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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Jean-David Chamboredon, Rachel Delacour et Fleur Pellerin, responsables de France Digitale, mettent en garde le gouvernement dans une tribune au « Monde » contre la tentation protectionniste qu’impliquerait l’extension du « décret Montebourg » au secteur des hautes technologies.
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« Il ne peut y avoir de champions du numérique français sans alliés étrangers »

Jean-David Chamboredon, Rachel Delacour et Fleur Pellerin, responsables de France Digitale, mettent en garde le gouvernement dans une tribune au « Monde » contre la tentation protectionniste qu’impliquerait l’extension du « décret Montebourg » au secteur des hautes technologies.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 18h00
    |

Jean-David Chamboredon, Rachel Delacour et Fleur Pellerin (Responsables de l’association France Digitale)







                        



                                


                            

Tribune. Le premier ministre a affirmé récemment sa volonté d’étendre le décret dit « Montebourg ». Nous tenons ici à exprimer nos plus vives inquiétudes.
Nous partageons la volonté du premier ministre de voir grandir en Europe des champions du numérique, mais nous l’invitons également à éviter une nouvelle « affaire Dailymotion », qui heurterait durablement l’attractivité de nos start-up.

Les investissements étrangers sont un levier nécessaire à la croissance et l’internationalisation des start-up. Au premier semestre 2017, les cinq plus importants investissements dans les start-up françaises ont été réalisés en co-investissement avec des fonds étrangers, selon le Baromètre EY du capital risque en France.
Il ne faudrait pas que le décret réduise à néant les efforts accomplis pour améliorer l’attractivité de notre pays
Les investisseurs internationaux basés à Londres, Berlin, New York, voire Moscou ont redécouvert l’Hexagone depuis la belle entrée en bourse de Criteo (fin 2013) et ont, depuis, été les chefs de file de plus de 60 % des gros tours de tables réalisés par nos start-up. Un sursaut protectionniste prendrait totalement à contre-courant cette dynamique.
De même, les acquisitions de sociétés technologiques par des acteurs internationaux ont le double bénéfice de permettre le recyclage de la création de valeur dans l’écosystème de l’innovation technologique et, dans une vision post-Brexit, de favoriser l’implantation en France de sièges sociaux par ces acquéreurs internationaux.

Il est légitime de protéger nos innovations contre les prédateurs, mais gardons à l’esprit qu’il ne peut y avoir de champions du numérique français sans alliés étrangers. Cela fait partie de la vie quotidienne d’une économie mondialisée, et il ne faudrait pas que le décret isole nos start-up ou réduise à néant les efforts accomplis pour améliorer l’attractivité de notre pays.
Protection contre le « pillage »
Sans...




                        

                        


<article-nb="2018/02/21/19-2">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Rencontre avec le grand philosophe allemand chez lui, à Starnberg, alors que Gallimard publie deux recueils et une biographie.
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En compagnie de Jürgen Habermas

Rencontre avec le grand philosophe allemand chez lui, à Starnberg, alors que Gallimard publie deux recueils et une biographie.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 16h01
    |

            Nicolas Weill








                        



                                


                            
Parcours I (1971-1989). Sociologie et théorie du langage. Pensée postmétaphysique, de Jürgen Habermas, traduit de l’allemand par Christian Bouchindhomme, Frédéric Joly et Valéry Pratt, édité par Christian Bouchindhomme, Gallimard, « NRF Essais », 576 p., 24 €. 
Parcours II (1990-2017). Théorie de la rationalité. Théorie du langage, de Jürgen Habermas, traduit de l’allemand par Christian Bouchindhomme, Frédéric Joly et Valéry Pratt, édité par Christian Bouchindhomme, Gallimard, « NRF Essais », 656 p., 26 €. 

En Allemagne, l’usage universitaire réserve l’appellation de « philosophe » à une dizaine d’auteurs éprouvés et, de préférence, disparus (Platon, Kant, Hegel, etc.). Mais comment la disputer à Jürgen Habermas tant celui-ci, à 88 ans, synthétise à lui seul toute une tradition philosophique allemande qui, en dépit de l’histoire, maintient résolument un ancrage, certes critique, dans la capacité des Lumières et de la raison à guider notre vie ?
Les deux volumes d’écrits qui paraissent aujourd’hui montrent l’extrême diversité des thèmes abordés par l’intellectuel, mais aussi la cohérence de son itinéraire
Les salles plus que combles qui accueillent chacune de ses apparitions publiques ; l’écho international de ses tribunes, parfois sarcastiques mais toujours incroyablement documentées, qu’il distille dans la presse depuis les années 1950, tout en se défendant de jouer le rôle de maître-penseur ou de praeceptor Germaniae (« précepteur de l’Allemagne ») qu’on lui prête parfois ; ses adoubements discrets aux hommes politiques qui prétendent se réclamer de lui, pourvu qu’ils se manifestent comme pro-européens ; la dureté de ses adversaires, prompts à dénier toute originalité à sa pensée et à trouver rébarbative sa rude écriture (qualifiée de « lyrisme froid » par Marcel Gauchet) ou enclins à tenir sa philosophie du consensus...




                        

                        


<article-nb="2018/02/21/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Pour « Le Monde des livres », le philosophe résume ses réflexions sur quelques-uns des enjeux centraux de son œuvre.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
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Habermas sur 4 points de sa pensée

Pour « Le Monde des livres », le philosophe résume ses réflexions sur quelques-uns des enjeux centraux de son œuvre.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 16h01
    |

            Nicolas Weill








                        



                                


                            


Intellectuel
Jürgen Habermas a assumé, à côté de son travail philosophique, une position publique qui rappelle le modèle français de l’intellectuel engagé.
« Dans la figure spirituelle d’un Heinrich Heine (1797-1856), poète allemand exilé à Paris, se reflète la culture politique caractéristique de la France comme de l’Allemagne. En partant de ce personnage, on peut déduire trois qualités que j’ai définies comme formant l’idéal type de l’intellectuel : le don de la pertinence (le sens de ce qui manque et de ce qui devrait être autrement), le talent d’imaginer des alternatives et, enfin, le courage de protester. Le concept moderne d’intellectuel s’est principalement cristallisé autour du Zola de l’affaire Dreyfus. Mais, rétrospectivement, on peut l’appliquer à cette catégorie d’écrivains engagés dont l’entrée en scène inopinée accompagne la révolution de juillet 1830 en France. C’était la scène qui s’édifiait conjointement avec l’émergence de la presse et de son public ; l’intellectuel devenait dépendant de la chambre d’écho constituée par l’opinion publique dans un Etat-nation encore jeune.
Cette figure, que Sartre incarnait encore, est vouée à la disparition avec le passage de l’imprimé à Internet – et cela signifie la fin de l’espace public classique. L’invention de l’imprimerie avait certes transformé tout un chacun en lecteur potentiel. Mais il a fallu attendre plusieurs siècles et l’instauration de l’école obligatoire avant que la lecture des journaux devienne accessible à tous les citoyens. Aujourd’hui, les nouveaux médias ont métamorphosé tout un chacun en auteur potentiel. Combien de temps nous faudra-t-il pour surmonter le nouvel analphabétisme, avec tous ses torrents d’excréments (shitstorms), bulles et “fake news” ? Le modèle suranné du bon vieil espace public et de ses intellectuels bénéficierait-il d’un sursis ? »
Europe
Thème récurrent de ses interventions, l’unification du...




