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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Issam, Ahmed, Ali et Mohamed, que « Le Monde » suit dans le cadre du programme Les nouveaux arrivants, ont écrit à l’élue LRM Bénédicte Peyrol avant la présentation du projet de loi asile et immigration.
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« Madame la Députée, nous, réfugiés soudanais… »

Issam, Ahmed, Ali et Mohamed, que « Le Monde » suit dans le cadre du programme Les nouveaux arrivants, ont écrit à l’élue LRM Bénédicte Peyrol avant la présentation du projet de loi asile et immigration.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 18h45
    |

            Pierre Lepidi








                        



   


Leur but était d’apporter un témoignage et de provoquer un échange avant la présentation en conseil des ministres, mercredi 21 février, du projet de loi sur l’asile et l’immigration. Le 2 février, quatre réfugiés soudanais de Vichy, dont Le Monde suit l’intégration en France dans le cadre du programme Les nouveaux arrivants avec d’autres médias européens, ont remis une lettre d’information et de témoignages à Bénédicte Peyrol, députée La République en marche (LRM) de l’Allier.

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« L’élue avait pris contact début janvier avec Réseau Vichy Solidaire, raconte Pablo Aiquel, journaliste et bénévole au sein de cette association. Lors d’une réunion rassemblant une vingtaine de réfugiés, quatre d’entre eux ont proposé de prendre la plume et d’expliquer à la députée leur parcours et les différents obstacles qu’ils ont rencontrés en arrivant en France. » Au sein du groupe, la discussion, en arabe, a duré près de deux heures. « J’étais assisté d’un traducteur et les idées fusaient dans tous les sens, se souvient Pablo Aiquel. J’ai rédigé la lettre en gardant l’esprit et le ton que les réfugiés voulaient lui donner. Ils l’ont ensuite validée. » 
« Souffrances psychologiques »
Le message se compose de trois parties. En guise d’introduction, il y a d’abord des remerciements. « Nous voulons dire merci, un grand merci à la République française, pour l’accueil qui nous est proposé et pour la protection qui nous est assurée ici, écrivent les Soudanais. Ensuite, nous voulons remercier le peuple français. Partout où nous sommes allés, il y a eu des gens pour nous aider et nous accompagner… Partout, il y a des gens de bonne volonté. »
Emmenés par Issam Othman, arrivé en France en 2000 et considéré comme le grand frère du groupe, Ahmed, Ali et Mohamed ont ensuite donné des précisions sur les deux statuts qu’ils ont connus : celui de demandeur d’asile puis celui de réfugié. Pour obtenir le second, ils estiment que le délai est trop long : « C’est beaucoup d’attente sans aucun droit. On n’a pas le droit de travailler, pas de cours de français ou seulement avec des bénévoles, quand il y en a. Attendre sans savoir ce que l’on va devenir, sans savoir si l’on va être accepté ou non, c’est psychologiquement très difficile. Cette attente fait souffrir les gens… On pensait qu’une fois qu’on serait accueillis, les souffrances allaient s’arrêter, mais en fait elles continuent, d’une façon psychologique. » 

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Dans le projet loi sur l’immigration présenté par le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, la procédure de demande d’asile devrait être réduite à six mois (contre des délais pouvant atteindre neuf mois actuellement en cas d’appel de la décision) afin de mieux accueillir les réfugiés et de renvoyer les déboutés. Globalement, le gouvernement va durcir le droit des étrangers. Le franchissement illégal de frontière sera ainsi sanctionné pénalement et les sans-papiers seront passibles de cinq ans d’emprisonnement.
Dans leur lettre, les quatre hommes, qui ont connu le squat du lycée Jean-Quarré, dans le 19e arrondissement de Paris, avant de rejoindre le centre d’accueil et d’orientation de Varennes-sur-Allier, racontent leur passage en Libye et le travail qu’ils ont dû parfois accomplir avant de traverser la Méditerranée. « Là-bas, nous sommes traités comme des esclaves, dénoncent-ils. Si nous pouvons récupérer de l’argent, il faut payer les passeurs. »
« Nous avons envie de travailler »
Dans la dernière partie, ils font part de leur incompréhension face à la bureaucratie : « Elle est infertile. Il faut valider des choses sur l’espace personnel de Pôle Emploi alors que certains n’ont pas d’ordinateur… Il est illogique de bénéficier de 200 heures de cours de français avec l’OFII [Office français de l’immigration et de l’intégration] puis de rester toute l’année sans rien faire, à attendre des papiers. Il y a de l’iniquité dans l’attribution des formations. Certains ont bénéficié de quatre ou cinq formations de français en un an, d’autres d’une ou d’aucune. » Ce qu’ils déplorent, c’est l’oisiveté et le manque d’accès à l’emploi. « Le principal problème, c’est qu’il est difficile de commencer à travailler, affirment les réfugiés. Nous avons envie de travailler ! Pour certains, ça va faire trois ans que nous sommes en France et toujours rien ! »
Le manque de renseignements sur l’accès à l’emploi leur pèse. Ils souhaiteraient savoir comment on ouvre un commerce, recevoir des informations sur la différence entre un contrat d’insertion et un contrat d’apprentissage, par exemple. La difficulté d’accéder à un logement, ajouté au manque d’activité professionnelle, est selon eux ce qui pousse beaucoup de réfugiés à continuer leur route jusqu’au Royaume-Uni. « Tous les réfugiés communiquent beaucoup entre eux, par le bouche-à-oreille, par les réseaux sociaux, expliquent-ils. Nous pensons que beaucoup de gens vont encore à Calais parce qu’ils entendent des messages comme le nôtre : c’est trop long pour travailler en France et donc ils préfèrent partir. » 

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La lettre a été remise le 12 février dans les locaux de Bénédicte Peyrol à Vichy. Les quatre réfugiés, accompagnés par d’autres membres de l’association Réseau Vichy Solidaire, ont eu un entretien d’une quarantaine de minutes avec l’élue. Ils auraient souhaité lui lire leur lettre, mais le temps a manqué. « Le message est clairement passé à l’écrit et il est touchant, affirme la députée. Ce remerciement à la République française est important. »
Ont-ils été entendus ? « Les propositions contenues dans le rapport du député Aurélien Taché [sur l’intégration des réfugiés, remis lundi au gouvernement] me semblent correspondre aux différents points soulevés dans la lettre, répond la députée de l’Allier. Il y a notamment l’accélération de l’apprentissage du français, le bilan de compétences… » Bénédicte Peyrol affirme garder cette lettre avec elle parce qu’elle lui « donne envie de porter encore plus fort le message des réfugiés ». Les auteurs devraient être reçus vendredi par Eric Gold, sénateur du Puy-de-Dôme.

   



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Selon un collectif de chercheurs, « l’outil militaire français doit être subordonné à un projet politique réaliste défini par les sociétés sahéliennes ».
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Point de vue

« La France doit rompre avec la rhétorique martiale qui prévaut au Sahel »

Selon un collectif de chercheurs, « l’outil militaire français doit être subordonné à un projet politique réaliste défini par les sociétés sahéliennes ».

Par                                            Collectif




LE MONDE
              datetime="2018-02-21T18:12:34+01:00"

        Le 21.02.2018 à 18h12






    
Une patrouille de l’opération française « Barkhane », à Tin-Hama, dans la région de Gao, au Mali, en octobre 2017.
Crédits : Benoit Tessier/REUTERS


Tribune. « Nous avons gagné cette guerre », déclarait en septembre 2013 à Bamako un François Hollande triomphant au terme d’une intervention militaire française menée au pas de course pour déloger les mouvements djihadistes au Mali. Quatre ans plus tard, dans une région sahélienne à la dérive, les mots de l’ancien président de la République résonnent de façon tragique. Le Mali a sombré dans un état de délitement inquiétant. Au nord, les groupes politico-militaires se disputent toujours le contrôle des territoires et des trafics. Au centre, l’Etat a reculé dans les zones rurales où prospèrent milices communautaires, bandes criminelles et insurgés se revendiquant du djihad. Pis, débordant du territoire malien, les violences touchent désormais les pays voisins, Burkina Faso et Niger en particulier.
Un accord inadapté
Si l’avenir du Sahel dépend indiscutablement de la capacité des Etats à relever le défi de la gouvernance et du développement, dans l’immédiat, la plupart des observateurs reconnaissent que la stabilisation de la région doit s’appuyer sur deux piliers, politique et sécuritaire. Ces deux piliers se désagrègent aujourd’hui, notamment du fait de l’absence de prise en compte de leurs interdépendances.
En effet, le primat a été donné à la lutte antiterroriste, subordonnant à cet objectif les manières de concevoir et de promouvoir les solutions au conflit malien. De ce point de vue, l’accord de paix intermalien signé en juin 2015 apparaît surtout comme un cadre politique destiné à faciliter la lutte contre les groupes dits terroristes. Du fait des pressions exercées par la communauté internationale, l’accord a d’emblée souffert d’un déficit d’appropriation par les acteurs maliens.

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Presque trois ans plus tard, cet accord peine à être appliqué et a échoué à changer la situation. De plus, il est aujourd’hui inadapté. D’abord parce qu’il s’est contenté de réchauffer les vieilles recettes des accords de paix des années 1990 et 2000 sans se donner les moyens de traiter les enjeux nouveaux de la crise malienne. Ensuite parce que, face à l’extension des violences dans des zones qu’il ignore, cet accord ne peut plus constituer le moteur principal de la stabilisation politique. Il fixe un cadre que certaines parties considèrent intangible dans une situation qui se révèle particulièrement volatile.
Une stratégie risquée
Face aux impasses du processus politique et aux lenteurs des coûteux programmes de développement, ce sont les options militaires qui prévalent de facto aujourd’hui. Le Mali et ses voisins sont aujourd’hui le théâtre de multiples interventions sécuritaires qui se superposent : opération française « Barkhane » et G5 Sahel, mais aussi force de stabilisation de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), mission de formation de l’Union européenne au Mali (EUTM), mission civile de l’Union européenne (EUCAP) et opérations des forces spéciales américaines.
Non seulement cet empilement n’a pas amélioré la situation sur le terrain, mais il suscite le malaise des opinions publiques malienne et nigérienne de plus en plus rétives à ces présences militaires étrangères. Celles-ci ont échoué jusqu’ici à contenir les groupes qui se revendiquent du djihad. Ces derniers se sont adaptés aux interventions internationales : chassés des villes, ils ont appris à se recomposer dans les zones rurales. Ils cherchent à s’y enraciner en y assurant un certain ordre, à la place d’un Etat absent et souvent perçu comme illégitime.

