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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ La température idéale pour réaliser de bonnes performances se situe entre 11 °C et 15 °C. Le froid peut avoir des conséquences sur la santé des sportifs, en provoquant notamment de l’asthme ou des problèmes cardio-respiratoires.
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Le froid, un effet boule de neige sur les performances sportives

La température idéale pour réaliser de bonnes performances se situe entre 11 °C et 15 °C. Le froid peut avoir des conséquences sur la santé des sportifs, en provoquant notamment de l’asthme ou des problèmes cardio-respiratoires.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 18h00
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. Lors des Jeux olympiques de Pyeongchang ­(Corée du Sud), qui se terminent dimanche 25 février, les athlètes doivent affronter le froid. Certaines épreuves ont dû être reportées, en raison des températures trop basses, le vent abaissant encore le ressenti, jusqu’à – 30 °C. Reports pour le bien-être des athlètes certes, mais pas seulement. Le froid diminuerait-il les performances sportives ?
Que se passe-t-il lorsque la température baisse ? L’homme est « un animal homéotherme », il doit maintenir sa température centrale entre 36 °C et 38 °C, on parle d’homéostasie thermique. Une ­condition nécessaire pour que les processus biologiques de l’organisme fonctionnent normalement. « Le froid induit une vasoconstriction, un resserrement des petits vaisseaux sanguins sous-cutanés, ce qui augmente les besoins du cœur en oxygène », écrit le cardiologue François Carré.
Une étude allemande, menée auprès de 1 700 patients, a récemment montré que le froid augmentait le taux d’admissions aux urgences pour pathologies cardio-vasculaires. La vigilance est donc de mise pour les personnes fragiles, souffrant par exemple de problèmes cardio-respiratoires et/ou âgées avec des capacités d’adaptation limitées. « Un sport dans le froid peut même révéler des pathologies méconnues, comme des événements cardiaques, car le froid rajoute une contrainte à celle d’un exercice physique », précise François Carré.
Proprioception affectée
Les compétiteurs des JO ont en principe des cœurs au-dessus de tout soupçon. Mais, même pour eux, l’air froid peut être délétère, car il refroidit la muqueuse des voies respiratoires. D’après le Comité international olympique, plus de 50 % des athlètes de ski de fond et biathlon souffrent d’asthme induit à l’effort et/ou d’hyperréactivité bronchique, précise la docteure Marine Alhammoud, médecin des équipes de France de ski alpin.
Le froid peut aussi affecter la coordination ­motrice...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Hismaël, 15 ans, est mort en janvier après s’être interposé, seul, dans une rixe à Paris. Le professeur de philosophie Thomas Schauder interroge ce symptôme.
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Drame de la rue de La Roquette : sommes-nous démunis face à la violence ?

Hismaël, 15 ans, est mort en janvier après s’être interposé, seul, dans une rixe à Paris. Le professeur de philosophie Thomas Schauder interroge ce symptôme.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 17h48
   





                        



   


Chronique Phil’d’actu. Le 13 janvier, Hismaël, 15 ans, est mort parce qu’il s’est interposé entre deux bandes rivales qui se battaient. Cela s’est passé en plein Paris, rue de La Roquette, entre 19 h 30 et 20 heures. Un quartier que certains médias ont présenté comme dangereux. Un quartier où j’ai vécu pendant trois ans…
Je le connais bien, le square de La Roquette, « connu depuis des décennies pour des embrouilles » (Le Parisien du 22 janvier). Un bel espace vert qui remplace, depuis 1977, la prison pour femmes de La Petite Roquette (hasard de l’histoire : elle fut une prison pour enfants de 14 à 20 ans jusqu’en 1935). Hismaël a été tué « entre le pressing et le magasin de cigarettes électroniques » (Le Journal du dimanche du 22 janvier) : emplacement tristement révélateur de la situation de ce quartier populaire, avec ses commerces de proximité, sa mixité sociale… et sa gentrification galopante.

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                Escalade de violence entre bandes à Paris



La peur entraînant l’inaction
L’excellente émission de France Culture « Les Pieds sur terre » a consacré, le 16 février, un reportage à ce qui est peut-être plus qu’un fait divers : un symptôme de notre temps. Les témoignages des habitants du quartier convergent sur au moins deux points.
D’abord le sentiment d’insécurité à l’égard de ces « bandes », qui « font du bruit » et qui impressionnent : « On fait profil bas. » Composées de très jeunes adolescents (« 10-15 ans », se désole François Vauglin, maire du 11e arrondissement, dans Le Parisien), leur principale activité consiste à « zoner », à « tenir les murs »… et parfois à se bagarrer avec d’autres jeunes, au seul motif qu’ils ne sont pas du même quartier.
En second lieu, l’inaction, conséquence de la peur : « On a tendance à ne plus regarder ou à être choqué par ce qui se passe à côté de nous et à ne pas intervenir pour autant. (…) Ça s’est passé un samedi soir à 19 h 30, la seule personne qui est intervenue, c’est Hismo et il avait 15 ans », témoigne une voisine. Hismaël, mort à 15 ans pour avoir fait ce que personne n’osait faire : « s’en mêler ».
Violence partout, violence nulle part
La violence chez les adolescents n’est pas un phénomène nouveau : que l’on pense à La Guerre des boutons, de Louis Pergaud (1912), au film La Fureur de vivre, de Nicholas Ray (1955), aux « blousons noirs » des années 1950-1960, aux « punks » des années 1970-1980… ou aux bagarres entre jeunes de villages différents (par exemple, à la « frontière » entre l’Alsace et la Moselle). Chaque époque a ses voyous, qui lui rappellent que « l’homme n’est pas un être doux, en besoin d’amour, (…) le prochain n’est pas seulement pour lui une aide (…), mais aussi une tentation, celle de satisfaire sur lui son agression » (Sigmund Freud, Malaise dans la civilisation, 1930). La violence fait partie intégrante de l’être humain.
Mon hypothèse est que ce à quoi on assiste aujourd’hui, c’est à la difficulté de hiérarchiser cette violence. Confortablement installés dans les safe spaces de nos smartphones et de nos réseaux sociaux, dont les algorithmes nous « recommandent » des informations, susceptibles a priori de nous intéresser, d’autant plus qu’elles reçoivent l’aval de nos « amis » et de nos followers, tout « surgissement de l’Autre » nous semble violent, voire insupportable. Comme si s’accentuait la tendance ainsi décrite par le philosophe et sociologue polono-britannique Zygmunt Bauman dans La Vie en miettes (1995) : « Le degré – autrefois toléré – de compromis impliqué dans toute unité négociée a tendance à être de plus en plus souvent remanié en violence excessive et insupportable opérée sur les droits (très sûrs d’eux-mêmes) du moi. »
L’époque est au repli sur soi, à la recherche d’identité, c’est-à-dire d’identique. Toute relation sociale nécessite, pourtant, un compromis entre Moi et l’Autre, mais cela signifie que je dois faire place à cet Autre et, pour cela, reconnaître ce qu’il y a d’autre en moi, et ce qu’il y a de moi en l’Autre. La prise en compte de la violence possible est l’un des éléments de ce rapport complexe : l’Autre représente toujours un risque.
Prendre le risque de la relation
Mais il semble aujourd’hui qu’il y a une impossibilité à distinguer la simple nuisance de l’intolérable (à l’image de ces personnes qui prennent maladroitement l’exemple des « frotteurs dans le métro » pour illustrer « la liberté d’importuner ») : le tapage nocturne et le fait qu’un enfant de 14 ans puisse se balader avec un couteau. Alors, dans le doute, on s’abstient : on s’abstient d’intervenir quand deux adolescents se battent (ou quand une femme se fait agresser dans le métro) ; on s’abstient de leur apprendre le vivre-ensemble ; on s’abstient d’éduquer (on préfère « évaluer les compétences ») ; on s’abstient d’aider, parce qu’aider signifie sortir de soi.
Symptômes d’une société du « en même temps », c’est-à-dire du déni de la négation, et du refus de choisir (puisque choisir, c’est renoncer). Le fameux « principe de réalité » – si souvent mis en avant par les « pragmatiques » pourtant – est complètement nié, ce qui rend bien difficile de distinguer la violence réelle (physique, économique ou symbolique) de la violence fantasmée. Tout se retrouve mélangé, accentuant encore davantage le repli sur soi.
Aussi terrible que ce soit, Hismaël a pris le risque de la relation, le risque de parler, de toucher, de dire « non ». Et s’il l’a payé de sa vie, c’est parce qu’il était seul, dans une rue pleine de monde, à se mêler de ce qui ne le regardait pas, à être sorti de lui-même, à avoir regardé la violence en face pour pouvoir la refuser.
Thomas Schauder
Un peu de lecture ?
– Sigmund Freud, Malaise dans la civilisation, Points, 2010.
– Zygmunt Bauman, La Vie en miettes, Fayard, « Pluriel », 2010.