                        

                        


<article-nb="2018/02/21/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Erwan le Noan constate que, pour certains économistes américains, la nécessité de recourir à une régulation ­antitrust contre les grandes plates-formes numériques n’a rien d’une évidence.
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« Les effets sur la concurrence de l’émergence d’opérateurs géants sont loin d’être clairement établis »

Dans une tribune au « Monde », Erwan le Noan constate que, pour certains économistes américains, la nécessité de recourir à une régulation ­antitrust contre les grandes plates-formes numériques n’a rien d’une évidence.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 14h00
    |

Erwan Le Noan (Associé du cabinet de conseil Altermind   et membre du conseil scientifique de la Fondation pour l’innovation politique)







                        



                                


                            
Tribune. A échéance régulière dans l’histoire du capitalisme moderne, le débat public s’est inquiété de l’émergence d’entreprises puissantes, dont le succès a accompagné le développement de nouvelles technologies, bouleversé les équilibres antérieurs, renouvelé les pratiques commerciales et repensé l’organisation du travail.
Au XIXe siècle, les compagnies de chemin de fer ont ainsi ébranlé l’économie et la société américaines, donnant naissance aux grands groupes industriels hiérarchisés, révolutionnant le commerce (avec la vente à distance, accusée de dévitaliser, déjà, les échoppes rurales) et modifiant les organisations sociales. La concentration nourrissait les débats sur les inégalités et les inquiétudes sur la corruption, qui donnèrent naissance aux lois antitrust.
L’ampleur de la concentration supposée de la puissance économique entre les mains de quelques plates-formes géantes réclamerait à nouveau l’encadrement des marchés. Mais cette concentration est-elle démontrée ?
Une publication du Council of Economic Advisers (CEA) du président Obama avait, en 2016, souligné la concentration progressive de l’économie américaine (« Benefits of Competition and Indicators of Market Power », lien vers PDF en anglais). Selon les économistes Gustavo Grullon, Yelena Larkin et Roni Michaely, « plus de 75 % des secteurs américains ont enregistré une augmentation des niveaux de concentration sur les deux dernières décennies » (« Are US Industries Becoming More Concentrated ? », SSRN, septembre 2017, lien vers PDF en anglais).
Entreprises « superstars »
D’autres travaux considèrent la captation d’une part croissante de la richesse par les plus grandes entreprises comme révélatrice de l’affaiblissement de la concurrence. Jan De Loecker et Jan Eeckhout ont souligné que les taux de marge des entreprises américaines, qui avaient baissé après 1950, augmentaient depuis trente ans, et l’expliquent...




                        

                        


<article-nb="2018/02/21/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste Barry Eichengreen estime que la bonne grille de lecture pour comprendre le mini-krach de février n’est pas la crise d’octobre 2008 mais plutôt celle d’octobre 1987.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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Vers un nouveau « lundi noir » boursier ?

Dans cette chronique, l’économiste Barry Eichengreen estime que la bonne grille de lecture pour comprendre le mini-krach de février n’est pas la crise d’octobre 2008 mais plutôt celle d’octobre 1987.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 14h00
    |

Barry Eichengreen (Professeur à l’université de Californie à Berkeley)







                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. Jusqu’à présent, le président Trump a pris la Bourse pour boussole afin de vanter les résultats de sa politique économique. Le Dow Jones a effectivement fait un bond de 30 % depuis son arrivée à la Maison Blanche, mais il est difficile de savoir si cela est dû à sa politique. En revanche, on sait que, si la Bourse peut grimper, elle peut aussi dégringoler, comme on vient de le voir.
Le krach boursier de 1987 s’était produit dans un contexte de resserrement monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed)
Beaucoup d’observateurs ont alors évoqué octobre 2008 et les turbulences qui ont accompagné la faillite de Lehman Brothers. Mais c’est plutôt le « lundi noir », le 19 octobre 1987, qui éclaire le mieux la situation actuelle. Ce jour-là, le Dow Jones a chuté de 22,6 %, la plus grande chute enregistrée en vingt-quatre heures depuis que cet indice existe !
Le krach boursier de 1987 s’était produit dans un contexte de resserrement monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed). Entre janvier et octobre 1987, elle avait augmenté son taux de presque 100 points de base, ce qui avait augmenté le coût du crédit et des actions. En revanche, avant octobre 2008, les taux d’intérêt avaient chuté, reflétant la dégradation de l’économie. Or ce n’est pas le cas aujourd’hui, ce qui fait de 1987 une meilleure analogie.

Le krach de 1987 a eu lieu alors que le dollar était faible. La semaine précédant le « lundi noir », le secrétaire au Trésor, James Baker, avait fait des remarques qui ont été interprétées comme une menace de dévaluation du dollar, tout comme l’actuel secrétaire du Trésor, Steven Mnuchin, à Davos, le 24 janvier.
Algorithme boursier
L’informatique financière a joué un rôle dans le « lundi noir », avec un algorithme connu comme une « assurance de portefeuille » développé à l’université de Californie, à Berkeley. Visant à optimiser le rapport entre le volume des actions et les liquidités, cet...




                        

                        


<article-nb="2018/02/21/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Editorial. Les partenaires sociaux devraient parvenir, mercredi 21 février, à un compromis sur la réforme de la formation professionnelle. Mais celui-ci pourrait bien ne pas correspondre au « choc de simplification » voulu par Macron.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Formation professionnelle, le big bang attendra

Editorial. Les partenaires sociaux devraient parvenir, mercredi 21 février, à un compromis sur la réforme de la formation professionnelle. Mais celui-ci pourrait bien ne pas correspondre au « choc de simplification » voulu par Macron.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 12h07
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 12h12
   





                        


Editorial du « Monde ». Au terme de trois mois de négociations et de douze rencontres, les partenaires sociaux devraient parvenir, mercredi 21 février, à un compromis sur la réforme de la formation professionnelle. Sauf surprise de dernière minute, le premier accord national interprofessionnel depuis l’élection d’Emmanuel Macron, avalisé par les organisations patronales et syndicales – à l’exception de la CGT qui, comme sur tous les sujets, se situe hors du jeu –, devrait voir le jour.
Lorsqu’il était candidat, le président de la République avait préconisé, après avoir chamboulé par voie d’ordonnances le code du travail, un « choc de simplification » et une remise à plat du système de formation continue, jugé trop coûteux, trop complexe et peu efficace. Rien n’indique que ces objectifs, rappelés dans la feuille de route de la ministre du travail, Muriel Pénicaud, auront été atteints.

