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Décryptage

En Tunisie, le débat trop sensible sur la « criminalisation » des relations avec Israël

L’examen du texte ayant avorté en commission, le projet de loi déposé par la gauche et l’extrême gauche ne sera pas débattu au Parlement.

Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
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        Le 20.02.2018 à 18h38

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        Mis à jour le 20.02.2018 à 18h51






    
L’Assemblée des représentants du peuple (ARP) siégeant au palais du Bardo, à Tunis, en février 2018.
Crédits : ERIC FEFERBERG/AFP


En Tunisie, la cause palestinienne est chargée d’émotions, sensibilité qui s’était illustrée avec l’accueil à Tunis en 1982 du siège de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). De la rue aux allées du pouvoir, la sympathie n’a jamais cessé de se manifester. Ainsi, au lendemain de la décision des Etats-Unis, annoncée le 6 décembre 2017 par Donald Trump, de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, le drapeau palestinien a été déployé jusque dans l’hémicycle de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) siégeant au palais du Bardo à Tunis. Les députés, toutes tendances confondues, y ont scandé des slogans célébrant « Al-Qods, capitale éternelle de Palestine ».
Mais de là à « criminaliser » les individus ou entités ayant des relations avec Israël, ainsi que le réclament certains partis politiques de gauche ou issus du panarabisme, il y a un pas que les autorités comme une partie de la classe politique se refusent à franchir. La décision, le 9 février, de la commission des droits, des libertés et de relations extérieures de l’ARP de repousser sine die la discussion sur une proposition de loi relative à la « criminalisation » des relations avec Israël a confirmé à quel point la realpolitik, en Tunisie comme ailleurs, vient relativiser l’expression lyrique du soutien à « la cause ».
« Normalisation »
La manœuvre dilatoire, orchestrée par les partis de la coalition gouvernementale – Nidaa Tounès (« moderniste ») et Ennahda (« islamiste ») – est dénoncée par Ahmed Seddik, le président du groupe parlementaire du Front populaire (opposition), comme un « recul face aux ingérences des grandes puissances ». Mardi 20 février, la séance plénière de l’ARP était censée débattre du texte. Il n’en a donc rien été puisque son examen a déjà avorté en commission. Selon les députés impliqués dans ce dossier, le débat est bel et bien enterré.
L’affaire remonte à décembre 2015 quand le Front populaire, une coalition de partis de gauche et d’extrême gauche, dépose une proposition de loi visant à « criminaliser » tout lien susceptible d’apparaître comme « une normalisation » des relations entre la Tunisie et Israël. Cette crainte d’une « normalisation » revient rituellement dans le débat public en Tunisie.

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Le comédien français Michel Boujenah, issu d’une famille juive de Tunisie, en avait fait l’amère expérience quand l’annonce de sa présence en juillet 2017 au Festival international de Carthage avait suscité une virulente polémique. Les adversaires de sa venue lui reprochaient ses propos favorables à Israël. Michel Boujenah avait toutefois maintenu son déplacement et son one-man show à Carthage s’était déroulé sans incident majeur.
D’autres événements culturels avaient, eux, connu un sort différent. Le film Wonder Woman, dont la comédienne vedette Gal Gadot – de nationalité israélienne – avait soutenu l’offensive de Tsahal à Gaza à l’été 2014, avait ainsi été déprogrammé des salles en juillet 2017 afin de désamorcer la polémique naissante.
Une histoire chargée
A Tunis, les autorités ne peuvent ignorer cette opinion publique très sensible à la cause palestinienne. C’est que le passif avec l’Etat hébreu est lourd. Le 15 décembre 2016, un ingénieur tunisien spécialisé en aéronautique, Mohamed Zouari, était assassiné à Sfax, vraisemblablement par le Mossad. M. Zouari, un islamiste ayant longuement vécu en exil en Syrie, était le responsable du programme de fabrication de drones du Hamas palestinien.
Ce type d’opération sur le sol tunisien n’était pas une première. Le 16 avril 1988, Khalil Al-Wazir, plus connu sous le nom d’Abou Jihad, alors numéro deux de l’OLP, était assassiné dans sa résidence de Sidi Bou Saïd, au nord de Tunis. Et deux ans et demi plus tôt, le 1er octobre 1985, c’est une intervention militaire d’une tout autre ampleur qui avait décimé à Hammam Chott, dans la banlieue de Tunis, l’état-major de l’OLP qui s’y était exilé après avoir dû évacuer Beyrouth en 1982. Baptisé par les Israéliens « Jambe de bois », le raid aérien avait coûté la vie à cinquante Palestiniens et dix-huit Tunisiens.

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Au regard d’une histoire aussi chargée, la diplomatie tunisienne a réagi fermement au lendemain de l’annonce du 6 décembre 2017 de Trump sur Jérusalem. Non seulement elle a voté en faveur de la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies dénonçant une telle décision, mais le chef de l’Etat Béji Caïd Essebsi a convoqué l’ambassadeur américain en poste à Tunis pour lui signifier sa réprobation. Le geste est rarissime dans les annales des relations très étroites – notamment en matière sécuritaire – entre Washington et Tunis.
A l’Assemblée, l’humeur était bien plus récalcitrante encore. Quatre-vingt-dix députés, issus de tout le spectre politique tunisien, ont adopté une motion appelant à inscrire à l’ordre du jour la proposition de loi du Front populaire – qui avait sombré dans l’oubli depuis deux ans – sur la « criminalisation » des relations avec Israël. Fait inattendu mais en phase avec l’air du temps, le président de l’Assemblée, Mohamed Ennaceur, un proche du chef de l’Etat Essebsi, a accepté que le texte soit examiné en séance plénière le 20 février.
« Dangerosité extravagante »
L’émotion collective est cependant vite retombée. Selon une source parlementaire, les « amis occidentaux de la Tunisie » – notamment les Allemands – ont adressé des « messages » à partir de la fin décembre à Tunis mettant en garde contre l’adoption du texte du Front populaire. Et c’est à ce moment-là que les députés d’Ennahda et de Nidaa Tounès, alliés au sein de la majorité au pouvoir, ont commencé à freiner des quatre fers.

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Ces élus nient toutefois avoir agi sous influence étrangère. « C’est l’appréciation de l’intérêt national de la Tunisie et non des pressions extérieures qui a guidé notre attitude », commente Naoufel Jemmali, président – affilié à Ennahda – de la commission des droits, des libertés et des relations extérieures de l’ARP. Selon lui, la proposition de loi sur la « criminalisation » des relations avec Israël, qui sanctionnerait toute entreprise présente en Tunisie – nationale ou étrangère – ayant un lien direct ou indirect avec l’Etat hébreu, est d’« une dangerosité extravagante pour l’économie tunisienne ».
« La Tunisie ne vit pas en autarcie, abonde Wafa Makhlouf, député Nidaa Tounès et membre de la commission des droits et des relations extérieures qui a voté le 9 février pour le report de l’examen du texte. Une telle loi serait catastrophique pour la survie du pays. » Les partisans du texte, eux, affirment qu’ils étaient disposés à l’amender. « Nous étions prêts à l’assouplir pour préserver les intérêts tunisiens », objecte Imed Daïmi, député affilié au parti d’opposition Al-Irada. L’occasion ne leur en sera finalement pas fournie. A l’heure où la fragile économie tunisienne est de plus en plus dépendante des soutiens étrangers, l’affaire était devenue trop sensible.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Quelques jours seulement après la fusillade qui a fait 17 morts dans un lycée, une société américaine fait des promotions de 10 % sur les « bump stocks », qui permettent d’accélérer la cadence des fusils semi-automatiques.
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Etats-Unis : des dispositifs d’armement en solde après la fusillade en Floride

Quelques jours seulement après la fusillade qui a fait 17 morts dans un lycée, une société américaine fait des promotions de 10 % sur les « bump stocks », qui permettent d’accélérer la cadence des fusils semi-automatiques.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 18h24
 • Mis à jour le
20.02.2018 à 18h31
   





                        



   


Des soldes de 10 % sur le prix des bump stocks – ces dispositifs qui permettent d’accélérer la cadence de tir des fusils semi-automatiques –, moins d’une semaine après la tuerie qui a fait 17 morts dans un lycée de Parkland, en Floride, le 14 février.

