<FILE-date="2018/02/19/19">

<article-nb="2018/02/19/19-1">
<filnamedate="20180219"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180219"><AAMMJJHH="2018021919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ En 1993, sur le plateau de « La Marche du siècle », Didier Lockwood confiait son amour pour son violon et faisait la démonstration de son talent.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ 
<article-nb="2018/02/19/19-2">
<filnamedate="20180219"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180219"><AAMMJJHH="2018021919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ L’auteur du film « Tilaï », Grand Prix du jury au Festival de Cannes en 1990, est mort le 18 février à Ouagadougou.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Idrissa Ouedraogo, le cinéaste burkinabé qui se battait contre la fatalité

L’auteur du film « Tilaï », Grand Prix du jury au Festival de Cannes en 1990, est mort le 18 février à Ouagadougou.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 12h07
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

Ils ne sont plus si nombreux, ces réalisateurs dont les images ont pu faire espérer aux cinéphiles de la planète que les cinémas d’Afrique noire se joindraient durablement à la grande démocratie du septième art. On sait aujourd’hui, hélas, qu’il n’en a pas été ainsi. Tout au plus compagnonne-t-on avec de grandes et belles voix solitaires – celles d’un Ousmane Sembène et d’un Djibril Diop Mambety (Sénégal), d’un Souleymane Cissé (Mali), d’un Hailé Guerima (Ethiopie), d’un Abderrahmane Sissako (Mauritanie), d’un Mahamat Saleh-Haroun (Tchad). Le Burkinabé Idrissa Ouedraogo, qui s’est éteint le dimanche 18 février à Ouagadougou, à l’âge de 64 ans, est de celles-ci.
Né le 21 février 1954 dans ce qui était encore une colonie française (la Haute-Volta, indépendante en 1960, rebaptisée Burkina Faso en 1984 par le président Thomas Sankara), il se forme à l’Institut africain d’études cinématographique de Ouagadougou, en sort major et crée dans la foulée une société de production pour financer son premier court-métrage, Poko, en 1981. Lapidaire, le film dessine le destin fatal d’une jeune villageoise enceinte qui aurait besoin d’être transportée en ville afin de soigner les complications de sa grossesse. Le village étant éloigné de tout, transportée à main d’hommes sur une charrette, elle meurt finalement simplement en route, et le groupe qui l’accompagne fait demi-tour. Fin de l’histoire. Et tout est dit. La fatalité, la misère, la résignation, le scandale. D’une simplicité biblique, quasiment dépourvu de dialogues, tourné avec les habitants du village, Poko annonce le cinéma documenté et stylisé tout à la fois d’Ouedraogo.
« Yabaa », récit de formation
Après quelques autres courts-métrages, il peaufine ensuite sa formation cinématographique tant en Union soviétique qu’en France. De retour au pays, il signe son premier long-métrage, Le Choix, en 1987, chronique d’une famille de paysans fuyant la sécheresse au Sahel, et retrouvant,...




                        

                        


<article-nb="2018/02/19/19-3">
<filnamedate="20180219"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180219"><AAMMJJHH="2018021919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Droits d’auteur, financement, diffusion : un collectif de cinéastes européens, dont les frères Dardenne, Cédric Klapisch et Ken Loach, listent dans une tribune au « Monde » leurs priorités à l’heure où la Commission de Bruxelles doit rendre des arbitrages sur sa politique médias.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Une vision et une ambition politique fortes pour le cinéma européen »

Droits d’auteur, financement, diffusion : un collectif de cinéastes européens, dont les frères Dardenne, Cédric Klapisch et Ken Loach, listent dans une tribune au « Monde » leurs priorités à l’heure où la Commission de Bruxelles doit rendre des arbitrages sur sa politique médias.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 11h13
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. La culture européenne est la mise en commun de toutes les singularités, façons d’être et de voir, traditions, langues et histoires propres à chaque pays. A l’heure du Brexit et des nationalismes montants, l’Europe doit comprendre que sa force demeure dans sa capacité de dialogue entre union et identités spécifiques. C’est notre force et non pas notre faiblesse : ne pas comprendre cette dualité nous mènera à notre perte.
Cinéastes, nous portons le projet d’une véritable Europe de la création, guidée par l’exception culturelle. Nous sommes convaincus que le numérique est une chance immense pour la création et la circulation des œuvres : la diversité peut ainsi être exposée dans chaque Etat membre, auprès de tous les spectateurs. Il n’y a pas de petit ou grand Etat européen de la création ; il y a une formidable richesse de regards.
L’ère du numérique, des nouvelles technologies et des nouveaux usages doit être l’occasion de proposer une vision et une ambition politique fortes ! Alors que des arbitrages politiques aux conséquences importantes vont être rendus cette année, nous, cinéastes européens, rappelons ce qui constitue pour nous des priorités.
Une juste rémunération des auteurs
La lutte contre le piratage est une priorité absolue, commune aux institutions européennes et aux Etats membres. Chaque œuvre et chaque travail consenti pour l’accomplissement de cette œuvre ont une valeur ! Une grande Europe de la création est possible si nous affirmons, au cœur de l’économie numérique, la défense de droits fondamentaux, et un partage de valeurs équilibré entre tous les acteurs de la chaîne.
Le projet de directive sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique est une occasion unique d’assurer aux auteurs une rémunération juste, proportionnelle et inaliénable lorsque leurs films et œuvres audiovisuelles sont regardés sur des plates-formes numériques. Il est temps de mettre en place un mécanisme européen...




                        

                        


<article-nb="2018/02/19/19-4">
<filnamedate="20180219"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180219"><AAMMJJHH="2018021919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Le musicien aux 37 albums, jazzman éclectique, est mort à Paris, à l’âge de 62 ans.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Didier Lockwood, le jazz en liberté

Le musicien aux 37 albums, jazzman éclectique, est mort à Paris, à l’âge de 62 ans.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 10h18
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 14h44
    |

                            Francis Marmande








                        



                                


                            

La nouvelle de la disparition du violoniste et compositeur Didier Lockwood, 62 ans, cet air si juvénile, cette fougue en scène, a pris tout un chacun de court, la mort même. Né à Calais le 11 février 1956, le musicien est mort d’une crise cardiaque le dimanche 18 février à Paris. Brusque traînée de poudre. Stupeur.
Sobre, souriant et mesuré, il réservait toutes ses capacités d’excès à l’archet et à la scène. Et ce n’était pas rien. D’où vient sans doute son succès « grand public », qui excédait en tous sens les cercles du « jazz » sans laisser de les impressionner : « Dans la vie, je suis un personnage pondéré, plutôt calme. Disons : normal. La scène, c’est pour moi, au meilleur sens du mot, le défouloir. J’y concentre tous mes fantasmes, toutes mes pulsions de jeu, toutes les folies. » Ainsi s’exprimait-il au mitan de sa vie, en 1986, dans un entretien que nous avions réalisé pour le magazine L’Autre Journal. D’abord influencé par Jean-Luc Ponty, son phrasé, son intelligence musicale, sa personnalité, puis par le violoniste polonais Zbigniew Seifert, ce n’est que plus tard qu’il rencontre, à la vie à la mort, Stéphane Grappelli (1908-1997).

Commençant avec son frère aîné Francis Lockwood dans un groupe de jazz-rock – l’album Surya (1976) en témoignera –, Didier est pendant trois ans le violoniste de Magma, la cohorte sidérante de Christian Vander. Grappelli ne viendra que bien après. Il aura fait, comme ça, pas mal de choses à l’envers. Vite repéré par Henri Texier, contrebassiste et découvreur, le violoncelliste Jean-Charles Capon, les batteurs Daniel Humair ou Aldo Romano (fameux quintette de Jasper Van’t Hof), le saxo François Jeanneau, Gordon Beck (en trio avec J.-F. Jenny-Clark), Tony Williams, le batteur de Miles, et de proche en proche, avec tous ceux qui comptent alors sur une scène en pleine mutation. En 1984, il se produit en trio avec les guitaristes Philip Catherine et Christian Escoudé....




