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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-1"> ¤ L’auteur du film « Tilaï », Grand Prix du jury au Festival de Cannes en 1990, est mort le 18 février à Ouagadougou.
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Idrissa Ouedraogo, le cinéaste burkinabé qui se battait contre la fatalité

L’auteur du film « Tilaï », Grand Prix du jury au Festival de Cannes en 1990, est mort le 18 février à Ouagadougou.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 12h07
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

Ils ne sont plus si nombreux, ces réalisateurs dont les images ont pu faire espérer aux cinéphiles de la planète que les cinémas d’Afrique noire se joindraient durablement à la grande démocratie du septième art. On sait aujourd’hui, hélas, qu’il n’en a pas été ainsi. Tout au plus compagnonne-t-on avec de grandes et belles voix solitaires – celles d’un Ousmane Sembène et d’un Djibril Diop Mambety (Sénégal), d’un Souleymane Cissé (Mali), d’un Hailé Guerima (Ethiopie), d’un Abderrahmane Sissako (Mauritanie), d’un Mahamat Saleh-Haroun (Tchad). Le Burkinabé Idrissa Ouedraogo, qui s’est éteint le dimanche 18 février à Ouagadougou, à l’âge de 64 ans, est de celles-ci.
Né le 21 février 1954 dans ce qui était encore une colonie française (la Haute-Volta, indépendante en 1960, rebaptisée Burkina Faso en 1984 par le président Thomas Sankara), il se forme à l’Institut africain d’études cinématographique de Ouagadougou, en sort major et crée dans la foulée une société de production pour financer son premier court-métrage, Poko, en 1981. Lapidaire, le film dessine le destin fatal d’une jeune villageoise enceinte qui aurait besoin d’être transportée en ville afin de soigner les complications de sa grossesse. Le village étant éloigné de tout, transportée à main d’hommes sur une charrette, elle meurt finalement simplement en route, et le groupe qui l’accompagne fait demi-tour. Fin de l’histoire. Et tout est dit. La fatalité, la misère, la résignation, le scandale. D’une simplicité biblique, quasiment dépourvu de dialogues, tourné avec les habitants du village, Poko annonce le cinéma documenté et stylisé tout à la fois d’Ouedraogo.
« Yabaa », récit de formation
Après quelques autres courts-métrages, il peaufine ensuite sa formation cinématographique tant en Union soviétique qu’en France. De retour au pays, il signe son premier long-métrage, Le Choix, en 1987, chronique d’une famille de paysans fuyant la sécheresse au Sahel, et retrouvant,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-2"> ¤ Droits d’auteur, financement, diffusion : un collectif de cinéastes européens, dont les frères Dardenne, Cédric Klapisch et Ken Loach, listent dans une tribune au « Monde » leurs priorités à l’heure où la Commission de Bruxelles doit rendre des arbitrages sur sa politique médias.
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« Une vision et une ambition politique fortes pour le cinéma européen »

Droits d’auteur, financement, diffusion : un collectif de cinéastes européens, dont les frères Dardenne, Cédric Klapisch et Ken Loach, listent dans une tribune au « Monde » leurs priorités à l’heure où la Commission de Bruxelles doit rendre des arbitrages sur sa politique médias.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 11h13
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. La culture européenne est la mise en commun de toutes les singularités, façons d’être et de voir, traditions, langues et histoires propres à chaque pays. A l’heure du Brexit et des nationalismes montants, l’Europe doit comprendre que sa force demeure dans sa capacité de dialogue entre union et identités spécifiques. C’est notre force et non pas notre faiblesse : ne pas comprendre cette dualité nous mènera à notre perte.
Cinéastes, nous portons le projet d’une véritable Europe de la création, guidée par l’exception culturelle. Nous sommes convaincus que le numérique est une chance immense pour la création et la circulation des œuvres : la diversité peut ainsi être exposée dans chaque Etat membre, auprès de tous les spectateurs. Il n’y a pas de petit ou grand Etat européen de la création ; il y a une formidable richesse de regards.
L’ère du numérique, des nouvelles technologies et des nouveaux usages doit être l’occasion de proposer une vision et une ambition politique fortes ! Alors que des arbitrages politiques aux conséquences importantes vont être rendus cette année, nous, cinéastes européens, rappelons ce qui constitue pour nous des priorités.
Une juste rémunération des auteurs
La lutte contre le piratage est une priorité absolue, commune aux institutions européennes et aux Etats membres. Chaque œuvre et chaque travail consenti pour l’accomplissement de cette œuvre ont une valeur ! Une grande Europe de la création est possible si nous affirmons, au cœur de l’économie numérique, la défense de droits fondamentaux, et un partage de valeurs équilibré entre tous les acteurs de la chaîne.
Le projet de directive sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique est une occasion unique d’assurer aux auteurs une rémunération juste, proportionnelle et inaliénable lorsque leurs films et œuvres audiovisuelles sont regardés sur des plates-formes numériques. Il est temps de mettre en place un mécanisme européen...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-3"> ¤ La soirée de récompenses du cinéma britannique a également été marquée par la mobilisation contre les abus sexuels.
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Article sélectionné dans La Matinale du 18/02/2018
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« 3 Billboards » triomphe à la cérémonie des Bafta

La soirée de récompenses du cinéma britannique a également été marquée par la mobilisation contre les abus sexuels.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 22h32
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 07h27
   





                        


Cinq prix, dont « meilleur film », « meilleur scénario » et « meilleure actrice ». Le long-métrage de Martin McDonagh, 3 Billboards, Les panneaux de la vengeance, a triomphé, dimanche 18 février, lors de la cérémonie des Bafta, les récompenses du cinéma britannique. Une soirée marquée également par la mobilisation contre les abus sexuels, alors que l’industrie du cinéma a été secouée par plusieurs scandales au cours des derniers mois.

        Lire la critique de « 3 Billboards » :
         

          Une soif de vengeance désespérée



« Je suis solidaire de mes sœurs de lutte », a ainsi déclaré l’Américaine Frances McDormand, en référence aux campagnes #metoo et Time’s Up, lorsqu’elle a reçu le Bafta de la « meilleure actrice ». Comme un symbole, elle incarne dans 3 Billboards une mère qui se bat pour obtenir justice. « Ce film est à la fois plein d’espoir et de colère », a souligné, de son côté, le cinéaste britannique Martin McDonagh.
« Comme on l’a vu ces derniers temps, la colère est parfois le seul moyen de se faire entendre et d’obtenir un changement. »
Hommages
Le film fantastique La forme de l’eau, qui totalisait douze nominations, est reparti avec trois distinctions, dont celle de « meilleur réalisateur » pour le Mexicain Guillermo del Toro. Il a rendu hommage à la « culture anglaise », une « source d’inspiration », et en particulier à Charlie Chaplin et Stan Laurel, « qui savaient faire tellement avec tellement peu », ainsi qu’à l’auteure Mary Shelley, mentionnant son roman Frankenstein ou le Prométhée moderne.
Déjà primé aux Golden Globes de la presse étrangère à Hollywood, Gary Oldman reçu pour la première fois de sa carrière le Bafta du « meilleur acteur », pour son interprétation de Winston Churchill dans Les Heures sombres. Il a salué l’homme d’Etat britannique dans son discours de remerciement.
« En 1940, il a su maintenir les valeurs d’honneur, d’intégrité et de liberté pour cette nation et le monde. »
Le film a également remporté le prix du « meilleur maquillage » : la transformation physique opérée sur Gary Oldman nécessitait pas moins de quatre heures de travail quotidien.
Le réalisateur anglais Ridley Scott a, lui, reçu la plus haute distinction de l’académie britannique du cinéma, venant récompenser l’ensemble de sa carrière.
« Une année difficile »
La question du harcèlement sexuel a été abordée dès les premières minutes de la soirée. « Notre industrie a traversé une année difficile. De courageuses révélations de harcèlement et d’abus sexuels se sont succédé », a reconnu Jane Lush, la directrice de l’Académie, dans son discours d’ouverture. Elle a espéré que la mobilisation actuelle, et la publication récente d’une charte, serait un « catalyseur pour un changement durable ».
La maîtresse de cérémonie, l’actrice Joanna Lumley, a elle fait le rapprochement entre le combat mené par les Suffragettes il y a un siècle pour obtenir le droit de vote, et la campagne Time’s Up, y voyant la même « détermination pour éradiquer les abus dont sont victimes les femmes ». De nombreuses stars, dont Angelina Jolie, Salma Hayek ou Margot Robbie, s’étaient présentées vêtues de noir, répondant ainsi à l’appel lancé dans le cadre de ce mouvement contre les violences sexuelles.