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Relevée par le Guardian, cette promotion a été proposée par la société américaine Slide Fire Solutions, qui précise que cette baisse du prix est accessible seulement avec le code promotionnel « MAGA ». Soit l’acronyme du slogan de la campagne présidentielle de Donald Trump en 2016 : « Make America Great Again ». Et la société a lancé cette opération marketing avec le hashtag #HeresToFreedom (Ici pour la paix), une référence au deuxième amendement de la Constitution des Etats-Unis, qui garantit le droit des individus à porter une arme à feu.
Le dispositif des bump stocks, qui se monte sur la crosse des armes semi-automatiques, avait pourtant été mis en cause aux Etats-Unis après la fusillade de Las Vegas où 58 personnes avaient été tuées, en octobre 2017. C’est, en effet, ce système qui a permis à l’auteur de la tuerie, Stephen Paddock, de faire autant de morts en une dizaine de minutes. Après le massacre de Las Vegas, même le puissant lobby des armes, la National Rifle Association (NRA) s’était prononcée en faveur de « règlements supplémentaires » pour ces dispositifs disponibles dans le commerce.

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« Vous avez un vrai ami à la Maison Blanche »
Après chaque tuerie de masse, le débat revient sans cesse aux Etats-Unis entre ceux qui réclament un contrôle plus strict, notamment une vérification des antécédents judiciaires et psychiatriques avant toute vente, et ceux qui y sont opposés. Et souvent, quelques jours après une fusillade, la vente des armes repart à la hausse dans le pays. A la suite de la tuerie de Las Vegas, CNN relevait ainsi que les fabricants d’armes à feu avaient fait un bond en Bourse. Le même phénomène avait été perçu après la fusillade dans une école de Newtown (Connecticut) en 2012 ou encore après la tuerie de San Bernardino (Californie) en 2015.

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Pourtant, les producteurs d’armes vivent des jours difficiles aux Etats-Unis. C’est le cas notamment de Remington Outdoor Company, l’un des plus importants fabricants d’armes, qui a évité de justesse la faillite en trouvant un accord avec ses créanciers, le 12 mars.
D’après les agences de notation, ce projet de mise en faillite est la conséquence d’une chute des ventes du fabricant d’armes, due au fait que les Américains ne craignent plus un durcissement drastique de la réglementation sur les ventes d’armes après la victoire de Donald Trump à la Maison Blanche. Le milliardaire est, en effet, un ardent défenseur de la libre circulation des armes. Après son élection, M. Trump avait même tenu à assurer la NRA de son soutien : « Vous avez un vrai ami à la Maison Blanche. (…) Vous m’avez soutenu, je vais vous soutenir. »
Mais à la suite de la tuerie au lycée de Parkland, la colère monte aux Etats-Unis, notamment chez les jeunes qui dénoncent « la culture des armes » et la collusion entre les élus, démocrates ou républicains, et la NRA. Principale cible de ces étudiants pour ses liens étroits avec la NRA, Donald Trump aurait assoupli sa position et a fait savoir, lundi, qu’il serait prêt à renforcer le contrôle des antécédents lors de l’achat d’une arme.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Avec plus de 200 morts en deux jours, les bombardements menés par l’aviation syrienne sur l’enclave rebelle ont fait réagir la communauté internationale qui demande notamment une trêve humanitaire.
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Face au « massacre » dans la Ghouta orientale, la communauté internationale indignée mais paralysée

Avec plus de 200 morts en deux jours, les bombardements menés par l’aviation syrienne sur l’enclave rebelle ont fait réagir la communauté internationale qui demande notamment une trêve humanitaire.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 18h10
 • Mis à jour le
20.02.2018 à 18h37
   





                        



   


En trois jours, les bombardements de l’aviation syrienne sur l’enclave rebelle de la Ghouta orientale ont fait plus de 200 morts, dont près de 60 enfants. Lundi, au moins 100 civils sont morts selon le décompte de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), faisant de cette journée la plus sanglante en termes de pertes civiles depuis le début de l’année 2015, selon l’ONG.
Face à la catastrophe humanitaire qui se déroule sous ses yeux, la communauté internationale peine, comme depuis le début du conflit syrien, à adopter une position commune contre les massacres. Si plusieurs organismes des Nations unies condamnent cette sanglante campagne, ils n’ont pas de réel pouvoir politique. Les grandes puissances sont, elles, paralysées par leurs divisions et laissent le champ libre au régime de Bachar Al-Assad.
Pour l’Unicef : « Aucun mot ne rendra justice aux enfants tués »
Le coordinateur de l’Organisation des Nations unies pour l’aide humanitaire en Syrie, Panos Moumtzis, a déclaré dans la nuit de lundi à mardi que les bombardements de civils devaient « cesser maintenant ».
« La situation humanitaire des civils dans la Ghouta orientale est totalement hors de contrôle. Il est impératif de mettre fin immédiatement à cette souffrance humaine insensée. »
Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) a fait part de sa colère, mardi, dans un communiqué intitulé « Pertes humaines massives » et qui contient cette seule phrase : « Aucun mot ne rendra justice aux enfants tués, à leurs mères, leurs pères, à ceux qui leur sont chers. »

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— UNICEFmena (@UNICEF MENA)


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Dans le communiqué dix lignes sont laissées vides, entourées de guillemets puis une note explicative. « L’Unicef publie ce communiqué vide. Nous ne trouvons plus les mots pour décrire ni les souffrances des enfants ni notre indignation », poursuit le communiqué.
Pour l’opposition syrienne : une « guerre d’extermination »
L’opposition syrienne en exil a, elle, dénoncé « une guerre d’extermination » et le « silence international » face aux « crimes » du pouvoir Assad dans la guerre qui ravage la Syrie depuis près de sept ans. Elle accuse la Russie, alliée du régime, de chercher « à enterrer le processus politique » en vue d’une solution au conflit, qui a fait, depuis le 15 mars 2011, plus de 340 000 morts.
La journée de lundi a été « l’un des pires jours de l’histoire de la crise actuelle », a déclaré à l’Agence France-Presse un médecin de la Ghouta qui s’est identifié sous le nom d’Abou Al-Yousr.
Pour Le Drian : le « pire est devant nous »
Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian, a estimé, pour sa part, mardi que le « pire est devant » nous en Syrie.
« La situation en Syrie se dégrade considérablement, c’est vrai qu’à mon sens le pire est devant nous et que s’il n’y a pas d’élément nouveau, nous allons vers un cataclysme humanitaire », a-t-il dit à l’Assemblée nationale.
Il doit se rendre « dans les prochains jours » à Moscou et à Téhéran pour parler de la situation dans le pays ravagé par près de sept ans de conflit, déclarant également qu’il y avait « une urgence absolue ». « Cela est dû au fait que le processus politique est bloqué, que derrière le combat contre Daech (…), la guerre civile se poursuit, elle se poursuit dans la Ghouta est, dans la zone d’Idlib », a-t-il souligné.
Il demande que le Conseil de sécurité de l’ONU puisse permettre, dès à présent, une trêve humanitaire et juge nécessaire la reprise des négociations de Genève sous l’égide des Nations unies. Plus tôt dans la journée, le ministère des affaires étrangères français, avait dénoncé une « grave violation du droit international humanitaire » dans la Ghouta orientale.

   


Pour Human Rights Watch : « C’est un massacre »
Pour le directeur exécutif de l’ONG de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW), Kenneth Roth, « il ne faut pas prétendre, alors qu’Assad assiège les civils de la Ghouta orientale et les bombarde sans relâche, y compris leurs hôpitaux, qu’il s’agit d’une guerre : c’est un massacre. Et [le président russe Vladimir] Poutine rend cela possible. »
Fidèle allié du régime syrien, Moscou a estimé, par la voix de son ambassadeur auprès des Nations unies, que la proposition de « trêve humanitaire » d’un mois lancée par le coordinateur régional du bureau des affaires humanitaires de l’ONU, n’était « pas réaliste », donnant ainsi à Damas le feu vert pour poursuivre ses pilonnages intensifs, à l’aviation et à l’artillerie.
« Et l’Iran est-il complice de ces crimes de guerre ? », s’interroge-t-il dans deux tweets mardi.

