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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Le président français, Emmanuel Macron, a demandé « une trêve afin de s’assurer de l’évacuation nécessaire des civils » et de « la création de tous les accès humanitaires indispensables dans les meilleurs délais ».
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Syrie : l’ONU demande l’arrêt des combats, la Russie réclame une réunion du Conseil de sécurité

Le président français, Emmanuel Macron, a demandé « une trêve afin de s’assurer de l’évacuation nécessaire des civils » et de « la création de tous les accès humanitaires indispensables dans les meilleurs délais ».



Le Monde
 |    21.02.2018 à 16h19
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 18h45
   





                        


Au quatrième jour de l’offensive aérienne menée par le pouvoir syrien et son allié russe contre la Ghouta orientale, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a réclamé l’arrêt des combats dans cette enclave rebelle située en périphérie de Damas, et assiégée depuis cinq ans.
« J’appelle toutes les parties impliquées à un arrêt immédiat de toute action de guerre dans la Ghouta orientale afin de permettre une aide humanitaire à ceux qui en ont besoin », a déclaré M. Guterres au Conseil de sécurité.
Mercredi soir, la Russie a réclamé la tenue, jeudi, d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, a déclaré l’ambassadeur russe aux Nations unies, Vassily Nebenzia.
Cette réunion permettrait à toutes les parties « de présenter leur vision, leur compréhension de la situation et de proposer des moyens de sortir de la situation actuelle », a précisé le diplomate russe lors d’une réunion du Conseil de sécurité portant sur la Charte des Nations unies.
Le président français, Emmanuel Macron, a lui aussi demandé « une trêve afin de s’assurer de l’évacuation nécessaire des civils du maintien ou plutôt de la création de tous les accès humanitaires indispensables dans les meilleurs délais ».
« Porter secours aux blessés »
« Ce qui se passe dans la Ghouta orientale aujourd’hui est clairement, vigoureusement condamné par la France », a dit le chef de l’Etat lors d’une conférence de presse avec son homologue du Liberia, George Weah, à l’Elysée. « Car au prétexte de la lutte contre les terroristes djihadistes, le régime avec quelques-uns de ses alliés a décidé de s’en prendre à des populations civiles et vraisemblablement à certains de ses opposants ».
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a quant à lui réclamé, mercredi, l’accès à la Ghouta. « Les violences risquent vraisemblablement de causer davantage de souffrances dans les jours et les semaines à venir, et nos équipes doivent être autorisées à se rendre dans la Ghouta orientale pour porter secours aux blessés », a rappelé Marianne Gasser, représentante du CICR en Syrie.
Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), au moins 24 civils, dont trois enfants, sont morts mercredi dans de nouveaux bombardements.
Les frappes se sont concentrées sur la localité de Kfar Batna, où 22 civils sont morts tués par les barils d’explosifs largués par les avions du régime, a précisé l’OSDH. Deux autres civils sont morts dans la localité de Jisrine.
400 000 personnes prises au piège
Mardi 20 février, l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) avait fait état d’au moins 45 civils tués, dont 12 enfants. La veille, au moins 100 civils, dont 20 enfants étaient morts, d’après le dernier relevé de l’organisation non gouvernementale.
C’est le plus lourd bilan de pertes civiles en une journée dans les combats dans cette région depuis le début de 2015, selon l’organisation. Les hôpitaux peinent à faire face à l’afflux de blessés – quand ils ne sont pas détruits par les bombardements.
Aujourd’hui près de 400 000 personnes sont encore prises au piège dans cette zone. La population y résidant encore subit des privations de nourriture et de médicaments ; le prix des denrées y flambe.
Cette situation touche, en particulier, les enfants, qui composent, selon l’Unicef, la moitié de la population de la zone. La situation est telle que l’ambassadeur français auprès de l’Organisation des Nations unies, François Delattre, parlait au début de février d’un siège « digne du Moyen Age ».

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          Syrie : « La Ghouta orientale est un autre Srebrenica », « le massacre du XXIe siècle »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Les deux militaires sont morts après que leur véhicule blindé a heurté une mine artisanale. Un autre soldat a été blessé.
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Compte rendu

Deux soldats français de « Barkhane » tués au Mali dans l’explosion d’une mine artisanale

Les deux militaires sont morts après que leur véhicule blindé a heurté une mine artisanale. Un autre soldat a été blessé.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 21.02.2018 à 15h35

     •
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        Mis à jour le 21.02.2018 à 18h13






    

Crédits : AFP


Deux soldats français de l’opération « Barkhane » au Mali ont été tués, et un autre blessé, mercredi 21 février, entre Gao et Ménaka, dans l’est du pays, selon une source militaire. Ils ont été touchés par l’explosion d’une mine artisanale au passage de leur véhicule blindé, portant à 21 le nombre de soldats français morts au Mali depuis le lancement de l’opération en 2013.
La France est engagée depuis janvier 2013 au Mali, d’abord sous le nom d’opération « Serval » puis sous celui d’opération « Barkhane », pour chasser les groupes djihadistes du pays. Près de 4 000 soldats français sont toujours engagés.
« Très vive émotion »
Dans un communiqué mercredi le président de la République a annoncé avoir appris la mort des deux soldats « avec une très vive émotion » confirmant leur rattachement au « 1er régiment de spahis de Valence ». Emmanuel Macron « adresse à leurs familles et à leurs proches ses plus sincères condoléances » et « tient à saluer le courage des militaires français engagés au Sahel » dont la mission « permet de porter des coups sévères à l’ennemi ». « Plusieurs dizaines de terroristes ont été tués ces derniers jour » par les forces françaises, a précisé M. Macron lors d’un point de presse à l’Elysée le même jour.
Devant l’Assemblée nationale, la ministre des armées, Florence Parly, a également fait part mercredi de sa « très vive émotion » à l’annonce de la mort des deux soldats, à qui les députés ont rendu hommage, debout, par de longs applaudissements.

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                Application de l’accord de paix au Mali : le temps presse



Souhaitant se désengager du pays, la France souhaite accélérer depuis plusieurs mois le déploiement de la force G5 Sahel réunissant le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le Tchad et la Mauritanie. Lancée au début de 2017, l’initiative vise à former une force de 5 000 hommes, composée de soldats des cinq pays impliqués, d’ici à la mi-2018.
Douze militaires tués depuis 2014 
Le 12 janvier, trois soldats de « Barkhane » avaient été blessés, dont un grièvement, lors d’un attentat-suicide à la voiture piégée contre leur convoi entre Ménaka et Indelimane, dans le nord-est du Mali. Bien que, depuis 2013, les groupes liés à Al-Qaida aient été dispersés et en grande partie chassés du nord du Mali, des zones entières du pays échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU (Minusma), régulièrement visées par des attaques, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix, censé isoler définitivement les djihadistes.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Editorial. Les partenaires sociaux devraient parvenir, mercredi 21 février, à un compromis sur la réforme de la formation professionnelle. Mais celui-ci pourrait bien ne pas correspondre au « choc de simplification » voulu par Macron.
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Formation professionnelle, le big bang attendra

Editorial. Les partenaires sociaux devraient parvenir, mercredi 21 février, à un compromis sur la réforme de la formation professionnelle. Mais celui-ci pourrait bien ne pas correspondre au « choc de simplification » voulu par Macron.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 12h07
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 12h12
   





                        


Editorial du « Monde ». Au terme de trois mois de négociations et de douze rencontres, les partenaires sociaux devraient parvenir, mercredi 21 février, à un compromis sur la réforme de la formation professionnelle. Sauf surprise de dernière minute, le premier accord national interprofessionnel depuis l’élection d’Emmanuel Macron, avalisé par les organisations patronales et syndicales – à l’exception de la CGT qui, comme sur tous les sujets, se situe hors du jeu –, devrait voir le jour.
Lorsqu’il était candidat, le président de la République avait préconisé, après avoir chamboulé par voie d’ordonnances le code du travail, un « choc de simplification » et une remise à plat du système de formation continue, jugé trop coûteux, trop complexe et peu efficace. Rien n’indique que ces objectifs, rappelés dans la feuille de route de la ministre du travail, Muriel Pénicaud, auront été atteints.