        Lire aussi :
         

                Formation : vers un accord entre partenaires sociaux



Le document, d’une cinquantaine de pages, qui a été laborieusement élaboré par les partenaires sociaux, s’inscrit dans la continuité du précédent accord de 2014. En d’autres termes, il ne contient aucun bouleversement. Il prévoit que le compte personnel de formation (CPF), entré en vigueur début 2015, et qui a financé plus de 576 000 stages en 2017, fera du salarié l’« acteur de son projet professionnel ». Il pourra l’utiliser durant son temps de travail, ou en dehors, « sans l’autorisation de son employeur ».
Des points de désaccord subsistent
Un « CPF transition professionnelle » remplacera le congé individuel de formation et offrira des formations longues pour les salariés qui désirent changer de métier. Un « véritable droit à l’accompagnement, gratuit, accessible facilement », doté de 260 millions d’euros par an, financés par les entreprises, sera instauré pour épauler les actifs qui souhaitent une évolution professionnelle. Et un financement est prévu pour la formation des chômeurs.
Cette réforme ne va pas rendre le système de formation continue plus coûteux. Mais il ne le sera pas moins. Avec ce nouveau dispositif, toujours d’une grande opacité, on est loin du « choc de simplification », voire du « big bang », attendu par M. Macron. Et c’est là où le bât blesse. Le président n’est pas un adepte de la démocratie sociale chère à François Hollande et il n’attache pas une grande importance aux corps intermédiaires.
Sous le quinquennat précédent, en 2013 comme en 2014, les accords nationaux interprofessionnels étaient fidèlement repris par la loi. Telle n’est pas la méthode de M. Macron, qui a consenti à une négociation mais en refusant de s’engager à en reprendre les résultats. Or des points de désaccord subsistent. Il en est ainsi de la mesure du CPF. Le gouvernement voulait qu’elle ne soit plus exprimée en nombre d’heures de formation mais en euros. Il n’a pas été suivi, comme sur l’évaluation des formations, où les partenaires sociaux, soucieux de préserver leur pré carré, n’ont pas voulu s’en remettre à une agence indépendante.
Alors que l’autre négociation en cours, sur l’assurance-chômage, a toutes les chances de capoter, M. Macron ne peut pas politiquement balayer d’un revers de la main un accord entre la majorité des syndicats et le patronat. Mais, jugeant cette réforme inachevée, il va probablement choisir ses plats dans le menu proposé et en rajouter d’autres plus à sa convenance. Au risque d’irriter les partenaires sociaux, il va ainsi rappeler que le dernier mot doit rester à la loi. Telle qu’il la conçoit.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le chercheur Andreas Munzel estime que la refonte du réseau social, vantée par son créateur, Mark Zuckerberg, comme un « retour aux sources », ne correspond plus à l’usage réel qu’en font les utilisateurs.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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« La modification de l’algorithme de Facebook n’apportera aucun bien-être supplémentaire aux utilisateurs »

Dans une tribune au « Monde », le chercheur Andreas Munzel estime que la refonte du réseau social, vantée par son créateur, Mark Zuckerberg, comme un « retour aux sources », ne correspond plus à l’usage réel qu’en font les utilisateurs.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 11h36
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 11h47
    |

Andreas Munzel (Chercheur à Toulouse School of Management Research, CNRS-université Toulouse-Capitole)







                        



                                


                            

Tribune. Depuis quelques mois, Facebook est sur la sellette. On l’accuse pêle-mêle de rendre les jeunes « addicts » à leur smartphone, de faciliter le harcèlement, de propager de fausses informations, de détruire le plaisir de vivre en attisant la comparaison sociale et en coupant de la vie réelle… Excessif ?
Le sujet n’est pas pris à la légère. Au point que son fondateur Mark Zuckerberg a annoncé que l’algorithme du réseau social avait été refondu pour améliorer le « bien-être » de la communauté. Facebook va donner moins de visibilité aux messages des marques et des médias sur le réseau et davantage aux publications des amis proches et de la famille. Afin de resserrer les liens sociaux, précise Mark Zuckerberg.
Est-ce un choix pertinent ? Nous avons mené une recherche* auprès de deux mille utilisateurs, en France et en Espagne, pour mieux comprendre leurs attentes, et en particulier savoir s’ils appréciaient le réseau surtout parce que celui-ci leur permettait de rester en contact avec leurs intimes et de recevoir ainsi du soutien émotionnel, ou bien plutôt parce qu’il leur permettait d’échanger avec de nombreuses personnes, aux profils diversifiés.
Il semble que les internautes se servent désormais de Facebook pour se mettre en valeur vis-à-vis de leurs amis de la « vraie vie »
Les réponses ont été très claires. C’est en réalité l’ouverture sur l’extérieur qui apporte du bien-être. Avoir un nombre important d’« amis » sur Facebook (nos répondants en ont en moyenne 148) augmente la probabilité d’apprendre de nouvelles choses et d’être au courant des dernières actualités, ce que désirent les personnes interrogées. La focalisation sur des intimes diminue en revanche significativement l’effet positif du réseau sur le bien-être.
Comment expliquer ces résultats ? Il semble que les internautes se servent désormais de Facebook pour se mettre en valeur vis-à-vis de leurs amis de la « vraie vie » en partageant...




