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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Un collectif de vingt-sept professeurs de management demande à Pierre Gattaz, dans une tribune au « Monde », de refondre le « code Afep-Medef », code de gouvernance des grandes entreprises cotées, en créant un « comité des parties prenantes »
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« Le rôle du président du Medef est de protéger les entreprises des excès de la finance mondialisée »

Un collectif de vingt-sept professeurs de management demande à Pierre Gattaz, dans une tribune au « Monde », de refondre le « code Afep-Medef », code de gouvernance des grandes entreprises cotées, en créant un « comité des parties prenantes »



Le Monde
 |    20.02.2018 à 17h34
 • Mis à jour le
20.02.2018 à 18h16
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Un débat majeur vient de s’ouvrir en France sur la place de l’entreprise et sa contribution au bien commun. Il se traduit aujourd’hui par une crispation des prises de position autour de la réécriture potentielle des articles 1832 et 1833 du code civil.
Pierre Gattaz, le président du Medef, a marqué son inquiétude et son opposition à ce projet en déclarant que d’éventuels changements du code civil reviendraient à jouer avec le feu et à ouvrir la « boîte de Pandore ». Il a également évoqué, à l’occasion de cette prise de parole alarmiste, la possibilité de faire évoluer le contenu du code Afep-Medef en créant une nouvelle classe d’entreprises, sur le modèle des « entreprises de mission » existant aux Etats-Unis. Si cette proposition a toute notre sympathie, elle n’est en cas aucun suffisante et à la hauteur des défis auxquels les entreprises françaises sont confrontées.
Sur la base d’une initiative volontaire ou par la force des choses, si le code civil devait être modifié, le code de gouvernance Afep-Medef (voir le lien PDF), qui fait autorité auprès des sociétés cotées françaises, doit évoluer. Il doit évoluer afin de mieux responsabiliser les grandes entreprises sur les conséquences de leurs activités sur l’environnement et les parties prenantes qui supportent des risques ou des externalités.
Missions
D’autres pays comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou encore la Belgique et l’Allemagne ont d’ores et déjà entamé un travail de fond afin d’adapter leurs codes de gouvernance. La France ne peut pas se permettre d’être suiveuse en la matière compte tenu de sa place dans le monde et du rayonnement de ses entreprises à l’international.
Une proposition simple et pragmatique peut permettre aux entreprises françaises d’opérer un saut qualitatif en matière de gouvernance afin de rattraper le retard pris en la matière : créer un comité des parties prenantes spécifiques au sein des conseils d’administration...




                        

                        


<article-nb="2018/02/20/19-2">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Montrer ce que l’on peut apporter à l’entreprise, qu’on connaît déjà très bien son produit, proposer une ou deux améliorations… Quentin Adam, fondateur de Clever Cloud, détaille en vidéo les ingrédients d’une lettre – ou e-mail – de motivation réussie.
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<article-nb="2018/02/20/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ La sortie de Londres de l’Union européenne pourrait poser autant de problèmes aux autres Etats membres qu’au Royaume-Uni lui-même, explique l’économiste Nicolas-Jean Brehon dans une tribune au « Monde ».
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« Les mauvaises surprises du Brexit pour les Vingt-Sept »

La sortie de Londres de l’Union européenne pourrait poser autant de problèmes aux autres Etats membres qu’au Royaume-Uni lui-même, explique l’économiste Nicolas-Jean Brehon dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    20.02.2018 à 15h59
    |

                            Nicolas-Jean Brehon (Enseignant à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            

Tribune. Beaucoup d’Européens voient la sortie prochaine du Royaume-Uni sans déplaisir. La Grande-Bretagne était un partenaire trop singulier. Sans elle, l’Union européenne (UE) va pouvoir avancer plus vite et plus loin. Sans doute. Mais pas tout de suite. Et le Brexit pourrait bien s’accompagner de mauvaises surprises pour les Vingt-Sept.
Certes, les difficultés pratiques sont bien appréhendées par les intéressés. L’impact le plus connu concerne l’accès au marché du travail britannique. En toute logique, les citoyens européens auront le même régime que les non-Européens : carte de résidence, renouvellement des contrats de travail sous conditions, renchérissement des frais de scolarité (aujourd’hui, les Européens bénéficient de tarifs privilégiés)…
Mais, chaque mois, les Européens découvrent de nouveaux sujets de préoccupation. La pêche par exemple. Les pêcheurs de coquilles Saint-Jacques se plaignent des razzias des bateaux britanniques en baie de Seine, mais des flottes de bateaux français vont pêcher dans ce qui sera les futures eaux seulement britanniques.
Conséquences budgétaires niées
Erasmus ensuite. Certes, la destination préférée des étudiants européens est l’Espagne, mais la Grande-Bretagne est la destination préférée des étudiants français (1/3 des cas), des stages en entreprise et des enseignants (1/3 des mobilités des enseignants européens).
La recherche aussi. Les Britanniques sont les premiers bénéficiaires des crédits de recherche européens (18,2 % contre 8,7 % pour la France) et, surtout, les premiers coordinateurs ou chefs de file : 20 % des projets sont coordonnés par les Britanniques. Qui va assumer ce rôle difficile lorsqu’il s’agit de faire travailler ensemble cinq ou six unités de pays différents ? Les Allemands ou les Hollandais, peut-être, mais certainement pas les Français (3e bénéficiaire des fonds, 9e coordinateur !).
Les conséquences budgétaires sont, elles,...




                        

                        


<article-nb="2018/02/20/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Le souci de complétude des marchés, qui justifie la bienveillance de principe envers les nouveaux produits financiers, devrait être assorti d’une évaluation du nouveau risque ainsi créé, et déboucher en cas de risque excessif sur une interdiction des positions « nues », purement spéculatives, explique l’économiste Paul Jorion.
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Des « dérivés sur indice » à la dérive des marchés

Le souci de complétude des marchés, qui justifie la bienveillance de principe envers les nouveaux produits financiers, devrait être assorti d’une évaluation du nouveau risque ainsi créé, et déboucher en cas de risque excessif sur une interdiction des positions « nues », purement spéculatives, explique l’économiste Paul Jorion.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 15h36
    |

                            Paul Jorion (Economiste et anthropologue, Université catholique de Lille)








                        



                                


                            

L’éclairage. L’identité du responsable de la baisse boursière qui a débuté le 5 février a conduit à de multiples supputations. Bien sûr, une bulle existait (fruit des injections massives de liquidités par les banques centrales) et tout un chacun prévoyait son éclatement. Mais un élément déclencheur spécifique a cependant dû intervenir le jour même.
Parmi les suspects aussitôt mis en cause, la nouvelle d’une hausse des salaires aux Etats-Unis. Qui dit salaires en hausse dit en effet répercussion probable sur le prix des produits, d’où inflation, d’où anticipation de celle-ci par les prêteurs, d’où exigence de leur part de taux en hausse, d’où dépréciation des portefeuilles existants d’instruments de dette, d’où déprime des investisseurs.
Autre suspect, apparu ensuite, plus plausible que le premier : une anticipation de hausse des taux dans le sillage de la réforme fiscale aux Etats-Unis prévoyant une baisse de l’imposition pour les entreprises et pour les particuliers les plus fortunés. Le déficit anticipé de 1 500 milliards de dollars des rentrées fiscales forcera l’Etat américain à s’endetter d’autant, suscitant une concurrence exacerbée entre emprunteurs sur le marché des capitaux, d’où un rapport de force dégradé en leur défaveur, d’où une hausse des taux.
Un troisième larron fut alors mentionné : les produits dérivés, contrats à terme futures et options, sur l’indice « Vix » de volatilité du marché des actions.
Principe « laplacien »
Passons sur le fait que l’indice en question mesure involontairement à la fois la volatilité et l’asymétrie des mouvements à la hausse et à la baisse et qu’il se contente de faire réapparaître en surface la valeur intuitive, et donc en réalité arbitraire que les tradeurs d’option introduisent dans leur modèle.
Passons également sur le fait que l’indice est en réalité privé du pouvoir prédictif que la théorie des anticipations rationnelles lui attribue. Passons encore...