La communauté internationale « passive »
Au-delà des organismes officiels, d’autres observateurs prennent la parole, sur les réseaux sociaux ou dans les médias, pour dénoncer le massacre en cours et condamner l’action de la communauté internationale.
Pour l’universitaire français Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences Po-Paris et auteur d’un blog sur le site du Monde, « le silence de la communauté internationale est d’autant plus choquant que les tueries en cours dans la Ghouta se déroulent à quelques kilomètres des bureaux de l’ONU à Damas ». « Quant au président Macron, qui avait pourtant proclamé qu’il serait “intraitable” sur la question de l’accès humanitaire aux zones de combat, sa passivité est pour le moins troublante », juge-t-il auprès de l’Agence France-Presse.
Pour l’ONU, les possibilités d’accès à la Ghouta orientale – où les cas de malnutrition, surtout infantile, sont nombreux – sont « tristement inadéquates ». Depuis début décembre, un seul convoi d’aide humanitaire a pu pénétrer dans l’enclave, le 14 février, pour porter secours à 7 200 personnes, alors que la population prisonnière est estimée à près de 400 000 âmes.
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Un raid aérien dans la ville de Hamouria, dans la région de la Ghouta orientale, le 20 février. Le 5 février, l’armée avait déjà déclenché une campagne aérienne de cinq jours d’une intensité inédite sur la Ghouta, faisant environ 250 morts parmi les civils et des centaines de blessés. Elle a, depuis, massé des renforts tout autour de cette ancienne zone agricole qu’elle assiège depuis 2013."
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            data-slide-description="Un blessé est pris en charge, dans la ville assiégée de Douma, le 20 février. Des centaines de personnes blessées affluent dans les hôpitaux de fortune de la zone qui sont débordés, ont constaté des correspondants de l’AFP. Les lits manquent et, faute de place, les blessés sont soignés à même le sol tandis que les salles d’opération tournent à plein régime."
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            data-slide-description="Des membres de la défense civile syrienne recherchent des victimes blessées dans les décombres, à Hamouria, le 20 février."
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            data-slide-description="Un Syrien porte un bébé blessé, à Hamouria, le 19 février 2018. Près de 60 enfants ont été tués depuis dimanche par les violents bombardements du régime syrien sur le fief rebelle de la Ghouta."
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            data-slide-description="Un homme blessé attend d’être soigné, dans un hôpital de Kafr Batna, le 19 février. La journée de lundi a été « l’un des pires jours de l’histoire de la crise actuelle », a déclaré à l’AFP un médecin de la Ghouta."
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            data-slide-description="Des habitants de la ville rebelle d’Hamouria cherchent un abri parmi les décombres, le 19 février."
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            data-slide-description="Un blessé, dans la ville de Douma, le 20 février."
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            data-slide-description="Des personnes patientent dans un hôpital de fortune, à Douma, le 20 février."
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            data-slide-description="Des enfants dans un hôpital de fortune, dans le vilage de Mesraba, le 19 février."
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            data-slide-description="Une frappe aérienne, à Hamouria, le 20 février. Depuis l’été 2017, la région est censée être une des « zones de désescalade », créées en vertu d’un accord entre la Russie, l’Iran – principaux soutiens du régime – et la Turquie qui appuie l’opposition. Ces zones devaient en principe aboutir à une diminution des combats."
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Un raid aérien dans la ville de Hamouria, dans la région de la Ghouta orientale, le 20 février. Le 5 février, l’armée avait déjà déclenché une campagne aérienne de cinq jours d’une intensité inédite sur la Ghouta, faisant environ 250 morts parmi les civils et des centaines de blessés. Elle a, depuis, massé des renforts tout autour de cette ancienne zone agricole qu’elle assiège depuis 2013.

ABDULMONAM EASSA / AFP
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Le régime syrien bombarde, pour le troisième jour consécutif, la région assiégée située dans la banlieue est de Dama.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ L’association, partie civile dans l’enquête pour financement du terrorisme qui vise le cimentier français, l’accuse de ne pas collaborer avec les enquêteurs.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Lafarge en Syrie : l’ONG Sherpa dépose plainte pour entrave à la justice

L’association, partie civile dans l’enquête pour financement du terrorisme qui vise le cimentier, l’accuse de ne pas collaborer avec les enquêteurs.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 17h53
   





                        



   


L’ONG Sherpa a déposé plainte contre X, mardi 20 février, pour entrave à la justice, accusant le cimentier Lafarge de ne pas collaborer avec les enquêteurs.
Lors d’une perquisition les 14 et 15 novembre à Paris chez Lafarge, mis en cause pour avoir financé des groupes djihadistes en Syrie — dont l’organisation Etat islamique — pour continuer à faire tourner sa cimenterie dans le pays en guerre, les enquêteurs se sont heurtés à « une volonté de voir la manifestation de la vérité entravée et empêchée », relève l’association dans sa plainte.
Des ordinateurs passés à l’eau de Javel
L’ONG s’appuie sur plusieurs procès-verbaux rédigés par les enquêteurs. Cette perquisition s’est déroulée dans « un climat de tension permanente », notent-ils le 17 novembre. « Un certain nombre de documents dont l’existence est avérée (…) étaient manquants : les PV du conseil d’administration s’arrêtaient en juin 2013, juste avant la période intéressant l’enquête en cours. Dans les classeurs des rapports d’audit, les fiches détaillées sur la Syrie avaient disparu », soulignent-ils.
Lafarge « ment quand il affirme pleinement collaborer avec les enquêteurs », avait dénoncé en décembre lors d’une conférence de presse, Marie Dosé, avocate de l’ONG, qui représente onze anciens employés syriens de l’usine. Avant la perquisition, « les ordinateurs ont été passés à l’eau de Javel pour empêcher la justice de travailler », avait-elle accusé.
« Nous contestons fermement que la société ait cherché à restreindre de quelque manière que ce soit le droit de ses employés ou ex-employés de se défendre dans une procédure judiciaire, a déclaré à l’Agence France-Presse une porte-parole du cimentier, qui a fusionné avec le Suisse Holcim en 2015. Des milliers de pièces ont été remises aux juges par le groupe ou saisies à l’occasion de la perquisition. »

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Près de 13 millions d’euros versés à des groupes armés syriens
Les liens troubles entre le géant du ciment et différents groupes armés présents autour de son usine de Jalabiya, dans le nord de la Syrie, avaient été révélés par Le Monde en juin 2016. Le scandale avait conduit le ministère des finances à déposer une plainte, déclenchant l’ouverture d’une enquête en octobre 2016. Un mois plus tard, l’ONG Sherpa déposait à son tour une plainte avec constitution de partie civile, et l’enquête était finalement confiée à trois juges d’instruction, le 9 juin 2017.
Depuis, six cadres et responsables du cimentier ont été mis en examen en décembre 2017 pour « mise en danger de la vie d’autrui » et « financement d’une entreprise terroriste ». Parmi eux, l’ex-PDG de Lafarge Bruno Lafont et l’ex-directeur général de LafargeHolcim Eric Olsen, une première pour de grands patrons français.
Au total, 12,946 millions d’euros auraient été versés entre 2011 et 2015 par Lafarge à l’ensemble des factions armées (pour assurer le passage de ses employés, l’achat de matières premières, dont du pétrole…), d’après un rapport du cabinet d’expertise comptable PricewaterhouseCoopers.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Le dialogue entre le régime et l’opposition a été suspendu jusqu’à vendredi « pour donner du temps aux deux parties ».
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Compte rendu

En signe d’apaisement, le pouvoir togolais libère 45 manifestants

Le dialogue entre le régime et l’opposition a été suspendu jusqu’à vendredi « pour donner du temps aux deux parties ».


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-02-20T17:51:29+01:00"

        Le 20.02.2018 à 17h51






    
Lors d’une manifestation contre le président togolais, Faure Gnassingbé, à Lomé, le 21 septembre 2017.
Crédits : MATTEO FRASCHINI KOFFI / AFP


Le dialogue ouvert lundi 19 février à Lomé entre le pouvoir et l’opposition, après six mois de crise politique au Togo, a connu une première avancée avec la libération de 45 personnes arrêtées lors des marches contre le pouvoir. C’était l’une des « mesures d’apaisement » exigées par l’opposition et qui ont dominé le premier jour des débats, qui s’est déroulé à huis clos en présence du président ghanéen Nana Akufo-Addo, facilitateur dans la crise.
« Le président togolais a décidé d’accorder une grâce présidentielle à 45 des 92 personnes détenues dans les prisons du pays à la suite de leur participation aux manifestations. La justice togolaise examinera la situation des autres détenus cas par cas, a déclaré à la presse Daniel Osei, porte-parole de la délégation ghanéenne. Le cas des sept personnes toujours en détention dans l’affaire des incendies des marchés [de janvier 2013] sera transmis aux tribunaux pour qu’ils étudient leur demande de liberté provisoire d’ici mercredi. »

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Comme conditions préalables au dialogue, l’opposition exige la libération des personnes détenues depuis leur arrestation lors de manifestations contre le pouvoir et dans le cadre des incendies de Kara et Lomé, ainsi que le retrait des forces de sécurité dans le nord du pays. « Les travaux sont suspendus jusqu’à vendredi pour donner le temps aux deux parties de réfléchir à certaines questions qui ont été abordées », a indiqué M. Osei. Le retour à la Constitution de 1992, principale revendication de l’opposition, sera examiné une fois l’étape des mesures d’apaisement franchie.
L’opposition suspend les manifestations
Chacune des deux parties – une coalition de quatorze partis d’opposition et l’Union pour la République (Unir, le parti au pouvoir) – est représentée par sept délégués. « Les discussions se sont déroulées dans une bonne ambiance et ont abouti à des conclusions fructueuses », a poursuivi M. Osei. L’opposition a ainsi accepté de suspendre les manifestations jusqu’à la fin du dialogue.