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                Formation : vers un accord entre partenaires sociaux



Le document, d’une cinquantaine de pages, qui a été laborieusement élaboré par les partenaires sociaux, s’inscrit dans la continuité du précédent accord de 2014. En d’autres termes, il ne contient aucun bouleversement. Il prévoit que le compte personnel de formation (CPF), entré en vigueur début 2015, et qui a financé plus de 576 000 stages en 2017, fera du salarié l’« acteur de son projet professionnel ». Il pourra l’utiliser durant son temps de travail, ou en dehors, « sans l’autorisation de son employeur ».
Des points de désaccord subsistent
Un « CPF transition professionnelle » remplacera le congé individuel de formation et offrira des formations longues pour les salariés qui désirent changer de métier. Un « véritable droit à l’accompagnement, gratuit, accessible facilement », doté de 260 millions d’euros par an, financés par les entreprises, sera instauré pour épauler les actifs qui souhaitent une évolution professionnelle. Et un financement est prévu pour la formation des chômeurs.
Cette réforme ne va pas rendre le système de formation continue plus coûteux. Mais il ne le sera pas moins. Avec ce nouveau dispositif, toujours d’une grande opacité, on est loin du « choc de simplification », voire du « big bang », attendu par M. Macron. Et c’est là où le bât blesse. Le président n’est pas un adepte de la démocratie sociale chère à François Hollande et il n’attache pas une grande importance aux corps intermédiaires.
Sous le quinquennat précédent, en 2013 comme en 2014, les accords nationaux interprofessionnels étaient fidèlement repris par la loi. Telle n’est pas la méthode de M. Macron, qui a consenti à une négociation mais en refusant de s’engager à en reprendre les résultats. Or des points de désaccord subsistent. Il en est ainsi de la mesure du CPF. Le gouvernement voulait qu’elle ne soit plus exprimée en nombre d’heures de formation mais en euros. Il n’a pas été suivi, comme sur l’évaluation des formations, où les partenaires sociaux, soucieux de préserver leur pré carré, n’ont pas voulu s’en remettre à une agence indépendante.
Alors que l’autre négociation en cours, sur l’assurance-chômage, a toutes les chances de capoter, M. Macron ne peut pas politiquement balayer d’un revers de la main un accord entre la majorité des syndicats et le patronat. Mais, jugeant cette réforme inachevée, il va probablement choisir ses plats dans le menu proposé et en rajouter d’autres plus à sa convenance. Au risque d’irriter les partenaires sociaux, il va ainsi rappeler que le dernier mot doit rester à la loi. Telle qu’il la conçoit.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Après une plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui, des demandes de partie civile ont été déposées jeudi au pôle de santé du tribunal de grande instance de Paris.
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Pollution : des habitants de Romainville dénoncent le « désastre écologique » du site Wipelec

Après une plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui, des demandes de partie civile ont été déposées jeudi au pôle de santé du tribunal de grande instance de Paris.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 17h59
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


Marie-Odile Bertella-Geffroy connaît bien le 5-7, rue des Italiens. Pendant des années, c’est là, dans ce quartier du 9e arrondissement de Paris, à son bureau du 1er étage, qu’elle instruisait ses dossiers. Mercredi 21 février, l’ancienne patronne du pôle santé publique du tribunal de grande instance de Paris est retournée rue des Italiens. Pour présenter des demandes de constitution de partie civile dans ses nouveaux habits d’avocate.
« La demande a été acceptée, un juge d’instruction va enfin être désigné », lance-t-elle à ses clients en sortant du tribunal. Maître Bertella-Geffroy défend les riverains de l’ancien site industriel Wipelec, à Romainville, en Seine-Saint-Denis. En juin 2016, l’ex-magistrate avait déposé plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui au nom d’une trentaine de propriétaires et de deux associations (Romainville Sud et Environnement 93). Ils reprochent à la société Wipelec, qui a cessé ses activités (traitement de surface des métaux pour l’aéronautique) en 2003, d’avoir abandonné le site sans le dépolluer. Située au milieu des habitations, l’installation est classée à risque pour l’environnement en raison des produits toxiques qui y ont été manipulés et entreposés pendant des années.
Dès 2011, un arrêté préfectoral relève pourtant « l’existence de pollution par des composés organiques volatiles halogènes [COHV], du cyanure, des hydrocarbures et des métaux lourds dans les sols et les eaux souterraines », et mentionne « une extension probable au-delà des limites de propriété du site ». En 2016, un rapport de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) confirme « la présence de trichloroéthylène dans l’air intérieur des pavillons riverains, due aux anciennes activités du site ». Le trichloréthylène est un solvant chloré utilisé principalement pour le dégraissage et le nettoyage des métaux. Il est classé cancérogène pour l’homme.
« 23 cancers dont 21 décès autour du site depuis 1990 »
Pour les associations de riverains, il ne fait pas de doutes que ces polluants sont à l’origine des « nombreux décès et cancers repérés dans le quartier ». Elles ont décompté « 23 cancers dont 21 décès autour du site depuis 1990 ». Les habitants du quartier des Ormes ne comprennent pas que la dépollution du site n’ait débutée qu’en mai 2017. Et ils s’inquiètent désormais que ces travaux de dépollution génèrent un regain de pollution dans le quartier. Des niveaux de trichloroéthylène 140 fois supérieurs aux normes (2 µg/m3) ont été mesurés en décembre 2017 dans certains logements. Soixante-dix habitations seraient concernées par des dépassements plus ou moins importants.
Le dirigeant de Wipelec, Guy Pelamourgue, n’était pas convié jeudi devant le pôle santé. Contacté par Le Monde, il estime que « le site aurait été dépollué en 2004 si la mairie n’avait pas bloqué ce dossier ». Le promoteur immobilier Gingko, qui a engagé les travaux de dépollution, a acquis les terrains en 2014. Surtout, M. Pelamourgue assure que « l’activité de Wipelec n’a duré qu’un an sur ce site et n’a généré aucune pollution » à Romainville. « Cette pollution, que je ne nie pas, est très ancienne. Elle remonte à l’UMM, qui a exploité le site de 1929 à 1977. Cette société utilisait du cyanure, du cadmium et du trichloroéthylène pour fabriquer des vannes pour le gaz, argumente le patron de Wipelec qui reconnaît seulement l’usage de trichloroéthylène, « mais dans des quantités extrêment faibles ». Ce qu’omet de préciser le dirigeant, c’est que Wipelec fait l’objet d’arrêtés préfectoraux à répétition pour des problèmes de pollution sur tous les sites où elle a déménagé ses activités : Lagny-sur-Marne, Pomponne et désormais Meaux.
« Ce cas n’est malheureusement pas isolé dans le département »
Ce qui fait dire à la député (La France insoumise) de Seine-Saint-Denis Sabine Rubin qu’« il est grand temps de tourner la page d’un modèle économique ruineux et dangereux pour notre santé ». L’élue était aux côtés de Marie-Odile Bertella-Geffroy, jeudi, pour dénoncer le « désastre écologique » de Romainville et soutenir les riverains « face aux effets délétères de cette pollution qui empoisonnent leur vie et leur santé ». Mme Rubin promet d’interroger le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, jeudi 22 février à l’Assemblée nationale, « pour que l’Etat prenne toute sa responsabilité face à un péril caractérisé relevant expressément d’un enjeu de santé publique ».
L’élue de Seine-Saint-Denis sait que « ce cas n’est malheureusement pas isolé dans [le] département ». Jeudi après-midi, devant le 5-7, de la rue des Italiens, il y a aussi des habitants de la commune voisine de Montreuil. Eux réclament depuis la rentrée scolaire la fermeture de la vétuste usine SNEM située à quelques dizaines de mètres d’un groupe scolaire. « Nous avons en commun d’être intoxiqués depuis plusieurs décennies par des installations classées à risque pour l’environnement », explique Nicolas Barrot, un des membres du collectif montreuillois. Wipelec et la SNEM, également spécialisée dans le traitement de surface des métaux pour l’industrie aéronautique, ont aussi en commun d’avoir travaillé pour le même donneur d’ordre, Safran.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de hauts fonctionnaires estime que le macronisme se distingue par la confusion entre une partie de la haute administration et la politique du gouvernement.
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Macronisme : « La haute administration, le véritable parti présidentiel »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de hauts fonctionnaires estime que le macronisme se distingue par la confusion entre une partie de la haute administration et la politique du gouvernement.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 06h47
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 17h20
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. La désignation récente des nouveaux porte-parole du parti présidentiel a conduit à braquer de nouveau les projecteurs médiatiques sur LRM. Ce parti occupe pourtant une place plus que marginale dans le jeu politique actuel. Comme tous les partis soutenant une majorité au pouvoir, il peine à trouver sa place vis-à-vis du gouvernement. Mais plus que ses prédécesseurs UMP et PS, il est en outre dépossédé des deux fonctions traditionnellement dévolues à un parti politique : la sélection du personnel politique et l’élaboration du programme et des propositions.
Ces rôles sont en effet aujourd’hui principalement assurés directement par la haute administration de l’Etat, constituant ainsi une des caractéristiques majeures du macronisme : une confusion profonde, à la fois idéologique et sociologique, entre une partie de cette haute administration et ses idées d’une part, et le gouvernement et la politique qu’il mène d’autre part.
Dès la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, la porosité entre cette « haute » administration et l’équipe de campagne a été très nette. Ce sont essentiellement ceux que le sociologue Pierre Bourdieu appelait, dans un entretien au  Monde  en 1992, « la main droite de l’Etat », soit les « énarques du ministère des finances, des banques publiques ou privées et des cabinets ministériels » qui ont élaboré les propositions du candidat à la présidence de la République. Exemple marquant, mais loin d’être unique, le responsable du programme et des idées de l’équipe de campagne de M. Macron, nommé en janvier 2017, n’était autre que Jean Pisani-Ferry, précédemment commissaire général à la stratégie et à la prospective auprès du premier ministre.
Convergence des centres
Dès la constitution du premier gouvernement de la nouvelle mandature, ce rôle de fournisseur du personnel politique de l’administration est apparu de manière flagrante, et ce jusqu’au niveau ministériel. Parmi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ La justice a estimé que l’étude d’impact préalable comportait « des inexactitudes, des omissions et des insuffisances concernant les effets du projet ».
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Le tribunal administratif annule la fermeture à la circulation des voies sur berge rive droite à Paris