                        

                        


<article-nb="2018/02/19/19-5">
<filnamedate="20180219"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180219"><AAMMJJHH="2018021919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Charles Berling, Jean-Pierre Darroussin et Alain Fromager constituent un formidable trio pour servir la pièce de Yasmina Reza. Interview croisée.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Théâtre : « “Art”, c’est une guerre de mâles dominants »

Charles Berling, Jean-Pierre Darroussin et Alain Fromager constituent un formidable trio pour servir la pièce de Yasmina Reza. Interview croisée.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 09h06
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 13h30
    |

                            Fabienne Darge








                        



                                


                            
Au Théâtre Antoine, à Paris, Charles Berling, Jean-Pierre Darroussin et Alain Fromager incarnent Marc, Ivan et Serge, les trois personnages d’« Art », la pièce de Yasmina Reza. Ils ne sont pas seulement tous les trois formidables : ils jouent ensemble comme on le voit rarement au théâtre, formant un trio qui recadre la pièce de manière plus subtile et complexe qu’à sa création, en 1994, où Pierre Arditi et Fabrice Luchini, accompagnés par Pierre Vaneck, se livraient à de véritables numéros d’acteur. Alors, bien qu’elle soit comme à l’origine mise en scène par Patrice Kerbrat, on la redécouvre, cette pièce, qui est l’œuvre dramatique française contemporaine la plus jouée dans le monde : moins spectaculaire, plus humaine, avec sa mélancolie qui affleure sous le masque du théâtre de boulevard.

« Art » connaît depuis sa création un énorme succès, tout en suscitant des débats sur le sens de la pièce. De quoi parle-t-elle ?
Jean-Pierre Darroussin : Elle parle de beaucoup de choses, c’est peut-être ce qui fait qu’on a du mal à dire de quoi elle parle précisément… Moi, je dirais que c’est une guerre de mâles dominants, mais qui s’émousse, parce qu’ils arrivent à un âge où la blague ne prend plus entre eux. Et c’est parce que la blague ne prend plus que les spectateurs rient.
Alain Fromager : Il y a, bien sûr, en toile de fond de la pièce ce débat sur l’art contemporain et sur le beau, avec ce fameux tableau blanc, inspiré de ceux du peintre Martin Barré. Le tableau est comme une page blanche qui va servir de révélateur à une amitié de trente ans qui se délite. Une amitié passionnelle, presque amoureuse. Henri Tachan disait qu’entre l’amour et l’amitié il n’y a qu’un lit de différence…
Charles Berling : La pièce est comme un triangle, avec trois archétypes différents, mais qui pourraient être les facettes d’un même personnage, dans son rapport à l’art et à l’amitié....




                        

                        


<article-nb="2018/02/19/19-6">
<filnamedate="20180219"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180219"><AAMMJJHH="2018021919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ La troupe crée « Poussière », pièce écrite et mise en scène par le grand auteur suédois Lars Noren, magistralement interprétée.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A la Comédie-Française, la vieillesse n’est pas un naufrage

La troupe crée « Poussière », pièce écrite et mise en scène par le grand auteur suédois Lars Noren, magistralement interprétée.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 09h05
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 16h56
    |

            Brigitte Salino








                        



                                


                            

Cela fait plus de trente ans qu’ils viennent dans « ce putain d’endroit ». Plus de trente ans que chaque année, ces dix hommes et femmes de la classe moyenne quittent la grisaille de leur pays du Nord pour prendre une semaine de soleil, au bord d’une mer du Sud. A force, ils ont appris à se connaître un peu, pour certains d’entre eux, mais surtout ils se reconnaissent, tous cette fois, dans le désastre qui leur est tombé dessus sans qu’ils le voient venir : la vieillesse. Il y a des années, le « putain d’endroit » représentait le plaisir, l’oubli, un désir d’avenir. Maintenant, c’est un crépuscule, comme celui qu’ils regardent quand le rideau se lève sur Poussière, à la Comédie-Française.
Cette pièce est remarquable (sans emphase), à plus d’un titre. D’abord parce que c’est une commande d’Eric Ruf, l’administrateur général, passée à un des grands auteurs d’aujourd’hui, le Suédois Lars Noren (73 ans). Ensuite, parce qu’elle s’inscrit dans une tradition – celle de Samuel Beckett, Eugène Ionesco, ou Max Frisch – qu’elle renouvelle, en parlant de la fin de vie avec des mots d’aujourd’hui. Enfin parce qu’elle permet à onze comédiens de se glisser dans les habits de personnages taillés sur mesure, et de jouer d’une manière chorale, sans la coquetterie dont parfois se maquille la troupe de la Comédie-Française.
Ces personnages n’ont pas de nom – sauf Marilyn, la fille attardée d’une des vacancières ; ils portent des initiales, de A à J, et des vêtements gris, comme leurs crânes. Certains restent sur leur quant-à-soi, en soignant leur tenue, d’autres se laissent aller, comme la mère de Marilyn, qui se rend compte qu’elle a gardé sa chemise de nuit sous son manteau (elle a toujours froid). Mais elle n’a pas oublié de se parer d’une fleur rouge qui jure avec ses pauvres cheveux raides et longs, tel le regret éclatant d’une jeunesse lointaine, ensevelie dans un passé qui a passé trop vite.
Une grande délicatesse
Tout est...




                        

                        


<article-nb="2018/02/19/19-7">
<filnamedate="20180219"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180219"><AAMMJJHH="2018021919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Le duo DuOud a ouvert le nouveau festival, Les Suds, en hiver, qui dure jusqu’au 24 février.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Oud et électro, l’heureux mariage à Arles

Le duo DuOud a ouvert le nouveau festival, Les Suds, en hiver, qui dure jusqu’au 24 février.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 09h04
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 09h21
    |

                            Patrick Labesse (Arles (Bouches-du-Rhône)








                        



                                


                            

« On est les rois du ping-pong ! » A Arles, dans un hall d’hôtel, samedi 17 février, deux gamins de 45 et 51 ans fanfaronnent. Mehdi Haddab, le benjamin : « On fonctionne beaucoup en rebonds d’idées. » « Nous sommes toujours en interaction quand nous travaillons sur nos compositions », renchérit Smadj.
Les regards et les mots pétillent, disent toute l’excitation qui les agite. Le duo d’oudistes joue ce soir au Cargo de nuit, la salle de musiques actuelles de la cité, invité par Les Suds, en hiver, un nouveau festival, jusqu’au 24 février sur des communes de la communauté d’agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette.
Leur concert à Arles est, pour Smadj et Mehdi Haddab, le redémarrage officiel de leur histoire commune
« Les Suds, en hiver ont pour ambition notamment de rebondir sur un travail effectué tout au long de l’année avec le conservatoire de musique du Pays d’Arles », commente Marie-José Justamond, directrice et programmatrice des Suds à Arles, à propos du petit frère de ce rendez-vous estival des musiques du monde, un événement culturel majeur de la cité arlésienne (la 23e édition doit se tenir du 9 au 15 juillet avec, parmi les têtes d’affiche, Gilberto Gil avec Mayra Andrade).
Leur concert à Arles est, pour Smadj et Mehdi Haddab, le redémarrage officiel de leur histoire commune. Au début des années 2000, le tandem avait fait sensation avec son langage décalé, sa manière polissonne de mélanger le vénérable oud – le luth, roi du monde arabe – avec l’électro.
Après trois albums et « deux tours du monde », ils ont « mis l’histoire en jachère » pendant huit ans, poursuivant chacun son chemin, dont le projet Speed Caravan pour Mehdi Haddab et des albums solos pour Smadj (le dernier, Solotronic est sorti, en version numérique, en novembre 2017, sur le label Whirling Wolf).
Paris, Chine, Algérie
Arles marque le coup d’envoi d’une...