A propos de l’auteur de la chronique
Thomas Schauder est professeur de philosophie. Il a enseigné en classe de terminale en Alsace et en Haute-Normandie. Il travaille actuellement à l’Institut universitaire européen Rachi, à Troyes (Aube). Il est aussi chroniqueur pour le blog Pythagore et Aristoxène sont sur un bateau. Il a regroupé, sur une page de son site, l’intégralité de ses chroniques Phil d’actu, publiées chaque mercredi sur Le Monde.fr/campus.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Un avocat, Me Ludovic R-C., marié et père de famille, a une aventure avec une consœur, Me Nathalie R. L’épouse de Ludovic l’apprend, alors qu’elle est enceinte de leur troisième enfant. Ludovic R-C. met fin à sa liaison en juillet 2009. Le début des ennuis de son couple.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ « Le Monde » et Darwin écosystème vous invitent à débattre du futur de l’éducation, vendredi 2 mars, à l’occasion de l’étape bordelaise d’O21/s’orienter au 21e siècle.
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O21 Bordeaux. Quelle école pour former les citoyens du XXIe siècle ?

« Le Monde » et Darwin écosystème vous invitent à débattre du futur de l’éducation, vendredi 2 mars, à l’occasion de l’étape bordelaise d’O21/s’orienter au 21e siècle.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 16h29
   





                        


Quelle école pour former les citoyens du XXIe siècle ? C’est cette question que pose le documentaire Une idée folle, que nous avions qualifié de « feel good movie par excellence » lors de sa diffusion sur le site du Monde, en septembre 2017.
Nous vous proposons d’en débattre in vivo lors d’une soirée spéciale organisée à l’occasion de l’édition bordelaise d’O21/S’orienter au 21e siècle, en partenariat avec Darwin écosystème, à La Bastide (87, quai des Queyries, 33100 Bordeaux).

Après la projection du film, vous pourrez échanger avec :
Judith Grumbach, sa réalisatriceNadine Coussy-Clavaud, cofondatrice du collège Clisthène, présent dans le filmNathalie Bois-Huyghe, directrice du lycée alternatif Edgar-Morin, installé à DarwinEmmanuel Vaillant, auteur de Bonnes nouvelles de l’école (JC Lattès, 2017)
Le débat sera coanimé par Philippe Barre, fondateur de Darwin écosystème, et Emmanuel Davidenkoff, rédacteur en chef au Monde. Rendez-vous vendredi 2 mars 2018 à 18 heures à Darwin (projection 18 h 30, débat 20 heures-21 heures). Entrée libre.

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                Choisir son orientation : participez à nos conférences O21 à Bordeaux, les 2 et 3 mars




Participez à « O21 / S’orienter au 21e siècle »
Pour aider les 16-25 ans, leurs familles et les enseignants à se formuler les bonnes questions lors du choix des études supérieures, Le Monde organise la seconde saison d’« O21 / S’orienter au 21e siècle », avec cinq dates : après Nancy (1er- 2 décembre), Lille (19 - 20 janvier), Nantes (16-17 février), rendez-vous à Bordeaux (vendredi 2 et samedi 3 mars 2018, au Rocher de Palmer à Cenon) et Paris (samedi 17 et dimanche 18 mars 2018, à la Cité des sciences et de l’industrie).
Dans chaque ville, les conférences permettent au public de bénéficier des analyses et des conseils, en vidéo, d’acteurs et d’experts, et d’écouter et d’échanger avec des acteurs locaux innovants : responsables d’établissements d’universités et de grandes écoles, chefs d’entreprises et de start-up, jeunes diplômés, etc. Des ateliers pratiques sont aussi organisés.
Ils restent des places pour O21 Bordeaux ! Et les pré-inscriptions sont possibles pour O21 Paris.

        Voir aussi :
         

          En images : les temps forts d’O21 à Nancy



Pour inscrire un groupe de participants, merci d’envoyer un e-mail à education-O21@lemonde.fr. L’éducation nationale étant partenaire de l’événement, les lycées peuvent organiser la venue de leurs élèves durant le temps scolaire.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Professeur d’histoire-géo et auteur de BD, Fabrice Erre profite de ses congés pour mettre en oeuvre les programmes du lycée dans sa discipline.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Les députées Marie Guévenoux (LRM) et Marietta Karamanli (PS) ont répondu à vos questions à propos du texte présenté mercredi en conseil des ministres.
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Délai de rétention, accueil des demandeurs… deux élues débattent du projet de loi asile

Les députées Marie Guévenoux (LRM) et Marietta Karamanli (PS) ont répondu à vos questions à propos du texte présenté mercredi en conseil des ministres.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 13h53
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 14h43
   





                        



   


Les députées Marie Guévenoux (La République en marche) et Marietta Karamanli (Parti socialiste), répondent, mercredi 21 février, à vos questions lors d’un tchat du Monde.fr sur le projet de loi « pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif ».

