennies » (« Are US Industries Becoming More Concentrated ? », SSRN, septembre 2017, lien vers PDF en anglais).
Entreprises « superstars »
D’autres travaux considèrent la captation d’une part croissante de la richesse par les plus grandes entreprises comme révélatrice de l’affaiblissement de la concurrence. Jan De Loecker et Jan Eeckhout ont souligné que les taux de marge des entreprises américaines, qui avaient baissé après 1950, augmentaient depuis trente ans, et l’expliquent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Les députées Marie Guévenoux (LRM) et Marietta Karamanli (PS) ont répondu à vos questions à propos du texte présenté mercredi en conseil des ministres.
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Délai de rétention, accueil des demandeurs… deux élues débattent du projet de loi asile

Les députées Marie Guévenoux (LRM) et Marietta Karamanli (PS) ont répondu à vos questions à propos du texte présenté mercredi en conseil des ministres.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 13h53
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 14h43
   





                        



   


Les députées Marie Guévenoux (La République en marche) et Marietta Karamanli (Parti socialiste), répondent, mercredi 21 février, à vos questions lors d’un tchat du Monde.fr sur le projet de loi « pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif ».

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                Projet de loi asile : un texte qui fait quasiment l’unanimité contre lui



Bully : La politique d’Emmanuel Macron en matière d’immigrés est jugée « trop laxiste » par 66 % des Français, selon un sondage de janvier. Pensez-vous que ce projet de loi réponde à ce jugement ?
Marie Guévenoux (La République en marche) : On ne gouverne pas en fonction des sondages. La réalité, c’est qu’on a une politique migratoire sur laquelle on a de très mauvais indicateurs, à la fois en matière d’accueil des demandeurs d’asile – quatorze mois en moyenne pour examiner une demande d’asile, c’est beaucoup trop –, des résultats peu satisfaisants sur la politique d’intégration et une politique d’éloignement qui, elle aussi, apparaît peu efficace – 15 % réellement effectués. C’est ce à quoi nous essayons de remédier.
Marietta Karamanli (Parti socialiste) : Je ne vais pas répondre à une question basée sur un sondage, mais plutôt évoquer les chiffres de la réalité de l’immigration : notre pays a accueilli, en 2016, 217 000 migrants (dont 73 000 sont des étudiants) et 88 000 autres étrangers au titre du « regroupement familial ». Ces deux catégories représentent 72 % de la délivrance des visas à durée limitée. La même année, notre pays a accordé sa protection humanitaire à 29 000 réfugiés, au moment où l’Allemagne en a fait bénéficier plus de 400 000. Ces chiffres relativisent la question de l’immigration et mettent en évidence les enjeux et les défis.
Rapporteure à la Cour nationale du droit d’asile : Comment expliquez-vous la grogne des professionnels de l’asile (9e jour de grève à la CNDA mercredi) si ce n’est par l’absence de dialogue avec les véritables experts en amont du projet de loi ?
M. K. : J’ai auditionné hier une grande partie des associations sur le projet de loi présenté aujourd’hui au conseil des ministres. J’ai pu mesurer la mobilisation et l’opposition de très nombreux acteurs sur ce texte, qui présente de multiples mesures policières, qui assure l’éloignement sans prendre en compte suffisamment l’intégration. Donc une situation qui risque de s’aggraver dans l’accueil et l’accompagnement des demandeurs d’asile, et des procédures qui alourdissent le travail des acteurs du secteur.
M. G. : Nous sommes, en France, face à un flux migratoire en hausse : de 2016 à 2017, la hausse des demandeurs d’asile est de 17 %, atteignant 100 000 demandeurs d’asile, dont il faudra examiner avec sérieux la situation personnelle. Dans le même temps, le gouvernement et la majorité à laquelle j’appartiens souhaitent réduire fortement la durée de l’examen de la demande d’asile – de quatorze à six mois.
C’est donc normal que les professionnels se posent des questions quant à l’organisation concrète que cela va nécessiter ou quant aux moyens qui pourront être apportés. Ils seront reçus dans le cadre des auditions menées par les parlementaires lorsque nous examinerons en commission le projet de loi, mais il y a un objectif opérationnel auquel nous tenons et que nous mettrons en œuvre, qui est de réduire cette durée d’examen.
Maria : Réduire les délais pour examiner les demandes d’asile semble salutaire, mais peut aussi avoir des effets pervers. Pouvez-vous nous dire quelles conséquences (positives et négatives) ce raccourcissement des délais peut-il entraîner ?
M. G. : Le premier acte dans le parcours du demandeur d’asile, c’est d’abord un rendez-vous à la plate-forme des demandeurs d’asile, où il ne se passe rien d’autre que d’avoir un rendez-vous au guichet unique de la demande d’asile en préfecture. En Ile-de-France, cette étape, c’est trente à quarante jours, période durant laquelle un demandeur d’asile n’a parfois pas d’hébergement, pas d’aides, est inconnu des services de l’Etat. C’est un traitement dont on ne peut pas se satisfaire.
Une des conséquences positives de la réduction de cet examen, c’est par exemple de faire en sorte que ce rendez-vous soit tenu en quarante-huit heures. C’est d’ores et déjà le cas dans les centres d’accueil et d’examens de situations administratives (CAES), créés très récemment par le gouvernement.
M. K. : A travers ce texte, on constate une accélération des délais, la réduction de cent vingt jours à quatre-vingt-dix jours pour déposer une demande d’asile après l’entrée en France. Le dossier pourra être traité en procédure accélérée. Ce délai est désormais trop court, pour les migrants, pour apprendre en quoi consiste le droit d’asile, quels critères sont pris en compte, découvrir les démarches à entreprendre, chercher un abri, de quoi se nourrir et surtout trouver une plate-forme d’accueil (PADA) ou un CAES.
L’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) a déjà fait d’énormes efforts pour répondre à cette demande de réduction des délais depuis plusieurs années. Le problème aujourd’hui se pose en amont et en aval de l’Ofpra : dans les préfectures et à la CNDA, qui voit, elle aussi, une réduction de délais imposée d’un mois à quinze jours. Le temps de trouver un avocat, une association pour accompagner la démarche, sans parler de la question d’aides juridictionnelles… cela rend toute la démarche impossible. D’autant qu’on a souvent affaire à des personnes qui ne parlent pas le français et ont des parcours difficiles. Il faut prendre en compte ces difficultés avant de parler de réduire les délais.