La justice a estimé que l’étude d’impact préalable comportait « des inexactitudes, des omissions et des insuffisances concernant les effets du projet ».



Le Monde
 |    21.02.2018 à 16h12
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 16h18
   





                        


Le tribunal administratif a annulé, mercredi 21 février, la fermeture à la circulation des voies sur berge rive droite à Paris.
La mairie de Paris avait décidé, en 2016, de fermer la voie sur berge Georges-Pompidou, longue de 3,3 kilomètres sur la rive droite de la Seine.
La justice a estimé que l’étude d’impact préalable à cette décision comportait « des inexactitudes, des omissions et des insuffisances concernant les effets du projet sur la circulation automobile, les émissions de polluants atmosphériques et les nuisances sonores », peut-on lire dans un communiqué.
En conséquence, la juridiction administrative a annulé à la fois une délibération du 26 septembre 2016 du Conseil de Paris, qui avait déclaré l’intérêt général de l’opération d’aménagement des berges de la rive droite, et l’arrêté du 18 octobre 2016 créant une promenade publique.
Vives polémiques
Cette piétonisation avait été motivée par une volonté politique de réduire la place de la voiture au nom des intérêts de santé publique.
Elle a provoqué de vives polémiques, les détracteurs de la mesure critiquant, notamment, la « méthode autoritaire » de la maire, Anne Hidalgo, accusée de mener une guerre sans merci aux automobilistes.
Le bilan, en ce qui concerne la qualité de l’air, a aussi donné lieu à de fortes oppositions et divergences.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Si seul un maïs transgénique est autorisé à la culture, les plantes génétiquement modifiées sont majoritaires dans l’alimentation animale.
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L’Europe cultive très peu d’OGM mais en importe beaucoup

Si seul un maïs transgénique est autorisé à la culture, les plantes génétiquement modifiées sont majoritaires dans l’alimentation animale.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 16h32
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21.02.2018 à 17h56
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            Pierre Le Hir








                        



                                


                            
Une seule plante génétiquement modifiée est aujourd’hui cultivée dans l’Union européenne : le maïs MON 810 du semencier américain Monsanto. Sa culture est exclusivement le fait de l’Espagne (124 227 hectares en 2017) et, à un beaucoup plus faible niveau, du Portugal (6 344 hectares). Ces deux pays ont réduit de respectivement 3,8 % et 10,3 % leurs surfaces mises en culture par rapport à 2016. Deux autres Etats, la Slovaquie et la République tchèque, qui faisaient pousser ce maïs de façon marginale (112 et 75 hectares en 2016), ont arrêté leur production en 2017.
L’Europe reste donc un continent stérile pour les plantes transgéniques. Une nouvelle législation communautaire, entrée en vigueur en 2015, permet aux Etats membres de s’opposer à la culture sur leur sol d’OGM autorisés par Bruxelles, pour des motifs de politique agricole, d’aménagement du territoire ou d’impacts socio-économiques, et non plus seulement, comme par le passé, pour des raisons environnementales et sanitaires. Dix-sept pays, dont la France, les ont bannis, ainsi que quatre régions ou entités (Ecosse, pays de Galles, Irlande du Nord et Wallonie).

A titre de comparaison, dans le monde, les OGM ont été cultivés sur 185,1 millions d’hectares en 2016 (+ 3 % par rapport à 2015) par 26 pays, principalement les Etats-Unis (72,9 millions d’hectares), le Brésil (49,1), l’Argentine (23,8), le Canada (11,6) et l’Inde (10,8). Les cultures dominantes sont le soja, le maïs, le coton et le colza.
Les failles de l’étiquetage obligatoire
A défaut d’être cultivés, de nombreux OGM sont cependant importés sur le Vieux Continent, et de façon massive. En 2017, une soixantaine y étaient commercialisés, majoritairement pour l’alimentation animale (tourteaux de soja), mais aussi pour l’industrie textile (coton), les biocarburants (colza, maïs) et, dans une faible proportion, l’alimentation humaine. Selon la Commission de Bruxelles, plus de 30 millions de tonnes de soja transgénique ont été...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ L’avocat de l’ex-ministre du budget a notamment mis en avant des dossiers du même acabit, dans lesquels les fraudeurs n’ont pas été condamnés à de la prison ferme.
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Eric Dupond-Moretti supplie d’éviter la prison à Jérôme Cahuzac

L’avocat de l’ex-ministre du budget a notamment mis en avant des dossiers du même acabit, dans lesquels les fraudeurs n’ont pas été condamnés à de la prison ferme.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 13h30
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 15h30
    |

            Franck Johannès








                        


Eric Dupond-Moretti avait une mission, épargner la prison à Jérôme Cahuzac ; un objectif, démonter consciencieusement le réquisitoire de l’avocat général qui avait réclamé trois ans ferme contre son client ; et un moyen, rappeler que derrière l’ancien ministre haï, il y avait aussi un type qui n’avait tué personne et qui en bavait déjà depuis cinq ans. L’avocat a su se garder des excès des plaidoiries d’assises, a renvoyé quelques balles bien senties au parquet général et soulevé quelques arguments de bon sens.
C’est Jean-Alain Michel qui a plaidé le premier, mercredi 21 février, au dernier jour du procès en appel de Jérôme Cahuzac, accusé de fraude fiscale et blanchiment. Condamné, le 8 décembre 2016, à trois ans d’emprisonnement et cinq ans d’inéligibilité, l’ancien ministre de budget en risquait sept ; son ex-épouse, Patricia, qui a encore fraudé le fisc davantage que lui, n’a été condamnée qu’à deux ans de prison : une peine aménageable, qu’elle purge avec un bracelet électronique. Tout l’enjeu pour Jérôme Cahuzac est donc d’obtenir une condamnation, qu’il ne conteste pas, de moins de deux ans ferme, même s’il prend plusieurs autres années avec sursis.
Me Michel est un ami de Jérôme Cahuzac, il ne le cache pas. « Je vous ai maudit, monsieur Cahuzac, je t’ai maudit, Jérôme. Pas toi, pas ça, a attaqué l’avocat. Celui qui nous a présentés doit se retourner dans sa tombe. C’est le procès de la trahison, c’est vrai. » 
L’avocat a rappelé le travail de son ami auprès de Claude Evin, l’ancien ministre rocardien, la réforme des officines pharmaceutiques, des radiologues, la loi Evin contre le tabac et l’alcool, et les haines recuites qu’elles ont engendrées : Cahuzac a trouvé un jour sur son paillasson des poches de sang contaminé.
Cahuzac « n’a jamais touché à cet argent »
L’avocat ne doute pas que « la cagnotte » amassée en Suisse devait servir à la campagne de Michel Rocard : « Ça ne peut pas être, en si peu de temps, le fruit de son travail », et il « n’a jamais touché à cet argent ». Le premier ministre limogé, le chirurgien l’a payé cher : « Le poste qui lui était promis à l’hôpital a été supprimé, il a eu un contrôle fiscal dans les quinze jours » – d’ailleurs assez peu efficace, semble-t-il.
Restent les mensonges, « la déclaration suicidaire » devant l’Assemblée nationale : Me Michel a essayé de montrer qu’il ne savait plus comment s’en sortir, en en appelant à Oscar Wilde – « la vérité est rarement pure, et jamais simple » – et à un beau proverbe persan – « donne un cheval à celui qui dit la vérité, il en aura besoin pour s’enfuir ». « Jérôme Cahuzac ne s’est pas enfui », a conclu l’avocat.
C’est le tour de Me Dupond-Moretti. La salle d’audience était trop petite pour accueillir tous les curieux qui se bousculent à la porte. Il a classiquement un peu enfoncé son client pour mieux lui sortir la tête de l’eau. « Jérôme Cahuzac n’est pas un ami, a commencé l’avocat. Quand je l’ai rencontré pour la première fois, il était planqué dans un appartement parisien, avachi sur un canapé, humilié, honteux. Je l’imaginais arrogant, je le maudissais comme citoyen pour ses rodomontades contre les fraudeurs. Il m’a dit, “je n’ai aucune excuse”. » Me Dupond-Moretti : « Vous n’avez tué personne. » Cahuzac : « Si, ma famille et moi-même. »
Liliane Bettencourt et Johnny Hallyday
Comme il n’est pas facile d’attendrir une cour d’appel, Me Dupond-Moretti a ensuite tiré à boulets rouges sur l’avocat général, qu’il a trouvé « gratuitement méchant » : le magistrat avait résumé le passé du prévenu à un mensonge, et son avenir « à une jurisprudence ». Le mot était cruel. La jurisprudence, justement.
« S’il avait pu se débarrasser de ce pognon ! Il l’a traîné comme un boulet » Eric Dupont-Moretti
L’avocat a relevé une douzaine de cas de fraudeurs qui ont distrait au fisc des sommes comparables (450 000 euros dissimulés pour le couple Cahuzac en vingt ans, autour de 200 000 pour le seul ministre) : les peines s’échelonnent de quatre mois avec sursis à un an de prison avec sursis. « Certes, cela ne concerne pas des ministres du budget », a concédé Me Dupond-Moretti, mais il y a trouvé un député, un sénateur, un joueur de football, et même « un procureur qui n’a pas payé d’impôts pendant quatre ans » (sourire à monsieur l’avocat général, dont il a salué la bibliothèque, « que nous avons passée en revue », le magistrat ayant égayé son réquisitoire d’un doigt de Balzac, d’un zeste de Flaubert ou d’une larme de Hugo).