                        

                        


<article-nb="2018/02/20/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Nul n’imagine une crise de confiance majeure. L’Amérique n’est pas la Grèce ou l’Italie, même si une hausse des taux est possible, explique, dans sa chronique, Arnaud Leparmentier, le correspondant du « Monde ».
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Wall Street veut s’ennuyer en 2018

Nul n’imagine une crise de confiance majeure. L’Amérique n’est pas la Grèce ou l’Italie, même si une hausse des taux est possible, explique, dans sa chronique, Arnaud Leparmentier, le correspondant du « Monde ».



Le Monde
 |    20.02.2018 à 15h09
 • Mis à jour le
20.02.2018 à 15h12
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Lettre de Wall Street. A Wall Street, on ricane… sur Wall Street. Ah ces marchés qui ont pris peur pour rien du tout, alors que la santé de l’économie est florissante !
Après que la Bourse a subi une correction de 10 % par rapport à son plus haut et regagné la moitié du terrain, les experts américains (ré) écrivent l’histoire. Pour expliquer combien Wall Street a surréagi début février, mais que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Le but de cette chronique n’étant pas, pour sa part, de prédire l’avenir, mais d’expliquer combien l’optimisme outre-Atlantique tranche avec les esprits chagrins européens.
Tout a commencé avec la hausse des salaires, qui a atteint 2,9 % au mois de janvier, laissant craindre une remontée de l’inflation. Pas de panique, explique-t-on : cette progression des salaires a été amplifiée par deux phénomènes techniques : les cadres ont demandé à ce que leurs primes soient versées en janvier plutôt qu’en décembre pour bénéficier de la réforme fiscale qui entrait en vigueur début 2018 ; ensuite, le froid de janvier a empêché les salariés d’aller au travail : la mesure a pénalisé les ouvriers et employés payés à l’heure, tandis que les cadres conservaient leur salaire forfaitaire mensuel. Mécaniquement, ce phénomène fait monter les salaires moyens. La fiche de paye augmente donc, et c’est heureux, mais on est loin d’un emballement.

Les marchés ont réagi brutalement, craignant une accélération de la hausse des taux par la Fed. Mais, explique-t-on, il n’y a pas eu un seul être humain derrière ces décisions. Juste des algorithmes, qui ont vendu des actions et acheté des obligations pour réduire le risque encouru par les épargnants. Et une erreur d’analyse, c’est vrai : les hedge funds ont cru que, sur la planète finance de 2018, l’Amérique serait stable tandis que les autres Bourses joueraient aux montagnes russes : c’est l’inverse qui s’est passé, l’Europe étant sur un train de croissance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Pour être effective, cette nomination doit être approuvée par l’assemblée générale des actionnaires, le 4 mai prochain.
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Stéphane Richard reconduit pour quatre ans à la tête d’Orange

Pour être effective, cette nomination doit être approuvée par l’assemblée générale des actionnaires, le 4 mai prochain.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 14h40
 • Mis à jour le
20.02.2018 à 15h04
    |

            Sandrine Cassini








                        



   


Le suspense avait été levé en janvier par Bruno Le Maire, mais la nouvelle est désormais officielle. Le conseil d’administration a voté, mardi 20 février, en faveur du renouvellement de Stéphane Richard à la tête d’Orange pour quatre années supplémentaires. Pour être effective, cette nomination doit encore être approuvée par l’assemblée générale des actionnaires, le 4 mai.
« Les administrateurs du groupe ont été convaincus par le bilan positif de Stéphane Richard depuis huit ans à la tête d’Orange où il a su renouer avec une dynamique sociale et économique malgré un contexte concurrentiel difficile en France et à l’international », a déclaré le conseil dans un communiqué. Et les administrateurs de se dire également séduits par « les choix stratégiques en matière d’internationalisation et de diversification des activités », proposés par l’actuel PDG.
Stéphane Richard compte notamment poursuivre sa politique en matière d’innovation et de cybersécurité. A son actif, le PDG avait, à son arrivée, pacifié l’entreprise alors en proie à une crise sociale aiguë. Il avait également résisté à l’arrivée de Free (dont Xavier Niel le fondateur est également actionnaire du Monde) sur le marché du mobile.

        Lire :
         

          Orange : l’Etat prêt à renouveler Stéphane  Richard à la tête de l’opérateur



Renvoyé devant le tribunal
Jusqu’aux déclarations de Bruno Le Maire en janvier, Stéphane Richard, devenu PDG d’Orange en 2011, n’était pas sûr de pouvoir rester à la tête de l’opérateur télécoms. Même s’il avait convaincu les salariés, présent au conseil et les administrateurs indépendants, l’Etat, premier actionnaire de l’opérateur télécoms avec 23 % du capital, entre l’Agence des participations de l’Etat (APE) et Bpifrance, n’avait pas pris position.
Tout en adoubant l’ancien inspecteur des finances, le ministre de l’économie l’avait mis en garde. S’il venait être condamné dans l’affaire Tapie, Stéphane Richard devrait quitter ses fonctions. Fin 2017, l’énarque, qui fut directeur de cabinet de Christine Lagarde pendant la présidence de Nicolas Sarkozy, a été renvoyé devant le tribunal correctionnel pour « complicité d’escroquerie » et « complicité de détournement de fonds publics » entre 2007 et 2009.

        Lire aussi :
         

                Affaire Tapie : si vous avez raté un épisode



Le procès pourrait se tenir soit avant l’été, soit cet automne. S’il n’est pas condamné, Stéphane Richard sera le premier PDG à avoir exercé trois mandats à la tête de l’ancien monopole public.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ La PME montréalaise, qui équipe les athlètes de Pyeongchang, ouvre un bureau européen à Paris, fin février.
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Les bracelets intelligents de Connect & Go aux JO

La PME montréalaise, qui équipe les athlètes de Pyeongchang, ouvre un bureau européen à Paris, fin février.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 12h22
    |

                            Olivier Mougeot (Québec, correspondance)








                        



                                


                            

Ils ne sont pas aussi visibles qu’une médaille autour du cou mais il s’agit d’une technologie tout aussi gagnante. Les bracelets intelligents de l’entreprise québécoise Connect & Go permettent aux athlètes des Jeux olympiques de Pyeongchang d’accéder aux installations sportives. « Nous avons distribué 12 000 bracelets aux organisateurs et à leurs équipes, aux sportifs et à leurs familles, explique au Monde Dominic Gagnon, PDG et cofondateur de l’entreprise. Les bracelets ont deux fonctions : la sécurité, car ils permettent la reconnaissance faciale de leur détenteur, et ils constituent aussi un moyen de paiement car ils sont reliés à sa carte de crédit. »
Avant les JO, en partenariat avec Visa et US Bank, la PME québécoise a équipé les 70 000 spectateurs du Super Bowl présents, le 4 février à Minneapolis, de tatouages intelligents qui permettaient le paiement sans contact. Grâce à une puce, l’utilisateur n’avait qu’à scanner son épiderme pour payer ses consommations.
Une cinquantaine d’employés
Mais avant de réaliser ces gros coups à l’international, l’entreprise montréalaise s’est fait connaître à domicile. Un an après son lancement en 2012, elle décrochait un contrat avec le festival de musique d’Osheaga, dans la banlieue de Montréal, pour équiper les 40 000 spectateurs de bracelets contrôlant l’accès au site. « Cette expérience a permis de nous faire connaître rapidement », affirme M. Gagnon. Depuis, l’entreprise qui emploie actuellement une cinquantaine de personnes s’est spécialisée dans l’industrie du divertissement en équipant des installations permanentes, comme le parc à thèmes Universal Studios aux Etats-Unis, ou des événements ponctuels, comme un festival.
Aujourd’hui, Connect & Go, qui réalise 80 % de son chiffre d’affaires en Amérique du Nord, se tourne vers l’Europe. L’entreprise ouvrira officiellement un bureau à Paris fin février. « Le bureau est en France mais il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Le pays a renoué avec la croissance en 2017 et a réussi un premier retour sur les marchés. Mais 40 % des jeunes actifs sont toujours au chômage, l’investissement est en berne, et le secteur bancaire reste plombé par les créances douteuses.
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L’économie grecque est toujours convalescente