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Pulp : La réduction des délais peut être une bonne chose, tant pour les immigrés que pour le pays. Mais des moyens supplémentaires seront-ils mis en place ?
M. G. : Le projet de loi de finances prévoit une hausse de 26 % des moyens budgétaires sur la mission immigration. Le gouvernement a annoncé la création de 185 emplois supplémentaires pour aider à l’enregistrement des demandes d’asile (en préfecture et à l’Office français de l’immigration et de l’intégration), et 66 créations à l’Ofpra et à la CNDA pour examiner les demandes.
M. K. : Il y a effectivement une hausse des crédits. Cependant, quand on ramène le nombre d’emplois supplémentaires – cent cinquante pour les préfectures –, cela donne à peu près un poste supplémentaire par préfecture. Ce n’est pas assez pour diminuer les délais. Quand on rapporte ces crédits au nombre de demandeurs d’asile annuels en France (environ 100 000), à peine 40 % voient leur demande aboutir. Au prorata, ça veut dire qu’on accorde 500 euros par individu pour ce qui est nécessaire à l’intégration.
Lesdroitsdel’hommepourceuxq… : Le projet de loi prévoit de pouvoir enfermer un homme ou une femme qui ne détient pas de papiers jusqu’à cent trente-cinq jours. N’est-ce pas beaucoup plus que pour de nombreux crimes et délits ? Et qu’est-ce qui différencie, selon vous, la prison d’un centre de rétention ?
M. K. : Ce projet de loi impose une extension de la durée maximale de la rétention, qui passe de quarante-cinq jours à quatre-vingt-dix jours, avec une possibilité d’extension jusqu’à cent trente-cinq jours. Cette durée pose problème : priver de liberté un individu ne répond pas aux standards des droits fondamentaux que doit respecter la France. Par ailleurs, amener des femmes et des enfants dans un milieu fermé n’est pas un moyen digne de répondre à leur problème. Il faut rappeler que le séjour irrégulier n’est pas un délit, selon notre droit.
M. G. : Concrètement, ce délai de rétention sert à interroger les pays d’origine afin d’obtenir un laissez-passer consulaire de l’étranger en situation irrégulière sur le territoire français. La plupart des pays répondent dans un délai très court. La moyenne d’une durée de rétention est de douze jours. Pour autant, certains pays ne sont pas en capacité de répondre dans ce délai de quarante-cinq jours, c’est précisément à cette réalité opérationnelle que nous souhaitons répondre.

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Plouf : Au sein même du groupe LRM à l’Assemblée, des voix se font entendre contre ce projet de loi. Comment jugez-vous l’apparition de cette fronde au sein de la majorité ?
M. G. : Il n’y a pas d’apparition de fronde au sein de la majorité, il y a un débat interne, avec des expressions liées aux parcours et aux profils de chacun, qui sont normaux, et plus encore sur ce sujet. S’il n’y avait pas de débat sur un sujet aussi important, ce serait inquiétant. Les parlementaires feront le travail de parlementaires, ajouteront des choses, modifieront des choses, mais le texte sera voté par la majorité.
M. K. : J’ai connu, par un passé très récent, des frondes au sein des majorités. La question pour moi, c’est la capacité de la majorité et du gouvernement à traiter et à entendre ces voix qui soulèvent de vraies questions. Depuis 2003, notre pays a voté sept lois sur l’immigration et s’apprête à en voter une nouvelle. Cela veut dire une loi tous les deux ans sur le sujet.
Alex Vader : Quelle disposition prévoit le texte de loi concernant les procédures pour les mineurs non accompagnés ?
M. G. : A ce stade, ce n’est pas prévu dans ce texte. Le débat parlementaire permettra de l’évoquer.
M. K. : C’est un sujet qui doit être traité dans ce texte, selon moi, et dans des termes différents.
Lola : Le projet de loi semble régressif en matière de droits, on parle beaucoup de répression mais peu d’intégration, pourquoi ?
M. K. : Pour moi, ce texte présente surtout des mesures d’éloignement des demandeurs d’asile déboutés. Le volet intégration n’est pas suffisamment développé. En décembre 2016, Emmanuel Macron louait les « qualifications remarquables » de nombreux migrants. Je regrette ce double discours.
M. G. : D’abord, il y a une raison technique. Ce qui relève d’une meilleure intégration ne relève pas forcément du champ législatif. Le projet de loi comporte tout de même quelques dispositions qui contribuent à une meilleure intégration, comme l’extension du passeport talent, ou la transposition de la directive étudiants-chercheurs afin de mieux accueillir ce public. En dehors du projet de loi, il y a un certain nombre de choses dans le cadre notamment du rapport Taché qui vont viser à mieux intégrer les étrangers qu’on a décidé d’accueillir, comme l’enseignement du français. Nous devons aussi faire en sorte que les étrangers que l’on a décidé d’accueillir en France puissent bénéficier d’un meilleur accompagnement sur le logement et l’emploi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ L’avocat de l’ex-ministre du budget a notamment mis en avant des dossiers du même acabit, dans lesquels les fraudeurs n’ont pas été condamnés à de la prison ferme.
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Eric Dupond-Moretti supplie d’éviter la prison à Jérôme Cahuzac

L’avocat de l’ex-ministre du budget a notamment mis en avant des dossiers du même acabit, dans lesquels les fraudeurs n’ont pas été condamnés à de la prison ferme.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 13h30
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 15h30
    |

            Franck Johannès








                        


Eric Dupond-Moretti avait une mission, épargner la prison à Jérôme Cahuzac ; un objectif, démonter consciencieusement le réquisitoire de l’avocat général qui avait réclamé trois ans ferme contre son client ; et un moyen, rappeler que derrière l’ancien ministre haï, il y avait aussi un type qui n’avait tué personne et qui en bavait déjà depuis cinq ans. L’avocat a su se garder des excès des plaidoiries d’assises, a renvoyé quelques balles bien senties au parquet général et soulevé quelques arguments de bon sens.
C’est Jean-Alain Michel qui a plaidé le premier, mercredi 21 février, au dernier jour du procès en appel de Jérôme Cahuzac, accusé de fraude fiscale et blanchiment. Condamné, le 8 décembre 2016, à trois ans d’emprisonnement et cinq ans d’inéligibilité, l’ancien ministre de budget en risquait sept ; son ex-épouse, Patricia, qui a encore fraudé le fisc davantage que lui, n’a été condamnée qu’à deux ans de prison : une peine aménageable, qu’elle purge avec un bracelet électronique. Tout l’enjeu pour Jérôme Cahuzac est donc d’obtenir une condamnation, qu’il ne conteste pas, de moins de deux ans ferme, même s’il prend plusieurs autres années avec sursis.
Me Michel est un ami de Jérôme Cahuzac, il ne le cache pas. « Je vous ai maudit, monsieur Cahuzac, je t’ai maudit, Jérôme. Pas toi, pas ça, a attaqué l’avocat. Celui qui nous a présentés doit se retourner dans sa tombe. C’est le procès de la trahison, c’est vrai. » 
L’avocat a rappelé le travail de son ami auprès de Claude Evin, l’ancien ministre rocardien, la réforme des officines pharmaceutiques, des radiologues, la loi Evin contre le tabac et l’alcool, et les haines recuites qu’elles ont engendrées : Cahuzac a trouvé un jour sur son paillasson des poches de sang contaminé.
Cahuzac « n’a jamais touché à cet argent »
L’avocat ne doute pas que « la cagnotte » amassée en Suisse devait servir à la campagne de Michel Rocard : « Ça ne peut pas être, en si peu de temps, le fruit de son travail », et il « n’a jamais touché à cet argent ». Le premier ministre limogé, le chirurgien l’a payé cher : « Le poste qui lui était promis à l’hôpital a été supprimé, il a eu un contrôle fiscal dans les quinze jours » – d’ailleurs assez peu efficace, semble-t-il.
Restent les mensonges, « la déclaration suicidaire » devant l’Assemblée nationale : Me Michel a essayé de montrer qu’il ne savait plus comment s’en sortir, en en appelant à Oscar Wilde – « la vérité est rarement pure, et jamais simple » – et à un beau proverbe persan – « donne un cheval à celui qui dit la vérité, il en aura besoin pour s’enfuir ». « Jérôme Cahuzac ne s’est pas enfui », a conclu l’avocat.
C’est le tour de Me Dupond-Moretti. La salle d’audience était trop petite pour accueillir tous les curieux qui se bousculent à la porte. Il a classiquement un peu enfoncé son client pour mieux lui sortir la tête de l’eau. « Jérôme Cahuzac n’est pas un ami, a commencé l’avocat. Quand je l’ai rencontré pour la première fois, il était planqué dans un appartement parisien, avachi sur un canapé, humilié, honteux. Je l’imaginais arrogant, je le maudissais comme citoyen pour ses rodomontades contre les fraudeurs. Il m’a dit, “je n’ai aucune excuse”. » Me Dupond-Moretti : « Vous n’avez tué personne. » Cahuzac : « Si, ma famille et moi-même. »
Liliane Bettencourt et Johnny Hallyday
Comme il n’est pas facile d’attendrir une cour d’appel, Me Dupond-Moretti a ensuite tiré à boulets rouges sur l’avocat général, qu’il a trouvé « gratuitement méchant » : le magistrat avait résumé le passé du prévenu à un mensonge, et son avenir « à une jurisprudence ». Le mot était cruel. La jurisprudence, justement.
« S’il avait pu se débarrasser de ce pognon ! Il l’a traîné comme un boulet » Eric Dupont-Moretti
L’avocat a relevé une douzaine de cas de fraudeurs qui ont distrait au fisc des sommes comparables (450 000 euros dissimulés pour le couple Cahuzac en vingt ans, autour de 200 000 pour le seul ministre) : les peines s’échelonnent de quatre mois avec sursis à un an de prison avec sursis. « Certes, cela ne concerne pas des ministres du budget », a concédé Me Dupond-Moretti, mais il y a trouvé un député, un sénateur, un joueur de football, et même « un procureur qui n’a pas payé d’impôts pendant quatre ans » (sourire à monsieur l’avocat général, dont il a salué la bibliothèque, « que nous avons passée en revue », le magistrat ayant égayé son réquisitoire d’un doigt de Balzac, d’un zeste de Flaubert ou d’une larme de Hugo).