        Lire aussi :
         

                « Time’s Up » à Hollywood, un fonds pour soutenir toutes les victimes de harcèlement sexuel



Dans la journée, près de 200 femmes, parmi lesquelles Keira Knightley, Naomie Harris ou Jodie Whittaker avaient publié une tribune et lancé un fonds visant à financer des campagnes d’information et soutenir des actions en justice contre les comportements de harcèlement.
« Dans un passé récent, nous vivions dans un monde où le harcèlement sexuel constituait (…) un aspect inévitable et pénible de la vie d’une femme », écrivent-elles. « On ne pouvait pas en parler. Mais en 2018, nous nous réveillons dans un monde prêt pour le changement. »

Le palmarès de la cérémonie des Bafta
Les récompenses remises dimanche 18 février lors des Bafta, la cérémonie des récompenses britanniques du cinéma.
Meilleur film : Three Billboards : les panneaux de la vengeance
Meilleur réalisateur : Guillermo del Toro (La forme de l’eau)
Meilleure actrice : Frances McDormand (Three Billboards : les panneaux de la veangeance)
Meilleur acteur : Gary Oldman (Les heures sombres)
Meilleur actrice dans un second rôle féminin : Allison Janney (Moi, Tonya)
Meilleur acteur dans un second rôle masculin : Sam Rockwell (Three Billboards : les panneaux de la vengeance)
Star montante : Daniel Kaluuya (Get Out)
Meilleur scénario original : Three Billboards : les panneaux de la vengeance, de Martin McDonagh
Meilleur scénario adapté : Call Me by Your Name, de Luca Guadagnino, écrit par James Ivory, d’après le roman d’André Aciman
Meilleur documentaire : I am not Your Negro, de Raoul Peck
Meilleur film d’animation : Coco, de Lee Unkrich
Meilleur film britannique : Three Billboards : les panneaux de la vengeance, de Martin McDonagh
Meilleur film en langue étrangère : Mademoiselle, de Park Chan-wook
Meilleur musique originale : La forme de l’eau, réalisé par Guillermo Del Toro, musique d’Alexandre Desplat





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-4"> ¤ Auteur d’une quarantaine de films, le réalisateur et producteur avait notamment obtenu le prestigieux Grand Prix du jury à Cannes pour « Tilaï », en 1990.
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Le cinéaste burkinabé Idrissa Ouédraogo est mort

Auteur d’une quarantaine de films, le réalisateur et producteur avait notamment obtenu le prestigieux Grand Prix du jury à Cannes pour « Tilaï », en 1990.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 13h47
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 17h34
   





                        



   


Le réalisateur et producteur burkinabé Idrissa Ouédraogo est mort, dimanche 18 février, à l’âge de 64 ans, a annoncé l’Union nationale des cinéastes du Burkina. Il s’est éteint « des suites de maladie » dans une clinique de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, précise le communiqué.
Figure emblématique du cinéma africain des années 1980-2000, Idrissa Ouédraogo est l’auteur d’une quarantaine de films. Le cinéaste a été récompensé dans les plus grands festivals, obtenant notamment le prestigieux Grand Prix du jury du Festival de Cannes pour Tilaï en 1990.

        Lire l’entretien avec Idrissa Ouédraogo :
         

          « Le cinéma low-cost ne veut rien dire »



« Yam daabo » et « Yaaba »
Idrissa Ouédraogo avait débuté sa carrière cinématographique en 1981 avec une fiction intitulée Poko, qui avait obtenu, la même année, le prix du meilleur court-métrage au Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco). Après avoir complété sa formation à l’Institut des hautes études cinématographiques (Idhec) de Paris et à la Sorbonne, il réalise en 1986 son premier long-métrage Yam daabo (« Le Choix »), suivi deux ans plus tard de Yaaba (« Grand-mère »).
En 1990, il sort Tilaï, transposition d’une tragédie grecque dans l’Afrique contemporaine, qui triomphe au Festival de Cannes et au Fespaco, qui le récompense de l’Etalon de Yennenga. Il présidera le jury du Fespaco en 2003.
Idrissa Ouédraogo s’est également essayé au théâtre. En 1991, il avait mis en scène La Tragédie du roi Christophe, d’Aimé Césaire, à la prestigieuse Comédie-Française à Paris.
« Le Burkina Faso vient de perdre un réalisateur à l’immense talent », qui « aura beaucoup œuvré au rayonnement du cinéma burkinabé et africain hors de nos frontières », a réagi le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, dans un communiqué dimanche.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-5"> ¤ L’héroïne de la saga « Harry Potter », Emma Watson, est l’une des personnalités à l’origine de ce plan, qui obligera la présence sur chaque tournage d’un homme et d’une femme chargés de l’égalité et du harcèlement.
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A Londres, l’industrie cinématographique s’engage contre le harcèlement sexuel

L’héroïne de la saga « Harry Potter », Emma Watson, est l’une des personnalités à l’origine de ce plan, qui obligera la présence sur chaque tournage d’un homme et d’une femme chargés de l’égalité et du harcèlement.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 17h29
   





                        



   


Après Hollywood, Londres entend bien à son tour s’engager contre le harcèlement sexuel dans le secteur du divertissement. Dans la lignée du fonds d’action « Time’s Up », créé aux Etats-Unis après le séisme déclenché par l’affaire Weinstein, les institutions audiovisuelles de Grande-Bretagne ont lancé à la mi-février une campagne de prévention contre le harcèlement sexuel dans le monde du cinéma, de la télévision et du jeu vidéo.
Les Bafta – l’équivalent des Césars dans le cinéma britannique –, le BFI (British Film Institute) et Equity (le syndicat des artistes), se sont engagés à davantage de vigilance pour traiter équitablement les femmes travaillant dans cette industrie, notamment en termes de salaire. Le plan d’action prévoit également la présence sur chaque tournage d’un homme et d’une femme chargés de l’égalité et du harcèlement. Une ligne d’écoute a par ailleurs été mise en place, spécialement pour celles et ceux qui travaillent dans ce milieu du divertissement.
Pour s’assurer que le secteur joue le jeu de ces nouvelles exigences, aucun film ne pourra prétendre à recevoir un Bafta ou être financé par le BFI sans avoir adhéré à ce plan.

        Lire aussi :
         

                Affaire Weinstein, pratiques sur les tournages... la réponse de Tarantino à Uma Thurman



« Un monde qui semble mûr pour le changement »
Cette campagne de prévention a été lancée à l’initiative de près de 200 actrices, réalisatrices, productrices ou monteuses britanniques. Dans une lettre publiée par le Guardian, elles expliquent souhaiter « célébrer cet incroyable moment de solidarité et d’unité qui traverse les frontières », et rappellent que « le mouvement est bien plus grand que ce qui change dans notre seule industrie ». 
« Dans un passé encore très récent, nous vivions dans un monde où le harcèlement sexuel était une blague inconfortable – une partie désagréable mais inévitable de la vie d’une femme. Ce n’était évidemment pas sujet de réflexion, donc évidemment pas quelque chose sur lequel la société souhaitait travailler. En 2018, nous nous réveillons dans un monde qui semble mûr pour le changement. »
Parmi les signataires, plusieurs personnalités de premier plan comme la star de « Doctor Who », Jodie Whittaker, les actrices Gemma Arterton, Carey Mulligan et Keira Knightley, ou encore l’héroïne de la saga « Harry Potter », Emma Watson. Cette dernière a d’ailleurs annoncé avoir donné 1 million de livres sterling pour cette campagne contre le harcèlement sexuel.
La thématique devrait être largement évoquée dimanche 18 février au soir, à l’occasion de la cérémonie des Bafta. Consigne a été donnée aux femmes qui souhaitaient marquer leur soutien à cette campagne de se vêtir entièrement de noir, à l’instar de ce qui avait été fait aux Golden Globes 2018.

        Lire aussi :
         

                #BalanceTonGoldenGlobe en noir






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-6"> ¤ Le « Boston Globe » a publié une enquête dans laquelle plusieurs femmes accusent le photographe français, ainsi que d’autres professionnels de la mode, de comportements déplacés.
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Le photographe Patrick Demarchelier accusé de harcèlement sexuel

Le « Boston Globe » a publié une enquête dans laquelle plusieurs femmes accusent le photographe français, ainsi que d’autres professionnels de la mode, de comportements déplacés.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 02h20
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 17h15
   





                        



   


Le photographe français de mode Patrick Demarchelier a été accusé de harcèlement sexuel par au moins sept femmes, dont les témoignages ont été recueillis par le Boston Globe et publiés vendredi 16 février.
Le quotidien laisse notamment la parole à une ancienne assistante de Patrick Demarchelier, qui affirme avoir cédé aux avances insistantes du photographe, de peur de compromettre son avenir professionnel si elle persistait à refuser. L’ex-employée du photographe dit en outre avoir demandé instamment à la directrice artistique du groupe Condé Nast, la très influente Anna Wintour, de ne plus laisser le photographe travailler avec de jeunes mannequins.
Le Boston Globe cite également le cas de six autres femmes qui accusent toutes le Français, âgé de 74 ans, de harcèlement sexuel. L’une d’elles raconte ainsi que le photographe lui a mis la main sur ses parties génitales, et une autre qu’il lui a agrippé la poitrine.
Sollicité par l’AFP, Patrick Demarchelier n’a pas donné suite dans l’immédiat.
Patrick Demarchelier fait partie des plus grands photographes de mode et du show-business. Certains de ses clichés de la princesse Diana, de Madonna ou d’Angelina Jolie ont fait le tour du monde. Le photographe né au Havre (Normandie), dont le travail a fait l’objet d’une exposition en 2008 au Petit-Palais à Paris, est aussi l’auteur de nombreuses couvertures d’albums, entre autres pour Elton John et Céline Dion.
Sa célébrité dans le milieu de la mode est telle que son nom est cité à plusieurs reprises dans le film Le diable s’habille en Prada, satire du monde de la mode où Meryl Streep campe un personnage inspiré d’Anna Wintour.
D’autres photographes accusés
La Globe Spotlight Team, qui a mené cette enquête, est une équipe de six reporters d’investigation, héritière de celle qui avait révélé, en 2002, comment la hiérarchie catholique locale avait couvert des abus sexuels commis par quelque 90 prêtres à Boston et dans les environs pendant plusieurs décennies. L’histoire a servi de base au film Spotlight, qui a reçu l’Oscar du meilleur film en 2016.
L’enquête sur le monde de la mode publiée vendredi par le journal met en cause d’autres photographes, notamment Seth Sabal, Greg Kadel ou Andre Passos, ainsi que le styliste Karl Templer. L’enquête du Boston Globe mentionne aussi le nom de David Bellemère, photographe français accusé de harcèlement sexuel par deux femmes.
Depuis l’éclatement de l’affaire Weinstein, plusieurs grands photographes de mode ont été accusés de harcèlement sexuel, principalement Bruce Weber, Terry Richardson et Mario Testino. Plusieurs de leurs clients, notamment le groupe Condé Nast, ont indiqué publiquement qu’ils ne souhaitaient plus travailler avec eux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-7"> ¤ Quelque 400 films seront projetés lors de la 68e édition du festival de cinéma, qui se met à l’heure du mouvement #metoo.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Menu pantagruélique à la Berlinale