Le pays a renoué avec la croissance en 2017 et a réussi un premier retour sur les marchés. Mais 40 % des jeunes actifs sont toujours au chômage, l’investissement est en berne, et le secteur bancaire reste plombé par les créances douteuses.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 12h15
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Alors qu’Athènes se prépare à sortir du troisième plan d’aide européen, l’économie hellène voit-elle enfin le bout du tunnel ? Un peu. Mais la route sera encore longue. « Beaucoup d’indicateurs sont repassés au vert, un certain optimisme est de retour, mais les fragilités restent immenses », résume Yannis Koutsomitis, économiste indépendant à Athènes.
Côté bonnes nouvelles, le pays a renoué avec un niveau de croissance inédit depuis neuf ans. Selon les prévisions de la Commission européenne, le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 1,6 % en 2017, après s’être contracté de 0,2 % en 2016 et de 0,3 % en 2015. Cette année, il devrait croître de 2,5 %, comme en 2019.
Ces chiffres encourageants ont convaincu les agences de notation Standard & Poor’s, en janvier, puis Fitch, en février, de relever de « B – » à « B » la note de la dette publique grecque, qui culmine à 180 % du PIB. Si les obligations hellènes sont toujours classées en catégorie spéculative, les analystes de Fitch estiment que la viabilité de la dette va s’améliorer grâce au retour de la croissance et au recul du risque politique.
En outre, le pays a réussi un premier retour – prudent et encadré – sur les marchés. Après deux premières incursions l’an passé, il a emprunté sans difficulté 3 milliards d’euros à sept ans, à un taux de 3,5 %, jeudi 8 février. Et ce, en pleine semaine de tempête boursière. « Nous avons prouvé que nous sommes capables de lever de l’argent, et de le faire dans des conditions idéales », s’est réjoui le ministre des finances Euclide Tsakalotos.
Emigration massive des jeunes diplômés
Les séquelles de la crise, durant laquelle le quart du PIB grec est parti en fumée, restent néanmoins profondes. Sans allégement, la dette publique est peu soutenable à long terme. Si le pays profite de la reprise européenne et de la bonne tenue de son secteur touristique, l’investissement des entreprises reste en berne. Au troisième trimestre 2017,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Alors que Bruxelles va donner son accord pour un nouveau prêt, les créanciers commencent à discuter de la fin des aides financières.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
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Après huit ans d’austérité, la Grèce entrevoit la sortie de crise

Alors que Bruxelles va donner son accord pour un nouveau prêt, les créanciers commencent à discuter de la fin des aides financières.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 12h15
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Après huit longues années d’austérité, la Grèce voit enfin le bout du tunnel. Lundi 19 février, les ministres des finances de l’eurozone réunis à Bruxelles ont confirmé que le pays « cochait » presque toutes les cases pour recevoir une nouvelle tranche de prêts, de 5,7 milliards d’euros de la part de ses créanciers internationaux, le Mécanisme européen de stabilité (MES), la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI).
Ce prêt devrait être versé dans les prochaines semaines, après qu’Athènes aura achevé la privatisation d’un aéroport et la mise en place d’un système d’enchères électroniques pour vendre plus rapidement les biens immobiliers saisis. Ce sont les deux dernières mesures qu’exigent ses prêteurs, la Grèce ayant déjà adopté 108 autres réformes ces derniers mois.
Mais l’essentiel n’est plus là, ni pour les Européens ni pour les Grecs. Décidé dans la douleur en août 2015, le troisième plan d’aide au pays (86 milliards d’euros de prêts) s’achève théoriquement le 20 août prochain. Et comme personne, ni à Bruxelles ni à Athènes, ne veut entendre parler d’un quatrième plan (alors que les deux premiers, en 2010 et 2011 totalisent la somme astronomique de 260 milliards d’euros), les ministres travaillent déjà au meilleur moyen d’aider la Grèce à voler enfin de ses propres ailes.
Allégements
Il s’agit qu’elle puisse se financer seule sur les marchés comme les autres pays de l’Union. C’est une priorité pour la Commission Juncker, qui achèvera son mandat fin 2019. L’institution a beaucoup bataillé pour éviter un « Grexit » et veut finir en beauté, sur un « succès grec ».
Il y a d’abord la question de la dette publique, toujours très élevée (autour de 177 % de son produit intérieur brut pour 2018). Le gouvernement d’Alexis Tsipras réclame une réduction de ce fardeau depuis sa prise de fonctions en janvier 2015. Il n’a jamais été question pour les créanciers publics d’Athènes d’accepter un effacement pur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ L’embellie économique s’accompagne, un peu partout, d’une montée des revendications salariales. Mais dans plusieurs pays, les responsables politiques sont parfois obligés de s’en mêler.
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En Espagne et au Japon, la modestie des augmentations salariales a contraint l’exécutif à intervenir

L’embellie économique s’accompagne, un peu partout, d’une montée des revendications salariales. Mais dans plusieurs pays, les responsables politiques sont parfois obligés de s’en mêler.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
20.02.2018 à 12h02
   





                        



                                


                            

Des salariés de l’industrie allemande, qui viennent de décrocher 4,3 % d’augmentation, aux fonctionnaires slovènes, qui en sont à leur quatrième grève en un mois, l’embellie économique s’accompagne, un peu partout, d’une montée des revendications salariales. Même si, dans plusieurs pays, le lien entre emploi et salaires n’est plus ce qu’il était avant la crise, contraignant parfois les responsables politiques à s’impliquer…
Espagne
Les salaires ont baissé de 7,6 % entre 2009 et 2014, selon les syndicats espagnols, les rémunérations ne décollent guère, malgré la reprise. L’Institut national de la statistique (INE) a fait état d’une baisse de 0,8 % du salaire moyen en 2016, alors que les bénéfices des entreprises explosent. Les économistes expliquent cette situation par la précarité de l’emploi et un taux de chômage élevé, à 16 %.
Après avoir demandé en vain, l’an dernier, au patronat de faire en sorte que les salaires suivent la courbe ascendante de la croissance, le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy a pris le taureau par les cornes. Et augmenté le salaire minimum de 8 %, le 1er janvier 2017, puis de 4 %, un an plus tard. Le premier ministre a même promis de le porter de 858,55 euros par mois à 990 euros en 2020. A condition que le PIB progresse de plus de 2,5 % par an et que l’économie crée plus de 450 000 emplois par an d’ici là. Les syndicats jugent l’objectif plausible.
Royaume-Uni
Après une décennie de stagnation du pouvoir d’achat – il reste 3 points en dessous de son pic de 2008 –, la banque d’Angleterre commence à croire à un retournement. « Il y a des signes de croissance des salaires », estimait son rapport trimestriel du 7 février. La hausse atteint 2,5 % sur un an, contre 2 % un an plus tôt. Mais elle reste inférieure à l’inflation (3 %). Si cette tendance se confirme, cela mettrait fin à des années d’étrange faiblesse des salaires dans un pays où le chômage est à 4,3 % et le taux d’emploi à 75,3 %.
Les...