                        

                        


<article-nb="2018/02/19/19-8">
<filnamedate="20180219"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180219"><AAMMJJHH="2018021919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ L’œuvre humaniste du compositeur allemand a été bien défendue par l’Ensemble intercontemporain, à la Philharmonie de Paris.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le « Requiem » militaire et militant d’Hans Werner Henze

L’œuvre humaniste du compositeur allemand a été bien défendue par l’Ensemble intercontemporain, à la Philharmonie de Paris.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 07h43
    |

                            Pierre Gervasoni








                        



                                


                            

Compositeur à la plume facile, Hans Werner Henze (1926-2012) a multiplié, sa vie durant, les changements de cap. Formé, après-guerre, à l’Institut de musique sacrée de Heidelberg, il rejoint l’Internationale socialiste à la fin des années 1960 et séjourne à Cuba. Révélé au contact de l’avant-garde dans son Allemagne natale, il renie, en 1956, la religion sérielle de ses débuts et se fixe en Italie. Apôtre, par instinct, de l’expression déviante, Henze devait forcément écrire un Requiem… laïc et sans paroles (créé à Berlin, en 1993).
Pas de chanteurs, donc, vendredi 16 février à la Philharmonie de Paris pour l’interprétation de cette œuvre singulière mais 35 musiciens de l’Ensemble intercontemporain, dirigés par Matthias Pintscher, en attente d’un 36e qui les rejoindra à mi-parcours.
« Lux aeterna » illustre la tendance de Henze à la bipolarité, tantôt fourmillante, tantôt boursouflée
Dédié à la mémoire de Michael Vyner, le directeur artistique du London Sinfonietta, mort en 1989 à l’âge de 46 ans, ce Requiem se présente, selon le compositeur, comme un ensemble de « Neuf Concerts spirituels pour piano seul, trompette concertante et orchestre de chambre ». Concerts spirituels ? Au sens large, certes, d’une musique sacrée à base instrumentale. Neuf pièces qui « parlent de maladie et de mort, d’amour et de solitude ». Leurs titres et leur succession renvoient aux principales articulations de la Missa pro defunctis chrétienne. Un Introït commence ainsi la célébration. Entrée céleste (célesta aérien) et terrestre à la fois (piano très plastique), sorte d’étirement entre perspective apaisante et réalité douloureuse. Ici, personne ne repose en paix.
Elégie plus que requiem, cette fenêtre d’espoir ouvre sur un Dies Irae écartelé entre rafales mécaniques et expression chancelante. Seule enseigne latine non empruntée à la liturgie des morts, l’Ave verum s’attache...




                        

                        


<article-nb="2018/02/19/19-9">
<filnamedate="20180219"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180219"><AAMMJJHH="2018021919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ La chanteuse folk américaine publie le lumineux « Cusp », évocation au piano de sa plénitude.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 18/02/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Alela Diane, l’album de la maternité

La chanteuse folk américaine publie le lumineux « Cusp », évocation au piano de sa plénitude.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 08h06
    |

            Bruno Lesprit








                        



                                


                            

On connaissait l’« album de la maturité », cliché dont la presse rock a abusé pour les musiciens s’étant résignés à abandonner une existence de patachon. Moins celui de la maternité, ainsi qu’Alela Diane qualifie Cusp. De fait, la chanteuse californienne établie dans l’Oregon et identifiée à l’« americana » (alliage de ces vieilles musiques que sont folk, blues et country) serait exploratrice dans cet exercice, aucun précédent ne venant à l’esprit. Une chanson adressée comme une annonce de carnet rose, les exemples sont nombreux. Mais un album complet, c’est l’assurance de faire bâiller. Du moins si l’on en croit la ­superstar britannique Adele, qui a affirmé avoir renoncé à un tel défi parce que ce serait « plutôt ennuyeux » pour celles et ceux qui ne seraient pas (ou plus) directement concernés.
« Après un récent concert à Londres, un homme d’à peu près votre âge [donc autour du demi-siècle] est venu me voir pour me dire qu’une de mes nouvelles chansons l’avait fait pleurer », objecte Alela Diane dans un café parisien à deux pas du Silencio. C’est curieusement dans le select club lynchien que cette amoureuse de la nature, aux manières simples, a présenté Cusp aux professionnels début février, en duo avec sa claviériste.
Nulle forfanterie dans sa confidence, plutôt la fierté d’une récompense tant « la maternité est vraiment le sujet le plus difficile qui soit ; il est si simple, en comparaison, d’écrire des chansons sentimentales ou de rupture ». Et elle parle en connaissance de cause : son dernier album sous son nom, le bouleversant About Farewell (2013), ne respirait pas vraiment la joie de vivre, accaparé par un divorce derrière un double portrait grisâtre où le regard fuyait l’objectif.
Un retour à la luminosité
Pour Cusp, Alela Diane pose encore de profil mais la blancheur de sa robe – sur un fond crème – indique un retour à la luminosité : « C’est...




                        

                        


<article-nb="2018/02/19/19-10">
<filnamedate="20180219"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180219"><AAMMJJHH="2018021919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ En 2013, le propriétaire du mythique « 5Pointz » avait tout fait repeindre en blanc par surprise, en une nuit.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 18/02/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


A New York, 5,3 millions d’euros pour des graffitis détruits

En 2013, le propriétaire du mythique « 5Pointz » avait tout fait repeindre en blanc par surprise, en une nuit.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 08h18
    |

            Emmanuelle Jardonnet








                        



                                


                            

Un monumental site industriel du Queens, à New York, reconverti en ateliers d’artistes dans les années 1990, était devenu un mythique terrain de jeu pour les graffeurs du monde entier, baptisé « 5Pointz ». Le procès inédit auquel il a donné lieu a connu un jugement-choc : le 12 février, le tribunal a demandé au propriétaire des lieux, Jerry Wolkoff, de verser 6,7 millions de dollars (plus de 5,3 millions d’euros) aux artistes qui le poursuivaient.

L’affaire remonte à fin 2013. Lorsque le promoteur immobilier annonce qu’il veut raser le bâtiment pour y construire une résidence, un groupe de graffeurs tente de déposer des recours afin de protéger l’ensemble. Pour couper court aux atermoiements (Banksy lui-même avait appelé à sauver le site), Jerry Wolkoff trouve une solution radicale : il fait tout repeindre en blanc par surprise, en une nuit. Ce sera pour cet effacement décidé sans préavis que vingt et un graffeurs décideront de le poursuivre, lui reprochant d’avoir enfreint le Visual Artists Rights Act, qui défend le droit moral des œuvres « dont l’importance est reconnue ».

Premier coup de théâtre en novembre 2017 : le jury désigné pour le procès estime que le geste de Wolkoff était illégal. Il restait au juge à déterminer le montant des dommages : celui-ci correspond aux sommes maximales que pouvaient espérer les artistes, soit 150 000 dollars (120 000 euros) pour chacune des 45 fresques effacées.

Le juge Block a eu des mots durs à l’encontre du promoteur, évoquant son « insolence » dans le fait de détruire 5Pointz « avant de recevoir ses permis », qui l’auraient autorisé à le faire en toute légalité « dix mois plus tard ». Dix mois qui auraient permis au public de venir « faire ses adieux » à cette « attraction touristique majeure ». A l’inverse, le juge a salué l’attitude des graffeurs, qui se sont « conduits de manière digne et mature, avec respect »....