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Face à ces foyers insurrectionnels ruraux, la tentation est grande d’armer des milices locales. C’est une stratégie risquée. D’une part, l’utilisation de milices à base communautaire dans la lutte antiterroriste comporte d’importants risques d’abus contre les civils. Elle provoque déjà d’inquiétantes réactions en chaîne qui poussent des groupes rivaux dans les bras des djihadistes. D’autre part, les Etats du G5 Sahel sont trop affaiblis pour réguler les appétits politico-économiques de ces milices. Si l’impartialité et la vertu en matière d’administration et de sécurité de ces Etats sont discutables, la solution semble tout de même devoir passer par eux, y compris sous des formes revisitées impliquant temporairement les groupes armés.
Des tentatives de dialogue
Certes, sans la présence des militaires français, la situation serait sans doute pire. Cependant, la France, en faisant le choix de frappes ciblées comme celle qui a eu récemment lieu près de la frontière algérienne, élimine assurément des combattants djihadistes mais aussi des personnes au profil plus ambigu. Ce sont par exemple des sympathisants du Jama’at Nasr Al-Islam wal-Muslimin (JNIM, Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) – la coalition djihadiste formée autour d’Iyad Ag-Ghali – sans fonction militaire et dont la mort peut susciter la réprobation locale et perturber les tentatives de dialogue politique. Les leaders éliminés sont par ailleurs souvent remplacés par de jeunes djihadistes plus virulents et tentés par des actions plus violentes pour affirmer leur leadership.

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Le refus de la France de dialoguer avec les groupes dits djihadistes nie les réalités de terrain : des canaux de communication, directs ou non, sont d’ores et déjà établis au Niger, au Burkina Faso ou au Mali. Ces dialogues sont ardus et empreints de méfiance, mais ils peuvent progresser. Qu’on les juge opportuns ou pas, la réalité est là et la France court le risque de se retrouver du mauvais côté de l’Histoire en maintenant sa position de fermeté.
Sur le plan régional, en menant des opérations aux abords de la frontière algérienne, la France prend également le risque de s’éloigner encore davantage d’une Algérie déjà échaudée par la présence militaire française à Tessalit et par la création du G5 Sahel auquel elle n’appartient pas.
Accepter des moratoires
Ces réflexions commandent un changement de cap qui redonne l’initiative aux Etats sahéliens. Leurs partenaires internationaux, et notamment la France, qui occupe une place centrale dans le dispositif sécuritaire, doivent les laisser explorer ces pistes.
Sur le plan politique, il faut reconnaître les limites de l’accord de paix signé en 2015 et soutenir l’ouverture de processus de dialogue complémentaires, notamment dans les régions que l’accord ne prend pas en compte. Les Etats sahéliens doivent prendre la responsabilité d’ouvrir ces dialogues, y compris, s’ils le jugent utiles, avec des groupes djihadistes. La France doit comprendre que de tels dialogues, qu’ils se fassent dans un cadre national ou local, par le truchement des communautés ou de dignitaires religieux, peuvent constituer une alternative. Ces dialogues permettront de facto de circonscrire les mobilisations violentes. Ils laisseront les populations conduire leurs propres débats sur « l’extrémisme violent ».

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Cette réorientation politique a d’évidentes répercussions sur le plan militaire. La France doit rompre avec la rhétorique martiale qui prévaut au Sahel. L’outil militaire doit être subordonné à un projet politique réaliste défini par les sociétés sahéliennes. Le même principe devrait conduire à accepter des moratoires sur les frappes ciblées lorsque les Etats sahéliens décident d’ouvrir des canaux de dialogue avec les groupes armés, y compris djihadistes. Une réduction de l’empreinte militaire française dans certains espaces pourrait constituer une mesure de confiance à l’endroit de l’Algérie et d’une partie des populations locales pour qui cette présence sonne comme une provocation. Ceux qui s’en offusqueraient doivent reconnaître que l’approche privilégiée jusqu’ici a, au mieux, ralenti la crise mais ne l’a pas endiguée.
Ferdaous Bouhlel, chercheur sur le Sahel ; Arthur Boutellis, International Peace Institute ; Kamissa Camara, Partners Global & Université de Harvard ; Florent Geel, Fédération internationale des droits de l’homme ; Yvan Guichaoua, Université de Kent ; Ibrahim Yahaya Ibrahim, Université de Floride ; Jean-Hervé Jezequel, International Crisis Group ; Andrew Lebovich, Université de Columbia ; Mathieu Pellerin, chercheur sur le Sahel ; Boukary Sangaré, Université de Leiden ; Aurélien Tobie, chercheur sur le Sahel ; Gilles Yabi, président du cercle de réflexion Wathi.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Les pays du cartel pétrolier et la Russie ont réduit leur production depuis un an pour tenter de faire remonter les prix du baril. Cet accord pourrait dessiner une alliance de long terme afin de contrer l’explosion du pétrole de schiste américain.
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Entre OPEP et Russie, une alliance qui pourrait s’installer dans le temps

Les pays du cartel pétrolier et la Russie ont réduit leur production depuis un an pour tenter de faire remonter les prix du baril. Cet accord pourrait dessiner une alliance de long terme afin de contrer l’explosion du pétrole de schiste américain.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 17h51
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 18h05
    |

                            Nabil Wakim








                        



   


Les secousses du pétrole de schiste américain se font sentir jusqu’à Riyad et Moscou. Pour répliquer à la concurrence américaine qui avait fait chuter les prix du pétrole, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et la Russie avaient décidé en novembre 2016 de diminuer leur production pétrolière. L’objectif principal : faire diminuer l’offre et les stocks mondiaux et pousser à une remontée des prix.

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Avec une discipline qui a surpris les observateurs, les membres du cartel pétrolier, la Russie et plusieurs pays de l’ex-espace soviétique ont réussi à réduire leur production. Avec à la clé un sérieux rebond du prix du baril de brut, passé de 42 dollars en juin à 62 dollars en février.
Certains des participants à cette alliance plaident désormais pour qu’elle prenne une forme plus permanente. Souhaïl Ben Mohamed Al-Mazroui, le ministre de l’énergie des Emirats arabes unis, qui préside cette année le cartel, a plaidé, mardi, pour que la prochaine réunion de l’OPEP, en juin, permette de prolonger l’accord de réduction de la production. Mais il a aussi défendu l’idée d’une coopération approfondie entre les membres de l’OPEP et la Russie.
« Si ce groupe de pays continuait à travailler ensemble dans le futur, cela serait bénéfique pour l’économie mondiale, et éviterait d’avoir des surprises importantes dans l’équilibre entre l’offre et la demande », a-t-il expliqué dans une interview à l’agence Reuters.
« Stabiliser le marché »
S’il a immédiatement précisé qu’il était trop tôt pour dessiner le cadre de cette coopération, ses déclarations ouvrent la voie à une collaboration plus étroite entre des pays qui se sont récemment trouvé des intérêts communs.
Fin janvier, les ministres saoudien et russe de l’énergie avaient déjà fait savoir sur Bloomberg TV qu’ils partageaient l’objectif d’une coopération de longue durée. « Historiquement, l’OPEP était assez influente pour contrôler seule le marché. Mais aujourd’hui, nous avons le sentiment qu’elle ne peut plus le faire seule », a admis le Saoudien Khaled Al-Faleh. 
« Nous considérons que la coopération entre nos pays est une coopération de long terme », a abondé le ministre russe, Alexander Novak. « Les deux plus gros exportateurs de pétrole ne peuvent pas s’ignorer et peuvent travailler ensemble pour stabiliser le marché. » 
Depuis le début des discussions entre l’OPEP et la Russie, les deux hommes forts du pétrole mondial se sont ostensiblement affichés ensemble lors des sommets du cartel.
Les dirigeants des pays concernés affirment qu’il ne s’agit pas de former un « super-cartel », qui agrégerait aux quatorze pays de l’OPEP la Russie et les pays qui lui sont proches. Mais la situation du marché pétrolier est telle qu’elle oblige les principaux acteurs à envisager des configurations qui auraient semblé rocambolesques il y a quelques années.

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Ce rapprochement continu entre les deux géants pays pétroliers a surtout un objectif : contrer l’explosion du pétrole de schiste américain. Selon les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie, les Etats-Unis devraient devenir en 2018 à la fois le premier producteur et le premier exportateur mondial de pétrole. Depuis 2014, l’émergence du schiste américain, l’offre pétrolière mondiale est abondante, et cela tire les prix à la baisse.

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A l’époque, l’Arabie saoudite a espéré que des prix du baril bas obligeraient les producteurs américains à mettre la clé sous la porte. Mais ils ont tenu bon, en réduisant leurs coûts.
C’est tout le piège dans lequel se trouve l’OPEP : en diminuant leur production, les pays du cartel et la Russie ont certes contribué à faire remonter les prix. Mais cette hausse bénéficie également aux producteurs américains, qui se sont remis à forer de plus belle.
L’autre préoccupation des Saoudiens et des Russes est d’encourager le retour aux investissements dans l’exploration et la production, qui restent timides malgré la remontée des prix. Ils ont atteint 389 milliards de dollars au niveau mondial en 2017, selon l’étude annuelle de l’IFP Energies nouvelles. Un niveau qui reste très loin des 683 milliards de dollars de 2014.
Or, si les majors du pétrole ne reprennent pas, dans les années qui viennent, des décisions d’investissement importantes, l’offre de pétrole mondiale pourrait manquer.
Mais les deux pays ont aussi des objectifs de politique intérieure. En Arabie saoudite, seul un prix du baril élevé peut permettre au prince Mohammed Ben Salmane Al-Saoud de mener à bien son ambitieux programme de réformes, Vision 2030, et d’ouvrir dans des conditions favorables le capital de Saudi Aramco, le géant pétrolier du pays. En Russie, les sanctions occidentales durables et les difficultés économiques ont rendu encore plus essentiel pour Vladimir Poutine le fait de tout faire pour maintenir le prix du pétrole à un niveau élevé.
Si une telle alliance venait à voir le jour, elle poserait de sérieux problèmes stratégiques à l’allié majeur de l’Arabie saoudite, les Etats-Unis. A Washington, on verrait certainement d’un mauvais œil une structure permanente unissant Riyad et Moscou.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ L’influent prédicateur évangéliste américain Billy Graham, interlocuteur incontournable des présidents des Etats-Unis pendant plusieurs décennies, est mort mercredi, à 99 ans.
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Etats-Unis : le prédicateur évangéliste Billy Graham est mort à 99 ans

L’influent prédicateur évangéliste américain Billy Graham, interlocuteur incontournable des présidents des Etats-Unis pendant plusieurs décennies, est mort mercredi, à 99 ans.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 16h34
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 16h45
   





                        



   


William Franklin Graham Jr, dit Billy Graham, est mort mercredi 21 février à 99 ans, chez lui, en Caroline du Nord (sud-est des Etats-Unis).
Il avait eu une révélation religieuse à 16 ans et, grâce à son charisme, sa voix de stentor et ses prêches fougueux, il avait très vite attiré les foules, devenant l’une des personnalités spirituelles les plus puissantes des Etats-Unis.
« Le GRAND Billy Graham est mort. Il était unique! Il manquera aux Chrétiens et à toutes les religions. Un homme très spécial », a réagi le président américain Donald Trump sur Twitter.
Un interlocuteur incontournable pour les présidents de Etats-Unis
Le prédicateur américain avait su tirer profit de la radio et la télévision dès le début des années 1950 pour faire renaître le mouvement évangéliste, devenant ainsi un pionnier du « télévangélisme ».
En 1953, il avait refusé de prêcher devant un public où Blancs et Noirs étaient séparés.
Il était devenu un interlocuteur incontournable des présidents des Etats-Unis pendant plusieurs décennies.
En 1983, le président Ronald Reagan lui avait remis la médaille de la liberté, la plus haute récompense à laquelle un civil puisse prétendre.
En 2007, lors de l’inauguration de la bibliothèque et du musée Billy Graham à Charlotte, trois anciens présidents étaient présents : George H. W. Bush, Jimmy Carter et Bill Clinton.

