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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Même si de nombreux Polonais ont dénoncé les camps d’extermination et soutenu des juifs, il n’empêche : exactions, délations, participations à l’extermination ont aussi été le fait de Polonais, marqués par un antisémitisme religieux, rappellent deux responsables de la Maison d’Izieu, Hélène Waysbord et Thierry Philip.
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Pologne : « On assiste à l’émergence d’un révisionnisme d’Etat »

Même si de nombreux Polonais ont dénoncé les camps d’extermination et soutenu des juifs, il n’empêche : exactions, délations, participations à l’extermination ont aussi été le fait de Polonais, marqués par un antisémitisme religieux, rappellent deux responsables de la Maison d’Izieu, Hélène Waysbord et Thierry Philip.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 13h05
    |

Hélène Waysbord (Présidente d'honneur de la Maison d'Izieu, écrivaine) et Thierry Philip (Président de la Maison d'Izieu)







                        



                                


                            

Située au cœur de l’espace européen, la Pologne incarne de façon emblématique l’histoire de notre continent. L’histoire d’une division constante au gré des ambitions des puissances voisines, d’un asservissement sans précédent par les régimes tyranniques du XXe siècle, le nazisme et le stalinisme, au point d’y perdre son autonomie, son identité même.
Une tache noire, indélébile marque à jamais la carte géographique de ce pays, celle des camps d’extermination, dont Auschwitz-Birkenau. Trente ans plus tard la naissance [du syndicat] Solidarnosc marquait le réveil de la liberté et de la démocratie. C’est tout le sens de notre histoire à nous Européens et de l’idéal qui nous a portés après 1945 : plus jamais ça !

Au début de notre siècle l’intégration de ce pays à l’Union européenne mettait un terme à une histoire de tourments et de combats pour qu’il existe enfin dans son unité. Or l’atteinte à cette histoire résulte aujourd’hui de décisions prises par les responsables du gouvernement actuel avec une détermination sans limites et surtout pas celles de la vérité.
Les « justes » plus nombreux qu’ailleurs
Faut-il refuser de nommer les lieux d’extermination « camps polonais de la mort » ? Oui, ce refus est justifié. Les camps furent édifiés ou transformés par les envahisseurs nazis. Oui, une large part des Polonais ont été victimes de la répression : politiques, résistants, ouvriers, enfermés dans les camps ou déportés en Allemagne.
Oui des Polonais ont fait preuve de compassion et sauvé des juifs. Le nombre de justes y est plus important que nulle part ailleurs mais n’oublions pas que le nombre des juifs polonais l’était aussi. La majorité du million et demi de juifs exterminés à Auschwitz était polonaise.

Il n’empêche : exactions, délations, participations à l’extermination ont aussi été le fait de Polonais, marqués par un antisémitisme religieux. Ceci contre une population juive installée depuis bien longtemps,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’historien turc Levent Yilmaz dénonce la condamnation à la prison à perpétuité par un tribunal turc des deux fils du romancier Çetin Altan, vendredi 16 février, et appelle l’Union européenne à se ressaisir.
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Turquie : « Y aura-t-il une Angela Merkel pour les frères Altan ? »

Dans une tribune au « Monde », l’historien turc Levent Yilmaz dénonce la condamnation à la prison à perpétuité par un tribunal turc des deux fils du romancier Çetin Altan, vendredi 16 février, et appelle l’Union européenne à se ressaisir.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 13h03
    |

Levent Yilmaz (Historien, résident à l'Iméra (Institut d’études avancées))







                        



                                


                            
Tribune. Le 2 février 2009, s’est déroulée une cérémonie à l’église Sainte Irène, la plus ancienne église d’Istanbul, désacralisée et désormais dévouée aux concerts, cérémonies et expositions. Sur la scène, le premier ministre turc de l’époque, Recep Tayyip Erdogan. Il était là pour décerner le grand prix pour les arts et la culture du ministère de la culture. Son discours débuta par ces paroles : « Il n’était nullement facile d’accepter les différences et la diversité en Turquie ; les préjugés rigides et les attitudes intolérantes avaient clôturé la pensée et son expression ; la Turquie en était victime. »
En 1968, au beau milieu du Parlement, Çetin Altan, député socialiste, avait été lynché
Le lauréat du grand prix était le grand romancier Çetin Altan. Un geste symbolique de la part de la République, car Çetin Altan, né en 1927, était un journaliste et romancier socialiste très influent. Il fut parmi les quinze premiers députés socialistes du Parlement entre 1965 et 1969. En 1968, au beau milieu du Parlement, il avait été lynché et avait failli perdre son œil. A l’époque du coup d’Etat de 1971, il avait été arrêté, condamné et avait passé deux ans de sa vie en prison. Ce fut le cas de nombreux autres écrivains de la Turquie moderne, à commencer par Nazim Hikmet et Yaşar Kemal. Lui rendre un hommage en lui décernant le Grand Prix, était une sorte de demande de pardon de l’Etat aux opposants, même les plus farouches.

Erdogan poursuivit : « Ce genre de cérémonie offre la possibilité d’une autocritique. La vie de Çetin Altan a été traversée par des tempêtes, des ouragans. Il a mis en avant une critique souriante mais féroce, enrobée d’intelligence, de la culture. Nous ne pouvons pas progresser sans la raison critique. Il faut qu’on apprenne à tolérer la critique ; nous ne pouvons pas réaliser notre pari de civilisation sans la liberté d’expression, sans la pensée, l’écriture et la liberté de parole. Le fondement de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Droits d’auteur, financement, diffusion : un collectif de cinéastes européens, dont les frères Dardenne, Cédric Klapisch et Ken Loach, listent dans une tribune au « Monde » leurs priorités à l’heure où la Commission de Bruxelles doit rendre des arbitrages sur sa politique médias.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
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« Une vision et une ambition politique fortes pour le cinéma européen »