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                Projet de loi asile : un texte qui fait quasiment l’unanimité contre lui



Bully : La politique d’Emmanuel Macron en matière d’immigrés est jugée « trop laxiste » par 66 % des Français, selon un sondage de janvier. Pensez-vous que ce projet de loi réponde à ce jugement ?
Marie Guévenoux (La République en marche) : On ne gouverne pas en fonction des sondages. La réalité, c’est qu’on a une politique migratoire sur laquelle on a de très mauvais indicateurs, à la fois en matière d’accueil des demandeurs d’asile – quatorze mois en moyenne pour examiner une demande d’asile, c’est beaucoup trop –, des résultats peu satisfaisants sur la politique d’intégration et une politique d’éloignement qui, elle aussi, apparaît peu efficace – 15 % réellement effectués. C’est ce à quoi nous essayons de remédier.
Marietta Karamanli (Parti socialiste) : Je ne vais pas répondre à une question basée sur un sondage, mais plutôt évoquer les chiffres de la réalité de l’immigration : notre pays a accueilli, en 2016, 217 000 migrants (dont 73 000 sont des étudiants) et 88 000 autres étrangers au titre du « regroupement familial ». Ces deux catégories représentent 72 % de la délivrance des visas à durée limitée. La même année, notre pays a accordé sa protection humanitaire à 29 000 réfugiés, au moment où l’Allemagne en a fait bénéficier plus de 400 000. Ces chiffres relativisent la question de l’immigration et mettent en évidence les enjeux et les défis.
Rapporteure à la Cour nationale du droit d’asile : Comment expliquez-vous la grogne des professionnels de l’asile (9e jour de grève à la CNDA mercredi) si ce n’est par l’absence de dialogue avec les véritables experts en amont du projet de loi ?
M. K. : J’ai auditionné hier une grande partie des associations sur le projet de loi présenté aujourd’hui au conseil des ministres. J’ai pu mesurer la mobilisation et l’opposition de très nombreux acteurs sur ce texte, qui présente de multiples mesures policières, qui assure l’éloignement sans prendre en compte suffisamment l’intégration. Donc une situation qui risque de s’aggraver dans l’accueil et l’accompagnement des demandeurs d’asile, et des procédures qui alourdissent le travail des acteurs du secteur.
M. G. : Nous sommes, en France, face à un flux migratoire en hausse : de 2016 à 2017, la hausse des demandeurs d’asile est de 17 %, atteignant 100 000 demandeurs d’asile, dont il faudra examiner avec sérieux la situation personnelle. Dans le même temps, le gouvernement et la majorité à laquelle j’appartiens souhaitent réduire fortement la durée de l’examen de la demande d’asile – de quatorze à six mois.
C’est donc normal que les professionnels se posent des questions quant à l’organisation concrète que cela va nécessiter ou quant aux moyens qui pourront être apportés. Ils seront reçus dans le cadre des auditions menées par les parlementaires lorsque nous examinerons en commission le projet de loi, mais il y a un objectif opérationnel auquel nous tenons et que nous mettrons en œuvre, qui est de réduire cette durée d’examen.
Maria : Réduire les délais pour examiner les demandes d’asile semble salutaire, mais peut aussi avoir des effets pervers. Pouvez-vous nous dire quelles conséquences (positives et négatives) ce raccourcissement des délais peut-il entraîner ?
M. G. : Le premier acte dans le parcours du demandeur d’asile, c’est d’abord un rendez-vous à la plate-forme des demandeurs d’asile, où il ne se passe rien d’autre que d’avoir un rendez-vous au guichet unique de la demande d’asile en préfecture. En Ile-de-France, cette étape, c’est trente à quarante jours, période durant laquelle un demandeur d’asile n’a parfois pas d’hébergement, pas d’aides, est inconnu des services de l’Etat. C’est un traitement dont on ne peut pas se satisfaire.
Une des conséquences positives de la réduction de cet examen, c’est par exemple de faire en sorte que ce rendez-vous soit tenu en quarante-huit heures. C’est d’ores et déjà le cas dans les centres d’accueil et d’examens de situations administratives (CAES), créés très récemment par le gouvernement.
M. K. : A travers ce texte, on constate une accélération des délais, la réduction de cent vingt jours à quatre-vingt-dix jours pour déposer une demande d’asile après l’entrée en France. Le dossier pourra être traité en procédure accélérée. Ce délai est désormais trop court, pour les migrants, pour apprendre en quoi consiste le droit d’asile, quels critères sont pris en compte, découvrir les démarches à entreprendre, chercher un abri, de quoi se nourrir et surtout trouver une plate-forme d’accueil (PADA) ou un CAES.
L’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) a déjà fait d’énormes efforts pour répondre à cette demande de réduction des délais depuis plusieurs années. Le problème aujourd’hui se pose en amont et en aval de l’Ofpra : dans les préfectures et à la CNDA, qui voit, elle aussi, une réduction de délais imposée d’un mois à quinze jours. Le temps de trouver un avocat, une association pour accompagner la démarche, sans parler de la question d’aides juridictionnelles… cela rend toute la démarche impossible. D’autant qu’on a souvent affaire à des personnes qui ne parlent pas le français et ont des parcours difficiles. Il faut prendre en compte ces difficultés avant de parler de réduire les délais.

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Pulp : La réduction des délais peut être une bonne chose, tant pour les immigrés que pour le pays. Mais des moyens supplémentaires seront-ils mis en place ?
M. G. : Le projet de loi de finances prévoit une hausse de 26 % des moyens budgétaires sur la mission immigration. Le gouvernement a annoncé la création de 185 emplois supplémentaires pour aider à l’enregistrement des demandes d’asile (en préfecture et à l’Office français de l’immigration et de l’intégration), et 66 créations à l’Ofpra et à la CNDA pour examiner les demandes.
M. K. : Il y a effectivement une hausse des crédits. Cependant, quand on ramène le nombre d’emplois supplémentaires – cent cinquante pour les préfectures –, cela donne à peu près un poste supplémentaire par préfecture. Ce n’est pas assez pour diminuer les délais. Quand on rapporte ces crédits au nombre de demandeurs d’asile annuels en France (environ 100 000), à peine 40 % voient leur demande aboutir. Au prorata, ça veut dire qu’on accorde 500 euros par individu pour ce qui est nécessaire à l’intégration.
Lesdroitsdel’hommepourceuxq… : Le projet de loi prévoit de pouvoir enfermer un homme ou une femme qui ne détient pas de papiers jusqu’à cent trente-cinq jours. N’est-ce pas beaucoup plus que pour de nombreux crimes et délits ? Et qu’est-ce qui différencie, selon vous, la prison d’un centre de rétention ?
M. K. : Ce projet de loi impose une extension de la durée maximale de la rétention, qui passe de quarante-cinq jours à quatre-vingt-dix jours, avec une possibilité d’extension jusqu’à cent trente-cinq jours. Cette durée pose problème : priver de liberté un individu ne répond pas aux standards des droits fondamentaux que doit respecter la France. Par ailleurs, amener des femmes et des enfants dans un milieu fermé n’est pas un moyen digne de répondre à leur problème. Il faut rappeler que le séjour irrégulier n’est pas un délit, selon notre droit.
M. G. : Concrètement, ce délai de rétention sert à interroger les pays d’origine afin d’obtenir un laissez-passer consulaire de l’étranger en situation irrégulière sur le territoire français. La plupart des pays répondent dans un délai très court. La moyenne d’une durée de rétention est de douze jours. Pour autant, certains pays ne sont pas en capacité de répondre dans ce délai de quarante-cinq jours, c’est précisément à cette réalité opérationnelle que nous souhaitons répondre.

