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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Un collectif de vingt-sept professeurs de management demande à Pierre Gattaz, dans une tribune au « Monde », de refondre le « code Afep-Medef », code de gouvernance des grandes entreprises cotées, en créant un « comité des parties prenantes »
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« Le rôle du président du Medef est de protéger les entreprises des excès de la finance mondialisée »

Un collectif de vingt-sept professeurs de management demande à Pierre Gattaz, dans une tribune au « Monde », de refondre le « code Afep-Medef », code de gouvernance des grandes entreprises cotées, en créant un « comité des parties prenantes »



Le Monde
 |    20.02.2018 à 17h34
 • Mis à jour le
20.02.2018 à 18h16
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Un débat majeur vient de s’ouvrir en France sur la place de l’entreprise et sa contribution au bien commun. Il se traduit aujourd’hui par une crispation des prises de position autour de la réécriture potentielle des articles 1832 et 1833 du code civil.
Pierre Gattaz, le président du Medef, a marqué son inquiétude et son opposition à ce projet en déclarant que d’éventuels changements du code civil reviendraient à jouer avec le feu et à ouvrir la « boîte de Pandore ». Il a également évoqué, à l’occasion de cette prise de parole alarmiste, la possibilité de faire évoluer le contenu du code Afep-Medef en créant une nouvelle classe d’entreprises, sur le modèle des « entreprises de mission » existant aux Etats-Unis. Si cette proposition a toute notre sympathie, elle n’est en cas aucun suffisante et à la hauteur des défis auxquels les entreprises françaises sont confrontées.
Sur la base d’une initiative volontaire ou par la force des choses, si le code civil devait être modifié, le code de gouvernance Afep-Medef (voir le lien PDF), qui fait autorité auprès des sociétés cotées françaises, doit évoluer. Il doit évoluer afin de mieux responsabiliser les grandes entreprises sur les conséquences de leurs activités sur l’environnement et les parties prenantes qui supportent des risques ou des externalités.
Missions
D’autres pays comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou encore la Belgique et l’Allemagne ont d’ores et déjà entamé un travail de fond afin d’adapter leurs codes de gouvernance. La France ne peut pas se permettre d’être suiveuse en la matière compte tenu de sa place dans le monde et du rayonnement de ses entreprises à l’international.
Une proposition simple et pragmatique peut permettre aux entreprises françaises d’opérer un saut qualitatif en matière de gouvernance afin de rattraper le retard pris en la matière : créer un comité des parties prenantes spécifiques au sein des conseils d’administration...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ La sortie de Londres de l’Union européenne pourrait poser autant de problèmes aux autres Etats membres qu’au Royaume-Uni lui-même, explique l’économiste Nicolas-Jean Brehon dans une tribune au « Monde ».
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« Les mauvaises surprises du Brexit pour les Vingt-Sept »

La sortie de Londres de l’Union européenne pourrait poser autant de problèmes aux autres Etats membres qu’au Royaume-Uni lui-même, explique l’économiste Nicolas-Jean Brehon dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    20.02.2018 à 15h59
    |

                            Nicolas-Jean Brehon (Enseignant à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            

Tribune. Beaucoup d’Européens voient la sortie prochaine du Royaume-Uni sans déplaisir. La Grande-Bretagne était un partenaire trop singulier. Sans elle, l’Union européenne (UE) va pouvoir avancer plus vite et plus loin. Sans doute. Mais pas tout de suite. Et le Brexit pourrait bien s’accompagner de mauvaises surprises pour les Vingt-Sept.
Certes, les difficultés pratiques sont bien appréhendées par les intéressés. L’impact le plus connu concerne l’accès au marché du travail britannique. En toute logique, les citoyens européens auront le même régime que les non-Européens : carte de résidence, renouvellement des contrats de travail sous conditions, renchérissement des frais de scolarité (aujourd’hui, les Européens bénéficient de tarifs privilégiés)…
Mais, chaque mois, les Européens découvrent de nouveaux sujets de préoccupation. La pêche par exemple. Les pêcheurs de coquilles Saint-Jacques se plaignent des razzias des bateaux britanniques en baie de Seine, mais des flottes de bateaux français vont pêcher dans ce qui sera les futures eaux seulement britanniques.
Conséquences budgétaires niées
Erasmus ensuite. Certes, la destination préférée des étudiants européens est l’Espagne, mais la Grande-Bretagne est la destination préférée des étudiants français (1/3 des cas), des stages en entreprise et des enseignants (1/3 des mobilités des enseignants européens).
La recherche aussi. Les Britanniques sont les premiers bénéficiaires des crédits de recherche européens (18,2 % contre 8,7 % pour la France) et, surtout, les premiers coordinateurs ou chefs de file : 20 % des projets sont coordonnés par les Britanniques. Qui va assumer ce rôle difficile lorsqu’il s’agit de faire travailler ensemble cinq ou six unités de pays différents ? Les Allemands ou les Hollandais, peut-être, mais certainement pas les Français (3e bénéficiaire des fonds, 9e coordinateur !).
Les conséquences budgétaires sont, elles,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Le souci de complétude des marchés, qui justifie la bienveillance de principe envers les nouveaux produits financiers, devrait être assorti d’une évaluation du nouveau risque ainsi créé, et déboucher en cas de risque excessif sur une interdiction des positions « nues », purement spéculatives, explique l’économiste Paul Jorion.
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Des « dérivés sur indice » à la dérive des marchés

Le souci de complétude des marchés, qui justifie la bienveillance de principe envers les nouveaux produits financiers, devrait être assorti d’une évaluation du nouveau risque ainsi créé, et déboucher en cas de risque excessif sur une interdiction des positions « nues », purement spéculatives, explique l’économiste Paul Jorion.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 15h36
    |

                            Paul Jorion (Economiste et anthropologue, Université catholique de Lille)








                        



                                


                            

L’éclairage. L’identité du responsable de la baisse boursière qui a débuté le 5 février a conduit à de multiples supputations. Bien sûr, une bulle existait (fruit des injections massives de liquidités par les banques centrales) et tout un chacun prévoyait son éclatement. Mais un élément déclencheur spécifique a cependant dû intervenir le jour même.
Parmi les suspects aussitôt mis en cause, la nouvelle d’une hausse des salaires aux Etats-Unis. Qui dit salaires en hausse dit en effet répercussion probable sur le prix des produits, d’où inflation, d’où anticipation de celle-ci par les prêteurs, d’où exigence de leur part de taux en hausse, d’où dépréciation des portefeuilles existants d’instruments de dette, d’où déprime des investisseurs.
Autre suspect, apparu ensuite, plus plausible que le premier : une anticipation de hausse des taux dans le sillage de la réforme fiscale aux Etats-Unis prévoyant une baisse de l’imposition pour les entreprises et pour les particuliers les plus fortunés. Le déficit anticipé de 1 500 milliards de dollars des rentrées fiscales forcera l’Etat américain à s’endetter d’autant, suscitant une concurrence exacerbée entre emprunteurs sur le marché des capitaux, d’où un rapport de force dégradé en leur défaveur, d’où une hausse des taux.
Un troisième larron fut alors mentionné : les produits dérivés, contrats à terme futures et options, sur l’indice « Vix » de volatilité du marché des actions.
Principe « laplacien »
Passons sur le fait que l’indice en question mesure involontairement à la fois la volatilité et l’asymétrie des mouvements à la hausse et à la baisse et qu’il se contente de faire réapparaître en surface la valeur intuitive, et donc en réalité arbitraire que les tradeurs d’option introduisent dans leur modèle.
Passons également sur le fait que l’indice est en réalité privé du pouvoir prédictif que la théorie des anticipations rationnelles lui attribue. Passons encore...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Nul n’imagine une crise de confiance majeure. L’Amérique n’est pas la Grèce ou l’Italie, même si une hausse des taux est possible, explique, dans sa chronique, Arnaud Leparmentier, le correspondant du « Monde ».
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Wall Street veut s’ennuyer en 2018

Nul n’imagine une crise de confiance majeure. L’Amérique n’est pas la Grèce ou l’Italie, même si une hausse des taux est possible, explique, dans sa chronique, Arnaud Leparmentier, le correspondant du « Monde ».