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Le parquet général avait justifié la peine réclamée par « la rupture de l’équilibre social ». L’avocat lui a répondu :
« Bien sûr, il est indispensable de faire de la morale publique. Mais est-ce qu’on ne rompt pas l’équilibre social lorsqu’on ne poursuit pas Mme Bettencourt qui a caché 100 millions d’euros dans des paradis fiscaux ? Ou quand on rend un hommage national à une vedette [Johnny Hallyday] qui a changé de nationalité pour échapper à l’impôt ? C’est vrai qu’on a besoin de héros et de donner des coups de pied à ceux qui incarnent le mal absolu. » 
« Lorsqu’il avait triché, qu’est-ce qu’il pouvait faire d’autre que mentir ? soutient Me Dupond-Moretti. Aucun de ceux qui sont allés à la cellule de dégrisement fiscal n’a échappé à l’opprobre, ça aurait été un suicide professionnel. S’il avait pu se débarrasser de ce pognon ! Il l’a traîné comme un boulet. »
L’avocat « ne demande pas la lune » : « Je vous demande même d’aggraver la peine, mais je vous supplie de ne pas l’envoyer en prison. La sanction sociale répond déjà à la peine. Oui, c’est une affaire exceptionnelle, mais il a été exceptionnellement puni. » Et Me Dupond-Moretti a puisé à son tour dans la littérature, avec Bernanos : « La liberté est partout en péril, et je l’aime. Au point qu’elle ne me paraît pas seulement indispensable pour moi, car la liberté d’autrui m’est aussi nécessaire. » Décision le 15 mai.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Décidée par le gouvernement à l’été 2017, la réduction drastique des contrats aidés a entraîné la précarisation « du jour au lendemain de milliers de personnes », selon un rapport dévoilé mercredi.
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Un rapport sénatorial déplore « les effets désastreux » de la baisse des contrats aidés

Décidée par le gouvernement à l’été 2017, la réduction drastique des contrats aidés a entraîné la précarisation « du jour au lendemain de milliers de personnes », selon un rapport dévoilé mercredi.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 15h25
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 16h57
   





                        


Fallait-il baisser drastiquement le nombre des contrats aidés ? Dans un rapport, dévoilé mercredi 21 février par publicsenat.fr, les sénateurs Jacques-Bernard Magner (Parti socialiste) et Alain Dufaut (Les Républicains) jugent sévèrement le non-renouvellement d’une partie de ces emplois, décidé par le gouvernement à l’été 2017.
Ces contrats, subventionnés par l’Etat, étaient jusque-là largement utilisés par les collectivités locales et les associations et ont pour objectif de favoriser la réinsertion durable d’une partie des chômeurs. Leur nombre a été ramené de 320 000 en 2017 à 200 000 pour 2018.
Les deux parlementaires soulignent que de nombreux secteurs ont été touchés par cette baisse, « qu’il s’agisse de l’animation, de l’éducation, du sport, du tourisme social, du médico-social, de l’aide et des soins à domicile, de la petite enfance, des foyers de jeunes travailleurs, du spectacle vivant… » 
Ils pointent en particulier la situation tendue dans les écoles, notamment lors de la dernière rentrée scolaire, ou encore dans les établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

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Pour justifier cette baisse des contrats aidés, le gouvernement avait fait valoir que ce dispositif était trop coûteux par rapport à ses bénéfices. « Ces contrats sont en réalité des contrats précaires subventionnés par l’Etat, donc le contribuable », et constituent « une aubaine » pour des employeurs, avait critiqué le premier ministre, Edouard Philippe, estimant que le développement de la formation serait « beaucoup plus efficace » pour aider au retour à l’emploi.
Précarité
Et si le gouvernement s’était « engagé à préserver certains secteurs (l’accompagnement des élèves en situation de handicap, l’urgence en matière sociale et de santé) ainsi que l’outre-mer et les communes rurales en difficultés financières fortes (…) ces mesures se sont avérées insuffisantes pour compenser à court terme les effets désastreux de la limitation drastique du nombre de contrats aidés », relèvent les élus dans leur rapport.

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Pour MM. Magner et Dufaut, quelques mois après la décision de baisser drastiquement le nombre de ces emplois aidés, le constat est implacable : « Du jour au lendemain, des milliers de personnes ont de nouveau basculé dans la précarité. »
Face à cette situation tendue, les deux sénateurs proposent dans leur rapport de financer « temporairement » 50 000 contrats aidés supplémentaires « dédiés aux chômeurs de longue durée de plus de 55 ans », et 50 000 contrats réservés « aux associations de moins de cinq salariés ».

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Les éditeurs de journaux et magazines distribués par Presstalis verseront une part de 2,25 % prélevée sur leurs ventes pour éviter au groupe la faillite.
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Les journaux devront apporter une contribution financière pour sauver Presstalis

Les éditeurs de journaux et magazines distribués par Presstalis verseront une part de 2,25 % prélevée sur leurs ventes pour éviter au groupe la faillite.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 18h13
   





                        



   


Lors d’une réunion mardi 20 février, l’assemblée du Conseil supérieur des messageries de presse (CSMP), qui réunit des représentants des éditeurs et des acteurs de la distribution, ont accepté une série de mesures exceptionnelles pour contribuer au sauvetage de Presstalis. Méconnu du grand public, ce groupe est le premier distributeur de la presse au numéro en France, et achemine 4 000 titres jusqu’à 25 000 points de vente.
« Compte tenu du poids de cette messagerie dans le système collectif de distribution de la presse, de l’interdépendance des acteurs et de la fragilité de la plupart d’entre eux, sa disparition pourrait avoir des conséquences incalculables », a estimé le CSMP dans un communiqué mercredi 21 février.
Augmentation du prélèvement, des préavis de départ et des délais de paiement…
Les journaux se sont engagés à :
verser un prélèvement supplémentaire de 2,25 % sur leurs ventes, qui « s’appliquera du début de l’exercice 2018 jusqu’au 30 juin 2022 » ;patienter six mois de plus que le préavis initialement prévu s’ils souhaitent quitter Presstalis pour rejoindre son concurrent, les Messageries lyonnaises de presse (MLP). Ce moratoire vise à éviter des départs en série qui risqueraient d’entraver le redressement de Presstalis ;accepter d’allonger de deux semaines le délai de règlement des sommes dues par les messageries aux éditeurs de presse, sauf pour ceux de « taille modeste », déjà économiquement fragiles.
Comme le souligne la Correspondance de la presse, ces mesures doivent encore être validées par l’Autorité de régulation de la distribution de la presse (ARDP), qui devrait se prononcer avant une audience au tribunal de commerce de Paris le 5 mars.
Presstalis sauvé de la faillite en 2012
Sauvé in extremis de la faillite à la fin de 2012 par ses actionnaires (les éditeurs de presse) et l’Etat, et malgré une énième restructuration lancée en 2013, le groupe est de nouveau au bord du gouffre sur fond de baisse des ventes en kiosque.
Un plan de redressement, qui pourrait inclure la suppression du quart des effectifs du groupe, est en discussion depuis plusieurs mois entre Presstalis, les éditeurs et l’Etat, et a été chiffré à 190 millions d’euros par la PDG du distributeur, Michèle Benbunan.
Françoise Nyssen, la ministre de la culture, a par ailleurs choisi de recevoir les éditeurs de presse le 13 février afin d’évoquer son intention de lancer très prochainement une réforme « très profonde » des règles du jeu de la distribution de la presse en France. Le sujet est sensible, car il s’agit de toucher à la loi Bichet, qui, depuis la Libération, garantit le pluralisme en permettant la diffusion, par les kiosques ou autres marchands de presse, de tous les journaux sur le territoire.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Depuis le 13 février le groupe n’a plus personne à sa tête. Sa patronne, Marie-Christine Saragosse, avait vu son mandat annulé pour ne pas avoir déclaré à temps son patrimoine.
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Le CSA nommera d’ici au 21 avril un nouveau PDG à la tête de France Médias Monde