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                Affaire Cahuzac : l’avocat général fustige le « sentiment d’impunité » d’un « Rastignac »



Le parquet général avait justifié la peine réclamée par « la rupture de l’équilibre social ». L’avocat lui a répondu :
« Bien sûr, il est indispensable de faire de la morale publique. Mais est-ce qu’on ne rompt pas l’équilibre social lorsqu’on ne poursuit pas Mme Bettencourt qui a caché 100 millions d’euros dans des paradis fiscaux ? Ou quand on rend un hommage national à une vedette [Johnny Hallyday] qui a changé de nationalité pour échapper à l’impôt ? C’est vrai qu’on a besoin de héros et de donner des coups de pied à ceux qui incarnent le mal absolu. » 
« Lorsqu’il avait triché, qu’est-ce qu’il pouvait faire d’autre que mentir ? soutient Me Dupond-Moretti. Aucun de ceux qui sont allés à la cellule de dégrisement fiscal n’a échappé à l’opprobre, ça aurait été un suicide professionnel. S’il avait pu se débarrasser de ce pognon ! Il l’a traîné comme un boulet. »
L’avocat « ne demande pas la lune » : « Je vous demande même d’aggraver la peine, mais je vous supplie de ne pas l’envoyer en prison. La sanction sociale répond déjà à la peine. Oui, c’est une affaire exceptionnelle, mais il a été exceptionnellement puni. » Et Me Dupond-Moretti a puisé à son tour dans la littérature, avec Bernanos : « La liberté est partout en péril, et je l’aime. Au point qu’elle ne me paraît pas seulement indispensable pour moi, car la liberté d’autrui m’est aussi nécessaire. » Décision le 15 mai.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Laurent Wauquiez n’est pas un cas isolé. Les élus de droite comme de gauche officient volontiers à Sciences Po, à Polytechnique et dans les grandes écoles de commerce.
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Les personnalités politiques sont nombreuses à donner des cours dans les grandes écoles

Laurent Wauquiez n’est pas un cas isolé. Les élus de droite comme de gauche officient volontiers à Sciences Po, à Polytechnique et dans les grandes écoles de commerce.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 12h21
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 13h13
    |

            Eric Nunès








                        



   


Qu’il s’agisse de retoucher leur image auprès des décideurs de demain ou de meubler une traversée du désert, nombreux sont les anciens ministres, députés, sénateurs, hommes ou femmes politiques à faire valoir leur expérience dans de prestigieux établissements d’enseignement supérieur.
Pas d’ostracisme au sein des grandes écoles, les ex-ministres de droite comme de gauche sont les bienvenus. Laurent Wauquiez, président des Républicains et de la région Auvergne-Rhône-Alpes, donnait à l’EM Lyon un module de quatre cours sur les « grands enjeux de société », dont le troisième, le 15 février, a été enregistré puis diffusé par l’émission de TMC « Quotidien », suscitant un tumulte médiatico-politique. « Nous avons aussi bien reçu Cécile Duflot (EELV) que Najat Vallaud-Belkacem (PS) », assure le directeur de cette école de commerce, Bernard Belletante, dans un entretien à l’un des blogueurs du Monde, Olivier Rollot, ajoutant que c’est l’ex-membre du gouvernement de Nicolas Sarkozy qui avait proposé ce cours. Deux autres anciens ministres de droite, François Baroin et Jean-François Copé, y sont, eux aussi, récemment intervenus.

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          Le directeur de l’école où Wauquiez donne des cours défend sa démarche



Pourquoi les politiques ont-ils porte ouverte dans les grandes écoles ? Selon Bernard Belletante : 
« Le management fait partie de la vie sociale. Nos étudiants ne doivent pas être que des techniciens. Nous devons leur apporter également une intelligence émotionnelle, la capacité à rencontrer des personnalités extrêmement différentes. Bien sûr, il y en a toujours qui nous reprochent d’avoir invité telle ou telle personnalité, mais présenter cette pluralité d’opinions fait aussi partie de notre mission. »
Apprentissage indispensable
Une rencontre, voire une confrontation avec un homme ou une femme politique compte parmi les apprentissages indispensables, particulièrement dans les écoles de sciences politiques, de journalisme et de communication. « Nous avons toujours eu des personnalités politiques qui interviennent dans nos cursus », indique Nathalie Bédé, directrice des relations extérieures de l’Ecole supérieure de journalisme (ESJ) de Paris, où Aurélie Filippetti, ancienne ministre de la culture et de la communication de François Hollande, anime, deux heures par semaine, des cours de communication institutionnelle, dont l’un sur la communication de crise.
L’expertise accumulée au plus haut niveau des institutions par ces hommes et ces femmes politiques justifierait leurs collaborations avec l’enseignement supérieur. L’ESCP Europe compte dans ses rangs Nicole Fontaine, ancienne présidente du Parlement européen et ancienne ministre chiraquienne, qui anime notamment des séances de travail sur la construction des directives européennes.
L’école compte aussi parmi ses professeurs un de ses anciens élèves (promotion 1972), chargé d’une quinzaine d’heures de cours sur le leadership : il s’agit de Jean-Pierre Raffarin. L’ancien premier ministre de Jacques Chirac, également sénateur, enseigne aussi à HEC. Laquelle compte également, dans l’équipe enseignante, l’ancien ministre de l’économie François Baroin, qui intervient « dans les domaines de la macro-économie, de la géopolitique et de la gestion de crise », et l’ex-président socialiste de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, chargé de cours de « gouvernance publique ».
Remplir une période de flottement
Enseigner, c’est également une façon de remplir une période de flottement dans une carrière politique, ou d’en accompagner la fin. Nathalie Kosciusko-Morizet, ancienne ministre sarkozyste qui a échoué à prendre la mairie de Paris puis aux élections législatives de 2017, est retournée dans son ancienne école, Polytechnique, pour y donner des cours d’écologie politique.
Dans la même veine, en 2015, Jean-François Copé est devenu chargé de cours à Sciences Po Paris pour une « une introduction au droit international », afin de permettre aux étudiants « d’avoir un regard critique sur les origines et les effets des politiques publiques dans un monde globalisé ». Un bol d’air pour le maire de Meaux, qui venait d’être contraint à démissionner de la tête de l’UMP.