Droits d’auteur, financement, diffusion : un collectif de cinéastes européens, dont les frères Dardenne, Cédric Klapisch et Ken Loach, listent dans une tribune au « Monde » leurs priorités à l’heure où la Commission de Bruxelles doit rendre des arbitrages sur sa politique médias.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 11h13
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. La culture européenne est la mise en commun de toutes les singularités, façons d’être et de voir, traditions, langues et histoires propres à chaque pays. A l’heure du Brexit et des nationalismes montants, l’Europe doit comprendre que sa force demeure dans sa capacité de dialogue entre union et identités spécifiques. C’est notre force et non pas notre faiblesse : ne pas comprendre cette dualité nous mènera à notre perte.
Cinéastes, nous portons le projet d’une véritable Europe de la création, guidée par l’exception culturelle. Nous sommes convaincus que le numérique est une chance immense pour la création et la circulation des œuvres : la diversité peut ainsi être exposée dans chaque Etat membre, auprès de tous les spectateurs. Il n’y a pas de petit ou grand Etat européen de la création ; il y a une formidable richesse de regards.
L’ère du numérique, des nouvelles technologies et des nouveaux usages doit être l’occasion de proposer une vision et une ambition politique fortes ! Alors que des arbitrages politiques aux conséquences importantes vont être rendus cette année, nous, cinéastes européens, rappelons ce qui constitue pour nous des priorités.
Une juste rémunération des auteurs
La lutte contre le piratage est une priorité absolue, commune aux institutions européennes et aux Etats membres. Chaque œuvre et chaque travail consenti pour l’accomplissement de cette œuvre ont une valeur ! Une grande Europe de la création est possible si nous affirmons, au cœur de l’économie numérique, la défense de droits fondamentaux, et un partage de valeurs équilibré entre tous les acteurs de la chaîne.
Le projet de directive sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique est une occasion unique d’assurer aux auteurs une rémunération juste, proportionnelle et inaliénable lorsque leurs films et œuvres audiovisuelles sont regardés sur des plates-formes numériques. Il est temps de mettre en place un mécanisme européen...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Editorial. La Russie a bel et bien tenté de peser sur le résultat de la présidentielle. Le président américain devrait ne plus fermer les yeux sur la gravité de cette affaire.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

« Russiagate » : la désinvolture coupable de Trump

Editorial. La Russie a bel et bien tenté de peser sur le résultat de la présidentielle. Le président américain devrait ne plus fermer les yeux sur la gravité de cette affaire.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 12h17
   





                        


Editorial du « Monde ». Ce n’était donc pas un « bobard », une « fake news », comme n’a cessé de le clamer Donald Trump. La Russie a bel et bien tenté de peser sur le résultat de l’élection présidentielle américaine de 2016 en tentant de discréditer la candidate démocrate, Hillary Clinton, au profit du magnat de l’immobilier new-yorkais.
Le document publié le 16 février par le procureur spécial chargé d’enquêter sur cette affaire, Robert Mueller, prend à contre-pied la stratégie de communication suivie pendant des mois par Donald Trump. Alors que plusieurs membres de son entourage sont soupçonnés d’avoir eu des contacts avec la Russie dans le dessein d’influencer le scrutin, le président élu avait qualifié ces accusations de « plus grande chasse aux sorcières de l’histoire des Etats-Unis ». L’enquête montre que la réalité est beaucoup plus compliquée.

        Lire aussi :
         

                Comment l’agence de propagande russe sur Internet a tenté d’influencer l’élection américaine



La justice américaine accuse ainsi treize ressortissants et trois officines russes d’avoir utilisé des centaines de comptes sur les réseaux sociaux en se faisant passer pour des sympathisants de M. Trump dans le but de véhiculer des rumeurs infondées et de galvaniser la frange la plus contestataire de l’électorat.
Travail de sape
Cette opération montée par l’Internet Research Agency, une organisation fondée par Yevgeny Prigozhin, un oligarque proche de Vladimir Poutine, avait comme principal objectif « de semer la discorde au sein du système politique américain ». Qu’il s’agisse d’économie, de religion, d’immigration, de la question raciale, cette propagande s’est diffusée pendant des mois avec pour antienne la critique d’Hillary Clinton. Dans les dernières semaines de la campagne, le matraquage s’est intensifié dans les swing states, ces Etats capables de basculer d’un camp à l’autre à chaque élection.
Toutefois, il reste difficile de déterminer à quel point ce travail de sape a pu avoir un impact sur le résultat de l’élection. Cela n’en souligne pas moins la responsabilité de Facebook, Twitter ou Google dans le manque de contrôle de la diffusion de contenus destinés à parasiter un scrutin démocratique.

        Lire aussi :
         

                Donald Trump face à de solides accusations d’interférences russes



La bonne nouvelle pour M. Trump est que l’enquête n’apporte à ce stade aucune preuve qu’il y a eu collusion objective entre son équipe de campagne et les propagandistes russes. En revanche, que le président américain se soit arrêté à cette lecture est problématique. On l’a vu se féliciter sur tous les tons d’être disculpé et vitupérer contre les « attaques partisanes » et les « thèses farfelues ». On l’a vu se lancer dans un curieux mélange des genres en accusant le FBI de négligence dans la tuerie de l’école de Floride du 14 février, lui reprochant de « passer trop de temps à essayer de prouver la collusion russe avec la campagne Trump ». Mais, étrangement, la Russie reste épargnée par ses critiques.
On peut comprendre que M. Trump soit blessé dans son ego par le fait que son élection n’aurait pas été remportée à la loyale. Une telle tentative de déstabilisation de la part d’une puissance étrangère aurait dû, à tout le moins, appeler de la part d’un président en exercice une condamnation sans équivoque et des annonces pour éviter que de tels dérapages ne se reproduisent lors des élections de mi-mandat, en novembre prochain. Au lieu de cela, il préfère ironiser sur les polémiques partisanes aux Etats-Unis. « Ils sont morts de rire à Moscou. Réveille-toi, l’Amérique ! », a-t-il tweeté. C’est plutôt au président américain de ne plus fermer les yeux sur la gravité de cette affaire et de se concentrer sur la défense des intérêts de son pays.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Il est des sujets avec lesquels les chefs d’Etat africains se montrent intransigeants : les frontières et l’intégrité territoriale. Hormis le Soudan du Sud et l’Erythrée, aucune revendication séparatiste n’a abouti, analyse le journaliste du « Monde » Joan Tilouine.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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La vaine quête du sécessionnisme africain

Il est des sujets avec lesquels les chefs d’Etat africains se montrent intransigeants : les frontières et l’intégrité territoriale. Hormis le Soudan du Sud et l’Erythrée, aucune revendication séparatiste n’a abouti, analyse le journaliste du « Monde » Joan Tilouine.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 14h12
    |

            Joan Tilouine (Le Monde Afrique)








                        



                                


                            

Analyse. C’est un pays virtuel dont l’indépendance a subrepticement été proclamée en octobre 2017. Il s’appelle Ambazonie et ses fondateurs rêvaient d’absorber les deux régions anglophones de l’ouest du Cameroun marginalisées, à leurs yeux, par le pouvoir du président francophone Paul Biya, 85 ans, dont plus de trente-cinq à la tête de l’Etat.
Ce dessein sécessionniste a rapidement été écrasé par l’armée loyaliste, massivement déployée dans cette zone frontalière avec le Nigeria, où des dizaines de milliers de Camerounais ont trouvé refuge. A défaut d’un dialogue politique, les sécessionnistes, qui réclamaient d’abord une décentralisation, puis un retour au fédéralisme en vigueur entre 1961 et 1972, ont vu une minorité radicale issue de leurs rangs opter pour une lutte armée qui a déjà occasionné la mort d’une trentaine de membres des forces de sécurité.
Considérés comme des « terroristes »
Comme au Cameroun, les sécessionnistes africains sont presque partout considérés comme des « terroristes » par les Etats dont ils rêvent de se séparer. Leurs leaders sont traqués, jugés, emprisonnés. Avant le Cameroun, le Nigeria a vu apparaître ces derniers temps des mouvements séditieux revendiquant, comme cinquante ans plus tôt, « l’indépendance » du Biafra, au sud-est du pays. Il s’agit aujourd’hui de jeunes regroupés en groupuscules minoritaires au sein de leur propre communauté igbo et désavoués par leurs aînés. Leur discours extrémiste mêle ethnicisme, revendication sociale et instrumentalisation de l’une des pages les plus sombres de l’histoire du Nigeria : la guerre du Biafra (1967-1970).