                        

                        


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Salaires : les développeurs restent les rois du marché de l’emploi

Très demandés et très bien payés, les analystes programmeurs n’hésitent pas à faire monter les prix et à se mettre à leur compte.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 11h44
 • Mis à jour le
20.02.2018 à 11h45
    |

            Elise Barthet








                        



   


Comme chaque année, Jonathan Jalouzot réclamera une confortable augmentation de salaire. Et comme chaque année, il l’obtiendra. Développeur, spécialisé dans l’architecture de sites à fort trafic, le trentenaire peut être confiant. « Généralement, assure-t-il, je reçois même plus que ce que je demande. » Employé depuis cinq ans dans la même société de services en ingénierie informatique (SSII), il a vu sa rémunération progresser régulièrement de 10 à 15 %. Une croissance conforme aux chiffres évoqués en janvier par le cabinet de recrutement international Robert Walters.
Les développeurs restent, en effet, les rois du marché de l’emploi. Très demandés, très bien payés, ils profitent à plein de la mue numérique des entreprises et de l’embellie économique. Les étudiants d’écoles comme Epitech sont assurés de trouver un poste une fois diplômés, et 95 % sont embauchés directement en CDI. D’après le site d’Epita, une formation concurrente, le salaire brut annuel moyen à la sortie de l’école avoisine, en France, 43 000 euros, primes comprises. « Il n’est pas rare qu’une même SSII embauche toute une promotion. Le marché est tellement tendu qu’elle est sûre de réussir à “vendre” tout le monde à ses clients », observe Jonathan Jalouzot.
Pénurie de cerveaux
Conscients de leur rareté, les jeunes n’hésitent pas à faire monter les prix lors des entretiens. « Pour peu qu’ils aient un peu d’intelligence artificielle, de machine learning et de data science dans leur profil, certains demandent 45 000 euros, alors qu’ils n’ont à faire valoir comme expérience qu’un stage de 6 mois », déplore un recruteur. Les candidats sont d’autant moins complexés qu’ils ont l’embarras du choix : tous les secteurs du numérique sont touchés par la pénurie de cerveaux. Les plus offrants, en 2018, devraient se trouver dans la cybersécurité et les fintech, d’après les enquêtes.
Le tarif moyen, facturé à une société cliente pour une journée de prestation, peut varier en fonction des langages informatiques maîtrisés (PHP, JavaScript, Python, C…) et des frameworks (structures logicielles). Il est toutefois globalement en hausse, tiré par l’essor des développeurs « freelance » – installés à leur compte – qui peuvent espérer être payés 20 % de plus qu’en étant salariés. Malgré les contraintes administratives que ce changement de statut implique, ils sont de plus en plus nombreux à sauter le pas, d’autant que les recruteurs s’adressent directement aux candidats repérés grâce à leurs profils sur des réseaux comme LinkedIn ou Viadeo.
« En position de force »
Ces sollicitations, constantes, favorisent les changements de postes. Un turnover qui permet aux intéressés d’obtenir des hausses de salaires plus fortes que lorsqu’ils restent dans la même entreprise. Développeur depuis dix ans, José-Hugues Pommier a progressé ainsi, au gré des CDI. « La dernière fois, je n’étais pas pressé, je savais que j’étais en position de force pour négocier, explique-t-il. Je demandais 60 000 euros et je pouvais me permettre d’être exigeant sur la technologie, le domaine d’application, les vacances et la localisation. »
Des conditions qui compliquent singulièrement la vie des patrons de start-up, qui n’ont pas les mêmes moyens pour embaucher que les grandes entreprises. Directeur technique d’Extracadabra, une application mobile pour restaurateurs et hôteliers qui fait travailler dix-huit personnes, Vivien de Saint-Pern raconte avoir mis deux mois pour trouver un développeur. Il recherchait quelqu’un ayant un peu d’expérience.

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                Salaires : des entreprises encore très frileuses



Une fois qu’ils sont dans les murs, encore faut-il réussir à garder ces perles rares. La pression est telle que « ceux qui veulent maximiser leurs salaires rapidement peuvent toujours trouver mieux ailleurs », observe Tristan Verdier, fondateur de la start-up Eventmaker.io. Lui a fait le pari de fidéliser ses équipes en les faisant travailler sur « de bonne technologies » et en clarifiant le système de rémunération, avec des hausses liées à la progression du chiffre d’affaires. Mais la concurrence va rester rude. « C’est comme dans le foot, reconnaît le jeune patron. Il y a les écoles de formation, où les gros clubs viennent se servir. Heureusement pour nous, les boîtes qui payent beaucoup ne sont pas toutes aussi intéressantes que le PSG ! »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Editorial. Le troisième plan d’aide à Athènes est négocié actuellement. Après huit ans d’austérité, le pays commence à se redresser.
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Dette : il est temps d’alléger le fardeau de la Grèce

Editorial. Le troisième plan d’aide à Athènes est négocié actuellement. Après huit ans d’austérité, le pays commence à se redresser.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 11h40
   





                        



   


Editorial du « Monde ». La Grèce est-elle enfin capable de voler de ses propres ailes ? Après huit ans d’austérité, qui se sont traduits par plusieurs centaines de réformes, exigeant de la part de la population des efforts et des sacrifices qu’aucun autre pays en Europe n’a eu à subir en temps de paix, Athènes aborde la dernière étape du plan d’aide décidé dans la douleur en août 2015.
Ce plan est le troisième, après ceux de 2010 et de 2011, transformant la Grèce en tonneau des Danaïdes de l’Europe, absorbant au total 346 milliards d’euros de prêts pour maintenir vaille que vaille son économie à flot et éviter au pays une sortie de l’euro. A Bruxelles comme à Athènes, personne ne veut entendre parler d’un quatrième plan. Mais après avoir été sous perfusion du mécanisme européen de stabilité, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international pendant huit ans, la Grèce peut-elle redevenir un membre de l’Union comme les autres, capable de se financer sur les marchés ? La partie est loin d’être gagnée.
Retour de la croissance
Du côté de la conjoncture, même si le pays est encore en convalescence, des signes d’amélioration apparaissent. Après neuf ans de recul continu de son PIB, qui a perdu un quart de sa valeur, la Grèce a enfin retrouvé la croissance en 2017, avec une progression de 1,6 %. Le rythme devrait encore s’accélérer en 2018 et 2019, avec une hausse de 2,5 %. Mais il est évidemment trop tôt pour parler de phénomène de rattrapage.
En fait, ces chiffres cachent d’importantes fragilités. L’accélération s’explique essentiellement par le rebond de l’ensemble de la zone euro, qui tire l’économie grecque, et par la reprise du tourisme. Mais l’investissement privé continue de reculer. Le secteur bancaire, plombé par les créances douteuses, n’étant toujours pas capable de financer l’économie.
Surtout, la dette publique, qui représente 177 % du PIB, reste à un niveau qui n’est pas soutenable. Certes, les agences de notation financière viennent de relever la note de la Grèce, mais celle-ci reste en catégorie spéculative.
Le rôle-clé de l’Allemagne
Aujourd’hui, un certain consensus se dégage au sein de l’Eurogroupe pour alléger la charge qui pèse sur le pays. S’il n’est pas question d’effacer d’un trait de plume les créances, les ministres des finances des Etats membres de la zone euro réfléchissent notamment à rallonger la maturité de la dette.
Les plus durs envisagent de conditionner ce rééchelonnement. Qu’il s’agisse de nouveaux efforts ou d’engagements fermes de la part d’Athènes à ne pas revenir sur les réformes imposées ces dernières années, les pays de la zone euro doivent rester mesurés dans leurs exigences. Jusqu’à présent, le premier ministre, Alexis Tsipras, avec un certain courage, a accepté de faire subir à son pays trois ans de rigueur supplémentaires, en contradiction complète avec ses promesses électorales. Son parti, Syriza, est aujourd’hui en perte de vitesse.
Fragiliser un peu plus le leadeur de la gauche radicale à un an de nouvelles élections législatives ne serait pas forcément un bon calcul pour la stabilité politique du pays. L’Allemagne, en tant que premier créancier de la Grèce, doit réfléchir à deux fois avant d’imposer de nouvelles conditions. Le départ du très rigoriste Wolfgang Schäuble du ministère allemand des finances à l’automne 2017 et la formation d’une nouvelle coalition intégrant les sociaux-démocrates doivent constituer une bonne occasion pour que la Grèce entrevoie enfin le bout du tunnel.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Le premier groupe de télévision payante français mise sur la croissance du continent africain pour y renforcer ses activités. Il s’est également lancé en Birmanie début février avec un partenaire local.
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Canal+ cherche son salut à l’international et mise sur l’Afrique francophone