   


« Je pense que Billy n’a pas touché uniquement le coeur des Chrétiens mais (celui) des gens de toutes fois parce qu’il était un homme tellement bon », a indiqué Bush père dans un communiqué. « J’ai le privilège de l’avoir eu comme ami personnel (...) Il a été un mentor pour plusieurs de mes enfants ».
Son influence dépassait les frontières américaines
Des années 1940 au milieu des années 2000, il multiplie les prêches partout dans le monde, y compris en URSS et en Chine. Et même deux fois, en 1992 et 1994, en Corée du Nord.
De la reine Elizabeth II au pape Jean Paul II, en passant par mère Teresa, il a rencontré tous les grands de ce monde.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Le président français, Emmanuel Macron, a demandé « une trêve afin de s’assurer de l’évacuation nécessaire des civils » et de « la création de tous les accès humanitaires indispensables dans les meilleurs délais ».
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Syrie : l’ONU demande l’arrêt des combats, la Russie réclame une réunion du Conseil de sécurité

Le président français, Emmanuel Macron, a demandé « une trêve afin de s’assurer de l’évacuation nécessaire des civils » et de « la création de tous les accès humanitaires indispensables dans les meilleurs délais ».



Le Monde
 |    21.02.2018 à 16h19
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 18h45
   





                        


Au quatrième jour de l’offensive aérienne menée par le pouvoir syrien et son allié russe contre la Ghouta orientale, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a réclamé l’arrêt des combats dans cette enclave rebelle située en périphérie de Damas, et assiégée depuis cinq ans.
« J’appelle toutes les parties impliquées à un arrêt immédiat de toute action de guerre dans la Ghouta orientale afin de permettre une aide humanitaire à ceux qui en ont besoin », a déclaré M. Guterres au Conseil de sécurité.
Mercredi soir, la Russie a réclamé la tenue, jeudi, d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, a déclaré l’ambassadeur russe aux Nations unies, Vassily Nebenzia.
Cette réunion permettrait à toutes les parties « de présenter leur vision, leur compréhension de la situation et de proposer des moyens de sortir de la situation actuelle », a précisé le diplomate russe lors d’une réunion du Conseil de sécurité portant sur la Charte des Nations unies.
Le président français, Emmanuel Macron, a lui aussi demandé « une trêve afin de s’assurer de l’évacuation nécessaire des civils du maintien ou plutôt de la création de tous les accès humanitaires indispensables dans les meilleurs délais ».
« Porter secours aux blessés »
« Ce qui se passe dans la Ghouta orientale aujourd’hui est clairement, vigoureusement condamné par la France », a dit le chef de l’Etat lors d’une conférence de presse avec son homologue du Liberia, George Weah, à l’Elysée. « Car au prétexte de la lutte contre les terroristes djihadistes, le régime avec quelques-uns de ses alliés a décidé de s’en prendre à des populations civiles et vraisemblablement à certains de ses opposants ».
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a quant à lui réclamé, mercredi, l’accès à la Ghouta. « Les violences risquent vraisemblablement de causer davantage de souffrances dans les jours et les semaines à venir, et nos équipes doivent être autorisées à se rendre dans la Ghouta orientale pour porter secours aux blessés », a rappelé Marianne Gasser, représentante du CICR en Syrie.
Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), au moins 24 civils, dont trois enfants, sont morts mercredi dans de nouveaux bombardements.
Les frappes se sont concentrées sur la localité de Kfar Batna, où 22 civils sont morts tués par les barils d’explosifs largués par les avions du régime, a précisé l’OSDH. Deux autres civils sont morts dans la localité de Jisrine.
400 000 personnes prises au piège
Mardi 20 février, l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) avait fait état d’au moins 45 civils tués, dont 12 enfants. La veille, au moins 100 civils, dont 20 enfants étaient morts, d’après le dernier relevé de l’organisation non gouvernementale.
C’est le plus lourd bilan de pertes civiles en une journée dans les combats dans cette région depuis le début de 2015, selon l’organisation. Les hôpitaux peinent à faire face à l’afflux de blessés – quand ils ne sont pas détruits par les bombardements.
Aujourd’hui près de 400 000 personnes sont encore prises au piège dans cette zone. La population y résidant encore subit des privations de nourriture et de médicaments ; le prix des denrées y flambe.
Cette situation touche, en particulier, les enfants, qui composent, selon l’Unicef, la moitié de la population de la zone. La situation est telle que l’ambassadeur français auprès de l’Organisation des Nations unies, François Delattre, parlait au début de février d’un siège « digne du Moyen Age ».

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Décryptage

Au Maroc, les langues de la discorde

Ecartelé entre le français, la darija, l’arabe classique et l’amazigh, le pays ne parvient pas à se mettre d’accord sur une politique linguistique stable.

Par                                            Ghalia Kadiri (Casablanca, envoyée spéciale)




LE MONDE
              datetime="2018-02-21T15:54:54+01:00"

        Le 21.02.2018 à 15h54






    
Dans une classe d’une école du Haut-Atlas, au sud de Marrakech, en mars 2016.
Crédits : FADEL SENNA/AFP


Le débat n’en finit pas de rebondir. Faut-il supprimer le français ? Institutionnaliser la darija (arabe dialectal) ? Défendre l’arabe classique ? Depuis des décennies, le Maroc ne parvient pas à se mettre d’accord sur une politique linguistique stable. Une question d’autant plus fâcheuse que certains n’hésitent pas à parler d’« apartheid social » lié à l’usage des langues dans le royaume, où la diversité linguistique portée par l’arabe, la darija, les dialectes berbères, le français ou encore l’espagnol est l’objet d’une guerre qui touche la sphère politique et se ressent jusque sur les bancs des écoles.

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Et si les langues faisaient la paix ? C’est la réflexion qu’invite à mener l’éditrice indépendante Kenza Sefrioui. La Franco-Marocaine de 38 ans a réuni dans un ouvrage une panoplie de textes écrits par un collectif de seize intellectuels de langue arabe, française ou bilingues, dont la chercheuse Zakia Iraqui-Sinaceur, le poète Jalal Al-Hakmaoui et l’écrivain Abdellah Taïa. Dans Maroc : la guerre des langues ?, paru le 10 février, une idée les met tous d’accord : il faut célébrer la pluralité des langues pour qu’elle devienne un motif de fierté.
L’arabe classique dans les tribunaux
Mais dans un pays où seul l’arabe dialectal est parlé par l’ensemble des Marocains – ou presque –, la diversité des langues reste une source de tensions. « Le poids de l’histoire coloniale, les hégémonies géopolitiques et les fractures sociales ont installé des représentations souvent caricaturales : le français est vu comme la langue de la modernité, tandis que l’arabe est assigné à la religion et à la tradition et que la darija et les dialectes berbères sont juste bons à communiquer, explique Kenza Sefrioui. Ces rapports de forces génèrent des crispations identitaires, une obsession de la légitimité et des sentiments d’injustice. »
Le sujet a particulièrement attiré les visiteurs du Salon international du livre, dont la 24e édition s’est tenue du 9 au 18 février à Casablanca. Car si la question est existentielle dans le royaume, c’est qu’elle se vit au quotidien. « Il y a un écart géant entre la langue que l’on parle et la langue officielle », témoigne Nadia, une étudiante casablancaise de 24 ans. Au Maroc, les jugements dans les tribunaux sont prononcés en arabe classique, au grand dam de ceux qui ne le parlent pas. « Idem pour le journal télévisé ou les démarches administratives, qui restent inaccessibles pour un grand nombre de gens », poursuit la jeune femme.

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A cette situation de diglossie (coexistence d’une langue savante et d’une langue parlée) s’ajoute le paradoxe de l’enseignement : en arabe jusqu’au bac, puis en français à l’université pour la plupart des matières, dont les sciences et la médecine. Sur le marché du travail, ceux qui maîtrisent le français ont des salaires plus attractifs, avec de meilleures perspectives de carrière. « Qu’on ne vienne pas nous dire que les langues n’ont pas une dimension sociale : on ne vit pas de la même manière selon la langue qu’on parle et donc du milieu dont on vient », affirme Nadia.
« Domination écrasante du français »
Depuis la fin du protectorat, en 1956, la question linguistique est éminemment politique au Maroc. L’arabisation, telle qu’elle a été promue dès les années 1960 et mise en œuvre dans les années 1980, notamment pour neutraliser l’opposition de gauche à partir des années 1970, est jugée comme un massacre par les uns ou comme une nécessité de procéder à une « décolonisation » des esprits par les autres.
Malgré les nombreuses tentatives de réformes, le système éducatif paie aujourd’hui le prix de la politique d’arabisation faite dans la précipitation. D’ailleurs, le gouvernement a fini par réintroduire le français à l’école pour enseigner les matières scientifiques. Ce que les responsables du Parti de la justice et du développement (PJD, islamiste) n’ont pas manqué de critiquer. Ceux-là mêmes qui scolarisent leurs propres enfants dans des établissements français.
« La politique d’arabisation était évidemment indispensable. Malheureusement, elle a été bâclée, reconnaît le poète et traducteur bilingue Jalal Al-Hakmaoui, lors d’un débat au Salon du livre, dimanche 18 février à Casablanca. Aujourd’hui, il y a une persistance de la domination écrasante du français, la langue du colonisateur, sur la langue arabe. Pour sortir de la logique impérialiste, il est nécessaire d’avoir une politique de traduction officielle. »