Le recours à la mémoire collective est utilisé par les néosécessionnistes pour susciter l’adhésion de communautés marginalisées par les pouvoirs en place. Beaucoup de ces laissés-pour-compte du développement rêvent en effet d’un regroupement sous une nouvelle bannière. Les mouvements qui les y poussent revisitent bien...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Charles Berling, Jean-Pierre Darroussin et Alain Fromager constituent un formidable trio pour servir la pièce de Yasmina Reza. Interview croisée.
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Théâtre : « “Art”, c’est une guerre de mâles dominants »

Charles Berling, Jean-Pierre Darroussin et Alain Fromager constituent un formidable trio pour servir la pièce de Yasmina Reza. Interview croisée.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 09h06
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 13h30
    |

                            Fabienne Darge








                        



                                


                            
Au Théâtre Antoine, à Paris, Charles Berling, Jean-Pierre Darroussin et Alain Fromager incarnent Marc, Ivan et Serge, les trois personnages d’« Art », la pièce de Yasmina Reza. Ils ne sont pas seulement tous les trois formidables : ils jouent ensemble comme on le voit rarement au théâtre, formant un trio qui recadre la pièce de manière plus subtile et complexe qu’à sa création, en 1994, où Pierre Arditi et Fabrice Luchini, accompagnés par Pierre Vaneck, se livraient à de véritables numéros d’acteur. Alors, bien qu’elle soit comme à l’origine mise en scène par Patrice Kerbrat, on la redécouvre, cette pièce, qui est l’œuvre dramatique française contemporaine la plus jouée dans le monde : moins spectaculaire, plus humaine, avec sa mélancolie qui affleure sous le masque du théâtre de boulevard.

« Art » connaît depuis sa création un énorme succès, tout en suscitant des débats sur le sens de la pièce. De quoi parle-t-elle ?
Jean-Pierre Darroussin : Elle parle de beaucoup de choses, c’est peut-être ce qui fait qu’on a du mal à dire de quoi elle parle précisément… Moi, je dirais que c’est une guerre de mâles dominants, mais qui s’émousse, parce qu’ils arrivent à un âge où la blague ne prend plus entre eux. Et c’est parce que la blague ne prend plus que les spectateurs rient.
Alain Fromager : Il y a, bien sûr, en toile de fond de la pièce ce débat sur l’art contemporain et sur le beau, avec ce fameux tableau blanc, inspiré de ceux du peintre Martin Barré. Le tableau est comme une page blanche qui va servir de révélateur à une amitié de trente ans qui se délite. Une amitié passionnelle, presque amoureuse. Henri Tachan disait qu’entre l’amour et l’amitié il n’y a qu’un lit de différence…
Charles Berling : La pièce est comme un triangle, avec trois archétypes différents, mais qui pourraient être les facettes d’un même personnage, dans son rapport à l’art et à l’amitié....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Pierre Achour et Paul Elie Lévy estiment qu’il est temps de reconnaître que le nombre de réfugiés va augmenter dans les décennies à venir, et de s’y préparer en associant les populations et décideurs locaux.
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Pour les migrants, construisons des « villages de solidarité internationale »

Dans une tribune au « Monde », Pierre Achour et Paul Elie Lévy estiment qu’il est temps de reconnaître que le nombre de réfugiés va augmenter dans les décennies à venir, et de s’y préparer en associant les populations et décideurs locaux.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 13h08
    |

Pierre Achour (Ancien directeur de l’Institut de formation et de recherche en action sociale (Ifras) de Nancy) et Paul Élie Levy (Ancien directeur ...







                        



                                


                            
Tribune. La France trompe son monde avec son double discours : envolées grandiloquentes sur la tradition de l’accueil français, d’une part ; chasse à l’immigré et pratiques administratives crispées et impitoyables, de l’autre.
Cette hypocrisie a conduit – mécaniquement – à une formidable concentration des pressions migratoires sur nos voisins. Les conséquences politiques de cette défausse de l’accueil sur nos partenaires ont été délétères. Car si les gouvernements français avaient su se montrer solidaires de l’Allemagne, qui a accueilli plus d’un million de réfugiés, l’extrême droite allemande n’aurait jamais peut-être atteint de tels scores aux élections législatives. L’analyse vaut probablement également pour l’Autriche.
Conditions misérables de l’accueil
Mais aujourd’hui, après le « oui, mais non » du président à Calais, il est à craindre que les autorités françaises ne se préparent une fois encore à faillir. L’effort annoncé par Emmanuel Macron pour les prochaines années est en effet dérisoire, comparé aux prévisions d’accueil annoncées par nos partenaires, pour les prochaines années.
En France, des citoyens, des associations se mobilisent pour dénoncer le scandale des traitements infligés aux réfugiés aux frontières du pays. Et des conditions misérables de l’accueil qui leur est proposé. Mais si le gouvernement leur donne toutes les raisons de manifester leur incompréhension et leur rage, il leur cache ce qu’il a du mal à assumer : l’absolue nécessité d’augmenter de manière considérable nos capacités d’accueil.
La première étape, urgentissime, consiste au désengorgement des structures d’accueil grecques et italiennes.
La première étape, urgentissime, consiste à envoyer les cars, les trains et les avions nécessaires au désengorgement des structures d’accueil grecques et italiennes. Mesure de solidarité immédiate, fraternelle, à la hauteur de ce panache, demandée récemment par la lauréate du prix Goncourt, Leïla Slimani.
Ces...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ La réforme fiscale américaine inquiète le gouvernement et certains patrons français. Pour y répondre, la France joue la carte européenne, relève le journaliste Jean-Michel Bezat dans sa chronique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 18/02/2018
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« Une vague géante de dollars menace d’engloutir de grandes sociétés françaises »

La réforme fiscale américaine inquiète le gouvernement et certains patrons français. Pour y répondre, la France joue la carte européenne, relève le journaliste Jean-Michel Bezat dans sa chronique.