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Plouf : Au sein même du groupe LRM à l’Assemblée, des voix se font entendre contre ce projet de loi. Comment jugez-vous l’apparition de cette fronde au sein de la majorité ?
M. G. : Il n’y a pas d’apparition de fronde au sein de la majorité, il y a un débat interne, avec des expressions liées aux parcours et aux profils de chacun, qui sont normaux, et plus encore sur ce sujet. S’il n’y avait pas de débat sur un sujet aussi important, ce serait inquiétant. Les parlementaires feront le travail de parlementaires, ajouteront des choses, modifieront des choses, mais le texte sera voté par la majorité.
M. K. : J’ai connu, par un passé très récent, des frondes au sein des majorités. La question pour moi, c’est la capacité de la majorité et du gouvernement à traiter et à entendre ces voix qui soulèvent de vraies questions. Depuis 2003, notre pays a voté sept lois sur l’immigration et s’apprête à en voter une nouvelle. Cela veut dire une loi tous les deux ans sur le sujet.
Alex Vader : Quelle disposition prévoit le texte de loi concernant les procédures pour les mineurs non accompagnés ?
M. G. : A ce stade, ce n’est pas prévu dans ce texte. Le débat parlementaire permettra de l’évoquer.
M. K. : C’est un sujet qui doit être traité dans ce texte, selon moi, et dans des termes différents.
Lola : Le projet de loi semble régressif en matière de droits, on parle beaucoup de répression mais peu d’intégration, pourquoi ?
M. K. : Pour moi, ce texte présente surtout des mesures d’éloignement des demandeurs d’asile déboutés. Le volet intégration n’est pas suffisamment développé. En décembre 2016, Emmanuel Macron louait les « qualifications remarquables » de nombreux migrants. Je regrette ce double discours.
M. G. : D’abord, il y a une raison technique. Ce qui relève d’une meilleure intégration ne relève pas forcément du champ législatif. Le projet de loi comporte tout de même quelques dispositions qui contribuent à une meilleure intégration, comme l’extension du passeport talent, ou la transposition de la directive étudiants-chercheurs afin de mieux accueillir ce public. En dehors du projet de loi, il y a un certain nombre de choses dans le cadre notamment du rapport Taché qui vont viser à mieux intégrer les étrangers qu’on a décidé d’accueillir, comme l’enseignement du français. Nous devons aussi faire en sorte que les étrangers que l’on a décidé d’accueillir en France puissent bénéficier d’un meilleur accompagnement sur le logement et l’emploi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ L’avocat de l’ex-ministre du budget a notamment mis en avant des dossiers du même acabit, dans lesquels les fraudeurs n’ont pas été condamnés à de la prison ferme.
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Eric Dupond-Moretti supplie d’éviter la prison à Jérôme Cahuzac

L’avocat de l’ex-ministre du budget a notamment mis en avant des dossiers du même acabit, dans lesquels les fraudeurs n’ont pas été condamnés à de la prison ferme.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 13h30
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 15h30
    |

            Franck Johannès








                        


Eric Dupond-Moretti avait une mission, épargner la prison à Jérôme Cahuzac ; un objectif, démonter consciencieusement le réquisitoire de l’avocat général qui avait réclamé trois ans ferme contre son client ; et un moyen, rappeler que derrière l’ancien ministre haï, il y avait aussi un type qui n’avait tué personne et qui en bavait déjà depuis cinq ans. L’avocat a su se garder des excès des plaidoiries d’assises, a renvoyé quelques balles bien senties au parquet général et soulevé quelques arguments de bon sens.
C’est Jean-Alain Michel qui a plaidé le premier, mercredi 21 février, au dernier jour du procès en appel de Jérôme Cahuzac, accusé de fraude fiscale et blanchiment. Condamné, le 8 décembre 2016, à trois ans d’emprisonnement et cinq ans d’inéligibilité, l’ancien ministre de budget en risquait sept ; son ex-épouse, Patricia, qui a encore fraudé le fisc davantage que lui, n’a été condamnée qu’à deux ans de prison : une peine aménageable, qu’elle purge avec un bracelet électronique. Tout l’enjeu pour Jérôme Cahuzac est donc d’obtenir une condamnation, qu’il ne conteste pas, de moins de deux ans ferme, même s’il prend plusieurs autres années avec sursis.
Me Michel est un ami de Jérôme Cahuzac, il ne le cache pas. « Je vous ai maudit, monsieur Cahuzac, je t’ai maudit, Jérôme. Pas toi, pas ça, a attaqué l’avocat. Celui qui nous a présentés doit se retourner dans sa tombe. C’est le procès de la trahison, c’est vrai. » 
L’avocat a rappelé le travail de son ami auprès de Claude Evin, l’ancien ministre rocardien, la réforme des officines pharmaceutiques, des radiologues, la loi Evin contre le tabac et l’alcool, et les haines recuites qu’elles ont engendrées : Cahuzac a trouvé un jour sur son paillasson des poches de sang contaminé.
Cahuzac « n’a jamais touché à cet argent »
L’avocat ne doute pas que « la cagnotte » amassée en Suisse devait servir à la campagne de Michel Rocard : « Ça ne peut pas être, en si peu de temps, le fruit de son travail », et il « n’a jamais touché à cet argent ». Le premier ministre limogé, le chirurgien l’a payé cher : « Le poste qui lui était promis à l’hôpital a été supprimé, il a eu un contrôle fiscal dans les quinze jours » – d’ailleurs assez peu efficace, semble-t-il.
Restent les mensonges, « la déclaration suicidaire » devant l’Assemblée nationale : Me Michel a essayé de montrer qu’il ne savait plus comment s’en sortir, en en appelant à Oscar Wilde – « la vérité est rarement pure, et jamais simple » – et à un beau proverbe persan – « donne un cheval à celui qui dit la vérité, il en aura besoin pour s’enfuir ». « Jérôme Cahuzac ne s’est pas enfui », a conclu l’avocat.
C’est le tour de Me Dupond-Moretti. La salle d’audience était trop petite pour accueillir tous les curieux qui se bousculent à la porte. Il a classiquement un peu enfoncé son client pour mieux lui sortir la tête de l’eau. « Jérôme Cahuzac n’est pas un ami, a commencé l’avocat. Quand je l’ai rencontré pour la première fois, il était planqué dans un appartement parisien, avachi sur un canapé, humilié, honteux. Je l’imaginais arrogant, je le maudissais comme citoyen pour ses rodomontades contre les fraudeurs. Il m’a dit, “je n’ai aucune excuse”. » Me Dupond-Moretti : « Vous n’avez tué personne. » Cahuzac : « Si, ma famille et moi-même. »
Liliane Bettencourt et Johnny Hallyday
Comme il n’est pas facile d’attendrir une cour d’appel, Me Dupond-Moretti a ensuite tiré à boulets rouges sur l’avocat général, qu’il a trouvé « gratuitement méchant » : le magistrat avait résumé le passé du prévenu à un mensonge, et son avenir « à une jurisprudence ». Le mot était cruel. La jurisprudence, justement.
« S’il avait pu se débarrasser de ce pognon ! Il l’a traîné comme un boulet » Eric Dupont-Moretti
L’avocat a relevé une douzaine de cas de fraudeurs qui ont distrait au fisc des sommes comparables (450 000 euros dissimulés pour le couple Cahuzac en vingt ans, autour de 200 000 pour le seul ministre) : les peines s’échelonnent de quatre mois avec sursis à un an de prison avec sursis. « Certes, cela ne concerne pas des ministres du budget », a concédé Me Dupond-Moretti, mais il y a trouvé un député, un sénateur, un joueur de football, et même « un procureur qui n’a pas payé d’impôts pendant quatre ans » (sourire à monsieur l’avocat général, dont il a salué la bibliothèque, « que nous avons passée en revue », le magistrat ayant égayé son réquisitoire d’un doigt de Balzac, d’un zeste de Flaubert ou d’une larme de Hugo).