Le premier groupe de télévision payante français mise sur la croissance du continent africain pour y renforcer ses activités. Il s’est également lancé en Birmanie début février avec un partenaire local.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 11h33
 • Mis à jour le
20.02.2018 à 17h49
    |

            François Bougon








                        



                                


                            

Pour Canal+, qui souffre et continue de perdre des abonnés en France (près de 800 000 en 2016-2017, malgré une refonte de son offre), le salut émanera peut-être de l’étranger. C’est de là, en tout cas, qu’arrive la concurrence : en quelques années, des géants se sont constitués, à l’image de l’américain ­Netflix, qui affiche 110 millions d’abonnés payants dans le monde et vient d’accueillir au sein de son conseil d’administration l’ancien numéro deux de Canal+, Rodolphe Belmer, débarqué en 2015 par Vincent Bolloré, actionnaire principal de la maison mère Vivendi…

Certes, a expliqué lundi 19 février, lors d’un point presse, son remplaçant, le directeur général Maxime Saada, « on a mené des initiatives en France pour développer notre parc d’abonnés, mais le gros de la croissance vient des activités à l’international, qui jouent un rôle absolument critique pour le groupe ». Il s’agit d’une « compétition mondiale », a-t-il poursuivi, et la clef se trouve dans « la masse critique d’abonnés pour pouvoir investir dans les contenus et les amortir. Face à des acteurs comme Netflix, il est important pour nous d’accélérer ».
Pour faire face à ces menaces, le premier groupe audiovisuel français cherche donc à renforcer ses positions hors des frontières nationales, en particulier en Afrique francophone, où le groupe Bolloré, avec ses 28 000 employés, est présent dans 46 pays du continent. « La croissance internationale est devenue un objectif stra­tégique pour notre groupe », a déclaré Jacques du Puy, président de Canal+ International.
Présent en Afrique depuis 1991, Canal+ a commencé seulement en 2011 à ne plus considérer ce continent comme un marché d’exportation où l’on écoulait tranquillement les productions françaises, a rappelé David Mignot, directeur général Afrique de Canal+ International.
Le modèle « Nollywood »
Le groupe s’est adapté sur le principe « KISS » (Keep it simple and smart,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Depuis plusieurs jours, la chaîne américaine a dû à fermer les trois quarts de ses restaurants outre-Manche en raison des problèmes de livraison de son nouveau prestataire DHL.
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KFC : le bug du poulet frit au Royaume-Uni

Depuis plusieurs jours, la chaîne américaine a dû à fermer les trois quarts de ses restaurants outre-Manche en raison des problèmes de livraison de son nouveau prestataire DHL.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
20.02.2018 à 11h41
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. Claire a patienté vingt bonnes minutes au volant de sa voiture dans la file de commande du KFC (Kentucky Fried Chicken) de sa petite ville de Luton, en Angleterre. C’était la sortie du samedi avec ses jumeaux de 9 ans. Puis, quand est venu son tour pour acheter le fameux poulet frit dont ses bambins raffolent, plus rien ! Claire a confié sa colère à la BBC. C’est le dernier scandale outre-Manche, et les réseaux sociaux se déchaînent contre la célèbre chaîne américaine. Cette dernière a changé de prestataire logistique pour livrer à temps les précieuses cuisses et ailes dans les 900 restaurants du Royaume-Uni, et c’est un fiasco.

En octobre 2017 la société a remplacé son fournisseur traditionnel Bidvest par le groupe DHL, filiale de la Deutsche Post. Dans son communiqué, à l’époque, la société promettait de « réécrire les règles » du métier et « d’établir un nouveau standard » en matière de qualité de service et de développement durable. Trois mois plus tard, les nouvelles règles se traduisent par un bug géant qui a conduit le roi du poulet frit du Kentucky à fermer les trois quarts de ses restaurants dans le pays depuis samedi 17 février. On connaissait les pannes géantes dans les aéroports et les gares, capables de clouer sur place des millions de passagers, voici désormais qu’une désorganisation massive prive de chair croustillante des milliers de sujets de Sa Majesté. Les gastronomes ne s’en plaindront pas, mais les aficionados du poulet industriel, eux, sont furieux.
Les difficultés se résolvent en marchant
Ce type de risque d’exécution pour une firme qui vient de remporter un contrat est courant. Le plus classique est évidemment celui des chantiers de construction, dont les délais et les coûts dérapent allègrement au fur et à mesure de la mise en œuvre. L’accouchement dans la douleur de la boucle ferroviaire du Grand Paris Express en est l’illustration la plus récente.
Autre cas...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Selon le chef économiste de Natixis, la tension sur le marché du travail est généralisée.
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Patrick Artus : « Pour recruter, les entreprises devront faire plus d’efforts que par le passé »

Selon le chef économiste de Natixis, la tension sur le marché du travail est généralisée.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
20.02.2018 à 11h58
    |

            Elise Barthet








                        



                                


                            

Chef économiste de Natixis, Patrick Artus analyse la relation entre les salaires et l’emploi, qui restent assez corrélés en France, contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis.
L’évolution des salaires dépend-elle des cycles économiques ?
Traditionnellement, oui. La courbe dite de Phillips, du nom de l’économiste néo-zélandais qui l’a élaborée, veut qu’on observe une accélération des salaires quand le chômage baisse, dans la deuxième partie des phases d’expansion. Elle est liée à l’amélioration du pouvoir de négociation des salariés. Mais comme les salaires augmentent plus vite, l’inflation revient, les banques centrales montent leurs taux d’intérêt et cela arrête la croissance. On passe alors à un ralentissement cyclique. Puis l’inflation baisse, les taux d’intérêt également, et ça repart. Pour les quarante dernières années, l’histoire économique peut se raconter assez simplement comme ça.
C’est ce qu’on observait encore avant la crise : les salaires accéléraient au fur et à mesure que le chômage baissait dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Ce qui a changé, c’est que cette corrélation entre le taux d’emploi et les salaires semble avoir disparu dans des pays comme le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie. C’est aussi le cas aux Etats-Unis : le salaire moyen n’augmente pas comme il devrait pour un pays qui connaît le plein-emploi.
A quoi est due cette décorrélation ?
Aux Etats-Unis, cela est dû à des évolutions différentes au sein de la masse salariale : le salaire médian de l’Américain ayant un « emploi normal » dans une entreprise « normale » accélère bien, mais, dans le même temps, se créent de « mauvais » emplois avec des salaires faibles qui tirent la moyenne vers le bas. La baisse du chômage outre-Atlantique a fait apparaître une segmentation du marché du travail. Et la reprise aggrave ces inégalités.
Observe-t-on...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Un jeune designer industriel affine le prototype d’un lave-linge écologique et durable qu’il cherche à commercialiser.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤             
L’Increvable, une machine à laver conçue pour durer des décennies 
               


Le Monde
 |
                  20.02.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
20.02.2018 à 11h51


Un jeune designer industriel affine le prototype d’un lave-linge écologique et durable qu’il cherche à commercialiser.