                        

                        


<article-nb="2018/02/19/19-11">
<filnamedate="20180219"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180219"><AAMMJJHH="2018021919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Chaque lundi, le service culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, des festivals ou de clips.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 18/02/2018
Découvrir l’application


                        

Ben Harper, Alvvays et le Printemps de Bourges : notre sélection musicale

Chaque lundi, le service culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, des festivals ou de clips.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 07h21
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Le grand retour de Ben Harper accompagné par le légendaire harmoniciste Charlie Musselwhite, une sensation rock canadienne nommée « Alvvays », du classique et la programmation du Printemps de Bourges pour ceux qui veulent déjà réserver leurs places. Voici notre sélection musicale hebdomadaire.
UNE VIDÉO : « No Mercy in This Land », par Ben Harper et Charlie Musselwhite 

Même au début de sa (longue) carrière, débutée en 1992, le guitariste californien Ben Harper ressemblait à un vieux bluesman, assis sur une chaise, sa célèbre Weissenborn électrifiée posée sur ses genoux. La musique de cet auteur, compositeur et chanteur métisse américain, s’est toujours spirituellement ancrée aux croisements du blues, du rock et du gospel. Ce ne fut donc pas une surprise lorsqu’il collabora en 2012 avec la légende harmoniciste Charlie Musselwhite (74 ans, une trentaine d’albums solo à son actif), pour un premier album, Get Up sorti sur Stax Records, et récompensé deux ans plus tard du Grammy du meilleur album de blues.
Les deux musiciens se sont rencontrés en 1998 par l’entremise de feu John Lee Hooker. Cela crée forcément des liens. Leur seconde collaboration studios, intitulée No Mercy in This Land, paraîtra le 30 mars sur le label américain [ANTI]. Du très bel ouvrage enregistré dans les règles de l’art et qui respire les effluves du blues du Mississippi, comme le fait entendre ce premier extrait de session en concert, diffusé sur YouTube. Le public ne s’y trompe pas, puisque les trois concerts parisiens des 17, 18 et 20 avril à la Cigale affichent d’ores et déjà complet. Franck Colombani
CONCERTS :
Gustav Mahler et Jörg Widmann à la Philharmonie de Paris, les 21 et 22 février

   


Il porte l’alto à son oreille, lâche un pizzicato de la main gauche, et fait une grimace dégoûtée : l’instrument est complètement désaccordé. Antoine Tamestit, l’un des altistes français les plus demandés, n’est pas précisément un joyeux luron ou un comique (on est sérieux quand on joue l’un des douze altos de Stradivarius, « Mahler » de 1672) mais il a créé le 28 octobre 2015 le Concerto pour alto que Jörg Widmann a écrit pour lui, et qu’il reprend le 21 et 22 février à la Philharmonie de Paris après avoir rencontré le public à 19 heures pour évoquer le sujet. L’Orchestre de Paris était alors sous la direction de Paavo Järvi, cette fois, ce sera sous la battue de Daniel Harding. Un « concerto » singulier qui, dit-il, tient du « Bollywood » musical en ce qu’il demande à l’interprète d’être aussi comédien, danseur, voire chef d’orchestre – dans tous les cas musicien à 100 %. Suivra la visionnaire Neuvième symphonique de Mahler, œuvre testamentaire inachevée, d’une vitalité douloureuse, hymne ultime à la vie entre déploration, révolte et éternité. Marie-Aude Roux
Concerto pour alto de Jörg Widmann. Symphonie n° 9 de Mahler. Avec Antoine Tamestit (alto), Orchestre de Paris, Daniel Harding (direction). Philharmonie de Paris, Grande Salle Pierre-Boulez, 221, avenue Jean-Jaurès, Paris 19e. Les 21 et 22 février, à 20 h 30. Tél. : 01-44-84-44-84. De 10 € à 50 €.
Alvvays au Trabendo à Paris, le 26 février

Il y avait l’hymne rock Antisocial de Trust, il faut compter désormais sur Antisocialites, titre du second album de la sensation canadienne Alvvays. Il n’est guère question ici de rébellion sur fond de hard rock, mais d’indie pop à l’esthétique intrinsèquement romantique. Cette formation originaire de Toronto, emmenée par la voix douce et timide de la chanteuse Molly Rankin, possède un talent rare pour trousser des refrains ultrasensibles, dans la tradition des orfèvres écossais de Camera Obscura et Belle & Sebastian, mais mâtinés d’une verve indie rock emprunté à leurs compatriotes Arcade Fire. Leur second album paru en septembre 2017, Antisocialites (Transgressive Records/PIAS) a fait grimper leur côte de popularité, grâce à des critiques élogieuses outre-atlantique reçues chez Pitchfork et Rolling Stone. Après un concert complet au Point Ephémère il y a quelques mois, le quintette canadien est de retour dans la capitale, dans une plus grande salle, le Trabendo. En première partie, le quintet pop écossais Spinning Coin devrait également raviver l’esprit pop « made in Glasgow ». F. C.
Le Trabendo, 221 avenue Jean-Jaures, Paris 19e. Lundi 26 février, à 19 heures. 17, 80 €. Evenement Facebook.
Andy Emler et Dave Liebman à l’Auditorium de Radio-France, le 21 février

   


Dans la présentation de la création de Commutations 2, le pianiste et compositeur Andy Emler explique que le concert, prévu à l’Auditorium de Radio France, mercredi 21 février sera pour lui « l’occasion rêvée de poursuivre le dialogue avec l’immense Dave Liebman, le plus européen des solistes américains, sur l’instrument également hors normes qu’est le grand orgue de Radio France, conçu par le maître facteur Gerhard Grenzing. » L’instrument a, de fait, de quoi impressionner, avec ses 12 mètres de haut, ses consoles de 4 claviers de 61 notes et pédalier de 32 marches. Avec Emler qui sera donc à l’orgue, l’Américain Dave Liebman, à jamais marqué par l’influence de John Coltrane, jouera des saxophones soprano et ténor, mais aussi de la batterie indique l’annonce du concert. La musique, une surprise « entre écrit et improvisé » à découvrir donc dans l’instant du concert. Sylvain Siclier
Maison de la radio, auditorium de Radio France, entrée porte Seine, 116 avenue du Président-Kennedy, Paris 16e. Mo Passy, Ranelagh. Mercredi 21 février, à 20 heures (se présenter 45 mn avant). 15 €.
À RÉSERVER : le festival Le Printemps de Bourges-Crédit mutuel, du 24 au 29 avril

   


Prévu du mardi 24 avril au dimanche 29 avril, le festival Le Printemps de Bourges-Crédit mutuel, a annoncé sa programmation. En ce qui concerne les vedettes susceptibles de remplir le grand chapiteau, sont attendus Véronique Sanson, Catherine Ringer, Rag’n’Bone Man, Brigitte, Orelsan, Damso, Shaka Ponk, Feder, Bigflo & Oli… Au Palais d’Auron, ce seront Charlotte Gainsbourg et Eddy de Pretto, à L’Auditorium, Claire Diterzi, Dom La Nena, Alela Diane, Ben Mazué, Mélissa Laveaux, au Théâtre Jacques-Cœur, Mélanie de Biasio, Sandra Nkaké, Nakhane, Pauline Croze, Pomme, à La Halle aux Blés, Lomepal, Ash Kidd, Hamza, Soom T… Un hommage à Leonard Cohen sera rendu à la cathédrale de Bourges par l’Avalanche Quartet, Raphaël, Jeanne Added, Rover, Dom La Nena et Rosemary Standley, Yan Wagner et Uèle Lamore. L’actrice Sandrine Bonnaire lira des textes de Marguerite Duras (tirés de L’Homme Atlantique et de L’homme assis dans le couloir) accompagnée par le trompettiste Erik Truffaz et le bassiste Marcello Giuliani. Beau programme folk à l’Ecole du cirque, avec Elliott Murphy, Iain Matthews, Nick Garrie, Christopher Paul Stelling et Adrian Crowley. S. Si.
Festival Le Printemps de Bourges-Crédit mutuel, du mardi 24 avril au dimanche 29 avril. De 10 € à 50 € selon les concerts. Lieux, horaires, tarifs et réservations sur le site Internet Printemps-bourges.com.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/19/19-12">
<filnamedate="20180219"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180219"><AAMMJJHH="2018021919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ La soirée de récompenses du cinéma britannique a également été marquée par la mobilisation contre les abus sexuels.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 18/02/2018
Découvrir l’application


                        

« 3 Billboards » triomphe à la cérémonie des Bafta

La soirée de récompenses du cinéma britannique a également été marquée par la mobilisation contre les abus sexuels.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 22h32
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 07h27
   





                        


Cinq prix, dont « meilleur film », « meilleur scénario » et « meilleure actrice ». Le long-métrage de Martin McDonagh, 3 Billboards, Les panneaux de la vengeance, a triomphé, dimanche 18 février, lors de la cérémonie des Bafta, les récompenses du cinéma britannique. Une soirée marquée également par la mobilisation contre les abus sexuels, alors que l’industrie du cinéma a été secouée par plusieurs scandales au cours des derniers mois.