Depuis le 13 février le groupe n’a plus personne à sa tête. Sa patronne, Marie-Christine Saragosse, avait vu son mandat annulé pour ne pas avoir déclaré à temps son patrimoine.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 17h02
   





                        



   


Le conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) devrait nommer d’ici au 21 avril un nouveau président-directeur général pour le groupe France Médias Monde, qui regroupe France 24 et Radio France international. Le groupe de média n’a, depuis quelque semaines, plus de PDG.
La patronne du groupe, Marie-Christine Saragosse, avait annoncé le 13 février que son mandat avait été annulé parce qu’elle n’avait pas déclaré à temps son patrimoine, comme le demandait la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Elle expliquait ainsi au Monde :

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« C’est difficile à croire mais je ne suis plus présidente de France Médias Monde : mon mandat a été annulé parce que je n’ai pas fait ma déclaration de patrimoine et d’intérêt dans les délais, auprès de la Haute Autorité [pour la transparence] de la vie publique [HATVP]. Mais on ne me l’a pas demandée comme lors de mes mandats précédents. Les dispositions ont changé et je ne le savais pas… On ne m’a jamais contactée. »
Déclaration « considérée comme nulle »
Concrètement, les dirigeants d’entreprises publiques, comme le groupe France Médias Monde, sont soumis à la loi du 11 octobre 2013 sur la transparence de la vie publique. Elle exige une déclaration de leurs biens et intérêts, à remplir en ligne dans les deux mois suivant leur entrée en fonction. Mme Saragosse avait été reconduite par le Conseil supérieur de l’audiovisuel le 5 octobre 2017. Le délai courait donc jusqu’au 5 décembre. Or, selon la loi de 2013, si la déclaration est hors délai, la nomination « est considérée comme nulle ». C’est ce qui était arrivé à Mme Saragosse.
Les candidatures, pour le poste de direction, seront reçues au siège du Conseil jusqu’au 23 mars, et les auditions auront lieu au cours de la semaine du 16 au 20 avril, précise le CSA dans un communiqué. La liste des candidats et leurs projets pour le groupe public seront rendus publics, a ajouté le régulateur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Björgen a établi un nouveau record dans l’histoire des JO d’hiver en décrochant la 14e médaille olympique de sa carrière. Elle dépasse son compatriote biathlète Ole Einar Björndalen.
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JO 2018 : la Norvégienne Marit Björgen bat le record de médailles aux Jeux d’hiver

Björgen a établi un nouveau record dans l’histoire des JO d’hiver en décrochant la 14e médaille olympique de sa carrière. Elle dépasse son compatriote biathlète Ole Einar Björndalen.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 12h00
   





                        



   


Marit Björgen a établi un nouveau record de médailles dans l’histoire des JO d’hiver en décrochant avec la Norvège le bronze du sprint par équipes de ski de fond, la 14e médaille olympique de sa carrière, mercredi, à Pyeongchang. Björgen, 37 ans, dépasse ainsi son compatriote biathlète Ole Einar Björndalen, avec qui elle partageait ce statut avec 13 podiums.
Le sprint par équipes a été remporté par les Etats-Unis, devant la Suède et la Norvège. Björgen, qui faisait équipe avec Maiken Caspersen Falla - les deux sportives se relayant à tour de rôle après des tours de 1,25 km pour un total de 7,5 km - n’a pas réussi à placer son équipière seule en tête à l’amorce de la dernière boucle. Les trois équipes dominatrices se sont livré une bataille qui s’est uniquement jouée dans la dernière ligne droite, au sprint.
Cela n’empêche donc pas la Norvégienne Björgen d’entrer dans l’histoire des sports d’hiver, elle qui était arrivée en Corée du Sud avec 10 médailles. A Pyeonchang, elle a rajouté un titre en relais, une médaille d’argent au skiathlon, et deux médailles de bronze au 10 km libre et donc sur le sprint par équipes.
Le palmarès olympique de Björgen se décompose désormais comme suit : 7 médailles d’or, 4 médailles d’argent et 3 de bronze.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Le comptage a été réalisé à l’initiative de la Ville de Paris par près de 2 000 bénévoles dans la nuit du 15 au 16 février lors de la Nuit de la solidarité.
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Paris compte au moins 3 624 personnes sans-abri

Le comptage a été réalisé à l’initiative de la Ville de Paris par près de 2 000 bénévoles dans la nuit du 15 au 16 février lors de la Nuit de la solidarité.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 11h46
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 16h17
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        



   


La Ville de Paris a fait les comptes, après le recensement des sans-abri lors de la Nuit de la solidarité, dans la nuit du 15 au 16 février. Les 1 700 bénévoles, répartis en 350 équipes, ont, cette nuit-là, rencontré 2 025 sans-abri dormant dans la rue, auxquels il faut ajouter les 200 personnes recensées par la SNCF dans les gares, 49 dans les services d’urgence des hôpitaux de l’Assistance publique, 377 dans les stations de métro et de RER, 112 dans les parkings gérés par Vinci – qui s’était associé à l’opération –, sans oublier les 129 personnes qui passaient la nuit dans le Bois de Vincennes, 20 autres dans le Bois de Boulogne, et 40 dans le parc de La Colline (18e).

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Ce sont donc 2 952 personnes trouvées dehors, auxquelles on peut ajouter les 672 hébergées de façon très provisoire, pendant cette période de grand froid, dans des gymnases et des salles de mairie, ce qui porte le total à 3 624 sans-abri. « Pour accueillir tout le monde, il nous manque bien 3 000 places pérennes, estime Dominique Versini, adjointe à la maire de Paris chargée des solidarités et de la lutte contre l’exclusion. Il faut donc conjuguer les efforts de l’Etat et de la Ville. »
Ce chiffre de 3 624 sans-abri à Paris intra-muros peut être considéré comme un minimum, puisque, cette même nuit, plan hivernal oblige, un grand nombre de lits étaient mis à disposition, dont 1 600 places qui seront fermées dès le 31 mars, mais aussi parce que certains espaces n’ont pas été explorés, comme des talus de périphérique ou des chantiers. En outre, les personnes dormant dans des tentes n’ont pas pu être toutes comptabilisées.
Plus dense dans le nord et l’est
La géographie des sans-abri reste, sans surprise, plus dense dans les arrondissements du nord et de l’est de la capitale. Le 10e arrondissement, avec ses deux gares, est celui qui en compte le plus, avec 266 personnes recensées, devant le 18e (250 personnes) et le 19e (212 personnes). Mais les arrondissements centraux ne sont pas épargnés : 95 personnes dans le 4e ; 86 dans le 2e ; 62 dans le 5e ; 79 dans le 6e ; 66 dans le 7e.