Le Monde
 |    20.02.2018 à 15h09
 • Mis à jour le
20.02.2018 à 15h12
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Lettre de Wall Street. A Wall Street, on ricane… sur Wall Street. Ah ces marchés qui ont pris peur pour rien du tout, alors que la santé de l’économie est florissante !
Après que la Bourse a subi une correction de 10 % par rapport à son plus haut et regagné la moitié du terrain, les experts américains (ré) écrivent l’histoire. Pour expliquer combien Wall Street a surréagi début février, mais que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Le but de cette chronique n’étant pas, pour sa part, de prédire l’avenir, mais d’expliquer combien l’optimisme outre-Atlantique tranche avec les esprits chagrins européens.
Tout a commencé avec la hausse des salaires, qui a atteint 2,9 % au mois de janvier, laissant craindre une remontée de l’inflation. Pas de panique, explique-t-on : cette progression des salaires a été amplifiée par deux phénomènes techniques : les cadres ont demandé à ce que leurs primes soient versées en janvier plutôt qu’en décembre pour bénéficier de la réforme fiscale qui entrait en vigueur début 2018 ; ensuite, le froid de janvier a empêché les salariés d’aller au travail : la mesure a pénalisé les ouvriers et employés payés à l’heure, tandis que les cadres conservaient leur salaire forfaitaire mensuel. Mécaniquement, ce phénomène fait monter les salaires moyens. La fiche de paye augmente donc, et c’est heureux, mais on est loin d’un emballement.

Les marchés ont réagi brutalement, craignant une accélération de la hausse des taux par la Fed. Mais, explique-t-on, il n’y a pas eu un seul être humain derrière ces décisions. Juste des algorithmes, qui ont vendu des actions et acheté des obligations pour réduire le risque encouru par les épargnants. Et une erreur d’analyse, c’est vrai : les hedge funds ont cru que, sur la planète finance de 2018, l’Amérique serait stable tandis que les autres Bourses joueraient aux montagnes russes : c’est l’inverse qui s’est passé, l’Europe étant sur un train de croissance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ « Depuis toujours, pour l’élite française, la promotion de la langue française n’est que la poursuite de la politique par d’autres moyens », analyse notre chroniqueur.
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Chronique

« La vocation de la francophonie est essentiellement géopolitique »

« Depuis toujours, pour l’élite française, la promotion de la langue française n’est que la poursuite de la politique par d’autres moyens », analyse notre chroniqueur.

Par                                            Yann Gwet (chroniqueur Le Monde Afrique)




LE MONDE
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        Le 20.02.2018 à 13h18

     •
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        Mis à jour le 20.02.2018 à 16h24






    
Devant le stade Houphouët-Boigny d’Abidjan, où se sont déroulés les Jeux de la Francophonie en juillet 2017.
Crédits : SIA KAMBOU/AFP


Chronique. Le militantisme d’Emmanuel Macron autour de la francophonie a remis sur le devant de la scène un enjeu central pour l’avenir de l’Afrique francophone. Plusieurs intellectuels d’origine africaine se sont emparés du débat, mais d’une manière qui n’éclaire pas sur les enjeux stratégiques de la Francophonie. La lettre ouverte de l’écrivain Alain Mabanckou à Emmanuel Macron, publiée par le journal L’Obs, est à cet égard symptomatique. L’écrivain déplore que, dans son discours d’ouverture de la Foire du livre de Francfort en octobre 2017, le président français n’ait « cité aucun auteur d’expression française venu d’ailleurs, [vous] contentant de porter au pinacle Goethe et Gérard de Nerval ».

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                « Monsieur Mabanckou, vous détournez l’objet de la francophonie pour un combat personnel »



Plus loin, après avoir relevé « qu’on » fait à la francophonie institutionnelle le « grand reproche » d’être complaisante vis-à-vis des autocraties d’Afrique francophone, il suggère curieusement au président français de « prouver » à la jeunesse africaine qu’il est « d’une autre génération », et que cette jeunesse a « droit, ici et maintenant, à ce que la langue française couve de plus beau, de plus noble et d’inaliénable : la liberté ».
En opposition à l’anglophonie
Alain Mabanckou et plusieurs auteurs qui ont écrit sur le sujet revendiquent une francophonie inclusive, ouverte, bienveillante, émancipatrice. Mais cette vision tranche avec la réalité historique. Depuis toujours, pour l’élite française, la promotion de la langue française n’est que la poursuite de la politique par d’autres moyens : qui parle français, pense français et « agit français ». La francophonie n’a jamais eu pour vocation d’accommoder l’élite des « créateurs de langue française », encore moins les masses africaines paupérisées. Sa vocation est essentiellement géopolitique.

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                « La francophonie est un grand désert éditorial »



Déjà, à Fachoda, en 1898, il était question d’empêcher les Anglais d’étendre leur influence au détriment de la France. La francophonie s’est souvent définie en opposition à l’anglophonie. Dans un article intitulé « Mitterrand et l’Afrique en 1957 : une interview révélatrice », paru dans le numéro 58 de la revue Politique africaine publié en juin 1995, l’historien Michel Brot rapporte les propos tenus par François Mitterrand, alors ministre de la justice de la VIe République, à un journaliste britannique venu l’interviewer à l’occasion de la cérémonie d’investiture de Kwame Nkrumah, où le futur président représentait le gouvernement français : « Tous les ennuis que nous avons eus en Afrique occidentale française n’ont rien à voir avec un désir d’indépendance, mais avec une rivalité entre les blocs français et britannique. Ce sont des agents britanniques qui ont fomenté tous nos ennuis ».
Le « complot anglo-saxon »
Au moment de la guerre du Biafra, alors que les grandes puissances occidentales soutenaient le pouvoir central du Nigeria, la France prit fait et cause pour le mouvement sécessionniste d’Odumegwu Ojukwo, pour entre autres affaiblir le géant nigérian, anglophone, dont l’influence en Afrique de l’Ouest dérangeait les intérêts français. Dans un article publié en 1994 dans The Times, le journaliste Sam Kiley cite le général Jacques Lanxade, alors chef d’état-major des armées françaises, parlant du FPR (Front patriotique rwandais, rébellion partie d’Ouganda le 1er octobre 1990 pour attaquer le Rwanda) comme un élément du « complot anglo-saxon ».