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          Jean-François Copé donne des cours à Sciences Po Paris



Depuis l’alternance politique de 2017, l’école de la rue Saint-Guillaume compte de nouveaux intervenants proches du Parti socialiste : Bernard Cazeneuve, ancien premier ministre, assure un cours sur « la politique de lutte antiterroriste en France à travers l’évolution récente de l’ensemble de ses outils ». Gaspard Gantzer, ancien « spin doctor » de l’Elysée, y apporte également son expérience dans « la communication de crise dans le champ politique ». Personne ne lui reprochera un manque d’expérience. Aurélie Filippetti y assure également plusieurs cours. Toutefois l’institut d’études politiques relativise le poids de ces anciens ministres ou conseillers :
« Les femmes et les hommes politiques figurent parmi les plus célèbres, mais ne représentent qu’une part infime des 4 500 enseignants de Sciences Po. Les taux de satisfaction de nos étudiants concernant leurs cours sont très élevés, et dans les rares cas où l’appréciation des étudiants est décevante, nous le signalons à l’enseignant et, le cas échéant, cessons la collaboration. »
Quid de la rémunération de ses professeurs pour leurs prestations ? Les écoles interrogées ont souhaité conserver la confidentialité.
Quant à l’Essec, où Marisol Touraine a enseigné avant d’être ministre, elle ne compte plus actuellement de personnalité politique dans son corps enseignant. Pour en recruter, la grande école de commerce explique qu’« il faut trouver la personne qui a les compétences nécessaires ». « Dans ce contexte, nous avons eu par le passé des hommes et femmes politiques qui correspondaient à ce que nous cherchions. Ce n’est pas le cas pour le moment, mais il n’y a pas de raison que dans l’avenir, des personnalités politiques n’enseignent pas à nouveau dans nos programmes. » Les portes sont donc partout largement ouvertes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Chronique. L’ancien journaliste d’« On n’est pas couché » vient de créer une formation d’écologie radicale. Après Nicolas Hulot et Noël Mamère, la planète a-t-elle besoin d’un nouveau champion venu de la télé ?
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Il est comme ça… Aymeric Caron


                      Chronique. L’ancien journaliste d’« On n’est pas couché » vient de créer une formation d’écologie radicale. Après Nicolas Hulot et Noël Mamère, la planète a-t-elle besoin d’un nouveau champion venu de la télé ?



Le Monde
 |    21.02.2018 à 12h15
    |

            Philippe Ridet








   


On ne saurait avoir réponse à tout. À peine la tribune d’Aymeric Caron, journaliste de télévision et essayiste, annonçant la naissance de sa formation d’écologie radicale, REV (Rassemblement des écologistes pour le vivant), était-elle mise en ligne le 8 février à 9h09 exactement sur le site du Monde qu’une première réaction tombait.
Elle émanait d’une association charentaise appelée Rapasse : « Comment, écrit son auteur, cette nouvelle organisation se positionne-t-elle sur (…) la destruction d’espèces protégées dans les parkings éoliens, (…) les chiroptères (barbastelle, noctule) et amphibiens (crapaud sonneur à ventre jaune) et loutre ? »

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Oui, comment ? Insistons-nous à notre tour. Mais Aymeric Caron n’a toujours pas répondu, s’en tenant à des généralités. Militant antispéciste de longue date, c’est-à-dire qui refuse la supériorité de l’homme sur l’animal, végétarien depuis l’âge de 20 ans (il en a 46), dessinateur et chanteur à ses heures perdues (mais cela n’a rien à voir), il préfère fustiger « l’écologie molle » d’EELV et compatir au sort des « 70 milliards d’animaux non humains terrestres » et aux « 1 000 milliards d’animaux marins » que nous dévorons chaque année « pour satisfaire nos estomacs ».
D’accord mais la question c’est : les chiroptères, les amphibiens et les loutres ? Avouez que vous n’êtes pas très à l’aise, hein ? Que prévoyez-vous pour eux dans votre programme, M. Caron ? Répondez !
Combatif ou hargneux ?
Pourtant, il n’y a pas si longtemps, de 2012 à 2015, sur le plateau d’« On n’est pas couché », c’est lui qui harcelait les hommes et les femmes illustres de notre époque jusqu’à ce qu’il obtienne une réponse à laquelle il prêtait par ailleurs peu d’intérêt. « Je n’ai pas envie de vous entendre », lança-t-il un soir à l’un d’eux, résumant ainsi sa définition de l’interview.
Quelques esclandres avec Caroline Fourest, BHL, Bernard Kouchner, Éric Zemmour (liste non exhaustive) lui firent une réputation contestée de journaliste intègre et debout quand tous les autres seraient courbés et corrompus. Il tiendrait sa rigueur morale d’une mère protestante et néerlandaise et d’un père instituteur et boulonnais (Pas-de-Calais).

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                Aymeric Caron et sa « République du vivant » au secours des animaux



Mais, d’abord considéré comme combatif, il finit par passer pour hargneux, l’impertinent devient arrogant, lassant même ceux qui le payaient pour l’être. En 2015, il quitte l’émission, à moins que ce ne soit le contraire. À voir le best of de ses entretiens sur Internet, on finit par se prendre de sympathie pour ses victimes. Un comble !
Les animaux terrestres et marins auront-ils plus de chance avec cet avocat aux cheveux poivre et sel, à la barbe de Messie ? Aymeric Caron avait 12 ans lorsque le sort d’un agneau bêlant promis à la boucherie l’émut (d’autres sources évoquent son lapin préféré, Lustucru, qui faillit finir en civet) jusqu’aux tréfonds de son âme tendre. Au même âge, il décida de devenir journaliste.
L’écologie, déjà défendue par deux hommes de télévision, Noël Mamère et Nicolas Hulot, gagnera-t-elle à être promue par un troisième ? Dans une vidéo visible sur le site du journal suisse Le Matin, Aymeric Caron développe son programme : la semaine de 12 à 17 heures, le revenu universel, le contrôle des naissances et la conquête d’autres planètes pour lutter contre la surpopulation. On se demande si on ne le préférait pas en journaliste. En attendant, la question reste sans réponse : et le crapaud sonneur à ventre jaune ?