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Cette opération de comptage, la première du genre à Paris, a mobilisé des bénévoles qui, pilotés par des professionnels, sont vraiment allés au contact des sans-abri, dépassant leur timidité et leurs préventions. La vingtaine d’équipes de secours, prêtes à se déplacer en cas d’urgence, a réalisé une cinquantaine d’interventions pour mettre à l’abri des personnes jugées vulnérables.
Tous les volontaires seront réunis, courant mars, pour un bilan et la préparation de la Nuit de la solidarité 2019. La préfecture d’Ile-de-France a, elle, annoncé la réactivation du plan grand froid à partir de mercredi 21 février.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Un stock insuffisant de ce produit de base a ralenti la croissance des ventes en ligne du distributeur américain. Nerveuse sur le sujet, la Bourse a lourdement sanctionné l’enseigne.
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Comment un manque de papier toilette coûte 30 milliards de dollars de capitalisation à Walmart

Un stock insuffisant de ce produit de base a ralenti la croissance des ventes en ligne du distributeur américain. Nerveuse sur le sujet, la Bourse a lourdement sanctionné l’enseigne.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 12h31
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Trente milliards de dollars (24,3 milliards d’euros), voilà qui fait cher le papier toilette. Tout commence à la veille des fêtes dans les entrepôts américains de Walmart, le premier distributeur mondial. En prévision d’un afflux de commandes en ligne de téléviseurs, de jouets et autres cadeaux de Noël, l’entreprise a fait le ménage dans ses rayonnages. Pour caser les cartons de téléviseurs Samsung dernier cri, on a réduit l’espace des petits consommables du quotidien, ceux que l’on marque consciencieusement toutes les semaines sur sa liste des courses : dentifrice, savon, papier toilette…
Oui mais quand les lampions sont éteints et les bouchons de champagne ramassés, la vie ordinaire reprend, avec ses petites commandes indispensables. Et là, plus de papier. « Notre stock de produits de base était insuffisant » pour répondre à la demande, a reconnu le patron de Walmart, Doug McMillon. Résultat, les ventes sur Internet de Walmart n’ont progressé au dernier trimestre de son exercice fiscal, entre novembre et fin janvier, que de 23 %. Beaucoup se seraient contentés d’un tel score, mais le groupe avait habitué la Bourse à des croissances deux fois plus fortes. Wall Street, qui aimerait que les arbres grimpent jusqu’au ciel, n’a pas aimé la surprise et a fait chuter le cours de la société de près de 10 % en une seule journée, mardi 20 février, soit près de 30 milliards de capitalisation boursière envolés d’un coup.

L’avenir se joue sur la Toile
Cela fait beaucoup pour une activité, le Web, qui ne représente que 4 % du chiffre d’affaires de la plus grande entreprise du monde : 500 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel et plus de deux millions de salariés. D’autant que sur son seul dernier trimestre, la firme a encore accru son chiffre d’affaires de 4 milliards de dollars, de quoi rendre jaloux la plupart de ses concurrents.
Pourtant, la réaction des investisseurs se comprend. Ils savent que l’avenir de tous les distributeurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Laurent Wauquiez n’est pas un cas isolé. Les élus de droite comme de gauche officient volontiers à Sciences Po, à Polytechnique et dans les grandes écoles de commerce.
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Les personnalités politiques sont nombreuses à donner des cours dans les grandes écoles

Laurent Wauquiez n’est pas un cas isolé. Les élus de droite comme de gauche officient volontiers à Sciences Po, à Polytechnique et dans les grandes écoles de commerce.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 12h21
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 13h13
    |

            Eric Nunès








                        



   


Qu’il s’agisse de retoucher leur image auprès des décideurs de demain ou de meubler une traversée du désert, nombreux sont les anciens ministres, députés, sénateurs, hommes ou femmes politiques à faire valoir leur expérience dans de prestigieux établissements d’enseignement supérieur.
Pas d’ostracisme au sein des grandes écoles, les ex-ministres de droite comme de gauche sont les bienvenus. Laurent Wauquiez, président des Républicains et de la région Auvergne-Rhône-Alpes, donnait à l’EM Lyon un module de quatre cours sur les « grands enjeux de société », dont le troisième, le 15 février, a été enregistré puis diffusé par l’émission de TMC « Quotidien », suscitant un tumulte médiatico-politique. « Nous avons aussi bien reçu Cécile Duflot (EELV) que Najat Vallaud-Belkacem (PS) », assure le directeur de cette école de commerce, Bernard Belletante, dans un entretien à l’un des blogueurs du Monde, Olivier Rollot, ajoutant que c’est l’ex-membre du gouvernement de Nicolas Sarkozy qui avait proposé ce cours. Deux autres anciens ministres de droite, François Baroin et Jean-François Copé, y sont, eux aussi, récemment intervenus.

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          Le directeur de l’école où Wauquiez donne des cours défend sa démarche



Pourquoi les politiques ont-ils porte ouverte dans les grandes écoles ? Selon Bernard Belletante : 
« Le management fait partie de la vie sociale. Nos étudiants ne doivent pas être que des techniciens. Nous devons leur apporter également une intelligence émotionnelle, la capacité à rencontrer des personnalités extrêmement différentes. Bien sûr, il y en a toujours qui nous reprochent d’avoir invité telle ou telle personnalité, mais présenter cette pluralité d’opinions fait aussi partie de notre mission. »
Apprentissage indispensable
Une rencontre, voire une confrontation avec un homme ou une femme politique compte parmi les apprentissages indispensables, particulièrement dans les écoles de sciences politiques, de journalisme et de communication. « Nous avons toujours eu des personnalités politiques qui interviennent dans nos cursus », indique Nathalie Bédé, directrice des relations extérieures de l’Ecole supérieure de journalisme (ESJ) de Paris, où Aurélie Filippetti, ancienne ministre de la culture et de la communication de François Hollande, anime, deux heures par semaine, des cours de communication institutionnelle, dont l’un sur la communication de crise.
L’expertise accumulée au plus haut niveau des institutions par ces hommes et ces femmes politiques justifierait leurs collaborations avec l’enseignement supérieur. L’ESCP Europe compte dans ses rangs Nicole Fontaine, ancienne présidente du Parlement européen et ancienne ministre chiraquienne, qui anime notamment des séances de travail sur la construction des directives européennes.
L’école compte aussi parmi ses professeurs un de ses anciens élèves (promotion 1972), chargé d’une quinzaine d’heures de cours sur le leadership : il s’agit de Jean-Pierre Raffarin. L’ancien premier ministre de Jacques Chirac, également sénateur, enseigne aussi à HEC. Laquelle compte également, dans l’équipe enseignante, l’ancien ministre de l’économie François Baroin, qui intervient « dans les domaines de la macro-économie, de la géopolitique et de la gestion de crise », et l’ex-président socialiste de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, chargé de cours de « gouvernance publique ».
Remplir une période de flottement
Enseigner, c’est également une façon de remplir une période de flottement dans une carrière politique, ou d’en accompagner la fin. Nathalie Kosciusko-Morizet, ancienne ministre sarkozyste qui a échoué à prendre la mairie de Paris puis aux élections législatives de 2017, est retournée dans son ancienne école, Polytechnique, pour y donner des cours d’écologie politique.
Dans la même veine, en 2015, Jean-François Copé est devenu chargé de cours à Sciences Po Paris pour une « une introduction au droit international », afin de permettre aux étudiants « d’avoir un regard critique sur les origines et les effets des politiques publiques dans un monde globalisé ». Un bol d’air pour le maire de Meaux, qui venait d’être contraint à démissionner de la tête de l’UMP.

        Lire :
         

          Jean-François Copé donne des cours à Sciences Po Paris



Depuis l’alternance politique de 2017, l’école de la rue Saint-Guillaume compte de nouveaux intervenants proches du Parti socialiste : Bernard Cazeneuve, ancien premier ministre, assure un cours sur « la politique de lutte antiterroriste en France à travers l’évolution récente de l’ensemble de ses outils ». Gaspard Gantzer, ancien « spin doctor » de l’Elysée, y apporte également son expérience dans « la communication de crise dans le champ politique ». Personne ne lui reprochera un manque d’expérience. Aurélie Filippetti y assure également plusieurs cours. Toutefois l’institut d’études politiques relativise le poids de ces anciens ministres ou conseillers :
« Les femmes et les hommes politiques figurent parmi les plus célèbres, mais ne représentent qu’une part infime des 4 500 enseignants de Sciences Po. Les taux de satisfaction de nos étudiants concernant leurs cours sont très élevés, et dans les rares cas où l’appréciation des étudiants est décevante, nous le signalons à l’enseignant et, le cas échéant, cessons la collaboration. »
Quid de la rémunération de ses professeurs pour leurs prestations ? Les écoles interrogées ont souhaité conserver la confidentialité.
Quant à l’Essec, où Marisol Touraine a enseigné avant d’être ministre, elle ne compte plus actuellement de personnalité politique dans son corps enseignant. Pour en recruter, la grande école de commerce explique qu’« il faut trouver la personne qui a les compétences nécessaires ». « Dans ce contexte, nous avons eu par le passé des hommes et femmes politiques qui correspondaient à ce que nous cherchions. Ce n’est pas le cas pour le moment, mais il n’y a pas de raison que dans l’avenir, des personnalités politiques n’enseignent pas à nouveau dans nos programmes. » Les portes sont donc partout largement ouvertes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Il y a de la friture sur la ligne entre la flotte et le centre du commandement de la Volvo Ocean Race. Les six bateaux restants sont actuellement au beau milieu du pot-au-noir du Pacifique, au large des Îles Salomon.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ La grève aura lieu sur les réseaux autoroutiers du sud et de l’ouest de la France, de vendredi matin à dimanche soir.
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Grève dans trois sociétés d’autoroutes ce week-end