Quelque 400 films seront projetés lors de la 68e édition du festival de cinéma, qui se met à l’heure du mouvement #metoo.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 10h31
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 10h41
    |

                            Thomas Sotinel (Berlin, envoyé spécial)








                        



   


Bill Murray, Greta Gerwig, Bryan Cranston et Wes Anderson, acteurs et réalisateur de L’Ile aux chiens, ont foulé le tapis rouge pour l’ouverture de la 68e Berlinale, jeudi 15 février. L’information, dépourvue d’intérêt dans la liturgie ordinaire des festivals, a retenu l’attention : une pétition lancée par l’actrice Claudia Eisinger (qui joue entre autres dans la série Tatort) exigeait que le tapis soit noir, en signe de solidarité avec le mouvement #metoo. Dieter Kosslick, le directeur de la Berlinale, a décliné, déclarant que le festival « ne s’engagerait pas dans une politique des symboles ».
Enorme manifestation publique (environ 400 films projetés, presque un demi-million de billets vendus en 2017) et professionnelle (l’European Film Market), la Berlinale est sensible aux mouvements de l’époque. D’ici au 25 février, elle aura accueilli deux rencontres, consacrées l’une à l’égalité entre genres dans l’octroi des aides publiques à la création, l’autre à la lutte contre le harcèlement sexuel dans l’industrie cinématographique. Prenant la parole pendant la cérémonie d’ouverture, Monika Grütters, la commissaire fédérale aux arts et aux médias, a rappelé que l’Allemagne avait rendu obligatoire la parité dans les commissions qui attribuent les aides aux productions cinématographiques.
Quatre films de réalisatrice
Si le jury, présidé par le réalisateur allemand Tom Tykwer (Cours, Lola, cours), compte dans ses rangs trois femmes (l’actrice belge Cécile de France, la productrice américaine Adele Romanski et la critique américaine Stephanie Zacharek) et trois hommes (outre Tykwer, le musicien japonais Ryuichi Sakamoto et l’ex-directeur de la Filmothèque espagnole Chema Prado), quatre films sur les dix-neuf qui concourent pour l’Ours d’or ont été réalisés par des femmes, parmi lesquelles Emily Atef. L’Allemande présente Trois jours à Quiberon, qui raconte comment Romy Schneider accorda, en 1981, son ultime entretien à un journal allemand.
On attend aussi Unsane, de Steven Soderbergh, thriller hospitalier tourné avec un téléphone portable, et La Saison du diable, du Philippin Lav Diaz, qui, cette année présente un film moitié moins long que sa Berceuse pour le mystère de la douleur, projeté pendant huit heures à la Berlinale 2016. La France est représentée par Benoît Jacquot, pour une nouvelle adaptation d’Eva, le roman de James Hadley Chase, et Cédric Kahn, avec La Prière, qui suit les efforts d’un jeune toxicomane pour s’arracher à l’addiction, au sein d’une communauté catholique.
Foisonnement des sections parallèles
Il faudra aussi chercher dans le foisonnement des sections parallèles, Panorama et Forum. On y repère quelques noms connus : Claire Simon, avec Premières Solitudes, les Suisses Ursula Meier et Lionel Baier, le documentariste congolais Dieudo Hamadi, avec Kinshasa Makambo, tourné pendant les affrontements qui suivirent la réforme constitutionnelle imposée par le président Kabila. Ce menu pantagruélique est complété par une rétrospective du cinéma de la République de Weimar mêlant noms connus (G.W. Pabst, Leni Riefenstahl) et redécouvertes.
Avant de se jeter dans ce grand bain, il était salutaire de se rafraîchir avec L’Ile aux chiens. Les vedettes présentes dans la grande salle de la Marlene-Dietrich-Platz n’étaient pas à l’écran, puisque Wes Anderson s’est contenté de leur demander de prêter leur voix. Ce film d’animation situé dans un Japon futuriste emprunte à toute l’histoire du cinéma nippon, de Kurosawa à Miyazaki, pour livrer un conte moral où les chiens doivent se révolter afin de regagner leur place de meilleur ami de l’homme. L’Ile aux chiens sortira en France le 11 avril.

Sur le Web : www.berlinale.de



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-8"> ¤ Alors qu’une école d’éducation à l’image va ouvrir en septembre, des incertitudes pèsent sur la programmation cinématographique.
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Le Forum des images, un trentenaire en plein doute

Alors qu’une école d’éducation à l’image va ouvrir en septembre, des incertitudes pèsent sur la programmation cinématographique.



Le Monde
 |    16.02.2018 à 10h09
 • Mis à jour le
16.02.2018 à 10h35
    |

            Clarisse Fabre








                        



                                


                            

Etrange anniversaire : le Fo­rum des images, créé en 1988 dans le quartier des Halles, à Paris, a trente ans. Mais, pour l’heure, l’équipe est occupée à gamberger sur son avenir. Ce lieu consacré aux images sous toutes ses formes n’a cessé d’évoluer avec les technologies. Initialement dévolu à la mémoire cinématographique de Paris, le « Forum » a développé une programmation foisonnante, avec des festivals grand public (Tout-petits cinéma, à partir de 18 mois) ou plus politiques (Un état du monde), auxquels s’ajoutent des master-class, des ateliers, drainant 300 000 spectateurs par an.
Le tournant qui s’annonce aujourd’hui est d’une autre teneur : la Ville de Paris a décidé d’implanter au Forum une école d’éducation à l’image, sur le modèle de l’école Tumo, située à Erevan, en Arménie. Elle s’adressera aux jeunes de 12 à 18 ans ainsi qu’aux adultes. De l’avis de spécialistes, cette institution serait performante pour aiguiser le regard des jeunes générations grâce à une pédagogie alternant cours théoriques et fabriques de films. « L’évolution ne nous fait pas peur, c’est notre ADN, mais l’incertitude et l’absence de réponses à nos questions nous font craindre le pire », résume un membre du Collectif de défense du Forum. Certains ont choisi de se mobiliser, d’autres préfèrent œuvrer au rapprochement avec la future école.
Malentendus avec la Ville de Paris
Les derniers mois écoulés ont été source de malentendus entre la Ville de Paris, principal financeur de l’établissement (avec une dotation annuelle de 6 millions d’euros) et les salariés. Le 4 juillet 2017, ceux-ci apprenaient dans la presse le départ de leur directrice, Laurence Herszberg, après quinze ans de mandat. Une autre nouvelle est tombée : Mme Herszberg a emmené dans ses bagages un festival « maison », SériesMania, devenu très populaire, qu’elle va désormais piloter à Lille – la première édition est prévue du 27 avril au 5 mai. Le Forum est amputé d’un événement phare.