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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Editorial. Les partenaires sociaux devraient parvenir, mercredi 21 février, à un compromis sur la réforme de la formation professionnelle. Mais celui-ci pourrait bien ne pas correspondre au « choc de simplification » voulu par Macron.
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Formation professionnelle, le big bang attendra

Editorial. Les partenaires sociaux devraient parvenir, mercredi 21 février, à un compromis sur la réforme de la formation professionnelle. Mais celui-ci pourrait bien ne pas correspondre au « choc de simplification » voulu par Macron.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 12h07
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 12h12
   





                        


Editorial du « Monde ». Au terme de trois mois de négociations et de douze rencontres, les partenaires sociaux devraient parvenir, mercredi 21 février, à un compromis sur la réforme de la formation professionnelle. Sauf surprise de dernière minute, le premier accord national interprofessionnel depuis l’élection d’Emmanuel Macron, avalisé par les organisations patronales et syndicales – à l’exception de la CGT qui, comme sur tous les sujets, se situe hors du jeu –, devrait voir le jour.
Lorsqu’il était candidat, le président de la République avait préconisé, après avoir chamboulé par voie d’ordonnances le code du travail, un « choc de simplification » et une remise à plat du système de formation continue, jugé trop coûteux, trop complexe et peu efficace. Rien n’indique que ces objectifs, rappelés dans la feuille de route de la ministre du travail, Muriel Pénicaud, auront été atteints.

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                Formation : vers un accord entre partenaires sociaux



Le document, d’une cinquantaine de pages, qui a été laborieusement élaboré par les partenaires sociaux, s’inscrit dans la continuité du précédent accord de 2014. En d’autres termes, il ne contient aucun bouleversement. Il prévoit que le compte personnel de formation (CPF), entré en vigueur début 2015, et qui a financé plus de 576 000 stages en 2017, fera du salarié l’« acteur de son projet professionnel ». Il pourra l’utiliser durant son temps de travail, ou en dehors, « sans l’autorisation de son employeur ».
Des points de désaccord subsistent
Un « CPF transition professionnelle » remplacera le congé individuel de formation et offrira des formations longues pour les salariés qui désirent changer de métier. Un « véritable droit à l’accompagnement, gratuit, accessible facilement », doté de 260 millions d’euros par an, financés par les entreprises, sera instauré pour épauler les actifs qui souhaitent une évolution professionnelle. Et un financement est prévu pour la formation des chômeurs.
Cette réforme ne va pas rendre le système de formation continue plus coûteux. Mais il ne le sera pas moins. Avec ce nouveau dispositif, toujours d’une grande opacité, on est loin du « choc de simplification », voire du « big bang », attendu par M. Macron. Et c’est là où le bât blesse. Le président n’est pas un adepte de la démocratie sociale chère à François Hollande et il n’attache pas une grande importance aux corps intermédiaires.
Sous le quinquennat précédent, en 2013 comme en 2014, les accords nationaux interprofessionnels étaient fidèlement repris par la loi. Telle n’est pas la méthode de M. Macron, qui a consenti à une négociation mais en refusant de s’engager à en reprendre les résultats. Or des points de désaccord subsistent. Il en est ainsi de la mesure du CPF. Le gouvernement voulait qu’elle ne soit plus exprimée en nombre d’heures de formation mais en euros. Il n’a pas été suivi, comme sur l’évaluation des formations, où les partenaires sociaux, soucieux de préserver leur pré carré, n’ont pas voulu s’en remettre à une agence indépendante.
Alors que l’autre négociation en cours, sur l’assurance-chômage, a toutes les chances de capoter, M. Macron ne peut pas politiquement balayer d’un revers de la main un accord entre la majorité des syndicats et le patronat. Mais, jugeant cette réforme inachevée, il va probablement choisir ses plats dans le menu proposé et en rajouter d’autres plus à sa convenance. Au risque d’irriter les partenaires sociaux, il va ainsi rappeler que le dernier mot doit rester à la loi. Telle qu’il la conçoit.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Les sénateurs communistes et des syndicats de personnels et d’étudiants avaient déposé des demandes de suspension, dénonçant la « sélection » à l’entrée des études supérieures.
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Le Conseil d’Etat rejette les demandes de suspension de la plate-forme Parcoursup

Les sénateurs communistes et des syndicats de personnels et d’étudiants avaient déposé des demandes de suspension, dénonçant la « sélection » à l’entrée des études supérieures.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 14h45
   





                        


Le Conseil d’Etat a rejeté, mardi 20 février, les demandes de suspension de la nouvelle plate-forme d’inscription dans le supérieur, Parcoursup, qui remplace Admission post bac. Le juge des référés « estime que la condition d’urgence à laquelle est notamment subordonné le prononcé d’une mesure de suspension n’est pas remplie », déclare le Conseil d’Etat dans un communiqué.
Une suspension de l’arrêté du 19 janvier, qui a permis la mise en œuvre de Parcoursup, « entraînerait de graves perturbations, tant pour les futurs étudiants que pour les autorités académiques », et « pourrait compromettre le bon déroulement de la rentrée universitaire 2018-2019 dans le premier cycle de l’enseignement supérieur ».
Les demandes de suspensions émanaient des sénateurs du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste (CRCE), ainsi que du Snesup-FSU, premier syndicat des personnels de l’enseignement supérieur, et de syndicats étudiants (UNEF et Solidaires) et lycéens, qui dénonçaient une « sélection » des étudiants. Ils accusaient la plate-forme de « procéder à une sélection des futurs étudiants, les privant d’accéder à une formation de premier cycle de l’enseignement supérieur dans l’établissement de leur choix, en méconnaissance du principe de libre accès à l’université ».
Le traitement des données critiqué
Ils reprochaient également au nouveau portail de permettre « de demander aux candidat-e-s des données sur leur parcours extrascolaire (CV, activités sportives et artistiques, attestations de formations diverses, etc.) » en plus des informations habituelles. Une critique balayée par le Conseil d’Etat, qui répond que le traitement de données à caractère personnel « a pour seule finalité le recueil des vœux des étudiants » et que ces informations seront supprimées après le 2 avril.
Le premier syndicat étudiant, la FAGE, qui avait retiré son soutien au projet de réforme créant Parcoursup, s’est de son côté déclarée « rassurée », mardi, après un entretien avec la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal. Elle avait dénoncé le fait que la version finale du projet de loi prévoit de fixer le nombre de places dans chaque formation en s’appuyant notamment sur les « perspectives d’insertion professionnelle ». Dans un communiqué, la FAGE indique avoir obtenu de la ministre « des précisions réglementaires afin de sécuriser la définition des capacités d’accueil et garantir leur augmentation mécanique ».