La grève aura lieu sur les réseaux autoroutiers du sud et de l’ouest de la France, de vendredi matin à dimanche soir.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 16h51
   





                        


Plusieurs syndicats ont appelé mercredi 21 février les salariés du groupe Vinci à faire grève du vendredi 23 février au dimanche 25 février. Sont concernés trois réseaux d’autoroutes de l’ouest et du sud de la France appartenant au groupe Vinci.
Les syndicats des Autoroutes du Sud de la France (ASF), des Autoroutes Esterel-Côte d’Azur (Escota) et du réseau Cofiroute demandent à Vinci une augmentation générale de 1,2 %, ainsi qu’une augmentation forfaitaire de 50 euros bruts mensuels pour tous les salariés.
Une hausse forfaitaire que refuse pour l’instant la direction, selon Hugues Granier (CGT), malgré l’augmentation du chiffre d’affaires de Vinci Autoroutes l’an dernier (+ 3,2 %).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ L’influent prédicateur évangéliste américain Billy Graham, interlocuteur incontournable des présidents des Etats-Unis pendant plusieurs décennies, est mort mercredi, à 99 ans.
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Etats-Unis : le prédicateur évangéliste Billy Graham est mort à 99 ans

L’influent prédicateur évangéliste américain Billy Graham, interlocuteur incontournable des présidents des Etats-Unis pendant plusieurs décennies, est mort mercredi, à 99 ans.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 16h34
 • Mis à jour le
21.02.2018 à 16h45
   





                        



   


William Franklin Graham Jr, dit Billy Graham, est mort mercredi 21 février à 99 ans, chez lui, en Caroline du Nord (sud-est des Etats-Unis).
Il avait eu une révélation religieuse à 16 ans et, grâce à son charisme, sa voix de stentor et ses prêches fougueux, il avait très vite attiré les foules, devenant l’une des personnalités spirituelles les plus puissantes des Etats-Unis.
« Le GRAND Billy Graham est mort. Il était unique! Il manquera aux Chrétiens et à toutes les religions. Un homme très spécial », a réagi le président américain Donald Trump sur Twitter.
Un interlocuteur incontournable pour les présidents de Etats-Unis
Le prédicateur américain avait su tirer profit de la radio et la télévision dès le début des années 1950 pour faire renaître le mouvement évangéliste, devenant ainsi un pionnier du « télévangélisme ».
En 1953, il avait refusé de prêcher devant un public où Blancs et Noirs étaient séparés.
Il était devenu un interlocuteur incontournable des présidents des Etats-Unis pendant plusieurs décennies.
En 1983, le président Ronald Reagan lui avait remis la médaille de la liberté, la plus haute récompense à laquelle un civil puisse prétendre.
En 2007, lors de l’inauguration de la bibliothèque et du musée Billy Graham à Charlotte, trois anciens présidents étaient présents : George H. W. Bush, Jimmy Carter et Bill Clinton.

   


« Je pense que Billy n’a pas touché uniquement le coeur des Chrétiens mais (celui) des gens de toutes fois parce qu’il était un homme tellement bon », a indiqué Bush père dans un communiqué. « J’ai le privilège de l’avoir eu comme ami personnel (...) Il a été un mentor pour plusieurs de mes enfants ».
Son influence dépassait les frontières américaines
Des années 1940 au milieu des années 2000, il multiplie les prêches partout dans le monde, y compris en URSS et en Chine. Et même deux fois, en 1992 et 1994, en Corée du Nord.
De la reine Elizabeth II au pape Jean Paul II, en passant par mère Teresa, il a rencontré tous les grands de ce monde.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ L’ancien ministre devenu entrepreneur crée deux sociétés pour relancer des productions « made in France » mal en point.
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Du miel et des amandes : la nouvelle vie d’Arnaud Montebourg, entrepreneur

L’ancien ministre devenu entrepreneur crée deux sociétés pour relancer des productions « made in France » mal en point.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 06h42
    |

            Cédric Pietralunga et 
Denis Cosnard








                        



                                


                            
De petits drapeaux bleu-blanc-rouge, trois numéros de la Harvard Business Review, un exemplaire de La Vie secrète des arbres, quelques pots de miel. Avenue de l’Opéra, à Paris, les objets posés sur le bureau en bois blanc résument la nouvelle vie d’Arnaud Montebourg. A 55 ans, l’ex-ministre socialiste entame une carrière d’entrepreneur en lançant deux sociétés d’un coup. L’une pour produire du miel, l’autre des amandes. Elles seront immatriculées dans les tout prochains jours. Deux entreprises 100 % made in France mêlant agriculture, terroir… et politique.
Malgré son image négative auprès d’une partie du monde des affaires, « Arnaud ne fait pas fuir les investisseurs », assure François Moulias, son associé dans les amandes. « Il contribue au contraire à donner de la visibilité à notre projet et va nous aider à trouver les partenaires nécessaires, notamment les agriculteurs. » Le projet est présenté ce mercredi 21 janvier aux arboriculteurs de Carpentras.
La politique active, l’ancien ministre du redressement productif puis de l’économie de 2012 à 2014 ne veut plus en entendre parler. « Ce désir-là m’a quitté », affirme-t-il en s’asseyant dans les locaux qu’il partage avec un fonds d’investissement.
Son bilan politique est trop médiocre aux yeux d’Arnaud Montebourg : « Dix-huit ans de combat politique, pour deux années de difficile construction », émaillées de conflits avec François Hollande et son premier ministre Jean-Marc Ayrault. Ce quinquennat a constitué « une épreuve morale », lâche l’ex-homme fort de Bercy.
Après avoir annoncé fin 2014 son retrait de la vie publique et siégé un temps au conseil de surveillance de la chaîne d’ameublement Habitat, il avait bien tenté un retour en participant à la primaire socialiste de 2017. Il a fini troisième, derrière Benoît Hamon et Manuel Valls. Adieu l’Elysée. Bonjour l’entreprise.
Depuis cet échec, l’ex-avocat a renoncé à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ De fortes bousculades entre manifestants et forces de l’ordre ont eu lieu mercredi lors d’une manifestation à Mamoudzou, chef-lieu de Mayotte. L’île est sous tension depuis le début 2018.
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Mayotte : heurts lors d’une manifestation contre l’insécurité

De fortes bousculades entre manifestants et forces de l’ordre ont eu lieu mercredi lors d’une manifestation à Mamoudzou, chef-lieu de Mayotte. L’île est sous tension depuis le début 2018.



Le Monde
 |    21.02.2018 à 16h13
   





                        



   


A Mayotte, de fortes bousculades entre manifestants et forces de l’ordre ont eu lieu mercredi 21 février lors d’une manifestation citoyenne contre l’insécurité emmenée par une intersyndicale mahoraise et une fédération d’associations, selon l’AFP.
Forte pression migratoire venant des Comores
Parti de la place de la République de Mamoudzou, le cortège de plus de 400 personnes (selon la police) s’est arrêté pendant plus d’une heure devant le service des migrations et de l’intégration de la préfecture. Des manifestants ont chargé de manière sporadique et durant plus d’une heure les forces de l’ordre déployées en un cordon de sécurité devant l’administration, qui les ont repoussés, provoquant bousculades et mouvements de foule.
Une partie de la foule a également demandé la démission du préfet de Mayotte, Frédéric Veau. « Il faut que le préfet s’explique ou qu’il démissionne. (…) Son but, c’est de régulariser massivement la communauté comorienne », explique Safina, du collectif des citoyens de Mayotte. L’île de Mayotte est en effet confrontée à une forte pression migratoire venant des Comores, à 70 km.
Selon le site d’information Mayotte Hebdo, la Fédération syndicale unitaire (FSU), également présente lors de la manifestation de la veille, a condamné la décision d’arrêter le cortège devant le service des migrations, rappelant par voie de communiqué que « [ses] revendications [resteraient] dans le champ de l’éducation ».