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Le parquet général avait justifié la peine réclamée par « la rupture de l’équilibre social ». L’avocat lui a répondu :
« Bien sûr, il est indispensable de faire de la morale publique. Mais est-ce qu’on ne rompt pas l’équilibre social lorsqu’on ne poursuit pas Mme Bettencourt qui a caché 100 millions d’euros dans des paradis fiscaux ? Ou quand on rend un hommage national à une vedette [Johnny Hallyday] qui a changé de nationalité pour échapper à l’impôt ? C’est vrai qu’on a besoin de héros et de donner des coups de pied à ceux qui incarnent le mal absolu. » 
« Lorsqu’il avait triché, qu’est-ce qu’il pouvait faire d’autre que mentir ? soutient Me Dupond-Moretti. Aucun de ceux qui sont allés à la cellule de dégrisement fiscal n’a échappé à l’opprobre, ça aurait été un suicide professionnel. S’il avait pu se débarrasser de ce pognon ! Il l’a traîné comme un boulet. »
L’avocat « ne demande pas la lune » : « Je vous demande même d’aggraver la peine, mais je vous supplie de ne pas l’envoyer en prison. La sanction sociale répond déjà à la peine. Oui, c’est une affaire exceptionnelle, mais il a été exceptionnellement puni. » Et Me Dupond-Moretti a puisé à son tour dans la littérature, avec Bernanos : « La liberté est partout en péril, et je l’aime. Au point qu’elle ne me paraît pas seulement indispensable pour moi, car la liberté d’autrui m’est aussi nécessaire. » Décision le 15 mai.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Une consommation excessive d’alcool correspondant à six verres ou plus par jour pour les hommes et quatre pour les femmes.
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La consommation excessive d’alcool accroît fortement les risques de démence

Une consommation excessive d’alcool correspondant à six verres ou plus par jour pour les hommes et quatre pour les femmes.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 12h16
   





                        



   


Une consommation excessive d’alcool multiplie par trois le risque de développer des démences et double celui de la maladie d’Alzheimer, affirme une étude de l’Inserm publiée mercredi 21 février, dans la revue The Lancet Public Health.
Menée en collaboration avec des chercheurs canadiens, cette étude s’est fondée sur l’analyse des données de 57 353 cas de démence précoce (patients de moins de 65 ans) recensés dans les hôpitaux français entre 2008 et 2013.
« Après exclusion des cas de démence attribuables à une pathologie bien identifiée, les chercheurs ont retrouvé une consommation excessive d’alcool dans 57 % des démences précoces » contre 8 % seulement pour celles survenues après 65 ans, indique l’Inserm.
L’analyse montre ainsi que « la consommation excessive d’alcool est associée à un triplement du risque de démence et un doublement du risque en ce qui concerne la maladie d’Alzheimer ».
Six verres ou plus par jour pour les hommes
A partir de là, « les chercheurs estiment qu’il s’agit d’un facteur de risque de démence pouvant être considéré comme le plus important devant le tabagisme ou l’hypertension artérielle ». 
Une consommation excessive d’alcool correspondant à six verres ou plus par jour pour les hommes et quatre pour les femmes.
Carole Dufouil et Michaël Schwarzinger, les responsables de l’étude, estime que l’alcool « pourrait précipiter la survenue de ces maladies et accélérer leur progression en augmentant les dommages structurels et fonctionnels dans le cerveau ».
Si les mécanismes possibles restent à clarifier, « cette étude interpelle donc une nouvelle fois sur les dangers de l’alcool, suggérant que des mesures préventives supplémentaires pourraient contribuer à réduire le risque de démence et leur coût financier et sociétal », souligne Carole Dufouil.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Le comptage a été réalisé à l’initiative de la Ville de Paris par près de 2 000 bénévoles dans la nuit du 15 au 16 février lors de la Nuit de la solidarité.
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Paris compte au moins 3 624 personnes sans-abri

Le comptage a été réalisé à l’initiative de la Ville de Paris par près de 2 000 bénévoles dans la nuit du 15 au 16 février lors de la Nuit de la solidarité.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 11h46
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 16h17
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        



   


La Ville de Paris a fait les comptes, après le recensement des sans-abri lors de la Nuit de la solidarité, dans la nuit du 15 au 16 février. Les 1 700 bénévoles, répartis en 350 équipes, ont, cette nuit-là, rencontré 2 025 sans-abri dormant dans la rue, auxquels il faut ajouter les 200 personnes recensées par la SNCF dans les gares, 49 dans les services d’urgence des hôpitaux de l’Assistance publique, 377 dans les stations de métro et de RER, 112 dans les parkings gérés par Vinci – qui s’était associé à l’opération –, sans oublier les 129 personnes qui passaient la nuit dans le Bois de Vincennes, 20 autres dans le Bois de Boulogne, et 40 dans le parc de La Colline (18e).

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Ce sont donc 2 952 personnes trouvées dehors, auxquelles on peut ajouter les 672 hébergées de façon très provisoire, pendant cette période de grand froid, dans des gymnases et des salles de mairie, ce qui porte le total à 3 624 sans-abri. « Pour accueillir tout le monde, il nous manque bien 3 000 places pérennes, estime Dominique Versini, adjointe à la maire de Paris chargée des solidarités et de la lutte contre l’exclusion. Il faut donc conjuguer les efforts de l’Etat et de la Ville. »
Ce chiffre de 3 624 sans-abri à Paris intra-muros peut être considéré comme un minimum, puisque, cette même nuit, plan hivernal oblige, un grand nombre de lits étaient mis à disposition, dont 1 600 places qui seront fermées dès le 31 mars, mais aussi parce que certains espaces n’ont pas été explorés, comme des talus de périphérique ou des chantiers. En outre, les personnes dormant dans des tentes n’ont pas pu être toutes comptabilisées.
Plus dense dans le nord et l’est
La géographie des sans-abri reste, sans surprise, plus dense dans les arrondissements du nord et de l’est de la capitale. Le 10e arrondissement, avec ses deux gares, est celui qui en compte le plus, avec 266 personnes recensées, devant le 18e (250 personnes) et le 19e (212 personnes). Mais les arrondissements centraux ne sont pas épargnés : 95 personnes dans le 4e ; 86 dans le 2e ; 62 dans le 5e ; 79 dans le 6e ; 66 dans le 7e.