Le Monde
 |    19.02.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 14h36
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            
Chronique. Alerte au tsunami ! Soulevée par le big bang fiscal de Donald Trump, une vague géante de dollars menace d’engloutir de grandes sociétés françaises. La loi adoptée en décembre 2017 au Congrès prévoit une baisse de 35 % à 21 % du taux de l’impôt sur les sociétés, avec l’objectif de doper une économie déjà très vigoureuse. Elle recèle aussi un joli cadeau aux entreprises sous la forme d’une quasi-amnistie fiscale ouvrant la voie au rapatriement de 3 000 milliards de dollars (2 400 milliards d’euros) qui dormaient bien au chaud dans des pays accommodants ou des paradis fiscaux. Une manne pour les actionnaires, plus de capitaux à investir, un peu de grain à moudre pour les salariés…

Et un sujet d’inquiétude pour le gouvernement et certains patrons français. « La réforme de Trump est un outil de conquête de nos entreprises », tranche Laurent Burelle, président de l’Association française des entreprises privées, puissant lobby des 100 plus grandes sociétés tricolores. « Les industriels américains ont un moral d’acier et vont investir tous azimuts », renchérit le PDG de Schneider Electric, Jean-Pascal Tricoire. Le patron de Total, Patrick Pouyanné, s’attend à une accélération des fusions-acquisitions. Leur nombre a explosé fin 2017, les entreprises et les fonds bourrés de billets verts anticipant le plan fiscal et l’inévitable remontée des taux d’intérêt.
Si la déclinaison fiscale de l’« America first » de Trump se traduisait par le déferlement d’« America Inc. » en Europe, ce mouvement venu de l’ouest prendrait le Vieux Continent en tenaille. Car la Chine opère une percée par l’est à coups d’acquisitions de sociétés européennes et d’infrastructures (routes, ports, centrales, voies ferrées…) financées par Pékin, dès lors qu’elles s’inscrivent dans les « nouvelles routes de la soie » ouvertes entre la Chine et l’Europe par le président Xi Jinping.
Montagne de cash
Reste à savoir comment les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Rapport d’étonnement. Nos manières d’être et de réfléchir sont influencées par les robots avec lesquels nous interagissons sans cesse. Gare, car la réalité est bien plus complexe que les algorithmes qui prétendent la représenter.
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Tous formatés par les machines

Rapport d’étonnement. Nos manières d’être et de réfléchir sont influencées par les robots avec lesquels nous interagissons sans cesse. Gare, car la réalité est bien plus complexe que les algorithmes qui prétendent la représenter.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 12h00
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
Beaucoup s’inquiètent que les robots et l’intelligence artificielle détrônent les humains dans tous les métiers. Mais peu se demandent : l’omniprésence des machines n’influence-t-elle pas les humains eux-mêmes ? Nos façons de penser et d’agir ? Nos manières de travailler ? Plutôt que de craindre les robots, ne devrions-nous pas redouter d’être nous-mêmes robotisés ?
Nous connaissons le test imaginé en 1950 par le mathématicien Alan Turing pour évaluer l’intelligence d’un robot : elle est jugée de haut niveau quand un humain n’arrive plus à discerner s’il communique avec un homme ou avec une machine. Brett Frischmann, professeur de droit à l’université Villanova (Radnor Township, Pennsylvanie), a conçu un test de Turing « à l’envers » afin de « déterminer à quel moment les technologies nous déshumanisent ». Il cherche à identifier les qualités et les défauts qui nous distinguent des machines : le « sens commun », la « pensée rationnelle », mais aussi la capacité de se comporter de « façon irrationnelle » ou « émotionnelle » (car il existe chez l’homme une intelligence émotionnelle), enfin le « libre arbitre », défini comme le fait de vouloir être « l’auteur de sa propre vie ». Si ces capacités vous manquent, vous avez réussi le test de ­ Frischmann : vous êtes devenu un robot.
Nous nous habituons tant et si bien à vivre des relations désincarnées que nous finissons, des études psychologiques le montrent, par les reproduire avec les humains
Brett Frischmann s’apprête à publier, avec le philosophe des technologies Evan Selinger, Re-Engineering Humanity (Cambridge University Press, à paraître en avril). Ils y pointent tous les domaines de nos vies dans lesquels nous sommes robotisés. Par exemple, nous ne savons plus si l’opérateur d’un centre téléphonique est un être humain ou une machine. Si les « joyeux anniversaires » envoyés par LinkedIn ou Facebook le sont par des vraies...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Né avec le capitalisme, le salariat pourrait disparaître avec lui, pense le philosophe américain, qui appelle à combattre les méfaits d’une automatisation ne profitant qu’aux propriétaires de nouvelles technologies.
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Nick Srnicek : « Le post-travail nous libèrera des contraintes du salariat »

Né avec le capitalisme, le salariat pourrait disparaître avec lui, pense le philosophe américain, qui appelle à combattre les méfaits d’une automatisation ne profitant qu’aux propriétaires de nouvelles technologies.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 12h00
    |

                            Nicolas Santolaria








                        



                                


                            
Nick Srnicek, qui enseigne l’économie numérique au King’s College de Londres, est, avec Alex Williams, l’auteur d’un texte paru en 2013, Accélérons ! Manifeste pour une politique accélérationniste (Adespote, 2017). Il lui a valu d’apparaître comme l’un des chefs de file de l’« accélérationnisme », mouvement défendant le dépassement du capitalisme « par le haut ». Il est également l’auteur, avec Alex Williams, d’Accélérer le futur. Post-travail & post-capitalisme (Cité du design, 2017).
Vous avez développé l’idée d’une société du post-travail, que vous appelez de vos vœux et qui devrait être, selon vous, un slogan mobilisateur. Comment la définiriez-vous ?
Il vaudrait mieux parler de post-salariat, pour être plus précis, bien que ce dernier terme ne soit pas aussi accrocheur que le « post-travail ». Disons que, par là, j’entends, avec mon coauteur Alex Williams, l’organisation du travail, singulière et spécifique, qui s’est imposée dans le mode de production capitaliste. Le salariat n’existait pas sous cette forme généralisée avant le capitalisme. Aussi, pour nous, un monde post-travail devrait au minimum viser la suppression du pouvoir coercitif du salariat, diktat selon lequel on est censé trouver un emploi si l’on ne veut pas connaître la faim et finir sans abri. Le projet du post-travail se focalise sur l’élimination de cette dimension coercitive et sur le développement de la liberté.
« Dans un monde post-travail, nous pourrons consacrer notre temps à développer des projets variés, aussi bien individuels que collectifs. Mais ce “travail” ne sera pas conditionné par l’obtention d’un salaire »
Ce n’est pas pour autant la fin de l’effort individuel. Dans un monde post-travail, nous pourrons consacrer notre temps à développer des projets variés, aussi bien individuels que collectifs. Mais ce « travail » ne sera pas conditionné par l’obtention d’un salaire. Ce sera un travail choisi librement ou, au pire, déterminé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’historien spécialiste du fascisme, se lance dans une comparaison entre le sort des juifs avant la guerre et celui des Palestiniens aujourd’hui.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 17/02/2018
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Zeev Sternhell : « En Israël pousse un racisme proche du nazisme à ses débuts »