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                La réforme de l’accès à l’université définitivement adoptée






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Si des villes comme Paris ou Lyon accueillent des populations riches et pauvres, les banlieues affichent, en revanche, des taux de ségrégation non négligeables.
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Ségrégation sociale : les villes-centres sont plutôt mixtes

Si des villes comme Paris ou Lyon accueillent des populations riches et pauvres, les banlieues affichent, en revanche, des taux de ségrégation non négligeables.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 11h18
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 11h29
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        



                                


                            
Mesurer la ségrégation urbaine et la mettre en équations, c’est ce que tente de faire Jean-Michel Floch, économiste, dans un dossier de la revue Economie et statistiques de l’Insee, paru le 7 février. Son indicateur de ségrégation prend en compte la répartition des niveaux de vie dans des quartiers, découpés en carrés de 500 mètres de côté, de douze grandes aires urbaines françaises : Paris, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Nice, Bordeaux, Nantes, Strasbourg, Rennes, Grenoble et Montpellier.
Le niveau de vie d’un ménage est, rappelons-le, son revenu net, déduction faite des impôts et en incluant les aides sociales, par unité de consommation (UC). Le premier adulte vaut une unité, toute autre personne de plus 14 ans 0,5, et un enfant de moins de 14 ans vaut 0,3 unité. Exemple : un couple avec deux enfants âgés de 17 et 12 ans totalisera 2,3 unités de consommation. L’indicateur de ségrégation de M. Floch varie de zéro, lorsque les différents groupes sociaux sont également répartis dans chaque carré, à 1 si la ségrégation entre ces carrés est extrême car ils n’accueillent que des riches ou que des pauvres.
Première conclusion de l’économiste : les villes-centres sont plutôt mixtes. Paris, avec un indice de ségrégation de 0, 077, ou Lyon, à 0,066, accueillent ainsi des riches mais aussi des pauvres. A Paris, le niveau de vie médian est particulièrement élevé, à 26 015 euros, alors que la moyenne nationale s’établit à 19 786 euros (selon des données de 2012).
Les foyers aisés sont surreprésentés dans la capitale, où 42 % de la population se situe dans les 20 % les plus riches du pays, mais le taux de pauvreté y est aussi fort, à 16 %, contre 14 % de moyenne nationale. Entre les deux, les classes moyennes, elles, disparaissent, et l’on assiste à une dualisation entre des ménages aisés à fort pouvoir d’achat qui cohabitent avec des employés dans les activités de service, à faibles salaires.
« Phénomène de clubisation »
Les banlieues...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Patronat et syndicats discutent sur un texte visant à « rendre le salarié acteur de son projet professionnel ».
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Formation : vers un accord entre partenaires sociaux

Patronat et syndicats discutent sur un texte visant à « rendre le salarié acteur de son projet professionnel ».



Le Monde
 |    21.02.2018 à 11h15
    |

            Sarah Belouezzane et 
Bertrand Bissuel








                        



                                


                            

Quatorze rencontres pour parvenir à un compromis ? Mercredi 21 février, le patronat et les syndicats devaient tenir une ultime séance de négociations consacrées à la réforme de la formation professionnelle. A l’issue de leurs précédents échanges, le 16 février, les protagonistes – à l’exception de la CGT – avaient laissé entendre qu’ils étaient plutôt enclins à conclure par un « deal » le cycle de discussions ouvert en novembre 2017. Mais à la veille de la réunion de mercredi, la prudence continuait de prévaloir, chez certaines organisations de salariés : « Nous nous prononcerons une fois que nous aurons eu connaissance de la dernière version du projet d’accord », confiait Yvan Ricordeau (CFDT). Subsiste une autre inconnue de taille : le gouvernement va-t-il reprendre à son compte, partiellement ou intégralement, la copie des partenaires sociaux, si ceux-ci trouvent un terrain d’entente ? Ou va-t-il, au contraire, s’en détourner, la jugeant trop peu ambitieuse par rapport à la feuille de route initiale ?
Le texte mis sur la table, mercredi, ne contient pas de bouleversements majeurs par rapport aux moutures antérieures. L’un des objectifs visés consiste à rendre le « salarié acteur de son projet professionnel », grâce au compte personnel de formation (CPF). Entré en vigueur début 2015, ce dispositif suit chaque individu tout au long de sa carrière et accumule, année après année, un capital de crédit d’heures de formation. En 2017, il a servi à financer un peu plus de 576 000 stages, contre près de 210 000 en 2015 et 495 000 l’année suivante. L’exécutif entend aller plus loin, en facilitant l’accès au CPF, par le biais du numérique ; le but est qu’il devienne un droit, laissé à la main des individus, afin que ceux-ci puissent payer la formation qu’ils ont choisie.
Optique d’une reconversion
Le projet d’accord présenté mercredi s’inscrit dans cette orientation en réaffirmant que le salarié « peut (…) mobiliser »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Le Sénat examine mercredi une proposition de loi visant à « mieux encadrer » ce secteur aux marges du système éducatif mais en expansion.
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L’école privée hors contrat s’invite de nouveau dans le débat politique

Le Sénat examine mercredi une proposition de loi visant à « mieux encadrer » ce secteur aux marges du système éducatif mais en expansion.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 11h09
    |

                            Mattea Battaglia








                        



                                


                            
Ils accueillent une part très marginale d’élèves – 65 000 recensés en 2017, sur un total de 12 millions –, mais nourrissent des débats politiques qui survivent aux alternances. Mercredi 21 février devait être examiné au Sénat, dans le cadre de la niche centriste, une proposition de loi visant à « simplifier et mieux encadrer le régime d’ouverture des établissements privés hors contrat », indique la sénatrice UDI Françoise Gatel, qui en est l’initiatrice.
Quasiment un an après que le Conseil constitutionnel a censuré l’article 14 de la loi égalité et citoyenneté portée par Najat Vallaud-Belkacem, visant à durcir le régime d’ouverture de ces écoles qui fleurissent en marge du système éducatif, une soixantaine de sénateurs du centre et de la droite entendent de nouveau porter le sujet sous le feu des projecteurs.
S’ils ne reprennent pas l’idée phare de l’ex-ministre de l’éducation – remplacer le régime de déclaration par un régime d’autorisation préalable à l’ouverture d’un établissement –, ils peuvent se prévaloir du soutien de son successeur, Jean-Michel Blanquer. Au point que les tenants de la « liberté scolaire », comme ils se définissent eux-mêmes, hostiles à l’initiative sénatoriale, dénoncent un « texte écrit Rue de Grenelle plutôt qu’au Palais du Luxembourg ».
« Renforcer le cadre »
Invité de « L’Emission politique » le 15 février sur France 2, Jean-Michel Blanquer a, de fait, nettement soutenu la démarche. « Quand elle aura réussi, nous aurons un outil juridique pour aller dans le bon sens », a-t-il expliqué. Quel sens ? Du point de vue de la méthode, les tentatives de réforme avancées à un an d’intervalle diffèrent fortement, fait valoir Mme Gatel. La sénatrice d’Ille-et-Vilaine connaît bien son dossier : rapporteuse de la loi égalité et citoyenneté, en 2016, elle s’était élevée contre l’« inconstitutionnalité » du projet tel que défendu par la gauche.
« On peut renforcer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Les nouveaux partisans de la monarchie ne dégainent pas l’épée mais les tweets, pages Facebook ou vidéos YouTube pour conquérir les jeunes internautes. Mais aussi se livrer bataille entre eux.
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Youtubeurs, « mèmes » et tweets cinglants… la féroce bataille des royalistes sur Internet

Les nouveaux partisans de la monarchie ne dégainent pas l’épée mais les tweets, pages Facebook ou vidéos YouTube pour conquérir les jeunes internautes. Mais aussi se livrer bataille entre eux.