Contactée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-9"> ¤ La Cinémathèque française, à Paris, consacre une rétrospective au réalisateur de « Freaks », jusqu’au 4 mars.
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Les outre-mondes du cinéaste Tod Browning

La Cinémathèque française, à Paris, consacre une rétrospective au réalisateur de « Freaks », jusqu’au 4 mars.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 07h39
    |

                            Mathieu Macheret








                        



                                


                            

Il fut, pour l’écran, l’un des plus grands peintres du bizarre et de l’étrange, familier des limbes et des marécages, de ces marges brumeuses où les contours de l’humain se confondent avec les déformations hideuses de l’inhumain. Il fut l’auteur de Freaks, la monstrueuse parade (1932), film maudit à la postérité considérable et sans doute l’une des charges les plus virulentes jamais portées contre la normativité physique et morale du spectacle hollywoodien. L’indispensable Tod Browning (1880-1962), figure fascinante et insaisissable du cinéma américain, revient planter son chapiteau macabre et inquiétant, peuplé de masques grotesques et de violentes passions, dans les salles de la Cinémathèque française, qui lui consacre une rétrospective, jusqu’au 4 mars.
Né à Louisville, dans le Kentucky, Tod Browning est tombé très tôt dans l’orbite d’un outre-monde mystérieux et nomade : celui du cirque qui passait régulièrement dans sa ville et pour lequel, à 18 ans, il quitte sa famille et devient saltimbanque. Il officie alors autant à l’extérieur qu’à l’intérieur du chapiteau, servant de bateleur pour des exhibitions en tous genres, puis montant sur scène pour exécuter des numéros de magie, de contorsionnisme, de music-hall.
C’est sur une scène de Broadway, en 1913, que Browning est repéré par le monde du cinéma
L’univers bigarré du cirque, son désordre et sa promiscuité, ses artifices et sa monstruosité, nourriront durablement l’imaginaire de ses films les plus célèbres, dont Le Club des trois (1925), L’Inconnu (1927) et Freaks.
C’est sur une scène de Broadway, en 1913, que Browning est repéré par le monde du cinéma. Il fait ses débuts dans l’équipe de David W. Griffith, fondateur du langage classique, en tant qu’acteur burlesque, puis comme réalisateur. Browning enchaîne les films courts, avant d’accompagner la transition générale du cinéma vers la durée du long-métrage. Ses premiers succès publics (La...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-10"> ¤ Interprètes principaux du film d’Annemarie Jacir, « Wajib », les deux hommes militent pour la cause des Palestiniens en Israël.
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Les Bakri, acteurs et résistants palestiniens de père en fils

Interprètes principaux du film d’Annemarie Jacir, « Wajib », les deux hommes militent pour la cause des Palestiniens en Israël.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 07h36
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 09h48
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



                                


                            

Saleh Bakri a posé des sacs-poubelle pleins sur la banquette arrière de sa voiture. En ce moment, il déménage. Du coup, il a moins de temps pour lire, apprendre des langues ou jouer aux échecs, une passion qu’il enseigne aux enfants. Parfois, il s’entraîne sur Internet ou bien devant trois ou quatre échiquiers en même temps. C’est Mohammad, son père, qui lui a communiqué ce goût du jeu. Des jeux. Ce dernier est un acteur et un réalisateur majeur de la scène palestinienne depuis plusieurs décennies. Parmi ses cinq fils, trois ont suivi sa voie. Cette convergence atteint un niveau supérieur, entre Saleh et Mohammad, dans Wajib, le nouveau film d’Annemarie Jacir.

Mohammad Bakri y incarne un père, Abu Shadi ; son fils y joue le rôle de son fils, Shadi. Le résumé le plus sec est le suivant : à Nazareth, les deux hommes distribuent, comme le veut la coutume, des invitations pour le mariage de la fille du patriarche. Abu Shadi est resté vivre à Nazareth, il croit dans la préservation des traditions et dans une forme de proximité avec les juifs israéliens. Son fils, lui, est architecte en Italie, préférant l’exil aux compromis. Au gré de leurs déplacements s’esquisse un tableau impressionniste de la société palestinienne, en tout cas de la minorité arabe – musulmane et chrétienne – dans cette ville israélienne très diverse.
Refus des projets israéliens
Un café dans une jolie ruelle de Haïfa, sur la côte. Les cheveux bouclés en bataille, la barbe indisciplinée, Saleh Bakri cache ses calots bleus derrière des lunettes de soleil. Il a des gestes langoureux, une voix volontairement traînante qui lui permet de mieux choisir ses mots en anglais. Il tire du tabac d’une pochette en cuir et roule une cigarette. Lorsque le sujet abordé devient sensible, il ralentit encore pour se concentrer. On lui parle de cette ville douce, où Arabes et Juifs se mélangent sans heurts. « Cliché ! » Il s’éveille.
« Il n’y a pas de coexistence...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-11"> ¤ La réalisatrice Annemarie Jacir poursuit l’exploration filmique du destin palestinien.
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« Wajib » : retrouvailles familiales dans une Nazareth sous tension

La réalisatrice Annemarie Jacir poursuit l’exploration filmique du destin palestinien.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 07h35
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 07h38
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Abu Shadi, professeur divorcé à Nazareth, proche de la retraite, marie sa fille. Son ex-femme, exilée de longue date aux Etats-Unis, subordonne sa venue à l’état de santé de son mari. Rentré pour l’occasion de Rome où il est architecte, son fils, Shadi, le revoit après une longue absence. Ensemble, ils rendent visite aux invités de la cérémonie pour leur remettre en main propre, comme le veut la coutume du « wajib », le faire-part. Situation idéale pour sceller des retrouvailles aimantes et orageuses à la fois, prendre une température politique glaciale (Nazareth, en Galilée, est la plus grande ville arabe d’Israël) par le biais chaleureux de la fable, documenter la fiction en choisissant à la ville un tandem d’acteurs consistant, comme à la scène, en un père et un fils, en l’occurrence Mohammad et Saleh Bakri, les plus célèbres acteurs palestiniens d’Israël.

        Lire les portraits :
         

          Les Bakri, acteurs résistants de père en fils



L’intelligence du dispositif est naturellement à mettre au crédit de la réalisatrice, la Palestinienne Annemarie Jacir. Née en 1974 à Bethléem, elle a grandi en Arabie saoudite, a été formée au cinéma à New York, et est installée à Amman, en Jordanie, faute d’être autorisée à vivre chez elle. Après Le Sel de la mer, en 2008, et When I Saw You, en 2012, Wajib poursuit l’exploration filmique du destin palestinien en un mantra artistique tenaillé par la question de l’exil et de l’impossible retour. Après la colère et la révolte contenues dans les deux premiers titres, une tonalité nouvelle, qui les assourdit sans les annuler, enrobe ce troisième long-métrage : la douceur et l’humour.
Joute filiale
Le théâtre des opérations oscille entre la vieille Volvo familiale, les gens visités, et les rues qui relient l’une aux autres. Au premier de ces chapitres, outre les dissensions ordinaires qui peuvent aigrir les rapports entre un père et un fils, s’ajoute ici l’ordinaire d’une situation extraordinaire. La dignité bafouée. Le rapport à l’Histoire et à la tradition. Le choix d’une fiancée. La considération pour l’action de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). L’attitude à adopter face aux Israéliens, hostiles, et plus encore amicaux. Autant de questions qui hérissent les deux hommes, le vieux briscard de père étant plus porté à relativiser les idéaux et arrondir les angles que son rejeton, plus tempétueux et d’autant moins disposé au compromis qu’il ne vit plus ici.
Le conflit entre le père et le fils recouvre l’oscillation douloureuse, kafkaïenne, de l’identité des Palestiniens d’Israël
Les gens et la ville forment tout au plus un décor à cette joute filiale, pas assez creusés pour entrer de plain-pied dans la dramaturgie, mais suffisamment esquissés pour qu’on y devine l’arrière-plan du duel affectueux qui tient la vedette. Une ville belle et abandonnée à la fois, jonchée de poubelles et de bâches défigurant des maisons et des paysages à la beauté orientale, des gens sous tension permanente qui s’efforcent de maintenir une tenue entre le stoïcisme de la fidélité à la terre et la mort à soi-même. Le conflit entre le père et le fils recouvre ainsi l’oscillation douloureuse, kafkaïenne, dirait-on, de l’identité des Palestiniens d’Israël, qui ont fait le choix de rester dans un pays dont ils sont devenus citoyens mais qui leur demeure étranger.
L’humour de Wajib, comme politesse du désespoir, place à cet égard le film dans le sillage de l’œuvre d’Elia Suleiman, cet incomparable artiste à qui il revient d’avoir inscrit en lettres de feu le destin palestinien au cinéma, en trois longs-métrages : Chronique d’une disparition (1996), Intervention divine (2002), Le temps qu’il reste (2009). Manifestement inspiré par le premier d’entre eux, Wajib en reprend l’un des motifs de prédilection : l’épuisement moral. Car voilà bien ce qui menace, face au mur d’indifférence qui les environne, l’aspiration comme l’inspiration palestiniennes, ainsi que semble en témoigner l’attristant retrait d’Elia Suleiman. Mais tant qu’il se trouvera un film pour avoir la force de le montrer, l’idée d’épuiser l’épuisement lui-même restera vivante.

Film palestinien d’Annemarie Jacir. Avec Mohammad Bakri, Saleh Bakri, Maria Zreik, Rana Alamuddin (1 h 36). Sur le Web : distrib.pyramidefilms.com/pyramide-distribution-catalogue/wajib-l-invitation-au-mariage.html



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-12"> ¤ Le jeune réalisateur Ryan Coogler parvient à mêler fantaisie et réflexion politique dans cette reprise de l’histoire de ce roi africain imaginé par Marvel à la fin des années 1960.
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« Black Panther » : l’Afrique a enfin son super-héros sur grand écran

Le jeune réalisateur Ryan Coogler parvient à mêler fantaisie et réflexion politique dans cette reprise de l’histoire de ce roi africain imaginé par Marvel à la fin des années 1960.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 07h35
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 13h51
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
Il n’est pas besoin d’apprécier l’univers Marvel, cet entrelacs de personnages et de marques déposées, pour aimer Black Panther. Né en 1967 (quelques semaines avant la fondation du mouvement des Black Panthers) de l’imagination de deux auteurs de comics blancs, Stan Lee et Jack Kirby, ce super-héros africain apparaît, dans le beau film de Ryan Coogler, comme un être de légende et de tragédie, plutôt que comme un produit de confection. Ce qui ne veut pas dire que les millions d’amateurs d’Avengers ou de Spider-Man se sentiront floués. Avec Creed, deuxième long-métrage du jeune metteur en scène (il est né en 1986), Ryan Coogler s’était approprié la légende de Rocky Balboa sans la dénaturer. Cette fois, il respecte les rites inhérents au culte du super-héros tout en les propulsant dans une autre dimension, poétique et politique.