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                « La francophonie n’est pas un colonialisme culturel »



Au Cameroun, la crise anglophone devrait nous rappeler que les germes de la révolte actuelle ont été plantés dès les premières années de la réunification (en 1961), lorsque la France a entrepris d’imposer sa langue en zone dite anglophone, et donc d’influencer le bilinguisme camerounais. Dans son livre Diplomacy and Nation-Building in Africa, Mélanie Torrent raconte qu’au cours d’une rencontre avec Ahidjo à Paris en juin 1965, déjà soucieux de contenir l’influence supposée du Nigeria (et du Ghana), « le président français a affirmé avec force que la généralisation de l’usage du français, plutôt que la promotion de l’apprentissage de l’anglais, lui semblait l’orientation politique la plus sensée ». 
Un enjeu majeur pour l’Afrique
Depuis la ville de Buéa, les responsables politiques locaux relevaient les « efforts déterminés » de la France et soulignaient le risque que l’anglais soit « anéanti par cet influx de culture française » en région anglophone. Leur inquiétude était justifiée : deux jours avant la visite d’Ahidjo à Paris, l’ambassadeur de France avait écrit à Maurice Couve de Murville, alors ministre des affaires étrangères, que « la France devait investir massivement dans l’apprentissage du français auprès du cinquième des Camerounais » qui n’étaient pas francophones. Le retour sur investissement a été significatif : en 1964, 68 % des programmes de la radio nationale camerounaise étaient en français ; en 1973, 96 % l’étaient. Lors de sa création, en 1974, Cameroun Tribune, le journal officiel, paraissait tous les jours en français, et seulement une fois par semaine en anglais.

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                Union africaine : « Il faut susciter le sentiment d’appartenance à une communauté de destin »



Aujourd’hui encore, il est probable que l’offensive d’Emmanuel Macron en direction de la francophonie soit motivée par les mêmes considérations froidement géopolitiques, plutôt que par l’idée de répondre aux préoccupations accessoires d’intellectuels francophones ou de « prouver » quoi que ce soit à la jeunesse francophone d’Afrique. Depuis la fameuse poignée de mains avec Donald Trump, jusqu’à son « Make The Planet Great Again » lancé au monde après l’annonce américaine du retrait américain de l’Accord de Paris sur le climat, le président français voit vraisemblablement dans l’isolationnisme de Donald Trump l’occasion de pousser ses pions tricolores – et la francophonie n’est qu’un levier d’action parmi d’autres.
Pour autant, la francophonie reste un enjeu majeur pour l’Afrique. Mais la vraie question qu’elle pose est de savoir quelle place doit occuper le français dans une Afrique qui devra se réinventer en profondeur pour trouver sa propre voie dans un monde de facto anglo-saxon.
Yann Gwet est un essayiste camerounais.


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Editorial. Le troisième plan d’aide à Athènes est négocié actuellement. Après huit ans d’austérité, le pays commence à se redresser.
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Dette : il est temps d’alléger le fardeau de la Grèce

Editorial. Le troisième plan d’aide à Athènes est négocié actuellement. Après huit ans d’austérité, le pays commence à se redresser.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 11h40
   





                        



   


Editorial du « Monde ». La Grèce est-elle enfin capable de voler de ses propres ailes ? Après huit ans d’austérité, qui se sont traduits par plusieurs centaines de réformes, exigeant de la part de la population des efforts et des sacrifices qu’aucun autre pays en Europe n’a eu à subir en temps de paix, Athènes aborde la dernière étape du plan d’aide décidé dans la douleur en août 2015.
Ce plan est le troisième, après ceux de 2010 et de 2011, transformant la Grèce en tonneau des Danaïdes de l’Europe, absorbant au total 346 milliards d’euros de prêts pour maintenir vaille que vaille son économie à flot et éviter au pays une sortie de l’euro. A Bruxelles comme à Athènes, personne ne veut entendre parler d’un quatrième plan. Mais après avoir été sous perfusion du mécanisme européen de stabilité, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international pendant huit ans, la Grèce peut-elle redevenir un membre de l’Union comme les autres, capable de se financer sur les marchés ? La partie est loin d’être gagnée.
Retour de la croissance
Du côté de la conjoncture, même si le pays est encore en convalescence, des signes d’amélioration apparaissent. Après neuf ans de recul continu de son PIB, qui a perdu un quart de sa valeur, la Grèce a enfin retrouvé la croissance en 2017, avec une progression de 1,6 %. Le rythme devrait encore s’accélérer en 2018 et 2019, avec une hausse de 2,5 %. Mais il est évidemment trop tôt pour parler de phénomène de rattrapage.
En fait, ces chiffres cachent d’importantes fragilités. L’accélération s’explique essentiellement par le rebond de l’ensemble de la zone euro, qui tire l’économie grecque, et par la reprise du tourisme. Mais l’investissement privé continue de reculer. Le secteur bancaire, plombé par les créances douteuses, n’étant toujours pas capable de financer l’économie.
Surtout, la dette publique, qui représente 177 % du PIB, reste à un niveau qui n’est pas soutenable. Certes, les agences de notation financière viennent de relever la note de la Grèce, mais celle-ci reste en catégorie spéculative.
Le rôle-clé de l’Allemagne
Aujourd’hui, un certain consensus se dégage au sein de l’Eurogroupe pour alléger la charge qui pèse sur le pays. S’il n’est pas question d’effacer d’un trait de plume les créances, les ministres des finances des Etats membres de la zone euro réfléchissent notamment à rallonger la maturité de la dette.
Les plus durs envisagent de conditionner ce rééchelonnement. Qu’il s’agisse de nouveaux efforts ou d’engagements fermes de la part d’Athènes à ne pas revenir sur les réformes imposées ces dernières années, les pays de la zone euro doivent rester mesurés dans leurs exigences. Jusqu’à présent, le premier ministre, Alexis Tsipras, avec un certain courage, a accepté de faire subir à son pays trois ans de rigueur supplémentaires, en contradiction complète avec ses promesses électorales. Son parti, Syriza, est aujourd’hui en perte de vitesse.
Fragiliser un peu plus le leadeur de la gauche radicale à un an de nouvelles élections législatives ne serait pas forcément un bon calcul pour la stabilité politique du pays. L’Allemagne, en tant que premier créancier de la Grèce, doit réfléchir à deux fois avant d’imposer de nouvelles conditions. Le départ du très rigoriste Wolfgang Schäuble du ministère allemand des finances à l’automne 2017 et la formation d’une nouvelle coalition intégrant les sociaux-démocrates doivent constituer une bonne occasion pour que la Grèce entrevoie enfin le bout du tunnel.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Selon le chef économiste de Natixis, la tension sur le marché du travail est généralisée.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Patrick Artus : « Pour recruter, les entreprises devront faire plus d’efforts que par le passé »

Selon le chef économiste de Natixis, la tension sur le marché du travail est généralisée.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
20.02.2018 à 11h58
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            Elise Barthet








                        



                                


                            

Chef économiste de Natixis, Patrick Artus analyse la relation entre les salaires et l’emploi, qui restent assez corrélés en France, contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis.
L’évolution des salaires dépend-elle des cycles économiques ?
Traditionnellement, oui. La courbe dite de Phillips, du nom de l’économiste néo-zélandais qui l’a élaborée, veut qu’on observe une accélération des salaires quand le chômage baisse, dans la deuxième partie des phases d’expansion. Elle est liée à l’amélioration du pouvoir de négociation des salariés. Mais comme les salaires augmentent plus vite, l’inflation revient, les banques centrales montent leurs taux d’intérêt et cela arrête la croissance. On passe alors à un ralentissement cyclique. Puis l’inflation baisse, les taux d’intérêt également, et ça repart. Pour les quarante dernières années, l’histoire économique peut se raconter assez simplement comme ça.
C’est ce qu’on observait encore avant la crise : les salaires accéléraient au fur et à mesure que le chômage baissait dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Ce qui a changé, c’est que cette corrélation entre le taux d’emploi et les salaires semble avoir disparu dans des pays comme le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie. C’est aussi le cas aux Etats-Unis : le salaire moyen n’augmente pas comme il devrait pour un pays qui connaît le plein-emploi.
A quoi est due cette décorrélation ?
Aux Etats-Unis, cela est dû à des évolutions différentes au sein de la masse salariale : le salaire médian de l’Américain ayant un « emploi normal » dans une entreprise « normale » accélère bien, mais, dans le même temps, se créent de « mauvais » emplois avec des salaires faibles qui tirent la moyenne vers le bas. La baisse du chômage outre-Atlantique a fait apparaître une segmentation du marché du travail. Et la reprise aggrave ces inégalités.
Observe-t-on...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Analyse. Après la démission de Jacob Zuma, Cyril Ramaphosa, le nouveau président sud-africain, apparaît comme le héros venu rendre sa splendeur un instant ternie à une nation plongée dans le doute, explique le correspondant du « Monde », Jean-Philippe Rémy.
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Afrique du Sud, le retour (vers le futur)