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Comme une étape vers la réconciliation, Maroc : la guerre des langues ? est aussi un plaidoyer pour la traduction, pour « tisser des liens entre les langues du Maroc et avec le monde », espère l’éditrice Kenza Sefrioui. Le romancier Yassin Adnan propose même de renouer avec l’esprit du califat abbasside d’Al-Ma’Mun au IXe siècle, au cours duquel furent créées à Bagdad des bayt al-hikma (« maisons de la sagesse »), dédiées à la traduction, et qui permit la rencontre de la pensée grecque avec l’univers de l’islam.
Zakia Iraqi-Sinaceur, qui a élaboré le célèbre Dictionnaire Colin d’arabe dialectal marocain en 1994, le premier en darija-français, a une vision optimiste de ce Maroc plurilingue. « Regardez, on voulait chasser la darija, on pensait qu’on ne pouvait pas l’écrire, or aujourd’hui elle s’écrit partout, dans n’importe quel alphabet. Quant à l’amazigh, qui était relégué au statut de dialecte, c’est devenu une langue officielle et enseignée à l’école », précise-t-elle, pleine d’espoir.
Un dictionnaire tout en darija
Loin de la grand-messe annuelle du livre, un homme est plus catégorique. « On se trompe de combat », balaie Noureddine Ayouch dans ses somptueux bureaux avec vue sur mer à Casablanca. Costume et cravate rose, le publicitaire de 72 ans a publié, il y a un an, le premier dictionnaire darija-darija, une initiative qui lui a valu des éditoriaux cinglants dans la presse arabophone. « Nous allons à présent éditer des manuels pour enseigner la darija à l’école, annonce l’homme d’affaires, membre du Conseil supérieur d’enseignement, où il est perçu comme un frondeur. Si nous devons attendre que l’Etat le fasse, rien n’adviendra. »

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M. Ayouch est en première ligne pour défendre l’usage de la darija comme langue d’apprentissage pour les premières années de l’école. « La politique d’arabisation était une erreur. Ils ont ramené des professeurs égyptiens et saoudiens qui ont transmis leurs valeurs wahhabites et ont islamisé l’école. Les Marocains étaient bilingues, or aujourd’hui, ils ne maîtrisent ni l’arabe, ni le français. Il faut les éduquer dans leur langue maternelle, la langue qu’ils connaissent. » Avec son Centre de promotion de la darija, M. Ayouch rêve d’en faire une langue officielle. « J’ai même demandé au roi de faire ses discours en darija, afin qu’il soit compris par l’ensemble de la population. »
Dans un contexte de clivages linguistiques, les propos de M. Ayouch ont créé une vive polémique. « Ceux qui défendent la darija sont l’élite francophone qui veut asservir le peuple », condamne Jalal Al-Hakmaoui. Plus tempérée, Zakia Iraqi-Sinaceur avertit : « Enseigner en arabe dialectal durant les premières années est une bonne initiative, mais on ne peut pas supprimer l’arabe classique. Certains y verraient une atteinte à la langue sacrée. » La langue du Coran.
Maroc : la guerre des langues ?, ouvrage collectif, éditions En toutes lettres, 20 euros.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Les deux militaires sont morts après que leur véhicule blindé a heurté une mine artisanale. Un autre soldat a été blessé.
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Compte rendu

Deux soldats français de « Barkhane » tués au Mali dans l’explosion d’une mine artisanale

Les deux militaires sont morts après que leur véhicule blindé a heurté une mine artisanale. Un autre soldat a été blessé.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 21.02.2018 à 15h35

     •
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        Mis à jour le 21.02.2018 à 18h13






    

Crédits : AFP


Deux soldats français de l’opération « Barkhane » au Mali ont été tués, et un autre blessé, mercredi 21 février, entre Gao et Ménaka, dans l’est du pays, selon une source militaire. Ils ont été touchés par l’explosion d’une mine artisanale au passage de leur véhicule blindé, portant à 21 le nombre de soldats français morts au Mali depuis le lancement de l’opération en 2013.
La France est engagée depuis janvier 2013 au Mali, d’abord sous le nom d’opération « Serval » puis sous celui d’opération « Barkhane », pour chasser les groupes djihadistes du pays. Près de 4 000 soldats français sont toujours engagés.
« Très vive émotion »
Dans un communiqué mercredi le président de la République a annoncé avoir appris la mort des deux soldats « avec une très vive émotion » confirmant leur rattachement au « 1er régiment de spahis de Valence ». Emmanuel Macron « adresse à leurs familles et à leurs proches ses plus sincères condoléances » et « tient à saluer le courage des militaires français engagés au Sahel » dont la mission « permet de porter des coups sévères à l’ennemi ». « Plusieurs dizaines de terroristes ont été tués ces derniers jour » par les forces françaises, a précisé M. Macron lors d’un point de presse à l’Elysée le même jour.
Devant l’Assemblée nationale, la ministre des armées, Florence Parly, a également fait part mercredi de sa « très vive émotion » à l’annonce de la mort des deux soldats, à qui les députés ont rendu hommage, debout, par de longs applaudissements.

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Souhaitant se désengager du pays, la France souhaite accélérer depuis plusieurs mois le déploiement de la force G5 Sahel réunissant le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le Tchad et la Mauritanie. Lancée au début de 2017, l’initiative vise à former une force de 5 000 hommes, composée de soldats des cinq pays impliqués, d’ici à la mi-2018.
Douze militaires tués depuis 2014 
Le 12 janvier, trois soldats de « Barkhane » avaient été blessés, dont un grièvement, lors d’un attentat-suicide à la voiture piégée contre leur convoi entre Ménaka et Indelimane, dans le nord-est du Mali. Bien que, depuis 2013, les groupes liés à Al-Qaida aient été dispersés et en grande partie chassés du nord du Mali, des zones entières du pays échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU (Minusma), régulièrement visées par des attaques, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix, censé isoler définitivement les djihadistes.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ La Cour suprême a ordonné, mercredi, l’arrestation d’Anna Gabriel, qui ne s’est pas présentée à sa convocation. Mais la dirigeante indépendantiste catalane a annoncé, mardi, son installation en Suisse.
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Espagne : un mandat d’arrêt contre une dirigeante indépendantiste catalane

La Cour suprême a ordonné, mercredi, l’arrestation d’Anna Gabriel, qui ne s’est pas présentée à sa convocation. Mais la dirigeante indépendantiste catalane a annoncé, mardi, son installation en Suisse.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 15h08
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 15h24
   





                        



   


La justice espagnole a lancé, mercredi 21 février, un mandat d’arrêt s’appliquant uniquement sur le territoire national contre l’indépendantiste catalane Anna Gabriel, dirigeante de la Candidature d’unité populaire (CUP), formation d’extrême gauche séparatiste. Elle avait annoncé, la veille, son installation en Suisse, pour échapper à une éventuelle incarcération dans l’enquête sur la tentative de sécession avortée.

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Anna Gabriel, 43 ans, était convoquée, mercredi, par la Cour suprême à Madrid et risquait d’être placée en détention, comme quatre autres séparatistes incarcérés depuis plus de trois mois.
« Je n’irai pas à Madrid. Je suis poursuivie pour mon activité politique et la presse gouvernementale m’a déjà déclarée coupable », a-t-elle dit au quotidien suisse Le Temps, comparant son pays à la Turquie en termes de droits.
Le juge de la Cour suprême, dans sa décision, « ordonne l’arrestation » de Mme Gabriel, qui ne s’est pas présentée à sa convocation. Ce mandat d’arrêt ne s’appliquera que dans un cadre « national », a précisé un porte-parole du tribunal à l’Agence France-Presse.
La Suisse n’entend pas expulser Anna Gabriel
La Suisse, elle, n’entend a priori pas expulser la dirigeante de la CUP. « Il s’agit selon toute vraisemblance d’un délit politique. Selon notre code pénal et la convention européenne des droits de l’homme, une demande d’extradition ou toute forme d’aide judiciaire ne peuvent pas être accordées pour l’un de ces motifs », a expliqué Folco Galli, porte-parole de l’Office fédéral de la justice, au Temps.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Alors que les bombardements du régime syrien et de son allié russe ont tué plus de 250 civils en deux jours dans l’enclave rebelle proche de Damas, la presse internationale dénonce l’absence de réponse de la communauté internationale.
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Syrie : « La Ghouta orientale est un autre Srebrenica », « le massacre du XXIe siècle »

Alors que les bombardements du régime syrien et de son allié russe ont tué plus de 250 civils en deux jours dans l’enclave rebelle proche de Damas, la presse internationale dénonce l’absence de réponse de la communauté internationale.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 13h53
   





                        


Tandis que la Ghouta orientale n’en finit pas de compter ses morts et ses blessés, au quatrième jour de l’offensive de l’armée de l’air syrienne sur cette enclave de la périphérie de Damas où sont assiégés, depuis 2013, quelque 400 000 habitants, la paralysie de la communauté internationale, qui ne parvient pas à adopter une position commune contre les massacres, faisait réagir la presse internationale.

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Une paralysie que dénonce le quotidien britannique The Guardian, dans une tribune intitulée « La Ghouta orientale est un autre Srebrenica, et nous détournons le regard une fois encore ». Consacrant sa « une » au sujet, le quotidien dresse un parallèle avec le siège de l’enclave de Srebrenica, durant la guerre de Bosnie, en juillet 1995, qui avait conduit au massacre de plus de 8 000 hommes et adolescents, sous les yeux d’une communauté internationale qui avait « détourné le regard ». 

The Guardian front page, Wednesday 21 February 2018 | ‘This is a catastrophe’: Hundreds killed in two days of Syria… https://t.co/fgsUdCS6YV— guardian (@The Guardian)


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« Le Srebrenica syrien »
« Avec chaque enfant qui meurt, chaque acte de barbarie qui reste impuni, la Ghouta orientale ressemble de plus en plus à ce que Kofi Annan avait appelé un jour le pire crime jamais perpétré en Europe depuis 1945. La Ghouta orientale est en train de devenir le Srebrenica syrien », alerte le journaliste Simon Tisdall :
« A Srebrenica, quelque 8 000 hommes et adolescents musulmans furent massacrés en quelques jours. (…) Le tribunal pénal pour l’ex-Yougoslavie a plus tard déclaré que ces crimes constituaient un génocide. (…) La communauté internationale savait pourtant très bien ce que le général Radko Mladic [commandant en chef de l’armée de la République serbe de Bosnie] était en train de faire, et qu’un massacre était imminent. Elle a détourné le regard. L’agonie de la Ghouta orientale (…) est plus lente mais ignorée de la même façon. Encore une fois, des civils, dont de nombreux enfants, sont massacrés. Encore une fois, les pouvoirs occidentaux, avec des forces présentes dans le pays, refusent d’intervenir. Encore une fois, les Nations unies sont impuissantes. » 
Et le journaliste de conclure : « Aujourd’hui, dans la Ghouta orientale, comme à Srebrenica en 1995, des crimes abominables qui pourraient constituer un génocide sont commis. En novembre, Mladic a enfin été reconnu coupable de génocide à La Haye. Cela a pris vingt-deux ans. Combien faudra-t-il encore que d’enfants meurent avant que justice ne soit faite en Syrie ? » 
La chaîne américaine de télévision CNN reprend cette comparaison avec la situation en Bosnie dans une analyse intitulée « L’échec de la communauté internationale sur la Ghouta orientale », estimant qu’il s’agit d’un « tournant, comparable à d’autres moments critiques pour les droits de l’homme ces vingt-cinq dernières années ».
« Après trois ans d’horreur en Bosnie, il a fallu le massacre de Srebrenica pour pousser l’Occident à passer à l’action contre les Serbes de Bosnie », souligne CNN, avant de rappeler « l’appel désespéré » du haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme la semaine dernière :
« Au moins, la communauté internationale avait mis fin au conflit en Bosnie au bout de quatre ans. Mais après sept ans de conflit sanglant, le conflit syrien continue. Et l’échec à y mettre fin signe la faillite de la diplomatie internationale. »

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« Le massacre du XXIe siècle »
« Un massacre. Comment appeler autrement ce qu’il se passe dans la Ghouta, cette zone naguère agricole, ancien poumon vert de Damas, transformée ces derniers jours en enfer sur terre ? », s’alarme également le quotidien belge Le Soir, dans un article intitulé « Le massacre du XXIe siècle se déroule à un jet de pierre de Damas ». 
« Si Srebrenica a été le massacre des années 1990, Sabra et Chatila et Halabja les massacres des années 1980, alors celui de la Ghouta orientale est celui de ce siècle… témoigne aussi dans le Guardian un médecin de la Ghouta orientale. Y a-t-il plus grand terrorisme que tuer des civils avec toutes sortes d’armes ? Est-ce une guerre ? Ce n’est pas une guerre. Cela s’appelle un massacre. »
« Ce régime et ses alliés reproduisent là les crimes dont ils s’étaient rendus coupables à Alep et cette sauvagerie est si atroce qu’on voudrait presque que ses auteurs l’emportent au plus vite, que ces monstres gagnent au plus vite, pour que cela cesse mais non, rien ne cessera », dénonce aussi le chroniqueur géopolitique Bernard Guetta, sur France Inter mercredi matin.