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Le président togolais, Faure Gnassingbé, qui était resté silencieux ces derniers jours, a salué mardi sur son compte Twitter « le bon déroulement des travaux préparatoires ayant permis l’ouverture du dialogue ». « Unis par notre appartenance à la mère patrie, le Togo, je reste convaincu que nous parviendrons, entre filles et fils d’une même nation, à nous entendre sur l’essentiel », a-t-il affirmé. Le chef de l’Etat a ensuite « invité chacun de nous à promouvoir la tolérance et à demeurer préoccupé par la paix et le développement de notre cher pays ».

Je salue le bon déroulement des travaux préparatoires ayant permis l'ouverture du dialogue hier en présence de mon… https://t.co/WHGOzIWLvH— FEGnassingbe (@Faure E. Gnassingbe)


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Le dialogue, qui doit durer une dizaine de jours, devrait notamment aborder le rétablissement de la Constitution de 1992 – qui prévoyait un maximum de deux mandats présidentiels –, une transition politique et des réformes électorales. Depuis septembre, des marches populaires pour demander la démission de Faure Gnassingbé et la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels rassemblent des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes.
Le président actuel a succédé en 2005, avec le soutien de l’armée, à son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui avait dirigé le pays pendant trente-huit ans. Il en est aujourd’hui à son troisième mandat, ayant été réélu lors de scrutins contestés par l’opposition en 2010 et en 2015.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Un collectif d’éditeurs défend la « bibliodiversité » de l’espace francophone et dénonce la mainmise des Français, notamment, sur le marché du livre scolaire en Afrique.
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Point de vue

« Nous, éditeurs indépendants, vivons et faisons vivre la francophonie »

Un collectif d’éditeurs défend la « bibliodiversité » de l’espace francophone et dénonce la mainmise des Français, notamment, sur le marché du livre scolaire en Afrique.

Par                Collectif



LE MONDE
              datetime="2018-02-20T16:54:44+01:00"

        Le 20.02.2018 à 16h54






    
Séance de dédicaces lors du 26e Salon du livre, dédié à la francophonie, à Paris, le 19 mars 2006.
Crédits : PIERRE ANDRIEU/AFP


Tribune. Souvent, lorsque nous entendons les instances politiques donner leur vision de la francophonie, nous nous demandons si nous devons réagir : rappeler un certain nombre de faits, valoriser les actions de terrain qui agissent pour des échanges équitables, expliquer comment ces actions se mettent en œuvre, faire parler les acteurs et donner à voir ce qui se vit… La question s’est posée à nouveau quand nous avons appris qu’une consultation publique se tenait sur la promotion de la langue française et du plurilinguisme dans le monde.

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Nous avons lu les tribunes d’Alain Mabanckou, de Véronique Tadjo, de Pierre Astier, de Françoise Vergès, d’Abdourahman A. Waberi, et nous nous reconnaissons dans leurs propos. Nous prenons le parti, dans le prolongement de leurs mots et dans ce contexte où les médias et les pouvoirs publics abordent les enjeux de la francophonie, de dire ce qu’est pour nous, collectif réunissant 550 éditeurs indépendants dans 52 pays dans le monde, un tel espace.
Faire vivre la bibliodiversité
L’appel à l’« innovation » dans la francophonie, formulé dans le cadre des objectifs de la consultation, pourrait laisser entendre que rien n’a été fait, que rien n’existe et que des avancées ne peuvent venir que par impulsion de la France. Il serait pourtant dommage de ne pas prendre en compte toutes les dynamiques à l’œuvre, depuis des décennies, dans tous les espaces francophones.
Dans l’enquête qu’elle a publiée dans Le Monde Afrique, Kidi Bebey montre le dynamisme et la pugnacité de maisons d’édition africaines, qui, pour certaines, sont nées il y a plus de vingt-cinq ans. Ces structures défrichent, osent, tentent, découvrent… avec souvent des moyens minimes. Elles permettent à des réseaux humains de s’organiser, de collaborer, d’échanger, de vivre ensemble, un peu mieux. Elles font vivre la bibliodiversité à travers de nouveaux croisements, de nouveaux regards, en tentant de nouvelles approches.

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Cette vitalité est ainsi le fait de l’engagement citoyen des professionnels du livre et des lecteurs, qui ensemble construisent des outils et des échanges solidaires, y compris face au manque d’accompagnement des pouvoirs publics. Il suffit pour cela de s’arrêter quelques instants sur la diversité des initiatives de nombreuses structures : Africultures, découvreur de talents et ressource culturelle unique aujourd’hui menacée ; le collectif Afrilivres, réunissant plus de trente maisons d’édition en Afrique francophone ; Esprit Panaf, point de rencontres des éditeurs et auteurs d’Afrique francophone au Salon du livre d’Alger ; l’Espace de la diversité pour les littératures de la diversité au Québec et ailleurs ; l’Oiseau indigo, diffusant des ouvrages dans l’espace francophone ; l’Association internationale des libraires francophones et sa Caravane du livre ; les nombreux salons en Afrique, à l’initiative d’éditeurs, de libraires et d’auteurs comme la Rentrée littéraire du Mali, Togo BD, le Salon du livre béninois et de la presse jeunesse de Cotonou ; le Salon du livre jeunesse de Conakry…
Hégémonie culturelle
Nous, éditeurs indépendants, dans la francophonie comme ailleurs, prenons des risques pour porter des idées, sommes inventifs dans le développement de nos activités, créatifs dans nos modes d’action. Nous expérimentons au sein de l’Alliance des modèles de coopération qui ont fait leur preuve, en particulier les coéditions solidaires, pour favoriser la circulation des textes en Afrique francophone (mais aussi en Amérique latine, dans le monde anglophone…). Nous animons également l’Observatoire de la bibliodiversité qui nous permet d’interpeller chaque fois que nécessaire les pouvoirs publics. Nous dénonçons ainsi la mainmise des groupes d’édition français, notamment, sur les marchés du livre scolaire en Afrique, qui menace gravement l’édition locale et participe d’une hégémonie culturelle. Nous alertons régulièrement sur la pratique préoccupante du don de livres, bien souvent délétère pour la vitalité des écosystèmes du livre locaux. Nous confirmons aussi que les relations éditoriales entre les pays d’Afrique francophone et la France ne pourront exister sans un rééquilibrage des flux économiques, culturels, sans une volonté politique de part et d’autre… et avant tout sans un changement de prismes.