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Cette opération de comptage, la première du genre à Paris, a mobilisé des bénévoles qui, pilotés par des professionnels, sont vraiment allés au contact des sans-abri, dépassant leur timidité et leurs préventions. La vingtaine d’équipes de secours, prêtes à se déplacer en cas d’urgence, a réalisé une cinquantaine d’interventions pour mettre à l’abri des personnes jugées vulnérables.
Tous les volontaires seront réunis, courant mars, pour un bilan et la préparation de la Nuit de la solidarité 2019. La préfecture d’Ile-de-France a, elle, annoncé la réactivation du plan grand froid à partir de mercredi 21 février.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Paul Marciano a été publiquement accusé de harcèlement et d’abus sexuels par la mannequin Kate Upton.
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Le cofondateur de la marque Guess suspendu après des accusations de harcèlement sexuel

Paul Marciano a été publiquement accusé de harcèlement et d’abus sexuels par la mannequin Kate Upton.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 13h32
   





                        



   


Le cofondateur de la marque de prêt-à-porter Guess, Paul Marciano, a été écarté de toute responsabilité opérationnelle en attendant les résultats d’une enquête sur des accusations de harcèlement sexuel contre lui.
Le conseil d’administration de Guess a formé « un comité spécial comprenant deux directeurs indépendants pour superviser l’enquête en cours sur les accusations de conduite inappropriée » de M. Marciano, a précisé la société dans un communiqué, mardi 20 février. La marque est installée à Los Angeles. Paul Marciano, qui l’a créée en 1981 avec son frère, en détient 17 % des parts.
« Le conseil d’administration et M. Marciano ont convenu que M. Marciano n’assumerait plus ses responsabilités opérationnelles (…) en attendant la fin de l’enquête », a ajouté la société, soulignant « prendre très au sérieux toute accusation de comportement sexuel inapproprié ». « Je me suis engagé auprès de la société à coopérer pleinement », a déclaré de son côté M. Marciano, 65 ans, cité lui aussi dans le communiqué.
Accusations de Kate Upton
Paul Marciano a été publiquement accusé de harcèlement et d’abus sexuels par la mannequin Kate Upton. Dans une interview publiée début février par le magazine Time, Upton a accusé l’homme d’affaires franco-marocain de l’avoir harcelée et de l’avoir forcée à des attouchements à plusieurs reprises lors de séances photo pour la marque en 2010.

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M. Marciano a qualifié ces accusations d’« absolument fausses » et « absurdes », et assuré n’avoir jamais touché Kate Upton « de façon inadéquate ». Le monde de la mode est lui aussi pris dans la tempête du mouvement anti-harcèlement #MeToo, qui a vu de nombreux hommes de pouvoir accusés de harcèlement ou d’abus sexuels dans la foulée de l’affaire Weinstein.

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Plusieurs photographes de mode ultra-célèbres ont été écartés, comme Terry Richardson, Bruce Weber ou Mario Testino. Vendredi, après avoir interrogé quelque 50 mannequins, le Boston Globe a publié une grande enquête mettant en cause le comportement d’au moins 25 photographes – dont le Français Patrick Demarchelier – stylistes, directeurs de casting et autres professionnels du secteur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Une confrontation a été organisée mercredi 21 février entre Théo L. et des policiers mis en examen dans cette affaire, deux jours après la publication d’une expertise judiciaire sur l’intention du policier auteur du coup et sur la blessure elle-même.
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édition abonné


« Affaire Théo » : des expertises pour qualifier le geste

Une confrontation a été organisée mercredi 21 février entre Théo L. et des policiers mis en examen dans cette affaire, deux jours après la publication d’une expertise judiciaire sur l’intention du policier auteur du coup et sur la blessure elle-même.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 17h11
    |

            Louise Couvelaire








                        



                                


                            

Le dernier épisode de « l’affaire Théo », du prénom du jeune homme grièvement blessé par un coup de matraque télescopique lors de son interpellation par quatre policiers, en février 2017, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), sème la confusion. En cause, une expertise judiciaire conduite par un chirurgien viscéral et digestif, un médecin légiste et un conseiller technique du ministère de l’intérieur, et notifiée aux parties civiles lundi 19 février.
Les trois experts ont été chargés de se prononcer sur deux volets. Le premier, technique, concerne l’utilisation du bâton télescopique de défense (BTD) et l’intentionnalité du policier auteur du coup, mis en examen pour viol (les trois autres le sont pour violences). Le second, médical, porte sur la blessure elle-même – une section du sphincter anal et une lésion du canal anal de 10 centimètres de profondeur – et ce qui l’a causée. « En aucun cas, cette expertise a pour vocation de trancher le débat sur la qualification juridique de viol, rappelle l’un des avocats de Théo L., Me Antoine Vey. Seul le juge d’instruction peut le faire. »
Dans ce document, que Le Monde a pu consulter, les experts concluent notamment que la matraque n’a pas directement pénétré l’anus mais la « partie périanale », « à proximité immédiate du canal anal ». « En clair, cela signifie que le coup de matraque a créé son propre orifice d’entrée », décrypte une source proche du dossier. « Cela ne change rien au fait que Théo a reçu un coup dans la région de l’anus d’une extrême violence et que le bâton a pénétré le corps de mon client », souligne Me Vey.
Les experts indiquent qu’un « geste d’une certaine force a été nécessaire pour provoquer de telles lésions (…) compatibles en taille et caractéristiques avec l’extrémité du BTD » (une sphère aplatie mesurant environ 1,6 cm de diamètre). Théo L. a lui-même évalué...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Les sénateurs communistes et des syndicats de personnels et d’étudiants avaient déposé des demandes de suspension, dénonçant la « sélection » à l’entrée des études supérieures.
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Le Conseil d’Etat rejette les demandes de suspension de la plate-forme Parcoursup

Les sénateurs communistes et des syndicats de personnels et d’étudiants avaient déposé des demandes de suspension, dénonçant la « sélection » à l’entrée des études supérieures.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 14h45
   





                        