Dans une tribune au « Monde », l’historien spécialiste du fascisme, se lance dans une comparaison entre le sort des juifs avant la guerre et celui des Palestiniens aujourd’hui.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 11h27
    |

                            Zeev Sternhell (Historien, membre de l’Académie israélienne des sciences et lettres, professeur  à l’Université hébraïque de Jérusalem, spécialiste de l’histoire du fascisme)








                        



                                


                            
[L’annonce est autant symbolique que contestée à l’international : le 6 décembre 2017, le président américain Donald Trump a décidé de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. L’ambassade américaine, actuellement établie à Tel-Aviv, ouvrira ses portes avant fin 2019. L’initiative a rapidement été saluée par le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. Depuis, à la Knesset, le Parlement, la droite mène une offensive sur plusieurs fronts. Le 2 janvier, les députés ont voté un amendement à la loi fondamentale, c’est-à-dire constitutionnelle, rendant impossible toute cession d’une partie de Jérusalem sans un vote emporté à la majorité des deux-tiers. Plusieurs députés ont aussi avancé des projets de loi visant à redéfinir le périmètre de la ville, en rejetant des quartiers arabes entiers se trouvant au-delà du mur de séparation, ou bien en intégrant de vastes colonies. Pour l’historien Zeev Sternhell, ces décisions visent à imposer aux Palestiniens d’accepter sans résistance l’hégémonie juive sur le territoire, les condamnant pour l’éternité au statut de population occupée.]

Tribune. Je tente parfois d’imaginer comment essaiera d’expliquer notre époque l’historien qui vivra dans cinquante ou cent ans. A quel moment a-t-on commencé, se demandera-t-il sans doute, à comprendre en Israël que ce pays, devenu Etat constitué lors de la guerre d’indépendance de 1948, fondé sur les ruines du judaïsme européen et au prix du sang de 1 % de sa population, dont des milliers de combattants survivants de la Shoah, était devenu pour les non-juifs, sous sa domination, un monstre ? Quand, exactement, les Israéliens, au moins en partie, ont-ils compris que leur cruauté envers les non-juifs sous leur emprise en territoires occupés, leur détermination à briser les espoirs de liberté et d’indépendance des Palestiniens ou leur refus d’accorder l’asile aux réfugiés africains commençaient à saper la légitimité morale de leur existence nationale ?
La...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Pour « La Matinale du Monde », le dessinateur du « Petit Nicolas » revient sur sa passion pour Duke Ellington, le jazz et les musiciens qu’il aime tant croquer.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/02/2018
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Sempé : « Je dessine ce que j’aurais voulu être »

Pour « La Matinale du Monde », le dessinateur du « Petit Nicolas » revient sur sa passion pour Duke Ellington, le jazz et les musiciens qu’il aime tant croquer.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 12h19
    |

            Pascale Krémer








                        



                                


                            

Père, avec René Goscinny, des célèbres Aventures du Petit Nicolas, Jean-Jacques Sempé est aussi l’auteur de trente-cinq albums de dessins humoristiques. Le dernier paru, Musiques, fait l’objet d’une exposition à Paris.
Je ne serais pas arrivé là si…
Si je n’avais pas entendu Duke Ellington un jour à la radio. C’est un type que j’adorais, que j’adore encore. Grâce à lui, j’ai compris beaucoup de musiques. Grâce à lui, j’ai été ébloui par le talent des autres. Il m’a apporté la joie dont j’avais besoin.
Parce que votre enfance bordelaise n’a pas été très gaie ?
Pas très drôle, non. Je ne sais rien de mon père. C’était le patron de ma maman, qui était secrétaire. Un homme charmant, paraît-il. Il avait séduit ma mère, qui n’était pas mal du tout. Je suis arrivé, ça n’a pas dû être drôle pour tout le monde. Après, il y a eu Monsieur Sempé, mon beau-père. Je me suis appelé Sempé comme lui, ça s’est fait comme ça, il m’a reconnu, je suppose. J’ai été mis en nourrice, j’ai failli mourir parce que j’étais maltraité, ma mère m’a récupéré. Elle et mon beau-père, les pauvres gens, ont fait ce qu’ils ont pu. Ils étaient malheureux, vous savez, alors bien sûr ils se disputaient sans arrêt.
Monsieur Sempé était représentant de commerce…
Il tentait de vendre des boîtes de conserve mais ça ne marchait pas fort. Evidemment, quand il avait vendu quelques boîtes, il fêtait ça et rentrait un peu bizarre à la maison. Ma mère lui faisait des reproches. A la fin, il ne pouvait pas s’empêcher de lui envoyer une bonne paire de baffes. Un jour, ma mère a hurlé « Jeannot ! » – Jeannot, c’était moi – « Jeannot, viens vite, il veut m’étrangler ! » J’ai envoyé un marron à la figure du beau-père, ça l’a mis en colère, il m’a renvoyé un énorme coup de poing qui a fracassé la cloison. Je m’étais baissé, sans ça, le pauvre vieux, il me tuait.
A moi,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Denis Ramond, chercheur en sciences politiques, démonte les arguments de ceux qui, face à l’antiracisme, à l’interdiction de la cigarette ou à la lutte contre le harcèlement sexuel, crient à la censure.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
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« On ne peut plus rien dire » : qu’est-ce à dire ?

Dans une tribune au « Monde », Denis Ramond, chercheur en sciences politiques, démonte les arguments de ceux qui, face à l’antiracisme, à l’interdiction de la cigarette ou à la lutte contre le harcèlement sexuel, crient à la censure.