Analyse. Après la démission de Jacob Zuma, Cyril Ramaphosa, le nouveau président sud-africain, apparaît comme le héros venu rendre sa splendeur un instant ternie à une nation plongée dans le doute, explique le correspondant du « Monde », Jean-Philippe Rémy.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 11h26
 • Mis à jour le
20.02.2018 à 11h28
    |

            Jean-Philippe Rémy (Johannesburg, correspondant régional)








                        



                                


                            

Analyse. Il est des moments où l’Afrique du Sud se prend à s’aimer, et le fait alors avec d’étranges débordements émotionnels. En démissionnant, le 14 février, Jacob Zuma a involontairement déclenché un de ces moments. Il avait fini par incarner à la perfection l’homme entraînant la nation vers sa chute, coffres publics vidés, Etat saccagé.
Cyril Ramaphosa, le nouveau président sud-africain, apparaît comme le héros venu rendre sa splendeur un instant ternie à une nation plongée dans le doute. Il compte restaurer la confiance des investisseurs, permettre de reprendre son rang international, notamment en Afrique, à sa nation dont la voix s’était effacée pendant les deux mandats de M. Zuma. Bref, revoici la grande Afrique du Sud, South Africa is back. Mais pour aller où ?
Dans un premier temps, il n’y a qu’une certitude : c’est le Congrès national africain, la vieille ANC créée en 1912, qui bénéficie avant tout de ce renversement de pouvoir. Si le reste de la nation semble nager dans le même bonheur, c’est par l’effet d’un immense soulagement.
Peur
L’Afrique du Sud éduquée, en bonne santé, avec ses enfants dans de bonnes écoles, a eu peur. Peur de la dégringolade, peur d’emprunter le chemin du Zimbabwe des années 2000, peur de voir l’équilibre fragile de ses fondations menacé. Les privilégiés n’ont pas été les seuls à redouter l’effet destructeur des dérives de l’ère Zuma.
Les composantes modestes de la population ont aussi intégré l’idée que le pillage en cours pouvait « nuire aux pauvres ». C’est déjà cette constatation qui a fait gonfler le vote en faveur de l’Alliance démocratique (opposition) aux élections locales. Et c’est là que s’est joué le sort politique de M. Zuma.
Ce n’est pas uniquement à cause du pillage des sociétés nationales et des multiples affaires liées à la « capture d’Etat » de la famille Gupta que le chef de l’Etat sortant a fini par signer sa lettre de démission – dans laquelle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Emmanuel Macron a reçu le rapport de l’académicien Erik Orsenna, qui préconise notamment une extension des horaires d’ouverture des bibliothèques publiques.
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Culture : vers l’ouverture des bibliothèques le dimanche

Emmanuel Macron a reçu le rapport de l’académicien Erik Orsenna, qui préconise notamment une extension des horaires d’ouverture des bibliothèques publiques.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 10h40
 • Mis à jour le
20.02.2018 à 11h04
    |

            Sandrine Blanchard








                        


Emmanuel Macron ne quitte plus Françoise Nyssen. Surtout lorsqu’une personnalité connue de la société civile est associée à l’une de ses promesses culturelles de campagne. Mardi 13 février, le président de la République organisait, à l’Elysée, la signature de la convention sur le futur « loto du patrimoine » en présence de sa ministre de la culture et de l’animateur Stéphane Bern.
Mardi 20 février, à la médiathèque des Mureaux (Yvelines), le chef de l’Etat a accompagné la locataire de la rue de Valois pour la remise officielle du rapport sur les bibliothèques, rédigé par leur ami commun, l’académicien Erik Orsenna, avec le concours de Noël Corbin, inspecteur général des affaires culturelles. L’occasion de présenter les premières mesures en faveur d’un « plan bibliothèques ».
Désigné par Françoise Nyssen « ambassadeur de la lecture » en juin 2017, l’écrivain a mené pendant trois mois un « tour de France » des lieux de lecture publique. Cette mission bénévole se voulait un préalable à la mise en œuvre de l’engagement présidentiel d’étendre les horaires des bibliothèques en soirée et le week-end afin de renforcer « la culture de proximité » et de lutter contre « la ségrégation culturelle », thème cher à la ministre de la culture.
« Maison de service public culturel »
La lecture publique, c’est d’abord des chiffres impressionnants : 16 500 lieux (7 700 bibliothèques, 8 800 points d’accès aux livres), 38 000 agents et 82 000 bénévoles, 1,7 milliard de dépenses pour les collectivités territoriales, 6,5 millions de mètres carrés soit « l’équivalent de cent musées du Louvre ». 
En 2016, 40 % des Français de 15 ans et plus se sont rendus dans une bibliothèque et seuls 12 % y empruntent des livres. Si le rapport prône une ouverture plus large, en adéquation avec les rythmes de vie, il formule aussi une série de propositions pour les transformer en véritable « maison de service public culturel ». Car de leur « voyage au cœur de la France des bibliothèques », Erik Orsenna et Noël Corbin ont acquis une conviction : « Les bibliothèques d’aujourd’hui ne sont plus celles que vous croyez ! » 
Extension des horaires d’ouverture 
« Il faut changer de rythme et d’échelle, ouvrir mieux et plus », recommande le rapport. Actuellement, en semaine, l’immense majorité des bibliothèques ferment entre 12 et 14 heures et tôt le soir ce qui pénalise les actifs, les scolaires et les étudiants. Et seules 130 établissements sont ouverts régulièrement le dimanche. Pour rattraper le retard, il est proposé qu’« un objectif ambitieux soit fixé ». S’appuyant sur les comparaisons internationales, le document retient comme « référentiel » une ouverture moyenne de 45 heures hebdomadaires pour les villes de plus de 20 000 habitants et de 50 heures pour celles de plus de 100 000 habitants. « A tout le moins, au moins une bibliothèque devrait être ouverte le dimanche dans toutes les villes de plus de 100 000 habitants. » 

   