        Lire la critique de « 3 Billboards » :
         

          Une soif de vengeance désespérée



« Je suis solidaire de mes sœurs de lutte », a ainsi déclaré l’Américaine Frances McDormand, en référence aux campagnes #metoo et Time’s Up, lorsqu’elle a reçu le Bafta de la « meilleure actrice ». Comme un symbole, elle incarne dans 3 Billboards une mère qui se bat pour obtenir justice. « Ce film est à la fois plein d’espoir et de colère », a souligné, de son côté, le cinéaste britannique Martin McDonagh.
« Comme on l’a vu ces derniers temps, la colère est parfois le seul moyen de se faire entendre et d’obtenir un changement. »
Hommages
Le film fantastique La forme de l’eau, qui totalisait douze nominations, est reparti avec trois distinctions, dont celle de « meilleur réalisateur » pour le Mexicain Guillermo del Toro. Il a rendu hommage à la « culture anglaise », une « source d’inspiration », et en particulier à Charlie Chaplin et Stan Laurel, « qui savaient faire tellement avec tellement peu », ainsi qu’à l’auteure Mary Shelley, mentionnant son roman Frankenstein ou le Prométhée moderne.
Déjà primé aux Golden Globes de la presse étrangère à Hollywood, Gary Oldman reçu pour la première fois de sa carrière le Bafta du « meilleur acteur », pour son interprétation de Winston Churchill dans Les Heures sombres. Il a salué l’homme d’Etat britannique dans son discours de remerciement.
« En 1940, il a su maintenir les valeurs d’honneur, d’intégrité et de liberté pour cette nation et le monde. »
Le film a également remporté le prix du « meilleur maquillage » : la transformation physique opérée sur Gary Oldman nécessitait pas moins de quatre heures de travail quotidien.
Le réalisateur anglais Ridley Scott a, lui, reçu la plus haute distinction de l’académie britannique du cinéma, venant récompenser l’ensemble de sa carrière.
« Une année difficile »
La question du harcèlement sexuel a été abordée dès les premières minutes de la soirée. « Notre industrie a traversé une année difficile. De courageuses révélations de harcèlement et d’abus sexuels se sont succédé », a reconnu Jane Lush, la directrice de l’Académie, dans son discours d’ouverture. Elle a espéré que la mobilisation actuelle, et la publication récente d’une charte, serait un « catalyseur pour un changement durable ».
La maîtresse de cérémonie, l’actrice Joanna Lumley, a elle fait le rapprochement entre le combat mené par les Suffragettes il y a un siècle pour obtenir le droit de vote, et la campagne Time’s Up, y voyant la même « détermination pour éradiquer les abus dont sont victimes les femmes ». De nombreuses stars, dont Angelina Jolie, Salma Hayek ou Margot Robbie, s’étaient présentées vêtues de noir, répondant ainsi à l’appel lancé dans le cadre de ce mouvement contre les violences sexuelles.

        Lire aussi :
         

                « Time’s Up » à Hollywood, un fonds pour soutenir toutes les victimes de harcèlement sexuel



Dans la journée, près de 200 femmes, parmi lesquelles Keira Knightley, Naomie Harris ou Jodie Whittaker avaient publié une tribune et lancé un fonds visant à financer des campagnes d’information et soutenir des actions en justice contre les comportements de harcèlement.
« Dans un passé récent, nous vivions dans un monde où le harcèlement sexuel constituait (…) un aspect inévitable et pénible de la vie d’une femme », écrivent-elles. « On ne pouvait pas en parler. Mais en 2018, nous nous réveillons dans un monde prêt pour le changement. »

Le palmarès de la cérémonie des Bafta
Les récompenses remises dimanche 18 février lors des Bafta, la cérémonie des récompenses britanniques du cinéma.
Meilleur film : Three Billboards : les panneaux de la vengeance
Meilleur réalisateur : Guillermo del Toro (La forme de l’eau)
Meilleure actrice : Frances McDormand (Three Billboards : les panneaux de la veangeance)
Meilleur acteur : Gary Oldman (Les heures sombres)
Meilleur actrice dans un second rôle féminin : Allison Janney (Moi, Tonya)
Meilleur acteur dans un second rôle masculin : Sam Rockwell (Three Billboards : les panneaux de la vengeance)
Star montante : Daniel Kaluuya (Get Out)
Meilleur scénario original : Three Billboards : les panneaux de la vengeance, de Martin McDonagh
Meilleur scénario adapté : Call Me by Your Name, de Luca Guadagnino, écrit par James Ivory, d’après le roman d’André Aciman
Meilleur documentaire : I am not Your Negro, de Raoul Peck
Meilleur film d’animation : Coco, de Lee Unkrich
Meilleur film britannique : Three Billboards : les panneaux de la vengeance, de Martin McDonagh
Meilleur film en langue étrangère : Mademoiselle, de Park Chan-wook
Meilleur musique originale : La forme de l’eau, réalisé par Guillermo Del Toro, musique d’Alexandre Desplat





                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/19/19-13">
<filnamedate="20180219"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180219"><AAMMJJHH="2018021919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Compositeur, interprète, le musicien français eut une carrière marquée par l’éclectisme. Agé de 62 ans, il s’était produit samedi soir sur scène.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 18/02/2018
Découvrir l’application


                        

Le violoniste de jazz Didier Lockwood est mort

Compositeur, interprète, le musicien français eut une carrière marquée par l’éclectisme. Agé de 62 ans, il s’était produit samedi soir sur scène.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 20h48
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 14h23
   





                        



Le violoniste de jazz Didier Lockwood est mort dimanche 18 février à Paris. Il avait 62 ans. Sa disparition, « brutale », a été annoncée par son agent, Christophe Deghelt. Il avait participé à un concert, la veille, au bal Blomet, une salle parisienne.
« Didier c’était M. 100 000 volts. Je n’arrive pas à réaliser », a confié M. Deghelt, sous le choc. « On avait énormément de projets en cours. Il venait d’enregistrer un disque avec son épouse [la soprano] Patricia Petibon. »
La ministre de la culture, Françoise Nyssen, a salué sur Twitter la mémoire de cet « immense violoniste de jazz français, qui a sans cesse exploré de nouveaux horizons musicaux ».

Profonde tristesse d'apprendre le décès de Didier Lockwood, immense violoniste de jazz français, qui a sans cesse e… https://t.co/9d9PUq71Qa— FrancoiseNyssen (@Francoise Nyssen)


require(["twitter/widgets"]);

« La France perd un musicien d’exception, un homme aux qualités rares », a souligné, de son côté, le violoniste Renaud Capuçon sur le réseau social.
Place singulière dans le paysage musical
Né à Calais en 1956, Didier Lockwood avait été révélé à 17 ans par la scène jazz-rock des années 1970 avec les groupes Magma et Zao avant de mener ses propres formations. Remarqué à ses débuts par Stéphane Grapelli, qui lui propose de l’accompagner en tournée, le musicien a ensuite collaboré avec de très nombreux artistes, de Miles Davis à Herbie Hancock en passant par Claude Nougaro, Barbara et Jacques Higelin.