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                « La francophonie est un grand désert éditorial »



Notre francophonie est riche d’une diversité de langues, de cultures, de réalités. Nous ne voulons pas la vivre comme un espace clos et uniforme, comme un carcan. Nous la considérons au regard des autres espaces du monde : nous sommes des éditeurs d’Afrique francophone, d’Europe, d’Amérique latine, d’Inde, d’Australie, d’Afrique du Sud, de Turquie… animés par l’esprit de la Convention de l’Unesco de 2005. La francophonie doit pouvoir s’inscrire dans la bibliodiversité, nous y travaillons tous les jours.
C’est cette vision de la francophonie que nous défendons. Nous pensons qu’elle rend plus curieux, plus tolérants, plus ouverts. C’est sans doute une évidence, mais il semblait utile, aujourd’hui, de le rappeler.
PARMI LES NOMBREUX SIGNATAIRES FIGURENT Serge Dontchueng Kouam, Presses universitaires d’Afrique, Cameroun, coordinateur du réseau francophone de l’Alliance internationale des éditeurs indépendants ; Elisabeth Daldoul, Editions Elyzad, Tunisie, vice-coordinatrice du réseau francophone de l’Alliance internationale des éditeurs indépendants ; Isabelle Pivert, Editions du Sextant, France, vice-coordinatrice du réseau francophone de l’Alliance internationale des éditeurs indépendants ; Hélène Kloeckner, présidente de l’Alliance internationale des éditeurs indépendants ; Laurence Hugues, directrice de l’Alliance internationale des éditeurs indépendants.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ La sortie de Londres de l’Union européenne pourrait poser autant de problèmes aux autres Etats membres qu’au Royaume-Uni lui-même, explique l’économiste Nicolas-Jean Brehon dans une tribune au « Monde ».
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« Les mauvaises surprises du Brexit pour les Vingt-Sept »

La sortie de Londres de l’Union européenne pourrait poser autant de problèmes aux autres Etats membres qu’au Royaume-Uni lui-même, explique l’économiste Nicolas-Jean Brehon dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    20.02.2018 à 15h59
    |

                            Nicolas-Jean Brehon (Enseignant à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            

Tribune. Beaucoup d’Européens voient la sortie prochaine du Royaume-Uni sans déplaisir. La Grande-Bretagne était un partenaire trop singulier. Sans elle, l’Union européenne (UE) va pouvoir avancer plus vite et plus loin. Sans doute. Mais pas tout de suite. Et le Brexit pourrait bien s’accompagner de mauvaises surprises pour les Vingt-Sept.
Certes, les difficultés pratiques sont bien appréhendées par les intéressés. L’impact le plus connu concerne l’accès au marché du travail britannique. En toute logique, les citoyens européens auront le même régime que les non-Européens : carte de résidence, renouvellement des contrats de travail sous conditions, renchérissement des frais de scolarité (aujourd’hui, les Européens bénéficient de tarifs privilégiés)…
Mais, chaque mois, les Européens découvrent de nouveaux sujets de préoccupation. La pêche par exemple. Les pêcheurs de coquilles Saint-Jacques se plaignent des razzias des bateaux britanniques en baie de Seine, mais des flottes de bateaux français vont pêcher dans ce qui sera les futures eaux seulement britanniques.
Conséquences budgétaires niées
Erasmus ensuite. Certes, la destination préférée des étudiants européens est l’Espagne, mais la Grande-Bretagne est la destination préférée des étudiants français (1/3 des cas), des stages en entreprise et des enseignants (1/3 des mobilités des enseignants européens).
La recherche aussi. Les Britanniques sont les premiers bénéficiaires des crédits de recherche européens (18,2 % contre 8,7 % pour la France) et, surtout, les premiers coordinateurs ou chefs de file : 20 % des projets sont coordonnés par les Britanniques. Qui va assumer ce rôle difficile lorsqu’il s’agit de faire travailler ensemble cinq ou six unités de pays différents ? Les Allemands ou les Hollandais, peut-être, mais certainement pas les Français (3e bénéficiaire des fonds, 9e coordinateur !).
Les conséquences budgétaires sont, elles,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Ces trois personnes ont été arrêtées mardi dans le Gard et le Tarn.
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Enquête sur l’attentat de Barcelone : trois arrestations en France

Ces trois personnes ont été arrêtées mardi dans le Gard et le Tarn.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 15h44
 • Mis à jour le
20.02.2018 à 16h14
   





                        



   


Le ministère de l’intérieur espagnol a annoncé l’arrestation, mardi 20 février, de trois personnes pour leurs liens avec Driss Oukabir, membre présumé de la cellule qui avait commis les attentats de Barcelone et de Cambrils, en Catalogne, les 16 et 17 août 2017.
M. Oukabir est mis en examen en Espagne pour appartenance à une organisation terroriste et assassinats.
Information judiciaire
Ces trois personnes ont été arrêtées, à Pont-Saint-Esprit, dans le Gard, et à Albi, dans le Tarn, lors d’une opération menée conjointement avec la police française ayant aussi débouché sur des perquisitions, a précisé le ministère dans un communiqué. Il n’existe « pas d’éléments à ce stade qui attestent d’une participation aux attentats » commis en Espagne, a précisé une source proche du dossier.
A la suite de l’enquête préliminaire ouverte après ces attentats, une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Paris le 31 janvier 2018 des chefs de tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroristes criminelle.
Liens avec Driss Oukabir
Les papiers de Driss Oukabir avaient servi à louer la camionnette utilisée lors de l’attentat sur les Ramblas de Barcelone. Il avait dans un premier temps assuré que son frère lui avait pris ses papiers pour la louer avant d’affirmer qu’il rendait service aux amis de son frère pour « un déménagement », sans pouvoir préciser où il devait avoir lieu. Le conducteur, Younes Abouyaaqoub, avait été tué le 21 août par la police.

        Lire :
         

          Barcelone : l’auteur de l’attentat tué par la police après quatre jours de cavale



Driss Oukabir, un Marocain ayant grandi en Catalogne, est le grand frère de Moussa, 17 ans, un des membres présumés de la cellule qui avait organisé ces attentats le 17 août à Barcelone (15 morts et une centaine de blessés), puis dans la nuit du 17 au 18 dans la station balnéaire de Cambrils (1 mort). Moussa Oukabir et quatre autres jeunes avaient été tués par la police pendant l’attaque à la voiture-bélier perpétrée à Cambrils.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Nul n’imagine une crise de confiance majeure. L’Amérique n’est pas la Grèce ou l’Italie, même si une hausse des taux est possible, explique, dans sa chronique, Arnaud Leparmentier, le correspondant du « Monde ».
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Wall Street veut s’ennuyer en 2018

Nul n’imagine une crise de confiance majeure. L’Amérique n’est pas la Grèce ou l’Italie, même si une hausse des taux est possible, explique, dans sa chronique, Arnaud Leparmentier, le correspondant du « Monde ».



Le Monde
 |    20.02.2018 à 15h09
 • Mis à jour le
20.02.2018 à 15h12
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Lettre de Wall Street. A Wall Street, on ricane… sur Wall Street. Ah ces marchés qui ont pris peur pour rien du tout, alors que la santé de l’économie est florissante !
Après que la Bourse a subi une correction de 10 % par rapport à son plus haut et regagné la moitié du terrain, les experts américains (ré) écrivent l’histoire. Pour expliquer combien Wall Street a surréagi début février, mais que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Le but de cette chronique n’étant pas, pour sa part, de prédire l’avenir, mais d’expliquer combien l’optimisme outre-Atlantique tranche avec les esprits chagrins européens.
Tout a commencé avec la hausse des salaires, qui a atteint 2,9 % au mois de janvier, laissant craindre une remontée de l’inflation. Pas de panique, explique-t-on : cette progression des salaires a été amplifiée par deux phénomènes techniques : les cadres ont demandé à ce que leurs primes soient versées en janvier plutôt qu’en décembre pour bénéficier de la réforme fiscale qui entrait en vigueur début 2018 ; ensuite, le froid de janvier a empêché les salariés d’aller au travail : la mesure a pénalisé les ouvriers et employés payés à l’heure, tandis que les cadres conservaient leur salaire forfaitaire mensuel. Mécaniquement, ce phénomène fait monter les salaires moyens. La fiche de paye augmente donc, et c’est heureux, mais on est loin d’un emballement.

Les marchés ont réagi brutalement, craignant une accélération de la hausse des taux par la Fed. Mais, explique-t-on, il n’y a pas eu un seul être humain derrière ces décisions. Juste des algorithmes, qui ont vendu des actions et acheté des obligations pour réduire le risque encouru par les épargnants. Et une erreur d’analyse, c’est vrai : les hedge funds ont cru que, sur la planète finance de 2018, l’Amérique serait stable tandis que les autres Bourses joueraient aux montagnes russes : c’est l’inverse qui s’est passé, l’Europe étant sur un train de croissance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ L’aviation syrienne a bombardé l’enclave rebelle de la Ghouta orientale, lundi 19 février, tuant au moins 100 civils, dont 20 enfants. C’est l’un des pires bilans en pertes civiles depuis 2015.
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<article-nb="2018/02/20/19-12">
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ L’ONG britannique enquête sur 26 nouveaux cas a déclaré devant les membres d’une commission parlementaire britannique le directeur général d’Oxfam, Mark Goldring.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Oxfam enquête sur de nouveaux cas de comportements sexuels inappropriés

L’ONG britannique enquête sur 26 nouveaux cas a déclaré devant les membres d’une commission parlementaire britannique le directeur général d’Oxfam, Mark Goldring.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 13h30
 • Mis à jour le
20.02.2018 à 15h13
   





                        



   


L’organisation non gouvernementale britannique Oxfam enquête sur 26 nouveaux cas de comportements sexuels inappropriés, a annoncé, mardi 20 février, le directeur général de l’ONG, Mark Goldring.
Seize de ces 26 cas concernent les programmes internationaux de l’ONG, et se rapportent à « des événements récents comme d’autres historiquement plus anciens », a-t-il précisé devant les membres d’une commission parlementaire britannique. « Nous voulons vraiment que les gens se manifestent », a dit Mark Goldring, qui précise que des enquêtes pourraient de nouveau être menées sur certaines affaires anciennes.
Le directeur général d’Oxfam s’est excusé au nom de l’ONG pour son traitement des abus commis en Haïti et en son nom, pour des déclarations perçues comme des tentatives de minorer les faits. « Je suis désolé, nous sommes désolés, pour les dommages qu’Oxfam a causés », a-t-il dit.
Mark Goldring a ajouté que quelque 7 000 donateurs particuliers avaient cessé de financer l’organisation non gouvernementale britannique depuis que le scandale a éclaté. L’ONG a accepté de ne plus demander de contribution financière au gouvernement britannique tant que celui-ci ne serait pas satisfait des normes en matière d’éthique de l’organisation caritative.