Si le « tour de France » d’Erik Orsenna a concerné les bibliothèques municipales, le rôle des bibliothèques universitaires (BU) n’est pas oublié : « L’Etat ne peut pas demander aux collectivités locales de faire un effort sans être irréprochable pour ce qui relève de sa responsabilité. » Or, « moins de quinze BU sont ouvertes le dimanche pour 2,5 millions d’étudiants », indique le rapport. Et la situation est particulièrement « critique » à Paris. Il est donc proposé d’ouvrir deux BU le dimanche dans la capitale dès 2018 et d’envisager « des espaces de coworking dans des locaux publics habituellement fermés le dimanche ».
Aide financière aux collectivités
« Pour faire plus, les élus locaux ont besoin de l’aide de l’Etat », insiste le document. L’augmentation de 8 millions d’euros de la dotation générale de décentralisation en faveur des bibliothèques – votée dans la loi de finances 2018 – pour les cinq années à venir, devrait permettre de soutenir « 200 projets d’extension d’horaires », calcule le rapport. Si l’impulsion est réelle, elle est loin d’être suffisante pour financer l’ensemble des coûts (salaires et fonctionnement) induits par une plus large amplitude horaire. Soulignant que les contrats aidés sont « un chaînon indispensable entre les professionnels et les bénévoles », les auteurs du document plaident pour que ces emplois soient maintenus au sein des bibliothèques et suggèrent aussi de faire davantage appel à des étudiants. En outre, ils proposent d’encourager, dans les petites villes, « la mutualisation de locaux et de personnels d’accueil » entre les bibliothèques et les agences postales.
Des missions élargies 
De plus en plus de bibliothèques ne sont plus seulement des lieux où l’on emprunte des livres mais des lieux de vie et d’échanges. Considérant qu’elles sont « des outils inestimables pour lutter contre les fractures de notre société », le rapport préconise de renforcer leur rôle dans l’accès aux pratiques culturelles, la lutte contre l’exclusion numérique, l’aide à l’insertion (en y développant des permanences de Pôle emploi), l’éducation à la lecture (en multipliant les partenariats avec les collèges et lycées). Le ministère de la culture souhaite aussi qu’au moins une bibliothèque par département soit référente pour l’apprentissage du français, notamment à destination des migrants, et qu’au moins trois bibliothèques par département proposent un module de sensibilisation aux « fake news ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Serge Klarsfeld, membre du conseil international d’Auschwitz et de la Fondation Auschwitz-Birkenau, estime qu’il faut tenir compte de l’ensemble des comportements des Polonais pour trouver une solution contre la politique antisémite de la droite nationaliste polonaise.
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Serge Klarsfeld : « Les Polonais doivent trouver un terrain d’entente et réviser la loi »

Dans une tribune au « Monde », Serge Klarsfeld, membre du conseil international d’Auschwitz et de la Fondation Auschwitz-Birkenau, estime qu’il faut tenir compte de l’ensemble des comportements des Polonais pour trouver une solution contre la politique antisémite de la droite nationaliste polonaise.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
20.02.2018 à 09h49
    |

Serge Klarsfeld (Ecrivain, historien  et avocat français défenseur de la cause  des déportés juifs en France)







                        



                                


                            
[Fin janvier, les députés puis les sénateurs polonais ont adopté un dispositif de « défense de la réputation de la République et de la nation polonaises » prévoyant notamment une peine de trois ans de prison contre les personnes coupables « d’attribuer à la nation ou à l’Etat polonais, de façon publique et en dépit des faits, la responsabilité ou la coresponsabilité des crimes nazis commis par le IIIe Reich allemand – ou tout autre crime contre l’humanité (…) ou crime de guerre ». Interrogé samedi 17 février, lors de la conférence sur la sécurité de Munich sur cette loi qui provoque de vives réactions dans le monde entier, le premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a eu cette réponse qui a également suscité de nombreux commentaires : « Ce ne sera pas punissable, ce ne sera pas regardé comme criminel de dire qu’il y eut des coupables polonais, de même qu’il y eut des coupables juifs, des coupables russes, des coupables ukrainiens, et pas seulement des coupables allemands ».]
Tribune. Il est évident, sauf pour la droite nationaliste polonaise qui est au pouvoir, que le rôle de l’ensemble de la population polonaise vis-à-vis des juifs pendant (et bien avant) la Shoah a été très négatif : des pogroms et des lynchages de juifs ont eu lieu avant la guerre, dès l’arrivée des Allemands et après la libération de la Pologne dans l’immédiat après-guerre.
La Pologne ne l’a pas reconnu officiellement et solennellement. Elle a mis en avant les plus de six mille Justes polonais qu’Israël a reconnus à juste titre, car ils risquaient plus qu’ailleurs leur vie en protégeant un juif et que nombreux sont ceux qui ont effectivement péri pour avoir accordé la priorité à leur conscience ou à leur humanité plutôt qu’aux préjugés de leurs concitoyens.
Ne pas renforcer un antisémitisme encore vivace
Mais la Pologne, ce n’est pas seulement la population polonaise, c’est aussi un gouvernement en exil à Londres qui s’est tenu aux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde », analyse l’état de l’opinion au moment où le gouvernement multiplie les réformes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 19/02/2018
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« Il est manifeste que la France s’interroge »

Dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde », analyse l’état de l’opinion au moment où le gouvernement multiplie les réformes.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
20.02.2018 à 06h44
    |

            Gérard Courtois








                        



                                


                            

Chronique. Il y a cinquante ans à même époque, Pierre Viansson-Ponté signait dans ces colonnes un article qui fit date. Bercée par la torpeur des temps de paix et anesthésiée par la société de consommation, « la France s’ennuie… » écrivait-il. Superbe « papier », mais magistrale erreur de jugement : peu après, déferlait la tornade du mois de mai. Cela incite à la modestie quiconque prétend sonder les reins et les cœurs du pays.
On ne prétendra donc pas qu’aujourd’hui la France s’inquiète ou s’exaspère. Certes, les crispations soudaines n’ont pas manqué ces dernières semaines. La colère des surveillants pénitentiaires a forcé la garde des sceaux à promettre en urgence un sérieux coup de pouce sur les rémunérations (plus de 30 millions d’euros) ou les recrutements. De même, le ras-le-bol des personnels des maisons de retraite ou celui des hôpitaux est loin d’être apaisé. Quant aux mini-jacqueries qui ont éclaté ici et là, elles contraignent le gouvernement à amender la nouvelle carte des zones agricoles donnant droit à subventions.

Pour l’heure, ces frondes sectorielles n’ont pas déclenché une contestation plus ample. En revanche, il est manifeste que la France s’interroge. Après un été et une rentrée 2017 décevants, le pouvoir exécutif avait regagné les faveurs de l’opinion. Depuis un mois, il subit un mouvement inverse. Outre les deux législatives partielles perdues par la majorité dans l’Oise et le Territoire de Belfort, la plupart des sondages récents le confirment. Le reflux de la confiance à l’égard du président de la République est, en effet, significatif : - 6 points pour l'IFOP, - 5 points pour Ipsos, Odoxa et BVA, - 4 points pour Elabe. Emmanuel Macron est retombé à son étiage de septembre-octobre 2017, tout comme le premier ministre.
Avalanche de réformes
Ce moment de flottement n’est guère surprenant. Pour deux raisons essentielles. Tout d’abord, les Français sont tourneboulés par l’avalanche...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Les mécanismes d’apprentissage sont décrits de plus en plus finement par les sciences. Comment transposer ces enseignements en classe ? C’est l’un des objectifs du Conseil scientifique de l’éducation nationale.
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Les sciences cognitives à l’épreuve de la classe

Les mécanismes d’apprentissage sont décrits de plus en plus finement par les sciences. Comment transposer ces enseignements en classe ? C’est l’un des objectifs du Conseil scientifique de l’éducation nationale.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 18h15
 • Mis à jour le
20.02.2018 à 16h23
    |

            Hervé Morin, 
Nathaniel Herzberg et 
David Larousserie








                        



                                


                            
« On se frotte à la complexité : passer du laboratoire à la salle de classe est une épreuve absolument redoutable pour le chercheur. » Ce constat sans fard a été dressé par Stanislas Dehaene, professeur de psychologie expérimentale au Collège de France, le 1er février, lors du premier colloque du Conseil scientifique de l’éducation nationale, qu’il préside.
Ce conseil consultatif, installé début janvier par le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a pour objectif de faire des recommandations « pour aider notre institution et les professeurs à mieux saisir les mécanismes d’apprentissage des élèves et ainsi mieux ­répondre à la diversité de leurs profils », a indiqué celui-ci. « Les travaux du Conseil doivent nous permettre de dépasser des clivages qui ont pu parfois paralyser l’école », a aussi souhaité le ministre.
Cette nouvelle instance a suscité des réactions contrastées. La forte présence de neuroscientifiques en son sein (6 sur 21) a parfois pu être interprétée comme une manifestation de l’impérialisme des sciences « dures » dans le champ très ­diversifié des disciplines concourant à la pédagogie : didactique, psychologie du développement, sociologie, etc. Le premier colloque du Conseil a plutôt été une démonstration de modestie, ­notamment de la part des neurosciences, tant il en ressortait que, du laboratoire à la classe, le chemin pouvait être semé d’embûches.
De leur côté, le ­député (LRM) et mathématicien Cédric Villani et l’inspecteur général de l’éducation nationale Charles Torossian ont avancé des propositions plus ­générales, lundi 12 février, pour redresser le niveau en mathématiques des jeunes Français, en chute libre dans les classements internationaux. Ces dernières ont suscité elles aussi des questions sur leur application dans le système scolaire hexagonal.