        Lire le décryptage :
         

          « Black Panther » ou comment le premier superhéros noir reprend du pouvoir dans la pop culture américaine



Aux yeux du monde, le Wakanda, contrée d’Afrique équatoriale, est un petit pays enclavé, sans ressources. Pour ses habitants, c’est le summum du développement. Les Wakandais vivent sur un gigantesque gisement de vibranium, métal aux propriétés merveilleuses qui leur a permis de développer une technologie dépassant de loin celles des pays les plus développés. Depuis des temps immémoriaux, le roi du Wakanda reçoit, en même temps qu’il monte sur le trône, des pouvoirs surhumains qui font de lui, quand le besoin s’en fait sentir, un guerrier quasiment invincible, Black Panther. T’Challa (Chadwick Boseman, qui fut récemment à l’écran un autre super-héros, James Brown) vient de succéder à son père assassiné par un terroriste international, épisode relaté dans Captain America : Civil War.
Quand la caméra s’aventure dans les rues, on découvre un joli mélange de grouillement équatorial et de high-tech
Le jeune roi affrontera plus d’épreuves qu’Hamlet et Winston Churchill réunis. Surgi du ghetto d’Oakland, un cousin de T’Challa veut le renverser. Ce personnage, incarné par l’acteur d’élection de Ryan Coogler, Michael B. Jordan, est un méchant ordinaire et l’expression de la violence afro-américaine. Michael B. Jordan oppose sa fluidité, son ironie à la gravité de Chadwick Boseman, et Ryan Coogler traite leur affrontement avec un souci de la nuance qu’on avait rarement rencontré dans les productions Marvel.
Ce souci d’humaniser une imagerie qui relève ailleurs du domaine du fantasme irrigue tout le film. La capitale de Wakanda ressemble à n’importe quel décor de science-fiction. Quand la caméra s’aventure dans les rues, on découvre un joli mélange de grouillement équatorial et de high-tech.
De même la prépondérance des femmes dans les rangs des personnages secondaires, qui pourrait passer à première vue pour une décision cosmétique, prend une autre résonance avec l’éclosion de personnages fascinants, qu’il s’agisse de la fiancée de T’Challa, Nakia (Lupita Nyong’o), justicière, espionne, militante, de sa sœur Shuri (Letitia Wright), scientifique, adolescente prolongée, de sa majestueuse mère (Angela Bassett) ou de la commandante de sa garde personnelle, Okoye (Danai Gurira). L’idée de l’escorte féminine, empruntée au comics de Lee et Kirby, échappe à sa version patriarcale pour contribuer à peindre une utopie égalitaire (quoique monarchique – malgré ses bonnes idées, Black Panther n’est pas un traité de politique).
Rhinocéros de combat
Il ne faut pas chercher l’Afrique subsaharienne dans cette représentation qui fait communiquer les plateaux d’Afrique australe et la jungle équatoriale, qui invente des montagnes aux sommets blanchis à un continent qui voit fondre les neiges du seul Kilimandjaro. Le Wakanda est l’éden auquel ont été arrachés les esclaves déportés vers l’Amérique et un reflet ironique des Etats-Unis d’aujourd’hui. L’affrontement entre T’Challa l’internationaliste et W’Kabi (Daniel Kaluuya) l’isolationniste ressemble plus à un débat au Congrès des Etats-Unis qu’à une discussion au sein de l’Union africaine.
La réussite de Ryan Coogler est de développer ces interrogations sans sacrifier le rythme de son film (ce que George Lucas n’était pas parvenu à faire dans La Menace fantôme). Les différends se règlent dans des affrontements au corps-à-corps. Au lieu de la cavalerie, ce sont des rhinocéros de combat qui surgissent pour faire la différence. Sans tourner à l’ironie, cette fantaisie soulève Black Panther, qui remporte dès sa première apparition le titre mondial des super-héros, catégorie lourd-léger.

Film américain de Ryan Coogler. Avec Chadwick Boseman, Lupita Nyong’o, Michael B. Jordan, Daniel Kaluuya, Forest Whitaker, Martin Freeman (2 h 14). Sur le Web : marvel.com/blackpanther#, www.facebook.com/BlackPantherMovie et www.corporate.disney.fr/actualite/qui-est-black-panther



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-13"> ¤ Tran Phuong Thao et Swann Dubus consacrent leur documentaire à la décision d’un jeune Vietnamien de réinventer son identité.
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« Finding Phong » : face aux troubles du changement de sexe

Tran Phuong Thao et Swann Dubus consacrent leur documentaire à la décision d’un jeune Vietnamien de réinventer son identité.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 07h31
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Phong, jeune Vietnamien devenu étranger à son corps d’homme, entreprend de devenir une femme, réalité plus accordée à l’image qu’il se fait de lui-même, à son désir profond. Tran Phuong Thao et Swann Dubus, tandem franco-vietnamien de réalisateurs, installés et travaillant au Vietnam, saisissent la balle au bond et entreprennent de documenter ce processus, délicat s’il en est. Le film, outre qu’il remplit sa fonction d’ouverture pédagogique aux phénomènes les plus divers du vaste monde, porte témoignage d’une approche sensible et pénétrante, très éloignée du sensationnalisme ou de la complaisance qu’un tel sujet pourrait occasionner.
La belle idée des réalisateurs aura consisté à prêter, en un premier temps, une caméra à Phong, pour lui permettre d’exprimer sans intermédiaire son malaise et son désir, et aussi, sans doute, pour mieux le connaître. A la suite de quoi les réalisateurs l’ont eux-mêmes filmé. Finding Phong commence donc à la manière d’un journal intime, puis se poursuit à la manière d’un documentaire plus classique.
En prêtant une caméra à Phong, les réalisateurs lui ont permis d’exprimer sans intermédiaire son malaise et son désir
Le film monté a conservé la trace de cette méthode, qui se révèle riche de sens. La première partie ressemble à un mélodrame. Phong, jeune homme exubérant et torturé, possible personnage d’un film imaginaire dont il serait la douloureuse victime, y filme d’une manière presque gênante son mal-être.
Toujours en gros plan, il pleure abondamment face à la caméra, expose avec force mouvements de déploration sa souffrance, s’adresse continûment à sa mère, interlocutrice de prédilection de son marasme mental. Ce faisant, Phong réinvestit sans doute une forme d’expression populaire (le cinéma, le mélo) qui lui permet de rendre concevable et possible, ne serait-ce que vis-à-vis de lui-même, le passage à l’acte radical – tout à la fois déni de filiation et réinvention de l’identité – qu’il s’apprête à commettre.
Excentricité douloureuse
Son voyage en Thaïlande pour étudier les modalités d’une opération considérée dans ce pays comme techniquement et moralement usuelle sert de pivot dans la narration et le registre du récit. Comme si, plus l’intervention devenait concevable, plus Phong se rapprochait dans la réalité de l’image intérieure qu’il se faisait de lui-même, plus le film pouvait s’éloigner du point de vue subjectif et de l’excentricité douloureuse par laquelle il se manifestait, plus le spectateur enfin était confronté au trouble du changement à vue (prise d’hormones, maquillage…) que le film se met dès lors à enregistrer. La caméra changeant de main, le champ, dès lors, s’élargit et s’apaise, dialectise une problématique qui ne cesse pour autant d’être complexe, mais face à laquelle la famille, et plus largement la société, serait enfin conviée à figurer dans le cadre.
A cet égard, les échanges filmés avec les proches, la manière dont les membres de ladite famille se positionnent à l’égard du désir de Phong et l’accompagnent dans sa démarche (angoisse de la mère, zénitude absolue du père, vieux soldat passé par tous les maux de la vie, trouble profond du frère, empathie de la sœur) sont non seulement passionnants, mais témoignent, puisque aussi bien chacun y perdra un fils et un frère, d’une bienveillance aussi désarmante qu’émouvante.