                        

                        


<article-nb="2018/02/21/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ L’économiste François Meunier observe dans une tribune au « Monde » que les meilleurs alliés des actionnaires pourraient bien être, paradoxalement, les représentants des salariés.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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« La surveillance des dirigeants par les actionnaires a disparu des grands groupes cotés »

L’économiste François Meunier observe dans une tribune au « Monde » que les meilleurs alliés des actionnaires pourraient bien être, paradoxalement, les représentants des salariés.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 15h41
    |

                            François Meunier (Professeur associé à l'Ensae)








                        



                                


                            

Tribune. Le capitalisme a profondément changé en trente ans. Détenir des actions dans les grandes sociétés cotées est devenu le fait d’une chaîne de gérants professionnels assez éloignés de la surveillance effective de l’entreprise. A actionnaires moins responsables correspondent des dirigeants moins « redevables » (accountable, dit-on en anglais).
Où trouver un contrepoids rendant son équilibre à l’entreprise ? La réponse pragmatique, faite de commodité et non d’idéologie, est de s’aider d’un autre acteur ayant un intérêt investi dans l’entreprise, les salariés.
Erreurs graves et répétées du management
Dans les années 1970, le mot d’ordre était la « valeur actionnariale », par lequel les actionnaires devaient retrouver leur mainmise sur le management Un lourd appareil de gouvernance s’était mis en place, avec une structuration plus forte du conseil d’administration. Puis le « private equity » est apparu, avec des actionnaires activistes qui, aidés de l’aiguillon de la dette, ont poussé les managers à s’intéresser davantage à la profitabilité.
Qu’en est-il plus de quarante ans après ?
On a certes rajouté un appel à une responsabilité sociétale de l’entreprise à l’appel à la profitabilité, plus présent que jamais. Quant à la surveillance, elle a disparu des grands groupes cotés. Jamais leurs dirigeants n’ont eu une telle latitude dans la conduite de l’entreprise ; et leurs salaires n’ont jamais été aussi hauts. Le recrutement s’y fait dans un cercle étroit de super-managers internationaux.

Les règles de gouvernance si sagement mises en place n’empêcheront pas le dirigeant de Persimmon Plc, un groupe britannique, de percevoir 107 millions de livres sterling (121 millions d’euros) en juin 2018, malgré des performances médiocres. Carillion Plc, britannique lui aussi, a pu accroître son dividende juste quelques mois avant sa mise en défaut, alors qu’il laisse un trou de 900 millions de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de hauts fonctionnaires estime que le macronisme se distingue par la confusion entre une partie de la haute administration et la politique du gouvernement.
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Macronisme : « La haute administration, le véritable parti présidentiel »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de hauts fonctionnaires estime que le macronisme se distingue par la confusion entre une partie de la haute administration et la politique du gouvernement.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 06h47
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 17h20
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. La désignation récente des nouveaux porte-parole du parti présidentiel a conduit à braquer de nouveau les projecteurs médiatiques sur LRM. Ce parti occupe pourtant une place plus que marginale dans le jeu politique actuel. Comme tous les partis soutenant une majorité au pouvoir, il peine à trouver sa place vis-à-vis du gouvernement. Mais plus que ses prédécesseurs UMP et PS, il est en outre dépossédé des deux fonctions traditionnellement dévolues à un parti politique : la sélection du personnel politique et l’élaboration du programme et des propositions.
Ces rôles sont en effet aujourd’hui principalement assurés directement par la haute administration de l’Etat, constituant ainsi une des caractéristiques majeures du macronisme : une confusion profonde, à la fois idéologique et sociologique, entre une partie de cette haute administration et ses idées d’une part, et le gouvernement et la politique qu’il mène d’autre part.
Dès la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, la porosité entre cette « haute » administration et l’équipe de campagne a été très nette. Ce sont essentiellement ceux que le sociologue Pierre Bourdieu appelait, dans un entretien au  Monde  en 1992, « la main droite de l’Etat », soit les « énarques du ministère des finances, des banques publiques ou privées et des cabinets ministériels » qui ont élaboré les propositions du candidat à la présidence de la République. Exemple marquant, mais loin d’être unique, le responsable du programme et des idées de l’équipe de campagne de M. Macron, nommé en janvier 2017, n’était autre que Jean Pisani-Ferry, précédemment commissaire général à la stratégie et à la prospective auprès du premier ministre.
Convergence des centres
Dès la constitution du premier gouvernement de la nouvelle mandature, ce rôle de fournisseur du personnel politique de l’administration est apparu de manière flagrante, et ce jusqu’au niveau ministériel. Parmi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ La personnalité du président renferme plusieurs dualités, décrypte le sociologue dans une tribune au « Monde ».
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Edgar Morin : « Emmanuel Macron est capable d’audace et de transgression »

La personnalité du président renferme plusieurs dualités, décrypte le sociologue dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    21.02.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 08h46
    |

                            Edgar Morin (Sociologue et philosophe)








                        



                                


                            
Tribune. Chacun possède une dualité, voire une multiplicité intérieure, mais certains personnages historiques sont remarquables par une dualité politique étonnante. Ainsi de Gaulle, à la fois rebelle et rassembleur national pendant la guerre, porté au pouvoir par l’Algérie française et renversant ses géniteurs putschistes pour reconnaître l’Algérie algérienne, politiquement rénovateur et socialement conservateur durant sa présidence.
Pour comprendre Macron, je partirais d’un fait de vie privée qui traduit un choix de vie audacieux et une capacité de transgression extraordinaire : contre vents et marées et plutôt contre les obstacles des milieux conformistes bourgeois de province, il épouse sa professeure de lycée plus âgée que lui et déjà mère de deux enfants, et il assume cette transgression ouvertement tout au long de sa carrière.
Quand il se lance dans l’aventure présidentielle, il transgresse toutes les règles du jeu apparemment inamovibles de l’adoubement par un parti
Quand il se lance dans l’aventure présidentielle, il transgresse toutes les règles du jeu apparemment inamovibles de l’adoubement par un parti et il part aventureusement, créant de toutes pièces un rassemblement dynamique d’éléments captés dans les partis, qui s’en disloquent, ce qui, évidemment dans des circonstances favorables, le conduit à la présidence de la République. On peut dire qu’il y a du Bonaparte, du Boulanger, du de Gaulle dans cela, mais la différence est qu’il n’y a au départ aucun prestige ni gloire militaire, mais un jeune civil audacieux.
Par ailleurs, une autre étonnante dualité réside dans le fait d’être un intellectuel littérairement et philosophiquement cultivé et un homme qui fait carrière aux antipodes de la philosophie, dans la banque et la finance.
Hulot ou l’antagonisme au gouvernement
D’où une autre dualité. Il remet à l’actualité le souci du grand destin de la France, se hausse au niveau de l’intérêt national supérieur, mais,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans une note de la Fondation Jean-Jaurès, le politologue Jérôme Fourquet montre comment le modèle républicain s’est insidieusement érodé.
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Article sélectionné dans La Matinale du 20/02/2018
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Comment les classes favorisées ont rompu avec le reste du pays

Dans une note de la Fondation Jean-Jaurès, le politologue Jérôme Fourquet montre comment le modèle républicain s’est insidieusement érodé.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 11h19
    |

            Françoise Fressoz








                        



                                


                            

Les riches ont-ils cessé de « faire nation » ? Se sont-ils progressivement coupés du reste de la population au point de se vivre en dehors de la communauté nationale, comme exemptés de leurs responsabilités sociales ? Cette thèse, un brin provocatrice, est défendue par le politologue Jérôme Fourquet dans une note de la Fondation Jean-Jaurès à paraître mercredi 21 février, intitulée « 1985-2017 : quand les classes favorisées ont fait sécession », et à laquelle Le Monde a eu accès.
Si la conclusion de l’étude est discutable, faute de preuves suffisamment tangibles, le cheminement qui y conduit agrège des éléments tout à fait indéniables. Depuis le milieu de la décennie 1980, alors même qu’un président socialiste venait de s’installer à l’Elysée, « un processus protéiforme s’est mis en place, creusant un fossé de plus en plus béant entre la partie supérieure de la société et le reste de la population », écrit l’auteur.
S’appuyant sur les travaux de nombreux chercheurs tels Eric Maurin et Christophe Guilluy, Jérôme Fourquet insiste sur ce paradoxe propre à la France : alors que le pays est champion européen de la dépense publique, affiche un niveau de prélèvements obligatoires parmi les plus hauts du monde, limite plus qu’ailleurs les inégalités de revenus, le recul de la mixité sociale ronge le modèle républicain.