Stanislas Dehaene le reconnaît lui-même : si l’imagerie est un outil précieux pour décrypter les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Pour Esther Duflo, professeur au MIT, ce qui « marche en laboratoire ne marche pas forcément sur le terrain ». Mais se priver des sciences cognitives « serait une énorme perte ».
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Education : « Très peu d’expériences sont réalisées en France »

Pour Esther Duflo, professeur au MIT, ce qui « marche en laboratoire ne marche pas forcément sur le terrain ». Mais se priver des sciences cognitives « serait une énorme perte ».



Le Monde
 |    19.02.2018 à 18h15
 • Mis à jour le
20.02.2018 à 10h06
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                            Florence Rosier (propos recueillis par)








                        



                                


                            
Esther Duflo est professeure au Massachusetts Institute of Technology (MIT, Etats-Unis), où elle occupe la chaire « Abdul Latif Jameel » sur la réduction de la pauvreté et l’économie du développement. De 2000 à 2015, elle a piloté une expérimentation pédagogique inédite en Inde : elle a montré comment un programme de soutien scolaire pouvait rester efficace, même une fois déployé à très grande échelle.
Vous avez coordonné la généralisation d’un programme de soutien scolaire en Inde. De quoi s’agit-il ?
Cette aventure est née d’une initiative de terrain. En 2000, une ONG indienne militant pour les droits des enfants défavorisés, Pratham, est venue nous trouver. En Inde, presque tous les enfants sont scolarisés, mais ils apprennent très peu de choses. Cette ONG avait déjà mis au point un programme de remédiation fondé sur des outils interactifs, pour une remise à niveau des compétences de lecture et de maths. Dans ce programme, les enfants sont suivis dans de petits groupes non pas de même âge mais de même niveau, par de jeunes femmes bénévoles. Ce programme, Teaching at the Right Level (TaRL), était efficace à l’échelle locale. Pratham nous a demandé de l’aider à le déployer à grande échelle.
Comment avez-vous transformé l’essai en succès ?
Une première étape a consisté à démontrer la faisabilité du programme sur 320 écoles dans deux villes et en milieu rural. Proposée hors du temps scolaire, cette intervention a été très efficace sur les enfants qui la suivaient, mais la participation n’était que de 10 %. Comment la développer au niveau du CE2/CM1 ? En 2008-2010, le programme a été introduit à très grande échelle dans le système éducatif, après l’accord de plusieurs Etats indiens et une formation des enseignants.
Seul un petit groupe contrôle ne suivait pas ce soutien scolaire, dans les écoles concernées. Verdict : cela n’a pas marché ! Pourquoi ? Parce que les enseignants n’y avaient pas recours :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Alors que le gouvernement vient de publier un plan loup 2018-2023, le biologiste Jean-Marc Landry esquisse des pistes pour permettre une cohabitation entre l’animal et l’humain.
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« Il faut apprendre au loup que la proximité du troupeau est dangereuse »

Alors que le gouvernement vient de publier un plan loup 2018-2023, le biologiste Jean-Marc Landry esquisse des pistes pour permettre une cohabitation entre l’animal et l’humain.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 13h16
 • Mis à jour le
20.02.2018 à 10h04
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            Audrey Garric








                        



                                


                            

La publication d’un plan loup 2018-2023 par le gouvernement, le 19 février, relance la question de la cohabitation entre l’animal et l’humain. Jean-Marc Landry, éthologue suisse et spécialiste du loup dans le système pastoral, a créé un institut de recherches (l’Institut pour la promotion et la recherche sur les animaux de protection, IPRA) qui étudie la biologie du canidé sur le terrain, notamment à l’aide de caméras thermiques et de colliers GPS. L’auteur de l’ouvrage Le Loup (Delachaux & Niestlé, 2017) esquisse des pistes pour mieux protéger les troupeaux.


Que pensez-vous du nouveau plan loup ?
Il est intéressant car, pour la première fois, le gouvernement axe une grande une partie du plan sur l’acquisition de connaissances, aussi bien sur l’éthologie du loup dans le système pastoral, que sur l’évaluation des moyens de prévention ou encore sur l’impact de ces animaux sur les écosystèmes. Il tient également compte des évolutions technologiques pour favoriser l’émergence de nouveaux outils de protection. Enfin, il propose de sortir des extrêmes en soutenant le pastoralisme tout en pérennisant la population de loups.
Pourquoi le loup s’étend-il si vite sur le territoire ?
Le loup a toujours vécu à proximité de l’humain. Contrairement à ce que l’on pense, cet animal opportuniste n’a pas besoin de grandes contrées sauvages, mais a la capacité de vivre dans des zones complètement artificialisées, telles que des plaines agricoles et des régions urbanisées. Il prospère tant qu’il a de la nourriture, un couvert végétal et qu’il peut élever ses petits. Or, en France, il n’y a jamais eu autant de forêts ni de gibier – cerfs, sangliers, chevreuils –, depuis cent cinquante ans, ce qui favorise le retour de ce prédateur.
Par ailleurs, la conquête de nouveaux territoires est inhérente au fonctionnement des meutes, des cellules parentales qui mettent bas en moyenne entre quatre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Même si de nombreux Polonais ont dénoncé les camps d’extermination et soutenu des juifs, il n’empêche : exactions, délations, participations à l’extermination ont aussi été le fait de Polonais, marqués par un antisémitisme religieux, rappellent deux responsables de la Maison d’Izieu, Hélène Waysbord et Thierry Philip.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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Pologne : « On assiste à l’émergence d’un révisionnisme d’Etat »

Même si de nombreux Polonais ont dénoncé les camps d’extermination et soutenu des juifs, il n’empêche : exactions, délations, participations à l’extermination ont aussi été le fait de Polonais, marqués par un antisémitisme religieux, rappellent deux responsables de la Maison d’Izieu, Hélène Waysbord et Thierry Philip.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 13h05
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Hélène Waysbord (Présidente d'honneur de la Maison d'Izieu, écrivaine) et Thierry Philip (Président de la Maison d'Izieu)







                        



                                


                            

Située au cœur de l’espace européen, la Pologne incarne de façon emblématique l’histoire de notre continent. L’histoire d’une division constante au gré des ambitions des puissances voisines, d’un asservissement sans précédent par les régimes tyranniques du XXe siècle, le nazisme et le stalinisme, au point d’y perdre son autonomie, son identité même.
Une tache noire, indélébile marque à jamais la carte géographique de ce pays, celle des camps d’extermination, dont Auschwitz-Birkenau. Trente ans plus tard la naissance [du syndicat] Solidarnosc marquait le réveil de la liberté et de la démocratie. C’est tout le sens de notre histoire à nous Européens et de l’idéal qui nous a portés après 1945 : plus jamais ça !