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« On veut terroriser la population, l’obliger à fuir »
« C’est un nouveau massacre, c’est pire qu’Alep », témoigne encore Raphaël Pitti, médecin de guerre qui s’est rendu de nombreuses fois en Syrie, au micro d’Europe 1 mercredi. En contact avec la population civile de la Ghouta, il atteste que « six hôpitaux ont été totalement détruits » au cours de la journée de mardi. « Ce ne sont pas des bavures. Les hôpitaux sont systématiquement détruits. On veut terroriser la population, l’obliger à fuir, à céder », dénonce-t-il :
« On est dans un état de siège déjà depuis plusieurs mois. La population est affamée, des enfants meurent. On est dans une situation épouvantable sur le plan humanitaire. »
M. Pitti se dit « effondré » par le silence de la communauté internationale, estimant qu’« on aurait dû prévenir cette situation, on la voyait arriver depuis plusieurs mois. Les convois de l’ONU ne pouvaient même pas rentrer à l’intérieur de la Ghouta pour approvisionner les populations ». 




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Les Turcs veulent bloquer la montée en puissance des Kurdes, pourtant soutenus par la coalition internationale, dans cette région.
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Syrie : les motifs et les enjeux de la bataille d’Afrin

Les Turcs veulent bloquer la montée en puissance des Kurdes, pourtant soutenus par la coalition internationale, dans cette région.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 13h08
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 15h38
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                            Allan Kaval








                        



   


L’entrée des forces syriennes favorables à Assad dans l’enclave d’Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie, pour appuyer les forces kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), aurait de « graves conséquences », a prévenu, mercredi 21 février, le porte-parole du président turc, Recep Tayyip Erdogan. « Toute tentative visant à soutenir (…) l’organisation terroriste YPG signifiera qu’ils se rangent directement au côté d’organisations terroristes et deviendront donc des cibles légitimes à nos yeux », a insisté Ibrahim Kalin lors d’une conférence de presse.
L’opération « Rameau d’olivier » lancée dans l’enclave d’Afrin par la Turquie et ses supplétifs issus de la rébellion est entrée dans son deuxième mois, mardi 20 février, jour où les milices loyales à Damas ont annoncé leur déploiement dans l’enclave en soutien aux combattants kurdes des YPG.

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Qui défend Afrin ?
Afrin est un territoire majoritairement kurde, situé à la frontière avec la Turquie. Depuis 2012, Afrin est sous le contrôle des Unités de protection du peuple (YPG). Cette force kurde est le noyau des Forces démocratiques syriennes (FDS), alliées à la coalition internationale contre l’organisation Etat islamique (EI) emmenée par les Etats-Unis.
La coopération de la coalition avec les FDS leur a permis de s’emparer de vastes territoires riches en ressources naturelles et agricoles dans l’est de la Syrie, bien au-delà des zones de peuplement kurde comme Afrin, dont leur encadrement militaire et politique est issu. En octobre, elles ont définitivement chassé les djihadistes de Rakka et poursuivent leurs offensives contre les dernières poches de l’EI, près de la frontière irakienne.
Dans les territoires contrôlés par les FDS, un système politique original a vu le jour. Inspiré des idées autogestionnaires et féministes, le « modèle » porté par leurs responsables n’a pas vocation à représenter les intérêts des seuls Kurdes mais à prendre racine dans toutes les communautés syriennes. Dans les faits, les institutions restent dominées par l’encadrement civil kurde des FDS.
Dans cet ensemble territorial, politique et militaire connu sous le nom de « Rojava-Nord Syrie », Afrin présente un cas particulier. Il s’agit, en effet, d’une enclave détachée des régions tenues par les FDS dans l’est du pays. Malgré leur expansion territoriale, réalisée grâce au soutien militaire de leurs alliés occidentaux, les Forces démocratiques syriennes ne sont jamais parvenues à remplir leur objectif historique : rallier leurs territoires de l’est à Afrin.
Loin des lignes de front contre l’organisation Etat islamique, l’enclave est prise en étau entre la Turquie au nord et à l’ouest, des régions sous le contrôle de groupes djihadistes et rebelles à l’est et au sud, et les zones repassées sous l’autorité de Damas au sud-est.
Pourquoi la Turquie a-t-elle attaqué Afrin ?
Ankara perçoit l’influence des forces kurdes dans le nord de la Syrie comme une menace existentielle. De fait, la matrice des FDS se trouve être le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Cette organisation politique et militaire a été créée initialement par des Kurdes de Turquie. Elle est en guerre contre l’Etat turc depuis 1984. Ayant essaimé à partir des années 1990 dans toutes les régions kurdes du Moyen-Orient, le PKK a investi les régions majoritairement kurdes de Syrie à la faveur de la révolution.
D’abord limités à trois enclaves isolées (Afrin, Kobané et la Djezireh, dans le Nord-Est), ses alliés syriens ont conquis de nouveaux territoires dans leur lutte contre l’EI. Quand, en 2014, l’EI attaque la localité de Kobané, la résistance des combattants kurdes leur vaut les faveurs de la coalition. S’ensuit une coopération poussée qui permet aux forces kurdes de relier la Djezireh et Kobané puis de repousser l’EI jusqu’à la prise de Rakka, sa capitale, à l’automne 2017. Les FDS contrôlent aujourd’hui l’essentiel de la rive gauche de l’Euphrate.

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Du point de vue turc, cette montée en puissance, pourtant alimentée par l’aide de ses alliés de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), reste celle d’un ennemi intime qui s’installe dans son environnement immédiat. Quand, à l’été 2016, les FDS chassent les djihadistes de leur bastion de Manbij, destiné à servir de tête de pont à la jonction avec les Kurdes d’Afrin, Ankara prend donc les devants.
L’opération « Bouclier de l’Euphrate » lancée par Ankara dans les semaines qui suivent contre les positions de l’EI au nord-est d’Alep coupe la route des FDS vers Afrin et empêche définitivement les forces kurdes de former un territoire contigu le long de la frontière turque.
La position dominante des forces kurdes dans le Nord syrien n’est pas compromise pour autant. Le temps de la bataille de Rakka commence peu après, plus au sud, la Turquie de Recep Tayyip Erdogan ronge son frein. Maintes fois annoncée depuis l’été 2016, l’opération prend finalement corps en janvier 2018. Afrin, isolé et échappant à la protection de la coalition, contrairement aux territoires de l’Est, est le maillon faible du dispositif FDS en Syrie.
Quels sont les enjeux de la bataille ?
La crise d’Afrin concentre sur un territoire réduit l’ensemble des acteurs du conflit syrien et leurs alliés. Enjeux locaux, régionaux et internationaux s’y télescopent. Pour les forces kurdes, la défense d’Afrin est une question vitale. Si elles cèdent et font aveu de faiblesse, c’est tout leur édifice dans l’Est syrien qui se trouve menacé. Il faut donc tenir et, à défaut d’autre soutien extérieur, tenter d’arracher au régime de Damas un accord qui permettrait de ralentir les avancées turques.
L’envoi de détachements miliciens vers Afrin, mardi 20 février, est un signal allant en ce sens. Le régime syrien voit, en effet, d’un mauvais œil l’émergence d’une présence forte et durable de la Turquie à Afrin. Damas et Ankara partagent un passé lourd de disputes territoriales qui influence la position du régime.
L’Iran est réputé avoir en la matière une position proche de celle de ses protégés syriens. La position de la Russie, autre alliée du régime, diverge cependant. Sans le feu vert tacite de Moscou, qui contrôle l’espace aérien syrien dans cette partie du pays, l’opération turque sur Afrin n’aurait pas pu voir le jour. En accédant aux velléités anciennes d’Ankara sur Afrin, Vladimir Poutine ménage sa relation avec le président Erdogan et fait d’une pierre deux coups, en prouvant aux Kurdes l’inefficacité de leur alliance avec Washington, tout en semant un peu plus la discorde entre les Etats-Unis et la Turquie, alliés au sein de l’OTAN.

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Victoire devant la justice thaïlandaise pour le père de « l’usine à bébés »

Le fils d’un milliardaire japonais a remporté le droit de garde des treize enfants nés de mères porteuses en Thaïlande.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 12h13
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 12h15
    |

            Bruno Philip (Bangkok, correspondant en Asie du Sud-Est)








                        



   


Le Japonais aux treize bébés nés de mères porteuses a gagné : un tribunal de Bangkok, lieu de naissance des enfants, a statué, mardi 20 février, en jugeant que Mitsutoki Shigeta, 28 ans, était bien leur « seul parent ». Après quatre ans de bataille juridique en Thaïlande, la cour aura donc finalement reconnu que les treize rejetons de ce fils de milliardaire japonais, dont les âges oscillent entre 4 et 6 ans, sont légalement bien les siens.
Le jugement clôt une affaire qui avait éclaté durant l’été 2014, quand des voisins du Japonais habitant dans la vaste demeure d’un quartier résidentiel de Bangkok, avaient prévenu la police qu’une véritable « usine à nourrissons » était installée dans leur rue. Les policiers découvrirent alors dans la maison de Mitsutoki Shigeta neuf bébés qu’il avait eus d’autant de mères porteuses, sans compter les quatre autres, plus âgés, envoyés auparavant au Cambodge voisin.
Le scandale avait attiré l’attention des autorités et des médias internationaux sur le manque de réponses juridiques appropriées en Thaïlande face au commerce lucratif et grandissant de « location de ventres » de femmes issues des zones les plus déshéritées du pays. Ces dernières étant rétribuées par de riches étrangères qui ne peuvent concevoir elles-mêmes des bébés.
Selon la police thaïlandaise, Mitsutoki Shigeta avait payé à l’époque les mères porteuses entre 9 000 et 11 000 euros. Il avait d’abord expliqué que son désir immodéré de procréation était lié à son ambition politique, les enfants pouvant lui servir d’électeurs potentiels. Il avait par la suite changé de version, affirmant qu’une progéniture abondante lui permettrait de gérer l’empire familial en dépêchant ses enfants de par le monde.
« Période de transition »
A la suite de la découverte de l’« usine », les enfants avaient été confiés à la garde des services sociaux du royaume. Puis le Japonais porta l’affaire devant les tribunaux thaïlandais, réclamant de se voir attribuer un droit légal de paternité. Quatre ans plus tard, les enfants vont donc pouvoir être rendus à leur père « légitime », la cour ayant insisté par ailleurs sur le fait que « le comportement du plaignant n’est pas sujet à caution » et que sa fortune lui permettra d’« assurer le bonheur de ses enfants ».