Documentaire vietnamien de Tran Phuong Thao et Swann Dubus (1 h 30). Sur le Web : jhrfilms.com/finding-phong



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-14"> ¤ Le cinéaste continue de creuser la question de la croyance et de sa représentation à l’écran.
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« L’Apparition » : Xavier Giannoli à la poursuite de la foi

Le cinéaste continue de creuser la question de la croyance et de sa représentation à l’écran.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 07h30
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Un crooner passé de mode qui se prend à faire revivre la flamme (Quand j’étais chanteur, 2006). Un escroc déguisé en chef de chantier qui relève le défi du bien commun (A l’origine, 2008). Un inconnu qui devient célèbre du jour au lendemain (Superstar, 2012). Une grande bourgeoise, spécialiste des couacs, qui se rêve en cantatrice (Marguerite, 2015). Les admirateurs du cinéma de Xavier Giannoli, grand distillateur de fables consacrées au pacte fictionnel, ne seront pas surpris : à force de creuser, de film en film, la question de la croyance (et de ses satellites, depuis l’imposture jusqu’à la grâce), le cinéaste devait un jour relever frontalement le défi de la foi. C’est chose faite avec L’Apparition, à ceci près que ce film à « twist », impossible à étreindre, adopte une conduite plus sinueuse que rectiligne.
Ce film à « twist », impossible à étreindre, adopte une conduite plus sinueuse que rectiligne
Blessé lors d’un reportage dans une zone de guerre, où Dieu a encore son mot à dire, Jacques (Vincent Lindon), grand reporter, est rapatrié d’urgence à Paris où, par une singulière ironie du sort sur cette terre sainte de la laïcité, Dieu l’attend de nouveau, en vertu, suppose-t-on, de son ubiquité.
Il prend cette fois la forme d’un coup de téléphone en provenance du Vatican. On lui demande d’exercer sa profession au sein d’une commission d’enquête destinée à prouver la véracité ou l’imposture du récit d’une jeune fille du Sud-Ouest de la France, Anna, à laquelle la Sainte Vierge serait apparue à plusieurs reprises. S’inquiétant de la dimension que prend l’événement – pèlerins par centaines, prêtre tenté par l’insoumission, missionnaire américain adepte du Barnum apparitionnaire –, le Saint-Siège prend ses précautions.
Investigation journalistique
Eloigné de la religion de son enfance et de la foi sans leur être hostile, Jacques relève le défi de l’enquête qui lui est confiée. Au sein d’une commission très diversement constituée (du prêtre au psychiatre) lui revient la tâche la plus ingrate, celle d’enquêter selon les règles de l’investigation journalistique sur un phénomène, la vision, qui s’y soustrait par nature. Cette aporie devient, hélas, celle à laquelle se heurte le film lui-même. Requis par sa mission mais troublé par la jeune fille, le personnage interprété par Vincent Lindon – ici réduit à un personnage de taiseux qui le rend visiblement malheureux – se tient continûment au milieu du gué.
La solution imaginée par Xavier Giannoli afin de l’en tirer (une piste policière menant, tel le Saint-Esprit, à une troisième personne) fait l’effet d’un deus ex machina destiné à concilier tant l’hypothèse de la vérité que celle du mensonge. En un mot à prôner, en cinéaste qui se respecte, les vertus de l’illusion. Si subtile soit-elle, cette dialectique semble inopérante s’agissant d’un sujet aussi brûlant que la représentation de la foi au cinéma. Ici, il sera toujours préférable de trancher entre deux voies extrêmes : celle de Dreyer (Ordet) et de Rossellini (Voyage en Italie), ou celle de Bergman (Le Septième Sceau) et de Mocky (Le Miraculé).

Film français de Xavier Giannoli. Avec Vincent Lindon, Galatea Bellugi, Patrick d’Assumçao (2 h 17). Sur le Web : distribution.memento-films.com/film/infos/85



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-15"> ¤ Le duo formé par Jean Dujardin et Mélanie Laurent ne résiste pas à la pauvreté des dialogues.
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« Le Retour du héros » : un gars, une fille, version Empire

Le duo formé par Jean Dujardin et Mélanie Laurent ne résiste pas à la pauvreté des dialogues.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 07h29
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – on peut éviter
L’étrange rictus qui déforme la bouche de Jean Dujardin lorsque celui-ci veut exprimer un étonnement mêlé de crainte n’est pas pour rien dans sa renommée. Ceux qui firent la connaissance de cette grimace au temps d’Un gars, une fille ou de Brice de Nice la retrouveront dans Le Retour du héros, juchée cette fois au-dessus d’un uniforme d’opérette, censé évoquer les gloires militaires du Premier Empire.
L’opération, ici, n’est pas tant de faire revenir une gloire militaire qu’un rigolo
L’opération, ici, n’est pas tant de faire revenir une gloire militaire qu’un rigolo. Depuis le succès de The Artist, le chemin de Jean Dujardin s’est fait indéchiffrable, entre les tentations américaines (Le Loup de Wall Street), les tentatives dramatiques ou romantiques (La French, Un plus une…) et le retour à la comédie (Un homme à la hauteur, Brice 3), ces derniers titres n’ayant pas permis au titulaire de l’Oscar de retrouver sa suprématie.
Le Retour du héros ne remédiera pas à cette incertitude. On est d’abord intrigué par l’emballage historique du film. L’intrigue met aux prises un officier de cavalerie (Dujardin) et une jeune femme de bonne famille (Mélanie Laurent) qui tente de préserver sa jeune sœur (Noémie Merlant) de l’immoralité du hussard. Mais cet Empire est dépourvu de sens, contrairement à la chouannerie de Rappeneau dans Les Mariés de l’an II.
Dissonances historiques
Les péripéties de cet affrontement sont empruntées au western. Un duel entre l’officier et un notable est traité comme s’il était organisé sur la grande rue de Tombstone ; dans le rôle des Indiens, on a requis des cosaques, que le scénario a mobilisés en Bourgogne en l’an 1812 alors que les historiens les situent plus à l’est... Ces dissonances historiques pourraient être drôles si elles ne donnaient l’impression de procéder d’une grande désinvolture plutôt que de l’amour du nonsense.
Pourtant, les affrontements verbaux entre Jean Dujardin et Mélanie Laurent sont parfois drôles, le duo trouve un rythme qui lui est propre, il suffirait que des dialogues brillants l’alimentent. Il est souvent brisé par un gag appuyé, quand ce n’est pas par une grossièreté affligeante. En 2018, il est impossible de faire passer pour un trait d’humour une gifle assénée à une femme pour la faire taire – la victime étant ici la jeune sœur, bavarde et diagnostiquée par les scénaristes comme nymphomane.

Film français de Laurent Tirard. Avec Jean Dujardin, Mélanie Laurent, Noémie Merlant (1 h 30). Sur le Web : salles.studiocanal.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-16"> ¤ Ce programme de quatre courts-métrages est le fruit de la première session d’une résidence d’écriture lancée par So Film et Capricci.
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« 4 histoires fantastiques » : pour un renouveau du cinéma de genre à la française

Ce programme de quatre courts-métrages est le fruit de la première session d’une résidence d’écriture lancée par So Film et Capricci.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 07h28
    |

            Isabelle Regnier








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Faire éclore un cinéma de genre à la française, l’idée n’est pas nouvelle. Beaucoup s’y sont cassé les dents. Soutenues par Canal+, qui en fut, il y a une dizaine d’années, l’initiatrice, et qui s’apprête aujourd’hui à lancer une chaîne spécialisée dans le cinéma d’horreur, les sociétés So Film et Capricci ont lancé une résidence d’écriture de scénarios ad hoc. Le programme de courts-métrages qui sort aujourd’hui en salle sous le titre-bannière 4 histoires fantastiques est le fruit de la première session. Il a le mérite de pointer deux vérités essentielles.
Première vérité : pour être réussi, un film fantastique doit imposer une atmosphère, un climat. Il doit harponner le spectateur et ne plus le lâcher, suspendre son incrédulité pour ne jamais la laisser retomber. Cela n’exige pas nécessairement de gros moyens, mais demande une bonne dose de talent, dont ne manque pas Just Philippot, le réalisateur d’Acide.
Niveau de panique très haut
Meilleur film du programme, de loin, ce survival tendu comme un arc suit un couple et son enfant lancés dans une course folle à travers la campagne tandis qu’une menace invisible les rattrape, et fait grimper très haut le niveau de panique. La rigueur de la mise en scène impressionne autant que l’intensité des acteurs (Maud Wyler, Sofian Khammes, Antonin Chaussoy), et la beauté de la photographie, le travail du son.
C’est là la deuxième vérité que recèle ce programme : dans le cinéma en général, mais peut-être plus encore dans le cinéma fantastique, le scénario ne peut ignorer l’économie dans laquelle il s’inscrit, sous peine de rater ses effets. Pour ne pas avoir respecté cette règle d’or, les trois autres films du programme ont des allures de galop d’essai.

Chose mentale, film français de William Laboury. Avec Sophie Breyer, Constantin Vidal, Malival Yakou (21 minutes). Aurore, film français de Mael Le Mée. Avec Manon Valentin, Lorenzo Lefebvre, Fiorella Campanella (18 minutes). Acide, film français de Just Philippot. Avec Maud Wyler, Sofian Khammes, Antonin Chaussoy (18 minutes). Livraison, film français de Steeve Calvo. Avec Didier Bourguignon, Anne Canovas, Antonin Congiu (23 minutes). Sur le Web : www.capricci.fr/4-histoires-fantastiques-2017-433.html



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-17"> ¤ Ce roi africain, imaginé par Marvel à la fin des années 1960, revêt une symbolique importante dans la lutte pour la représentation des minorités dans la culture populaire.
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« Black Panther » : le premier super-héros noir reprend du pouvoir dans la pop culture américaine

Ce roi africain, imaginé par Marvel à la fin des années 1960, revêt une symbolique importante dans la lutte pour la représentation des minorités dans la culture populaire.





Le Monde
 |    14.02.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 10h55
    |

            Pauline Croquet






   


L’excitation autour de la sortie, mercredi 14 février, de Black Panther, de Ryan Coogler, le nouveau film de super-héros Marvel, est palpable. Et pour cause : les premières critiques sont enthousiastes certes, mais cela fait surtout vingt ans, depuis le grand succès de Blade, de Stephen Norrington, que l’on n’avait pas vu de super-héros noir de comics book prendre la tête d’affiche au cinéma.