« Coups de tonnerre »
En trente ans, les citoyens les plus aisés sont parvenus à se construire un confortable entre-soi, loin du vulgum pecus dont ils ne savent plus rien du mode de vie, du raisonnement ou des aspirations. D’où le creusement du fossé entre ce qu’on a appelé « la France d’en haut » et celle « d’en bas », les « coups de tonnerre » qui ont éclaté le 21 avril 2002 lorsque Lionel Jospin s’est retrouvé devancé par Jean-Marie Le Pen à l’issue du premier tour de la présidentielle ou lorsque le non a triomphé lors du référendum sur le traité constitutionnel européen de 2005, alors même...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Le monde de l’ère Trump ne sait plus à quel saint se vouer. Les Européens commencent à le comprendre, les Chinois aussi, explique dans sa chronique Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 20/02/2018
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« Donald Trump l’a dit : chacun pour soi »

Le monde de l’ère Trump ne sait plus à quel saint se vouer. Les Européens commencent à le comprendre, les Chinois aussi, explique dans sa chronique Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    21.02.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 11h15
    |

            Sylvie Kauffmann








                        



                                


                            

Chronique. Cela a jailli comme un cri du cœur : « Nous ne reconnaissons plus notre Amérique ! » Sigmar Gabriel, le ministre des affaires étrangères allemand, avait de multiples raisons d’être troublé, samedi 17 février, lorsqu’il a pris la parole devant la Conférence de Munich sur la sécurité. Son parti, le SPD, bat de l’aile ; lui-même est sur un siège éjectable à l’issue de négociations sans gloire menées depuis des mois pour former une coalition gouvernementale. C’est déjà assez lourd. Mais constater, en plus, cet éloignement inexorable du grand frère américain affublé d’un président imprévisible, cette incompréhension que beaucoup, en Allemagne, ressentent comme un abandon, ajoute l’insulte à la blessure.
Bienvenue dans le monde de l’ère Trump. En treize mois, ce président iconoclaste a déjà transformé les relations internationales. Vu d’Europe, il y a eu une première phase, la phase optimiste, où l’on s’est dit « la réalité du pouvoir va le ramener à la raison ». La raison ne revenant pas spontanément, on est passés à la deuxième phase, dite des « adultes dans la pièce » : décidément, ce président n’en fait qu’à ses Tweet, mais au moins est-il entouré de quelques personnes raisonnables – des généraux, pour l’essentiel.
Le spectacle offert du 16 au 18 février par la conférence de Munich, grand-messe annuelle où chefs d’Etat, premiers ministres ou ministres de la défense et experts débattent de la sécurité de la planète, a illustré la troisième phase : le bureau Ovale voit bien passer quelques adultes, mais ils n’ont pas réussi à prendre le pouvoir. Nous en sommes là.
« On ne sait jamais qui aura le dernier mot »
Lorsque le général H. R. McMaster, conseiller du président pour la sécurité nationale, est, à son tour, intervenu à Munich, il avait pourtant tout d’un adulte. Le crâne rasé, la voix ferme, le verbe direct à défaut d’être subtil, il a parlé comme un chef. Le désaveu, malheureusement,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ L’IRM pourrait aider à affiner le diagnostic de certains troubles mentaux, avancent deux psychiatres et un radiologue dans une tribune au « Monde ». Selon eux, il n’y a aucune raison de s’en priver.
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Il faut un plan « imagerie cérébrale » pour la psychiatrie

L’IRM pourrait aider à affiner le diagnostic de certains troubles mentaux, avancent deux psychiatres et un radiologue dans une tribune au « Monde ». Selon eux, il n’y a aucune raison de s’en priver.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 14h56
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. La santé mentale est au cœur de tous les débats actuels : de l’amélioration de l’accès aux soins ­psychiatriques, en passant par la lutte contre la stigmatisation des personnes souffrant de troubles psychiques, ­jusqu’à la réduction de la souffrance au travail et la prévention du suicide. Mme Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, a récemment ­annoncé vouloir faire de la psychiatrie une priorité nationale, et nous ne pouvons que nous en féliciter.
L’épidémiologie démontre toute l’importance de ces pathologies, qui ­figurent au premier rang de la charge mondiale de morbidité chez les 10-18 ans. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) prédit même qu’à l’horizon 2020 une personne sur quatre souffrira d’un trouble psychiatrique. Si de tels chiffres étaient annoncés pour le cancer, aurions-nous attendu aussi longtemps pour tenter d’apporter une réponse à ce problème ?
La psychiatrie est une discipline passionnante, plurielle et profondément humaine. L’ancrage exclusivement clinique de la description des maladies psychiatriques se traduit cependant par une certaine « porosité » entre entités diagnostiques : les troubles bipolaires partagent par exemple une vulnérabilité génétique et plusieurs symptômes avec les troubles schizophréniques.
« Dans 5 % à 25 % des cas, on estime que l’origine d’un premier épisode psychotique pourrait être systémique ou neurologique »
Ce phénomène est-il propre à la ­psychiatrie ? Probablement pas, mais d’autres spécialités ont su compléter ce savoir clinique d’une « paraclinique », c’est-à-dire d’examens complémentaires, à même de guider le médecin dans sa stratégie diagnostique et thérapeutique. La clinique de l’infarctus a ainsi pu bénéficier des progrès formidables du coroscanner. Même si cette approche est communément acceptée en médecine, il semble que la psychiatrie peine à entamer cette révolution.
Le prix à payer de la singularité psychiatrique serait-il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Zaki Laïdi, politologue et membre de LRM, affirme que la démarche du président s’approche du projet progressiste américain qui vise à anticiper la croissance des inégalités.
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Zaki Laïdi : « La politique de Macron vise à mieux préparer pour moins réparer »