        Lire nos explications :
         

          En quoi consiste l’aide publique britannique au développement ?



Rapport au gouvernement haïtien
Un rapport interne de l’ONG, remis au gouvernement haïtien, a dévoilé les nombreux abus de la mission humanitaire déployée en Haïti après le séisme meurtrier de 2010. Un responsable y reconnaît avoir payé des prostituées, d’autres employés sont accusés de harcèlement et d’intimidation, et un témoin a été menacé physiquement.
Sept employés d’Oxfam en Haïti ont quitté l’ONG dans le cadre de l’enquête. Outre le recours à des prostituées, certains étaient également mis en cause pour harcèlement et intimidation envers d’autres membres du personnel notamment.
Quatre ont été licenciés pour « faute grave », tandis que trois ont démissionné, dont l’ancien directeur d’Oxfam en Haïti, le Belge Roland van Hauwermeiren, auquel il a été proposé un « départ digne, à condition qu’il coopère pleinement avec le reste de l’enquête ».

        Lire la tribune :
         

          « C’est aux Haïtiens qu’Oxfam doit rendre compte »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ « Depuis toujours, pour l’élite française, la promotion de la langue française n’est que la poursuite de la politique par d’autres moyens », analyse notre chroniqueur.
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Chronique

« La vocation de la francophonie est essentiellement géopolitique »

« Depuis toujours, pour l’élite française, la promotion de la langue française n’est que la poursuite de la politique par d’autres moyens », analyse notre chroniqueur.

Par                                            Yann Gwet (chroniqueur Le Monde Afrique)




LE MONDE
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        Le 20.02.2018 à 13h18

     •
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        Mis à jour le 20.02.2018 à 16h24






    
Devant le stade Houphouët-Boigny d’Abidjan, où se sont déroulés les Jeux de la Francophonie en juillet 2017.
Crédits : SIA KAMBOU/AFP


Chronique. Le militantisme d’Emmanuel Macron autour de la francophonie a remis sur le devant de la scène un enjeu central pour l’avenir de l’Afrique francophone. Plusieurs intellectuels d’origine africaine se sont emparés du débat, mais d’une manière qui n’éclaire pas sur les enjeux stratégiques de la Francophonie. La lettre ouverte de l’écrivain Alain Mabanckou à Emmanuel Macron, publiée par le journal L’Obs, est à cet égard symptomatique. L’écrivain déplore que, dans son discours d’ouverture de la Foire du livre de Francfort en octobre 2017, le président français n’ait « cité aucun auteur d’expression française venu d’ailleurs, [vous] contentant de porter au pinacle Goethe et Gérard de Nerval ».

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                « Monsieur Mabanckou, vous détournez l’objet de la francophonie pour un combat personnel »



Plus loin, après avoir relevé « qu’on » fait à la francophonie institutionnelle le « grand reproche » d’être complaisante vis-à-vis des autocraties d’Afrique francophone, il suggère curieusement au président français de « prouver » à la jeunesse africaine qu’il est « d’une autre génération », et que cette jeunesse a « droit, ici et maintenant, à ce que la langue française couve de plus beau, de plus noble et d’inaliénable : la liberté ».
En opposition à l’anglophonie
Alain Mabanckou et plusieurs auteurs qui ont écrit sur le sujet revendiquent une francophonie inclusive, ouverte, bienveillante, émancipatrice. Mais cette vision tranche avec la réalité historique. Depuis toujours, pour l’élite française, la promotion de la langue française n’est que la poursuite de la politique par d’autres moyens : qui parle français, pense français et « agit français ». La francophonie n’a jamais eu pour vocation d’accommoder l’élite des « créateurs de langue française », encore moins les masses africaines paupérisées. Sa vocation est essentiellement géopolitique.

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                « La francophonie est un grand désert éditorial »



Déjà, à Fachoda, en 1898, il était question d’empêcher les Anglais d’étendre leur influence au détriment de la France. La francophonie s’est souvent définie en opposition à l’anglophonie. Dans un article intitulé « Mitterrand et l’Afrique en 1957 : une interview révélatrice », paru dans le numéro 58 de la revue Politique africaine publié en juin 1995, l’historien Michel Brot rapporte les propos tenus par François Mitterrand, alors ministre de la justice de la VIe République, à un journaliste britannique venu l’interviewer à l’occasion de la cérémonie d’investiture de Kwame Nkrumah, où le futur président représentait le gouvernement français : « Tous les ennuis que nous avons eus en Afrique occidentale française n’ont rien à voir avec un désir d’indépendance, mais avec une rivalité entre les blocs français et britannique. Ce sont des agents britanniques qui ont fomenté tous nos ennuis ».
Le « complot anglo-saxon »
Au moment de la guerre du Biafra, alors que les grandes puissances occidentales soutenaient le pouvoir central du Nigeria, la France prit fait et cause pour le mouvement sécessionniste d’Odumegwu Ojukwo, pour entre autres affaiblir le géant nigérian, anglophone, dont l’influence en Afrique de l’Ouest dérangeait les intérêts français. Dans un article publié en 1994 dans The Times, le journaliste Sam Kiley cite le général Jacques Lanxade, alors chef d’état-major des armées françaises, parlant du FPR (Front patriotique rwandais, rébellion partie d’Ouganda le 1er octobre 1990 pour attaquer le Rwanda) comme un élément du « complot anglo-saxon ».

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                « La francophonie n’est pas un colonialisme culturel »



Au Cameroun, la crise anglophone devrait nous rappeler que les germes de la révolte actuelle ont été plantés dès les premières années de la réunification (en 1961), lorsque la France a entrepris d’imposer sa langue en zone dite anglophone, et donc d’influencer le bilinguisme camerounais. Dans son livre Diplomacy and Nation-Building in Africa, Mélanie Torrent raconte qu’au cours d’une rencontre avec Ahidjo à Paris en juin 1965, déjà soucieux de contenir l’influence supposée du Nigeria (et du Ghana), « le président français a affirmé avec force que la généralisation de l’usage du français, plutôt que la promotion de l’apprentissage de l’anglais, lui semblait l’orientation politique la plus sensée ». 
Un enjeu majeur pour l’Afrique
Depuis la ville de Buéa, les responsables politiques locaux relevaient les « efforts déterminés » de la France et soulignaient le risque que l’anglais soit « anéanti par cet influx de culture française » en région anglophone. Leur inquiétude était justifiée : deux jours avant la visite d’Ahidjo à Paris, l’ambassadeur de France avait écrit à Maurice Couve de Murville, alors ministre des affaires étrangères, que « la France devait investir massivement dans l’apprentissage du français auprès du cinquième des Camerounais » qui n’étaient pas francophones. Le retour sur investissement a été significatif : en 1964, 68 % des programmes de la radio nationale camerounaise étaient en français ; en 1973, 96 % l’étaient. Lors de sa création, en 1974, Cameroun Tribune, le journal officiel, paraissait tous les jours en français, et seulement une fois par semaine en anglais.