Au début de notre siècle l’intégration de ce pays à l’Union européenne mettait un terme à une histoire de tourments et de combats pour qu’il existe enfin dans son unité. Or l’atteinte à cette histoire résulte aujourd’hui de décisions prises par les responsables du gouvernement actuel avec une détermination sans limites et surtout pas celles de la vérité.
Les « justes » plus nombreux qu’ailleurs
Faut-il refuser de nommer les lieux d’extermination « camps polonais de la mort » ? Oui, ce refus est justifié. Les camps furent édifiés ou transformés par les envahisseurs nazis. Oui, une large part des Polonais ont été victimes de la répression : politiques, résistants, ouvriers, enfermés dans les camps ou déportés en Allemagne.
Oui des Polonais ont fait preuve de compassion et sauvé des juifs. Le nombre de justes y est plus important que nulle part ailleurs mais n’oublions pas que le nombre des juifs polonais l’était aussi. La majorité du million et demi de juifs exterminés à Auschwitz était polonaise.

Il n’empêche : exactions, délations, participations à l’extermination ont aussi été le fait de Polonais, marqués par un antisémitisme religieux. Ceci contre une population juive installée depuis bien longtemps,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’historien turc Levent Yilmaz dénonce la condamnation à la prison à perpétuité par un tribunal turc des deux fils du romancier Çetin Altan, vendredi 16 février, et appelle l’Union européenne à se ressaisir.
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Turquie : « Y aura-t-il une Angela Merkel pour les frères Altan ? »

Dans une tribune au « Monde », l’historien turc Levent Yilmaz dénonce la condamnation à la prison à perpétuité par un tribunal turc des deux fils du romancier Çetin Altan, vendredi 16 février, et appelle l’Union européenne à se ressaisir.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 13h03
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Levent Yilmaz (Historien, résident à l'Iméra (Institut d’études avancées))







                        



                                


                            
Tribune. Le 2 février 2009, s’est déroulée une cérémonie à l’église Sainte Irène, la plus ancienne église d’Istanbul, désacralisée et désormais dévouée aux concerts, cérémonies et expositions. Sur la scène, le premier ministre turc de l’époque, Recep Tayyip Erdogan. Il était là pour décerner le grand prix pour les arts et la culture du ministère de la culture. Son discours débuta par ces paroles : « Il n’était nullement facile d’accepter les différences et la diversité en Turquie ; les préjugés rigides et les attitudes intolérantes avaient clôturé la pensée et son expression ; la Turquie en était victime. »
En 1968, au beau milieu du Parlement, Çetin Altan, député socialiste, avait été lynché
Le lauréat du grand prix était le grand romancier Çetin Altan. Un geste symbolique de la part de la République, car Çetin Altan, né en 1927, était un journaliste et romancier socialiste très influent. Il fut parmi les quinze premiers députés socialistes du Parlement entre 1965 et 1969. En 1968, au beau milieu du Parlement, il avait été lynché et avait failli perdre son œil. A l’époque du coup d’Etat de 1971, il avait été arrêté, condamné et avait passé deux ans de sa vie en prison. Ce fut le cas de nombreux autres écrivains de la Turquie moderne, à commencer par Nazim Hikmet et Yaşar Kemal. Lui rendre un hommage en lui décernant le Grand Prix, était une sorte de demande de pardon de l’Etat aux opposants, même les plus farouches.

Erdogan poursuivit : « Ce genre de cérémonie offre la possibilité d’une autocritique. La vie de Çetin Altan a été traversée par des tempêtes, des ouragans. Il a mis en avant une critique souriante mais féroce, enrobée d’intelligence, de la culture. Nous ne pouvons pas progresser sans la raison critique. Il faut qu’on apprenne à tolérer la critique ; nous ne pouvons pas réaliser notre pari de civilisation sans la liberté d’expression, sans la pensée, l’écriture et la liberté de parole. Le fondement de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Droits d’auteur, financement, diffusion : un collectif de cinéastes européens, dont les frères Dardenne, Cédric Klapisch et Ken Loach, listent dans une tribune au « Monde » leurs priorités.
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« Une vision et une ambition politique fortes pour le cinéma européen »

Droits d’auteur, financement, diffusion : un collectif de cinéastes européens, dont les frères Dardenne, Cédric Klapisch et Ken Loach, listent dans une tribune au « Monde » leurs priorités.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 11h13
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 20h41
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. La culture européenne est la mise en commun de toutes les singularités, façons d’être et de voir, traditions, langues et histoires propres à chaque pays. A l’heure du Brexit et des nationalismes montants, l’Europe doit comprendre que sa force demeure dans sa capacité de dialogue entre union et identités spécifiques. C’est notre force et non pas notre faiblesse : ne pas comprendre cette dualité nous mènera à notre perte.
Cinéastes, nous portons le projet d’une véritable Europe de la création, guidée par l’exception culturelle. Nous sommes convaincus que le numérique est une chance immense pour la création et la circulation des œuvres : la diversité peut ainsi être exposée dans chaque Etat membre, auprès de tous les spectateurs. Il n’y a pas de petit ou grand Etat européen de la création ; il y a une formidable richesse de regards.
L’ère du numérique, des nouvelles technologies et des nouveaux usages doit être l’occasion de proposer une vision et une ambition politique fortes ! Alors que des arbitrages politiques aux conséquences importantes vont être rendus cette année, nous, cinéastes européens, rappelons ce qui constitue pour nous des priorités.
Une juste rémunération des auteurs
La lutte contre le piratage est une priorité absolue, commune aux institutions européennes et aux Etats membres. Chaque œuvre et chaque travail consenti pour l’accomplissement de cette œuvre ont une valeur ! Une grande Europe de la création est possible si nous affirmons, au cœur de l’économie numérique, la défense de droits fondamentaux, et un partage de valeurs équilibré entre tous les acteurs de la chaîne.
Le projet de directive sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique est une occasion unique d’assurer aux auteurs une rémunération juste, proportionnelle et inaliénable lorsque leurs films et œuvres audiovisuelles sont regardés sur des plates-formes numériques. Il est temps de mettre en place un mécanisme européen...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Editorial. La Russie a bel et bien tenté de peser sur le résultat de la présidentielle. Le président américain devrait ne plus fermer les yeux sur la gravité de cette affaire.
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« Russiagate » : la désinvolture coupable de Trump

Editorial. La Russie a bel et bien tenté de peser sur le résultat de la présidentielle. Le président américain devrait ne plus fermer les yeux sur la gravité de cette affaire.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 12h17
   





                        


Editorial du « Monde ». Ce n’était donc pas un « bobard », une « fake news », comme n’a cessé de le clamer Donald Trump. La Russie a bel et bien tenté de peser sur le résultat de l’élection présidentielle américaine de 2016 en tentant de discréditer la candidate démocrate, Hillary Clinton, au profit du magnat de l’immobilier new-yorkais.
Le document publié le 16 février par le procureur spécial chargé d’enquêter sur cette affaire, Robert Mueller, prend à contre-pied la stratégie de communication suivie pendant des mois par Donald Trump. Alors que plusieurs membres de son entourage sont soupçonnés d’avoir eu des contacts avec la Russie dans le dessein d’influencer le scrutin, le président élu avait qualifié ces accusations de « plus grande chasse aux sorcières de l’histoire des Etats-Unis ». L’enquête montre que la réalité est beaucoup plus compliquée.