Pendant plus de quarante ans, il a occupé une place singulière dans le paysage musical à travers ces nombreuses rencontres et projets dans divers styles : jazz-fusion électrique, jazz acoustique, jazz manouche, jazz et musique classique avec le spectacle « Le jazz et la diva » avec la cantatrice Caroline Casadesus, qui fut son épouse. Il avait reçu une Victoire de la musique en 1985.

« Ce n’est pas qu’un grand violoniste qui se tait aujourd’hui, c’est un défenseur de la musique et des arts qui fut pour moi un ami éclairé, un roi de cœur », a rendu hommage François Lacharme, président de l’Académie du jazz, dans un communiqué.
« Avec son violon, cette petite caisse où tourbillonnait avec un charme infini la bohème, le swing, les sons d’aujourd’hui… et un solide sens de l’humour, Didier Lockwood a enchanté la planète jazz bien au-delà de nos frontières. »
Engagé dans l’éducation à la musique
Didier Lockwood était aussi très impliqué dans l’éducation musicale : auteur d’une méthode d’apprentissage du violon jazz, il avait créé en 2001 une école d’enseignement de l’improvisation, le Centre des musiques Didier Lockwood à Dammarie-les-Lys (Seine-et-Marne), dont il fut adjoint à la culture.

Il avait également remis en 2016 un rapport au gouvernement sur l’apprentissage de la musique. Il s’y inquiétait d’une enfance « formatée » par la technologie moderne et en « panne de sens » et prônait une éducation par plus d’oralité et moins de solfège.
Il devait rendre hommage à Django Reinhardt lors d’un concert prévu en mars.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/19/19-14">
<filnamedate="20180219"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180219"><AAMMJJHH="2018021919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Notre choix du soir. Sylvain Bergère retrace l’épopée de cette « autodidacte de l’humanitaire » qui lors de la Grande Guerre vint en aide aux populations françaises (sur France 5 à 22 h 40).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

TV – « Anne Morgan, une Américaine sur le front »

Notre choix du soir. Sylvain Bergère retrace l’épopée de cette « autodidacte de l’humanitaire » qui lors de la Grande Guerre vint en aide aux populations françaises (sur France 5 à 22 h 40).



Le Monde
 |    18.02.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 21h14
    |

            Christine Rousseau








                        


Documentaire sur France 5 à 22 h 40



A son père, John Pierpont Morgan, qui l’interrogeait sur son avenir et ce qu’elle désirait devenir, Anne répondit : « Autre chose qu’une riche imbécile ». Dépeinte par ses proches comme une jeune femme libre et énergique, capable d’électriser l’atmosphère lorsqu’elle apparaissait dans une pièce, Anne Morgan (1873-1952) est surtout, dès son adolescence, déterminée à ne pas avoir l’existence d’une jeune fille rangée. Et la fortune de son père, homme d’affaires et banquier le plus influent de l’époque, n’y change rien.
Sensible à la condition des femmes – elle soutiendra les manifestations et grèves des ouvrières du textile – et des mouvements d’émancipation, elle fonde à New York, en 1903, avec la suffragette Daisy Harriman, le « Colony Club » sur le modèle des cercles privés masculins. C’est là qu’elle fait la connaissance d’Elizabeth Maybury, agente littéraire d’Oscar Wilde et de George Bernard Shaw, et de sa compagne, Elsie de Wolfe.

   


Avec le couple, elle voyage et séjourne en villégiature en France où, en 1914, la guerre la surprend dans toute son horreur. Loin de rentrer à New York, Anne Morgan reste pour venir en aide aux blessés. Alors que le gouvernement américain, par la voix de son président, Woodrow Wilson, se déclare neutre. Sa rencontre avec Anne Murray Dike, médecin porté sur l’action sociale, sera décisive dans son engagement humanitaire auprès des populations de Picardie, touchées par la stratégie de la « terre brûlée » opérée par les Allemands lors de leur repli.
En avril 1917, Anne Murray Dike et Anne Morgan fondent le Comité américain pour les régions dévastées (CARD). Et, avec le soutien du général Pétain, elles s’installent à Blérancourt (Aisne). Tout en recrutant aux Etats-Unis des volontaires francophones et, détentrice d’un permis de conduire qui lui permet de sillonner la région (350 rejoindront les rangs du CARD), Anne Morgan importe des Ford T et des tracteurs Dodge, s’active pour acheminer de la nourriture, des vaches, des poulets, des lapins ainsi que tout le matériel nécessaire à la reconstruction et à la relance de l’agriculture.
Dimension sociale et éducative
Pour financer son action, cet « autodidacte de l’humanitaire » qui a le sens de la communication, innove en levant des fonds, soit au travers de l’organisation de manifestations – tel le match de boxe opposant Benny Leonard et Richie Mitchell qui rapportera quelque 80 000 dollars – ; soit en faisant appel aux cinéastes et photographes pour rendre compte de l’action du Comité auprès des populations. Action qui se poursuivra jusqu’en 1924, en prenant une dimension sociale et éducative avec la création d’un réseau d’infirmières-visiteuses, de bibliothèques, la promotion du sport auprès des enfants et de camps scouts pour les jeunes filles.

   


S’appuyant sur un riche fonds d’archives mais aussi sur les lettres d’Anne Morgan et des volontaires, Sylvain Bergère propose un documentaire par trop hybride, qui hésite entre aventure collective et portrait. Sans nuire à l’intérêt de cette épopée méconnue, on peut regretter qu’il ne mentionne pas que l’engagement d’Anne Morgan ne s’arrêtera pas à la Grande Guerre.
En 1939, l’Américaine est de retour à Blérancourt où elle fonde le Comité américain de secours aux civils et organise des levées de fonds. Contrainte de repartir en 1940, elle reviendra une dernière fois en France en 1946 pour aider à la reconstruction d’un pays qui l’honorera de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre.
Anne Morgan, une Américaine sur le front, de Sylvain Bergère (Fr., 2017, 52 min).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/19/19-15">
<filnamedate="20180219"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180219"><AAMMJJHH="2018021919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Auteur d’une quarantaine de films, le réalisateur et producteur avait notamment obtenu le prestigieux Grand Prix du jury à Cannes pour « Tilaï », en 1990.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Le cinéaste burkinabé Idrissa Ouédraogo est mort

Auteur d’une quarantaine de films, le réalisateur et producteur avait notamment obtenu le prestigieux Grand Prix du jury à Cannes pour « Tilaï », en 1990.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 13h47
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 17h34
   





                        



   


Le réalisateur et producteur burkinabé Idrissa Ouédraogo est mort, dimanche 18 février, à l’âge de 64 ans, a annoncé l’Union nationale des cinéastes du Burkina. Il s’est éteint « des suites de maladie » dans une clinique de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, précise le communiqué.
Figure emblématique du cinéma africain des années 1980-2000, Idrissa Ouédraogo est l’auteur d’une quarantaine de films. Le cinéaste a été récompensé dans les plus grands festivals, obtenant notamment le prestigieux Grand Prix du jury du Festival de Cannes pour Tilaï en 1990.