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                Union africaine : « Il faut susciter le sentiment d’appartenance à une communauté de destin »



Aujourd’hui encore, il est probable que l’offensive d’Emmanuel Macron en direction de la francophonie soit motivée par les mêmes considérations froidement géopolitiques, plutôt que par l’idée de répondre aux préoccupations accessoires d’intellectuels francophones ou de « prouver » quoi que ce soit à la jeunesse francophone d’Afrique. Depuis la fameuse poignée de mains avec Donald Trump, jusqu’à son « Make The Planet Great Again » lancé au monde après l’annonce américaine du retrait américain de l’Accord de Paris sur le climat, le président français voit vraisemblablement dans l’isolationnisme de Donald Trump l’occasion de pousser ses pions tricolores – et la francophonie n’est qu’un levier d’action parmi d’autres.
Pour autant, la francophonie reste un enjeu majeur pour l’Afrique. Mais la vraie question qu’elle pose est de savoir quelle place doit occuper le français dans une Afrique qui devra se réinventer en profondeur pour trouver sa propre voie dans un monde de facto anglo-saxon.
Yann Gwet est un essayiste camerounais.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Face au mécontentement des étudiants, qui finissent leur cursus endettés, les travaillistes, eux, veulent rétablir la gratuité des études.
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Theresa May veut aménager le système des droits d’inscription à l’université

Face au mécontentement des étudiants, qui finissent leur cursus endettés, les travaillistes, eux, veulent rétablir la gratuité des études.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 12h42
 • Mis à jour le
20.02.2018 à 13h27
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Six ans après une réforme très contestée, les universités britanniques comptent parmi « les meilleures », mais aussi « les plus chères du monde », a reconnu Theresa May en lançant, lundi 19 février, une réflexion destinée à répondre au mécontentement croissant des étudiants. La première ministre a confié à Philip Augur, ancien financier de la City, la tâche de faire des propositions, d’ici à un an, en vue d’un aménagement au système actuel, mais en conservant le principe des universités payantes.
En 2012, en dépit de manifestations, le gouvernement de coalition conservateurs libéraux democrates avait fait passer de 3 600 à 9 000 livres (10 160 euros) les droits d’inscription annuels à l’université. Ils ont récemment été augmentés pour atteindre 9 250 livres. La réforme n’a pas produit tous les effets néfastes que ses adversaires redoutaient : le nombre d’étudiants – 650 000 inscriptions en 2017 – a continué d’augmenter, y compris ceux issus de familles défavorisées, et les universités sont devenues prospères.
Mais le nouveau mode de financement, basé sur un système de prêt que les étudiants ne doivent rembourser qu’après avoir obtenu un emploi leur rapportant plus de 25 000 livres par an (2 350 euros par mois), a fait gonfler le montant des dettes.
Le diplômé moyen termine ses études avec 50 000 livres à rembourser (56 400 euros), et même 57 000 s’il est de famille défavorisée. Car non seulement les bourses pour aider les étudiants de milieu modeste à se loger et à vivre ont été remplacées par des prêts, mais le taux d’intérêt exigé lors des remboursements, lié au taux d’inflation lui-même gonflé par le Brexit, atteint aujourd’hui 6,1 %, un niveau largement supérieur à celui du marché.
« Notre but est un système de financement qui offre un bon rapport qualité/prix pour les diplômés et pour les contribuables », explique Theresa May, la première ministre
Le système actuel « fait supporter aux étudiants issus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Selon le service d’asile grec, 1 827 Turcs ont demandé l’asile en 2017, dix fois plus qu’en 2016.
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La Grèce redevient une terre d’asile pour les Turcs fuyant la répression du régime d’Ankara

Selon le service d’asile grec, 1 827 Turcs ont demandé l’asile en 2017, dix fois plus qu’en 2016.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 12h11
   





                        



   


Dix-sept ressortissants turcs, dont quatre femmes et six enfants, ont demandé l’asile en Grèce après avoir fui la Turquie en bateau et gagné une île de la mer Egée. Ils ont débarqué lundi sur la petite île d’Oinousses, située au large du port turc de Cesme. Ils ont été conduits à bord d’un patrouilleur des garde-côtes grecs sur l’île proche de Chios, pour y être enregistrés, a fait savoir la police portuaire, mardi 20 février.
Selon le portail local d’information Politischios, il s’agit de familles de fonctionnaires et de magistrats. De son côté, le service d’asile grec signale que 1 827 Turcs ont formulé des demandes auprès de lui en 2017, dix fois plus qu’en 2016. Maria Stavropoulou, ex-directrice de l’organisme confirmait, dimanche 11 février, dans un entretien au quotidien grec Kathimerini, l’augmentation du nombre de demandeurs d’asile turcs arrivés en Grèce après le coup d’Etat manqué au pays voisin en juillet 2016. Dans l’UE, seule l’Allemagne a enregistré plus de demandes pour cette période, de même source.
Comme dans les années 1980 et 1990 où affluaient des militants de gauche et kurdes, la Grèce est redevenue une terre d’asile pour les Turcs fuyant la répression orchestrée par le régime d’Ankara à la suite du coup d’Etat manqué de juillet 2016.
Les relations entre Athènes et Ankara sont affectées en outre depuis des mois par le refus grec d’extrader huit officiers turcs ayant fui en hélicoptère en Grèce au lendemain de cette tentative de coup d’Etat.
La presse grecque a affirmé la semaine dernière que trois personnes mortes le 13 février en tentant de franchir clandestinement le fleuve séparant la Grèce de la Turquie à leur frontière terrestre étaient des candidats à l’asile. L’agence de presse turque étatique, Anadolu, avait fait part de la mort de deux jeunes garçons et d’une femme, mais sans précision sur leur identité.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ L’embellie économique s’accompagne, un peu partout, d’une montée des revendications salariales. Mais dans plusieurs pays, les responsables politiques sont parfois obligés de s’en mêler.
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En Espagne et au Japon, la modestie des augmentations salariales a contraint l’exécutif à intervenir

L’embellie économique s’accompagne, un peu partout, d’une montée des revendications salariales. Mais dans plusieurs pays, les responsables politiques sont parfois obligés de s’en mêler.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
20.02.2018 à 12h02
   





                        



                                


                            

Des salariés de l’industrie allemande, qui viennent de décrocher 4,3 % d’augmentation, aux fonctionnaires slovènes, qui en sont à leur quatrième grève en un mois, l’embellie économique s’accompagne, un peu partout, d’une montée des revendications salariales. Même si, dans plusieurs pays, le lien entre emploi et salaires n’est plus ce qu’il était avant la crise, contraignant parfois les responsables politiques à s’impliquer…
Espagne
Les salaires ont baissé de 7,6 % entre 2009 et 2014, selon les syndicats espagnols, les rémunérations ne décollent guère, malgré la reprise. L’Institut national de la statistique (INE) a fait état d’une baisse de 0,8 % du salaire moyen en 2016, alors que les bénéfices des entreprises explosent. Les économistes expliquent cette situation par la précarité de l’emploi et un taux de chômage élevé, à 16 %.
Après avoir demandé en vain, l’an dernier, au patronat de faire en sorte que les salaires suivent la courbe ascendante de la croissance, le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy a pris le taureau par les cornes. Et augmenté le salaire minimum de 8 %, le 1er janvier 2017, puis de 4 %, un an plus tard. Le premier ministre a même promis de le porter de 858,55 euros par mois à 990 euros en 2020. A condition que le PIB progresse de plus de 2,5 % par an et que l’économie crée plus de 450 000 emplois par an d’ici là. Les syndicats jugent l’objectif plausible.
Royaume-Uni
Après une décennie de stagnation du pouvoir d’achat – il reste 3 points en dessous de son pic de 2008 –, la banque d’Angleterre commence à croire à un retournement. « Il y a des signes de croissance des salaires », estimait son rapport trimestriel du 7 février. La hausse atteint 2,5 % sur un an, contre 2 % un an plus tôt. Mais elle reste inférieure à l’inflation (3 %). Si cette tendance se confirme, cela mettrait fin à des années d’étrange faiblesse des salaires dans un pays où le chômage est à 4,3 % et le taux d’emploi à 75,3 %.
Les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Dans sa chronique, Philippe Pons, journaliste au « Monde », revient sur la symbolique du match de hockey entre le Japon et la Corée unifée, sur fond de passé et de rancoeur colonials.
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JO 2018 : Corée-Japon, un match devant l’histoire

Dans sa chronique, Philippe Pons, journaliste au « Monde », revient sur la symbolique du match de hockey entre le Japon et la Corée unifée, sur fond de passé et de rancoeur colonials.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 11h54
    |

            Philippe Pons (Tokyo, correspondant)








                        



                                


                            