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                L’encombrante « usine à bébés » thaïlandaise



Ces derniers ne seront peut-être pas immédiatement rendus à leur père. L’avocat de ce dernier, Me Kong Suriyamontol, a reconnu que, puisque les enfants avaient été confiés à la garde des services sociaux « durant si longtemps », il allait sans doute falloir respecter une « période de transition » avant qu’ils ne puissent aller s’établir avec leur père au Japon.
Le scandale aura eu des conséquences : la Thaïlande a interdit le commerce de mères porteuses en 2015 et le Cambodge, où s’était déplacé le « business », a été obligé de suivre, interdisant cette « industrie » l’année suivante. Cette dernière utiliserait désormais le Laos comme nouvelle base : dans ce petit pays voisin, au régime autoritaire et corrompu, tout reste encore possible.



                            


                        

                        


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Un proche de Nétanyahou se retourne contre lui et devient témoin de la police

La presse israélienne se déchaînait, mercredi matin, au sujet de la fin proche du premier ministre, mis en cause dans de nombreuses enquêtes de corruption.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 12h12
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 12h41
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



                                


                            

Shlomo Filber n’est pas un personnage public de premier plan en Israël. Pourtant, tous ceux qui suivent de près les activités du chef du gouvernement, Benyamin Nétanyahou, connaissent son importance. Pendant vingt ans, ce juif religieux a été un homme de l’ombre, un intime sûr et silencieux, un émissaire chargé des tâches confidentielles. Aujourd’hui, il représente une menace grave pour son ancien patron. Après Ari Harow, ex-chef de cabinet de M. Nétanyahou, Shlomo Filber est le deuxième personnage-clé de l’entourage du premier ministre, depuis un an, qui accepte de se retourner contre lui.
Pour se sauver lui-même et échapper à la prison, il a accepté, mardi 20 février, de devenir un témoin au profit des policiers qui enquêtent sur plusieurs affaires de corruption, rapporte la presse israélienne. Dans deux d’entre elles, les enquêteurs ont recommandé au parquet général l’inculpation de M. Nétanyahou, le 13 février. Son sort se trouve à présent entre les mains du procureur général, Avichaï Mandelblit. Mais la pression monte de toutes parts.
Le témoignage forcément explosif de Shlomo Filber, arrêté dimanche 18 février, devrait concerner en premier lieu l’affaire Bezeq, du nom du groupe de télécoms dirigé par Shaul Elovitch, lui aussi interpellé. M. Filber est mis en cause dans l’enquête en tant que directeur général du ministère des communications, poste dont il a été suspendu. Il aurait facilité le rachat du groupe de télévision par satellite Yes par Bezeq.
Obsession pour le contrôle des médias
M. Nétanyahou, qui a gardé entre ses mains ce portefeuille des communications – comme celui des affaires étrangères – après les élections de 2015, avant d’y renoncer en 2017, est soupçonné d’avoir aidé Bezeq en échange d’une couverture favorable assurée par Walla, l’un des plus importants sites d’information du pays. Favorable, elle l’a été, avec des enquêtes censurées et des publireportages consacrés à l’épouse du premier ministre, Sara Nétanyahou.

Pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Soupçonné de corruption, le gouverneur de la banque centrale lettone a été suspendu.  Les paiements de la troisième banque du pays ont par ailleurs été gelés par la BCE.
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Le système bancaire letton est secoué par une série de scandales

Soupçonné de corruption, le gouverneur de la banque centrale lettone a été suspendu.  Les paiements de la troisième banque du pays ont par ailleurs été gelés par la BCE.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 18h13
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

C’est un double scandale au parfum de soufre, dont l’économie lettone, comme la Banque centrale européenne (BCE), se seraient bien passées. Mardi 20 février, le gouverneur de la banque centrale lettone, Ilmars Rimsevics, a donné une conférence de presse de soixante-quinze minutes, ultra-médiatisée dans le petit pays balte, pour défendre son cas : « Je ne vais pas démissionner, je ne suis pas coupable. » Il sortait de 48 heures de détention au Bureau national anticorruption (KNAB), qui le soupçonne d’avoir sollicité un pot-de-vin d’au moins 100 000 euros, dans une affaire non précisée. « Je démens catégoriquement », a plaidé M. Rimsevics, qui siège également au conseil des gouverneurs de la BCE.
Lundi, l’agence de presse AP a publié un article où Grigori Guselnikov, homme d’affaires russe à la réputation sulfureuse, principal actionnaire de la banque lettone Norvik, accuse Ilmars Rimsevics de lui avoir réclamé de l’argent depuis 2015, sous peine d’imposer à son établissement des règles plus strictes. Ces accusations seraient différentes de celles pour lesquelles l’agence anticorruption a interrogé le banquier central. Ce dernier assure que toutes ces allégations font partie d’une attaque contre le système bancaire letton. Et qu’il a reçu des menaces de mort… « C’est une affaire complètement folle, un peu délirante, et très étrange à bien des égards », commente un économiste letton, ancien de la banque centrale.
Difficile de démêler le vrai du faux
Le premier ministre, Maris Kucinskis, n’a pas tardé à réagir : mardi, il a suspendu le gouverneur de son poste, le temps de l’enquête. Dans la foulée, le ministère de la défense a reconnu que ces accusations sont peut-être le fruit d’une « opération massive de désinformation venant de l’étranger » visant à ternir la réputation de Riga, et à influencer les élections législatives d’octobre. Selon lui, elle est « identique, pour ce qui est de la structure et de l’exécution »,...




                        

                        


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La justice péruvienne veut juger à nouveau Alberto Fujimori

L’ex-autocrate, condamné pour crimes contre l’humanité et corruption, a été gracié par le président actuel, Pedro Pablo Kuczynski.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 11h59
    |

                            Paulo A. Paranagua (Lima, envoyé spécial)








                        



                                


                            

L’ancien autocrate Alberto Fujimori, au pouvoir au Pérou de 1990 à 2000, n’a pas fini de rendre des comptes à la justice. Bénéficiant d’une grâce présidentielle à Noël 2017, il a retrouvé sa liberté après douze ans de prison, alors qu’il avait été condamné à vingt-cinq ans de détention pour crimes contre l’humanité et corruption.
Mais le tribunal chargé du dossier de l’assassinat de six villageois par un commando de l’armée, en 1992, ne veut pourtant pas lâcher une prise aussi emblématique. Lundi 19 février, la cour pénale de Lima a jugé que la grâce présidentielle ne couvrait pas la responsabilité de M. Fujimori dans un massacre commis dans le village de Pativilca, au nord de Lima, et qu’il peut donc être jugé pour cette affaire. Le 29 janvier 1992, alors que le gouvernement menait une offensive contre la guérilla maoïste du Sentier lumineux, des membres du commando d’élite Colina avaient frappé et enlevé six habitants du village. Leurs corps n’ont jamais été retrouvés.
L’argument invoqué par la cour de Lima, d’un juridisme spécieux typique des magistrats péruviens, est que l’ancien autocrate avait été gracié pour sa condamnation, mais pas pour des charges qui ne pesaient pas encore sur lui. En effet, M. Fujimori avait été extradé en 2007 du Chili, où il se trouvait alors, mais la Cour suprême du pays voisin n’avait pas inclus l’affaire Pativilca dans le dossier d’extradition car elle n’avait pas encore été instruite au Pérou.

Ce n’est qu’en 2015 que la justice péruvienne a demandé au Chili de rectifier le dossier, ce qui a été fait en février 2017, ouvrant la voie à une inculpation de M. Fujimori six mois plus tard. La cour de Lima a donc ordonné lundi qu’il soit jugé avec 23 autres personnes, dont d’anciens éléments d’un groupe paramilitaire et de l’armée.
Marchandage
Autant dire que l’avocat de la défense compte faire appel de cette décision de première instance. Il a le temps, puisque le procès Pativilca n’a pas encore...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Les bombardements du régime de Bachar Al-Assad et de son allié russe ont tué plus de 250 civils en deux jours.
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En Syrie, tragédie humanitaire dans la Ghouta orientale

Les bombardements du régime de Bachar Al-Assad et de son allié russe ont tué plus de 250 civils en deux jours.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 14h15
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant, avec Laure Stéphan)








                        



   


C’est un message audio lugubre, transmis par l’application WhatsApp, mardi 20 février. Un médecin y raconte les conditions de vie dans la Ghouta, au troisième jour de l’offensive aérienne menée par le pouvoir syrien et son allié russe contre l’enclave rebelle en périphérie de Damas, assiégée depuis cinq ans. « Bombes, missiles sol-sol, barils explosifs : le régime utilise toutes ses armes contre nous, témoigne le docteur qui se fait appeler Abou Ahed. Les gens sont terrés chez eux. Dans tous les quartiers, ça pue le sang. Même les animaux ont disparu des rues. »
Toutes les trente secondes environ, avec la régularité macabre d’un métronome, le fracas d’une explosion, plus ou moins lointaine, vient masquer sa voix. « Vous entendez ? Le scénario d’Alep est en train de se répéter », prédit le médecin en référence à la grande ville du nord de la Syrie, que les opposants avaient dû évacuer, en décembre 2016, après des mois de siège et de bombardements, suivis d’une offensive terrestre éclair. « C’est la même politique de destruction tous azimuts. Bachar [Al-Assad, le président syrien] veut briser notre esprit de résistance. Il veut nous expulser de la Ghouta. »
Les faits ne lui donnent pas tort. Depuis dimanche, au moins 250 civils, dont près de 60 enfants, ont péri sous des tirs d’artillerie et des raids aériens, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). C’est le deuxième pic de bombardements depuis le début du mois, après une première vague, entre le 5 et le 10 février, qui avait fait un nombre similaire de morts. Ce pilonnage est présenté par la presse prorégime comme le prélude à une opération de reconquête de la Ghouta, plaine agricole d’une centaine de km2, peuplée de 400 000 personnes, qui est l’ultime bastion rebelle aux portes de Damas.
Signe de la détermination du camp pro-Assad, l’aviation russe a repris du service dans cette région, dont elle était absente ces derniers mois. La banlieue orientale de Damas était intégrée dans l’accord de « désescalade », conclu en septembre par Moscou avec la Turquie et l’Iran, parrains respectifs des insurgés et du régime syrien. L’arrangement, qui prévoyait une réduction des hostilités et une arrivée d’aide humanitaire dans quatre zones aux mains de l’opposition, est resté peu ou prou lettre morte. Selon l’OSDH, les chasseurs-bombardiers russes ont notamment touché l’hôpital d’Arbin, l’un des plus importants de la Ghouta, désormais « hors service ».