        Lire aussi :
         

                La France veut délivrer des visas gratuits entre les Comores et Mayotte



Protestations contre l’insécurité
La veille, mardi 20 février, plus de 1 000 personnes avaient, en effet, également protesté contre la violence que subit le département, notamment celle qui émaille le quotidien des établissements scolaires.
Ces quatre dernières semaines, les personnels de trois établissements de l’île ont exercé leur droit de retrait, notamment à la suite de l’assaut d’un lycée par des dizaines de jeunes armés le 19 janvier.
Les conducteurs de cars scolaires observent également un droit de retrait depuis trois semaines en raison des caillassages répétés de leurs véhicules par de jeunes délinquants.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Ecartelé entre le français, la darija, l’arabe classique et l’amazigh, le pays ne parvient pas à se mettre d’accord sur une politique linguistique stable.
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Décryptage

Au Maroc, les langues de la discorde

Ecartelé entre le français, la darija, l’arabe classique et l’amazigh, le pays ne parvient pas à se mettre d’accord sur une politique linguistique stable.

Par                                            Ghalia Kadiri (Casablanca, envoyée spéciale)




LE MONDE
              datetime="2018-02-21T15:54:54+01:00"

        Le 21.02.2018 à 15h54






    
Dans une classe d’une école du Haut-Atlas, au sud de Marrakech, en mars 2016.
Crédits : FADEL SENNA/AFP


Le débat n’en finit pas de rebondir. Faut-il supprimer le français ? Institutionnaliser la darija (arabe dialectal) ? Défendre l’arabe classique ? Depuis des décennies, le Maroc ne parvient pas à se mettre d’accord sur une politique linguistique stable. Une question d’autant plus fâcheuse que certains n’hésitent pas à parler d’« apartheid social » lié à l’usage des langues dans le royaume, où la diversité linguistique portée par l’arabe, la darija, les dialectes berbères, le français ou encore l’espagnol est l’objet d’une guerre qui touche la sphère politique et se ressent jusque sur les bancs des écoles.

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Et si les langues faisaient la paix ? C’est la réflexion qu’invite à mener l’éditrice indépendante Kenza Sefrioui. La Franco-Marocaine de 38 ans a réuni dans un ouvrage une panoplie de textes écrits par un collectif de seize intellectuels de langue arabe, française ou bilingues, dont la chercheuse Zakia Iraqui-Sinaceur, le poète Jalal Al-Hakmaoui et l’écrivain Abdellah Taïa. Dans Maroc : la guerre des langues ?, paru le 10 février, une idée les met tous d’accord : il faut célébrer la pluralité des langues pour qu’elle devienne un motif de fierté.
L’arabe classique dans les tribunaux
Mais dans un pays où seul l’arabe dialectal est parlé par l’ensemble des Marocains – ou presque –, la diversité des langues reste une source de tensions. « Le poids de l’histoire coloniale, les hégémonies géopolitiques et les fractures sociales ont installé des représentations souvent caricaturales : le français est vu comme la langue de la modernité, tandis que l’arabe est assigné à la religion et à la tradition et que la darija et les dialectes berbères sont juste bons à communiquer, explique Kenza Sefrioui. Ces rapports de forces génèrent des crispations identitaires, une obsession de la légitimité et des sentiments d’injustice. »
Le sujet a particulièrement attiré les visiteurs du Salon international du livre, dont la 24e édition s’est tenue du 9 au 18 février à Casablanca. Car si la question est existentielle dans le royaume, c’est qu’elle se vit au quotidien. « Il y a un écart géant entre la langue que l’on parle et la langue officielle », témoigne Nadia, une étudiante casablancaise de 24 ans. Au Maroc, les jugements dans les tribunaux sont prononcés en arabe classique, au grand dam de ceux qui ne le parlent pas. « Idem pour le journal télévisé ou les démarches administratives, qui restent inaccessibles pour un grand nombre de gens », poursuit la jeune femme.

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A cette situation de diglossie (coexistence d’une langue savante et d’une langue parlée) s’ajoute le paradoxe de l’enseignement : en arabe jusqu’au bac, puis en français à l’université pour la plupart des matières, dont les sciences et la médecine. Sur le marché du travail, ceux qui maîtrisent le français ont des salaires plus attractifs, avec de meilleures perspectives de carrière. « Qu’on ne vienne pas nous dire que les langues n’ont pas une dimension sociale : on ne vit pas de la même manière selon la langue qu’on parle et donc du milieu dont on vient », affirme Nadia.
« Domination écrasante du français »
Depuis la fin du protectorat, en 1956, la question linguistique est éminemment politique au Maroc. L’arabisation, telle qu’elle a été promue dès les années 1960 et mise en œuvre dans les années 1980, notamment pour neutraliser l’opposition de gauche à partir des années 1970, est jugée comme un massacre par les uns ou comme une nécessité de procéder à une « décolonisation » des esprits par les autres.
Malgré les nombreuses tentatives de réformes, le système éducatif paie aujourd’hui le prix de la politique d’arabisation faite dans la précipitation. D’ailleurs, le gouvernement a fini par réintroduire le français à l’école pour enseigner les matières scientifiques. Ce que les responsables du Parti de la justice et du développement (PJD, islamiste) n’ont pas manqué de critiquer. Ceux-là mêmes qui scolarisent leurs propres enfants dans des établissements français.
« La politique d’arabisation était évidemment indispensable. Malheureusement, elle a été bâclée, reconnaît le poète et traducteur bilingue Jalal Al-Hakmaoui, lors d’un débat au Salon du livre, dimanche 18 février à Casablanca. Aujourd’hui, il y a une persistance de la domination écrasante du français, la langue du colonisateur, sur la langue arabe. Pour sortir de la logique impérialiste, il est nécessaire d’avoir une politique de traduction officielle. »

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Comme une étape vers la réconciliation, Maroc : la guerre des langues ? est aussi un plaidoyer pour la traduction, pour « tisser des liens entre les langues du Maroc et avec le monde », espère l’éditrice Kenza Sefrioui. Le romancier Yassin Adnan propose même de renouer avec l’esprit du califat abbasside d’Al-Ma’Mun au IXe siècle, au cours duquel furent créées à Bagdad des bayt al-hikma (« maisons de la sagesse »), dédiées à la traduction, et qui permit la rencontre de la pensée grecque avec l’univers de l’islam.
Zakia Iraqi-Sinaceur, qui a élaboré le célèbre Dictionnaire Colin d’arabe dialectal marocain en 1994, le premier en darija-français, a une vision optimiste de ce Maroc plurilingue. « Regardez, on voulait chasser la darija, on pensait qu’on ne pouvait pas l’écrire, or aujourd’hui elle s’écrit partout, dans n’importe quel alphabet. Quant à l’amazigh, qui était relégué au statut de dialecte, c’est devenu une langue officielle et enseignée à l’école », précise-t-elle, pleine d’espoir.
Un dictionnaire tout en darija
Loin de la grand-messe annuelle du livre, un homme est plus catégorique. « On se trompe de combat », balaie Noureddine Ayouch dans ses somptueux bureaux avec vue sur mer à Casablanca. Costume et cravate rose, le publicitaire de 72 ans a publié, il y a un an, le premier dictionnaire darija-darija, une initiative qui lui a valu des éditoriaux cinglants dans la presse arabophone. « Nous allons à présent éditer des manuels pour enseigner la darija à l’école, annonce l’homme d’affaires, membre du Conseil supérieur d’enseignement, où il est perçu comme un frondeur. Si nous devons attendre que l’Etat le fasse, rien n’adviendra. »

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M. Ayouch est en première ligne pour défendre l’usage de la darija comme langue d’apprentissage pour les premières années de l’école. « La politique d’arabisation était une erreur. Ils ont ramené des professeurs égyptiens et saoudiens qui ont transmis leurs valeurs wahhabites et ont islamisé l’école. Les Marocains étaient bilingues, or aujourd’hui, ils ne maîtrisent ni l’arabe, ni le français. Il faut les éduquer dans leur langue maternelle, la langue qu’ils connaissent. » Avec son Centre de promotion de la darija, M. Ayouch rêve d’en faire une langue officielle. « J’ai même demandé au roi de faire ses discours en darija, afin qu’il soit compris par l’ensemble de la population. »
Dans un contexte de clivages linguistiques, les propos de M. Ayouch ont créé une vive polémique. « Ceux qui défendent la darija sont l’élite francophone qui veut asservir le peuple », condamne Jalal Al-Hakmaoui. Plus tempérée, Zakia Iraqi-Sinaceur avertit : « Enseigner en arabe dialectal durant les premières années est une bonne initiative, mais on ne peut pas supprimer l’arabe classique. Certains y verraient une atteinte à la langue sacrée. » La langue du Coran.
Maroc : la guerre des langues ?, ouvrage collectif, éditions En toutes lettres, 20 euros.