Chronique. Ces Jeux, ils sont pour les sportifs ou pour les politiques ? », entendait-on à Séoul quelques jours avant l’ouverture des Jeux de Pyeongchang. Dix jours après le début des épreuves, le sport a repris le dessus. Mais derrière l’esprit de compétition se profilent des ressentiments enracinés et des épisodes historiques non assumés. La colère suscitée dans une partie de l’opinion sud-coréenne par la constitution de l’équipe unifiée Nord-Sud de hockeyeuses, qui aurait entamé les chances de l’équipe nationale, a été attisée par les nettes défaites contre la Suisse (8-0) puis la Suède (sur le même score). La troisième rencontre a permis de sauver la face (4-1 pour le Japon). Surtout, elle est parvenue à rassembler les Coréens. « Un but de la Corée unie contre le Japon : c’est beaucoup pour nous », s’exaltait à la sortie du match un spectateur originaire du Sud.
Les médias internationaux n’ont pratiquement pas couvert cette rencontre qui, d’un point de vue strictement sportif, ne revêtait guère d’importance. Sauf pour les Coréens. Autant l’équipe unie les avait divisés, autant ce match les unissait dans le même espoir : faire mordre la poussière à l’ancienne puissance colonisatrice (1910-1945). « Une Corée unie battant le Japon sur notre sol serait mon plus grand bonheur », confiait un commerçant du grand marché de Dongdaemun, à Séoul, peu avant le match. Ceux qui ont connu la colonisation sont bien âgés mais la blessure ne s’est jamais refermée. La jeune génération sud-coréenne se sent proche, par sa propre culture pop, de ses contemporains japonais. Mais partager l’air du temps ne signifie pas forcément oublier le passé, instrumentalisé par les politiques.
« Nous sommes un »
La colonisation japonaise de la péninsule fut brutale par sa tentative d’assimilation d’une nation fière d’une civilisation cinq fois millénaire. Et elle a laissé des rancœurs tenaces, et le sport ne fut pas épargné....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Un avion de ligne iranien s’est écrasé dimanche 18 février avec à son bord 66 personnes. Un accident qui soulève la question de l’état de la flotte et qui fait ressurgir des tensions entre adversaires et partisans du président Hassan Rohani.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Au centre de rétention administrative de Vincennes, sur 4085 personnes, près d’une sur deux sera remise dans un avion vers son pays d’origine.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
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« Est-ce normal que je sois dans ce centre de rétention alors que je vis en France depuis dix ans ? »

Au centre de rétention administrative de Vincennes, sur 4085 personnes, près d’une sur deux sera remise dans un avion vers son pays d’origine.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 11h42
 • Mis à jour le
20.02.2018 à 11h43
    |

            Maryline Baumard








                        



                                


                            

La télé allumée tente d’habiller la grande salle commune. Mais personne ne la regarde ni ne l’entend vraiment. Ici, chacun vit dans son petit monde avec sa galère. « Vous trouvez normal que je sois là alors que je vis en France depuis dix ans ? », s’insurge un Algérien, en colère. « Moi j’ai été arrêté en allant bosser. Vous croyez que je vais perdre mon travail ? », lance un Marocain interpellé à la gare du Nord lors d’un contrôle d’identité. En 2017, 4 085 personnes sont passées entre les murs du centre de rétention administrative de Vincennes (CRA), dont 1 298 Maghrébins. Ils constituent le premier groupe enfermé dans cet endroit.

Au CRA 1, la matinée de ce jeudi 8 février s’éternise un peu. Comme si, dans l’enceinte de ce lieu qui ne s’appelle pas « prison » mais y ressemble fort, le temps s’écoulait plus doucement que dehors. Dans le bois de Vincennes, pourtant, les joggeurs courent, libres, ignorant qu’on prive de liberté, si près d’eux. Le centre de rétention de Vincennes, comme les 25 autres que compte la France, est fait pour préparer les éloignements d’étrangers à qui il manque un titre de séjour. Odile Ghermani s’accommode mal de cette idée, alors, cette retraitée membre de la Cimade et de la Ligue des droits de l’homme, visite les « retenus » et invite les parlementaires, pour sensibiliser. C’est ainsi que deux députés LRM, Denis Masséglia et Nicole Dubré-Chirat, se sont retrouvés dans ce lieu à tenter d’imaginer ce que pourraient signifier cent trente-cinq jours dans les préfas.
Tenu par une cinquantaine de policiers
Cent trente-cinq jours, c’est cette durée de rétention que la loi « pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif », présentée en conseil des ministres mercredi 21 février, pose comme limite en lieu et place des quarante-cinq jours actuels. Pour comprendre, les yeux de Mme Dubré-Chirat fouillent les détails du lieu, tentent d’imaginer ce que vivent les retenus....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Editorial. Le troisième plan d’aide à Athènes est négocié actuellement. Après huit ans d’austérité, le pays commence à se redresser.
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Dette : il est temps d’alléger le fardeau de la Grèce

Editorial. Le troisième plan d’aide à Athènes est négocié actuellement. Après huit ans d’austérité, le pays commence à se redresser.



Le Monde
 |    20.02.2018 à 11h40
   





                        



   


Editorial du « Monde ». La Grèce est-elle enfin capable de voler de ses propres ailes ? Après huit ans d’austérité, qui se sont traduits par plusieurs centaines de réformes, exigeant de la part de la population des efforts et des sacrifices qu’aucun autre pays en Europe n’a eu à subir en temps de paix, Athènes aborde la dernière étape du plan d’aide décidé dans la douleur en août 2015.
Ce plan est le troisième, après ceux de 2010 et de 2011, transformant la Grèce en tonneau des Danaïdes de l’Europe, absorbant au total 346 milliards d’euros de prêts pour maintenir vaille que vaille son économie à flot et éviter au pays une sortie de l’euro. A Bruxelles comme à Athènes, personne ne veut entendre parler d’un quatrième plan. Mais après avoir été sous perfusion du mécanisme européen de stabilité, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international pendant huit ans, la Grèce peut-elle redevenir un membre de l’Union comme les autres, capable de se financer sur les marchés ? La partie est loin d’être gagnée.
Retour de la croissance
Du côté de la conjoncture, même si le pays est encore en convalescence, des signes d’amélioration apparaissent. Après neuf ans de recul continu de son PIB, qui a perdu un quart de sa valeur, la Grèce a enfin retrouvé la croissance en 2017, avec une progression de 1,6 %. Le rythme devrait encore s’accélérer en 2018 et 2019, avec une hausse de 2,5 %. Mais il est évidemment trop tôt pour parler de phénomène de rattrapage.
En fait, ces chiffres cachent d’importantes fragilités. L’accélération s’explique essentiellement par le rebond de l’ensemble de la zone euro, qui tire l’économie grecque, et par la reprise du tourisme. Mais l’investissement privé continue de reculer. Le secteur bancaire, plombé par les créances douteuses, n’étant toujours pas capable de financer l’économie.
Surtout, la dette publique, qui représente 177 % du PIB, reste à un niveau qui n’est pas soutenable. Certes, les agences de notation financière viennent de relever la note de la Grèce, mais celle-ci reste en catégorie spéculative.
Le rôle-clé de l’Allemagne
Aujourd’hui, un certain consensus se dégage au sein de l’Eurogroupe pour alléger la charge qui pèse sur le pays. S’il n’est pas question d’effacer d’un trait de plume les créances, les ministres des finances des Etats membres de la zone euro réfléchissent notamment à rallonger la maturité de la dette.
Les plus durs envisagent de conditionner ce rééchelonnement. Qu’il s’agisse de nouveaux efforts ou d’engagements fermes de la part d’Athènes à ne pas revenir sur les réformes imposées ces dernières années, les pays de la zone euro doivent rester mesurés dans leurs exigences. Jusqu’à présent, le premier ministre, Alexis Tsipras, avec un certain courage, a accepté de faire subir à son pays trois ans de rigueur supplémentaires, en contradiction complète avec ses promesses électorales. Son parti, Syriza, est aujourd’hui en perte de vitesse.
Fragiliser un peu plus le leadeur de la gauche radicale à un an de nouvelles élections législatives ne serait pas forcément un bon calcul pour la stabilité politique du pays. L’Allemagne, en tant que premier créancier de la Grèce, doit réfléchir à deux fois avant d’imposer de nouvelles conditions. Le départ du très rigoriste Wolfgang Schäuble du ministère allemand des finances à l’automne 2017 et la formation d’une nouvelle coalition intégrant les sociaux-démocrates doivent constituer une bonne occasion pour que la Grèce entrevoie enfin le bout du tunnel.



                            


                        

                        