Par             Pascale Krémer






   


Pourra-t-on bel et bien l’acheter un jour, cette machine à laver écologique conçue pour durer des décennies, la bien nommée L’Increvable ? Pour son inventeur, Julien Phedyaeff, jeune designer industriel, tout commence par un mystère à résoudre, à l’époque de tant d’exploits technologiques : pourquoi un lave-linge, qui se conservait douze ans en moyenne, il y a une vingtaine d’années, s’éteint-il en à peine neuf ans aujourd’hui ?
Enfant du Gers, il a passé son enfance à démonter tout ce qui lui tombait sous la main, des jouets à la Mobylette, curieux de « comprendre comment les choses fonctionnent ». Devenu étudiant à l’Ecole nationale supérieure de création industrielle (Ensci), à ­Paris, il poursuit ses dissections technologiques, de lave-linge cette fois, pour en imaginer un bien différent, qui vieillira en beauté : ses composants sont robustes, ni collés ni soudés entre eux, donc démontables et remplaçables à l’envi. Une machine « Increvable » qu’il sera toujours possible de réparer.
En 2015, son sujet de mémoire de fin d’études devient un prototype, présenté à la Cité des sciences, à Paris. Un symbole de la lutte contre l’obsolescence programmée du gros électroménager. Les médias s’emballent. Les prix pleuvent, les ministères de l’éducation et de l’environnement, la Banque publique d’investissement, subventionnent. Julien ­Phedyaeff, 29 ans aujourd’hui, est rejoint par un camarade de promotion, Christopher Santerre, et L’Increvable se sophistique : système de dosage automatique de la lessive, bandeau de commande évolutif, avec mise à jour possible, façade amovible pour suivre les modes décoratives…
Financement participatif
De retour de la grand-messe technologique de Las ­Vegas, les deux pères de L’Increvable ont l’air un brin crevés, ce jeudi de la mi-janvier, dans leur atelier de La Courneuve (Seine-Saint-Denis) encombré de matériel de prototypage et de lave-linge désossés. Ils « affinent la machine » tant que possible sans connaître l’outillage industriel de son futur assembleur, qu’ils cherchent encore à travers toute l’Europe. « On a des pistes », assurent-ils.
Les industriels, imagine-t-on, ne se précipitent pas pour fabriquer le lave-linge éternel. « Ils tendent l’oreille, nous détrompe Christopher Santerre. Les mentalités changent. » Si les deux compères convainquent, L’Increvable fera l’objet d’un financement participatif à la fin de l’année, puis d’une mise en vente en 2019, sur un site Web en propre qui fournira également plans et tutoriels de réparation.
Son prix ? Moins de 1 000 euros. Mais près de trois fois le prix moyen (380 euros) des machines actuellement vendues. « Les fabricants mettent sur le marché des produits à très bas coût, optimisés pour durer quelques années, mais irréparables, a compris M. Santerre. Il ne s’agit pas d’un complot du fabricant, nous, consommateurs, sommes tous responsables, il doit sortir une machine à 200 euros. » Les biens d’équipement durables, en un mot, sont devenus jetables.
Pas encore lancée, l’Increvable fait déjà des petits. Un autre jeune designer, Paul Morin, lui aussi récent diplômé de l’Ensci, a conçu une imprimante simplifiée et murale, aisément démontable, réparable, rechargeable, avec des réservoirs apparents plutôt que ces cartouches d’encre si coûteuses et périssables. Quel sera l’appareil suivant ?




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Compte rendu

Israël conclut un contrat « historique » de fourniture de gaz à l’Egypte

Selon un communiqué du groupe énergétique israélien Delek, le montant du contrat devrait atteindre environ 12 milliards d’euros.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-02-20T11:06:37+01:00"

        Le 20.02.2018 à 11h06






    
Un gazoduc, en partie saboté, dans la région du Sinaï, en Egypte, en avril 2011.
Crédits : - / AFP


Israël a conclu un contrat « historique » pour la fourniture de gaz naturel à l’Egypte, a annoncé, lundi 19 février, le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou. « Cela va rapporter des milliards dans les coffres de l’Etat », a affirmé dans un communiqué M. Nétanyahou, sans donner d’autres détails.
Selon un communiqué du groupe énergétique israélien Delek, le montant du contrat devrait atteindre 15 milliards de dollars (12 milliards d’euros). L’accord a été conclu avec la compagnie privée égyptienne Dolphinus par un consortium qui comprend Delek et le groupe américain Noble Energy, pour la fourniture de 64 milliards de mètres cubes extraits des champs offshore Leviathan et Tamar en Méditerranée, a indiqué Delek.
Trois conditions
« Cet accord va permettre de renforcer la position d’Israël comme acteur central dans la région sur le marché de l’énergie », a déclaré Youval Steinitz, le ministre de l’énergie. Au Caire, le ministre égyptien du pétrole Tarek Al-Molla a commenté l’annonce israélienne sur la chaîne privée de télévision satellitaire DMC : « Le gouvernement égyptien n’a reçu aucune demande officielle pour importer du gaz d’Israël. »

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A ce stade, a précisé le ministre égyptien, « le gouvernement a approuvé de manière préliminaire l’importation de gaz depuis Israël une fois que trois conditions seront remplies ». Ces conditions, a-t-il précisé, sont l’approbation définitive de cette importation par le gouvernement, l’assurance qu’elle sera bénéfique à l’économie de l’Etat égyptien et la conclusion d’arbitrages qui sont en cours de discussion.
Israël a peu de ressources naturelles, mais d’importants champs gaziers ont été découverts au début des années 2000. En septembre 2016, un contrat estimé à 10 milliards de dollars a été signé pour l’exportation vers la Jordanie de gaz extrait de Leviathan. Les fournitures de gaz en provenance de ce champ doivent débuter en 2019. La Jordanie et l’Egypte sont les deux seuls pays arabes à avoir signé un traité de paix avec Israël.
Désamorcer le contentieux
Israël a également donné fin 2016 son feu vert à la vente à la compagnie grecque Energean de deux autres champs gaziers, dont les réserves sont estimées à 60 milliards de mètres cubes. L’ensemble de ces réserves gazières ont fait entrevoir l’indépendance énergétique pour Israël et lui ont aussi ouvert la perspective d’exporter son énergie, notamment vers l’Europe, voire de nouer de nouveaux liens stratégiques dans la région.
En 2017, M. Nétanyahou avait jugé « révolutionnaire » le projet de gazoduc East Med devant relier son pays à Chypre et à la Grèce, à l’issue d’une rencontre tripartite en Grèce. D’un coût de 5,8 milliards d’euros, ce gazoduc devrait acheminer vers l’Europe le gaz découvert au large des côtes chypriotes et israéliennes, réduisant ainsi la dépendance du continent à l’égard de l’énergie russe.