        Lire l’entretien avec Idrissa Ouédraogo :
         

          « Le cinéma low-cost ne veut rien dire »



« Yam daabo » et « Yaaba »
Idrissa Ouédraogo avait débuté sa carrière cinématographique en 1981 avec une fiction intitulée Poko, qui avait obtenu, la même année, le prix du meilleur court-métrage au Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco). Après avoir complété sa formation à l’Institut des hautes études cinématographiques (Idhec) de Paris et à la Sorbonne, il réalise en 1986 son premier long-métrage Yam daabo (« Le Choix »), suivi deux ans plus tard de Yaaba (« Grand-mère »).
En 1990, il sort Tilaï, transposition d’une tragédie grecque dans l’Afrique contemporaine, qui triomphe au Festival de Cannes et au Fespaco, qui le récompense de l’Etalon de Yennenga. Il présidera le jury du Fespaco en 2003.
Idrissa Ouédraogo s’est également essayé au théâtre. En 1991, il avait mis en scène La Tragédie du roi Christophe, d’Aimé Césaire, à la prestigieuse Comédie-Française à Paris.
« Le Burkina Faso vient de perdre un réalisateur à l’immense talent », qui « aura beaucoup œuvré au rayonnement du cinéma burkinabé et africain hors de nos frontières », a réagi le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, dans un communiqué dimanche.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/19/19-16">
<filnamedate="20180219"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180219"><AAMMJJHH="2018021919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ L’héroïne de la saga « Harry Potter », Emma Watson, est l’une des personnalités à l’origine de ce plan, qui obligera la présence sur chaque tournage d’un homme et d’une femme chargés de l’égalité et du harcèlement.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

A Londres, l’industrie cinématographique s’engage contre le harcèlement sexuel

L’héroïne de la saga « Harry Potter », Emma Watson, est l’une des personnalités à l’origine de ce plan, qui obligera la présence sur chaque tournage d’un homme et d’une femme chargés de l’égalité et du harcèlement.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 17h29
   





                        



   


Après Hollywood, Londres entend bien à son tour s’engager contre le harcèlement sexuel dans le secteur du divertissement. Dans la lignée du fonds d’action « Time’s Up », créé aux Etats-Unis après le séisme déclenché par l’affaire Weinstein, les institutions audiovisuelles de Grande-Bretagne ont lancé à la mi-février une campagne de prévention contre le harcèlement sexuel dans le monde du cinéma, de la télévision et du jeu vidéo.
Les Bafta – l’équivalent des Césars dans le cinéma britannique –, le BFI (British Film Institute) et Equity (le syndicat des artistes), se sont engagés à davantage de vigilance pour traiter équitablement les femmes travaillant dans cette industrie, notamment en termes de salaire. Le plan d’action prévoit également la présence sur chaque tournage d’un homme et d’une femme chargés de l’égalité et du harcèlement. Une ligne d’écoute a par ailleurs été mise en place, spécialement pour celles et ceux qui travaillent dans ce milieu du divertissement.
Pour s’assurer que le secteur joue le jeu de ces nouvelles exigences, aucun film ne pourra prétendre à recevoir un Bafta ou être financé par le BFI sans avoir adhéré à ce plan.

        Lire aussi :
         

                Affaire Weinstein, pratiques sur les tournages... la réponse de Tarantino à Uma Thurman



« Un monde qui semble mûr pour le changement »
Cette campagne de prévention a été lancée à l’initiative de près de 200 actrices, réalisatrices, productrices ou monteuses britanniques. Dans une lettre publiée par le Guardian, elles expliquent souhaiter « célébrer cet incroyable moment de solidarité et d’unité qui traverse les frontières », et rappellent que « le mouvement est bien plus grand que ce qui change dans notre seule industrie ». 
« Dans un passé encore très récent, nous vivions dans un monde où le harcèlement sexuel était une blague inconfortable – une partie désagréable mais inévitable de la vie d’une femme. Ce n’était évidemment pas sujet de réflexion, donc évidemment pas quelque chose sur lequel la société souhaitait travailler. En 2018, nous nous réveillons dans un monde qui semble mûr pour le changement. »
Parmi les signataires, plusieurs personnalités de premier plan comme la star de « Doctor Who », Jodie Whittaker, les actrices Gemma Arterton, Carey Mulligan et Keira Knightley, ou encore l’héroïne de la saga « Harry Potter », Emma Watson. Cette dernière a d’ailleurs annoncé avoir donné 1 million de livres sterling pour cette campagne contre le harcèlement sexuel.
La thématique devrait être largement évoquée dimanche 18 février au soir, à l’occasion de la cérémonie des Bafta. Consigne a été donnée aux femmes qui souhaitaient marquer leur soutien à cette campagne de se vêtir entièrement de noir, à l’instar de ce qui avait été fait aux Golden Globes 2018.

        Lire aussi :
         

                #BalanceTonGoldenGlobe en noir






                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/19/19-17">
<filnamedate="20180219"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180219"><AAMMJJHH="2018021919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ L’écrivain, qui a vécu en Algérie de 1949 à 1962, n’y était jamais revenu, bien que ce pays soit au centre de son œuvre. « Je voulais leur dire mon amour » est le beau livre d’un retour déçu.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Jean-Noël Pancrazi : « Je me sens proche de cet imaginaire algérien »

L’écrivain, qui a vécu en Algérie de 1949 à 1962, n’y était jamais revenu, bien que ce pays soit au centre de son œuvre. « Je voulais leur dire mon amour » est le beau livre d’un retour déçu.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 09h00
    |

            Christine Rousseau








                        



                                


                            

Je voulais leur dire mon amour, de Jean-Noël Pancrazi, Gallimard, 128 p., 12,50 €.
Il aura fallu un demi-siècle pour que Jean-Noël Pancrazi revienne en Algérie, où il est né, à Sétif, en 1949, avant d’être contraint de quitter le pays avec les siens, en 1962. A défaut de le revoir – ce à quoi il s’était toujours refusé avec une « fermeté étrange qui n’était que l’exorcisme du regret », écrit-il –, il en a longtemps fait l’un de ses territoires d’écriture. Un lieu d’exploration, de réconciliation et d’hommages d’où ont surgi ses plus beaux livres – les plus poignants. Parmi eux : Le Passage des princes (Ramsay, 1988), Madame Arnoul (Gallimard, 1995 – comme tous ses livres depuis 1990), Long Séjour (1998) ; Renée Camps (2001), La Montagne (2012)… Il faut désormais ajouter Je voulais leur dire mon amour, dans lequel l’écrivain relate son retour inachevé sur sa terre natale.
D’une voix grave et douce, rendue légèrement rocailleuse par les fines cigarettes qu’il consomme avec parcimonie, l’écrivain confie : « Plus j’avance dans la vie, plus je me sens proche de cet imaginaire algérien. C’est là où les choses me viennent le plus naturellement. Là où, dans l’écriture, je me sens le plus vrai. » Même si, concède-t-il, le poids des souvenirs, d’un passé marqué par la guerre, les attentats, les deuils, l’arrachement à son pays, l’ont conduit à s’échapper et à prendre le large. Loin de lui-même. En Afrique subsaharienne, au Moyen-Orient, puis en République dominicaine où, pendant près de dix ans, il s’est rendu afin de disparaître et de connaître « une forme de bonheur » dans l’effacement de soi.
Des Caraïbes en Algérie
« Creuser sa mémoire et s’oublier participent du même mouvement », dit-il, pour tenter d’expliquer comment, par une étrange ironie de la vie, les Caraïbes,...




                        

                        


<article-nb="2018/02/19/19-18">
<filnamedate="20180219"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180219"><AAMMJJHH="2018021919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Pour « La Matinale du Monde », le dessinateur du « Petit Nicolas » revient sur sa passion pour Duke Ellington, le jazz et les musiciens qu’il aime tant croquer.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 17/02/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Sempé : « Je dessine ce que j’aurais voulu être »

Pour « La Matinale du Monde », le dessinateur du « Petit Nicolas » revient sur sa passion pour Duke Ellington, le jazz et les musiciens qu’il aime tant croquer.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 12h19
    |

            Pascale Krémer








                        



                                


                            