Dans une tribune au « Monde », Zaki Laïdi, politologue et membre de LRM, affirme que la démarche du président s’approche du projet progressiste américain qui vise à anticiper la croissance des inégalités.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 09h49
    |

Zaki Laïdi (politologue, professeur à Sciences Po, membre d’En Marche!)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, les interprétations de son identité politique ont exagérément privilégié le prisme gauche-droite. Il est temps d’explorer d’autres pistes plus novatrices.
Soyons clairs. Le clivage gauche-droite ne s’est pas volatilisé. Historiquement, et nous le savons, la droite se préoccupe de liberté, la gauche d’égalité. La droite se demande comment l’on doit créer davantage de richesses, la gauche comment on peut mieux les redistribuer. On peut d’ailleurs constater que bon nombre de mesures prises depuis juin relèvent du programme de la droite, dans la mesure où le gouvernement a cherché à développer des incitations économiques capables de stimuler l’offre : suppression d’une partie de l’ISF, baisse de la fiscalité sur le capital, pérennisation des baisses de charges, réforme du marché du travail.
Doit-on pour autant s’en tenir à cette seule aune et conclure une fois pour toutes que Macron mène une politique de droite à laquelle pourrait s’opposer en tout point une « vraie » politique de gauche ? A l’évidence, la réponse est non, et cela pour plusieurs raisons.
Gauche et droite, des ensembles hétérogènes
En premier lieu, les mesures dites de droite prises par Macron ne sont pas les seules. On pourrait par exemple dire que la suppression de la taxe d’habitation relève d’une politique de gauche. Par ailleurs, le maintien d’un très haut niveau de dépenses publiques confirme la préservation de la logique fortement distributive du système français.

Globalement, la politique économique du gouvernement trouve son centre de gravité au centre droit, tandis que la politique sociale porte le sceau du centre gauche. Et que sur un certain nombre de problèmes de société extrêmement sensibles, comme la procréation médicalement assistée, la gestation pour autrui, l’immigration ou la laïcité, les choix ne sont pas stabilisés, probablement parce que sur ces questions les clivages sont forts même...




                        

                        


<article-nb="2018/02/21/19-15">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Dans une tribune au « Monde » Daniel Goldberg, ex-député socialiste, estime que la politique du président Macron vise à intégrer la France dans la mondialisation financière au détriment de ce qui fait la République et son socle commun.
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Daniel Goldberg : « La République mérite mieux que de flatter l’argent roi »

Dans une tribune au « Monde » Daniel Goldberg, ex-député socialiste, estime que la politique du président Macron vise à intégrer la France dans la mondialisation financière au détriment de ce qui fait la République et son socle commun.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 16h26
    |

Daniel Goldberg (ancien député (PS) de Seine-Saint-Denis)







                        



                                


                            
Tribune. La France en aurait donc enfin fini avec le vieux monde ! Notre président de la République a un style et du talent. Sur les questions internationales, il a le parler fort et même le parler juste sur le devenir de la planète. Dans son sillage, les deux centres et une partie de la haute administration, homogènes socialement et décidés à pencher nettement à droite, le suivent dans son affirmation. Puisque « la France n’est pas réformable », elle doit être trans-for-mée !

C’est le cœur du débat : les Français veulent-ils que la France ne soit plus elle-même ? Voulons-nous nous fondre dans une mondialisation financiarisée qui vise à baisser les droits collectifs, ceux des citoyens, de leurs associations, de leurs syndicats, de leurs élus et de leurs Etats ? Car il s’agit bien d’une normalisation de la France dans la compétition financière internationale, au même titre, les chars en moins, que celle des pays de l’ancien bloc de l’Est.
De sorte que, si nous sommes évidemment en démocratie, c’est bien l’« aRépublique » qui est en marche aujourd’hui. D’abord, dans la manière d’être, avec un double corps du président revendiqué, mais pas pour ce qu’il est réellement : un corps réel, décidant seul, de tout, sur tout, sauf de remettre en question les ordres établis, et, en même temps, un corps politique communiquant, presque irréel car sans structure, avec un parti sans ossature, avec des élus sans épine dorsale, bref un corps gazeux. C’est Sarkozy sans la Libye, c’est Fillon sans les affaires, c’est même Jouyet sans les méandres !
Un chemin particulier
C’est beau, mais ce n’est pas la République moderne du XXIe siècle dont la France et le monde ont besoin. Car notre pays n’est à sa place qu’en mettant en œuvre chez lui un chemin particulier que nous proposons au monde, différent de celui auquel les grandes puissances, hier des Etats géographiques, aujourd’hui des proto-Etats financiers, voudraient nous...




                        

                        


<article-nb="2018/02/21/19-16">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Vingt-six experts s’inquiètent que l’IA facilite la manipulation d’élections et renforce la cybercriminalité avec l’utilisation de drones ou de robots à des fins terroristes.
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Un rapport alerte sur les risques d’utilisation malveillante de l’intelligence artificielle

Vingt-six experts s’inquiètent que l’IA facilite la manipulation d’élections et renforce la cybercriminalité avec l’utilisation de drones ou de robots à des fins terroristes.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 01h57
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 09h16
   





                        


Le scénario de drones ou de robots détournés à des fins terroristes continue d’inquiéter. Des experts internationaux sonnent l’alarme sur les risques d’une utilisation malveillante de l’intelligence artificielle (IA) par « des Etats voyous, des criminels, des terroristes », dans un rapport publié mercredi 21 février. Selon eux, dans les dix prochaines années, l’efficacité croissante de l’IA risque de renforcer la cybercriminalité mais aussi de faciliter la manipulation d’élections via les réseaux sociaux grâce à des comptes automatisés (bots).

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Rédigé par 26 experts spécialistes en intelligence artificielle, cybersécurité et robotique qui appartiennent à des universités (Cambridge, Oxford, Yale, Stanford) et à des organisations non gouvernementales, ce rapport de 100 pages appelle les gouvernements et les différents acteurs concernés à mettre en place des parades pour limiter les menaces potentielles liées à l’intelligence artificielle.
« Nous pensons que les attaques qui seront permises par l’utilisation croissante de l’IA seront particulièrement efficaces, finement ciblées et difficiles à attribuer. »
Le cas d’un robot nettoyeur trafiqué
Pour illustrer leurs craintes, ces spécialistes évoquent plusieurs « scénarios hypothétiques » d’utilisation mal intentionnée de l’IA. Ils soulignent que des terroristes pourraient modifier des systèmes d’IA disponibles dans le commerce (drones, véhicules autonomes), pour provoquer des crashs, des collisions ou des explosions.