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Le développement du projet ne devrait toutefois pas commencer avant plusieurs années, et le pipeline ne serait opérationnel qu’en 2025. Ces richesses naturelles créent également des tensions en Méditerranée : elles sont au cœur d’une dispute entre l’Etat juif et le Liban.
Le Liban a récemment signé son premier contrat d’exploration d’hydrocarbures au large de ses côtes avec un consortium comprenant le groupe pétrolier français Total, l’italien ENI et le russe Novatek. Deux blocs sont concernés, dont une partie se trouverait dans une zone maritime revendiquée par Israël. M. Steinitz a rencontré, dimanche, le secrétaire d’Etat adjoint américain pour les affaires du Proche-Orient, David Satterfield, dépêché par Washington pour tenter de désamorcer le contentieux entre les deux pays.


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Ministre de l’économie espagnol depuis décembre 2011, il a été le principal artisan de la reprise dans son pays. Son credo : austérité dans les administrations publiques et réformes pour libéraliser le marché du travail.
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Luis de Guindos désigné nouveau vice-président de la Banque centrale européenne

Ministre de l’économie espagnol depuis décembre 2011, il a été le principal artisan de la reprise dans son pays. Son credo : austérité dans les administrations publiques et réformes pour libéraliser le marché du travail.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 10h54
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

L’image avait fait toutes les « unes » de la presse en Espagne. On y voyait Jean-Claude Juncker, alors président de l’Eurogroupe, porter ses mains autour du cou du ministre de l’économie espagnol, Luis de Guindos, comme s’il allait l’étrangler. Avant de rire… jaune. C’était en mars 2012. Bruxelles craignait alors la faillite de l’Espagne et, avec elle, celle de l’euro.
M. Guindos n’occupait son poste que depuis trois mois et le président conservateur du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, comptait sur lui pour ­convaincre ses partenaires de sa capacité à redresser la barque et pour négocier une solution aux problèmes de financement et d’endettement du pays.
Trois mois plus tard, Madrid, à défaut d’euro-obligations, obtenait un plan de sauvetage européen de 40 milliards d’euros, limité au secteur bancaire espagnol, qui, accompagné du discours de soutien à la monnaie unique prononcé par le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, posait les bases de la reprise.
Six ans plus tard, Luis de Guindos a été désigné nouveau vice-président de la BCE par ses pairs européens, lundi 19 février. Une décision qui vient combler une sous-représentation de l’Espagne dans les institutions communautaires, et qui récompense les efforts accomplis par le royaume ces dernières années pour sortir de la crise. Après une forte cure d’austérité, le pays devrait pouvoir sortir cette année de la procédure pour déficit excessif de la Commission européenne.

Pour M. de Guindos, qui aspirait déjà en 2015 à quitter la politique nationale pour prendre la tête de l’Eurogroupe, cette reconnaissance est largement méritée. Même si, à Bruxelles, certains ont émis des réserves sur son manque d’expérience en matière de politique monétaire et son profil trop politique.
Passages dans le privé et le public
Avec trois années de croissance supérieure à 3 %, et un taux de chômage ramené à 16 % des actifs, soit dix points de moins qu’en 2013,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Dans le royaume, les conducteurs de VTC exercent dans l’illégalité et sont confrontés à une forte hostilité des chauffeurs de taxi.
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Reportage

Uber jette l’éponge au Maroc après trois ans d’activité

Dans le royaume, les conducteurs de VTC exercent dans l’illégalité et sont confrontés à une forte hostilité des chauffeurs de taxi.

Par                                            Ghalia Kadiri (Casablanca, envoyée spéciale)




LE MONDE
              datetime="2018-02-20T10:25:46+01:00"

        Le 20.02.2018 à 10h25






    
Des taxis opposés à l’implantation d’Uber au Maroc, à Casablanca, le 6 janvier 2017.
Crédits : FADEL SENNA/AFP


Nabil a appris la nouvelle en lisant la presse : Uber cesse ses activités au Maroc. Lundi 19 février, lui et les quelque 300 chauffeurs référencés sur l’application se sont retrouvés soudainement sans travail. « En me connectant, j’ai trouvé un message disant qu’à partir du 23 février, c’était terminé. »
Implanté à Casablanca et à Rabat, le groupe Uber, qui compte aujourd’hui 19 000 utilisateurs dans le pays, a décidé de renoncer au marché marocain. « L’incertitude réglementaire actuelle ne nous permet pas de fournir une expérience sûre et fiable […]. Ainsi, tant qu’il n’y aura pas de vraie réforme et un environnement favorable aux nouvelles solutions de mobilité, nous sommes contraints de suspendre nos opérations », indique un communiqué de l’entreprise américaine.

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Cela fait près de trois ans qu’Uber, qui se présente comme « une plateforme de mise en relation » entre chauffeurs et passagers, tente de braver les obstacles juridiques au Maroc, où la loi oblige tout transporteur à détenir un agrément. Les chauffeurs Uber n’en ayant pas, ils exercent en toute illégalité. Le groupe californien a eu beau arguer qu’il existe un vide juridique lié au statut des VTC (voitures de transport avec chauffeur) et que les conducteurs ont un statut d’auto-entrepreneur, la pression exercée par les taxis, protégés par des syndicats influents, a fini par l’emporter.
Une conductrice tabassée
« Ils ont gagné », lâche Nabil, désespéré. A 31 ans, ce Marocain originaire de la banlieue de Casablanca se dit victime de la croisade menée par les taxis. Depuis plus d’un an, les agressions de conducteurs de VTC émaillent l’actualité marocaine. Plusieurs vidéos relayées sur Internet montrent des chauffeurs assaillis par une horde de taxis déchaînés. En janvier 2017, les images choquantes d’une femme, conductrice du service de VTC Careem, un concurrent d’Uber, tabassée en pleine rue par plusieurs hommes, avaient particulièrement marqué les esprits.
« Leur technique consistait à passer une commande et à nous attendre à plusieurs pour nous agresser », raconte Nabil. Petit à petit, la paranoïa s’est installée. « On refusait les commandes dans les ruelles peu éclairées ou pour des utilisateurs dont les comptes venaient d’être créés. » Certains, comme Nabil, avaient trouvé la parade. En échangeant leurs comptes Uber, les chauffeurs se rendaient sur le lieu de prise en charge avec une autre voiture que celle qui était annoncée dans l’application. Ainsi, ils n’étaient plus identifiables. « Pour nous aussi, c’était effrayant, raconte Alia, une utilisatrice d’Uber à Casablanca. Il fallait monter à l’avant pour ne pas attirer les soupçons. Uber, c’est génial. Mais quand on a peur qu’une batte de baseball s’écrase sur le pare-brise, on y réfléchit à deux fois. »