        Lire aussi :
         

                Comment l’agence de propagande russe sur Internet a tenté d’influencer l’élection américaine



La justice américaine accuse ainsi treize ressortissants et trois officines russes d’avoir utilisé des centaines de comptes sur les réseaux sociaux en se faisant passer pour des sympathisants de M. Trump dans le but de véhiculer des rumeurs infondées et de galvaniser la frange la plus contestataire de l’électorat.
Travail de sape
Cette opération montée par l’Internet Research Agency, une organisation fondée par Yevgeny Prigozhin, un oligarque proche de Vladimir Poutine, avait comme principal objectif « de semer la discorde au sein du système politique américain ». Qu’il s’agisse d’économie, de religion, d’immigration, de la question raciale, cette propagande s’est diffusée pendant des mois avec pour antienne la critique d’Hillary Clinton. Dans les dernières semaines de la campagne, le matraquage s’est intensifié dans les swing states, ces Etats capables de basculer d’un camp à l’autre à chaque élection.
Toutefois, il reste difficile de déterminer à quel point ce travail de sape a pu avoir un impact sur le résultat de l’élection. Cela n’en souligne pas moins la responsabilité de Facebook, Twitter ou Google dans le manque de contrôle de la diffusion de contenus destinés à parasiter un scrutin démocratique.

        Lire aussi :
         

                Donald Trump face à de solides accusations d’interférences russes



La bonne nouvelle pour M. Trump est que l’enquête n’apporte à ce stade aucune preuve qu’il y a eu collusion objective entre son équipe de campagne et les propagandistes russes. En revanche, que le président américain se soit arrêté à cette lecture est problématique. On l’a vu se féliciter sur tous les tons d’être disculpé et vitupérer contre les « attaques partisanes » et les « thèses farfelues ». On l’a vu se lancer dans un curieux mélange des genres en accusant le FBI de négligence dans la tuerie de l’école de Floride du 14 février, lui reprochant de « passer trop de temps à essayer de prouver la collusion russe avec la campagne Trump ». Mais, étrangement, la Russie reste épargnée par ses critiques.
On peut comprendre que M. Trump soit blessé dans son ego par le fait que son élection n’aurait pas été remportée à la loyale. Une telle tentative de déstabilisation de la part d’une puissance étrangère aurait dû, à tout le moins, appeler de la part d’un président en exercice une condamnation sans équivoque et des annonces pour éviter que de tels dérapages ne se reproduisent lors des élections de mi-mandat, en novembre prochain. Au lieu de cela, il préfère ironiser sur les polémiques partisanes aux Etats-Unis. « Ils sont morts de rire à Moscou. Réveille-toi, l’Amérique ! », a-t-il tweeté. C’est plutôt au président américain de ne plus fermer les yeux sur la gravité de cette affaire et de se concentrer sur la défense des intérêts de son pays.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Il est des sujets avec lesquels les chefs d’Etat africains se montrent intransigeants : les frontières et l’intégrité territoriale, analyse le journaliste du « Monde » Joan Tilouine.
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En Afrique, la vaine quête des sécessionnismes

Il est des sujets avec lesquels les chefs d’Etat africains se montrent intransigeants : les frontières et l’intégrité territoriale, analyse le journaliste du « Monde » Joan Tilouine.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 19h00
    |

            Joan Tilouine (Le Monde Afrique)








                        



                                


                            

Analyse. C’est un pays virtuel dont l’indépendance a subrepticement été proclamée en octobre 2017. Il s’appelle Ambazonie et ses fondateurs rêvaient d’absorber les deux régions anglophones de l’ouest du Cameroun marginalisées, à leurs yeux, par le pouvoir du président francophone Paul Biya, 85 ans, dont plus de trente-cinq à la tête de l’Etat.
Ce dessein sécessionniste a rapidement été écrasé par l’armée loyaliste, massivement déployée dans cette zone frontalière avec le Nigeria, où des dizaines de milliers de Camerounais ont trouvé refuge. A défaut d’un dialogue politique, les sécessionnistes, qui réclamaient d’abord une décentralisation, puis un retour au fédéralisme en vigueur entre 1961 et 1972, ont vu une minorité radicale issue de leurs rangs opter pour une lutte armée qui a déjà occasionné la mort d’une trentaine de membres des forces de sécurité.
Considérés comme des « terroristes »
Comme au Cameroun, les sécessionnistes africains sont presque partout considérés comme des « terroristes » par les Etats dont ils rêvent de se séparer. Leurs leaders sont traqués, jugés, emprisonnés. Avant le Cameroun, le Nigeria a vu apparaître ces derniers temps des mouvements séditieux revendiquant, comme cinquante ans plus tôt, « l’indépendance » du Biafra, au sud-est du pays. Il s’agit aujourd’hui de jeunes regroupés en groupuscules minoritaires au sein de leur propre communauté igbo et désavoués par leurs aînés. Leur discours extrémiste mêle ethnicisme, revendication sociale et instrumentalisation de l’une des pages les plus sombres de l’histoire du Nigeria : la guerre du Biafra (1967-1970).

Le recours à la mémoire collective est utilisé par les néosécessionnistes pour susciter l’adhésion de communautés marginalisées par les pouvoirs en place. Beaucoup de ces laissés-pour-compte du développement rêvent en effet d’un regroupement sous une nouvelle bannière. Les mouvements qui les y poussent revisitent bien...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Charles Berling, Jean-Pierre Darroussin et Alain Fromager constituent un formidable trio pour servir la pièce de Yasmina Reza.
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Théâtre : « “Art”, c’est une guerre de mâles dominants »

Charles Berling, Jean-Pierre Darroussin et Alain Fromager constituent un formidable trio pour servir la pièce de Yasmina Reza.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 09h06
 • Mis à jour le
20.02.2018 à 08h19
    |

                            Fabienne Darge








                        



                                


                            
Au Théâtre Antoine, à Paris, Charles Berling, Jean-Pierre Darroussin et Alain Fromager incarnent Marc, Ivan et Serge, les trois personnages d’« Art », la pièce de Yasmina Reza. Ils ne sont pas seulement tous les trois formidables : ils jouent ensemble comme on le voit rarement au théâtre, formant un trio qui recadre la pièce de manière plus subtile et complexe qu’à sa création, en 1994, où Pierre Arditi et Fabrice Luchini, accompagnés par Pierre Vaneck, se livraient à de véritables numéros d’acteur. Alors, bien qu’elle soit comme à l’origine mise en scène par Patrice Kerbrat, on la redécouvre, cette pièce, qui est l’œuvre dramatique française contemporaine la plus jouée dans le monde : moins spectaculaire, plus humaine, avec sa mélancolie qui affleure sous le masque du théâtre de boulevard.

« Art » connaît depuis sa création un énorme succès, tout en suscitant des débats sur le sens de la pièce. De quoi parle-t-elle ?
Jean-Pierre Darroussin : Elle parle de beaucoup de choses, c’est peut-être ce qui fait qu’on a du mal à dire de quoi elle parle précisément… Moi, je dirais que c’est une guerre de mâles dominants, mais qui s’émousse, parce qu’ils arrivent à un âge où la blague ne prend plus entre eux. Et c’est parce que la blague ne prend plus que les spectateurs rient.
Alain Fromager : Il y a, bien sûr, en toile de fond de la pièce ce débat sur l’art contemporain et sur le beau, avec ce fameux tableau blanc, inspiré de ceux du peintre Martin Barré. Le tableau est comme une page blanche qui va servir de révélateur à une amitié de trente ans qui se délite. Une amitié passionnelle, presque amoureuse. Henri Tachan disait qu’entre l’amour et l’amitié il n’y a qu’un lit de différence…
Charles Berling : La pièce est comme un triangle, avec trois archétypes différents, mais qui pourraient être les facettes d’un même personnage, dans son rapport à l’art et à l’amitié....




                        

                        