Le Conseil d’Etat a rejeté, mardi 20 février, les demandes de suspension de la nouvelle plate-forme d’inscription dans le supérieur, Parcoursup, qui remplace Admission post bac. Le juge des référés « estime que la condition d’urgence à laquelle est notamment subordonné le prononcé d’une mesure de suspension n’est pas remplie », déclare le Conseil d’Etat dans un communiqué.
Une suspension de l’arrêté du 19 janvier, qui a permis la mise en œuvre de Parcoursup, « entraînerait de graves perturbations, tant pour les futurs étudiants que pour les autorités académiques », et « pourrait compromettre le bon déroulement de la rentrée universitaire 2018-2019 dans le premier cycle de l’enseignement supérieur ».
Les demandes de suspensions émanaient des sénateurs du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste (CRCE), ainsi que du Snesup-FSU, premier syndicat des personnels de l’enseignement supérieur, et de syndicats étudiants (UNEF et Solidaires) et lycéens, qui dénonçaient une « sélection » des étudiants. Ils accusaient la plate-forme de « procéder à une sélection des futurs étudiants, les privant d’accéder à une formation de premier cycle de l’enseignement supérieur dans l’établissement de leur choix, en méconnaissance du principe de libre accès à l’université ».
Le traitement des données critiqué
Ils reprochaient également au nouveau portail de permettre « de demander aux candidat-e-s des données sur leur parcours extrascolaire (CV, activités sportives et artistiques, attestations de formations diverses, etc.) » en plus des informations habituelles. Une critique balayée par le Conseil d’Etat, qui répond que le traitement de données à caractère personnel « a pour seule finalité le recueil des vœux des étudiants » et que ces informations seront supprimées après le 2 avril.
Le premier syndicat étudiant, la FAGE, qui avait retiré son soutien au projet de réforme créant Parcoursup, s’est de son côté déclarée « rassurée », mardi, après un entretien avec la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal. Elle avait dénoncé le fait que la version finale du projet de loi prévoit de fixer le nombre de places dans chaque formation en s’appuyant notamment sur les « perspectives d’insertion professionnelle ». Dans un communiqué, la FAGE indique avoir obtenu de la ministre « des précisions réglementaires afin de sécuriser la définition des capacités d’accueil et garantir leur augmentation mécanique ».

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                La réforme de l’accès à l’université définitivement adoptée






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Si des villes comme Paris ou Lyon accueillent des populations riches et pauvres, les banlieues affichent, en revanche, des taux de ségrégation non négligeables.
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Ségrégation sociale : les villes-centres sont plutôt mixtes

Si des villes comme Paris ou Lyon accueillent des populations riches et pauvres, les banlieues affichent, en revanche, des taux de ségrégation non négligeables.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 11h18
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 11h29
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        



                                


                            
Mesurer la ségrégation urbaine et la mettre en équations, c’est ce que tente de faire Jean-Michel Floch, économiste, dans un dossier de la revue Economie et statistiques de l’Insee, paru le 7 février. Son indicateur de ségrégation prend en compte la répartition des niveaux de vie dans des quartiers, découpés en carrés de 500 mètres de côté, de douze grandes aires urbaines françaises : Paris, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Nice, Bordeaux, Nantes, Strasbourg, Rennes, Grenoble et Montpellier.
Le niveau de vie d’un ménage est, rappelons-le, son revenu net, déduction faite des impôts et en incluant les aides sociales, par unité de consommation (UC). Le premier adulte vaut une unité, toute autre personne de plus 14 ans 0,5, et un enfant de moins de 14 ans vaut 0,3 unité. Exemple : un couple avec deux enfants âgés de 17 et 12 ans totalisera 2,3 unités de consommation. L’indicateur de ségrégation de M. Floch varie de zéro, lorsque les différents groupes sociaux sont également répartis dans chaque carré, à 1 si la ségrégation entre ces carrés est extrême car ils n’accueillent que des riches ou que des pauvres.
Première conclusion de l’économiste : les villes-centres sont plutôt mixtes. Paris, avec un indice de ségrégation de 0, 077, ou Lyon, à 0,066, accueillent ainsi des riches mais aussi des pauvres. A Paris, le niveau de vie médian est particulièrement élevé, à 26 015 euros, alors que la moyenne nationale s’établit à 19 786 euros (selon des données de 2012).
Les foyers aisés sont surreprésentés dans la capitale, où 42 % de la population se situe dans les 20 % les plus riches du pays, mais le taux de pauvreté y est aussi fort, à 16 %, contre 14 % de moyenne nationale. Entre les deux, les classes moyennes, elles, disparaissent, et l’on assiste à une dualisation entre des ménages aisés à fort pouvoir d’achat qui cohabitent avec des employés dans les activités de service, à faibles salaires.
« Phénomène de clubisation »
Les banlieues...




                        

                        


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La campagne de soutien à Tariq Ramadan, toujours en prison, divise

La cour d’appel de Paris devait statuer jeudi sur une nouvelle demande de remise en liberté de l’islamologue.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 11h18
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 11h21
    |

            Cécile Chambraud








                        



                                


                            
Une page Facebook FreeTariqRamadanCampain multilingue (43 000 abonnés), un compte Twitter FreeTariqRamadan (642 followers), une pétition sur Change.org (99 000 signatures), la prise de parole de son épouse : ces derniers jours, les proches soutiens de l’islamologue ont actionné toutes les possibilités des réseaux sociaux pour orchestrer une campagne en faveur de sa sortie de prison. La cour d’appel de Paris devait statuer jeudi 22 février sur une demande de remise en liberté de Tariq Ramadan, mis en examen pour les viols dont l’accusent deux femmes et incarcéré depuis le 2 février à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne).
La campagne s’est accélérée mercredi 14 février avec la mise en ligne d’une vidéo dans laquelle son épouse, Iman Ramadan, jusqu’ici très discrète, faisait état de « nouvelles très alarmantes concernant sa santé physique ». « Cela fait maintenant quelques années que Tariq souffre d’une maladie chronique sévère et qu’il bénéficie d’un traitement très spécifique », ajoutait-elle. Elle indiquait n’avoir pas eu le droit de rendre visite à son mari ni de lui téléphoner et concluait en appelant à suivre « la campagne officielle #FreeTariqRamadan ».
Deux jours plus tard, l’islamologue était hospitalisé. Lundi, dans une seconde vidéo, Iman Ramadan invoquait le certificat d’un médecin de la prison selon qui « le patient présente deux pathologies graves ». Elle évoquait aussi l’attestation de deux médecins de son époux.
Mais le soir même, une expertise médicale ordonnée par la cour d’appel a conclu que les deux pathologies invoquées « ne peuvent être considérées comme certaines au jour de la présente expertise, au vu des documents présentés, des dires de Monsieur Tariq Ramadan et des constatations de l’examen clinique », selon les termes rapportés à l’Agence France-Presse par des sources proches du dossier. Le rapport souligne aussi « la nécessité d’un bilan neurologique complet et sérieux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Patronat et syndicats discutent sur un texte visant à « rendre le salarié acteur de son projet professionnel ».
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Formation : vers un accord entre partenaires sociaux

Patronat et syndicats discutent sur un texte visant à « rendre le salarié acteur de son projet professionnel ».