Le Monde
 |    21.02.2018 à 11h03
    |

                            Bruno Lus





A droite, un casque de moto noir en guise de presse-livres — biographie de Guillaume le Conquérant, essai sur l’histoire de France et Charles Maurras en bonne place dans la bibliothèque. A gauche, deux drapeaux entremêlés : un français, et un bleu à fleurs de lys. Plus haut, une affiche au slogan évocateur (et anglophile) : « Make France royal again ! » Bienvenue sur la chaîne YouTube de l’Action française (AF), mouvement politique nationaliste et royaliste d’extrême droite, qui compte plus de 3 600 abonnés.
« Chez nous, on préfère sainte Jeanne à Marianne la salope ! »
Formules d’intro — « Salut camarade ! C’est Antoine Berth, porte-parole de l’Action française » — et de fin — « Et n’oubliez pas que demain nous appartient ! » — bien rodées, youtubeur face caméra, gestuelle expressive, montage dynamique… Antoine Berth verse également dans la formule vulgaire — « Chez nous, on préfère sainte Jeanne à Marianne la salope ! » —, et n’oublie surtout pas de rappeler : « Vous pouvez continuer à nous suivre sur Twitter, Facebook et Instagram ; vous pouvez partager la vidéo, la “liker”, et nous mettre vos questions dans les commentaires. » Tous les codes des youtubeurs actuels sont réunis dans une série de vidéos politiques, nommée « Vox AF », au service de la cause royaliste.

   


L’initiative est loin d’être isolée : le Web regorge de pages Facebook, fils Twitter ou photomontages (« mèmes ») à la gloire de la monarchie, qui exploitent tous les codes du Web pour séduire les internautes. Antoine Berth confirme : depuis la fin de la parution du journal L’Action française, début février, « Internet est devenu le principal canal de diffusion des informations de l’AF ». Une stratégie qui, selon lui, porte ses fruits : « On a beaucoup gagné en visibilité. Nous recrutons énormément sur les réseaux sociaux ! » Le mouvement est suivi par 9 000 personnes sur Twitter et 21 000 sur Facebook.
« Je connais des gens qui me suivaient sur Twitter et qui sont venus aux conférences de l’AF par curiosité », raconte Brousse Royco, graphiste du mouvement. L’étudiant en histoire de 22 ans loue cette révolution numérique. « Il y a trois ans et demi, on était quatre membres dans la section de Bordeaux. Maintenant, on est une cinquantaine », affirme-t-il. Son compte Twitter illustre parfaitement cette reprise de la culture web à la sauce royaliste, dispensant un florilège de montages à ses 1 500 abonnés.

https://t.co/4k7fFY4MJO— BrousseRoyco (@Brousse Royco)


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« Avant il y avait les tracts, maintenant ce sont les mèmes »
En moins de six mois, la page Facebook Mèmes royalistes a récolté plus de 20 000 « j’aime » — et 3 000 abonnés sur Twitter. Au programme : humour politique, antirépublicain, nationaliste, parfois à connotation raciste ou simplement « lol »… Brousse Royco, lui-même contributeur de la page, explique : « Mèmes royalistes compte environ quinze personnes. Des anars, des sympathisants de droite, des fans de l’époque médiévale. Ils reprennent les codes du [forum] 18-25 de Jeuxvideo.com. »
Brousse Royco réfute tout lien avec le « 18-25 » de Jeuxvideo.com
Ce forum français ultra-actif et très populaire est fréquenté par de nombreux jeunes, et régulièrement controversé pour des affaires de cyberharcèlement ou encore le soutien massif et « trollesque » au nationaliste Henry de Lesquen, récemment condamné pour contestation de crimes contre l’humanité et provocation à la haine raciale. Brousse Royco réfute cependant tout lien avec le « 18-25 ». Mais, signe d’une perméabilité entre la galaxie royaliste et l’humour de Jeuxvideo.com, les membres de ce forum cherchent à connaître l’identité des administrateurs de Mèmes royalistes, qu’ils pensent être des leurs.
On croise aussi çà et là sur cette page des clins d’œil à Pepe the Frog, grenouille récupérée par l’alt-right américaine, contre l’avis de son créateur, utilisée comme signe de ralliement pour soutenir Donald Trump pendant sa campagne présidentielle.
« On divertit pour susciter la curiosité de la jeunesse, dit Brousse Royco. Mais on considère qu’il n’y a pas de légitimité à militer dans le virtuel si on ne le fait pas dans la réalité. A l’AF, on est dans l’action politique concrète. » Antoine Berth tient à le rappeler :
« Les montages et le “trolling” sur Internet viennent d’initiatives personnelles, qui ne sont pas portées par l’AF. Mais la pop culture fonctionne vachement bien. Avant il y avait les affiches, les tracts, les autocollants… maintenant, ce sont les mèmes ! »



« L’humour cynique du troll est dans l’air du temps, estime André Mondoux, chercheur en médias socionumériques à l’université du Québec à Montréal. Il consiste à ne respecter aucune valeur et à hyperindividualiser, en cherchant l’approbation symbolique par le “like”. C’est la dissolution du politique. » Mais, derrière l’apparente force de frappe monarchiste « trollesque » sur Internet, se cache un conflit pluriséculaire.
Des royalistes divisés
Deux prétendants au trône de France : Louis XX et Jean d’Orléans
Car les royalistes ne défendent pas que l’idée monarchique : ils se livrent aussi une guerre en ligne. Si certains se posent encore la question, nombre d’internautes favorables au retour d’un roi soutiennent l’un des deux prétendants actuels au trône de France : Louis de Bourbon, lointain descendant de Louis XIV, qui régnerait sous le nom Louis XX, ou Jean d’Orléans (et son père, Henri VII, comte de Paris, héritier de Louis-Philippe). Depuis plus de trois siècles, la guerre pour la légitimité fait rage entre procès, scandales et traités historiques. Une querelle qui se traduit aujourd’hui sur les réseaux sociaux.
Chez les partisans de Louis XX, on met le paquet sur YouTube et ses codes. Une chaîne entière baptisée « Légitimoscopie », des tutoriels face caméra, avec un montage épique, ou façon draw my life (un type de vidéo dessinée au marqueur, qui a connu ses heures de gloire sur la plate-forme).

   


Stéphanie de Tournon, fondatrice du Bourbon Club, une structure organisatrice d’événements pro-Louis XX, affirme que les fans de Louis de Bourbon n’ont pas de stratégie numérique coordonnée, que « chacun publie ce qu’il veut ». Sur Facebook, son club n’hésite pas à mettre en scène la jeunesse, des montages pour célébrer le « panache » du roi ou son « couple heureux ». La communication est assez lisse et peu ancrée dans les codes humoristiques propres au Web.
A l’inverse des Orléans, massivement représentés par l’Action française. Ambiance très différente chez eux : plus de pages Facebook, une culture web plus présente et des militants plus jeunes. « Certains défenseurs de Louis XX produisent des contenus de fond, reconnaît Antoine Berth. Mais souvent, ils nous copient. Ils sont à la traîne. » Rare fait d’armes du camp Louis de Bourbon pour tenter de combler le retard, une pâle copie de Mèmes royalistes. Avec à peine 400 abonnés, la page est un flop ; au risque de se laisser dépasser.
« Grâce à des initiatives un peu “lol”, on renverse la vapeur en débauchant d’anciens soutiens de Louis XX », affirme Antoine Berth. Difficile à prouver. Quoi qu’il en soit, pour eux, l’attaque est à l’ordre du jour. Rien n’est épargné à Louis XX — largement moqué pour son accent espagnol — et ses soutiens. Ces derniers sont surnommés « Célestin », personnage fictif du 18-25, timoré, asocial et peu doué avec les femmes. Mais aussi « pépitistes » — Louis XX étant surnommé « Pépito », en raison de ses origines — ou « tradi mytho péchu rRoyco (TMPR) », sigle qui désigne les adolescents « petits-bourgeois » hypocritement bigots.