        Lire la critique de « Black Panther » :
         

          L’Afrique a enfin son superhéros



A bien des égards, la Panthère noire est importante : pour l’évolution de la stratégie éditoriale de Marvel qu’elle représente, mais aussi parce que Black Panther est le premier personnage non seulement noir, mais africain, à apparaître dans le panthéon des super-héros populaires.

Né pendant la lutte pour les droits civiques
T’Challa, de son vrai nom, est le roi du Wakanda, un royaume fictionnel et caché d’Afrique. Ce pays qui n’a pas souffert de la colonisation est parmi les plus prospères et avancés scientifiquement du monde grâce à une ressource naturelle : le vibranium. A la fois stratège politique, scientifique brillant et combattant redoutable, Black Panther se hisse parmi les héros les plus forts de la galerie Marvel. Il est capable de battre Captain America et rejoint les équipes de super-héros les plus prestigieuses, des X-Men aux Avengers. Au fil de ses aventures, il devra retrouver l’assassin de son père, protéger son pays des invasions extérieures qui convoitent le vibranium, mais aussi faire face à des rébellions nationales.
En dessin, la Panthère prend vie en juillet 1966, en plein cœur de la lutte pour les droits civiques, la même année que la consécration du concept du Black Power dans le discours de Stokely Carmichael. Ses créateurs, les poids lourds du comics Stan Lee et Jack Kirby, le font apparaître dans la série ultrapopulaire des Quatre Fantastiques. Son succès est immédiat : il aura donc droit quelques années plus tard à sa propre série.

   


Il est toutefois hasardeux de prêter des intentions politiques aux deux auteurs dans la création de Black Panther. « A l’époque, Marvel ne fait pas de BD engagée et, par prudence, ne fait pas de commentaire social dans ses strips, souligne Nicolas Labarre, maître de conférences en civilisation américaine à l’université Bordeaux-Montaigne. Même si, par exemple, a posteriori, la création des X-Men en 1963 a été décrite comme une métaphore des droits civiques. »
Dans sa ligne éditoriale de l’époque, le « Bullpen » – le surnom donné à la rédaction de Marvel – cherche à conquérir plus de lecteurs, sans froisser son noyau de fidèles, composé en partie de conservateurs, en se montrant progressiste sans être radical. « J’en suis venu à la Panthère noire parce que je me suis rendu compte que je n’avais pas de Noirs dans mes planches. Je n’avais jamais dessiné un Noir [alors que] j’avais soudainement découvert que j’avais beaucoup de lecteurs noirs », expliquera dans des interviews le dessinateur Jack Kirby.
En plaçant l’intrigue de Black Panther dans un pays africain utopique et lointain, les auteurs s’épargnent tout commentaire politique de leur société et de la communauté noire de New York, ville des principales intrigues de Marvel. Ce n’est qu’à partir de 1969 que débarqueront ensuite des super-héros afro-américains, comme le Faucon, Tornade ou Luke Cage.
Toujours par souci de consensualité, la Panthère noire est rebaptisée temporairement, quelques mois après sa naissance, « Léopard noir  »… Pour éviter d’être associée au tout jeune mouvement révolutionnaire du Black Panther Party, dont le nom n’est pas lié à celui du super-héros.
« Black Panther permet de se forger une estime »
L’impact de ce personnage est depuis considérable. « Black Panther montre qu’un Noir peut-être un super-héros, sauver des vies, évoluer dans un monde imaginaire, mais aussi peut être acteur du changement. L’univers de ce héros permet à des gens qui sont sous-représentés dans la culture de s’identifier, de se forger une estime », détaille Anna Tjé, cofondatrice de la revue en ligne littéraire et artistique Atayé et, par ailleurs, membre de l’association Diveka, qui œuvre pour plus de diversité et représentations positives dans le monde de la jeunesse. 
Pour Jonathan Gayles, docteur en études afro-américaines et auteur du documentaire White Scripts and Black Supermen : Black Masculinities in Comic Books (« scénarios blancs et super-héros noirs : les masculinités noires dans les comics  »), « le travail fait actuellement [dans les comics] avec la Panthère noire est excellent », là où il a pu être offensant avec la représentation d’autres super-héros Marvel, par exemple Luke Cage. « C’est un voyou de rue. Ses pouvoirs ne proviennent pas d’une intervention surnaturelle, mais d’une expérience en prison. C’est un héros qui loue ses services. Sa principale juridiction est Harlem — un Harlem qui n’est représenté que négativement », explique le professeur au Huffington Post.

   


Dans les années 1990, après une période d’expansion démesurée, le marché du comics s’effondre. Pour redresser la barre, Marvel fait appel à certains auteurs pour qu’ils retravaillent certains super-héros de manière plus adulte, plus ancrée dans le XXIe siècle qui s’annonce. C’est ainsi qu’en 1998 la maison d’édition confie Black Panther à Christopher Priest.
Cet enfant du Queens est l’un des premiers auteurs afro-américains à travailler à temps plein sur des franchises populaires de super-héros à partir des années 1980. Avec d’autres, comme le scénariste Dwayne McDuffie, ils vont contribuer à « l’Age noir du comics », nom donné aux initiatives au sein de l’édition de bande dessinée, visant à mettre en avant le travail d’artistes noirs dans cet univers majoritairement blanc. Une période-clé, selon Anna Tjé :
« Les années 1990 sont, de façon générale, une période charnière pour la représentation des afro-descendants dans la culture américaine, avec des œuvres piliers de cette culture. C’est à cette époque, par exemple, qu’il y a le plus de séries télévisées qui représentent des familles afro-américaines, qui revalorisent l’image qu’on se faisait d’elles. »
Un nouvel écho avec le mouvement Black Lives Matter
Bien que le nom de Christopher Priest soit souvent relégué, son apport à la série Black Panther est conséquent et influence, en partie, la réalisation du film. Le scénariste apporte de la profondeur à T’Challa, le pare des habits et tourments du roi, lui donne une importance qui va au-delà du simple vengeur costumé. C’est également lui qui introduit les Dora Milaje, la garde rapprochée du souverain composée de guerrières et stratèges, des héroïnes de premier plan dans la série.

   


Dans l’Amérique du mouvement Black Lives Matter (né pour dénoncer les violences policières contre les Noirs) et post-Obama, à l’heure où les questions de whitewashing et d’appropriation culturelle aux Etats-Unis retentissent de plus en plus sur les réseaux sociaux, certaines industries rompues à ces pratiques discriminatoires anticipent désormais pour désamorcer toute critique éventuelle. Et fournissent de fait plus d’efforts en termes de représentation des minorités ; quitte à faire appel à des représentants conscientisés et politisés de ces communautés.
C’est ainsi que Marvel-Disney a confié la réalisation et l’interprétation du blockbuster Black Panther à une équipe majoritairement afro-descendante. Ce qui se voit à l’écran, avance Anna Tjé :
« De ce qu’on a pu en voir avant la sortie du film, Black Panther valorise la diversité des cultures africaines. Il y a des références à différents pays mais aussi différents looks africains, différents héritages, si bien que j’ai la sensation que différentes personnes, par exemple caribéennes, africaines ou françaises pourraient s’y identifier. »
De même, quelques mois avant la sortie du film, la rédaction de nouvelles histoires de la Panthère a été confiée à l’écrivain Ta-Nehisi Coates, auteur du best-seller Une colère noire, lettre à mon fils (Autrement, 2016), mais aussi à la romancière de science-fiction Nnedi Okorafor.
Des opérations couronnées de succès : le premier numéro des aventures de Black Panther par Ta-Nehisi Coates s’est écoulé à 330 000 exemplaires, un chiffre exceptionnel sur le marché du comics. Le film semble prendre la voie du même succès, si l’on en croit les estimations des préventes aux Etats-Unis. Et Anna Tjé d’espérer :
« A titre personnel, un film comme Black Panther arrive tard pour moi, mais il n’est finalement jamais trop tard. Il va être précurseur et ouvrir la voie à d’autres. »




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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-18"> ¤ Chaque mercredi, dans « La Matinale », les critiques du « Monde » présentent les meilleurs films à découvrir sur grand écran.
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Article sélectionné dans La Matinale du 13/02/2018
Découvrir l’application


                        

« Phantom Thread », « Wajib» et « Black Panther » : notre sélection cinéma

Chaque mercredi, dans « La Matinale », les critiques du « Monde » présentent les meilleurs films à découvrir sur grand écran.