Le Monde
 |    21.02.2018 à 11h15
    |

            Sarah Belouezzane et 
Bertrand Bissuel








                        



                                


                            

Quatorze rencontres pour parvenir à un compromis ? Mercredi 21 février, le patronat et les syndicats devaient tenir une ultime séance de négociations consacrées à la réforme de la formation professionnelle. A l’issue de leurs précédents échanges, le 16 février, les protagonistes – à l’exception de la CGT – avaient laissé entendre qu’ils étaient plutôt enclins à conclure par un « deal » le cycle de discussions ouvert en novembre 2017. Mais à la veille de la réunion de mercredi, la prudence continuait de prévaloir, chez certaines organisations de salariés : « Nous nous prononcerons une fois que nous aurons eu connaissance de la dernière version du projet d’accord », confiait Yvan Ricordeau (CFDT). Subsiste une autre inconnue de taille : le gouvernement va-t-il reprendre à son compte, partiellement ou intégralement, la copie des partenaires sociaux, si ceux-ci trouvent un terrain d’entente ? Ou va-t-il, au contraire, s’en détourner, la jugeant trop peu ambitieuse par rapport à la feuille de route initiale ?
Le texte mis sur la table, mercredi, ne contient pas de bouleversements majeurs par rapport aux moutures antérieures. L’un des objectifs visés consiste à rendre le « salarié acteur de son projet professionnel », grâce au compte personnel de formation (CPF). Entré en vigueur début 2015, ce dispositif suit chaque individu tout au long de sa carrière et accumule, année après année, un capital de crédit d’heures de formation. En 2017, il a servi à financer un peu plus de 576 000 stages, contre près de 210 000 en 2015 et 495 000 l’année suivante. L’exécutif entend aller plus loin, en facilitant l’accès au CPF, par le biais du numérique ; le but est qu’il devienne un droit, laissé à la main des individus, afin que ceux-ci puissent payer la formation qu’ils ont choisie.
Optique d’une reconversion
Le projet d’accord présenté mercredi s’inscrit dans cette orientation en réaffirmant que le salarié « peut (…) mobiliser »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Le Sénat examine mercredi une proposition de loi visant à « mieux encadrer » ce secteur aux marges du système éducatif mais en expansion.
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L’école privée hors contrat s’invite de nouveau dans le débat politique

Le Sénat examine mercredi une proposition de loi visant à « mieux encadrer » ce secteur aux marges du système éducatif mais en expansion.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 11h09
    |

                            Mattea Battaglia








                        



                                


                            
Ils accueillent une part très marginale d’élèves – 65 000 recensés en 2017, sur un total de 12 millions –, mais nourrissent des débats politiques qui survivent aux alternances. Mercredi 21 février devait être examiné au Sénat, dans le cadre de la niche centriste, une proposition de loi visant à « simplifier et mieux encadrer le régime d’ouverture des établissements privés hors contrat », indique la sénatrice UDI Françoise Gatel, qui en est l’initiatrice.
Quasiment un an après que le Conseil constitutionnel a censuré l’article 14 de la loi égalité et citoyenneté portée par Najat Vallaud-Belkacem, visant à durcir le régime d’ouverture de ces écoles qui fleurissent en marge du système éducatif, une soixantaine de sénateurs du centre et de la droite entendent de nouveau porter le sujet sous le feu des projecteurs.
S’ils ne reprennent pas l’idée phare de l’ex-ministre de l’éducation – remplacer le régime de déclaration par un régime d’autorisation préalable à l’ouverture d’un établissement –, ils peuvent se prévaloir du soutien de son successeur, Jean-Michel Blanquer. Au point que les tenants de la « liberté scolaire », comme ils se définissent eux-mêmes, hostiles à l’initiative sénatoriale, dénoncent un « texte écrit Rue de Grenelle plutôt qu’au Palais du Luxembourg ».
« Renforcer le cadre »
Invité de « L’Emission politique » le 15 février sur France 2, Jean-Michel Blanquer a, de fait, nettement soutenu la démarche. « Quand elle aura réussi, nous aurons un outil juridique pour aller dans le bon sens », a-t-il expliqué. Quel sens ? Du point de vue de la méthode, les tentatives de réforme avancées à un an d’intervalle diffèrent fortement, fait valoir Mme Gatel. La sénatrice d’Ille-et-Vilaine connaît bien son dossier : rapporteuse de la loi égalité et citoyenneté, en 2016, elle s’était élevée contre l’« inconstitutionnalité » du projet tel que défendu par la gauche.
« On peut renforcer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Boris Rotenberg, un intime du président russe, est propriétaire de plusieurs villas dans les Alpes-Maritimes, dont l’une serait dissimulée derrière des sociétés multiples.
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Les très discrètes propriétés d’un proche de Poutine sur la Côte d’Azur

Boris Rotenberg, un intime du président russe, est propriétaire de plusieurs villas dans les Alpes-Maritimes, dont l’une serait dissimulée derrière des sociétés multiples.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 10h23
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 10h24
    |

            Benoît Vitkine (avec Novaïa Gazeta et l’OCCRP)








                        



                                


                            
L’amour des riches Russes pour les villas luxueuses de la Côte d’Azur n’est plus depuis longtemps un secret. Selon les chiffres du comité régional de tourisme de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, 2 000 biens immobiliers de la Côte d’Azur étaient détenus en 2015 par des ressortissants russes.
Parmi eux, certains grands noms, comme celui de l’oligarque Roman Abramovitch, ou d’autres moins connus, comme Souleymane Kerimov. La révélation, en novembre 2015, de l’achat présumé frauduleux de quatre villas par ce milliardaire et sénateur originaire du Daghestan a conduit à sa mise en examen pour blanchiment de fraude fiscale, et provoqué une crise diplomatique avec Moscou.

L’enquête menée par Le Monde, le quotidien russe Novaïa Gazeta et l’Organized crime and corruption reporting project (OCCRP) dévoile les possessions immobilières d’un autre proche de Vladimir Poutine, et les méthodes utilisées pour dissimuler ces investissements, notamment grâce aux services d’un homme d’affaires monégasque qui se trouve par ailleurs être le consul honoraire du Luxembourg dans la principauté.
Boris Rotenberg, 61 ans, est un intime du président russe depuis leur enfance commune à Leningrad (Saint-Pétersbourg). Lui et son frère Arkadi étaient les partenaires de judo du jeune Poutine, et sont restés jusqu’à aujourd’hui des membres de son premier cercle. Leur proximité avec le chef de l’Etat a sans aucun doute contribué à leur fortune, évaluée à un milliard de dollars pour Boris, à 2,3 milliards de dollars pour Arkadi.
Leurs sociétés se sont fait une spécialité de rafler les appels d’offres émanant de l’Etat ou de compagnies publiques comme le géant gazier Gazprom. Les frères Rotenberg ont notamment gagné des milliards d’euros lors des Jeux olympiques de Sotchi en 2014. Ce sont eux, aussi, qui sont à la manœuvre derrière la construction d’un pont reliant la Crimée annexée à la Russie.
Obsession du secret
En 2014, dans la foulée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Les étudiants de l’Ecole publique de journalisme de Tours (EPJT) ont rassemblé, pour le blog Factoscope, des vérifications d’assertions de responsables politiques sur l’immigration depuis dix-huit mois.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ 
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<filnamedate="20180221"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180221"><AAMMJJHH="2018022119">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Le projet de loi « pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif » doit être présenté mercredi en conseil des ministres. Marie Guévenoux (LRM) et Marietta Karamanli (PS) ont répondu à vos questions.
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