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Les auteurs imaginent ainsi le cas d’un robot nettoyeur trafiqué qui se glisserait subrepticement parmi d’autres robots chargés de faire le ménage dans un ministère berlinois. Un jour l’intrus passerait à l’attaque après avoir reconnu visuellement la ministre des finances. Il se rapprocherait d’elle et exploserait de façon autonome, tuant sa cible.
Par ailleurs, « la cybercriminalité, déjà fortement en hausse, risque de se renforcer avec les outils procurés par l’IA », déclare à l’Agence France-Presse (AFP) Seán O hEigeartaigh, directeur du Centre for the Study of Existential Risk de l’université de Cambridge, un des auteurs du rapport. Les attaques par hameçonnage ciblé (spear phishing) pourraient ainsi devenir beaucoup plus aisées à mener à une large échelle.
Une multiplication des mises en garde
Mais pour lui, « le risque le plus sérieux, même s’il est moins probable, est le risque politique ». « Nous avons déjà vu comment des gens se servaient de la technologie pour essayer d’interférer dans les élections et la démocratie. Si l’IA permet à ces menaces de devenir plus fortes, plus difficiles à repérer et à attribuer, cela pourrait poser de gros problèmes de stabilité politique et contribuer peut-être à déclencher des guerres », estime Seán O hEigeartaigh.

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Avec l’IA, il devrait être possible de réaliser des fausses vidéos très réalistes et cela pourrait être utilisé pour discréditer des responsables politiques, avertit le rapport. Les Etats autoritaires vont aussi pouvoir s’appuyer sur l’IA pour renforcer la surveillance de leurs citoyens, ajoute-t-il.
Ce n’est pas la première fois que des inquiétudes s’expriment concernant l’IA. Dès 2014, l’astrophysicien Stephen Hawking lançait une mise en garde sur les risques qu’elle pourrait faire courir à l’humanité, en dépassant l’intelligence humaine. L’entrepreneur Elon Musk et d’autres ont aussi tiré la sonnette d’alarme. Des rapports spécifiques sur l’utilisation de drones tueurs ou sur la façon dont l’IA pourrait affecter la sécurité des Etats-Unis ont également été publiés.
Ce nouveau rapport apporte « une vue d’ensemble sur la façon dont l’IA crée de nouvelles menaces ou change la nature des menaces existantes dans les domaines de la sécurité numérique, physique et politique », explique Seán O hEigeartaigh.
Des progrès substantiels
Apparue dès les années 1950, l’intelligence artificielle correspond à des algorithmes sophistiqués qui permettent de résoudre des problèmes pour lesquels les humains utilisent leurs capacités cognitives. Ces dernières années, elle a fait des progrès substantiels notamment dans les domaines liés à la perception, comme la reconnaissance vocale et l’analyse d’image.
« Actuellement, il y a encore un écart important entre les avancées de la recherche et ses applications possibles. Il est temps d’agir », déclare à l’AFP Miles Brundage, chargé de recherche au Future of Humanity Institute de l’université d’Oxford. Cet expert a animé en février 2017 à Oxford un atelier sur les risques d’un usage malveillant de l’IA, qui a donné naissance à ce rapport.
« Les chercheurs en IA, les concepteurs de robots, les compagnies, les régulateurs, les politiques doivent à présent collaborer pour tenter de prévenir » ces risques, conclut Seán O hEigeartaigh.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Un collectif de vingt-sept professeurs de management demande à Pierre Gattaz, dans une tribune au « Monde », de refondre le « code Afep-Medef », code de gouvernance des grandes entreprises cotées, en créant un « comité des parties prenantes »
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« Le rôle du président du Medef est de protéger les entreprises des excès de la finance mondialisée »

Un collectif de vingt-sept professeurs de management demande à Pierre Gattaz, dans une tribune au « Monde », de refondre le « code Afep-Medef », code de gouvernance des grandes entreprises cotées, en créant un « comité des parties prenantes »



Le Monde
 |    20.02.2018 à 17h34
 • Mis à jour le
20.02.2018 à 18h16
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Un débat majeur vient de s’ouvrir en France sur la place de l’entreprise et sa contribution au bien commun. Il se traduit aujourd’hui par une crispation des prises de position autour de la réécriture potentielle des articles 1832 et 1833 du code civil.
Pierre Gattaz, le président du Medef, a marqué son inquiétude et son opposition à ce projet en déclarant que d’éventuels changements du code civil reviendraient à jouer avec le feu et à ouvrir la « boîte de Pandore ». Il a également évoqué, à l’occasion de cette prise de parole alarmiste, la possibilité de faire évoluer le contenu du code Afep-Medef en créant une nouvelle classe d’entreprises, sur le modèle des « entreprises de mission » existant aux Etats-Unis. Si cette proposition a toute notre sympathie, elle n’est en cas aucun suffisante et à la hauteur des défis auxquels les entreprises françaises sont confrontées.
Sur la base d’une initiative volontaire ou par la force des choses, si le code civil devait être modifié, le code de gouvernance Afep-Medef (voir le lien PDF), qui fait autorité auprès des sociétés cotées françaises, doit évoluer. Il doit évoluer afin de mieux responsabiliser les grandes entreprises sur les conséquences de leurs activités sur l’environnement et les parties prenantes qui supportent des risques ou des externalités.
Missions
D’autres pays comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou encore la Belgique et l’Allemagne ont d’ores et déjà entamé un travail de fond afin d’adapter leurs codes de gouvernance. La France ne peut pas se permettre d’être suiveuse en la matière compte tenu de sa place dans le monde et du rayonnement de ses entreprises à l’international.
Une proposition simple et pragmatique peut permettre aux entreprises françaises d’opérer un saut qualitatif en matière de gouvernance afin de rattraper le retard pris en la matière : créer un comité des parties prenantes spécifiques au sein des conseils d’administration...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ La sortie de Londres de l’Union européenne pourrait poser autant de problèmes aux autres Etats membres qu’au Royaume-Uni lui-même, explique l’économiste Nicolas-Jean Brehon dans une tribune au « Monde ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 20/02/2018
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« Les mauvaises surprises du Brexit pour les Vingt-Sept »

La sortie de Londres de l’Union européenne pourrait poser autant de problèmes aux autres Etats membres qu’au Royaume-Uni lui-même, explique l’économiste Nicolas-Jean Brehon dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    20.02.2018 à 15h59
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 07h06
    |

                            Nicolas-Jean Brehon (Enseignant à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            