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Les chauffeurs Uber vivaient dans la peur non seulement d’être agressés, mais aussi d’être verbalisés par la police pour « travail clandestin ». « Si tu te fais arrêter, on te confisque ton permis pendant trois mois et on emmène ta voiture à la fourrière », témoigne Othman, un chauffeur qui a subi ce sort il y a quelques mois. En compensation, Uber rembourse le dépannage et verse des indemnités pour les trois mois non travaillés, calculées selon le nombre de courses à l’actif du conducteur. « J’ai touché 250 dirhams [environ 22 euros] par semaine pendant mon arrêt. Ce n’est même pas de quoi me payer mes cafés ! », se plaint Othman.
« Ils vont nous laisser tomber »
Depuis l’annonce d’Uber, lundi, les taxis ne cachent pas leur joie à Casablanca. Certains klaxonnent pour manifester leur satisfaction. Un homme lève les mains au ciel, criant « Safi ! » (« ça y est », en arabe marocain) : « Ces petits incompétents qui volaient notre clientèle sont finis », se réjouit ce chauffeur de taxi, qui, comme ses confrères, reproche aux VTC de ne pas payer des charges aussi lourdes qu’eux. Pour tenter d’apaiser la situation, Uber avait fait un geste en étendant son offre aux petits taxis. En vain.
« Je regrette qu’ils arrêtent, ça nous changeait la vie », déplore Omar, un Casablancais de 31 ans. Dans cette ville de plus de 4 millions d’habitants, où le parc automobile a explosé et où la circulation est devenue infernale, l’offre de transport en commun reste insuffisante. « Les taxis sont des chauffards, poursuit Omar. Ils refusent des courses sous prétexte que ce n’est pas sur leur route et pratiquent le covoiturage de manière informelle. » En août 2017, une jeune femme avait lancé une pétition destinée au wali (préfet) de Casablanca : « Nous, Casablancais, sommes désormais dépossédés de notre droit à circuler et à être transportés librement et en toute sécurité dans le royaume. Par votre passivité, votre attentisme et votre immobilisme, vous avez laissé la ville à l’abandon, livrée à une anarchie sans précédent. »

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L’avenir des chauffeurs Uber est des plus incertain. Nabil, qui dit avoir « vu venir la fin », a constitué un carnet d’adresses avec ses propres clients, qu’il continuera de transporter à son compte. « On a essayé de se structurer, de travailler avec sérieux, et ils nous poussent vers l’informel », s’exaspère-t-il. De son côté, Uber promet d’accompagner individuellement les 300 chauffeurs le temps de « cette transition difficile ». Mais Nabil ne se fait pas d’illusions : « Tu parles, ils vont nous laisser tomber et plier bagage. »
L’entreprise se dit prête à revenir une fois que « de nouvelles règles seront mises en place ». En janvier, toutefois, le nouvel actionnaire principal, Rajeev Misra, a dit vouloir se concentrer sur les marchés prometteurs comme les Etats-Unis, l’Europe et l’Amérique latine. En d’autres termes, sortir des marchés émergents comme le Maroc.


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Le 12 février, le tribunal de grande instance de Paris examinait la plainte de la firme firme de Cupertino contre l’association altermondialiste visant à lui interdire l’accès à ses magasins. Guillemette Faure, la chroniqueuse de « M », y était.
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Apple du côté obscur de la Force


                      Le 12 février, le tribunal de grande instance de Paris examinait la plainte de la firme firme de Cupertino contre l’association altermondialiste visant à lui interdire l’accès à ses magasins. Guillemette Faure, la chroniqueuse de « M », y était.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 09h15
 • Mis à jour le
20.02.2018 à 14h23
    |

                            Guillemette Faure








   


« Ils sont où, les Jedi ? Par ici, les Jedi ! Ils sont sourds ou quoi, les Jedi ? » Ce lundi midi, Dark Vador leur courait après en face du Palais de justice. Il y a toujours un risque d’en perdre un avec ces groupes de touristes rassemblés sur l’île de la Cité. La camionnette est bourrée d’équipements Star Wars pour la manif du jour, « Apple contre Attac ». Deux policiers passent en tenue. « On a demandé un équipement de Dark Vador et on ne l’a pas eu… », leur disent-ils.
Les Jedi ont rendez-vous ici parce que, ce lundi après-midi, Apple a assigné Attac en référé. Le 2 décembre, l’association avait occupé plusieurs magasins, dont celui d’Opéra, en pleine époque des courses de Noël. Furieuse, l’entreprise demande à la justice d’interdire à Attac toute nouvelle intrusion.
13 milliards d’euros de redressement d’impôts
Par ses « occupations », l’association réclame que la firme paie les 13 milliards d’euros de redressement d’impôts que la Commission européenne demande à l’Irlande de récupérer. Aurélie Trouvé, une membre d’Attac en mode George Lucas, s’en prend à ceux qui forment les forces obscures : les cabinets d’audit, les grandes banques. « Il est scandaleux qu’Attac, et non Apple, se retrouve sur le banc des accusés. »
La place a été décorée de publicités détournées et de faux journaux. Parmi eux, un numéro de 20 Mille Luttes, parodiant le gratuit 20 Minutes, titre « Succès de tubes irlandais sur iThunes » (en référence à la domiciliation fiscale d’Apple) et publie un article sur une accro de l’iPhone qui certes ne fait plus l’amour à son petit ami mais a réussi à passer le niveau 2 000 de Candy Crush. Un homme distribue des billets de 60 milliards d’euros, la somme que représente le manque de recettes lié à l’évasion fiscale en France. « J’en ai deux, crie une vieille dame. Ça fait 120 milliards… »
Sur le chemin du procès Cahuzac
Dans la foule, on reconnaît Monique Pinçon-Charlot, sociologue pionnière de l’étude des riches. Voir un Pinçon-Charlot tout seul, c’est un peu comme Belle sans Sébastien, Black sans Mortimer. On dit « les Pinçon-Charlot » en parlant des recherches qu’elle conduit avec son mari, Michel, depuis 1986. Elle était en route pour suivre le procès Cahuzac qu’elle va raconter dans un livre quand, en chemin, elle s’est dit qu’elle en profiterait pour aller soutenir Attac.
«– T’as bonne mine, c’est l’effet Notre-Dame-des-Landes? – Toi, t’étais pas à Greenpeace? – Si, toujours…» Un dialogue entre manifestants
Olivier Besancenot est là aussi. « Eric… Remets ton écharpe, tu fais débraillé », dit un manifestant à Eric Coquerel, l’un des cinq députés de La France insoumise. Mélenchon arrivera bientôt. « T’as bonne mine, dit un manifestant à un autre, c’est l’effet Notre-Dame-des-Landes ? – Toi, t’étais pas à Greenpeace ? – Si, toujours… » Le manifestant alter est multicause. Quelqu’un fait circuler une pétition contre la fermeture du cinéma La Clef, dans le cinquième arrondissement. Une dame s’énerve contre « les gens » qui achètent des fruits du Chili, une autre contre ceux qui disent du mal « des gens ».
Tata ta tata ta tata… Sur la musique de John Williams, voilà les Jedi qui apportent les lettres géantes qui forment les mots « justice fiscale », tandis que quelqu’un actionne les fumigènes. Un Empereur Palpatine en rouge lit des extraits d’un texte de Tim Cook au lendemain des « Paradise Papers ».
L’iPhone de Yannick Jadot
Des participants filment et photographient la mise en scène. Et certains le font sur des iPhone. C’est difficile de se mobiliser contre Apple quand on a du mal à se passer de ses produits. J’en fais la remarque à l’eurodéputé des Verts Yannick Jadot, qui vient de prendre la parole deux minutes cinquante-sept (les discours étaient limités à trois minutes). S’il a un iPhone ? « Bien sûr. » Quand il était à la tête de Greenpeace, raconte-t-il, l’ONG s’attaquait aux pollutions provoquées par des composants du Macintosh, mais elle avait du mal à convaincre les utilisateurs d’Apple tant ils sont attachés à ses produits. « Il faut utiliser la communauté pour qu’elle se retourne contre l’entreprise… » Ça ne semble pas gagné.
Dans son livre The Four, l’entrepreneur Scott Galloway écrit qu’Apple est devenu la firme qui pratique « le plus d’évasion fiscale dans le monde parce que les législateurs la traitent comme la fille sexy du campus, si elle fait un peu attention à eux, ils tombent en pâmoison et sont prêts à se laisser maltraiter… » La manif terminée, on traverse la Seine. De l’autre côté du pont au Change se dresse le Théâtre du Châtelet. Ses façades sont entièrement couvertes de publicités géantes pour l’iPhone X.