Le Monde
 |    18.02.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
19.02.2018 à 16h19
    |

Denis Ramond (Chercheur en sciences politiques, enseigne à Sciences Po Lille)







                        



                                


                            
Tribune. Pas une semaine ne passe sans qu’un journal ne consacre sa « une » aux « nouveaux censeurs » ou aux excès du « politiquement correct ». On y évoque, pêle-mêle, la novlangue antiraciste, le puritanisme féministe, l’écriture inclusive, l’interdiction de la cigarette à l’écran et les dérives de la lutte contre le harcèlement sexuel. Des thèmes très différents, mais dont l’assemblage donne aux lecteurs la sensation qu’« on ne peut plus rien dire » dans un climat de plus en plus « totalitaire ». Le moment est sans doute venu de faire l’inventaire des arguments qui soutiennent ce constat catastrophiste – et d’éprouver sa validité.
« Dérapages »
D’abord, l’argument de la pente glissante. « On ne peut plus rien dire » recouvre en réalité deux affirmations : « on pouvait dire plus de choses avant » (sans que l’on sache quand exactement), et « on ne pourra bientôt plus rien dire du tout ». La liberté d’expression aurait ainsi connu un âge d’or avant d’être progressivement grignotée par des groupes qui veulent imposer le silence.
Pourtant, la censure n’a jamais cessé de s’exercer : faut-il rappeler que Charlie Hebdo doit son acte de naissance à la censure gouvernementale de Hara-Kiri, à la suite de sa « une » sur la mort du général de Gaulle ?
En réalité, les nouveaux censurés ne dénoncent pas tant une réduction globale de la liberté d’expression qu’une sensibilité nouvelle aux expressions racistes et sexistes (par eux qualifiées pudiquement de « dérapages »). Les victimes des « nouvelles censures » manquent souvent d’arguments et de preuves. Ils recourent alors constamment aux anecdotes, dont la répétition et l’accumulation suggèrent un climat hostile à la liberté.
Des violences auparavant inaperçues
Ensuite, la confusion entre censure et controverse. Les dénonciations du « politiquement correct » et de la censure ont lieu dans des pays qui protègent la liberté d’expression. Tous les maux semblent provenir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Philippe Lukacs, professeur de management, appelle dans une tribune au « Monde » à dépasser les constructions classiques des marchés, formés à partir de lois de l’offre et de la demande.
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« Structuré autour du bien commun, un espace de développement et d’action s’ouvre aux entreprises »

Philippe Lukacs, professeur de management, appelle dans une tribune au « Monde » à dépasser les constructions classiques des marchés, formés à partir de lois de l’offre et de la demande.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 14h00
    |

Philippe Lukacs (Professeur de management de l’innovation à l’Ecole Centrale de Paris)







                        



                                


                            
Tribune. Le Monde du 6 février a fait état d’une note publiée vendredi 2 février par Natixis et signée de Patrick Artus, son responsable des études économiques : « La dynamique du capitalisme est aujourd’hui bien celle qu’avait prévue Karl Marx. » Ce qu’il voit lui paraît d’une « logique implacable ». Le mouvement se déroule en trois temps. D’abord, une « baisse de l’efficacité des entreprises des pays de l’OCDE », qui risque de réduire le rendement du capital. Puis, pour éviter ce possible recul de leurs profits, les sociétés cherchent à capter une plus grande part de la valeur ajoutée, au détriment des salariés, dont la rémunération diminue.
Cette stratégie ayant une limite – l’impossibilité de réduire les salaires en dessous d’un salaire de subsistance –, les capitalistes recourent enfin à la spéculation pour soutenir malgré tout le rendement du capital. Patrick Artus conclut : « Cette dynamique aboutit nécessairement d’une part à la hausse des inégalités de revenu, d’autre part à des crises financières. »

Chaque citoyen peut constater la réalité de ce mouvement en trois temps, et ses conséquences en termes d’écarts croissants des revenus, d’ores et déjà devenus, à tous égards, insoutenables. Les risques sont non seulement financiers mais également politiques. On a déjà vu à quoi l’éclatement social a conduit aux Etats-Unis. A continuer ainsi, c’est la démocratie, dans tous les pays, qui peut vaciller. En appeler à Karl Marx pour expliquer cette évolution, pourquoi pas ? Mais une explication plus simple, compréhensible par chacun existe, qui ouvre une voie de solution concrète dans laquelle il est à la fois possible, fructueux et urgent de s’engager.
Stimuler l’actionnariat individuel
Chaque responsable d’entreprise, chaque citoyen, peut constater que les marchés classiques, à force de progression, sont maintenant saturés dans les pays « développés ». Et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Résonance. L’anthropologie le démontre, la fragilité des écosystèmes menacés n’est pas sans liens avec notre propre vulnérabilité sociale.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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« Pourquoi les zones humides sont à défendre »

Résonance. L’anthropologie le démontre, la fragilité des écosystèmes menacés n’est pas sans liens avec notre propre vulnérabilité sociale.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 15h14
   





                        



                                


                            
Par Michel Naepels, anthropologue
Il n’y aura pas d’aéroport à Notre-Dame-des­-Landes. Les historiens du contemporain décriront les enjeux politiques de cette décision, et la multiplicité des groupes et des acteurs mobilisés depuis des années, voire des décennies, pour ou contre ce projet gaulliste. D’autres ont déjà retracé l’histoire de ces landes, de leur marginalité, de leurs usages agricoles et de la manière dont ceux-ci ont façonné le paysage – comme François de Beaulieu avec La Mémoire des landes de Bretagne (Skol Vreizh, 2014) –, ce qui aide à comprendre les formes d’agriculture et les usages, communs ou non, de la terre qui s’expérimentent dans la ZAD aujourd’hui.
Destruction des habitats
Comme anthropologue travaillant dans des mondes ruraux lointains ou proches, un tel événement m’intéresse aussi parce que l’anthropologie – qu’elle étudie des chasseurs-collecteurs, des peuples indigènes ou des agricultures industrielles – a depuis longtemps décrit les relations entre formes de vie sociale et usages et représentations de l’environnement ou de la nature. L’anthropologie contemporaine interroge particulièrement la manière dont nos formes de vie sont tissées de relations avec d’autres espèces. Nous avons des expériences quotidiennes de plantes, d’animaux, de micro-organismes, mais aussi des usages instrumentaux (il faut bien manger !), et notre imagination est densément peuplée d’une multitude d’espèces.
Dans son ouvrage Flight Ways. Life and Loss at the Edge of Extinction (« voies migratoires, la vie et la perte au bord de l’extinction », Columbia University Press, 2014), Thom van Dooren montre comment les disparitions actuelles d’espèces animales et végétales sont liées à des activités humaines, par la destruction des habitats sauvages, l’exploitation directe et la chasse de certaines espèces, l’introduction de nouveaux produits chimiques toxiques, les impacts du changement climatique.
Nous avons...