Les Jean-Célestin qui ne se sentent plus... #TMPR https://t.co/lCdQjdQCrL— BrousseRoyco (@Brousse Royco)


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Même le mot-clé #TeamLouisXX est phagocyté par l’AF. Ce qui donne lieu a des altercations — habituelles sur les réseaux sociaux — couleur blanc royal :

@LysArdent @de_salvandy @BVoltaire Quel rapport ?

— Antoine_Berth (@Antoine Berth)


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« Quand je vois des commentaires de trolls, je ris ! Et je ne réponds jamais », se félicite Stéphanie de Tournon. Utiliser le Web pour convaincre de nouveaux adeptes ?
« Avec Louis XX, nous n’avons pas à aller à la pêche. Les jeunes de mon entourage hallucineraient qu’on puisse se moquer d’un accent. Que les pro-Orléans s’attaquent à ça prouve qu’ils n’ont rien d’autre à critiquer. Nous, on ne se donne pas la peine de répondre à des arguments dignes d’un passé vichyste ! »
Plaisanterie, règlement de comptes ? Dans ce petit monde royaliste, la frontière est ténue. « De la pulsion au clic, il y a un très petit Rubicon souvent franchi. On est dans une arène où l’altérité est forcément vue comme néfaste », analyse André Mondoux.
La guéguerre à qui aura le plus de retweets est l’arbre qui cache la forêt. « On chambre les “pépitistes” qui se disent royalistes après avoir fait un peu de scoutisme. Mais le véritable ennemi, c’est la République », déclare froidement Brousse Royco. Une idée aussi partagée par les soutiens de Louis XX. Antoine Berth enfonce le clou : « Cette division nuit beaucoup à l’efficacité du mouvement. » Et d’asséner, dans un éclat de rire : « Je préfère le pire des partisans de Louis XX au meilleur des républicains ! »




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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Question de droit social. Même si ce mode d’organisation, plébiscité par les collaborateurs, a le vent en poupe, toute improvisation de la part des entreprises est fortement déconseillée.
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Mettre en place le télétravail ?

Question de droit social. Même si ce mode d’organisation, plébiscité par les collaborateurs, a le vent en poupe, toute improvisation de la part des entreprises est fortement déconseillée.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 10h30
    |

                            Jean-Emmanuel Ray (Professeur à l'école de droit de Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            
Chronique. Routes enneigées l’hiver, circulation alternée l’été, transports épuisants pour les banlieusards… mais aussi pour attirer les jeunes « talents » surdiplômés pour lesquels travailler ailleurs qu’au bureau est un droit naturel : le télétravail a le vent en poupe. Refondé par l’ordonnance du 22 septembre 2017 voulant banaliser ce mode d’organisation plébiscité par les collaborateurs, son régime vient d’être modifié sur deux points par le projet de loi de ratification définitivement adopté, mercredi 14 février.
L’ancien texte énonçait que « le télétravail est mis en place dans le cadre d’un accord collectif ou, à défaut, dans le cadre d’une charte élaborée par l’employeur après avis du comité social et économique ». Ce qui est logique, car ce nouveau droit individuel a un impact évident sur le collectif de travail, surtout au pays de l’égalité jalouse où les collègues comparent leurs avantages.
Premier changement : un quatrième alinéa a été ajouté à l’article L.1222-9, supprimant cette obligation d’un cadre collectif, négocié ou unilatéral. « En l’absence d’accord collectif ou de charte, lorsque le salarié et l’employeur conviennent de recourir de manière occasionnelle au télétravail, ils formalisent leur accord par tout moyen » : le télétravail peut donc aussi être institué en dehors de toute norme collective.
Sanctions dissuasives
Mauvaise idée pour les grandes entreprises : car gérer hier au cas par cas vingt cadres télétravailleurs très autonomes habitués à travailler partout ne pose pas les mêmes problèmes organisationnels que lorsque des centaines de collaborateurs, nettement moins autonomes et sans expérience du télétravail, veulent s’y mettre. Pour fixer la liste des postes éligibles au télétravail et les essentiels critères ad hoc, une règle objective car collective est indispensable, et le consensus évite le contentieux.
au-delà des problèmes classiques de connexion,...



                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Après le jeu de massacre des primaires du Parti socialiste et des Républicains, puis la « révolution Macron », plusieurs figures ont quitté le jeu politique pour entrer – ou revenir – dans le monde de l’entreprise.
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Sarkozy, Fillon, « NKM », Raffarin, Chatel, Pellerin… Ces ténors qui abandonnent la politique

Après le jeu de massacre des primaires du Parti socialiste et des Républicains, puis la « révolution Macron », plusieurs figures ont quitté le jeu politique pour entrer – ou revenir – dans le monde de l’entreprise.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 10h21
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 10h25
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            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Tous ou presque étaient entrés en politique avec la certitude qu’ils finiraient leur carrière… en politique. Le jeu de massacre des primaires du Parti socialiste et des Républicains, puis la « révolution Macron » à l’élection présidentielle de 2017 ont balayé ces espoirs et détruit bien des ambitions. Au terme de cette sélection darwinienne, plusieurs figures ont quitté le jeu politique pour entrer – ou revenir – dans le monde de l’entreprise.
Dernière transfuge : Nathalie Kosciusko-Morizet. A 44 ans, l’ex-ministre de l’écologie de Nicolas Sarkozy et candidate malheureuse à la primaire de la droite a rejoint la direction de Capgemini, le géant des services informatiques. Installée à New York, cette polytechnicienne pilotera des activités dans la cybersécurité des entreprises. Après son cuisant échec à la présidentielle, François Fillon n’avait pas d’autre choix que de « tourner la page de la politique » ? Il l’a fait à 63 ans en devenant, en septembre 2017, l’un des 30 associés de Tikehau Capital, une grosse société de gestion d’actifs qui profitera de son riche carnet d’adresses. « Je reconstruis ma vie autrement, mais je reste en alerte devant les grands défis du monde », confiait-il au Figaro en novembre 2017, en annonçant la création d’une « fondation pour la coexistence des minorités, dont les Chrétiens d’Orient ».

« Besoin d’oxygénation »
Il y a un an, Nicolas Sarkozy s’est fait tailler un poste d’administrateur sur mesure par son ami Sébastien Bazin, PDG du groupe Accor, dont il préside le comité de stratégie internationale. Venu de L’Oréal, où il avait passé douze ans avant son élection à l’Assemblée nationale, Luc Chatel est revenu dans le privé à 53 ans. « Je savais qu’un jour je retournerais dans l’entreprise », a confié l’ancien ministre de l’éducation nationale, avouant avoir « ressenti un besoin d’oxygénation ». Jean-Pierre Raffarin a quitté « quarante ans de vie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Les étudiants de l’Ecole publique de journalisme de Tours (EPJT) ont rassemblé, pour le blog Factoscope, des vérifications d’assertions de responsables politiques sur l’immigration depuis dix-huit mois.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Le projet de loi « pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif » doit être présenté mercredi en conseil des ministres. Marie Guévenoux (LRM) et Marietta Karamanli (PS) ont répondu à vos questions.
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