Le Monde
 |    14.02.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 07h42
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Porté par le duo d’acteurs Daniel Day Lewis-Vicky Krieps, Phantom Thread, le huitième film de Paul Thomas Anderson, est un pur chef-d’œuvre. Un film palestinien, un Marvel et un documentaire vietnamien figurent également au menu de notre liste hebdomadaire.
LIAISON OURLÉE : « Phantom Thread », de Paul Thomas Anderson

Le huitième long-métrage de Paul Thomas Anderson se situe quelques années après la fin du Blitz. Reynolds Woodcock, couturier réputé, vit et travaille dans une belle maison de l’Ouest londonien. Chaque matin, il prend son breakfast en compagnie de sa conquête du moment et de Cyril (Lesley Manville), sa sœur, qu’il appelle affectueusement « my old so and so » (« ma vieille machine »), pendant que les employées de la maison Woodcock gravissent l’escalier de service jusqu’à l’atelier.
Cyril, femme austère toujours vêtue de sombre, est à la fois l’intendante et la directrice des ressources humaines d’une entreprise dont la raison sociale serait : « l’existence d’un homme ». Celui-ci s’éprend, dans une auberge, d’une jeune serveuse à la beauté irrégulière, au léger accent germanique, Alma, et se lance dans une cour effrénée, à laquelle elle répond sans se laisser désarmer.
Il aurait été impossible de parvenir à ce degré de complexité, à cette infinité de nuances, sans le duo d’acteurs Daniel Day Lewis-Vicky Krieps. Reynolds Woodcock est une création éblouissante, un enfant blessé et un ogre, un créateur prodigue de son art et un amant avare de son désir. Vicky Krieps donne à la figure d’Alma l’audace d’un jeune général d’Empire, la fragilité d’une orpheline dickensienne. Thomas Sotinel
« Phantom Thread », film américain de Paul Thomas Anderson, avec Daniel Day-Lewis, Vicky Krieps, Lesley Manville (2 h 10).
SACRÉE FAMILLE À NAZARETH : « Wajib »,  d’Annemarie Jacir

Abu Shadi, professeur divorcé à Nazareth, proche de la retraite, marie sa fille. Son ex-femme, exilée de longue date aux Etats-Unis, subordonne sa venue à l’état de santé de son mari. Rentré pour l’occasion de Rome, où il est devenu architecte, son fils, Shadi, le revoit après une longue absence.
Ensemble, ils rendent visite aux nombreux invités de la cérémonie pour leur remettre en main propre, comme le veut la coutume du « wajib », le faire-part. Situation idéale pour sceller des retrouvailles aimantes et orageuses à la fois, prendre une température politique glaciale (Nazareth, en Galilée, est la plus grande ville arabe d’Israël) par le biais chaleureux de la fable, documenter la fiction en choisissant à la ville un tandem d’acteurs consistant, comme à la scène, en un père et un fils, en l’occurrence Mohammad et Saleh Bakri, les plus célèbres acteurs palestiniens d’Israël.
Après Le Sel de la mer en 2008 et When I Saw You en 2012, Wajib poursuit l’exploration filmique du destin palestinien, en un mantra artistique tenaillé par la question de l’exil et de l’impossible retour. Après la colère et la révolte contenues dans les deux premiers titres, une tonalité nouvelle, qui les assourdit sans les annuler, enrobe ce troisième long-métrage : la douceur et l’humour. Jacques Mandelbaum
« Wajib », film palestinien d’Annemarie Jacir. Avec Mohammad Bakri, Saleh Bakri, Maria Zreik, Rana Alamuddin (1 h 36).
SUPERHÉROS AFRICAIN : « Black Panther », de Ryan Coogler

Il n’est pas besoin d’apprécier l’univers Marvel, cet entrelacs de personnages et de marques déposées, pour aimer Black Panther. Né en 1967 (quelques semaines avant la fondation du mouvement des Black Panthers) de l’imagination de deux auteurs de comics blancs, Stan Lee et Jack Kirby, ce superhéros africain apparaît, dans le beau film de Ryan Coogler, comme un être de légende et de tragédie, plutôt que comme un produit de confection. Ce qui ne veut pas dire que les millions d’amateurs d’Avengers ou de Spider-Man se sentiront floués.
Avec Creed, deuxième long-métrage du jeune metteur en scène (il est né en 1986), Ryan Coogler s’était approprié la légende de Rocky Balboa sans la dénaturer. Cette fois, il respecte les rites inhérents au culte du superhéros tout en les propulsant dans une autre dimension, poétique et politique.
Depuis des temps immémoriaux, le roi du Wakanda reçoit, quand il monte sur le trône, des pouvoirs surhumains qui font de lui, quand le besoin s’en fait sentir, un guerrier quasiment invincible, Black Panther. T’Challa vient de succéder à son père assassiné par un terroriste international, épisode relaté dans Captain America : Civil War. En un peu plus de deux heures, le jeune roi affrontera plus d’épreuves qu’Hamlet et Winston Churchill réunis. T. S.
« Black Panther », film américain de Ryan Coogler, avec Chadwick Boseman, Lupita Nyong’o, Michael B. Harris, Daniel Kaluuya, Forest Whitaker, Martin Freeman (2 h 14).
JOURNAL INTIME : « Finding Phong », de Tran Phuong Thao et Swann Dubus

Phong, jeune Vietnamien devenu étranger à son corps d’homme, entreprend de devenir une femme, réalité plus accordée à l’image qu’il se fait de lui-même, à son désir profond.
Tran Phuong Thao et Swann Dubus, tandem franco-vietnamien de réalisateurs, installé et travaillant au Vietnam, saisit la balle au bond et entreprend, de son côté, de documenter ce processus, délicat s’il en est. Le film, outre qu’il remplit sa fonction d’ouverture pédagogique aux phénomènes les plus divers du vaste monde, porte témoignage d’une approche sensible et pénétrante, très éloignée du sensationnalisme ou de la complaisance qu’un tel sujet pourrait occasionner.
La belle idée des réalisateurs aura consisté à prêter, en un premier temps, une caméra à Phong, pour lui permettre d’exprimer sans intermédiaire son malaise et son désir, et aussi, sans doute, pour mieux le connaître. A la suite de quoi les réalisateurs l’ont eux-mêmes filmé.
Finding Phong commence donc à la manière d’un journal intime, puis se poursuit à la manière d’un documentaire plus classique. Le film monté a conservé la trace de cette méthode, qui se révèle riche de sens, faisant basculer le film, en même temps que le personnage, du désir contrarié et malheureux à l’éprouvante mais émouvante épreuve d’une réalité enfin accordée à ce désir. J. M.
« Finding Phong », documentaire vietnamien de Tran Phuong Thao et Swann Dubus (1 h 30).

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 14 février)
Phantom Thread, film américain de Paul Thomas Anderson (chef-d’œuvre)Black Panther, film américain de Ryan Coogler (à ne pas manquer)Finding Phong, documentaire vietnamien de Tran Phuong Thao et Swann Dubus (à voir)Un jour ça ira, documentaire français de Stan et Edouard Zambeaux (à voir)Wajib, l’invitation au mariage, film palestinien d’Annemarie Jacir (à voir)4 histoires fantastiques, programme de quatre courts-métrages français de William Laboury, Maël Le Mée, Just Philippot et Steeve Calvo (pourquoi pas)Belle et Sébastien 3, le dernier chapitre, film français de Clovis Cornillac (pourquoi pas)L’Apparition, film français de Xavier Giannoli (pourquoi pas)Le Retour du héros, film français de Laurent Tirard (on peut éviter)
Nous n’avons pas pu voir :
Bravo virtuose, film arménien, belge et français de Levon MinasianKrank, film français de Caroline ChuL’Etrange Forêt de Bert et Joséphine, film d’animation tchèque de Filip Posivac et Barbora ValeckaLa Princesse des glaces, film d’animation russe d’Aleksey TsitsilinLe Crime des anges, film français de Bania Medjbar





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-19"> ¤ Le nombre de films produits en Europe a augmenté de 47 % pour passer de 1 444 en 2007 à 2 124 en 2016, selon l’Observatoire européen de l’audiovisuel, publié mardi.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Forte progression de la production cinématographique européenne depuis dix ans

Le nombre de films produits en Europe a augmenté de 47 % pour passer de 1 444 en 2007 à 2 124 en 2016, selon l’Observatoire européen de l’audiovisuel, publié mardi.



Le Monde
 |    13.02.2018 à 18h59
 • Mis à jour le
14.02.2018 à 07h13
    |

            Nicole Vulser








                        


Selon un rapport de l’Observatoire européen de l’audiovisuel, publié mardi 13 février, le nombre de films produits en Europe a augmenté de 47 % pour passer de 1 444 en 2007 à 2 124 en 2016.

   


Au total, plus de 18 000 films ont été produits au cours de cette période en Europe. Cette tendance à la hausse a été enregistrée tant pour les productions purement nationales que pour les coproductions. Les coproductions majoritaires ont représenté 20,4 % du volume de production total sur l’Europe pour cette période. Le volume de documentaires a quasiment doublé, atteignant 698 films en 2016, tandis que la production de films de fiction a également connu un essor important de 33 %.

   


Les pays européens ont coproduit avec 150 pays différents au cours de la période étudiée. Avec le Brexit, le nombre de films produits ou coproduits au Royaume-Uni pourrait diminuer.
Les dix premiers pays producteurs représentent 73 % du volume total des longs-métrages. La production cinématographique en Europe reste très concentrée puisque cinq pays (Royaume-Uni, France, Allemagne, Espagne et Italie) représentent plus de la moitié de la production totale des 36 pays couverts par cette étude.

   


En valeur absolue, la France arrive en tête de liste avec 566 coproductions comptabilisées entre 2007 et 2016.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-20"> ¤ Notre chroniqueur a encore frappé : après les vestiaires de David Guetta et de Jane Birkin, Marc Beaugé scrute celui de l’acteur qui est à l’affiche du « Retour du héros », un film costumé. Et ce n’est sans doute pas un hasard.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-20"> ¤ 