Père, avec René Goscinny, des célèbres Aventures du Petit Nicolas, Jean-Jacques Sempé est aussi l’auteur de trente-cinq albums de dessins humoristiques. Le dernier paru, Musiques, fait l’objet d’une exposition à Paris.
Je ne serais pas arrivé là si…
Si je n’avais pas entendu Duke Ellington un jour à la radio. C’est un type que j’adorais, que j’adore encore. Grâce à lui, j’ai compris beaucoup de musiques. Grâce à lui, j’ai été ébloui par le talent des autres. Il m’a apporté la joie dont j’avais besoin.
Parce que votre enfance bordelaise n’a pas été très gaie ?
Pas très drôle, non. Je ne sais rien de mon père. C’était le patron de ma maman, qui était secrétaire. Un homme charmant, paraît-il. Il avait séduit ma mère, qui n’était pas mal du tout. Je suis arrivé, ça n’a pas dû être drôle pour tout le monde. Après, il y a eu Monsieur Sempé, mon beau-père. Je me suis appelé Sempé comme lui, ça s’est fait comme ça, il m’a reconnu, je suppose. J’ai été mis en nourrice, j’ai failli mourir parce que j’étais maltraité, ma mère m’a récupéré. Elle et mon beau-père, les pauvres gens, ont fait ce qu’ils ont pu. Ils étaient malheureux, vous savez, alors bien sûr ils se disputaient sans arrêt.
Monsieur Sempé était représentant de commerce…
Il tentait de vendre des boîtes de conserve mais ça ne marchait pas fort. Evidemment, quand il avait vendu quelques boîtes, il fêtait ça et rentrait un peu bizarre à la maison. Ma mère lui faisait des reproches. A la fin, il ne pouvait pas s’empêcher de lui envoyer une bonne paire de baffes. Un jour, ma mère a hurlé « Jeannot ! » – Jeannot, c’était moi – « Jeannot, viens vite, il veut m’étrangler ! » J’ai envoyé un marron à la figure du beau-père, ça l’a mis en colère, il m’a renvoyé un énorme coup de poing qui a fracassé la cloison. Je m’étais baissé, sans ça, le pauvre vieux, il me tuait.
A moi,...




                        

                        


<article-nb="2018/02/19/19-19">
<filnamedate="20180219"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180219"><AAMMJJHH="2018021919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Notre choix du soir. Le scénariste de « Six Feet Under » brosse le portrait d’une famille américaine sous l’ère Trump (sur OCS à la demande).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

TV – « Here and Now » : un début qui laisse de glace

Notre choix du soir. Le scénariste de « Six Feet Under » brosse le portrait d’une famille américaine sous l’ère Trump (sur OCS à la demande).



Le Monde
 |    17.02.2018 à 18h00
    |

                            Martine Delahaye








                        


Série sur OCS à la demande

Oscarisé pour le scénario du film American Beauty (1999), Alan Ball s’est lancé ensuite dans la formidable fresque Six Feet Under (2001-2005), sur les névroses d’une famille – les Fisher – à la tête d’une entreprise de pompes funèbres. Puis, il a créé la très vampirique True Blood (2008-2014), métaphore de la condition des gays aux Etats-Unis. Avec Here and Now, une série sur les Bayer-Boatwright, une famille installée à Portland, dans le nord-ouest du pays, le scénariste et réalisateur porte son regard sur l’Amérique de l’ère Trump.
Anciens étudiants de Berkeley très Flower Power, les deux intellectuels que sont Audrey et Greg (Holly Hunter et Tim Robbins) ont adopté des enfants de la diversité, aujourd’hui adultes : Ramon, né en Colombie (Daniel Zovatto), Ashley, venue du Liberia (Jerrika Hinton), et Duc, d’origine vietnamienne (Raymond Lee). Ils ont ensuite conçu leur propre enfant, Kristen (Sosie Bacon), qui, avec la cynique lucidité de ses 17 ans, se qualifie de « l’ennuyeuse gamine blanche de la famille ».
Un lien secret
Alors que débute Here and Now – dont nous n’avons vu que le premier épisode, OCS diffusant la série au même rythme hebdomadaire que HBO –, le père, Greg, enseignant en philosophie, déprimé et infidèle sans enthousiasme, se voit infliger une grande fête pour son 60e anniversaire. Une réception menée de main de maître par sa femme, dont le passé professionnel de thérapeute et les bons sentiments n’ont d’égal que son indécrottable psycho-rigidité.

   


Parallèlement à la présentation de cette famille que l’on devine dysfonctionnelle sous ses atours très « libéraux-libertaires », s’immisce un mystère, de nature surnaturelle ou hallucinatoire : les visions de leur fils homosexuel Ramon, qui voit le chiffre onze s’imprimer en double (11 11) un peu partout autour de lui, et se dessiner en barres de feu verticales – qu’il est le seul à percevoir. Maladie mentale ? Phénomène surnaturel ? La réponse viendra peut-être du psychiatre qu’il va consulter, avec lequel le jeune homme semble avoir un lien secret.
Il reste à espérer que l’aspect artificiel, voire caricatural et surjoué du pilote ne soit qu’un trompe-l’œil.
Here and Now, série créée par Alan Ball. Avec Holly Hunter, Tim Robbins, Daniel Zovatto (EU, 2018, 10 × 52 min).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/02/19/19-20">
<filnamedate="20180219"><AAMM="201802"><AAMMJJ="20180219"><AAMMJJHH="2018021919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Alex Gohari et Leo Mattei ont suivi Ruben Figueroa qui passe sa vie à rechercher les migrants d’Amérique Centrale disparus au Mexique (sur Arte à 18 h 35).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

TV – « Mexique : à la recherche des migrants disparus »

Alex Gohari et Leo Mattei ont suivi Ruben Figueroa qui passe sa vie à rechercher les migrants d’Amérique Centrale disparus au Mexique (sur Arte à 18 h 35).



Le Monde
 |    17.02.2018 à 18h00
    |

            Alain Constant








                        


Reportage sur Arte à 18 h 35

   


Le reportage ne dure que vingt-quatre minutes, mais dégage une telle émotion qu’il est difficile d’en sortir indemne. Sobre, poignant, sans musique trop envahissante ni commentaires superflus, la caméra suit Ruben Figueroa, trentenaire mexicain qui passe sa vie sur les routes d’Amérique centrale à la recherche de migrants disparus. Des recherches en partie financées grâce aux dons d’associations. Depuis de longues années, des centaines de milliers de jeunes originaires du Honduras, du Guatemala, du Nicaragua ou du Salvador tentent de fuir la misère et de rejoindre les Etats-Unis.
Réseaux de prostitution
Pour beaucoup, le long voyage vers la terre promise s’arrête dans le sud du Mexique où les gangs font des ravages : meurtres, disparitions, les drames s’enchaînent pour des migrants sans argent et sans défense.
Infatigable, Ruben Figueroa enquête, insiste, muni parfois d’une simple photo de l’adolescent ou du jeune adulte disparu. On le suit au Honduras, en train de demander des renseignements complémentaires à des mères ou à des sœurs. Dans la région du Chiapas, au Mexique, il interroge riverains, policiers, tenancières de bordel.
Parfois, le miracle se produit, comme lorsqu’il retrouve Jacqueline, piégée par un réseau de prostitution et qui n’a pas donné signe de vie à sa famille au Honduras depuis treize ans. « La plupart des femmes migrantes qui disparaissent dans le sud du Mexique sont victimes de ces réseaux. Dans ces zones contrôlées par le crime organisé, essayer de localiser une femme disparue peut vous coûter la vie », souligne Ruben.
Chaque année, une caravane des mères des migrants disparus défile dans les rues de Guadalajara, au Mexique. Venues du Honduras et d’autres pays d’Amérique centrale, brandissant des photos de leurs enfants, elles se rassemblent pour trouver la force d’espérer. C’est lors d’une de ces réunions que Carlos, ayant fui la misère du Honduras pour aider sa mère, retrouve cette dernière après dix ans sans nouvelles. Grâce au travail de Ruben. « Depuis six ans, j’ai réussi à réunir une trentaine de familles. C’est une lutte invisible mais urgente. Car, pour des centaines de milliers de familles, la douleur de ne pas avoir de nouvelles de leurs enfants est immense », résume-t-il.
Mexique : à la recherche des migrants disparus, d’Alex Gohari et Leo Mattei (Fr., 2017, 24 min).



                            


                        

                        