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                Ghouta orientale : la communauté internationale indignée, mais paralysée



Six autres centres de soins ont été visés par des bombardements, dont la moitié ont dû suspendre leurs opérations, selon un communiqué de l’ONU, publié mardi en début de soirée. Quelques heures plus tard, l’association d’aide médicale Syrian American Medical Society, très investie dans les territoires tenus par la rébellion, rajoutait six sites à cette liste, portant à treize, selon elle, le nombre d’établissements de santé endommagés ou détruits en l’espace de quarante-huit heures.
« Nettoyage ethnique »
Certains d’entre eux ont été touchés par des barils explosifs largués par hélicoptères. Une arme que l’armée syrienne s’abstenait d’utiliser dans la Ghouta ces dernières années, de peur que ses appareils ne soient touchés par des tirs venus du sol, et dont la réapparition signale le regain de confiance des autorités.
« C’est du nettoyage ethnique, accuse Amani Ballour, une pédiatre d’une trentaine d’années jointe par WhatsApp, quelques minutes après qu’une explosion a détruit le hall d’entrée de l’hôpital où elle officie et dont elle préfère taire le nom pour des raisons de sécurité. On s’est réfugié avec tous les blessés dans un couloir. On entend encore les avions dans le ciel. On sait qu’on peut mourir à tout instant. »
Cet acharnement sur les infrastructures civiles est un composant-clé de la stratégie contre-insurrectionnelle poursuivie par les autorités syriennes. Avant que les troupes progouvernementales ne pénètrent dans Alep-Est, place forte de la rébellion dans le Nord syrien, les hôpitaux de ces quartiers avaient été soumis à un déluge de feu similaire à celui qu’endurent aujourd’hui leurs homologues de la Ghouta. Comme à Alep, Moscou impute son intervention à la présence, dans la Ghouta, des djihadistes de Hayat Tahrir Al-Cham, proche d’Al-Qaida. Des combattants certes exclus du protocole de désescalade, mais totalement minoritaires sur le terrain, et dont les rebelles ont demandé le départ.
« Nous avons reçu entre 300 et 400 blessés depuis hier, et il y a de nombreux enfants parmi eux, s’indignait mardi un médecin de Kafr Batna, s’identifiant comme Abou Mohamed. Nous n’avons pas de problème avec le fait que le régime frappe les lignes de front, mais il faut qu’il arrête de bombarder les infrastructures et les civils. Il n’y a pas de combattants parmi les blessés que nous avons reçus. » Une partie des habitants a trouvé refuge dans les sous-sols : des caves, des tunnels de fortune, sans eau, ni électricité ni nourriture.
« Que fait le monde ? »
Dans une vidéo partagée sur un groupe WhatsApp, une femme assise dans un boyau souterrain explique qu’elle y est descendue après que son domicile et celui de ses beaux-parents ont été successivement bombardés. « Il fait très froid, on ne dort pas, on ne mange pas, nos enfants n’ont pas de lait, explique la jeune mère de famille, vêtue d’un voile noir intégral. Frères musulmans, où êtes-vous ? Que fait le monde ? » « On risque d’assister à un deuxième Alep et j’espère que nous avons tiré les leçons » de cet épisode, s’est alarmé en écho à ces suppliques Staffan de Mistura, l’envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie.
Son espoir risque d’être déçu. Le département d’Etat américain s’est borné à se dire « extrêmement préoccupé » et a appelé à un arrêt immédiat des violences. Même positionnement a minima pour Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies, qui a fait part de sa « profonde inquiétude ». La Turquie, bien que partenaire de l’accord de désescalade, est restée muette, toute son attention étant concentrée sur l’offensive que mènent ses forces dans le secteur kurde d’Afrin, dans le coin nord-est de la Syrie.
La seule réaction véritablement forte est venue du chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian. Celui-ci a mis en garde devant les députés contre un « cataclysme humanitaire » et a annoncé qu’il se rendrait dans les prochains jours en Russie et en Iran, les deux principaux soutiens du président Assad. Mais sans réengagement américain, la mobilisation de Paris a très peu de chances de déboucher sur des avancées.
Lundi, pressentant que les capitales occidentales n’ont ni les moyens, ni même pour certaines la volonté, de s’opposer aux desseins du camp prorégime, le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a suggéré d’appliquer à la Ghouta « l’expérience de la libération d’Alep ». Incapables de résister à la poussée des forces loyalistes, les rebelles et leurs partisans dans cette ville avaient fini par être évacués par bus, sous la supervision de la Croix-Rouge, en direction d’Idlib, une province plus au sud, sous la coupe des djihadistes de Hayat Tahrir Al-Cham. Dans un rapport publié en mars 2017, l’ONU avait qualifié ce déplacement forcé de « crime de guerre ».
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Un raid aérien dans la ville de Hamouria, dans la région de la Ghouta orientale, le 20 février. Le 5 février, l’armée avait déjà déclenché une campagne aérienne de cinq jours d’une intensité inédite sur la Ghouta, faisant environ 250 morts parmi les civils et des centaines de blessés. Elle a, depuis, massé des renforts tout autour de cette ancienne zone agricole qu’elle assiège depuis 2013."
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            data-slide-description="Un blessé est pris en charge, dans la ville assiégée de Douma, le 20 février. Des centaines de personnes blessées affluent dans les hôpitaux de fortune de la zone, qui sont débordés, ont constaté des correspondants de l’AFP. Les lits manquent et, faute de place, les blessés sont soignés à même le sol tandis que les salles d’opération tournent à plein régime."
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            data-slide-description="Des membres de la défense civile syrienne cherchent des victimes blessées dans les décombres, à Hamouria, le 20 février."
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            data-slide-description="Un homme porte un bébé blessé, à Hamouria, le 19 février. Près de 60 enfants ont été tués depuis dimanche par les violents bombardements du régime sur le fief rebelle de la Ghouta."
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            data-slide-description="Un homme blessé attend d’être soigné dans un hôpital de Kafr Batna, le 19 février. La journée de lundi a été « l’un des pires jours de l’histoire de la crise actuelle », a déclaré à l’AFP un médecin de la Ghouta."
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            data-slide-description="Des habitants de la ville rebelle d’Hamouria cherchent un abri parmi les décombres, le 19 février."
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            data-slide-description="Un blessé, dans la ville de Douma, le 20 février."
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            data-slide-description="Des personnes patientent dans un hôpital de fortune, à Douma, le 20 février."
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            data-slide-description="Des enfants dans un hôpital de fortune, dans le vilage de Mesraba, le 19 février."
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            data-slide-description="Une frappe aérienne, à Hamouria, le 20 février. Depuis l’été 2017, la région est censée être une des « zones de désescalade » créées en vertu d’un accord entre la Russie, l’Iran – principaux soutiens du régime – et la Turquie, qui appuie l’opposition. Ces zones devaient en principe aboutir à une diminution des combats."
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Un raid aérien dans la ville de Hamouria, dans la région de la Ghouta orientale, le 20 février. Le 5 février, l’armée avait déjà déclenché une campagne aérienne de cinq jours d’une intensité inédite sur la Ghouta, faisant environ 250 morts parmi les civils et des centaines de blessés. Elle a, depuis, massé des renforts tout autour de cette ancienne zone agricole qu’elle assiège depuis 2013.

ABDULMONAM EASSA / AFP
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Au moins 24 civils tués mercredi dans la Ghouta orientale après des raids du régime syrien
Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), au moins 24 civils, dont trois enfants, sont morts mercredi 21 février après de nouveaux bombardements du régime syrien contre la Ghouta orientale.
Les frappes se sont concentrées sur la localité de Kfar Batna, où 22 civils sont morts sous les barils d’explosifs largués par les avions du régime, a précisé l’OSDH. Deux autres civils sont morts dans la localité de Jisrine. Aujourd’hui près de 400 000 personnes sont encore prises au piège dans cette zone.
La population y résidant encore subit des privations de nourriture et de médicaments ; le prix des denrées y flambe. Cette situation touche, en particulier, les enfants, qui composent, selon l’Unicef, la moitié de la population de la zone. La situation est telle que l’ambassadeur français auprès de l’ONU, François Delattre, parlait début février d’un siège « digne du Moyen Age ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Le Britannique Malcolm Simmons est accusé d’avoir « abusé » de sa position au sein d’Eulex, la mission de l’UE supervisant la justice kosovare.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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Kosovo : un ancien juge européen durement sanctionné

Le Britannique Malcolm Simmons est accusé d’avoir « abusé » de sa position au sein d’Eulex, la mission de l’UE supervisant la justice kosovare.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 11h04
    |

                            Hugo Lemonier et 
Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            

Le juge prétendait au rôle de lanceur d’alerte. L’Union européenne (UE) ne semble pas du tout croire à sa version. Selon les informations du Monde, Malcolm Simmons, ancien président des juges d’Eulex, l’organisme européen chargé de faire appliquer l’Etat de droit au Kosovo depuis son indépendance en 2008, a fait l’objet en décembre 2017 de sanctions sévères de la part d’un comité de discipline interne organisé par le Service de l’action extérieure (SEAE) de l’UE, à Bruxelles. En novembre 2017, ce magistrat britannique avait démissionné avec grand fracas en qualifiant, dans une interview au Monde, la mission Eulex de « farce » qui ne s’est « pas vraiment attaquée à la corruption ».
Accusant certains de ses collègues de manipulation politique et de piratage de ses courriels, il assurait avoir demandé, sans succès, le statut de lanceur d’alerte. Cette démission d’un cadre important d’Eulex avait de nouveau fragilisé la crédibilité de cette institution, déjà touchée par plusieurs scandales internes, alors qu’elle est censée donner l’exemple aux autorités kosovares. Eulex a notamment pour rôle de juger les dossiers de corruption ou de crimes de guerre les plus sensibles à la place du système judiciaire local.
« Rapatriement » immédiat
Dans les deux décisions prises en décembre 2017, le comité de discipline affirme que M. Simmons n’a pas respecté « les standards les plus élevés d’intégrité » et « a abusé de sa position de président des juges de manière flagrante ». Le comité de discipline recommande un « rapatriement » immédiat du juge, qui a finalement démissionné fin décembre. Il travaillait comme contractuel pour le ministère des affaires étrangères britannique, détaché auprès d’Eulex, rémunéré 13 832 livres par mois (15 600 euros), selon un jugement des prud’hommes britanniques que M. Simmons avait saisis, sans succès, pour être titularisé. M. Simmons a par ailleurs été mis en cause...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Le chef de file travailliste est accusé d’avoir été un agent communiste dans les années 1980.
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Jeremy Corbyn, l’espion tchèque et la presse conservatrice britannique