Tribune. Beaucoup d’Européens voient la sortie prochaine du Royaume-Uni sans déplaisir. La Grande-Bretagne était un partenaire trop singulier. Sans elle, l’Union européenne (UE) va pouvoir avancer plus vite et plus loin. Sans doute. Mais pas tout de suite. Et le Brexit pourrait bien s’accompagner de mauvaises surprises pour les Vingt-Sept.
Certes, les difficultés pratiques sont bien appréhendées par les intéressés. L’impact le plus connu concerne l’accès au marché du travail britannique. En toute logique, les citoyens européens auront le même régime que les non-Européens : carte de résidence, renouvellement des contrats de travail sous conditions, renchérissement des frais de scolarité (aujourd’hui, les Européens bénéficient de tarifs privilégiés)…
Mais, chaque mois, les Européens découvrent de nouveaux sujets de préoccupation. La pêche par exemple. Les pêcheurs de coquilles Saint-Jacques se plaignent des razzias des bateaux britanniques en baie de Seine, mais des flottes de bateaux français vont pêcher dans ce qui sera les futures eaux seulement britanniques.
Conséquences budgétaires niées
Erasmus ensuite. Certes, la destination préférée des étudiants européens est l’Espagne, mais la Grande-Bretagne est la destination préférée des étudiants français (1/3 des cas), des stages en entreprise et des enseignants (1/3 des mobilités des enseignants européens).
La recherche aussi. Les Britanniques sont les premiers bénéficiaires des crédits de recherche européens (18,2 % contre 8,7 % pour la France) et, surtout, les premiers coordinateurs ou chefs de file : 20 % des projets sont coordonnés par les Britanniques. Qui va assumer ce rôle difficile lorsqu’il s’agit de faire travailler ensemble cinq ou six unités de pays différents ? Les Allemands ou les Hollandais, peut-être, mais certainement pas les Français (3e bénéficiaire des fonds, 9e coordinateur !).
Les conséquences budgétaires sont, elles,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Le souci de complétude des marchés, qui justifie la bienveillance de principe envers les nouveaux produits financiers, devrait être assorti d’une évaluation du nouveau risque ainsi créé, et déboucher en cas de risque excessif sur une interdiction des positions « nues », purement spéculatives, explique l’économiste Paul Jorion.
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Des « dérivés sur indice » à la dérive des marchés

Le souci de complétude des marchés, qui justifie la bienveillance de principe envers les nouveaux produits financiers, devrait être assorti d’une évaluation du nouveau risque ainsi créé, et déboucher en cas de risque excessif sur une interdiction des positions « nues », purement spéculatives, explique l’économiste Paul Jorion.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 15h36
    |

                            Paul Jorion (Economiste et anthropologue, Université catholique de Lille)








                        



                                


                            

L’éclairage. L’identité du responsable de la baisse boursière qui a débuté le 5 février a conduit à de multiples supputations. Bien sûr, une bulle existait (fruit des injections massives de liquidités par les banques centrales) et tout un chacun prévoyait son éclatement. Mais un élément déclencheur spécifique a cependant dû intervenir le jour même.
Parmi les suspects aussitôt mis en cause, la nouvelle d’une hausse des salaires aux Etats-Unis. Qui dit salaires en hausse dit en effet répercussion probable sur le prix des produits, d’où inflation, d’où anticipation de celle-ci par les prêteurs, d’où exigence de leur part de taux en hausse, d’où dépréciation des portefeuilles existants d’instruments de dette, d’où déprime des investisseurs.
Autre suspect, apparu ensuite, plus plausible que le premier : une anticipation de hausse des taux dans le sillage de la réforme fiscale aux Etats-Unis prévoyant une baisse de l’imposition pour les entreprises et pour les particuliers les plus fortunés. Le déficit anticipé de 1 500 milliards de dollars des rentrées fiscales forcera l’Etat américain à s’endetter d’autant, suscitant une concurrence exacerbée entre emprunteurs sur le marché des capitaux, d’où un rapport de force dégradé en leur défaveur, d’où une hausse des taux.
Un troisième larron fut alors mentionné : les produits dérivés, contrats à terme futures et options, sur l’indice « Vix » de volatilité du marché des actions.
Principe « laplacien »
Passons sur le fait que l’indice en question mesure involontairement à la fois la volatilité et l’asymétrie des mouvements à la hausse et à la baisse et qu’il se contente de faire réapparaître en surface la valeur intuitive, et donc en réalité arbitraire que les tradeurs d’option introduisent dans leur modèle.
Passons également sur le fait que l’indice est en réalité privé du pouvoir prédictif que la théorie des anticipations rationnelles lui attribue. Passons encore...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Nul n’imagine une crise de confiance majeure. L’Amérique n’est pas la Grèce ou l’Italie, même si une hausse des taux est possible, explique, dans sa chronique, Arnaud Leparmentier, le correspondant du « Monde ».
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Wall Street veut s’ennuyer en 2018

Nul n’imagine une crise de confiance majeure. L’Amérique n’est pas la Grèce ou l’Italie, même si une hausse des taux est possible, explique, dans sa chronique, Arnaud Leparmentier, le correspondant du « Monde ».



Le Monde
 |    20.02.2018 à 15h09
 • Mis à jour le
20.02.2018 à 15h12
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Lettre de Wall Street. A Wall Street, on ricane… sur Wall Street. Ah ces marchés qui ont pris peur pour rien du tout, alors que la santé de l’économie est florissante !
Après que la Bourse a subi une correction de 10 % par rapport à son plus haut et regagné la moitié du terrain, les experts américains (ré) écrivent l’histoire. Pour expliquer combien Wall Street a surréagi début février, mais que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Le but de cette chronique n’étant pas, pour sa part, de prédire l’avenir, mais d’expliquer combien l’optimisme outre-Atlantique tranche avec les esprits chagrins européens.
Tout a commencé avec la hausse des salaires, qui a atteint 2,9 % au mois de janvier, laissant craindre une remontée de l’inflation. Pas de panique, explique-t-on : cette progression des salaires a été amplifiée par deux phénomènes techniques : les cadres ont demandé à ce que leurs primes soient versées en janvier plutôt qu’en décembre pour bénéficier de la réforme fiscale qui entrait en vigueur début 2018 ; ensuite, le froid de janvier a empêché les salariés d’aller au travail : la mesure a pénalisé les ouvriers et employés payés à l’heure, tandis que les cadres conservaient leur salaire forfaitaire mensuel. Mécaniquement, ce phénomène fait monter les salaires moyens. La fiche de paye augmente donc, et c’est heureux, mais on est loin d’un emballement.

Les marchés ont réagi brutalement, craignant une accélération de la hausse des taux par la Fed. Mais, explique-t-on, il n’y a pas eu un seul être humain derrière ces décisions. Juste des algorithmes, qui ont vendu des actions et acheté des obligations pour réduire le risque encouru par les épargnants. Et une erreur d’analyse, c’est vrai : les hedge funds ont cru que, sur la planète finance de 2018, l’Amérique serait stable tandis que les autres Bourses joueraient aux montagnes russes : c’est l’inverse qui s’est passé, l’Europe étant sur un train de croissance...




                        

                        