                        

                        


<article-nb="2018/02/19/19-16">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Editorial. Le rapport Spinetta sur « l’avenir du ferroviaire » souligne une évidence : le système est à bout de souffle et attendre pour agir ne ferait qu’aggraver la situation.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

SNCF : le pari de la réforme

Editorial. Le rapport Spinetta sur « l’avenir du ferroviaire » souligne une évidence : le système est à bout de souffle et attendre pour agir ne ferait qu’aggraver la situation.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 11h11
   





                        



   


Editorial du Monde. Le rapport Spinetta sur « l’avenir du ferroviaire » est-il la première étape d’une réforme de la SNCF différée depuis plus de vingt ans ou bien un nouveau ballon d’essai lancé par le gouvernement avant qu’il se résolve, comme ses prédécesseurs, à reculer devant de probables mouvements sociaux ? En tout cas, le document remis le 15 février par l’ex-patron d’Air France au premier ministre décrit avec lucidité une situation que nul ne peut plus ignorer, celle d’un système ferroviaire à bout de souffle, maintenu sous oxygène par un Etat qui n’en a décemment plus les moyens.

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Comment ainsi justifier 10,5 milliards d’euros de concours publics, alors que chaque année la dette continue de gonfler de 3 milliards ? Comment celle-ci, qui a déjà atteint 46 milliards, pourrait-elle passer à 62 milliards en 2026, sans que l’on entrevoie une quelconque sortie de ce cercle vicieux ? Comment continuer à dépenser 1,7 milliard d’euros chaque année pour des lignes qui transportent seulement 2 % des voyageurs ?
Pour résoudre cette équation devenue impossible, le rapport propose deux principes de bon sens – qualité qui a justement fait cruellement défaut ces dernières décennies : la « cohérence des choix publics » et la « responsabilisation des acteurs ». Leur mise en œuvre passe par des mesures-chocs. Il s’agit notamment d’une remise à zéro, ou presque, des compteurs de la dette (qui serait reprise par l’Etat) pour que l’entreprise puisse assumer sereinement l’effort de modernisation de son réseau, dont les bugs à répétition ces derniers mois ne font que souligner l’urgence. En échange de quoi, la SNCF deviendrait une société anonyme à capitaux publics, ce qui mettrait fin à la possibilité de s’endetter quasiment sans limite comme c’est le cas aujourd’hui.
Une vision comptable
Autre mesure explosive : la révision du statut des agents de la SNCF pour les nouveaux embauchés, qui se verraient ainsi privés notamment de la garantie de l’emploi et d’augmentations automatiques en dehors de toute logique économique. Un système qui ne garantit en rien la capacité de l’entreprise à remplir ses missions, mais qui génère un surcoût de 30 % difficilement supportable au moment de l’ouverture du secteur à la concurrence.

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On peut reprocher au rapport de se contenter d’une vision comptable du système ferroviaire, avec pour seule perspective son attrition, sans vraiment redéfinir la place du ferroviaire sur un plan sociétal, notamment par rapport à la route, dont le coût réel reste peu transparent et les conséquences environnementales lourdes. Mais il a le mérite de souligner une évidence : la situation n’a que trop duré et attendre pour agir ne ferait que l’aggraver.
C’est dans ce contexte que le premier ministre doit maintenant ouvrir une « première phase de concertation ». Certains syndicats parlent déjà de « déclaration de guerre », tandis que la CGT appelle à une « manifestation nationale » des cheminots le 22 mars, espérant raviver le souvenir des grandes grèves de 1995, qui n’a cessé de hanter tous les gouvernements au cours des deux dernières décennies.
Emmanuel Macron prend le pari que la France de 2018 a changé, et que les propositions de réforme qui avaient conduit, il y a vingt-trois ans, aux fameuses « grèves par procuration » d’une partie de la population ont fini par infuser dans les esprits. C’est un pari risqué, mais s’il n’est pas tenté, c’est notre système ferroviaire qui pourrait être le grand perdant.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Ecriture inclusive, oral du bac, Tweet polémiques… « Les mots seront toujours les plus forts », relève dans sa chronique Benoît Hopquin, directeur adjoint de la rédaction du « Monde ».
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« La langue française se réinvente sans cesse, pour peu qu’on lui en donne le temps »

Ecriture inclusive, oral du bac, Tweet polémiques… « Les mots seront toujours les plus forts », relève dans sa chronique Benoît Hopquin, directeur adjoint de la rédaction du « Monde ».



Le Monde
 |    17.02.2018 à 10h51
    |

            Benoît Hopquin








                        



                                


                            
Chronique. « Fluctuat nec mergitur. » Elle tangue mais ne coule pas, la langue française. Ce bas latin, de cuisine et de gourmandise, peut s’arroger à bon droit la lutécienne maxime. Sacré coup de tabac que lui impose l’actualité, en sa météo capricieuse. Vogue la grammaire ! Ces temps-ci, chacun croit avoir son mot à dire sur comment écrire. Tant pis si, comme aurait pu le faire remarquer Brassens, la conjugaison, ça ne se commande pas.
Sur l’écriture inclusive, telle la rose de Ronsard, la polémique « a déclose ». Les adeptes de la féminisation sèment les « -aine », les « -euse », les « -ice », à tire d’-elle, au risque parfois de résumer les mots à des porteurs d’attributs. En face, l’Académie résiste. Les Immortels défendent la suprématie du masculin, croient toujours au Père éternel. Ils s’arc-boutent avec une mâle assurance sur ce qui est gravé, quitte à faire dans le français rupestre.
Au Monde, l’affaire est d’importance. On parle là boutique, fonds de commerce des journalistes. Les mots sont des outils que la profession utilise, et maltraite. Pas simple de marier un français syntaxiquement et politiquement correct. La question dépasse les genres, les générations, et les époques. La maison écrit ainsi « auteure » depuis 1997. Devant l’hostilité ambiante, on lui mit d’abord des guillemets prophylactiques. Des sortes d’attelles qu’on enleva progressivement jusqu’à ce qu’il marche tout seul. Idem pour « écrivaine », apparu en 1989 et ainsi défendu en 1991 par Benoîte Groult : « Je défie qui que ce soit de prouver qu’écrivaine est plus laid ou plus bizarre que souveraine, châtelaine ou contemporaine. »
« Gagneure » ou « gagneuse » ?
Reste que le « cassetin », surnom du service de correction, a des airs de castel ces jours-ci. Il est assailli de demandes parfois baroques. Il doit trancher entre les mots, les maux et les émois. A lui d’ouvrir ou de fermer la barrière à un nom ou à une orthographe,...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 16/02/2018
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L’inquiétant gâchis kosovar

Malgré la longue période de préparation qui a suivi la guerre d’indépendance de 1998-1999, le pays se montre toujours incapable d’offrir un avenir meilleur à sa population.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
17.02.2018 à 18h13
    |

            Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            

Analyse. L’Etat le plus jeune d’Europe devait fêter, samedi 17 février, ses 10 ans. Officiellement indépendant de la Serbie depuis 2008, le Kosovo va passer cet anniversaire dans une bien piètre situation.
Malgré la longue période de préparation qui a suivi la guerre d’indépendance de 1998-1999, le pays se montre toujours incapable d’offrir un Etat de droit fonctionnel, une souveraineté sur tout son territoire et surtout l’espoir d’un avenir meilleur à sa population. Tout cela malgré le soutien financier, diplomatique et sécuritaire considérable offert par les parrains européens et américains, qui ont toujours soutenu le processus d’indépendance face à la Serbie prorusse.
Vingt ans après la guerre, le bilan est sombre. Dans un pays très majoritairement albanophone, la minorité serbe ne se reconnaît pas dans les autorités de Pristina, la capitale. La région frontalière avec la Serbie, où ils sont majoritaires, au nord de Mitrovica, échappe d’ailleurs toujours de facto à la souveraineté du pays et est devenue une zone de non-droit où un important responsable politique serbe a pu être tué en pleine rue à la mi-janvier.
Malgré d’intenses et incessants pourparlers sous l’égide de l’Union européenne (UE), Belgrade refuse encore de reconnaître l’indépendance de son ancienne région. Et chaque avancée de ce dialogue est laborieuse. Les deux accords de normalisation, conclus en 2013 et 2015, sont mis en application à grand-peine : le Kosovo devrait, par exemple, enfin disposer de son propre code téléphonique à partir de cet été.
Un chômage effrayant
Pendant longtemps, les autorités kosovares ont pu à raison rejeter la faute sur la Serbie pour son manque de bonne volonté. Mais depuis la conversion pro-européenne de l’homme fort de ce pays, son président Alexander Vucic, celle-ci est nettement moins évidente.
Difficile d’envisager que la Serbie puisse entrer dans l’UE sans reconnaître le Kosovo, et Belgrade a envoyé des premiers signaux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Trente masques, tous différents, créés à partir d’échantillons d’ADN de la lanceuse d’alerte. Avec cette œuvre, l’artiste américaine Heather Dewey-Hagborg veut mettre en garde contre les failles des techniques de profilage génétique.
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Le vrai visage de Chelsea Manning, ou pas

Trente masques, tous différents, créés à partir d’échantillons d’ADN de la lanceuse d’alerte. Avec cette œuvre, l’artiste américaine Heather Dewey-Hagborg veut mettre en garde contre les failles des techniques de profilage génétique.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
18.02.2018 à 17h17
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Ces trente visages suspendus dans l’espace, ressemblants mais différents, au genre difficile à déterminer, présentant des variations de traits et des yeux de diverses couleurs, ont été reconstitués à partir d’échantillons d’ADN de la lanceuse d’alerte Chelsea Manning. Exposée du 31 janvier au 4 février à Transmediale, festival berlinois consacré aux nouveaux médias et à la culture numérique, l’installation « Probably Chelsea » a été créée par l’artiste américaine Heather Dewey-Hagborg au début de l’année 2017.
A cette époque, Chelsea Manning, condamnée à trente-cinq ans de réclusion pour espionnage après avoir transmis à WikiLeaks, en 2010, 700 000 documents militaires confidentiels, purgeait sa peine à la prison militaire pour hommes de Fort Leavenworth, au Kansas. Pour l’armée, l’ancien analyste du renseignement militaire, dont l’image en uniforme, béret sur le front, cravaté, cheveux courts, a fait le tour du monde lors de son procès en juin 2013, s’appelait Bradley Manning et était un homme. Mais, derrière les barreaux, Manning demandait qu’on l’appelle Chelsea, se déclarait transgenre – disant se considérer comme une femme « depuis l’âge de 5 ans » –, se laissait pousser les cheveux et voulait suivre un traitement de réassignation sexuelle. Le Pentagone refusait, et lui faisait régulièrement raser la tête.
Profilage génétique
Chelsea a fait deux tentatives de suicide avant que l’armée américaine n’accède à sa demande, en septembre 2016. Elle avait alors déclaré : « C’est tout ce que je voulais : qu’ils me laissent être moi. » Saluée par les mouvements queer et LGBT, elle a commencé sa transformation en femme. Mais, étant donné ses conditions de détention très strictes, personne ne connaissait l’apparence de la nouvelle Chelsea.
C’est alors qu’Heather Dewey-Hagborg entame une correspondance avec elle. L’artiste s’intéresse, depuis plusieurs années, aux technologies de profilage génétique et à la création de portraits-robots...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ En ligne ou en kiosque, « Affinity Magazine », « Here » « Rookie » et « Kazoo » s’efforcent de développer la conscience politique des jeunes filles, déconstruisant les stéréotypes sexistes.
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Aux Etats-Unis, des magazines pour émanciper les jeunes lectrices

En ligne ou en kiosque, « Affinity Magazine », « Here » « Rookie » et « Kazoo » s’efforcent de développer la conscience politique des jeunes filles, déconstruisant les stéréotypes sexistes.



Le Monde
 |    17.02.2018 à 06h30
    |

                            Clémentine Gallot








                        



                                


                            
Du « Meilleur maquillage couleurs arc-en-ciel » à « Dix slogans cool contre Donald Trump », il n’y a qu’un pas. Lequel est gaillardement franchi par une dizaine de médias progressistes qui prospèrent aux Etats-Unis, mêlant bons tuyaux anti-acné et diatribes politiques.
Ainsi, depuis 2013, Affinity Magazine, diffusé en ligne par et pour des ados épris de justice sociale, est mené tambour battant par une toute jeune rédactrice en chef, Evelyn Atieno, âgée de 16 ans à son lancement. De son côté, le bimensuel Seventeen vient de lancer Here, une plate-forme Web militante à destination de la jeune communauté ­LGBTQ. Blogueuse mode repentie, la précoce Tavi Gevinson (21 ans) pilote, quant à elle, le site Rookie, entre guide de survie au collège et journal intime mélancolique. Les lectrices y partagent rêves, phobies, épisodes honteux et playlists thématiques.
Conscience politique
Un engouement générationnel favorisé par le contexte actuel, selon Elisa Lees ­Munoz, de l’International Women’s ­Media Foundation, qui ajoute : « La conscience politique des jeunes filles n’a pas de prix. Aux Etats-Unis, il existe un mythe sur la place des femmes dans la société, qui dit qu’on peut tout faire. L’actualité récente a démontré que ce n’était pas le cas et que la situation n’est pas la même pour toutes. Il faut donc préparer les filles à combattre notre culture qui dénigre les femmes. » Ces titres ringardisent le paysage médiatique français où l’on pleure encore la disparition du mensuel 20 ans, en 2006 : si quelques publications de niche émergent, comme le magazine dessiné Topo ou la newsletter Les Petites Glo’, Okapi et Phosphore ont l’air bien poussiéreux.
De l’autre côté de l’Atlantique, cette presse jeunesse grand public et politisée réactive également une tradition de magazines féminins engagés, comme Ms ou Sassy, disparu dans les années 1990. La transformation la plus spectaculaire...




                        

                        