Le chef de file travailliste est accusé d’avoir été un agent communiste dans les années 1980.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 10h52
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 10h53
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


L’histoire ne révèle pas grand-chose sur Jeremy Corbyn, mais davantage sur les mœurs d’une partie de la presse britannique, et surtout sur la détresse des conservateurs. M. Corbyn, le chef de file du Parti travailliste, est un ancien espion communiste, proclament depuis quelques jours plusieurs journaux de droite. « Corbyn et l’espion coco » faisait, jeudi 15 février, la manchette du Sun, ornée pour l’occasion de faucilles et de marteaux écarlates et d’une inquiétante photo de M. Corbyn jeune. Le Daily Mail n’a pas tardé à renchérir en demandant au « camarade Corbyn de passer à table ». Mardi 20 février, la « une » du Telegraph enjoignait à l’intéressé de publier son « dossier Stasi [la police politique de l’ex-Allemagne de l’Est] ». 
A l’origine de ces « révélations », les déclarations de Jan Sarkocy, un ancien diplomate tchèque expulsé pour espionnage en 1989 par Margaret Thatcher, qui affirme avoir « recruté » M. Corbyn pour le compte du StB, le service d’espionnage de la Tchécoslovaquie. Il dit l’avoir rencontré à plusieurs reprises dans les années 1980, à titre d’informateur rémunéré.
Qu’importe si Svetlana Ptacnikova, directrice des archives de la sécurité tchèque, affirme à la BBC que le dossier Corbyn évoque une « personne digne d’intérêt » et non un « agent ». Tant pis, si Radek Schovanek, du ministère tchèque de la défense, qualifie de « faux » le récit de M. Sarkocy. L’éditorial du Telegraph tient la conclusion : « Jeremy Corbyn n’est certainement pas qualifié pour devenir premier ministre. » Et Theresa May, la première ministre conservatrice, a appelé le député Corbyn à se montrer « ouvert et transparent ».
« Diffamation ridicule »
L’intéressé, dans une vidéo diffusée mardi 20 février, qualifie de « diffamation ridicule » ces accusations. M. Sarkocy « prétend que je le tenais informé de ce que Margaret Thatcher prenait pour son petit déjeuner », ironise-t-il. Pourtant, prévient-il en cessant de sourire, « il se passe quelque chose de plus sérieux : les patrons des médias ont peur d’un gouvernement Labour. (…) Nous avons de bonnes nouvelles pour eux : le changement arrive. » 

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                Theresa May veut aménager le système des droits d’inscription à l’université



L’affaire est d’autant plus vaine que Jeremy Corbyn n’a jamais caché ses convictions socialistes, mais antistaliniennes. En 1988, il a réclamé au Parlement « la complète réhabilitation de Léon Trotski » par le gouvernement soviétique. En 1989, il a signé une motion félicitant les ouvriers tchèques en grève « contre la corruption de la bureaucratie stalinienne ».
Le brouhaha provoqué par le « dossier tchèque » de Corbyn finit par masquer l’essentiel : le leader du Labour a fait un pas, mardi soir, dans la contestation du Brexit, en affirmant que le Royaume-Uni devrait « avoir une union douanière » avec l’UE. Quant au dernier sondage, il donne le Labour vainqueur (41 % des voix) face aux tories (40 %).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Les ambassadeurs des deux pays vont rejoindre leurs postes dans l’immédiat, a annoncé le ministère qatari des affaires étrangères.
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Compte rendu

Le Tchad et le Qatar signent la fin de leur brouille diplomatique

Les ambassadeurs des deux pays vont rejoindre leurs postes dans l’immédiat, a annoncé le ministère qatari des affaires étrangères.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-02-21T10:43:57+01:00"

        Le 21.02.2018 à 10h43






    
Le président tchadien, Idriss Déby, au palais de l’Elysée, à Paris, le 28 août 2017.
Crédits : LUDOVIC MARIN / AFP


Le Qatar et le Tchad ont décidé de rétablir leurs relations diplomatiques, a annoncé le ministère qatari des affaires étrangères, mardi 20 février, alors que ces liens avaient été rompus en août 2017 après l’annonce par plusieurs pays arabes, dont l’Arabie saoudite, d’un embargo à l’encontre de Doha.

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                Diplomatie tchadienne au Qatar : marche arrière toute !



Les ambassadeurs des deux pays vont rejoindre leurs postes dans l’immédiat, a affirmé mardi soir la porte-parole du ministère qatari, Lolwah Al-Khater, sur Twitter. « Le Qatar et le Tchad ont signé il y a quelques instants un mémorandum d’entente : les relations diplomatiques seront rétablies, avec l’échange immédiat d’ambassadeurs », a-t-elle tweeté, saluant « une victoire pour les deux pays ». Une nouvelle également relayée par Chérif Mahamat Zene, le ministre tchadien des affaires étrangères, sur Twitter.

Le Tchad et le Qatar viennent de rétablir leurs relations diplomatiques rompues en août dernier. Je m'en félicite,… https://t.co/IM2hzR6plr— Cherif_MZ (@Chérif Mahamat Zene)


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Le Tchad avait fermé l’ambassade du Qatar à N’Djamena fin août 2017, accusant Doha de chercher à déstabiliser le pays. Quelques jours plus tard, le Qatar ripostait en fermant l’ambassade du Tchad à Doha et en ordonnant le départ du personnel.
Le Qatar, riche émirat gazier, est confronté depuis huit mois aux conséquences de la crise diplomatique qui l’oppose à plusieurs autres pays arabes du Moyen-Orient. Le 5 juin 2017, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte ont en effet brusquement rompu leurs relations diplomatiques avec Doha. Ils lui ont imposé un embargo en l’accusant de soutenir des groupes extrémistes – ce que Doha dément – et de se rapprocher de l’Iran, le grand rival régional de Ryad. Le Qatar a de son côté affirmé que ses adversaires cherchaient à mettre sa politique étrangère « sous tutelle ».

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                L’Afrique de l’Ouest courtisée par le Qatar et ses rivaux du Golfe



Le Tchad faisait partie d’un petit groupe de pays d’Afrique, avec la Mauritanie et le Sénégal notamment, qui avaient rappelé leurs ambassadeurs à Doha au début de la crise diplomatique dans le Golfe. Le Qatar a accusé ses adversaires de faire pression sur les Etats africains afin qu’ils prennent parti dans la crise.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Des forces fidèles à Bachar Al-Assad s’opposent à l’offensive turque sur l’enclave.
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A Afrin, les Kurdes reçoivent le soutien de milices prorégime

Des forces fidèles à Bachar Al-Assad s’opposent à l’offensive turque sur l’enclave.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 10h43
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 14h21
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante) et 
                                Allan Kaval








                        



                                


                            

Le signal d’un accord entre les forces kurdes et le régime syrien était attendu depuis près de quarante-huit heures. C’est finalement dans l’après-midi de mardi 20 février que les milices loyales à Damas ont annoncé leur déploiement dans l’enclave d’Afrin, en soutien aux combattants kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), en proie à une offensive de l’armée turque et de ses supplétifs issus de la rébellion syrienne depuis le 20 janvier.
Les YPG sont les alliés de la coalition internationale menée par les Etats-Unis. Mais à Afrin, attaquées par Ankara, elles n’ont pas bénéficié du soutien de leurs alliés occidentaux. Il serait inconcevable, en effet, pour une alliance militaire dirigée par Washington, de s’opposer à l’offensive d’une puissance majeure de l’OTAN.
« La coalition internationale ne fait rien pour nous à Afrin. Alors, mieux vaut le régime que les Turcs… », confiait lundi, au Monde, Ilham Ahmed, une cadre dirigeante kurde de Syrie. Le soutien de Damas aux forces kurdes s’est finalement matérialisé mardi après-midi par une colonne de pick-up ornés de drapeaux syriens faisant route vers le territoire tenu par les Kurdes, où les couleurs du régime ne flottent plus depuis 2012. Ces renforts de plusieurs centaines d’hommes, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, n’appartiennent pas à l’armée syrienne, mais pour l’essentiel à des forces irrégulières locales de la province d’Alep.
« Force symbolique »
Malgré leur déploiement médiatisé, elles n’ont pas vocation à apporter un appui militaire significatif sur les lignes de front d’Afrin, où les forces turques et leurs alliés ont accéléré leur avancée depuis lundi. « Ces forces sont venues pour que l’aviation turque mette fin à ses frappes sur Afrin », indique au Monde Aldar Khalil, un haut responsable kurde syrien, à défaut d’une décision de la part de Moscou d’interdire à l’aviation turque d’accéder au ciel syrien.

« Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco, la forêt primaire a subi des coupes claires décidées par le gouvernement, malgré les protestations des écologistes.
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La justice européenne, arbitre du sort de la forêt de Bialowieza en Pologne

Inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco, la forêt primaire a subi des coupes claires décidées par le gouvernement, malgré les protestations des écologistes.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 10h32
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 10h52
    |

                            Intérim








                        



                                


                            

La justice européenne va-t-elle donner raison aux défenseurs de l’environnement et à la Commission européenne dans le contentieux qui les oppose à la Pologne au sujet de la forêt primaire de Bialowieza ? C’est ce à quoi l’encourage l’avocat général de la Cour de justice de l’Union européenne, dont l’avis est le plus souvent suivi par les juges. Dans ses conclusions présentées mardi 20 février, il a estimé que les autorités polonaises ont violé le droit européen de l’environnement en permettant d’importantes coupes et enlèvements d’arbres dans la forêt de Bialowieza, classée Natura 2000 et inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco.
Le site, partagé entre la Pologne et la Biélorussie, subit depuis plusieurs années une invasion de bostryches typographes, un petit coléoptère très friand d’épicéas. Toutefois, selon des organisations écologistes comme Greenpeace, le phénomène n’est pas anormal et participe du processus naturel de régénération de la forêt.
Les épicéas, surreprésentés dans la région, auraient été fragilisés par de récentes sécheresses et seraient devenus plus vulnérables aux attaques. En mourant, ils laissent la place à des espèces plus tempérées comme le chêne, contribuant ainsi à diversifier les habitats et à accroître leur résistance. Les écologistes soulignent également le rôle du bois mort comme foyer pour de nombreuses espèces rares d’oiseaux, d’insectes ou de champignons.

Le ministre de l’environnement, Jan Szyszko, plaidait pour des mesures « actives » de protection. Très proche des milieux ultracatholiques, il avait inscrit sa politique sous la devise biblique « Soumettez la terre ». Partant du principe que la nature était incapable de réguler seule la propagation du bostryche, il avait décidé de multiplier par trois le volume de bois à extraire de la forêt pour circonscrire l’invasion.
2 dévastés »
En dépit des avertissements de la Commission et de...




                        

                        

